Conception d’une écloserie
• Cours L3 aquaculture et Pisciculture
• Dr. KHERRAZ CHEMLAL Djazia
• Laboratoire Réseau de Surveillance
Environnementale
• Département de Biotechnologie
Conception d’une écloserie
Fiche Ifremer aquaculture - janvier 2012 - Bruno Petton
On recense environ 30 000 espèces de poissons d’eaux douces et
marines. Pourtant moins de 200 d’entre-elles ont fait l’objet d’un
début de production aquacole. Aujourd’hui, l’essentiel du
développement piscicole mondial est assuré par moins de 30
espèces.
La disponibilité en jeunes poissons est un élément clé pour
initier puis pérenniser ces productions. La pêche de juvéniles
dans le milieu naturel est aléatoire et ne s’inscrit pas dans une
démarche durable de l’activité piscicole. Les écloseries ont donc
été développées pour les produire.
Ils sont gérés par un personnel à haut niveau de technicité,
capable d’appliquer des méthodes d’élevage élaborées. Les
principales difficultés de cette phase d’élevage résident dans la
faible taille des larves à l’éclosion (3 à 4 mm) et la contrainte d’un
nourrissage parfois exclusif avec du plancton vivant lors des
premières semaines de vie. Aujourd’hui, les écloseries assurent
aux exploitations de grossissement :
-Une qualité morpho-anatomique et zoo-sanitaire des juvéniles.
-Une disponibilité pendant une grande partie de l’année.
-Une capacité à produire des individus d’animaux calibrés.
-Une plus value potentielle par la sélection génétique.
- Une relative diversité d’espèces en élevage.
En aquaculture, une écloserie est une installation destinée à
produire des œufs et des larves ou alevins, notamment de
poissons, de crustacés et de mollusques.
Il existe deux modèles d'écloserie:
les unes où l'on ne traite qu'une seule espèce de poisson
(écloseries spécialisées) et celles consacrées à plusieurs. La
tendance actuelle penche plutôt pour les écloseries polyvalentes,
en accord avec l'orientation moderne vers l'élevage mixte, ou
polyculture, d'espèces à habitudes alimentaires différentes, qui
permet d'utiliser toutes les ressources nutritives du bassin pour
en tirer le meilleur rendement.
L'établissement d'une écloserie de poissons est soumis à un certain
nombre de préalables:
1) disponibilités d'eau adéquates en quantité et en qualité;
2) superficie de terrain convenant à la construction de bassins, de
bacs d'éclosion, de bâtiments, etc.;
3) force électrique disponible, si possible;
4) facilités de communication et de transport;
5) main-d'œuvre.
L’Eau
L'écloserie utilise de l'eau douce ou de l'eau de mer. Elle peut
provenir de barrages, réservoirs, étangs, rivières, canaux et puits
plus ou moins profonds. Ceux-ci doivent toujours être en parfait
état de fonctionnement car une panne de l'un ou de l'autre peut
entraîner l'arrêt provisoire de l'écloserie et la perte des élevages
en cours.
L'eau douce
L'eau qui alimente l'écloserie est destinée aux bassins de stockage,
aux dispositifs d'incubation et d'élevage des larves.
La température de l'eau est un autre facteur important. Les
poissons des eaux chaudes ont besoin d'une eau entre 20 et 30°C
pour leur reproduction.
On devra tenir compte de ce fait lorsqu'on établira les plans de
l'écloserie: si possible, il faudra prévoir une adduction simultanée
d'eau froide et d'eau chaude, de manière à pouvoir mélanger l'une
avec l'autre pour obtenir la température optimale.
Elle est aussi utilisée pour le nettoyage des équipements, elle doit
donc être propre et si possible de qualité potable.
L'eau douce qui sert au nettoyage des équipements et au rinçage
de tout le petit matériel. Dans chaque salle de l'écloserie sera
placé dans un fût ou un 1/2 fût de 200 litres qui sera rempli tous
les jours et chloré à 40 g/m3. Cette eau va servir à tuer tous les
germes sur les équipements qui ont été en contact avec les
élevages. En fin de journée le fût sera vidé sur le sol pour servir
au nettoyage général de la pièce.
L'adduction d'eau regroupe les techniques permettant d'amener l'eau depuis sa source à
travers un réseau de conduites ou d'ouvrages architecturaux vers les lieux de consommation.
L'eau de mer
L'eau de mer arrive dans l'écloserie par pompage. Le pompage suit
le rythme des marées. Il se fait généralement au début de la marée
montante et sert à remplir une cuve de stockage de 30 m3 afin
d'assurer les besoins en eau pendant 12 heures (durée entre deux
marées).
Le degré de filtration varie selon l'unité à alimenter. Après le
premier pompage, l'eau passe dans un filtre à sable de 50 microns
et arrive directement soit à la nursery, soit dans la cuve de
stockage.
l’eau de mer est rigoureusement
contrôlée.
Elle est donc filtrée mécaniquement
afin d’éliminer les particules
organiques et minérales (1-10
µm),avant de subir un traitement
par rayonnement ultra violet.
L’objectif est d’éviter l’introduction
de bio-agresseurs, principalement
d’origine bactérienne et virale, mais
aussi parasitaire dans les bacs
d’élevage.
La régulation thermique des milieux
d’élevage est parfois nécessaire au
bon développement des animaux.
©Ifremer Argenton
Installation de traitement de l'eau de mer
L'air
L'alimentation en air se fait par une batterie de 3 supresseurs3 mis
en marche en fonction de la demande. Chaque appareil a un débit
qui lui permet d'alimenter l'élevage larvaire. Mais lorsque la
nursery est en production, il faut brancher deux appareils.
L'aspiration d'air doit être dégagée. La fragilité de ces appareils
exige un entretien minutieux.
Description des installations
Un complexe d'écloserie, se compose de quatre éléments:
1) les bassins à reproducteurs, acclimatation des animaux
reproducteurs;
2) l'écloserie proprement dite (incubations des œufs, phase
larvaire).avec les étangs de stabulation et les bassins (ou
bacs) de stockage;
3) les systèmes de premier alevinage;
4) les étangs d'élevage des alevins combiné avec la production.
Elles sont généralement complétées par des zones de
productions primaires (phytoplancton et zooplancton).
Déroulement de la production Bassins à reproducteurs
La reproduction
Le stockage des géniteurs a pour but de leur fournir les
conditions propices pour le développement des gonades en vue
d'obtenir une meilleure reproduction et des œufs bien fécondés.
La mise en bac de maturation permet d'obtenir la maturation
simultanée des femelles, donc des pontes groupées, et également
d'assurer la gestion des stocks et le suivi biologique des géniteurs.
Les espèces élevées sont majoritairement gonochoriques (à sexes
séparés). Il existe pourtant des exceptions comme la dorade qui est
un hermaphrodite protandre (d’abord mâle puis femelle). Le
développement des gonades (testicules et ovaires) avant la
reproduction peut atteindre 20 à 25 % du poids corporel.
Il est possible de tenir entre 20 et 50 reproducteurs, pesant au total
approximativement 150 à 250 kg, dans 1 000 m2 de surface de
bassin. Là où est pratiquée une bonne technique de propagation,
environ 50 à 150 géniteurs d'une seule espèce (40 pour cent de
femelles et 60 pour cent de mâles) suffiront à produire entre 2 et 3
millions d'alevins de 20 à 30 jours.
Autrement dit, deux bassins à reproducteurs, chacun de 2 000 m2
pouvant contenir de 50 à 75 géniteurs de taille normale (de 3 à 6
kg), seront nécessaires pour une seule espèce. Si l'écloserie doit
traiter 5 espèces de poissons, 8 à 10 bassins de ce type couvrant
au total 1,5 à 2 ha suffiraient. On peut mettre ensemble dans le
même bassin des reproducteurs ayant des habitudes
alimentaires différentes.
Mais il n'est pas à conseiller de réduire le nombre des bassins et
d'en augmenter la superficie au-delà de 2 000 m2, parce qu'il
devient alors difficile de prendre à l'épuisette les reproducteurs
quand leur ségrégation par sexe commence à s'imposer.
Les bassins ou étangs à reproducteurs doivent être suffisamment
profonds (1,50 m en moyenne) et largement alimentés en eau.
L'emplacement de ces bassins doit être choisi de manière à ce
qu'il soit gardé contre le vol éventuel des reproducteurs et situé
de préférence à proximité de l'écloserie. Un emplacement plus
éloigné entraînerait des problèmes de transport et obligerait à
une surveillance et une garde spéciales.
Il est recommandé de construire ces bassins à reproducteurs sur
plan rectangulaire: par exemple, de 75 m sur 20, ou de 80 sur 25,
dimensions qui donneront la surface appropriée.
La température de l’eau de mer et la durée de l’éclairage sont
contrôlées, permettant de constituer plusieurs saisons de
reproduction décalées dans le temps afin d’assurer une production
d’œufs à différentes périodes de l’année.
La reproduction est caractérisée par l’expulsion des gamètes
(spermatozoïdes et ovules) émis simultanément dans l’eau ; la
fécondation est effective après quelques secondes en raison d’une
mobilité des spermatozoïdes limitée dans le temps.
L’émission des gamètes est libre ou peut être provoquée par une
induction hormonale ou environnementale. Pour le turbot, la
fécondation artificielle est nécessaire ; les produits génitaux sont
obtenus séparément par pressions abdominales, puis sont réunis
dans un volume réduit d’eau de mer pour la fécondation.
En période de reproduction, les œufs flottants sont évacués du
bassin des animaux reproducteurs par surverse et récupérés dans
un collecteur d’œufs. La ponte d’une femelle peut assurer
plusieurs centaines de milliers d’œufs de petit diamètre (0.9 à 1.2
mm suivant les espèces). La période de ponte s’étale sur 2 à 3
mois.
©Ifremer
Bac de stabulation des animaux reproducteurs
©Ifremer
Recolte des ovules par pression abdominale chez une femelle de turbot
Ils appuient vers les organes génitaux des mâles pour
recueillir la laitance.
L’incubation des œufs
Après la collecte, les œufs viables sont dénombrés puis placés
dans un bac d’incubation. Cette phase correspond à la période
du développement de l’embryon (embryogénèse) à l’intérieur
des membranes de l’œuf ; elle se termine à l’éclosion d’une larve
vésiculée nageante.
La durée de l’embryogénèse est spécifique à chaque espèce. Elle
est également dépendante de la température du milieu d’élevage
dans un intervalle également spécifique à chaque espèce. Ainsi, la
durée de l’incubation de l’œuf du turbot, espèce marine
tempérée, est de 4 jours à une température de 10°C et de
seulement 24 heures pour l’ombrine ocellée et le paraha peue
dont les œufs se développent dans une eau de mer comprise
entre 25 et 30°C.
ombrine
paraha peue
Un incubateur qui peut accueillir 50 000 œufs de saumon
Une structure adaptée à cette phase d’élevage ainsi qu’une densité
optimale d’œufs par unité de volume (1000 à 5000 par litre)
associée à une qualité d’eau de mer du milieu de vie irréprochable
assurent de fortes survies à l’éclosion.
©Ifremer
Embryons de
larves de bar
©Ifremer
Oeuf et larve
d'ombrine
Développement de la larve
La vie trophique de la larve est caractérisée par deux étapes
importantes intimement liées à l’évolution de ses fonctions
physiologiques
La première correspond à l’alimentation endogène à partir des
réserves vitellines de l’œuf. A ce stade, la bouche n’est pas
fonctionnelle ; la croissance enregistrée lors de cette phase est donc
corrélée à la quantité et à la qualité de vitellus, principalement
composé de protéines et de lipides
Après quelques jours, les yeux, la bouche, ainsi qu’une partie du
système digestif, sont fonctionnels. Les réserves vitellines sont en
cours de résorption, la larve doit évoluer rapidement vers une
alimentation exclusivement exogène
Elle a, en effet, quelques jours pour acquérir un comportement de
chasse efficace qui va lui permettre la capture de proies vivantes.
En élevage, la difficulté consiste à créer les conditions de vie
optimale pour que cette transition alimentaire soit effective avant
l’épuisement des réserves vitellines.
Si la réussite de cette étape critique n’est pas assurée, la larve
s’épuise et meurt rapidement.
Bassins de premier alevinage (ou nurseries)
L'élevage des juvéniles, autrement dit du jeune frai qui commence à
se nourrir jusqu'à ce qu'il atteigne une taille de 25 mm, constitue la
phase la plus délicate et la plus critique de la pisciculture. C'est ce
que l'on appelle la gestion de premier alevinage, ou de “nursery”.
un complexe moderne d'écloserie requiert des conteneurs spéciaux
et de petits bassins de terre, si l'on veut obtenir de meilleurs
résultats.
Conteneurs spéciaux. Ce sont des enceintes de 20 à 40 m de long et
larges de 5 à 6 m, d'une surface de 100 à 240 m2, construits
habituellement en briques ou en ciment. Leur charge utile est en
moyenne de 200 000 à 400 000 juvéniles commençant juste à se
nourrir.
Une femelle de 4 à 6 kg qui se reproduit dans de bonnes
conditions peut donner 0,5 à 0,7 kg d'oeufs secs, capables de
produire le nombre voulu de juvéniles pour la mise en charge d'un
conteneur spécial de premier alevinage. Si l'on fait reproduire dix
de ces femelles par semaine, il faudra disposer de 30 à 40 de ces
conteneurs pour élever les juvéniles jusqu'à l'âge de 21 à 28 jours.
Bassins de terre. Un bon bassin de premier alevinage ne doit pas
dépasser 500 à 1 000 m2, étant de forme rectangulaire et large de
10 à 12 m. Le fond du bassin doit rester plat jusqu'à une distance
de 2 m à 2,50 m des parois longitudinales, puis, à partir de là,
former un remblai à environ 45° sur chaque face qui délimite une
espèce de fosse large de 2 à 3 m et plus profonde de 50 cm que la
partie plane du milieu du bassin. Cette fosse sert de refuge aux
juvéniles.
Les larves de poissons marins ont une croissance extrêmement
rapide, dépendante du régime nutritionnel et des facteurs
abiotiques, principalement la température et la photopériode.
Le poids moyen de la larve à l’éclosion va ainsi être multiplié par
plusieurs milliers en quelques mois de vie. La durée de la période
d’élevage en écloserie est conditionnée par la croissance (tab. 1).
En effet, les jeunes poissons ne quittent leur nourricerie que
lorsqu’ils ont atteint un poids de quelques grammes. Ils sont, à ce
stade, robustes et résistants.
Tableau 1 : Évolution du poids moyen de quelques espèces en
écloserie : de la larve à celui du juvénile
L’élevage des larves
Les larves de poissons marins sont planctophages dans le milieu
naturel. La nécessité de maîtriser cette alimentation spécifique
a longtemps été un point de blocage à une production
significative de juvéniles. Le zooplancton du milieu marin, source
naturelle de leur alimentation, semblait approprié.
Des essais de collecte ou de culture de différentes espèces ont
été menés sans succès probants. Ito réussit en 1960 l’élevage en
masse du rotifère Brachionus plicatilis (50-150 µm) en eau de
mer ; l’utilisation de cette proie comme aliment vivant pour les
larves va permettre pour la première fois la production de
milliers de juvéniles.
Juvéniles d'ombrine au 40e jour d'élevage
La chaîne alimentaire, algues unicellulaires, rotifères et crustacés
branchiopodes Artemia salina, correspond aujourd’hui encore à
une alimentation type en élevage, bien que ces proies ne soient
pas présentes dans l’alimentation des larves de poissons marins
dans le milieu naturel.
Elles sont distribuées vivantes dans le bac d’élevage,
manuellement ou à l’aide d’un automate, de manière continue et
contrôlée dans le temps afin de répondre efficacement aux
besoins alimentaires exponentiels des larves. Après 10 à 20 jours
d’élevage suivant l’espèce, la faible taille du plancton devient un
paramètre limitant pour calmer l’insatiable appétit des larves en
cours de développement.
©Ifremer ©Ifremer
Algues unicellulaires Rotifere
cultivées
Chaîne alimentaire des larves de poissons marins en
élevage : Algues unicellulaires utilisées pour
l'alimentation des rotifères, eux-mêmes distribués aux
larves en première alimentation. La croissance rapide
des larves permet la capture et l'ingestion d'un
crustacé qui est une proie de grande taille, et, ceci,
une ou deux semaines après le début de l'élevage
larvaire. ©Ifremer
Artemia
La salle d'algues permet de
cultiver différents types
d'algues appartenant au
phytoplancton.
Il est cultivé, entre autres,
les algues suivantes:
Isochrysis aff galbana,
Skeletonema costatum,
Pavlova lutheri,
Chaetoceros calcitrans.
La salle d'algues
Le sevrage alimentaire est alors une nécessité nutritionnelle et
économique. Il correspond au passage progressif à une
alimentation exclusive en particules inertes d’aliment composé.
Celles-ci ont pour avantages une formulation nutritive maîtrisée et
une fragmentation adaptée à la taille de la bouche des jeunes
poissons. La séquence de sevrage classique en écloserie se déroule
sur une période de 8 à 15 jours selon l’espèce en élevage.
Pendant les premiers jours, des proies vivantes et des particules
inertes sont distribuées simultanément de manière continue aux
larves ; puis, très progressivement, l’apport des proies vivantes
diminue pour définitivement s’arrêter au terme de cette période
charnière de l’élevage.
Une production maîtrisée et contrôlée
Les récents progrès de la recherche en physiologie de la nutrition
ont permis de mettre au point des microparticules recouvrant les
besoins nutritionnels spécifiques des très jeunes larves.
La gamme de taille de cet aliment inerte est comprise entre 50 et
200 µm, soit celles des rotifères et des artémies. Cette nouvelle
formulation permet d’avancer l’âge du sevrage alimentaire ; on
parle alors de sevrage précoce.
Ainsi pour l’ombrine ocellée, les travaux menés entre 2002 et 2007
au laboratoire d’Ifremer ont permis d’avancer du 25ème au 7ème
jour d’élevage la date du sevrage alimentaire et, ceci, sans baisse
de performance. Pour les larves de bar, le progrès est encore plus
significatif puisque les proies vivantes peuvent être
avantageusement remplacées par des microparticules d’aliment
composé dès la première prise alimentaire.
Aujourd’hui, la plus grande précocité du sevrage alimentaire des
larves assure une réduction significative des besoins en plancton
vivant. La suppression partielle ou totale de ces ateliers de proies
vivantes va influer fortement sur la diminution du prix de revient
des juvéniles
Ces avancées en nutrition larvaire ont donc été et restent
essentielles à la pérennisation de la production de juvéniles de
poissons marins.
La qualité du milieu de vie des larves doit être optimisée puis
gérée tout au long du cycle d’élevage. Ainsi la température, la
disponibilité en oxygène dissous, la photopériode et l’intensité de
l’éclairement sont des facteurs primordiaux pour la survie, la
croissance et la conformité morpho-anatomique des animaux
produits.
Un soin particulier doit également être accordé à la mise en place
d’un hydrodynamisme optimal du milieu d’élevage. L’énergie
mécanique générée par le mouvement de la masse d’eau de mer
doit être adaptée à la faible capacité natatoire des jeunes larves.
Elle doit garantir la répartition homogène des proies vivantes et
des particules d’aliment composé dans l’intégralité de la structure
d’élevage.
De même, l’hydrodynamisme doit impérativement assurer
l’évacuation des matières organiques (fèces, aliment non
consommé) qui sont une source potentielle de dégradation de la
qualité de l’environnement de vie des larves. En effet, ces supports
organiques constituent un substrat idéal pour une colonisation
bactérienne pathogène.
Il y a une charte zoosanitaire qui cadre le contrôle des productions
et assure leur traçabilité : échanges internationaux, maladies
classées, certificats vétérinaires et liste des produits
médicamenteux autorisés. Aujourd’hui, les outils de production de
juvéniles mettent en œuvre une démarche prophylactique
rigoureuse depuis la sélection des poissons reproducteurs jusqu’à
la vente des juvéniles, finalité de la production.
Cette démarche préventive correspond à une politique sanitaire
rigoureuse qui doit permettre de minimiser l’introduction et la
dissémination des pathogènes au sein de l’outil de production.
Elle se caractérise par un contrôle de la qualité sanitaire des
intrants de l’écloserie (eau de mer, air, matériel biologique), par la
segmentation des ateliers de production et par une sensibilisation
et une formation du personnel. Cette approche doit permettre de
confiner les produits médicamenteux à un volet strictement
curatif lors d’une pathologie avérée.
Après l’écloserie
Après quelques mois dans leurs bacs d’élevage au sein de
l’écloserie, les jeunes poissons ont atteint un poids moyen de
quelques grammes. A ce stade de développement, ils sont aptes
à poursuivre leur cycle de vie en cages flottantes en mer ou dans
des structures d’élevage à terre positionnées sur la bande
littorale côtière. Les écloseries françaises produisent chaque
année plus de 60 millions d’alevins de poissons marins dont
environ 60 % sont exportés en Europe.
Dès que la ponte est intervenue dans les bassins d’élevage, les œufs sont
transférés et stockés dans une salle dédiée à cet effet : "l’écloserie. Au bout
de quelques jours, de petites larves apparaissent progressivement à
l'intérieur de l'œuf, Peu à peu, ces dernières se libèrent de leur membrane
qui les gardait prisonnière à l'intérieur de l'ovocyte et commencent à nager
dans les bassins d'élevage, prêt à les accueillir.
Après une semaine d'éclosion, il est alors temps de nourrir
toutes ces petites larves de poissons avec une alimentation
naturelle constituée principalement de petits crustacés
aquatiques ; le nauplii d'artémia
alvinage
Quelques semaines après l'éclosion, les petites larves de poissons
sont transférées de l'écloserie à l'unité d'alevinage.
Pré-Grossissement
Ces alevins devenus suffisamment grands sont transférés de
l'écloserie vers une nouvelle enceinte d'élevage où ils pourront
parfaire leur développement.
A ce stade du développement, ces jeunes poissons peuvent doubler
en l'espace d'une quinzaine de jours. Une fois atteint une taille
suffisante d'environ 30 à 40 g, ces derniers peuvent alors être
transférés de nouveau dans une nouvelle enceinte d'élevage appelé
"grossissement"...
Grossissement
Ces alevins devenus de jeunes poissons forts et robustes ; sont à
nouveau transférés dans une nouvelle enceinte appelé
"grossissement".
A ce stade, ils vont pouvoir parfaire leur croissance qui une
fois atteint une taille suffisante pourront être vendues
larves de daurades