1.
Introduction :
L’énergie solaire est vue comme étant la meilleure alternative, et représente l’avenir du
monde en matière de ressources énergétiques. En effet, ce que reçoit la terre sous forme
d’énergie solaire est l’équivalent de la consommation électrique de 5.9 milliards de personnes
pendant 27 ans
L’Algérie se situe dans l’une des régions les plus ensoleillées du monde, elle bénéficie d’une
forte capacité d’exportation de l’énergie électrique solaire. La surface du désert seul est
estimée à plus d’un million et demi de km² : un potentiel géant en énergie solaire, cette
dernière, si elle est bien exploitée, peut facilement couvrir, à elle seule tout le besoin national
en terme d’énergie électrique. Au-delà de toutes considérations hypothétiques, il apparait que
le photovoltaïque se présente comme une solution d’avenir car il offre une multitude
d’avantages.
L’exploitation des potentiels énergétiques solaire pour la production de l’électricité s’avèrent
être rentable dans les régions isolées là où l’extension du réseau électrique conventionnel
serait une contrainte financière. A cet effet, ce système serait destiné à alimenter une charge à
usage domestique et pouvoir satisfaire aux besoins avec une certaine garantie en matière
d’autonomie .
2. Le rayonnement solaire :
Le soleil exerce sur notre planète une action vitale, véritable source de vie, bien qu'il soit le
centre du système qui porte son nom (Système solaire auquel la Terre appartient). Sa lumière
met 8mn et 18s à travers 150 millions de kilomètres d’espace pour terre. La puissance émise
par le soleil est estimée à 1.7 1023 kW dont une partie atteint le globe terrestre , elle est de
l’ordre de 8.5 1013 kW ; Uniquement 70% (environ 6 1013 kW) de cette puissance pénètre
l’atmosphère.
Le soleil nous envoie de l’énergie sous forme de rayonnement électromagnétique dont la
longueur d’onde variant de 0.22µm à 10 µm, la figure 1 représente la variation de la
répartition spectrale de ce rayonnement. Ces rayonnements arrivent au sol, soit directement
soit après certaines atténuations ou déperditions résultantes des phénomènes d’absorption
et/ou de diffusion.
Figure .1 : le spectre solaire.
2.1. Les différents types de rayonnements :
Le rayonnement global est la somme de tous les rayonnements reçus qui sont :
a- Le rayonnement direct: une partie des photons solaires interagissent avec les constituants
de l’atmosphère et sont extraits du flux initial. Parvenu en un point M après un certain
parcours, le flux résiduel des photons qui n’ont pas interagi et ont conservé une direction
commune et leurs énergies propres, forme la composante direct du rayonnement.
b- Le rayonnement diffus : c’est le rayonnement provenant de toute la voûte céleste. Il est
dû à l’absorption et à la diffusion d’une partie du rayonnement solaire par l’atmosphère et à sa
réflexion par les nuages.
c- Le rayonnement réfléchi : c’est le rayonnement qui est réfléchi par le sol et par les objets
qui se trouvent en surface.
Figure .2 : Les différents types de rayonnement solaire
2.1. Energie solaire en Algérie :
L’Algérie, de par sa situation géographique (Afrique du Nord) et sa superficie de 2.4 millions
de Km², bénéficie d’un gisement naturel solaire élevé, estimé à plus de 5 Milliards de GWh et
d’une durée moyenne d’ensoleillement de plus de 2 600 heures/an pour les régions côtières, et
pouvant dépasser les 3 500 heures/an pour le sud .
Ce potentiel solaire constitue une opportunité pour le développement des énergies
renouvelables dans le pays afin de contribuer d’une manière générale à la protection de
l’environnement et à la réduction de la part des énergies fossiles dans le bilan énergétique.
a b
c d
Figure.3 :Irradiation globale journalière au mois de juillet(a-plan horizontal b-plan normal)
et Décembre (c-plan horizontal d-plan normal)
3. Energie solaire photovoltaïque :
L’énergie photovoltaïque est une des sources d'énergie renouvelables les plus importantes;
c’est le produit de la conversion directe du rayonnement solaire à travers les cellules
photovoltaïques, c’est ce qu’on appelle l’effet photovoltaïque, qui fut observé la première fois
en 1839 par le physicien français Edmond Becquerel.
L’effet photovoltaïque permet la transformation de l’énergie lumineuse en électricité, ce
phénomène dépend du matériel du semi-conducteur et de la longueur d’onde de la lumière
incidente.
3.1. La cellule photovoltaïque :
L’utilisation des cellules solaires débute dans les années quarante dans le domaine spatial.
Les recherches ont permis d’améliorer leurs performances et leur taille mais il faudra attendre
la crise énergétique de 1973 pour que les gouvernements et les industriels investissent dans la
technologie photovoltaïque et ses applications terrestres. La cellule photovoltaïque est
composée d’un matériau semi-conducteur qui absorbe l’énergie lumineuse et la transforme
directement en courant électrique.
Un semi-conducteur est un matériau dont la concentration en charges libres est très faible par
rapport aux métaux. Pour qu’un électron lié à son atome (bande de valence) devienne libre
dans un semi-conducteur et participe à la conduction du courant, il faut lui fournir une énergie
minimum pour qu’il puisse atteindre les niveaux énergétiques supérieurs (bande de
conduction).
C’est l’énergie du " band gap ", Eg, en électronvolt (eV). Cette valeur seuil est propre à
chaque matériau semi-conducteur et va de 1,0 à 1,8 eV pour les applications photovoltaïques.
Elle est de 1,1 eV pour le silicium cristallin, et de 1,7 eV pour le silicium amorphe .
Le rayonnement arrivant sur la cellule solaire sera en partie réfléchi, une autre partie sera
absorbée et le reste passera au travers de l’épaisseur de la cellule. Les photons absorbés dont
l’énergie est supérieure à la largeur de la bande interdite vont libérer un électron négatif,
laissant un " trou " positif. Pour séparer cette paire de charges électriques de signes opposés et
recueillir un courant électrique, il faut introduire un champ électrique, E, de part et d’autre de
la cellule.
La méthode utilisée pour créer ce champ est celle du dopage par des impuretés. Deux
méthodes de dopage sont possibles :
Le dopage de type n : qui consiste à introduire dans la structure cristalline semi-
conductrice des atomes étrangers qui ont la propriété de donner chacun un électron
excédentaire, libre de se mouvoir dans le cristal.
Le dopage de type p :utilise des atomes dont l’insertion dans le réseau cristallin
donnera un trou excédentaire.
Lorsque l’on effectue deux dopages différents (type n et type p) de part et d’autre de la
cellule, il en résulte, après recombinaison des charges libres (électrons et trous), un champ
électrique constant créé par la présence d’ions fixes positifs et négatifs. Les charges
électriques générées par l’absorption du rayonnement pourront contribuer au courant de la
cellule photovoltaïque.
Figure .4 :L’effet photovoltaïque
3.2. Technologies de cellules solaires :
Les cellules solaires peuvent être réparties en trois groupes, selon le matériau de base utilisé :
cellules monocristallines
cellules poly cristallines
cellules à couches minces
cellules multi-jonctions à haut rendement
Le groupe des cellules à couche mince compte les cellules amorphes au silicium et les cellules
formées à partir d'autres matériaux, comme le tellurure de cadmium (CdTe), le diséléniure de
cuivre et d'indium (CIS) ou l'arséniure de gallium (GaAs). Dans la pratique , les cellules en
silicium ont fini par s'imposer.
a b c d e
Figure .5 : différents type des Cellules solaires
a-monocristalline b- poly cristalline, c- amorphe d- couche mince CIS e- multi-jonctions
3.2.1.Cellules solaires monocristallines :
Des blocs de silicium sont formés à partir de fonte de silicium ultra-pure. Dans un
monocristal,
le réseau cristallin complet est agencé de manière uniforme. Le bloc de silicium est découpé
en rondelles de 200 à 300 µm d'épaisseur, appelées galettes .Pour permettre un usage optimal
de la surface du module solaire, les cellules rondes sont découpées en éléments carrés.
D'habitude, les
cellules présentent une longueur d'arête de 152 mm La fabrication est conclue par le dopage,
l'application des surfaces de contact et de la couche anti réflexion. Possédant un rendement
variant entre 15 et 18 %, les cellules monocristallines fabriquées industriellement sont les
cellules ayant actuellement le rendement le plus élevé. Cependant, leur fabrication requiert
plus d'énergie et de temps que celle des cellules poly cristallines.
3.2.2. Cellules solaires poly cristallines :
Le matériau de base est du silicium ultra-pur qui est porté à fusion. Mais pour la fabrication
de cellules solaires poly cristallines, on ne cultive pas de monocristaux, mais la fonte de
silicium est refroidie de façon contrôlée dans un moule carré. Pendant le refroidissement, les
cristaux s'orientent de manière irrégulière et forment la surface miroitante typique pour les
cellules solaires poly cristallines. Les blocs de silicium carrés sont découpés en galettes de
200 à 300 µm d'épaisseur. La fabrication est conclue par le dopage, l'application des surfaces
de contact et de la couche anti réflexion. La couche anti réflexion offre à la cellule solaire sa
surface bleue typique, car le bleu réfléchit le moins de lumière et en absorbe la plus grosse
quantité. Les cellules solaires poly cristallines présentent un rendement entre 13 et 16 %[8].
3.2.3. Cellules solaires amorphes :
Le terme amorphe vient du grec (a : sans, morphé: forme) et signifie qui n'a pas de forme. En
physique, on appelle amorphes les éléments dont les atomes présentent des formes
irrégulières. Si les atomes ont une structure ordonnée, on les appelle des cristaux.
Pour la fabrication de cellules solaires amorphes, on applique le silicium sur un matériau
support, comme par ex. le verre. L'épaisseur du silicium s'élève alors à env. 0,5 à 2 µm. Ainsi,
non seulement la quantité de silicium requise est-elle assez faible, mais le découpage
fastidieux des blocs de silicium n'est-il pas nécessaire. Le degré de rendement des cellules
solaires amorphes se situe seulement à 6-8 %.
3.2.4.cellule solaire cuivre - indium - sélénium (CIS) :
Les cellules CIS représentent la nouvelle génération de cellules solaires sous forme de films
minces, de type cuivre-indium-sélénium (CIS). Les matières premières nécessaires à la
fabrication des cellules CIS sont plus faciles à se procurer que le silicium utilisé dans les
cellules photovoltaïques classiques. De plus, leur efficacité de conversion énergétique est la
plus élevée à ce jour pour des cellules photovoltaïques en couche mince. Le degré de
rendement des cellules solaires amorphes se situe seulement à 9-11 %.
3.2.5. Les cellules multi-jonctions à haut rendement :
Aujourd'hui, la plupart des cellules photovoltaïques inorganiques sont constituées d’une
simple jonction PN. Dans cette jonction, seuls les photons dont l'énergie est égale ou
supérieure à la bande interdite du matériau (notée Eg en eV) sont capables de créer des paires
électron-trou. En d'autres termes, la réponse photovoltaïque d’une cellule simple jonction est
limitée à l’énergie du photon. Seule la proportion du spectre solaire dont l’énergie des photons
est supérieure au gap d’absorption du matériau est utile, l’énergie des photons plus faible n’est
donc pas utilisable. D’autre part, même si l’énergie des photons est suffisante, la probabilité
de rencontrer un électron est faible. Ainsi, la plupart des photons traversent le matériau sans
avoir transférer leur énergie. Une première réponse pour limiter les pertes est connue de
longue date du point de vue technologique, il suffit d’utiliser des systèmes à plusieurs
niveaux, en empilant des jonctions possédant des gaps décroissants.
Ainsi il est possible d’exploiter le spectre solaire dans sa quasi-totalité avec des rendements
de conversion très importants.
Figure .6 : Rendements record de cellules photovoltaïques obtenus en laboratoire
3.3. Schéma équivalent d’une cellule solaire :
Technologiquement, un capteur PV est proche d’une diode PN de par sa construction, les
matériaux utilisés, et les phénomènes physiques identiques mis en œuvre.
Figure .7 : schéma électrique d'une cellule photovoltaïque
Ce modèle n’est pas universel, de nombreux auteurs ont proposé des modèles plus
sophistiqués qui représentent avec plus de précision le phénomène photovoltaïque. En effet,
ces prototypes tiennent compte de certains phénomènes tels que la recombinaison des
électrons et les courants de fuite liés aux diodes. Cependant, le modèle présenté offre un bon
compromis entre simplicité et précision.
La photopile présentée comporte en réalité une résistance série (Rs) et une résistance shunt
(Rsh). Ces résistances auront une certaine influence sur la caractéristique I-V:
- La résistance série Rs : elle représente la résistance interne de la cellule, elle dépend
principalement de la résistance du semi-conducteur utilisé, de la résistance de contact des
grilles collectrices et de la résistivité de ces grilles .
- La résistance shunt Rsh: elle est due à un courant de fuite au niveau de la jonction, elle
dépend de la façon dont celle-ci a été réalisée .
3.3.1. Paramètres des cellules photovoltaïques :
Une cellule photovoltaïque est caractérisée par un rendement de conversion η, une tension à
circuit ouvert Voc , un courant de court-circuit Isc et un facteur de forme FF. Les
caractéristiques courant-tension sont utilisées pour déterminer ces paramètres.
a- Courant de court-circuit, Isc :
Le courant de court-circuit est le courant qui circule dans la cellule sous éclairement et sans
application de tension (en prenant V=0 dans le schéma équivalent). Il croît linéairement avec
l’intensité d’illumination de la cellule et il dépend de la surface éclairé, de la longueur d’onde
du rayonnement, de la mobilité des porteurs de charges et de la température.
b- Tension à circuit ouvert, Voc :
La tension de circuit ouvert exprimée en millivolts, est mesurée lorsqu’aucun courant ne
circule dans la cellule. Elle dépend de la différence des travaux de sortie des électrodes et de
la résistance Shunt. Elle décroît avec la température et varie avec l’intensité lumineuse.
c- Facteur de forme, FF :
Les valeurs Vmpp et Impp correspond à la puissance maximale Pmpp pouvant être délivrée par la
cellule photovoltaïque. Ce point Pmpp est obtenu en modifiant la valeur de la résistance
externe, Le nom facteur de forme (fill factor) dérive de la représentation graphique. Il est égal
au rapport de la surface du rectangle Pmpp sur celle du rectangle dont les côtés mesurent Voc et
Isc . Il est définit par la relation suivante :
ࡼࡹ ࡼࡼ
ࡲࡲ = (1)
ࢂࡻ ∗ ࡵࡿ
Plus ce paramètre est élevé, l’efficacité de conversion est meilleure. En dehors de ce point de
fonctionnement Pmpp particulier, la diminution du courant par recombinaison intervient à des
points de fonctionnement ayant V supérieur à Vmpp et des pertes par chauffage (effet joule)
des résistances séries apparaissent dans le cas I › Impp .
d) Le rendement, η
Le rendement de conversion (efficiency) exprimé en pourcentage, désigne le rendement de
conversion en puissance. Il est défini comme étant le rapport entre la puissance maximale
délivrée par la cellule et la puissance lumineuse incidente ( l'irradiance) G.
ࡼ ࡲࡲ ∗ ࢂࡻ∗ ࡵࡿ
η= ࡳ
=
ࡳ
(2)
Ce rendement peut être amélioré en augmentant le facteur de forme, le courant de court-
circuit et la tension à circuit ouvert.
3.4. Le Module photovoltaïque :
La cellule photovoltaïque élémentaire constitue un générateur de très faible puissance vis-à-
vis des besoins de la plupart des applications domestiques ou industrielles. Une cellule
élémentaire de quelques dizaines de centimètres carrés délivre, au maximum, quelques watts
sous une tension inférieure au volt (tension de jonction PN). Pour produire plus de puissance,
plusieurs cellules doivent être assemblées afin de créer un module ou un panneau
photovoltaïque.
La connexion en série des cellules permet d’augmenter facilement la tension de l’ensemble :
ࢂ = ࢂࡱࡸࡸ ∗ ࡺ ࡿ (3)
tandis que la mise en parallèle permet d’accroître le courant :
ࡵ= ࡵࡱࡸࡸ ∗ ࡺ (4)
Le câblage série/parallèle est donc utilisé pour obtenir globalement un module PV aux
caractéristiques souhaitées.
La plupart des modules commercialisés sont constitués de deux à quatre réseaux de cellules
en silicium cristallins connectées en série, Chacun de ces sous-réseaux est lui-même constitué
d’un groupe de cellules connectées en série.
Le nombre de cellules de chaque sous-réseau correspond à un compromis économique entre
protection et perte d’une partie importante du GPV en cas de défaut partiel d’ombrage.
3.4.1.Caractéristique Courant-Tension d’un module:
Comme pour une cellule PV, la caractéristique I - V d’un module est non linéaire. Le module
PV produit une puissance à un point appelé point de fonctionnement qui appartient à la courbe
caractéristique. Les coordonnées de ce point sont la tension et le courant de fonctionnement.
De même que pour la cellule, le MPP correspond au point de fonctionnement pour lequel le
GPV opère avec un maximum de rendement et de puissance .
De plus, la caractéristique peut se diviser en trois parties dans le sens où la cellule se
comporte comme une source de courant ou source de tension .
Il existe trois parties différentes :
a- l’intervalle ou le courant est constant alors que la tension est variable, la cellule est
considérée comme source de courant,
b- l’intervalle ou la tension est pratiquement constante alors que le courant est variable, la
cellule est considérée comme une source de tension,
c- l’intervalle ou la cellule n’est considérée ni source de tension ni source de courant
(intervalle ou le courant et la tension sont variables).
Figure .8 :Caractéristique Courant-Tension réelle
3.5. Le générateur solaire :
Le générateur solaire ou (champ solaire) se compose des modules photovoltaïques
interconnectés en série et/ou en parallèle afin de produire la puissance requise. Ces modules
sont montés sur une armature métallique qui permet de supporter le champ solaire avec un
angle d’inclinaison spécifique.
La quantité d’électricité dans l’ensemble des composants des panneaux PV dépend :
− des besoins en électricité.
− la taille du panneau.
− L’ensoleillement du lieu d’utilisation.
− La saison d’utilisation.
Figure .9 : composantes d’un champ de modules photovoltaïques
3.5.1 Protections classiques des ’installations PV :
Lorsque nous concevons une installation photovoltaïque, nous devons assurer la protection
électrique de cette installation afin d’augmenter sa durée de vie en évitant notamment des
pannes destructrices liées à l’association des cellules et de leur fonctionnement en cas
d’ombrage. Pour cela, deux types de protections sont classiquement utilisées dans les
installations actuelles :
− la protection en cas de connexion en parallèle de modules PV pour éviter les courants
négatifs dans les GPV (diode anti-retour)
− la protection lors de la mise en série de modules PV permettant de ne pas perdre la totalité
de la chaîne (diode by-pass) et éviter les points chauds(hot spot).
Figure .10 :Exemples d’association sécurisée de deux modules PV commerciaux en parallèle
avec leurs diodes de protections .
4.les Installations autonomes :
L’électrification par l’énergie solaire photovoltaïque est une solution pour couvrir les besoins
domestiques d’un habitat éloigné du réseau électrique. Elle permet l’utilisation d’appareils
électriques standards (petit électroménager, téléviseur, micro-informatique, etc...) et des
équipements spécifiques économes en énergie (éclairage et froid).
L’électricité produite par les panneaux solaire photovoltaïques est transformée en courant
alternatif 220 V, ce dernier pourra être utilisé soit directement ou stocké dans des batteries
spéciales. Elles comprennent des étages d’adaptation afin d’adapter la puissance aux besoins
du consommateur. Ces étages d’adaptations sont constitués d’éléments vus précédemment :
− Hacheur : permet d’optimiser la production
− Onduleur : permet de passer du continu vers l’alternatif
− Batteries : pour subvenir aux besoins du consommateur à cause des problèmes
d’intermittence de l’énergie PV.
Figure .11 : Installation autonome
4.1. Étage d’adaptation :
L’alimentation de la charge par panneaux photovoltaïques peut se faire par couplage direct,
mais cela impliquerait un fonctionnement au fil du soleil, à puissance essentiellement variable
au cours de la journée. Ce couplage implique donc l’acceptation d’une adaptation forcément
non parfaite sur toute la plage de fonctionnement.
Il devient nécessaire d’utiliser un étage d’adaptation afin d’adapter la puissance aux nécessités
de l’installation, cet étage peut comprendre des convertisseurs (DC-DC, DC-AC) et/ou un
système de stockage.
4.1.1. Convertisseur DC-DC (Hacheur) :
Les hacheurs ont pour fonction de fournir une tension continue variable à partir d’une tension
continue fixe. Ils peuvent être isolés ; et comporter un transformateur assurant l’isolation
galvanique, ou non isolés .
Les convertisseurs non isolés peuvent être partagés en deux types en fonction de leur
comportement et du sens de l’énergie qu’ils transfèrent, on distingue ainsi :
- Les hacheurs non réversibles qui permettent le transfert de l’énergie de la source vers la
charge seulement.
- Les hacheurs réversibles où la source peut fonctionner en charge et inversement. Il est
donc possible d’inverser le sens de parcours de l’énergie. On distingue trois types de hacheurs
réversibles selon le type de conversion :
Les hacheurs réversibles en courant
Les hacheurs réversibles en tension
Les hacheurs réversibles en courant et en tension.
Les convertisseurs utilisés dans les systèmes PV pour générer les courants et les tensions
souhaités sont :
- Les convertisseurs de type BUCK (abaisseurs) dans lesquels Vo < Vi
- Les convertisseurs de type BOOST (élévateurs) dans lesquels Vo > Vi
- Les convertisseurs de type BUCK-BOOST qui peuvent fonctionner en BUCK ou en
BOOST en fonction du rapport cyclique α.
Ce type de convertisseurs n’est constitué que par des éléments réactifs (Selfs, Capacités) qui,
dans le cas idéal, ne consomment aucune énergie. C’est pour cette raison qu’ils sont
caractérisés par un rendement élevé .
Le hacheur dans le système PV a pour rôle d’optimiser le transfert d’énergie du générateur PV
vers la charge. Ceci se fait via la commande de l’interrupteur en utilisant un algorithme MPPT
(Maximum Power Point Tracking) qui recherche le point de puissance maximale et fait
fonctionner le système en ce point.
4.1.1.1. Les algorithmes de MPPT (Maximum Power Point Tracking) :
Le MPPT (maximum power point tracking) est un mécanisme poursuit qui est utilisée dans
les systèmes photovoltaïques pour maximiser la puissance délivrée par le panneau
photovoltaïques, en poursuivant continuellement le point de puissance maximale. Sachant que
la caractéristique de générateur photovoltaïque dépend de l’ensoleillement et de la
température. Le point de puissance maximal n’est pas évident à atteindre. La figure .12
montre une vue générale d’un système photovoltaïque doté d’un contrôleur MPPT.
Figure .12 : Schéma de principe du convertisseur MPPT
4.1.2. Les batteries :
4.1.2.1. nécessité de stockage :
Le stockage d'énergie dans les systèmes photovoltaïques autonomes est en général assuré par
des batteries, composants utilisés dans la majorité des cas. Seules quelques applications
utilisant l'énergie au fil du soleil comme par exemple du pompage ou de la ventilation peuvent
se passer d'accumuler l'énergie ; aussi, bien connaître les batteries, est un élément essentiel au
succès des systèmes autonomes. Les batteries utilisées dans les systèmes solaires autonomes
sont en général de type plomb-acide.
Il y a nécessité de stockage chaque fois que la demande énergétique est décalée dans le temps
Vis -àvis de l’apport énergétique solaire. En effet :
la demande énergétique est fonction de la charge à alimenter, les appareils utilisés
fonctionnent soit en continu, soit à la demande ;
l’apport énergétique solaire est périodique (alternance jour/nuit, été/hiver) et
aléatoire (conditions météorologiques).
Ce décalage entre la demande et l’apport énergétique nécessite un stockage d’électricité. Le
système tampon utilisé le plus couramment pour les systèmes photovoltaïques est la batterie
d’accumulateurs électrochimiques .
CHARGE DECHARGE
ENERGIE REACTIONS ENERGIE
ELECTRIQUE CHIMIQUES ELECTRIQU
E
CYCLE
Figure .13 : Cycle d'une batterie
4.1.2.2. les types d’accumulateurs électrochimiques :
4.1.2.2. a. Les accumulateurs Plomb-Acide :
Ces accumulateurs ont une résistance interne très faible et une cyclabilité qui peut atteindre
les 800 cycles. Malgré leurs faibles performances à basses températures, l’accumulateur au
plomb reste un des moyens de stockage les plus répandus en milieux industriels Ces batteries
sont composées de plusieurs plaques de plomb dans une solution d'acide sulfurique. La plaque
consiste en une grille d'alliage de Plomb avec une pâte d'oxyde de plomb marquetée sur la
grille. La solution acide sulfurique et l’eau est appelée électrolyte cellule au plomb-acide
fournit une tension nominale de 2,0 volts .
4.1.2.2. b. Les accumulateurs Nickel Cadmium (NiCd) :
Grâce à leur très bonne efficacité de charge à faible courant, leur tenue aux basses
températures, et leur capacité de stockage inférieure à 2Ah, ils sont souvent jugés très
intéressant pour le solaire. Mais le caractère toxique du cadmium les freine sur le marché. la
cellule au nickel-cadmium fournit une tension nominale de 1,2 volt .
4.1.2.2. c. Les accumulateurs Nickel Métal Hydrures (NiMH) :
Développés afin de favoriser les charges rapides et d’augmenter la capacité, ces
accumulateurs s’avèrent plus compactes que les accumulateurs précédents .
4.1.2.2.d. Les accumulateurs Lithium Ion :
Avec un métal plus léger comme le lithium, ces batteries offrent une autonomie plus grande
pour des boitiers moins lourds et donc des charges électriques plus importantes que les
batteries au Nickel Cadmium .
4.1.2.2.e. Les accumulateurs Lithium Ion Polymère:
Dérivées des accumulateurs Lithium-Ion, et ayant des performances presque similaire ; à la
différence de l’électrolyte utilisée, qui est dans ce cas un polymère gélifié qui permet de
donner toutes les formes possibles à la batterie .
Tapleau1 :Caractéristiques des différentes technologies d’accumulateur
Dans le domaine du stockage, les batteries plomb-acide sont les plus répandues car elles
offrent le meilleur compromis en termes de performances/coût/entretien.
4.1.2.3. Caractéristiques Techniques d’une Batterie :
Les paramètres électriques suivants sont généralement employés pour caractériser une
batterie :
La tension nominale Vnom : d’une batterie correspond au nombre d’éléments qui
la constitue multiplié par 2,1V.
La capacité nominale Qmax : représente la quantité d’énergie disponible ç- à- dire
le nombre maximal d’ampères-heures (Ah) qui peut être extrait de la batterie,
dans des conditions de décharge prédéterminées. Les caractéristiques des batteries sont
souvent données pour des décharges de 20, 100 ou 120 heures (C20, C100 ou C120) et
pour une température de 25 °C.
L’état de charge SOC (State of charge) :est le rapport entre la capacité présente
et la capacité nominale Qmax :
ࡽ
SOC = (0<SOC<1) (5)
ࡽ ࢇ࢞
Si SOC = 1, la batterie est totalement chargée.
Si SOC = 0, la batterie est totalement déchargée.
Le régime de charge (ou décharge) : est le paramètre qui reflète le rapport entre
la capacité nominale d’une batterie et le courant auquel celle-ci est chargée (ou
déchargée). Il est exprimé en heures. Par exemple, pour une batterie de 150 Ah
déchargée à 5 A, le régime de décharge est 30 h.
La durée de vie : est le nombre de cycles charge/décharge que la batterie peut
soutenir avant de perdre 20% de sa capacité nominale.
4.1.3. Système de régulation :
Les systèmes de régulation de charge sont des éléments d’un système photovoltaïque qui ont
pour but de contrôler la charge et la décharge d’une batterie afin d’en maximiser la durée de
vie. Son rôle principal est de réduire le courant lorsque la batterie est presque entièrement
chargée. Lorsqu’une batterie se rapproche d’un état de charge complète, de petites bulles
commencent à se former sur les électrodes positives. A partir de ce moment, il vaut mieux
réduire le courant de charge non seulement pour éviter des dégâts mais aussi afin de mieux
atteindre l’état de charge complète. Un courant trop élevé peut provoquer une déformation des
électrodes à l’intérieur, ce qui pourrait créer un court-circuit.
Le régulateur de charge assure deux fonctions principales :
la protection des batteries contre les surcharges et les décharges profondes.
L’optimisation du transfert d’énergie du champ PV à l’utilisation.
La tension aux bornes de la batterie est l’indication sur laquelle s’appliquera le régulateur
pour assurer sa fonction. Le régulateur mesure en permanence cette tension et la compare à
deux seuils de tension prérégler : seuil haut et seuil bas.
Il existe plusieurs types de régulateurs :
4.1.3.1. Régulateur série :
Pour ce type de régulateur, l’interrupteur est placé en série avec la batterie. Il s’ouvre lorsque
la tension de fin de charge est atteinte afin de déconnecter la batterie du panneau. par la
manière suivante :
Tant que la tension Ubat aux bornes de la batterie est inférieur à la tension de la diode Zener
UZ , le courant délivrer par le panneau charge la batterie à travers un transistor se bloque, et le
courant ne passe qu’ à travers la résistance.
Figure .14 : Schéma équivalent de Régulateur série
4.1.3. 2. Régulateur shunt :
C’est un modèle très répandu, le principe du courant est un simple aiguillage, tout le courant
du panneau passe à la batterie et lorsque le seuil de surcharge est atteint, tout le courant passe
à l’interrupteur (relais ou MOSFET). Ce type de régulateur est doté d’une diode, de type
Schottky, qui empêche d’interrupteur de court-circuiter la batterie et évite le retour du courant
de la batterie vers le panneau
Figure .15 : Schéma équivalent de Régulateur shunt
4.1.3.3. Régulateur de charge de coupure :
Ce régulateur comporte un relais qui connecte et déconnecte le générateur PV à deux seuils
différents et qui sont commandés par une unité de contrôle. Ils mesurent en permanence la
tension aux bornes de la batterie.
Figure .16 : Régulateur de charge de coupure
4.1.3.4. Régulateur de charge série à coupure partielle :
Ce type de régulateur permet de fractionner le panneau PV en deux parties. Chacune délivrer
une même tension selon le principe suivant : une partie du panneau charge la batterie à travers
un régulateur de charge série à coupure tant que l’autre partie est branchée directement pour la
charge de la batterie en permanence.
4.1.3.5. Régulateur PWM :
Le régime de régulation est basé sur la technique de modulation par impulsions à largeur
variables PWM. Le régulateur fonctionne avec la fréquence de Switch qui est déterminée par
l’horloge de générateur. La fréquence typique est de l’ordre de 100Hz. Dans le courant de
charge, le Switch est fermé et le courant de charge circule dans la batterie. En s’approchant de
la tension de fin de charge, le modulateur par impulsions largeurs variables (PWM) réduit le
rapport cyclique jusqu'à zéro. Le courant de charge moyen chute et la tension de la batterie est
maintenue constante. L’avantage des régulateurs PWM est que la fréquence d’interruption est
connue. Les problèmes de compatibilité électromagnétique sont plus aisément résolus et le
contrôle de la moyenne du courant de charge devient plus simple.
Figure .17 : Tension et courant de la batterie avec un régulateur PWM
4.1.3.6. Régulateur MPPT :
Dans ce régulateur, un circuit mesure continuellement la tension et le courant du panneau
pour extraire l’énergie au point de puissance maximale, ce qui permet de récupérer le
maximum d’énergie quel que soit le rayonnement et la température. Un premier circuit traque
le point MPP dans l’ensemble de panneaux et le second circuit transforme la tension et le
courant pour l’adapter à la batterie.
Tableau 2 : comparaison de différent types de régulation
4.1.4. Convertisseur DC-AC (onduleur) :
La transformation du courant photovoltaïque, de nature essentiellement continue, en courant
alternatif usuel 230 V / 50 ou 60 Hz est effectuée par des appareils électroniques appelés
convertisseurs statiques, ou onduleurs. Les exigences d’entrée et de sortie, requises pour les
installations autonomes et pour le couplage au réseau, sont extrêmement différentes, et les
appareils correspondants forment deux classes bien distinctes de produits.
4.1.4.1. Les types d’onduleurs selon la nature de la source d’alimentation :
Les onduleurs de courant : Alimentés par une source de courant, peu affectés par
les variations de tension.
Les onduleurs de tension : Alimentés par une source de tension continue peu
affectée par les variations de courant. Composés de bras à interrupteurs réversibles en courant,
commandés à la fermeture et à l’ouverture. Chaque interrupteur comporte un transistor (GTO
ou IGBT) et une diode en antiparallèle.
Les onduleurs de tension peuvent être à plusieurs niveaux selon les besoins d’utilisation. Ils
peuvent aussi être classés en :
Onduleurs de tension monophasés : Utilisés généralement pour
l’alimentation de charges monophasées de faible puissance, ils peuvent être en pont ou
en demi -pont.
Figure .18 : Structure d’un onduleur de tension monophasé(en pont)
Onduleurs de tension triphasés : Offrant une source de tension triphasée avec
une amplitude, phase et fréquence contrôlables et une forme approchant la
sinusoïde. Ces onduleurs sont employés dans la moyenne et forte puissance.
Figure .19 : Structure d’un onduleur de tension triphasé
4.1.4.2. Les types d’onduleurs selon les besoins d’utilisation :
4.1.4.2.a. Onduleurs pour installations autonomes:
Dans les installations autonomes familiales, la plupart des appareils fonctionnent directement
sur le circuit continu de la batterie (12, 24 ou 48 V). L’usage d’un onduleur occasionne des
pertes importantes, et devrait être réservé aux appareils non disponibles sur le marché en
version courant continu, ou à l’emploi occasionnel d’appareils standard.
La gamme de puissance des onduleurs domestiques va de 100 à 2000 W. Ils fonctionnent avec
une tension d’entrée fixe, et une puissance de sortie variable selon la charge. La forme du
signal alternatif peut être carrée, trapézoïdale ou sinusoïdale. Pour une utilisation prolongée,
la consommation à vide est un facteur déterminant..
4.1.4.2.b. Onduleurs pour le réseau :
Les onduleurs pour la connexion au réseau ont une puissance nominale d’environ 100 W à
plusieurs centaines de kW. Jusqu’à 3.3 kW, ils fonctionnent en général en 230 V monophasé,
alors qu’au-dessus, ils doivent être triphasés (basse ou moyenne tension).
Etant connecté directement sur le champ PV, leur tension et leur courant d’entrée sont donc
très variables avec les conditions d’ensoleillement et de température ambiante.
4.1.4.3. Les différents types d’onduleurs autonomes :
4.1.4.3.a. Onduleur à onde sinusoïdale :
Les onduleurs modernes sinusoïdaux pour les installations indépendantes utilisent les mêmes
techniques que celles développées pour la liaison au réseau. Les circuits sont plus simples à
mettre en œuvre, les protections et synchronisation au réseau n’existant pas. On trouve ainsi
sur le marché de petits onduleurs (100 à 500 W) utilisant la technique HF (filtre harmonique)
intermédiaire sans filtre de sortie ; le signal haute fréquence qui est toujours présent peut ainsi
éventuellement perturber la charge. Les appareils les plus puissants utilisant cette technique
ont en général un filtre éliminant les harmoniques HF .
4.1.4.3.b. Onduleur à onde carrée :
C’est la technique la plus simple pour générer une onde alternative. Dans ce cas, on
commande deux transistors dans le primaire d’un transformateur par un oscillateur de 50 Hz.
S’il est parfaitement carré, le signal généré va produire une somme d’harmoniques impaires
qui ne pourront souvent pas alimenter sans problème des charges inductives.
Les appareils utilisant cette technique n’ont pas de réglage de la tension de sortie : celle-ci va
donc varier avec la charge et la tension d’entrée .
4.1.4.3.c. Onduleur à onde pseudo-sinusoïdale :
Ce sont en général les appareils les plus performants en termes de rendement. La technique
utilisée part d’un oscillateur à modulation de largeur d’impulsion à 50 Hz commandant deux
transistors dans le primaire d’un transformateur. Le signal produit est un double carré (positif
et négatif) avec des passages par zéro : le passage par zéro à chaque commutation réduit les
harmoniques par rapport au signal carré. Le carré de largeur variable en fonction de la charge
et de la tension d’entrée permet un ajustage précis de la tension de sortie. Cette impulsion de
largeur variable permet également de faire fonctionner l’onduleur à tension de sortie plus
faible en mode d’attente à faible consommation : dès qu’une charge est branché, un circuit la
détecte et fait fonctionner l’onduleur à 230 V .