CHAPITRE I : ETUDE DESCRIPTIVE DES CONCEPTS
I.1 : LA PROBLEMATIQUE :
La problématique est la présentation d'un problème qui soulève une interrogation
qu'il faut résoudre.
La problématique pose la question à laquelle la dissertation doit répondre.
Incluse dans l'introduction, généralement vers sa fin, elle doit déterminer un cadre spatial
et/ou temporel.1
Afin d'être correctement construite, la problématique requiert d'être extraite de
l'énoncé, c'est-à-dire du sujet de l'épreuve. La problématique permet de rendre compte des
sous-entendus ou des postulats plus ou moins explicites de l'énoncé. Elle met en évidence
les liens logiques entre les termes du sujet.2
Elle se présente comme une réflexion sur l'énoncé à la forme interrogative.
Elle ne demande pas la définition d'un mot. Elle peut impliquer un travail
de reformulation qui peut être sous la forme d'un paradoxe. C'est une question complexe qui
demande d'être capable de conjuguer plusieurs informations, parfois divergentes, en les
justifiant, tout en restant neutre.
Et dans le cadre de notre travail, on soulève une question sur comment la mission se
comporte en pleine mondialisation.
Il sied de reconnaitre qu’aujourd’hui, alors que les Organisations
religieuse, les sectes les associations religieuse, les musulmans, témoins de Jéhovah font de
la mission l’une de leurs préoccupations majeures, les sociétés missionnaire et nos églises
évangéliques appelées à être « la lumière du monde », donc guides et modèles dans ce qui
est et constitue un maillon essentiel de leur raison d’être, s’en préoccupent peu et semble
être dépasser par l’évolution du mondialisme et ne savent comment s’adapter à cet effet.
L’église en particulier, machine principal de la mission est en général tournées vers des
activités purement spirituelles, basé sur la délivrance, le prophétisme et les prières sur le
1
Réussir ses plans de dissertation, Studyrama, 2005
2
Guy Frécon, Formuler une problématique: dissertation, mémoire, thèse, rapport de stage, Dunod, 2006
sujet purement social des gens confirmant ainsi les paroles de l’apôtre Paul: « …Tous en
effet, cherchent leurs propres intérêts, et non ceux de jésus Christ. »(PHILIP 2 :21).
Est-il raisonnable que l’Eglise, gagnée par l’amour du christ à la croix
n’arrive pas à répondre efficacement à cette recommandation de celui qui est mort pour elle
à la croix, et qui a par sa grâce investi en elle ce qu’il pouvait avoir de plus précieux, « le
saint Esprit »? Faut-il admettre passivement que l’Eglise, en se constituant résolveur des cas
sociaux seulement, prête le flanc à la persécution et au blasphème contre l’Evangile, qui est
le menu essentiel de son mandat pour le monde? Face aux différents problèmes sociaux qui
touchent la grande majorité de nos populations dont ses fidèles font partie, face à la
croissance fracassante de la population sur la planète terre, à la multiplication des religions
non chrétienne, à la modernité qui apporte plus les idéo contraire à la philosophie chrétienne,
quelles solutions pratiques l’Eglise, instrument principal de la mission propose-t-elle, après
déjà un siècle d’existence de la mondialisation pour une amélioration un tant soit peu, de la
conquête du monde? C’est ce questionnement qui nous a amené à nous pencher sur le
thème : « la problématique de la mission à l’ère de la mondialisation et évolution de la
technologie. »
I.2 : LA MISSION
La mission est définie couramment comme une charge donnée à quelqu’un pour
accomplir quelque chose. Mais dans le cadre de la théologie chrétienne, le mot mission est
en relation avec tout ce que l’Eglise accomplit. John Stott précise que « le mot mission
décrit plutôt tout ce que Dieu ordonne de faire à l’Eglise qu’il envoie dans le monde » 3.
Georges W. Peters de son côté renchérit que « la mission se réfère à toute la
responsabilité que la Bible assigne à Jésus-Christ, c’est un terme qui inclut les ministères de
l’Eglise vers le haut, à l’intérieur et vers l’extérieur. C’est l’Eglise envoyée dans le monde.
»4
L’étendue biblique de la mission de l’Eglise recoupe donc tout ce que Dieu a
ordonné à l’Eglise de faire dans le monde et / ou pour le monde.
3
John Stot, Mission Chrétienne dans le Monde Moderne (Vevey, Suisse : Editions des Groupes
Missionnaires, 1977), 38.
4
George W. Peters, A Biblical Theology of Missions (Chicago, USA: Moody Press, 1984), 11.
L’histoire de la mission, les chrétiens, en général, et les missionnaires en particulier,
se sont concentrés sur la tâche d'accomplir la mission telle qu'elle a été formulée
aux disciples de Jésus sans considération sérieuse de la manière dont la mission
est effectuée dans un espace et un temps donnés.
Il a été reconnu par Finkbeiner (1991 : 16) que le péricope final de matthieu 28 : 18-
20) est pleinement destiné à être le point culminant vers lequel se dirige tout l'évangile. En
reliant certains des thèmes les plus dominants de Matthieu, ces versets leur donnent une
nouvelle profondeur qui remonte et éclaire tout l'évangile. L'évangile de Matthieu se termine
par l'attente d'une mission et d'un enseignement continus. Les cinq sections précédentes se
terminent toujours par un bloc de l'enseignement de Jésus (Mt 3:1-26:5), mais la passion et la
résurrection de Jésus se terminent par une commission à ses disciples de continuer avec
ce même ministère à la lumière de la croix, le tombeau vide, et la justification
triomphante et l'exaltation du Seigneur ressuscité. Matthieu 28:18-20 est une charge donnée
par Jésus à ses disciples afin qu'ils puissent se reproduire continuellement aussi longtemps
que le Christ le désire.
Jésus charge donc les disciples d'aller faire des disciples de toutes les
nations en créant des communautés d'obéissance parmi les nations. « La mission est un
discipulat reproduit, appris par l'obéissance éthique et transmis par l'enseignement » (White &
Assimeng 2017 : 5). Au regard du cours de l’introduction à la mission AMC, on peut affirmer
que le modèle de faire des disciples peut intégrer les entités inséparables de l'évangélisation et
de la justice sociale dans la mission de l'église, tout en respectant la distinction entre elles.
Etant aussi un des objectifs visés dans ce travail, ce passage joue un rôle crucial en tant que
motif dans presque tous les rassemblements chrétiens, amenant les gens à se rappeler
l'importance de la mission et de l'évangélisation. En fait, ce passage fonctionne comme un
support voire un commandement permettant aux chrétiens de légitimer presque tous les
types de travail missionnaire afin de contraindre les non-chrétiens à devenir disciples de
Jésus.
Ce passage est un résumé soigneux des thèmes clés de l'évangile qui relient
la christologie, l'ecclésiologie et l'histoire du salut ou la sotériologie.
Matthieu 28 : 18-20 conclut non seulement le récit de la résurrection et le livre
de Matthieu dans son ensemble, mais résume également le message du premier évangile lui-
même. le nouveau statut du ressuscité.
Nous pouvons même affirmer dans ce travail que Mattieu 28 : 18-20 est importante
pour comprendre La Grande Commission et c’est même la «table des matières de la
grande commission».
La Grande Commission est chargée de proclamer l'évangile, ce qui implique
de prêcher la bonne nouvelle, de témoigner d'une expérience personnelle et d'une relation
avec Dieu, d'aimer efficacement son prochain par la puissance de l'Esprit Saint, et de
parcourir le processus de formation de disciple et de croissance pour devenir une église. (Voir
implantation de l’eglise)
Matthieu 28 : 18-20 doit être considéré et nous le considérons dans ce
chapitre où nous définissons la mission comme l'apogée de l'évangile, mais au-delà de cela, il
faut comprendre qu'il regarde plus vers l'avenir que vers le passé. C'est en d'autres termes, un
passage de transition qui conclut l'histoire de Matthieu sur le « Jésus historique » et pointe le
lecteur vers une nouvelle ère de mission universelle pour l'Église qui mène ses efforts sous la
protection du Christ ressuscité en plein mondialisation et évolution de la technologie.
L'évangile désigne Jésus comme la révélation finale, ultime et complète de Dieu.
Allez donc et faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père et
du Fils et du Saint-Esprit, La phrase toutes les nations souligne le caractère illimité de la
mission.
Voilà pourquoi nous devons parler et suggérons qu’il y’est aussi un cours sur la
mission social pour en fin atteindre tout la sphère de la mission. Aussi le disciplolat touche
aussi la vie sociale et produit la prospérité en lisant Esaïe 54 :13
BREUVE APPERCUE DE LA MISSION SOCIAL.
La mission sociale.
Le dictionnaire Hachette définit ce qui est social comme étant « ce qui est en rapport
avec la société, qui concerne la vie en société, qui concerne l’organisation de la société et qui
est relatif aux conditions de vie des hommes »5.
Nous définissons alors la mission sociale comme étant tout ce que Dieu a ordonné à
l’Eglise de faire pour le bien-être des hommes vivant en société. Cette mission sociale
implique la recherche du bien-être physique et moral de Lhomme. Dans sa mission sociale,
l’Eglise s’occupe donc des besoins alimentaires, sanitaires, éducationnels, économiques,
sociaux des hommes. Toutefois, à ce niveau, il sied de faire la distinction entre le « service
social » et « l’action sociale ».
- Le service social : c’est l’aide et le soutien matériel, financier, logistique,
moral, etc. qu’apporte l’Eglise en réponse aux problèmes des hommes.
- L’action sociale : c’est l’action qui vise à supprimer les causes des
souffrances des hommes par la mise en place des politiques et structures économiques,
sociales, sanitaires, éducationnelles, technologiques…susceptibles d’aboutir à l’amélioration
des conditions de vie de Lhomme dans la société et ce, de manière plus profitable.
Il est donc clair que la mission sociale de l’Eglise inclut les deux aspects :
Service et action. Elle vise tous les domaines de la vie de Lhomme dans la société.
« Un programme du développement communautaire est très cruciale pour
l’épanouissement de la mission globale » AP. ERICK MULENDA
Les fondements bibliques de la mission sociale de L’Eglise.
Dans cette partie qui complette la définition de la mission, il est question de
considérer les raisons bibliques qui soutiennent que l’Eglise a une mission sociale à
accomplir. Nous examinons brièvement la question tant dans l’ancien Testament que le
Nouveau Testament. Cette démarche est très importante dans la mesure où elle permet
d’établir une théologie biblique de la mission sociale de l’Eglise. Celle-ci orientera l’Eglise
dans ses activités missionnaires dans un monde en plein ébullition sur tout le plan.
Dans l’ancien Testament.
5
Hachette le Dictionnaire de Notre Temps (Paris, France: Hachette, 1991), 1451.
Dans trois aspects de l’enseignement de l’ancien Testament, nous pouvons noter
trois indices qui montrent la responsabilité du peuple de Dieu sur les questions relatives à la
vie sociale des hommes. D’abord le mandat donné à Adam. Ensuite, les lois prescrites au
peuple et enfin le message des prophètes.
Le mandat d’Adam
Le livre de Genèse nous montre que dans le mandat donné à Adam par Dieu se
trouve la responsabilité de prendre soin de la création et de la mettre en valeur : «
l’éternel Dieu pris Lhomme, et le plaça dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder
» (Ge. 2.15). Dans le jardin d’Eden, Dieu a aussi vêtu Adam et Eve : « l’éternel Dieu fit à
Adam et à sa femme des habits de peau, et il les en revêtit » (Ge.3.21).
Alors, nous voyons qu’à l’origine même de la vie humaine, le bien-être social de
sa créature était important.
Les lois.
Dans les lois qu’il a prescrites à son peuple, Dieu lui demande de prendre
particulièrement soin des personnes défavorisées dans la société, à l’instar des veuves, des
orphelins et des étrangers, puis d’exercer la justice sociale. Pour Michael Griffiths, « le
Lévitique et le Deutéronome démontrent que Dieu se préoccupe de toute la vie, de toute la
famille et prend soin en particulier des défavorisés : veuves, orphelins, immigrants et exige
la justice dans la société. »6 Mais nous devons remarquer que « dans la société Israélite où
les liens de parenté étaient très forts, les orphelins et les étrangers étaient très démunis : c’est
pourquoi l’ancien Testament légifère en leur faveur. »7
Ainsi, « l’ancien Testament manifeste le souci de justice sociale de l’éternel. » 8
Dans l’ancien Testament, les lois visaient le bien-être de toute la société. En effet, les
esclaves voyaient leurs corvées soulagées par le jour du Sabbat(De.5.14); ils se reposent
comme leur Maître(De.5.14). Lors de l’année sabbatique, ils étaient libérés et rentraient chez
eux (De.15.13-14).
6
Michael Griffiths, Eglise de Jésus-Christ, lève-toi pour ta mission (Vevey, Suisse : Editions des
Groupes Missionnaires, 1982), 94.
7
Ibid, 96.
8
Herald Lindsell, La mission de l’Eglise dans le monde (Vevey, Suisse : Editions Groupes
Missionnaires, 1968) ,263.
Le message des Prophètes
En général, les prophètes condamnaient l’injustice sociale et demandaient d’y mettre
fin. En effet, l’idée de la mission sociale se dégage de la vie et des enseignements des
prophètes. Osée a décrit la relation verticale, entre Lhomme et Dieu, comme « la
connaissance de Dieu » et a conseillé de la poursuivre, alors qu’Esaïe invitait Israël à
entretenir la relation horizontale, entre Lhomme et son prochain : « Recherchez la justice,
encouragez les opprimés. Défendez la cause de l’orphelin, plaidez le cas de la veuve »
(Es.1.7).
Dans le Nouveau Testament
Selon l’ancienne Alliance, Dieu a confié des responsabilités sociales à son
peuple. Que nous dit alors la Nouvelle Alliance sur ce sujet ?
Le modèle de Christ
Les Evangiles concentrent l’essentiel de leur substance sur les enseignements et le
ministère de Jésus-Christ, lesquels se caractérisent par le souci majeur de venir en aide à
humanité dans ses besoins. Howard Marshall résume l’enseignement de Jésus sur la mission
sociale de l’Eglise en six points :
1) Jésus s’est occupé de ceux qui physiquement étaient dans le besoin,
notamment en guérissant les malades, en nourrissant les affamés.
2) Il a cherché à rétablir dans la société ceux qui étaient marginalisés.
A ce sujet, son attitude envers les samaritains, les publicains, les prostituées et les
lépreux est tout à fait remarquable.
3) Il a enseigné que l’on doit s’occuper des pauvres. Cela transparait dans
les passages concernant le jeune homme riche, Zachée et la parabole du mauvais
riche et du pauvre Lazare.
4) Il a exhorté à prendre soin des plus faibles, condamnant au passage ce
qui était pour eux une pierre d’achoppement ou une occasion de chuter : nous le
voyons très clairement exprimer sa position à l’égard du divorce où il que l’on ne
doit pas séparer ce que Dieu a joint.
5) Il s’est opposé aux intérêts de classe, en particulier à ceux des hommes
de religion,
6) Son enseignement touchait aussi aux questions politiques, rappelant
aux hommes leurs devoirs envers l’État.9
Par ailleurs, dans l’ordre suprême donné à l’Eglise au chapitre que nous avons
décortiqué (Mt. 28. 19-20 nous voyons transparaître la responsabilité sociale de l’Eglise).
Selon ce que l’Evangile de Jean rapporte (Jn.20.21, 17.18), la mission de l’Eglise doit être
calquée sur celle accomplie par Christ. Certes, Christ est venu dans le monde (Lu.19.10,
Jn.3.16) pour sauver les âmes. Il n’en demeure pas moins qu’il a enseigné de prendre soin
de son prochain. Etant notre modèle en tout et particulièrement pour la mission, nous
devons suivre son exemple, car les Evangiles révèlent combien il est difficile de séparer son
enseignement des actes qu’il posait (Mc.10.45 ; Lu.2.27). A ce même sujet, John Stott
renchérit : « La responsabilité sociale est non seulement une conséquence de l’ordre
missionnaire, mais elle en fait partie au même titre que l’ordre d’annoncer l’Evangile, sans
quoi nous sommes capables de déformer le sens des paroles de Jésus. »10
Le modèle de l’Eglise primitive (30-95) après J.C
L’Eglise primitive avait très bien compris comment l’évangile devait répondre aux
besoins de l’être tout entier. Les premiers chrétiens ont compris et vécu la notion de
l’engagement social. Ils étaient engagés à la fois dans la proclamation de la bonne nouvelle
(évangélisation) et dans la réponse aux besoins des uns et des autres (action sociale) :
témoignages de Jacques (Ja.2.15-16), de Paul (Ga.2.9-10, Ac.20.35, Ac. 9 :36, Ro.15.25-
27). Dans l’Eglise primitive, il y avait une forme de communautarisme où les plus riches
apportaient leurs biens et les mettaient au service de l’Eglise pour une forme de partage
équitable. Le communautarisme est différent du communisme qui avait des forces et des
faiblesses. Le communisme n’a pas favorisé le monde parce que Dieu n’était pas au centre
de ce dernier.
Le social dans la mission générale de l’Eglise.
9
Howard, Marshall (The Implications of Christ’s Teaching and Ministry. N. l.: Christian Graduate,
1964) ,35 : cité dans Michaël Griffiths, Eglise de Jésus-Christ, lève-toi pour ta mission (Vevey, Suisse :
Editions Groupes Missionnaires, 1982), 97-98.
10
John Stott, Mission chrétienne dans le monde, 28.
Ayant prouvé que Le monde en pleine mondialisation a aussi besoin d’une mission
d’ordre social, nous souhaitons montrer que la mission de l’Eglise est une mission
holistique, et dégager la relation qui devrait exister entre la mission d’évangélisation de
l’Eglise et sa mission sociale.
Le fondement biblique de la mission holistique
Lorsque nous parlons de la mission holistique il est question d’une mission qui prend
en compte Lhomme dans son ensemble : corps, âme et esprit. Ce que confirme également le
cours d’introduction à la mission AMC. Ainsi, rechercher le fondement biblique de la
mission holistique revient à rechercher les vérités bibliques qui soutiennent que la mission
assignée à l’Eglise est holistique.
John Stott révèle trois arguments qui soutiennent cette assertion: « Le caractère de
Dieu, le ministère et l’enseignement de Jésus-Christ, enfin la communication de l’Evangile.
»11
En effet, premièrement, la Bible nous enseigne qu’en tant que créateur et
rédempteur, Dieu s’intéresse au bien être total (physique, émotionnel et spirituel) de
Lhomme. Pour cela, il recherche non seulement le salut de tous ceux qui sont séparés de lui,
en les appelant à la repentance, afin de recevoir son pardon et tout ce qui s’y accompagne,
mais également il prend soin des défavorisés en condamnant la tyrannie et en souhaitant la
justice sociale. Ce caractère de Dieu transparaît de la Genèse à l’Apocalypse comme un «
motif missionnaire», notamment dans les lois, le message des prophètes au peuple de Dieu
dans lesquels il lui demande de l’aimer, de le servir, de lui obéir tout en aimant son prochain
comme soi-même (Mc.12.28-31).
Ensuite, la Bible nous montre qu’il existe une relation étroite entre l’annonce de
l’Evangile et l’accomplissement des œuvres de charité. Jésus manifestait non seulement son
désir de sauver les hommes de la séparation éternelle avec Dieu, mais également de les
sauver des souffrances actuelles. Il a recommandé à ses disciples d’en faire autant.
11
John Stott, Le chrétien à l’aube du XXIe siècle Vol.2 (Québec,Canada : Editions La Clairière, 1995),
130-137.
Enfin, l’annonce de l’Evangile est d’abord verbale, mais pour parler avec beaucoup
plus d’acuité de l’amour de Dieu, il faut poser des actes.
C’est pourquoi, J. Verkuyl, dans son commentaire sur le service socio-médical de
l’Eglise affirme que « partout dans l’ancien et le Nouveau Testament, la connexion entre la
parole et l’action ne ressort dans une expression claire que dans la proclamation et la
guérison.»12
Dans le même ordre d’idée, Michaël Griffiths écrit que :
Pour obtenir des résultats dans ces activités, ceux qui prêchent doivent
prouver l’effet de l’Evangile du Christ sur leur propre vie. Ceux qui enseignent aux
autres l’obéissance à tous les commandements du Christ, doivent s’appliquer déjà
eux-mêmes à les observer tous, et non seulement le dernier.13
Raison pour laquelle, nous ne saurions rester indifférents aux besoins de ceux à qui
nous apportons l’Evangile du salut en Jésus-Christ.
Ainsi, la mission assignée à l’Eglise est une mission holistique. Elle inclut aussi bien
la proclamation de l’Evangile que la responsabilité sociale de l’Eglise. Négliger un aspect
c’est aller à l’encontre du prototype que le Seigneur Jésus a laisser à son Eglise. Une Eglise
qui veut accomplir fidèlement la Missio Dei dans un monde en plein ébullition doit
s’engager dans les deux domaines de la mission de manière indissociable et permanente.
Relation entre l’évangélisation et le social
Parlant de la relation entre l’évangélisation et la mission sociale de l’Eglise, trois
conceptions existent. D’abord, celle qui affirme que la mission sociale de l’Eglise est une
conséquence de l’évangélisation.( les traditionnels) Ensuite, celle qui conçoit la mission
sociale de l’Eglise comme un moyen d’évangélisation (l’eoquimenisme). Enfin, celle qui
12
J. Verkuyl, Contemporary Missiology: an Introduction (Grand Rapids, Michigan, USA: William B.
Eerdmans Publishing Company, 1987), 212.
13
Michael Griffiths, Eglise de Jésus-Christ : lève-toi pour ta mission (Vevey, Suisse : Editions des
Groupes Missionnaires, 1982), 104.
pense que Mission sociale de l’Eglise et Evangélisation travaillent comme partenaires dans
la mission générale de l’Eglise (holistique).
Ayant prouvé d’après le paragraphe précédent que les deux aspects de la mission
sont inséparables, et sachant qu’il y a des moments où la misère sociale d’une personne est
si grande qu’il est improbable qu’elle comprenne le message de l’Evangile qui lui est
présenté, le rapport qui devrait exister entre ces deux aspects est ou doit être un rapport de
partenariat et ils doivent marcher ensemble de peur que la mission ne soit étouffer par
d’autre organisation non gouvernementale tel que les ONG, LES PARTIS POLITIQUE etc,
qui d’ailleurs semble être de plus en plus proche de l’homme à l’ère de la mondialisation.
Concernant cette relation, John Stott pense que la mission sociale de l’Eglise ne vise pas
seulement les non-croyants, mais également les croyants nécessiteux. Il est donc normal que
l’Eglise en mission fasse du social qui n’a aucun lien avec l’évangélisation.
De surcroît, les actions évangéliques menées par la mission n’ont pas toutes une
connotation sociale, que ce soit dans leurs démarches, dans leurs activités voire dans leurs
buts. Toutefois, le salut éternel des âmes ne doit pas nous dérober de notre responsabilité au
sujet du bien-être social des hommes dans le monde. Concernant ce rapport, John Stott pense
que :
En tant que partenaires, elles s’appartiennent mutuellement et restent
cependant indépendantes l’une de l’autre. Chacune tient d’elle même sur ces propres
pieds et dans son propre droit à côté de l’autre. Ni l’une, ni l’autre n’est un moyen au
service de l’autre, ni même une manifestation de l’autre. Car chacune est une fin en
elle-même.14
Par ailleurs, John Stott affirme ce qui suit : « Aucun des deux n’est une excuse pour
l’autre, un déguisement pour l’autre ou un moyen en vue de l’autre. Chacun est par lui-
même une expression de l’amour chrétien. Tous les deux doivent figurer au programme de
chaque église locale »15.
Pour clore cette partie sur la définition de la mission, nous disons que le monde a
besoin d’être touché en totalité. La mission pour qu’elle soit mission doit couvrir tous les
aspects de la vie de l’homme et aussi enfin de répondre efficacement aux besoins de
l’homme (AME, ESPRIT et CORPS).
14
John Stott, Mission chrétienne dans le monde, 34.
15
John Stott cité dans Michaël Griffiths, Eglise de Jésus-Christ : lève-toi pour ta mission 122.
« La mission englobe les tâches de proclamation, de service et de défense
de la justice. En tant que proclamation, la mission est l’effort que fait chaque
chrétien(ne) pour raconter et interpréter l’Évangile dans son contexte afin de
révéler l’action salvatrice de Dieu et sa présence réelle dans le monde. En tant que
service, la mission met en lumière la dimension diaconale d’une foi active dans
l’amour, qui travaille pour la dynamisation et la libération des personnes
démunies. En tant que défense de la justice, la mission désigne la praxis de l’Église
dans la sphère publique en tant qu’affirmation et réaffirmation de la dignité de la
vie humaine, au niveau tant de l’individu que de la société, ainsi qu’une justice
étendue aux domaines économique, social et écologique. » (Rapport p. 20)
Pour le Colloque, la transformation constituait un impératif de la mission. Cette
compréhension de la mission en tant que transformation tant de l’individu que de la société
approfondit la dimension de dynamisation du service en tant que diaconie. la mission conçue
comme transformation lance à l’Église le défi de se transformer elle-même afin de devenir un
instrument de transformation dans le monde.
‘Le salut est pour tout l’homme et tout homme’ Ev. David Nday
Le salut n’épargne aucun aspect de la vie de l’homme’ Ap. Erick Mulenda
I.3 : LA MONDIALISATION
La mondialisation est devenue de plus en plus populaire au cours de la
dernière décennie. Aujourd'hui, il est courant d'appeler le monde un village global, d'utiliser le
terme de réchauffement climatique pour décrire le changement climatique mondial et de
parler des entreprises multinationales comme des acteurs mondiaux.
La mondialisation est devenue non seulement un mot à la mode dans les
sciences politiques, économique, la sociologie et d'autres disciplines, mais aussi un slogan
pour les politiciens, les hommes d'affaires et les journalistes.
En tant que concept théorique, la mondialisation est assez récente. La plupart de la
littérature sur la mondialisation a été publiée au cours des vingt dernières années. L'édition
1996 de l' Oxford Concise Dictionary of Politics (McLean 1996), ne le mentionne pas du tout,
tandis que l'édition 2003 lui consacre trois pages.16
Le concept de mondialisation est devenu partie intégrante des discussions au sein de
l'Église chrétienne en général et de ceux qui sont impliqués dans la mission en particulier. Au
cours des dernières années, les chercheurs chrétiens, les missiologues et les praticiens de la
mission ont montré un intérêt croissant pour la mondialisation et sa signification pour la
mission de l'Église.
En 2002, par exemple, Peter Heslam (2002), directeur du London Institute of
Contemporary Christianity et chargé de cours en études missionnaires à Ridley Hall
Cambridge a écrit une brochure intitulée Globalization – Unraveling the New Capitalism et
Cynthia Moe-Lobeda (2002) de l'Université de Seattle publié Guérir un monde brisé : la
mondialisation et Dieu. Un an plus tard, en juin 2003, la Commission des missions de
l'Alliance évangélique mondiale s'est réunie pour une consultation sur la mondialisation au
Canada (LCWE 2003), et le Forum de Lausanne 2004 pour l'évangélisation mondiale, qui a eu
lieu en Thaïlande, a examiné le même sujet sous le titre Opportunités et menaces à l'Evangile
générées par la mondialisation (LCWE 2004). Dans Connections, la revue de la Commission
Missions AEM, Richard propose la définition suivante de la mondialisation :
La mondialisation fait référence à l'interconnexion mondiale croissante, de sorte
que les événements et les développements dans une partie du monde sont affectés et
16
(Hurrell 2003 : 223-225)
influencent à leur tour d'autres parties du monde. Cela fait également référence à un
sens croissant d'un tout global unique.17
Bien que les chercheurs s'accordent à dire que la mondialisation concerne une
interdépendance mondiale croissante, il faut dire que cette définition semble trop simple car
elle ne dit rien sur les causes et les conséquences de la mondialisation et encore moins sur sa
chronologie ou échelle. Alors, comment définir au mieux la mondialisation en des termes
pertinents pour cette étude ?
1.3.1 Concepts de la mondialisation
La mondialisation est, comme le soutient I. Clark (2002 : 16) du Centre
d'études internationales de Cambridge, non seulement un thème contemporain saillant, mais
aussi un thème très controversé. Le sociologue allemand U. Beck (2001 : 19) appelle la
mondialisation « le mot-clé le plus rarement défini, le plus nébuleux et le plus incompris ».
Selon Scholte (:15-16), il existe cinq conceptions générales de la mondialisation, à
savoir l'internationalisation, la libéralisation, la mondialisation, l'occidentalisation et la
déterritorialisation, tandis que Held, McGrew, Goldblatt et Perraton (2003:2) distinguent trois
grandes écoles de la mondialisation, à savoir la les hypermondialistes, les sceptiques et les
transformationnistes. Il s'avère que les deux distinctions, comme nous le verrons, ont
beaucoup en commun.
3.1. 1. Les hypermondialistes et le marché libre mondial
Selon Held et ses collègues (Held, McGrew, Goldblatt & Perraton 2003 : 3-4),
les hypermondialistes voient la mondialisation avant tout comme un phénomène économique.
Ils la définissent comme une nouvelle ère dans l'histoire de l'humanité qui est dominée par une
économie mondiale, l'émergence d'institutions de gouvernance mondiale et la diffusion
mondiale et l'hybridation des cultures nationales. C'est une époque où les cultures
traditionnelles sont remplacées par une culture de consommation mondiale et où l'État-nation
perd du pouvoir et de l'influence, car il devient de plus en plus incapable de contrôler ses
frontières, c'est-à-dire la circulation des biens, de l'argent et des services. En d'autres termes,
17
Tiplady (2003a)
les hypermondialistes identifient la mondialisation avec la libéralisation économique et la
mondialisation.
Ce dernier est défini par Scholte comme « le processus de diffusion de divers objets et
expériences à des personnes aux quatre coins du monde »18.
Un exemple typique de définition hyperglobaliste de la mondialisation est celui de G.
Soros qui assimile la mondialisation « à la libre circulation des capitaux et à la domination
croissante des économies nationales par les marchés financiers mondiaux et les sociétés
multinationales »19.
3.1.2 Les sceptiques et le mythe de la mondialisation
Selon l'éthicien chrétien et missiologue P. Heslam (2004), « il existe un
consensus général sur le fait que la mondialisation économique contemporaine signifie
l'intégration croissante des économies nationales dans un marché mondial ».
Comme les hypermondialistes « les sceptiques s'appuient sur une conception purement
économiste de la mondialisation qui l'assimile avant tout à un marché mondial parfaitement
intégré ». Contrairement à la vision hypermondialiste, les sceptiques doutent de l'existence
réelle d'un tel marché mondialisé, et ils sont fortement en désaccord avec la notion de
disparition de l'État-nation, comme l'a notamment soutenu K. Ohmae (1996 : 5). ), qui qualifie
les États-nations traditionnels d'"unités commerciales non naturelles, voire impossibles, dans
une économie mondiale". Par conséquent, ils considèrent la mondialisation au sens
hypermondialiste comme un mythe. Au lieu de cela, la plupart d'entre eux préfèrent parler de
mondialisation comme de « niveaux accrus d'internationalisation » (Held, McGrew, Goldblatt
et Perraton 2003 : 5). Essentiellement, ils considèrent l'économie mondiale comme une
économie internationale, mais pas comme une économie mondiale pleinement intégrée. Il
s'agit plutôt d'une économie façonnée par des blocs commerciaux régionaux.
Entant que missionnaire, je peux affirmer de part ces définitions que, le monde
d'aujourd'hui est sans aucun doute beaucoup plus connecté qu'il ne l'était auparavant, mais que
l'ampleur du changement a été clairement sous-estimée par les missionnaires.
2.1.3 Transformationalistes et nouvelles entités spatiales
18
Scholte (2000 : 16)
19
G. Soros (2003:7)
La troisième approche de la mondialisation, mentionnée par Held, McGrew,
Goldblatt et Perraton (2003 : 7) est celle des transformationnistes. L'école transformationniste
soutient que la mondialisation « est une force motrice centrale derrière les changements
sociaux, politiques et économiques rapides qui remodèlent les sociétés modernes et l'ordre
mondial ».
Les transformationnalistes considèrent la mondialisation comme un processus
historique à long terme, dont les modèles contemporains de flux économiques, politiques,
écologiques, technologiques, culturels et migratoires sont historiquement uniques.
Contrairement aux hypermondialistes, les partisans de cette école croient qu'il existe de
nouveaux modèles de stratification mondiale dans lesquels certains pays, sociétés et
communautés s'intègrent de plus en plus dans un monde global tandis que d'autres sont de
plus en plus poussés au bord d'un nouveau régime mondial. Par conséquent, on ne peut plus
parler d'une division Nord-Sud classique mais il faut reconnaître que Nord et Sud, Premier
Monde et Tiers Monde se retrouvent dans la plupart des régions ou grandes villes du monde
(:7-8). M. Castells (2000 : 134) parle de « réseaux mondiaux de création de valeur et
d'appropriation de la richesse », auxquels les gens appartiennent ou n'appartiennent pas.
Pour en conclure avec la mondialisation, La plupart des hypermondialistes et des
sceptiques comprennent la mondialisation d'abord et avant tout en termes économiques. Au
cœur de leur compréhension se trouve la notion de marchés libres mondiaux pleinement
intégrés. La mondialisation est considérée comme le processus d'intégration des économies
nationales dans une économie mondiale par le biais du commerce international, de
l'investissement et de la main-d'œuvre. Si la mondialisation , ainsi conçue, est sans doute une
idée compréhensible, elle est aussi problématique. Il y a trois principaux points de critique.
Premièrement, la conceptualisation de la mondialisation en tant que processus
d'intégration économique internationale par le biais des forces du marché est tout sauf
nouvelle.
Deuxièmement, définir la mondialisation comme le processus par lequel « le monde
entier devient un marché unique », comme le fait l' Oxford Dictionary of Economics (Black
2003 : 197), revient à donner une définition très étroite. Une telle compréhension de la
mondialisation est en deçà des divers changements sociaux, écologiques et technologiques
que nous avons observés ces dernières années. Elle suppose qu'il n'y a qu'un seul processus
économique qui produit des interconnexions entre les économies nationales, alors qu'il existe
tout un ensemble de processus différents qui génèrent des interdépendances globales dans
d'autres domaines.
La troisième critique est étroitement liée à celle-ci. Les hypermondialistes
comme les sceptiques considèrent la mondialisation comme un processus simple, qui a sa
cause dans le capitalisme et qui aboutira soit à la disparition de l'État-nation, soit à
l'établissement de blocs commerciaux régionaux.
Donc si il nous faut comprendre la mondialisation aux regards de tout ce qui précède
nous dirons, la mondialisation c’est un phénomène d’ouverture des économies nationales
mondial, entrainant une interdépendance croissante des pays.
Comment la mission s’adapte dans un tel monde? Mal répondre ou manqué de réponse
à donner à cette question équivaut simplement à dire que la mission subit la mondialisation.
I.4 : LA TECHNOLOGIE
La technologie est une science des techniques, étude systématique des procédés, des
méthodes, des techniques, des instruments ou des outils propres à un ou plusieurs domaines
techniques, arts ou métiers. 20
Elle affecte la vie des gens et change la façon dont l'apprentissage, la réflexion et la
communication se passent mena. Il joue un rôle majeur dans la société, et maintenant c’est
très difficile d'imaginer la vie sans la technologie. Tous les deux la technologie et la société
sont co-liées, Co-dépendantes
I.4.2. Mission et défis de l’information technologique
L’évolution rapide dans le domaine des technologies de la communication et de
l’information a également une influence sur les contextes de la mission. Il faut aujourd’hui
que l’Église réfléchisse aux occasions stimulantes que ces changements font naître dans les
modes de vie et dans l’exercice de sa propre mission. Ainsi, la technologie de l’information a
complètement bouleversé la façon dont les gens communiquent entre eux, et aussi leur façon
de penser, de vivre, et finalement leur façon d’être. L’Église en mission doit trouver une
nouvelle manière d’être.
On voit déjà un peu partout dans le monde des Églises utiliser Internet de manière
créative dans leur mission (par exemple, l’Église « virtuelle » ou cybernétique pour atteindre
les personnes qui ne vont pas à l’église, ou les services de prière en ligne pour internautes).
Mais l’ampleur de la tâche à laquelle l’Église doit faire face est monumentale. Internet et
toute la panoplie des gadgets électroniques (jeux vidéo, dvd, Cd, etc.) sont souvent détournés
au profit d’une culture de la violence.
Tous ces objets affectent en profondeur la façon de vivre et de penser de leurs
utilisateurs (trices). Ils créent une dépendance, surtout parmi les jeunes. De plus, l’Église en
mission doit aussi prendre au sérieux le danger que représente la culture Internet pour
l’accomplissement des tâches relevant de la théologie, de la formation théologique et de la
préparation des baptisé(e)s à une vie de disciples et d’envoyé(e)s. C’est bien là qu’on trouve
les « extrémités de la terre ». Nous allons plus développer ce sujet au chapitre suivant.
20
Dictionnaire français