Synthèse du rapport du comité de filière – Décembre 2009
Métiers en Electromécanique, Construction électrique et Réseaux
Président : Jean-Luc THOMAS, Professeur du Conservatoire National des Arts et Métiers
I. Le rapport de mobilisation pour les métiers de la croissance verte dans les systèmes électromécaniques,
électromécaniques,
de construction électrique et de réseaux.
La filière « Construction électrique, électromécanique et réseaux » constitue une filière globalement centrée
sur les différentes technologies liées à l’électricité, à travers sa production, son transport, sa distribution, son
stockage, son utilisation et sa transformation. Par extension, les Technologies de l’Information et de la
Communication (TIC) peuvent être également associées à cette filière en raison de leur lien direct avec
l’électricité.
La filière intitulée « Construction électrique, électromécanique et réseaux » est initialement très mal connue
et peu valorisée dans le cadre de la croissance verte.
Néanmoins les emplois sont présents pour une profession dont les effectifs sont globalement stables depuis
10 ans (environ 400 000 emplois) et pourtant la filière reste peut attractive par rapport à celle des énergies
renouvelables, par exemple. La difficulté majeure est de quantifier le nombre d’emplois « verts » de manière
globale car le périmètre de cette filière est à géométrie variable.
Le comité a identifié un besoin impératif de clarifier avant toute chose la structuration de la filière,
essentiellement technologique, afin de faire apparaître les secteurs impactés par la croissance verte.
L’idée de base a été de décrire cette filière sur le plan des échanges de puissance, en considérant comme
point de départ la production électrique et comme point d’arrivée les différents usages. Le lien naturel entre
ces deux points est alors le réseau électrique de transport et de distribution, intégrant désormais des unités de
stockage.
Source : CRE
La Figure ci-dessus représente alors un « Méta-réseau » constitué d’interconnexions de flux de puissance,
mais aussi d’interconnexions de flux d’informations pour le pilotage de cette infrastructure qualifiée de
réseau électrique intelligent (Smart Grid).
Un des résultats principaux du Comite est une décomposition structurée de la filière en 7 sous filières
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principales très différentes en termes de métiers. Les TICs étant présentes dans chacune des sous filières, le
choix a été fait délibérément de ne pas créer volontairement une huitième sous filière, indépendante des
autres.
L’hypothèse de travail du comité est ici de faire appel à une donnée de la FIEEC mentionnée dans son
rapport de juin 2008 portant sur le nombre total de recrutement à l’horizon 2015 dans le secteur des
industries électriques, soit 45 000 emplois/an. Cette donnée peut être interprétée comme une évolution
linéaire des emplois de la filière « Construction électrique, électromécanique et réseaux » sur une période de
5 ans (2010 à 2015), conduisant in fine à la création de 225 000 emplois sur cette période.
En effet, même si la classification résultante des travaux de ce comité n’était pas connue lors de la rédaction
du rapport de la FIEEC, nous pouvons considérer que globalement le nombre total des emplois visés par la
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FIEEC correspond bien au total des emplois couverts par notre approche.
Le Comité a considéré ici que les principaux métiers de type :
Conception / études (R&D)
Chargé d’affaires / Technico commercial
Production / fabrication
Essais / tests de qualification
Maintenance
étaient tous représentés dans chacun des sous secteurs d’activités, les fonctions « support » n’étant pas
identifiées de manière spécifique. L’exercice a consisté dans un premier temps à identifier les intersections
entre les sous secteurs d’activités liés à la croissance verte et les besoins de formation associés, et ce pour
tous les niveaux de formation, conduisant au tableau ci-dessus.
En second lieu, l’horizon de temps pour lequel le besoin d’une nouvelle formation est identifié a été précisé
par les notations suivantes :
CT (Court terme 2 à 3 ans)
MT (Moyen terme 4 à 5 ans)
LT (Long terme > 5 ans)
Il faut noter que dans certains sous secteurs d’activités, les besoins de nouvelles formations pour les niveaux
V et IV, voire niveau III, sont absents. Ceci traduit un glissement vers le haut du niveau de formation requis
pour les métiers de l’électricité évoluant dans le cadre de la croissance verte.
II. Les préconisations du comité pour faciliter l’évolution des métiers et des emplois de la filière
électromécanique, construction électrique et réseaux.
Le comité recommande :
• Que les enseignants relevant de l’Education Nationale puissent effectuer des stages en entreprises et
suivent des formations complémentaires auprès de l’enseignement supérieur ou des organismes de
formation continue, afin de faire évoluer leurs connaissances.
• De mettre en place une réflexion sur de nouveaux intitulés de diplômes. Cette action pourrait être
menée en concertation entre l’Education Nationale, l’enseignement supérieur, les organismes de
formation continue et les industries concernées.
• De modifier l’intitulé de la filière. En effet, la terminologie « Construction électrique,
électromécanique et réseaux » ne correspond plus au développement des systèmes électriques du
XXIème siècle. Le comité propose « Systèmes éco-électriques » ou « Technologies éco-
électriques ».
• Le Comité recommande qu’un groupe de travail soit mis en place au sein de l’Education Nationale,
afin de revaloriser les formations à caractère scientifique et technique par le biais de la « croissance
verte » et ce, dès le plus jeune âge, dans le secondaire.
• de revaloriser le secteur de l’électricité du bâtiment, principalement lié à l’installation électrique, lié
également à la GTB (Gestion Technique du Bâtiment), mais aussi aux nouvelles technologies
d’éclairage (LBC, LED, ….).
• A l’initiative du représentant de Pôle emploi, le comité de filière propose de prolonger ses analyses à
travers un groupe de travail spécifique, qui serait mis en place par Pôle emploi et pourrait être
constitué de membres volontaires de ce comité. Un tel groupe, pilote pour la « nouvelle » filière
« Systèmes Eco-Electriques », pourrait être mis sur pied au cours du premier trimestre de l’année
2010.
• Le comite suggère fortement de croiser les données produites dans ce rapport avec celles qui seront
élaborées par les Etats généraux de l’industrie.
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• Une introduction obligatoire de modules de formation complémentaire en TICs, en économie
« verte » et une sensibilisation forte au développement durable (éco-conception, recyclage) dans les
cursus de formation initiale mais aussi de formation continue, quelles que soient les modalités de
cette formation (apprentissage , alternance).
• l’équilibrage impératif des formations (Formations Initiales / Formations Continues) dans la filière
« Systèmes Eco-Electriques », et ce à court terme (horizon de 2 à 3 ans).
• De développer la formation ouverte à distance (FOAD) afin de faciliter l’accès à des formations
aux personnes à mobilité réduite, ou présentant un handicap, permettre à des personnes issues de
certaines régions d’avoir accès aux formations non dispensées dans leur territoire, contribuer à la
réduction des émissions de CO2 liée aux moyens de transport des apprenants.
• La création d’un groupe de travail spécifique à chacun des trois secteurs d’activités suivants,
o Gestion technique du bâtiment (GTB)
o Réseaux électriques
o Eclairage
• D’accroître le nombre de formations en électrochimie, formations initiales et formations continues.
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