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Cmquantique 23-24

Le document présente un cours de mécanique quantique, abordant les bases, les applications et les pré-requis nécessaires à son étude. Il souligne l'importance de la mécanique quantique pour comprendre les phénomènes à l'échelle microscopique et son rôle fondamental dans divers domaines scientifiques et technologiques. En outre, il traite de concepts mathématiques essentiels tels que les valeurs et vecteurs propres, la transformation de Fourier, et la diagonalisation des matrices.

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Cmquantique 23-24

Le document présente un cours de mécanique quantique, abordant les bases, les applications et les pré-requis nécessaires à son étude. Il souligne l'importance de la mécanique quantique pour comprendre les phénomènes à l'échelle microscopique et son rôle fondamental dans divers domaines scientifiques et technologiques. En outre, il traite de concepts mathématiques essentiels tels que les valeurs et vecteurs propres, la transformation de Fourier, et la diagonalisation des matrices.

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Unité d’Enseignement de mécanique quantique (UE – Mécanique Quantique)

- ECUE 1 : Base de la mécanique quantique


- ECUE 2 : Applications

Pré-requis

 Analyse vectorielle en dimension trois,


 Outils mathématiques utilisés en mécanique quantique : espaces vectoriels, réduction,
théorie de Fourier ;
 Solides bases de mécanique classique, notamment des problèmes ondulatoires,
 connaître les problèmes de la théorie classique qui ont provoqué sa naissance,
 Calcul matriciel, fonctions complexes, équations différentielles

Objectif général
S’initier à la description quantique des phénomènes physiques à l’échelle microscopique et se
familiariser avec les concepts propres à cette description.

Objectifs spécifiques
- Savoir expliquer les raisons qui forcent l’abandon de certains concepts de la théorie
classique en faveur de ceux de la mécanique quantique pour la description des systèmes
microscopiques,
- Etre en mesure d’expliquer les concepts fondamentaux de la mécanique quantique,
- Etre en mesure d’utiliser le formalisme mathématique de la mécanique quantique pour
expliquer le comportement physique de certains systèmes microscopiques simples.

Idées fondamentales de la mécanique quantique

La physique a, au début du XIXème siècle, été marquée par des bouleversements profonds, qui
aboutirent à l'introduction de la mécanique relativiste et de la mécanique quantique. «Révolution»
relativiste et «révolution» quantique furent dans une large mesure indépendantes, car elles remirent
en question la physique classique sur des points différents : les lois classiques cessent d'être
valables pour des corps matériels animés de très grandes vitesses, comparables à celle de la
lumière (domaine relativiste); de plus, elles sont aussi en défaut à l'échelle atomique ou
subatomique (domaine quantique).
D'un point de vue historique, les idées quantiques, en regroupant les propriétés des particules
matérielles et du rayonnement, ont contribué à une unification remarquable des concepts de la
physique fondamentale. En effet, à la fin du XIXème siècle, on distinguait dans les phénomènes
physiques deux entités : matière et rayonnement, pour lesquelles on disposait de lois complètement
différentes. Pour prédire le mouvement des corps matériels, on utilisait les lois de la mécanique
newtonienne dont les succès, pour être anciens, n'en étaient pas moins impressionnants. En ce qui
concerne le rayonnement, la théorie de l'électromagnétisme avait abouti, grâce à l'introduction
des équations de Maxwell, à une compréhension globale d'un ensemble de phénomènes qui
relevaient autrefois de domaines différents : électricité, magnétisme et optique; en particulier,
la théorie électromagnétique du rayonnement avait reçu une confirmation expérimentale
éclatante avec la découverte des ondes hertziennes. Enfin, les interactions entre rayonnement et
matière s'interprétaient bien à partir de la force de Lorentz. Cet ensemble de lois avait conduit la
physique à un état qui pouvait, compte tenu des données expérimentales de cette époque, être
considéré comme satisfaisant.
Dans l'état actuel des connaissances scientifiques, la mécanique quantique joue un rôle
fondamental pour la description et la compréhension des phénomènes naturels. En effet, dès
que ces derniers se produisent à une échelle très fine (échelle atomique ou subatomique), ils ne sont
explicables que dans le cadre de la physique quantique; par exemple, l'existence et les propriétés

Cours de mécanique quantique 2023-2024 1


des atomes, la liaison chimique, la propagation d'un électron dans un cristal, etc. ne peuvent
être comprises à partir de la mécanique classique. Or même si l'on ne s'intéresse qu'aux objets
physiques macroscopiques (c'est-à-dire de dimensions comparables à ceux que l'on considère dans
la vie courante), il faut en principe commencer par étudier le comportement des divers atomes, ions,
électrons qui les constituent avant de pouvoir en donner une description scientifique complète. C'est
en ce sens que l'on peut dire que la mécanique quantique est la base de notre compréhension actuelle
de tous les phénomènes naturels, y compris ceux qui relèvent traditionnellement de la chimie, de la
biologie, etc. D'ailleurs, il s'avère que nombreux sont les phénomènes macroscopiques qui
manifestent clairement à notre échelle le comportement quantique de la nature.
Il est cependant important de remarquer que, dans les deux cas, la physique classique apparaît
comme une approximation des nouvelles théories, approximation valable pour la plupart des
phénomènes à l'échelle courante; par exemple, la mécanique newtonienne permet de prédire
correctement le mouvement d'un corps solide, à condition qu'il soit non relativiste (vitesses faibles
devant celle de la lumière) et macroscopique (dimensions grandes devant celles des atomes).
Cependant, d'un point de vue fondamental, la théorie quantique reste toujours indispensable : elle
seul permet par exemple de comprendre l'existence même d'un corps solide et la valeur des
paramètres macroscopique (densité, chaleur spécifique, élasticité, etc.) qui lui sont associés.
La théorie quantique aujourd’hui, sous-tend de nombreux domaines parmi les plus actifs : la
physique nucléaire, atomique, moléculaire, de l’état solide, des polymères et macromolécules. Elle
se trouve au cœur de nombreuses applications telles que :
- L’optique et électronique quantiques (lasers, microprocesseurs, supraconducteurs, fours à
microondes, écrans des ordinateurs et des téléviseurs, les disques compactes ou CD, les circuits
quantiques) ;
- les techniques médicales (les rayons X, scanners ou CAT scans (Computed Axial
Tomography), microscopes à balayage électronique) ;
- les technologies des télécommunications (fibres optiques, téléphone mobile, la
cryptographie, les ordinateurs quantiques) ;
- l’information quantique et la cryptographie quantique (application des spécificités de la
théorie quantique aux traitement et transmission de l’information) ;
- l’environnement (détection des polluants) et de maintenance industrielle (par la
thermographie infrarouge) ;
- les problèmes d’énergie (les nouvelles méthodes de production d’énergie).

L’hégémonie de la théorie quantique n’est cependant que de principe. Dans de nombreux domaines,
les lois de la théorie classique gardent leur validité. C’est ainsi que les "Lions Indomptables "du
Cameroun n’ont pas besoin, lors d’un match de football, d’abandonner les notions de trajectoire ou
de force. En effet, la théorie classique apparaît comme une approximation de la théorie quantique,
approximation dont la validité est excellente dans une large gamme de conditions physiques.

Il faut néanmoins prendre garde de ne pas trop rapidement identifier le domaine de validité de la
théorie classique avec le monde macroscopique, ni limiter la théorie quantique au monde
microscopique. Les lasers, les supraconducteurs, les fibres optiques sont autant d’objets techniques
de notre quotidien que seule la théorie quantique a rendu possible

Cours de mécanique quantique 2023-2024 2


Rappels

1. Valeur et vecteur propres


𝛼 𝛽
Définition : un vecteur propre 𝑊 de la matrice [𝐴] = [ ] est un vecteur non nul tel que
𝛽 𝛼
[𝐴]𝑊 = 𝜆𝑊
où 𝜆 est un nombre (réel ou complexe) que l’on appelle valeur propre.
1 0
Détermination de 𝜆: en notant [𝐼] = [ ] la matrice identité, il vient
0 1
([𝐴] − 𝜆[𝐼])𝑊 = 0
Nous en déduisons que([𝐴] − 𝜆[𝐼]) n’est pas inversible sinon
([𝐴] − 𝜆[𝐼])−1 ([A]-λ[I] )W= 0 =W ←absurde !
De sorte que 𝑑𝑒𝑡([𝐴] − 𝜆[𝐼]) = 0
𝛼−𝜆 𝛽
Dans notre exemple | | = (𝛼 − 𝜆)2 − 𝛽2 = 0 → 𝜆 = 𝛼 + 𝛽 𝑜𝑢 𝜆 = 𝛼 − 𝛽
𝛽 𝛼−𝜆
Prenons les vecteurs propres sous la forme :
𝑎 𝑐
𝑊+ = [ ] 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝜆 = 𝛼 + 𝛽 𝑒𝑡 𝑊− = [ ] 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝜆 = 𝛼 − 𝛽
𝑏 𝑑
 𝜆 =𝛼+𝛽
𝛼−𝛼−𝛽 𝛽 𝑎 0 −𝛽 𝛽 𝑎 −𝛽𝑎 + 𝛽𝑏 = 0
[ ][ ] = [ ] = [ ][ ] ↔ {
𝛽 𝛼−𝛼−𝛽 𝑏 0 𝛽 −𝛽 𝑏 𝛽𝑎 − 𝛽𝑏 = 0
De cette égalité on tire :
1 1 1 1
𝑎 = 𝑏 → 𝑊+ = 𝑎 [ ] avec 𝑎 = . Pour 𝑊− = [ ]
1 √2 √2 −1

2. Inverse d'une matrice 𝟐 × 𝟐


𝑎 𝑏 1 𝑑 −𝑏
Si 𝐴 = ( ) et det(𝐴) ≠ 0 alors 𝐴−1 = ( )
𝑐 𝑑 𝑑𝑒𝑡𝐴 −𝑐 𝑎

3. Diagonalisation d'une matrice 𝟐 × 𝟐


Considérons la matrice A précédente. Soit ∆= (𝑎 − 𝑑)2 + 4𝑏𝑐. Si ∆≠ 0, alors la matrice A se
𝑎+𝑑+√∆
0
diagonalise : 𝐴 = 𝑃𝐷𝑃 ; 𝑃 = (𝑎 − 𝑑 + √∆ 𝑎 − 𝑑 − √∆) et 𝐷 = (
−1 2
)
2𝑐 2𝑐 0
𝑎+𝑑−√∆
2
4 Transformée de Fourier d’une fonction d’une variable
4.1. Définition
Soit𝑓(𝑥) une fonction à valeurs réelles ou complexes de la variable réelle 𝑥. On appelle transformée
de Fourier de 𝑓(𝑥) la fonction complexe de la variable réelle 𝑘 définie par:

𝐹(𝑘) = 𝐹[𝑓(𝑥)] = ∫−∞ 𝑓(𝑥)𝑒 −𝑖𝑘𝑥 𝑑𝑥 (*)

L’intégrale (*) n’ayant pas nécessairement un sens, 𝐹(𝑘) n’existe pas toujours.
En physique, dans la plupart des exemples, la variable concernée est, soit une longueur, soit un
temps. Usuellement, la notation𝑥 représente une longueur. Dans ce cas, la variable 𝑘 a les
dimensions de l’inverse d’une longueur. Elle est appelée le vecteur d’onde. Lorsque l’on considère
une fonction𝑓(𝑡)) du temps, on utilise pour la transformée de Fourier de𝑓(𝑡)la notation :

𝐹[𝑓(𝑡)] = 𝐹(𝜔) = ∫−∞ 𝑓(𝑥)𝑒 −𝑖𝜔𝑡 𝑑𝑡 (**)

où la variable 𝜔, qui a les dimensions de l’inverse d’un temps, est la fréquence angulaire

Cours de mécanique quantique 2023-2024 3


4.2 Inversion de la transformation de Fourier
On démontre que, inversement, on peut en général obtenir
𝑓(𝑥) à partir de𝐹(𝑘) par la transformation dite de Fourier inverse
1 ∞
𝑓(𝑥) = ∫ 𝐹(𝑘)𝑒 −𝑖𝑘𝑥 𝑑𝑘
2𝜋 −∞

4.3 Exemples
En physique, la formule d’inversion (**) s’interprète comme une décomposition de𝑓(𝑥) en une
somme d’oscillations harmoniques. Si𝑥est une longueur,𝐹(𝑘) est l’amplitude correspondant au
vecteur d’onde𝑘. Si𝑡est un temps,𝐹(𝜔) est l’amplitude correspondant à la fréquence angulaireω :

4.4 Transformation de Fourier sinus et cosinus


Toute fonction𝑓(𝑥) peut être décomposée en une somme d’une fonction paire𝑝(𝑥) et d’une fonction
impaire𝑞(𝑥) :

𝑓(𝑥) = 𝑝(𝑥) + 𝑞(𝑥) (***)


On a :
1
𝑝(𝑥) = 2 [𝑓(𝑥) + 𝑓(−𝑥)]
{ 1
𝑞(𝑥) = 2 [𝑓(𝑥) − 𝑓(−𝑥)]

On obtient, en remplaçant 𝑓(𝑥) par son expression (***) dans l’équation (*), eten tenant compte du
fait que 𝑝(𝑥) est paire et 𝑞(𝑥) impaire,
∞ ∞
𝐹(𝑘) = 2 ∫0 𝑝(𝑥) 𝑐𝑜𝑠 𝑘𝑥 𝑑𝑥 − 2𝑖 ∫0 𝑞(𝑥) 𝑠𝑖𝑛 𝑘𝑥 𝑑𝑥

soit :

𝐹[𝑓(𝑥)] = 𝐹𝑐𝑜𝑠 [𝑝(𝑥)] − 𝑖𝐹𝑠𝑖𝑛 [𝑞(𝑥)]

La notation 𝐹𝑐𝑜𝑠 représente une transformation de Fourier cosinus définie par



𝐹𝑐𝑜𝑠 [𝑓(𝑥)] = 2 ∫0 𝑓(𝑥)cos(𝑘𝑥)𝑑𝑥
et la notation 𝐹𝑠𝑖𝑛 une transformation de Fourier sinus définie par :

𝐹𝑠𝑖𝑛 [𝑓(𝑥)] = 2 ∫0 𝑓(𝑥)sin(𝑘𝑥)𝑑𝑥

Lorsque 𝑓est réelle, on peut ainsi calculer séparément la partie réelle et la partie imaginaire de sa
transformée de Fourier. On remarque que, pour que la transformée de Fourier d’une fonction 𝑓réelle
soit également réelle, il faut et il suffit que f soit paire.

ECUE 1 : Base de la mécanique quantique

Chapitre 1. Structure de la matière


1.1 Échelles de longueur : de la cosmologie aux particules élémentaires
Le tableau ci-dessus donne l’ordre de grandeur en mètres des dimensions de quelques objets
typiques, en partant des dimensions de l’Univers pour descendre à celles de la physique
subatomique. Une unité de longueur commode pour les distances astrophysiques est l’année-
lumière : 1 année-lumière =0.95 × 1016m. Les sous-multiples du mètre utiles en physique
microscopique sont le micromètre : 1μm= 10−6m, le nanomètre : 1nm= 10−9m,

Cours de mécanique quantique 2023-2024 4


et le femtomètre (ou fermi) : 1 fm= 10−15m.

Ordres de grandeur de quelques distances typiques en mètres.


Univers Rayon de la Distance Rayon de la Homme insecte
connu galaxie Terre-soleil Terre
26 20 11
1,3 10 ~ 5 10 1,5 10 6,4 106 ~ 1,7 0,01 à 0,001
Bactérie Virus HIV Fullerène C60 Atome Noyau du Proton
(E. coli) plomb
-6 -7 -9 -10
~ 2 10 1,1 10 0,7 10 ~ 10 7 10-15 0,8 10-15

1.2 États de la matière


Il est utile de rappeler quelques notions élémentaires sur la description microscopique de la matière.
La matière peut se présenter sous deux formes : une forme ordonnée (le solide cristallin) et une
forme non ordonnée ( liquide, gaz, solide amorphe).
Le solide cristallin présente un ordre à longue distance. La figure ci-dessus donne l’exemple de la
structure microscopique du chlorure de sodium : Le motif du cristal se répète avec une périodicité
l = 0.56 nm, le pas du réseau. Partant d’un ion chlore ou d’un ion sodium, et suivant une des arêtes
de la structure cubique, on retrouvera un ion chlore ou un ion sodium a une distance n × 0.56 nm
ou n est un nombre entier : c’est ce que l’on appelle un ordre à longue distance.

𝐶𝑙 −
𝑁𝑎+
Arrangement des atomes dans le cristal de chlorure de sodium.

Dans la composition de l’atome en noyau et électrons, de même que dans celle du noyau en protons
et neutrons, un concept important est celui d’énergie de liaison. Considérons un objet stable C formé
de deux objets A et B : C est appelé état lié de A et B. La désintégration
C → A + B ne sera pas possible si la masse mC de C est inferieure a la somme des masses mA et mB
de A et de B, c’est-à-dire si l’énergie de liaison 𝐸𝐿

𝐸𝐿 = (𝑚𝐴 + 𝑚𝐵 − 𝑚𝐶 ) 𝐶 2 , (1)
est positive ; C est la vitesse de la lumière. 𝐸𝐿 est l’énergie qu’il faut fournir pour dissocier C en A
+ B. En physique atomique, cette énergie est appelée énergie d’ionisation : c’est l’énergie nécessaire
pour dissocier un atome en un ion positif et un électron, ou, en d’autres termes, pour arracher un
électron à l’atome. Pour les molécules, 𝐸𝐿 est l’énergie de dissociation, ou l’énergie nécessaire pour
dissocier la molécule en atomes.

1.3 Interactions (ou forces) fondamentales


3.1 Différentes sortes d’interaction
On distingue quatre types d’interactions (ou de forces) fondamentales :
- Interaction fortes,
- Interaction électromagnétiques,
- Interaction faibles,
- Interaction gravitationnelles.

Cours de mécanique quantique 2023-2024 5


Les interactions électromagnétiques sont celles qui régissent le comportement des atomes, des
molécules, des solides, etc.
Les interactions fortes sont responsables de la cohésion du noyau atomique. Contrairement à la
force de Coulomb, elles décroissent exponentiellement en fonction de la distance, suivant une loi
𝑟
𝑒𝑥𝑝(− )
𝑟0
en , avec 𝑟0 ~1 𝑓𝑚 : on dit que ce sont des forces à courte portée.
𝑟2

Pour 𝑟 ≲ 𝑟0 , elles sont très intenses.

Il en résulte que les énergies caractéristiques dans un noyau sont de l’ordre du MeV, alors qu’elles
sont de l’ordre de l’eV dans un atome pour les électrons des couches externes. En réalité, les forces
entre nucléons ne sont pas des forces de type fondamental, car les nucléons sont des particules
composées.
Les forces entre nucléons sont l’analogue des forces de van der Waals pour les atomes, et les forces
fondamentales sont les forces entre quarks.
Les interactions faibles sont responsables de la radioactivité 𝛽

(𝑍, 𝑁) → (𝑍 + 1, 𝑁 − 1) + 𝑒 − + 𝜈̅𝑒 (2)

De même que les interactions fortes, les interactions faibles sont à courte portée, mais, comme leur
nom l’indique, elles sont beaucoup moins intenses.
Enfin les interactions gravitationnelles, toujours attractives contrairement aux interactions
coulombiennes, ont la forme bien connue entre deux masses m et m’.
Dans un atome d’hydrogène, la force de gravitation est négligeable, et de façon générale, la force
de gravitation sera totalement négligeable pour tous les phénomènes de physique atomique,
moléculaire ou du solide.

3.2 Physique classique et physique quantique


La physique classique comporte trois branches principales, qui ont chacune diverses ramifications.
1. La première branche est la mécanique, dont la loi fondamentale est la loi de Newton, ou loi
fondamentale de la dynamique,
2. La deuxième branche est l’électromagnétisme, résumé dans les quatre équations de
Maxwell
3. La troisième branche est la thermodynamique, qui se déduit du second principe: il n’existe
pas de dispositif fonctionnant suivant un cycle dont le seul effet serait de fournir du travail
a partir d’une source de chaleur unique. A partir du second principe, on déduit la notion
d’entropie, dont découle toute la thermodynamique classique.
Bien que la physique classique soit d’une utilité indiscutable, elle n’en présente pas moins une
lacune de taille : alors que la physique se veut une théorie de la matière, la physique classique est
complètement incapable d’expliquer le comportement de la matière étant donné ses constituants et
les forces entre ces constituants. Elle ne peut pas prédire l’existence des atomes, car on ne peut pas
construire une échelle de longueur avec les constantes de la physique
La physique quantique prétend donc expliquer le comportement de la matière à partir des
constituants et des forces, mais il y a un prix à payer : les objets quantiques exhibent un
comportement radicalement nouveau, qui défie notre intuition fondée sur l’expérience du
comportement d’objets classiques.
Cela dit, si l’on ne se préoccupe pas de cet aspect surprenant, la mécanique quantique se révèle un
outil remarquable, jamais mis en défaut jusqu’à aujourd’hui, capable de couvrir des phénomènes
allant de la physique des quarks à la cosmologie en passant par toutes les échelles intermédiaires.
La plupart des technologies modernes n’auraient pas vu le jour sans la mécanique quantique : toutes
les technologies de l’information sont fondées sur notre compréhension quantique des solides, en
particulier des semi-conducteurs, et sur celle des lasers. On peut prévoir que la miniaturisation des

Cours de mécanique quantique 2023-2024 6


dispositifs électroniques rendra la mécanique quantique de plus en plus omniprésente dans la
technologie moderne.

Chapitre 2 Le Formalisme mathématique de la mécanique quantique

La mécanique quantique est une théorie linéaire, et il est naturel que les espaces vectoriels y jouent
un rôle fondamental. Nous verrons qu’un état physique est représenté mathématiquement par un
vecteur dans un espace dont nous allons préciser les caractéristiques, et qui sera appelé espace des
états. Un second principe fondateur, également déduit des expériences d’interférences, est
l’existence d’amplitudes de probabilité. Ces amplitudes de probabilité seront représentées
mathématiquement par des produits scalaires définis sur l’espace des états. En physique des ondes,
l’utilisation des nombres complexes est uniquement une commodité, mais en mécanique quantique
les amplitudes de probabilité sont fondamentalement des nombres complexes : le produit scalaire
sera a priori un nombre complexe. Les propriétés physiques : impulsion, position, énergie... seront
représentées par des opérateurs agissant dans l’espace des états. Dans ce chapitre, nous introduisons
les propriétés essentielles des espaces de Hilbert, c’est-à-dire les espaces vectoriels munis d’un
produit scalaire défini positif, en nous limitant au cas de la dimension finie.

2.1 Produit Scalaire et Bases orthonormées


1.1 Notations de DIRAC : Bra et ket vecteurs
En mécanique quantique le vecteur d’état est noté par le symbole ∣〉 ou 〈∣, à l’intérieur duquel est
écrit les paramètres ou symboles liés au vecteur d’état.
Un état physique - par exemple, un atome d’argent avec une orientation bien définie de son spin -
est représenté par un vecteur d’état dans un espace vectoriel complexe.
Exemple :
Si le vecteur d’état est caractérisé par les symboles n, m ; il s’écrira alors ∣ 𝑛, 𝑚〉 ou 〈𝑛, 𝑚 ∣. Si c’est
par la lettre 𝑣𝑖 , alors on le notera ∣ 𝑣𝑖 〉 ou 〈𝑣𝑖 ∣. Ainsi l’on a l’écriture suivante :
∣ 𝑣〉 - Ket vecteur d’état,
〈𝑣 ∣ – Bra vecteur d’état.

1.2 Espaces de Hilbert de dimension finie


Soit ℍ un espace vectoriel de dimension N sur le corps des complexes.
Nous noterons |𝜙⟩, |𝜒⟩,… les éléments de ℍ. Si λ, μ . . . sont des nombres complexes, et si |𝜙⟩, et
|𝜒⟩∈ℍ, la linéarité implique que λ|𝜙⟩ ≡ |𝜆𝜙⟩∈ℍ et que(|𝜙⟩ + 𝜆|𝜒⟩)∈ℍ.
L’espace ℍ est muni d’un produit scalaire défini positif, ce qui en fait un espace de Hilbert.
L’espace des vecteurs d’état est un espace complexe. Le produit scalaire des kets ∣ 𝜑〉 et ∣ 𝜙〉 noté
⟨𝜑|𝜙⟩ est un nombre qui satisfait aux propriétés suivantes :
⟨𝜑|𝜑⟩ ≥ 0, égal à zéro si et seulement si ∣ 𝜑〉 = 0,

⟨𝜑|𝜙⟩ = ⟨𝜙|𝜑⟩∗ , (1.1)

∗ - indique l’expression conjuguée (complexe)

Le produit scalaire de deux vecteurs d’état est linéaire (à droite) par rapport au deuxième vecteur
∣ 𝑣〉

⟨𝑣𝑖 |𝑣𝑗 +  𝑣𝑘 ⟩ = ⟨𝑣𝑖 |𝑣𝑗 ⟩ + ⟨𝑣𝑖 |𝛽𝑣𝑘 ⟩ = 𝛼⟨𝑣𝑖 |𝑣𝑗 ⟩ + 𝛽⟨𝑣𝑖 |𝑣𝑘 ⟩ (1.2)

Antilinéaire à gauche par rapport au premier vecteur d’état :


∗ ∗
⟨𝑣𝑖 + 𝑣𝑗 |𝑣𝑘 ⟩ = ⟨𝑣𝑘 |𝑣𝑖 + 𝑣𝑗 ⟩ = ⟨𝑣𝑘 |𝛼𝑣𝑖 ⟩∗ + ⟨𝑣𝑘 |𝛽𝑣𝑗 ⟩

Cours de mécanique quantique 2023-2024 7



= 𝛼 ∗ ⟨𝑣𝑘 |𝑣𝑖 ⟩∗ + 𝛽 ∗ ⟨𝑣𝑘 |𝑣𝑗 ⟩ = 𝛼 ∗ ⟨𝑣𝑖 |𝑣𝑘 ⟩ + 𝛽∗ ⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑘 ⟩ (1.3)

Le module ou la norme d’un vecteur est défini par :

|𝑣| = √⟨𝑣|𝑣⟩ (1.4)

L’ensemble des vecteurs {∣ 𝑒𝑛 〉}est appelé normé (respectivement orthogonal) si pour tout vecteur
de l’ensemble l’on a :

1, 𝑖 = 𝑗, 𝑛𝑜𝑟𝑚é
⟨𝑣𝑖 |𝑣𝑗 ⟩ = 𝛿𝑖𝑗 = { (1.5)
0, 𝑖 ≠ 𝑗 𝑜𝑟𝑡ℎ𝑜𝑔𝑜𝑛𝑎𝑙

Où 𝛿𝑖𝑗 - Symbole de Kronecker.


Ce produit scalaire est dit sesquilinéaire : linéaire à droite et antilinéaire à gauche.
Une propriété importante du produit scalaire est l’inégalité de Schwartz-Buniakovski
2 2
|⟨𝑣𝑖 |𝑣𝑗 ⟩| ≤ |⟨𝑣𝑖 |𝑣𝑖 ⟩||⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑗 ⟩| = ‖𝑣𝑖 ‖2 ‖𝑣𝑗 ‖

Démonstration
𝑣𝑗 ⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑖 ⟩
Soit le vecteur 𝑣 = 𝑣𝑖 − 2
|𝑣𝑗 |
Calculons le produit scalaire du ket ∣ 𝑣〉 par lui-même ; soit
𝑣𝑗⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑖 ⟩ 𝑣𝑗 ⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑖 ⟩
⟨𝑣|𝑣⟩ = ⟨𝑣𝑖 − 2 |𝑣𝑖 − 2 ⟩ ≥ 0
|𝑣𝑗| |𝑣𝑗|

Développant cette expression et appliquant au résultat les propriétés (1.2) et (1.3) nous obtenons :
⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑖 ⟩ ⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑖 ⟩ ⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑖 ⟩ ⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑖 ⟩
⟨𝑣𝑖 |𝑣𝑖 ⟩ − ⟨𝑣𝑖 |𝑣𝑗 ⟩ 2 − ⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑖 ⟩ 2 + ⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑗 ⟩ 2 2 ≥ 0
|𝑣𝑗| |𝑣𝑗| |𝑣𝑗 | |𝑣𝑗|

⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑖 ⟩ ⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑖 ⟩ ⟨𝑣𝑖 |𝑣𝑗 ⟩ ⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑖 ⟩
⟨𝑣𝑖 |𝑣𝑖 ⟩ − ⟨𝑣𝑖 |𝑣𝑗 ⟩ 2 − ⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑖 ⟩
2 + ⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑗 ⟩ 2 2 ≥ 0
|𝑣𝑗 | |𝑣𝑗 | |𝑣𝑗 | |𝑣𝑗 |

⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑖 ⟩ ∗ ⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑖 ⟩ ⟨𝑣𝑖 |𝑣𝑗 ⟩ ⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑖 ⟩
⟨𝑣𝑖 |𝑣𝑖 ⟩ − ⟨𝑣𝑖 |𝑣𝑗 ⟩ 2 − ⟨𝑣𝑖 |𝑣𝑗 ⟩ 2 + ⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑗 ⟩ 2 2 ≥ 0
|𝑣𝑗 | |𝑣𝑗 | |𝑣𝑗 | |𝑣𝑗 |
Les troisième et quatrième termes étant identiques mais différents par les signes, nous obtenons
finalement :
2
⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑖 ⟩ ∗ ⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑖 ⟩ |⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑖 ⟩|
⟨𝑣𝑖 |𝑣𝑖 ⟩ − ⟨𝑣𝑖 |𝑣𝑗 ⟩ 2 ≥ 0⟨𝑣𝑖 |𝑣𝑖 ⟩ − ⟨𝑣𝑗 |𝑣𝑖 ⟩ 2 ≥ 0|𝑣𝑖 | −
2
2 ≥0
|𝑣𝑗 | |𝑣𝑗| |𝑣𝑗 |
2 2
|2
Soit |⟨𝑣𝑖 |𝑣𝑗 ⟩| ≤ |𝑣𝑖 |𝑣𝑗 | CQD.

1.3 Ecriture d’un vecteur d’état dans une base


Soit ∣ 𝑒𝑖 〉 , 𝑖 = 1, 2, … , 𝑛 un ket-vecteur de base. Ces vecteurs de base satisfont à la condition de
normalisation :

⟨𝑒𝑖 |𝑒𝑗 ⟩ = 𝛿𝑖𝑗 (1.6)

Tout vecteur ∣ 𝑣〉 s’écrit dans la base ∣ 𝑒𝑖 〉 sous la forme :

∣ 𝑣〉 = ∑𝑖 𝑣∣ 𝑒𝑖 〉 𝑜𝑢 ∣ 𝑣〉 = ∑𝑖 𝑣∣ 𝑖〉 (1.7)

Cours de mécanique quantique 2023-2024 8


Multipliant (9) à gauche par le bra-vecteur 〈𝑣𝑗 ∣.et tenant compte de (8) on a :

⟨𝑒𝑗 |𝑣⟩ = ∑𝑖⟨𝑒𝑗 𝑣𝑖 |𝑒𝑖 ⟩ = ∑𝑖 𝑣𝑖 ⟨𝑒𝑗 |𝑒𝑖 ⟩ = ∑𝑖 𝑣𝑖 𝛿𝑗𝑖 = 𝑣𝑗 (𝑙𝑜𝑟𝑠𝑞𝑢𝑒 𝑖 = 𝑗) (1.8)

𝑣𝑗 - composante du vecteur ∣ 𝑣〉 dans la base ∣ 𝑒𝑗 〉.


Si un vecteur ∣ 𝑤〉se décompose sur cette même base suivant ∣ 𝑤〉 = ∑𝑖 𝑤𝑖 ∣ 𝑒𝑖 〉, alors le produit
scalaire ⟨𝑣|𝑤⟩ s’écrit, en utilisant (1.6)

⟨𝑣|𝑤⟩ = ∑𝑖,𝑗 𝑤𝑖∗ 𝑣𝑗 ⟨𝑒𝑖 |𝑒𝑗 ⟩ = ∑𝑖,𝑗 𝑤𝑖∗ 𝑣𝑗 𝛿𝑖𝑗 = ∑𝑖 𝑤𝑖∗ 𝑣𝑖 (1.9)

2.1 Les opérateurs auto-adjoints


1. 1 Opérateurs linéaires
Dans l’espace de Hilbert des états quantiques, les opérateurs linéaires 𝐴̂transforment tout ket-
vecteur ∣ 〉 en un autre ket-vecteur noté 𝐴̂ ∣ 〉 de telle sorte que :

𝐴̂(1 ∣ 1 〉 + 2 ∣ 2 〉) = 𝐴̂(1 ∣ 1 〉) + 𝐴̂(2 ∣ 2 〉) = 1 (𝐴̂∣ 1 〉) + 2 (𝐴̂∣ 2 〉) (1.10)

1. 2 Opérateur identité
Tout opérateur qui transforme un vecteur en lui-même est appelé opérateur identité :

𝐼̂ ∣ 〉 = ∣ 〉 (1.11)

1. 2 Relation de fermeture
Dans une base orthonormée {|𝑢𝑛 〉}, pour tout vecteur |〉, on a :

|〉 = ∑𝑛|𝑢𝑛 〉 〈𝑢𝑛 |〉 (1.12)

et donc ∑𝑛|𝑢𝑛 〉 〈𝑢𝑛 | = 𝐼̂


I désigne l’opérateur identité de l’espace de Hilbert.

1.3 Opérateur auto-adjoint


Un opérateur vérifiant 𝐴 = 𝐴† est appeléhermitien, ou auto-adjoint. Les deux termes sont
équivalents pour les espaces de dimension finie, mais non dans le cas de la dimension infinie.
Un opérateur tel que 𝑈𝑈 + = 𝑈 + 𝑈 = 𝐼, ou de façon équivalente 𝑈 −1 = 𝑈 † , est appelé operateur
unitaire. Dans un espace de dimension finie, une condition nécessaire et suffisante pour qu’un
opérateur U soit unitaire est qu’il conserve la norme

||𝑈𝜙||2 = ||𝜙||2 𝑜𝑢 ⟨𝑈𝜙|𝑈𝜙⟩ = ⟨𝜙|𝜙⟩ (1.13)

1. 4 Opérations sur les opérateurs


Addition : (𝐴̂ + 𝐵̂ )|〉 = 𝐴̂|〉 + 𝐵̂ |〉,
Multiplication par un nombre complexe: (𝐴̂)|〉 = (𝐴̂|〉)
Produit : (𝐴̂. 𝐵̂ )|〉 =𝐴̂(𝐵̂ |〉) ≠ (𝐵̂ . 𝐴̂)|〉 = 𝐵̂ (𝐴̂|〉),
C’est-à-dire que le produit des opérateurs n’est pas commutatif.
Démonstration :
𝑑
Exemple : Soient deux opérateurs 𝐴 = 𝑥̂ ; 𝐵̂ = 𝑑𝑥 et un vecteur d’état |〉 dépendant uniquement
̂
de la variable 𝑥.
𝑑 𝑑
𝐴̂. 𝐵̂ |〉 = 𝐴̂(𝐵̂ )|〉 = 𝑥̂ ( |〉) = (𝑥̂ ) |〉
𝑑𝑥 𝑑𝑥

Cours de mécanique quantique 2023-2024 9


𝑑 𝑑
𝐵̂ . 𝐴̂|〉 = 𝐵̂ 𝐴̂|〉 =(𝑥̂|〉) = (1 + 𝑥̂ ) |〉
𝑑𝑥 𝑑𝑥
Comparant les deux on remarque 𝐴̂. 𝐵̂ ≠ 𝐵̂ . 𝐴̂

1. 5 Caractérisation matricielle des opérateurs.


Considérons une base orthonormée {|𝑢𝑛 〉} de l’espace des états. Les coordonnées du vecteur
|〉 =𝐴̂|〉 dans cette base, sont déterminées par les produits scalaires :

𝐶𝑛′ = ⟨𝑢𝑛 |𝐴̂|⟩ = ∑𝑝⟨𝑢𝑛 |𝐴̂|𝑢𝑝 ⟩ ⟨𝑢


⏟𝑝 |⟩ = ∑𝑝⟨𝑢𝑛 |𝐴̂|𝑢𝑝⟩𝐶𝑝 = ∑𝑝 𝐴𝑛𝑝 𝐶𝑝 (1.14)
𝐶𝑝
Où 𝐶𝑛 = ⟨𝑢𝑛 |⟩ désigne les composantes de |〉 dans la base {|𝑢𝑛 〉}.
𝐴𝑛𝑝 = ⟨𝑢𝑛 |𝐴̂|𝑢𝑝 ⟩, avec 〈𝑢𝑛 | - ligne et |𝑢𝑝 〉 - colonne

Ainsi, on a :
𝐶1′ ⟨𝑢1|𝐴̂|𝑢1 ⟩ ⋯ ⟨𝑢1 |𝐴̂|𝑢𝑝 ⟩ … 𝐶1
⋮ ⋮ ⋱ ⋮ ⋮
|〉 =𝐴̂|〉 = ( ′ ) = ( … ⋮) . ( ) (1.15)
𝐶𝑛 ̂
⟨𝑢𝑛 |𝐴|𝑢1 ⟩ ̂
⟨𝑢𝑛 |𝐴|𝑢𝑝 ⟩ … 𝐶𝑛
⋮ ⋮ ⋱ ⋮ ⋮

En d’autres termes, l’action de l’opérateur linéaire 𝐴̂ sur un vecteur se traduit par l’application d’une
matrice carrée dont les différentes colonnes contiennent les vecteurs de base transformés par 𝐴̂.
Cette matrice constitue la représentation de l’opérateur dans la base considérée :

⟨𝑢1 |𝐴̂|𝑢1 ⟩ ⋯ ⟨𝑢1 |𝐴̂|𝑢𝑝 ⟩ …


𝐴̂ ( ⋮ ⋱ ⋮ ⋮) (1.16)
̂
⟨𝑢𝑛 |𝐴|𝑢1 ⟩ … ̂
⟨𝑢𝑛 |𝐴|𝑢𝑝 ⟩ …
⋮ ⋱ ⋮

Remarque : dans le cas où les {|𝑢𝑛 〉} sont des kets propres de 𝐴, la matrice associée est diagonale.
Passons maintenant à la représentation matricielle des états. Soit |〉 =𝐴̂|𝜑〉
En agissant sur cette expression avec 〈𝑢𝑛 | par la gauche et en utilisant la relation de fermeture, on
obtient :

⟨𝑢𝑛 |⟩ = ⟨𝑢𝑛 |𝐴̂|𝜑⟩ = ∑𝑁 ̂


𝑝=1⟨𝑢𝑛 |𝐴|𝑢𝑝 ⟩⟨𝑢𝑝 |𝜑⟩ (1.17)

ce qui peut se voir comme la multiplication d’une matrice par un vecteur colonne. On en déduit
donc que les kets sont représentés par des vecteurs colonnes :

𝑐1 = ⟨𝑢1|𝜑⟩
|𝜑〉 = ∑𝑁 𝑐 |𝑢
𝑛=1 𝑛 𝑛 〉 = (𝑐 2 = ⟨𝑢2 |𝜑⟩) (1.18)

On peut procéder de même avec les bras et trouver qu’un bra est représenté par un vecteur ligne

〈𝜑| = (|𝜑〉)† = ∑𝑁 ∗ ∗ ∗
𝑛=1 𝑐𝑛 〈𝑢𝑛 | = (𝑐1 𝑐2 ⋯ ) (1.20)

On retrouve alors toutes les propriétés du produit scalaire sesquilinéaire :


𝑐1
⟨|𝜓⟩ = (𝑐1∗ 𝑐2∗ ⋯ ) (𝑐2 ) = ∑𝑁 ∗
𝑛=1 𝑐𝑛 𝑐𝑛 (1.21)

Cours de mécanique quantique 2023-2024 10


La représentation matricielle permet d’ailleurs de s’assurer que le produit dyadique s’exprime bien
comme une matrice 𝑁 × 𝑁 :

𝑐1 𝑐1 𝑐1∗ 𝑐1 𝑐2∗ ⋯
∗ ∗
|𝜑〉〈𝜑| = (𝑐2 ) (𝑐1 𝑐2 ⋯ ) = (𝑐2 𝑐1∗ 𝑐2 𝑐2∗ ⋯) (1.22)
⋮ ⋮ ⋮ ⋱

c’est-à-dire qu’il correspond à un opérateur.


1
Application au cas d’un spin 2 :
Prenons pour kets de base de l’espace des états décrivant les degrés de liberté de spin, les kets
propres |𝑆𝑧 ; ±〉 de l’observable 𝑆𝑧 . Utilisons la notation simplifiée

ћ
|±〉 = |𝑆𝑧 ; ±〉, 𝑆𝑧 |±〉 = ± 2 |±〉 (1.23)

Ces kets satisfont à toutes les propriétés d’une base (orthonormalité et complétude) :

〈±|±〉 = 𝟏 , 〈±|∓〉 = 0 |+〉〈+| + |−〉〈−| = 𝟏 (1.24)

où ⅼ est l’opérateur identité.


Sur cette base l’opérateur 𝑆𝑧 se décompose de la manière suivante :

ћ
𝑆𝑧 = 𝑆𝑧 . 𝟏 = 𝑆𝑧 (|+〉〈+| + |−〉〈−|) = 2 (|+〉〈+| + |−〉〈−|) (1.25)

où la relation de fermeture a été utilisée. Cet opérateur est bien un opérateur hermitien puisqu’il
s’écrit comme une combinaison linéaire à coeffcients réels des projecteurs |+〉〈+| et |– | qui sont
eux-mêmes des opérateurs hermitiens.
Adoptons la convention que les kets de base ont la représentation matricielle suivante :
|+〉 = (1) , |−〉 = (0)
0 1
Dans cette base, la représentation matricielle associée à l’opérateur 𝑆𝑧 est donc :
ћ 1 0
𝑆𝑧 = 2 ( )
0 −1
qui est bien diagonale puisque l’on est dans la base des kets propres de 𝑆𝑧 . Considérons maintenant
les opérateurs :
𝑆̂ ̂
+ = ћ|+〉〈−| et 𝑆− = ћ|−〉〈+|
Ces opérateurs ne sont pas hermitiens. De plus, les kets de base |±〉 ne sont pas des kets propres de
𝑆± .

2. 2. Exemple d’opérateur linéaire : Le projecteur.


2. 1 Remarque sur les notations de DIRAC
Considérons une fonctionnelle linéaire 〈𝜑| (un bra-vecteur) et ⟨1 |2⟩ le produit scalaire de deux
kets |1 〉 et |2 〉.
Une fonctionnelle linéaire est une opération linéaire qui, à tout ket-vecteur |〉, associe un nombre
complexe.
Le nombre que la fonctionnelle linéaire 〈𝜑| associe à un ket quelconque |〉 s’écrit, en juxtaposant
les symboles 〈𝜑| et |〉 : ⟨|⟩ ; c’est le produit scalaire de |〉 par le ket |〉 correspondant au bra
〈𝜑|.
Supposons maintenant que nous écrivions 〈𝜑| et |〉 dans l’ordre inverse : |〉〈𝜑|. Si l’on s’en tient
à la règle de juxtaposition des symboles, l’expression |〉〈𝜑| représente un opérateur.
En effet, soit un ket quelconque |〉 et considérons l’expression : |〉⟨|⟩.

Cours de mécanique quantique 2023-2024 11


L’on sait que ⟨|⟩ est un nombre complexe ; par conséquent |〉⟨|⟩ est un ket, obtenu en
multipliant |〉 par le scalaire ⟨|⟩.
Donc |〉〈𝜑| appliqué à un ket quelconque, donne un autre ket : C’est donc un opérateur.
Notons aussi que pour deux états |𝜓〉 ∈ ℍ et |𝜓〉 ∈ ℍ appartenant à un même espace des états, des
produits du type : |〉|𝜑〉, ou |𝜑 〉|〉, n’ont aucun sens et peuvent donc être considérés comme étant
« illégaux »
2. 2 Projecteur 𝑷̂ sur un ket |〉
Soit un ket  normé à l’unité : ⟨|⟩ = 1.
| 〉
Considérons l’opérateur 𝑷 ̂ = |〉〈| et appliquons le à un ket |〉quelconque :
̂ défini par : 𝑷

𝑃̂|〉 = |〉⟨|⟩ (1.26)

L’opérateur 𝑷 ̂ , agissant sur un ket quelconque |〉, donne un ket proportionnel à |〉. Le coefficient
de proportionnalité ⟨|⟩ est le produit scalaire des kets |〉 et |〉.
̂ est donc l’opérateur de « projection orthogonale » sur le ket |〉.
𝑷
Propriété : 𝑃̂2 = 𝑃̂

2. 3 Opérateur adjoint
3. 1 Définition
L’opérateur défini dans une base orthonormée {|𝑢𝑛 〉}par la matrice transposée et conjuguée
de celle associée à l’opérateur 𝐴̂ et notée 𝐴̂+ est appelé opérateur adjoint.

⟨𝑢𝑛 |𝐴̂† |𝑢𝑝⟩ = ⟨𝑢𝑝 |𝐴̂|𝑢𝑛 ⟩ (1.27)

Démonstration :
Pour tous ket vecteurs |〉 et |〉 nous pouvons écrire :
∗ ∗
⟨|𝐴 |⟩ = ∑𝑛,𝑝⟨|𝑢𝑛 ⟩ ⟨𝑢𝑛 |𝐴̂† |𝑢𝑝 ⟩⟨𝑢𝑝 |⟩ = ∑𝑛,𝑝⟨𝑢𝑛 |⟩∗ ⟨𝑢𝑝 |𝐴̂|𝑢𝑛 ⟩ ⟨|𝑢𝑝 ⟩ =
̂ †
∗ ∗
∑𝑛,𝑝(⟨| 𝑢𝑝⟩⟨𝑢𝑝 |𝐴̂|𝑢𝑛 ⟩⟨𝑢𝑛 |⟩) = (⟨|𝐴̂|⟩) CQD
3. 2 Propriétés
Toutes les relations suivantes se démontrent aisément en considérant les représentations
matricielles ou en insérant les relations de fermeture.

(|〉〈|)† = |〉〈| (1.28)

Démonstration :
Pour tout couple de vecteurs de base {|𝑢𝑛 〉, |𝑢𝑝 〉} l’on peut écrire :
∗ ∗
⟨𝑢𝑛 |𝐴̂† |𝑢𝑝⟩ = ⟨𝑢𝑝 |𝐴̂|𝑢𝑛 ⟩ = ⟨𝑢𝑝 |⟩ ⟨|𝑢𝑛 ⟩∗ = ⟨𝑢𝑛 |⟩⟨|𝑢𝑝 ⟩𝐴̂† = |〉〈|
quelques soient les valeurs de n et p.

|〉 =𝐴̂|〉〈| = 〈|𝐴̂† (1.29)

Démonstration :
Si | 〉 = 𝐴̂|〉 = ∑𝑛|𝑢𝑛 〉⟨𝑢𝑛 |𝐴̂|⟩alors le braassocié s’écrit :

〈| = ∑⟨𝑢𝑛 |𝐴̂|⟩ 〈𝑢𝑛 | = ∑⟨|𝐴̂|𝑢𝑛 ⟩〈𝑢𝑛 | = 〈|𝐴̂†
𝑛 𝑛

(𝐴̂ + 𝐵̂ ) = 𝐴̂† + 𝐵̂ † (1.30)

(𝐴̂) = ∗ 𝐴̂† (1.31)

(𝐴̂𝐵̂ ) = 𝐵̂ † 𝐴̂† (1.32)

Cours de mécanique quantique 2023-2024 12



Démonstration de (𝐴̂𝐵̂ ) = 𝐵̂ † 𝐴̂† :

Pour tout couple de vecteurs de base {|𝑢𝑛 〉, |𝑢𝑝 〉}, l’on peut écrire :
† ∗ ∗ ∗
⟨𝑢𝑛 |(𝐴̂𝐵̂ ) |𝑢𝑝⟩ = ⟨𝑢𝑝 |(𝐴̂𝐵̂ )|𝑢𝑛 ⟩ = ∑⟨𝑢𝑝 |𝐴̂|𝑢𝑞 ⟩ ⟨𝑢𝑞 |𝐵̂ |𝑢𝑛 ⟩ = ∑⟨𝑢𝑞 |𝐴̂† |𝑢𝑝 ⟩⟨𝑢𝑛 |𝐵̂ † |𝑢𝑞 ⟩
𝑞 𝑞
= ∑𝑞⟨𝑢𝑛 |𝐵̂ † |𝑢𝑞 ⟩⟨𝑢𝑞 |𝐴̂† |𝑢𝑝 ⟩ = ⟨𝑢𝑛 |(𝐵̂ † 𝐴̂† )|𝑢𝑝⟩
Pour un opérateur auto-adjoint, les valeurs propres sont des réelles.

Démonstration :
⟨𝑎, 𝛼|𝐴|𝑎, 𝛼⟩ = 𝑎⟨𝑎, 𝛼|𝑎, 𝛼⟩ = 𝑎∗ ⟨𝑎, 𝛼|𝑎, 𝛼⟩(𝑎 − 𝑎∗ )⟨𝑎, 𝛼|𝑎, 𝛼⟩ = 0 𝑎 = 𝑎∗
̂

3. 3 Commutation et anticommutation
Deux opérateurs 𝐴̂ 𝑒𝑡 𝐵̂ commutent si :
[𝐴̂, 𝐵̂ ] = 𝐴̂𝐵̂ − 𝐵̂ 𝐴̂ = 0 Â 𝐵̂ = 𝐵̂ 𝐴̂
Deux opérateurs 𝐴̂ 𝑒𝑡 𝐵̂ anticommutent si :
[𝐴̂, 𝐵̂ ] = 𝐴̂𝐵̂ + 𝐵̂ 𝐴̂ = 0 Â𝐵̂ = −𝐵̂ 𝐴̂

2.4 La représentation « position »


Considérons un problème à une dimension. Considérons le vecteur d’état : ⟨𝑥|(𝑡)⟩ comme les
composantes du ket dans une certaine base orthonormée. Chacun des vecteurs de cette base étant
associé à une valeur particulière de la position 𝑥 l’on peut adopter l’écriture suivante : |𝑥〉.
Ainsi :

⟨(𝑡)|(𝑡)⟩ = ∫⟨(𝑡)|𝑥⟩ ⟨𝑥|(𝑡)⟩𝑑𝑥 (1.33)

Posons

1, 𝑠𝑖 𝑥 = 𝑥′
⟨𝑥|𝑥 ′ ⟩ { (1.34)
0, 𝑠𝑖 𝑥 ≠ 𝑥′

En utilisant les propriétés du produit scalaire (qui ne dépend pas de la base choisie) nous pouvons
avoir :

⟨(𝑡)|(𝑡)⟩ = ∫𝑥,𝑥′⟨(𝑡)|𝑥⟩ ⟨𝑥|𝑥′⟩⟨𝑥′|(𝑡)⟩𝑑𝑥𝑑𝑥′ (1.35)

pour deux kets |〉 et |〉. Or cette intégrale double est toujours nulle en n’ayant pas supposé les
deux kets orthogonaux. Dans le cas où 𝑥 = 𝑥′,
⟨(𝑡)|(𝑡)⟩ = ∫𝑥 ⟨(𝑡)|𝑥⟩ ⟨𝑥| (𝑡)⟩𝑑𝑥 (1.36)
Introduisons la fonction  dans la direction 𝑥′, de largeur  autour du point 𝑥 = 𝑥′ et de
1
hauteur . : 𝛿𝜀 (𝑥, 𝑥 ′ )
𝜀

1
𝜀

𝑥′
1 1
𝑥− 𝑥 𝑥+
𝜀 𝜀
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1 𝑥+𝜀
∫𝑥,𝑥′⟨(𝑡)|𝑥⟩ 𝛿𝜀 (𝑥, 𝑥 ′ )⟨𝑥 ′ |(𝑡)⟩𝑑𝑥𝑑𝑥′ = ∫𝑥 ⟨(𝑡)|𝑥⟩𝑑𝑥 𝜀 ∫𝑥−𝜀 ⟨𝑥 ′ |(𝑡)⟩ 𝑑𝑥′ (1.37)

1 𝑥+𝜀
Dans la limite 𝜀 → 0, ∫𝑥−𝜀 ⟨𝑥 ′ |(𝑡)⟩ 𝑑𝑥′ → ⟨𝑥|(𝑡)⟩ et donc ⟨𝑥|𝑥′⟩ peut être identifié à la fonction
𝜀
𝛿𝜀 (𝑥, 𝑥 ′ ) pour 𝜀 → 0, c'est-à-dire un être mathématique nul pour 𝑥 ≠ 𝑥′ , infini pour 𝑥 = 𝑥′ et dont
l’intégrale sur tout l’axe 𝑥′ est égale à 1 (en effet ∫𝑥′ 𝛿𝜀 (𝑥, 𝑥 ′ )𝑑𝑥 ′ = 1 pour tout ). On appelle
distribution de DIRAC ou delta-fonction de DIRAC 𝛿(𝑥 − 𝑥 ′ ) cet objet mathématique et donc

⟨𝑥|𝑥′⟩ = 𝛿(𝑥 − 𝑥 ′ ) (1.38)

Ainsi, les valeurs de la fonction d’onde (𝑥, 𝑡) d’une particule à l’instant 𝑡 peuvent être considérées
comme les coordonnées de son vecteur d’état |(𝑡)〉 sur une base orthonormée {|𝑥〉} dont chaque
ket est associé à une position 𝑥 :

|(𝑡)〉 = ∫𝑥 |𝑥 〉(𝑥, 𝑡)𝑑𝑥 𝑎𝑣𝑒𝑐 (𝑥, 𝑡) = ⟨𝑥 |(𝑡)⟩ 𝑒𝑡 ⟨𝑥 |𝑥′⟩ = 𝛿(𝑥 − 𝑥 ′ ) (1.39)

Généralement (1.39) s’écrit de la manière suivante :

|(𝑡)〉 = ∫𝑟⃗ |𝑟⃗〉 (𝑟⃗, 𝑡)𝑑 3 𝑟⃗ (1.40)

Avec (𝑟⃗, 𝑡) = ⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩

et ⟨𝑟⃗|𝑟⃗⟩ = 𝛿(𝑥 − 𝑥 ′ )𝛿(𝑦 − 𝑦 ′ )𝛿(𝑧 − 𝑧 ′ ) = 𝛿 3 (𝑟⃗ − ⃗⃗⃗⃗


𝑟′) (1.41)

Le vecteur |(𝑡)〉 représentant l’état quantique d’un système à l’instant 𝑡 est de norme unité

⟨(𝑡)|(𝑡)⟩ = ∫𝑟⃗ ⟨(𝑡)|𝑟⃗⟩⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩𝑑 3 𝑟⃗ = ∫ (𝑥, 𝑡)∗ (𝑥, 𝑡)𝑑𝑥 = 1 (1.42)

2.5 Les opérateurs position, impulsion et énergie


5. 1 L’opérateur position
La position moyenne d’une particule s’écrit de la manière suivante :

〈𝑟⃗〉 = ∫𝑟⃗ (𝑟⃗, 𝑡)∗ 𝑟⃗(𝑟⃗, 𝑡)𝑑 3 𝑟⃗ = ∫𝑟⃗ ⟨(𝑡)|𝑟⃗⟩𝑟⃗⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩𝑑 3 𝑟⃗ (1.43)

Introduisant trois opérateurs linéaires 𝑥̂, 𝑦̂ 𝑒𝑡 𝑧̂ définis dans la base {|𝑟⃗〉} par les éléments de matrice
suivants :

⟨𝑟⃗|𝑥̂|𝑟⃗⃗⃗⃗′ ⟩ = 𝑥𝛿 3 (𝑥 − 𝑥 ′ ) (1.44)
⟨𝑟⃗|𝑦̂|𝑟⃗⃗⃗⃗′ ⟩ = 𝑦𝛿 3 (𝑦 − 𝑦 ′ ) (1.45)
⟨𝑟⃗|𝑧̂ |𝑟⃗⃗⃗⃗′ ⟩ = 𝑧𝛿 3 (𝑧 − 𝑧 ′ ) (1.46)

nous pouvons écrire :

⟨𝑟⃗|𝑥̂|(𝑡)⟩ = ∫⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⟩ ⟨𝑟′


⟨𝑟⃗|𝑥̂|𝑟′ ⃗⃗⃗|(𝑡)⟩ 𝑑 3 𝑟′
⃗⃗⃗ = ∫ 𝑥𝛿 3 (𝑟⃗ − ⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗|(𝑡)⟩ 𝑑 3 𝑟′
𝑟 ′ ) ⟨𝑟′ ⃗⃗⃗ = 𝑥⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩ (1.47)
𝑟′ ⃗⃗⃗⃗
𝑟′

Car ∫⃗⃗⃗⃗ 𝛿 3 (𝑟⃗ − ⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗ = 𝑓(𝑟⃗)


𝑟 ′ )𝑓(𝑟⃗⃗⃗⃗′ )𝑑 3 𝑟′
𝑟′

Cours de mécanique quantique 2023-2024 14


Le vecteur d’état 𝑥̂|(𝑡)〉 s’obtient en multipliant par 𝑥 le ket d’état.

Il en résulte donc, que la moyenne de la position 𝑥 s’écrit :

〈𝑥〉 = ∫𝑟⃗ ⟨(𝑡)|𝑟⃗⟩𝑥̂⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩𝑑 3 𝑟⃗ = ∫𝑟⃗ ⟨(𝑡)|𝑟⃗⟩⟨𝑟⃗|𝑥̂|(𝑡)⟩𝑑 3 𝑟⃗ = ⟨(𝑡)|𝑥̂|(𝑡)⟩ (1.47)

Et de même pour les valeurs moyennes des autres coordonnées.

〈𝑦〉 = ∫𝑟⃗ ⟨(𝑡)|𝑟⃗⟩𝑦̂⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩𝑑 3 𝑟⃗ = ∫𝑟⃗ ⟨(𝑡)|𝑟⃗⟩⟨𝑟⃗|𝑦̂|(𝑡)⟩𝑑 3 𝑟⃗ = ⟨(𝑡)|𝑦̂|(𝑡)⟩ (1.48)


〈𝑧〉 = ∫𝑟⃗ ⟨(𝑡)|𝑟⃗⟩𝑧̂ ⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩𝑑 3 𝑟⃗ = ∫𝑟⃗ ⟨(𝑡)|𝑟⃗⟩⟨𝑟⃗|𝑧̂ |(𝑡)⟩𝑑 3 𝑟⃗ = ⟨(𝑡)|𝑧̂ |(𝑡)⟩

Remarque :
Les trois opérateurs de position 𝑥̂, 𝑦̂ 𝑒𝑡 𝑧̂ commutent entre eux.
Par exemple pour les opérateurs 𝑥̂, 𝑦̂ on prouve que :

⟨𝑟⃗|[𝑥̂, 𝑦̂]|(𝑡)⟩ = ⟨𝑟⃗|𝑥̂𝑦̂ − 𝑦̂𝑥̂|(𝑡)⟩ = 𝑥⟨𝑟⃗|𝑦̂|(𝑡)⟩ − 𝑦⟨𝑟⃗|𝑥̂|(𝑡)⟩ = (𝑥𝑦 − 𝑦𝑥)⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩ = 0

L’écriture précédente pourrait aussi s’écrire de la manière suivante :

[𝑥̂, 𝑦̂]|(𝑡)〉 = ∫𝑟⃗ |𝑟⃗〉⟨𝑟⃗|[𝑥̂, 𝑦̂]|(𝑡)⟩𝑑 3 𝑟⃗ = 0

Des manipulations similaires peuvent être réalisées avec l’impulsion moyenne dont l’expression est
donnée par :

〈𝑝⃗〉 = ∫𝑟⃗ ⟨(𝑡)|𝑟⃗⟩ (−𝑖ħ∇


⃗⃗⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩)𝑑 3 𝑟⃗ (1.49)

5. 2 Opérateur impulsion
De même que les trois opérateurs 𝑥̂, 𝑦̂ 𝑒𝑡 𝑧̂ , trois opérateurs linéaires 𝑝
̂,
𝑥 𝑝
̂𝑦 𝑒𝑡 𝑝̂𝑧 , peuvent être
introduits par leurs éléments de matrice dans la base {|𝑟⃗〉} :

⟨𝑟⃗|𝑝 ⃗⃗⃗⟩ = −𝑖ħ 𝜕 𝛿 3 (𝑟⃗ − ⃗⃗⃗⃗


̂|𝑟′ 𝑟′)
𝑥 𝜕𝑥
⃗⃗⃗⟩ = −𝑖ħ 𝜕
⟨𝑟⃗|𝑝
̂|𝑟′
𝑦 𝛿 3 (𝑟⃗ − ⃗⃗⃗⃗
𝑟′) (1.50)
𝜕𝑦
⃗⃗⃗⟩ = 𝜕
⟨𝑟⃗|𝑝̂𝑧 |𝑟′ −𝑖ħ 𝜕𝑧 𝛿 3 (𝑟⃗ − ⃗⃗⃗⃗
𝑟′)

Par conséquent :

𝜕
𝑥  (𝑡)⟩ = ∫𝑟′
⟨𝑟⃗|𝑝
̂| ⟨𝑟⃗|𝑝
̂|𝑟
𝑥
⃗⃗⃗⃗′ ⟩⟨𝑟⃗⃗⃗⃗′ |(𝑡)⟩𝑑 3 ⃗⃗⃗⃗
𝑟 ′ = −𝑖ħ ∫𝑟′ 𝑟 ′ )) ⟨𝑟⃗⃗⃗⃗′ |(𝑡)⟩𝑑 3 ⃗⃗⃗⃗
( 𝛿 3 (𝑟⃗ − ⃗⃗⃗⃗ 𝑟′ =
⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗ 𝜕𝑥
𝜕 ⃗⃗⃗|(𝑡)⟩ 𝑑 3 ⃗⃗⃗ 𝜕
−𝑖ħ 𝜕𝑥 ∫𝑟′
⃗⃗⃗⃗
𝛿 3 (𝑟⃗ − ⃗⃗⃗⃗
𝑟 ′ ) ⟨𝑟′ 𝑟′ = −𝑖ħ 𝜕𝑥 ⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩ (1.51)

𝜕
La fonction d’onde associée au vecteur d’état 𝑃̂𝑥 |〉 s’obtient en appliquant −ħ sur la fonction
𝜕𝑥
d’onde initiale.
Il en résulte donc :

〈𝑃𝑥 〉 = ∫𝑟⃗ ⟨(𝑡)|𝑟⃗⟩⟨𝑟⃗|𝑃̂𝑥 |(𝑡)⟩ 𝑑 3 𝑟⃗ = ⟨(𝑡)|𝑃̂𝑥 |(𝑡)⟩ (1.52)

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Et de même

〈𝑃𝑦 〉 = ∫𝑟⃗ ⟨(𝑡)|𝑟⃗⟩⟨𝑟⃗|𝑃̂𝑦 |(𝑡)⟩ 𝑑 3 𝑟⃗ = ⟨(𝑡)|𝑃̂𝑦 |(𝑡)⟩ (1.53)


〈𝑃𝑧 〉 = ∫𝑟⃗ ⟨(𝑡)|𝑟⃗⟩⟨𝑟⃗|𝑃̂𝑧 |(𝑡)⟩ 𝑑 𝑟⃗ = ⟨(𝑡)|𝑃̂𝑧 |(𝑡)⟩
3

Remarque:
Les trois opérateurs d’impulsion 𝑃̂𝑥 , 𝑃̂𝑦 𝑒𝑡 𝑃̂𝑧 commutent entre eux. Par exemple :
𝜕 𝜕 𝜕2
⟨𝑟⃗|[𝑃̂𝑥 , 𝑃̂𝑦 ]|⟩ = ⟨𝑟⃗|𝑃̂𝑥 𝑃̂𝑦 − 𝑃̂𝑦 𝑃̂𝑥 |⟩ = 𝑖ħ (− 𝜕𝑥 ⟨𝑟⃗|𝑃̂𝑦 |⟩ + 𝜕𝑦 ⟨𝑟⃗|𝑃̂𝑥 |⟩) = −ħ2 𝜕𝑥𝜕𝑦 ⟨𝑟⃗|⟩ +
𝜕2 𝜕2 𝜕2
ħ2 𝜕𝑦𝜕𝑥 ⟨𝑟⃗|⟩ = ħ2 (− 𝜕𝑥𝜕𝑦 + 𝜕𝑦𝜕𝑥 ) ⟨𝑟⃗|⟩ = 0,

[𝑃̂𝑥 , 𝑃̂𝑦 ]|〉 = ∫ |𝑟⃗〉⟨𝑟⃗|[𝑃̂𝑥 , 𝑃̂𝑦 ]|⟩𝑑 3 𝑟⃗ = 0, ∀ |〉


𝑟⃗
Remarque :
Les opérateurs position et impulsion ne commutent que s’ils se réfèrent chacun à des
directions différentes. En revanche :

[𝑥̂, 𝑃̂𝑥 ] = [𝑦̂, 𝑃̂𝑦 ] = [𝑧̂ , 𝑃̂𝑧 ] = 𝑖ħ𝐼̂ (1.54)

Démonstration :
𝜕 𝜕 𝜕
⟨𝑟⃗|[𝑥̂, 𝑃̂𝑥 ]|⟩ = ⟨𝑟⃗|𝑥̂𝑃̂𝑥 − 𝑃̂𝑥 𝑥̂|⟩ = 𝑥⟨𝑟⃗|𝑃̂𝑥 |⟩ + 𝑖ħ ⟨𝑟⃗|𝑥̂|⟩ = −𝑖ħ𝑥 ⟨𝑟⃗|⟩ + 𝑖ħ ⟨𝑟⃗|𝑥̂|⟩
𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥
𝜕 𝜕
= −𝑖ħ𝑥 ⟨𝑟⃗|⟩ + 𝑖ħ𝑥 ⟨𝑟⃗|⟩ + 𝑖ħ⟨𝑟⃗|⟩ = 𝑖ħ⟨𝑟⃗|⟩
𝜕𝑥 𝜕𝑥
[𝑥̂, 𝑃̂𝑥 ] = 𝑖ħ𝐼̂
[𝑥̂, 𝑃̂𝑥 ]|〉 = ∫𝑟⃗ |𝑟⃗〉⟨𝑟⃗|[𝑥̂, 𝑃̂𝑥 ]|⟩𝑑 3 𝑟⃗ = 𝑖ħ ∫𝑟⃗ |𝑟⃗〉⟨𝑟⃗|⟩𝑑 3 𝑟⃗ = 𝑖ħ|〉, ∀ |〉

1, 𝑗 = 𝑘
Généralement : [𝑟̂𝑗 , 𝑃̂𝑘 ] = 𝑖ħ𝛿𝑗𝑘 , avec 𝛿𝑗𝑘 = {
0, 𝑗 ≠ 𝑘

5. 3 Opérateur énergie
Pour l’énergie moyenne de la particule, on peut écrire :

𝑃̂2
〈𝐸〉 = ∫𝑟⃗ ⟨(𝑡)|𝑟⃗⟩ ( + 𝑉̂ (𝑟⃗)) ⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩𝑑 3 𝑟⃗ (1.55)
2𝑚

𝜕 2
𝜕 2
Pour un problème à une dimension, par exemple 𝑥 : 𝑃̂𝑥2 = −ħ2 𝜕𝑥 2, d’où : −ħ2 𝜕𝑥 2 ⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩ n’est
rien d’autre que la fonction d’onde associée à : 𝑃̂𝑥2 |(𝑡)〉 :
𝜕 𝜕 𝜕 𝜕2
⟨𝑟⃗|𝑃̂𝑥2 |(𝑡)⟩ = −𝑖ħ ⟨𝑟⃗|𝑃̂𝑥 |(𝑡)⟩ = −𝑖ħ (−𝑖ħ ⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩) = −ħ2 2 ⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩ (1.56)
𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥

Définissant de la même manière l’opérateur 𝑉(𝑟⃗̂) obtenu à partir de l’énergie potentielle


classique 𝑉(𝑟⃗) en remplaçant chaque coordonnée par l’opérateur qui lui est associé nous pouvons
écrire (pour une dimension par exemple) :

⟨𝑥|𝑉(𝑥̂)|⟩ = ∑𝑛 𝑉𝑛 ⟨𝑥|𝑥̂ 𝑛 |⟩ (1.57)


Puisque :
⟨𝑥|𝑥̂ 0 |⟩ = ⟨𝑥|⟩
⟨𝑥|𝑥̂1 |⟩ = 𝑥⟨𝑥|⟩
⟨𝑥|𝑥̂ 2 |⟩ = 𝑥 2 ⟨𝑥|⟩ (1.58)
Cours de mécanique quantique 2023-2024 16
⋯ ⋯ ⋯ ⋯
⟨𝑥|𝑥̂ 𝑛 |⟩ = 𝑥 𝑛 ⟨𝑥|⟩

Alors

⟨𝑥|𝑉(𝑥̂)|⟩ = ∑𝑛 𝑉𝑛 𝑥 𝑛 ⟨𝑥|⟩ = 𝑉(𝑥)⟨𝑥|⟩ (1.59)

Remarque : La fonction d’onde associée à 𝑉(𝑟⃗̂)|〉 sera obtenue en multipliant la fonction initiale
par l’énergie potentielle classique 𝑉(𝑟⃗).
En introduisant l’opérateur Hamiltonien :
2
̂ = 𝑃̂ + 𝑉(𝑟⃗̂)
𝐻 (1.60)
2𝑚

avec 𝑃̂2 = 𝑃̂𝑥2 + 𝑃̂𝑦2 + 𝑃̂𝑧2 ,


on constate que l’énergie moyenne s’identifie au produit scalaire :

〈𝐸〉 = ⟨(𝑡)|𝐻
̂|(𝑡)⟩ (1.61)

Toute grandeur physique A est représentée en mécanique quantique par un opérateur


linéaire 𝐴̂ tel que sa valeur moyenne 〈𝐴〉soit donnée par le produit scalaire

〈𝐴〉 = ⟨|𝐴̂|⟩ (1.62)

Où |〉 est le vecteur d’état normé du système.

2.6 Opérateurs hermitien et unitaire


Les opérateurs peuvent agir aussi bien sur l’espace des kets que sur l’espace des bras. L’action sur
le bra se fait toutefois par la droite.

6.1 Opérateur hermitien


Un opérateur 𝐴̂ est dit hermitien s’il coïncide avec son adjoint, c’est-à-dire :

𝐴̂ = 𝐴̂† (1.63)
Démonstration :
∗ ∗
⟨|𝐴̂ |⟩ = ⟨|𝐴̂|⟩  ⟨|𝐴̂|⟩ = ⟨|𝐴̂|⟩ 𝐴̂ = 𝐴̂† ; ∀ |〉 𝑒𝑡 |〉

1.1 Conjugaison hermitienne


Dans la correspondance

|𝜓′⟩ = 𝐴̂ |𝜓⟩ ⟷ ⟨𝜓′| = ⟨𝜓|𝐴̂† , (1.64)

|𝜓′⟩ et ⟨𝜓′| sont dits : conjugués hermitiens l’un de l’autre. La conjugaison hermitienne associe
donc 𝐴̂† à 𝐴. Elle change l’ordre des objets auxquels on l’applique ; d’où la règle :
Pour obtenir le conjugué hermétique ou l’adjoint d’une expression quelconque, comportant
des constantes, des ‘’kets’’, des ‘’bras’’, des opérateurs ,il faut:
Remplacer : 𝐂𝐭 par 𝐂𝐭∗; le ‘’ket’’ par le ‘’bra’’; le ‘’bra’’ par le ‘’ket’’ et l’opérateur par son
adjoint
Inverser l’ordre des facteurs (la place de la Ct n’a pas d’importance)

Exemples:

Cours de mécanique quantique 2023-2024 17


𝜆⟨𝑢|𝑣⟩|𝑤〉〈𝛹|

𝜆|𝑢〉⟨𝑣|𝑤⟩

1.2-Opérateurs hermitiens
Un opérateur 𝐴̂ est dit hermitien si : 𝐴̂ = 𝐴̂†
Propriétés :

⟨𝜑|𝐴̂† |𝜓⟩ = ⟨𝜑|𝐴̂|𝜓⟩ = ⟨𝜓|𝐴̂|𝜑⟩  (1.65)

⟨𝜑|𝐴𝜓⟩ = ⟨𝐴𝜑|𝜓⟩  (1.66)

𝑃̂𝜓 = |𝜓⟩⟨𝜓|est hermitien 

Le produit de deux opérateurs hermitiens 𝐴̂ et 𝐵̂ n’est hermitien que si [𝐴̂, 𝐵̂ ] = 0.

1.3-Représentation matricielle de 𝐴†
Dans la base {|𝑢𝑖 ⟩} , les éléments de matrice associée à 𝐴† s’écrivent :

𝐴†𝑖𝑗 = ⟨𝑢𝑖 |𝐴̂† |𝑢𝑗 ⟩ = ⟨𝑢𝑗 |𝐴̂|𝑢𝑖 ⟩∗ = 𝐴𝑗𝑖∗ (1.67)

Dans une représentation donnée, les matrices représentants 𝐴̂ et 𝐴̂† + sont hermitiens conjuguées
l’une de l’autre. On passe de l’une à l’autre par une conjugaison complexe suivie d’une
transposition.

1 𝑖 −2
Exemple: 𝐴 = (−𝑖 0 −1) Cette matrice est-elle hermitienne ?
0 2 1

Les opérateurs hermitiens jouent un rôle important en mécanique quantique, car ils représentent les
grandeurs physiques. Les valeurs propres (réelles) représentent les valeurs possibles de la grandeur
et les fonctions propres (ou vecteurs) les états associés.
Dans une base orthonormée, la matrice d'un tel opérateur est égale à la transposée de sa conjuguée,
on dit que la matrice est hermitienne (ou auto-adjointe).

Si 𝐴̂ est hermitien : 𝐴̂ = 𝐴̂† ce qui donne : 𝐴†𝑖𝑗 = 𝐴𝑖𝑗 = 𝐴𝑗𝑖∗


Un opérateur hermitien est représenté par une matrice hermitien, c’est-à-dire telle que deux
éléments quelconques symétriques par rapport à la diagonale principale sont complexes conjugués
l’un de l’autre.
Pour 𝑖 = 𝑗, on a 𝐴𝑖𝑖 = 𝐴∗𝑖𝑖 , ce qui veut dire que les éléments diagonaux d’une matrice hermitienne
sont des nombres réels.
En particulier, une matrice à éléments réels est hermitienne si et seulement si elle est symétrique.

6. 2 Opérateur unitaire
L’opérateur 𝐴̂ est dit unitaire s’il satisfait à la condition :

𝐴̂𝐴̂† = 𝐴̂† 𝐴̂ = 𝐼̂ (1.68)


C’est-à-dire l’opérateur adjoint coïncide avec l’opérateur inverse 𝐴̂−1

Cours de mécanique quantique 2023-2024 18


2.7. Dérivation par rapport au temps des grandeurs physiques liées aux opérateurs, le crochet
de Poisson et le théorème d’Erhenfest.
Soit la moyenne de la grandeur physique 𝐴 définie par :

〈𝐴〉 = ∫𝑟⃗ ⟨|𝑟⃗⟩𝐴̂⟨𝑟⃗|⟩ 𝑑 3 𝑟⃗ (1.69)

Dérivons cette égalité par rapport au temps

𝑑 𝜕 𝜕𝐴̂ 𝜕
〈𝐴〉 = ∫𝑟⃗ [( ⟨|𝑟⃗⟩) 𝐴̂⟨𝑟⃗|⟩ + ⟨|𝑟⃗⟩ ⟨𝑟⃗|⟩ + ⟨|𝑟⃗⟩𝐴̂ ( ⟨𝑟⃗|⟩)] 𝑑 3 𝑟⃗ (1.70)
𝑑𝑡 𝜕𝑡 𝜕𝑡 𝜕𝑡

𝜕 𝜕
Posons : 𝑖ħ 𝜕𝑡 ⟨𝑟⃗|⟩ = 𝐻
̂⟨𝑟⃗|⟩, −𝑖ħ ⟨|𝑟⃗⟩ = 𝐻
𝜕𝑡
̂⟨|𝑟⃗⟩
Portant dans (1.65), nous obtenons :

𝑑 𝑖 𝜕𝐴̂ 𝑖
〈𝐴〉 = ∫𝑟⃗ [ 𝐻̂⟨|𝑟⃗⟩𝐴̂⟨𝑟⃗|⟩ + ⟨|𝑟⃗⟩ ⟨𝑟⃗|⟩ − ⟨|𝑟⃗⟩𝐴̂𝐻
̂ ⟨𝑟⃗|⟩] 𝑑 3 𝑟⃗ (1.71)
𝑑𝑡 ħ 𝜕𝑡 ħ

En utilisant le faite que l’opérateur Hamiltonien est hermitien :


∫ 𝐻̂ ⟨|𝑟⃗⟩𝐴̂⟨𝑟⃗|⟩𝑑 3 𝑟⃗ = ∫ 𝐴̂⟨𝑟⃗|⟩𝐻
̂⟨|𝑟⃗⟩ 𝑑 3 𝑟⃗ = ∫ ⟨|𝑟⃗⟩𝐻
̂𝐴̂⟨𝑟⃗|⟩𝑑 3 𝑟⃗ (1.72)
𝑟⃗ 𝑟⃗ 𝑟⃗

On peut écrire (1.69) sous la forme :

𝑑 𝑖 𝜕𝐴̂ 𝑖 𝜕𝐴̂
〈𝐴〉 = ∫𝑟⃗ [ ⟨|𝑟⃗⟩𝐻
̂ 𝐴̂⟨𝑟⃗|⟩ + ⟨|𝑟⃗⟩ ⟨𝑟⃗|⟩ − ⟨|𝑟⃗⟩𝐴̂𝐻
̂ ⟨𝑟⃗|⟩] 𝑑 3 𝑟⃗ = ∫ ⟨|𝑟⃗⟩
𝑟⃗
⟨𝑟⃗|⟩ +
𝑑𝑡 ħ 𝜕𝑡 ħ 𝜕𝑡
𝑖 𝜕𝐴̂
⟨|𝑟⃗⟩ {𝐻 ̂ }⟨𝑟⃗|⟩𝑑 3 𝑟⃗ 𝑑 〈𝐴〉 = ∫ ⟨|𝑟⃗⟩ { + 𝑖 {𝐻
̂𝐴̂ − 𝐴̂𝐻 ̂}} ⟨𝑟⃗|⟩𝑑 3 𝑟⃗
̂ 𝐴̂ − 𝐴̂𝐻 (1.73)
ħ 𝑑𝑡 𝑟⃗ 𝜕𝑡 ħ

Si les vecteurs d’état ⟨𝑟⃗|⟩ et ⟨|𝑟⃗⟩ ne sont pas fonction du temps, alors la dérivée de (1.69)
deviendra :

𝑑 𝑑
〈𝐴〉 = ∫𝑟⃗ ⟨|𝑟⃗⟩ 𝐴̂⟨𝑟⃗|⟩ 𝑑 3 𝑟⃗ (1.74)
𝑑𝑡 𝑑𝑡

Comparant (1.73) et (1.74) on obtient :

𝜕𝐴̂
𝑑 𝑖
𝐴̂ = 𝜕𝑡 + ħ {𝐻 ̂} = 𝜕𝐴̂ + 𝑖 [𝐻
̂𝐴̂ − 𝐴̂𝐻 ̂, 𝐴̂] (1.75)
𝑑𝑡 𝜕𝑡 ħ

Cette égalité constitue le théorème d’Erhenfest.


La quantité [𝐻̂, 𝐴̂] = {𝐻
̂𝐴̂ − 𝐴̂𝐻̂ } est appelée le crochet de Poisson.
𝑑 𝑖
L’équation 𝐴̂ = {𝐻
𝑑𝑡
̂𝐴̂ − 𝐴̂𝐻
̂ } lorsque l’opérateur 𝐴̂ ne dépend pas explicitement du temps définit
ħ
la loi de conservation d’une grandeur dynamique liée à l’opérateur au cours du temps. Les grandeurs
physiques pour lesquelles la valeur moyenne est nulle (〈𝐴〉 = 0) sont dites conservatives.
Quelques applications du théorème d’Erhenfest et du crochet de Poisson :
Les moyennes des grandeurs liées aux opérateurs position 𝑥̂et impulsion 𝑃⃗⃗̂d’une particule, aussi
bien que l’opérateur force 𝐹̂⃗ sont reliées entre elles par les relations :

𝑑 𝑑 𝜕𝑈
〈𝑥〉 = 〈𝑃̂𝑥 〉, 〈𝑃̂𝑥 〉 = − 〈 〉 = 〈𝐹𝑥 〉,
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝜕𝑥
𝑑 𝑑 𝜕𝑈
〈𝑦〉 = 〈𝑃̂𝑦 〉, 〈𝑃̂𝑦 〉 = − 〈 〉 = 〈𝐹𝑦 〉, (1.76)
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝜕𝑦
𝑑 𝑑 𝜕𝑈
〈𝑧〉 = 〈𝑃̂𝑧 〉, 〈𝑃̂𝑧 〉 = − 〈 〉 = 〈𝐹𝑧 〉
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝜕𝑧

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Démonstration :
Appliquons la relation (55) lorsque l’opérateur x n’est pas fonction implicitement de t.
𝑑𝑥̂ 𝑖 𝑃̂2 𝑖𝑃̂ 𝑖𝑃̂ 𝑃̂
̂, 𝑥̂] = [ 𝑥 + 𝑉(𝑥̂), 𝑥̂] = 𝑥 [𝑃̂𝑥 , 𝑥̂] + [𝑃̂𝑥 , 𝑥̂] 𝑥 = 𝑥
= [𝐻
𝑑𝑡 ħ 2𝑚 2𝑚ħ 2𝑚ħ 𝑚
̂
Puisque [𝑃𝑥 , 𝑥̂] = −𝑖ħ
En passant à la dérivée de la moyenne on retrouve (1.76)

Les relations (1.73) peuvent aussi s’écrire sous forme intégrale :

𝑑 1 𝑑 𝜕𝑈
∫⟨|𝑥⟩ 𝑥̂⟨𝑥|⟩𝑑𝑥 = ∫⟨|𝑥⟩ 𝑃̂𝑥 ⟨𝑥|⟩𝑑𝑥, ∫⟨|𝑥⟩ 𝑃̂𝑥 ⟨𝑥|⟩𝑑𝑥 = − ∫⟨|𝑥⟩ ⟨𝑥|⟩𝑑𝑥
𝑑𝑡 𝑚 𝑑𝑡 𝜕𝑥
𝑑 1 𝑑 𝜕𝑈
𝑑𝑡
∫⟨|𝑦⟩ 𝑦̂⟨𝑦|⟩𝑑𝑦 = 𝑚 ∫⟨|𝑦⟩ 𝑃̂𝑦 ⟨𝑦|⟩𝑑𝑦, 𝑑𝑡 ∫⟨|𝑦⟩ 𝑃̂𝑦 ⟨𝑦|⟩𝑑𝑦 = − ∫⟨|𝑦⟩ 𝜕𝑥 ⟨𝑦|⟩𝑑𝑦
(1.77)
𝑑 1 𝑑 𝜕𝑈
𝑑𝑡
∫⟨|𝑧⟩ 𝑧̂ ⟨𝑧|⟩𝑑𝑧 = ∫⟨|𝑧⟩ 𝑃̂𝑧 ⟨𝑧|⟩𝑑𝑧, ∫⟨|𝑧⟩ 𝑃̂𝑧 ⟨𝑧|⟩𝑑𝑧 = − ∫⟨|𝑧⟩ ⟨𝑧|⟩𝑑𝑧
𝑚 𝑑𝑡 𝜕𝑧

2.8 La mesure physique en mécanique quantique


8.1 Notions de vecteurs et valeur propres
Considérons la mesure d’une grandeur physique 𝐴 et supposons que nous trouvions une certaine
valeur 𝑎. Si le processus de mesure nous donne une information sur cette grandeur, c’est-à-dire
avant que le système n’ait eu le temps d’évoluer, une nouvelle mesure de la grandeur 𝐴 doit nous
donner la même réponse. Le système est donc dans un état |𝑎 〉après la mesure de 𝐴 où celle-ci est
bien définie.
Dans un tel état l’on a alors : 〈𝐴〉 = 𝑎 𝑒𝑡 ∆𝐴 = 0
Par définition un vecteur |〉 tel que

𝐴̂|〉 = 𝑎|〉 (1.78)

est appelé vecteur propre de l’opérateur 𝐴̂ associé à la valeur propre 𝑎.

Démonstration :
Posons |𝑎 〉 = 𝐴̂|𝑎 〉 − 𝑎|𝑎 〉 et cherchons à déterminer le carré de la norme de ce ket
vecteur tout en considérant l’opérateur 𝐴̂ hertmitien (que).
⟨𝑎|𝑎 ⟩ = (〈𝑎 |𝐴̂+ − 𝑎∗ 〈𝑎 |)(𝐴̂|𝑎 〉 − 𝑎|𝑎 〉) = (〈𝑎 |𝐴̂ − 𝑎〈𝑎 |)(𝐴̂|𝑎 〉 − 𝑎|𝑎 〉)
= ⟨𝑎 |𝐴̂2 |𝑎 ⟩ − 2𝑎⟨𝑎 |𝐴̂|𝑎 ⟩ + 𝑎2 ⟨𝑎 |𝑎⟩
= ⟨𝑎 |𝐴̂2 |𝑎 ⟩ − 2𝑎2 ⟨𝑎 |𝑎 ⟩ + 𝑎2 ⟨𝑎 |𝑎 ⟩ = ⟨𝑎 |𝐴̂2 |𝑎 ⟩ − 2𝑎2 + 𝑎2
= ⟨𝑎 |𝐴̂2 |𝑎 ⟩ − 𝑎2 = ∆𝐴2 = 0
Par conséquent |𝑎 〉 = 𝐴̂|𝑎 〉 − 𝑎|𝑎 〉 = 0 𝐴̂|𝑎 〉 = 𝑎|𝑎 〉

Les vecteurs propres ayant des valeurs propres différentes sont orthogonaux.

Remarque :
1 – Les résultats obtenus lors de la mesure d’une grandeur physique sont les valeurs propres de
l’opérateur associé.
2 – Les vecteurs propres sont des états où la grandeur physique est parfaitement définie, sa mesure
donnant avec certitude la valeur propre associée.
3 – Immédiatement après la mesure, le système est dans un état propre de l’opérateur associé à la
valeur propre mesurée.

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4 – De façon générale, pour un opérateur linéaire 𝐴̂, il peut y avoir plusieurs vecteurs propres
associés à une même valeur propre 𝑎 : on parle alors de dégénérescence de vecteurs propres et on
note|𝑎, 𝛼〉 les vecteurs propres correspondants. Ainsi :

𝐴̂|𝑎, 𝛼〉 = 𝑎|𝑎, 𝛼〉 (1.79)

8. 2 Détermination pratique des valeurs et vecteurs propres dans une base orthonormée {|𝒖𝒏 〉}
Considérons {𝒄𝒏 } les composantesdans la base {|𝒖𝒏 〉}d’un vecteur propre associé à la valeur
propre 𝑎. L’équation aux valeurs propres se traduit de façon matricielle par :

⟨𝑢1 |𝐴̂|𝑢1⟩ ⋯ ⟨𝑢1|𝐴̂|𝑢𝑝⟩ 𝑐1 𝑐1


( ⋮ ⋱ ⋮ )( ) = 𝑎( ⋮ )
⋮ (1.80)
⟨𝑢𝑛 |𝐴̂|𝑢1⟩ ⋯ ⟨𝑢𝑛 |𝐴̂|𝑢𝑝⟩ 𝑐𝑛 𝑐𝑛

Si l’on note 𝐴𝑛𝑝 = ⟨𝑢𝑛 |𝐴̂|𝑢𝑝 ⟩ les éléments de matrice de l’opérateur 𝐴̂, on peut écrire :

𝐴11 − 𝑎 ⋯ 𝐴1𝑝 𝑐1 0
( ⋮ ⋱ ⋮ )( ⋮ ) = (⋮) (1.81)
𝐴𝑛1 ⋯ 𝐴𝑛𝑝 − 𝑎 𝑐𝑛 0

Le vecteur propre étant non nul, la matrice d’éléments 𝐴𝑛𝑝 − 𝑎𝛿𝑛𝑝 ne doit pas être inversée,
ce qui oblige son déterminant à être nul :

𝑑𝑒𝑡{𝑀𝑎𝑡𝑟𝑖𝑐𝑒 𝑜𝑝é𝑟𝑎𝑡𝑒𝑢𝑟 − 𝑎𝑀𝑎𝑡𝑟𝑖𝑐𝑒 𝑖𝑑𝑒𝑛𝑡𝑖𝑡é} = 0 (1.82)

La résolution de cette équation fournit les valeurs propres 𝑎 ; les vecteurs propres
correspondants sont obtenus en résolvant le système linéaire suivant :

∑𝑝 𝐴𝑛𝑝 𝐶𝑝 = 𝐶𝑛 (1.83)

8.3 Diagonalisation d’une matrice 2 × 2 hermitienne


Nous aurons souvent l’occasion de diagonaliser des matrices 2 × 2 [Link] forme la plus
générale d’une telle matrice dans une base {|1⟩, |2⟩},
𝐴 𝐴12
|1⟩ = (1) et |2⟩ = (0) est 𝐴 = ( 11 )=( ∗
𝑎 𝑏
)
0 1 𝐴21 𝐴22 𝑏 𝑎′
ou a et a’sont des nombres réels, b étant a priori complexe. Cependant nous verrons qu’en
mécanique quantique il est toujours possible de redéfinir la phase des vecteurs de base
|1⟩ → |1′ ⟩ = 𝑒 𝑖𝛼 |1⟩, |2⟩ → |2′ ⟩ = 𝑒 𝑖𝛽 |2⟩
Dans cette nouvelle base, l’élément de matrice 𝐴′12 de l’operateur A est
𝐴′12 = ⟨1′|𝐴|2′ ⟩ = 𝑒 𝑖(𝛽−𝛼) ⟨1|𝐴|2⟩ = 𝑒 𝑖(𝛽−𝛼) 𝐴12 = 𝑒 𝑖(𝛽−𝛼) 𝑏
Si 𝑏 = |𝑏|𝑒𝑥𝑝(𝑖𝛿), il suffit de prendre (𝛼 − 𝛽) = 𝛿pour éliminer la phase de b, qui peut donc être
choisi réel. Le cas le plus simple est celui ou 𝑎 = 𝑎′
𝐴 𝐴12 𝑎 𝑏
𝐴 = ( 11 )=( )
𝐴21 𝐴22 𝑏 𝑎
Dans ce cas, on vérifie immédiatement que les deux vecteurs |+ ⟩et |− ⟩ tels que
1 1 1 −1
|+ ⟩ = ( ) et |− ⟩ = ( )
√2 1 √2 1
sont vecteurs propres de 𝐴avec les valeurs propres (𝑎 + 𝑏)et (𝑎 − 𝑏)respectivement.
Pour un opérateur auto-adjoint, les valeurs propres sont réelles.

Cours de mécanique quantique 2023-2024 21


Démonstration :
En effet :
⟨𝑎, 𝛼|𝐴̂|𝑎, 𝛼⟩ = 𝑎⟨𝑎, 𝛼|𝑎, 𝛼⟩ = 𝑎∗ ⟨𝑎, 𝛼|𝑎, 𝛼⟩(𝑎 − 𝑎∗ )⟨𝑎, 𝛼|𝑎, 𝛼⟩ = 0, ⟨𝑎, 𝛼|𝑎, 𝛼⟩
≠ 0 (𝑎 − 𝑎∗ ) = 0  𝑎 = 𝑎∗

Les vecteurs propres ayant des valeurs propres différentes sont orthogonaux.
Démonstration :
Soient 𝑎𝑖 , 𝑎𝑗 les valeurs propres des vecteurs |〉, |〉
𝐴̂|〉 = 𝑎𝑖 |〉; 𝐴̂|〉 = 𝑎𝑗 |〉
Multipliant la première égalité par|〉 𝑒𝑡 la seconde par |〉on obtient :
⟨|𝐴̂|⟩ = 𝑎𝑖 ⟨|⟩ (a)
⟨|𝐴|⟩ = 𝑎𝑗 ⟨|⟩
̂ (b)
On sait que
∗ ∗
⟨|𝐴̂|⟩ = (⟨|𝐴̂|⟩) = 𝑎𝑗∗ ⟨|𝐴̂|⟩ = 𝑎𝑗∗ ⟨|𝐴̂|⟩ (c)
Comparant (a) et (c) on obtient :
𝑎𝑖 ⟨|⟩ = 𝑎𝑗∗ ⟨|⟩(𝑎𝑖 − 𝑎𝑗∗ )⟨|⟩ = 0 puisque 𝑎𝑖 − 𝑎𝑗∗ ≠ 0 ⟨|⟩ = 0
Les vecteurs propres sont orthogonaux.

Chapitre 3 De la dualité Onde –corpuscule à la mécanique quantique.


3.1 Effet photoélectrique
1. 1 Définition
A la fin du 18ième siècle l’on a expérimentalement observé que lorsque les rayons lumineux du
spectre visible ou le rayonnement ultraviolet tombent à la surface d’un métal, il y a émission ou
extraction d’électrons.
Ainsi, on appelle Effet-photoélectrique ou Photoélectrique l’extraction des électrons de la matière
sous l’action des rayonnements (UV, IR, RX).
Pour étudier les caractéristiques de ce phénomène le dispositif suivant est utilisé
Lumière Tube à vide

Anode Cathode

R
V
A

Dans un tube à vide (cellule photo-électrique) sont placés une plaque métallique appelée
cathode et un filament appelé anode. La cathode portée à un potentiel V C reçoit un rayonnement
excitateur de fréquence  et de puissance P. L’anode portée à un potentiel VA recueille les électrons
émis par la cathode.
1. 2 Résultats expérimentaux
Lorsqu’on éclaire la cathode, il apparaît entre l’anode et la cathode un courant électrique
dont l’intensité est fonction du matériau de la cathode, de la différence de potentiel UAC et de la
fréquence  de la lumière.
L’expérience consiste à mesurer l’intensité du courant qui traverse la cellule photoélectrique
en fonction des trois paramètres expérimentaux :

Cours de mécanique quantique 2023-2024 22


La puissance P du rayonnement incident, c’est-à-dire la quantité d’énergie apportée par la lumière
à la cathode par unité de temps,
La fréquence  du rayonnement incident, à laquelle correspond la longueur d’onde
𝐶
= (2.1)
La différence de potentiel U AC= VA - VC
Les résultats expérimentaux sont donnés par l’étude des caractéristiques suivantes :
a) b)
I I
IS 𝑃1

IS
𝑃2 < 𝑃1

S U

Courbe de l’intensité du courant électrique I en -U0
fonction de la fréquence  (P=cste, U =cste) Caractéristique courant-tension de(P=cste, =cste)

c) d)
IS |𝑈0 |

s,Na 
ℎ𝑠,𝑁𝑎 s,Zn
S |𝑒 | ℎ𝑠,𝑍𝑛
Courbe de l’intensité du courant I en |𝑒 |
fonction du module du vecteur Pointing Courbe du potentiel d’arrêt en fonction de la fréquence 

- Lorsque  < 𝑆 (fréquence seuil)


le phénomène de photoélectrique ne se produit pas pour le matériau de la cathode (fig. a),
- Lorsque 𝑈𝐴𝐶 > 0 les électrons se déplacent de la cathode vers l’anode, car l’anode exerce une
force d'attraction sur les électrons émis par la cathode : un certain nombre d'électrons (dirigés plus
ou moins vers l’anode) atteint l’anode ce qui donne lieu à l’apparition d’un photo-courant d'intensité
I.
Si UAC augmente la part des électrons émis qui atteignent l’anode s'accroît également.
Pour UAC supérieure à une certaine valeur, tous les électrons émis par la plaque atteignent le fil. Il
en résulte dans le circuit une intensité de saturation (courant de saturation – le maximum
d’électrons est extrait)
𝑛.𝑒
𝐼𝑠 = ∆𝑡
(2.2)

Où n est le nombre d’électrons émis pendant l’intervalle de temps ∆𝑡.


- Lorsque UAC=0, le courant n’est pas nul ; c’est-à-dire, même sans la tension accélératrice, certains
des électrons parviennent à atteindre l’anode (fig. b).
Pour annuler le courant I, une tension U=-U0 (U0 > 0) est nécessaire. U0 est appelé potentiel d’arrêt.
- Lorsque UAC < 0, le champ électrique contribue à repousser les électrons émis par la cathode avec
une certaine énergie cinétique.
Pour 0 > U > −U , certains électrons (dirigés plus ou moins vers le fil) réussissent encore à
AC 0
atteindre ce fil malgré la force de répulsion.

Cours de mécanique quantique 2023-2024 23


Pour U = −U , même les électrons dirigés tout droit vers le fil ne réussissent tout juste plus à
AC 0
l'atteindre.
Pour U < −U , la force de répulsion est encore plus importante et aucun électron n'atteint le fil.
AC 0
Les graphiques (b) et (c) montrent que le nombre d’électrons extraits de la cathode par unité de
temps est proportionnel au flux lumineux, c’est-à-dire le module du vecteur de Pointing

𝐸⃗⃗⋀𝐵
⃗⃗
𝑆⃗ = 𝜇 (2.3)
0

Lorsque l’on change la nature de la cathode, on constate que la fréquence de seuil varie mais
la pente de |𝑈0 | en fonction de  se trouve être indépendante de la nature du métal (fig. d).
Soient 𝑣⃗ la vitesse d’un électron libéré, m sa masse et –e sa charge. Animé d’une énergie cinétique
1
𝐸𝑐 = 𝑚𝑣 2 , (2.4)
2

l’électron peut passer le champ de freinage créé par la différence de potentiel U si


1
𝐸𝑐 = 𝑚𝑣 2 ≥ 𝑒𝑈0 (2.5)
2

1
2𝑒𝑈0 2
Soit 𝑣 = ( )
𝑚
Les électrons sont normalement liés au métal et le travail de sortie W0 est caractéristique du métal
utilisé. Si l’on veut extraire un électron au métal, il faut lui fournir une énergie supérieure ou égale
à W0. Donc un photon ne pourra extraire un électron du métal que si son énergie est supérieure ou
égale àW0 :

ℎ ≥ 𝑊0 = ℎ𝑠 (2.6)

C’est-à-dire s (fréquence seuil).


Lorsque s, l’énergie excédentaire du photon est emportée par l’électron sous forme d’énergie
cinétique :
1 1
ℎ = 𝑊0 + 2 𝑚𝑣 2  ℎ( − 𝑠 ) = 2 𝑚𝑣 2 (2.7)

La contre-tension ou potentiel de retardement à vaincre est déterminée par la relation :

1 ℎ(−𝑠)
𝑒𝑈0 = 2 𝑚𝑣 2 = ℎ( − 𝑠 )𝑈0 = 𝑒
(2.8)

3.2 Hypothèse de LOUIS DE BROGLIE et Effet Compton


Hypothèse de LOUIS DE BROGLIE
Partons de la relation𝐸 = ℏ𝜔pour n = 1 reliant l’énergie et lafréquence d’un photon, aussi appelée
relation de Planck-Einstein. Un photon possède une impulsion :

𝐸 ℏ𝜔
𝑝= 𝑐
= 𝑐
(2.9)

Avec h=6,626.10-34 J. s
Mais compte tenu de 𝜔 = 𝑐𝑘 et de ce que l’impulsion et le vecteur d’onde sont parallèles et de
même sens, on aboutit à la relation vectorielle suivante

𝑝⃗ = 2𝜋 𝑘⃗⃗ = ℏ𝑘⃗⃗ (2.10)

Cours de mécanique quantique 2023-2024 24


entre 𝑝⃗ et 𝑘⃗⃗
Cette équation se traduit aussi par une relation (cette fois scalaire) entre impulsion et longueur
d’onde λ, la longueur de de Broglie :


𝑝=𝜆 (2.11)

L’hypothèse de de Broglie est que les relations (2.10) et (2.11) sont valables pour toutes les
particules. Selon cette hypothèse, une particule d’impulsion𝑝⃗possède des propriétés ondulatoires
caractéristiques d’une longueur d’onde λ = h/p. Si 𝑣 ≪ 𝑐, on utilisera 𝑝⃗ = 𝑚𝑣⃗. Si cette hypothèse
est correcte, on doitpouvoir observer avec des particules des propriétés caractéristiques des
ondescomme les interférences et la diffraction.

3.3 Effet Compton


Après la découverte en 1895 par W. K. RÖNTGEN du rayonnement électromagnétique de grande
fréquence (rayonnement Röntgen), la diffusion de ce rayonnement dans une matière fut un sujet à
réfléchir.
Sous l’action du champ électromagnétique de l’onde lumineuse dans le métal, les électrons
acquièrent un mouvement de rotation de même fréquence que l’onde lumineuse. Ces électrons
deviennent ainsi une seconde source de rayonnement appelé diffusion de THOMSON J. J. Compton
a étudié la distribution de l’intensité du rayonnement diffusé (dépend de la direction du
rayonnement) et a mesuré la longueur d’onde de ce rayonnement.
C
D
S M 

Dispositif expérimental de mesure.

Pour la conservation de l’énergie totale et de la quantité de mouvement l’on considérera le


mouvement dans un plan.
y y

ħ𝑘⃗⃗

⃗⃗⃗⃗⃗0
ħ𝑘 𝑒⃗⃗⃗⃗⃗
𝑦 ⃗⃗⃗⃗⃗0
ħ𝑘 𝑒⃗⃗⃗⃗⃗
𝑦
x  x
𝑒𝑥
⃗⃗⃗⃗⃗  ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑒𝑥
Avant le choc Après le choc
𝑚𝑣⃗
Une onde monochromatique de Röntgen de longueur d’onde 0 est envoyée de la source S vers une
cible de graphite M qui diffuse l’onde dans des directions différentes. Sous l’angle , à l’aide du
cristal C et du détecteur D l’on mesure l’intensité du rayonnement et sa longueur d’onde. On a
obtenu les graphiques suivants :

Cours de mécanique quantique 2023-2024 25


a) b) =45°
=0°


0 0 

c) d)
=90° =135°

0  0 
Sur les graphiques on remarque pour 0° il y a l’existence de deux pics ; le premier correspond à
=0 et le second à 0. L’apparition d’une nouvelle longueur d’onde autre que 0 dans le
rayonnement diffusé sur les électrons est appelé EFFET COMPTON. Dans la diffusion Compton,
nous avons une collision élastique. Donc la conservation de l’énergie et de la quantité de
mouvement nous permet d’écrire :

⃗⃗⃗⃗⃗0 = ħ𝑘⃗⃗ + 𝑚𝑣⃗


ħ𝑘 = (2.12)
ħ0 + 𝑚0 𝐶 2 = ħ + 𝑚𝐶 2 (2.13)

Projetant l’équation (2.12) selon les axes 𝑂𝑥 et 𝑂𝑦 nous obtenons :

ħ𝑘0 − ħ𝑘𝑐𝑜𝑠 = 𝑚𝑣𝑐𝑜𝑠 (2.14)


ħ𝑘𝑠𝑖𝑛𝜃 = −𝑚𝑣𝑠𝑖𝑛𝛼 (2.15)

Les relations (2.14) et (2.15) combinées à (2.13) permettent de calculer, pour un angle de diffusion
:
- Le déplacement Compton ∆ =  − 0,
- La vitesse 𝑣 de l’électron de recul.
Elevant au carré (2.14) et (2.15), puis sommant le résultat on obtient :

𝑚02𝐶 2 𝛽 2
𝑚2 𝑣 2 = ħ2 (𝑘02 + 𝑘 2 − 2𝑘0 𝑘𝑐𝑜𝑠𝜃) = 1−𝛽 2
(2.16)

L’équation (2.13), après transformation, élevée au carré peut s’écrire sous la forme :

𝑚02𝐶 4
1−𝛽 2
= [𝑚0 𝐶 2 + ħ(0 − )]2 (2.17)

La comparaison des équations (2.16) et (2.17) donne :


𝑘 𝑘
𝑘0 − 𝑘 = 𝑚0 ħ (1 − 𝑐𝑜𝑠𝜃) (2.18)
0

Cours de mécanique quantique 2023-2024 26


Cette relation peut, en faisant intervenir les longueurs d’onde, s’écrire aussi sous la forme :

2𝜋 2𝜋 4𝜋 2ħ
0
− 
= (1 − 𝑐𝑜𝑠𝜃) (2.19)
0  𝑚0 𝐶

Finalement nous obtenons :

2𝜋ħ
∆ =  − 0 = 𝑚 𝐶 (1 − 𝑐𝑜𝑠𝜃) (2.20)
0

On appelle longueur d’onde Compton la quantité :


2𝜋ħ
⋀ = 𝑚 𝐶 ≈ 0,02426Å (2.21)
0

Remarque : La formule (2.20) montre que la longueur d’onde  du rayonnement diffusé est
supérieure à celle du rayonnement incident, c’est-à-dire 0. Cela signifie qu’une partie de l’énergie
est transmise à l’électron

3.4 Quantification de l’énergie.


4.1 Rayonnement du corps noir (Hypothèse de planck)
Les sources lumineuses peuvent grossièrement être classées en deux types : les sources thermiques
et les sources non-thermiques (les sources spectrales, diodes électroluminescentes, lasers). La
lumière émise par des atomes, des molécules ou des solides dans les conditions d’équilibre
thermique, et en absence de toute source d’énergie extérieure, est d’origine thermique.
Malgré la grande variété de compositions et de géométries des sources thermiques, les
caractéristiques des rayonnements thermiques sont remarquablement similaires. C’est pourquoi
on peut comprendre la nature de la lumière émise par ces sources en s’intéressant à celle émise
par un dispositif simple comme le corps noir qui est un absorbeur idéal : il absorbe de façon
égale toutes les radiations, quelle que soit la fréquence.

Théoriquement, on réalise un corps noir en perçant un trou dans une enceinte et les radiations qui
pénètrent par le trou ne sortent plus, car elles se réfléchissent indéfiniment sur les parois. Ainsi un
corps noir chauffé à température élevée émet de la lumière (comme le fait un barreau de fer chauffé),
et, à température égale, son rayonnement est plus puissant que celui de n’importe quel autre corps.
Le qualificatif de noir vient de l’aspect sombre d’un tel corps qui, à température ambiante, ne
rayonne pas dans le visible ; au zéro absolu, il apparaît totalement noir.

Modèle du corps noir [D’après Microsoft Encarta].

Cours de mécanique quantique 2023-2024 27


Jusqu’à la fin du XIXe siècle, l’on pensait que la théorie classique avait presque tout dit sur la nature.
Mais cette théorie fut fortement ébranlée quand il fallu expliquer les résultats expérimentaux de
l’exitance (L'exitance ou émittance est une grandeur utilisée en photométrie et en radiométrie - flux
lumineux par unité de surface 𝑀(𝜔, 𝑇) du rayonnement du corps noir. Par exemple, lorsqu’on
chauffe un morceau de fer, de sa couleur grise à température ambiante, il passe au rouge vers 600°C
puis au blanc vers 2000°C. Au delà, il passe à l’ultra violet (domaine des hautes fréquences), qui
n’est plus dans le spectre visible. En deçà de 600°C le rayonnement qu’il émet se situe dans
l’infrarouge (domaine des basses fréquences) qui n’est pas non plus visible. Ce rayonnement ne
dépend pas de la nature du corps.

La matière est constituée de corpuscules localisés, alors que le rayonnement est défini à un instant
donné par un champ électromagnétique en tout point de l’espace. Les deux types d’objets
s’accommodent d’une variation continue d’énergie puisqu’il est possible de modifier la vitesse des
particules ou l’intensité du champ électromagnétique de quantités aussi faibles que l’on le veut.
L’exitance, dont les pics se déplacent vers les courtes longueurs d’onde était décrite par deux lois
empiriques classiques contradictoires.

Distribution d’exitance pour diverses températures.


 Celle de Wien, proposée en 1893, ne rendait compte de façon satisfaisante que des résultats
expérimentaux à hautes fréquences,
ħ𝜔
ħ𝜔 3 −
𝑀(𝜔, 𝑇) = 4𝜋2𝐶 2 𝑒 𝐾𝐵 𝑇
(2.22)

 En 1900, en utilisant le théorème d’équipartition de l’énergie de la thermodynamique


statistique de Boltzmann, Rayleigh et Jeans proposèrent une formule reproduisant
remarquablement la densité spectrale à basses fréquences.
𝐾 𝑇
𝑀(𝜔, 𝑇) = 2𝜋𝐵2𝐶 2 𝜔2 (2.23)

Non seulement cette formule était inadaptée à hautes fréquences, mais elle conduisait à cette
absurdité manifeste que l’énergie totale obtenue par intégration sur toutes les fréquences était
infinie.

C’est alors que Max Planck eut l’idée d’étudier un corps noir aux parois constituées d’oscillateurs
électromagnétiques et postulat sa fameuse formule empirique,

Cours de mécanique quantique 2023-2024 28


𝜔2 ħ𝜔
𝑀(𝜔, 𝑇) = 4𝜋2𝐶 2 ħ𝜔 (2.24)
𝑒 𝐾𝐵𝑇 −1

qui dans la gamme de fréquences correspondantes, se réduisait soit à la formule de Wien (Eq. (2.22))
pour ħ𝜔 ≫ 𝐾𝐵 𝑇, soit à celle de Rayleigh-Jeans (Eq. (2.23)) pour ħ𝜔 ≪ 𝐾𝐵 𝑇.

Réfléchissant sur la signification physique de sa formule, Planck émit deux hypothèses


proprement géniales et révolutionnaires :

 Un oscillateur ne peut posséder qu’une énergie quantifiée

𝐸𝑛 = 𝑛ħ𝜔 (2.25)
𝑛 = 0, 1, 2, ⋯

 Les oscillateurs n’émettent pas continuellement de l’énergie, ils émettent seulement par
sauts ou quanta. Cette énergie est émise lorsque l’oscillateur saute d’un état quantique
à un autre :
∆𝐸 = ∆𝑛ħ𝜔 (2.26)

kB = 1.3806568.10−23 JK−1 = 8.617385.10−5 eVK−1 – Constante de Boltzmann,


C – La vitesse de la lumière,
ħ=1,05456 10-34 kg. m2.s-1 – Constante réduite de Planck.

4. 2 Loi de Stefan-Boltzmann
Cette loi énonce que la puissance totale P émise par un corps noir par unité de surface A (ou exitance
totale) est proportionnelle à la quatrième puissance de sa température absolue :
𝑃
= ∫ 𝑀(𝜔, 𝑇)𝑑𝜔 = 𝜎𝑇 4 (2.27)
𝐴

𝜋 2𝐾 4 2𝜋 5𝑘 4
𝜎 = 60ħ2 𝐶𝐵2 = 15ℎ 3𝐶 2 = 5,67051. 10−8 𝑊𝑚−2 𝐾 −4 - constante de Stefan-Boltzmann

4. 3 Mouvement circulaire
Le mouvement planétaire de l’atome stipule la présence d’un noyau positif de charge 𝑧|𝑒| autour
duquel graphitent des électrons négatifs. L’électron est soumis à une force centripète radiale :

𝑧𝑒 2
𝐹 = 4𝜋𝜀 2
(2.28)
0𝑟

Et possède une énergie potentielle

𝑧𝑒 2
𝐸𝑝 = − 4𝜋𝜀 (2.29)
0𝑟

La vitesse linéaire de l’électron est telle que la force centripète soit égale à la masse de l’électron
multipliée par l’accélération radiale :

𝑧𝑒 2 𝑣2
𝐹 = 4𝜋𝜀 2
=𝑚 (2.30)
0𝑟 𝑟

Cours de mécanique quantique 2023-2024 29


Il s’ensuit l’énergie cinétique

𝑧𝑒 2
𝐸𝐶 = (2.31)
8𝜋𝜀0 𝑟

Et l’énergie totale

𝑧𝑒 2 𝑧𝑒 2 𝑧𝑒 2 𝜎2
𝐸 = 8𝜋𝜀 𝑟 − 4𝜋𝜀 = − 8𝜋𝜀 = − 2𝑚𝑟2 (2.32)
0 0𝑟 0𝑟

Avec 𝜎 = 𝑚𝑣𝑟 - moment cinétique


De ces égalités, il ressort que le rayon de l’orbite et l’énergie totale s’écrivent en fonction de 𝜎
comme suit :
4𝜋𝜀0 𝜎 2 𝑚𝑧 2 𝑒 4
𝑟= 𝑚𝑧𝑒 2
et 𝐸 = − 32𝜋2𝜎 2𝜀2 (2.33)
0

4.4 Quantification de l’énergie


L’expérience a montré que l’atome ne pouvait emmagasiner que certaines énergies discrètes. Ainsi,
pour l’atome d’hydrogène (z=1), les résultats expérimentaux sont parfaitement expliqués si on
admet que le moment cinétique ne peut prendre que des valeurs multiples de la constante réduite de
Planck ħ, c’est-à-dire :
𝜎 = 𝑛ħ (2.34)

L’énergie associée à ce moment cinétique s’écrit :

𝑚𝑒 4 𝐸
𝐸𝑛 = − 32𝜋2 𝜀2𝑛2 ħ2 = − 𝑛12 (2.35)
0

𝑚𝑒 4
Avec - 𝐸1 = 32𝜋2𝜀2ħ2
0
Ce qui explique parfaitement les spectres d’émission de l’atome d’hydrogène. Le rayon de l’orbite
correspondant à cette énergie est :

4𝜋𝜀 𝑛2ħ2
0
𝑟𝑛 = 𝑚𝑒 2
(2.36)
Le rayon 𝑎0 de la première orbite de Bohr, correspondant à n=1 (état fondamental) vaut :
4𝜋𝜀0 ħ2
𝑎0 = = 0,529 Å (2.37)
𝑚𝑒 2

4.5. Fonction d’onde


La description microscopique d’une particule en termes de fonction d’onde peut se faire en utilisant
soit :
⃗⃗⃗.𝑟
𝑖𝑝 ⃗⃗
1
(𝑟⃗, 𝑡) = 3 ∫ (𝑝⃗, 𝑡)𝑒 ħ 𝑑3 𝑝⃗ (2.38)
(2𝜋ħ)2

Ou soit avec sa transformée de Fourier (𝑝⃗, 𝑡) par rapport à la position 𝑟⃗ :


⃗⃗⃗.𝑟
𝑖𝑝 ⃗⃗
1
(𝑝⃗, 𝑡) = 3 ∫  (𝑟
⃗, 𝑡)𝑒 ħ 𝑑3 𝑟⃗ (2.39)
(2𝜋ħ)2

Pour une particule libre, la décomposition de la fonction d’onde en termes d’ondes planes de De
Broglie donne directement :

Cours de mécanique quantique 2023-2024 30


3 −𝐸.𝑡
(𝑝⃗, 𝑡) = (2𝜋ħ)2 (𝑝⃗)𝑒 ħ (2.40)

𝑃2
avec 𝐸 =
2𝑚
(𝑝⃗) étant la fonction qui définit le paquet d’ondes.
La fonction (𝑝⃗, 𝑡) contient la même information que (𝑟⃗, 𝑡) : connaître l’une de ces fonctions,
c’est connaître l’autre.  et  ne sont donc que deux écritures différentes d’un même être
mathématique représentant l’état de la particule.

Chapitre 4 : Le moment cinétique


4. 1 Expression des opérateurs 𝑳̂𝒙 , 𝑳̂𝒚 𝒆𝒕 𝑳̂𝒛
En mécanique classique le moment cinétique a pour expression

𝐿𝑥 = 𝑦𝑃𝑧 − 𝑧𝑃𝑦
⃗𝐿⃗ = 𝑟⃗𝑝⃗ { 𝐿𝑦 = 𝑧𝑃𝑥 − 𝑥𝑃𝑧 (3.1)
𝐿𝑧 = 𝑥𝑃𝑦 − 𝑦𝑃𝑥

Les opérateurs associés à ces trois composantes s’obtiennent en substituant à chaque grandeur
apparaissant dans le produit vectoriel son opérateur associé :

𝑥 → 𝑥̂ = 𝑥; 𝑦 → 𝑦̂ = 𝑦; 𝑧 → 𝑧̂ = 𝑧
𝜕 𝜕 𝜕
𝑃𝑥 → 𝑃̂𝑥 = −𝑖ħ ; 𝑃𝑦 → 𝑃̂𝑦 = −𝑖ħ ; 𝑃𝑧 → 𝑃̂𝑧 = −𝑖ħ (3.2)
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧

On obtient pour les opérateurs 𝑳̂𝒙 , 𝑳̂𝒚 𝒆𝒕 𝑳̂𝒛 :


𝜕 𝜕
𝐿̂𝑥 = −𝑖ħ (𝑦 − 𝑧 )
𝜕𝑧 𝜕𝑦
𝜕 𝜕
𝐿̂𝑦 = −𝑖ħ (𝑧 𝜕𝑥 − 𝑥 𝜕𝑧 ) (3.3)
𝜕 𝜕
𝐿̂𝑧 = −𝑖ħ (𝑥 −𝑦 )
𝜕𝑦 𝜕𝑥
L’opérateur associé au carré du moment cinétique 𝐿̂2 joue un rôle important et a comme expression :
𝐿̂2 = 𝐿̂2𝑥 + 𝐿̂2𝑦 + 𝐿̂2𝑧 (3.4)

4. 2 Expression analytique des opérateurs 𝑳̂𝒛 et 𝑳̂𝟐 en coordonnées sphériques


Les coordonnées cartésienne et sphérique sont liées entre elles par les relations suivantes :
𝑧

𝑟⃗
𝜃
𝑂 𝑦

𝜑
𝑥

𝐻
𝑥 = 𝑟𝑠𝑖𝑛𝜃𝑐𝑜𝑠𝜑; 𝑦 = 𝑟𝑠𝑖𝑛𝜃𝑠𝑖𝑛𝜑; 𝑧 = 𝑟𝑐𝑜𝑠𝜃 (3.5)

Cours de mécanique quantique 2023-2024 31


Avec 𝑟 = √𝑥 2 + 𝑦 2 + 𝑧 2 , 0 < 𝑟 < ∞
𝑧 𝑥
𝜃 = 𝑎𝑟𝑐𝑐𝑜𝑠 ( ) ; 0 ≤ 𝜃 ≤ 𝜋, 𝜑 = 𝑎𝑟𝑐𝑐𝑜𝑠 ( ) ; 0 ≤ 𝜑 ≤ 2𝜋
√𝑥 2+𝑦 2+𝑧 2 √𝑥 2+𝑦 2 +𝑧 2
Exprimons les différentielles totales de x, y et z :

𝑑𝑥 = 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑐𝑜𝑠𝜑𝑑𝑟 + 𝑟𝑐𝑜𝑠𝜃𝑐𝑜𝑠𝜑𝑑𝜃 − 𝑟𝑠𝑖𝑛𝜃𝑠𝑖𝑛𝜑𝑑𝜑


𝑑𝑦 = 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑠𝑖𝑛𝜑𝑑𝑟 + 𝑟𝑐𝑜𝑠𝜃𝑠𝑖𝑛𝜑𝑑𝜃 + 𝑟𝑠𝑖𝑛𝜃𝑐𝑜𝑠𝜑𝑑𝜑 (3.6)
𝑑𝑧 = 𝑐𝑜𝑠𝜃𝑑𝑟 − 𝑟𝑠𝑖𝑛𝜃𝑑𝜃

Les relations (3.6) peuvent être écrites comme une transformation orthogonale des différentielles
totales 𝑑𝑟, 𝑟𝑑𝜃, 𝑟𝑠𝑖𝑛𝜃𝑑𝜑 :

𝑑𝑟 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑐𝑜𝑠𝜑 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑠𝑖𝑛𝜑 𝑐𝑜𝑠𝜃 𝑑𝑥


( 𝑟𝑑𝜃 ) = (𝑐𝑜𝑠𝜃𝑐𝑜𝑠𝜑 𝑐𝑜𝑠𝜃𝑠𝑖𝑛𝜑 −𝑠𝑖𝑛𝜃) (𝑑𝑦) (3.7)
𝑟𝑠𝑖𝑛𝜃𝑑𝜑 −𝑠𝑖𝑛𝜑 𝑐𝑜𝑠𝜑 0 𝑑𝑧

Il en résulte :
𝜕𝑟 𝜕𝜃 𝑐𝑜𝑠𝜃𝑐𝑜𝑠𝜑 𝜕𝜑 𝑠𝑖𝑛𝜑
= 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑐𝑜𝑠𝜑; = : =−
𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝑟 𝜕𝑥 𝑟𝑠𝑖𝑛𝜃

Et finalement :

𝜕 𝜕𝑟 𝜕 𝜕𝜃 𝜕 𝜕𝜑 𝜕 𝜕 𝑐𝑜𝑠𝜃𝑐𝑜𝑠𝜑 𝜕 𝑠𝑖𝑛𝜑 𝜕
𝜕𝑥
= 𝜕𝑥 𝜕𝑟 + 𝜕𝑥 𝜕𝜃 + 𝜕𝑥 𝜕𝜑 = 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑐𝑜𝑠𝜑 𝜕𝑟 + 𝑟 𝜕𝜃
− 𝑟𝑠𝑖𝑛𝜃 𝜕𝜑
𝜕 𝜕𝑟 𝜕 𝜕𝜃 𝜕 𝜕𝜑 𝜕 𝜕 𝑐𝑜𝑠𝜃𝑠𝑖𝑛𝜑 𝜕 𝑐𝑜𝑠𝜑 𝜕
𝜕𝑦
= 𝜕𝑦 𝜕𝑟 + 𝜕𝑦 𝜕𝜃 + 𝜕𝑦 𝜕𝜑 = 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑠𝑖𝑛𝜑 𝜕𝑟 + 𝑟 𝜕𝜃
+ 𝑟𝑠𝑖𝑛𝜃 𝜕𝜑 (3.8)
𝜕 𝜕𝑟 𝜕 𝜕𝜃 𝜕 𝜕𝜑 𝜕 𝜕 𝑠𝑖𝑛𝜃 𝜕
𝜕𝑧
= 𝜕𝑧 𝜕𝑟 + 𝜕𝑧 𝜕𝜃 + 𝜕𝑧 𝜕𝜑 = 𝑐𝑜𝑠𝜃 𝜕𝑟 − 𝑟 𝜕𝜃
Ou encore par la transformation inverse :

𝑑𝑥 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑐𝑜𝑠𝜑 𝑐𝑜𝑠𝜃𝑐𝑜𝑠𝜑 −𝑠𝑖𝑛𝜑 𝑑𝑟


(𝑑𝑦) = ( 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑠𝑖𝑛𝜑 𝑐𝑜𝑠𝜃𝑠𝑖𝑛𝜑 𝑐𝑜𝑠𝜑 ) ( 𝑟𝑑𝜃 ) (3.9)
𝑑𝑧 𝑐𝑜𝑠𝜃 −𝑠𝑖𝑛𝜃 0 𝑟𝑠𝑖𝑛𝜃𝑑𝜑

Ainsi, en tenant compte de ces relations, nous obtenons pour les opérateurs 𝑳̂𝒙 , 𝑳̂𝒚 et 𝑳̂𝒛 :
𝜕
𝐿̂𝑧 = −𝑖ħ 𝜕𝜑
𝜕 𝜕
𝐿̂𝑥 = −𝑖ħ (𝑠𝑖𝑛𝜑 𝜕𝜃 + 𝑐𝑡𝑔𝜃𝑐𝑜𝑠𝜑 𝜕𝜑) (3.10)
𝜕 𝜕
𝐿̂𝑦 = −𝑖ħ (𝑐𝑜𝑠𝜑 𝜕𝜃 − 𝑐𝑡𝑔𝜃𝑠𝑖𝑛𝜑 𝜕𝜑 )

L’expression de 𝑳̂𝟐 , après substitution de (3.10) donne

𝐿̂2 = −ħ2 ∆𝜃,𝜑 (3.11)

1 𝜕 𝜕 1 𝜕2
avec ∆𝜃,𝜑 = 𝑠𝑖𝑛𝜃 𝜕𝜃 (𝑠𝑖𝑛𝜃 𝜕𝜃 ) + 𝑠𝑖𝑛2 𝜃 𝜕𝜑2

4.3 Relations de commutation


Connaissant les relations de commutation des observables de position 𝑟⃗ et d’impulsion 𝑃⃗⃗, on peut
calculer les commutateurs de opérateurs 𝑳̂𝒙 , 𝑳̂𝒚 et 𝑳̂𝒛 entre eux :
Exemple :

Cours de mécanique quantique 2023-2024 32


[𝐿̂𝑥 , 𝐿̂𝑦 ] = [𝑦𝑃̂𝑧 − 𝑧𝑃̂𝑦 , 𝑧𝑃̂𝑥 − 𝑥𝑃̂𝑧 ] = [𝑦𝑃̂𝑧 , 𝑧𝑃̂𝑥 ] + [𝑧𝑃̂𝑦 , 𝑥𝑃̂𝑧 ]
car 𝑦𝑃̂𝑧 commute avec 𝑥𝑃̂𝑧 et 𝑧𝑃̂𝑦 avec 𝑧𝑃̂𝑥 .
[𝐿̂𝑥 , 𝐿̂𝑦 ] = [𝑦𝑃̂𝑧 − 𝑧𝑃̂𝑦 , 𝑧𝑃̂𝑥 − 𝑥𝑃̂𝑧 ] = −𝑖ħ𝑦𝑃̂𝑥 + 𝑖ħ𝑥𝑃̂𝑦 = −𝑖ħ(𝑦𝑃̂𝑥 − 𝑥𝑃̂𝑦 ) = 𝑖ħ𝐿̂𝑧
Des calculs analogues donnent :
[𝐿̂𝑦 , 𝐿̂𝑧 ] = 𝑖ħ𝐿̂𝑥 ; [𝐿̂𝑧 , 𝐿̂𝑥 ] = 𝑖ħ𝐿̂𝑦
Cela signifie qu’il n’existe pas de base diagonalisant simultanément deux de ces opérateurs et a
fortiori les trois à la fois.

[𝐿̂2 , 𝐿̂𝑥 ] = [𝐿̂2𝑥 + 𝐿̂2𝑦 + 𝐿̂2𝑧 , 𝐿̂𝑥 ] = [𝐿̂2𝑥 , 𝐿̂𝑥 ] + [𝐿̂2𝑦 , 𝐿̂𝑥 ] + [𝐿̂2𝑧 , 𝐿̂𝑥 ] (3.12)

Remarque :

[𝐴̂, 𝐵̂ 𝐶̂ ] = [𝐴̂, 𝐵̂ ]𝐶̂ + 𝐵̂ [𝐴̂, 𝐶̂ ] 𝑒𝑡 [𝐴̂𝐵̂ , 𝐶̂ ] = 𝐴̂[𝐵̂ , 𝐶̂ ] + [𝐴̂, 𝐶̂ ]𝐵̂ (3.13)

En appliquant au commutateur (3.12) on obtient :

[𝐿̂2 , 𝐿̂𝑥 ] = [𝐿̂2 , 𝐿̂𝑦 ] = [𝐿̂2 , 𝐿̂𝑧 ] = 0 (3.14)

4 .4 Opérateurs de montée 𝑳̂+ et descente 𝑳̂−


Soient les opérateurs 𝑳̂+ et 𝑳̂− définis par :

𝐿̂+ = 𝐿̂𝑥 + 𝑖𝐿̂𝑦 ; 𝐿̂− = 𝐿̂𝑥 − 𝑖𝐿̂𝑦 (3.15)

Les opérateurs de montée 𝐿̂+ et de descente 𝐿̂− ne sont pas hermitiens, mais sont adjoints l’un de
l’autre.
+ +
(𝐿̂+ ) = 𝐿̂− ; (𝐿̂− ) = 𝐿̂+ (3.16)

Aussi, il s’ensuit que si |⟩ et |⟩ sont deux vecteurs ;


⟨|𝐿̂+ |⟩ = ⟨|𝐿̂− |⟩ 𝑒𝑡 ⟨|𝐿̂+ |⟩ = ⟨|𝐿̂− |⟩ = ⟨|𝐿̂+|⟩ (3.17)

𝑳̂+ et 𝑳̂− ne correspondent pas à des grandeurs physiques mais sont de simples intermédiaires de
calcul. Ils satisfont à un certain nombre de relations de commutation :

[𝐿̂2 , 𝐿̂− ] = [𝐿̂2 , 𝐿̂+ ] = 0 ; [𝐿̂𝑧 , 𝐿̂+ ] = ħ𝐿̂+ 𝑒𝑡 [𝐿̂𝑧 , 𝐿̂− ] = −ħ𝐿̂− (3.18)

On note aussi que :


1
𝐿̂2 = 2 (𝐿̂+ 𝐿̂− + 𝐿̂− 𝐿̂+ ) + 𝐿̂2𝑧 (3.19)

4.5 Fonctions et valeurs propres des opérateurs 𝑳̂𝟐 𝒆𝒕 𝑳


̂𝒛
5.1 Valeurs propres de 𝐿̂𝑧
L’équation aux valeurs propres de 𝐿̂𝑧 qui s’écrit :

𝜕
𝐿̂𝑧 |𝑚, 𝑙〉 = −𝑖ħ |𝑚, 𝑙〉 = 𝑎|𝑚, 𝑙〉 (3.20)
𝜕𝜑

Admet pour solution :

|𝑚, 𝑙; 𝜃, 𝜑〉 = 𝑦𝑙𝑚 (, ) = 𝑓𝑙𝑚 (𝜃)𝑒 𝑖𝑚𝜑 (3.21)


Puisque cette fonction doit être périodique en  et de période 2, alors
Cours de mécanique quantique 2023-2024 33
⟨𝜃, 𝜑|𝑚, 𝑙⟩ = ⟨𝜃, 𝜑 + 2𝜋|𝑚, 𝑙⟩
Ce qui impose

𝑒 𝑖2𝑚𝜋 = 1 (3.22)

La composante 𝐿𝑧 du moment cinétique ne peut prendre comme valeur propre que 𝑚ħ 𝑜ù 𝑚 est un
entier positif, négatif ou nul.

𝐿̂𝑧 |𝑚, 𝑙〉 = 𝑚ħ|𝑚, 𝑙〉 (3.23)

Il s’agit de la condition de quantification de BOHR.

5.2 Valeurs propres de 𝐿̂2 (Propriétés fondamentales)


Si 𝑌𝑙𝑚 = |𝑚, 𝑙〉 est une fonction propre de 𝐿̂2 pour la valeur propre 𝑙(𝑙 + 1)ħ2 alors les fonctions
𝐿̂+ |𝑚, 𝑙〉 et 𝐿̂− |𝑚, 𝑙〉 fonctions propres de 𝐿̂2 avec la même valeur propre. (les opérateurs 𝐿̂2 et
𝐿̂+ commutent)
𝐿̂2 𝐿̂+ |𝑚, 𝑙〉 = 𝐿̂+ 𝐿̂2 |𝑚, 𝑙〉 = 𝑙(𝑙 + 1)ħ2 𝐿̂+ |𝑚, 𝑙〉 = 𝐿̂2 [𝐿̂+ |𝑚, 𝑙〉] = 𝑙(𝑙 + 1)ħ2 [𝐿̂+ |𝑚, 𝑙〉]
𝐿̂+ |𝑚, 𝑙〉 et 𝐿̂− |𝑚, 𝑙〉 s’identifient, à une constante près, à |𝑚 + 1, 𝑙〉 𝑜𝑢 à |𝑚 − 1, 𝑙〉 ∶

𝐿̂+ |𝑚, 𝑙〉 = 𝐶𝑚
+ |𝑚
+ 1, 𝑙〉 de même 𝐿̂− |𝑚, 𝑙〉 = |𝑚 − 1, 𝑙〉 (3.24)

Les conditions de normalisation de |𝑚, 𝑙〉 et |𝑚 + 1, 𝑙〉, puis |𝑚, 𝑙〉 et |𝑚 − 1, 𝑙〉 conduisent à


⟨𝐿̂+ |𝑚, 𝑙|𝐿̂+ |𝑚, 𝑙⟩ = |𝐶𝑚
+ |2 ⟨𝑚
+ 1, 𝑙|𝑚 + 1, 𝑙⟩ (3.25)

Soit en tenant compte du fait que 𝐿̂+ et 𝐿̂− sont adjoints :

+ |2
|𝐶𝑚 = ⟨𝑚, 𝑙|𝐿̂− 𝐿̂+ |𝑚, 𝑙⟩ (3.26)

De même :

− |2
|𝐶𝑚 = ⟨𝑚, 𝑙|𝐿̂+ 𝐿̂− |𝑚, 𝑙⟩ (3.27)

Or 𝐿̂+ 𝐿̂− = 𝐿̂2𝑥 + 𝐿̂2𝑦 + 𝑖(𝐿̂𝑥 𝐿̂𝑦 − 𝐿̂𝑦 𝐿̂𝑥 ) et 𝐿̂− 𝐿̂+ = 𝐿̂2𝑥 + 𝐿̂2𝑦 − ħ𝐿̂𝑧 = 𝐿̂2 − 𝐿̂2𝑍 − ħ𝐿̂𝑧
𝐿̂− 𝐿̂+ |𝑚, 𝑙〉 =(𝐿̂2𝑥 + 𝐿̂2𝑦 − ħ𝐿̂𝑧 )|𝑚, 𝑙〉 = [𝑙(𝑙 + 1) − 𝑚2 − 𝑚]ħ2 |𝑚, 𝑙〉
Ainsi :
+ |2
|𝐶𝑚 = ⟨𝑚, 𝑙|𝐿̂+ 𝐿̂− |𝑚, 𝑙⟩ = [𝑙(𝑙 + 1) − 𝑚2 − 𝑚]ħ2 ⟨𝑚, 𝑙|𝑚, 𝑙⟩
|𝐶𝑚+ | = √𝑙(𝑙 + 1) − 𝑚(𝑚 + 1)ħ

𝐿̂+ |𝑚, 𝑙〉 = √𝑙(𝑙 + 1) − 𝑚(𝑚 + 1)|𝑚 + 1, 𝑙〉 (3.28)

De même

𝐿̂− |𝑚, 𝑙〉 = √𝑙(𝑙 + 1) − 𝑚(𝑚 − 1)|𝑚 − 1, 𝑙〉 (3.29)

Puisque le carré du moment cinétique est nécessairement supérieur au carré d’une de ses
composantes, il s’ensuit :

|𝑚| ≤ √𝑙(𝑙 + 1) (3.30)

Cours de mécanique quantique 2023-2024 34


C’est-à-dire m ne peut prendre que des valeurs entières comprises entre –l et +l.

−𝑙 ≤ 𝑚 ≤ 𝑙 (3.31)

Le carré du moment cinétique ne peut prendre que les valeurs 𝑙(𝑙 + 1)ħ2 où l est un entier positif
ou nul.

Chapitre 5 Notions fondamentales de la mécanique quantique


5.1 Postulats de la mécanique quantique

1. 1 La fonction d’onde ou d’état


Postulat 1 :
Toute particule, ou plus généralement tout système quantique, est défini à l’instant 𝑡 par une
fonction complexe :

(𝑟⃗, 𝑡) = ⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩ (4.1)

appelée fonction d’onde (d’état) ou amplitude de probabilité de présence. La première information


contenue dans cette fonction est la probabilité de présence de la particule.

Postulat 2 :

𝑃(𝑟⃗, 𝑡) = ⟨(𝑡)|(𝑡)⟩ = ⟨(𝑡)|𝑟⃗⟩⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩ (4.2)

est la densité de probabilité de présence de la particule au point 𝑟⃗ et à l’instant t.

∫ 𝑃(𝑟⃗, 𝑡)𝑑𝑟⃗ = ∫⟨(𝑡)|𝑟⃗⟩⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩𝑑𝑟⃗ (4.3)


est la probabilité de trouver (si on effectue une mesure) la particule dans un élément de volume 𝑑𝑟⃗
autour du point 𝑟⃗.

1.2 Opérateurs et résultats de mesure


Postulat 3 :
A chaque grandeur A (position, énergie, moment cinétique), correspond un opérateur 𝐴̂. Les seuls
résultats de mesure possibles de la grandeur physique A sont les valeurs propres de l’opérateur 𝐴̂.
Si 𝐴̂ est l’opérateur associé à la grandeur A, les nombres 𝑎𝑛 tels que :

𝐴̂|〉 = 𝑎𝑛 |〉 (4.4)

sont les seuls résultats de mesure possibles. Les résultats de mesure de grandeurs physiques sont
des grandeurs réelles. Cela impose aux valeurs propres des opérateurs associés d’être réelles. En
conséquence, les opérateurs associés aux grandeurs physiques doivent être hermitiens.
A tout instant t, la fonction ⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩ du système peut s’écrire :

⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩ = ∑𝑚 𝐶𝑚 (𝑡)⟨𝑟⃗|𝑚 ⟩ (4.5)

En multipliant ce ket par ⟨𝑟⃗|𝑚 ⟩ et en utilisant l’orthonormalité des kets propres, (1.6), on trouve
immédiatement l’expression des coefficients.

𝐶𝑛 (𝑡) = ⟨𝑛 |⟩ (4.6)


C’est donc de la connaissance des composantes 𝐶𝑛 que l’on peut prédire les résultats de la mesure
de la grandeur physique A sur le système.

Cours de mécanique quantique 2023-2024 35


En d’autres termes, nous avons :

⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩ = ∑𝑚|𝑎𝑚 〉〈𝑎𝑚 |.⟨𝑟⃗|𝜓⟩ (4.7)

L’axiome d’associativité nous permet de visualiser le produit |𝑎𝑚 〉〈𝑎𝑚 |⟨𝑟⃗|𝜓⟩ soit comme le nombre
〈𝑎𝑚 |⟨𝑟⃗|𝜓⟩ multipliant le ket |𝑎𝑚 〉, soit, ce qui est équivalent, comme l’opérateur |𝑎𝑚 〉〈𝑎𝑚 |.agissant
sur le ket ⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩. Puisque ⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩ est un ket quelconque, on doit avoir

∑𝑁
𝑚=1|𝑎𝑚 〉 〈𝑎𝑚 | = 1 (4.8)

où 1 est l’opérateur identité dans l’espace des états. L’équation (4.8) porte le nom de relation de
fermeture ou relation de complétude ou encore résolution de l’identité.

Postulat 4 :
Soit un système décrit par le vecteur d’état ⟨𝑟⃗|(𝑡)⟩ = ∑𝑛 𝐶𝑛 (𝑡)⟨𝑟⃗|𝑛 ⟩. La probabilité que le
résultat de la mesure de la grandeur A soit, à l’instant t,𝑎𝑛 est :

|𝐶𝑛 |2 . (4.9)

1.3 Mesures successives


Postulat 5 :
Si le résultat de la mesure de la grandeur A effectuée à l’instant t0 sur le système décrit par le vecteur
d’état ⟨𝑟⃗|(𝑡0 )⟩ est ap alors, immédiatement après la mesure, la fonction n’est plus ⟨𝑟⃗|(𝑡0 )⟩ mais
elle est égale au vecteur propre ⟨𝑟⃗|𝜑𝑝 ⟩ associée à ap.

1.4 L’évolution spatio-temporelle


Postulat 6 :
L’évolution spatio-temporelle de la fonction d’état obéit à l’équation :

⃗|⟩
𝜕⟨𝑟
̂⟨𝑟⃗|⟩ = 𝑖ħ
𝐻 (4.10)
𝜕𝑡

5.2 L’inégalité d’Heisenberg (ou relation d’incertitude)


2.1 Position du problème
Considérons un système décrit à l’instant t0 par un vecteur d’état ⟨𝑟⃗|(𝑡0 )⟩. On sepropose de
comparer les distributions de résultats de mesure des grandeurs physiques A et B effectuée à
l’instant t0.
Les opérateurs associés aux grandeurs A et B sont 𝐴̂ 𝑒𝑡 𝐵̂ tels que :
𝐴̂|𝜑𝑛 〉 = 𝑎𝑛 |𝜑𝑛 〉 ; 𝐵̂ | 〉 = 𝑏 | 〉
et ⃗|(𝑡0 )⟩ s’écrit :
⟨𝑟

⟨𝑟⃗|(𝑡0 )⟩ = ∑𝑛 𝐶𝑛 (𝑡0 ) ⟨𝑟⃗|𝜑𝑛 ⟩ 𝑜𝑢 ⟨𝑟⃗|(𝑡0 )⟩ = ∑𝑛 𝐶 (𝑡0 ) ⟨𝑟⃗| ⟩ (4.11)

Le résultat de la mesure de A est an avec la probabilité |𝐶𝑛 |2 et celui de B est b avec la probabilité
|𝐶 |2 . |𝐶𝑛 |2 et |𝐶 |2 sont des lois de distribution statistique des anet b. Elles sont caractérisées par
les valeurs moyennes :

𝐴̅ = ∑𝑛|𝐶𝑛 |2 𝑎𝑛 ; 𝐵̅ = ∑|𝐶 |2 𝑏 (4.12)

Cours de mécanique quantique 2023-2024 36


Et les écarts quadratiques moyens ;

̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅2 ̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅2
𝜎𝑎 = √(𝐴̂ − 𝐼̂𝐴̅) ; 𝜎𝑏 = √(𝐵̂ − 𝐼̂𝐵̅ ) (4.13)

2.2 Relation d’incertitude


Considérons la fonction :

̂ + 𝑖𝐵′
 = (𝐴′ ̂ ) (4.13)

Le produit scalaire ⟨|⟩ est positif ou nul quel que soit le réel , car c’est le carré de la norme de
.
Soit:

̂ − 𝑖𝐵′
⟨(𝐴′ ̂ )|(𝐴′
̂ + 𝑖𝐵′
̂ )⟩ ≥ 0 (4.14)

D’autre part 𝐴′̂ et 𝐵′̂ sont hermitiens, 𝐴′ ̂ − 𝑖𝐵′


̂ et 𝐴′
̂ + 𝑖𝐵′
̂ sont adjoints l’un de l’autre.
L’expression (3.10) s’écrit donc :
̂ − 𝑖𝐵′
⟨|(𝐴′ ̂ )(𝐴′
̂ + 𝑖𝐵′
̂ )|⟩ ≥ 0
⟨|𝐴′ ̂ 𝐴′
̂ |⟩ +  ⟨|𝐵′
2 ̂ 𝐵′
̂ |⟩ + 𝑖⟨|(𝐴′̂ 𝐵′
̂ − 𝐵′
̂ 𝐴′
̂ )|⟩ ≥ 0
Cette inégalité peut se mettre sous la forme :

2 𝜎𝐵2 − ħ + 𝜎𝐴2 ≥ 0 (4.15)

̂ = 𝐴̂ − 𝐼̂𝐴̅ ; 𝐵′
avec 𝐴′ ̂ = 𝐵̂ − 𝐼̂𝐵̅ 𝑒𝑡 [𝐴′
̂ , 𝐵′
̂ ] = 𝑖ħ
L’inéquation (3.11) est un polynôme de second degré en . Il est positif si le discriminant est positif.
Comme nous travaillons dans l’espace de nombre complexe, alors :
ħ
ħ2 − 4𝜎𝐵2 𝜎𝐴2 ≤ 0 𝜎𝐴 𝜎𝐵 ≥ 2 (4.16)

Cette relation notée :


ħ
∆𝐴 ∙ ∆𝐵 ≥ 2 (4.17)

est appelée la relation d’incertitude de Heisenberg.

2. 3 Relation d’incertitude pour la projection du moment cinétique sur l’axe Oz.


En coordonnées cylindriques le mouvement d’une particule autour de l’axe 𝑂𝑧 est caractérisé par
l’azimut  et la projection du moment cinétique sur l’axe 𝑂𝑧. L’opérateur correspondant à cette
projection est :

𝜕
𝐿̂𝑧 = −𝑖ħ 𝜕𝜑 (4.18)

Puisque le commutateur [𝐿̂𝑧 , 𝜑̂] = −𝑖ħ, alors la relation d’incertitude s’écrit :

ħ
∆𝐿𝑧 ∆𝜑 ≥ 2 (4.19)

Cours de mécanique quantique 2023-2024 37


2.4 Relation d’incertitude pour l’énergie.
𝜕 ħ
[𝐸̂ , 𝑡̂] = 𝑖ħ ; 𝐸̂ = 𝑖ħ
𝜕𝑡
 ∆𝐸∆𝑡 ≥
2
(4.20)

Cette relation d’incertitude est identique aux précédentes par la forme, mais différente à
celles-ci par le sens physique. En effet :
La grandeur mesurée n’est pas l’énergie totale d’un état donné, mais la différence d’énergie du
système lors de son passage d’un état à un autre.
Le temps est un processus continu, c’est pour cette raison qu’il n’existe pas de « point moyen » par
rapport auquel on peut considérer ∆𝑡 comme une dispersion de quelques instants.

2.5 Equation de Shrödinger


5.1 Equation stationnaire
Pour la description des ondes de nature quelconque dans des milieux homogènes et dans le vide
avec 𝜔 = 𝑐𝑠𝑡𝑒, l’on utilise le plus souvent l’équation de Helmoltz :

∇2 ⟨𝑟⃗|⟩ + 𝑘 2 ⟨𝑟⃗|⟩ = 0 (4.21)

La relation de De Broglie E=ħω montre que pour ω=cste, alors E=cste. Dans ces conditions nous
pouvons utiliser l’équation de Helmoltz pour les ondes de De Broglie pour une particule dans un
potentiel U avec une énergie totale E=cste.

𝑃2
𝐸 = 2𝑚 + 𝑈 = 𝑐𝑠𝑡𝑒 (4.22)

De la relation (4.18) et celle de De Broglie ;

ħ𝑘⃗⃗ = 𝑃⃗⃗ (4.23)

il ressort que :
2𝑚
𝑘2 = ħ2
(𝐸 − 𝑈) (4.24)

Substituant (4.24) dans (4.21) nous obtenons l’équation stationnaire de Schrödinger :


2𝑚
∇2 ⟨𝑟⃗|⟩ + ħ2
(𝐸 − 𝑈)⟨𝑟⃗|⟩ = 0 (4.25)

Utilisant le formalisme des opérateurs, l’équation (4.25) peut s’écrire :

̂⟨𝑟⃗|⟩ = 𝐸⟨𝑟⃗|⟩
𝐻 (4.26)

ħ2 𝑃̂2
Avec 𝐻 ̂ = − ∇2 + 𝑈(𝑟) = + 𝑈(𝑟)
2𝑚 2𝑚
Remarque :
L’état stationnaire ne correspond à aucun phénomène physique, mais permet de comprendre et de
décrire les phénomènes physiques.
Le vecteur d’état ⟨𝑟⃗|⟩ est l’intégrale de l’équation (4.21) ou (4.26), par contre |⟨𝑟⃗|⟩|2 constitue
la densité de probabilité de localiser une particule au point de coordonnées 𝑟⃗. En d’autres
termes∫|⟨𝑟⃗|⟩|2 𝑑𝑉 est la probabilité de localiser une particule dans le volume dV aux alentours du
point de coordonnées 𝑟⃗. De ces propositions il ressort que la fonction d’état ⟨𝑟⃗|⟩ doit être continue,
unique et finie en tous les points. Dans le domaine de l’espace où l’énergie potentielle 𝑈(𝑟⃗) tend

Cours de mécanique quantique 2023-2024 38


vers l’infini la fonction d’état ⟨𝑟⃗|⟩ doit être égale à zéro. La continuité de la fonction d’état ⟨𝑟⃗|⟩
implique sa nullité aux limites de ce domaine.

5.2 Orthogonalité des fonctions propres.


Deux vecteur d’état possédant des valeurs propres différentes sont orthogonaux.
Démonstration :
Soient deux vecteurs d’état ⟨𝑟⃗|𝑛 ⟩ et ⟨𝑛′ |𝑟⃗⟩ (son expression conjuguée). Ces deux vecteurs sont
des intégrales de l’équation de Schrödinger :
2𝑚
∇2 ⟨𝑟⃗|𝑛 ⟩ + (𝐸𝑛 − 𝑈)⟨𝑟⃗|𝑛 ⟩ = 0 (4.27)
ħ2
2𝑚
∇2 ⟨𝑛′ |𝑟⃗⟩ + ħ2
(𝐸𝑛′ − 𝑈)⟨𝑛′ |𝑟⃗⟩ = 0 (4.28)

Multipliant l’équation (4.27) par ⟨𝑛′ |𝑟⃗⟩ et l’équation (4.28) par ⟨𝑟⃗|𝑛 ⟩, puis faisant la différence
on obtient :
2𝑚
⟨𝑛′ |𝑟⃗⟩∇2 ⟨𝑟⃗|𝑛 ⟩ − ⟨𝑟⃗|𝑛 ⟩∇2 ⟨𝑛′ |𝑟⃗⟩ + (𝐸𝑛 − 𝐸𝑛′ )⟨𝑛′ |𝑟⃗⟩⟨𝑟⃗|𝑛 ⟩ = 0 (4.29)
ħ2

Dans la suite, nous adopterons les écritures suivantes :⟨𝑛′ |𝑟⃗⟩ = 〈𝑛′ | et ⟨𝑟⃗|𝑛 ⟩ = |𝑛 〉. Avec ces
différentes notations l’équation (4.29) s’écrit :
2𝑚
〈𝑛′ |∇2 |𝑛 〉 − 〈𝑛 |∇2 |𝑛′ 〉 + (𝐸𝑛 − 𝐸𝑛′ )⟨𝑛′ |𝑛 ⟩ = 0 (4.30)
ħ2

Réécrivons 〈𝑛′ |∇2 |𝑛 〉 − 〈𝑛 |∇2 |𝑛′ 〉 sous la forme :

〈𝑛′ |∇2 |𝑛 〉 − 〈𝑛 |∇2 |𝑛′ 〉 = ⃗∇⃗(〈𝑛′ |∇


⃗⃗| 〉 − ⟨ |∇
𝑛 𝑛
⃗⃗|𝜓𝑛′ 〉) = 𝑑𝑖𝑣𝐴⃗ (4.31

Avec 𝐴⃗ = (〈𝑛′ |∇
⃗⃗| 〉 − ⟨ |∇
𝑛 𝑛
⃗⃗|𝜓𝑛′ 〉)

Dans ce cas l’équation (4.30) s’écrit :


2𝑚
𝑑𝑖𝑣𝐴⃗ + ħ2 (𝐸𝑛 − 𝐸𝑛′ )⟨𝑛′ |𝑛 ⟩ = 0 (4.31)

Intégrons l’équation (4.31) sur un volume V

2𝑚
∫𝑉 𝑑𝑖𝑣𝐴⃗𝑑𝑉 + ħ2 (𝐸𝑛 − 𝐸𝑛′ ) ∫𝑉 ⟨𝑛′ |𝑛 ⟩𝑑𝑉 = 0 (4.32)

La première intégrale, par le théorème de Gauss peut se transformer en une intégration sur une
surface.

⃗⃗⃗⃗⃗ = ∫ 𝐴𝑛 𝑑𝑆
∫𝑉 𝑑𝑖𝑣𝐴⃗𝑑𝑉 = ∫𝑆 𝐴⃗ ∙ 𝑑𝑆 (4.33)
𝑆

Lorsque 𝑉 → ∞,  → 0 aussi rapidement. Alors A doit tendre vers zéro aussi rapidement comme
1
une fonction proportionnelle à 𝑟 2 , où r est le rayon de la sphère contenant le volume V. En définitif
nous avons :

(𝐸𝑛 − 𝐸𝑛′ ) ∫𝑉 ⟨𝑛′ |𝑛 ⟩𝑑𝑉 = 0 (4.34)

Cours de mécanique quantique 2023-2024 39


Puisque 𝐸𝑛 ≠ 𝐸𝑛′ , 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 ∫𝑉 ⟨𝑛′ |𝑛 ⟩𝑑𝑉 = 0

En général :
1, 𝑛 = 𝑛 ′ , 𝑐𝑜𝑛𝑑𝑖𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑛𝑜𝑟𝑚𝑎𝑙𝑖𝑠𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛
∫𝑉 ⟨𝑛′ |𝑛 ⟩𝑑𝑉 = {
0, 𝑛 ≠ 𝑛 ′ , 𝑐𝑜𝑛𝑑𝑖𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑′𝑜𝑟𝑡ℎ𝑜𝑔𝑜𝑛𝑎𝑙𝑖𝑡é

5.3 Equation non stationnaire. Equation de continuité


Soit la vecteur d’état :
𝐸𝑡
⟨𝑟⃗|⟩ = 𝑒 − ħ ⟨𝑟⃗|⟩ (4.33)

Où 𝐸 = ħ𝜔, et ⟨𝑟⃗|⟩ est l’intégrale de l’équation stationnaire (4.21). A partir de l’expression de


⟨𝑟⃗|⟩, après dérivation, on constate que

𝜕| 〉
𝐸|〉 = −𝑖ħ 𝜕𝑡 (4.34)
En tenant compte de (4.34), l’équation stationnaire s’écrit :

𝜕| 〉 ħ2
−𝑖ħ 𝜕𝑡
= (− 2𝑚 ∇2 + 𝑈) |〉 (4.35)

L’équation conjuguée de (4.35) prend la forme suivante :

𝜕〈 | ħ2
𝑖ħ 𝜕𝑡
= (− 2𝑚 ∇2 + 𝑈) 〈| (4.36)

Multipliant (4.35) par bra 〈| à gauche et (4.36) par ket |〉 à droite, puis faisant la différence nous
obtenons :

𝜕〈 | 𝜕|〉 ħ2 𝜕〈 | 𝜕| 〉 ħ2


𝑖ħ (|〉 𝜕𝑡
+ 〈 | 𝜕𝑡
) + 2𝑚 (|〉∇2 〈| − 〈|∇2 |〉) = 𝑖ħ (|〉 𝜕𝑡
+ 〈| 𝜕𝑡
⃗⃗(|〉∇
) + 2𝑚 ∇ ⃗⃗〈| −
𝜕〈 | 𝜕|〉 ħ2 𝜕
〈|∇
⃗⃗|〉) = 𝑖ħ (|〉 + 〈| ) + 2𝑚 𝑑𝑖𝑣(|〉∇
⃗⃗〈| − 〈|∇
⃗⃗|〉) = ħ ( ⟨|⟩) −
𝜕𝑡 𝜕𝑡 𝜕𝑡
ħ2
𝑖 𝑑𝑖𝑣(|〉∇
⃗⃗〈| − 〈|∇
⃗⃗|〉) = 0 (4.37)
2𝑚

Posons :
ħ𝑞
𝑗⃗ = 𝑖 2𝑚 (|〉∇
⃗⃗〈| − 〈|∇
⃗⃗|〉) - densité de courant de probabilité,
𝜌 = 𝑞⟨|⟩ - courant de probabilité
Avec q la charge de la particule.
Avec ces notations l’équation (4.37) devient l’équation de continuité :

𝜕𝜌
+ 𝑑𝑖𝑣𝑗⃗ = 0 (4.38)
𝜕𝑡

2. 6 Principe de superposition
Si un système quantique peut se trouver dans des états décrits par les fonctions d’état |1 〉 et |2 〉,
alors il peut se trouver dans un état décrit par la fonction d’état :

|〉 = 𝑎1 |1 〉 + 𝑎2 |2 〉 (4.39)

La formule (4.39) est appelée le principe de la superposition.

Cours de mécanique quantique 2023-2024 40


L’interprétation de formule (4.39) diffère selon que l’on soit en mécanique classique, soit en
mécanique quantique. En effet, en mécanique classique une grandeur physique obtenue par la
superposition est la combinaison linéaire des grandeurs rentrant dans la superposition. Par exemple :
le champ électrique ou magnétique résultant obtenu par la superposition à chaque point est la somme
des champs.
La situation est différente en mécanique quantique. La mesure d’une valeur L à l’état décrit par la
vecteur d’état (4.39) ne donnera jamais une valeur qui soit la combinaison linéaire de mesure des
valeurs 𝑎1 𝑒𝑡 𝑎2 des états décrits par les vecteurs d’état |1 〉 et |2 〉. Mais l’on trouvera soit a1, soit
a2.
Supposons que la mesure d’une grandeur physique à l’état |1 〉 donne 𝑎1 et 𝑎2 à l’état |2 〉. Si l’on
venait à mesurer par exemple la valeur 𝑎1 dans l’état décrit par le vecteur d’état |〉, alors la valeur
trouvée ne serait pas la combinaison linéaire des valeurs 𝑎1 𝑒𝑡 𝑎2 mais plutôt l’on trouvera soit
𝑎1 , 𝑠𝑜𝑖𝑡 𝑎2. Car la valeur exacte de 𝑎1 𝑜𝑢 𝑎2 est déterminée par la densité de probabilité
|𝑎1 |2 𝑜𝑢 |𝑎2 |2 .

Un autre exemple pour illustré cette différence.


Considérons par exemple deux oscillations identiques. La superposition de ces deux oscillations
donnera une autre différente des deux précédentes. Les grandeurs physiques de la nouvelle
oscillation sont aussi nouvelles (mécanique classique).
La superposition de deux états quantiques identiques se réduit au produit de la fonction d’état par
une constante. Nous retrouvons le même état quantique puisque des vecteurs d’état différents par
une constante décrivent le même état physique. Ce principe est utilisé dans la cryptographie
quantique.

Cours de mécanique quantique 2023-2024 41


ECUE 2 : APPLICATIONS

Chapitre 1. Problème à une dimension


1. 1 Propriétés générales des problèmes à une dimension (Mouvement d’une particule libre)
Dans le cas d’un mouvement libre, les forces externes sont négligées. L’on considérera la
fonction d’état |0 〉 fonction de x uniquement. Dans ces conditions l’équation de Schrödinger pour
un tel mouvement s’écrit :

𝜕| 〉 ħ2 𝜕2 | 〉
−𝑖 = (1.1)
𝜕𝑡 2𝑚 𝜕𝑥 2

Considérons la solution de cette équation sous la forme :


𝑖𝐸𝑡
|〉 = 𝑒 − ħ |0 〉 (1.2)
Avec E – énergie de la particule et |0 〉 – l’intégrale de l’équation stationnaire

𝑑2 | 0 〉 2𝑚
𝑑𝑥 2
+ ħ2
𝐸|0 〉 = 0 (1.3)

dont la solution générale est donnée par :

𝑃𝑥 ∙𝑥 𝑃𝑥 ∙𝑥
|0 〉 = 𝐴 ∙ 𝑒𝑥𝑝 (−𝑖 ) + 𝐵 ∙ 𝑒𝑥𝑝 (𝑖 ) (1.4)
ħ ħ

Où 𝑃𝑥 = √2𝑚𝐸 impulsion de la particule libre.


Le premier terme dans la solution (1.4) décrit le mouvement dans le sens des x positifs, alors que le
second – dans le sens des x négatifs.
Substituant (1.4) dans (1.2) on trouve la solution d’une onde plane.

𝑖 𝑖
|〉 = 𝐴 ∙ 𝑒𝑥𝑝 [− (𝐸. 𝑡 + 𝑃𝑥 . 𝑥)] + 𝐵 ∙ 𝑒𝑥𝑝 [− (𝐸. 𝑡 − 𝑃𝑥 . 𝑥)] (1.5)
ħ ħ

En différentiant l’expression 𝐸𝑡 − 𝑃𝑥 ∙ 𝑥 = 𝑐𝑠𝑡𝑒 par rapport au temps t, on remarque la vitesse des


𝑑𝑥 𝐸
phases 𝑣∅ = = est dirigée dans le sens des x positifs.
𝑑𝑡 𝑃𝑥
𝑑𝑥 𝐸
De même pour le terme 𝐸. 𝑡 + 𝑃𝑥 . 𝑥 = 𝑐𝑠𝑡𝑒, dont la vitesse des phases 𝑣∅ = 𝑑𝑡
= − 𝑃 est dirigée
𝑥
dans le sens des x négatifs. Considérant le mouvement dans le sens des x positifs, l’on posera A=0.
Ainsi la fonction d’état décrivant le mouvement d’une particule libre dans le sens des x positifs est
de type :

𝑖
|〉 = 𝐵 ∙ 𝑒𝑥𝑝 [− (𝐸. 𝑡 − 𝑃𝑥 . 𝑥)] (1.6)
ħ

Ou de manière générale :

𝑖
|〉 = 𝐵 ∙ 𝑒𝑥𝑝 [− (𝐸𝑡 − 𝑝⃗ . 𝑟⃗)] (1.7)
ħ

quelque soit la valeur de l’énergie E. Avec un vecteur d’état sous cette forme l’on montre que le
commutateur [𝐻 ̂, 𝑝̂ ] = 0.

Cours de mécanique quantique 2023-2024 42


D’où le constat : l’énergie et l’impulsion d’une particule sont des valeurs mesurables, et le spectre
d’énergie d’une particule libre est continue. Puisque le spectre des valeurs propres est continue,
alors le vecteur d’état se normalise en delta-fonction de Dirac.
𝑃
La projection du vecteur d’onde selon l’axe des x,𝑘𝑥 = ħ𝑥 permet d’écrire levecteur d’état décrivant
la particule libre sous la forme :

𝑃𝑥 ∙𝑥
|0𝑘 〉 = 𝐵 ∙ 𝑒𝑥𝑝 (𝑖 ħ
) = 𝐵 ∙ 𝑒𝑥𝑝(𝑖. 𝑘𝑥 . 𝑥) (1.8)
𝑥

La condition de normalisation, en utilisant la fonction delta de Dirac s’écrit :

+∞ ∞+
∫−∞ ⟨0𝑘𝑥′ |𝑥⟩ ⟨𝑥|0𝑘𝑥 ⟩ 𝑑𝑥 = 𝐵 2 ∫−∞ 𝑒𝑥𝑝[𝑖(𝑘𝑥 − 𝑘𝑥′ )]𝑑𝑥 = 𝛿(𝑘𝑥 − 𝑘𝑥′ ) (1.9)

La théorie des intégrales de Fourier a montré que


1 ∞+
∫ 𝑒𝑥𝑝[𝑖(𝑘𝑥
2𝜋 −∞
− 𝑘𝑥′ )]𝑑𝑥 = 𝛿(𝑘𝑥 − 𝑘𝑥′ ) (1.10)

Donc, en comparant (10) avec (9) nous obtenons :

1 𝑃𝑥 ∙𝑥 1
𝐵=  |0𝑘𝑥 〉 = 𝐵 ∙ 𝑒𝑥𝑝 (𝑖 ħ
)= 𝑒𝑥𝑝(𝑖. 𝑘𝑥 . 𝑥) (1.11)
√2𝜋 √2𝜋

1.2 Particule dans un puits de potentiel


2.1 Particule dans un puits de potentiel de hauteur infinie à gauche et finie à droite
Considérons le mouvement dans un puits de potentiel tel que l’énergie potentielle de la particule en
fonction de x soit donnée par :

+∞ ; 𝑥 < 0

𝑈={ 0<𝑥<𝑎
0; (1.12)
𝑈0 ; 𝑥>𝑎
𝑈0
𝑈(𝑥)
𝐼 𝐼𝐼
𝑥
0 𝑎

Pour 𝑥 < 0 le potentiel est infini, donc la fonction d’état est nulle : |〉 = 0. La particule ne peut
donc se trouver dans cette zone, car la densité de probabilité de la localiser est nulle. Par contre elle
peut être localisée dans la zone I et possède une probabilité de passage dans la zone II.
Cherchons l’intégrale de l’équation de Schrödinger dans chaque zone.

𝑥 < 0 , |〉 = 0 (1.13)

Dans la zone I (0 < 𝑥 < 𝑎) l’équation suivante


𝑑2 | 〉𝐼 2𝑚𝐸
+ 𝛽2 . |〉𝐼 = 0 , avec 𝛽2 =
𝑑𝑥 2 ħ2
admet comme solution générale :

|〉𝐼 = 𝐴𝐼 sin(𝛽𝑥) + 𝐵𝐼 cos(𝛽𝑥) (1.14)

Cours de mécanique quantique 2023-2024 43


Pour 𝑥 = 0, |〉𝐼 = 0, car nous avons utilisé la continuité de la fonction d’état en comparant (1.13)
et (1.14). Cette condition nous permet de déterminer la valeur de 𝐵𝐼 = 0. Finalement la solution
sera :

|〉𝐼 = 𝐴𝐼 sin(𝛽𝑥) (1.15)

Dans la zone II l’équation suivante


𝑑2 | 〉𝐼𝐼 2𝑚(𝐸−𝑈0)
+ 𝑘 2 . |〉𝐼𝐼 = 0 , avec 𝑘 2 =
𝑑𝑥 2 ħ2
admet comme solution générale pour 𝐸 > 𝑈0 :

|〉𝐼𝐼 = 𝐴𝐼𝐼 sin[k(𝑥 − 𝑎)] + 𝐵𝐼𝐼 cos[𝑘(𝑥 − 𝑎)] (1.16)

Pour 𝑥 = 𝑎 les solutions (1.14) et (1.15) doivent se transformer l’une en autre ainsi que leur dérivée
première continûment :

𝑑|〉𝐼 𝑑| 〉𝐼𝐼 𝐴𝐼 sin(𝛽𝑎) = 𝐵𝐼𝐼


|〉𝐼 = |〉𝐼𝐼 |𝑥=𝑎 , = { (1.17)
|𝑥=𝑎 𝑑𝑥 |𝑥=𝑎 𝑑𝑥 |𝑥=𝑎 𝐴𝐼 βcos(𝛽𝑎) = 𝑘𝐴𝐼𝐼

Le système d’équation (1.17) ne permet pas de déterminer les coefficients 𝐴𝐼 , 𝐴𝐼𝐼 𝑒𝑡 𝐵𝐼𝐼 . Donc,
lorsque 𝐸 > 𝑈0 le système d’équation (1.17) n’admet pas de solutions. Cela implique que le spectre
d’énergie doit être continu. La particule n’étant donc pas localisable dans une région de l’espace
son mouvement est donc infini.

Pour 𝐸 < 𝑈0 l’équation de Schrödinger s’écrit :


𝑑2 | 〉𝐼𝐼 2𝑚(𝑈0−𝐸)
− 𝛼 2 . |〉𝐼𝐼 = 0 , avec 𝛼 2 = = −𝑘 2
𝑑𝑥 2 ħ2
Cette équation admet pour solution :
|〉𝐼𝐼 = 𝐶𝑒𝑥𝑝(−𝛼𝑥) + 𝐷𝑒𝑥𝑝(𝛼𝑥) (1.18)

Lorsque 𝑥 → ∞ la fonction d’état doit être finie ou égale à zéro. D’où la solution :

|〉𝐼𝐼 = 𝐶𝑒𝑥𝑝(−𝛼𝑥) (1.19)

Les conditions de continuité de la fonction d’état et de sa dérivée première lorsque 𝑥 = 𝑎, soit :

𝑑|〉𝐼 𝑑| 〉𝐼𝐼


|〉𝐼 = |〉𝐼𝐼 |𝑥=𝑎 , = (1.20)
|𝑥=𝑎 𝑑𝑥 |𝑥=𝑎 𝑑𝑥 |𝑥=𝑎
donnent :

𝐴𝐼 sin(𝛽𝑎) = 𝐶𝑒𝑥𝑝(−𝛼𝑎)
{ (1.21)
𝐴𝐼 βcos(𝛽𝑎) = −𝛼𝐶𝑒𝑥𝑝(−𝛼𝑎)

Divisant la deuxième équation par la première nous obtenons :

𝛽𝑐𝑡𝑔(𝛽𝑎) = −𝛼 (1.22)

Le but de l’exercice étant la recherche du spectre d’énergie, l’une des méthodes de résolution d’une
telle équation est la méthode graphique que nous allons utiliser. Pour cela, faisons les
transformations suivantes :

Cours de mécanique quantique 2023-2024 44


1
1 1 1 𝐸 2
𝑠𝑖𝑛(𝛽𝑎) = 1 = 1 = 1 = (𝑈 ) (1.23)
[1+𝑐𝑡𝑔 2(𝛽𝑎)]2 𝛼 2 2 𝑈 −𝐸
[1+ 0 ]2
0
[1+( ) ] 𝐸
𝛽

Avec ces transformations (1.22) l’équation (1.21) devient :

ħ𝑦
𝑠𝑖𝑛𝑦 = (1.24)
√2𝑚𝑎 2𝑈0

Avec 𝑦 = 𝛽𝑎
Comme solutions de l’équation (1.23) on prendra les points d’intersection des courbes des
fonctions :
ħ𝑦
𝑍 = 𝑠𝑖𝑛𝑦; 𝑍 = ± 2 Z (1.25)
√2𝑚𝑎 𝑈0
ħ𝑦
𝑍 Z=
√2𝑚𝑎 2 𝑈0

y2 y4 y
y1 y3

−ħ𝑦
Z=
√2𝑚𝑎 2 𝑈0

Parmi ces points dont le nombre est fini l’on retiendra seulement ceux qui satisfont à l’équation
(1.21). Ces solutions correspondent à des niveaux énergétiques :

ħ2 𝑦 2
𝐸𝑛 = 2𝑚𝑎𝑛2 (1.26)

Si le potentiel U0 est très faible, il se peut que la valeur de l’énergie n’existe pas, c’est-à-dire qu’il
n’y aura pas de mouvement stationnaire dans une région de l’espace.
En mécanique classique, lorsque E<U0 la particule est incapable de passer dans les régions
x>a. La situation est différente en mécanique quantique. Dans la région x>a la fonction d’onde
existe et elle décroît rapidement lorsqu’on s’éloigne de x=a, avec x>a, mais elle est différente de
zéro pour x=a. Il existe donc une certaine probabilité de passage dans la région x>a.

2.2. Particule dans un puits de potentiel de hauteur finie


𝑈0 ; 𝑥<0 𝑈0
𝑈 = {0; 0 < 𝑥 < 𝑎
𝑈0 ; 𝑥>𝑎 𝐼 𝐼𝐼 𝐼𝐼𝐼
Si l’énergie E de la particule est inférieure U0, le modèle
classique prévoit que la particule est confinée de façon 𝑥
permanente dans la zone II. Par contre, selon la mécanique 0 𝑎
quantique, il existe une probabilité finie que l’on retrouve la
particule à l’extérieur de cette zone. Autrement dit, la fonction d’état est généralement non nulle à
l’extérieur du puits, dans les zones I et III, de sorte que la probabilité de présence y est également
non nulle.
Les équations de Schrödinger dans chaque est :
𝑑2 | 〉𝐼 2𝑚(𝑈0 −𝐸)
𝑍𝑜𝑛𝑒 𝐼 − 𝑘12 |〉𝐼 = 0 ; 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑘12 =
𝑑𝑥 2 ħ2

Cours de mécanique quantique 2023-2024 45


𝑑2 | 〉𝐼𝐼 2𝑚𝐸
𝑍𝑜𝑛𝑒 𝐼𝐼 𝑑𝑥 2
+ 𝑘22 |〉𝐼𝐼 = 0 ; 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑘22 = ħ2
𝑑 2 | 〉
𝑍𝑜𝑛𝑒 𝐼𝐼𝐼 𝑑𝑥 2𝐼𝐼𝐼 − 𝑘32 |〉𝐼𝐼𝐼 = 0 ; 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑘32 = 𝑘12
La solution générale des équations des zones I et III s’écrit :
|𝜓⟩ = 𝐴𝑒𝑥𝑝(−𝑘1 𝑥) + 𝐵𝑒𝑥𝑝(𝑘1 𝑥)
A et B étant des constantes
La solution à choisir dans chaque zone I, II doit demeurer finie pour l’ensemble de la région
considérée. Dans la zone I où 𝑥 < 0, il faut éliminer le terme 𝐴𝑒𝑥𝑝(−𝑘1 𝑥). Il faut donc poser A=0,
afin d’éviter une valeur infinie de |𝜓⟩ lorsque 𝑥 → −∞. De même, dans la zone III, où 𝑥 > 𝑎, nous
devons éliminer le terme 𝐵𝑒𝑥𝑝(𝑘1 𝑥), d’où B=0. Ainsi, pour ces deux zones I et III, les solutions
s’écrivent comme suit :
|𝜓⟩𝐼 = 𝐵𝑒𝑥𝑝(𝑘1 𝑥), 𝑥 < 0
|𝜓⟩𝐼𝐼𝐼 = 𝐴𝑒𝑥𝑝(−𝑘1 𝑥), 𝑥 > 𝑎
Dans la région II, le vecteur d’état est sinusoïdal et sa forme générale est :
|𝜓⟩𝐼𝐼 = 𝐷𝑐𝑜𝑠(𝑘2 𝑥) + 𝐹𝑠𝑖𝑛(𝑘2 𝑥)
En utilisant la continuité de la fonction d’état et de sa première dérivée on détermine les coefficients
A, B, D et F.

2.3 Passage d’une barrière de potentiel (Effet tunnel)


On appelle barrière de potentiel le domaine de l’espace où l’énergie potentiel possède une valeur
plus importante que dans le milieu environnant. Considérons l’exemple suivant :
U(x)
0 ; −∞ < 𝑥 < 0
𝑈(𝑥) = {𝑈0 ; 0 < 𝑥 < 𝑎
0 ; 𝑎 < 𝑥 < +∞
U0

I II III
x
0 a
Une particule d’énergie E est en mouvement dans le domaine I en se déplaçant dans le sens des 𝑥
positifs, c’est-à-dire à la rencontre du saut de potentiel (barrière de potentiel). Selon la théorie
classique, lorsque E<U0 la particule ne possédant pas suffisamment d’énergie ne peut pénétrer ou
même traverser la barrière. Les zones II et III lui sont donc interdites. Il y a donc réflexion de celle-
ci sur la barrière. Par contre, lorsque E>U0 la particule traverse sans difficultés la barrière et se
retrouve dans la zone III. En effet, lorsque E<U0 l’amplitude des fonctions dans les différentes
zonesn’étant pas nulle, on peut alors déterminer la probabilité de passage de la zone I vers II et de
celle-ci vers III. Les vecteurs d’état sont sinusoïdales à gauche (zone I) et à droite (zone III) de la
barrière et se rejoignent selon une décroissance exponentielle à l’intérieure de celle-ci (zone II).
Donc, malgré l’infériorité de l’énergie cinétique de la particule par rapport à l’énergie potentielle la
particule arrive à traverser la barrière. Ce phénomène de passage de barrière est appelée Effet
tunnel.

Exemple d’effet tunnel :


- Diode tunnel : Ce dispositif semi-conducteur est constitué de deux régions chargées de
signes opposés, séparées par une zone neutre très étroites. Le courant qui circule dans cette
diode provient principalement des électrons qui traversent la zone neutre par effet tunnel.
- Radioactivité alpha : Cette forme de désintégration radioactive de noyaux lourds et
instables se manifeste par l’émission de particule alpha (noyaux d’hélium). Pour s’échapper
du noyau, une particule alpha doit franchir une barrière associée aux forces nucléaires
d’attraction et à la force de répulsion coulomnbienne entre la particule alpha et le reste du
noyau.

Cours de mécanique quantique 2023-2024 46


- Le microscope à effet tunnel ou STM (Scanning Tunnelling Microscope) : Instrument
remarquable qui utilise l’effet tunnel pour produire des images de surface avec une
résolution comparable à la taille d’un atome.

Le phénomène de passage (transmission) d’une barrière de potentiel et de réflexion sur celle-ci est
caractérisé par les coefficients de transmission (D) et de réflexion (R). Ces coefficients sont définis
comme le rapport de la densité de courant de probabilité de l’onde transmise et la densité de courant
de probabilité de l’onde réfléchie par la densité de courant de probabilité de l’onde incidente :
|𝑗 | |𝑗𝑟 |
𝐷 = |𝑗𝑡| ; 𝑅 = |𝑗𝑖 |
(1.27)
𝑖

𝑗𝑡 – densité de courant de probabilité de l’onde transmise,


𝑗𝑟 – densité de courant de probabilité de l’onde réfléchie,
𝑗𝑖 – densité de courant de probabilité de l’onde incidente.

Il existe entre ces deux coefficients la relation : 𝐷 + 𝑅 = 1


L’exercice suivant est la détermination des coefficients (R) et (D) pour la barrière de potentiel carré
donnée ci-dessus. Cela pourra se faire uniquement dans le cas E<U0.
Ecrivons l’équation de Schrödinger pour chaque domaine :

𝑑2 | 〉𝐼 2𝑚𝐸
𝑍𝑜𝑛𝑒 𝐼 𝑑𝑥 2
+ 𝑘12 |〉𝐼 = 0 ; 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑘12 = ħ2
𝑑2 | 〉𝐼𝐼 2𝑚(𝑈0 −𝐸)
𝑍𝑜𝑛𝑒 𝐼𝐼 − 𝑘22 |〉𝐼𝐼 = 0 ; 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑘22 = (1.28)
𝑑𝑥 2 ħ2
𝑑2 | 〉𝐼𝐼𝐼 2𝑚𝐸
𝑍𝑜𝑛𝑒 𝐼𝐼𝐼 𝑑𝑥 2
+ 𝑘32 |〉𝐼𝐼𝐼 = 0 ; 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑘32 = ħ2

Les solutions des équations (1.28) sont de la forme :

|〉𝐼 = 𝐴𝐼 𝑒𝑥𝑝(𝑖𝑘1 𝑥) + 𝐵𝐼 𝑒𝑥𝑝(−𝑖𝑘1 𝑥)


|〉𝐼𝐼 = 𝐴𝐼𝐼 𝑒𝑥𝑝(𝑘2 𝑥) + 𝐵𝐼𝐼 𝑒𝑥𝑝(−𝑘2 𝑥) (1.29)
|〉𝐼𝐼𝐼 = 𝐴𝐼𝐼𝐼 𝑒𝑥𝑝(−𝑖𝑘3 (𝑥 − 𝑎))

Dans les solutions (1.28), le terme 𝐴𝐼 𝑒𝑥𝑝(𝑖𝑘1 𝑥) représente le vecteur d’état incident (l’onde
incidente) et le terme 𝐵𝐼 𝑒𝑥𝑝(−𝑖𝑘1 𝑥) le vecteur d’état de réflexion (onde réfléchie).
Les densités de courant de probabilité des ondes incidente, réfléchie et transmise sont :
⃗⃗
ħ𝑘
𝑗⃗𝑖 = |𝐴𝐼 |2
𝑚
⃗⃗
ħ𝑘
𝑗⃗𝑟 = |𝐵𝐼 |2 (1.30)
𝑚
⃗⃗
ħ𝑘
𝑗⃗𝑡 = |𝐴𝐼𝐼𝐼 |2
𝑚

Déterminons les coefficients d’intégration des fonctions (1.28) en utilisant la continuité de ces
mêmes fonctions et de leurs dérivés premières pour x=0 et x=a. Nous obtenons les équations
suivantes :

𝐴𝐼 + 𝐵𝐼 = 𝐴𝐼𝐼 + 𝐵𝐼𝐼 (31.a)


𝑖𝑘1 (𝐴𝐼 − 𝐵𝐼 ) = 𝑘2 (𝐴𝐼𝐼 − 𝐵𝐼𝐼 ) (31.b)
0𝑘2 [𝐴𝐼𝐼 𝑒𝑥𝑝(𝑘2 𝑎) − 𝐵𝐼𝐼 𝑒𝑥𝑝(−𝑘2 𝑎)] = −𝑖𝑘3 𝐴𝐼𝐼𝐼 (31.d)

Des équations (31.c) et (31.d) on tire les expressions des coefficients 𝐴𝐼𝐼 et 𝐵𝐼𝐼 en fonction de 𝐴𝐼𝐼𝐼

Cours de mécanique quantique 2023-2024 47


𝐴𝐼𝐼𝐼 𝑘
𝐴𝐼𝐼 = (1 − 𝑖 3 ) exp(−𝑘2 𝑎)
2 𝑘2
𝐴𝐼𝐼𝐼 𝑘3
𝐵𝐼𝐼 = 2
(1 + 𝑖 𝑘 ) exp(+𝑘2 𝑎) (1.32)
2

𝑘 𝑘
Puisque |1 − 𝑖 3 | = |1 + 𝑖 3 |, alors |𝐵𝐼𝐼 | ≫ |𝐴𝐼𝐼 |. Donc on peut poser 𝐴𝐼𝐼 ≈ 0. Faisons un
𝑘2 𝑘2
𝑘3
changement de variable en posant 𝑛 = . Avec ce changement de variable et utilisant les équations
𝑘2
(1.31.a) et (1.31.b) nous trouvons pour les coefficients 𝐴𝐼 et 𝐵𝐼 :

𝐴3(1+𝑖𝑛)(𝑛−𝑖)
𝐴𝐼 = 𝑒𝑥𝑝(𝑘2 𝑎)
4𝑛
𝐴3(1+𝑖𝑛)(−𝑛+𝑖)
𝐵𝐼 = 4𝑛
𝑒𝑥𝑝(𝑘2 𝑎) (1.33)

Les coefficients de transmission et de réflexion :

|𝐴𝐼𝐼𝐼 |2 16𝑛2 |𝐴
𝐼𝐼𝐼 |2 16𝑛2
𝐷= |𝐴𝐼 |2
= (1+𝑛2 )2|𝐴 |2
𝑒𝑥𝑝(−2𝑘2 𝑎) = (1+𝑛2 )2 𝑒𝑥𝑝(−2𝑘2 𝑎) (1.34)
𝐼𝐼𝐼
16𝑛2
𝑅 = 1 − 𝐷 = 1 − (1+𝑛2 )2 𝑒𝑥𝑝(−2𝑘2 𝑎)

Chapitre 2 Oscillateur harmonique


Les oscillateurs harmoniques jouent un rôle fondamental dans l’étude de petites oscillations des
systèmes autour de leur position d’équilibre, en particulier les atomes des cristaux, les molécules,
etc. Considérons une oscillation harmonique d’énergie potentielle :
1
𝑈(𝑥) = 2 𝑚𝜔2 𝑥 2 (2.1)

où ω est la fréquence propre de l’oscillateur. L’opérateur Hamiltonien pour l’oscillateur s’écrit :

̂2
̂ = 𝑃 + 1 𝑚𝜔2 𝑥 2
𝐻 (2.2)
2𝑚 2

L’équation de Schrödinger pour un tel opérateur est :

𝑑2 | 〉 2𝑚 𝑚𝜔 2 𝑥 2
𝑑𝑥 2
+ ħ2
(𝐸 − 2
) |〉 = 0 (2.3)

Pour la résolution de l’équation (2.3), nous allons faire un changement de variable :

𝑚𝜔 2𝐸
=√ ħ
𝑥 ;  = ħ𝜔 (2.4)

Substituant ces changements de variable dans l’équation (2.3) nous obtenons :

𝑑2 | 〉
𝑑2
+ ( − 2 )|〉 = 0 (2.5)

Afin de définir le comportement asymptotique de |〉 à l’infini l’on remarquera que pour
 ≪ 2 ,  peut être négligé devant 2 . Dans ce cas l’équation (2.4) devient :

𝑑2 | 〉𝑎𝑠
𝑑2
− 2 |〉𝑎𝑠 ≈ 0 (2.6)

Cours de mécanique quantique 2023-2024 48


Où as signifie asymptote.
La solution générale de l’équation (2.5) est :

2 2
|〉𝑎𝑠 ≈ 𝑒𝑥𝑝 (− ) + 𝑒𝑥𝑝 ( ) (2.7)
2 2

A l’infini la fonction d’état doit être finie (). Donc la solution satisfaisant à cette condition
est :

2
|〉𝑎𝑠 ≈ 𝑒𝑥𝑝 (− ) (2.8)
2

Cherchons la solution de l’équation (2.6) sous la forme :

2
|〉 = 𝑓()𝑒𝑥𝑝 (− ) (2.9)
2

2
Pour que |〉 soit finie la fonction f ne doit pas croître plus vite à l’infini que la fonction 𝑒𝑥𝑝 ( ).
2
En substituant (2.9) dans (2.6) on obtient :

𝑓 ′′ − 2𝑓 ′ + ( − 1)𝑓 = 0 (2.10)

Supposons que la fonction est une fonction polynôme de  :

𝑓() = ∑𝑘 𝑎𝑘 𝑘 (2.11)

Substituant (2.11) dans (2.10) nous obtenons :

∑𝑘=2 𝑎𝑘 𝑘(𝑘 − 1)(𝑘−2) − 2 ∑𝑘=0 𝑘𝑎𝑘 𝑘 + ( − 1) ∑𝑘=0 𝑎𝑘 𝑘 = ∑𝑘=0[𝑎𝑘+2 (𝑘 + 2)(𝑘 + 1) −


2𝑘𝑎𝑘 + ( − 1)𝑎𝑘 ]𝑘 = 0 (2.12)

L’égalité (1.45) n’est valable que si :

𝑎𝑘+2 (𝑘 + 2)(𝑘 + 1) − 2𝑘𝑎𝑘 + ( − 1)𝑎𝑘 = 0 (2.13)

Soit
2𝑘−+1
𝑎𝑘+2 = 𝑎𝑘 (𝑘+2)(𝑘+1) (2.14)

𝑎𝑘+2 2
Lorsque 𝑘 → ∞, ≈ . Ce qui signifie ; lorsque la fonction 𝑓() croît aussi vite que la fonction
𝑎𝑘 𝑘
𝑒𝑥𝑝(2 ). Le développement illimité de 𝑒𝑥𝑝(2 ) en zéro donne :

1 1 1 1
𝑒𝑥𝑝(2 ) = 1 + 2 + 4 2! + 6 3! … + 𝑘 𝑘 + 𝑘+2 𝑘 + ⋯ = 1 + 𝑏1 2 + 𝑏2 4 + 𝑏3 6 … +
( )! ( +1)!
2 2
𝑏𝑘 𝑘 + 𝑏𝑘+2 𝑘+2 + ⋯ (2.15)
𝑏𝑘+2
Faisant le rapport 𝑏𝑘
on trouve :

Cours de mécanique quantique 2023-2024 49


𝑘 𝑘
𝑏𝑘+2 ! ! 1 2 2
2 2
𝑏𝑘
= 𝑘 = 𝑘 𝑘 = 𝑘 = 𝑘+2 ≈ 𝑘 (2.16)
( +1)! ( +1) ! ( +1)
2 2 2 2

𝑎𝑘+2 𝑏𝑘+2 2
On constate que lorsque 𝑘 → ∞, 𝑎𝑘
≈ 𝑏𝑘
≈ 𝑘. Donc la comparaison de (2.11) avec 𝑒𝑥𝑝(2 )
est justifiable.
Des solutions de type (2.11) n’existent que pour k=n (n entiers positifs). C’est-à-dire, pour des
valeurs n+2 les coefficients an+2 doivent s’annuler avec 𝑎𝑛 ≠ 0. Ce qui donne pour l’équation (2.14)

2𝑛−+1
𝑎𝑛+2 = 𝑎𝑛 (𝑛+2)(𝑛+1) = 0 (2.17)

Soit

2𝑛 −  + 1 = 0𝑛 = 2𝑛 + 1 (2.18)

L’énergie de l’oscillateur harmonique est donc égale, en substituant  par (2.4) :

ħ𝜔
𝐸𝑛 = (2𝑛 + 1) (2.19)
2

Pour n=0, l’énergie de l’état fondamental est :

ħ𝜔
𝐸0 = (2.20)
2

On constate que l’énergie de l’état fondamental est différente de zéro. Cela est certainement
fonction des propriétés quantiques du système et est lié à la relation d’incertitude d’Heisenberg. Si
l’énergie de l’état fondamental était égale à zéro, alors la particule serait au repos et son impulsion
et sa coordonnée devraient avoir en même temps des valeurs finies. Ce qui est en contradiction avec
la relation d’incertitude.

Chapitre 3 Mouvement dans un champ central symétrique (Rotateur)

Définition : Un exemple simple de mouvement d’une particule dans un champ central symétrique
est le mouvement qui se fait à rayon constant. Un système qui effectue un tel mouvement est appelé
« rotateur » utilisé dans l’étude des spectres moléculaires.
L’équation de Schrödinger de mouvement d’une particule dans un central s’écrit ;
2𝑚
∆|〉 + ħ2 (𝐸 − 𝑈(𝑟))|〉 = 0 (3.1)

Avec
1 𝜕 𝜕 ∆𝜃,𝜑 1 𝜕 𝜕 1 𝜕2
∆= 𝑟2 𝜕𝑟 (𝑟 2 𝜕𝑟 ) + 𝑟2
; ∆𝜃,𝜑 = 𝑠𝑖𝑛𝜃 𝜕𝜃 (𝑠𝑖𝑛𝜃 𝜕𝜃 ) + 𝑠𝑖𝑛2 𝜃 𝜕𝜑2
D’où l’écriture de (3.1) :

1 𝜕 𝜕 ∆𝜃,𝜑 2𝑚
[𝑟2 𝜕𝑟 (𝑟 2 𝜕𝑟 ) + 𝑟2
] |〉 + ħ2
(𝐸 − 𝑈(𝑟))|〉 = 0 (3.2)

Introduisons l’opérateur carré du moment cinétique ;


1
𝐿̂2 = 2 (𝐿̂+ 𝐿̂− + 𝐿̂− 𝐿̂+ ) + 𝐿̂2𝑧 = 𝐿̂− 𝐿̂+ + 𝐿̂2𝑧 + 𝐿̂𝑧  𝐿̂− 𝐿̂+ = 𝐿̂2 − 𝐿̂2𝑧 − 𝐿̂𝑧 (3.3)

L’action de l’opérateur 𝐿̂− 𝐿̂+ sur la fonction d’état |𝐿 〉 donne :

Cours de mécanique quantique 2023-2024 50


𝐿̂− 𝐿̂+ |𝐿 〉 = (𝐿̂2 − 𝐿̂2𝑧 − 𝐿̂𝑧 )|𝐿 〉 = 0 (3.4)

Puisque les fonctions propres |𝐿 〉 sont des fonctions communes aux opérateurs 𝐿̂2 , 𝐿̂2𝑧 et 𝐿̂𝑧 , alors
on a :

𝐿̂2 |𝐿 〉 = 𝐿2 |𝐿 〉; 𝐿̂2𝑧 |𝐿 〉 = 𝑙 2 |𝐿 〉; 𝐿̂𝑧 |𝐿 〉 = 𝑙|𝐿 〉 (3.5)

De ces égalités il s’ensuit :

𝐿̂2 |𝐿 〉 = 𝐿2 |𝐿 〉 = (𝐿̂2𝑧 + 𝐿̂𝑧 )|𝐿 〉 = (𝑙 2 + 𝑙)|𝐿 〉 = 𝑙(𝑙 + 1)|𝐿 〉 (3.6)

𝐿2 = 𝑙(𝑙 + 1) (3.7)

Généralement (1.60), en tenant compte de ħ, s’écrit :

𝐿2 = ħ2 𝑙(𝑙 + 1) (3.8)

La substitution des expressions analytiques des opérateurs 𝐿̂𝑧 [ch. 3 ECU 1, formule (3.10)] et :

∂ ∂
𝐿̂± = exp(±iφ) (± ∂θ + ictgθ. φ) (3.9)

permet d’obtenir l’expression de l’opérateur carré du moment cinétique :

𝐿̂2 = −ħ2 ∆𝜃,𝜑 (3.10)

L’action de l’opérateur (61) sur la fonction d’état |〉 s’écrit :

𝐿̂2 |〉 = −ħ2 ∆𝜃,𝜑 |〉 = ħ2 𝑙(𝑙 + 1)|〉 (3.11)


∆𝜃,𝜑 |〉 = −𝑙(𝑙 + 1)|〉 (3.12)

Cherchons la solution de l’équation (3.2) sous la forme :

⟨𝑟, 𝜃, 𝜑|⟩ = ⟨𝑟|𝑅⟩. ⟨𝜃, 𝜑|𝑌⟩ (3.13)

Où ⟨𝜃, 𝜑|𝑌⟩ est une fonction sphérique.


L’équation (3.2) devient :

1 𝜕 𝜕 ∆𝜃,𝜑 2𝑚
[ (𝑟 2 )+ ] ⟨𝑟|𝑅⟩. ⟨𝜃, 𝜑|𝑌⟩ + (𝐸 − 𝑈(𝑟))⟨𝑟|𝑅⟩. ⟨𝜃, 𝜑|𝑌⟩ = 0 (3.14)
𝑟2 𝜕𝑟 𝜕𝑟 𝑟2 ħ2

Utilisant la méthode de séparation de variables, l’équation (3.14) devient :

1 𝑑 𝑑⟨𝑟 |𝑅 ⟩ 2𝑚𝑟 2 ∆𝜃,𝜑 ⟨𝜃, 𝜑|𝑌 ⟩


[ (𝑟 2
⟨𝑟 |𝑅 ⟩ 𝑑𝑟 𝑑𝑟
)] + ħ2
(𝐸 − 𝑈(𝑟)). = −
⟨𝜃, 𝜑|𝑌 ⟩
(3.15)

Puisque les deux membres de l’égalité dépendent de variables indépendantes, alors


individuellement ils doivent être égaux à un même paramètre . Soit :

1 𝑑 𝑑⟨𝑟 |𝑅 ⟩ 2𝑚𝑟 2
[ (𝑟 2 )] + (𝐸 − 𝑈(𝑟)) =  (3.16)
⟨𝑟 |𝑅 ⟩ 𝑑𝑟 𝑑𝑟 ħ2

Cours de mécanique quantique 2023-2024 51


∆𝜃,𝜑 ⟨𝜃, 𝜑 |𝑌 ⟩
− ⟨𝜃, 𝜑|𝑌 ⟩
= (3.17)

Utilisant (3.11) l’équation (3.17) peut s’écrire comme suit :

∆𝜃,𝜑 ⟨𝜃, 𝜑 |𝑌 ⟩ 𝑙(𝑙+1)⟨𝜃, 𝜑|𝑌 ⟩


− ⟨𝜃, 𝜑|𝑌 ⟩
= ⟨𝜃, 𝜑 |𝑌 ⟩
= 𝑙(𝑙 + 1) =  (3.18)

Nous obtenons pour la fonction radiale ⟨𝑟|𝑅⟩ l’équation suivante :

𝑑 𝑑⟨𝑟 |𝑅 ⟩ 𝑙(𝑙+1)⟨𝑟 |𝑅 ⟩ 2𝑚
[𝑑𝑟 (𝑟 2 𝑑𝑟
)] − 𝑟2
+ ħ2
(𝐸 − 𝑈(𝑟))⟨𝑟|𝑅⟩ = 0 (3.19)

Cette équation ne contient les constantes magnétiques m. Cela correspond au fait que les niveaux
d’énergie sont 2l+1 fois dégénérés suivant les directions du moment cinétique.
Les fonctions sphériques ⟨𝜃, 𝜑|𝑌⟩satisfont l’équation :

1 𝜕 𝜕⟨𝜃, 𝜑 |𝑌 ⟩ 1 𝜕2 ⟨𝜃, 𝜑|𝑌 ⟩


𝑠𝑖𝑛𝜃 𝜕𝜃
(𝑠𝑖𝑛𝜃 𝜕𝜃
) + 𝑠𝑖𝑛2 𝜃 𝜕𝜑 2
= −𝑙(𝑙 + 1)⟨𝜃, 𝜑|𝑌⟩
(3.20)

Cette équation est identique pour tous les champs sphériques et symétriques. On peut donc utiliser
la séparation des variables. Supposons que la fonction ⟨𝜃, 𝜑|𝑌⟩ = ⟨𝜑|⟩. ⟨𝜃|𝑃⟩. La substitution
dans (3.20) donne :

1 𝑑 𝑑⟨𝜃|𝑃 ⟩ 𝜇2
(𝑠𝑖𝑛𝜃 ) + (𝑙(𝑙 + 1) − ) ⟨𝜃|𝑃⟩ = 0 (3.21)
𝑠𝑖𝑛𝜃 𝑑𝜃 𝑑𝜃 𝑠𝑖𝑛2𝜃
𝑑2 ⟨𝜑|⟩
𝜕𝜑 2
+𝜇2 ⟨𝜑|⟩ = 0
(3.22)

La solution générale de l’équation (3.22) est :

⟨𝜑|⟩ = 𝐴𝑒𝑥𝑝(𝑖𝜇𝜑) + 𝐵𝑒𝑥𝑝(−𝑖𝜇𝜑) (3.23)

La valeur de 𝜇 doit être un entier positif ou négatif. Dans ce cas cette solution s’écrira :
1
⟨𝜑|⟩ = 𝑒𝑥𝑝(𝑖𝑚𝜑) (3.24)
√2𝜋

La constante d’intégration est obtenue à partir de la condition de normalisation :


avec m=0, 1, 2, 3,…
Faisant un changement de variable  = 𝑐𝑜𝑠𝜃 dans l’équation (3.23) nous obtenons :

𝑑 𝑑⟨|𝑃 ⟩ 𝜇2
𝑑
((1 − 2 ) 𝑑
) + (𝑙(𝑙 + 1) − 1−2 ) ⟨|𝑃⟩ = 0 (3.25)

La solution de (3.25) peut être obtenue en posant :


𝑚
1 𝑑 (𝑙+𝑚)
𝑃𝑙𝑚 = 2𝑙 𝑙! (1 − 2 ) 2 (1 − 2 )𝑙 (3.26)
𝑑(𝑙+𝑚)

Où 𝑃𝑙𝑚 - polynôme de Legendre.

Cours de mécanique quantique 2023-2024 52


Remarque : Pour une valeur de l donnée m ne peut prendre que 2l+1 valeurs :
m=-l, -l+1,.., l-1, l
La condition de normalisation pour la fonction d’état ⟨𝑟, 𝜃, 𝜑|⟩

∫⟨|𝑥, 𝑦, 𝑧⟩⟨𝑥, 𝑦, 𝑧|⟩ 𝑑𝑥𝑑𝑦𝑑𝑧 = 1 (3.27)

se résume en deux conditions de normalisation pour les fonctions



∫0 ⟨𝑅|𝑟⟩⟨𝑟|𝑅⟩𝑟 2 𝑑𝑟 = 1
𝜋 2𝜋
∫0 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑑𝜃 ∫0 ⟨𝑌|𝜃, 𝜑⟩ ⟨𝜃, 𝜑|𝑌⟩𝑑𝜑 = 1 (3.28)

Ecrivons les fonctions propres ⟨𝜃, 𝜑|𝑌⟩ sous la forme :

⟨𝜃, 𝜑|𝑌⟩ = 𝐶𝑙𝑚 exp(𝑖𝑚𝜑) 𝑃𝑙𝑚 (𝑐𝑜𝑠𝜃) (3.29)

Utilisant les intégrales suivantes :


2𝜋
∫0 exp[𝑖(𝑚 − 𝑚′ )]𝑑𝜑 = 2𝜋𝛿𝑚,𝑚′
1 2 (𝑙+𝑚)!
∫−1 𝑃𝑙𝑚 (𝑥)𝑃𝑙𝑚′ (𝑥)𝑑𝑥 = 2𝑙+1 (𝑙−𝑚)! 𝛿𝑙,𝑙′ (3.30)

1
2𝑙+1 (𝑙−𝑚)! 2
nous obtenons : 𝐶𝑙𝑚 = ( 4𝜋 (𝑙+1)! )

1
2𝑙+1 (𝑙−𝑚)! 2
⟨𝜃, 𝜑|𝑌⟩ = ( 4𝜋 (𝑙+1)! ) exp(𝑖𝑚𝜑) 𝑃𝑙𝑚 (𝑐𝑜𝑠𝜃) (3.31)
𝑚
1 𝑑(𝑙+𝑚)
Avec 𝑃𝑙𝑚 (𝑐𝑜𝑠𝜃) = (1 − 𝑐𝑜𝑠 2 𝜃) 2 (1 − 𝑐𝑜𝑠 2 𝜃)𝑙
2𝑙 𝑙! 𝑑𝑐𝑜𝑠𝜃 (𝑙+𝑚)

Prenons la solution de l’équation radiale (3.19) sous la forme :


1
⟨𝑟|𝑅⟩ = ⟨𝑟|𝑔⟩ (3.32)
𝑟

La substitution de (3.32) dans (3.19) donne :

𝑑2 ⟨𝑟 |𝑔⟩ 2𝑚 𝑙(𝑙+1)
𝑑𝑟 2
+ [ ħ2 (𝐸 − 𝑈(𝑟) − 𝑟2
] ⟨𝑟|𝑔⟩ = 0 (3.33)

Si l’énergie potentiel U(r) est partout finie y compris à l’origine, il en sera de même pour la fonction
⟨𝑟, 𝜃, 𝜑|⟩, et donc par ricochet de sa partie radiale ⟨𝑟|𝑅⟩ Il en résulte que ⟨𝑟|𝑔⟩ s’annule pour r=0.
L’équation (3.33) a la même forme que l’équation de Schrödinger pour un mouvement à une
dimension dans un champ d’énergie potentielle :

ħ2 𝑙(𝑙+1)
𝑈𝑙 (𝑟) = 𝑈(𝑟) + 2𝑚 𝑟2
(3.34)

La connaissance de la valeur du potentiel U(r) détermine la solution de l’équation pour la partie


radiale de la fonction d’état. Alors que la fonction sphérique de cette même fonction d’état est
déterminée par les valeurs de l (nombre quantique orbital) et m (nombre quantique magnétique).
Ainsi, concluons-nous que lors d’un mouvement dans un champ central symétrique la fonction

Cours de mécanique quantique 2023-2024 53


d’état est complètement déterminée par les valeurs de E (énergie), l (c’est-à-dire carré du moment
cinétique) et m (c’est-à-dire la projection du moment cinétique sur l’axe 𝑂𝑧). Les nombres l et m
sont appelés des nombres quantiques orbital (pour le premier) et magnétique pour le second. Pour
désigner les états à valeurs l différentes on utilise des lettres latines :

Nombre quantique orbital l 0 1 2 3 4


état s p d f g

L’état fondamental d’une particule dans un champ central symétrique est toujours l’état s ; en effet
pour 𝑙 ≠ 0la partie angulaire de la fonction d’état possède toujours des nœuds, alors que la fonction
de l’état fondamental ne doit nullement en avoir.
Puisque r=cste pour un rotateur, alors l’on peut supposer que U(r)=0. L’équation de Schrödinger
pour un rotateur est :

2𝑚𝑎 2
∆𝜃,𝜑 ⟨𝜃, 𝜑|⟩ + ħ2
𝐸⟨𝜃, 𝜑|⟩ = 0 (3.35)

Avec a-rayon du rotateur. Puisque ∆𝜃,𝜑 = −𝑙(𝑙 + 1), l’énergie du rotateur est

ħ2 ħ2
𝐸𝑙 = 2𝑚𝑎2 𝑙(𝑙 + 1) = 2𝐽 𝑙(𝑙 + 1) (3.36)

Avec 𝐽 = 𝑚𝑎2 - moment d’inertie du rotateur.


Ecrivons les différentes fonctions sphériques ⟨𝜃, 𝜑|𝑌⟩ = ⟨𝜃, 𝜑|𝑚, 𝑙⟩pour les valeurs de l et donnons
quelques représentations correspondant aux densités de probabilité.

Etat ⟨𝜃, 𝜑|𝑚, 𝑙⟩ |⟨𝜃, 𝜑|𝑚, 𝑙⟩|2


l m 1 1
0 0 √4𝜋 4𝜋
-1 3
3 𝑠𝑖𝑛 2 𝜃
√ 𝑠𝑖𝑛𝜃. exp(−𝑖𝜑) 8𝜋
8𝜋
1 0 3
3 𝑐𝑜𝑠 2 𝜃
√ 𝑐𝑜𝑠𝜃 4𝜋
4𝜋
+1 3
3 𝑠𝑖𝑛 2 𝜃
−√ 𝑠𝑖𝑛𝜃. exp(𝑖𝜑) 8𝜋
8𝜋
-2 15
15 𝑠𝑖𝑛 4 𝜃
√ 𝑠𝑖𝑛2 𝜃. exp(−2𝑖𝜑) 32𝜋
32𝜋
-1 15
15 𝑠𝑖𝑛2 𝜃𝑐𝑜𝑠 2 𝜃
√ 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑐𝑜𝑠𝜃. exp(−𝑖𝜑) 8𝜋
8𝜋
2 0 5 3 12
5 3 1 2
[ 𝑐𝑜𝑠 𝜃 − ]
√ [ 𝑐𝑜𝑠 2 𝜃 − ] 4𝜋 2 2
4𝜋 2 2
+1 15
15 𝑠𝑖𝑛2 𝜃𝑐𝑜𝑠 2 𝜃
−√ 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑐𝑜𝑠𝜃. exp(−𝑖𝜑) 8𝜋
8𝜋

Cours de mécanique quantique 2023-2024 54


+2 15
15 𝑠𝑖𝑛 4 𝜃
√ 𝑠𝑖𝑛2 𝜃. exp(2𝑖𝜑) 32𝜋
32𝜋

Exemple de détermination de la fonction d’état. l=1 ; m=1


1
2𝑙+1 (𝑙−𝑚)! 2
⟨𝜃, 𝜑|𝑌⟩ = ( 4𝜋 (𝑙+1)! ) exp(𝑖𝑚𝜑) 𝑃𝑙𝑚 (𝑐𝑜𝑠𝜃) (3.37)
𝑚
1 𝑑(𝑙+𝑚)
Avec 𝑃𝑙𝑚 (𝑐𝑜𝑠𝜃) = 2𝑙 𝑙! (1 − 𝑐𝑜𝑠 2 𝜃) 2
𝑑(𝑐𝑜𝑠𝜃)(𝑙+𝑚)
(1 − 𝑐𝑜𝑠 2 𝜃)𝑙
1
3 0! 2
⟨𝜃, 𝜑|1,1⟩ = ( ) exp(𝑖𝜑) 𝑃11 (𝑐𝑜𝑠𝜃)
8𝜋 2!
1
3 2 1 1 𝑑2
= ( ) exp(𝑖𝜑) (1 − 𝑐𝑜𝑠 2 𝜃)2 (1 − 𝑐𝑜𝑠 2 𝜃)
8𝜋 2 𝑑(𝑐𝑜𝑠𝜃)2
1
3 2 1 1 𝑑 𝑑
= ( ) exp(𝑖𝜑) (1 − 𝑐𝑜𝑠 2 𝜃)2 [ (1 − 𝑐𝑜𝑠 2 𝜃)]
8𝜋 2 𝑑(𝑐𝑜𝑠𝜃) 𝑑(𝑐𝑜𝑠𝜃)
1
3 2 1 1 𝑑
= ( ) exp(𝑖𝜑) (1 − 𝑐𝑜𝑠 2 𝜃)2 [−2𝑐𝑜𝑠𝜃]
8𝜋 2 𝑑(𝑐𝑜𝑠𝜃)
1 1
3 2 1 𝑑 3 2
= − ( ) exp(𝑖𝜑)(1 − 𝑐𝑜𝑠 2 𝜃)2 [𝑐𝑜𝑠𝜃] = − ( ) exp(𝑖𝜑) 𝑠𝑖𝑛𝜃
8𝜋 𝑑(𝑐𝑜𝑠𝜃) 8𝜋

Puisque |⟨𝜃, 𝜑|𝑚, 𝑙⟩| est indépendante de l’angle , alors la distribution de la densité de probabilité
|⟨𝜃, 𝜑|𝑚, 𝑙⟩|2 de localiser une particule dans l’espace possède une symétrie axiale. Ainsi, pouvons-
nous par exemple la représenter dans le plan Ozx en reportant |⟨𝜃, 𝜑|𝑚, 𝑙⟩| sur le rayon dans la
direction de l’angle 𝜃.

Représentations pour l=0 ; m=0, l=1 ; m=0 et l=1 ;m=1.


Z Z Z

X X X

𝑙 = 0, 𝑚 = 0, 𝑃00 1, 𝑚 = 0 𝑃10 𝑙 = 1, 𝑚 = ±1, 𝑃1±1


2.6.2 L’état stationnaire de l’atome
𝑙 = d’hydrogène

Un cas aussi important de mouvement dans un central symétrique est celui d’attraction
coulombienne entre l’électron et le proton de l’atome d’hydrogène :

𝑍𝑒 2 𝛼
𝑈(𝑟) = − 4𝜋𝜖 2
= 𝑟2 (3.38)
0𝑟
𝑍𝑒 2
Avec 𝛼 = 4𝜋𝜖
0

L’équation (3.19) pour la fonction radiale ⟨𝑟|𝑅⟩ , avec l’expression de 𝑈(𝑟) s’écrit :

𝑑 𝑑⟨𝑟 |𝑅 ⟩ 𝑙(𝑙+1)⟨𝑟 |𝑅 ⟩ 2𝑚 𝛼
[𝑑𝑟 (𝑟 2 𝑑𝑟
)] − 𝑟2
+ ħ2
(𝐸 − 𝑟2 ) ⟨𝑟|𝑅⟩ = 0 (3.39)

Cours de mécanique quantique 2023-2024 55


Faisons les changements de variables suivants :

2𝑚𝐸 𝑚𝛼 2𝑚𝐸
𝐴=− , 𝐵= , 𝜌 = 2√ 𝑟 (3.40)
ħ2 ħ2 ħ2

Avec ces changements de variables l’équation (3.40) devient :

𝑑2 ⟨𝜌|𝑅 ⟩ 2 𝑑 1 𝐵 𝑙(𝑙+1)
𝑑𝜌2
+ 𝜌 𝑑𝜌 + [− 4 + 𝜌√𝐴 − 𝜌2
] ⟨𝜌|𝑅⟩ = 0 (3.41)

2 𝑑 𝐵 𝑙(𝑙+1)
Lorsque 𝜌 → ∞ on peut négliger les termes : 𝜌 𝑑𝜌 ; 𝜌√𝐴
𝑒𝑡 𝜌2
. Dans ces conditions l’équation
(81) qui devient

𝑑2 ⟨𝜌|𝑅 ⟩ ⟨𝜌|𝑅 ⟩
𝑑𝜌2
− 4
=0 (3.42)

admet pour solution approchée :

𝜌2
⟨𝜌|𝑅⟩𝑎𝑠 ≈ ⟨𝜌|𝑅⟩∞ ≈ 𝑒𝑥𝑝 (− ) (3.43)
2

Lorsque 𝜌 → 0 les éléments importants dans l’équation (3.42) sont ceux qui possèdent des
puissances maximales de 𝜌. L’équation (3.42) devient :

𝑑2 ⟨𝜌|𝑅 ⟩ 2 𝑑 𝑙(𝑙+1)
+ 𝜌 𝑑𝜌 − ⟨𝜌|𝑅⟩ = 0 (3.44)
𝑑𝜌2 𝜌2

En considérant que 𝜌 → 0 la solution ⟨𝜌|𝑅⟩ se comporte comme une fonction puissance en 𝜌 c’est-
à-dire⟨𝜌|𝑅⟩ ≈ 𝜌𝛾 , et en tenant compte des dérivés première et seconde de ⟨𝜌|𝑅⟩, nous obtenons,
après substitution dans (3.44), l’équation permettant de déterminer  :

𝛾(𝛾 − 1) + 2𝛾 − 𝑙(𝑙 + 1) = 𝛾 2 + 𝛾 − 𝑙(𝑙 + 1) = 0 (3.45)

L’équation (3.45) du second degré admet comme solutions :

1 1 𝑙
𝛾1,2 = − 2 ∓ √4 + 𝑙 2 + 𝑙 = { (3.46)
−𝑙 − 1

La solution 𝛾 = −𝑙 − 1 est à rejeter, car lorsque 𝜌 → 0 la fonction ⟨𝜌|𝑅⟩ n’est pas finie. Donc
l’unique solution est 𝛾 = 𝑙.
Cherchons la solution générale de l’équation (3.44) sous la forme :

𝜌2
⟨𝜌|𝑅⟩ = 𝜌𝑙 ⟨𝜌|𝑓⟩𝑒𝑥𝑝 (− ) (3.47)
2
Substituant (3.47), ses dérivés première et seconde dans (1.95) nous obtenons pour la fonction f
l’équation :

𝑑 2 ⟨𝜌 | 𝑓 ⟩ 𝑑⟨𝜌|𝑓 ⟩ 𝐵
𝜌 𝑑𝜌2
+ [2(𝑙 + 1) − 𝜌] 𝑑𝜌
+( − 𝑙 − 1) ⟨𝜌|𝑓⟩ = 0 (3.48)
√𝐴

Cours de mécanique quantique 2023-2024 56


Le comportement de ⟨𝜌|𝑓⟩ lorsque 𝜌 → 0, 𝜌 → ∞ montre que la fonction f à l’infini doit croître
𝜌
moins vite que 𝑒𝑥𝑝 ( 2 ), mais lorsque 𝜌 → 0 elle doit être égale à une constante ou à zéro. C’est
raison pour laquelle qu’il faut chercher la solution de (3.48) sous la forme :

⟨𝜌|𝑓⟩ = ∑∞
𝑘=0 𝑎𝑘 𝜌
𝑘
(3.49)

La substitution de (3.49), de ses dérivés premières et seconde dans (3.48) nous donne :

𝐵
∑∞
𝑘=0 {( − 𝑙 − 1 − 𝑘) 𝑎𝑘 + [(𝑘 + 1)(𝑘 + 2𝑙 + 2)]𝑎𝑘+1 } 𝜌𝑘 = 0 (3.50)
√𝐴
L’égalité (89) n’est vérifiée que si :
𝐵
( − 𝑙 − 1 − 𝑘) 𝑎𝑘 + [(𝑘 + 1)(𝑘 + 2𝑙 + 2)]𝑎𝑘+1 = 0 (3.51)
√𝐴

Soit :
𝐵
𝑙+𝑘+1−
√𝐴
𝑎𝑘+1 = 𝑎𝑘 (𝑘+1)(𝑘+2𝑙+2) (3.52)

De l’égalité (3.51) il ressort le rapport suivant :


𝐵
𝑎𝑘+1 − +𝑙+1+𝑘 𝑘−𝜀𝑘
√𝐴
𝑎𝑘
= (𝑘+1)(𝑘+2𝑙+2) = 𝑘+1
(3.53)

𝐵
−𝑙−1+
√𝐴
Avec 𝜀𝑘 = (𝑘+2𝑙+2)
Il est évident que lim 𝜀𝑘 = 0. C’est pourquoi, à partir d’une certaine valeur k=k0 la relation suivante
𝑘→∞

𝑎𝑘+1 𝑘−𝜀𝑘 𝑘−𝜀𝑘0


𝑎𝑘
= 𝑘+1
> 𝑘+1
(3.54)
est vérifiée.

Chapitre 4. La cryptographie quantique

Le principe de la transmission sécurisée est exposé ici de manière très théorique.


Dans la réalité l’expérience proposée ne serait pas possible car les notions de “verticale” ou
“diagonale” ne sont que des concepts locaux qu’il est impossible de reproduire en plusieurs endroits
avec une infinie précision. Il existe cependant des appareils fonctionnant sur le principe exposé dans
ce chapitre, sans toutefois supposer que tous les montages soient parfaitement orientés.

4.1. Principe de base


La cryptographie permet de transmettre un message (du texte, une image) d’une personne A à une
personne B de telle sorte qu’une personne E (eaves dropping en anglais signifie mettre sur écoute)
interceptant le message ne soit pas en mesure de le comprendre.
Comme il est d’usage en science de personnaliser les concepts, la personne A se nommera
Albert, la personne B s’appellera Boris et l’intercepteur E se nommera Erwin.
Le protocole à clé privée, inventé par Vernam en 1926, est le plus sécurisé. Il consiste en la suite
d’opération suivante :

1) Albert crypte son message à l’aide d’une clé privée


2) le message rendu illisible est envoyé à Boris par l’intermédiaire d’un transporteur (câble
électrique, internet, fax, ondes radio, poste, ...),
3) Boris reçoit le message et le décrypte grâce à la clé privée.

Cours de mécanique quantique 2023-2024 57


Imaginons que le message d’Albert soit simplement une suite de zéros et de uns, 0010010101 par
exemple. Imaginons encore que sa clé privée soit 0110010101. En effectuant une opération appelée
“ou exclusif =XOR” entre le message et la clé privée,

XOR 0 1
0 0 1
1 1 0

message : 0010010101
clé privée : 0110010101
message crypté : 0100000000

La clé privée doit être une suite de bits (0 ou 1) parfaitement aléatoire ayant exactement la même
longueur que le message lui-même.

Boris reçoit le message et le décrypte (en effectuant un second XOR) grâce à la clé privée :
message crypté : 0100000000
clé privée : 0110010101
message décrypté : 0010010101

Tout semble parfait ? Mais comment fait-on pour transmettre la clé privée ?
C’est effectivement le point faible de cette méthode puisqu’il faut obligatoirement se rencontrer
pour échanger la clé privée avant de transmettre le message. De plus, si un nombre conséquent de
messages sont cryptés avec la même clé privée, il est aujourd’hui possible de la reconstituer à partir
des messages eux-mêmes.
En fait, pour être sûr, il faut avoir une nouvelle clé privée pour chaque message envoyé. A quoi bon
crypter un message si, avant de l’envoyer, Albert doit toujours rencontrer Boris pour lui donner sa
clé privée ?

La physique quantique permet de résoudre ce problème de manière élégante : la clé privée peut être
transmise via une fibre optique en utilisant les propriétés quantiques de la polarisation d’un photon.
Toute tentative d’interception de la clé privée par Erwin sera facilement mise en évidence par Albert
et Boris. Ils sauront même quelle partie de la clé a été interceptée.

4.2. La distribution quantique de clés


L’échange quantique de la clé privée (en anglais, Quantum Key Distribution “QKD”) fait appel à
la physique de la polarisation.
L’idée consiste à transmettre (et à recevoir) les “0” et les “1” sous forme de photons polarisés : un
photon polarisé verticalement représentera un “1” et un photon polarisé horizontalement
représentera un “0”.
Imaginons qu’Albert crée une séquence aléatoire de “0” et de “1” comme clé privée et l’envoie en
clair à Boris. Dans ce cas, il sera facile de transmettre notre message mais tout aussi facile de
l’intercepter et le décrypter sans laisser de trace.

4.2.1. Le protocole BB84


La subtilité consiste à envoyer et recevoir l’information dans deux bases différentes suivant le
protocole appelé “BB84” (Le protocole à été développé par Charles Bennett et Gilles Brassard en
1984, d’où l’acronyme).

Cours de mécanique quantique 2023-2024 58


- La première base, que l’on nommera “+” consiste à utiliser un polariseur vertical
|𝑉 〉 𝑜𝑢 |↑〉 pour transmettre les “1” et un polariseur horizontal |𝐻〉 𝑜𝑢 |→〉 pour
transmettre les “0”.
Dans le cas de la réception, un analyseur déterminera si le photon incident est polarisé verticalement
ou horizontalement.
- La deuxième base, que l’on nommera “x” consiste à utiliser un polariseur orienté à 45°
1 1
𝐷 = (|𝐻〉 + |𝑉〉) ou |↗〉 = (|→〉 + |↑〉)
√2 √2

pour transmettre les “1” et un polariseur à -45°


1 1
𝐷 = (|𝐻〉 − |𝑉〉) ou |↘〉 = (|→〉 − |↑〉)
√2 √2

pour transmettre les “0”. On utilise les abréviation D pour “diagonal” et A pour “anti-diagonal”.

Albert peut choisir la base “+” ou la base “x” pour chaque information qu’il envoie. De même,
Boris peut choisir pour chaque information qu’il reçoit la base “+” ou la base “x”.
Au moment de l’envoi et de la réception ni Albert ni Boris ne connait la base choisie par l’autre. En
revanche, Albert note scrupuleusement le bit envoyé (“0” ou “1”) ainsi que la base (“+” ou “x”)
et Boris fait de même pour le bit reçu ainsi que la base qu’il a utilisé.

A la fin de la transmission, Boris envoie “en clair” à Albert la liste des bases choisies pour chaque
bit envoyé . La connaissance de cette liste permettra à Albert de dresser la liste des bits qui
correspondent à coup sûr à ceux que Boris a reçus.

Albert renvoie à Boris la liste des configurations qui sont compatibles avec ses polarisations.
Boris ne conserve que les bits de cette liste.
Albert envoie aussi “en clair” une partie de la liste de bits envoyé et qui devraient composer la clé
(par exemple les 100 premiers si il en a transmis 1000).

— La figure ci-dessus (a) montre que si Albert envoie un “1” (|V i), respectivement un “0” |→〉,
dans la base “+”, Boris à 100% de chance de mesurer un “1” |↑〉, respectivement un “0” |→〉, si il
utilise aussi la base “+”. A la fin de la transmission, lorsque Albert reçoit de Boris l’information
que le bit à été reçue dans la base “+”, il est sûr que ce que Boris a mesuré correspond exactement
à ce qu’il a envoyé car les polarisations |V i et |Hi sont compatibles avec la base “+”. Il indique
donc à Boris de conserver ce bit et de l’ajouter à la clé privée.
— La figure ci-dessus (b) montre que si Albert envoie un “1” |↑〉, respectivement un “0” |→〉, dans
la base “+”, Boris à 50% de chance de mesurer un “1” (|Di), respectivement un “0” |↑〉, si il utilise
la base “x”. A la fin de la transmission, lorsque Albert reçoit de Boris l’information que le bit à été
reçue dans la base “x”, il est conscient que ce que Boris a mesuré a une chance sur deux de
correspondre à ce qu’il a envoyé car les polarisations |↑〉et |Hi ne sont pas compatibles avec la base
“x”. Il indique donc à
Boris de ne pas conserver ce bit.
— La figure ci-dessus (c) montre que si Albert envoie un “1” |→〉, respectivement un “0” |→〉, dans
la base “+” et qu’Erwin s’interpose avec un analyseur dans la base “x”, Boris a 50% de chance de
mesurer un “1” |↑〉, respectivement un “0” |→〉, si il utilise la base “+”. La liste des bases ainsi que
la partie des bits envoyés permet de détecter si Erwin à tenté d’espionner : lorsque Albert reçoit de
Boris l’information que le bit à été reçu dans la base “+”, il suppose que le bit qu’il a mesuré
correspond exactement à ce qu’Albert à envoyé. Il dit à Boris de conserver ce bit et de l’ajouter à
la clé privée. Lorsque Boris reçoit la liste des 100 premiers bits envoyés par Albert, il commence
par éliminer tous ceux pour lesquels ils n’ont pas employé la même base. Imaginons qu’il en reste

Cours de mécanique quantique 2023-2024 59


50. Il compare alors les 50 premiers bits de sa clé privée aux 50 premiers bits reçus d’Albert. Si ils
ne correspondent pas tous, c’est qu’Erwin à tenté d’intercepter la clé.
Par mesure de simplification, nous n’avons pas donné d’exemple dans lequel Albert utilise la base
“x” car la transposition des trois situations ci-dessus est triviale.
a)

b)

c)

Illustration du protocole BB84


images inspirée de http ://[Link]/local/cache-vignettes/L600xH340/[Link]

Après analyse et suppression des configurations qui ne sont pas compatibles, sans avoir jamais
échangé en clair leurs résultats, Albert et Boris sont maintenant en possession d’une série de bits
identiques. Albert l’utilisera pour crypter son message et Boris pour le décrypter. Voici en détail
comment une clé pourrait être transmise sans espion :

Suite de bits 0 1 1 0 0 1 0 1 0 1 1 0 0
Polarisation Albert → ↑ ↗ → ↘ ↗ → ↑ → ↑ ↗ ↘ →
Configurations Boris x + + x x + x + x + + x +
Résultats Boris 1 1 1 1 0 1 0 1 0 1 1 0 0
Bits retenus 1 0 1 1 1 0 0
Albert envoie quelques 1 1 0
bits

Cours de mécanique quantique 2023-2024 60


Clé de cryptage 0 1 1 0

On remarque que l’on perd statistiquement 50% des bits transmis, sans compter la partie des bits
retenus et envoyé en clair pour vérification. Il faut donc qu’Albert transmette une grande quantité
de bits à Boris pour qu’ils puissent fabriquer une clé privée. Il est donc difficile d’envoyer une clé
prédéfinie (comme celle que l’on a utilisée dans l’exemple). En pratique, on envoie des bits au
hasard et on en choisit un sous-ensemble pour faire la clé privée.

4.2.2. Erwin démasqué


On peut facilement calculer la probabilité qu’Erwin soit découvert (ou plutôt le taux d’erreur
lorsqu’Erwin tente d’écouter). Le tableau ci-dessus présente les huit cas possibles lorsqu’Erwin
envoie un “1” :

Bit envoyé 1 1 1 1 1 1 1 1
Base d’Albert + + + + x x x x
Base d’Erwin + + x x + + x x
Base de Boris + x + x + x + x
Résultats de Boris 1 1 ou 0 1 ou 0 1 ou 0 1 ou 0 1 ou 0 1 ou 0 1
Bits retenus 1 1 ou 0 1 ou 0 1
L’écoute démasquée

Sur les huit configurations possibles, seules quatre sont compatibles (Boris à mesuré la polarisation
1
dans la même base qu’Albert). Chaque configuration à donc une probabilité de 8 se produire. Dans
1
les cas + + + et xxx, on est sûr d’obtenir “1”. Dans les cas +x+ et x + x on a une probabilité de 2
d’obtenir “1” et la même probabilité d’obtenir “0”. La probabilité d’obtenir “0” alors que l’on est
11 11 1
sûr de mesurer “1” est donc 8 2 + 2 8 = 8 = 12,5%
Lorsqu’Erwin tente d’intercepter le message d’Albert, il génère un taux d’erreur de 12.5%. Ceci
peut être visualisé sous forme d’un arbre de probabilité (figure ci-dessus). Dans ce schéma on
observe que les quatre cas en rouge ne donnent pas la bonne probabilité (A + ExB + 1,
A + ExB + 0, AxE + Bx1 et AxE + Bx0). Cependant, seuls ceux qui donnent 0 sont détectables.
D’où la probabilité de 12.5%.

Cours de mécanique quantique 2023-2024 61


Lorsque Boris constate que la ligne est écoutée, il demande à Albert de faire une nouvelle tentative
d’envoi de la clé.
Dans le monde réel, la détection de la polarisation d’un photon unique n’est pas facile. Des erreurs
de transmission et de détection entachent le processus. Ces erreurs de transmission et de détection
sont indifférentiables d’une tentative d’écoute. On décide donc d’un taux d’erreur acceptable
(autour des 2.5%) ce qui assure que personne ne pourra intercepter plus de 5% de la clé privée.

4.3. Théorème de non clonage quantique


Dans le monde classique, on recopie couramment des documents en les photocopiant. Une propriété
étrange de la physique quantique est l’impossibilité de recopier exactement un état.
Nous allons démontrer ce résultat en imaginant une photocopieuse quantique qui permettrait
de recopier un état (|𝐻〉 ou |𝑉〉), l’état |𝐻〉 étant un état quelconque jouant le rôle de la page blanche.
Voici, dans le formalisme de Dirac ce qu’une telle photocopieuse devrait faire :

𝐶 |𝐻𝑋〉 → |𝐻𝐻〉
𝐶 |𝑉𝑋〉 → |𝑉 𝑉 〉
où C (pour clonage) est l’opérateur représentant la photocopieuse quantique.
Prenons pour état de départ
1
|𝛹〉 = (|𝐻〉 + |𝑉〉)
√2

et tentons de le photocopier :

1 1 1
𝐶 (|𝛹〉 ⊗ |𝑋〉) = 𝐶 ( (|𝐻〉 + |𝑉〉) ⊗ |𝑋〉) = (𝐶|𝐻𝑋〉 + 𝐶|𝑉𝑋〉) = (|𝐻𝑋〉 + |𝑉𝑉〉)
√2 √2 √2
Ce n’est sûrement pas l’effet souhaité puisque l’on devrait obtenir :
1 1 1
(|𝐻〉 + |𝑉〉) ⊗ (|𝐻〉 + |𝑉〉) = (|𝐻𝐻〉 + |𝐻𝑉〉 + |𝑉𝐻〉 + |𝑉𝑉〉)
√2 √2 2

Ceci démontre que notre photocopieuse quantique ne peut pas reproduire fidèlement
l’état |𝛹〉.
Ceci est bien entendu un cas (très) particulier mais ce résultat est valable dans le cas général.

Conclusion
La validité du protocole BB84 se fonde sur le principe de Heisenberg. Erwin ne peut pas
mesurer la polarisation de chaque bit quantique selon l’axe “x” et l’axe “+” en même temps.
De plus, le théorème de non-clonage assure qu’Erwin ne peut pas faire une copie de la suite de
bits pour l’analyser avec la bonne configuration après coup (une fois que Boris aura transmis la
liste de base qu’il a choisie à Albert).
Enfin, même s’il est impossible d’espionner sans être découvert, il peut être difficile de trouver
où se trouve l’espion pour l’arrêter.=

Références
1. Raymond A. Serway, Physique 3 ; Optique et physique moderne, les éditions de la
chenelièreinc. 1990
2. Michel Le Bellac, physique quantique, CNRS Editions, 2007
3. Jacques Weyers, physique général 3 ; mécanique quantique, 2006-2007, université de
Louvain, Faculté des Sciences, Département de Physique

Cours de mécanique quantique 2023-2024 62


4. Daniel Fortier, Mécanique quantique, Animations et interprétations philosophiques,
Conférence présentée au Québec, le 13 février 2007

Exercices de travaux dirigés

Les exercices marqués d’un astérisque seront corrigés

1*. On se propose d’explorer des distances de l’ordre de la taille d’un atome, soit 1 Å, avec des
photons, des neutrons ou des électrons. Quel sera en eV l’ordre de grandeur de l’énergiede ces
particules ?
2*. Lorsque la longueur d’onde λ d’une onde sonore est grande par rapport au pas du réseau cristallin
où se propage la vibration, la fréquence ω de cette onde sonore est linéaire dans le vecteur d’onde
k = 2π/λ : ω = csk, où csest la vitesse du son. Dans le cas de l’acier cs~5 × 103m.s−1. Quelle est
l’énergie ℏωd’une onde sonore pour k = 1nm−1? La particule analogue du photon pour les ondes
sonores est appelée phonon, et ℏωest l’énergie d’un phonon. Sachant qu’un phonon peut être créé
par collision inélastique sur le cristal, utiliseriez-vous des neutrons ou des photons pour étudier les
phonons ?
3. Dans une expérience d’interférences avec des fullerènes C60, qui sont aujourd’hui les plus gros
objets avec lesquels on a vérifié le comportement ondulatoire, la vitesse moyenne des molécules est
de 220 m.s−1. Quelle est leur longueur d’onde de de Broglie ? Comment se compare-t-elle aux
dimensions de la molécule ?
4*. Le travail de sortie du lithium est 2,46 ev, alors que la longueur d’onde limite du césium est de
639 nm. Déterminer la longueur d’onde limite du lithium et le travail de sortie du césium.
5. Quelle vitesse doit avoir un électron pour qu’il possède la même impulsion qu’un photon de
longueur d’onde 10-7 nm.
6*. Quelle est l’énergie que possède un électron transmis pendant la diffusion des photons de
longueur d’onde 0,1 nm sous un angle =90°
7. Le travail de sortie du zinc est 4,3 ev. Déterminer l’énergie cinétique des électrons extraits du
zinc par un rayonnement de longueur d’onde 253,7 nm.
8*. Un photon de longueur d’onde  = 0,1 nm arrive sur un électron de la couche K d’un atome de
Xénon .
1) Peut-il y avoir un effet photo électrique ? Si oui, quelle sera l’énergie cinétique de l’électron ?
2) Même question si le photon arrive sur un électron de la couche L .
On donne : Energies de liaison des électrons du Xénon : WK = 34,4 keV ; WL = 5,1 keV
9* On considère un flux de photons d’énergie 100 keV
1) Calculer la longueur d’onde des photons diffusés par effet COMPTON dans une direction faisant
un angle de 90° avec la direction du faisceau incident
2) Calculer l’énergie cinétique de l’électron COMPTON correspondant.
3) Reprendre les questions précédentes pour un faisceau de photons d’énergie 800 keV.
10. Pour un photon  de 400 keV interagissant par effet Compton, calculer la variation de la longueur
d'onde et l'énergie du photon diffusé aux angles suivants : 0 (pas de diffusion), /2 (diffusion
perpendiculaire),  (rétrodiffusion).
1) Effectuer le même calcul que précédemment dans le cas d'un photon de 5,11 MeV, pour un angle
égale à .
2) Si l'énergie du photon incident augmente indéfiniment, comment évolue sa longueur d’onde?
Vers quelles valeurs limites tendent alors la longueur d’onde du rayonnement rétrodiffusé et son
énergie ?
131
11. L'iode I est radioactif - et  ; sa période radioactive est de 8,02 jours. Le principal
rayonnement émis (à 81,3%) a une énergie de 364,5 keV.

Cours de mécanique quantique 2023-2024 63


Données des masses volumiques : eau : '= 1,00 [Link]-3 plomb :  = 11,3 [Link]-3
1) Calculer la longueur d'onde du rayonnement émis.
Les photons sont susceptibles de provoquer l'effet Compton à la traversée des tissus.
2) Calculer la longueur d'onde du rayonnement diffusé dans une direction faisant un angle de
20°avec la direction du rayonnement incident.
3) Calculer l'énergie cinétique de l'électron Compton correspondant.
4) Ce photon diffusé est-il susceptible d'induire une réaction de matérialisation ? Justifier la réponse.
𝑑𝐴(𝑡)
12*. Soit une matrice A(t) dépendant d’un paramètre t vérifiant 𝑑𝑡 = 𝐴(𝑡)𝐵
𝑑𝐴(𝑡)
Montrer que A(t) = A(0) exp(Bt). Quelle est la solution de 𝑑𝑡 = 𝐵𝐴(𝑡)?
[Link] trois matrices N ×N, A, B et C qui vérifient [𝐴, 𝐵] = 0; [𝐴, 𝐶] = 0; [𝐵, 𝐶] ≠ 0
Montrer qu’au moins une valeur propre de A est dégénérée.
14*.Le photon de longueur d’onde =708 nm rentre en collision avec un électron immobile. Le
photon diffusé fait un angle de 30° par rapport à la direction du photon incident. Déterminer l’angle
de déviation de l’électron et son énergie cinétique. Appliquer la conservation de l’énergie totale :
  m0 c 2   ' EC (énergie cinétique)
.
15*.
  d 
 x  a     i  b  ( x)  0
Déterminer l’intégrale de l’équation   dx  .
16*. On donne la fonction d’onde
 iP  x x  x0 2 
 ( x)  C exp  0  

  2  2
 : qui détermine l’état d’une particule.
Déterminer la constante C
2
Déterminer les valeurs moyennes : x , x2 , p et p ,


 exp    x dx 
2

En déduire la relation d’incertitude


x   p  . On donne
2 2


17. On considère un système physique dont l’espace des états, qui est à trois dimensions, est
u1 u2  u3 
rapporté à la base orthonormée formée par les trois kets , , . Dans la base de ces trois
 
vecteurs, pris dans cet ordre, les matrices symétriques associées aux opérateurs H et B sont
définies par :
1 0 0  1 0 0
     
H    0 1 0  B  b0 0 1
0 0 1  0 1 0
  ,  
Où  et b sont des constantes réelles.
 
1) H et B sont-ils des opérateurs hermitiens ?
 
2) Montrer que H et B commutent.
18*. L’espace des états étant le même que celui défini dans l’exercice précédent (17), on considère
 

deux opérateurs M et N définis par :


  
M u1   u1 , M u2   0, M u3    u3 ,

Cours de mécanique quantique 2023-2024 64


 
N u1  u3 , Nˆ u 2   u 2 , N u3   u1,

u1 u2  u3  
1) Déterminer les matrices représentant, dans la base { , , }, les opérateurs M , N ,
M̂ 2 et N̂ 2 .

2) Donner la forme la plus générale représentant un opérateur qui commute avec M .

19. L’opérateur M n’est pas hermitien. Dans quel cas son carré est-il hermitien ?
     2  2 
20. On donne A B B A  1 ; Déterminer le commutateur A B  B A .
21*. Calculer les commutateurs suivants :

 d      2  
 x dx , x   p x , x   p x , x
; ;   .
 n  
 p x , x
En déduire le commutateur  
22*.Comme on le sait, les opérateurs hermitiens (plus précisément, auto-adjoints) possèdent les
propriétés suivantes : les valeurs propres de ces opérateurs sont des nombres réels ; les fonctions
propres correspondant aux différentes valeurs propres sont des orthogonales et constituent un
système complet. Mais si l’opérateur linéaire n’est pas hermitien, ses valeurs propres et ses
fonctions propres peuvent avoir des propriétés différentes. Pour illustrer ceci, rechercher les valeurs
propres et les fonctions propres des opérateurs suivants, puis établir leurs propriétés :

d d  1 i  0 1
1*) x  ; 2) x  ; 3*) aˆ    ; 4) b̂   
dx dx  1 0    1 1

23*.On considère une particule de masse m qui diffuse sur le potentiel suivant :
𝑈 ; 𝑥 > +𝑙
𝑈(𝑥) = { 0
0 ; 𝑥 < +𝑙
1)Ecrire l’équation de Schrödinger et son intégrale dans chaque domaine pour0 < 𝐸 < 𝑈0
2) Déterminer les constantes d’intégrations.
24*. 1) Déterminer les fonctions d’état et les niveaux d’énergie d’une particule da le puits de
potentiel suivant :
∞ ; 𝑥 > +𝑙, 𝑥 < 0
𝑈(𝑥) = {
0 ; 0 < 𝑥 < +𝑙
2)Donner les expressions des fonctions d’état obtenues lorsqu’on inverse les coordonnées par
𝑎
rapport au centre du puis 2 ; transformation (𝑥 → 𝑥 ′ = −𝑥 + 𝑎)
3)Déterminer la fonction de distribution de probabilité 𝑊𝑛 = |𝑐𝑛 |2 , la valeur moyenne 〈𝑥〉, la
fluctuation de x.
25*.L’état stationnaire d’une particule dans un puits de potentiel de largeur (0 < 𝑥 < 𝑙) est décrit
𝜋𝑥
la fonction suivante :𝜓(𝑥) = 𝐵𝑠𝑖𝑛 2 ( 𝑙 )
1) Déterminer le coefficient B
2) En utilisant les fonctions d’état trouvées dans l’exercice précédent dans le domaine
(0 < 𝑥 < 𝑙), calculer la densité de probabilité𝑊𝑛 = |𝑐𝑛 |2 et la valeur moyenne de l’énergie.

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