UFR SATIC Année: 2015/2016
Département de Mathématiques Date: 21/12/2016
Responsables: Pr. Faye et Dr. Gaye Durée: 03 Heures
Corrigé de l’Examen d’Analyse 4: Deuxième session, Licence 2 MPCI/SID
Exercice 1. Dans cet exercice, on utilise {e1 , . . . , en } pour désigner la base canonique de
Rn . Plus précisément, ei représente le vecteur unitaire (0, . . . , 0, 1, 0, . . . , 0)T de Rn dont
la i-ème composante vaut 1 et les autres composantes valent 0.
Soient Ω un sous-ensemble ouvert de Rn , a ∈ Ω et f : Ω → R une application à valeurs
réelles définie sur Ω.
1) a) Rappeler les notions de continuité et de différentiabilité de f en a.
Dans la suite, on utilise kzk pour indiquer la norme euclidienne du vecteur z ∈ Rn
avec n entier strictement plus grand que 1. Lorsque n = 1, kzk est la valeur absolue
de z ∈ R et elle sera notée par |z|.
Étant donné que les normes sur Rn sont équivalentes, le choix de la norme
euclidienne n’est pas nécessaire.
On dit que f est continue en a si limh→0 f (a+h)−f (a) = 0. En d’autre termes,
f est continue en a si pour tout ε > 0 il existe δ > 0 tel que |f (a + h) − f (a)| ≤ ε
pour tout h ∈ Rn satisfaisant a + h ∈ Ω et khk ≤ δ. (1 point)
On dit que f est différentiable en a si il existe une (unique) application linéaire
continue Df (a) : Rn → R (appellée la différentielle de f en a) telle que
|f (a + h) − f (a) − Df (a)(h)|
lim = 0. (1)
h→0 khk
Dans un autre langage, f est différentiable en a si pour tout ε > 0 il existe δ > 0 tel
que |f (a + h) − f (a) − Df (a)(h)| ≤ εkhk pour tout h ∈ Rn satisfaisant a + h ∈ Ω
et khk ≤ δ. (1 point)
b) En déduire que si f est différentiable en a alors elle est aussi continue en a.
Si f est différentiable en a alors on peut réécrire Eq. (1) comme suit:
f (a + h) − f (a) = Df (a)(h) + o(khk).
h−→0
Puisque Df (a) est linéaire et continue, on en tire que limh→0 Df (a)(h)
= 0. De
plus, on a limh→0 o(khk) = 0. Ceci prouve que limh→0 f (a + h) − f (a) = 0, c-a-d,
f est continue en a. (2 points)
1
2) a) Prouver qu’il existe r∗ > 0 tel que a + tei ∈ Ω pour tout t ∈ ]−r∗ , r∗ [ et pour tout
i ∈ {1, . . . , n}.
Comme Ω est un sous-ensemble ouvert de Rn et a ∈ Ω, il existe r∗ > 0 tel
que la boule ouverte B(a, r∗ ) := {x ∈ Rn : kx − ak < r∗ } de centre a et de
rayon r∗ soit contenue dans Ω. De plus, pour tout t ∈ R et i ∈ {1, . . . , n} on a
ka + tei − ak = ktei k = |t|kei k = |t|. Ceci prouve que a + tei ∈ B(a, r∗ ) ⊂ Ω pour
tout t ∈ ]−r∗ , r∗ [ et i ∈ {1, . . . , n}. (1 point)
b) Montrer que si f est différentiable en a alors fi : t ∈ ]−r∗ , r∗ [ 7→ f (a + tei ) ∈ R est
dérivable en 0 pour tout i ∈ {1, . . . , n}. La réciproque est-elle vraie ?
Si f est différentiable en a alors grâce à Eq. (1) on a
|f (a + tei ) − f (a) − t Df (a)(ei )|
lim = 0, i = 1, . . . , n. (2)
t→0 |t|
Eq. (2) peut se réécrire comme
fi (t) − fi (0)
lim − Df (a)(ei ) = 0, i = 1, . . . , n.
t→0 t
D’où, la fonction fi est dérivable en 0 et fi0 (0) = Df (a)(ei ) pour tout i ∈ {1, . . . , n}.
La réciproque est fausse ! Pour cela, considérons n = 2, Ω := R2 , a = (0, 0) et f
la fonction définie sur R2 par
( xy
si (x, y) 6= (0, 0),
f (x, y) := x + y2
2
0 si (x, y) = (0, 0).
Il est facile de vérifier que les fonctions f1 et f2 sont constamment nulles. Par
conséquent, elles sont dérivables en 0. Cependant, la fonction f n’est pas continue
1
en (0, 0) car f (x, x) = pour tout x 6= 0. Grâce à la question 1) b), on conclut que
2
la fonction f n’est pas différentiable en (0, 0). (1 point)
Exercice 2. Pour tout λ ∈ R, on définit la fonction fλ sur Ω := {(x, y) ∈ R2 : xy > −1}
par
fλ (x, y) := x + λy + ln(1 + xy).
1) Justifier que fλ est une fonction de classe C ∞ sur Ω, pour tout λ ∈ R.
Puisque la fonction x 7→ ln(x) (resp. la fonction (x, y) 7→ 1 + xy) est de classe C ∞
sur R∗+ (resp. sur R2 ), on en tire que la fonction composée (x, y) 7→ ln(1 + xy) est de
classe C ∞ sur l’ensembe {(x, y) ∈ R2 : 1 + xy > 0} qui est par définition Ω. De plus,
pour tout λ ∈ R, la fonction (x, y) 7→ x+λy est de classe C ∞ sur R2 . On conclut que
la fonction fλ est de classe C ∞ sur Ω pour tout λ ∈ R. (1 point)
2
2) Montrer que, pour tout λ ∈ R∗ ils existent un intervalle ouvert Iλ de R contenant
0, un voisinage ouvert Vλ de (0, 0) dans R2 et une fonction φλ : Iλ → R de classe
C ∞ tels que, pour tout (x, y) ∈ Vλ on ait:
fλ (x, y) = 0 ⇔ y = φλ (x).
Ce résultat découle directement du théorème des fonctions implicites. Pour cela,
il suffit de voir que fλ (0, 0) = 0 et ∂f
∂y
λ
(0, 0) = λ 6= 0 pour tout λ ∈ R∗ . (2 points)
3) Que se passe-t-il lorsque λ = 0 ?
On admet que λ = 0. Par l’absurde, supposons qu’ils existent un intervalle
ouvert I0 de R contenant 0, un voisinage ouvert V0 de (0, 0) dans R2 et une fonction
φ0 : I0 → R de classe C ∞ t.q., pour tout (x, y) ∈ V0 on ait: f0 (x, y) = 0 ⇔ y =
φ0 (x). Alors, on a immédiatement φ0 (0) = 0. De plus, pour tout x 6= 0, l’équation
−x
f0 (x, y) := x + ln(1 + xy) = 0 admet une explicitation y = e x−1 . On en déduit que
e−x −1
si x 6= 0,
φ0 (x) = x
0 si x = 0.
Ceci prouve que la fonction φ0 n’est pas continue en 0 et donc a fortiori elle n’est
pas de classe C ∞ sur I0 . On obtient ainsi une contradiction. (2 points)
4) Déterminer le développement limité d’ordre 2 de la fonction φλ au voisinage de 0,
pour tout λ ∈ R∗ .
Soit λ ∈ R∗ . Étant donné que la fonction gλ : x ∈ Iλ 7→ (x, φλ (x)) ∈ R2 est
continue en 0 alors Wλ , l’image réciproque de Vλ par gλ , est un voisinage ouvert de
R contenant 0. Grâce à la question 2), on a
fλ (x, φλ (x)) = 0, pour tout x ∈ Wλ . (3)
En dérivant Eq. (3) par rapport à la variable x, on obtient
∂fλ ∂fλ
(x, φλ (x)) + φ0λ (x) (x, φλ (x)) = 0, pour tout x ∈ Wλ . (4)
∂x ∂y
∂fλ ∂fλ
Sachant que φλ (0) = 0, ∂x
(0, 0) = 1 et ∂y
(0, 0) = λ, on en déduit que
1
φ0λ (0) = − .
λ
En passant à la dérivation de Eq. (4) par rapport à x, on obtient pour tout x ∈ Wλ ,
∂fλ ∂ 2 fλ ∂ 2 fλ ∂ 2 fλ
φ00λ (x) (x, φλ (x)) + (x, φλ (x)) + 2φ0
λ (x) (x, φλ (x)) + φ02
λ (x) (x, φλ (x)) = 0.
∂y ∂x2 ∂x∂y ∂y 2
3
Figure 1: Domaine D de l’exercice 3.
∂ 2 fλ ∂ 2 fλ ∂ 2 fλ
Puisque (0, 0) = 0, (0, 0) = 0 et (0, 0) = 1, on vérifie facilement que
∂x2 ∂y 2 ∂x∂y
2
φ00λ (0) = .
λ2
Par conséquent, pour tout λ ∈ R∗ , le développement limité d’ordre 2 de la fonction
φλ au voisinage de 0 est donné par
x x2
φλ (x) = − + 2 + o(x2 ).
λ λ
(2 points)
Exercice 3. Soit D := {(x, y) ∈ R∗+ × R∗+ : 1 ≤ y ≤ 2 et x ≤ y ≤ 2x}.
1) Représenter graphiquement le domaine D dans le plan. (2 points)
2) Calculer l’aire de D de deux façons différentes.
Indication: Vérifier que la fonction (x, y) ∈ R∗+ × R∗+ 7→ xy , y ∈ R∗+ × R∗+ est un
difféomorphisme de classe C 1 et appliquer la formule du changement de variables.
Première méthode: L’aire du domaine D est
ZZ
A(D) := dx dy.
D
4
!
Z 2 Z y Z 2
y 3
Grâce à la définition de D, A(D) = dx dy = dy = . (1.5 points)
1 y
2
1 2 4
Deuxième méthode: Il est facile de vérifier que la fonction
y
∗ ∗
ψ : (x, y) ∈ R+ × R+ 7→ , y = (u, v) ∈ R∗+ × R∗+ ,
x
est bijective sur R∗+ ×R∗+ dans lui-même et qu’elle coincide avec sa fonction réciproque
ψ −1 . En effet, on a ψ ◦ ψ = IdR∗+ ×R∗+ De plus, elle est de classe C ∞ sur R∗+ × R∗+ . On
en déduit que ψ est un difféomorphisme de classe C ∞ et, en particulier elle est de
classe C 1 . Notons que D est compact et, ∆ := ψ(D), l’image de D par ψ est aussi
compact [1, 2] × [1, 2]. Grâce à la formule du changement de variables, on obtient
ZZ
A(D) = det Jacψ−1 (u, v) du dv,
∆
où Jacψ−1 (u, v) est la matrice jacobienne de ψ −1 en (u, v) ∈ R∗+ × R∗+ .
On vérifie facilement que det Jacψ−1 (u, v) = − uv2 pour tout (u, v) ∈ R∗+ × R∗+ .
Par conséquent, on obtient
ZZ Z 2 Z 2
v du 1 3 3
A(D) = 2
du dv = 2
v dv = × = . (2.5 points)
[1,2]×[1,2] u 1 u 1 2 2 4