Le Pneumatique2
Le Pneumatique2
TECHNIQUE
Le Pneumatique
François MONATH
Architecte véhicule
Chargé de cours à l’École de la Performance
1. Introduction……………………………………………………………..………………………………………………………………………….
Introduction
1.A La mobilité…………………………………………………………………..………………………………………………………….
1.B Son histoire………………………………………...…………………………………………………………………………………..
1.C Enjeux économiques et environnementaux…………………………………………………….………………………..
4. Le véhicule et le pneumatique……………………………………………………...……………………………………………………..
pneumatique
4.A Rappel de quelques notions…………………………………………………………………………………………………....
4.B Les mouvements du véhicule sur le sol………………………………………………………...………………………….
4.C Les critères de jugement d’un pneumatique sur une voiture……………………………………….…………...
4.D La roue…………………………………………….…………………………………………………………………………………….
4.E Le cas du pneumatique Moto…………………………………………………………………………………………………..
4.F La spécificité du pneu Poids Lourds………………………………………………………………………………………….
6- L’entretien et la Maintenance……………………………………………………….……………………………………………………..
Maintenance
6.A La distribution…………………………………………………………….………………………….……………………………….
6.B Recommandations à l’usage……………………………………………………………………………………...…………….
6.C Le montage…………………………………………………………………………………..………………………………………...
6.D L’équilibrage…………………………………………………………………………………………………………………………...
6.E Les incidents et causes d’usure anormale, Détériorations……………………………………………..…………..
6.F Comment poursuivre sa route ?...........................................................................................................................
ANNEXE…………………………………………………………………………………………...…………………………………………………….
ANNEXE
BIBLIOGRAPHIE………………………………………………………………………………………………..……………………………………..
BIBLIOGRAPHIE
Remarque. Les figures incluses dans ce texte ont pour but d’apporter un appui pédagogique aux démons-
trations. Les valeurs d’échelle indiquées sont purement illustratives et ne doivent pas être considérées
comme des valeurs réelles.
1-A.1 SA FONCTION :
Le pneumatique est le seul organe qui établit le contact - modifier sa trajectoire, prendre des virages, manœu-
man u-
du véhicule avec le sol. Cela parait une évidence, mais vrer : il s’agit d’un effort transversal induit par la force
encore faut-il en avoir conscience. Ce contact avec le centrifuge et le braquage des roues directrices.
sol va permettre au véhicule de se mouvoir.
Le pneumatique devra remplir ces tâches, sans générer
Le pneumatique demeure un organe complexe, dont la une trop grande résistance au roulement et ce, quelles
mise en œuvre des différents composants fait appel à que soient les conditions de sol (sec, mouillé, irrégulier,
de nombreuses applications scientifiques comme la déformé, etc.) et de température (allant des froids du
mécanique, la résistance des matériaux, la chimie. Le grand nord jusqu’aux chaleurs des régions désertiques.)
pneumatique est un élément élastique, pouvant être Les réactions à ces sollicitations vont définir le compor-
comparé à un ballon rempli d’air, dont les déformations tement dynamique du véhicule, en particulier sa
vont dépendre des efforts appliqués au véhicule lors de « tenue de route » et son « confort ». Ce lien obliga-
son déplacement sur le sol. Les fonctionnalités princi- toire, cet attachement indéfectible, entre la voiture et
pales du pneumatique sont les suivantes : le pneumatique, montre l’impérative nécessité de la
- porter la masse du véhicule : il s’agit d’un effort verti- bonne adéquation entre ces deux entités.
cal. Le pneumatique va se déformer pour mettre en Organe de liaison entre la route et le véhicule, le pneu-
œuvre une adhérence. Le pneumatique est aussi le pre- matique doit être vu comme un élément majeur inter-
mier élément de suspension, véritable filtre vibratoire venant dans la sécurité de nos déplacements. Comme
des sollicitations induites par les imperfections de la de nombreux organes mécaniques entrant dans la com-
route. position d’un véhicule, le pneu est soumis à l’applica-
- démarrer, accélérer, modifier la vitesse : c’est un effort tion de normes et au respect de règlements pour sa
longitudinal d’accélération, lié au couple moteur appli- définition et son emploi.
qué à la roue.
- ralentir, décélérer, freiner, arrêter : c’est un effort lon-
gitudinal de freinage.
1
1 INTRODUCTION
2
1
3 La tringle
5
La roue
Fig. 1.1
Un pneumatique est composé de cinq parties principales :
1 La carcasse, composée de fils croisés, enduits de caoutchouc, qui vont transmettre les efforts définis au § précé-
dent.
2 La bande de roulement en caoutchouc, qui assure le contact avec le sol.
Lors de la fabrication, carcasse et bande de roulement sont assemblées à l’aide d’un mélange de caoutchouc natu-
rel et synthétique à l’état « cru », qui doit ensuite être « cuit » pour obtenir les caractéristiques finales d’élasticité
ainsi qu’une parfaite homogénéité. Cette opération de cuisson est appelée : vulcanisation.
3 L’accrochage sur la roue, via un câble appelé tringle.
4 Les flancs, faisant la liaison entre la bande de roulement et l’accrochage à la roue.
5 L’air qui maintient l’ensemble dans sa forme d’origine, celle d’un tore et lui donne sa fonction pneumatique.
Le pneumatique s’accommode des conditions clima- De par ses composants, le pneumatique sera sensible à
tiques et de roulage les plus extrêmes. Bien qu’il soit deux paramètres :
souvent « oublié », compte tenu de sa couleur discrète D’une part la température de l’air et du sol et d’autre
et de l’entretien réduit qu’il requiert, cet organe de- part la qualité du sol sur lequel il va rouler : consistance,
mande malgré tout une surveillance minimale pour granulométrie, état de surface, etc.…. Le pneumatique
garantir un niveau de sécurité optimal. doit vivre avec la route sur laquelle il roule.
Le pneumatique ne peut être dissocié d’un autre organe Le pneumatique est soumis à plusieurs impératifs :
qui complète la transmission des efforts au véhicule : la
roue.
roue Roue et pneumatique doivent former un ensemble • C’est un organe de sécurité. Il doit avoir une capaci-
homogène, parfaitement adaptés l’un à l’autre. Plus té de résistance mécanique minimale, y compris lors
largement, le pneumatique et sa roue ne peuvent être d’une utilisation anormale et imprévue.
séparés du véhicule qu’ils équipent. • Être économiquement performant.
Le pneumatique s’use en service. Les erreurs de con-
• Être conforme aux normes et règlements en vigueur.
duite peuvent provoquer des dommages plus ou moins
importants et dangereux. La crevaison reste l’incident le • Être compatible avec la roue qui lui sert de support
plus courant. Le pneumatique est un élément majeur Remplir ces fonctions, dans le cadre des impératifs de-
intervenant dans la sécurité de nos déplacements, et il mandés, aboutit à un compromis, le pneu universel ne
n’est pas inutile de rappeler que sur une voiture pesant peut exister. La position de ce compromis va introduire
1500daN et roulant à 100km/h, la surface de contact un typage du pneumatique et l’orienter vers un usage
au sol, surface qui va transmettre tous les efforts énon- défini : un pneu pour chaque condition d’utilisation :
cés précédemment, est équivalente à la surface de 4 Performance, 4x4, Mobilité, Hiver, Coût réduit, Durée de
semelles de chaussures…..ou 4 x 250cm2. vie, etc.…
2
1 INTRODUCTION
3
1 INTRODUCTION
C’est en 1889, soit 44 ans après Thomson, que John réussissent malgré de nombreuses crevaisons à faire le
Dunlop, vétérinaire à Belfast, dépose un brevet sem-
Dunlop périple dans le temps imparti. Bien que l’Éclair soit le
blable, bien que moins précis. dernier concurrent classé, ce résultat eut des consé-
Comme le tricycle de son fils avec des roues en fer fai- quences majeures. Il montrait qu’il était possible de
sait trop de bruit sur les pavés, il a cherché une solution faire rouler une voiture sur de l’air.
pour limiter ce bruit. Il remplace les roues de fer par des
roues en bois, auxquelles il fixe par collage, une feuille
en caoutchouc mise sous la forme d’un tube, le tout est
entouré d’une enveloppe en tissu de coton et gonflée
avec une pompe. J. Dunlop serait aussi l’inventeur de la
valve.
En revanche, si le système de J. Dunlop apporte une
amélioration magistrale du confort, elle apporte un
souci nouveau : celui de la crevaison.
Si l’invention de Thomson est arrivée beaucoup trop
tôt, celle de Dunlop profite d’un facteur nouveau et
porteur : l’invention et le développement de l’automo-
bile. En effet, un an plus tôt, en août 1888, Mme Bertha
Benz a fait ce qui est considéré comme le premier
voyage en automobile, avec une voiture à trois roues,
équipées d’une roue avant en caoutchouc plein.
Quelques temps plus tard, un fabricant de vélos situé
avenue de la Grande Armée à Paris, Adolphe Clément,
Clément
négocie avec Dunlop une licence de fabrication, ce qui
Fig. 1.3
lui permet d’équiper ses vélos de « bouées de sauve-
l’Éclair des frères Michelin
tage » en raison de la couleur blanc-beige du caout-
chouc naturel.
En 1891, les frères Edouard et André Michelin
Michelin, confron-
Mais comme toute nouveauté technologique, l’idée
tés à la réparation d’un pneumatique, probablement
n’est pas adoptée très facilement, tout au moins selon
d’origine Clément, met en évidence la complexité de
la revue « France Automobile » du 12 avril 1896, dans
l’intervention. Les bandages étant collés sur la jante,
laquelle nous trouvons sous le titre : « Pneus partout »,
une réparation demande beaucoup de soins et de
l’entrefilet suivant : «Les roues constituent certaine-
temps, plus de 15h. De cette constatation, découle
ment les organes essentiels de toute voiture automo-
l’invention du pneumatique démontable pour vélo. Mi-
bile et en présence des résultats parfaits que l’emploi
chelin dépose ainsi trois brevets permettant de séparer
des bandages pneumatiques a donné pour ces derniers,
les fonctions de la jante et du pneumatique.
il est difficile de comprendre l’opposition qu’a rencontré
Ce principe de pneumatique démontable, suite aux rou- chez certains constructeurs leur emploi pour l’automo-
lages et à leur retour d’informations, est amélioré par bile. »
l’introduction du principe de la tringle, permettant de
sécuriser la fixation du pneu et de mieux répartir les En 1902, apparait la première bande de roulement
efforts sur la jante. « sculptée ». Deux ans plus tard, les premiers essais de
Dans la foulée, en juin 1895, les frères Michelin, forts de noir de carbone comme additif furent entrepris. L’objec-
l’expérience acquise sur le vélo, créent le premier pneu- tif était de donner plus de résistance à la gomme, no-
matique pour automobile. Comme pour le vélo, ils veu- tamment à l’abrasion. C’est donc à partir de 1904 que
lent démontrer la supériorité du principe en participant les pneus sont passés de la couleur blanc-beige du
à la course Paris-Bordeaux-Paris. Pour ce faire, ils cons- caoutchouc naturel, au noir que nous connaissons ac-
truisent leur propre voiture « l’Éclair » Cf. fig.1.3 et tuellement. Cf. fig. 1.4
4
1 INTRODUCTION
Le pneumatique est une pièce complexe, avec un fort venus tellement fluctuants que ce qui est valable au-
contenu technologique, faisant intervenir de nombreux jourd’hui ne le sera plus demain. Nous nous bornerons à
aspects techniques et scientifiques. Il est devenu indis- montrer l’importance de cet équipement et tout ce qui
pensable et une pièce maîtresse de notre mobilité donc découle de la vulgarisation de son utilisation.
de notre développement économique.
Nous nous garderons de donner des chiffres que ce soit
de production ou de valeur financière, ceux-ci sont de-
5
1 INTRODUCTION
Le pneumatique est indissociable du véhicule, support sances liées à l’utilisation d’un véhicule, le rejet de gaz
de mobilité. L’organisation de nos sociétés ne permet carbonique (CO²) est le facteur sur lequel le pneuma-
pas actuellement d’envisager la suppression de l’auto- tique peut intervenir directement, en réduisant la résis-
mobile, malgré les tendances de freiner sa croissance tance au roulement. Cette réduction de Résistance au
dans les pays développés. L’avenir du pneumatique dé- Roulement diminue les rejets de CO². Un autre facteur
pend de l’avenir de l’automobile et réciproquement. intervenant sur les nuisances induites par la mobilité : le
L’un et l’autre sont tributaires d’une énergie fossile : le comportement de l’automobiliste, son besoin de mobi-
pétrole. L’un comme source de matériaux issus de la lité et son utilisation réelle de la mobilité. Mais c’est un
Pétrochimie, l’autre comme source d’énergie pour le autre sujet.
moteur à combustion interne. Le nombre de véhicules La sécurité est une préoccupation majeure liée à l’em-
augmente rapidement et le parc automobile double ploi d’un véhicule et par conséquence à l’utilisation
tous les 15 ans. Le besoin en mobilité reste encore très d’un pneumatique. De nombreux incidents sont dus à
fort dans de nombreux pays. Chaque automobile néces- un manque de surveillance et plus particulièrement de
site au minimum un train de 4 pneumatiques en pre- la pression de gonflage. Les manufacturiers et équipe-
mière monte et en moyenne 2 trains sur sa durée de mentiers s’en préoccupent pour proposer des systèmes
vie. C’est un marché que se partage une dizaine de ma- de surveillance.
nufacturiers majeurs dans le monde. Parmi les nui-
Ils sont de nature diverse et demandent la mise en fils. Leur origine est soit naturelle, soit synthétique.
œuvre de techniques nécessitant des moyens d’élabora- Dans ce dernier cas, l’industrie pétrochimique intervient
tion lourds en investissements et une compétence en comme pour les caoutchoucs synthétiques. Les fils syn-
perpétuelle évolution. thétiques sont obtenus par extrusion au travers de fi-
lières. Les renforts acier sont élaborés par les techniques
a) les caoutchoucs :
de la tréfilerie et calibrés par des filières.
- Le caoutchouc naturel.
naturel Il est produit dans des
c) Le coût des matières premières
premières.
plantations industrielles, en Asie : Malaisie, Indonésie,
Vietnam et au Brésil essentiellement. La main d’œuvre Les prix à la production sont très fluctuants. Celui des
nécessaire pour pratiquer la « saignée », faire la récolte, caoutchoucs et des renforts synthétiques évolue avec le
entretenir les arbres et les plantations reste importante. cours du pétrole brut dont il est dérivé. Celui du caout-
C’est une source de revenu pour une population. Le chouc naturel est plus fluctuant. Certaines zones habi-
traitement d’affinage pour produire les « balles » de tuellement productrices de caoutchouc se sont conver-
caoutchouc est plus automatisé. ties à la production d’huile de palme, plus simple et plus
rentable à produire que le caoutchouc naturel et dont la
- Le caoutchouc synthétique
synthétique. Les différentes va- demande est forte pour les biocarburants. Originaire
riétés sont issues du pétrole et pour quelques produits majoritairement d’Asie du Sud-Est, la production de
encore obtenues à partir du charbon. C’est lors de la caoutchouc naturel est soumise aux fluctuations du
distillation du pétrole que sont récupérés les différents climat et aux aléas politiques. La culture de l’hévéa est
composants de base qui composeront après diverses très extensive et il faut attendre sept ans avant qu’un
transformations chimiques, mélanges et affinages, la arbre ne produise contre trois pour un palmier à huile.
gamme des caoutchoucs synthétiques utilisée dans la Dans ces conditions, il est difficile de trouver les inves-
fabrication du pneumatique. Cela a généré une industrie tisseurs prêts à régénérer d’anciennes plantations ou à
pétrochimique localisée proche des raffineries, avec ses en créer de nouvelles. D’où les conséquences sur les
moyens de production, sa R & D, son réseau de distribu- prix.
tion. La part du caoutchouc synthétique dans le pneu-
matique dépasse nettement la part prise par le caout-
chouc naturel. L’Allemagne, pour des raisons histo-
riques, est le leader européen de la chimie du caout-
chouc synthétique, suivi par la France et les États-Unis.
b) les renforts
renforts.
Ce sont des fibres textiles et métalliques. Leur élabora-
tion met en œuvre toutes les techniques de l’industrie
textile. La filature permet de transformer les fibres en
6
1 INTRODUCTION
a) La production.
production Un pneumatique est un produit diverses applications. Cela impose aux moyens de pro-
complexe demandant une grande précision dans son duction une grande souplesse dans le potentiel de mo-
élaboration. Au fil du temps, la production s’est auto- dification.
matisée pour aboutir à une intervention minime de b) La consommation d’énergie
d’énergie. Que ce soit pour
l’homme. Cette automatisation a demandé des investis- l’élaboration des mélanges de caoutchouc, la mise en
sements importants, de la matière grise et nécessite
œuvre des renforts, l’assemblage et le montage du
une maintenance rigoureuse, mais permet une produc-
tion 24h/24 afin de fournir le marché. Une telle auto- pneumatique, l’énergie à mettre en œuvre est impor-
matisation nécessite toujours des opérateurs qualifiés, tante. Mais il y a une opération encore plus énergivore
formés au suivi des opérations. Le point d’achoppement vu les masses à chauffer : la cuisson ou vulcanisation de
est la diversité des produits à fournir, entre les dimen- chaque pneumatique.
sions, les indices de charge, les indices de vitesse, et les
Le pneumatique est un matériau composite faisant in- sistance chimique, connaissance du vieillissement, élas-
tervenir de multiples paramètres, appliqués à des sys- ticité.
tèmes de transport très variés. Comme toute technolo- d) L’efficacité énergétique. D’une part au travers de
gie, le suivi des évolutions des matières, des concepts, la réduction de la résistance au roulement, ce qui
des procédés de fabrication demandent une main amène à travailler l’architecture du pneumatique :
d’œuvre particulièrement qualifiée dont la formation tailles basses, suppression des roues jumelés sur les
demande temps et moyens. poids lourds, action sur la structure de la carcasse. Et
Quelques axes de réflexion : d’autre part au travers du procédé de vulcanisation,
étape la plus énergivore, amenant le mélange de caout-
a) Le développement de synergies entre les caout-
chouc de l’état plastique à l’état élastique.
choucs et les matières plastiques, tous deux dérivés du
pétrole. e) Les préoccupations environnementales et la mise
en place de règlements contraignants sur l’emploi de
b) L’intensification du recyclage et des procédés de
certaines substances chimiques. Cela concerne directe-
valorisation des pneumatiques usagés, avec l’élabora-
ment l’usage des additifs comme par ex. : l’oxyde de
tion de nouveaux produits utilisant des granulats récu-
zinc utilisé pour la vulcanisation de certains polymères,
pérés de caoutchouc déjà vulcanisés. A noter que 80%
ou les huiles aromatiques. Des substituts devront être
du caoutchouc produit est utilisé par le pneumatique.
développés.
c) La recherche d’amélioration des performances des
produits: tenue aux hautes et basses températures, ré-
Malgré une apparente stabilité avec les années, le pneu- puissances de freinage acceptables malgré l’augmenta-
matique a fortement évolué. Par contre peu de choses tion importante du poids des véhicules.
ont bougé dans la forme, la couleur, les principes de b) Le concepteur actuel restera en permanence face
fonctionnement. Donc est-il encore possible de le faire à:
évoluer ?
- Un équilibre délicat entre coût de production et
a) La tendance pousse à la généralisation des pneu- niveau de marché en raison d’une concurrence interna-
matiques taille basse.
basse Un pneumatique série 50 devient tionale farouche. Le pneumatique, équipement de sécu-
la norme. Cette évolution est rendue possible par les rité de haute technicité a un rôle souvent mal compris
progrès effectués dans la connaissance des mélanges et par l’utilisateur qui s’oriente trop facilement vers le
dans les dessins de sculpture pour permettre une bonne moins cher à l ’achat sans prendre en compte tous les
tenue sur sol mouillé. Ce phénomène s’accompagne de éléments du service rendu.
l’augmentation de dimension de la roue et une roue de
16’’ est aujourd’hui fréquente. Les modèles sportifs sont - Un compromis entre:
fréquemment équipés de roue de 18 et même 20’’. Cela • Confort et stabilité directionnelle.
présente entre autre l’avantage de pouvoir mettre des • Niveau d’usure et augmentation des perfor-
freins de plus gros diamètre permettant de garder des mances en général et sur route mouillée en particulier.
7
1 INTRODUCTION
8
1 INTRODUCTION
Fig. 1.11
Roue et pneumatique intégrés.
Fig. 1.8
La roue qui a roulé sur la lune.
Roue et pneumatique sont indissociables, aussi le sys-
tème du futur intégrera-t-il la roue? Ne peuvent-ils être
intégrés et produits en une pièce unique ? L’avenir va
sûrement nous réserver de nouvelles innovations.
Fig. 1.9
Une application actuelle d’une « roue élastique »
Fig. 1.10
Pneumatique MICHELIN, sans air, incluant la jante et à
bande de roulement amovible.
9
2 L’ARCHITECTURE D’UN PNEUMATIQUE
2-A.1 LA CARCASSE.
La carcasse d’un pneumatique est l’élément par lequel - La carcasse diagonale ceinturée ou « Bias Belted »
vont transiter les efforts, de la bande de roulement à la Cf. principe sur fig. 2.3
roue. Une carcasse est formée de fils croisés. Le mode
de croisement de ces fils, va nous permettre de réperto-
rier trois grandes familles d’architecture du pneuma-
tique, que nous classerons par ordre chronologique de
3° Nappe parallèle
mise en œuvre : au plan médian
- La carcasse diagonale.
diagonale Cf. principe sur fig. 2.2
Parallélogramme
de transmission
des efforts Fx
X
Z
X Fy
Fx Y
X Y
Z
X Fy Fig. 2.3
Tringle
Y
Y
30 à 40° Il est ajouté une couche de fils sur le sommet du pneu-
Fig. 2.2 matique, à la façon d’une ceinture. Cette couche ne
déborde pas sur les flancs. L’objectif de ces fils supplé-
mentaires est de rigidifier le parallélogramme de trans-
mission des efforts.
Les fils sont disposés en diagonale par rapport au plan
médian, d’un bord d’accrochage à la roue à l’autre bord. - La carcasse radiale.
radiale Cette technologie a la particularité
Leur croisement forme un parallélogramme par lequel de séparer totalement la fonction du flanc et la fonc-
les efforts appliqués au pneumatique vont se trans- tion sommet. Cf. principe sur figs. 2.4, 2.5, 2.6, 2.7
mettre.
1
2 L’ARCHITECTURE D’UN PNEUMATIQUE
Ff
x
Fy
Triangle d’application
y des efforts
Fa
3° couche
x
Tringles
2° couche
O δ z
1° couche
x
y y
O O
Fig. 2.5 Fig. 2.6 Fig. 2.7
Disposition de l’armature. Positionnement des couches.
2
2 L’ARCHITECTURE D’UN PNEUMATIQUE
Imprégnation caoutchouc
145mm (Matrice)
3
2
1
A
163mm
3
2 Fils de chaîne
unidirectionnels
Fils de trame (Renfort)
1 (Renfort)
B
Fig. 2.8 Fig. 2.10
Coupes transversales montrant la position des nappes
sommets.
① Armature Dans le pneumatique, le fil de trame est un fil très fin
② 1° nappe sommet en 2 couches. dont le rôle est uniquement de maintenir les fils de
chaîne en position. Cela forme une armure unidirec-
③ 2° nappe sommet, aussi en 2 couches.
tionnelle. Les efforts seront transmis par le seul fil de
La coupe B montre un allongement vers le flanc des chaîne, dans une seule direction.
nappes sommets. Dans le cas du fil d’acier, le fil de trame est souvent
supprimé.
2°) Ils sont pré-imprégnés avec un mélange de
caoutchouc lors de l’opération de calandrage.
L’ensemble se présente sous forme d’une nappe. Sui-
vant le sens de découpe de cette nappe, les fils feront
un angle par rapport à l’axe de la nappe. La nappe prend
Air externe alors le nom de « Ply ». Cf. fig. 2.11
Sculptures
Bande de
roulement
Renforts
Nappes Armature
sommet radiale Nappe après
Planche découpe
z Chambre préimprégnée
Air interne intégrée
y
Fig. 2.9
Angle de
Schématisation de principe des coupes nappe
de la fig. 2.8
3
2 L’ARCHITECTURE D’UN PNEUMATIQUE
Câble de tringle
Fa Armature en
y extension
o α β
Efforts d’accélération
Fig. 2.12
Application des efforts selon le principe du triangle. z F= Effort
Roue
Plus l’angle de la nappe sera fermé, autrement dit
proche du plan médian, meilleure sera la stabilité de
roulage. Pour certains pneumatiques de grande largeur,
utilisés sur les véhicules rapides, il peut être ajouté une
dernière nappe, enroulée à 0° pour donner encore plus x
de stabilité à haute vitesse.
Fav Far
F
Fig. 2.15
Pourquoi la tringle est un câble?
Lors d’un virage, le flanc extérieur est en extension et
les efforts de guidage sont transmis du sol à la nappe
carcasse puis à la tringle.
Ces efforts sont appliqués sur un secteur en perpétuel
déplacement. Cela induit deux efforts d’extension Fav
Fig. 2.13 et Far diamétralement opposés et appliquant une
charge sur le haut de la roue comme sur une poulie.
Synthèse de la position des fils-
fils-renfort dans une
carcasse radiale.
4
2 L’ARCHITECTURE D’UN PNEUMATIQUE
Effort
tuant. Chacun de ces matériaux transmet à l’autre les Rc
efforts qui lui sont appliqués. A
Caoutchouc
Un tel matériau comprend trois éléments : le renfort, La
matrice et l’interface entre le renfort et la matrice. Fil
a) Le renfort. Véritable structure portante, le renfort
Mini 100%
est constitué d’un ensemble de fils de grande longueur,
Taux volumique de fil
continus, orientés, positionnés par couches unidirec-
tionnelles, collées les unes sur les autres et croisées les Fig. 2.16
unes par rapport aux autres. Sous cette forme, le maté-
riau est dit : anisotrope. Effort de rupture en fonction de taux de fil-
fil-renfort dans
C’est cette structure qui apporte la résistance méca- une carcasse.
nique. Le renfort est le matériau qui va donner sa forme Soit un volume V de caoutchouc, soumis à des efforts.
au pneumatique. Sans renfort de fil, la rupture se produira à une valeur
Rc. Sans changer le volume total, en introduisant un
Pour cela, le fil doit présenter différents critères de di- volume de fil, le volume de caoutchouc va diminuer
mension (diamètre, longueur) et de propriétés phy- (courbe jaune) et le volume de fil augmenter (courbe
siques (résistance spécifique : Effort de traction / bleue). Ces 2 courbes vont se croiser en A représentant
diamètre), faible capacité d’allongement, facilité de le % de mélange fil/caoutchouc pour obtenir le mini-
mise en œuvre, légèreté, compatibilité avec la matrice, mum d ‘effort à transmettre sans rupture.
résistance thermique. L’effort maxi transmis sera pour un mélange contenant
Selon la nature chimique du fil, il peut être procédé à un 100% de fil.
traitement particulier, appelé ensimage,
ensimage avec une huile Le volume minimum de fil à introduire correspond au
ou une résine, pour faciliter la liaison au niveau de mélange fil/caoutchouc permettant de retrouver l’ef-
l’interface renfort-matrice. fort de rupture du caoutchouc.
Physiquement, le fil, peut se présenter sous différentes
formes :
- Fil simple : fabriqué à partir de filaments ou de fibres
discontinues maintenues ensemble par torsion.
- Fil retors : constitué d’au moins 2 fils simples torsadés
ensemble. composés de cellulose et ont l’inconvénient d’absorber
l’eau. La rayonne est un fil plus résistant et plus homo-
- Fil câblé : constitué d’au moins 2 fils retors, torsadés gène que le coton.
ensemble.
- Synthétique ex : polyamide, polyester, aramide
- Fil assemblé : fil formé d’au moins 2 fils accolés en- Cf. tableau 2.17
semble sans torsion.
Il est défini un taux volumique en fils, rapport entre le
volume occupé par les fils et le volume total du pneu- Nom commercial Famille chimique Matières de départ
matique. Ce taux évolue suivant l’utilisation du pneu-
matique et il augmentera en fonction des charges su- Acétylène et acide
Rhovyl Chlorofibres
chlorhydrique
bies.
L’origine des fils utilisés dans un pneumatique peut Nylon Polyamides Hexaméthylène
être : Tergal Polyester Éthylène et Xylène
- Végétale (ex : le coton, la rayonne encore appelée Kevlar Aramides Benzène
« soie artificielle » ou viscose.) L’un et l’autre sont
Tableau 2.17
5
2 L’ARCHITECTURE D’UN PNEUMATIQUE
. Les polyamides disposent d’une bonne tenue à la cha- de transmettre des informations, ce qui nécessite une
leur et de bonnes performances mécaniques. grande maîtrise de sa structure microscopique. La per-
. Les aramides (nom commercial : Kevlar) ont une formance du pneumatique sera impactée par les possi-
bonne résistance à la traction, sont légers, se dilatent bilités techniques des mélanges de caoutchouc utilisés.
faiblement sous l’effet de la chaleur, ont une bonne c) L’interface. L’interface assure la liaison entre le fil
résistance aux chocs et à la fatigue, mais sont sensibles de renfort et le caoutchouc de la matrice. La fraction
à l’humidité et l’adhérence avec la matrice est à vérifier. volumique de cette interface est toujours très faible et
- Métallique (ex : fil d’acier) théoriquement nulle. Mais c’est par cette interface que
seront transmis les efforts mécaniques entre le caout-
chouc et le fil. Pour éviter toute rupture dans l’en-
semble du matériau, il ne doit y avoir aucun mouve-
ment relatif entre le caoutchouc et le fil dans cette in-
terface. Cela signifie que dans l’ensemble du pneuma-
tique, la compatibilité des liaisons chimiques entre les
différents matériaux composant la carcasse et les élé-
Résistance sous effort de traction
rm
mrf
b) La matrice. La matrice fait le lien entre les fils de
renfort et répartit les efforts. Cette matrice est le mé- εrf εrm
lange de caoutchouc, qui sert à pré imprégner les fils Allongement ε
pour former une nappe. Si le fil donne la forme au
pneumatique, c’est la matrice qui fige cette forme. Ce Fig. 2.13
mélange de caoutchouc a aussi un rôle de protection.
Les efforts d’allongement dans une nappe. La différence
Les éléments intervenant dans le choix de cette ma- entre le fil et le caoutchouc.
trice :
εrf= Allongement à la rupture du fil : <10%.
-Sa facilité de mise en œuvre
εrm= Allongement à la rupture du caoutchouc jusqu’à
-Ses propriétés : Physiques : densité, stabilité di- 600%.
mensionnelle, résistance aux impacts. mrf= Effort de traction dans la matrice à la rupture du
Mécaniques : allongement, fluage, fil.
relaxation, tenue à la température. rm= Effort de rupture du caoutchouc.
rf= Effort de rupture du fil.
-Sa durabilité : Résistance au vieillissement, à la fatigue,
à la chaleur, aux agressions chimiques, au frottement, à À la rupture du fil : εrf < εrm.
l’usure.
La matrice est un matériau de fonction dont le rôle est
6
2 L’ARCHITECTURE D’UN PNEUMATIQUE
C’est une couche de caoutchouc plus ou moins épaisse, dans laquelle sont générés les efforts qui vont ensuite transi-
ter par la carcasse puis la roue. Elle assure le contact avec le sol et dispose de sculptures alternant creux (ou espaces)
et reliefs (ou pavés).
La bande de roulement est la partie qui s’use sur un pneumatique et la profondeur des sculptures permet de mesurer
cette usure. Ces sculptures ont aussi pour fonction d’évacuer l’eau lors des roulages par temps de pluie.
a) la sculpture. La forme et l’agencement des pavés peuvent donner à la sculpture une multitude de combinaisons
différentes selon la destination finale du pneumatique. La figure 2.20 de A à H montre quelques exemples.
A) Sculpture constituée de gros pavés espacés, avec des pavés d’épaulement plus rapprochés. Elle sera utilisée
pour un roulage sur sol meuble, non revêtu, la boue, la pierraille.
B) Sculpture comportant trois grands canaux longitudinaux. Les pavés des épaulements sont assez espacés et
légèrement lamellisés. Il s’agit d’un profil de sculpture standard pour routes macadamisées. Sa tenue sous
condition de pluie sera bonne.
C) Sur cette sculpture, les canaux longitudinaux ont disparu, les pavés de forme allongée sont très proches les
uns des autres et les épaulements sont larges et arrondis. Cette forme privilégie la stabilité en ligne droite et
le comportement en virage sur sol sec.
Figures 2.20 D
D) Exemples de lamellisation. Ce sont de très fines « coupures » dans le pavé de caoutchouc. La quantité, la
forme et la position de ces « coupures » augmentent le nombre d’arêtes au contact du sol. Cela améliore la
mobilité du pavé et le suivi du contact avec le sol. Cette forme sera privilégiée pour le roulage sur sols à basse
adhérence, du type neige tassée, glace.
7
2 L’ARCHITECTURE D’UN PNEUMATIQUE
Z0
Pavé de
gomme
X
S0
Sans charge
Fig. 2.21 A
Z
Fig. 2.20 G
Z0
Z1
G) Exemple de mauvais « débourrage ». La boue Pavé de
gomme
reste incrustée entre les pavés. X
S
P
Sous une charge P
Fig. 2.21 B
8
2 L’ARCHITECTURE D’UN PNEUMATIQUE
Sens de
Au freinage rotation
eux qui produisent les déformations verti-
Z cales dans le pavé de caoutchouc.
⇒ De la vitesse de déroulement, et par exten-
Ff sion, de la vitesse du véhicule. Cette vitesse
Pavé de détermine le temps écoulé entre deux défor-
gomme mations.
X
• De l’amplitude
amplitude des déformations.
Ff
Effort de Coté en P • De la température.
température L’expérience montre que l’hys-
freinage extension térésis est influencée par la température et la na-
ture du caoutchouc :
Fig. 2.21 C
⇒ L’hystérésis d’un caoutchouc synthétique est
Virage à droite toujours supérieure à celui d’un caoutchouc
Z naturel (NR).
⇒ L’hystérésis d’un mélange de caoutchouc
Z0 Fy diminue lorsque la température augmente.
Pavé de Dans ce cas, la valeur maximale d’amortisse-
gomme ment se produit à des fréquences plus éle-
Y vées, autrement dit à des vitesses de déroule-
Ry ment plus élevées.
P
• Un caoutchouc naturel présente une hystérésis
Fig. 2.21 D maximale à une fréquence d’environ 10khz, alors
Exemples de déformation du pavé de caoutchouc. qu’un caoutchouc synthétique va le développer à
une fréquence nettement plus basse, de l’ordre du
⇒ Par temps de pluie, ces sculptures se comportent kHz.
comme une « pompe à eau » chargée d’évacuer l’eau Comme nous le verrons plus loin, ce phénomène d’hys-
de la zone de contact et ainsi permettre au pavé de térésis intervient dans le coefficient d’adhérence. Il en
caoutchouc de pénétrer dans la couche d’eau et d’avoir résulte qu’une simple variation des propriétés du caout-
le contact avec le sol et jouer son rôle « d’agent d’adhé- chouc, due à l’hystérésis, peut modifier l’adhérence.
rence ». Les creux sont autant de canaux d’évacuation.
Leur nombre, leur forme, leur connexion et leur débou- c) La différenciation des mélanges. Selon la
ché vers l’extérieur sont autant d’éléments qui vont « spécialisation » du pneumatique, la bande de roule-
donner son efficacité à la bande de roulement en rou- ment peut être composée d’un mélange de caoutchouc
lage par temps de pluie. de caractéristiques différentes :
b) Les caractéristiques physiques et mécaniques du ⇒ Dans la largeur, pour favoriser les appuis.
caoutchouc utilisé. Les mélanges pour bande de roule- ⇒ Dans son épaisseur, pour modifier le coeffi-
ment sont spécifiques et distincts des mélanges utilisés cient d’adhérence en fonction de l’usure.
pour les autres parties. La différence entre deux bandes
de roulement à dessin de sculpture identique se fera par d) Le bruit. C’est au niveau de la bande de roule-
la dureté shore et l’hystérésis du caoutchouc. ment et de ses sculptures qu’est généré le bruit de rou-
lement. Cette émission sonore est liée à la distribution
Une faible dureté Shore donnera de bonnes per- des efforts au sol.
formances sur sol froid et à forte micro texture, mais
par contre son usure sera rapide, et ses performances e) La transmission des efforts. Tous les efforts appli-
vont rapidement chuter lorsque la température va s’éle- qués au pneumatique sont générés dans la bande de
ver. Ce comportement s’inversera au fur et à mesure de roulement. Mais, ces efforts doivent ensuite être re-
l’augmentation de cette dureté. transmis, successivement, aux nappes sommets, puis à
l’armature, et enfin aux tringles et à la roue. Pour que
L’hystérésis, Cf. § ANNEXE, phénomène cette transmission se fasse dans les meilleures condi-
« retard » de la fonction élastique du caoutchouc, le- tions, bande de roulement et nappes sommets doivent
quel améliore le roulage par temps de pluie. Cela se impérativement être homogènes et adaptées l’une à
traduit par un décalage dans le temps entre la déforma- l’autre. Tout manque d’homogénéité entre la bande de
tion et son retour à l’état d’origine. L’hystérésis peut roulement et les nappes sommet, fera chuter le niveau
s’assimiler à un amortissement, spécificité des maté- de performance de l’ensemble. De même, toute modifi-
riaux viscoélastiques. Cet amortissement sera fonction : cation du dessin de la bande de roulement nécessitera
• De la fréquence des déformations. Cette fré- de vérifier le comportement des nappes sommet.
quence, de l’ordre du (kHz) va dépendre : Généralement lors de la conception d’un pneumatique,
⇒ De la taille des pavés de caoutchouc. il est établi en priorité la définition de la bande de rou-
lement selon sa destination : sculpture, taux d’entaille,
⇒ Du nombre de granulats par mètre du sol sur puis mélange. Cette définition reste un compromis.
lequel va rouler notre pneumatique. Ce sont Ensuite, à partir de cette définition, sera conçue la
structure des nappes sommet.
9
2 L’ARCHITECTURE D’UN PNEUMATIQUE
Les flancs servent de lien entre l’ensemble : nappes l’étanchéité aux gaz et à l’air.
sommets + bande roulement et la tringle. La bordure
latérale de raccordement, entre la bande de roulement Les fils d’armature forment des arceaux orientés per-
et le flanc est l’épaulement
épaulement,
épaulement élément majeur dans le pendiculairement à la direction du mouvement. Cela
comportement en virage du pneumatique. donne une grande flexion verticale des flancs, et par
extension, une grande souplesse sous charges verticales.
Le flanc est composé des fils de l’armature et d’une Toujours sous charges verticales, le travail des nappes
couche de caoutchouc extérieure d’épaisseur variable, sommet se trouve « déconnecté » de celui des flancs.
dont le but est d’assurer la protection contre les chocs Par conséquent, la flexion du flanc n’induit aucun effort
(par ex. : sur un trottoir). Cette couche extérieure est dans les nappes sommet. Les fonctions entre flanc et
complétée par la couche intérieure chargée d’assurer sommet s’en trouvent nettement séparées.
L’intérieur du pneumatique est tapissé d’une feuille de caoutchouc particulière qui remplace la chambre à air. Cette
feuille, à base de butyl, renforcé avec du talc a pour but d’assurer l’étanchéité à l’air.
2-A.5 L’AIR.
10
2 L’ARCHITECTURE D’UN PNEUMATIQUE
2-A.6 LA VALVE.
Ressort
« Obus » vissé dans
le corps de valve Corps de valve
C’est la pièce mécanique, qui va permettre de gonfler le de la valve proprement dite, mais surtout, il évite à la
pneumatique, c'est-à-dire introduire l’air nécessaire poussière et aux impuretés de venir perturber le fonc-
pour obtenir la pression de fonctionnement. C’est une tionnement de la soupape. Ce bouchon est un agent de
simple soupape, tenue fermée par un ressort et la pres- propreté et permet d’éviter une « crevaison lente ».
sion de l’air. Lors du gonflage, la différence de pression Certains embouts de gonflage disposent d’une aiguille
entre le gonfleur et la pression intérieure va l’ouvrir. Elle qui lors de la connexion sur la valve vient automatique-
se fermera d’elle-même lorsque la pression recherchée ment ouvrir la soupape. C’est systématiquement le cas
sera atteinte. lorsque l’embout de gonflage dispose d’un manomètre
Cette valve est fermée par un bouchon vissé, dont l’im- de mesure.
portance est souvent négligée. Il complète l’étanchéité
Il s’agit des différents mélanges de caoutchouc utilisés. sont composés dans des proportions variables de caout-
Ils intègrent de nombreux composants et sont plus ou chouc naturel et de caoutchouc synthétique. Les pro-
moins chargés en additifs dont le but est de donner au portions d’un mélange sont un compromis, un savant
caoutchouc les propriétés spécifiques voulues. équilibre dont les propriétés finales sont fonction du
besoin.
Les mélanges utilisés pour façonner un pneumatique
11
2 L’ARCHITECTURE D’UN PNEUMATIQUE
a) Résilience. Il s’agit de sa résistance au choc, la- d) Imperméabilité à l’air et à l’eau. Pour conserver
quelle se matérialise par la hauteur de rebond d’une ses propriétés pneumatiques, il est impératif que l’air
balle. sous pression reste emprisonné dans le volume délimité
b) Élasticité. Il s’agit de la propriété, pour le caout- par le caoutchouc. De même, aucun élément extérieur
chouc, de pouvoir revenir à sa forme initiale après une (eau, poussière, etc) ne doit pénétrer dans ce volume
sollicitation. pour perturber son fonctionnement.
Ces deux caractéristiques sont applicables dans n’im- e) Résistance. À l’abrasion et aux produits chimiques
porte quelle direction, et s’expliquent par la structure selon les additifs incorporés.
moléculaire, obtenue par polymérisation d’une chaine f) Compatibilité avec d’autres matériaux. Il peut être
de monomères. assemblé avec d’autres matériaux tels que les textiles
c) Souplesse. Le caoutchouc peut être déformé faci- et l’acier, pour former un matériau composite, inexten-
lement. sible, présentant une combinaison de propriétés entre :
résistance, solidité, souplesse.
Elle est liée à celle des hydrocarbures, dans lesquels le mère pour former une chaîne latérale, d’un côté
pétrole est omniprésent et plus particulièrement à l’un ou d’un autre. Cette configuration est appelée :
de ses composants : l’éthylène. trans-
a) la structure macromoléculaire. Quel que soit le b) la chaîne. Dans l’opération de polymérisation, le
type de caoutchouc considéré, la structure macromolé- monomère peut être assimilé à un objet pourvu de cro-
culaire est un polymère formé en une longue chaîne de chets lui permettant de s’associer avec d’autres objets,
monomères (molécule de base) qui s’assemble au cours eux-mêmes portant des crochets. Si chaque objet pos-
d’une opération appelée Polymérisation.
Polymérisation C’est la pro- sède un seul crochet, alors la chaîne est linéaire, comme
priété que possède l’atome de carbone de constituer par ex. les polyamides. Dans le cadre d’un polymère
des molécules possédant un grand nombre d’atomes. tridimensionnel, le monomère dispose de trois crochets,
Lors de cette opération, l’assemblage peut se faire de c’est le cas des polyesters.
plusieurs manières : L’action de l’oxygène peut provoquer une réaction de
⇒ de bout en bout,
bout cela donne une configuration scission d’une chaîne polymère et sa destruction.
appelée : cis-
cis- Les caoutchoucs sont solubles dans l’essence, le benzol,
⇒ en chaînes latérales : l’extrémité d’un monomère le toluène, l’éther de pétrole, mais insoluble dans l’eau
se fixe entre les extrémités d’un autre mono- ou l’alcool.
12
2 L’ARCHITECTURE D’UN PNEUMATIQUE
Cl Charbon Pétrole
-Chloroprène : CH2
CH2--C-CH
CH=CH2
CH2 Benzène Éthylène
-Ethylène : CH2
CH2=CH2 C6 H6 C2 H2
CH2
-Propylène : CH3
CH3--CH
CH=CH2
CH2 Styrène Butadiène
-Butylène.
-Acronitrile. etc... + Catalyseur
Les mélanges de caoutchouc utilisés se différencient
par : Copolymérisation en émulsion
13
2 L’ARCHITECTURE D’UN PNEUMATIQUE
La tenue à l’abrasion du caoutchouc de Polybutadiène 5°) Le Butyl caoutchouc (IIR : Butyl caoutchouc)
est bonne et sa flexibilité reste acceptable à basse tem- C’est un copolymère, composé à base d’iso butylène et
pérature. Il accepte facilement les ingrédients complé- d’une petite proportion d’IR.
mentaires, tels que : huile, noir de carbone. Par contre
sa résistance à l’entaille est faible. Sa propriété remarquable est une très basse perméabi-
lité à l’air et aux gaz. Il a une faible résilience, une
Le caoutchouc de Polybutadiène est le plus souvent bonne résistance à la lumière, à l’ozone, au vieillisse-
utilisé en addition avec un autre caoutchouc, notam- ment et aux températures élevées. Sans modification
ment avec l’’isoprène et le caoutchouc naturel pour les du polymère original, l’IIR est peu compatible avec les
pneus Poids Lourds, pour mieux contrôler l’échauffe- autres caoutchoucs.
ment interne.
Son application est la fabrication de chambre à air et du
4°) Le caoutchouc de Chloroprène ou polychloro- revêtement interne (encore appelé liner)
liner pour pneuma-
prène (CR : Chloroprène Rubber) tiques Tubeless.
Sa structure chimique ressemble à celle de l’IR, avec le d’éthylène--propylène (EPDM)
6°) Le caoutchouc d’éthylène
remplacement d’un groupe méthyle (radical monova-
lent CH3) par un atome de chlore. Cela donne à ce C’est un composé de 2 hydrocarbures : 40 à 70 %
composé une bonne tenue à l’huile et aux solvants, ain- d’éthylène en poids et un complément de propylène,
si qu’une bonne résistance au vieillissement sous l’effet auquel il est ajouté une petite quantité d’un monomère.
des rayons UV (le soleil) et de l’oxydation (effet de C’est un produit difficile à mettre en œuvre.
l’oxygène et de l’ozone). Ce composé accepte d’importantes quantités d’ingré-
Sa tenue à la température est bonne et selon le compo- dients complémentaires. Il a une bonne résistance à la
sé, peut dépasser 100°C. lumière solaire, à l’ozone et au vieillissement. Son utili-
sation dans la fabrication de pneumatique s’étend pro-
Sa résilience est inférieure à celle du NR et diminue gressivement.
fortement en dessous de 0°C.
Les principales propriétés de ces caoutchouc sont re-
Autres qualités : bonne résistance à l’abrasion et un groupés dans le tableau 2.24
bon coefficient d’adhérence.
Tableau des propriétés par type de caoutchouc. Valeur de 1 à 6. 1=le moins bon 6=le meilleur.
Propriétés Type NR IR SBR BR CR IIR EPDM
Résistance à la traction 6 5 5 3 5 4 4
Allongement à la rupture 6 6 5 4 5 5 4
Résistance à l’abrasion 3 3 4 6 4 3 4
Résistance à l’entaille 5 5 4 2 5 5 5
Élasticité au choc 5 5 4 6 5 1 5
Flexibilité à basse température 5 5 4 5 4 5 5
Résistance à la chaleur 3 3 4 4 5 4 5
Résistance à l’oxydation 3 3 4 5 5 5 6
Résistance à la lumière 3 3 4 4 5 5 6
Résistance aux intempéries 3 3 3 4 5 5 6
Résistance aux huiles 1 1 2 1 5 1 3
Résistance à l’essence 1 1 3 2 5 1 2
Résistance aux acides et bases 4 4 4 4 5 5 6
Résistance à la combustion 1 1 1 1 4 1 1
Perméabilité au gaz 2 2 3 3 4 6 3
Rémanence de compression à –40°C 4 4 4 4 2 2 3
Rémanence de compression à +20°C 5 5 4 4 4 3 4
Rémanence de compression à +100°C 1 1 2 2 3 5 5
Tableau 2.24
14
2 L’ARCHITECTURE D’UN PNEUMATIQUE
Un pneumatique doit pouvoir être remplacé, donc être structurelles, d’où la mise en place de normes de dési-
interchangeable. Cette interchangeabilité impose de gnation, et de construction, applicables par les diffé-
standardiser les dimensions, et les caractéristiques rents manufacturiers.
2-C.1 DESIGNATION.
Un pneumatique pour voiture particulière est désigné le marquage, pourront en fait être d’une largeur supé-
par une suite de chiffres et de lettres, gravés sur les rieure ou inférieure à cette valeur. Cette tolérance peut
flancs dans un ordre précis : varier de 2 à 5%.
a) la largeur. La largeur nominale S de la section, en b) la série, définit le rapport nominal d’aspect : H/S x
pouces ou en millimètres. Cf. Fig. 2.25 100, H étant la hauteur de la section et S la largeur
Ex : 225 signifie 225 mm. Comme dans toute fabrica- selon fig. 2.25.
tion, ces dimensions sont affectées de tolérances. Deux Ex : /50
/50, signifie que la hauteur est 50/100 de la
pneumatiques fabriqués par deux manufacturiers dis- largeur. C’est la caractéristique d’un pneu « large ».
tincts, bien qu’indiquant la même valeur de largeur sur
Pneu compétition
Pneu tourisme
Fig. 2.26
Fig. 2.25 Écart de rapport H/S pour deux applications distinctes.
Pour un même diamètre extérieur, il sera possible de choisir entre différents diamètres de roue comme illustré par la
fig. 2.27 : pour un diamètre extérieur de 590 il sera possible de monter une roue de 13‘’ en série 70 ou une 16’’ en
série 45. Mais cela ne sera pas neutre sur la largeur, qui va passer de 185 à 205mm.
La conséquence en sera une modification de la forme de l’empreinte de la surface de contact au sol.
Cf. figs. 2.28a et 2.28b
15
2 L’ARCHITECTURE D’UN PNEUMATIQUE
Série 70 Série 50
Pour un pneumatique série 70, cette empreinte sera plus longue que large et inversement pour une série 50, à dia-
mètre extérieur identique dans les deux cas.
c) Une lettre : l’indice de vitesse. Il en résulte une désignation, comme par ex : 215 / 70
La structure architecturale du pneumatique définit une VR 15 dans laquelle :
vitesse périphérique maximale qu’il ne peut dépasser ⇒ 215 est la largeur nominale, en mm.
sans risque de rupture. Sur la désignation, cela se tra-
duit par une lettre correspondant à une vitesse maxi. ⇒ 70 est la série et signifie que le rapport H/S = 0,70
Cf. tableau en annexe ou H = 0,70 x S,
S
Ex : H : jusqu’à 210km/h, V : > 210km/h. ⇒ V correspond à une vitesse maxi > 210km/h,
d) Le type de carcasse : Diagonale ou Radiale.
Radiale ⇒ R indique une construction de type Radiale,
Ex : R = Radial. ⇒ 15 est le diamètre nominal de la jante, en pouces.
e) Le diamètre nominal de la jante. Il s’agit de la Ce mélange d’unité entre le système métrique et le
zone d’accrochage du pneumatique sur la jante. C’est système anglo-saxon est un consensus mis en place
une cote, en pouces ou en millimètres. pour limiter les dissensions entre les approches US
et Européennes.
Cf. tableau d’équivalence, pouces (ou inchs) et milli-
mètres, en annexe.
Ce marquage comporte dans certains cas, outre les in- lage tous chemins dans la boue et sur la neige. Ces
formations minimales précédentes, les marquages com- pneumatiques se distinguent visuellement par les sculp-
plémentaires suivants : tures de la bande de roulement dont les pavés ont une
forme pyramidale particulière et un fort taux d’entaille.
a) Tubeless ou pneumatique avec chambre intégrée.
Tubeless signifie : sans chambre. Si de fait la chambre à c) Renforcé (Reinforced) Ce pneumatique a subi une
air est physiquement supprimée, la fonction est rempla- construction particulière avec ajout de nappes en géné-
cée par une feuille de caoutchouc spécial, à base de ral sur l’armature et sur la ceinture. Ce type de pneu-
butyl, intégrée à la carcasse et qui, comme la chambre à matique est apte à subir de plus fortes charges et à rou-
air a pour fonction d’assurer l’étanchéité à l’air. A noter ler sur des sols plus contraignants comme par ex. dans
qu’un pneu Tubeless nécessite l’usage d’une valve et la pierraille.
d’une roue spécifiques.
d) Un Indice de charge, (ou charge maximale admis-
Un pneumatique qui n’a pas cette mention tubeless sible pour une pression donnée.) Cette mention est une
inscrite sur le flanc nécessite l’usage obligatoire d’une information complémentaire à l’indice de vitesse. Elle
chambre à air. Par contre, il est interdit de mettre une est exigée par certains pays. Elle peut prendre la forme
chambre à air dans un pneumatique marqué Tubeless. soit :
b) M+S, sigle de Mud and Snow, Boue et Neige. ⇒ D’un chiffre Cf. tableau en annexe
Cette mention indique un pneumatique adapté au rou-
16
2 L’ARCHITECTURE D’UN PNEUMATIQUE
1,6mm
La dimension d’un pneumatique, donc sa désignation et La réglementation européenne ECE/324 contraint les
son marquage font l’objet de Normes : Iso, AFNOR, constructeurs, à partir de novembre 2012, d’installer sur
ETRTO (European Tyre and Rim Organisation) et doi- leurs nouveaux véhicules des systèmes de surveillance
vent suivre une réglementation : Règlements de Ge- de la pression des pneumatiques (SSPP), afin de détec-
nève, ECE, DOT (Department Of Transportation), etc.… ter toute pression de gonflage anormale.
17
2 L’ARCHITECTURE D’UN PNEUMATIQUE
18
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
Ce contact pneu/sol est une zone fondamentale, une sorte de frontière qui va délimiter deux systèmes relationnels
distincts dans la création et la transmission des efforts :
Il est la relation entre le pneumatique et le véhicule, le cinématique, fréquence de suspension, etc. Ce second
lien entre les paramètres mécaniques du pneumatique système fait l’objet du § 4,
4 et sera la synthèse de l’em-
et ceux du véhicule : masse et répartition des masses, ploi du pneumatique en termes de « tenue de route ».
Il s’agit d’analyser les phénomènes physiques générés Le pneumatique étant le point commun entre le véhi-
lors du contact du pneumatique avec le sol. Cela nous cule et le sol, Le phénomène physique majeur généré
permettra de mieux évaluer les limites des conditions dans la zone de contact pneumatique-sol est :
d’utilisation de notre voiture sur la route. L’adhérence (« union d’une chose à une autre »).
1
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
a) Le principe de l’adhérence découle des expé- Connaissant la valeur de P et ayant enregistré la valeur
riences faites en 1835 par Coulomb et Morin. L’expé- de A, il existe une relation liant A et P : A = µ x P, dans
rience de base est la suivante : Cf. fig. 3.1 Un corps laquelle :
ayant la forme d’un parallélépipède est posé sur un sol - µ = coefficient sans dimension caractérisant
plat et horizontal. Il est soumis à la gravité par son l’adhérence des surfaces en contact. Ce coefficient dé-
poids P, le sol comme tout support fournit une réaction pend de l’état de surface et de la nature physico-
égale en valeur et de sens opposé. Il s’agit donc d’un chimique des corps en contact.
contact plan sur plan. Si l’on veut déplacer ce corps
dans le plan de son support, il faut lui appliquer un ef- - P = Poids du corps considéré, force de gravité, ver-
fort F, parallèle au plan de ce support. Le déplacement ticale.
ne sera effectif que lorsque la force F atteindra une b) Les expériences de Coulomb et Morin précisent
intensité de valeur A que l’on appelle : que si l’on :
« limite d’adhérence ». A est équivalent à une force.
• Change le côté du parallélépipède en contact
avec le support, A ne change pas, et reste indépen-
dant de la surface. Pour un même poids P, si la sur-
z face S diminue, la pression par unité de surface
Rp Réaction du augmente. L’adhérence est proportionnelle à la
support pression et à l’aire de contact :
F A=µµxPxS
S
• Ajoute un deuxième parallélépipède, de même
x
A A poids que le premier, la valeur limite d’adhérence A
P=poids est multipliée par deux.
• Interpose entre le parallélépipède et son support,
un corps aux caractéristiques physico-chimiques
différentes, par exemple de l’huile, qui modifie la
qualité du contact entre les deux surfaces. Alors, la
z
limite d’adhérence est modifiée.
Rp • Applique l’effort F dans une quelconque direction
F
parallèlement au support, la valeur de A ne change
pas.
Conséquence : Si en appliquant l’effort F parallèlement
au support dans n’importe quelle direction, la valeur de
x
A A A reste identique, alors le vecteur A représentant la
P
valeur limite d’adhérence, va délimiter dans le plan du
support, un cercle appelé : Cercle d’Adhérence.
d’Adhérence
Expériences de Coulomb et Morin. Cf. fig. 3.1 et § 3-C.2
c) De leurs expériences, Coulomb et Morin dédui-
sent deux informations complémentaires :
Zone de non - Qu’il est plus difficile de créer le mouvement que
adhérence de l’entretenir, ce qui impose de distinguer :
F Limite
x F
d’adhérence 1°) le frottement de départ : µ0.
A
2°) du frottement cinétique, c'est-à-dire lors du
F F mouvement : µc < µ0.
- Qu’une fois le corps en mouvement, A était indé-
pendant de la vitesse de déplacement.
Le résultat de ces expériences conduit à des lois simples
Cercle
F d’adhérence définies comme : les lois du frottement.
frottement
Nous appellerons forces de frottement, les forces plus
ou moins complexes et plus ou moins discernables qui
Fig. 3.1 y absorbent de l’énergie lors d’un mouvement.
Le cercle d’adhérence.
2
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
a) Les expériences de Kimball. Quelques années plus Il démontre aussi que µ n’est pas totalement indépen-
tard, en 1877, l’américain Kimball effectue de nouvelles dant de la surface de contact. Cf. fig. 3.3. µ passe par un
expériences, en utilisant des sabots de frein en fonte sur minimum pour augmenter ensuite au fur et à mesure
des roues en acier. Ces expériences montrent que le de l’augmentation de la surface de contact.
coefficient µ chute, lorsque la vitesse augmente, pour Compte tenu de la grande importance dans l’industrie
se stabiliser ensuite et atteindre une valeur limite. de ces phénomènes de frottement, de nombreuses ex-
Cf. fig. 3.2. périences furent réalisées depuis les essais de ces pré-
b) Les expériences de Bochet. En 1855, le physicien curseurs, mais à ce jour, aucun résultat formel ne vient
Bochet,
Bochet qui avait déjà pressenti que µ variait avec la contredire ces expériences.
vitesse, démontre que le frottement est un phénomène
à hystérésis et que tout chiffre annoncé ne peut-être
qu’une moyenne dépendant d’un ensemble de mesure.
µ Maxi
Vitesse correspondant à
l’adhérence maxi
µ
µ mini
Va Vl
A faible vitesse, µ peut être faible, pour croître ensuite A charge P, pression de gonflage p et vitesse constantes.
et passer par un maximum, puis décroître à nouveau
pour atteindre une valeur stable. D’autres expériences
ont montré que plus la pression exercée sur le sol est
élevée, plus rapidement se stabilisait la valeur de µ.
Avec le pneumatique, nous sommes en présence de • diminue lorsque la pression au sol augmente.
deux matériaux particuliers, d’un côté un matériau
viscoélastique, déformable : le pneumatique et sa • croît avec la vitesse jusqu’à un maxi puis décroît.
bande de roulement en caoutchouc et de l’autre un Cf. Fig. 3.2
sol rigide composé de graviers maintenus par un liant • diminue avec la température, tant que celle-ci
bitumineux. reste > à 0°C.
De nombreux essais plus récents ont montré que les Ces 3 points sont les grandes différences par rapport
conditions d’adhérence entre caoutchouc et route aux lois « classiques ».
s’écartent des constatations initiales faites par Cou-
lomb. Notamment en ce qui concerne le coefficient
d’adhérence, lequel :
3
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
a) Les composantes de l’adhérence d’un pneuma- tuée après le passage de la déformation, lors du retour
tique. L’analyse du déplacement à vitesse constante à la normale. Cf. ANNEXE § Hystérésis. Cette diffé-
d’un bloc de caoutchouc portant une charge P, sur une rence, qui est une perte, engendre des efforts, dont une
surface rugueuse permet de définir selon la théorie de résultante horizontale : Ah.
Ah
l’adhérence développée par KUMMER et MEYER deux L’adhérence globale sera la somme de ces deux compo-
sous-composantes pour A : Cf. fig. : 3.4 santes : A = Aa + Ah.
Ah
b) Propriétés des composantes de l’adhérence.
Sens du déplacement Dans la grande majorité des conditions de roulage, la
Pavé de caoutchouc de composante d’adhésion : Aa est la plus importante.
la bande de roulement
A noter que nous avons toujours la règle : A = µ x P
(Adhérence = coefficient d’adhérence x charge verti-
cale). Cela signifie que pour Aa correspond µa et pour
Sol
Ah correspond µh.
µh A = Aa + Ah = P x (µa + µh)
Gravier Liant Le rôle de chacune de ces composantes se comprend
mieux, à la lumière de trois situations distinctes. Pre-
nons un bloc de caoutchouc et faisons le rouler sur :
1°) Une plaque de verre, parfaitement plane, lisse
et sèche. Dans ce cas, il n’y a aucune déformation élas-
tique due aux inégalités dans le plan de contact avec le
Ah Aa
sol, d’où Ah = 0. En conséquence, A = Aa.
Aa
Hystérésis Adhésion
2°) Un sol déformé et rugueux. Il y aura déforma-
Fig. 3.4 tion élastique dans le plan de contact avec le sol, donc
A = Aa + Ah.
Les composantes de l’adhérence.
3°) Après une pluie, le sol est recouvert d’une pelli-
cule d’eau. Cette eau va s’interposer entre le caout-
chouc et le sol. Conséquence, les liaisons intermolécu-
• Une composante d’adhésion
adhésion,
adhésion Aa,
Aa qui suit le plan géo- laires d’adhésion seront faibles à nulles, soit :
métrique des aspérités. Cette composante d’adhésion Aa = 0 et A = Ah.
est la conséquence des pressions ponctuelles sur le gra-
Cette dernière situation explique l’importance de la
nulat, pression qui donne naissance à d’importantes
caractéristique d’hystérésis du caoutchouc utilisé lors
forces moléculaires entre les matériaux. Ces forces mo-
du roulage sous la pluie. Plus le mélange adopté aura
léculaires mettent en action des tensions de cisaille-
d’hystérésis, c'est-à-dire de capacité de déformation,
ment dans la surface de contact. La résultante est une
meilleure sera l’adhésion par temps de pluie. De plus,
force horizontale : Aa.
Aa
dès que le sol présentera des caractéristiques de rugo-
• Une composante d’hystérésis
hystérésis,
hystérésis Ah,
Ah basée sur la défor- sité plus marquées, permettant au caoutchouc d’avoir
mation des éléments du pavé de caoutchouc lors de son un contact direct avec le granulat, il se créera à chaque
passage sur les inégalités de la surface. Lors de cette contact, un potentiel d’adhérence Aa supplémentaire
déformation, il y a une différence entre l’énergie dépen- qui renforcera l’adhérence totale.
sée pour la compression et l’énergie, plus faible, resti-
4
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
z z
1 bar
Pression au sol en daN/cm²
Pression de gonflage
Pression de gonflage
2 bar
3 bar 2 bar
3 bar
x y
Arrière Centre Avant Bord intérieur Centre Bord extérieur
Bord extérieur
Bord extérieur
X
Pression de contact daN/cm²
Pression de contact daN/cm²
Partie centrale
Y Centre
Zone de con-
tact au sol
Pression de gonflage Charge verticale daN
5
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
μa
μa
μh
μh
Fig. 3.13
Influence de la température.
L’augmentation de la température agit au niveau molé-
Fig. 3.11 culaire, tant sur l’adhésion que l’hystérésis : µh et µa
ont tendance à chuter.
Influence de la pression au sol sur les composantes de Pour l’hystérésis, après déformation, la structure molé-
l’adhérence. culaire revient plus rapidement à sa position initiale.
D’où une réduction de l’effet d’hystérésis.
b) La vitesse de déplacement. Avec la vitesse, µa
augmente, atteint un maximum pour diminuer ensuite.
d) La qualité et l’état de surface de la couche de
Diverses expériences montrent que ce phénomène est
indépendant du mélange de caoutchouc, du matériau roulement. µa est sensible à la propreté du sol, que
nous pouvons aussi appeler encrassement. µa est élevé
constituant la surface de la route, et de la charge verti-
pour des surfaces propres, sèches, lisses. La présence
cale. Il est attribué au « glissement relatif » inhérent au
d’eau limite l’action moléculaire, et avec de l’huile, µa
roulage de tout pneumatique. Cf. § G et figs. 3.17a et
peut être = 0.
0 Cf. figs. 3.12 et 3.14
3.17b
μa
Sol sec
6
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
Dès que la rugosité augmente, µa chute. A l’inverse de f) Le cas de la roue bloquée. Il n’y a plus déroule-
µh qui va croitre avec la texture et la rugosité de la sur- ment du pneumatique sur le sol. Ce sont donc les
face. Chaque élément de rugosité, en fonction de la mêmes pavés de caoutchouc qui restent au contact. Le
forme, sphérique ou conique du granulat, créera une comportement est alors celui d’un simple pavé de
déformation du pavé de caoutchouc. Cf. fig. 3.15 L’exis- caoutchouc tracté et glissant à la vitesse du véhicule et
tence d’un film intermédiaire d’eau ou d’huile n’a que supportant une charge verticale. L’expérience montre
peu à pas d’influence sur µh.
µh que le caoutchouc réagit de la même façon que lorsqu’il
est en rotation.
g) Le glissement relatif. C’est un phénomène propre
au déroulement d’un pneumatique en ligne droite sur le
sol. Il s’agit d’une différence de distance parcourue
entre le déroulement correspondant à la vitesse de ro-
tation du pneumatique et la distance réelle parcourue.
α L’expérience montre que l’adhérence est maximale lors
d’une accélération ou d’un freinage pour un glissement
relatif variant selon l’architecture du pneumatique
entre 8 et 20%. Ce glissement relatif dépend de la rigi-
dité, donc de la déformation, de la carcasse et de la
dureté du mélange de caoutchouc utilisée pour la bande
de roulement.
Fig. 3.15
Pression au sol d’un pavé de caoutchouc en fonction de
la forme du granulat.
SBR
Transposons sur le sol les repères 1’,1’ 2’,
2’ 3’ tels que :
NR 01=01’
01 01’,
01’ 02=02’
02 02’ etc…
Lors du déroulement du pneumatique sur le sol, nous
constatons que le repère 1 vient en 1’’,
1’’ au lieu de venir
en 1’.
1’ Il en est de même pour le point 2 qui vient en 2’’,
2’’
tel que : 01’’<01’
01’’ 01’,
01’ 02’’<02’
02’’ 02’.
02’ Nous constatons également
Zone où la que : 1’’1’<2’’2’
1’’1’ 2’’2’<3’’3’
2’’2’ 3’’3’.
3’’3’
performance est Il y a donc un retard dans le déroulement. Ce retard
insuffisante
définit le : « glissement relatif » et correspond à une
déformation de cisaillement au niveau des pavés de
caoutchouc de la bande de roulement.
Fig. 3.16
Incidence du type de caoutchouc sur l’adhérence en
fonction de la température.
7
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
µ Maxi
Adhérence longitudinale
ωR
Roue
bloquée
E Adhérence transversale
S
Fig. 3.18
Récapitulatif : adhérence longitudinale et transversale
Fig. 3.17 B en fonction du taux de glissement relatif.
Application à une zone de contact au sol d’un L’adhérence maximale en longitudinal n’apparaît qu’à
pneumatique. une valeur de glissement fonction de l’architecture du
Le glissement est nul en E, à l’entrée de la bande de pneumatique.
roulement dans la zone de contact. Au fur et à mesure
du déroulement, comme nous l’avons vu dans l’expé-
rience de la fig. 3.17A, le glissement va augmenter, jus-
qu’au point S, sortie de la bande de roulement de la
zone de contact. Cela peut se traduire par une droite de
glissement : g = f(L),
f(L) avec L, position du point considéré
dans la zone de contact.
a) Soit une roue rigide sur un sol rigide. Cf. fig. 3.19 C’est le cas d’une roue de locomotive sur un rail. Roue
et support sont indéformables, le contact entre les deux
est donc ponctuel en I. La roue porte un poids P et les
matériaux en contact nous donnent un coefficient
d’adhérence µ . Il en découle une valeur A, limite
d’adhérence. Le sol, renvoie une réaction N, égale et
P opposée à P. Au repos, O, centre de rotation de la roue,
est situé sur la verticale passant par I. Si nous appli-
FP quons en O un effort Fp = effort de propulsion, nous
O allons provoquer le déséquilibre du point O / point I. Ce
N déséquilibre ne sera possible que parce qu’il existe au
sol une réaction A, potentiel d’adhérence. La roue étant
R
parfaitement circulaire, en rotation, le déséquilibre sera
permanent, la circonférence du cercle étant en fait une
A I
infinité de points I, qui sont autant de centres instanta-
nés de rotation de la roue / sol. L’existence d’un poten-
tiel d’adhérence A permet à un effort Fp appliqué au
Fig. 3.19 centre de la roue, de la mettre en rotation.
Mise en rotation d’un roue rigide sur un sol rigide.
8
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
ϕ N RSC
P
A E
RSC
Rr
d
Rayon
sous
charge
Fig. 3.21
Mise en rotation d’une roue élastique sur un sol rigide.
S LC I E
complémentaire, considérons notre roue avec une cir-
Fig. 3.20 conférence à l’image d’un polygone, constitué d’une
multitude de facettes, qui seront autant de zones de
Roue élastique sur sol rigide.
contact [Link] Le segment ES représente une de ces fa-
Cela représente notre pneumatique sur une route. La cettes et l’objectif est de provoquer le déséquilibre de
roue étant élastique, le point de contact avec le sol ne O, par rapport à un point d’appui au sol. Le point I pré-
sera plus ponctuel, mais prendra la forme d’une surface cédent, centre instantané de rotation de la roue / sol
de contact. La grandeur de cette surface dépend des s’est déplacé de I vers E, où s’applique la réaction N.
caractéristiques élastiques de notre roue. Le rayon de la Cf. fig. 3.21
roue n’est plus R, mais Rsc = Rayon sous charge. P et N l’un et l’autre sur des lignes d’action parallèles et
Comme nous avons une zone de contact, l’action du verticales, distantes de d, vont former un couple anta-
poids sur le sol sera répartie sur l’ensemble de la surface goniste, qui devra être vaincu par le moment : F’p x Rsc.
Rsc
de contact. Pour faire tourner notre roue en lui appli- Cette valeur de F’p est la composante de base d’une
quant un effort Fp en son centre O, nous constatons notion appelée : Résistance au Roulement. Cette résis-
que l’effort Fp précédent est insuffisant pour obtenir la tance au roulement dépend de l’architecture du pneu-
rotation, il est nécessaire d’appliquer un effort complé- matique mais aussi de l’hystérésis des mélanges de
mentaire F’p. Pour expliquer l’existence de cet effort caoutchouc choisis. Cf. développement § 4-B.2j
Une voiture ne peut démarrer et ensuite rouler, changer a) Les configurations du cercle d’adhérence. Trois
de direction que grâce à une force contenue dans le cas peuvent se présenter, Cf. fig. 3.22 :
plan de la route. Elle trouve son point d’appui dans 1°) Seule est appliquée une force transversale Fy,
Fy
l’adhérence qui se développe entre la bande de roule- correspondante à un virage de rayon R et franchi à la
ment du pneumatique et la route. Cf. § 3-B.1. vitesse V. Fy est une force centrifuge de valeur :
Soit un coefficient d’adhérence µ= 0,8, et une voiture
de poids P = 1000daN, l’effort maxi d’adhérence, dans Fy=M x V²
R
le plan de la route sera 1000 x 0,8 = 800daN. Tout dé-
passement de cette valeur provoquera une perte Pour rester dans le domaine adhérent, autrement dit
d’adhérence lors de la phase de démarrage, en roulage pour imprimer une modification de trajectoire à la voi-
et lors d’un freinage, donc une perte de manœuvrabilité. ture, il est impératif que Fy ≤ A.
D’où la première application du cercle d’adhérence à 2°) En plus d’un effort transversal Fy,
Fy il est appliqué
notre pneumatique. Cf. figs. 3.22 et 3.23 un effort longitudinal d’accélération Fa.
Fa Le principe géo-
métrique de la composition des forces nous donne une
Sur cette fig. est représentée la zone de contact du résultante R et pour que les efforts appliqués puissent
pneumatique au sol. Ce pneumatique supporte une permettre à la fois de modifier la trajectoire et d’accé-
charge P. La nature du sol et le type de pneumatique lérer, il est impératif que R ≤ A.
utilisé vont définir un coefficient d’adhérence µ et une
valeur limite d’adhérence : A = P x µ, valeur qui est le 3°) L’effort d’accélération est remplacé par une
rayon du cercle d’adhérence de la roue considérée. En force longitudinale de freinage Ff.
Ff
roulage, dans un virage, aucune des roues de notre vé-
hicule ne supportera la même charge verticale. Cela
signifie qu’un véhicule à quatre roues aura dans ces
conditions quatre cercles d’adhérence distincts.
Cf. fig. 3.25
9
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
b) Virage + accélération. Y
R=A
Fy
Fig. 3.23
X
Fa Cercle d’adhérence : incidence de la pluie.
Fap=
Fap Effort de propulsion maxi sous la pluie
Fas= Effort de propulsion maxi sur le sec
Fas
Fyp= Effort transversal maxi sous la pluie
Fyp
Fys=
Fys Effort transversal maxi sur le sec
c) Virage + freinage. Y
R=A X
Fy
Fp R2
2
X
Fp Réserve
Ff 4
R4 d’adhérence
Y
Fig. 3.22
Application du cercle d’adhérence.
10
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
AAVD
AARD
RAVD
RARD
FxAVD FyAVD Fy=M
MxV²
V² Synthèse de l’utilisation du cercle
R
d’adhérence sur un véhicule traction
Trajectoire dans un virage.
G du véhicule
AAVG = μ x P !" = valeur limite
du
d’adhérence sur la roue AVG.
R Rayon
virage Idem pour les autres roues.
AAVG
AARG
RAVG
RARG
FxAVG
FyAVG Fig. 3.25
Un pneumatique est conçu pour rouler sur une route. cules. Pour cela, il est indispensable qu’il existe une
Selon les caractéristiques de celle-ci, notre pneuma- force d’adhérence entre le pneumatique et la route. Elle
tique sera plus ou moins efficace, notamment par le est une combinaison de plusieurs facteurs :
niveau d’adhérence qu’elle va transmettre. A noter que - La route : sa géométrie et son revêtement.
ce niveau d’adhérence transmis est un facteur primor-
dial de la sécurité routière. - Le véhicule : son équipement pneumatique, son
entretien, son architecture,
Il faut également noter que la circulation automobile
est basée sur la possibilité de contrôler en permanence - Mais aussi et surtout du comportement du
et de façon précise, la trajectoire et la vitesse des véhi- conducteur : sa compétence, son psychisme.
Fig. 3.26
Évolution de l’adhérence suivant le profil en travers de la
chaussée. Les zones correspondantes au passage des
roues D et G seront les plus usées.
11
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
L’écart qu’il y a entre le niveau moyen d’adhérence of- Conditions : sol mouillé
fert et le niveau moyen d’adhérence demandé corres-
pond à la marge de sécurité disponible pour le conduc-
teur.
Dans la pratique, cet écart est constamment variable et
se trouve modifié par une multitude de paramètres, soit
au niveau de l’offre, par un revêtement de qualité supé-
rieure, un dévers dans un virage qui va le réduire, soit au
niveau de la demande, par une vitesse, un besoin de
braquage.
Pour le fabricant de route, les souhaits de l’usager lors
de ses déplacements, vont se traduire par une offre de
deux adhérences globales distinctes. Cf. fig. 3.18
1°) L’adhérence longitudinale µl. Elle est mesurée
par un « Coefficient de Frottement Longitudinal »,
(CFL
CFL en abrégé).
Fig. 3.28
Relevés statistiques de mesure du CFL sur autoroutes et
routes nationales du nord de la France.
12
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
13
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
14
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
a) Sable légèrement humide et compact. Le fond de l’or- b) Sable sec assez compacté, la hauteur d’ornière est
nière montre les empreintes des sculptures. Ces em- faible. Les empreintes des sculptures sont nettes et bien
preintes se chevauchent légèrement, laissant apparaître formées. Le débourrage est parfait. Il n’y a pas de pro-
un début de cisaillement longitudinal de la couche de blèmes de motricité.
roulement.
c) Forme d’ornière dans un sable sec sans cohésion. L’or- d) L’ornière précédente après forte pluie de quelques
nière forme un V. minutes. En fond de sillon, l’eau tarde à pénétrer dans le
sol et sur la couche superficielle, l’eau a formé une croûte
qui n’est pas suffisamment résistante pour permettre la
motricité. Une fois cette croûte enlevée, le sable sec ap-
paraît. La pluie n’aura pas sensiblement amélioré la cohé-
sion du sable, ni la motricité.
e) Ornière en terrain argileux à teneur en eau moyenne. f) Ornière en terrain argileux saturé d’eau. Elle est pro-
L’ornière peut se former, mais elle n’est par profonde. La fonde et à bords francs.
cohésion horizontale est limite, car elle montre des zones
de cisaillement de l’empreinte. Fig. 3.32
Exemples de sols sableux et argileux.
15
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
• Une argile humide se caractérise plus difficile- 2°) Le cisaillement dans le plan du sol. Pour avancer,
ment, mais il est possible de faire ressortir les para- le pneumatique transmet un effort moteur longitudinal,
mètres suivants : dans le plan du sol. Cet effort appliqué sur les grains va
prov oqu er u n c isaill ement en f onc t ion
- L’importance de son taux d’humidité.
d’humidité
des caractéristiques du sol et de la charge verticale. Ce
- Une classe de granulométrie de faible dimension, cisaillement se définit comme le rapport : Effort hori-
qui, liée au taux d’humidité, crée une adhésion des zontal / Surface de la zone de contact. Cf. fig. 3.33
grains entre eux, pour former une masse compacte et
3°) Le compactage initial, caractérisé par l’existence
plastique.
ou non d’un trafic.
- Une composition et une répartition de particules
4°) L’homogénéité
homogénéité de la sous couche. Si la couche
très variables selon les zones géographiques.
de roulement n’a rien sur quoi s’appuyer, les déforma-
• Quelques éléments de définition des caractéris- tions du sol vont perturber portance et cisaillement.
tiques mécaniques de ces types de couches de roule- 5°) L’importance du temps, dans le sens de la durée
durée.
ment. On distingue ainsi : Les sols réels ont des caractéristiques qui évoluent dans
1°) La portance
portance. A la charge verticale provoquée par le temps, en raison de l’évolution des conditions atmos-
le passage du pneumatique, le sol devra répondre par phériques :
une réaction. La qualité de cette réaction va dé- - l’ensoleillement
ensoleillement et la température qui font varier le
pendre de sa cohésion et de la façon dont il se déforme. taux d’humidité,
Si le pneumatique se déforme dans la zone de contact,
le sol va se déformer également. Le résultat sera la for- - une chute de pluie
pluie.
mation d’une ornière dont la dimension sera fonction Un sable pourra autoriser une certaine mobilité, le ma-
du poids du véhicule, du pneumatique et des caractéris- tin au lever du jour, et ne plus rien permettre en milieu
tiques du sol. La hauteur de l’ornière interviendra dans d’après-midi, par le fait de la modification de son taux
la résistance au roulement. d’humidité.
6°) Examinons ce qui se passe au niveau du
pneumatique.
pneumatique Il sert d’intermédiaire, de transmetteur
d’effort entre la couche de roulement et la masse à dé-
placer. Par conséquent, sa définition sera un facteur
primordial de mobilité :
- La pression de gonflage va définir la surface de la
zone de contact. Par conséquence, Portance du sol et
Pression dans le pneumatique sont liées et cela va défi-
nir la capacité de la roue à transmettre des efforts. L’ex-
périence permet de définir une relation entre la pression
de gonflage et la pression au sol :
Ps = 0,8 + 0,7pg avec : -PsPs = pression au sol et pg =
pression de gonflage. Selon cette formule, la pression au
sol sera toujours légèrement supérieure à la pression de
gonflage. Cf. fig. 3.34
Fig. 3.33
Effort horizontal en fonction de
la pression au sol sur sol meuble.
L’effort horizontal, est créé dans le plan de la zone de
contact. Il a une caractéristique identique dans le sens
longitudinal (accélération et freinage) et transversal
(virage). La pression au sol est le rapport de l’effort verti-
cal (le poids à la roue), sur la surface de la zone de
contact :
Ps = P
S
Ca et Cs représentent la cohésion initiale du sol, avant
tout effet de compactage de la roue. ϕaa et ϕss sont deux
angles définissant l’effet de compactage. C’est une carac-
téristique propre à chaque sol meuble. En général, ϕaa<ϕs
Pour un sable sec, l’effort horizontal potentiel peut
Fig. 3.34
s’écrire : Fh = Cs + Ps x tg ϕs
Effort de propulsion en fonction de la pression de
gonflage sur sol meuble.
16
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
Effort de propulsion
plesse et augmenter le glissement relatif par rapport au
sol, ce qui améliorera le coefficient de cisaillement.
Cf. fig. 3.35
Certains véhicules, amenés à rouler fréquemment sur
des sols meubles de différentes cohésions, sont équipés
d’un système de « gonflage centralisé ». La valve de
chaque roue est reliée à un compresseur via un joint
tournant étanche dans le moyeu. Le conducteur dispose
d’une commande lui permettant d’ajuster selon le be- Section Rapport
H l
soin la pression dans chaque essieu. S ≥1 ≤ 0.7 Lc
Diamètre
Grand Petit
extérieur
Forme de
la zone de Lc
contact
l Lc>l Lc<l
Fig. 3.36
Effort de propulsion en fonction de la
forme de la zone de contact sur sol meuble.
Sens du déplacement
Rayon libre
Déformée sol et non déformé
pneumatique
Fig. 3.35
Coefficient de traction sur sol meuble Ro Vitesse de
en fonction du glissement relatif. Déformation
rotation
élastique du sol P
ω
Effet
Ornière d’étrave
résiduelle
- La façon dont la carcasse va se déformer induit des
mouvements parasites dans la bande de roulement. Ces
mouvements peuvent générer une décohésion de la
couche de roulement. La bonne adaptation entre car-
casse et bande de roulement est impérative. Sol naturel
17
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
z
z’
O Rsc
Fx F’x
Charge
répartie P
N x’
Pc
α x
E
Profondeur Rx
Fig. 3.38
de l’ornière h1 G Rx cos α
Forme de sculpture pour sol meuble argileux.
S
Par contre dans les deux cas, la forme des sculptures
devra permettre le « débourrage », ou nettoyage des
rainures lorsque la bande de roulement va quitter la Fig. 3.40
zone de contact. Si ce nettoyage ne se fait pas, ce qui Détail des efforts.
peut arriver en fonction de la cohésion du sol, il y aura,
lorsque la bande de roulement « encrassée » reviendra
au contact du sol, une diminution de l’adhérence par la
présence de sable ou d’argile dans les rainures. - Nous avons vu précédemment (§ : 3-B.5) que le
Cf. fig. 3.32f coefficient d’adhérence longitudinal est maxi pour un
taux de glissement relatif de 5 à 20%. Sur sol meuble,
- Un sol meuble se déforme au passage du pneuma-
nous avons le même phénomène qui sera d’autant plus
tique, il se comporte alors comme un fluide visqueux,
important que le rapport : longueur de la zone de con-
sur lequel le pneumatique va « flotter ». Cf. fig. 3.39
tact / largeur sera grand et >1. Cf. fig. 3.36
Z • Le sol réel sera un compromis entre le sable sec et
l’argile humide, cela signifie que le choix du pneuma-
tique sera aussi un compromis, sachant que sur un par-
cours, il sera amené à rencontrer non pas un seul type
P de sol mais plusieurs pouvant être assez différents.
Rsc
O Fx
Mais dans tous les cas, le roulage sur sol meuble néces-
N sitera un choix orienté vers :
h1 X
Rx * Un surdimensionnement pour permettre un rou-
α lage sous charge à pression de gonflage réduite.
Lc
* La préférence du plus grand diamètre extérieur
compatible avec le volume disponible, pour mettre en
Fig. 3.39 œuvre une zone de contact plus longue que large.
Résistance à l’avancement sur sol meuble. * Une section avec un rapport H/S aussi proche que
Le roulage dans une ornière est une situation semblable à possible de 1, voire supérieur.
celle rencontrée lors du gravissement d’une rampe perpé-
tuellement renouvelée, de pente α et de longueur Lc.
Lc c) Citons le cas particulier des sols pavés pavés.
Nous pouvons définir : Cf. fig. 3.41 Ce sont des blocs de pierre juxtaposés à
plat sur le sol. Leur surface est très dure, les joints entre
- sin α = h1 profondeur d’ornière. ces pierres peuvent être un mortier, du sable ou encore
Lc longueur de la zone de contact. le sol naturel. Par temps de pluie, les conditions d’adhé-
- N est la réaction de P, appliquée au barycentre des rence peuvent fortement chuter, d’autant plus que la
efforts répartis dans la zone de contact. surface sera usée, donc lisse.
- N va se décomposer suivant les axes Gx’ et Gz’ tel
que : N = Pc + Rx
Pc sera appelé : portance
Rx est une résistance à l’avancement :
Rx = Psin α = P x h1 dont la projection horizontale
Lc
est : F’x = Rx x cos α Pour progresser dans l’ornière, le
véhicule aura besoin d’un effort de propulsion Fx et
d’un effort complémentaire F’x.F’x Rx est directement pro-
portionnel à h1 profondeur de l’ornière et inversement
proportionnel à Lc longueur du contact au sol. Pour ré-
duire cette résistance, il sera recherché un pneumatique
de grand diamètre permettant de réduire h1 et aug-
menter Lc.
Lc
18
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
Fig. 3.41
Exemple de sols pavés.
Fig. 3.42
Les inégalités de la route.
19
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
Fig. 3.44
Les défauts géométriques.
Ces défauts géométriques vont avoir une influence le pneumatique, corps élastique et l’étage de suspen-
sur le pneumatique mais aussi sur le véhicule. Cf. § 4 sion. La fréquence de travail de ce pneumatique est
voisine de 15hz. Cela signifie que le pneumatique va
• La fréquence
fréquenc de travail de la masse suspendue du
réagir, donc être sollicité pour des défauts de profil in-
véhicule est comprise entre 1,0 et 1,4 Hz. Cela signifie
férieur à 100mm, ce qui ne sera pas neutre pour la Ré-
que la suspension du véhicule va absorber des défauts
sistance au Roulement.
de forme <20m.
Pour des défauts de profil que l’on évalue à la demi-
• Par contre, la masse semi-
semi-suspendue,
suspendue représentée zone de contact, il est admis qu’ils sont absorbés par la
par la roue montée, le pivot, le frein, ainsi qu’une partie déformation de la bande de roulement. Cf. fig. 3.45
des éléments de guidage de la suspension, se situe entre
e) La période de l’année. Indépendamment du fac-
teur usure, l’adhérence d’une couche de roulement va-
Pneumatique rie selon la saison. En général, elle est maximale au
printemps et minimale en automne. L’écart peut at-
teindre 0,1 entre la fin de l’hiver et l’automne suivant.
Sol Cela est dû au phénomène de nettoyage produit par les
pluies, abondantes au printemps. Cette pluie évacue les
déchets de toutes sortes comme la poussière, l’huile et
le carburant « perdus » lors du passage des véhicules.
Cf. fig. 3.47. Pendant la période estivale, le trafic aug-
mente et les pluies sont faibles. Les espaces entre gra-
nulats s’encrassent et lors de l’arrivée des premières
pluies à l’automne, il apparait un phénomène appelé
« Verglas d’Eté ». Cf. fig. 3.46
En roulage, les éléments mécaniques d’un véhicule ne
sont pas étanches. Ils ont tendance à laisser échapper
quelques gouttes d’huile sur la chaussée, surtout lors de
ses changements d’assiette, au freinage et en virage.
Fig. 3.45 Après un plein de gas-oil, un bouchon de réservoir peut
laisser échapper quelques gouttes de carburant, etc….
Interaction sol-
sol-pneumatique : influence des irrégularités
du sol sur la zone de contact.
Fin de la pluie
20
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
Ces éléments se mêlent à la poussière pour se coller sur conserver le niveau d’adhérence nécessaire à la sécurité
le sol. Aux premières gouttes, la poussière, l’huile et du trafic.
l’eau vont former un amalgame visqueux superficiel, Quelques remarques sur l’usure des couches de roule-
une sorte de « lubrifiant », faisant chuter brutalement ment :
le niveau d’adhérence. Cette chute sera d’autant plus
importante que le revêtement sera usé. Aa devient • La couche de roulement doit répondre aux sollici-
proche de 0. tations du trafic par des réactions égales et opposées.
Au fur et à mesure de la chute de pluie, le sol va se • Si le granulat s’use, le liant s’use aussi il est même
laver et reprendre progressivement son niveau d’adhé- souhaitable qu’il s’use un peu plus vite que le granulat
rence, d’abord celui d’une route mouillée, puis lorsque pour que ce dernier conserve une partie dénudée gar-
la pluie aura cessé, celui d’une route sèche et propre. dant le contact avec le pneumatique.
f) Le niveau d’usure de la couche de roulement. • Le trafic provoque un martelage par les pavés de
Avec le trafic, notamment celui des Poids Lourds, une caoutchouc du pneumatique sur la couche de roule-
couche de roulement s’use et se modifie. II est défini un ment. Ce martelage provoque une diminution de la
index d’usure,
d’usure tenant compte de l’évaluation du rugosité par : - polissage, - effritement et - arrachement
nombre de passages de véhicules, de l’âge de la couche partiel ou total des granulats.
de roulement en mois, du trafic moyen journalier et
d’un coefficient de pondération selon le type de chaus- • L’usure est fonction de la vitesse moyenne des
sée. véhicules constituant le trafic. Plus la vitesse sera éle-
vée, plus grands seront les efforts développés dans la
La valeur de cet index est un élément qui va déterminer zone de contact.
si la couche de roulement doit être refaite ou non pour
Les véhicules équipés de pneumatiques doivent être capables de rouler dans toutes les conditions de climat rencon-
trées sur la Terre. De ces conditions, nous retiendrons :
3-E.1 LA PLUIE.
Route sèche
Coefficient d’adhérence
Coefficient d’adhérence
Coefficient d’adhérence
Pluie légère
Pluie forte
21
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
• La dimension des intervalles entre les granulats, En roulage sur une épaisseur d’eau couvrant le sommet
intervalles formant autant de canaux d’écoulement, des granulats, la zone de contact du pneu sur le sol
peut être séparée en 3 tronçons Cf. fig. 3.54 L’impor-
• La rugosité des granulats, tance relative entre ces 3 zones va déterminer le coeffi-
• La pente transversale de la route afin de créer une cient d’adhérence disponible. La zone a, dans laquelle il
différence de hauteur et permettre à l’eau de s’écouler n’y a pas contact entre le pavé de caoutchouc et le sol,
par gravité vers le fossé. mérite une attention particulière par l’apparition selon
la hauteur d’eau rencontrée d’un phénomène
b) La bande de roulement du pneumatique : « d’étrave » comme à l’avant d’un bateau, phénomène
• De ses sculptures et son taux d’entaille, y compris nettement plus marqué sur une roue bloquée que sur
sur l’épaulement extérieur, sollicité en virage, une roue en rotation. Dans cette zone, vont intervenir :
Cf. figs. 3.48, 3.49, 3.50 - Les effets d’inertie
inertie. L’eau représente une masse
inertie
• De l’hystérésis du mélange de caoutchouc, non négligeable qu’il faut déplacer. Cela nécessitera une
dépense d’énergie supplémentaire. Plus la vitesse du
• De la vitesse relative de cette bande de roulement véhicule sera élevée et plus l’inertie de la masse d’eau
par rapport au sol. prendra de l’importance dans le phénomène de
Lors du roulage sur un film d’eau ou sur route mouillée, « pompe à eau ». Au volant, cela se ressent comme un
la pression de contact du pneumatique sur la route ralentissement assez brutal, comme celui ressenti lors
s’appliquant pendant un temps très court peut ne pas du passage d’une flaque d’eau.
avoir suffisamment de temps pour évacuer toute l’eau - La section effective des canaux d’évacuation dans
de la surface du granulat. Cela signifie que la compo- la bande de roulement. Selon leur géométrie, leur lar-
sante d’adhésion µa du coefficient d’adhérence restera geur, ces canaux auront une plus ou moins bonne effi-
toujours faible. Cela signifie également que la compo- cacité, vu le temps de contact au sol très court. Le
sante µh prend de l’importance et par conséquence, va risque d’aquaplaning sera d’autant plus restreint que la
dépendre des aspérités et des arêtes des granulats. hauteur des sculptures de la bande de roulement per-
c) L’intensité de la pluie et de la quantité d’eau ré- mettra l’évacuation de la quantité d’eau. Cf. fig. 3.51
sultante. L’intensité détermine une hauteur d’eau ins- En reprenant les composantes de l’adhérence A, la com-
tantanée sur le lieu de roulage, fonction du potentiel posante d’hystérésis Ah,
Ah est peu dépendante de l’épais-
d’écoulement de la route et de la largeur de la chaus- seur du film d’eau. Par contre la composante d’adhé-
sée. sion Aa va être directement dépendante de cette épais-
d) L’effet « Pompe à eau » du pneumatique ou pro- seur. L’apparition du phénomène « d’aquaplaning »
cessus d’élimination de l’eau, le phénomène d’Aquapla- correspond au passage progressif des zones b et c au
ning (ou aquaplanage). Il est répertorié plusieurs formes même état que dans la zone a. Cf. figs. 3.53 et 3.54 La
d’aquaplaning : pression hydrodynamique de l’eau devient progressive-
ment supérieure à la pression de contact.
⇒ L’aquaplaning « dynamique ». Pour retrouver
l’adhérence la plus élevée possible, la bande de roule-
ment a pour mission d’évacuer l’eau de la zone de con-
tact. Cf. fig. 3.51 et 3.52
z z
Déplacement
Pavé de Pavé de
caoutchouc caoutchouc
Hauteur de
la bande de
roulement
Air
Eau Eau
Hauteur des
sculptures Sol Sol
x y
Fig. 3.51
22
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
Fig. 3.53
Fig. 3.52
Phénomène d’aquaplaning.
Roulage sur route mouillée. Les sculptures ont
Un film d’eau sépare le pneumatique du sol.
suffisamment de temps pour évacuer la couche d’eau.
Les sculptures n’ont plus assez de temps pour évacuer la
couche d’eau.
23
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
La chute des températures a des conséquences sur : • Une neige est dite « sèche et froide », si elle ne
- le changement d’état de l’eau qui se cristallise et contient qu’une phase solide très légère et de l’air dans
passe de l’état liquide à l’état solide, sous forme de les espaces interstitiels. Cette neige est encore appelée
glace, ou de cristaux de neige, « poudreuse » et a la caractéristique de n’avoir aucune
- la modification du comportement des mélanges de cohésion. Sa température est <-5°C. Cf. fig. 3.56
caoutchouc. • Une neige est dite « humide » ou « mouillée », si
a) La neige elle contient à la fois, les phases : solide + liquide +
vapeur. L’air peut encore être présent mais en faible
volume. La différence entre les qualificatifs humide et
mouillée, est dans la quantité de la phase liquide.
⇒ Une neige humide peut être formée en boule
avec un léger suintement d’eau. L’eau joue le rôle de
lubrifiant pour abaisser le coefficient d’adhérence. Cela
nous rapproche des conditions de roulage sous la pluie.
La température d’une neige humide est comprise entre
-1°C et +5°C.
⇒ Une neige mouillée est gorgée d’eau, collante,
• La neige est un corps poreux, viscoélastique, mé- lourde. Lors de la mise en boule dans la main, l’eau
lange d’air et d’eau. Cette eau se présente sous trois s’échappe pour en réduire le volume. Il ne reste qu’une
différents états : solide, liquide, vapeur. Selon les con- phase d’eau liquide, prépondérante et une phase solide.
ditions atmosphériques : température, pression, hygro- Cette neige a atteint son point de fusion.
métrie, vent, ensoleillement, les quantités relatives de
ces trois différents états vont varier.
Cristaux en cours Vapeur Les cristaux sont devenus
air Cristaux de neige eau de transformation d’eau des grains ronds de glace
eau
24
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
25
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
- La couche de neige adhère au sol. La neige est un d’un véhicule. Il est couramment admis qu’au-delà de
matériau pesant, donc le phénomène d’adhérence sur le 25cms d’épaisseur, la progression peut être compro-
sol s’applique, comme sur tout corps pesant. mise quel que soit l’équipement pneumatique. La garde
- La résistance au cisaillemen
cisaillement. L’empilage de flocons au sol du véhicule ainsi que le diamètre des roues se-
qui composent la couche de neige présente une résis- ront des paramètres importants. Dans ces conditions,
tance au cisaillement, résistance fonction de : avec le temps et le trafic, le roulage se fera sur une
neige de plus en plus tassée (par effet de frittage) pour
• La cohésion ou solidité des liaisons entre cristaux. former une couche de roulement compacte et dure.
Dans le temps sous l’effet du tassement, les cristaux Cette couche compactée pourra être soumise à un dé-
vont s’imbriquer les uns dans les autres jusqu’à obtenir gel diurne et un regel nocturne, pour devenir progressi-
un collage. Ce collage est aussi favorisé par la modifica- vement une dalle de glace.
tion géométrique des cristaux sous l’effet de la pression
Pour garder un bon coefficient d’adhérence, la bande de
et des modifications de température. Cf. tableau 3.59.
roulement du pneumatique pourra être soit :
lamellisé, c'est-à-dire découpée en fines bandes pour
- lamellisé
Temps 6h 1jour 3jours 7jours augmenter le nombre de contacts ponctuels avec le sol.
Cf. fig. 3.60
Re en gr/cm² 100 170 190 330
Tableau 3.59
Résistance au cisaillement d’une couche de neige
en fonction du temps.
Conditions : neige froide de densité initiale 150Kg/m³ et
conditions météorologiques constantes.
26
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
27
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
température du point de congélation de la phase liquide réduction de largeur de la bande de roulement et par
présente dans la neige. Il est ainsi introduit dans le une forme de sculptures donnant un taux d’entaille plus
neige, un produit chimique additionnel, très actif, qui va élevé. Les pavés auront des formes plus pyramidales
en modifier la composition, et donner, en terme d’adhé- pour mieux pénétrer dans la neige et des canaux plus
rence pour le pneumatique une nouvelle variante de larges pour permettre un « auto-nettoyage » efficace
matériau plus ou moins visqueux, sur lequel s’accrocher. lors du tour de roue.
L’abaissement de la température a une limite théorique - Lorsque la température chute, le mélange de
voisine de : -5°C, variable en fonction de la teneur en caoutchouc durcit. Pour limiter ce durcissement, le mé-
sel du mélange. Par contre, s’il survient un abaissement lange utilisera plus de NR. Cf. fig. 3.16 Les charges de
de la concentration en sel, par exemple par un apport renforcement seront également adaptées à cette utili-
d’eau, le mélange peut tout de même geler et provo- sation particulière. Comme ces mélanges sont un
quer un verglas dont la composition est éloignée d’une compromis, le déplacement de l’équilibre vers une per-
glace pure. formance à basse température se fera au détriment
f) Les conséquences sur les mélanges de caout- d’autres caractéristiques, comme l’usure et l’indice de
chouc.
chouc Le contact ne se fait plus avec un granulat et un vitesse.
liant, mais avec un matériau différent dont la cohésion Les manufacturiers ont développé des mélanges
mécanique n’est pas constante. Pour retrouver un ni- spécifiques pour les conditions de basse température,
veau d’adhérence suffisant, il sera nécessaire de revoir sous l’appellation de « Thermogomme » ou
les pressions de contact ainsi que le matériau du mé- « thermocontact ». Ces mélanges restent plus mal-
lange de caoutchouc. léables lorsque la température chute, tout en restant
- La pression de contact sera augmentée par une utilisables à des températures tempérées.
Cette chaleur provient de l’augmentation de tempéra- Dans les zones désertiques, l’ensoleillement est abon-
ture du pneumatique, augmentation qui a deux dant et il y règne des températures ambiantes élevées,
causes majeures : d’une part la surcharge verticale, jusqu’à 50°C.
d’autre part le rayonnement solaire et la température La chaleur accélère le vieillissement du caoutchouc.
extérieure. Ces deux causes pouvant se cumuler. A no- Selon la nature du mélange, et l’emploi du pneuma-
ter que la température extérieure a un lien direct avec tique, celui-ci peut atteindre des températures dépas-
le rayonnement solaire. sant 100-120°C. L’évolution du mélange de caoutchouc
a) la surcharge verticale. Le pneumatique est em- sous ces températures et sous contrainte peut amener
ployé à une valeur supérieure à sa limite de charge. Cela des dégradations irréversibles : décollement de bande
induit un travail de déformation de la carcasse, travail de roulement, destruction de l’enrobage des nappes de
produisant de la chaleur qui s’accumule progressive- carcasse, etc., pour aboutir à la destruction par
ment dans la masse du pneumatique. éclatement.
b) Le rayonnement solaire et la température exté- c) Le respect de la charge. Un pneumatique utilisé
rieure. Le pneumatique est un « corps noir » qui ab- par forte chaleur nécessitera un respect scrupuleux de
sorbe et emmagasine l’énergie des rayons solaires. Un la charge et de la pression de gonflage préconisées.
pneumatique exposé au soleil chauffe, même sans Éventuellement il disposera d’un mélange de
rouler. caoutchouc adapté.
Si nous considérons d’une part le véhicule qui roule sur d’adhérence et la demande faite par le véhicule. Cette
la route, et d’autre part, les conditions météorologiques demande dépendra des caractéristiques de ce véhicule,
et la qualité de la couche de roulement, nous aurons mais aussi de la personne assise derrière le volant, de
besoin à chaque instant d’un équilibre, entre ce son comportement, son expérience, etc.
qu’offrira la couche de roulement comme potentiel
28
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
3-F.1 LA DEMANDE.
La demande viendra du véhicule et s’exprimera : Il est à remarquer que ce sont dans les conditions de
- tout d’abord dans l’axe de marche du véhicule, freinage et de changement de direction que la demande
lors : sera la plus forte.
• Du démarrage et de l’accélération de mise en Physiquement, cette demande est proportionnelle à V²,
V²
vitesse du véhicule, carré de la vitesse du véhicule. Cela sera matérialisé,
• Du roulage dans une pente (que ce soit une quelle que soit la condition de roulage :
montée ou une descente), - au freinage, par l’énergie cinétique :
• Du freinage, avec son effort de décélération. Ec = 1 M x V²
- ensuite perpendiculairement à l’axe de marche lors 2
du virage, qui est un changement de direction. - en courbe, par l’effort centrifuge :
Cf. le § sur le cercle d’adhérence.
1 V²
Fc = M x
2 R
3-F.2 L’OFFRE.
L’Offre
Offre sera fonction du coefficient d’adhérence µ selon adhérences sur :
les différents paramètres étudiés précédemment aux- - les routes à grande vitesse et à fort trafic,
quels s’ajoute la composante météorologique, difficile- - dans les virages,
ment maîtrisable. - les approches de croisement,
L’offre d’adhérence mise à disposition du conducteur C’est à dire aux endroits très sollicités où les plus fortes
décroît avec la vitesse du véhicule et l’usure du revête- adhérences sont nécessaires.
ment. Ce qui peut se traduire par le diagramme de la fig. 3.64
Résultat, le véhicule va rencontrer les plus faibles
D
c
2
d
C E
B
t
en
em
1
ul
ro
de
b
3
he
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co
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la
de
e
ur
Us
V F
A
29
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
Suite
Diagramme offre-
offre-demande d’adhérence.
La demande : elle est représentée par la surface A B D C formée d’une infinité de parabole traduisant la proportionnali-
té à V² et limitée par AB et CD.
CD AB représente la demande dans le cas d’une couche de roulement neuve, alors que CD
est dans le cas d’une couche de roulement usée. Nous avons donc : BF>DE
L’offre : elle se traduit par la surface a b d c.
c Cette offre chute avec la vitesse et d’autant plus vite que le revêtement
sera usé. ac est la courbe représentant l’offre idéale, bd est la courbe de l’offre disponible pour une vitesse V.
Ces deux surfaces se coupent en une courbe : 1-2, qui sera la frontière délimitant deux zones distinctes : la zone adhé-
rente, qui permettra la transmission des efforts au sol et un zone non adhérente qui ne permettra aucune transmis-
sion. Toute demande se trouvant dans la surface 1-2 D B ne pourra être satisfaite.
À noter que l’offre diminue avec la vitesse alors que la demande augmente.
Au point 1 correspond un vitesse V1 max et au point 2, V2 max avec V2 max < V1 max. max Les surfaces limites
a 1 A et c 2 C représentant un excès de l’offre sur la demande. La courbe a b représente un pneumatique opérant à sa
valeur optimale de glissement relatif alors que la courbe a b’ représente une roue bloquée (qui ne tourne pas). Dans ce
cas, l’intersection avec AB définit un point 3 et un nouvelle vitesse V3 max < V1 max.
Dans le cas idéal d’une couche de roulement neuve, si la vitesse V du véhicule est < V1 max nous serons dans une
zone adhérente. Le conducteur va pouvoir freiner normalement et même augmenter l’intensité du freinage, propor-
tionnellement à la chute de la vitesse.
Par contre si la vitesse V > V1 max,
max l’offre d’adhérence sera insuffisante et en cas de freinage, la roue va se bloquer.
Cela nous fait passer sur la courbe a b’ avec une réduction de l’offre d’adhérence.
L’ensemble roue et pneumatique forme un disque dont les faces ne sont pas planes. Les formes de ce disque liées à
son déplacement en translation et en rotation créent des turbulences de l’air. Le niveau de bruit induit par ces turbu-
lences est proportionnel à la vitesse de rotation.
30
3 LE CONTACT PNEU/SOL.
Selon le taux d’entaille, dans le cas d’un grand espace- Pour réduire ce bruit dû à l’effet de choc, de nom-
ment des pavés, ceux-ci viennent frapper la couche de breuses bandes de roulement disposent d’un nombre de
roulement, engendrant un bruit de martèlement, d’au- pavés moins important sur la partie extérieure que sur
tant plus important que la vitesse est élevée, la chaus- la partie intérieure. Cette asymétrie modifie la fré-
sée irrégulière et les granulats de grande dimension. quence des chocs.
Il s’agit d’un facteur important dans la mesure où il En revanche, l’expérience montre que la pression de
change les conditions de travail de la zone de contact. gonflage et la température ont peu à pas d’influence
Un pneumatique chargé est plus bruyant que le même majeure sur le niveau de bruit émis.
moins chargé, à conditions de roulage identiques.
31
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
Notre § 3 était consacré à l’étude du contact entre le tique et le véhicule qu’il supporte et doit déplacer. Ce §
pneumatique et le sol. Nous l’avons appelé premier ne reprend des principes de la dynamique du véhicule
système. Maintenant nous allons examiner le second que les particularités intéressant le pneumatique.
système, qui traitera de la relation entre le pneuma-
4-A.1 LE POIDS.
C’est une force traduisant l’action de la gravité qui sol et de valeur : P = M x g, avec M = masse du corps, et
s’exerce sur tout corps matériel immobile, au voisinage g = champ de pesanteur local, qui est une constante
de la Terre. Cette force P est portée par la verticale pas- homogène à une accélération = 9,81m/s². Tous les
sant par le Centre de Gravité du corps, et dirigée vers le corps solides sont pesants.
Point fixe d’un corps par lequel passe la force qui représente son poids et cela quelle que soit l’orientation du corps.
Un corps ne peut modifier de lui-même, c'est-à-dire ou de mouvement uniforme en ligne droite, à moins
sans l’intervention d’une force extérieure, son état de qu’il ne soit déterminé à changer cet état par des
repos ou de mouvement. C’est la première loi de
Newton : « Tout corps persévère dans son état de repos forces agissant sur lui. »
Pour soulever une pierre posée sur le sol, nous devons l’effort musculaire, la pierre retombe sur le sol, comme
exercer un effort musculaire. Cette pierre est pesante et attiré par lui. Une fois au sol, la pierre reste immobile,
a un Poids.
Poids plaquée sur le sol qui lui sert de support. Elle est alors
Pour garder cette pierre au-dessus du sol il est néces- en équilibre, la composante Poids se trouvant annulée
saire de maintenir l’effort musculaire, car chaque fois par la réaction du support. Ce phénomène est appelé
que nous réduisons cet effort, elle a tendance à redes- Gravité et s’applique à une pierre de poids
cendre en direction du sol. P = M x g.
Si nous lâchons la pierre, en supprimant complètement
1
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
F
Une voiture à quatre roues est assimilable à une table
posée sur quatre pieds. Cf. fig. 4.4. Ces pieds délimitent
une surface de sustentation au sol ABCD.
ABCD Pour renver-
ser cette table, il faudra lui appliquer un effort F dont la
ligne d’action sera au dessus de G. Si cet effort est suf-
fisamment important, elle va subir une rotation autour
d’une ligne reliant deux pieds restant au contact du sol.
Les deux autres pieds vont décoller du sol. Si l’effort
diminue, la table revient à sa position stable d’origine.
C’est le cas lorsque le centre de gravité G est en posi- Fig. 4.4 Fig. 4.5
tion G1.
G1 Par contre lorsque G arrive en G2,G2 à la verticale Au repos
de la ligne d’appui au sol, l’équilibre devient instable. F
Passée la position G2, G2 vers G3, G3 elle se renverse.
Cf. fig. 4.5 Un kart est un exemple de ce type de
stabilité.
Mais notre voiture interpose une suspension entre la
roue et le châssis. Cela revient à doter notre table de
« pieds élastiques ». Avant de la renverser il faudra
d’abord écraser les ressorts de suspension (trajet G à
G1 sur fig. 4.7) avec rotation autour de O, centre ins- Fig. 4.6 Fig. 4.7
tantané de rotation (C.I.R.). Ensuite la table pivotera La stabilité tabulaire.
autour du point A, nouveau C.I.R.
a) 3 déplacements,
déplacements chacun suivant un axe :
G -Selon l’axe Gx,
Gx que nous appellerons l’AvanceAvance,
Avance
dans le sens de marche du véhicule.
Av
-Selon Gy
Gy, la Dérive
Dérive, ou déplacement transversal.
an
ce -Selon l’axe Gz Gz, le Pompage
Pompage, ou déplacement
e
vertical.
riv
Dé galop b) 3 rotations, chacune autour d’un axe :
y
x -Autour de l’axe OxOx, le Roulis
Roulis. Le centre de roulis O
Roulis est distinct de G.
-Autour de l’axe O’y,
O’y le Galop.
Galop Ce mouvement de
galop sera décomposé en : - Cabrage lors des
phases d’accélération et, - Plongée lors des phases
de décélération. Le centre de galop O’ est distinct
Fig. 4.8 de O et de G.
Les six degrés de liberté. - Autour de l’axe Gz
Gz, le Lacet
Lacet.
2
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
Ces mouvements : déplacements et rotations interfè- dans chacun des plans en liaison avec l’axe de rotation
rent les uns sur les autres, ils sont dits : couplés. correspondant.
Dans la suite de ce §, nous examinerons ce qui se passe
X
G Z
X G Ra
PAV= P x l2 P PAR= P x l1
E E h
Fa
l1 l2
E PAv PAr
P
Fig. 4.9 P
-ΔP P=Ra x h
+ΔP=
E
Le centrage longitudinal. l1 l2
3
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
c) La raideur longitudinale
Le pneumatique a une raideur suivant les trois axes. Ces
raideurs peuvent être représentées par des ressorts élé-
mentaires, liés chacun à une masse élémentaire. Cela
permet de symboliser les efforts et les déformations Charge verticale
dans la structure. Cf. figs. 4.13 et 4.14
Dans le plan longitudinal, cette raideur se traduit par un P= 500 daN
effort longitudinal et un déplacement mesurés sur un
pneumatique au repos. Cf. fig. 4.15
Cette raideur est fonction de la charge verticale, pour P= 300 daN
une pression de gonflage donnée. Plus la charge sera
importante, plus l’effort à fournir sera important. Cette P= 100 daN
raideur longitudinale intervient lors des phases d’accé-
lération mais surtout lors des freinages.
⇒ En statique sans charge.
Fig. 4.15
Z
Raideur longitudinale.
Pneumatique : Série 60, largeur 200mm, diamètre : 15
pouces, roue : 7 1/2 J15, pression de gonflage : 3.0 bars.
P Rayon libre
Ro
d) La raideur radiale
Dans le plan vertical xGz et toujours au repos, un pneu-
matique se comporte comme un ressort métallique de
sous charge
+3 -3
+2
+1 -1
-2 d’une droite, est fonction de la pression de gonflage. En
0
augmentant la pression, la raideur augmente, ce qui
m7 m1 influe sur le confort.
m6 m2 X
m5 m4 m3
Ressorts simulant
les élasticités de
déformation
Zone de contact
au sol
Fig. 4.13
P= 3.0 bars
ω Fig. 4.16
+3
Raideur radiale.
+2
+1 -3
Pneumatique : idem à la Fig. 4.15
0 -1 -2
m7
La raideur radiale d’un pneumatique doit être adaptée à
m1 la raideur du ressort de suspension. Il est commun
m6 X
m2
d’avoir une raideur de pneumatique dix fois supérieure
m5 m4 m3
à la raideur du ressort de suspension. Si la raideur du
Zone en ressort devient trop importante, il peut se produire un
extension Zone en
Zone de contact effet de « balle ». Le véhicule rebondit sur la seule élas-
au sol compression ticité du pneumatique. Ceci est particulièrement visible
Fig. 4.14 sur les engins de Travaux Publics sans suspension et
Représentation schématique des avec des pneumatiques de fortes dimensions.
raideurs verticales et longitudinales.
4
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
Les mouvements verticaux de l’engin sont ceux d’une h) Le galop Il s’agit d’une rotation autour d’un axe
balle rebondissant sur le sol. Si l’engin parcourt le O’y, perpendiculaire au plan xGz.
O’y xGz Le point O’,
O’ situé dans
même chemin régulièrement sur un sol meuble à faible ce plan, est déterminé par l’architecture de la suspen-
cohésion, cet effet peut être à l’origine d’une « tôle sion et la position des attaches de suspension sur le
ondulée », modification superficielle du profil en long. châssis. A chaque essieu correspond un centre instanta-
e) la variation du rayon de roulement avec la vi- né de rotation, ou « centre de percussion » de cet es-
tesse. Avec la vitesse de rotation, la masse de la cein- sieu.
ture est soumise à l’effet de la force centrifuge. Cette Lorsque le véhicule passe un obstacle, il le passe, en
force va s’opposer à la déformation des flancs. L’impor- général, d’abord avec l’essieu avant. Cet obstacle a une
tance de cette variation sera aussi fonction de la capa- certaine hauteur et va soulever l’avant du véhicule qui
cité de la ceinture de s’allonger. Cf. fig. 4.17 effectue une rotation autour de l’axe de percussion lié à
l’essieu AV. Il en sera de même pour l’essieu AR, qui
franchira l’obstacle après un temps t dépendant de
296 l’empattement et de la vitesse du véhicule. Cf. fig. 4.18
Selon la fréquence de la suspension de chaque essieu, le
292
véhicule va osciller d’AV en AR autour d’un centre ins-
Rayon de roulement en mm
X X
X
X
Fig. 4.18
Mouvement de galop.
5
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
La Rr dépend de la :
- Vitesse du véhicule. Cf. fig. 4.19
- Charge portée par le pneumatique, donc du poids
du véhicule.
- Pression de gonflage.
- Nature du sol.
20%
mais également :
- Des dimensions et du type de pneumatique.
pneumatique Plus
grand sera le diamètre extérieur, plus faible sera la Rr,
Rr
car à aire de zone de contact identique, la déformation
est moindre. De même, le nombre de tours de roue sera
moindre à égalité de distance parcourue, ce qui revient
à dire que le nombre de déformation sera plus réduit.
- Du taux d’entaille ou fragmentation de la sculp-
ture. Plus petits seront les pavés, plus faible sera la Rr.
Rr Fig. 4.20
Les pavés de faible dimension ont une plus grande indé-
pendance lors du positionnement dans la zone de con- Résistance au roulement en fonction de la dérive.
tact, ce qui réduit les mouvements de tension dans la - De la température. Cf. fig. 4.21
sculpture. Mais comme ces pavés sont nombreux, ce
que l’on gagne en Rr,Rr on le perd en stabilité direction-
nelle par un mouvement accru des pavés par rapport à
la carcasse.
Température de l’épaulement
- De la composition des mélanges de caoutchouc et
principalement de celui de la bande de roulement. Plus
faible sera l’hystérésis du matériau, plus faible seront
les pertes. La silice, introduite partiellement en lieu et Température de
place du noir de carbone est un composant réduisant la l’air à l’intérieur du
Rr,
Rr de même que certaines molécules de polyéthylène à pneumatique
haut poids moléculaire.
- De l’usure
usure des sculptures. Cf. fig. 4.19
- De la dérive
dérive. Cf. fig. 4.20 Résistance au roulement
Fig. 4.21
Incidence de la température
sur la résistance au roulement.
Pneumatique : 195-95/14, charge à la roue : 540 daN,
Pression de gonflage : 2.7bar à 20°C, vitesse de roulage :
80Km/h.
La Rr est un élément de la signalétique du pneumatique.
Pour cela, elle est mesurée sur un banc à rouleau sui-
vant la procédure normalisée : ISO 28580. Les condi-
tions de base pour la mesure sur un pneumatique de
tourisme : 30mn de roulage pour échauffement, vitesse
équivalent à 80Km/h, charge verticale (80% de la
charge maxi correspondant à une pression de gonflage
de 2,1 bars pour le pneumatique considéré.)
k) Le passage d’obstacle et le « Pouvoir Absorbant »
du pneumatique. Verticalement, le pneumatique est
Fig. 4.19 assimilable à un ressort de rigidité constante. Pour
chaque valeur de la pression de gonflage, la déflexion
Usure et résistance au roulement. d’écrasement varie linéairement avec la charge verti-
cale. Cette « loi » n’est en fait applicable que pour des
déformations du sol qui s’étendent sur une longueur
suffisante par rapport à la surface de contact du pneu-
matique. La roue va alors suivre le profil de la route.
6
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
Trajectoire du
centre de la
Fz F roue rigide
Fx
hb
Δhb
hc
Δhc
Fig. 4.23
bosse creux Le pneumatique atténue le choc. Le point anguleux en O
de la roue rigide est remplacé par une courbe AB.
Fig. 4.22b
Dissymétrie de trajectoire du moyeu selon l’obstacle.
Δhc<Δhb
Le « Pouvoir Absorbant » du pneumatique dépend de :
Lorsque l’obstacle prend de l’importance, par sa hauteur - La pression de gonflage
gonflage. La part de l’air est prépon-
ramenée à sa longueur, il est nécessaire d’introduire la dérante et le « Pouvoir absorbant » diminue lorsque la
notion de « Pouvoir Absorbant ». Le pneumatique a la pression augmente.
particularité, par son potentiel de déformation, de pou- - La dimension et plus particulièrement de la Série
Série.
voir « envelopper » l’obstacle par une déformation lo- Plus la hauteur de flanc sera faible par rapport à la lar-
cale sans provoquer de mouvement vertical de la sus- geur (cas des pneumatiques taille basse), plus faible
pension. Le pneumatique « boit » l’obstacle, « nivelle » sera le pouvoir absorbant. Cf. fig. 4.24
la route.
7
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
Effort de rappel R B A
Axe de pivot
Valeur de ϒ
positive
R1 B1
d
Point de contact R A
au sol B2
8
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
Fig. 4.29
Déformation du pavé de caoutchouc.
Fig. 4.27
Centrage transversal. P=2.0 bars
P=2.5 bars
b) L’élasticité transversale du pneumatique.
pneumatique Si l’on P=3.0 bars
applique, sur une roue équipée d’un pneumatique, char-
gée verticalement et au repos, un effort transversal Fy
au niveau de son centre de rotation, le plan médian de
la roue va se déplacer latéralement par rapport à la
zone de contact au sol, pour se positionner dans un plan Charge verticale = 500 daN
parallèle au plan de départ, et distant de dy.
dy
Cela est dû à l’élasticité transversale du pneumatique.
Cf. figs. 4.28 + 4.29 et courbes 4.30 + 4.31 Cette élasti-
cité va induire une dissymétrie des efforts agissants sur Fig. 4.30
les flancs : l’un sera comprimé, l’autre en extension. En
transversal et au repos, le pneumatique se comporte Raideur transversale : influence de la
comme un ressort de raideur : pression de gonflage.
Fy
Ry=
dy
Cette raideur est fonction des nappes de ceinture, de
l’épaisseur, de la largeur et du taux d’entaille de la
bande de roulement.
Fy
P = 500 daN, p = 2.0 bars
Axe vertical Plan médian
initial de la roue
Flanc Flanc en
comprimé extension P = 100 daN, p = 2.0 bars
Bande de
roulement
Fig. 4.31
Fig. 4.28
Raideur transversale : influence de la charge verticale.
Déformation d’un pneumatique sous effort transversal.
9
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
x Plan médian : direction du
roulement géométrique
Si maintenant, nous faisons tourner la roue tout en ap- Angle de dérive δ
pliquant notre effort transversal Fy, Fy nous constatons Direction du
que sa trajectoire ne suit pas la direction du plan mé- déplacement réel
dian de la roue. Ce phénomène, lié à l’élasticité trans- Zone de
versale du pneumatique est appelé : La dérive. contact
dérive au sol
Cf. figs. 4.32, 4.33. Sous l’effet de la force latérale Fy,
Fy la
roue suit une trajectoire réelle formant un angle δ avec o Fy y Axe de
Ry rotation
la trajectoire théorique définie par le plan de roue.
Effort Fy
Effort transversal Fy
transversal
Trajectoire
réelle y
Saturation
Angle de
dérive δ
dFy
Trajectoire
théorique 1 dδ
Fig. 4.32 x
Fig. 4.34
Les caractéristiques de la dérive sont les suivantes :
La rigidité de dérive.
• Comme pour tout phénomène élastique, il est
défini une rigidité : La rigidité de dérive Cf. fig. 4.34 - La dérive est fonction de la pression de gonflage et
définie par : de la charge appliquée sur le pneumatique. Cf. fig. 4.35
Pour une même charge verticale, l’effort latéral Fy va
dFy augmenter, d’une part avec la dérive et d’autre part
D=
dδ avec la pression de gonflage jusqu’à atteindre un maxi-
La courbe : Fy = f(δ) mum dépendant des caractéristiques du pneumatique.
f( ) se caractérise par un départ assimi-
lable à une droite pour ensuite s’incurver et présenter
un maximum avant de décroître au fur et à mesure que
δ continue d’augmenter. Le maximum correspond à une
« saturation » du pneumatique. Cela a pour effet, que 1.7
passé ce maximum, plus l’angle de braquage augmente- Dérive
Effort transversal en daN
1.4
ra, plus faible sera l’effort de guidage. 12°
La triangulation des nappes sommet formant la cein- 1.1
ture est un facteur de rigidité de dérive. Pour un angle
de dérive donné, la réaction transversale de dérive sera
1.7
d’autant plus grande que l’angle des nappes par rapport Dérive
1.4
au plan médian du pneumatique sera plus aigu. 4°
Cf. figs. 2.4 et 2.11 1.1
10
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
Fy
C.F.T=
Fz
1.0
Angle de
dérive
10°
8°
Effort latéral
4°
2°
Zone de manœuvrabilité
man uvrabilité
usuelle
Fig. 4.36
Potentiel de manœuvrabilité.
man uvrabilité.
- La dérive est fonction de la largeur du pneuma- - L’application d’un effort longitudinal Fx : accéléra-
tique. Elle va décroître lorsque la largeur du pneuma-
tique tion ou freinage s’ajoutant à un effort transversal Fy,
tique va augmenter. En conséquence, le rapport Hau- modifie la rigidité de dérive. Pour un angle de dérive
teur/Largeur, soit la Série est une donnée importante donné, soit à isodérive, la courbe Fy = f(Fx),f(Fx) a une
sur le potentiel de dérive. Un pneumatique de série 80 forme ressemblant à une ellipse Cf. fig. 4.36 et repré-
aura tendance à plus dériver qu’un autre de série 40, sente le couplage entre le longitudinal et le transversal.
pour un diamètre de roulement identique. Si nous ramenons pour chaque point, les efforts longi-
- La dérive est fonction de l’usure
usure de la bande de tudinaux et transversaux à la charge verticale corres-
roulement. Plus l’usure sera importante, moins les pa- pondante, nous obtenons C.F.T = f(C.F.L.), soit
vés de caoutchouc auront de mobilité et plus faible sera les courbes du potentiel de manœuvrabilité ou
la dérive. d’équiadhérence dans les conditions définies.
- La dérive ne doit pas être confondue avec le déra- L’expérience montre qu’un conducteur, lors de l’utilisa-
page.
page Il s’agit un phénomène élastique qui modifie la tion habituelle de son véhicule est loin d’utiliser son
trajectoire du pneumatique, mais nous restons dans le potentiel de manœuvrabilité.
domaine adhérent, à l’intérieur du cercle d’adhérence.
Le dérapage se produit lorsque la résultante des efforts - L’effet de la dérive dépend de la position exacte et
appliqués dans la zone de contact dépasse la valeur à chaque instant de la roue par rapport au sol. Toute
d’adhérence donnée par les caractéristiques du sol. évolution de son plan médian en raison de braquages
induits, de variations de carrossage va modifier l’état
- Pour les petits angles, la rigidité de dérive aug- élastique du pneumatique et influer sur les efforts
mente par le montage d’une jante plus large. Mais cette transmis. Le parallélisme initial donné à un essieu impo-
« loi » a une limite correspondant au changement de sera une dérive initiale.
pente de l’inclinaison des flancs. Cf. fig. 4.37
c) L’effet de la force centrifuge : Le Roulis
Cf. fig. 4.38 Dans un virage, le braquage des roues crée
un effort centrifuge appliqué au centre de gravité du
véhicule. Sous l’effet de cet effort, le véhicule va s’incli-
209.55 ner vers l’extérieur du virage par application du principe
de la stabilité tabulaire. Cf. 4-A.5. En fait, la géométrie
184.15 des éléments de guidage des roues dans le plan trans-
versal, définit un centre instantané O de rotation du
véhicule dans ce plan. L’inclinaison du véhicule est une
rotation autour de ce point O, appelé : Centre de Roulis,
terme emprunté au vocabulaire appliqué aux bateaux.
L’inclinaison est un phénomène appelé : le Roulis.
Roulis
Fig. 4.37
Influence de la largeur de jante.
11
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
Z
d) Le Carrossage. Il s’agit un angle formé par la ver-
Angle de roulis
ϑ ticale et le plan médian de la roue, dans le plan zGy.
Cf. figs. 4.39, 4.40, 4.41
α Angle de carrossage
Plan
O vertical
Plan médian
de la roue
PD = P + Fc x h PG = P - Fc x h
2 V 2 V
Fig. 4.38
Selon les éléments de guidage de la roue dans le plan transversal et la raideur des éléments de suspension, sous
l’effet d’un effort latéral appliqué en G, le véhicule va s’incliner vers l’extérieur du virage (par application de prin-
cipe de la stabilité tabulaire). Le fait de mettre un carrossage négatif initial réduit l’effet de l’inclinaison du châs-
sis, ce qui permet à la roue de garder une position aussi verticale que possible. Le pneumatique garde ainsi une
plus grande surface de contact au sol en virage. Cf. fig. 4.41
Suite
12
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
Suite
z z
α z
Angle de
α carrossage
Re
Ri
α
P
Ri<Re
P x tan α
Fig. 4.42 Fig. 4.43
- Le carrossage modifie la forme de la zone de contact du pneumatique au sol. D’où en cas de dérive une
déformation particulière de la zone de contact du pneumatique au sol et une modification du moment
d’autoalignement. Cf. fig. 4.42
- Les rayons de roulement intérieur et extérieur sont différents. Le flanc situé côté de l’inclinaison fléchit
plus, avec pour conséquence : fatigue et échauffement supplémentaire. Cf. fig. 4.42
- La poussée de carrossage.
carrossage Cf. fig. 4.43 L’inclinaison de la roue crée une dissymétrie de répartition des ef-
forts dans la zone de contact du pneumatique au sol et dans les flancs. En l’absence de dérive, cette dissymétrie
va générer une poussée transversale, orientée vers l’intérieur du véhicule dans le cas d’un carrossage négatif.
Cette poussée de carrossage de valeur : Fyc = P x tg α, va se retrancher de la dérive lors d’un virage. Cela signi-
fie que pour tout virage, et sur une roue présentant du carrossage, il se créera une conjugaison dérive-
carrossage.
Ex : Soit un poids sur la roue de 300daN, un angle de carrossage de 6°, soit environ 1/10° de radian,
Fyc = 300 x 1/10 = 30daN.
L’expérience montre qu’un carrossage initial légèrement négatif est favorable au comportement global du
véhicule.
13
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
z
A y
A
d d
a b c d
Fig. 4.45
-a : architecture habituelle, le déport est positif : le point d’intersection A de l’axe du pivot avec le sol est à
l’intérieur des voies (distance séparant les plans médians de deux roues d’un même essieu). L’axe du pivot est
incliné et forme avec le plan de la roue un angle i appelé : angle d’inclinaison de l’axe du pivot. Voir également
la fig. 4.47a
-b : cas d’un déport nul, par combinaison de l’angle de carrossage et d’inclinaison de l’axe de pivot.
-c : cas particulier d’un déport nul. L’axe du pivot est contenu dans le plan médian de la roue (nous retrou-
vons cette particularité sur le train avant de la Citroën DS19).
-d : déport négatif, le point A est à l’extérieur de la voie.
Braquage
R
Lors du passage de la roue sur un obstacle, le porte-à
-faux que constitue le déport au sol produit un mo-
ment : R x d. Ce moment va créer un braquage au-
tour de l’axe du pivot et introduire une réaction dans
d
le volant via les organes de direction.
Obstacle
Fig. 4.46
Déport au sol et passage d’obstacle. Suite
14
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
Suite
Angle d’inclinaison
de l’axe de pivot
Variation de
la hauteur de
pivot par
effet de cône.
15
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
Fig. 4.49
Réponse au volant ϒll = f (β°)
- La valeur maxi de ϒll correspond à la capacité maxi
du pneumatique sur le véhicule considéré.
ϒll
- = sensibilité de la réponse volant.
β
16
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
La fig. 4.52 superpose effort latéral et moment d’auto-alignement lors de situations de freinage ou d’accélération et
pour deux cas de dérive différents : 4° et 8°. Les courbes obtenues montrent les maxi atteints pour chaque cas d’ef-
fort longitudinal.
Dérive 8°
Dérive 4°
Dérive 4°
Dérive 8°
Fig. 4.52
Effort latéral et moment d’auto-
d’auto-alignement en fonction de l’effort longitudinal à isodérive.
17
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
A D x
Direction du
déplacement
y Efforts transmis
A
C
x
D
Fig. 4.53
18
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
d) le virage, centre instantané de rotation, épure de Pour obtenir le centre instantané de rotation du véhi-
Jeantaud. A l’époque de la traction animale, caractéri- cule dans le virage, la combinaison des leviers doit per-
sée par des vitesses peu élevées, les charrettes dispo- mettre à la roue intérieure au virage d’afficher un angle
saient d’un essieu AV directeur selon le principe de la supérieur à la roue extérieure. Pour obtenir ce résultat,
« cheville ouvrière ». Cf. fig. 4.54 Ce système définit un Jeantaud a démontré que le prolongement des axes des
centre instantané de rotation I de la charrette situé à leviers de direction sur le pivot devait se couper au mi-
l’intersection des perpendiculaires aux plans des roues. lieu de l’essieu AR, sur l’axe de symétrie du véhicule.
Dans la réalité, et pour tenir compte de la dérive appli-
quée sur chaque pneumatique AV, rares sont les cas de
cette situation « idéale », et un véhicule peut être con-
çu avec ce point d’intersection en AV de l’essieu AR,
nous sommes alors en « sous-Jeantaud », ou en AR de
l’essieu AR, nous sommes alors en « sur Jeantaud ».
Ceci se détermine par le relevé des angles de braquage
de chaque roue. Ces angles sont retranscrits sur un
Centre instantané abaque appelé : courbe d’erreur,
d’erreur lequel permet de véri-
de rotation du fier si la roue intérieure braque ou non selon le bra-
véhicule quage théorique.
Cette épure de Jeantaud est appelée épure d’Acker- Acker-
mann dans la littérature anglo-saxonne.
x
e) le virage, effort centrifuge. Dans le plan horizon-
tal, l’effort centrifuge est appliqué au centre de gravité
y
Fig. 4.54 G. La ligne d’application de cette force Fc passe par I
centre instantané de rotation du véhicule dans le virage.
Direction à cheville ouvrière. Vu la position de I, il en résulte une décomposition de
cet effort en une composante transversale Fy et une
composante longitudinale Fl. Cette dernière compo-
Pour des véhicules plus rapides, ce système introduit sante Fl sera reprise par la roue AV directrice.
une instabilité, mais surtout une lourdeur de manœuvre. Cf. fig. 4.56
D’où le système introduit par Jeantaud en 1878, dans
lequel chaque roue dispose de sa « cheville ouvrière »
appelée axe de pivot.
pivot Il permet de coupler les deux
roues par une liaison composée de leviers et biellettes
dont le déplacement dans l’espace va définir « l’épure β angle du braquage
de Jeantaud ». Cf. fig. 4.55
RlAV RAV
Essieu AV Fc
I Fl
Essieu AR
G
Fy
Centre instantané
de rotation
RAR β I RAR
αe αi x
Essieu AR
RAV Rc
αe αi y
I
Fig. 4.56
Fig. 4.55 Application de l’effort centrifuge.
L’épure de JEANTAUD. Cas d’une voiture neutre sans dérive.
19
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
a2
a1
R1 < R R2 > R
R
Fig. 4.57
Effet de la dérive des essieux sur le comportement du véhicule.
20
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
Pincement = B-
B-A Ouverture = A-
A-B
A A
une valeur initiale de parallélisme. Les valeurs de ce
Essieu avant parallélisme initial sont déterminées lors des essais de
B B mise au point et participent à la qualité du comporte-
ment du véhicule.
Selon la flexibilité de la suspension, autrement dit de
x l’ampleur des débattements de la roue par rapport au
y
Axe longitudinal véhicule, et la géométrie des éléments de guidage, lors
de symétrie des mouvements verticaux de la roue, le parallélisme va
varier soit dans le sens de l’ouverture, soit dans le sens
du pincement. Ce phénomène, systématique sur un
véhicule est un braquage induit,
induit ou braquage parasite.
Essieu arrière Lors d’un mouvement de pompage, les deux roues de
l’essieu vont varier dans le même sens, ouverture ou
Fig. 4.59 pincement, par contre lors d’une mise en roulis en vi-
rage, une roue monte, pendant que l’autre descend.
Définition du parallélisme.
Chacune des roues va varier en sens inverse de l’autre,
par ex ; l’une prendra de l’ouverture pendant que l’autre
prendra du pincement.
L’utilité du parallélisme :
Le parallélisme, braquage d’une roue par rapport à son
Lorsqu’une roue est en rotation, pour éviter toute dé-
plan de roulement, introduit une dérive initiale du
formation parasite, il est nécessaire qu’elle roule parfai-
pneumatique. Lors d’un braquage géométrique et selon
tement suivant son plan. Mais cette roue est déjà affec-
le choix, ouverture ou pincement, ce parallélisme ne
tée par la définition de l’essieu de caractéristiques géo-
sera pas neutre dans le délai de réaction du véhicule.
métriques perturbant son déroulement :
Une roue AVG en ouverture, donc avec une dérive ini-
- Le carrossage va créer un effet de cône, tiale dirigée vers l’extérieur, soumise à un braquage
- Le déport au sol va créer une divergence lors de géométrique vers la droite va devoir successivement
l’accélération ou du freinage selon que le véhicule sera annuler la dérive initiale pour passer à une dérive orien-
à propulsion ou traction. Cf. fig. 4.60 tée vers l’intérieur du véhicule, orientation nécessaire
pour prendre le virage souhaité. Ce passage d’une dé-
rive extérieure même faible à une dérive intérieure plus
Effort de traction
importante va demander un délai de réaction du pneu-
matique, délai qui se ressentira par une certaine paresse
à changer de direction.
h) l’axe de marche. Cf. fig. 4.61
Il s’agit d’une conséquence du parallélisme d’un essieu :
Pivots Pivots les plans des roues vont former un angle de la valeur de
l‘angle de parallélisme, matérialisé par l’intersection des
plans de roue avec le sol. Cet angle possède une bissec-
trice qui définit l’axe de marche de l’essieu correspon-
dant. Comme une voiture dispose de roues directrices
Effort de propulsion sur l’essieu AV, les plans des roues AR seront fixes et
définissent l’axe de marche du véhicule. C’est selon cet
axe que se dirige le véhicule, volant libre.
Mais que devient l’axe de marche de l’essieu AV ?
PROPULSION TRACTION Grâce à l’angle de chasse, les roues AV prendront auto-
Fig. 4.60 matiquement une position moyenne qui amènera l’axe
de marche de l’essieu AV à se positionner parallèlement
Le parallélisme initial.
à l’axe de marche du véhicule. Plus le décalage entre ces
- Sur une propulsion, les roue AV sont poussées,
deux parallèles sera grand, et plus le véhicule roulera en
donc auront tendance à prendre de l’ouverture.
« crabe ». Le véhicule parfait est celui qui dispose de
- Sur une traction, les roues AV sont tirées, donc
deux axes confondus. Cela explique pourquoi, sur les
auront tendance à prendre du pincement.
machines de réglage des essieux, le train AV est tou-
jours réglé en référence au train AR.
21
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
Axe de marche de
Plan d l’essieu arrière
e la roue g Axe de marche
auch e
Décalage
ite
e dro
de la rou Axe de symétrie
Plan longitudinal du
véhicule
Axe de marche de
l’essieu avant
Fig. 4.61
L’axe de marche d’un véhicule.
4-D LA ROUE.
Il s’agit du support du pneumatique, chargé de faire le lien avec le véhicule, via le moyeu, le pivot et les éléments de
guidage de la suspension. Roue et pneumatique sont deux organes inséparables et la roue a aussi un rôle prépondé-
rant dans la transmission des efforts et le maintien des caractéristiques du pneumatique.
Une roue se compose : Cf. fig. 4.62 circonférence de perçage des fixations est une caracté-
a) d’un voile, (ou disque) partie verticale par laquelle ristique importante d’une roue.
se fait la fixation sur le moyeu. Ce voile est soumis à b) et d’une jante
jante, partie horizontale, perpendiculaire
des efforts de flexion rotative qui vont impacter la te- au voile et qui comporte deux bordures latérales de
nue de la roue dans le temps. Sa rigidité est un facteur chaque côté du plan de roue, dans lesquelles viennent
non négligeable pour la qualité de la tenue de route, s’accrocher les talons du pneumatique. Une jante est
toute flexion parasite ajoutant un effet de dérive au dite à base plate ou creuse. La base plate est utilisée sur
guidage du véhicule. les Poids Lourds et quelques utilitaires. Elle nécessite un
Le voile vient en appui sur le moyeu de roue et les ef- anneau amovible sur un côté pour permettre le démon-
forts transitent par plaquage. C’est par le voile que la tage du pneumatique.
roue est fixée sur le moyeu. Le diamètre de la
22
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
La base creuse est utilisée pour les voitures de tou- du pneumatique sur le rebord. Cf. fig. 4.63 En cas de
risme. Le « creux » sert à la pose et dépose du pneuma- crevaison, cela retarde le moment où le talon va sortir
tique sur la jante, en assurant le décalage des talons de son logement. Ce Hump peut prendre plusieurs
pour permettre de passer le pneumatique sur les bor- formes.
dures fixes. Cf. fig. 4.64 - Une contre
contre--pente
pente, forme relevée ayant fonction
Le profil de jante montre quelques particularités : similaire au Hump.
Hump Cf. fig. 4.63
- Une bosse appelée Hump qui vient coincer le talon Un même profil peut combiner ces particularités.
Extérieur Extérieur
véhicule véhicule
Appui circulaire de la
Jante roue sur le moyeu
Alésage, centrage de la
roue sur le moyeu Voile
Fig. 4.62
La roue
Le déport est aussi appelé Ecuanteur.
Hauteur
d’accrochage
Hump
Bord de jante
h
h
Hump
Contre-
Contre-pente Voile
Diamètre de la
circonférence de
perçage des trous
de fixation
Nombre de trous
Flat Hump de fixation
Diamètre de jante ou diamètre
d’accrochage du pneumatique Jante à base creuse
Contre-
Contre-pente Fig. 4.64
Hump Flat Hump Caractéristiques d’un roue.
Les jantes sont différenciées suivant le type de pneuma-
tique utilisé : avec ou sans chambre à air (tubeless).
Il est prudent de vérifier que la forme du talon du pneu-
Fig. 4.63 matique soit compatible avec la forme de l’appui sur la
Exemples de profil de jante. jante.
23
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
4-D.3 LE MATÉRIAU.
Une roue est soit en :
- tôle,
tôle emboutie pour le voile, roulée pour la jante, les deux parties étant soudées ou rivetées,
- soit en alliage léger coulée sous pression. La roue est alors monobloc.
Dans le choix du matériau et du procédé de fabrication, la roue sera un compromis entre le poids, la résistance aux
efforts, à la flexion rotative, aux chocs et le coût.
Roue Rondelle
Disque de
frein
moyeu
Écrou et rondelle Écrou sphérique Vis à appui Écrou à appui Vis sur roue
en forme ou cul d’œuf
d’ uf conique conique Alu
Fig. 4.66
Types de fixation de roue.
Citons, pour mémoire la fixation par écrou central.
central Cet un montage courant en compétition.
écrou unique, de grand diamètre est à portée conique La roue est aussi un élément de décoration entrant
et vient appuyer la roue directement sur le moyeu, les dans le style de la voiture soit directement si elle est en
efforts de rotation étant repris par des ergots fixés dans alliage léger, soit par l’intermédiaire d’un enjoliveur
le moyeu et venant se positionner dans la roue. C’est rapporté pour la roue tôle.
24
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
Il existe de nombreuses formes et dimensions de roue, - 30 = Ecuanteur ou déport du voile par rapport au
répondant à une normalisation : ISO, AFNOR, E.T.R.T.O. plan médian de la roue. Cet écuanteur peut être nul,
Exemple de désignation : 4 J 15 3 3O positif ou négatif. Cette valeur a une influence sur la
voie du véhicule. En cas de changement de monte et de
- 4 = largeur de la jante en pouce. roue, cette valeur doit être vérifiée pour éviter les inter-
- J = lettre précisant la hauteur d’accrochage du férences entre le pneumatique et le passage de roue.
talon sur la jante. J = 17,3mm Cela peut aussi être une valeur d’ajustement pour éviter
cette interférence. Cf. fig. 4.62
- 15 = diamètre d’accrochage du talon sur la jante
ou diamètre au seat, en pouce. Ce diamètre doit corres- Cette désignation est inscrite sur la roue, généralement
pondre exactement à celui du pneumatique. côté intérieur.
- 3 = Nombre de fixations de la roue sur le moyeu.
La moto a un comportement dynamique différent de celui de la voiture. Le pneumatique doit s’adapter à cette diffé-
rence.
Une voiture, posée au sol par quatre appuis distincts a prendre du roulis. Comme son centre de gravité est au
une stabilité « tabulaire », et le véhicule prend du roulis dessus du sol, c’est-à-dire au-dessus de la ligne de con-
en s’inclinant vers l’extérieur du virage. Une moto po- tact, notre pendule est instable. Pour tourner, une moto
sée au sol sur deux appuis, a une stabilité pendulaire, et doit disposer d’une vitesse minimum.
pour tourner, s’incline vers le centre du virage au lieu de Cf. § 4-A.5 l’équilibre - la stabilité et fig. 4.68
4-E.2 LA CONSÉQUENCE.
Sur une voiture, on recherche davantage la verticalité essentiellement sur l’épaule de la bande de roulement.
du pneumatique en fonctionnement. Sur une moto, Pour accentuer cette différence, le caoutchouc disposé
l’inclinaison de la roue est une contrainte de roulage. En au centre, soit au sommet du V est souvent un mélange
conséquence, pour avoir une surface de contact aussi privilégiant l’usure, alors que le mélange positionné sur
grande que possible, la forme en coupe du pneumatique les épaules sera différent et privilégiera l’adhérence
sera différente du pneumatique automobile par sa pour une meilleure tenue en virage. Cf. fig. 4.67
forme en V. En virage, un pneumatique moto travaille
Fig. 4.67
Forme en V. La notion de série s’applique aussi au
La largeur est fonction du poids et de la puissance de la machine. pneumatique moto.
25
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
G
ϑ = angle
z d’inclinaison
Rayon du virage géométrique
R
ϑr = angle
d’inclinaison
réel
Effort centrifuge
ϑ ϑr
y
Fc G Centre de
gravité
z
P Poids
Réaction
verticale Rv
ϑ
Abaisser G revient à
y G réduire l’inclinaison
Ry réelle
Dans une voiture, la charge est normalement fixe. Il n’en est pas de même sur une moto, les mouvements du pilote
ne sont pas neutres. Il peut déplacer, toutefois dans certaines limites, le centre de gravité de sa machine en dépla-
çant son corps sur la selle, à gauche ou à droite, en avant ou en arrière.
Le transport de marchandises dans un rayon de 150kms Longtemps les essieux porteurs furent équipés de roues
est fait quasi exclusivement par camion. C’est un jumelées, ce qui était contraignant en termes de vo-
moyen rapide, flexible, efficace, fiable et économique. lume. Progressivement, ce montage est abandonné pour
La contrainte d’un tel pneumatique est la charge trans- une simple monte. Un tel équipement permet d’élargir
portée, imposant un dimensionnement de carcasse bien le volume de charge et d’abaisser la plateforme de char-
particulier. Le coût au km, que ce soit en usure ou en gement. Dans le cas de remorques équipées de
consommation de carburant sont deux paramètres ma- « tridem », soit trois essieux, lors de manœuvres impo-
jeurs pour les transporteurs. sant des virages serrés, le centre instantané de rotation
de la remorque peut être très proche de la roue inté-
rieure au virage. Cela provoque un ripage latéral des
autres pneumatiques et des contraintes latérales très
fortes sur l’ensemble pneumatique plus roue, à de très
faibles vitesses de rotation.
26
4 LE VÉHICULE ET LE PNEUMATIQUE
Une carcasse de pneumatique poids lourds peut être La bonne gestion d’un pneumatique poids lourds im-
millionnaire en kms. Il est donc très souvent : pose de tenir compte de :
• « Recreusé ». Il s’agit, arrivé à un niveau d’usure - sa position sur le véhicule.
véhicule L’usure ne sera pas
déterminé de la bande de roulement, de reprendre le identique s’il est monté sur un essieu :
fond des sculptures en entaillant les canaux à l’aide - porteur et directeur,
d’un fer chauffé de forme adaptée au canal considéré.
Ce recreusage est possible grâce à l’épaisseur initiale de - porteur et moteur,
la bande de roulement. Lors de la confection du pneu- - ou porteur seul.
matique, il n’est pas donné aux sculptures la hauteur - du type de parcours effectué : routier, autoroutier,
maxi possible pour éviter une trop grande mobilité des urbain, montagne, chantier, etc. Vu les charges trans-
pains de caoutchouc. Mobilité qui serait préjudiciable à portées et les vitesses atteintes, un incident sur un
la tenue de route. pneumatique poids lourds peut avoir des conséquences
• « Rechapé ». Si le pneumatique n’a pas été l’objet dramatiques, d’où l’impérieuse nécessité de respecter
d’incident majeur : crevaison, déchirure, etc., une car- les conditions de charge et de vitesse, et d’opérer un
casse en bon état est rechapée. Cf. § 6-B.2 contrôle fréquent de l’état.
27
5 LA FABRICATION D’UN PNEUMATIQUE
La fabrication d’un pneumatique consiste à façonner puis à assembler les différents constituants : Cf. fig. 5.1
Composants de base :
+ Additifs
soufre
Gomme naturelle Caoutchouc synthétique Noir de carbone Silice huile Adjuvants chimiques
Mastication et malaxage
Boudineuse
Calandrage
Bande de
roulement
Flancs Nappes
ceinture
Nappe
radiale
Feuille Assemblage final
intérieure
Conformateur
Tringle
Cylindre de premier
assemblage
Fig. 5.1
Schéma de fabrication. Moule de cuisson
Conduit d’amenée
de la vapeur
Moule ouvert Fig. 5.2 Moule fermé
Le caoutchouc « cru », qu’il soit d’origine naturelle ou Cette préparation se fait dans de grands bacs mélan-
synthétique est livré en « balles » de 20 à 100kgs. Ces geurs, à l’image du pétrin d’un boulanger, capable de
« balles » doivent d’abord être découpées en morceaux, « fabriquer » plusieurs tonnes de mélange à la fois. Elle
pour ensuite être traitées, mécaniquement par diffé- comporte une suite d’opérations.
rents procédés.
1
5 LA FABRICATION D’UN PNEUMATIQUE
5-A.1 LA
LA MASTICATION.
MASTICATION.
La matière des « balles » est coupée en morceaux puis broyée pour rendre le caoutchouc suffisamment souple et
malléable.
5-A.2 LE MALAXAGE.
Le but de cette opération est d’obtenir une masse uniforme, homogène. Le malaxeur est constitué d’au moins deux
cylindres, d’écartement variable et tournant à des vitesses différentes. C’est lors de cette opération que sont ajoutés
les additifs.
Selon les propriétés finales recherchées pour un mé- ⇒ La dimension des particules.
particules Pour chaque dimen-
lange, il est ajouté des additifs lors de l’opération de sion, il existe une quantité optimale selon la chaîne
malaxage. Ce sont : polymère utilisée. La dimension intervient dans le fac-
a) Des charges de renforcement.
renforcement Le but est teur de renforcement et par conséquent, joue un rôle
d ‘accroitre la résistance à l’abrasion et au déchirement. majeur dans la résistance à l’usure. Cf. fig. 5.4
Nous en retiendrons quatre : - le talc
talc. Cette charge de renforcement a pour but
- le Noir de Carbone
Carbone, principal additif de renforce- d’améliorer les propriétés mécaniques : rigidité, résis-
ment. C’est lui qui donne sa couleur noire au pneuma- tance à l’impact, et la stabilité dimensionnelle. Il inter-
tique. Il se présente sous forme de poudre d’un carbone vient également pour améliorer l’imperméabilité aux
quasiment pur. Il agit par renforcement des liaisons gaz. Il est présent particulièrement dans les mélanges à
intermoléculaires de la chaine de polymères. base d’halobutyl, utilisés à l’intérieur du pneumatique à
chambre incorporée (ou « Tubeless »). Cela permet de
Deux paramètres vont intervenir : réduire l’épaisseur de ce revêtement, donc de gagner du
⇒ Le taux de noir de carbone ou quantité ajoutée. poids.
Le facteur de renforcement est proportionnel à la quan-
tité, mais jusqu’à une limite fonction de la taille des - la silice
silice, améliore la tenue à la rupture par un effet
particules. Cf. fig. 5.3 A noter, une autre limite : l’élasti- de durcissement. Ce durcissement limite les déforma-
cité, qui chute avec la quantité. Le taux de noir de car- tions d’où son emploi dans le pneumatique de génie
bone sera un compromis entre le renforcement et les civil, très sollicité aux agressions extérieures.
pertes d’énergie en flexion (avec une incidence sur
l’hystérésis).
2
5 LA FABRICATION D’UN PNEUMATIQUE
5-A.4 LA BOUDINEUSE.
L’opération consiste à rendre le mélange compact, homogène et le mettre sous forme de bandes, dont l’épaisseur
dépendra de sa position, donc de sa fonction, sur le pneumatique.
5-A.5 LE CALANDRAGE.
Cette opération a pour but de constituer les nappes boudineuse. Le passage entre les rouleaux fait entrer en
d’armature et nappes sommet. La calandre est une force le caoutchouc dans les interstices des fils. Le ré-
sorte de laminoir, constituée d’une ou plusieurs paires glage de l’écartement permet de calibrer l’épaisseur
de cylindres parallèles, dont l’écartement est réglable. finale de la nappe.
La matière à travailler passe entre les cylindres de La mise en œuvre des mélanges de caoutchoucs de-
chaque paire, ce qui lui fait subir une compression. C’est mande un équipement lourd et consomme une grande
lors de cette opération que se fait l’imprégnation des quantité d’énergie.
fils de renfort par le caoutchouc provenant de la
Tout nouveau mélange de gomme, doit être soumis vulcanisation à utiliser pour obtenir les résultats es-
avant son emploi à des tests d’évaluation dont le but comptés.
est de vérifier les propriétés physiques et chimiques. Exemples de tests :
Ces tests doivent également définir le mode de
3
5 LA FABRICATION D’UN PNEUMATIQUE
-Elasticité
Elasticité : allongement et résistance à la rupture, -Intervalle des températures de fonctionnement :
module d’élasticité, fluage, relaxation, mini-maxi.
déformation rémanente. -Résistance
Résistance aux huiles, solvants et produits chi-
-Vieillissement
Vieillissement : résistance à l’ozone, à l’oxygène, miques.
aux rayons Ultra-violet, à la fatigue en flexion, -Perméabilité à l’air et aux gaz.
formation de craquelures.
-Résistance
Résistance à l’abrasion, au déchirement,
à l’effritement.
Ces tissus, pré-imprégnés sont ensuite coupés en bande selon l’angle de fil choisi pour la nappe considérée,
Cf. fig. 2.11 pour former une « nappe de câblés ».
Le « savoir-faire » et de nombreux secrets de fabrication permettent de définir les formes, les épaisseurs, les ma-
tières en fonction de l’utilisation du produit.
L’assemblage se fait en trois phases : Parce qu’ils sont inextensibles, les éléments de ceinture
-1°) L’opérateur met en place, à plat sur le cylindre sont installés en dernier. Ils ne pourraient suivre le
de conformation, dans un ordre précis les différentes changement de forme lors de la « conformation ».
épaisseurs : « liner » d’étanchéité, armature radiale, L’assemblage des nappes demande un parfait aligne-
tringles et talons, flancs. Cela forme une ébauche ment et les raccords d’extrémité nécessitent une grande
cylindrique. précision d’exécution pour éviter toute surcharge locale
-2°) Ensuite, en gonflant la vessie et en rapprochant de caoutchouc. Les différents éléments peuvent être
les tringles, l’ébauche cylindrique prend la forme d’un enduits de solvants pour mieux adhérer les uns aux
tore. Cette opération dite de « conformation » met autres.
l’armature en tension. Pendant toutes ces opérations, la propreté est cruciale,
-3°) Enfin, sur la forme de tore obtenue, sont ajou- aucun corps étranger, aucune poussière, ni bulle d’air ne
tés les éléments de la ceinture : nappes sommet (avec doivent pouvoir venir perturber le contact entre les dif-
les fibres orientées selon l’angle défini et en évitant férents composants.
tout « plissage », nappes renfort éventuelles et en der-
nier la bande de roulement.
II s’agit de faire passer notre pneumatique de l’état uniforme, chaleur et pression sont appliquées via une
« cru » et plastique à l’état « cuit » et élastique. vessie dans laquelle sera introduite de la vapeur, sous
Cette opération se fait dans un moule métallique, com- pression 10 à 20 bars et dont la température dépendra
posé de segments circulaires, fermé hermétiquement et du processus de cuisson choisi. Cf. fig. 5.2
dans lequel on applique chaleur et pression. Pour être La partie circulaire de l’intérieur du moule possède en
4
5 LA FABRICATION D’UN PNEUMATIQUE
« négatif » le dessin des sculptures de la bande de rou- ajouter du Soufre au mélange de caoutchoucs et de
lement. Cette partie est également chauffée. chauffer l’ensemble. La présence de soufre permet de
Sous l’effet de la pression et de la malléabilité à chaud renforcer les liens chimiques entre les monomères. Les
du mélange, la bande extérieure de caoutchouc va chaines de molécules, enchevêtrées et non rectilignes,
s’incruster dans les formes du moule, pour donner le se transforment en un réseau tridimensionnel unique.
dessin final des sculptures. La plasticité du mélange diminue au fur et à mesure de
La chaleur va permettre la réaction chimique, et ainsi la densification de ce réseau.
donner au mélange ses caractéristiques élastiques. Certains caoutchoucs synthétiques n’ont pas de doubles
Cette opération dépend beaucoup du savoir-faire des liaisons, ce qui rend difficile la vulcanisation par le
opérateurs. La durée de vulcanisation dépend de nom- soufre seul. Il faut alors changer d’élément chimique et
breux facteurs, tels que la taille du produit, le type de utiliser des peroxydes (oxydes en excès d’oxygène).
mélange, des produits vulcanisants, de la présence d’ac- Le temps nécessaire à l’assemblage sur machine auto-
tivateurs. Il est aussi nécessaire de tenir compte d’un matique et à la vulcanisation est d’environ 60’ pour un
écart de composition du mélange entre flanc et bande pneumatique Tourisme. Ce temps peut atteindre 15h
de roulement. pour un pneumatique de génie civile de grande dimen-
Le procédé de vulcanisation le plus utilisé consiste à sion.
Après la vulcanisation, notre pneumatique va subir une machine d’équilibrage pour définir sa position de mon-
série de contrôles et de tests : tage sur la roue,
a) Le premier est purement visuel, c) Et enfin des tests sur voiture, par prélèvement.
b) Puis suivent des tests sur machines automatiques. Ces tests sont plus proches de la réalité d’usage du
Ces tests ont la particularité d’être reproductibles, donc client final que ceux sur machine. Mais les conditions
de permettre de hiérarchiser les produits finis selon d’essais sont plus aléatoires et tiennent grandement
leur niveau de qualité. Ex de test : le passage en compte de la finesse de jugement du pilote.
Pour remplir sa fonction, un pneumatique doit présen- du déroulement du pneumatique et sont le résultat de
ter d’indispensables qualités d’uniformité, pour ne pas tolérances dans le procédé de fabrication.
interférer par son comportement sur celui du véhicule. Nous mentionnerons :
Les défauts d’uniformité créent des forces parasites lors
5
5 LA FABRICATION D’UN PNEUMATIQUE
Ces variations de forces radiales qui apparaissent sur le marquage particulier, donnant une indication de mon-
tour de roue induisent des perturbations cycliques, en- tage dont le but est de corriger les effets négatifs en
core appelées : « Tressautement », représentée par une utilisant la présence de la valve, poids additionnel ex-
sinusoïde d’amplitude constante mais de fréquence centré.
variant avec la vitesse. La valeur moyenne de cette force radiale est de 5 à 7
Souvent, ce défaut de construction fait l’objet d’un daN.
Pour permettre le démoulage après vulcanisation, les donnée au caoutchouc par le moule plus les restes de
parois lisses du moule sont enduites d’un lubrifiant. A la l’agent de démoulage ne permettent pas au pneuma-
sortie du moule, cet agent de démoulage reste partielle- tique neuf de délivrer ses pleines qualités d’adhérence,
ment sur la surface du pneumatique. Surface lisse il faut attendre l’abrasion des premiers kilomètres.
6
6 L’ENTRETIEN ET LA MAINTENANCE
La sécurité des déplacements est fortement impactée dizaine de milliers de kms, le pneumatique est un con-
par le bon entretien des pneumatiques, et ce, d’autant sommable qu’il est nécessaire de surveiller et qu’il ne
plus que l’automobiliste a tendance à « oublier » ses faut pas hésiter à remplacer.
pneumatiques. Bien que sa durée de vie se compte en
6-A LA DISTRIBUTION.
Elle se fait directement entre le manufacturier et le comportement dynamique. Conséquence : lors du rem-
constructeur. Ce dernier est un professionnel et défini- placement de l’équipement pneumatique, l’utilisateur
ra en liaison avec le manufacturier un compromis dans aura tendance à reconduire le Manufacturier d’origine.
le choix de la monte pour le véhicule concerné, choix Le succès ou l’échec commercial d’un modèle impacte
qui sera un savant équilibre entre les performances et le le constructeur, mais aussi le ou les fournisseurs de
coût. Ce choix influera sur la vie du véhicule et son pneumatiques.
6-A.2 LE REMPLACEMENT.
Par contre, lors de cette phase de remplacement et d) les garages MRA (Mécanicien Réparateur Auto-
pour l’entretien, l’utilisateur se trouve face non plus au mobiles), regroupent les garages indépendants, ne fai-
constructeur à qui il a acheté le véhicule, mais face à un sant pas partie d’un réseau constructeur. Ils représen-
réseau de distribution faisant intervenir des acteurs tent environ 10% de l’activité et sont fréquents en zone
divers : rurale. Ce sont des ateliers de mécanique et le pneuma-
a) les négociants
négociants, qui représentent environ 30% de tique est une activité complémentaire de service au
l’activité. Ce sont souvent des réseaux, ou des succur- client.
sales des manufacturiers, implantés dans une zone géo- e) les concessionnaires et agents dépendant d’un
graphique. Ils négocient des quotas de pneumatique réseau de Marque automobile. Ils représentent environ
avec les manufacturiers. Ces réseaux spécialisés pren- 8% de l’activité. Comme pour les MRA, le pneumatique
nent en charge la réparation du pneumatique, son rem- est un service complémentaire afin de satisfaire le client
placement, les vérifications et réglages des trains rou- et offrir un service complet.
lants et de plus en plus souvent, l’entretien des freins et f) les divers, pour plus de 10%.
du système de suspension.
La commercialisation d’un produit complexe, et mainte-
b) les accessoiristes
accessoiristes, qui représentent environ 10% nant banalisé (voir trop banalisé), est un acte de vente
de l’activité. Leur marché principal est l’accessoire avec particulier, essentiellement par ses conséquences en cas
en priorité la roue. C’est un marché orienté vers le style, de mauvaise utilisation.
et le « tuning ».
Ces systèmes de distribution, dans lesquels les notions
c) les stations
stations--services
services, qui représentent environ de compétence, de service, de qualité et pertinence des
20% de l’activité. La station-service est un endroit conseils, sont importantes, se heurtent à une pénurie de
usuel de fréquentation, qui garde encore une activité personnel formé à la spécificité de l’emploi du pneuma-
« d’urgence » en cas d’incident. Avant d’aller dans le tique. Il est souhaitable que la lecture des ces lignes
réseau d’un négociant, l’automobiliste a plus souvent le déclenche quelques vocations.
réflexe de s’arrêter dans une station-service. Mais leur
nombre diminue progressivement.
6-A.3 L’ESTHÉTIQUE.
Le pneumatique intervenant avec la roue dans l’esthé- après sa sortie de trouver un pneumatique de remplace-
tique du véhicule, sera l’objet des tendances de la ment dans la série considérée.
mode. Cela signifie que les manufacturiers, sous la pres- Le pneumatique et la roue sont aussi l’objet d’une acti-
sion des constructeurs et du « design » doivent faire vité particulière : « le tuning ». De nombreux accessoi-
évoluer leurs produits, donc leurs moyens de produc- ristes proposent des roues, de forme, de dimension,
tion pour suivre ces tendances, qui évoluent de plus en différentes permettant de personnaliser le véhicule. Il
plus rapidement. Comme le véhicule a une durée de vie en découle un changement de monte pneumatique.
qui s’allonge, il est parfois difficile, quatre ou cinq ans
1
6 L’ENTRETIEN ET LA MAINTENANCE
Le rechapage peut donner une deuxième vie à une car- procédés de retraitement se heurtent au fait que le
casse en bon état. Cf. § 6-B.2 caoutchouc a déjà subi une cuisson ayant figé la chaine
Le recyclage est maintenant obligatoire. Cela passe par polymères. Cela complique le processus. Un nouveau
une organisation de la collecte et ensuite par un traite- procédé semble prometteur et débute son industrialisa-
ment : tion : la pyrolyse.
pyrolyse Cf. fig. 6.1 Cette pyrolyse consiste à
chauffer fortement le caoutchouc en l’absence d’oxy-
• La majorité des pneumatiques usagers est utilisée gène. Cela provoque la rupture des chaines polymères,
comme combustible dans des chaudières industrielles et l’absence d’oxygène évite toute combustion. Le
ou dans les fours de cimenterie, gourmands en énergie. carbonisat obtenu est un composé contenant une forte
• Progressivement se développe des méthodes de proportion de Noir de carbone. Il est réutilisable direc-
récupération des composants. Cela demande des tement et dans une certaine proportion pour la réalisa-
moyens de démantèlement du pneumatique pour sépa- tion d’un nouveau mélange.
rer le caoutchouc sous forme de granulés, des renforts • Les renforts acier, repartent dans le circuit de récu-
et nécessite ensuite de trouver des débouchés de réem- pération des ferrailles et les renforts textiles sont le plus
ploi. Les granulés peuvent être utilisés tel quel, dans la généralement brulés dans des fours.
confection, par ex. : de routes, soit retraités. Mais les
Fig. 6.1
Recyclage du caoutchouc vulcanisé par pyrolyse.
Il s’agit de déterminer la dimension et le type de pneu- Cela conditionnera le type, la dimension, et la sculpture
matique. Pour cela, il convient de tenir compte : de la bande de roulement. A chaque fois, ce seront les
a) Du type de véhicule : poids, vitesse, etc. conditions maximales qui seront prises en compte.
b) Des conditions d’utilisation : conditions météo,
nature des routes et des sols, région d’utilisation :
plaine, montagne, etc.
2
6 L’ENTRETIEN ET LA MAINTENANCE
6-B.2 LE CHOIX.
3
6 L’ENTRETIEN ET LA MAINTENANCE
Certaines dimensions particulières, au marché restreint, extension, il ne sera entreposé aucun produit chimique.
peuvent avoir été stockées. Les conditions de stockage - Les rayons Ultra-
Ultra-violets,
violets ce qui implique que le
sont importantes pour le vieillissement et peuvent in- local soit aussi sombre que possible.
fluer sur la qualité de service. Dans cette optique, il est
utile de vérifier la date de fabrication. Au-delà de cinq L’un et l’autre activent l’oxydation et provoquent la
années de stockage, un pneumatique nécessite un exa- rupture des chaînes polymères. Cela se traduit par des
men approfondi avant d’être monté sur un véhicule. fissurations locales et un durcissement général du
caoutchouc. Les conditions de stockage sont fondamen-
Le caoutchouc est une matière qui nécessite d’être con- tales pour ne pas provoquer un vieillissement prématu-
servée dans des conditions appropriées. Un local de ré du pneumatique.
stockage pour pneumatique doit rester : sec, frais
(température <20°C) et disposer d’une ventilation na- Un pneumatique, en dehors de son usure en service a
turelle. Pour un délai inférieur à un mois, les pneuma- une durée de vie limitée dépendante de sa destination.
tiques peuvent être stockés à plat et en pile, à raison de Un pneu hiver disposant d’une qualité de caoutchouc
quatre unités par pile. Pour une durée plus longue, ils adaptée au froid aura une durée de vie plus limitée
seront stockés en position verticale en rack, en vérifiant comparé à un pneumatique d’été.
que le support ne déforme pas la bande de roulement. Une attention particulière sera portée aux pneuma-
Après fabrication, deux agents physiques peuvent faire tiques, montés sur véhicule et qui roulent peu. Ces con-
évoluer l’état du caoutchouc : ditions sont plus défavorables que si le pneumatique
était simplement stocké, car il est soumis aux agents
- L’ozone
ozone. Dans le local de stockage, il est recom-
ozone extérieurs et subit les contraintes mécaniques du véhi-
mandé d’éviter tout matériel générateur d’ozone : cule.
lampes fluorescentes, à vapeur de mercure, machines
électriques pouvant produire des arcs électriques. Par
normale
suspension.
- vérifier le ou les pneumatique(s) qui auraient eu un
problème : choc trottoir ou avec une pierre, blocage Crevaison Crevaison
d’une roue lors d’un freinage, etc. Cf. figs. 6.18, 6.19 rapide lente
a) Lorsque l’usure
usure de la bande de roulement arrive duite du conducteur, et l’état mécanique de la suspen-
au niveau des témoins d’usure. Ces témoins sont situés sion.
en fond de gorge, le plus souvent dans les rainures lon- b) Bien sûr et cela va de soi, dès qu’il y a un doute,
doute
gitudinales. Ce témoin est en élévation d’une hauteur suite à un incident de roulage : choc, roulage sur un
de 1,6 mm par rapport au fond de gorge. Rouler avec obstacle, etc…
une profondeur de sculpture inférieure à 1,0mm est une
infraction au code de la route. Cf. fig. 2.30 Le remplacement devra conserver l’homogénéité
homogénéité de la
monte pneumatique sur le véhicule. Un pneu radial sera
Plus généralement la « lecture » de la bande de roule- remplacé par un pneu radial et de préférence de même
ment est riche d’enseignements. L’analyse faite de son marque.
examen va permettre d’en déduire : le mode de con-
4
6 L’ENTRETIEN ET LA MAINTENANCE
6-C LE MONTAGE.
Les professionnels utilisent dans la majorité des cas des par un choc et qu’ils soient parfaitement propres. En
machines semi-automatique pour réaliser les diffé- effet, lors du travail de flexion et d’étirement des flancs,
rentes opérations, d’abord de dépose de l’ancien pneu- des poussières, de la boue, du sable peuvent venir se
matique puis de pose du nouveau. fixer dans la zone d’appui du talon. Il ne faut pas oublier
Il est recommandé de porter une attention particulière que la totalité des efforts transmis par le pneumatique
à la roue, notamment aux bords d’appui du talon, pour à la roue passe par cette surface.
s’assurer qu’ils n’aient aucun défaut de forme provoqué
6-D L’ÉQUILIBRAGE.
Le pneumatique est solidaire d’une roue et cet en- Un ensemble roue/pneumatique a la forme générale
semble roue/pneumatique tourne autour d’un axe défi- d’un disque épais, qui, dans sa configuration parfaite,
ni par le moyeu de roue. Dans le cas particulier d’une possède un centre de gravité situé sur son axe de rota-
roue directrice, cet ensemble tourne également autour tion qui est aussi un axe de symétrie. Cela signifie qu’un
de l’axe du pivot. Une roue directrice, est soumise à ensemble parfait, sollicité autour de son axe de rotation
deux mouvements de rotation : est en permanence en équilibre indifférent.
1°) une rotation autour de l’axe défini par le moyeu, Le système roue/pneumatique est un assemblage de
c’est le roulement du pneumatique. masses distinctes. Dans un tel montage devant tourner
2°) une rotation autour de l’axe défini par le pivot, autour d’un axe commun, il y a risque d’oscillations
c’est le braquage nécessaire à tout changement de di- parasites. Les principales causes sont :
rection.
5
6 L’ENTRETIEN ET LA MAINTENANCE
α α
Compensation
statique
Oscillations
y induites autour y
de O par le
couple : F x e Compensation
R dynamique
Fig. 6.5
Balourd dynamique et sa compensation.
ΔFF ΔFF
Point supérieur
de suspension
F2 Biellette de
direction
F
d2 l
d
ω ω
Pivot Levier de
direction
d1 sur pivot
F1
Axe de
pivot
Il s’agit des défauts géométriques sur le rayon qui affec- méthodes distinctes : Cf. § 4-D.2
tent le pneumatique et la roue. Cf. fig. 6.13 Ces défauts a) Par les vis de fixation, c’est la méthode la plus
sont induits par les tolérances de fabrication. Lorsque ancienne qui, par les imprécisions qu’elle crée ne per-
l’ensemble roue/pneumatique tourne autour de l’axe de met pas une vitesse de rotation importante.
rotation du moyeu, la pose d’un comparateur sur la
périphérie du pneumatique fait apparaître un rayon b) Par un alésage central
central, qui est devenu la méthode
maxi et un rayon mini. Ce défaut s’ajoute au balourd la plus courante. Le voile de roue dispose d’un alésage
statique. qui vient s’encastrer sur un promontoire circulaire du
moyeu. Cette disposition permet une plus grande pré-
Le défaut de faux-rond inclut le défaut de centrage de cision de centrage. Les vis ne servant alors qu’à la fixa-
la roue sur le moyeu, centrage qui est réalisé de deux tion de la roue sur le moyeu. Cf. fig. 6.8
6
6 L’ENTRETIEN ET LA MAINTENANCE
Axe de rotation du
Cône sur roue moyeu
e
Déport de
voile
Axe de rotation de la roue
Tolérance de montage
roue / moyeu
Vis Roue
Alésage Moyeu
central
Défauts de voile
Fig. 6.7
Oscillation induite par un voile de roue. Roue
Fig. 6.8
Tolérances.
6-D.3 LE VOILE DE ROUE.
Une roue est composée d’une jante, partie circulaire qui fabrication impose des tolérances de positionnement de
va supporter le pneumatique et d’un voile, partie ces deux éléments. Ces tolérances ont pour effet de
« plane » sur laquelle est fixée la jante et qui permet la provoquer sur un tour de roue une oscillation du plan
fixation de l’ensemble roue/pneumatique sur le moyeu. médian identique à celui produit par un balourd
Selon le type de roue, en tôle ou en métal coulé, la dynamique. Cf. figs. 6.7 et 6.9
F Axe de
pivot
z x
y y
ΔFF ΔFF
Plan vertical Fig. 6.9 Plan horizontal
Effet d’un défaut de voile sur la suspension et la direction.
7
6 L’ENTRETIEN ET LA MAINTENANCE
La première chose à faire est de chiffrer l’ampleur du un support positionné aussi près que possible du pivot.
défaut, ensuite la solution dépendra du véhicule utilisé, Ce support comporte un capteur d’effort qui va enregis-
de son poids, et en priorité de sa vitesse. Un véhicule de trer les variations de charge lorsque la roue sera mise
2,0t, avec 300ch et roulant à 200km/h demandera une en rotation par un galet extérieur.
précision et une réduction des tolérances qui n’auront Cette solution présente l’avantage de vérifier l’équili-
rien de comparable avec une voiture sans permis de brage de l’ensemble de la partie tournante, roue et
400kg, avec 30ch et roulant à 50km/h. pneumatique, mais aussi moyeu et disque de frein.
Bien sûr, l’opération d’équilibrage se fera sur une roue Donc la mesure est plus complète et intègre les tolé-
parfaitement propre, nettoyée s’il le faut et exempte de rances de montage de la roue sur le moyeu.
tout défaut : chocs, déformations notamment sur les Dans le cas d’un essieu propulseur, cela fait tourner la
bords de jante, fissurations dans le cas des roues en transmission et le différentiel, ce qui peut perturber la
alliage. mesure. De même, si la roue doit être déposée pour une
a) l’équilibrage peut se faire selon deux méthodes intervention mécanique, par ex. sur les freins ou la sus-
distinctes : pension, sa position sur le moyeu doit être repérée pour
- L’ensemble roue et pneumatique déposé du véhi- être remontée dans la même position.
cule. Cet ensemble est positionné sur une machine La mesure se faisant roue décollée du sol, il sera néces-
d’équilibrage, plus ou moins automatique, qui définira saire de prendre la précaution de ne pas trop lever la
les opérations à effectuer. roue, pour que la cinématique de suspension ne modifie
- L’ensemble roue + pneumatique reste en place sur que légèrement le carrossage. Pour être fiable, une telle
le véhicule. La roue est maintenue soulevée du sol par méthode doit conserver un plan de roue aussi proche de
la verticale que possible.
8
6 L’ENTRETIEN ET LA MAINTENANCE
z
b) le défaut de voile. Selon l’ampleur, ce sera le rem-
placement de la roue. r R
c) le défaut de faux-
faux-rond. Il s’agit de définir d’où
vient le défaut : de la roue ou du pneumatique ou des
deux. Cela se vérifie à l’aide d’un comparateur placé sur
la périphérie du pneumatique. En faisant tourner l’en- Balourd
semble roue/ pneumatique autour d’un axe de réfé-
rence, il est relevé la position géographique du rayon le x
plus grand et du plus petit. Ensuite, le pneumatique est
déposé pour faire la même opération sur la roue. La
confrontation des valeurs sera une orientation de la P
conduite à tenir : déplacer le pneumatique sur la roue, Pr
pour compenser les deux faux ronds, ou changer de
composants. Cf. fig. 6.11
Position des masses P x R = Pr x r
correctrices
Fig. 6.12
Équilibrage statique.
Plans correcteurs
Fig. 6.11
z
Défauts géométriques.
Balourd
Plan médian statique
de la roue
9
6 L’ENTRETIEN ET LA MAINTENANCE
Les machines d’équilibrage actuelles définissent directe- La forme de la masse, son type d’accrochage vont dé-
ment les masses à ajouter et l’endroit sur la périphérie pendre de la roue : emboutie en tôle ou en alliage. La
de la roue où elles doivent être ajoutées. forme géométrique d’accrochage dans les plans correc-
e) les masses d’équilibrage. Elles servent à contrer teurs ne seront pas les mêmes et chaque fois adaptée à
les balourds, il est donc choisi un matériau de forte den- la spécificité de la roue.
sité, comme le plomb. Ces masses doivent être solide- Ces masses sont disponibles de 5 grs en 5 grs., jusqu’à
ment fixées dans le plan correcteur pour ne pas se dé- un maxi de 85 grs. En effet, s’il est nécessaire d’installer
crocher sous l’effet de la force centrifuge créé par la une masse supérieure, cela signifie un problème majeur
rotation de la roue. sur l’ensemble roue + pneumatique.
Caillou à bords arrondis Pierre à arrêtes vives Roulage sur corps étranger Raccordement à angle vif Roulage sur un creux avec
⇒Marque sur la bande de ⇒Coupure du caoutchouc volumineux ⇒Rupture des nappes deux arrêtes vives
roulement. ⇒Rupture des nappes ⇒Marquage extérieur et
sans marque extérieure jusqu’à rupture des nappes
Fig. 6.14
Les principaux types de blessures.
L’objectif de ce chapitre est de passer en revue les principaux incidents pouvant se produire sur et autour d’un pneu-
matique, et leurs conséquences. Ces incidents touchent : -le pneumatique, -la roue, -le véhicule et sa conduite.
Il s’agit de l’incident le plus fréquent, bien que statistiquement, le nombre de crevaisons par véhicule ne cesse de
diminuer.
Les différents cas de perte de pression de gonflage.
1 2 3 4
Fig. 6.15
Zone 1 : Perte lente considérée comme normale et due à : - la porosité du caoutchouc.
- l’étanchéité de la valve.
- l’absence de bouchon de valve.
Zone 2 : Perforation par un objet de faible diamètre : < 2mm et restant prisonnier dans le pneumatique. La rapidité
de perte de pression va dépendre du diamètre de l’objet.
Zone 3 : Perforation par un objet de gros diamètre ou perte de l’objet perforateur.
Zone 4 : Endommagement rapide : coupure d’un flanc par choc, par pincement avec la roue en cas de sous gonflage.
10
6 L’ENTRETIEN ET LA MAINTENANCE
Bordure de
trottoir
Fig. 6.19
Fig. 6.16 Roulage sur un objet volumineux :
Blessure sur une bordure de trottoir. risque de rupture de nappe.
11
6 L’ENTRETIEN ET LA MAINTENANCE
6-E.3 LA HERNIE.
Un roulage sur un obstacle peut provoquer un choc, à l’épaulement. Cela signifie un déplacement, voire une
sans que soit constatée une perte de pression. Mais la rupture de fils dans la nappe radiale et un passage de
carcasse peut être endommagée. Cela se traduit par l’air entre la carcasse et la peau du flanc. Un tel incident
l’apparition d’une boursouflure sur le flanc une hernie.
hernie nécessite le remplacement du pneumatique.
Elle a l’aspect d’une bosse rectangulaire, allant du talon
La délamination est la rupture d’adhésion entre deux couches de renfort de la ceinture. La cause en est une charge et
une température trop élevées. Cet incident n’est pas toujours visible de l’extérieur et se ressent par le comportement
du véhicule.
Tout pneumatique qui roule s’use et cette usure est - Le non-respect de l’indice de vitesse. Sur chaque
proportionnelle au nombre de contacts du pavé de pneumatique est inscrit son indice de vitesse. Ne pas le
caoutchouc sur la route. Il en résulte qu’une roue de respecter induit une usure prématuré et même un
petit diamètre, 13’’ par exemple, s’usera plus rapide- risque d’éclatement. Là aussi, le choix d’une autre
ment qu’une roue de 16’’ à vitesse véhicule identique, monte sera à envisager.
car la roue de 13’’ effectuera un nombre de tours plus - La température. L’expérience montre qu’un pneu-
important. Différents cas d’usures anormales peuvent matique donné, monté sur une voiture roulant à
apparaître : 80 km/h, usera trois fois plus de caoutchouc à 30°C
a) Une usure régulière mais prématurée. L’usure est qu’à 4°C. C’est un nouvel exemple nécessitant la remise
visuellement normale sur la bande de roulement, mais en cause de la dimension.
le kilométrage est particulièrement faible. Cela peut b) Une usure anormale. Cf. fig. 6.21 Les causes sont
être dû à plusieurs causes parmi lesquelles dans la ma- multiples. Cela peut concerner le pneumatique comme
jorité des cas, le pneumatique est concerné : le véhicule et sauf dans le cas d’un pneumatique ina-
- La charge et la pression de gonflage. Un pneuma- dapté à son emploi, la cause majeure est un défaut
tique a un facteur de charge maxi défini auquel corres- d’entretien.
pond une pression de gonflage. Un pneumatique, sur-
chargé de 20% ou sous-gonflé de 20% voit sa durée de
vie réduite de 30%.
- Les conditions de roulage : conduite sportive sur
des parcours sinueux et abrasifs ou routes de mon-
tagne. Dans ce cas, un examen du besoin s’impose et le
choix d’une taille supérieure de pneumatique est à envi-
sager.
12
6 L’ENTRETIEN ET LA MAINTENANCE
Fig. 6.24
Fig. 6.22
Sur l’épaulement extérieur, la sollicitation déforme le
Exemple d’usure par forte charge alliée à une pavé de caoutchouc, duquel il ne reste qu’une fine lan-
température élevée du sol. guette de bordure.
Exemples d’usure due à une utilisation extrême.
13
6 L’ENTRETIEN ET LA MAINTENANCE
Ces incidents (crevaisons, éclatements, déchirures, etc.) Poursuivre sa route nécessite de remplacer la roue en-
ne permettent pas de poursuivre sa route. Rouler avec dommagée. C’est le rôle de la roue de secours…. si tou-
un pneumatique dont la pression d’air est nulle ne lui tefois votre véhicule en est encore doté. En effet, une
permet plus de remplir sa fonction pneumatique. L’ab- roue de secours, c’est du poids, un volume, un outillage
sence de pression d’air supprime le maintien des talons de remplacement : cric, manivelle, et un coût, que l’on
dans les bords de jante ; il y a dès lors risque de déjan- « promène » trop souvent sans l’utiliser.
tage. La bande de roulement ne peut plus se dérouler Par contre, lorsqu’elle existe, il est toujours utile de
dans le plan de la roue et les flancs n’ont plus de rigidi- vérifier que la roue de secours est en état de fonction-
té. Rouler dans ces conditions amène la destruction très ner
rapide du pneumatique, avec le risque d’irréparabilité.
Progressivement, la roue de secours est remplacée par permettant de procéder à une réparation définitive.
le kit de réparation, lequel est constitué d’une bombe Malheureusement, pour être définitivement réparé, le
sous pression contenant une mousse à base de latex et pneumatique doit être nettoyé de cette mousse, opéra-
de polymères, qui vient obstruer l’orifice de fuite et tion fastidieuse et qui prend du temps. Aussi, le répara-
regonfler le pneumatique. Cette réparation est prévue teur proposera très souvent un pneumatique neuf.
durer le temps nécessaire pour rejoindre une station
14
6 L’ENTRETIEN ET LA MAINTENANCE
Une roue de dimension réduite encore appelée montée sur le véhicule en remplacement de la roue
« Roue galette ». La réduction de taille répond au be- crevée, il est possible de rouler, mais à allure réduite, le
soin de réduire le volume pris par cette roue dans le temps de trouver un garage pour procéder à la répara-
coffre à bagages, mais ne supprime pas l’outillage. tion. Une roue « galette » est une roue temporaire à
Cette roue qui possède une structure très renforcée est usage restreint.
gonflée à une forte pression : 7 à 8 daN / cm². Une fois
Fig. 6.27
Renforcement des flancs.
15
7 ANNEXES
ANNEXE A. Tableau des indices de vitesse. ANNEXE B. Tableau d’équivalence Pouces (ou inchs) et
Millimètres.
Indice Vitesse En pouces En mm
L 120 10 254
M 130 12 305
N 140
13 330
P 150
14 356
Q 160
15 381
R 170
16 406
S 180
17 432
T 190
U 200 18 457
H 210 19 483
V >210 20 508
Indice de Charge par Indice de Charge par Indice de Charge par Indice de Charge par
charge pneu corres- charge pneu corres- charge pneu corres- charge pneu corres-
pondante (Kg) pondante (Kg) pondante (Kg) pondante (Kg)
50 190 68 315 86 530 104 900
51 195 69 325 87 545 105 925
52 200 70 335 88 560 106 950
53 206 71 345 89 580 107 975
54 212 72 355 90 600 108 1000
55 218 73 365 91 615 109 1030
56 224 74 375 92 630 110 1060
57 230 75 387 93 650 111 1090
58 236 76 400 94 670 112 1120
59 243 77 412 95 690 113 1150
60 250 78 425 96 710 114 1180
61 257 79 437 97 730 115 1215
62 265 80 450 98 750 116 1250
63 272 81 462 99 775 117 1285
64 281 82 475 100 800 118 1320
65 290 83 487 101 825 119 1360
66 300 84 500 102 850 120 1400
67 307 85 515 103 875
Tableau 7.3
1
7 ANNEXES
ANNEXE D.
L’hystérésis (d’une racine grecque signifiant : Retard) est
un phénomène qui apparaît sur un corps élastique. Un
pavé de caoutchouc soumis à un effort de compression,
va se déformer. L’enregistrement de l’effort = f Effort
Charge
(déformation) montre que la courbe de charge ne suit
pas la droite OA,
OA mais se trouve au dessus est qu’à la
décharge, les courbes charge-décharge ne coïncident
pas. Cf. fig. 7.4. Les points B et D correspondant à un
effort nul ne sont pas confondus avec O, point de dé- Décharge
part. Comme ces courbes ne coïncident pas, elles vont Compression
délimiter une surface qui représente l’hystérésis du ma-
tériau. Dès que l’effort cesse, le pavé reprend sa forme O
Déformation
initiale mais avec un temps de retard. Ce phénomène
entraine une « perte d’énergie » : l’énergie dépensée
pour produire la déformation n’est pas entièrement
Traction
restituée lors de la phase retour. L’énergie perdue se
transforme en chaleur dans la masse du matériau. La
perte est proportionnelle à l’aire délimitée par les
courbes : charge-décharge. L’expérience montre que
l’hystérésis est fonction du temps (dans les sens de la Fig. 7.4
durée) mis dans l’application de l’effort et de la tempé-
rature du matériau. L’hystérésis est une composante de
l’adhérence d’un pneumatique sur le sol.
2
8 BIBLIOGRAPHIE
-MONATH François, Notes personnelles de l’auteur et son cours à l’Ecole de la Performance : « Châssis Automobile,
Dynamique du Véhicule ».
-GATINAUD Fabien. Ecole de la Performance. Cours : « Dynamique Motocycles ».
-Alpha Encyclopédie. Grange Batelière. 1972.
-Techniques de l’ingénieur B800. BIGRETRoland. « Equilibrage des rotors ».
-CETIM. « Notion de matériaux à plusieurs composants de structure différente. Intérêt des matériaux composites ».
-Citroën. Documents du service Presse.
-Encyclopédie Intégrale Michelin 1984. « Le pneumatique de tourisme ».
-Goodyear. Documents techniques.
-Cours CLESIA 1968. HORDONNEAU F. « La dynamique du véhicule ».
-International Institute of synthétic rubber 1973. « Le caoutchouc synthétique, histoire d’une industrie ».
-Michelin. Divers documents techniques dont 2003 : « Le pneu : Résistance au roulement et basse consommation.
l’adhérence ».
-Normes françaises enregistrées : BNA./AFNOR.
-Ecole des Mines de Douai. PABIOT J. 1989. « Particularités techniques des polymères et composites ».
-Pirelli. Divers documents techniques.
-Cours CLESIA. SIMON J. « L’adhérence ».
EAEC International Congress 1995. WOHANDA U., ESSERS U. « Influence of water thickness on tyre force and mo-
ment charactéristics measured on public roads ».
8-2 OUVRAGES.
1
8 BIBLIOGRAPHIE
2
SIÈGE NATIONAL
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