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Police administrative et service public

Le document traite de la police administrative et de l'ordre public, définissant la police administrative comme une activité visant à prévenir les troubles à l'ordre public par des restrictions aux libertés publiques. Il aborde également la notion de service public, ses caractéristiques et les principes fondamentaux qui le régissent, tels que la continuité, l'égalité et l'adaptabilité. Enfin, il décrit les différents modes de gestion des services publics, y compris la régie directe, la régie autonome et la concession de service public.

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Police administrative et service public

Le document traite de la police administrative et de l'ordre public, définissant la police administrative comme une activité visant à prévenir les troubles à l'ordre public par des restrictions aux libertés publiques. Il aborde également la notion de service public, ses caractéristiques et les principes fondamentaux qui le régissent, tels que la continuité, l'égalité et l'adaptabilité. Enfin, il décrit les différents modes de gestion des services publics, y compris la régie directe, la régie autonome et la concession de service public.

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Cours droit administratif L’action administrative Prof KHADIJA ENNACIRI 2021-2021

Séance 2 : La police administrative et ordre public le 21/10/2021

Chapitre 1 : La police administrative


Définition :

 L'activité administrative qui vise à prévenir les troubles qu’implique l'ordre public.
 Intervient en imposant en amont aux membres de la société des restrictions à leurs libertés publiques pour
assurer la discipline qu'exige la vie sociale
 Se traduit par des actes matériels et par des actes juridiques.
 Se singularise par son caractère unilatéral

La notion d’ordre public :

L’ordre public est l'état social idéal caractérisé par le bon ordre, la sécurité, la salubrité et la tranquillité publique. Il
est du ressort du des pouvoirs publics.

Le but de la police administrative est d’en prévenir les troubles.

Ordre public et droits fondamentaux, quelle corrélation ?


Il s'agit d'un ordre finalisé, lié à la construction de l'état libéral. Non d'un ordre totalitaire, de l’ordre pour l'ordre.

Un ordre indispensable à la garantie des droits, à la sauvegarde des libertés fondamentales

L’ordre public est la condition d’existence des libertés.

L’ordre pubic peut être general ou spécial :

Ordre public général Ordre public spécial


L’existence du minimum de conditions qui Les polices spéciales tendent à préserver l’ordre public à l'égard
apparaissent indispensables pour garantir d'une activité déterminée et le plus souvent pour atteindre un
cet exercice des libertés et droits objectif particulier comme :
fondamentaux :
*La police des chemins de fer tend à préserver la sécurité et la
*La sécurité publique tranquillité dans les installations et matériels utilisés par le
service public des chemins de fer
*La tranquillité publique *La police de la chasse ou de celle de la pêche qui tendent à la
préservation des espèces contre la destruction
*La salubrité publique
*Moralité publique

Séance 3 : La notion de service public et le régime juridique applicable

Police administrative/Police judiciaire


Cette distinction est une conséquence du principe de séparation des autorités administratives et judiciaires

Les autorités de police doivent prévenir par des mesures appropriées les atteintes qui pourraient compromettre
l'ordre public.

C'est le caractère principalement préventif de la PA qui permet de la distinguer de la police judiciaire.

Les critères de la distinction


Police administrative Police judiciaire
Régime applicable Régime de droit administratif Régime de droit et procédure pénale
PJ répressive : rechercher les auteurs
PA prévention : maintien de l’ordre d'infractions aux lois pénales, de
Finalité de la police
public en amont procéder à leur arrestation et de les
déférer aux juridictions
Le 1er ministre avec possibilité de
Les officiers de police judiciaire sont
délégation, les agents locaux
Nature de l'autorité de la police placés sous la direction du procureur du
d’autorité, les autorités
Roi et le parquet général
décentralisées

Les autorités titulaires du pouvoir de la PA :

Au niveau national Au niveau local

- le Roi peut être associé au pouvoir de


La détermination des autorités de police résulte
police administrative, soit par le biais de la
d'un certain nombre de textes (dahi 1977 sur le
présidence du Conseil des ministres ou et
statut des gouverneur, charte communale
travers la mise en œuvre de l'état
1976/2002 etc. - Dans les préfectures et les
d’exception. - Premier Ministre en tant
provinces, le gouverneur est chargé du maintien
qu’autorité investie du pouvoir
de l'ordre. Il dirige notamment, sous l'autorité
réglementaire - Le ministre de l'intérieur en
du ministre de l'Intérieur, les activités des chefs
étant le supérieur hiérarchique des
de cercle et des chefs de circonscription urbaine
autorités de police qui agissent sur le plan
et rurales - Dans les communes le président
local, il peut donner des directives guidant
communal et les agents d’autorité
leur intervention.

En période exceptionnelle, les pouvoirs donnés à l'autorité de police peuvent ne pas être suffisants, le juge
a ainsi imaginé une théorie des pouvoirs exceptionnels qui ne s'applique d'ailleurs pas qu'au pouvoir de
police mais qui concerne l'ensemble des compétences administratives.
L’état d’exception : le Roi peut exercer des compétences relevant normalement du règlement ou de la loi
après la proclamation de l'état d'exception art 59 de la constitution.
Etat de siège : Ce régime renforce le pouvoir de police, l'effet principal de la déclaration de l'état de siège
est le transfert aux autorités militaires des pouvoirs que détiennent les autorités civiles en matière de
maintien de l'ordre et de la paix publics. art 59

Chapitre 2 : Le service public


La notion de service public
Une institution avec ses personnels, ses biens et ses matériels voire son monopole. On parle ainsi du
service public de l’éducation nationale, de la Justice, de la Défense, des Postes, etc.
« Une activité d’intérêt général assurée ou assumée par l'administration », R. Chapus
Le droit communautaire adopte une définition semblable à propos des services d’intérêt général qui
désignent des activités de service, marchand ou non, considérées comme d'intérêt général par les autorités
publiques quel que soit le statut, public ou privé, de celui qui les met en œuvre.
Il n’y a service publique que s’il y a intérêt général == » Cette notion est éminemment idéologique car
permettant de légitimer l'intervention publique, est très délicate, voire impossible à définir.
Les services publics, «Sont la raison d’être de l’administration, qui ne dispose de prérogatives de puissance
publique que pour les assurer au mieux. (...) L’administration n’a de légitimité certaine que parce que et
dans la mesure où ses activités ont le caractère de services publics».
Intérêt général et service public remplissent une fonction de légitimation essentielle, qui justifie
l’intervention et les prérogatives de l’Etat :
 L’intérêt général est le produit de choix et d’arbitrages opérés par l’autorité publique,
 Sous l’influence des évènements (crises, guerres..) ou des idées (capitaliste, socialiste) s’est imposé
comme évidence le fait que toute activité, dès l’instant où elle a des répercussions sur la vie de la
collectivité, concerne l’intérêt général.
Caractéristiques du service public
 Ils doivent avant tout satisfaire l’intérêt général, et donc ne pas recourir aux exigences de
rentabilité ou rechercher le profit (à la différence des entreprises).
 Ils doivent être rattachés à une personne publique. Traditionnellement, l'activité d'intérêt général
devait être sous contrôle d'une administration. Mais a été admise la gestion privée du service public
 Ils doivent se soumettre à un régime juridique de droit public. Cette troisième caractéristique
complète les deux premières, et peut parfois aider à les dévoiler.

Séance 4 : Les principes du service public

Les principes fondamentaux du service public


Le régime juridique du service public est organisé autour de trois grands principes communs dont le fondement
réside dans le fait que le service public a pour but la satisfaction d’un besoin social.

 Le principe continuité du service public


 Le principe d’égalité
 Le principe d’adaptabilité

1. Le principe continuité du service public

Toute interruption apparaît comme la négation du but même du service même si elle n'a pas nécessairement un effet
immédiat sur la vie de la collectivité.

L'autorité administrative a donc le devoir d'assurer le fonctionnement régulier du service et à ce devoir correspond le
droit des bénéficiaires du service d'en obtenir des prestations continues.

== » Sources du principe de continuité

_ Il est le versant administratif du principe de continuité de l'État.

_ Pour la théorie du service public qui ne considérait l'État que comme un faisceau de services publics, la valeur de ce
principe est fondamentale.

_ Aujourd'hui, le principe de continuité des services publics est un principe à valeur constitutionnelle (jurisprudence
et constitution)

== » Le régime de la grève

Dans la constitution, le droit de grève est reconnu aux agents des services publics. « Le droit de grève demeure
garanti ; une loi organique précisera les conditions et les formes dans lesquelles ce droit peut s’exercer »

La constitution a prévu que c’est au législateur de préciser les modalités de ce droit


Cela pose un problème de conciliation entre ce droit, constitutionnellement reconnu, et le principe de continuité des
services public

2. Le principe d’égalité

Le principe d'égalité qui régit le fonctionnement des services publics est une conséquence du principe d'égalité
devant la loi, inscrit dans la Déclaration des droits de l'Homme de 1789

Ce principe d'égalité est au minimum une garantie d'égalité juridique, c'est-à-dire une égalité de statut entre usagers,
et éventuellement entre contractants.

Le principe d'égalité devant le service public est en même temps un principe général du droit consacré par la
jurisprudence administrative indépendamment de toute référence à un texte.

== » Il directement applicable aux usagers des services publics :

Quant à l'accès aux services publics :

La jurisprudence annule les discriminations injustifiées entre usagers

Quant à la situation de l'usager :

L'usager d'un service public à caractère administratif est dans une situation légale et ou réglementaire de droit public.
Donc l'usager peut se voir imposer unilatéralement des modifications de sa situation juridique mais qu'en retour, il a
le droit de demander l'annulation de décisions illégales qui lui feraient grief.

Pour le personnel du service public :

 La première conséquence du principe d'égalité dans le fonctionnement des services publics est l'égal accès
aux emplois publics sans discrimination pour d'autres motifs que les compétences du candidat.
 La seconde conséquence est l'égalité de traitement entre les fonctionnaires assurant le service public.
 Les agents publics contractuels peuvent user du recours pour excès de pouvoir contre les décisions
concernant la situation réglementaire dans laquelle le contrat les place.

Pour les fournisseurs des services publics :

Toutes les personnes se trouvant placées dans une situation identique à l'égard du service public doivent se trouver
régies par les mêmes règles, y compris les cocontractants actuels ou potentiels du service public

== » Les régimes légaux récents applicables aux contrats de délégation de service public sont tout entiers animés
par cet esprit

Les corollaires du principe d’égalité

La neutralité du service public

D'après la jurisprudence française, ce principe interdit que le service public soit assuré de façon différenciée en
fonction des convictions politiques ou religieuses du personnel ou des usagers du service public.

== » En contrepartie de la neutralité,

 Il peut être imposé aux usagers et au personnel de limiter les manifestations de leurs opinions dans les
établissements publics
 On en arrive à considérer que les locaux même du service public doivent être des espaces neutres
 La laïcité est certes interprétée comme une acceptation des différences, mais elle implique que les
manifestations d'appartenance religieuse ne soient pas excessives (CE, 2 novembre 1992)

3. Le principe d’adaptabilité
Signification

Le statut et le régime des services publics doivent pouvoir être adaptés, chaque fois que l'imposent l'évolution des
besoins collectifs et les exigences de l'intérêt général.

On songe à l'amélioration quantitative, qualitative des prestations, en fonction des améliorations de la technologie,
du progrès économique ou de l'aménagement de l'ordre juridique.

Mais !

Il est pratiquement impossible de déduire du principe de mutabilité une obligation stricte pour le gestionnaire ou un
droit précis pour l’usager.

Pourquoi ?

A la différence des autres principes la mutabilité n'a fait l'objet d'aucune reconnaissance jurisprudentielle expresse.
C'est un simple principe, non juridique, qui inspire les solutions de la jurisprudence, et certains régimes juridiques
posés par le législateur.

Il résulte de la nature fonctionnelle de la notion de service public : lorsque l'intérêt général, la finalité, change, le
service public se modifie ipso facto ; lorsque l'activité change, les principes généraux du droit administratif, à
vocation instrumentale, favorisent la modification du service.

Conditions d'application

Ce principe trouve à s'appliquer en cas de changement des circonstances de fait. La personne publique responsable
du service public peut aménager le service en conséquence, et pour ce faire, modifier la réglementation ou les
conditions d'exécution des contrats.

Il s'applique également en cas de changement de l'état du droit. La personne publique responsable peut alors
procéder de même, à condition de supporter en matière contractuelle les conséquences de ces changements. C'est
ainsi que peuvent être supprimés des services inutiles dont le fondement juridique aurait disparu.

Les critères de distinction dégagés par la jurisprudence sont les suivants :

 L’objet du service
 L’origine des ressources
 Les modalités de fonctionnement

Les SPIC peuvent être considérés comme les services susceptibles d’être gérés par des entreprises privées. Ces
services sont rémunérés par une redevance payée par les usagers du service.
Les SPA ne sont, en principe, pas confiés à des entreprises privées dans la mesure où ils sont gérés par
l’administration suivant des formes autoritaires, conformément aux traditions de la hiérarchie administrative.

Séance 5 : Les différents modes de gestion des services publics

Les modes de gestion des services publics

Les modes de gestion des services publics diffèrent selon l’organe gestionnaire. Soit le service public est directement
ou indirectement géré par une personne publique, soit il est géré par une personne privée.

 La régie directe
 La régie autonome
 La concession de service public
 La gestion déléguée des services publics : le partenariat public privé

La régie directe

_ Ce procédé de gestion permet donc à la collectivité de conserver la maîtrise des décisions. Sont concernés par la
régie directe la plupart des SPA, justice, défense nationale, fiscalité, urbanisme, enseignement etc. Les services de
l’Etat confiés à la commune comme l’état civil.

_ Concernant les services SPIC, leur essence même est contraire à ce mode de gestion dans la mesure où il convient
d’y mettre en œuvre certaines règles particulières.

== » Trois critères :

 Les services en régie n’ont aucune personnalité juridique propre : c’est la collectivité dont ils relèvent qui est
titulaire des droits et obligations nés de leurs activités
 Les services en régie dépendent directement de la collectivité : la collectivité est responsable du
fonctionnement des services
 Les services en régie n’ont aucune autonomie au plan financier : le budget de la collectivité regroupe les
recettes et dépenses de tous les services en régie.

La régie autonome

Sous l'appellation d'office ou sous celui de régie consiste à :

_ Confier à un organisme doté de la personnalité juridique et de l’autonomie administrative et financière la gestion


d’une activité de service public,

_ Le soumettre à un contrôle de la collectivité territoriale de rattachement.

_ Il permet une plus grande souplesse dans la gestion de l'activité considérée,

_ Présente également l'avantage de faire apparaître clairement les résultats financiers de l'exploitation. Pour cette
raison le procédé de l'établissement public convient particulièrement à la gestion des services publics industriels et
commerciaux.

Il est question aussi des offices, régies autonomes, établissements publics etc.

La concession de service public

Définition :

La concession est une convention par laquelle une collectivité publique confie à une entreprise privée ou à un
organisme public ou semi-public, le soin d'exploiter un service public dans des conditions prévues par un cahier des
charges et moyennant une rémunération provenant le plus souvent de la perception d'une redevance sur les
usagers.
Le recours aux entreprises privées permet aux collectivités publiques de bénéficier d'un concours financier et
technique.

Approbation :

La concession doit être approuvée par décret pour l'Etat et par les assemblées pour les collectivités locales. Le choix
du concessionnaire est laissé à l'appréciation de la collectivité publique

Cette liberté s'explique par le fait que la concession donne naissance à des rapports particulièrement étroits entre la
collectivité publique et le concessionnaire.

Nature :

La concession est un acte mixte à la fois contractuel et réglementaire ; l'aspect réglementaire recouvre tout ce qui
touche à l'organisation et au fonctionnement du service public. L’aspect contractuel est lié aux garanties financières
telles que la aurification/rémunération, le patrimoine, les apports financiers etc.

La gestion déléguée des services publics : le Partenariat Public Privé

_ La gestion déléguée est régie par la loi promulguée le 14 février 2006 dont l’article premier précise qu’elle
s’applique aux contrats conclus par les collectivités locales ou leurs groupements et par les établissements publics, ce
qui exclut les contrats de l’Etat,

_ Le gouvernement vise à la compléter par la loi 86-12 relative au partenariat public-privé

Avantages de la formule de partenariat :

Croisement des financements == » Gestion optimale des projets lourds et complexes == » Accélération des rythmes
== » Amélioration de la qualité du service public

Principes qui dirigent les PPP :

 Améliorer la qualité du service


 Exigibilité des résultats G.A.R
 Préserver l’intérêt public
 Garantir les règles de concurrence

Domaines de partenariats :

Etat et EEP :

 Secteur minier (OCP)


 Production d’électricité (ONE)
 Aménagement urbain (Bouregreg )
 Habitat (Al Omrane)
 Agriculture : Gestion des terres agricoles (SODEA SOGETA)
 Tanger Med …

Collectivités locales :

 Distribution de l’eau, de l’électricité


 Assainissement et épuration des eaux usées;
 Gestion des déchets solides ;
 Transport urbain.
 Abattoirs

Cadre réglementaire des partenariats pour les collectivités locales :

Dahir n° 1-06-15 du 15 moharrem 1427 portant promulgation de la loi n° 54-05 relative à la gestion déléguée des
services publics (B.O. n° 5404 du 16 mars 2006). PPP contractuel
-Définition : « …contrat par lequel une personne morale de droit public…délègue, …la gestion d’un service public … à
une personne morale de droit public ou privé, … en lui reconnaissant le droit de percevoir une rémunération sur les
usagers … »
-Appel à la concurrence : « Pour le choix du délégataire, le délégant est tenu, … de faire appel à la concurrence en
vue d'assurer l'égalité des candidats, l'objectivité des critères de sélection, la transparence des opérations et
l'impartialité des décisions. »
-Gestion des risques : « Le délégataire gère le service délégué à ses risques et périls…»
-Contrôle : « Le délégant dispose, d'une manière permanente, de tous pouvoirs de contrôle pour s'assurer sur pièce
et sur place de la bonne marche du service délégué et de la bonne exécution du contrat. »
La charte communale prévoit également la possibilité de recours aux SEM ( ou SDL). PPP institutionnel

Le projet de loi 86-12 sur le Partenariat Public-Privé

Le PPP est une forme de coopération par laquelle l’Etat, les CT ou leurs groupements, les établissements publics, les
entreprises publiques confient à des partenaires privé, à travers un contrat administratif, de durée déterminée
dénommé contrat de partenariat public-privé, la responsabilité de réaliser une mission globale de conception, de
financement de tout ou partie, de construction, de maintenance et/ou d’exploitation d’un ouvrage ou infrastructure
nécessaire à la fourniture d’un service public.

La spécificité locale des services publics

Le C.C décide de la création et de la gestion des services publics communaux, notamment dans les secteurs suivants :

 L’approvisionnement et la distribution d’eau potable ;


 La distribution d’énergie électrique ;
 L’assainissement liquide ;
 La collecte, transport, mise en décharge publique et traitement des ordures ménagères et des déchets
assimilés ;
 L’éclairage public ;
 Le transport public urbain ;
 La circulation, roulage, signalisation des voies publiques et stationnement des véhicules ;
 Le transport des malades et des blessés ;
 L’abattage et transport de viandes et poissons ;
 Les cimetières et services funéraires.

Selon l’art 39 de la carte communale, le CC décide des modes de gestion des services publics communaux, par voie
de régie directe, de régie autonome, de concession ou de toute autre forme de gestion déléguée des services
publics, conformément à la législation et la réglementation en vigueur.

Les modes de gestions des services publics locaux utilisés sont :

 Les régies
 La gestion déléguée
 Les SDL

La gestion déléguée des services publics

Définition :

la gestion déléguée est défini comme « un contrat par lequel une personne morale de droit public délègue, pour une
durée déterminée, la gestion d’un service public dont elle a la responsabilité à une personne morale de droit public
ou privé, en lui reconnaissant les droits de percevoir une rémunération sur les usagers et/ou de réaliser des
bénéfices ».

Le régime juridique des contrats de gestion déléguée :

1. La formation du contrat de gestion déléguée


2. Composition du contrat GD
3. Exécution du contrat GD
4. Achèvement du contrat de GD
5. Régime des sanctions

1. La formation du contrat de gestion déléguée

Nature du contrat :

Un contrat intuitu personae, tel que le défini l’article 11 :

_ Il est conclu à raison des qualités personnelles du délégataire.

_ Ces contrats ne peuvent être cédés.

_ Le délégataire assume la responsabilité du service public en respectant les principes d'égalité des usagers, de
continuité du service et de son adaptation aux évolutions technologiques, économiques et sociales.

_ Il est dans l’obligation d’assurer ses prestations au moindre coût et dans les meilleures conditions de sécurité, de
qualité et de protection de l'environnement

Passation du contrat :

L’appel à la concurrence :

Le délégant est tenu de faire appel à la concurrence en vue d'assurer l'égalité des candidats, l'objectivité des critères
de sélection, la transparence des opérations et l'impartialité des décisions.

La procédure de passation du contrat

Elle doit faire l'objet d'une publicité préalable. Les formes et modalités d'établissement des documents d'appel à la
concurrence et notamment de ses différentes phases sont fixées par le gouvernement pour les collectivités locales et
par le conseil d'administration ou l'organe délibérant pour les établissements publics.

Exception au principe de la concurrence

Cas de la négociation directe.

- Le délégataire peut être sélectionné par voie de négociation directe lorsqu'il y a urgence à assurer la continuité du
service public,

- pour des raisons de défense nationale ou de sécurité publique etc.

- si aucune offre n'a été présentée, le délégant peut recourir à la négociation directe.

Dans ce cas, il doit établir un rapport, soumis à l'approbation de l'autorité de tutelle, précisant les raisons qui ont
conduit au recours à cette voie et au choix du délégataire proposé

La proposition directe (art 8)

_ Toute personne maîtrisant une technique ou une technologie qui s'avérerait utile à la gestion d'un service public
peut soumettre, de manière spontanée, sa candidature accompagnée d'une offre comportant une étude de
faisabilité technique, économique et financière à l'autorité compétente pour décider de la délégation de la gestion
du service public en cause. Elle doit examiner cette offre et communiquer au candidat sa réponse.

_ Si elle décide d'entamer une procédure de délégation de la gestion du service objet de la proposition spontanée,
elle se réserve le droit d'utiliser ladite offre pour faire appel à la concurrence,
2. Composition du contrat GD

Le contrat de gestion déléguée est composé, par ordre de primauté, de la convention, du cahier des charges et des
annexes.

- La convention définit les principales obligations contractuelles du délégant et du délégataire.

- Le cahier des charges est constitué des clauses administratives et techniques définissant les conditions
d'exploitation et les devoirs et obligations en matière d'exploitation du service délégué

- Les annexes sont constituées de toutes les pièces jointes à la convention et au cahier des charges et mentionnées
dans ces documents. Les documents annexes comportent en particulier un inventaire des biens meubles et
immeubles mis à la disposition du délégataire ainsi que la liste des noms du personnel et de sa situation
administrative au sein du service public dont la gestion est déléguée.

La durée du contrat : une clause importante

== » Le contrat doit être limité dans sa durée.

La durée ne peut être prorogée que lorsque le délégataire est contraint, pour la bonne exécution du service public ou
l'extension de son champ géographique et à la demande du délégant, de réaliser des travaux non prévus au contrat
initial, de nature à modifier l'économie générale de la gestion déléguée et qui ne pourraient pas être amortis
pendant la durée du contrat.

3. Exécution du contrat GD

Le contrat entraîne automatiquement des droits et obligations à la charge du déléguant et du délégataire, puis des
clauses spécifiques à l’extinction.

Outre le contrôle exercé par l'Etat, le délégant dispose à l'égard du délégataire d'un pouvoir général de contrôle
économique, financier, technique social et de gestion inhérent aux engagements découlant du contrat.

_ Le délégant dispose, d'une manière permanente, de tous pouvoirs de contrôle pour s'assurer sur pièce et sur place
de la bonne marche du service délégué et de la bonne exécution du contrat.

_ Il peut demander communication de tout document détenu par le délégataire ayant trait à l'exécution des
opérations relatives à la gestion déléguée.

_ Le contrat doit préciser la périodicité et les modes de contrôle que le délégant exerce sur l'exécution et le suivi de
la délégation ainsi que les documents techniques, comptables et financiers à exiger.

_ Le délégant peut faire à tout moment à des audits ou contrôles externes, se faire assister par des experts de son
choix.

_ Il peut, assister à titre consultatif, aux séances du conseil d'administration ou de l'organe délibérant ainsi qu'aux
assemblées générales de la société délégataire.
_ Le contrat doit prévoir la tenue de réunions, à intervalles réguliers entre le délégant et le délégataire pour
examiner l'état d'exécution du contrat.

_ Si la durée est supérieure à dix ans, le contrat doit prévoir une évaluation commune, au moins une fois tous les cinq
ans et une éventuelle révision de certaines de ses dispositions.

4. Achèvement du contrat de GD

Le contrat comporte des dispositions relatives à sa fin normale. Il comporte également des dispositions relatives à la
fin anticipée :

_ L’autorité délégante peut racheter la gestion après un délai minimum fixé par accord des parties

_ La fin du contrat peut intervenir par la déchéance prononcée par l’autorité délégante. En conséquence, les biens de
retour doivent revenir au délégant.

Ils comportent les terrains, bâtiments, ouvrages, installations, matériels et objets mobiliers mis à la disposition du
délégataire par le délégant ou acquis par le délégataire dans les conditions fixées dans le contrat.

5. Régime des sanctions

Le contrat détermine les sanctions qui pourront être prises par le délégant à l'encontre du délégataire en cas de
manquement à ses engagements ou d'infractions aux clauses contractuelles notamment :

_ Les pénalités, dommages et intérêts et éventuellement la déchéance du délégataire.

_ Le contrat prévoit le principe et les modalités de l'indemnisation du délégataire en cas de non- exécution par le
délégant de ses obligations ou de résiliation du contrat pour une raison non imputable au délégataire

Les sociétés de développement local


Deuxième partie : Les moyens juridiques de l’action administrative

L’administration agit moyennant des actes administratifs .Il sont classés :

 D’après le contenu de l'acte


 D’après le régime juridique de l'acte

Le contenu de l'acte

Les Actes administratifs :

Les actes-règles : le contenu donne naissance à une situation générale : ce sont les actes-règles qui concernent un
nombre indéterminé de destinataires. C’est les règlements administratifs

Les actes-condition qui donnent naissance à des situations individuelles. Ils conditionnent l'application individuelle
d'une règle générale

Les actes subjectifs qui déterminent cas par cas les éléments d'une situation juridique individuelles. Les contrats
administratifs

Le régime juridique de l’acte :

Les actes juridiques de l'administration ne sont pas tous soumis à un régime de droit uniforme :
 Les actes qui sont au sens fort du terme des actes administratifs, parce que soumis à un régime particulier,
 Les autres relevant du droit privé.

Type d’actes administratifs

_ L’acte unilatéral agit sur des tiers qui n’ont pas pris part à son élaboration

_ Les actes contractuels sont le produit de deux volontés qui régissent des relations réciproques.

Séance 6 : La notion d’acte administratif unilatéral et le régime juridique applicable

Les actes unilatéraux de l’administration

C’est l’instrument par excellence de l’action administrative. Il bénéficie du « privilège du préalable » qui oblige les
administrés à se conformer à l’acte même s’ils l’estiment contestable. Une véritable présomption de légalité
s’attache aux AAU.

Ainsi, même s’ils font l’objet d’un recours devant le juge, ils continuent en principe de produire leurs effets. (Le
caractère non suspensif de l’acte)

I- L’élaboration de l’acte unilatéral

 Types d’actes unilatéraux


 Les autorités habilitées à élaborer des actes unilatéraux
 L’effet de l'acte unilatéral

Types d’actes unilatéraux


1. Les actes unilatéraux exécutoires

_ Les actes administratifs unilatéraux réglementaire

Décrets, arrêtés, délibérations des assemblées des collectivités locales etc. ; ces actes ont une portée générale et
impersonnelle. Ils ne s’adressent pas à des personnes nommément désignées.

Différentes autorités peuvent les prendre :

• Les décrets sont l’œuvre du Premier ministre


• Les arrêtés ont pour auteur les ministres, les gouverneurs, les présidents des C.C

_ Les actes administratifs unilatéraux individuels


Ce sont des actes non réglementaires qui concernent une ou des personnes nommément désignées (ex : permis de
construire, refus de titre de séjour, arrêté de nomination…). On parle alors d’actes individuels. Ils peuvent être
l’œuvre de toute autorité administrative, à condition toutefois qu’ils présentent bien un caractère décisoire : le
courrier d’une autorité administrative rappelant à un administré les conditions pour bénéficier d’une prestation n’est
pas un AAU).

2. Les actes unilatéraux non exécutoires

_ (actes préparatoires, rapports de commission, les directives, les circulaires ..)

Les directives : elles posent un problème de qualification. Elles sont destinées à encadrer et orienter le pouvoir
discrétionnaire de l’administration notamment pour la prise de décision individuelle.

Elles ne revêtent aucun caractère impératif dans la mesure où l’administration peut y déroger.

Les circulaires : des actes utilises très fréquemment par l’autorité administrative. Il s’agit d’instructions adressées par
les ministres destinées à leurs agents en vertu du pouvoir hiérarchique. Ces instructions portent sur la manière de se
comporter, d’organiser le service, ou d’interpréter de tel ou tel texte.

Les autorités habilitées à élaborer des actes unilatéraux


L'autorité administrative ne peut prendre une décision que si elle y est habilitée par une règle de compétence et à la
condition de respecter certaines formes.

Le manquement à ces règles peut entrainer l’annulation de l’acte administratif.

== » La règle de compétence et les exceptions

Le principe

Les règles de compétence les plus importantes sont fixées par la Constitution s'agissant de la compétence des
autorités gouvernementales et du principe de base de la compétence des collectivités décentralisées par exemple.

Les autres règles de compétence sont inscrites dans les lois et les règlements

Les exceptions

La délégation, en tant qu'exception au principe de l’exercice personnel de la compétence, doit être prévue par la loi.
La délégation peut se présenter sous deux formes :

 Délégation de pouvoir

C’est un procédé qui consiste de la part de l’autorité délégante à confier à une autorité délégataire une
partie de ses attributions. Ainsi, en vertu de l'art 90 de la Constitution, le chef de gouvernement peut
déléguer certains de ses pouvoirs aux ministres ; de même l’art 53 donne au Roi le droit de déléguer son
pouvoir de nomination emplois civils et militaires.

 Délégation de signature

Elle ne modifie pas la répartition des compétences, elle permet seulement à l’autorité délégataire de signer, pour
le compte du délégant, les actes objet de délégation.

Juridiquement, ces actes engagent toujours l’autorité délégante.


La délégation doit être consentie au profit d’une autorité nommément désignée : directeur ou chef du cabinet du
ministre, hauts fonctionnaires ayant au moins le rang de sous-directeur, dans les services techniques comme
ingénieurs en chefs etc.

La nature de la compétence

La nature de la compétence
La compétence territoriale La compétence temporelle
Les autorités administratives exercent leurs L'autorité administrative ne peut prendre de décision
compétences dans un cadre territorial déterminé que pendant le temps où elle est en fonction, ce qui
Il existe des autorités dont la compétence est nationale interdit par exemple la prise de décisions anticipées, ou
comme les autorités rétroactives. A cet égard, il faut noter que le principe de
gouvernementales, tandis que d’autres n’ont qu’une non rétroactivité, érigé en principe général du droit par
compétence limitées territorialement comme, les es la jurisprudence, est depuis 1962, un principe
chefs des services, les gouverneurs autorités locales. constitutionnel applicable même au législateur, et donc
à plus forte raison à l'administration

II- L’entrée en vigueur et l’exécution de l’AU

Le droit administratif organise les formalités d’information des administrés des décisions prises par l’administration.
On distingue deux procédés de publicité des actes administratifs :

 La publication des actes réglementaires (décret, arrêté)


 La notification

Le caractère exécutoire de l'acte unilatéral

- La nature contraignante de l’acte administratif

- le privilège de l’autorité administrative

Le caractère exécutoire de l'acte unilatéral est une manifestation du privilège dont dispose l'autorité administrative,
à tel point que le terme le plus couramment utilisé pour désigner cet acte est celui de décision exécutoire qui évoque
l'ordre de l'administration et son exécution au besoin par la contrainte

L’entrée en vigueur de l’acte administratif


L’exécution normale de l'acte unilatéral

L'autorité administrative prend des actes qui produisent des obligations mais elle reconnaît aussi des droits et
accorde des autorisations

Cas des obligations l’exécution de l'acte est obligatoire pour son destinataire

== » Cas ou l'exécution de certains actes administratifs implique une opération matérielle, cela n'est pas toujours
nécessaires. Il est en effet des actes pour lesquels l'exécution se confond pratiquement avec leur force juridique

== » Cas des actes qui reconnaissent des droits ou accorde des autorisations, ils sont laissés à la discrétion de leurs
destinataires

Question de l’exécution de la décision par l’autorité elle-même

Elle doit exécuter d'office ses propres décisions.

En cas de mauvais vouloir de sa part, il n'existe aucun moyen de l'y contraindre puisque c'est elle qui détient le
monopole de la force publique.

L’administré peut recourir aux tribunaux de façon à faire reconnaitre l'illégalité du refus de l'administration
d'exécuter ses propres décisions

Le problème de l'exécution de l'acte administratif pose la question fondamentale du respect du principe de légalité.

L'exécution forcée de l’acte administratif

_ A la différence des particuliers, l'administration n'a pas l'obligation de s'adresser au juge pour faire constater
l'existence de ses droits, ni pour les faire respecter.

_ Si l'existence de ce privilège est d'une nécessité pratique pour le respect des décisions, on conçoit qu'en raison du
conflit qu'il engendre entre le pouvoir administratif et les individus, il soit cantonné dans un domaine aussi limité que
possible.

_ Les rapports de l'administration et des administrés doivent se dérouler dans un climat de confiance à tel point que
l’exécution forcée reste une exception et non pas une règle.

Les cas de l'exécution forcée


L'autorisation du législateur De manières générales
_ L'art 46 de la charte communale donne au L'exécution forcée est possible lorsque
président le pouvoir de « faire exécuter d'office l’autorité ne dispose d'aucun procédé de
aux frais et dépens des intéressés, dans les droit pour obtenir l'exécution de ses
conditions qui seront fixées par décret, toutes décisions; il apparaît alors normal que le
mesures ayant pour objet d'assurer la sûreté ou la respect de la loi soit en tout état de cause
commodité des passages, la salubrité et l'hygiène assuré; il reste à déterminer quels sont ces
publiques ». moyens de droit dont l'existence s'oppose
_ Il peut demander à l’autorité locale de requérir au recours à l'exécution forcée.
l‘usage de la
force, pour assurer le respect de
ses arrêtés et décisions
_ Exécution forcée en droit de l’urbanisme

Les conditions de l'exécution forcée

 La certitude du refus d'exécution qui apparaîtra à la suite de la mise en demeure de l'administré


préalablement à l'exécution par la force.
 L’A.A n'est fondée à recourir à la contrainte que dans la stricte mesure où la décision dont elle s'emploie à
obtenir l'exécution trouve son fondement dans la loi
 L'exécution forcée doit avoir pour but de procurer exclusivement le respect de la décision considérée. Tout
abus engendre sa responsabilité

La disparition de l'acte unilatéral

Deux situations peuvent entrainer la disparition de l’acte administratif :

1. La disparition émanant de l’autorité elle-même

 La disparition d'un élément essentiel à la validité de l'acte

Entraîne nécessairement sa sauf le cas des décisions qui ont déjà produit tous leurs effets

En revanche les décisions dont les effets sont permanents cesseront d'être valables dès la disparition des motifs sur
lesquels elles reposaient

 L'administration doit pouvoir adapter son action aux circonstances

Ceci entrainera modifier ses actes selon les nécessités du moment, cette indispensable mutabilité de l'ordre juridique
ne doit pas porter atteinte aux droits que les administrés ont pu régulièrement acquérir sur la base des décisions
antérieures ; la jurisprudence est donc amenée à tenter la conciliation de ces divers principes.

2. La disparition par décision du juge administratif

_ Dans le cadre du recours pour excès de pouvoir, le juge peut, à la demande de tout intéressé, annuler un acte
administratif unilatéral garantissant un principe général de droit.

_ Il est ouvert sans nécessité d’un texte et en vertu des principes généraux de droit, contre toute décision
administrative. En effet, il est important pour l’intérêt général que toute décision illégale puisse déférée au juge est
censurée par lui.

_ Le recours pour excès de pouvoir n’empêche pas l’administration de procéder à son exécution. Cette règle découle
de l’article 15 du dahir de 1957, repris par l’article 361 du CPC. La loi créant les tribunaux administratifs consacre
cette règle.

_ Le dépôt d’un recours devant le juge n’affecte en rien le fonctionnement de l’administration. Cette règle est
justifiée par le fait que l’action administrative étant en principe inspirée de l’intérêt général, il est normal que cette
action ne soit pas paralysée par dépôt d’une requête.

Les effets de l’annulation de l’acte administratif


L’annulation a deux effets fondamentaux :

1. Le premier consiste d’entrainer la disparition rétroactive de l’acte. La décision est censée n’avoir jamais
existé et ses effets même passés sont anéantis. La décision d’’annulation a pour caractère de s’imposer à
tous, elle à l’effet absolu de la chose jugée.
2. Le deuxième consiste à réparer les effets de l’acte jugé illégale

Pour le requérant : deux cas

1. L’annulation d’une décision qui porte atteinte à une situation dont il était bénéficiaire, entraine l’effet
rétroactif de l’acte.
2. Lorsque l’administré a sollicité de l’administration une mesure et qu’il sera heurté à un refus illégal,
l’annulation du refus ne vaudra pas octroi de l’avantage demandé. On doit simplement admettre que le refus
n’a pas été opposé et par conséquent s’il désire reprendre la procédure, le requérant se trouve à nouveau
dans la situation de postulant. Il arrivera donc que l’administration reprenne la même décision.

Pour l’administration : deux situations

1. Elle ne peut plus évoquer l’acte annulé, celui-ci est censé n’avoir jamais existé. Par ailleurs, l’administration a
l’obligation de remettre les choses en l’état, avant l’intervention de la décision annulée
2. En revanche si l’acte annulé refusait de faire droit à une demande, son annulation ne vaut pas octroi de la
chose demandée, mais seulement possibilité de formuler à nouveau la demande.

Les cas d’ouverture du recours d’annulation de l’acte administratif

Le juge est amené à s’interroger sur la régularité des éléments qui constituent l’acte administratif.

Ces moyens d’annulation ont été dégagés par la jurisprudence, comme cela a été le cas en France au cours d’une
longue évolution. Une décision administrative est entachée d’excès de pouvoir soit :

 En raison de l’incompétence de l’autorité qui l’a prise,


 Soit pour vice de forme,
 Détournement de pouvoir,
 Défaut de motif
 Violation de la loi.

Ces moyens d’annulation peuvent être classés en deux catégories :

 Les moyens touchant la légalité externe


 Les moyens concernant la légalité interne.

Séance 7 : Le contrôle de l’acte administratif unilatéral

Séance 8 : L’expropriation pour cause d’utilité publique, une procédure administrative spécifique

Séance 9 : La notion de contrat administratif

Séance 10 : Le régime juridique des contrats administratifs

Séance 11 : Les types de contrats administratifs

Séance 12 : Le régime juridique de la fonction publique

Séance 13 : Le contrôle juridictionnel des actes administratifs

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