SEQUENCE II – SEANCE 2 – « UNE CAGE DE BÊTE FEROCE », Emile Zola
1- Construisez un tableau dans lequel vous noterez dans l’ordre les lieux traversés par
les animaux, les activités humaines pratiquées, les éléments descriptifs satiriques
(moqueurs) les jugements, attitudes et émotions exprimées par les animaux.
LIEUX ACTIVITES
TRAVERSES HUMAINES ÉLEMENTS DESCRIPTIFS JUGEMENTS, ATTITUDES ET
PRATIQUEES SATIRIQUES EMOTIONS DES ANIMAUX
LES RUES Marche, Foule Foule décrite comme Hyène : frissonne et
immense aveuglée, entraînée obéit ; Lion :
par la curiosité. observateur, surpris
par la masse
humaine.
LA PLACE Festin autour d’une Les hommes Lion : dégoûté et
CENTRALE charpente ressemblent à des surpris ; Hyène :
charognards (« bêtes frissonne, effrayée
féroces ») prêts à se par l’appétit
jeter sur un festin. démesuré des
hommes.
LA MAISON DE Observation des Spectacle morbide, Lion : choqué (« Est-
FOIRE cadavres les hommes sont ce de la viande
curieux devant des d’homme ? ») ; Hyène
cadavres exposés : écœurée par la vue
comme des objets. des cadavres.
L’ETALE DU Commerce de La boutique évoque Lion : interrogatif («
BOUCHER viande une boucherie Est-ce que nous
macabre où la viande nourrir notre colonie
semble humaine, du Jardin des Plantes
sang omniprésent. avec cela ? ») ; Hyène
: dégoûtée.
LES PONTS Effusion de sang et Les humains boivent Lion : comprend la
violence une liqueur rougeâtre violence humaine,
qui ressemble au évoque la « folie » du
sang, décrite comme meurtre ; Hyène :
leur donnant une craintive, suggère de
frénésie meurtrière. ne pas traverser.
LE JARDIN DES Retour à la cage Les barreaux sont vus Soulagement des deux
PLANTES (la (lieu de refuge pour comme un rempart animaux, qui perçoivent la
cage) les animaux) contre la sauvagerie cage comme un espace
humaine. protégé contre la violence des
hommes.
2- En vous appuyant sur le relevé de la question 1, rédigez une réponse qui explique les
principales critiques que Zola adresse à la société. Justifiez votre réponse.
Dans ce texte, Zola critique les défauts de la société humaine. Il montre que les hommes,
bien qu’ils se prétendent civilisés, sont souvent plus cruels et violents que les animaux.
Ils sont fascinés par l’horreur, comme le prouve leur curiosité pour les cadavres, et leur
avidité est sans limite, que ce soit dans leur façon de consommer ou de détruire. Zola
dénonce aussi leur hypocrisie : leur comportement révèle une sauvagerie qui contredit
leur prétendue supériorité. Par cette critique, il invite le lecteur à réfléchir sur les défauts
de l’humanité.
3- En vous appuyant sur le relevé de la question 1, montrez que la description des lieux
sert la pensée de l’auteur. Justifiez votre réponse.
Dans ce texte, les lieux traversés par les animaux sont des métaphores de la condition
humaine, permettant à Zola de révéler différentes facettes de la société. La place
centrale symbolise l’avidité et la déshumanisation des hommes, qui sont comparés à
des prédateurs sauvages. La maison de foire, avec ses cadavres exposés, met en
lumière le voyeurisme morbide et l’insensibilité humaine. L’étal de boucher représente
la violence et l’exploitation poussées à l’extrême, tandis que les ponts, associés à la
liqueur sanglante, reflètent la folie collective et la soif insatiable de destruction. Enfin,
la cage, qui pourrait sembler un lieu d’emprisonnement, devient un refuge contre une
société perçue comme plus féroce que les animaux eux-mêmes. À travers ces lieux
symboliques, Zola illustre les défauts majeurs de l’humanité.
4- En personnifiant les animaux, Zola s’inscrit dans la tradition de l’apologue. Cherchez
la définition de ce terme et expliquez en quoi cette nouvelle est bien représentative
du genre.
Un apologue est un court récit souvent allégorique qui utilise des personnages fictifs
(parfois des animaux) pour transmettre une leçon morale ou une critique sociale.
Dans cette nouvelle :
• Personnification des animaux : Le Lion et l’Hyène, représentants du monde animal,
réfléchissent et jugent les humains, inversant ainsi les rôles traditionnels.
• Leçon morale : L’apologue dénonce la violence, l’avidité et l’hypocrisie de la société
humaine en la plaçant sous le regard extérieur des animaux, qui apparaissent ici plus
"humains" que les hommes eux-mêmes
5- Auteur engagé, Zola s’est souvent exprimé en son nom, dans des lettres ouvertes ou,
pour dénoncer les injustices, la violence et la bassesse des hommes. Cependant, il a
parfois eu recours à la fiction pour faire entendre sa critique sociale, comme c’est le
cas dans cette nouvelle.
Selon vous en quoi l’apologue peut-il être moyen plus efficace que la prise de parole
à la première personne pour convaincre et persuader ?
Selon moi, l’apologue est souvent plus efficace qu’un discours direct, car il permet
d’aborder des sujets sensibles à travers des personnages fictifs, évitant ainsi de viser
directement quelqu’un. Grâce aux métaphores et aux symboles, le message devient
universel et intemporel. Une histoire captive davantage le lecteur et le pousse à
réfléchir par lui-même, ce qui rend la critique plus persuasive. Dans cette nouvelle,
Zola utilise les animaux pour critiquer la société humaine de manière ludique, tout en
incitant à une réflexion profonde.
6- Cet apologue repose sur le procédé de l’inversion. Expliquez ce procédé en vous
appuyant sur le texte et dites en quoi il sert la pensée de l’auteur.
L’inversion est un procédé littéraire consistant à échanger les rôles ou les perspectives
habituels.
Dans cet extrait : les animaux, habituellement perçus comme sauvages, ce ceux qui
critiquent la cruauté humaine.
De plus, la cage, lieu de refuge avec les barreaux est un symbole d’emprisonnement,
devient une protection contre la barbarie humaine.
Et les hommes sont bestialisés, Zola les dépeint comme des prédateurs, des
charognards, ou des êtres fous de violence, tandis que les animaux apparaissent
civilisés.
Ce procédé met alors en évidence les contradictions de la société : sous une apparence
civilisée, elle se montre plus brutale que le règne animal.