Introduction
La machine à courant continu est un convertisseur électromécanique réversible. Alimenté en courant continu,
celui-ci développe un couple utile sur son arbre de sorti : on dit alors que cette machine fonctionne en moteur. Par
contre lorsque son rotor est entraîné en rotation dans un champ magnétique, on récolte une tension aux bornes de
l’enroulement induit : on dit que la machine fonctionne en génératrice à courant continu. Chaque machine DC est
compensée d’un circuit de courant induit (rotor) et d’un circuit de courant inducteur (stator). En fonction de
l’utilisation souhaitée de la machine, ces deux circuits seront branchés suivant une configuration qui fixe leur mode
d’excitation.
L’objectif du TP permettra à l’étudiant de valider les relations obtenues en cours, en relevant les caractéristiques à
vide et en charge de la machine. Et comparer les résultats pratiques avec les prévisions théoriques.
I. MATERIEL UTILISE
Pour réaliser ce TP, nous avons eu à utiliser le matériel ci-dessous :
- 1 Moteur DC (excitation SHUNT)
- 1 Génératrice (excitation SHUNT)
- 2 SHUNTS externes 100mV, 20A
- 3 Voltmètres DC
- 4 Ampèremètres DC
- 1 Autotransformateur 0 - 220V, 20A
- 1 Source d’alimentation de faible puissance
- 1 Plan de charge résistif
- 2 Rhéostats de champ
- Des fils de connexion
Relevés des valeurs nominales prescrites sur les plaques signalétiques des machines tournantes :
Moteur CC Un = 220V Ian = 13,6 A Pun = 3KW
Ifn = 0,63 A Nn =1500RPM
Génératrice CC Un = 220V Ian = 13,6 A Pun = 3KW
Ifn = 0,4 A Nn =1500RPM
-
Dynamo V= 0,6 tr/ min Imax =0,18 A Nmax=10000tr/min
Tachymétrique
II. DETERMINATION DE LA COURBE DES PERTES CONSTANTES
1. SCHEMA DU MONTAGE
Pour réaliser ce schéma nous avons eu besoin d’une source d’alimentation de faible puissance, deux
voltmètres (1 voltmètre pour régler la vitesse de rotation à 1500 RPM et 1 voltmètre aux bornes de la
source S1 pour avoir les différentes tensions d’alimentation).
Après le câblage de notre montage, on fixe l’excitation du moteur à sa valeur maximale (IFM =IFn = 0.63A)
avec la source S2 et la tension d’alimentation de l’induit du moteur à 220V avec la source S1. On amène la
vitesse du groupe motorisé à la vitesse N=Nn en réduisant progressivement le courant d’excitation IFM.
On obtient: IFM=0,58A et IS=0,9A. IS étant le courant consommé par l’induit.
En considérant IFM constant pour la suite de l’essai, on réduit VS par pas de 20V. Nous avons relevé pour
chaque valeur de VS le courant absorbé à vide IS et la vitesse du groupe N.
2. Tableau des résultats
On obtient le tableau ci-dessous :
VS (V) 220 200 180 160 140 120 100 80 60 40 20 0
IS(A) 0.88 0.855 0.835 0.835 0.8 0.775 0.75 0.72 0.675 0.62 0.53 0.1
UDT(V) 90 81 74 65 56 48 39 31 23 15 7 0
UDT étant la tension aux bornes de la Dynamo tachymétrique.
De plus, on rappelle que : 1500RPM 90V
De ce fait, on peut déterminer la vitesse du groupe N en RPM connaissant la tension U DT aux bornes de la
Dynamo tachymétrique par la relation ci-dessous :
N(RPM)= (1500/90)* UDT(V)
Soit :
N(RPM)= (50/3)* UDT(V)
On obtient ce nouveau tableau ci-dessous:
VS (V) 220 200 180 160 140 120 100 80 60 40 20 0
IS(A) 0.88 0.855 0.835 0.835 0.8 0.775 0.75 0.72 0.675 0.62 0.53 0.1
UDT(V) 90 81 74 65 56 48 39 31 23 15 7 0
N(RPM) 1500 1350 1233 1083 933 800 650 517 383 250 117 0
Détermination du couple des pertes constantes TP à vide et à IFM=cte
Pem=Pc- Pu=Eg*Ia
Pem : Puissance électromagnétique en Watt
Pc : Pertes constantes en Watt
Pu : Puissance utile en Watt
Eg : Tension aux bornes de l’induit en Volt
Or, Eg= VS – Ra*Ia (Loi des mailles) et à vide Pu=0
D’où Pem=PC= (VS – Ra*Ia)*Ia
Or, PC=TP*ω
TP est le couple des pertes constantes en N.m
ω est la vitesse angulaire du groupe en rad/s.
ω= (π*N)/30 N s’exprimant en RPM.
En excitation séparée Ia=Is
D’où
TP= (30*IS *(VS – Ra*IS))/ (π*N)
On prendra comme valeur de la résistance de l’induit du moteur : Ra=1,5Ω.
On obtient le tableau ci-dessous :
VS (V) 220 200 180 160 140 120 100 80 60 40 20
IS(A) 0.88 0.855 0.835 0.835 0.8 0.775 0.75 0.72 0.675 0.62 0.53
N(RPM) 1500 1350 1233 1083 933 800 650 517 383 250 117
TP(N.m) 1.23 1.2 1.16 1.17 1.14 1.1 1.09 1.05 0.99 0.93 0.83
3. Courbe TP =f(N) à IF=cte
1.4
Tp(N.m)
1.2
0.8
0.6 Tp(N.m)
0.4
0.2
0 N(RPM)
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600
4. Observations
On constate d’une part qu’à IF=cte, le couple des pertes constantes TP est proportionnel à la vitesse du
groupe.
5. Conclusion partielle
Les pertes constantes proviennent des pertes fer et des pertes mécaniques (frottements solides et
fluides). Généralement, elles sont évaluées à vide.
La courbe de TP en fonction de la vitesse du groupe N sera utilisée dans l’essai en charge du moteur.
III. ESSAI EN CHARGE DE LA GENERATRICE EN EXCITATION SHUNT
1. SCHEMA DU MONTAGE
Ce montage est réalisé en excitation shunt par rapport au montage précédent. En effet, on excite notre
moteur (inducteur et induit) à l’aide de la source de tension délivrant Vs. On introduit dans le montage
deux rhéostats d’excitation RHM en série avec l’inducteur du moteur et RHG en série avec l’inducteur de la
génératrice. Le rhéostat RHm nous permet d’ajuster la tension d’alimentation du moteur shunt à
Vs=Vsn=220V qu’on lit sur un voltmètre branché aux bornes de la source Vs. On fixe la vitesse de rotation
N du moteur à 1500 RPM de façon à lire 90V à l’aide du voltmètre branché aux bornes de la dynamo
tachymétrique. Le rhéostat RHG permet d’amorcer la génératrice à vide à la tension Vc=220V. On note
ensuite la valeur du courant d’excitation IF0 équivalent à cet amorçage.
Attention : Les courants d’induit nominaux pour les deux machines accouplées mécaniquement ne
doivent pas être dépassés durant l’essai.
2. TABLEAU DES RESULTATS
Pour obtenir le tableau qui suit on fait alors varier la charge Rc de 0 à 100% et on relève le courant Ic et la
tension Vc pour chaque charge, en gardant N=1500 RPM=constante.
Rc(%) 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Ic(A) 0 1.2 2.7 3.8 4.9 5.8 6.5 7 7.6 7.8 8
Vc(V) 220 212 204 198 188 176 164 152 140 130 120
On note IF0= 0.52A, le courant d’excitation équivalent à l’amorçage. On déduit alors la résistance critique
RHC de RHG en appliquant la loi d’Ohm aux bornes de l’inducteur de la génératrice. On sait que la tension
Vc=220V est celle à laquelle on amorce la génératrice.
On a: Vc = (RH+RHC)*IF0 , donc RHC = (Vc/ IF0) - RH avec RH= 212.76Ω ( voire TP1-Mesure des résistances)
RHC = (220/ 0.52) – 212.76 = 210.32Ω
RHC= 210.32Ω
3. CARACTERISTIQUE EN CHARGE (Vc=f(Ic))
a) DETERMINATION DE C1(Vc=f(Ic)) PAR METHODE EXPERIMENTALE
250
200
150
Vc en volts (V)
100 Vc(V)
50
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
Ic en Ampères (A)
Cette courbe est obtenue par relevé direct de la tension Vc et le courant de charge Ic.
b) DETERMINATION DE C1’(Vc=f(Ic)) PAR LA METHODE GRAPHIQUE DE PICOU
RC(%) 0 10 20 30 40 50 60 70 80
IC(A) 0 1.6 3.4 4.8 6.2 7.6 8.8 9.8 11
VC(V) 220 214 208 202 196 190 182 178 170
εt(V) 0 7 12 18 24 30 38 42 50
εm(V) 0 3.64 4.86 7.92 10.98 14 19.52 21.42 26.9
Pour obtenir ce graphe, on trace d’abord la caractéristique à vide E GV(V) aux bornes de la génératrice en
fonction du courant d’excitation I FG(A). Ensuite on trace la droite des inducteurs (R F+RH)*IFG qui coupe la
première courbe au point de fonctionnement nominal (Vn=220V ; IF=0.4A). On trace alors la courbe de
chute de tension totale Ɛ t(V) aux bornes de la génératrice. Pour chaque valeur de Ɛ t(V) on projette sur la
courbe EGV(V) parallèlement à la droite des inducteurs, puis on projette le nouveau point verticalement
sur la droite des inducteurs. L’intersection entre la projection horizontale du point encore obtenu avec
une droite verticale passant par le point correspondant à la valeur de Ɛ t(V) projetée. On le fait pour toutes
les autres valeurs de Ɛt(V). Notons que les valeurs que nous avons considérer ici sont celles du TP1.
4. OBSERVATIONS
On constate que la tension Vc(V) décroît avec le courant Ic(A). Nous pouvons remarquer que la tension
Vc(V) varie de 220 à 120V pour des courants de charge respectifs de 0 à 7,6A et ce par les deux méthodes.
5. CONCLUSION PARTIELLE
Lorsqu’on charge la machine on observe effectivement des phénomènes de saturation. En effet, plus la
charge augmente plus le courant au niveau de l’induit augmente et plus la machine souffre. Pour Ic=7,6A
on se rapproche de la valeur de courant d’induit à ne pas dépasser. Lorsqu’on dépasse les courants
d’induit nominaux la machine ne peut plus fonctionner normalement et peut donc être endommagée. Il
existe par conséquent une zone de fonctionnement normal de la machine ; c’est dans cette situation de
fonctionnement que la machine fournit un meilleur rendement.
IV. ESSAI EN CHARGE DU MOTEUR EN EXCITATION SHUNT
4.1- Montage
4.2 Essai en charge
Pour réaliser cet essai, nous avons progressivement alimenter l’induit du moteur en ajustant simultanément
le rhéostat d’excitation et la tension de source jusqu’à ce que la tension d’alimentation Vs soit égale à 220 V et la
vitesse de rotation du groupe atteigne 1500 RPM. Puis nous avons préalablement régler le courant d’excitation IF
de la génératrice à 0 pour régler la charge RC à 100%.Ensuite nous avons progressivement augmenter le courant
d’excitation IF avec la source VF dans l’intention de produire le couple de freinage et enfin nous avons relevé pour
chaque charge du moteur le courant absorbé IS et la vitesse de rotation du groupe à VS=Vs=220V=cte.
Is(A) 1,2 2 3 4 5 6 7 8 9 10
N(RPM) 1500 1483,3 1475 1466,67 1458,33 1450 1448, 3 1441,67 1433,33 1416 ,6
3 3 7
N(RPM)
12
10
N(RPM)
6
0 Is(A)
0 2 4 6 8 10 12
Caractéristique de vitesse : C 2 : N(Is)
Expérimentalement la caractéristique de la vitesse de rotation N en fonction du courant absorbé Is
est constituée d’une série de segments de droites de pentes négatives. Cependant la pente de chaque
segment de droite ne demeure pas négative notamment entre 9A et 10A nous observons un segment de
droite de pente positive.
Théoriquement cette caractéristique est une droite de pente négative : c’est le cas idéal.
En somme une courbe ne passe pas nécessairement par tous les points mais plutôt par le
maximum des points. Ainsi la caractéristique théorique serait une droite. De ce fait la caractéristique
théorique est en accord avec la caractéristique expérimentale.
Is(A) 1,2 2 3 4 5 6 7 8 9 10
N(RPM) 1500 1483,3 1475 1466,67 1458,33 1450 1448, 3 1441,67 1433,33 1416 ,6
3 3 7
Tem(N.m) 1,67 2,79 4,2 5,57 6,96 8,34 9,67 11,02 12,38 13,58
Tem(N.m)
12
10
Tem(N.m)
6
0 Is(A)
0 2 4 6 8 10 12
Caractéristique de couple électromagnétique : C 3 : Tem(Is)
Expérimentalement la caractéristique du couple électromagnétique Tem en fonction du courant
absorbé IS est approximativement une droite de pente positive.
Théoriquement la caractéristique du couple électromagnétique Tem en fonction du courant
absorbé IS est identique à celle obtenue expérimentalement.
En somme le résultat expérimental confirme bien le résultat théorique.
N(RPM) 1500 1483,3 1475 1466,67 1458,33 1450 1448, 3 1441,67 1433,33 1416 ,6
3 3 7
TP(N.m) 1,22 1,19 1,17 1,16 1,15 1,14 1,13 1,12 1,11 1
Tem(N.m) 1,67 2,79 4,18 5,57 6,96 8,38 9,68 11,02 12, 38 13,58
Tu(N.M) 0,45 1,6 3,01 4,41 5,81 7,23 8,54 9,9 11,27 12,58
Tu(N)
12
10
Tu(N)
6
0
N(RPM)
0 2 4 6 8 10 12
Caractéristique de couple électromagnétique : C 4 : Tu(N)
Expérimentalement la caractéristique du couple électromagnétique Tem en fonction de la vitesse de
rotation N est approximativement une droite de pente positive.
Théoriquement la caractéristique du couple électromagnétique Tem en fonction de la vitesse de
rotation N est identique à celle obtenue expérimentalement.
En somme le résultat expérimental confirme bien le résultat théorique.
Conclusion Générale