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Utilisation de la Banane en Alimentation Animale

Ce guide pratique présente l'utilisation de la banane et de ses coproduits dans l'alimentation animale, en mettant l'accent sur leur valeur nutritionnelle pour les ruminants et les monogastriques. Il souligne l'importance de la banane comme ressource locale en Guadeloupe, visant à remplacer les céréales importées par de la farine de banane pour un développement durable. Le document compile les connaissances acquises par l'INRA sur les modalités d'utilisation des produits du bananier dans l'alimentation animale.

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Utilisation de la Banane en Alimentation Animale

Ce guide pratique présente l'utilisation de la banane et de ses coproduits dans l'alimentation animale, en mettant l'accent sur leur valeur nutritionnelle pour les ruminants et les monogastriques. Il souligne l'importance de la banane comme ressource locale en Guadeloupe, visant à remplacer les céréales importées par de la farine de banane pour un développement durable. Le document compile les connaissances acquises par l'INRA sur les modalités d'utilisation des produits du bananier dans l'alimentation animale.

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net/publication/286379687

Guide pratique d'utilisation de la banane en nutrition

Research · December 2015


DOI: 10.13140/RG.2.1.1625.9923

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1 author:

Salah Nizar
French National Institute for Agriculture, Food, and Environment (INRAE)
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GUIDE D’UTILISATION
LE BANANIER ET SES COPRODUITS EN ALIMENTATION ANIMALE

Institut National de la Recherche Agronomique


Membre fondateur d’Agreenium
GUIDE D’UTILISATION
LE BANANIER ET SES COPRODUITS EN ALIMENTATION ANIMALE

Harry Archimède et David Renaudeau

Avec la participation de

Gisèle Alexandre, Caroline Anais, Remy Arquet, Claude Barbier, Katia Benony, David Béramis, Bruno
Bocage, Jérémy Brochain, Mélain Bructer, Suzitte Calif, Ode Copry, Pierre-Justin Dumoulin, Tatiana
Etienne, Audrey Fanchone, Mélanie Flainville, Jérôme Fleury, Mario Giorgi, Jean Luc Gourdine, Fernand
Labirin, Carine Marie-Magdeleine, Fred Nipeau, Marie-José Noël-Bévis, Fred Périacarpin,
Lucien Philibert, Frederic Pommier, Nizar Salah, Felix Silou .

2
3
AVANT PROPOS

L ’alimentation est l’un des principaux facteurs limitant la production des animaux
d’élevage en zone tropicale. Les recherches conduites à l’Inra dans ce domaine,
consistent à apprécier la valeur alimentaire de divers fourrages et sous-produits pour
préciser les stratégies d’utilisation.

Depuis plus de 30 ans, l’Inra Antilles-Guyane, travaille à la valorisation de la biodiversité


locale. Ainsi, dans le domaine de l’élevage, l’Unité de Recherches Zootechniques
(Inra-URZ) et la Plateforme Tropicale d’Expérimentation sur l’Animal (Inra-PTEA)
travaillent sur la valorisation des coproduits des cultures, dont ceux du bananier (pseudo
tronc, feuilles, fruits) par les ruminants et les monogastriques. Plus récemment, une
collaboration (2010-2013) entre les Producteurs de Banane de la Guadeloupe (LPG),
les Grands Moulins des Antilles (GMA) et l’Inra a permis d’actualiser et d’enrichir les
connaissances sur la valorisation de certains coproduits du bananier.

Nous avons, entre autres :


1) précisé les conditions d’utilisation des produits frais ;
2) testé des formules d’aliments industriels (granulés) où la farine de banane
remplaçait la totalité des céréales.

Aujourd’hui, les coproduits du bananier sont utilisés en frais. Leur bonne utilisation dépend
fortement des quantités proposées aux animaux, la stratégie de complémentation (azotée
notamment), l’adéquation de la ressource avec l’espèce animale et son stade physiologique.
Le granulé banane peut remplacer les granulés classiques à base de céréale.

Ce guide « d’utilisation » de la banane et des ses coproduits en alimentation animale,


fait le point sur la totalité des connaissances acquises par l’Inra en ce domaine. Il a été
conçu pour rendre les éleveurs plus autonomes. C’est aussi une version provisoire que
nous souhaitons enrichir, voire transformer, en fonction des retours et des remarques
des praticiens de terrain.

4
5
Le mot de Philippe ALIANE, Directeur du groupement
Les Producteurs de Guadeloupe (LPG),
La farine de banane pour l’alimentation animale :
un plan de développement endogène
Initiative humaine, scientifique et technique, la fabrication par
les GMA d’aliments à base de farine de bananes produites par le LPG, et destinée à l’alimentation
animale, est non seulement une démarche durable pour la Guadeloupe, mais aussi l’occasion pour la
filière de valoriser localement sa production.
« La banane, précise Philippe Aliane, a un vrai rôle à jouer au plan local ». Les écarts de triage étaient déjà
utilisés pour l’alimentation animale. Mais compte tenu des difficultés d’utilisation (manipulation, stockage,
conservation), l’idée a donc été de créer, à partir de ces bananes, une farine de banane à destination des
animaux.
Tino Dambas, producteur de bananes, s’engage : « Il pourrait s’agir, à terme, de produire de la banane
destinée à la fabrication de farine et non plus se contenter des écarts de triage. Développer l’utilisation de la
production sur place et limiter les importations va dans le sens du développement durable ».
La farine de banane pourrait se substituer aux aliments comme le maïs ou le blé, grâce à son apport en
énergie.
L’objectif est donc de valoriser une matière première locale disponible toute l’année. Remplacer à terme une
partie du maïs importé par une banane locale serait donc un grand pas dans la direction du développement
endogène et durable du territoire guadeloupéen.

Le mot de Franck DESALME, Directeur Général


des Grands Moulins des Antilles (GMA),
En 2013, les GMA devraient produire et commercialiser environ 38000 T d’aliments
pour animaux. En tant qu’unique producteur de l’île, les GMA ont le devoir de fournir
aux éleveurs des aliments de qualité à un prix compétitif, dans le but de proposer au
consommateur final, une viande et des oeufs de qualité.
Dans un contexte céréalier difficile, la banane, fleuron de l’économie agricole Guadeloupéenne, devient une
alternative aux céréales devenues de leur côté, de véritables produits boursiers. L’enjeu pour la Guadeloupe
ne s’arrête donc pas à la production d’aliments pour animaux mais consiste bien à
valoriser une ressource locale stable à la recherche de nouveaux débouchés.
C’est donc tout naturellement que les GMA, l’Inra et la SICA LPG ont associé leurs compétences pour
mener des travaux de recherche sur la valorisation de la banane dans l’alimentation animale. Au bout de 2
années de travaux, les résultats obtenus sont positifs et nous encouragent à poursuivre nos efforts jusqu’à la
production régulière en Guadeloupe de farine de banane destinée à l’alimentation animale.

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7
SOMMAIRE

AVANT PROPOS p. 4
INTRODUCTION p. 10

Chapitre 1 p. 12
Les ressources alimentaires de la bananeraie

Chapitre 2 p. 18
Valeur alimentaire des ressources de la bananeraie pour les porcs

Chapitre
Chapitre 33 p. 24
Valeur alimentaire des ressources de la bananeraie pour les ruminants
Chapitre
Chapitre 44 p. 30
Les systèmes de production banane-élevage
Chapitre
Chapitre 55 p. 36
Modalités de conservation des produits du bananier

BIBLIOGRAPHIE p. 42

8
9
Introduction
L a banane d’exportation couvrait en 2009, 2100
ha en Guadeloupe et 5700 ha en Martinique
respectivement. La production de fruits était de 59 000
de façon épisodique chez les petits producteurs. De plus,
les feuilles et les stipes sont des alicaments dont l’activité
anthelminthique a été testée (Marie-Magdeleine et al.,
et 190 000 tonnes pour la Guadeloupe et Martinique. 2011). Les pelures de banane sont aussi des aliments
La fonction première d’une bananeraie est de produire potentiels à destination principalement des herbivores
des fruits pour l’exportation. Depuis quelques années, et secondairement des porcs (Tartrakoon et al., 1999 ;
des jachères assainissantes ont été introduites dans les Lapenga et al., 2009).
bananeraies afin de couper le cycle des nématodes du
sol responsables de lourdes pertes en fruits (Sarah et al., L’utilisation des produits du bananier dans l’alimentation
1983). Ces jachères sont quelquefois plantées en canne à animale doit intégrer la contrainte des produits
sucre mais peuvent aussi accueillir des prairies naturelles phytosanitaires utilisés en bananeraie. Ainsi, compte
ou plantées, pâturées principalement par des bovins. tenu de la pollution des terres par la chlordécone, la base

En Guadeloupe, des ateliers d’élevage, principalement de de certaines herbes des jachères peut être contaminée. Il
porcs, se sont développés à l’extérieur des bananeraies. en est de même pour la base des stipes alors que les fruits
Ils valorisent la fraction non commercialisée (écarts de et les feuilles seraient indemnes de chlordécone.
triage, 15 à 20% de la production) de la banane produite.
En Martinique, des élevages de ruminants et de porcs se L’objectif principal de ce guide est de faire le point sur les
partagent les écarts de triages. modalités pratiques d’utilisation des produits du bananier
et de la farine de banane dans l’alimentation animale. De
Hormis les écarts de triage, les faux troncs (stipe) et fortes différentes existent dans la composition chimique
feuilles de bananier sont aussi des aliments potentiels des bananiers, notamment entre les variétés dessert
pour les herbivores (Geoffroy, 1980). Ils sont déjà utilisés (Cavendish) et légumes (Plantains). Ce travail porte sur
les variétés Cavendish.

10
11
LES RESSOURCES ALIMENTAIRES
DE LA BANANERAIE

12
13
Chapitre 1

Les ressources alimentaires de la bananeraie

Disponibilité des produits


La production totale moyenne d’un hectare de banane est d’environ 188 tonnes de matière verte, ce qui correspond à 27
tonnes de produit sec. Cette biomasse (Fruits, Feuilles, Stipe, Hampe) se décompose comme indiquée dans le Tableau 1
et la Figure 1.
Tableau 1. Estimation des quantités de biomasse disponible par hectare de bananeraie

Les pelures de banane, bien que faiblement disponibles en Guadeloupe et Martinique du fait de l’absence d’industries
agroalimentaires, sont aussi des ressources de bonne valeur alimentaire pour les ruminants.

Figure 1 : Contribution des principaux « organes » du bananier à sa biomasse totale

14
Composition chimique des produits par les monogastriques. Cela entraînera une plus forte
complémentation en protéines lors de la formulation des
La banane fruit rations des ruminants et monogastriques. .
La composition chimique de la banane fruit (Tableau 2 a Les stades de récolte variant 750 à 1050°C.j ont peu d’effet
et b) varie avec son stade de récolte (maturité) appréciée sur la composition chimique et la valeur énergétique des
en somme de degrés-jours. Les régimes de banane différentes fractions d’un régime de banane et du fruit
destinés à l’exportation sont généralement récoltés à en particulier. En conséquence, ces évolutions ont peu
900°C.j. La banane fraîche a une teneur élevée en eau d’effet sur la valeur énergétique du fruit. A l’intérieur de
qui limite la densité énergétique de la ration de certains cette fourchette (750 à 1050°C.j), la banane est encore
animaux d’élevage (porc, volaille, etc..). Elle est pauvre verte et riche en amidon.
en matières minérales (4 à 10%) de la Matière Sèche (MS)
dont le potassium représente le principal élément (70 à La composition chimique de la banane mûre est par
80 % des cendres totales). contre différente de celle de la banane verte. L’amidon
initialement présent dans le fruit vert se transforme
La banane a une faible teneur en azote comparativement progressivement en sucre. Les tanins présents dans la
aux céréales. De plus, une fraction importante de cet peau du fruit disparaissent. La pulpe quant à elle, a une
azote (25 à 30%) est sous forme soluble non valorisable valeur énergétique proche de celle du maïs.

Tableau 2 a. Evolution de la composition de différentes fractions du régime de banane

Tableau 2 b. Composition minérale de la banane en pourcentage de produits secs (Geoffroy, 1985)

15
Les feuilles et stipes du bananier Les teneurs de feuilles et stipes en fibres totaux (NDF)
sont assez similaires de celles d’une herbe de 35 jours.
Le bananier est une grande herbe. Les compositions Les feuilles ont aussi des teneurs en lignocellulose (ADF)
chimiques des feuilles et stipes de bananier sont indiquées proches de celles d’une herbe alorsque les stipes sont
dans le Tableau 2a. Contrairement aux feuilles qui ont sensiblement moins riches.
des teneurs en matière sèche comparables à celles d’une
herbe verte, les stipes sont très riches en eau qui limite Les feuilles et stipes contiennent des métabolites
leur ingestion. Les concentrations en matières azotées secondaires (tanins, saponines) qui ont des conséquences
totales des feuilles sont proches de celles d’une graminée sur la nutrition et la santé des animaux. L’ingestion de
fourragère de 35 jours. Celles des stipes sont faibles et se feuilles et stipes par les petits ruminants permet de
rapprochent d’une paille. La fraction soluble de l’azote réduire l’impact du parasitisme gastro-intestinal.
rapportée à l’azote total est d’environ 10% dans les feuilles Les variétés plantain se caractérisent par des teneurs en
contre 25% pour les stipes. fibres (NDF, 44% de la matière sèche (MS)) plus faibles
que les Cavendish.

16
17
VALEUR ALIMENTAIRE DES RESSOURCES
DE LA BANANERAIE POUR LES PORCS

18
19
Chapitre 2

Valeur alimentaire des ressources


de la bananeraie pour les porcs
Considérations générales et a au contraire tendance à diminuer la digestibilité de
la banane verte. L’utilisation de banane verte épluchée
Chez le porc la banane peut être distribuée sous forme permet d’améliorer de 10% la valeur énergétique de la
fraiche (verte ou mures) ou transformée (ensilage, cuite, banane mais pratiquement cette technique n’est pas
farine). En frais, différentes formes de présentation applicable en élevage.
peuvent être proposées au porc (entière, épluchée,
coupée en rondelles, broyée, ou peau seule). La forme Chez le porc en croissance (>30 kg), la banane verte peut
de distribution a des conséquences sur la quantité de être distribuée à volonté (5-7 kg quotidiennement). Les
produits consommée par le porc mais également sur performances de croissance des animaux seront limitées
l’efficacité avec laquelle l’animal va utiliser la banane par la quantité de banane réellement consommée par
pour croître. Etant donné que la banane est carencée en l’animal et par le niveau de complémentation protéique.
protéines, les rations contenant de la banane doivent être Le niveau d’ingestion peut être amélioré en multipliant le
complémentées. nombre de distributions au cours de la journée mais reste
limité par la forte teneur en eau de la banane. Compte
tenu du coût de la complémentation protéique, l’éleveur
doit s’assurer que les animaux consomment l’intégralité
du concentré en veillant par exemple à ne pas distribuer
le complément en même temps que la banane. Pour des
porcs plus jeunes, l’utilisation de la banane verte n’est pas
conseillée.
Pour la truie reproductrice en gestation, la banane verte
peut être la seule source d’énergie apportée à la truie.
Pratiquement, 10-14 kg de bananes vertes doivent être
offertes quotidiennement à une truie en gestation.
Comme pour le porc en croissance, cette ration doit être
complémentée en protéines. En lactation, la banane verte
ne peut pas constituer plus de 50% de la ration sèche
pour éviter une mobilisation excessive des réserves de
la truie pour la production laitière et les problèmes de
reproduction après le sevrage.
Banane fraîche verte
La teneur en énergie digestible de la banane verte (écart
de tri) distribuée entière au porc varie selon les travaux,
Banane verte cuite
de 2.8 à 3.1 MJ/kg de produit frais. Cette fluctuation Les travaux sur la banane cuite sont beaucoup moins
s’explique par une variation dans le stade de récolte mais nombreux que pour la banane verte crue. Pratiquement, la
également par la quantité offerte aux porcs. Les animaux cuisson permet d’améliorer la digestibilité de l’amidon de
recevant une quantité limitée de banane consommeront maïs en réduisant les effets des facteurs antinutritionnels
l’intégralité de la ration. A l’inverse, les porcs recevant (tannin). L’amélioration de la teneur en énergie digestible
une quantité très importante de banane auront tendance (par rapport à la banane crue) est de l’ordre de 10%. Des
à trier et à consommer essentiellement la pulpe. Ces travaux cubains montrent que la cuisson améliore très
différences de comportement ont des conséquences sur nettement la consommation de la banane verte par le
le produit qu’ont réellement consommé les porcs et sur porc. Les contraintes d’utilisation chez le porc restent
la manière dont ils l’utilisent. Un traitement mécanique les mêmes que celles énoncées pour la banane crue. Les
(découpe en rondelles ou broyage) n’entraine pas une avantages de la banane verte cuite sont à raisonner au
amélioration significative des performances des animaux regard du cout énergétique associé à la cuisson.

20
Banane verte ensilée riches en azote doit être réévaluée pour tenir compte
des besoins des animaux. La farine peut être utilisée
L’ensilage de banane offre une possibilité de conservation sans être incorporée dans un aliment composé. Dans
sur le long terme pour les éleveurs (voir plus loin la ce cas, elle devra être mélangée avec de l’eau (1:1) pour
description de la technique). Les travaux menés en maximiser l’ingestion et devra être complémentée avec un
Guadeloupe montrent que la valeur alimentaire de la supplément protéique (le même que pour la banane verte
banane conservée par ensilage est inférieure à celle du fraiche). Les besoins en protéines et en énergie du porc
produit frais. Au niveau des performances des animaux, en post sevrage (entre 10 et 30 kg) sont importants. De
cette plus faible valeur peut être compensée par une plus ce fait, l’inclusion de farine de banane dans un aliment
forte ingestion du produit ensilé (MS). formulé pour ce stade physiologique ne peut pas être
Chez le porc en croissance (>30 kg), l’ensilage de banane aussi importante que pour le porc en croissance. Nous
peut être donné à volonté. Les conditions d’utilisation préconisons une incorporation limitée à 20%.
(distribution, complémentation) sont les mêmes que Chez la truie en gestation, l’utilisation de la farine de
pour la banane verte fraiche. banane en remplacement des céréales dans l’aliment
La banane fraiche ensilée peut couvrir l’intégralité des composé ne pose aucun problème particulier. Chez la
besoins de la truie en gestation à condition d’apporter un truie en lactation, son incorporation dans l’aliment ne
complément protéique. Compte tenu de la faible densité doit pas dépasser 30 à 40 %.
énergétique de l’ensilage et des besoins importants de
la truie en lactation, une quantité limitée d’ensilage
de banane doit être utilisée pendant cette phase. Par Banane mure
précaution, il est préférable d’alimenter les truies en
lactation avec un aliment concentré.

Farine de banane verte

La teneur en énergie digestible de la banane mure entière


est très variable d’une étude à une autre (13.1 à 14.8 MJ/kg
produit sec) mais est globalement légèrement supérieure
à celle de la banane verte entière. Sa forte teneur en sucres
libres rend la banane mûre entière très appétente pour le
La déshydratation de la banane verte permet à la fois porc. De ce fait, la totalité des besoins énergétiques d’un
d’améliorer la densité énergétique de la banane, la porc en croissance peuvent être satisfaisait s’il reçoit de la
conservation sur le long terme et de rendre le produit banane mure en quantité non-limitante. La valeur de la
utilisable pour la production d’aliments composés pour banane mure augmente lorsqu’elle est épluchée. Compte
les animaux. La teneur en énergie digestible de la farine tenu de sa faible durée de conservation, la banane
de banane varie entre 11.2 et 12.5 MJ/kg de produit frais. mûre n’est pas facilement utilisable en exploitation.
Comme pour la banane verte fraiche, cette variation peut Enfin, sa forte teneur en sucres libres peut provoquer
s’expliquer par un effet du stade de récolte. Nos travaux éventuellement des problèmes de diarrhées.
montrent une amélioration de 12% de la teneur en Compte tenu de la sensibilité des porcelets aux problèmes
énergie digestible entre une banane récoltée à 750 °C/j et de diarrhée, la distribution de bananes mûres n’est pas
celle récoltée à 1150°C/j. conseillée pour ce stade physiologique. Pour le porc en
Chez le porc en croissance (>30 kg), la farine de banane croissance, la banane mûre peut être distribuée à hauteur
peut constituer la seule source d’énergie du régime. En de 7-10 kg/j et doit être complémentée avec un supplé-
théorie, la quasi-totalité des céréales de la ration peuvent ment protéique (le même que pour la banane verte).
être remplacées par de la farine de banane sans que cela se La banane mûre peut représenter la principale source
traduise par une réduction des performances de croissance d’énergie pour une truie en gestation. L’apport devra
des animaux. Compte tenu de la différence de teneur et être limité à 8-10 kg/j et complété par un complément
de qualité de la protéine entre la farine de banane et les protéique. En lactation, la distribution de banane mûre
céréales (blé, maïs), l’inclusion de matières premières est à éviter à cause des risques de diarrhée.
21
Complémentation protéique pour le porc en croissance
Les tableaux 3a, 3b, 3c, 3d, 3e, 3f donnent en fonction de la quantité de banane consommée (fraiche ou farine), le niveau
de complémentation à apporter (tourteau de soja ou complément banane GMA) et le niveau de performance maximum
théorique (GMQ) permis par la ration complète. Le niveau de performance indiqué peut être atteint à la condition que
l’animal consomme l’intégralité de la banane et le tourteau de soja. Les calculs ont été réalisés pour le porc Large White
entre 30 et 90 kg et pour le porc Créole entre 20 et 60 kg.

Tableau 3a : Apport de tourteau de soja en fonction de la quantité de banane fraîche consommée pour un porc
en croissance LW (30 - 90 kg)
Banane fraiche, kg/j 3,0 4,0 5,0 6,0 7,0 8,0 9,0
Tourteau de soja, g/j 270 350 440 520 610 700 790
GMQ, g/j 320 430 540 650 770 880 1000

Tableau 3b : Apport de complément banane GMA en fonction de la quantité de banane fraîche consommée
pour un porc en croissance LW (30 - 90 kg)
Banane fraiche, kg/j 3,0 4,0 5,0 6,0
Complément GMA, g/j 850 1120 1390 1670
GMQ, g/j 530 710 880 1060

Tableau 3c : Apport de tourteau de soja en fonction de la quantité de banane fraîche consommée pour un porc
en croissance Créole (20 - 60 kg)
Banane fraiche, kg/j 3,0 4,0 5,0 6,0 7,0 8,0 9,0
Tourteau de soja, g/j 160 210 260 310 360 410 460
GMQ, g/j 220 300 370 450 530 610 690

Tableau 3d : Apport de complément banane GMA en fonction de la quantité de banane fraîche consommée
pour un porc en croissance Créole (20 -60 kg)
Banane fraiche, kg/j 3,0 4,0 5,0 6,0 7,0
Complément GMA, g/j 400 540 670 800 930
GMQ, g/j 290 400 500 600 700

Tableau 3e : Apport de tourteau de soja en fonction de la quantité de farine de banane consommée pour un
porc en croissance LW (30 - 90 kg)
Farine, kg/j 1,0 1,20 1,4 1,6 1,8 2,0
Tourteau de soja, g/j 430 510 590 670 760 840
GMQ, g/j 540 640 750 850 960 1060

Tableau 3f : Apport de tourteau de soja en fonction de la quantité de farine de banane consommée pour un
porc en croissance CR (20 - 60 kg)
Farine, kg/j 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
Tourteau de soja, g/j 260 300 350 400 440 490
GMQ, g/j 370 440 520 590 660 730

22
Complémentation protéique pour la truie en gestation
Pour les truies en gestation alimentées avec de la banane fraiche (verte/mure) ou ensilage, nous préconisons le même
niveau de complémentation. La complémentation sera différente avec la farine de banane (Tableau 3g).

Tableau 3g : Apport de tourteau de soja en fonction de la quantité de farine de banane consommée pour la truie
en gestation
Forme de présentation Banane fraiche Farine de banane
Type de complément Soja Complément GMA Soja Complément GMA
Complément, kg/j 0,6 1,1 0,6 1,1
Banane, kg/j 9,9 7,7 2,1 1,6

23
VALEUR ALIMENTAIRE DES RESSOURCES
DE LA BANANERAIE POUR LES RUMINANTS

24
25
Chapitre 3

Valeur alimentaire des ressources de la bananeraie


pour les ruminants
La banane L’ingestion de bananes par les génisses est d’environ 5 kg
de bananes fraiches pour 100 kg de poids vif quand elle
Les ruminants qui disposent de bananes à volonté, quelle est distribuée à volonté.
que soit leur forme (mûre ou verte, ensilée ou fraîche),
préfèrent la banane au fourrage, même très jeune, avec
des ingestions représentant en moyenne 60 à 80% des
quantités sèches totales ingérées (Tableau 4)
La banane fruit demeure cependant
un aliment concentré. Elle ne peut
pas être distribuée comme seul
ingrédient d’une ration car cela
entraînerait des troubles digestifs.
La banane fraîche doit représenter
moins de 70% de la ration chez les
animaux consommant de l’herbe.
Quelle que soit la composition
de la ration, il est conseillé de
ne pas dépasser 8 kg de banane
fraîche/100 kg poids vif.
La banane, quelle que soit sa forme
de présentation (fraîche, ensilée Quand la banane verte est distribuée seule (sans fourrage
ou déshydratée), peut remplacer et sans complément), la digestibilité (mesurée sur
la totalité des céréales sans pénaliser quantitativement et caprins mâles) de la matière sèche de la banane verte,
qualitativement la production. La quantité de fourrages fraîche ou ensilée, distribuée seule est de 66,4 et 68,2 %
grossiers ingérés (herbe ou équivalent) dépend de la respectivement. Ce résultat et le faible niveau d’ingestion
nature des compléments. Elle est par exemple plus faible volontaire observée (2,4 kg de produit frais / 100 kg poids
avec les rations de banane verte fraîche et ensilée qu’avec vif) sont la résultante des troubles digestifs liés à l’absence
les régimes maïs et de la farine de banane. Les quantités de d’aliments grossiers et à une carence azotée.
fourrage ingéré sont plus élevées avec la banane ensilée. Quand la banane verte est associée à un fourrage, en
La banane verte (fraîche absence d’une complémentation azotée, les digestibilités
ou ensilée) a une influence de la matière sèche sont estimées à 74,9 et 74,0% pour le
positive sur l’ingestion produit vert frais et ensilé respectivement.
de fourrage tant qu’elle Quand les rations sont complémentées en azote, la
représente moins de 25% digestibilité de la MO est 84,9 et 80,2 pour des animaux
de la matière sèche totale à l’entretien. Les valeurs étaient de 84,6 et 84,5 pour les
ingérée. Au-delà de ce animaux en production. Ces différences entre les stades
seuil, la banane fraîche physiologiques des animaux ont été attribuées aux
ou ensilée se substitue différences de niveau azoté de la ration.
pratiquement poids pour
poids au fourrage.

Tableau 4 . Ingestion de la banane fruit par les ruminants

26
La complémentation de la banane avec une source Farine de banane
d’azote non protéique à fermentation rapide telle l’urée
n’est pas une bonne solution. La fermentation de l’azote La farine de banane peut aussi être utilisée
de l’urée n’est pas synchronisée avec celle de l’énergie comme ingrédient d’aliment commercial,
de la banane qui est une source d’amidon à dégradation ou d’un aliment fabriqué à la ferme.
lente. La complémentation azotée de la banane devrait Différentes formules sont possibles.
être réalisée avec des protéines du genre tourteau ou L’optimisation de la formule dépend de
de l’azote non protéique à hydrolyse lente (Geoffroy, la composition du fourrage consommé
1980). Il n’y a pas de références sur l’association de la par le ruminant. Avec une graminée de
banane avec les légumineuses fourragères. Ce scénario qualité moyenne, une formule du type
est potentiellement une voie d’amélioration de la valeur « 57,5% farine de banane, 20% de soja,
protéique des rations consommées par les ruminants. 20% de luzerne (ou stylosanthes), 2,5%
de CMV » permet d’optimiser l’utilisation
de l’énergie de la banane.

Feuilles et stipes
Feuilles et troncs peuvent être assimilés à de l’herbe
dont l’ingestion se fait en moindre quantité du fait des
concentrations plus élevées
en eau, en lignine, et certains
autres composés biochimiques.
Les feuilles et troncs peuvent
être distribués à l’état brut, tels
que récoltés aux champs. Ce-
L’apport de la banane augmente la digestibilité globale pendant, le hachage favorise la
de la ration et en conséquence sa valeur énergétique. consommation du produit. Les
Cependant, la digestibilité du fourrage diminue, la feuilles sont équivalentes à de
banane se comportant comme un concentré classique. l’herbe de qualité moyenne tant
Les bananes sont consommables vertes ou mûres, du point de vue énergétique qu’azoté (protéique). Les ru-
entières ou fractionnées (broyées, cossettes plus ou minants peuvent volontairement
moins fines), fraîches, ensilées. Ces traitements peuvent consommer jusqu’à environ 3,2
entraîner des modifications surtout dans l’appétence du kg de produit sec pour 100 kg de
produit mais également dans une moindre mesure dans poids vif (soit 15 kg de feuilles
sa valeur énergétique pour l’animal. Le fractionnement fraîches). Les troncs sont plus
du produit facilite l’ingestion et est à ajuster en fonction riches en eau et plus pauvres en
de l’espèce animale pour limiter des risques de blocage azote que les feuilles.
dans l’oesophage et d’étouffement après ingestion. La Les ruminants peuvent volontai-
forme entière est la plus neutre, l’animal ajustera sa taille rement consommer jusqu’à envi-
de bouchée. Le broyage grossier et les fines cossettes ron 1,2 kg de stipes secs pour 100 kg de poids vif (soit
peuvent permettre d’améliorer sensiblement l’ingestion 12 kg de tronc frais). Il est possible d’associer feuilles et
de la banane fraîche. La valeur énergétique de la banane troncs, feuilles ou troncs dans des rations mixtes avec la
fraîche verte ou mûre a été estimée à 1,1 UF par kg de banane fruit et un complément azoté.
matière sèche (Geoffroy, 1980).

27
Quelques exemples de rations ce même taux de substitution est appliqué. Cependant,
dans les deux cas, une dégradation de l’indice de
Le tableau 5 présente quelques rations pour l’engraisse- consommation est observée.
ment intensif. De nombreuses rations à base de banane
fruit ou feuillage de bananier ont été testées sur les ani- Chez les ruminants consommant de la banane fruit,
maux d’élevage avec de bonnes performances zootech- la complémentation azotée doit permettre aux rations
niques (Tableau 6). d’engraissement d’atteindre des taux de matière azotée
supérieurs à 12,5% pour maximiser les croissances des
Chez les veaux zébus en cours de sevrage recevant une animaux de type zébu. Dans de telles conditions, des
ration d’engraissement (700 g de croît par jour), la farine régimes composés de bananes vertes à volonté, d’herbe
de banane peut remplacer jusqu’à 65 % de céréales ou de foin (jusqu’à 700 g de matière sèche /100 kg de
sans aucune conséquence sur la croissance (Geoffroy, poids vif) et de tourteau de soja (moins de 750 g /100 kg
1980). Des croissances (1200 g /jour) de génisses et de poids vif) permettent des croissances supérieures à
taurillons d’environ 270 kg, recevant cette même ration 1000 g /jour.
d’engraissement ne sont pas non plus pénalisée quand

Tableau 5 : Présentation de rations pour l’engraissement intensif de ruminants

Poids de l’animal (Kg)


25 50 100 150 200 250 300 350
Ingrédients
Ration 1
Feuilles de Bananier (g) 4500 9000 13500 18000 23000 27000 32000
Banane fraiche (g) 3500 7000 10500 14000 17500 21000 24500
Soja (g) 125 250 500 750 1000 1250 1500 1750

Ration 2
Feuilles de Bananier (g) 2500 5000 7000 9000 12000 14000 16000
Légumineuse Herbacée ou
arbustive (g) 3000 6000 9000 12000 15000 18000 21000
Banane fraiche (g) 3500 7000 10500 14000 18000 21000 25000

Ration 3
Feuilles de Bananier (g) 1500 3000 4500 6000 7500 9000 11000
Légumineuse herbacée ou
arbustive (g) 4500 9000 14000 18000 23000 27000 32000
Banane fraiche (g) 3500 7000 10500 14000 18000 21000 25000

Ration 4
Feuilles de Bananier (g) 4500 9000 13500 18000 23000 27000 32000
Concentré commercial Banane (g) 500 900 1800 2700 3500 3150 5300 6200

28
Tableau 6 . Performances des animaux d’élevage ingérant des rations à base de banane

29
LES SYSTÈMES DE PRODUCTION
BANANE-ÉLEVAGE

30
31
Chapitre 4

Les Systèmes de production banane-élevage

En Guadeloupe et en Martinique, les bananeraies sont principalement des unités de production spécialisées dans la
production de banane comme schématisé par la Figure 2. Les bananeraies permettent cependant de supporter des activités
d’élevage (porcs, ruminants). L’élevage peut être présent dans la bananeraie ou à l’extérieur de celle-ci. Cependant,
même quand elle existe sur l’exploitation agricole, il n’y a pas d’intégration entre les cultures et l’élevage.

Figure 2. Représentation du fonctionnement d’une bananeraie spécialisée

32
Une alternative à la valorisation du bananier serait de faire évoluer les bananeraies dans des unités de production de type
polyculture élevage intégrant cultures et élevage (Archimède et al, 2012) Figure 3.

Figure 3. Représentation du fonctionnement d’une bananeraie spécialisée

Dans l’hypothèse de valorisation de certains coproduits utilisant le fumier des animaux. Par ailleurs, il peut être
(écarts de triage et feuilles), les travaux de modélisation envisagé de ne prélever que les feuilles du bananier et de
indiquent que des chargements de 1184, 285, et 418 kg de laisser les troncs sur les parcelles.
poids vif de bovins, caprins et ovins créoles peuvent être
Sur les exploitations dont le sol est contaminé par la
envisagés par hectare de bananier.
chlordécone, les élevages de type naisseur ne présentent
L’introduction d’une jachère herbacée dans les pas de risques pour la qualité sanitaire des produits
bananeraies pour lutter contre les nématodes du animaux exception faite des femelles de réforme. Pour les
bananier, représente un atout pour leur évolution dans élevages de type engraisseur, la distribution de fourrage
des exploitations agricoles de type polyculture élevage, (herbe de la jachère + feuilles de bananier) doit s’arrêter
accueillant notamment des élevages de ruminants. Le 9 mois avant la date d’abattage des bovins. Ce délai est en
choix d’une légumineuse herbacée, le stylosanthes par cours de détermination pour les petits ruminants. Pour
exemple, permet de produire la protéine de substitution alimenter en permanence les animaux à l’engraissement
au tourteau de soja. avec les produits issus de la bananeraie, l’agriculteur doit
s’assurer que les aliments (herbe de la jachère et feuilles du
bananier) ne soient pas contaminés par la chlordécone.
Pour les porcs, les animaux en engraissement sont
potentiellement les meilleurs valorisateurs de la banane
fruit. La bonne stratégie de complémentation est
probablement celle qui permet de valoriser le potentiel
énergétique de la banane ingérée plutôt que d’essayer
de maximiser les performances de l’animal. Cela revient
dans la pratique à calculer l’apport de protéines en
fonction de la quantité d’énergie de banane qui peut être
volontairement ingérée par les animaux. Le fruit n’étant
pas contaminé par la chlordecone, il n’y a pas de risque
Les planteurs de banane font le choix de laisser les troncs pour la qualité sanitaire des produits si l’élevage est
et feuilles de bananier sur champs pour ne pas réduire conduit sur caillebotis ou une aire bétonnée.
le taux de matière organique du sol. En cas de présence
Le tableau 7 donne les résultats économiques de quelques
d’un atelier d’élevage sur l’exploitation agricole, une
ateliers d’élevage.
restitution de la matière organique peut être réalisée en

33
Tableau 7. Résultats économiques d’ateliers d’élevage

34
35
MODALITÉS DE CONSERVATION
DES PRODUITS DU BANANIER

36
37
Chapitre 5

Modalités de conservation des produits du bananier


Les bananes commencent à mûrir de façon importante des pertes moyennes de matière sèche d’environ 13,5
une semaine après leur récolte quand elles sont et 33,9% pour la banane verte et mûre respectivement.
conservées à la température ambiante. L’ensilage et le L’ensilage de bananes mûres est donc déconseillé. 75%
séchage constituent les deux principales méthodes de des sucres du fruit mûr disparaissent avec l’ensilage
conservation de la banane pour faire face à des aléas (Tableau 8). Les teneurs en minéraux et en matières
d’approvisionnement, pour équilibrer les disponibilités azotées sont plus faibles dans l’ensilage de banane verte
et les besoins. comparativement au produit frais. Elles sont en revanche
plus fortes dans le cas de la banane mûre du fait d’une
augmentation du rapport Peau/Pulpe dans le produit
L’ensilage ensilé. L’augmentation de ce ratio, donc des fibres (NDF,
L’ensilage est une méthode de conservation à l’abri de ADF) entraîne une réduction de la valeur énergétique de
l’air et en milieu acide. Les fruits doivent être broyés l’aliment pour les monogastriques en particulier.
grossièrement. Il entraîne une augmentation de la
teneur en matière sèche de la banane verte et mûre. L’ensilage de banane est utilisable pour l’alimentation
Les concentrations en amidon et en sucre évoluent très animale un mois après sa réalisation. Il peut cependant
fortement. La totalité des sucres disparaissent quand la se conserver sur plusieurs mois si c’est nécessaire. Au
banane verte est ensilée, les sucres étant consommés dans moment du désilage, il faut procéder par tranches
les fermentations lactiques à la base de l’acidification successives afin d’avoir une section toujours nette et
de l’ensilage. L’ensilage de bananes mûres se réalise limitée.
directement avec le fruit entier. L’ensilage entraîne

Tableau 8. Effet de l’ensilage sur la composition de la banane (Chenost, 1976)

38
Ensilage mode opératoire
Faire un silo - tranchée ou silo – couloir (parpaing,
bois…). Le silo doit être long avec une largeur la plus faible
possible pour limiter les contacts avec l’air au moment de
l’ouverture du silo. Prévoir une pente pour l’évacuation
de « jus » de l’ensilage. Le volume du silo doit être calculé
en fonction des besoins journaliers prévisionnels. Il est
souhaitable que le contenu du silo soit consommé dans
une semaine.

Percer la bâche au point le plus bas du silo afin d’assurer


l’évacuation « des jus ».
Le silo peut être ouvert un mois après sa réalisation. La
bâche plastique est rabattue sur le « front d’attaque »
après chaque utilisation.

Le séchage
Le séchage est une technique visant à évaporer l’eau du
produit de manière à accroître la teneur en matière sèche
et faciliter la conservation. Le séchage artisanal est une
technique de conservation utilisée depuis très longtemps.
La banane verte ou mûre, coupée en cossette, est mise à
sécher au soleil pendant 2 à 3 jours. Le produit ainsi séché
Disposer une bâche à l’intérieur du silo. Les bords de est conservé tel quel à l’abri de l’humidité ou réduit en
la bâche doivent déborder largement pour pouvoir être farine.
rabattus une fois le silo plein.
Le séchage industriel remonte aux années 60. Les
techniques varient. Parmi elles, la banane mûre ouverte
hachée est séchée dans un système de tambours où circule
de l’air chaud. Cette technique n’est pas tributaire des aléas
climatiques mais a un coût énergétique élevé. Ce dernier
est estimé à 68 kg de fuel et à 25 KW par tonne de banane
fraîche. Dans le contexte local, la viabilité économique de
cette technique est conditionnée à l’utilisation d’énergie
renouvelable.

Broyer la banane, étaler la masse dans le silo et tasser


régulièrement par couche de 20 cm.
Rabattre la bâche plastique sur l’ensilage ainsi tassé en
s’assurant une bonne étanchéité. Au-delà de la technique de séchage elle-même, le choix
de la matière à sécher (régime entier, main de banane,
Disposer des charges (100 kg / m²) pour maintenir un pulpe de banane) se pose. Le choix détermine la
bon tassement. Le dépôt d’une planche de contre plaqué composition chimique du produit séché et affecte le coût
par exemple sur la bâche avant le dépôt des charges de production. A titre d’exemple, le séchage de la pulpe
facilite l’opération. plutôt que le fruit entier, permettrait d’obtenir un produit
de plus grande valeur énergétique mais l’épluchage de la
banane entraînerait un coût supplémentaire.

39
Conclusions

Q uelle que soit l’espèce animale considérée, la valeur énergétique de la banane fraîche est
5 fois plus faible que celle du maïs du fait de sa forte teneur en eau. La carence en azote
(protéine) est la principale contrainte d’utilisation de la banane. Des travaux d’amélioration
génétique ont été conduits sur les variétés de bananes cultivées pour l’exportation. Cela pourrait
impacter la valeur alimentaire des fruits. Le séchage de la banane permet d’améliorer sa qualité
nutritionnelle (valeur énergétique multipliée environ par 5 par kg de produit) et offre la possibilité
de stocker le produit sur de très longues périodes. Le coût énergétique d’une telle opération et les
moyens de la minimiser doivent être étudiés. Cependant, les rations à base de banane doivent, le
plus souvent, être complémentées en protéines. Les tourteaux de soja en particulier qui sont bien
équilibrés pour les principaux acides aminés, sont des compléments nécessaires pour une bonne
valorisation de la banane. D’autres ressources riches en protéines sont aussi utilisables, dont les
Ressources Non Conventionnelles (feuillages riches en protéines, pois..) principalement pour les
ruminants.

En plus des travaux sur les ressources du bananier, des innovations (organisation, technologies,
itinéraires techniques) sont à rechercher à l’échelle des bananeraies et/ou des territoires pour une
gestion optimale.

40
41
Références bibliographiques
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42
Contacts

INRA, Unité de Recherches Zootechniques


Domaine de Duclos - Prise d’Eau
97170 Petit Bourg Guadeloupe
Tel : 00(590)0590 95 59 41

INRA, Plateforme Tropicale d’Expérimentation sur l’Animal


Site de Duclos - Prise d’Eau
97170 Petit Bourg Guadeloupe
Tel : 00(590)0590 95 59 73

INRA, Plateforme Tropicale d’Expérimentation sur l’Animal


Site de Gardel - Gardel
97111 Moule, Guadeloupe
Tel : 00(590)0590 23 85 85

_____________________
Infographie : Gladys SAMSON
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Domaine Duclos - Prise d’Eau Tél. : 00 (590) 590 25 59 00
F-97170 Petit-Bourg Fax : 00 (590) 590 25 59 98
Guadeloupe (France) www.antilles.inra.fr

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