MÉTHODOLOGIE DE LA DISSERTATION
I. Définition
Qu’est-ce qu’une dissertation ? Il s’agit d’une réflexion argumentée, structurée et organisée,
portant sur une œuvre parmi les 4 objets d’étude au programme (poésie, roman, théâtre,
argumentation). Vous devez construire une argumentation pour répondre à une question littéraire
précise qui n’est pas exactement la reprise de la question posée par le sujet.
Comment se présente-t-elle ? Elle comporte une introduction, un développement en deux ou trois
parties et une conclusion. Sa longueur est d’une feuille double
Le philosophe Edgar Morin minimum.
écrit dans Introduction à la
pensée complexe : « La Quelle est la différence avec le commentaire composé ?
pathologie moderne de Le commentaire invite à analyser un texte précis en détail,
tandis que la dissertation est une réflexion d’ensemble sur un
l'esprit est dans l'hyper-
objet d’étude : vous devez construire une argumentation plus
simplification qui rend générale, en empruntant vos exemples dans l’œuvre étudiée.
aveugle à la complexité du
réel. » Pensez-vous que la II. Le brouillon
dissertation puisse être un bon
moyen d’accéder à la complexité Que faire face au sujet ? L’erreur principale est celle
du réel ? du hors sujet. L’étape du brouillon est donc essentielle
pour l’éviter.
Chaque sujet est unique : il ne faut pas reprendre tel quel un plan vu en cours pour le traiter ou
chercher à tout prix à exprimer tout ce que vous savez sur l’objet d’étude ou l’oeuvre.
La compréhension du sujet est essentielle. Lisez attentivement le sujet plusieurs fois. Encadrez les
mots clés, cherchez des synonymes, soyez attentifs aux connotations des termes. Vous pouvez faire un
schéma de type carte mentale ou un tableau pour commencer de rassembler les idées.
Déterminez ce qu’on attend de vous en analysant bien le verbe de la consigne. S’agit-il de :
- discuter une affirmation, - développer ou de justifier une thèse,
- peser le pour et le contre, - de nuancer, de critiquer, de comparer deux
avis ?
La démarche et le plan du devoir varieront selon la question posée.
Le sujet se présente généralement sous la forme suivante :
1) Une question portant sur un objet d’étude, que vous devez reformuler ou même dépasser pour
former la problématique de votre devoir ;
2) Cette question est toujours suivie d’une phrase qui vous indique la démarche à suivre.
Ex :
Attention, le sujet peut aussi, plus rarement, se présenter comme une affirmation (une citation
d’auteur, par exemple) que vous devez commenter, ou dont vous devez discuter la validité.
Ex :
Dans ce cas, vous devez transformer l’affirmation en question
La recherche des idées et du plan : Une fois le sujet compris et reformulé sous la forme
d’une question claire, il faut chercher des pistes de réponse.
Mobilisez vos connaissances sur l’objet d’étude : notez les idées et les références qui vous viennent à
l’esprit et cherchez le lien avec le sujet. Exploitez les textes étudiés en cours, les lectures cursives, les
textes étudiés en seconde, vos lectures personnelles, votre culture littéraire… pour trouver des
exemples et des arguments pertinents. Exploitez aussi bien sûr les textes du corpus, en les relisant
rapidement, crayon en main, pour trouver des arguments et des exemples.
Vous allez ensuite organiser et trier les éléments qui ressortent de votre réflexion. Il est en effet essentiel de
regrouper les idées selon un plan progressif ordonné en parties et en sous-parties. Plusieurs types de plans sont
envisageables, en fonction de la formulation du sujet :
Le sujet vous impose de
développer une
Le sujet vous invite à discuter un point de vue, à peser le pour et le
thèse, ou de définir
contre
une notion
Vous devez
développer deux ou
Vous avez des arguments pour et contre Vous n’avez que des
trois aspects
arguments pour ou
différents d’un thème
que des arguments
ou d’une affirmation,
contre
classés par ordre
d’importance
PLAN DIALECTIQUE PLAN THÉMATIQUE
Version simplifiée
I. Thèse
La thèse argumente en faveur
I. 1re série I. Aspect n° 1
I. Thèse de l’idée énoncée par le sujet d’arguments
La thèse argumente en II. Aspect n° 2
faveur de l’idée énoncée par II. Antithèse II. 2e série
III. Aspect n° 3
le sujet L’antithèse avance des d’arguments
arguments contraires à ceux
II. Antithèse de la thèse III. 3e série (III. facultatif
L’antithèse avance des (L’inverse est possible) d’arguments mais conseillé)
arguments contraires à ceux
de la thèse III. Synthèse
La synthèse vise à réconcilier
(III. facultatif)
(L’inverse est possible)
les points de vue opposés en
adoptant une perspective plus
large et plus nuancée
Ex : Les écrivains souvent s’inspirent de leurs Ex : La prose poétique Ex : Qu’est-ce qui, selon
propres expériences pour nourrir leur écriture. est-elle un bon moyen de vous, a inspiré Collette
Pour autant, ne parlent-ils que d’eux-mêmes ? célébrer le monde ? dans l’écriture des 2
œuvres au
programme ?
I. Thèse I. Oui : raison n° 1
I. Thèse L’écriture poétique est souvent Fonction ornementale, plaisir
I. Thème n° 1+ ex : tirés
L’écriture est souvent tournée vers l’expression des esthétique, évasion. de l’œuvre + analyse
tournée vers l’expression sentiments personnels (lyrisme) + ex : tirés de l’œuvre +
des sentiments personnels analyse
(lyrisme) + ex : tirés de II. Antithèse
l’œuvre + analyse Mais les auteurs s’ouvrent aussi II. Oui : raison n° 2
à l’altérité et au monde Changer le monde en le
II. Thème n° 2+ ex : tirés
II. Antithèse extérieur + ex : tirés de l’œuvre décrivant poétiquement de l’œuvre + analyse
Mais les auteurs s’ouvrent + analyse + ex : tirés de l’œuvre +
aussi à l’altérité et au analyse
monde extérieur + ex :
tirés de l’œuvre + analyse III. Synthèse
Les sentiments personnels III. Rôle n° 3+ ex : tirés de
exprimés sont universels et tout III. Oui : raison n° 3
Nous faire accéder à une autre l’œuvre + analyse
lecteur peut s’y reconnaître1+
ex : tirés de l’œuvre + analyse dimension de la réalité grâce
au travail sur le langage+ ex :
tirés de l’œuvre + analyse
1
Cf. la célèbre affirmation de V. Hugo dans la préface des Contemplations (1856) : « Hélas ! quand je vous parle de moi, je vous
parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ? Ah ! insensé, qui crois que je ne suis pas toi ! »