ESTHETIQUE DE LA POESIE :
Introduction :
La poésie, du grec « poiésis » (création), est un art du langage visant à exprimer ou à
suggérer une idée par le moyen des sonorités, du rythme, des figures et des images. Elle se
distingue de la prose, qui est un langage habituel, par son caractère d’énoncé rythmé,
mesuré et musical. Ainsi, on devine aisément que sa fonction est plus esthétique que
didactique, plus suggestive qu’expressive, plus artistique que satirique. C’est peut-être ce qui
explique les diverses conceptions dont elle fait l’objet.
I/ Définitions du concept :
La poésie est perçue de différentes manières par les poètes eux-mêmes. Cette pluralité de
définitions est consécutive à la philosophie du poète, au contexte dans lequel il écrit et à la
mission qu’il s’est fixé.
1/ Le Robert :
Il définit ainsi la poésie : « Art du langage généralement associé à la versification, visant à
exprimer ou à suggérer quelque chose au moyen de combinaisons verbales où le rythme,
l’harmonie et l’image ont autant et parfois plus d’importance que le contenu intelligible lui-
même. » Si on s’en tient à cette définition, on constatera que la poésie se résume à un art
dont les matériaux sont les mots, les sons et les images. Ce qui n’est pas tout à fait faux,
d’autant plus que des poètes comme Octavio PAZ abondent dans le même sens.
2-Octavio PAZ :
Selon lui, « la création poétique est d’abord une violence faite au langage. Son premier
acte est de déraciner les mots. Le poète les soustrait à leurs connexions et à leurs emplois
habituels. » (L’arc et la lyre, 1956). Cette conception démontre à suffisance que la poésie est
avant tout un art du langage. Autrement dit, elle crée une expression nouvelle, faite d’une
utilisation particulière des mots, choisis selon leurs sonorités et leurs polysémies. Ainsi la
poésie devient elle-même un langage élitiste, accessible seulement aux poètes qui refusent
le langage ordinaire. C’est pourquoi Jean Paul Sartre, dans Qu’est-ce que la littérature ?
(1948) pense que ‘’Les poètes sont des hommes qui refusent d’utiliser le langage’’.
3- Alphonse De Lamartine :
Contrairement à Octavio, Lamartine occulte la dimension esthétique de la poésie, et la
conçoit comme un moyen de soulagement, un exutoire des états d’âme qui alourdissent le
cœur du poète souvent meurtri et endolori. Autrement dit, pour l’auteur des Méditations
poétiques, la poésie est un moyen d’expression des sentiments, des passions et même des
désirs. C’est pourquoi il soutient : « Ce (la poésie) n’est pas un art, mais un soulagement de
mon cœur. » Il épouse ainsi la pensée d’Alfred DE Musset qui disait au poète : « Ah ! Frappe-
toi le cœur, c’est là qu’est le génie » (In Premières poésies, 1829). La poésie devient dès lors
un épanchement lyrique chargé d’émotion, de sentiments, de sensibilité.
4- CLODERNE
Quant à lui, la poésie est comme une exégèse du monde qui aurait pour but de le faire
découvrir et le faire comprendre aux hommes. C’est ainsi qu’il soutient que « La poésie est la
connaissance du monde, car le poète démiurge recrée le monde à sa manière. » c’est donc
dire que la poésie est un moyen de connaissance du monde, celui du poète.
Cette connaissance peut transcender le monde présent pour révéler ce qui n’est pas
encore ; car « le poète démiurge » est « pareille au prophète » et en ce sens, il prédit
l’avenir.
5-Léopold Sédar SENGOR :
La poésie, quant à SENGHOR, est un moyen de lutte et de délivrance. Et loin de la
considérer comme un ornement ou une œuvre d’art, il précise : « la poésie est moins un
objet de musée qu’un puissant instrument de libération. »
Ces différentes conceptions prouvent non seulement la polysémie du terme (la poésie),
mais aussi la pluralité de ses fonctions.
II - Les fonctions de la poésie
A chaque fois que la poésie sert à défendre des intérêts, une personne ou un groupe
d’individus, à exprimer un refus ou une opposition,… elle est assimilée à une arme, à un
instrument de lutte. Dans ce cas, elle procède par la dénonciation, la satire, ou l’éducation.
1/La dénonciation :
C’est une attitude qui consiste, pour la poésie, à remettre en cause les abus et les
dérives politiques, les débordements sociaux, la misère des pauvres et des opprimés,... A cet
effet, elle indexe soit le mal, soit l’auteur (du mal). Au XVIème siècle par exemple, quand les
guerres de religions divisaient la classe politique française et déchiraient sa société, le recueil
poétique, Discours des misères de ce temps (Pierre De RONSARD, 1562) fait sa parution et
dénonce, avec indignation, l’état désastreux de la France en proie à des conflits internes. Le
récit qu’il fait de ces crimes montre une société si déchirée que ni l’amour paternel ou
fraternel, ni les liens sanguins ou conjugaux ne suffisent à l’unifier : « A ce monstre arme le
fils contre son propre père,/ Et le frère, ô malheur, arme contre son frère,/ La sœur contre la
sœur, et les cousins germains/Au sang de leurs cousins veulent tremper leurs mains,/L’oncle
fuit son neveux, et le serviteur son maitre,/La femme ne veut plus son mari reconnaitre. » Les
tragiques de Agrippa D’aubigné s’inscrit dans la même veine.
Quant à Les châtiments de Victor Hugo, il exprime le refus du poète qui s’oppose à la
politique dictatoriale de Napoléon III. Comme il l’exprime d’ailleurs en ces
termes : « J’opposais à ton luxe, à ton rêve, à ton rire, /Un refus. » et c’est en ce sens
qu’il(Les Châtiments), est un véritable réquisitoire contre ce roi.
La dénonciation est plus virulente encore, lorsqu’elle souligne les débordements sociaux,
notamment la misère des pauvres et l’exploitation des faibles. A ce titre, la poésie condamne
ce qui détruit l’homme le plus pauvre ou asservit l’enfant le plus innocent. C’est dans ce sens
qu’il faut comprendre « Mélancholia » (in, Les contemplations, V. HUGO) qui, dénonçant la
servitude à laquelle sont réduits les enfants, maudit le « Travail mauvais qui prend l’âge
tendre en sa serre, /Qui produit la richesse en créant la misère,/Qui se sert d’un enfant ainsi
que d’un outil ! »
2- La satire :
Outre la dénonciation, la satire aussi s’impose comme une forme de contestation très
prisée par la poésie. Elle consiste à tourner en dérision un personnage, à le ridiculiser aux
yeux de tous. La poésie en fait usage surtout lorsqu’elle s’attaque aux défauts et faiblesses
de certains individus ou autorités qui, soucieux de leur quiétude, oublient souvent les
principes fondamentaux de leurs devoirs, ou nient ce qu’ils sont. C’est tout le sens de « ces
vieux singes de cour » de Joachim Du Bellay qui tourne en dérision les courtisans hypocrites
« Qui ne savent rien faire, / Sinon en leur marcher les Princes contrefaire, / Et se vêtir, comme
eux, de pompeux appareil. », et de « Le Renégat »(In, Coups de Pilon, Davide Diop, 1956) qui
raille le nègre déraciné, acculturé. Le fameux poème, ‘’Fable ou histoire’’ (In, Les châtiments,
Victor Hugo), pour mieux dénoncer l’imposture de Napoléon III, le présente comme un singe
déguisé en tigre mais trop fière de son apparence et qui crie « […] admirez moi, voyez, je suis
un tigre ! »
3-L’éducation :
La poésie est aussi un moyen d’éducation très efficace. Elle sert à véhiculer des leçons de
morale, de philosophie, de savoir vivre. C’est en cela qu’elle lutte contre l’ignorance et
contre l’immoralité. C’est l’exemple des Fables de Jean De La Fontaine qui se sert d’animaux
pour instruire les hommes, et de la poésie dramatique qui aide surtout à remarquer nos
faiblesses et nos défauts à travers les personnages.
4- connaissance de l’homme et de l’absolu
L’exploration poétique se veut en effet connaissance de l’homme et du monde par
l’imagination ou le rêve, actes magiques qui entendent percer le secret des choses. Le poète
se fait alors « voyant » (Arthur. Rimbaud) et, « pareil aux prophètes » à qui « Dieu parle à
voix basse », il fait « flamboyer l’avenir » (‘’Fonction du poète’’, In, Les rayons et les ombres,
Victor Hugo)
Par ailleurs, la poésie fait mieux connaitre l’homme par la peinture de ses sentiments, de
ses passions et de ses désirs les plus complexes. C’est ainsi qu’elle offre un portrait physique
et moral de l’homme dominé par le chagrin, le désespoir, la solitude. Dans ce cas, le poète
ne cherche plus d’autre inspiration, mais il laisse sa plume voguer au gré de sa passion,
comme jadis Joachim Du Bellay : « Je me contenterais de simplement écrire/ Ce que la
passion seulement me fait dire, / Sans chercher ailleurs plus graves arguments » (In, Les
Regrets).
5-La célébration
La poésie a aussi pour mission de commémorer les hauts faits d’un héros ou d’un groupe
d’individus, de garder une trace d’événements primordiaux. Elle se tourne alors vers les
origines du monde, vers l’histoire des hommes, ou vers un passé plus personnel, celui du
poète. Cette poésie est dite épique. On la retrouve chez Senghor dans son « poème
liminaire » (In, Hosties noires, 1956) qui chante la gloire des tirailleurs sénégalais.
6-La séduction et l’expression des sentiments
La poésie lyrique est fondée essentiellement sur l’expression des sentiments, des
émotions, des passions et des désirs. C’est pour quoi on y remarque l’omniprésence de la
femme et de l’amour. Et pour cause, la joie d’aimer, l’amertume de la trahison et de la
séparation sont toujours des moments féconds pour la création poétique. C’est d’autant plus
vrai que des poèmes et des recueils entiers ont été dédiés à des femmes qui ont fini de
combler leurs admirateurs, c’est le cas de Amour de Marie de Pierre De Ronsard et du
poème ‘’Je t’aime’’ de Paul Eluard ; ou à celles qui leur ont brisé le cœur, comme Les nuits
de Alfred De Musset ou « La colère de Samson » de Alfred De Vigny.
Mais il arrive que le poète cherche à impressionner la femme pour conquérir son cœur. La
poésie devient alors pour lui un moyen de séduction expressif et assez passionnant pour
fasciner sa bien-aimée. Et le choix de la forme du poème devient très consciencieux, parce
que devant correspondre aux désirs du poète. Tantôt c’est l’acrostiche, comme l’avait fait
Guillaume Apollinaire pour séduire Maria, tantôt c’est l’anagramme, comme ce fut le cas
avec Ronsard, lorsqu’il voulait déclarer son amour à Marie Dupin qu’il aimait d’un amour
tendre et passionné : (‘’Marie, qui voudrait votre beau nom tourner/Il trouverait Aimer :
aimez-moi donc Marie’’,).
III- La poésie : un art du langage
Par sa signification étymologique (création), la poésie est assimilée à un art (du langage).
Et cela, pour plusieurs raisons :
1/ Un langage pictural et architectural :
Le langage poétique est souvent similaire à celui du peintre et à celui de l’architecte. En
effet, le poète, par la disposition des mots et des vers, arrive à produire une image digne
d’un tableau d’art ou d’une œuvre architecturale. Ainsi, de la même façon que le peintre
Léonard De Vinci a dessiné le portrait de Mona Lisa, ‘’La Joconde’’, et l’architecte Gustave
Eiffel, ‘’La Tour Eiffel’’, Guillaume Apollinaire, dans ses Calligrammes, a réalisé le portrait de
Louise De Coligny-Chatillon (‘’La femme au chapeau’’) qu’il appelle affectueusement ‘’Lou’’
et ‘’La Tour Eiffel’’ avec des mots et des vers.
2/ Un langage musical :
La poésie est aussi souvent confondue avec la musique. Le poète choisit les mots pour leur
qualité sonore, créant ainsi une harmonie musicale et rythmée qui fait du texte poétique
une mélodie, un chant. Pour y arriver, la poésie utilise les allitérations, les assonances, les
rimes,… qui donnent au poème une symphonie particulière. Et quelquefois, le poète ajoute à
son texte des aspects propres à la musique, comme les refrains et les couplets, notamment
dans les hymnes. Il faut par ailleurs reconnaitre que certains poèmes comme les Odes sont
destinés à être accompagnés de musique. Cette musicalité est si importante que certains
poètes comme Paul Verlaine recommande ‘’De la musique avant toute chose’’ (In, Art
poétique).
3/ Un langage élitiste :
La dimension artistique de la poésie se révèle plus à ce niveau. En effet, le poète, magicien
du verbe, arrive à soustraire les mots à leurs sens et à leur emploi habituels pour leur
attribuer une connotation nouvelle, parfois insaisissable par les profanes. Là, le mot ne
renvoie plus à la réalité habituelle, mais à celle qu’il suggère. Quand par exemple dans Coups
de pilon, David Diop dit ‘’Les vautours’’, Il ne désigne pas cette espèce d’oiseau que nous
connaissons, mais plutôt une race humaine (les blancs), comparée à ces bêtes. C’est le
propre des figures de style et des paraboles qu’emploie le poète. Ainsi, il crée un langage
nouveau qui nécessite souvent une connaissance approfondie du texte et du contexte pour
être compris. Ce langage nouveau parait plus original mais plus hermétique, lorsque la
poésie viole expressément les règles de la syntaxe et de la grammaire. Les mots ne sont plus
ordonnés comme le veut la syntaxe (sujet, verbe, complément), mais selon la volonté du
poète qui se veut plus impressionnant, plus expressif. Quand par exemple Victor Hugo dit :
« Demain dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, /Je partirai… », il met le d’abord le
complément (‘’Demain’’), ensuite le sujet (‘’Je’’) et enfin le verbe (‘’partirai’’). C’est à cause
de ces anachronismes syntaxiques et des écarts sémantiques que André Breton considère
les poètes comme ‘’des hommes qui refusent d’utiliser le langage’’, et la poésie comme ‘’un
cercle fermé réservé à une élite’’.
IV/ La Poésie : rêve ou réalité ?
L’inspiration poétique trouve des sources d’inspiration diversifiées. Tantôt elle relève de
l’imagination, tantôt elle se fonde sur la réalité.
1/ LE REVE :
En poésie, la notion du rêve est omniprésente.
Dans un premier temps, ce mot fait allusion à l’imagination, à la fiction des textes et des
histoires poétiques. La poésie, en effet, est souvent une narration d’histoires, d’événements
ou de faits imaginaires. En conséquence, le poète puise ses récits dans son imagination,
offrant ainsi aux lecteurs des histoires fictives mais très captivantes, comme Victor Hugo
discutant avec un ange, dans son poème (‘’Apparition’’).
Dans un second temps, le rêve est beaucoup plus saisissant lorsque le poème exprime
une illusion, une obsession passionnelle. Cette obsession peut être la résultante « d’un désir
refoulé, d’un amour perdu, d’une ambition envolée, des jours heureux disparus ». Le poète
déçu et désespéré, se réfugie dans le rêve (souvenir des moments heureux), comme pour
remonter le temps. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre « j’ai tant rêvé de toi’ » de
Robert Desnos (‘’A la mystérieuse’’, In Corps et Bien, 1930). Dans ce poème, en effet, le
poète parle de la femme aimée qui est morte en regrettant leurs étreintes : « J’ai tant revé
de toi que mes bras habitués en étreignant ton/ ombre à se croiser sur ma poitrine ne se
plieraient pas au/ contour de ton corps, peut-être. » On peut dire autant de ‘’Mon rêve
familier’’ de Paul Verlaine, avec la seule différence que ce poème évoque un rêve qui met en
scène une femme à la fois familière et inconnue.
En dernier lieu, la poésie invite le lecteur au rêve, à l’évasion. Elle l’extirpe du spleen pour
le plonger dans ‘’les champs lumineux et sereins’’. Le poème devient ainsi un refuge contre
l’angoisse, un exutoire des ennuis. A ce propos, ‘’Élévation’’ (In, Les Fleurs du mal, Charles
Baudelaire) est une parfaite illustration, car il invite à se mouvoir « Au-dessus des étangs, au-
dessus des vallées /(…) », à s’envoler « bien loin de ces miasmes morbides ».
En substance, la poésie émane du rêve. Et ce rêve est d’autant plus fondamental, qu’il
semble être la condition siné-qua-non de toute poésie ; comme le dit Pasteur Valléry-Radot :
« sans le rêve, il n’y a pas de poésie possible. »
2/ LA REALITE :
La poésie, tout comme les autres genres littéraires, trouve plusieurs sources d’inspirations.
Elle relate des faits ou des histoires vécus, décrit des espaces connus et loue ou regrette une
personne réelle.
La réalité, dans la poésie, est consécutive à la volonté du poète d’immortaliser des faits
marquants de sa société. Aussi cherche-t-il, dans le répertoire d’histoires sociales, les
événements épiques ou tragiques dignes d’être connus de la postérité. C’est tout le sens de
‘’Thyaroye’’ (In, Hosties Noires, L. S. Senghor) qui rappelle à jamais le massacre des tirailleurs
sénégalais par l’armée française en 1944.
Mieux encore, la poésie décrit parfois des espaces réels. Ces derniers peuvent
correspondre aux origines du poète (continent, ville, village,…). Par la même occasion, la
poésie évoque les cultures, les traditions, bref les spécificités de ces milieux. ‘’Joal’’ (In,
Chants D’ombre) de L. S. Senghor, par exemple, fait découvrir le village natal du président-
poète et les activités culturelles (‘’les festins funèbres, les rhapsodies des griots, la danse des
filles nubiles, les chœurs de lutte,…) qui rythment son quotidien.
Par ailleurs, la poésie parle, d’une part, de personnes réelles. A cet effet, le poème prend
la forme d’un hommage dédié à un être cher (disparu). Un tel poème s’inspire souvent des
moments de deuil ou de séparation. Un poème comme LXIII, A Arthur Rimbaud, sous-
titré « Sur un croquis de lui par sa sœur » (In, Dédicaces, 1894) de Paul Verlaine, ou encore
‘’Trois ans après’’(In, Les Contemplations) de Victor Hugo, parlent respectivement de Arthur
Rimbaud et de Léopoldine quelques années après leur mort. D’autre part, la poésie est prise
comme un moyen de communication entre deux personnes. Le poème est alors une
correspondance adressée à un interlocuteur réel pour délivrer un message, ou partager une
opinion. Dans son poème A Paul Demeny (second lettre du dit « voyant »), (In, Œuvres
poétiques et lettres choisies), Rimbaub expose son projet poétique. Pour lui, le poète doit
« être voyant, se faire voyant ».
Au demeurant, la poésie est faite de réalité. Elle s’y fonde et cherche à l’éclairer, comme si
son sens en dépendait. C’est peut-être ce que Goethe veut faire comprendre en ces termes :
« Mes poèmes sont toujours des poèmes de circonstances. Ils s’inspirent de la réalité, c’est
sur elle qu’ils se fondent et reposent. Je n’ai que faire des poèmes qui ne reposent sur rien. »,
In, Conversation de Goethe avec Eckermann, cité par Paul Eluard, ‘’La poésie de
circonstance’’, La nouvelle Critique, no 35, avril, 1952.
Conclusion
En définitive, la poésie est perçue de diverses manières par les poètes. Cette diversité est
consécutive aux multiples fonctions qu’elle joue. Elle comporte en plus une dimension
esthétique assez importante pour qu’on l’assimile à des arts comme l’architecture, la
peinture, la musique. Mais elle se fonde essentiellement sur le rêve ou sur la réalité.