Analyse Technique et Fondamentale Boursière
Analyse Technique et Fondamentale Boursière
L'évaluation d'une société ne passe pas uniquement par l'analyse de son bilan et de son compte
de résultat. En plus de cette analyse comptable et financière viendront se greffer d'autres études
telles que l'analyse stratégique visant à déterminer par exemple le positionnement de la société
étudiée par rapport à ses concurrentes ou à son secteur d'activité, une étude de la politique des
ressources humaines dans l'entreprise, etc.
Des notions économiques seront aussi utilisées pour situer l'entreprise au sein de son
environnement concurrentiel, pour estimer ses perspectives de croissance en fonction des
marchés qu'elle aborde ou des investissements qu'elle réalise.
Nous le voyons, l'analyse fondamentale est trop souvent assimilée à l'analyse financière, en fait
son approche est beaucoup plus globale et au-delà des aspects comptables de nombreux
éléments interviennent dans la détermination de la valorisation théorique d'une société.
Ces études mettront en lumière la sur ou sous valorisation de la société étudiée. Avec ces
données en main nous pourrons alors décider d'investir en connaissance de cause.
Enfin, l'analyse fondamentale est une formidable source de culture d'entreprise, connaître les
sociétés, leurs activités, marges et produits, les stratégies mises en œuvre, etc. constitue un
apport intellectuel non négligeable.
Afin de rendre la démarche opérationnelle, les cours publiés sur ce site ne seront pas uniquement
centrés sur de l'analyse fondamentale pure et dure, mais introduirons en parallèle la gestion du
risque et la théorie du portefeuille.
Vous pouvez consulter notre cycle de formation à l'analyse fondamentale mais aussi la gestion
de portefeuille.
Si un concept vous échappait ou si vous vouliez aller plus loin et débattre des théories et modèles
présentés, n'hésitez pas à venir en débattre dans nos forums de discussion, nos nombreux
membres se feront un plaisir de vous accueillir et de vous répondre. Vous pouvez aussi poser
vos questions dans notre module de Questions / Réponses.
Analyse technique - Comment lire les graphiques boursiers ?
Les graphiques boursiers sont partout, dans nos journaux comme sur Internet. Impossible de les
ignorer. Il est vrai que la représentation visuelle de l'historique d'une action est de loin la plus
parlante; on peut lire sur un graphe le passé de la société, ses hauts et ses bas. De plus, bien
souvent, il est rassurant d'observer la courbe de l'action avant de prendre une décision.
Dans ce domaine, plus que dans tout autre, un dessin vaut mieux qu'un long discours. Suivez le
guide pour comprendre les graphiques boursiers.
La courbe continue
De tous les types de tracés, le plus simple est la courbe continue. Cette courbe représente les
cours de clôture de l'action pour chaque jour reliés entre eux par une ligne.
Cette représentation basique des cours d'un actif financier a le mérite de la clarté et de la
simplicité, par contre nous allons voir qu'elle apporte peu d'informations par rapport à d'autres
modèles. Au fil du temps, les investisseurs ont donc sophistiqué leurs tracés pour enrichir leur
apport visuel.
A la différence de la courbe continue qui ne nous apporte qu'une information sommaire, une
représentation en "bar chart" permet d'afficher sur un graphique plusieurs données de cours.
Traditionnellement on y trouve quatre informations distinctes pour chaque barre : le cours
d'ouverture, le plus haut et le plus bas de la séance ainsi que le cours de clôture. Ce type de
graphique est de loin le plus utilisé en analyse technique.
Comme nous le voyons sur le graphique suivant, le haut de chaque barre représente le cours le
plus haut atteint pendant la séance, le bas des barres est le cours le plus bas de la séance.
Le cours de clôture est représenté par le petit trait horizontal sur la droite de la barre, le cours
d'ouverture étant représenté à gauche suivant le même système.
Dans certains cas, plus rares, vous renconterez des "bar charts" qui ne représentent pas le cours
d'ouverture. Cela permet de faire des graphiques un peu plus épurés puisqu'on ne trace pas la
petite barre à gauche, mais on perd une information assez importante.
Cette technique nous vient du Japon. Elle est apparue au 18ème siècle où elle était utilisée
pour noter les prix du riz.
La méthode a été transposée aux marchés financiers et elle est fréquemment utilisée pour noter
les historiques de cours sur un graphique, en lieu et place d'une courbe simple ou de bar charts.
Comme pour les barres, les informations nécessaires à leur tracé sont au nombre de quatre: les
cours d'ouverture, de clôture, le plus haut et le plus bas de la séance.
A la différence des "bar charts", cette technique fait apparaître une notion supplémentaire; si le
cours a baissé pendant la période, le chandelier est noir, si le cours a monté, le chandelier est
blanc. Notons que plusieurs conventions peuvent être utilisées pour les couleurs des chandeliers,
ainsi au lieu du classique noir/blanc on peut trouver du rouge/vert.
Il existe d'autres formes de représentation graphique issues du modèle des chandeliers japonais,
comme les modèles "Heikin-Ashi" et "Hollow Candles".
Le volume est représenté sur le graphe des cours par des petits bâtonnets au bas du graphique.
L'échelle est alors différente de celle des cours.
Plus une barre est haute, plus les volumes de la séance ont été élevés. Cela permet de repérer
en un coup d'œil des pics de volume qui signalent bien souvent un événement particulier sur une
action (recommandation d'un analyste, publication des résultats, d'un communiqué, etc.)
Ainsi, avec ces conventions de représentation, nous pouvons obtenir de très nombreuses
informations sur un graphique sans qu'il ne soit trop lourd à lire. De nombreuses stratégies
basées sur l'étude des volumes et de leur flux ont d'ailleurs été développées par les traders.
Notez qu'il existe un modèle de représentation des cours original qui intègre les volumes en
mixant les deux informations. Il s'agit du modèle Equivolume dont nous vous invitons à consulter
la fiche pour tous les détails.
Analyse technique - Leçon 1 - Les lignes de tendances
Les lignes de tendances sont la loi de base de l'analyse technique. Quelque analyse que vous
appliquiez, vous devrez d'abord positionner et étudier soigneusement vos lignes pour déceler le
comportement d'un titre, savoir comment il évolue.
Ne pas le faire avant toute autre analyse peut entraîner des conclusions inexactes et nombre de
professionnels n'ayant pas fait ce premier travail de manière attentive passent à côté d'éléments
évidents. Travaillons donc ce point primordial. Je vous propose comme base de travail la courbe
des cours quotidiens de l'action IBM cotée à Paris.
Si l'on considère seule la courbe verte des cours, on constate simplement une croissance qui
semble s'accélérer sur les derniers mois.
Montrons maintenant cette première loi à laquelle sont soumises les courbes bondissantes des
actions, celle des lignes de tendance. Regardez la ligne A que j'ai tracée en rouge: elle rejoint les
plus hauts de la courbe des cours en plusieurs points. Pourquoi cette ligne peut être considérée?
Simplement parce que dès qu'une ligne rejoignant des sommets touche au moins trois points,
elle devient significative.
Comme par magie, les cours sont venus buter contre cette ligne rouge. La loi imposée par cette
ligne sur la valeur IBM a duré ainsi plus d'un an! Étonnant, non? Cette ligne de tendance s'appelle
une résistance. Plus les cours viendront buter dessus et plus elle sera confirmée et résistera aux
assauts des hausses.
A quoi cela sert-il donc? Eh bien, lorsque les cours arrivent enfin à traverser une résistance de
pareille force, cela signifie qu'un changement significatif existe et que lesdits cours ont accumulé
tant de force pour percer qu'ils vont continuer sur leur lancée pendant un certain temps. Dans cet
exemple, IBM est passé de 65 à 74 euros en moins de deux semaines.
Regardez maintenant l'autre exemple de la ligne B marron. Cette fois, B passe par des plus bas
extrêmes. Elle bloque net la chute des cours par cinq fois! Elle est donc très significative. Cette
ligne placée sur les plus bas se nomme un support.
Ce support a tout de même été percé en octobre. On aurait donc pu penser qu'il fallait vendre de
l'IBM, si on suit la loi inverse de percement de support, laquelle est aussi exacte.
Mais nous avions à faire à un cas spécifique! En effet, IBM a alors démarré au moment de ce
plus bas un rallye qui l'a mené 30% plus haut en guère plus d'un mois.
Quel est donc le truc par rapport à la ligne A de résistance? Bien simplement, la percée à la
baisse de la ligne B correspond à une dépression générale des marchés qui ont fait un crash
significatif. Le CAC40 est passé de 4400 à moins de 3000 en peu de temps à cette même période,
ce qui représente beaucoup plus en proportion que cette chute momentanée. Aucune valeur ne
résiste à une chute aussi forte et généralisée des marchés, mais cette valeur, de qualité
historique, a à peine été égratignée.
Par contre, la percée à la hausse qui a suivie -flèche rouge- correspondait à une hausse plus
tranquille des marchés. IBM a percé comme toutes les technologiques et il était beaucoup plus
probable que cette hausse continue bien au-delà de la résistance A.
On peut aussi trouver des lignes de tendance à l'intérieur des extrêmes. La ligne C en bleu en
est un exemple et s'est révélée significative lorsque les cours sont passés par là: Il est intéressant
de noter que pour trouver facilement ces lignes intermédiaires, il suffit de tracer une parallèle à
une résistance ou un support et de la promener au travers de la courbe. Ces lignes intermédiaires
sont très importantes pour évaluer le comportement des placements à court terme de quelques
jours. Mais ces traçages nécessitent une expérience assez longue, l'oeil devant se faire à cette
technique d'évaluation du poids significatif des lignes.
Enfin, les lignes horizontales représentant un niveau de cours ont aussi leur sens. Regardez la
ligne noire D. On constate que sur la droite, ce niveau de 50 environ a servi de garde-fou par
deux fois, alors que juste avant sur la gauche il a fonctionné comme une résistance plusieurs fois.
On pouvait alors dire qu'IBM ne pouvait désormais plus baisser au-delà de 50. L'achat était alors
sans risque.
Conclusion: Si vous faites de l'analyse technique en ignorant ce travail des lignes de tendance,
autant vous mettre à une autre occupation. Les fruits visuels apportés par ces lignes sont
tellement évidents qu'il est impossible de ne pas se plier à l'exercice. Alors, à vos courbes !
Analyse technique - Leçon 2 - Les moyennes mobiles
Les moyennes mobiles sont toujours citées par ceux qui pratiquent l'Analyse Technique.
Cependant, elles sont malgré tout souvent mises au second plan, au profit d'autres indicateurs.
Ceux-ci utilisent les moyennes mobiles pour leur propre calcul de tracés, comme la MACD
abordée dans la prochaine leçon.
Je persiste à dire que c'est une perte pour l'analyste débutant autant que confirmé: les moyennes
mobiles sont autant faciles à comprendre qu'expressives telles quelles et elles permettent ainsi
de bien sentir les lois de base du marché. Retrouvons ces lois de bases essentielles sur cette
même courbe du titre IBM qui nous a servi pour les lignes de tendance, mais complétée de
certaines moyennes mobiles.
La courbe en rose est la Moyenne Mobile Arithmétique des cours de clôture calculée sur 20 jours:
la MMA20. Elle se calcule en additionnant les cours des 20 derniers jours et en divisant le résultat
par 20. Ainsi, on a une idée de la valeur moyenne sur une durée de 20 jours.
Naturellement, on retrouve une courbe assez bougeant, mais dont les impulsions sont retardées
par rapport à la courbe des cours et dont les pointes sont aplaties et arrondies. Ce retard
correspond évidemment à la moitié des périodes prises en compte dans le calcul, d'où cette
impression de glissement des moyennes plus longues par rapport aux courtes. Utilité brute? A
peu près aucune pour l'instant!
Allons un peu plus loin. Traçons maintenant en bleu une moyenne mobile arithmétique sur 50
jours, la MMA50.
Même constatation: une courbe encore plus aplatie et encore plus en retard par rapport aux
cours. Sur 50 jours, on peut en déduire que les cours vont globalement en croissant puisque la
MMA50 est globalement haussière. Mais on aurait deviné cette tendance sans cette moyenne.
Croissance en hausse
Lorsque la moyenne courte MMA20 vient couper la moyenne longue MMA50 en passant au-
dessus de cette MMA50, alors la valeur entame un cycle de hausse, modifiant sa tendance
courte. Ainsi, au point A et au point B se retrouvent ces croisements de moyennes mobiles.
En octobre, on ne voit qu'une montée de plus des cours au croisement du point C, à priori simple
réaction au trou excessif survenu quelques séances avant. La probabilité est donc une montée
vers la ligne supérieure de résistance, ainsi que nous l'avons vu. On peut éventuellement penser
à se placer sans trop de risque, à priori, pour profiter du reste de hausse jusqu'à la résistance.
Un petit conseil au passage: lorsque l'on joue sur l'évolution des cours entre les lignes de
tendances - supports et résistances -, il faut choisir ses valeurs pour pouvoir positionner un
objectif aux environs de 10% et s'assurer de leur liquidité autant que de la sérénité du marché.
En-dessous d'une cible de 10%, le gain net sera minime du fait d'erreurs d'appréciations, des
frais de courtage, etc. Au-dessus, il s'agit souvent d'une exception. Mais en moyenne, ce jeu fort
simple à pratiquer en vaut la chandelle. D'autres indicateurs que les MM - Bollinger, volumes, etc.
- pourront vous aider à confirmer ces cycles de rebond entre les lignes de tendance.
Confirmation de croisement
Mais alors, qu'est-ce qui distingue le croisement d'octobre des précédents? On aurait pu aussi
se placer sur les autres?
De février à avril, pas vraiment! Les croisements ne sont pas confirmés par un écartement marqué
des MM20 et MM50. Mi-avril, l'écartement se confirme rapidement. On peut effectivement se
positionner. Mi-juillet, c'est trop tard, on est trop près de la résistance, les cours sont trop hauts.
Force de croisement
OK, mais comment distinguer les croisements, comment deviner d'avance où ils mènent? Le plus
intéressant est de loin la hausse sur le dernier croisement. Comment le détecter?
Il faut simplement trouver une astuce qui en mesure la force potentielle. J'utilise simplement
l'angle de croisement des deux moyennes mobiles. Observez bien les courbes rose et bleue:
l'angle le plus grand, le plus ouvert entre les deux moyennes mobiles est bien celui du dernier
croisement, celui de fin octobre. De même, la pente de hausse des deux MM au moment du
croisement est la plus forte montrant par-là que la valeur est en phase de hausse plus affirmée,
mieux établie.
Ce croisement arrive un peu tard au point C, les cours ne sont pas loin de la résistance. Mais il
fallait pourtant se placer à ce moment-là. La vitesse de changement des cours montrée par cet
angle de croisement était éloquente. Le franchissement de la ligne de résistance devenait alors
très probable et le risque de perte pratiquement nul puisque au minimum, la valeur allait rejoindre
sa résistance haussière.
Sur l'hésitation des cours, vous aviez plusieurs jours pour vous placer. L'élan était tel que la
MMA20 n'a pas fléchi pendant cette hésitation de croisement de la résistance. Et quelle raideur
de pente! Maintenant que vous avez bien examiné ce croisement, comparez-le avec les
croisements de MM précédents: Ils sont visiblement plus mous!
Deux parenthèses: Nous verrons plus tard qu'un indicateur, la MACD représente la différence
entre deux moyennes. D'une certaine manière, elle aide donc à visualiser ces états. Mais je la
trouve moins parlante de visu que les moyennes elles-mêmes pour un débutant. Il existe
également les moyennes mobiles pondérées et les moyennes mobiles exponentielles qui
donnent plus d'importance aux cours récents. Ne jouez pas directement avec elles, vous en
tireriez trop vite des conclusions optimistes à la fiabilité douteuse. Comme pour la MACD, je les
conseille après une expérience plus longue des moyennes arithmétiques et souvent associées à
d'autres indicateurs.
Juge de paix
Le juge de paix est la tendance, sur laquelle j'ai suffisamment insisté à la leçon précédente. Vous
en avez une première image par vos tracés de lignes de tendance. Ces lignes forment un couloir
à la hausse, certes. Mais ce couloir possède une droiture sans nuance. Une autre image de la
tendance que l'on peut utiliser avec profit est celle donnée par une moyenne mobile sur une
période beaucoup plus longue que celle de la MMA20 ou de la MMA50.
J'ai tracé en vert la MMA150, donc sur 150 jours, soit 30 semaines. Cette courbe est lente car
elle intègre beaucoup de cours.
De février à avril, elle est plate: pas de tendance à la hausse. De mai à mi-octobre, elle croît. La
tendance est donc passée à la hausse sur cette période. Mais fin octobre, elle change encore
pour amorcer une montée plus franche. Cette inflexion discrète au départ, ce coude difficile à
détecter est très important car l'infléchissement représente un changement de tendance de poids,
de portée supérieure à la période écoulée! Elle montre ici une accélération de la hausse et appuie
un positionnement net à l'achat!
Reste une question d'importance: comment choisir la période des deux MMA dont on utilise les
croisements? Pour la moyenne courte, essayez de choisir une MM qui serve de support à la
correction d'une remontée franche arrivant après un plus bas. Par exemple, le 13 octobre, le
cours vient se poser sur la MM20. Pour la moyenne longue, multiplier la courte par deux, environ.
Dans notre cas, une MM40 n'avait pas la même franchise, d'où mon choix pour la MM50, par
ailleurs souvent employée avec la MM20. Essayez de ne pas dépasser 4 comme multiplicateur,
sinon vous risquez fort d'arriver en dehors de la bataille.
Conclusion
Pas facile malgré tout, car si vous testez à la lettre ce que je viens de vous dire, vous trouverez
des contre-exemples. Il y en a toujours en bourse. Cependant, je les classerai en trois cas :
- Soit la valeur fait l'objet d'un marché étroit. La capitalisation boursière n'est pas assez importante
et l'échange de quelques dizaines d'actions par jour suffit à provoquer des changements reflétés
dans la moyenne courte. L'analyse technique ne s'applique que difficilement à ces valeurs un peu
folles. Les valeurs du marché au comptant en sont pour la plupart des exemples.
- Soit la valeur a sa propre personnalité, à côté du marché. Dans ce cas, il faut choisir des valeurs
de MMA différentes pour trouver la bonne fréquence de vie du titre. Gardez alors toujours un
delta du simple au double au minimum pour vos MM de croisement sinon les tracés de MM seront
trop proches. Quant à la MMA "juge de paix", elle peut varier de 100 à 200 selon les longueurs
des phases du titre analysé.
- Soit la valeur est hors normes. C'est souvent le cas de valeurs qui évoluent dans des marges
étroites et restent stables pendant un long moment avec des fluctuations légères, aucune
tendance forte ne parvient vraiment à se dégager. On dit ici que la valeur est dans un canal de
consolidation. Dans ce cas précis, une seule loi pour l'instant: les lignes de tendances qui
indiqueront la sortie réelle de la consolidation!
Analyse technique - Leçon 3 - La MACD
Nous avons appris que les moyennes mobiles permettent de détecter de visu les changements
en cours, souvent plus finement que les puissantes lignes de tendance. Mais on peut rester
circonspects sur cette histoire d'angle entre des MM différentes. Il faut donc un outil qui aide à
visualiser ce croisement et même qui essaie de détecter plus tôt encore un changement.
Cet outil s'appelle MACD, abréviation de Moving Average Convergence Divergence dû à Gerald
Appel, publicateur de "Systems and Forecasts". Revenons encore au titre IBM dont vous
connaissez les astuces de détection par les lignes de tendance et par les moyennes mobiles.
Abordons-le maintenant sous l'angle "MACD".
Calcul
La MACD est simplement la différence entre deux Moyennes Mobiles Exponentielles de périodes
différentes. On emploie couramment les périodes de 12 et 26 jours pour ces MME (E pour
Exponentielle).
Sur la figure, la MACD est placée sous le graphique, elle est tracée en bleu et reflète donc la
différence d'une Moyenne Mobile Exponentielle sur 12 jours avec une autre sur 26 jours.
On observe également une deuxième courbe (en rouge), il s'agit du signal de la MACD qui est
simplement une moyenne mobile exponentielle à 9 périodes de la MACD et que nous utiliserons
pour se servir de cet indicateur.
Sous l'indicateur MACD, on a ajouté un histogramme de MACD pour avoir une autre vision. Cet
histogramme qui affiche la différence entre la MACD et sa courbe de signal permet deux choses.
D'une part il matérialise l'amplitude de l'écart entre les deux courbes et d'autre part il matérialise
clairement les croisements. Quand l'histogramme est bleu, la MACD est au-dessus de son signal
et quand il est rouge, c'est l'inverse.
Pourquoi Les Moyennes Mobiles employées sont exponentielles? Pour donner plus d'importance
aux cours récents dans la courbe, donc lui donner un dynamisme plus sensible aux changements.
Comment se sert-on de la MACD ?
Le moyen défini par son inventeur est de visualiser les points où la MACD coupe sa ligne de
signal, la MME9.
Vous avez compris le croisement inverse: il montre donc un point de vente. Le point 2 montre le
percement de la MME9 par la MACD, qui indique de vendre la valeur. Dans ce cas, IBM a
tendance à baisser dans une phase dite de consolidation.
Voici ce qui fait le succès de la MACD: le signal arrive encore plus tôt que la détection par
croisement des MMA20 et MMA50 de la dernière leçon. Mais cela en fait aussi le danger, car
retenez bien que plus un indicateur signale tôt, plus il a tendance à se tromper. Il faut donc
travailler la MACD avec d'autres artifices pour confirmer sa validité.
On constate également que plus la MACD s'éloigne de sa ligne de signal, plus la tendance en
cours est forte. Ce qui signifie que si vous êtes placés à la hausse sur la valeur depuis le
croisement au point 1, vous pouvez laisser courir, même si une hésitation se forme
momentanément dans les cours. En effet, ces hésitations ne sont que les imitations de celles que
l'on voit plus à gauche courant août.
L'inverse est ce qui va nous servir à détecter un changement de tendance, c'est-à-dire que
lorsque la MACD va se rapprocher de sa ligne de signal, c'est qu'il y a un basculement qui se
prépare. Le 6 et le 20 novembre, le rapprochement de la MACD avec sa ligne de signal prévient
qu'il pourrait y avoir un prochain changement de tendance. Ces creux sont typiques de l'alerte
qu'envoie la MACD. Dans notre cas, la charnière se situe exactement début décembre, au point
2.
La MACD a changé de sens plus nettement, se rapproche de sa ligne de signal pendant plusieurs
séances et coupe franchement sa ligne de signal. Mieux vaut sortir rapidement que brûler tout-à-
coup le bénéfice acquis.
Une règle de validation vient s'ajouter à cette règle de base. Lors du croisement de la MACD
avec sa ligne de signal, on ne rentrera que si la MACD et le signal ont été du même côté pendant
un minimum de 14 séances que l'on compte à l'envers en comptant le jour du croisement. Ce
minimum permet de s'assurer que l'on était dans une situation suffisamment stable pour que le
croisement de la MACD avec sa ligne de signal ait du sens.
Notre cas précis ne compte que 8 barres en remontant depuis le point 1 vers la gauche. Il n'est
en principe pas valide! Cependant, le rallye haussier a été quand même spectaculaire. Cela
signifie que la MACD doit être confirmée par d'autres indicateurs. Si on se réfère à la leçon 1 sur
les tendances, la rupture de la résistance signalée sur la figure est un bon indicateur, mais tardif
au point de constituer à lui seul un indicateur signifiant la poursuite de la hausse. Le croisement
des moyennes mobiles (leçon 2) arrive plus tôt et confirme la probabilité de hausse.
Analyse technique - Leçon 4 - Les bandes de Bollinger
John Bollinger est un américain toujours très actif, grand organisateur de séminaires et autres
publications autour de sa fière découverte. Les bandes de Bollinger ont rejoint l'arsenal
maintenant classique du parfait analyste. L'utilité de cet indicateur est démontrée, étudions-le.
Construction
Les bandes de Bollinger sont deux lignes placées à distance fixe au-dessus et au-dessous d'une
moyenne mobile donnée, formant un canal.
Elles permettent de savoir quand les cours s'éloignent trop d'une moyenne en prenant en compte
la volatilité. Lorsque les cours sortent par exemple de la bande supérieure, on peut dire que la
valeur croît avec force. L'inverse pour la bande du bas.
Plus les cours varient vite dans les deux sens, plus les bandes s'écartent. Vous connaissez
désormais bien le titre IBM, continuons avec.
Utilisation
Ainsi, on voit ici que fin octobre, l'écart des deux courbes orange de la Bollinger était deux fois
plus grand que fin septembre. Et de fait, la volatilité sur 20 jours (période de calcul des bandes)
était importante fin octobre, au moment où la valeur était sortie de son sommeil.
Les changements de prix majeurs ont tendance à se produire après un resserrement des
bandes. On voit bien que les courbes orange se resserrent aux points A, B et C, avertissant
qu'un changement allait se produire. Aucun n'a raté! Il reste néanmoins difficile de savoir
quand exactement parce que les bandes peuvent encore se resserrer plus! Mais on peut
faire confiance au début de l'écartement qui suit parce qu'il indique le moment du
changement attendu.
Attention cependant: les prix ont une fâcheuse tendance à ne pas partir dans le bon sens
au sortir d'un étranglement des bandes. Mais ils reviennent rapidement donner raison à la
prévision.
Quand les prix sortent assez nettement d'une bande, une poursuite de la tendance
s'ensuit. Par exemple, lorsque les prix sortent de la bande au point C pour la suivre à
l'extérieur, c'est que cette hausse est confirmée. De fait, les deux séances qui ont suivi
poursuivent la hausse presque verticale.
Au point 1 sur la figure, les prix font un petit bas à l'extérieur de la Bollinger inférieure puis
un petit haut à l'intérieur cette fois-ci. Cette caractéristique est très puissante pour signaler
le début de la hausse.
L'inverse est vrai aussi. Le point 2 montre la figure inverse qui signale cette fois-ci une
baisse. On constate une hausse également à l'extérieur puis une baisse dont la réaction
est à l'intérieur. Dans ce cas, la chute n'est pas importante simplement parce que la
tendance de la valeur est globalement haussière.
Enfin, un mouvement des cours qui a son origine sur un bord de bande a toujours tendance
à aller sur l'autre bord de l'autre bande. Ca a été le cas en 1. Et presque complètement en
2: la tendance fortement haussière a empêché la fin de ce pronostic. Ceci est pratique
pour deviner l'évolution de prix à attendre. Ainsi en 1, on a rejoint le bord de bande d'en
face en 8 séances sans que ce bord n'ait vraiment eu le temps de changer de niveau. On
savait alors combien on allait gagner!
Conclusion :
Côté réactivité, on ne peut guère mieux. Nous tenons là l'indicateur le plus prompt à réagir,
comme l'a prouvé le point fléché 1. D'où le succès de cette Bollinger très voyante dans les
marchés à tendance.
L'écartement et le resserrement des bandes de Bollinger est parfois délicat à juger visuellement.
Pour cette raison, le graphique ABC Bourse propose un indicateur secondaire appelé "Bollinger
bandwith".
Ce dernier est une mesure de l'écartement des bandes. Il offre ainsi une aide précieuse pour voir
les extrêmes des écarts que l'on peut constater en un coup d'oeil.
Analyse technique - Leçon 7 - Le R.S.I.
Contrairement à la force relative qui compare les valeurs entre elles, le RSI est plutôt un indicateur
de la force interne d'une valeur. Le calcul du RSI crée un rapport entre les moyennes des hausses
et les moyennes des baisses. Un peu comme si pour une période, nous ajoutions les bougies
blanches de hausse - voir leçon précédente - et que nous comparions ce résultat au total
équivalent de bougies noires.
En cela, le RSI reflète bien la vitalité des hausses relativement aux baisses. Ceci est toujours
pour la période considérée que l'on prendrait identique pour les chandeliers et pour le RSI.
Voyons l'aspect que prend notre RSI en période journalière, en le traçant en bleu sur les cours en
vert de notre titre IBM usuel que l'on garde comme cas école type. Notre période reste donc la
journée pour cette leçon.
Welles Wilder qui a créé cet indicateur en 1978 recommande d'utiliser un RSI sur 14 jours.
Cependant, il s'avère à l'usage que le RSI sur 9 jours améliore la visibilité des signaux alors que
celui sur 25 jours pondère les bondissements du RSI. Les analystes travaillent donc beaucoup
avec ces deux périodes. Mais nous avons gardé l'original de 14 jours de W. Wilder pour des
raisons de facilité de lecture de cette leçon. Et nous constaterons que sur 14 jours, le RSI est loin
d'être faux ou même seulement démodé!
L'analyse du RSI est basée sur la constatation de divergences entre lui-même et les cours. Ainsi,
lorsqu’un titre conquiert de nouveaux sommets et que le RSI n'arrive pas à créer lui-même un
sommet plus haut que le précédent (appelé failure swing), on peut estimer qu'un retournement
se prépare. Détaillons avec Welles Wilder qui indique cinq points majeurs pour l'utilisation du RSI
:
Le RSI atteint ses sommets ou ses creux avant la valeur elle-même. Plus précisément,
cela signifie que le RSI qui dépasse le seuil des 70 envoie une alerte, précisant que la
valeur va faire un autre sommet majeur, lequel sera probablement le dernier avant
retournement.
Ainsi, à la flèche rose en A sur le graphique, le RSI dépasse la ligne 70 prévenant qu'un
seuil d'épuisement de la hausse est atteint. Le point E reflète aussi ce phénomène,
provoquant sans grand délais une nécessaire consolidation.
Le RSI forme des figures de style similaires à celles qu'un tracé de cours pourrait faire, par
exemple un "têtes et épaules".
Il arrive donc que le RSI forme des figures qui n'apparaîtront pourtant pas sur la valeur
elle-même, mais dont les conséquences seront tout autant significatives que si elles
avaient été formées par les cours!
Lorsque le RSI dépasse un précédent plus haut ou descend plus bas qu'un précédent plus
bas, il y aura un probable retournement des cours.
Ainsi, au point G à droite, la ligne grise constitue un support qui est percé par le RSI
signifiant un possible changement.
Il arrive que le RSI perce un support ou une résistance tracée sur le RSI lui-même, alors
que l'on ne détecte pas cette situation sur le tracé des cours.
Au point D, la résistance bleue du RSI est percée deux fois, la deuxième arrivant 7 séances
en avance par rapport au franchissement de la résistance des cours!
Comme indiqué plus haut, Le RSI ne parvient pas à dépasser le sommet précédent, alors
que les cours y parviennent. Lors de ce sommet-là, il convient de liquider tout ou partie de
sa position car le retournement est probable, car annoncé par notre RSI.
L'inverse est vrai aussi: un plus bas des cours alors que le RSI fait un bas moindre que le
précédent est significatif d'un retournement des cours. Tentez de tracer vous-même ce
cas dont un exemple existe à hauteur du point D.
Remarques :
On constate que le RSI donne de bien meilleurs résultats sur des valeurs de trading plutôt que
sur les valeurs cycliques, c'est à dire sur des valeurs évoluant selon les fondements de la société
plutôt que selon les humeurs de marché.
Le RSI peut être utilisé pour le trading en mode "temps réel", c'est à dire sur les cours en journée,
autrement appelés "Intraday". La période du RSI se définit alors grâce à deux paramètres. Le
premier, qui correspond à la période de base, détermine la tranche de temps en secondes à
prendre en compte pour le tri des données à traiter. Le second paramètre (nommé "carré")
détermine le nombre de périodes de base sur lequel va s'effectuer les calculs. On aura un RSI
dont la durée sera le produit des deux paramètres.
Exemple : Un RSI (13) temps réel sur une période de 60 secondes (période de base = 60) avec
un intervalle de cotations à 13 (carré = 13) revient à représenter un RSI à 13 minutes.
Conclusion: Le RSI est un indicateur puissant, il permet au même titre que d'autres indicateurs
de momentum de détecter les changements. Mais son calcul par comparaison des écarts moyens
des hausses par rapport aux baisses lui apporte un comportement qui en fait un indicateur distinct
utilisé largement.
Les figures classiques - Les gaps ou fossés
Ce genre de figure est l'une des plus courante de l'analyse technique et l'une des moins
expliquée, car elle est trop banale. Ce cours va reprendre en détails tous les cas de figure
impliquant les gaps.
Tout d'abord un gap ne peut être observé qu'avec des bart charts ou des bougies japonaises. Il
est inutile ou illusoire de croire que ce genre de configuration s'observe sur d'autres types de
graphiques car ce n'est pas le cas.
Classiquement un gap est un espace de temps dans lequel aucun échange n'a lieu sur un titre.
Le graphe ci-contre représente un gap, il est illustré ici par les deux flèches.
Ce genre de figure se produit lors des événements mineurs qui affectent la vie de tous les titres,
il est sans réelle conséquence à long terme car il est en général comblé assez rapidement.
On dit qu'un gap est comblé, lorsque la valeur est retombée au même niveau que le point
d'ouverture du gap (flèche rouge en baisse sur le graphe). Ce gap est le plus courant, en
particulier sur les marchés les moins liquides.
Cette figure intervient en général en milieu de tendance, ce qui permet de calculer le potentiel de
la valeur. Des forts volumes accompagnent le mouvement la plupart du temps, si les volumes
sont faibles la configuration n'est pas remise en cause.
Ce genre de gap constitue un support ou une résistance assez forte pour la valeur et du coup
très difficile à franchir.
Ces gaps marquent un changement de tendance, une sortie de canal ou la rupture d'une figure
graphique. Ils sont souvent accompagnés par de forts volumes et doivent être le plus large
possible, ils sont de plus, souvent suivi par une autre figure, dans notre exemple il s'agit de gaps.
Comme le runaway gap ce genre de figure est très difficile à franchir, que soit un support ou une
résistance.
Ce genre de configuration apparaît en fin de mouvement, il clôt la tendance en cours. Ces gaps
sont souvent comblés rapidement, et contrairement au deux précédents ils ne font pas office de
support ou de résistance.
Le Tasuki Gap représente un modèle de prix qui indique une continuation possible de la tendance
actuelle.
Voici comment le "Tasuki Gap" se forme et ce qu'il signifie pour les traders :
Ce modèle apparaît pendant une tendance forte, soit haussière soit baissière. Il commence avec
une bougie qui suit la direction de la tendance (par exemple, une longue bougie haussière). Le
jour suivant, le marché ouvre avec un écart (gap) par rapport au jour précédent et continue dans
la direction de la tendance avec une autre bougie de la même couleur.
La clé du modèle Tasuki Gap est la troisième bougie. Cette bougie doit ouvrir à l'intérieur du corps
de la deuxième bougie, mais au lieu de continuer dans la même direction, elle se déplace dans
la direction opposée mais sans fermer l'écart complètement. Cela suggère que le marché prend
une pause mais que la tendance initiale est toujours en force.
Dans l'exemple ci-dessus on voit clairement deux gaps Tasuki haussiers. Ils se forment en
tendance haussière et confirment à chaque fois une pause avant une reprise de la tendance
derrière.
L'apparition d'un Tasuki Gap est souvent interprétée comme une opportunité de rejoindre la
tendance après une légère consolidation. Le fait que l'écart ne soit pas comblé indique que la
tendance précédente est toujours d'actualité.
Les investisseurs peuvent utiliser ce modèle pour placer des ordres d'achat ou de vente en
anticipant la continuation de la tendance. Les points d'entrée et de sortie sont souvent basés sur
le début de la troisième bougie, avec des stops placés juste au-delà de l'écart pour minimiser les
pertes en cas de renversement de tendance.
Analyse financière - Leçon 7 - Le compte de résultat
La deuxième pièce maîtresse des comptes d'une société est le compte de résultat. Nous avions
vu précédemment que le Bilan était " une photographie " à un instant donné des biens et des
engagements de l'entreprise acquis tout au long de sa vie. Le compte de résultat lui, ne
s'intéresse pas au passé mais uniquement à l'année qui vient de s'écouler.
Si on peut lire le résultat d'une société sur un bilan, nous ne pouvons pas connaître dans le détail
comment il a été réalisé
Cette tâche est l'objectif du compte de résultat : en recensant précisément les charges et les
produits de l'entreprise au cours de l'année il permet de déterminer précisément ce qui a
contribué à un bon résultat ou à une perte.
Cette première leçon sur le compte de résultat va s'attacher à en présenter les principales
rubriques, introduction indispensable à sa compréhension, pour exploiter dans la leçon suivante
les différents ratios financiers utilisables sur ce document comptable.
Sa structure s'articule autour de trois niveaux qui sont complétés par un niveau global :
A la différence du bilan, le compte de résultat se présente en liste, c'est à dire qu'il n'y a qu'une
seule colonne. Ceci présente un avantage : les charges et produits de même nature (exploitation
par exemple) sont regroupés et cela permet de calculer des résultats intermédiaires que l'on
nomme les Soldes Intermédiaires de Gestion (SIG).
Dans cet exemple si on soustrait les produits et les charges d'exploitation nous obtenons le
résultat d'exploitation qui est un SIG.
Le tableau suivant présente un découpage plus précis du compte de résultat avec sa présentation
en ligne dans lequel sont listés les principaux postes comptables, les catégories de charges ou
de produits auxquels ils appartiennent ainsi que les différents SIG qui peuvent être calculés.
2. Que regarder dans le compte de résultat ?
Produits d'exploitation :
Bien évidemment le niveau du chiffre d'affaires retiendra notre attention. Mais plus que son niveau
il faudra essayer d'en comprendre les variations : s'il diminue, s'agit-il d'un effet de volume ? (les
ventes ont diminué) ou d'un effet de prix ? (les prix ont baissé). La deuxième situation étant moins
préoccupante que la première.
Exemple :
Les chiffres d'affaires du secteur sont en baisse et pourtant les volumes vendus augmentent.
Dans ce cas c'est bien une pression sur les prix exercés par les constructeurs automobiles et non
pas la perte de parts de marché.
Nous listerons toutes les lignes des charges d'exploitation et étudierons les variations des
différents postes pour tenter de déceler les points importants.
Achats :
Les matières premières utilisées par l'entreprise ont elles vu leur prix flamber ou au contraire se
tasser ? Dans le cas de sociétés très sensibles au prix des matières premières (l'industrie
pétrolière par exemple) nous essaierons d'anticiper les hausses ou baisses de prix.
Services extérieurs :
Ce poste regroupe tous les frais généraux de l'entreprise, il faudra être attentif à leur éventuelle
dérive.
Salaires et charges :
Tous les frais liés à l'embauche de personnel sont détaillés ici. Il faudra surveiller leur évolution
par rapport au chiffre d'affaires. Il est évident que si l'activité se tasse, les réductions de personnel
réagissent avec retard. Nous verrons dans la leçon suivante les différents ratios utilisés pour
mesurer la productivité du personnel.
Les amortissements sont des charges calculées qui ne sont pas décaissées. Ce poste
augmentera proportionnellement avec les investissements réalisés par l'entreprise. Cela nous
permettra de mesurer la rentabilité des investissements : en effet si un investissement est réalisé,
les amortissements vont venir diminuer le bénéfice de l'entreprise. Cette réduction sera plus ou
moins compensée par la rentabilité des nouvelles machines ou usines acquises par l'entreprise,
nous serons donc attentifs à l'impact des amortissements sur les marges de la société.
Le système est un peu similaire aux amortissements dans le sens ou cette charge n'est pas
décaissée et elle est également calculée par l'entreprise.
Les provisions constituent une sorte de réserve. L'entreprise constituera des provisions quand
elle pensera qu'un de ses actifs peut se déprécier : un client douteux qui risque de ne pas payer,
un bâtiment dont la valeur baisse sont autant de raisons de mettre de l'argent en réserve par le
biais d'une provision.
La politique de provisions d'une société est un élément très important qui nous montre à quel
point il ne faut pas se fier au seul chiffre du résultat net. Une société peut ainsi présenter un
résultat net en perte en raison de provisions importantes, il faudra donc bien étudier le résultat
avant provisions.
Les charges et produits financiers
Les charges financières de l'entreprise sont des agios ou des intérêts d'emprunt par exemple.
Les produits financiers pour leur part sont constitués des intérêts ou plus-values perçus sur les
placements de trésorerie de l'entreprise ainsi que le gain sur des opérations en devises.
Le résultat financier joue un rôle important dans le résultat net de l'entreprise, il sera un élément
d'appréciation de la bonne gestion des disponibilités de trésorerie et de la gestion du financement
de l'entreprise.
Exemple : Certains secteurs auront un résultat financier positif, c'est le cas notamment de la
grande distribution qui encaisse ses ventes avant de payer ses fournisseurs, ce décalage est
donc utilisé sous forme de placement financier.
Cette rubrique comprend toutes les charges et les produits qui ne sont pas issues du
fonctionnement normal de l'entreprise.
Exemple : Les plus-values réalisées lors de la vente d'un local ou d'un véhicule seront des
produits exceptionnels pour une société qui n'est pas dans le secteur immobilier ou automobile.
Pour obtenir une vision plus réaliste on regarde souvent le résultat réalisé par l'entreprise avant
la prise en compte des éléments exceptionnels c'est ce que l'on appelle le résultat courant avant
impôts.
3. Concepts associés
En parallèle de ces résultats intermédiaires que sont les SIG, il existe d'autres grandeurs qui
peuvent être calculées simplement à partir du compte de résultat.
La valeur ajoutée
La valeur ajoutée est la différence entre la production totale de l'entreprise et les consommations
nécessaires à cette production (achats, loyers, matières premières, etc.). Elle représente la
richesse créée par l'entreprise.
Ce concept permet de mettre en lumière la stratégie de l'entreprise dans ses produits. Oriente-t-
elle ses produits vers plus de valeur ajoutée ou vers de biens de grande consommation ? Si la
valeur ajoutée augmente est-ce un signe d'un savoir-faire accru ? D'une reconnaissance de
qualité ? Ou bien la valeur ajoutée est très faible et ce sont juste les économies d'échelle qui
génèrent les marges (cas des biens de grande consommation).
Cette étude est intéressante dans les variations de la valeur ajoutée ainsi que dans la
comparaison entre plusieurs entreprises au sein d'un même secteur d'activité.
La MBA est très proche d'une autre grandeur qui est la Capacité d'Autofinancement (CAF). La
différence principale étant que la première n'exclut pas l'impact des cessions d'actif sur le
résultat.
La CAF ou la MBA revêtent une très grande importance, au moins égale au résultat net. Elles
mesurent les ressources internes dégagées par l'entreprise, ce qui est disponible sans recours
au système bancaire ou au marché financier pour financer ses investissements.
Nous comparerons toujours la MBA aux investissements de l'entreprise, si ces derniers sont plus
faibles que la MBA, l'entreprise pourra utiliser l'écart pour s'autofinancer. Dans le cas contraire
un appel au marché ou à l'emprunt sera nécessaire pour financer le développement de la société.
Analyse financière - Leçon 5 - La lecture du bilan
Une fois par an, généralement le 31 décembre, les sociétés arrêtent leurs comptes et produisent
les documents comptables de synthèse.
Ces documents qui comprennent le compte de résultat, le bilan et les annexes retracent l'activité
de la société pour l'exercice considéré (en principe du 1er janvier au 31 décembre) et dressent la
situation patrimoniale de l'entreprise à la date d'arrêté des comptes. Dans les grandes
entreprises, ces documents sont réalisés plusieurs fois par an, chaque trimestre.
C'est à partir de ces documents que nous ausculterons les comptes de la société pour déterminer
ses forces, ses faiblesses et une valorisation théorique qui nous permettra de nous positionner
ou non sur la valeur. Ces informations essentielles pour réaliser cette analyse financière peuvent
être trouvées auprès de nombreuses sources : rapports annuels des sociétés, sites Internet des
entreprises, etc.
Cette leçon sera consacrée à l'étude du bilan, nous l'aborderons de façon simple, de manière à
ce que vous puissiez réaliser une étude relativement rapide et vous faire une idée solide de la
société étudiée sans tomber dans les pièges principaux. Nous aborderons des aspects plus
techniques et complexes dans une leçon ultérieure.
Le bilan est la situation patrimoniale de l'entreprise à un moment donné, il recense les ressources
de la société et les emplois de ces ressources. Il se présente en deux parties, l'actif et le passif.
Le schéma suivant est une vue synthétique des grandes lignes du bilan.
Nous allons passer en revue les différents éléments sur lesquels nous devrons nous focaliser, ils
sont déterminants pour se faire une bonne idée de la société étudiée, même si l'analyse peut être
plus poussée nous commencerons par ces postes afin de vérifier la cohérence générale des
comptes de la société.
Les immobilisations
Les immobilisations sont les biens ou valeurs destinées à rester durablement sous la même forme
dans l'entreprise.
Ce poste mérite d'être étudié avec soin, car certains biens inscrits en immobilisations peuvent y
figurer pour une valeur qui ne correspond pas à la réalité. C'est le cas par exemple d'un bâtiment
qui peut valoir beaucoup plus que son évaluation au bilan si le marché immobilier s'est apprécié.
Cela peut également être le cas des participations financières dans des sociétés qui ne sont pas
réévaluées en fonction du cours de bourse des titres détenus.
Il convient donc de vérifier la valeur réelle des biens inscrits au bilan et si nécessaire de les
réévaluer pour obtenir une image plus proche de la réalité.
Les stocks
Un stock coûte cher à l'entreprise, chaque euro de stock correspond à un euro de financement.
Le réflexe logique est de compresser le plus possible le niveau des stocks, ce qu'on fait les
entreprises en mettant en place des règles plus rationnelles de gestion des stocks.
L'objectif est que le stock tourne vite, voire de travailler à flux tendus. Nous pourrons calculer la
vitesse de rotation des différents stocks avec les formules ci-dessous:
Tout comme les immobilisations, la valeur des stocks inscrite à l'actif peut être sensiblement
différente de sa valeur réelle. Notamment quand il s'agit de stocks de matières premières dont
les fluctuations peuvent être importantes (cas du pétrole par exemple), dans ce cas il faudra les
réévaluer correctement.
En fonction du niveau des stocks et de leur variation d'une année sur l'autre, nous nous poserons
certaines questions : pourquoi les stocks augmentent ? L'entreprise a du mal à vendre sa
production ? Anticipe-t-elle des augmentations du prix des matières premières, etc.
Les disponibilités
Dans cette catégorie on trouve les instruments financiers de gestion de trésorerie de l'entreprise
(SICAV) mais surtout le montant des comptes bancaires. En fonction du niveau des liquidités par
rapport à la taille de l'entreprise il faudra répondre aux questions suivantes : pourquoi l'entreprise
garde-elle autant de liquidités ? Elle n'a pas de projet d'investissement ? Elle prépare une
opération de croissance externe ? (rachat d'une entreprise) Pourquoi ne diminue-elle pas son
endettement ? Pourquoi ne sont-elles pas placées ?
En fonction des secteurs économiques, il faudra moduler notre point de vue. Certains secteurs
en sont très gourmands, les entreprises industrielles sont de celles-là du fait des investissements
importants consentis et du poids des intérêts. Les entreprises de la grande distribution se situent
à l'opposé, elles sont payées comptant par leurs clients et paient leurs fournisseurs avec des
délais relativement longs, ces décalages entre les décaissements et les encaissements créent
un afflux de trésorerie.
Les fonds propres sont un peu plus larges que les capitaux propres représentés sur le schéma
dans le sens ou ils incluent des éléments tels que les titres participatifs ou les avances
conditionnées, nous ne rentrerons pas dans ces détails pour cette première approche.
Les fonds propres sont les fonds remboursables en cas de difficulté, après désintéressement de
tous les autres créanciers. C'est un poste très important qui représente la situation nette de
l'entreprise. Parfois dans le cas de lourdes pertes il arrive qu'il n'y ait plus de fonds propres, la
solvabilité de l'entreprise ou sa capacité à faire face à ces créanciers est donc nulle.
Il faudra ici aussi, relier directement le niveau des fonds propres au secteur d'activité, la grande
distribution vue plus haut est traditionnellement peu dotée en fonds propres du fait qu'elle n'a
aucun besoin en fonds de roulement.
La première observation sera de comparer le niveau des fonds propres et le niveau des
immobilisations, les fonds propres doivent couvrir les immobilisations. La différence entre les
deux s'appelant le Fonds de Roulement. Si vous ne devez retenir qu'une seule règle c'est celle-
là :
Les emplois durables de l'entreprise (immobilisations) doivent être financés par des ressources
durables (fonds propres).
Les provisions
Les provisions sont des charges calculées par l'entreprise et inscrites au passif du bilan en
prévision d'aléas (pertes) futurs sur certains éléments de son activité. Ainsi on constitue des
provisions pour des risques de paiement encourus sur certains clients douteux ou des risques
sur certains pays émergents. Cela revient à constater aujourd'hui une charge dont l'origine est
actuelle mais qui sera effective plus tard. Nous reparlerons des provisions et de la façon de les
retraiter dans le chapitre consacré au compte de résultat.
Les dettes
Le niveau des dettes contractées par l'entreprise est important, mais c'est surtout la capacité de
remboursement de ces dettes par l'entreprise qui est primordial. Cette capacité peut se mesurer
au travers du ratio suivant :
Plus ce ratio est élevé, plus la société sera apte à faire face à ses dettes. De plus cela voudra
dire que la société dispose encore d'une capacité d'endettement disponible, elle pourra donc y
faire appel en cas d'opération de croissance externe ou d'investissements.
Cette leçon devrait vous permettre de commencer à regarder les bilans des entreprises, de mieux
comprendre certaines notions et de commencer à porter quelques jugements. La prochaine leçon
sera complètement opérationnelle puisqu'elle sera consacrée aux ratios d'analyse financière
utilisables sur un bilan.
Analyse financière - Leçon 6 - Ratio et grandeurs caractéristiques du
bilan
Vous connaissez désormais la structuration d'un bilan ainsi que les grandes masses qui le
compose. Nous allons rentrer à présent dans les détails et aborder l'étude des ratios propres au
bilan.
La décomposition qui en est donnée ci-dessous vous permet de les calculer à l'aide d'un bilan,
pour cela il vous suffit de reporter les montants du bilan dont les intitulés suivent.
Il faut garder à l'esprit que dans toute analyse financière basée sur les ratios, c'est l'ordre de
grandeur qui compte ainsi que l'évolution sur plusieurs années.
En fin d'exercice et après répartition des Ce sont les fonds conservés par l'entreprise
résultats, la situation nette est la somme des mais éventuellement grevés d'une dette
fonds acquis définitivement aux associés fiscale latente.
(actionnaires et porteurs de parts).
Situation nette
Capital + subventions d'investissement
+ prime d'émission, de fusion et d'apport + provisions réglementées
+ écarts de réévaluation
+ résultat de l'exercice (si avant répartition)
+ réserves (légale, statutaire, réglementées
et autres)
+ / - report à nouveau
Ce sont les fonds remboursables en cas de Elles représentent l'ensemble des fonds sur
difficultés. Avant le remboursement on lesquels peuvent s'imputer les pertes, d'où
déduit de ces fonds les dettes des autres qu'elles proviennent, sans remettre en
créanciers (Etat, fournisseurs) cause le remboursement des créances
détenues par les prêteurs ordinaires.
Capitaux propres
+ titres participatifs Fonds propres
+ avances conditionnées + provisions à caractère de réserves
- Non-valeurs (capital souscrit non appelé,
frais d'établissements, charges à répartir,
écart de conversion actif, prime de
remboursement des obligations)
+ écart de conversion passif
+ Quasi-fonds propres (comptes courants
d'associés, obligations convertibles,
emprunts participatifs)
Analyse de la solvabilité
Ces ratios ont pour objectif de nous aider à répondre à deux questions essentielles :
Pour cela nous analyserons les ressources propres de la société suivant deux angles :
La vision objective
C'est la mesure de la solvabilité globale de l'affaire : les ressources propres doivent être
suffisantes pour supporter une certaine dévalorisation de l'actif tel qu'il figure au bilan. La
comparaison du niveau des ressources propres par rapport au total du bilan est une mesure du
degré d'engagement des actionnaires dans le risque d'entreprise.
On considère que ce ratio doit excéder les 25% pour que l'entreprise ne soit pas trop endettée,
on majorera ce chiffre pour le secteur industriel (35%) et on le minorera pour le secteur
commercial (20%).
La vision subjective
En règle générale, ce ratio doit être supérieur à 1. Il permet de s'assurer que les concours
bancaires à long et moyen terme ne sont pas supérieurs à ceux des investisseurs associés au
risque d'entreprise. Plus cette capacité d'endettement est importante, plus la société pourra avoir
recours à l'emprunt pour financer des acquisitions ou investissements.
Il convient cependant de modérer cette limite stricte en tenant compte des différents secteurs
d'activité et de leurs spécificités. Les entreprises de négoce, par exemple, ont des ressources
propres faibles et des engagements à court terme élevés. Dans ce cas le ratio acceptable pourra
aller jusqu'à 0,1.
On pourra calculer la marge théorique d'endettement de la façon suivante :
Ce ratio mesure le poids de l'outil de production au sein de l'entreprise. S'il est élevé nous en
rechercherons la cause : investissements importants, secteur gourmand en outil industriel, etc.
Le degré d'amortissement
C'est une mesure de l'état de vétusté de l'outil de production, en le calculant sur plusieurs années
ont peu ainsi avoir une vision de la politique d'investissement de l'entreprise : l'outil est vieillissant
?Si oui des investissements sont-ils prévus ?Quand ? Quel en sera l'impact sur les comptes ?
etc. En cas de rajeunissement, on vérifiera si ces nouveaux investissements sont bien exploités,
etc.
Il existe de nombreux autres ratios exploitables sur le bilan. Dans un souci de clarté nous vous
avons présenté les plus courants, et surtout les plus représentatifs.
Lorsqu'on réalise une analyse, et même si l'on est habitué, le temps est crucial. Il ne faut pas
tomber dans la redondance d'informations et se contenter de quelques indicateurs biens choisis.
N'oubliez pas lors de vos analyses qu'il importe plus de se focaliser sur les ordres de grandeur
que sur le chiffre brut. Ainsi à l'intérieur d'un même secteur d'activité nous pourrons comparer la
structure des différentes sociétés et en tirer des conclusions pertinentes. Cela nous permettra de
déceler d'éventuels déséquilibres dans la structure des sociétés, leurs forces et leurs faiblesses.
Analyse financière - Leçon 9 - L'analyse boursière, le PER et le PEG
Le Price Earning Ratio (PER)
Le PER est une notion fréquemment utilisée pour évaluer une action, son utilisation est très large
puisque à la différence du BNPA il peut être utilisé pour comparer le prix de diverses actions et
le fait qu'elles soient sur ou sous-valorisées.
Exemple 1 : soit la société Lambda dont le cours de bourse est de 200 euros le 15 juillet, son
BNPA est de 10 euros.
Le PER est donc égal à 200 / 10 = 20
Si le cours de bourse passe à 150 euros le 28 juillet, le PER devient égal à : 150 / 10 = 15
Nous le voyons dans cet exemple, le PER d'une action fluctue au jour le jour car il est dépendant
des cours de l'action de la société concernée.
Exemple 2 : reprenons les données de l'exemple précédent : l'action de la société Lambda cote
200 euros le 15 juillet et son BNPA est de 10 euros.
Le PER qui est de 20 signifie qu'il faudrait 20 ans pour que les bénéfices de l'entreprise (dans
l'hypothèse où ils restent constants) couvrent le prix de l'action.
Au-delà de son calcul brut, le PER doit être relativisé en fonction des bénéfices futurs attendus
pour une société, prenons un exemple pour mieux comprendre :
Exemple 3 : Soit la société Lambda dont le cours de bourse est de 200 euros le 15 juillet 2018.
Le résultat de la société qui est connu pour l'exercice 2017 est estimé pour 2018 et 2019 et
permet de calculer le BNPA. Nous calculerons des PER futurs avec les BNPA estimés et le cours
du jour :
Cet exemple illustre bien le fait qu'il faut considérer l'évolution des résultats et des PER. Ainsi la
bourse étant un mécanisme d'anticipation, plus les résultats escomptés dans le futur seront
importants, plus les investisseurs seront prêts à payer des PER élevés.
La situation est typique dans les sociétés technologiques, d'Internet ou de biotechnologie. La
croissance anticipée est très forte et les investisseurs valorisent parfois ces sociétés à des PER
de plusieurs centaines de fois les bénéfices attendus
Le phénomène est un peu moins vrai depuis l'éclatement de la bulle technologique au début des
années 2000, mais il reste malgré tout une surprime.
Nous vous proposons un outil qui permet de consulter les PER des actions en faisant des tris sur
les plus élevés et les plus faibles.
Le PER relatif
Une autre utilisation sera la comparaison du PER d'une société avec le PER moyen du secteur
d'activité, cela donnera une idée de la valorisation relative de la société au sein d'un ensemble
assez homogène.
Pour cela on peut bâtir un autre indicateur, le PER relatif. Le calcul est le suivant :
Exemple 4 : soit les quatre sociétés suivantes et leurs PER respectifs entre parenthèses :
Sociétés W (20), X (24), Y (16), Z (26)
Le PER relatif de la société Y est de 16/21,5 = 0,74, il est inférieur à 1 et indique que la société
est moins bien valorisée que la moyenne du secteur, elle recèle donc peut être une opportunité
d'achat.
Ce ratio financier a été mis en avant encore une fois par un investisseur américain, en
l'occurrence Peter Lynch. Il propose une amélioration du PER et notamment dans le cas de
sociétés technologiques qui se caractérisent par une forte croissance. Son acronyme
signifie price earnings to Growth.
Le PEG est un ratio utilisé pour mesurer la relation entre le cours d'une action et sa croissance
des bénéfices. Il est calculé en divisant le ratio P/E (Price Earnings, ou PER) par le taux de
croissance des bénéfices attendu. Plus précisément, PEG = PER / taux de croissance des
bénéfices attendu. Le fait d'introduire la croissance des résultats dans le calcul basique du PER
est la principale originalité du PEG.
Un PEG de 1 indique que le cours de l'action est égal à la croissance des bénéfices attendue. Un
PEG inférieur à 1 indique que le cours de l'action est sous-évalué en comparaison avec la
croissance des bénéfices attendue, tandis qu'un PEG supérieur à 1 indique que le cours de
l'action est surévalué.
Le PEG est considéré comme un indicateur de la valeur relative d'une action, car il prend en
compte à la fois le cours de l'action et la croissance des bénéfices. Cependant, il est important
de noter que le PEG ne tient pas compte de la dette de l'entreprise, de la rentabilité, des flux de
trésorerie, etc. Il est donc recommandé de l'utiliser en combinaison avec d'autres indicateurs de
la valeur de l'entreprise.
Exemple
Dans cet exemple, le PEG de la société est assez nettement inférieur à 1, on considérera la
société sous-évaluée par rapport à son potentiel de croissance.
Analyse financière - Leçon 9 - L'analyse boursière : rendement et
payout
Le rendement
Le rendement est la mesure des revenus que rapporte une action par rapport à son coût
d'acquisition, on rencontre plusieurs notions dont voici les modalités de calcul :
Nous nous intéresserons exclusivement à la notion de rendement net dans cette leçon.
Tout comme le PER, le rendement net évolue au gré des fluctuations de l'action, il est donc
valable à un instant t. Hors plus-values éventuelles lors de la cession de l'action, le dividende est
le seul revenu.
A ce titre on cherchera à savoir quel est le rendement d'un placement en actions dans l'hypothèse
où les cours ne varient pas.
Exemple : Vous avez acquis une action 200 euros et le dividende versé est de 10 euros, le
rendement net de votre placement est donc de 5% par an.
Deux facteurs jouent sur le niveau du rendement : l'importance du dividende et le cours de l'action.
Par conséquent si un rendement est élevé les causes peuvent être multiples :
- la société a fait de bons résultats et en distribue une grande part aux actionnaires (c'est souvent
le cas des sociétés foncières qui sont connues pour verser de gros dividendes)
- le cours de l'action est très bas, ce qui donne un rendement élevé
- un mélange des deux facteurs précédents
Si la société fait des pertes, le rendement sera nul. Cependant si les perspectives de résultat des
années futures sont importantes, les investisseurs ne dénigreront pas pour autant cette action
dont le rendement s'améliorera au cours des années.
Le Pay-Out
Cette notion est une mesure du taux de distribution d'une société, elle reflète la politique d'une
société envers ses actionnaires.
Ainsi avec ce ratio, nous déterminons sous forme de pourcentage, la part des bénéfices qui est
distribuée aux actionnaires. Nous surveillerons l'évolution du pay-out au fil des années. En effet
il est classique que pour masquer une baisse de ses résultats, une société maintienne le montant
de son dividende, cela entraînera logiquement une augmentation du pay-out mais sera décelable
aisément.
Analyse financière - Leçon 9 - L'analyse boursière, le BNPA
En conjuguant cette donnée avec d'autres grandeurs significatives telles que le bénéfice net elle
vise à déterminer une valorisation théorique pour une société ainsi qu'à mener des comparaisons
entre le niveau de prix des différentes actions.
Le calcul du BNPA est très simple puisqu'il suffit de diviser le bénéfice net réalisé par une société
par le nombre d'actions qui composent son capital.
Certaines précisions doivent toutefois être apportées : si la société réalise une perte, par
convention on ne calcule pas " la perte par action " et donc on note ce ratio comme " non
significatif ".
Ensuite la difficulté réside dans la détermination du nombre d'actions composant le capital, il est
souvent différent du nombre d'actions que l'on trouve renseigné dans la cote officielle.
Pour réaliser le calcul le plus justement possible nous regarderons s'il n'existe pas des Certificats
d'Investissement ou des Actions à Dividende Prioritaire, dans l'affirmative nous les ajouterons au
nombre d'actions.
L'étude du BNPA ne se réalise pas par comparaison entre les différentes entreprises, en effet le
montant des actions est différent et par conséquent la comparaison n'aurait aucun sens. En fait
nous nous attacherons à surveiller les variations du BNPA au cours des années.
Plus la croissance du BNPA est élevée plus une valorisation importante des cours sera justifiée,
cela signifie que le bénéfice attaché à chaque action est de plus en plus important. Par
conséquent la part distribuée aux actionnaires (le dividende) devrait augmenter dans les mêmes
proportions que le BNPA.
Limites de l'exercice
Si le BNPA d'un exercice clôturé est facile à déterminer puisque l'entreprise a publié ses comptes,
il en va autrement pour l'estimation des BNPA futurs.
On peut s'appuyer sur deux sources d'information pour essayer d'avoir une estimation la plus
réaliste possible. D'une part les prévisions des sociétés qui généralement dévoilent leurs objectifs
pour l'exercice à venir, d'autre part les projections réalisées par les analystes qui suivent les
valeurs. De nombreux bureaux d'analyse, appartenant souvent à de grandes banques, publient
régulièrement des prévisions publiques.
Analyse technique - Leçon 9 - Les volumes, 1ère partie
En analyse technique, les volumes font moins recette dans les ouvrages que toute la panoplie
d'indicateurs de momentum sur les prix. Et pourtant, l'analyse des volumes amène beaucoup de
renseignements au même titre que l'analyse des cours.
Cela découle de la logique même, les volumes d'échange étant la source de l'évolution des cours
par modification de l'équilibre entre acheteurs et vendeurs.
Les cours et les volumes contiennent à mon sens une partie équivalente de l'information
nécessaire à une bonne analyse. Mais l'analyse par les volumes requiert encore plus que la
plupart des analyses de momentum une rigueur et une adaptabilité très fortes au comportement
des titres.
Il serait donc ambitieux de vouloir faire un cours simple sur les volumes là où d'autres ont écrit
des ouvrages complets. Cette leçon passablement dense comporte donc deux parties pour
couvrir rapidement l'essentiel de ce sujet majeur et complexe.
Sur un graphique, les volumes journaliers sont dépeints traditionnellement par des lignes
verticales dont la hauteur représente la quantité d'échanges journaliers. Tentons d'y voir un peu
plus clair sur ce premier schéma. Nous gardons toujours notre cas école du titre IBM, de manière
à permettre une comparaison facile avec les leçons précédentes.
Les volumes sont donc les lignes verticales noires. La ligne indispensable des cours en vert vient
souvent se mêler aux tracés des volumes, pouvant rendre difficile la lecture simultanée. L'on voit
en conséquence très souvent la disposition de fenêtres séparées, celle des volumes étant située
au-dessous.
Il est intéressant quand même de tracer quelques lignes de tendance directement sur ce
graphique, rejoignant les extrémités hautes des lignes de volumes. Ces droites de tendances
sont ici tracées en rouge.
Il faut prendre le temps nécessaire à l'apprentissage du tracé de ces droites. En effet, leur
repérage est particulièrement difficile et bien souvent mal tracé par l'analyste. Même les systèmes
d'analyse experts perfectionnés s'y heurtent car les sommets de lignes de volumes sont très
rarement bien alignés.
Chaque titre dans chacune de ses tendances est particulier, sous-tendu par des réactions de
groupes humains différents, on doit donc considérer le contexte pour connaître la validité des
variations volumiques. Par exemple, un titre en consolidation horizontale après une forte baisse
aura bien peu d'informations à délivrer par cette analyse avant une nouvelle phase d'évolution.
Par exemple, le point A sur le graphique est intéressant car il est constitué d'un croisement de
deux lignes augmentant sa signification. On constate que ce croisement coïncide avec une pointe
de trois volumes. Il y a donc là une remise en question de la hausse entamée. Et en effet, on
constate que par la suite, les cours évoluent dans un nouveau canal horizontal. La chute de
volume le lendemain du pic est significative de la fin de la tendance précédente et donc du
changement immédiat de comportement de la valeur. C'est une raison de solder une position.
La ligne B est un autre exemple particulier: Le premier rond rouge correspond à la coupure d'une
ligne de volume très forte. De fait, la tendance n'a pas tardé à changer: Franchement haussière
auparavant, elle va vers un canal de consolidation décroissant repéré en lignes vertes (voir leçon
N°1 sur les tendances). Mais l'histoire ne s'arrête pas là: confirmée encore une fois, cette ligne
vient à nouveau couper un fort volume (deuxième rond rouge), détectant ainsi un nouveau
changement fort, la reprise de la hausse dans ce cas.
Reprenez un schéma brut de volume d'IBM par exemple et tentez à votre tour le tracé de ces
droites. Vous en trouverez ainsi d'autres sur ce même tracé, mais surtout, vous devrez aboutir à
la bonne détection de fin de tendance volumique, au moment où la droite perd sa signification.
Cette méthode exige d'avoir l'œil et la pratique, mais reste irremplaçable parce qu'elle possède
un bon taux de fiabilité de par l'information brute liée à la réalité, et par ailleurs que la logique
informatique rend cette détection difficilement programmable.
Si l'on désire à tout prix éviter de se frotter à cet exercice difficile demandant de la pratique, je
propose un moyen personnel pour son aspect facilitateur: Utiliser en remplacement une moyenne
courte (voir cours N°2) de ces volumes.
Sur le graphe ci-avant, il s'agit simplement d'une moyenne mobile de période 5 jours appliquée
sur les volumes, en rose. Bien que moins efficace que la méthode originale d'alignement des
pointes volumiques, le trait de moyenne rend la lecture bien plus aisée. L'inconvénient majeur
provient de ce que la prise de position s'en retrouve d'autant plus retardée et l'évolution d'autant
plus courte à exploiter. J'ai repéré pour vous quelques points intéressants marqués par
des flèches bleues.
Les sommets de MMA ainsi repérés coïncident à des changements de tendance. Mais quelles
sont leurs caractéristiques par rapport aux autres sommets non repérés? D'abord, ces sommets
sont parmi les plus hauts de la série. C'est l'information essentielle de cette moyenne: la force de
ces sommets indique que quelque chose se prépare sur le titre. J'ai matérialisé ce fait par une
ligne horizontale majeure en bleu de l'indicateur soutien/résistance dont nous reparlerons dans
la deuxième partie sur les volumes. Cette ligne sert ici à repérer les pointes émergentes.
Ensuite, les sommets qui s'alignent montrent au terme une rupture de tendance volumique. Les
lignes roses servent ici d'exemple, avec la rupture de tendance marquée par un petit cercle gris.
Après une rupture franche de la tendance volumique, plus le sommet de la MMA consécutif
sera haut, plus il valide la nouvelle nervosité du titre débouchant généralement sur un
changement proche de tendance des prix. A noter tout de même que les réactions des prix se
font souvent à l'inverse dans une première période courte.
L'exploitation des MM sur les volumes se révèle donc délicate car on est moins certain d'obtenir
des résultats qu'avec la première méthode d'alignement de pointes. Mais avançons encore sur
un autre schéma en abordant des indicateurs plus démonstratif pour l'oeil débutant:
Nous indiquions dans la leçon 1 que la rupture de lignes de tendance valides était souvent
chargée de sens. La ligne et le rond vert au point C marquent ce point.
Je vous rappelle un point devenu évidence pour un fait confirmant cette rupture: on constate ce
jour-là une augmentation de volume indiquant la validité de la rupture par la prise en compte par
le marché de l'importance de ce nouveau niveau. En effet, la résistance devient un support valide
que si cette différence ponctuelle de volume est bien présente. Un volume constant ou faiblissant
étant dans ce cas plutôt un avertissement de baisse imminente.
Abordons maintenant sur ce schéma la ligne bleue qui représente l'OBV (On Balance Volume
de J. Granville). La formule ajoute le delta quotidien des cours par les volumes des jours où le
cours croît et soustrait les volumes lorsque le cours journalier décroît. Ainsi, on pondère la hausse
ou la baisse par le volume.
En premier lieu, l'OBV varie avant les cours. C'est logique dans la mesure où les titres à la vente
doivent faire défaut pour permettre aux cours de monter, mais pas toujours évident à voir sans
utilisation de cet indicateur. Ainsi, un OBV en hausse - pics de l'OBV de plus en plus hauts -
montre où se situe l'action des investisseurs avisés du marché.
Ceux-ci font du ramassage de titres et poussent donc cet OBV vers le haut. Quand, à son tour la
foule suit le mouvement, l'OBV et la valeur monteront ensemble. On aura alors l'assurance d'une
position saine.
La tendance détectée par l'OBV n'est pas remise en cause tant que ses pics successifs sont de
plus en plus hauts. On considère qu'un pic plus bas de l'OBV n'indique une remise en cause de
la tendance que si cette indécision se fait sur plus de trois jours. Ce cas est indiqué clairement à
la flèche bleue D en janvier 99 avec 5 séances d'écart. Vous devrez prendre position là aussi
quand la tendance de l'OBV s'inverse avant la valeur. Dans ce cas présent, ce sera fait par le
débouclage d'une position achetée ou par la vente "short" du titre.
Inversement, si les cours croissent avant l'OBV lui-même, la hausse n'est pas confirmée par un
mouvement de fond, car les volumes manquent cruellement à l'appel. Les non-confirmations se
trouvent le plus souvent sur les extrêmes hauts ou bas des cours.
L'interprétation de l'OBV se fait également par l'analyse des sommets que l'on rejoint encore par
une ligne de tendance. J'en ai tracé une en bleu sur août-octobre. Au moment de la rupture de
l'OBV marquée par le cercle bleu au point B, les cours croissent ainsi que les volumes. Leur
accumulation dans l'OBV montre une nouvelle force d'achat sur le titre et propose sur ce point un
achat le plus souvent sans risque.
Enfin, une illustration de la situation inverse: La petite ligne rose au point A montre deux sommets
de l'OBV successifs en décroissance alors que les cours hésitent. On ne prendra pas position sur
ce deuxième sommet car rien ne montre un intérêt du marché. La règle formelle est donc
que l'OBV doit évoluer dans le même sens que les cours.
Un corollaire déduit de cette règle veut que plus l'OBV montre une pente raide, plus le signal est
valide. On se retrouve avec une règle équivalente à celle du cours sur les moyennes statuant sur
la force de croisement des deux MMA, mais ici avec la valeur ajoutée des volumes qui valident
ou non l'élan actuel du marché.
Nous aborderons d'autres indicateurs très significatifs dans la deuxième partie montrant
l'importance stratégique des volumes dans toute analyse sérieuse.
OBV :
PVI :
NVI :
PVT :
Analyse technique - Leçon 10 - Les volumes, 2ème partie, SR, KVO
Nous avons vu que les volumes peuvent être traités soit tels quels par le tracé de lignes, soit au
travers d'indicateurs relativement simples d'interprétation. Nous avons démontré que les volumes
avaient une influence certaine sur les cours. De fait, ils représentent la réalité des échanges en
créant l'abondance ou le manque de titres sur le marché.
Nous reprenons dans cette deuxième partie l'analyse directe des volumes. Nous ferons
différentes remarques importantes sur le comportement des volumes relativement aux cours.
Nous poursuivrons par d'autres indicateurs "volumiques" moins évidents à utiliser et peu souvent
mentionnés dans les ouvrages d'analyse technique. Ces indicateurs méritent cependant d'être
étudiés.
La leçon 1 sur les lignes de tendance montrait que lorsque l'on franchissait à la hausse une
résistance confirmée, les cours avaient tendance à poursuivre sur leur lancée. Ce signal d'achat
par rupture de ligne de tendance doit être accompagné d'une augmentation nette de volumes au
moment même du franchissement. Sans cela, le signal peut être invalide et annulé rapidement
par une chute nette.
Sur le graphique de l'action "IBM" ci-dessous, le point A repère une rupture de la résistance
tracée en violet. Sur ce point, les volumes - lignes verticales bleues - viennent valider le
franchissement.
Ajoutons que, dans une évolution normale, les volumes augmentent lorsque les cours
augmentent et baissent lorsque les cours baissent. Là aussi, un comportement différent, surtout
sur une baisse doit amener à s'interroger et à vérifier si l'on est dans le cas qui suit.
A noter également qu'en phase haussière, les volumes atteignent leur sommet avant celui des
cours. Et réciproquement, en phase de baisse, les volumes forment un creux avant le creux des
cours. On soupçonne ainsi l'arrivée prochaine d'un retournement. Par exemple, si l'on joue une
hausse établie, mais que soudain les volumes augmentent, il faudra surveiller sa position car un
retournement s'annonce.
Expliquons le pourquoi de cette règle importante: On constate que la hausse établie se tasse
alors même que les volumes augmentent par rapport aux séances récentes de hausse. Cela
signifie un changement de tendance. On l'explique par la vente d'actions engrangées auparavant,
celui qui vend s'assurant alors sa prise de bénéfice. A l'inverse lors d'une phase de baisse
durable, une augmentation de volumes sur plusieurs séances signifie la fin de la baisse. On a
simplement affaire à un ramassage important d'actions stoppant l'abondance de titres
disponibles.
Une fois assimilées, ces observations importantes sur les volumes doivent devenir un réflexe de
l'analyste. Le comportement conforme des volumes montre des réactions salubres, et donc une
valeur plus prévisible. Prenez l'habitude de vérifier ces comportements à peu près systématiques
sans lesquels l'évolution des cours peut être sans signification réelle et contrariée rapidement.
Ainsi, vous sentirez plus facilement ce qu'il se passe sur le marché. Sans forcément connaître
par avance vos objectifs de hausse, vous saurez identifier ces alertes que vous envoie le marché.
Si vous voulez voir ce qu'est un cas non conforme, vous pourrez en trouver en abondance dans
les titres côtés au compartiment du comptant.
Passons à un indicateur qui aide à détecter les niveaux à prendre en compte: le soutien-
résistance, répertorié SR. La partie visualisée est un histogramme en gris à gauche du graphique
ci-dessus. L'objectif est d'indiquer la force de chaque niveau des prix. En effet, plus un cours a
été pratiqué, plus le niveau sera solide. Ici, le SR est à 2%, indiquant l'épaisseur de chaque barre
de l'histogramme.
Conséquence immédiate: une fois enclenché sur un niveau fort du SR, il faudra du volume pour
en sortir. Donc lorsqu'on passe par un niveau SR fort, les volumes sont forcément importants.
La seule exception sur le graphique ci-dessus est le point B qui doit être considéré comme un
cas à part et donc comme un signal.
Ces accélérations du volume à ces niveaux s'expliquent psychologiquement: Ceux qui ont perdu
depuis leur achat à ce niveau, puis retrouvent ensuite un cours revenu à ce niveau vendent tout
simplement pour ne rien avoir perdu et en seront soulagés; Ceux qui auront vendu à ce niveau
retrouveront plus tard une occasion de racheter pour suivre la nouvelle évolution.
Ces niveaux représentent donc une résistance à la hausse et un support à la baisse. On constate
bien les rebonds sur le graphique sur les SR les plus importants. Sur le graphe, 95 euros est donc
un support très fort et 165 euros devient au fil des jours une résistance qui s'affirme.
Ceci permet de se trouver un objectif probable de cours lors de l'évolution des cours vers un SR
important. Le SR se révèle fiable car sur les niveaux forts du SR se génèrent bien des
retournements.
Un trader parle souvent de volumes positifs, donc en accroissement, ou négatifs, donc en chute.
Sur ce deuxième graphique, le PVI (positive volume index en bleu) représente l'accumulation des
cours lorsque le volume croît par rapport à la veille. Le NVI (negative volume index en brun épais)
accumule pour sa part les cours lors des baisses de volume.
Le PVI possède en soi peu d'intérêt car il montera les jours où le cours croît et les volumes aussi.
Il est donc "suiveur" et ce qu'il montre n'est pas très fiable.
Le NVI est plus intéressant. Il permet de visualiser ce que fait l'investisseur expérimenté qui
respecte l'adage séculaire si difficile à suivre: "acheter au son du canon, vendre au son du violon".
Acheter lorsque tout le monde se débarrasse d'un titre n'est pas décision facile et comme la
tendance est reine, prendre position ressemble à du suicide.
Cependant, d'après Norman Fosback, une tendance à la hausse du NVI reflète un marché à la
hausse dans 95% des cas! On constate sur le graphe que les hausses du NVI coïncident pour la
plupart à une hausse des cours, sans que la réciproque soit aussi vraie.
Le NVI n'est pas clair à utiliser pour autant. Pour ma part, j'emploie encore une fois les traits de
tendance pour aider la détection. J'ai tracé deux traits gris A et B de changement de tendance du
NVI. Ils montrent bien l'action discrète du ramassage en prévision d'une hausse prochaine.
Effectivement, la hausse ne tarde guère et d'autres indicateurs permettent alors de la suivre
jusqu'à son terme.
Notez aussi que le NVI n'est pas pour autant muet après la détection: A la verticale des points A
et B, le NVI fait un échec à sa tendance car il n'arrive pas à rejoindre la ligne grise. Il montre là
un affaiblissement de ce ramassage, ce qui va alors peser sur les cours et désigner le point de
vente.
Nous n'aborderons pas le PVT (Price and Volume Trend) donc le calcul reprend le total des
volumes selon le sens d'évolution: son utilité est identique à l'OBV étudié précédemment. De
même, le Chaikin oscillator ne nous intéressera pas pour l'instant. Il est d'utilisation complexe
entre autres parce qu'on doit l'associer à une moyenne qui conditionne ses détections. De plus,
il ne permet pas de détecter les sommets et les bas court-terme lors de ses changements de
tendance.
Dernier pour cette étude, mais pas des moindres, le KVO (Klinger Volume Oscillator). Reprenons
certains principes de base pour comprendre la source du KVO:
La somme des hauts, bas et clôture des cours définit la tendance. Une valeur est
en accumulation quand cette somme est supérieure à la somme du jour précédent, et
en distribution si elle est inférieure. Le KVO utilise cette tendance. Alors que la plupart des
indicateurs pratiqués focalisent uniquement sur l'évolution des cours, le KVO mesure la différence
entre le nombre d'échanges accumulés et distribués chaque jour. C'est ce que j'appelle la force
volumique.
Cette force est la vraie mesure de l'évolution des prix: Soit ils sont poussés en avant soit reflués
par les volumes des échanges. On convertit la force volumique en un oscillateur représentant la
différence entre deux moyennes exponentielles - 34 et 55 jours - et une ligne de signal sur 13
jours. L'analyste peut visualiser ainsi la force des volumes entrants et sortants. Voyons ci-
dessous à quoi le KVO ressemble.
Le KVO est tracé ici en rose avec sa ligne zéro horizontale de même couleur. La ligne de signal
en rose pointillé est constituée de la moyenne exponentielle sur 13 séances du KVO.
L'analyse par le KVO a surtout l'avantage d'identifier les mouvements significatifs à venir et c'est
en ce sens que son analyse apporte un profit global. L'évolution du KVO vers
des extrêmes précède l'évolution des prix, désignant les changements à court-terme.
Comment l'utilise-t-on ?
Le point A montre clairement ce plus haut extrême du KVO. Le trait vertical bleu qui le suit montre
le croisement de la ligne de signal et constitue le déclenchement. Le point B confirme le sommet
fait par A et ensuite le cours change de sens. Les points D et E sont un nouvel ensemble de
points hauts, mais pas extrêmes. Ils sont également suivis d'un changement de sens.
Regardez également les plus bas du KVO: les retournements annoncent aussi globalement un
retournement des cours. L'avantage du KVO est son lissage: ces retournements sur les extrêmes
ne sont pas aussi nombreux que l'hésitation des cours et permettent un tri.
2) La détection la plus fiable arrive lors du retournement de tendance d'un KVO extrême. Le trait
entre A et B montre une nouvelle tendance à la baisse du KVO. A ce moment-là, la valeur est à
la hausse. Cette configuration est fiable la plupart du temps et se confirme au croisement de la
ligne de signal: les cours ne tardent guère à suivre le sens donné auparavant par le KVO.
L'examen des autres traits consécutifs vous entraînera à cette lecture: Le changement de la
tendance du KVO est le plus souvent suivi d'un changement des cours. Par exemple, les points
C et D détectent pour leur part la hausse à venir.
3) Utilisation pratique: Quand un cours marque un plus haut extrême et que le KVO ne confirme
pas, c'est à dire qu'il ne trace pas lui-même un plus haut, il avertit que la tendance des cours perd
son élan et se termine. Le point B en montre un bon exemple. Le point E n'est pas un extrême et
ne donne pas le signal.