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RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
MINISTÈRE DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET TECHNIQUE
UNIVERSITÉ PROTESTANTE DU CONGO
FACULTÉ D'ÉCONOMIE ET DE GESTION
Master 1 : Économie Monétaire et Financière
TRAVAIL PRATIQUE DE FINANCES INTERNATIONALES
Thème :les caractéristiques dominantes des pays en
développement selon Paul Krugman & Al.
Présenté par :
Nom : ILUNGA BEYA François
Promotion : Master 1 Économie Monétaire et Financière
Encadrant :
Professeur : Jean Aimé Ntumba
Année Académique : 2024-2025
II
ANALYSE DES CARACTÉRISTIQUES DOMINANTES DES
PAYS EN DÉVELOPPEMENT EN RÉPUBLIQUE
DÉMOCRATIQUE DU CONGO (RDC)
INTRODUCTION
Analyser les caractéristiques dominantes des pays en
développement selon Paul Krugman & Al est essentiel pour
comprendre la situation économique de la République
Démocratique du Congo (RDC). Cette analyse vise à évaluer
les six caractéristiques identifiées par ces auteurs et à
examiner leur pertinence pour la RDC. En complément, nous
proposerons d'autres facteurs spécifiques qui influencent
l'économie congolaise.
1.Contrôle étendu de l’économie par le gouvernement
Applicabilité à la RDC : Oui. Le gouvernement congolais
exerce un contrôle significatif sur divers secteurs
économiques, notamment les ressources minérales et
l’énergie. L’État joue un rôle central dans la régulation du
commerce, mais cette intervention excessive freine parfois
la croissance du secteur privé. Des entreprises publiques
inefficaces et une bureaucratie lourde limitent également
l’initiative privée et découragent l’investissement étranger.
2.Inflation élevée
Applicabilité à la RDC : Oui. L'économie congolaise a
traversé plusieurs périodes d'inflation élevée, en particulier
dans les années 1990. Les causes principales incluent une
gestion fiscale déficiente, une forte dépendance aux
importations et une monnaie nationale fragile. Même si
l’inflation a été mieux maîtrisée ces dernières années, la
volatilité des prix demeure un défi majeur.
3.Marchés financiers et institutions de crédit faibles
Applicabilité à la RDC : Oui. Le secteur bancaire en RDC est
sous-développé, avec un accès limité au crédit pour les PME
III
et les particuliers. De nombreuses transactions financières
se font encore en dehors du système bancaire officiel, ce qui
limite la capacité du gouvernement à mobiliser des
ressources fiscales. En outre, les prêts sont souvent
accordés en fonction de relations personnelles plutôt que sur
des critères objectifs de rentabilité, ce qui nuit à
l’investissement productif.
4.Taux de change contrôlés par le gouvernement
Applicabilité à la RDC : Oui. Bien que la RDC utilise un
régime de change flottant, la Banque Centrale du Congo
intervient fréquemment pour stabiliser le taux de change. La
dollarisation partielle de l’économie complique les politiques
monétaires, et les fluctuations des devises affectent le
pouvoir d'achat des ménages ainsi que la compétitivité des
entreprises locales.
5 Dépendance des ressources naturelles pour les
exportations
Applicabilité à la RDC : Oui. L'économie congolaise repose
fortement sur l'exportation des matières premières,
notamment le cuivre, le cobalt, l’or et les diamants. Cette
dépendance rend le pays vulnérable aux chocs externes liés
aux fluctuations des prix des matières premières. De plus, la
faible transformation locale des ressources limite la création
d’emplois et de valeur ajoutée pour l’économie nationale.
6.Corruption et économie informelle
Applicabilité à la RDC : Oui. La corruption est un problème
endémique en RDC, touchant aussi bien l’administration
publique que le secteur privé. De nombreuses entreprises
opèrent dans l’informel pour éviter les taxes et les
réglementations strictes, ce qui affaiblit les recettes
publiques. L'économie informelle représente une part
considérable de l'activité économique du pays, rendant
IV
difficile l’application de politiques économiques structurées
et efficaces.
AUTRES FACTEURS AFFECTANT L'ÉCONOMIE DE LA
RDC
En plus des six caractéristiques dominantes identifiées par
Paul Krugman & Al, plusieurs autres éléments jouent un rôle
clé dans l’économie congolaise. Ces facteurs contribuent à
freiner le développement et nécessitent des réformes
structurelles pour améliorer la situation économique du
pays.
1.Insécurité et conflits armés
L’instabilité politique et les conflits récurrents,
particulièrement dans l’Est du pays, entravent les
investissements et freinent le développement économique.
La présence de groupes armés affecte la sécurité des
populations et empêche l’exploitation optimale des
ressources naturelles.
2.Infrastructure inadéquate
Le manque d’infrastructures de base (routes, électricité, eau
potable, télécommunications) limite la capacité des
entreprises à se développer. Les coupures d’électricité
fréquentes et l’état déplorable du réseau routier augmentent
les coûts de production et rendent le climat des affaires peu
attractif.
3.Niveau élevé de pauvreté et inégalités
Malgré ses richesses naturelles, la RDC reste l’un des pays
les plus pauvres du monde. Une grande partie de la
population vit avec moins de 2 dollars par jour. Les inégalités
sociales sont profondes, et l’accès aux services de base
comme l’éducation et la santé est très limité pour une large
majorité des Congolais.
V
4.Faible industrialisation
L’économie congolaise est dominée par le secteur extractif
avec peu de transformation locale des ressources. L’absence
d’une industrie manufacturière compétitive limite les
opportunités d’emplois et la création de valeur ajoutée,
freinant ainsi la diversification économique.
5.Dépendance aux aides internationales
La RDC reçoit une aide internationale conséquente pour
financer ses programmes de développement et
d’infrastructures. Cependant, cette dépendance limite
l’autonomie économique du pays et soulève des questions
sur la durabilité des financements externes.
CONCLUSION
L'analyse des caractéristiques dominantes des pays en
développement montre que la RDC partage de nombreux
défis communs avec d'autres économies émergentes.
Cependant, certains facteurs spécifiques, comme l'instabilité
politique, la mauvaise gouvernance et les infrastructures
insuffisantes, accentuent les difficultés économiques du
pays. Pour amorcer une croissance durable et inclusive, des
réformes structurelles sont nécessaires afin de diversifier
l'économie, améliorer la transparence financière et renforcer
les institutions publiques.