NOVEMBRE 2024
PREVENTION DE LA TRANSMISSION DE LA MERE A
L’ENFANT(PTME)
I- INTRODUCTION
La PTME du VIH est un domaine dynamique qui évolue rapidement, publié en 2010, les lignes
directives actuelles de l’OMS sur l’utilisation des antirétroviraux (ARV) pour la PTME afin de
traiter la femme enceinte et prévenir l’infection du nourrisson ont été une étape majeure pour
l’utilisation des schémas efficace. Ses lignes directives mettent l’accent sur l’importance de
fournir un traitement ARV à vie à toute femme enceinte infectée par le VIH remplissant les
critères pour recevoir se traitement et recommande 02 options de prophylaxie (option A et option
B).
Une 3e option (option B+) a vu le jour. Elle consiste à fournir un traitement ARV à vie à toute
femme infectée enceinte par le VIH quel que soit le nombre de cellule CD4. Cette mise à jour
permet de réévaluer les préférences entre l’option A et l’option B pour la prophylaxie chez la
femme enceinte infectée par le VIH qui n’a pas besoin d’un traitement pour sa propre santé et de
peser les avantages et les autres considérations potentielles de l’utilisation de l’option B+ dans
une perspective de santé publique.
GENERALITES SUR LA TRANSMISSION MERE ENFANT (PTME)
I.1. Définitions :
TME : Transmission mère enfant du VIH
PTME : Prévention de la transmission mère enfant du VIH. C’est un ensemble d’interventions
mise en œuvre pour éviter que l’enfant ne soit contaminé par le VIH par sa mère.
e-TME : Elimination de la transmission du VIH de la mère a l’enfant
I.2. Fréquence de la transmission
En l’absence de toute action de prévention, le taux de transmission du VIH de la mère à l’enfant
est de 25% à 45% dans les pays en voie de développement.
I.3. Moments de la TME
La transmission du VIH de la mère a l’enfant peut survenir au cours de la grossesse, au cours de
l’accouchement et après l’accouchement par l’allaitement maternel.
Le risque de transmission au cours de la grossesse commence vers le deuxième trimestre et
augmente progressivement du fait des contractions utérines qui deviennent d’autant plus
fréquentes et intenses que la grossesse évolue vers son terme.
L’accouchement constitue la période de plus grand risque de la TME du VIH car l’enfant n’est
plus protégé par les membranes et est en contact direct avec le sang et les secrétions maternelles
infectés par le VIH.
Le risque de la TME du VIH au cours de l’allaitement est d’autant plus élevé que celui-ci se
prolonge dans le temps par effet cumulatif.
Le tableau ci-dessous récapitule les estimations du risque de transmission du VIH de la mère à
l’enfant par période.
Fréquence estimée du risque de TME du VIH par période.
Pendant la grossesse 10-20%
Pendant le travail et l’expulsion 30-40%
Pendant l’allaitement 15-30%
Taux de transmission sans allaitement 15-25%
Taux de transmission avec allaitement jusqu’à 6mois 25-35%
Taux de transmission avec allaitement jusqu’à 6- 12 mois 30-45%
I.4. Mécanismes de la TME du VIH
La TME peut se faire in utero, en per partum et dans le post partum.
I.4.1. Transmission in utero
Elle peut se faire par :
Le placenta qui contient des cellules qui expriment les récepteurs CD4 et peuvent être infectées
par le VIH à tous les stades de la grossesse.
le liquide amniotique infecté où le VIH se trouve à l’état libre ou bien combiné aux cellules.
des micros transfusions lors des échanges qui se font entre la femme enceinte et son fœtus au
cours de la grossesse. Ce phénomène est d’autant plus accentué que la grossesse évolue vers son
terme.
I.4.2. Transmission per partum
Elle s’explique par deux mécanismes :
Le contact direct du fœtus qui n’est plus protégé avec les liquides biologiques infectés (le sang
maternel, liquide amniotique et les secrétions génitales) lors de son passage dans la filière
génitale.
Le traumatisme obstétrical pouvant être à l’origine des lésions cutanées et muqueuses diverses
qui mettent le sang de l’enfant en contact direct avec celui de la mère ainsi que de ses secrétions
tous infectés par le VIH.
Les contractions utérines encore plus intenses et prolongées au cours de l’accouchement y jouent
un rôle favorisant.
I.4.3. Transmission post-natale
Elle s’effectue essentiellement par l’allaitement maternel. Le VIH se trouve dans le lait maternel
à l’état libre et sous forme inclus dans les cellules.
A la faveur de la perméabilité de la muqueuse digestive et de l’immaturité de son système
immunitaire au début de la vie, le VIH contenu dans le lait maternel ingéré par l’enfant peut
traverser cette muqueuse, pénétrer dans son torrent sanguin et entrainer une infection à VIH.
I.5. Facteurs influençant la TME
De nombreux facteurs augmentent le risque de la TME du VIH :
I.5.1. Facteurs viraux :
Le VIH1, du fait de sa réplication plus rapide et de sa plus grande virulence par rapport au VIH2,
présente un plus grand risque de transmission de la mère a l’enfant. Ce risque est estimé à 25%
pour le VIH1 et seulement de 1% pour le VIH2.
I.5.2. Facteurs maternels :
Stade avancé de l’infection à VIH (SIDA)
Primo infection
Taux de CD4 abaissé
Charge virale élevée
Mauvais état nutritionnel
Anémie
Carence en vitamine A
I.5.3. Facteurs obstétricaux :
Accouchement vaginal plus que par césarienne
Accouchement instrumental (par forceps ou ventouse)
Rupture prolongée des membranes (>4 heures)
Travail prolongé
Manœuvre par version externe ou interne
Procédures obstétriques invasives : épisiotomie, rupture artificielle des membranes,
amniocentèse, biopsie des villosités chorioniques, etc.
I.5.4. Facteurs fœtaux :
− Prématurité
− Hypotrophie
− Premier né dans un accouchement multiple
I.5.5. Facteurs liés aux modalités de l’allaitement
− Allaitement maternel non protégé (par les ARV)
− Allaitement mixte
− Allaitement prolongé dans le temps
− Lésions mammaires : mastite, fissures de mamelon, abcès du sein
− Mauvais état nutritionnel de la mère
− Affections buccales chez le bébé: candidose, stomatite, ulcérations…
De tous ces facteurs, la charge virale élevée de la mère est celui qui augmente le plus le risque de
TME du VIH.
Certains cofacteurs infectieux sont susceptibles de limiter le bénéfice du traitement antirétroviral
ou d’augmenter le risque de TME du VIH. Il s’agit:
− De la chorioamniotite
− Des IST
− Du paludisme (augmente la TME du VIH par le biais d’une placentite)
Principaux facteurs de risque de TME du VIH
Grossesse Travail et accouchement Allaitement maternel
Charge virale élevée (infection récente ou stade avancée du sida)
Charge virale élevée (infection récente ou stade avancée du sida Infection virale, bactérienne ou
parasitaire du placenta (paludisme)
Rupture des membranes de plus de 4 heures
− Durée et mauvaise pratique de l’allaitement au sein
− Maladies des seins : mastites, crevasses, infections…
Infections sexuellement transmissibles (IST)
Procédures invasives de l’accouchement qui augmentent le contact avec le sang infecté des
muqueuses génitales de la femme (épisiotomie, monitoring du scalp fœtale)
Introduction avant 6 mois de l’alimentation de complément(aliments, liquides et ou du lait
artificiel)
Malnutrition maternelle (cause indirecte)
Premier né d’un accouchement multiple
Alimentation insuffisante ou déséquilibrée de la mère Chorioamniotite Affections buccales chez
l’enfant (muguet, stomatite, ulcérations, etc.)
II. STRATEGIES DE PREVENTION DE LA TME DU VIH AU CAMEROUN
Le Cameroun articule sa stratégie de prévention de la TME du VIH autour de trois axes
principaux pour optimiser ses résultats :
II.1. L’intégration de la PTME et de la santé maternelle, néonatale et infantile (SMNI) :
L’objectif ici est de faire usage de tous les points d’entrée aux soins de la SMNI (CPN, maternité,
service de vaccination, service de suivi post natal, service de planning familial, etc.) pour
identifier tous ceux qui ont des besoins à satisfaire afin de les leur offrir. Les services à offrir
peuvent être en rapport :
− Assurer l’information et la sensibilisation pour le changement de comportement
− Promouvoir des pratiques sexuelles à moindre risque :
Abstinence pour les adolescents et les jeunes non encore sexuellement actifs
Fidélité à un seul partenaire non infecté au sein des couples
Utilisation correcte du condom pour tout rapport sexuel à risque
− Faciliter l’accès aux condoms (masculins et féminins)
LES PILLIERS DE LA PTME
Pilier 1 :Prévention primaire de l’infection chez les jeunes et les femmes en âge de procreer
Pilier 2 :Prévention des grossesses chez les femmes vivant avec le VIH
Pilier 3 :Prévention de la TME au cours de la grossesse et de l’allaitement
Pilier 4 :Traitement, soins et soutien aux femmes vivant avec le VIH et leurs familles
− Diagnostiquer et traiter précocement les IST
− Rendre le conseil et dépistage du VIH largement disponibles
− Offrir des conseils appropriés de prévention aux femmes séronégatives
Pilier 2 : Prévention des grossesses non désirées chez les femmes séropositives
− Faire systématiquement le conseil de planning familial (PF) à tous les points d’entrée de la
SMNI
− Offrir une méthode de contraception sure et effective à toute les femmes qui en ont besoin
− Promouvoir les pratiques sexuelles plus sures (utilisation systématique et correcte des
préservatifs)
Pilier 3 : Prévention de la TME du VIH
− Faire systématiquement et précocement le dépistage du VIH chez toute femme enceinte en
première CPN
− Instituer le traitement ARV chez toute femme enceinte séropositive le plus tôt possible suivant
le diagnostic de l’infection à VIH
− Promouvoir le comportement sexuel à moindre risque
− Conseiller l’accouchement dans une formation sanitaire
− Respecter les bonnes pratiques au cours de l’accouchement
− Conseil à l’allaitement pour le bébé
− Assurer la prise en charge (PEC) médicale et psychosociale
− Apporter le soutien nécessaire pour l’observance du traitement ARV
− Dépister et traiter toute pathologie pouvant majorer le risque de TME (infections urinaires et
cervico-vaginales)
− Interrompre rapidement l’exposition postnatale du bébé au sang et secrétions maternelles par
bain de l’enfant dans une solution antiseptique tiède
− Administrer la Névirapine prophylactique chez le bébé
− Initier l’alimentation à moindre risque pour le bébé
Pilier 4 : Traitement, soins et soutien pour les femmes VIH+ et tous les membres infectés de leur
famille
− Faire le dépistage du VIH des partenaires ainsi que des autres enfants des femmes enceintes et
des mères séropositives
− Offrir le traitement, soins et soutien à toutes les femmes séropositives ainsi qu’à leur partenaire
et enfants infectés par le VIH
− Assurer le suivi clinique et biologique suivant les recommandations nationales
− Apporter le soutien nécessaire pour favoriser la rétention et l’observance du traitement
− Organiser un système de contact et de collaboration avec les services communautaires pour une
prise en charge holistique et appropriée.
II.2. L’approche familiale de la prise en charge de l’infection à VIH
L’objectif ici est d’utiliser la personne infectée déjà identifiée (la femme ou son enfant) comme
index pour accéder aux autres membres de la famille (partenaire sexuel et/ou les autres enfants)
afin de leur offrir tous les services de santé dont ils ont besoin (dépistage du VIH, traitement
ARV, tout autre service de santé).
Cette approche présente l’avantage d’une prise en charge clinique et psychosociale globale de
tous les membres de la famille à laquelle le soutien mutuel peut être apporté par chacun de ses
membres.
II.3. La délégation des tâches/décentralisation des services
L’objectif ici est de rapprocher les services de santé le plus près possible des bénéficiaires pour
optimiser leur utilisation adéquate et le meilleur impact possible sur la santé de la population.
A cet égard et pour pallier au déficit en personnel qualifié nécessaire au continuum des soins à
apporter aux clients, la formation et la délégation des tâches sont nécessaire.
Elles permettent au personnel de niveau moins élevé d’effectuer les taches généralement
dévolues au personnel d’un niveau supérieur et d’assurer ainsi le continuum de l’offre des
services de santé dont les populations ont besoin.
II.4. La mise en œuvre de l’option B+ pour la PTME
A l’image des pays tel que le Malawi, l’Ouganda, le Rwanda, ou le Kenya qui l’avaient déjà fait
auparavant, le Cameroun a adopté en Aout 2012 l’option B+ pour son programme national de
PTME.
Cette approche préconise l’initiation systématique du traitement ARV chez toute femme enceinte
séropositive quel que soit son stade clinique ou la valeur de ses CD4. Ce traitement doit ensuite
être poursuivi pendant toute la grossesse, pendant l’accouchement, la période de l’allaitement et
au-delà, à vie.
A la faveur de la délégation des tâches et de la décentralisation des services VIH, le traitement
antirétroviral nécessaire pour la prise en charge adéquate de la femme enceinte et de la mère
séropositive ainsi que de l’enfant infecté par le VIH pourra être prescrit et suivi par le personnel
de santé de formations sanitaires de tous les niveaux de la pyramide sanitaire.
III. PRISE EN CHARGE DE LA FEMME ENCEINTE AU SEIN DU PROGRAMME DE
PTME
III.1. La consultation prénatale : principale porte d’entrée dans le programme de PTME
L’objectif du suivi de la grossesse est de :
Favoriser son bon déroulement
Prévenir la TME du VIH
La consultation prénatale constitue la porte d’entrée principale de la femme enceinte dans le
programme de PTME. Les autres services ou une femme enceinte peut être identifiée et qui
constituent d’autres portes d’entrée dans la PTME sont: la maternité, le service de suivi post natal
de la mère et de l’enfant, le service de vaccination, le service de planning familial, etc.
A- DEFINITION
PTME : C’est un ensemble d’interventions mises en œuvre pour éviter que l’enfant ne soit
contaminé par le VIH par sa mère.
C’est aussi un ensemble des interventions, des activités ou des actions mises en œuvre pour
réduire le risque de transmission du VIH de la mère à l’enfant pendant la grossesse,
l’accouchement et toute la durée de l’allaitement.
B- EPIDEMIOLOGIE DU VIH2.1
. Situation de l’épidémie de VIH en population générale
L'épidémie à VIH au Cameroun est de type mixte (généralisée et concentrée). La
transmission du VIH se fait principalement par contact hétérosexuel. Bien qu'une
baisse progressive de la prévalence du VIH, au sein de la population adulte de 15-49
ans ait été notée entre 2004 (5,4 %,), 2011 (4,3%) et 2018 (2,7%), le rythme reste
cependant lent et la prévalence du VIH est toujours élevée, plaçant le Cameroun à la
1ère place des pays de la région Afrique du Centre et de l’Ouest (AOC) qui porte le
poids de l’épidémie, devant le Nigéria. Selon les rapports du CNLS,en 2023, plus de
55000 patients avaient été déclaré VIH + et parmis lesquelles 15000 étaient les FEC et
allaitante . Les femmes de 15 à 49 ans sont touchées de manière disproportionnée par
rapport aux hommes de la même tranche d’âge. L’évolution décroissante est similaire
dans les deux sexes et le différentiel femmes/hommes persiste depuis 2004, avec un
sexe-ratio d’environ 2/1.Selon la dernière enquête EDS 2018, les disparités selon les
tranches d’âge et le sexe demeurent très marquées. Si, chez les 15-19 ans la
prévalence est quasiment la même chez les hommes que chez les femmes, l’écart se
creuse à partir de la tranche 20-24 ans. De manière globale, la prévalence plus élevée
chez les femmes que chez les hommes (3,4% versus 1,9% chez les 15-49 ans)
s’observe dans toutes les tranches d’âge après l’âge de 19 ans. Partant de 0,8% parmi
les jeunes filles de 15-19 ans, la prévalence du VIH augmente très rapidement chez les
femmes pour atteindre un maximum de 6,5% chez les 35-39 ans ; elle décroit ensuite
à 4,9% pour la tranche d’âge des 45-49 ans pour se stabiliser à 4,8% pour la tranche
d’âge des 50-64 ans. En revanche, chez les hommes, la prévalence du VIH est plus
élevée dans la tranche d’âge des 35-39 ans. En effet, partant de 0,7% parmi les 15-19
ans pour atteindre 3,6% pour la tranche d’âge 35-39 ans, avant de décroitre à 1,8%
pour les personnes de 45-49 ans et se stabiliser à 1,9% parmi les personnes de 50-64
ans. La baisse de la prévalence dans la tranche d’âge 40-44 ans attire l’attention sur
une éventuelle surmortalité de la population VIH au cours de cette période de vie. La
même enquête a montré que les tranches d’âge 35-39 ans et 40-44 ans sont les plus
touchées par le VIH pour les deux sexes.La prévalence du VIH est restée stable chez
les hommes de 15 à 19 ans depuis près de 15 ans, celle-ci a baissé de moitié entre
2004 et 2011 chez les 20-24 ans mais est aussi restée stable entre 2011 et 2018 dans ce
groupe d’âge.
Selon EDS (enquête démographique de santé) 2018, la prévalence du VIH est de 2,7% ; chez les
femmes enceinte elle est de 5,7% en 2016 (enquête sentinelle). Le taux de transmission du VIH à
18 mois est de 15%(ONU SIDA 2018). Le taux de dépistage du VIH chez la femme enceinte est
de 95,8%.
Le nombre de nouvelles infections chez les moins de 15 ans a augmenté de 26,2% en 2020.
Seul 368 enfants (62,5%) ont été mis sur ARV en 2020. La couverture chez les enfants et les
adolescents en ARV reste faible (rapport CNLS“ comité national de lutte contre le SIDA “
2020)
NB : la norme voudrait qu’entre « 32-36 semaines d’aménorrhées ait je un taux depoli CD4
indétectable
Le Cameroun articule sa stratégie de prévention de la transmission mère enfant du VIH autour de
quatre (04) axes principaux :
Intégration de la PTME et de la santé maternelle, néonatale et infantile
L’approche familiale de la prise en charge de l’infection à VIH
La délégation des taches / décentralisation des services
La mise en œuvre de l’option B+ pour la PTME
Cette approche préconise l’initiation systématique du traitement ARV chez toutes les femmes
enceinte séropositive quel que soit son stade clinique pour la valeur CD4.
Ce traitement doit ensuite être poursuivie pendant l’accouchement, la période de l’allaitement au-
delà à vie.
*_ ALGORITHME DE DEPISTAGE DU VIH CHEZ LA FEMME ENCEINTE
Le dépistage du VIH doit être fait selon l’algorithme national. L’utilisation successive de 02 tests
est obligatoire :
-le 1er test doit être très sensible
- le 2nd test doit être spécifique
Le résultat négatif du 1er test suggère que la femme est séronégative, et son résultat doit être
rendu comme tel. Cette femme doit néanmoins être conseillée pour refaire se test après 03 mois.
L’affirmation du diagnostic du VIH chez la femme enceinte ne doit se faire que sur la base d’un
1er test positif au moyen d’un test rapide de très grande sensibilité et d’un test de confirmation lui
aussi positif au moyen d’un 2e test rapide de très grande spécificité. En cas de discordance de ces
02 résultats, il convient de faire un 3e test au moyen d’un test de très grande spécificité. Le
résultat négatif de se 3e test suggère que la femme est séronégative et doit répéter son test après
03 mois. Le résultat positif de ce test permet d’affirmer que la femme enceinte est séropositive et
doit être enrôlée et initiée au traitement antirétroviraux (TARV).
6- PRISE EN CHARGE DE LA FEMME ENCEINTE EN PTME
(Avant de faire un touché on fait d’abord le lavage vulvaire. Le touché se fait après 2h chez la
femme normale ; et 4h après chez la femme séropositive. Les BDC se prennent après 30 min)
La CPNR est un moyen efficace pour dérouler le programme de PTME. Les 04 grands
objectifs sont :
° la prévention : détection des complications et des maladies, test de dépistage du VIH, bilan
prénatal, VAT, TPI
°La promotion de la santé : alimentation du bébé, planning familial, l’hygiène
°La détection et le traitement précoce des problèmes et des complications : VIH, IST, HTA
°Préparation à l’accouchement : le transport, le lieu, le donneur de sang
*Calendrier de CPNR
- 1er cpnr= dès la grossesse : avant 16 SA
-2e cpnr=24e – 28e SA
-3e cpnr= 32e SA
-4e cpnr= 36e SA
Visites supplémentaire chaque fois que c’est nécessaire
Nouvelle recommandation de l’OMS sur les CPNR (2016)
Suivant le nouveau modèle de l’OMS pour les soins prénatals, le nombre de consultations
prénatales passe de quatre à huit. Des données récentes indiquent que l’augmentation de la
fréquence des consultations prénatales dans le système de santé pour les femmes et les
adolescentes est associée à une probabilité plus faible de survenue de mortinaissances, car ces
consultations offrent plus d’occasions de détecter et de prendre en charge d’éventuels problèmes.
Le fait de prévoir 8 consultations au lieu de 4 permet de ramener le taux de mortalité périnatale à
8 pour 1000 naissances.
Ce nouveau modèle fait augmenter le nombre d’examens de la mère et du foetus afin de
détecter des problèmes, améliore la communication entre les prestataires de soins et les femmes
enceintes et accroît la probabilité que la grossesse connaisse une issue positive. Il préconise
qu’une première consultation ait lieu au cours des 12 premières semaines de grossesse et que les
consultations suivantes soient prévues aux 20e, 26e, 30e, 34e, 36e, 38e, et 40e semaines.
«Des consultations plus fréquentes et de meilleure qualité pour toutes les femmes au cours
de la grossesse faciliteront l’application de mesures préventives et la détection précoce des
risques, éviteront autant que possible les complications et permettront de remédier aux inégalités
sanitaires», dit le Dr Anthony Costello, Directeur du Département Santé de la mère, du nouveau-
né, de l’enfant et de l’adolescent de l’OMS. «Les soins prénatals sont essentiels pour les
primipares. Ils détermineront comment celles-ci auront recours aux soins prénatals lors de
grossesses futures», a t-il ajouté.
Les nouvelles lignes directrices comportent 49 recommandations qui précisent les soins et
conseils dont les femmes enceintes devraient bénéficier à chaque consultation dans le système de
santé, y compris en ce qui concerne l’alimentation saine et la nutrition optimale, l’exercice
physique, la consommation de tabac et l’abus de substances psychoactives, la prévention du
paludisme et de l’infection à VIH, les analyses de sang et la vaccination antitétanique, la mesure
du foetus, notamment à l’échographie, et la prise en charge des symptômes physiologiques
courants tels que les nausées, les douleurs dorsales et la constipation.
«Les conseils en matière d’alimentation saine, de nutrition optimale et concernant les
vitamines et les minéraux que les femmes doivent prendre pendant la grossesse peuvent favoriser
considérablement le développement et la santé de l’enfant pendant et après la grossesse», dit le
Dr Francesco Branca, Directeur du Département Nutrition pour la santé et le développement de
l’OMS.
En recommandant l’augmentation du nombre de consultations prénatales, l’OMS cherche
à améliorer la qualité des soins prénatals et à faire baisser la mortalité maternelle et périnatale
dans toutes les populations, notamment chez les adolescentes et les femmes qui vivent dans des
régions difficiles d’accès ou en proie à des conflits.
Les recommandations de l’OMS laissent aux pays une certaine latitude quant au choix des
options concernant la mise en œuvre des soins prénatals, selon leurs besoins. Cela signifie, par
exemple, que les soins peuvent être prodigués par des sages-femmes ou d’autres soignants, dans
des établissements de santé ou dans le cadre de services communautaires de proximité. Les
consultations prénatales doivent s’accompagner d’une prise en charge et d’un soutien tout au long
de la grossesse.
Exemples de recommandations:
Le modèle de soins prénatals préconise au moins 8 consultations pour faire baisser la
mortalité périnatale et offrir aux femmes des soins de meilleure qualité.
On trouve des conseils sur l’alimentation saine et la pratique d’exercice physique pendant
la grossesse.
Une supplémentation quotidienne en fer et en acide folique, par voie orale, est
recommandée à raison de 30 mg à 60 mg de fer élémentaire et de 400 µg (0,4 mg) d’acide folique
pour les femmes enceintes afin de prévenir l’anémie, la septicémie puerpérale et les naissances
prématurées.
La vaccination antitétanique est recommandée, selon le statut vaccinal de la femme
enceinte, afin d’éviter que le tétanos n’entraîne le décès du nouveau-né.
Une échographie avant la 24e semaine de grossesse est recommandée afin d’estimer l’âge
gestationnel de l’enfant, d’améliorer la détection des anomalies fœtales et des grossesses
multiples, de réduire le nombre d’accouchements provoqués en cas de grossesse prolongée et
d’améliorer l’expérience des femmes.
Les soignants devraient, le plus tôt possible au cours de la grossesse et à chaque
consultation prénatale, interroger toutes les femmes enceintes sur leur consommation (passée et
actuelle) d’alcool et d’autres substances.
NB :Quelques soit l’âge gestationnel, le test de VIH est recommandé d’être fait tous les
3mois jusqu’à ce que l’enfant ait entre 18-24 mois de vies .
*PROTOCOLE DE 1ere LIGNE, 1ere INTENTION
Nouveau protocole : TDF/3TC/DTG_ (TLD)/TDF+3TC+EFV
3TC=lamicridine
TDF=tenofovir
DTG=dolutegravir
Ancien protocole : TDF/3TC/EFV _(TELE)
EFV(1CP/JR) = Efavirenz 600 : se prend au couché à cause de ses effets. Il a été remplacé par
DTG=dolutegravir
TDF/3TC+ABC
TDF/3TC+ATV/r
ABC=abacavir
2INNTI (deux inhibiteurs non nucléidique de la transmitase inverse)
2INNTI+1INTI=FORMULE ARV
Chez la femme enceinte, la molécule PTME
1ere intension: TDF/3TC/DTG__TLD
2e intention: TDF/3TC/EFV (400g, 600g) __TELE
Une personne séropositive ayant la tuberculose est classée selon l’OMS au stade 3
CAS CLINIQUE
Une femme séropositive avait comme molécule AZT+3TC+NVP (nevirapine), tombe
enceinte. On va changer sa molécule en TDF/3TC/DTG (TLD)
AZT=cause l’anémie
NVP=ne va pas avec la tuberculose
NB :Si le traitement antirétrovirale est bien pris, cest a dire une bonne observances
thérapeutique est respecté,le taux de transmission de la TME VIH est de moins de 1% a
cause de la charge virale qui est indétectable d’où le slogan
« INDETECTABLE=INTRANSMISSIBLE »
LE SUIVI DE L’ENFANT EXPOSE AU VIH
De la naissance à 18 mois de vie, le suivi de l’enfant exposé au VIH est un élément capital pour
la prise en charge précoce des enfants infectés par le VIH. L’enfant sera vu régulièrement suivant
le calendrier du PEV pour éviter les rendez-vous itératifs favorisant la stigmatisation. La durée de
ce suivi se prolongera jusqu’à l’âge de 18 mois.
Avant 18 mois, on fait les tests virologiques (PCR 1 A 6Mois, 9MOIS PCR 2).
Après 18 mois, on fait le test sérologique.
LES OBJECTIFS DE SUIVI DE L’ENFANT EXPOSE AU VIH
- Donner les soins au nouveau-né
- Faire le diagnostic précoce (6 SA)
- Administrer les ARV prophylaxique, les différer en cas d’inhalation du liquide
amniotique
- Détecter l’apparition des signes cliniques évocateurs
- Donner les conseils nutritionnels
- Donner les conseils sur la vaccination
- La fréquence du suivi est de JO et JO6 pris une fois par mois au moins jusqu’à 6 mois
puis tous les 3 mois
- A chaque consultation il faut surveiller la croissance staturopondérale
- Surveiller le développement psychomoteur et neurologique
- Surveiller l’état de la peau et des muqueuses.
Un enfant asymptomatique reçoit tous les vaccins, un enfant symptomatique ne reçoit
pas le BCG et la POLIO. A 6 semaines on introduit le BACTRIME/Cotrimoxazole et
on fait le test précoce (test sérologique) =PCR
La NEVIRAPINE se prend dès la naissance en l’espace de 72H. Elle se prend
pendant 12h si la maman était sur ARV, c’est à dire qu’elle a été dépistée tôt.
- Administrer la névirapine sirop dès les 12h qui suive l’accouchement
- Donner la NVP prophylactique 1cp /jr pendant 6 semaines si la mère a pris son
traitement ARV au moins 4 semaines avant son accouchement. Si elle a pris
moins de 4 SA on donne la NVP jusqu’à 12 SA
POSOLOGIE DE LA NIVERAPINE PROPHYLATIQUE
- Le poids de l’enfant : 2000 à 2499g
10mg en une seule prise (1mg), pds ≥ 2500g. 1ml=10mg
- -15mg une seule prise (1,5ml)
- -2000g 2mg/kg (0,2 ml/kg/jr jusqu’à 2000g
Un dépistage de la tuberculose doit être réalisé chez tout enfant quel que soit son âge après
exposition à un cas de tuberculose. Si une tuberculose est exclue, le traitement préventif à
l’INH (anti tuberculeux) à la dose de 10mg/kg/jr pendant 6 mois doit être proposé avec un
suivi régulier en :
- Tout enfant de –5 ans quel que soit son statut par rapport au VIH
- Tout enfant infecté par le VIH âgé de moins de 12 mois qui a été en contact avec un
cas de tuberculose
- Tout enfant infecté par le VIH de moins de 12 mois même en l’absence de contact
avec un cas de tuberculose.
EXAMEN DU PLACENTA
- Conduite à tenir lors du travail et de l’accouchement
- Surveillance du travail et de l’accouchement à l’aide d’un parthogramme
- Touchés vaginaux avec antiseptique pendant tous les 4h
- Eviter les gestes tel que : touchés vaginaux répétés, rupture artificielle ou protégée
des membranes, épisiotomie, accouchement instrumentaux, traumatisme fœtaux,
décollement des membres ou striping
- Faire l’AGATPA
- Examen du placenta et de membranes
- Examen de la filière génitale
- Laver l’enfant
- Habiller l’enfant
- Alimenter l’enfant soit au sein ou au lait artificiel
On pas le test précoce avant 6 semaines parce que l’enfant porte encore les antigènes de sa
mère.
On fait le 1er test précoce à 6 semaines, si négatif faire le 2nd (PCR) à 9 mois
DOSAGE DE COTRIMODAZOLE
Pds en kg 120mg Cp 240mg sp 480mg
1-4,9 1 2,5ml/jr ¼ CP/JR
5-9,9 2 5 ml/jr ¼ CP/JR
10-2,5 4 10 ml/jr 1 CP/JR
>25 ____ _____ 2 CP/JR
LE DIAGNOSTIC PEDIATRIQUE DU NOURRISSON
- Les outils diagnostic
Le diagnostic biologique est indispensable pour confirmer une infection à VIH chez l’enfant.
Deux types de tests biologiques peuvent être utilisé :
- Le test virologique par PCR permettant le diagnostic précoce
- Le test sérologique (test rapide)
Le but du diagnostic biologique est de réaliser un diagnostic pédiatrique précoce des
nourrissons exposés par le VIH et initier immédiatement un traitement ARV chez les
enfants infectés par le VIH.
EN CAS D’ALLAITEMENT
En cas d’allaitement, il existe un risque de contamination pendant l’allaitement. Ainsi un enfant
allaité est considéré définitivement comme non infecté, si la PCR ou la sérologie à 6 semaines
après la fin d’allaitement est négatif.
Si le nourrisson est infecté, le test biologique définissant son statut final devra être réalisé 6
semaines après l’arrêt de l’allaitement maternel.
Un enfant exposé au VIH est considéré comme non infecté par le VIH si l’enfant n’est plus allaité
depuis au moins 6 semaines et si la PCR ou la sérologie est négative.
Un enfant exposé au VIH est considéré comme infecté si la 1ere PCR est positive. Toujours une 2e
PCR de confirmation est nécessaire du fait des risques d’erreur, de manipulation ou
d’étiquetage. Le traitement devra être immédiatement initié et ce même avant les résultats de
confirmation.
CALENDRIER DE SUIVI DU NOUVEAU-NE
- J-0 : réaliser les soins au nouveau-né (soin du cordon…), test ou score d’APGAR.
- Administrer la prophylaxie
- Initier l’alimentation du nouveau-né le plutôt (lutte contre l’hypoglycémie, stimuler le
lait)