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Chapitre III
LES CYCLES DE PUISSANCE A DEUX PHASES
Un alternateur, une turbine et un fluide pour entraîner cette turbine sont les éléments principaux pour
produire de l'électricité. Ce principe simple peut ensuite être décliné suivant le fluide utilisé, de l'eau pour les
centrales hydrauliques, de la vapeur pour les centrales thermiques. Dans le cas de la vapeur, il reste à choisir
le moyen qui permet de chauffer l'eau, en utilisant soit des combustibles fossiles (centrales thermiques), soit
des réactions nucléaires (centrales nucléaires).
Toute la complexité technologique mise en œuvre pour réaliser concrètement ces principes découle de la
nécessité d'optimiser le cycle thermique et de construire des installations sûres.
Le fluide : vapeur d'eau, considérée comme un gaz réel (tables).
Cycles thermodynamiques étudiés : Rankine, Hirn, cycles améliorés avec resurchauffe et soutirages, cycles
combinés turbine à gaz/turbine a vapeur.
III.1. Vapeur d’eau :
L’étude de la vapeur d’eau sert d’introduction à l’étude des turbines à vapeur, d’une façon générale
l’étude des vapeurs sert aussi à l’étude d’autres machines thermiques en particuliers les machines
frigorifiques et la liquéfaction des gaz.
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Figure 1. Diagramme de la vapeur d’eau.
Titre de vapeur x :
quantité de vapeur humide AM
x= =
mélange (liquide + vapeur) AB
VM − VA SM − SA HM − HA
x= = =
VB − VA SB − S A HB − HA
VM = 1 − x VA + xVB ; SM = 1 − x SA + xSB ; HM = 1 − x HA + xHB ;
A : liquide saturant x=0
B : vapeur saturée séche x=1
M : mélange (liquide saturé+vapeur saturante humide)
III.2. Cycles moteurs de la vapeur d’eau :
III.2.a. Cycle de RANKINE (Clausius Rankine) :
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1-2 turbine,
2-3 condenseurs,
3-4 pompe,
4-5 chaudière,
5-1 chaudière.
1-2 détente isentropique,
2-3 isotherme +isobare,
4-5 isobare+ isochore,
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3-4 isentropique,
4-5 isobare,
5-1 isotherme +isobare.
L’eau est chauffée du point 4 jusqu’au point d’ébullition 5 on continue à chauffer à température constante
jusqu’au point 1 entrée de la turbine.
2-3 condenseur (refroidissement) transformer la vapeur en liquide, puis à l’aide d’une pompe on fait entrer
l’eau dans la chaudière (échauffement).
𝑤34 = ℎ4 − ℎ3 < 0 (travail reçu par le système)
𝑤12 > 0 (travail fourni par le système)
Ainsi le travail de cette installation sera donné par la relation suivante :
−w12 + w34
ηcycle Rankine
=
Q 45 + Q 51
Si on ne tient pas compte de 𝑤34 :
h1 − h2
ηcycle Rankine
=
h1 − h4
III.2.b. Cycle de RANKINE avec surchauffe (Cycle de HIRN) :
Pour augmenter le rendement du cycle de Rankine soit on diminue la température au condenseur ou bien
on augmente la température de surchauffe.
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P2 est très faible P2˂Pa vide du condenseur.
6-1 : surchauffe isobare pour augmenter le rendement.
Les centrales thermique modernes fonctionnent avec ce cycle, on lit directement les différentes valeurs de h
dans le diagramme (T, S) ou des tables de la vapeur d’eau.
w h1 − h2 − h4 − h3
η= =
h1 − h4 h1 − h4
w12 = h1 − h2 Travail de la turbine
w34 = h4 − h3 Travail de la pompe
Dans toutes les turbines à vapeur on chauffe toujours la vapeur d’eau à pression constante.
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III.2.c. Cycle de RANKINE avec resurchauffe :
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Quand de la vapeur à forte teneur en eau liquide s’écoule dans la turbine celle-ci exerce des influences
néfastes sur l’aubage et sur le rendement interne de la turbine.
Dans les installations modernes la valeur de x à la sortie de la turbine ne doit pas être inferieure à 0.86 -0.88
proche de 1 pour atteindre cette valeur de x une solution serait d’augmenter d’avantage la température de la
surchauffe, mais ceci est limité par les propriétés mécaniques des matériaux employés, une possibilité
permettant d’atteindre cette valeur est la resurchauffe de la vapeur.
La vapeur se détend de P1 à P7 puis elle est sortie de la turbine et dirigée dans un surchauffeur
complémentaire (augmentation de la température à pression constante) dans lequel elle est porté à la
température T8 , elle est ensuite réintroduite dans la turbine ou elle se détend jusqu’à P2. La turbine qui utilise
la resurchauffe est composée de deux parties turbine haute pression (HP) et turbine basse pression (BP).
h8 − h2 + h1 − h7 − h4 − h3
ηRankine avec resurchauffe
=
h1 − h4 + h8 − h7
III.2.d. Cycle à soutirage :
C’est un cycle dans lequel on récupère de la chaleur le rendement est augmenté.
Principe : on soutire une partie de la vapeur au cours de sa traversée de la turbine et on l’utilise par sa
condensation pour obtenir un réchauffage de l’eau d’alimentation de la chaudière on peut effectuer ainsi
plusieurs soutirages.
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III.2.d.1. Cas d’un seul soutirage :
1+x (débit de vapeur)
1 kg de vapeur.
R réchauffeur.
Bilan thermique du réchauffeur :
1 + x hb = 1ha + xh7
Rendement :
h3 − h 4 + x h3 − h7
ηcycle à soutirage =
1 + x h3 − hb
On a négligé le travail de la pompe.
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h3 − h4
ηcycle sans soutirage =
h3 − ha
III.2.d.2. Cas d’un cycle à deux soutirages:
Figure 2. Cycle modèle à deux soutirages.
Rendement :
h3 − h4 + xI h3 − h7I + xII h3 − h7II
ηcycle à 2 soutirage =
1 + xI + xII h3 − hb II
Figure 3. Evolution du rendement thermique en fonction du nombre de
soutirages.
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III.3. Cycles combinés turbomoteur/cycle vapeur
Valorisation des gaz chauds émis en sortie du turbomoteur pour alimenter un cycle à vapeur.
Permet la production combinée d'électricité par le turbomoteur et par le cycle à vapeur.
Cycle turbomoteur, débit d'air mair, (le débit de combustible est négligé) :
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En sortie turbine du turbomoteur, la chaleur des gaz permet le chauffage et l'évaporation de l'eau du cycle
vapeur. La température T5 peut encore être élevée.
Cycle à vapeur, débit d'eau meau :
III.4. Les centrales thermiques
Le combustible est le plus souvent un combustible fossile : charbon, fuel, gaz naturel.
Les puissances usuelles : de 50MW à 700MW.
Lorsque le combustible est du charbon, il est transformé au préalable dans des broyeurs en poussière.
Mélangé à de l'air réchauffé, il est injecté ensuite par les bruleurs dans la chambre de combustion du GV. Les
gaz de combustion passent par des dépoussiéreurs électrostatiques qui retiennent la quasi-totalité des cendres
volantes.
Lorsque le combustible est du fioul, il est au préalable réchauffé pour accroître sa fluidité et injecté ensuite
dans les bruleurs.
Les différents types de centrales thermiques :
Centrale a flamme : combustion d'un combustible fossile.
Centrale à cycles combinés avec turbomoteur.
Centrales thermiques solaires.
Quantité de combustible requise pour produire 1000 kWh :
350 kg de charbon,
250l de fioul,
300 m3 de gaz naturel,
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4g d'Uranium enrichi.
III.5. les centrales nucléaires
Les différents types de réacteurs nucléaires sont classés en filières. Un cœur de réacteur se caractérise par :
_ le combustible dans lequel se produit la réaction de fission : uranium naturel, uranium enrichi en isotope
U235 et/ou plutonium, voire thorium.
_ le niveau d'énergie des neutrons provoquant les fissions : neutrons "thermiques" (2 km/s) ou "rapides"
(20000 km/s).
_ le fluide caloporteur qui transporte la chaleur hors du réacteur : eau ordinaire ou de l'eau lourde (enrichie
en deutérium), un gaz (notamment du gaz carbonique ou de l'hélium) ou un métal liquide (essentiellement du
sodium fondu).
_ le modérateur qui permet de ralentir les neutrons : notamment graphite, eau ordinaire ou eau lourde ou
aucun pour les réacteurs a neutrons rapides).
Les différents choix ne sont pas totalement indépendants. Par exemple seuls le graphite et l'eau lourde
permettent d'utiliser l'uranium naturel. De nombreuses combinaisons ont fait l'objet d'études ou de
réalisations expérimentales.
En France, la production électronucléaire est assurée par 58 unités de la filière Réacteur à Eau Pressurisée
(REP), installes sur 20 sites. Les puissances : 900 MW, 1300 MW et 1450 MW.
III.5.1. Les différentes filières
La filière CANDU
La filière CANDU commercialisée par le Canada utilise de l'uranium naturel comme combustible, de l'eau
lourde comme modérateur et de l'eau lourde sous pression comme fluide caloporteur.
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Les réacteurs à neutrons rapides RNR
Une autre filière a exploite la possibilité d'utiliser le plutonium comme combustible. Il s'agit de la filière des
réacteurs à neutrons rapides, pour lesquels il n'y a pas de modérateur et le fluide caloporteur est soit un métal
liquide (plomb ou sodium) soit un gaz (hélium).
_ Réacteur rapide refroidi au plomb, RNR-Pb
Le caloporteur est du plomb liquide ou un alliage au plomb (plomb-bismuth).
Terminologie anglo-saxone : lead (alloy) cooled fast reactor, LFR.
_ Réacteur rapide refroidi au gaz, RNR-G
Le caloporteur est du gaz, généralement de l'hélium. Le cycle fonctionne en circuit ferme.
Terminologie anglo-saxone : gas-cooled fast reactor, GFR.
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_ Réacteur rapide refroidi au sodium, RNR-Na
Le caloporteur est du sodium liquide (sodium-cooled fast reactor, SFR).
Les réacteurs à eau, REP et REB
La filière à l'uranium enrichi et eau ordinaire à la fois le modérateur et le caloporteur) est actuellement la plus
répandue dans le monde. Elle utilise comme combustible de l'uranium enrichi à quelques % (2,5 à 5) en
isotope fissile U235, sous forme d'oxyde UO2, éventuellement mélangé à de l'oxyde de plutonium PuO2
(combustible MOX).
Deux grands types de réacteur à eau :
_ les réacteurs à eau bouillante (REB ou BWR Boiling Water Reactor)
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Ils mettent en œuvre une technique à cycle direct dans laquelle l'eau se vaporise dans le réacteur lui-même et
va directement alimenter la turbine du groupe turbo-alternateur.
_ les réacteurs à eau pressurisée (REP ou PWR Pressurized Water Reactor)
Ils utilisent de l'eau maintenue sous pression à l'état liquide, qui circule dans un circuit primaire et échange
ses calories dans des générateurs de vapeur. Prés de la moitié de l'électricité d'origine nucléaire est produite
par ce type de réacteur.
Figure 4. Schéma d’un réacteur de type REP.
A l'intérieur de cette filière, il existe différents modèles de réacteurs nucléaires :
_ des réacteurs dont la conception des générateurs de vapeur (tubes verticaux simple passe et circulation
forcées) permettent la production de vapeur surchauffée ; ce type a été commercialisé aux Etats-Unis.
_ Les réacteurs de conception soviétique (V V ER) dont une des caractéristiques est l'utilisation de
générateurs de vapeur à tubes horizontaux.
Les réacteurs à sels fondus, RSF
Réacteur dont le combustible, constitue de sels fondus, est liquide et fait office de caloporteur.
Terminologie anglo-saxone: molten salt reactor (MSR).
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Réacteur à très haute température, RTHT
Réacteur à neutrons thermiques où le caloporteur est de l'hélium dont la température à la sortie du cœur est
supérieur à 900oC. Le modérateur est du graphite.
Terminologie anglo-saxone : very high temperature reactor (VHTR).
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Réacteur refroidi à l'eau supercritique, RESC
Réacteur dont le caloporteur est de l'eau dans un état supercritique.
Note : L'état supercritique de l'eau est caractérisé par une température supérieure à 374oC et une pression
supérieure à 22 MPa, soit environ 200 fois la pression atmosphérique.
Terminologie anglo-saxone : supercritical water-cooled reactor (SWCR).
III.5.2. La réaction de fission
La réaction nucléaire utilisée de manière industrielle est la réaction de fission. Cette réaction intervient
quand un atome "lourd", bombardé par un neutron se scinde en deux atomes "plus légers". Elle s'accompagne
aussi de la création de nouveaux neutrons "libres" qui pourront à leur tour impacter d'autres atomes "lourds"
ainsi que de rayonnements. L'énergie cinétique des produits de fission et des neutrons, et l'énergie des
rayonnements devront être récupérés pour fournir la chaleur nécessaire.
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Sur ce schéma, chaque fission produit trois neutrons. On suppose que sur ces trois neutrons, un était perdu
et que les deux autres avaient la possibilité d'impacter chacun un atome lourd.
A chaque étape du processus, on constate que la population de neutrons et donc la puissance dégagée
doublent. On parle alors de réaction en chaîne de coefficient de réactivité (noté K) égal à 2. Ce coefficient K
(rapport des populations de neutrons entre deux générations) représente la vitesse à laquelle augmente la
puissance.
Pour maîtriser la réaction il faut que ce coefficient soit égal à 1 (dans ce cas la puissance est constante).
S'il est légèrement supérieur à 1 alors la puissance augmente ; s'il est inferieur à 1, la puissance diminue. La
valeur typique dans un réacteur est 1,0001.
Les produits de fission résiduels sont naturellement radioactifs : ils produisent donc de la puissance (la
puissance résiduelle) et constitueraient un danger s'ils étaient relâchés dans l'environnement.
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