NOTICE SUR LAMBÆSA VILLE DE LA PROVINCE DE CONSTANTINE AVEC L'INDICATION
DES PRINCIPAUX MONUMENTS QUI SE TROUVENT DANS CETTE VILLE
Author(s): de La Mare
Source: Revue Archéologique, 4e Année, No. 2 (15 OCTOBRE 1847 AU 15 MARS 1848), pp.
449-453
Published by: Presses Universitaires de France
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NOTICE SUR LAMBES A
VILLE DE LA PROVINCE DE CONSTANTINE
AVEC L'INDICATION DES PRINCIPAUX MONUMENTS QUI SE TROUVENT
DANS CETTE VILLE.
Le Mémoire de M. Letronne sur les antiquités de Théveste , doit
avoir une grande influence sur la recherche et l'étude des monuments
antiques de l'Algérie, en montrant quelles richesses doivent se révéler
,à chaque excursion nouvelle sur des points jusque-là inexplorés
dans l'Algérie.
C'est dans l'espoir d'aider à cette influence qu'à la prière de M. Le-
tronne, j'ai rédigé la présente notice sur une autre localité non moins
intéressante que Théveste, sur Lambœsa, dont je vais décrire en peu
de mots la position et les monuments.
Les renseignements de Peysonnel , Schaw et J. Bruce sur le sud
de la province de Constantine sont devenus plus clairs depuis l'expé-
dition de Biskra, faite en 1844 par S. A. R. Mgr. le duc d'Aumale.
Le Médrashem, Batnah, Lambaesa, Alcantara, Tubna,Zainah ont
été visités par nos troupes. Le résultat de ces rapides explorations
fait désirer un travail plus approfondi. Pour montrer quelle pourrait
être son utilité, nous allons indiquer les monuments qui existent
encore dans l'une de ces villes , que son importance ancienne signale
à l'attention des savants, et que sa proximité du camp de Batnah per-
met d'étudier avec sécurité.
L'expédition de Biskra une fois arrêtée , un camp intermédiaire,
pour assurer les communications avec Constantine, devenait néces-
saire ; une petite colonne d'infanterie, commandée par le colonel Bu-
tafocco du 31e de ligne, reçut l'ordre d'aller former cet établissement
à Batnah , point qui se trouve à égale distance de Constantine et de
Biskra.
Le 8 février 1844 cette colonne coucha à Akbet-el-Djekmâla , à
27 kilomètres de Constantine ; le 9 , à Aïn-Furchi , 1 4 kil. plus loin ;
le 10, à Aïn-Jagout, 33 kil. id. ; le 11, à Oum-el-Snab, 10 kil. id.;
le 12, à Batnah, 22 kil. id. Cette route s'éloigne peu de l'ancienne
chaussée qui reliait Constantine à Lambœsa; on la retrouve souvent
et quelquefois très-bien conservée.
IV. 29
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450 REVUE ARCHÉOLOGIQUE.
Le camp, ďabord établi à Batnah même, fut deux mois plus tar
porté deux mille rtiétťěs à lest, près de ruines Mtaaines que le
Arabes appellent Rous-el'Aioun-Batnah(tète des fontaines de Batnah)
A 8 kilomètres est de ce dernier pöiht, äü fond ďune vallée fert
on rencontre Lambaesa sur les dernières pentes de 1' Aures. Un plan
levé à la planchette par 1VÌ. le capitaine du génie Lagrenée mon
que les ruines de cette ville couvrêrtt Un têfrain qui n'a pas moins d
2,600 mètres de long sur 1,800 mètres de large. Les constructio
sont si multipliées, si variées, qu'on entreprendrait en vain de l
décrire sans le secours du dessin. Nous nous bornerons donc ic
indiquer sommairement les plus apparentes; leur ensemble réun
tous les éléments ďune grande ville.
Un peu avant d'arriver à Lambaesa, on trouve la voie romaine très
bien conservée; elle est bordée à droite et à gauche de mónumen
tumulaires variés de foťme et couverts d'inscriptions; ils sont presq
juxtaposés.
À lentrée de la ville ór! Vôît tini gfàiid bâtiment ťéctángulaiře or
de colonnes et de pilastres corinthiens; ses murs ont 1M,14 d'épâ
àeur» Le grand côté a 29%20 dé long¿ lö petit Í4m,õ*$ chaque fe
est percée de trois , poťte*» une très^grande au táilibu, deux mo
élevées symétriquement J)lacée$ de chaque côté. Cest l'édifice q
Peysonneí appelle tin superbd arc de triotaphe d'ühe ïbrilie part
lière (l). Schatv ne parle de cettte ville que par renseignement
M. Bernard de Jussieu lui avait communiqué le travail de Peysob
(1) Peysonnel, page 355 : « Oh trouve à Lambaesa un superbe arc de triomphe d'u
forine particulière : c'éfct tìh grand úñelos de muraillès á quatre façades, plüö lo
qu'il n'est large. Les deux façades qui regardent lé rióřd ët lè 8üd orit 28 pas; e
contiennent une grande porte de 30 pieds sur JO.é'élévàliôti, et deui petites po
de 10 pieds chacune. Entre ces portes, pour l'ornement des façades, il y a six
lonnes d'ordre corinthien poséës^tirdës piédestaux de iö pieds de ha ùt; la colon
a 20 pieds. La corniche tet les ofiiôifcëhts complètent le$ 40 pieds, haiileuř de la po
Au-dessus il y a une fenêtre éarréëi èt uri ratìg de colonnes proportionnées d'ord
ionique au-dessus du grand portait On y voit des inscriptions que je ne pus lire
découvris seulement sur les clefs dés Voûtés dès petites portes cettfe lêgendè
LEG HI A'G.
« Les façadeá qui donnent du côté de l'est et de l'ou&t ortt trois portes c
autres, et de plus un quatrième portail qui paraît hors d'oeuvre et capab
la symétrie dé l'ouvrage qu'il àlìòtige ďenVirón 10 pas. Lé dédafiš est u
paraît avoir été toujours vide; il ia'y a que quelques pilastres qui mont
ment jusqu'au haut de tout l'édifice qui est encore aujourd'hui très-biér
Au-devant il y avait quatre grosses colonnes détachées hors d'oeuvre d'un
rinthien ; elles avaient environ 50 pieds d'élévation èt 4 dé'diamètre : il
plus que deux. Au reste, cet édifice ne parait pas ftvòif élé voûté m couver
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LAMBJESA. 451
op retrouve dans sa narration l'exag
plus vraies du voyageur français (2).
J. Bruce imagine que cette constru
de guerre ou d'écurie pour des élép
lière opinion que sur la hauteur d
A 150 mètres est de ce monumen
avec un un seul passage ; 1,250 mè
conde porte de ville avec trois issues
800 mètres plus au sud , c'est-à-di
ment rectangulaire dont nous avons
sième porte de Lambaesa qui n'a qu
à l'est de cette dernière, une quatr
Ainsi quatre portes de ville. Peys
on lit page 350 de son Voyage, pu
«Ort y compte quarante portes ou
(2) Scbaw, édition de la Haye , 1743 , pag
toutes ce s montagnes; les plus remarquab
Ont près de trois lieues de circonférence. On
entre autres de magnifiques restes de plusie
tradition que ces portes étaient au nombre
prospérité de la ville, elle pouvait faire sorti
porte. On y trouve pareillement encore les
frontispice d'un beau temple de l'ordre io
grande chambre plus longue que large, av
qui était peut-être destiné pour un arc de t
Dôme de la Mariée, nom que donnent Íes
beau , et bâti en forme de dôme, soutenu p
J'ai Cherché, sans pouvoir le rencontrer,
11 parait qu'il a existé 5 voici ce que dit B
in Nubie , page 5G) : « Le docteur Schaw
forme ronde et d'ordre corinthien appelé
de l'Épouse, mais ce n'est qu'un bâtiment
paraît construit du temps d'Auréllen , et
Au reste, le docteur n'est jamais allé jusqu
rapport des autres. »
(3) J, Bruce , Introduction de son Voyag
Lambaesa se nomme aujourd'hui Tezzoute.
considérables : on y voit encore sept porte
entouraient la ville, solidement bâlieravec
employé de chaux. Les édifices qui subsist
de différents âges, depuis Adrien jusqu'à
seul édifice, supporté par des colonnes d'o
(le dessin est dans la collection du roi); je n
pourtant, d'après Vèlèvalion des portes ,
taire et qu'on y mettait ou les éléphants ou
chines de guerre, mais il n'y a pas de traces
tout cela.»
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452 REVUE ARCHÉOLOGIQUE.
« tachés semblables et dans le goût des portes de Paris. J'en ai vu
« encore quinze en bon état, plusieurs à trois portiques,: celui du mi-
tt lieu très-grand proportionnellement aux autres. Ces portes ont
«jusqu'à 50 à 60 pieds d'élévation, sans bas-reliefs, mais d'un ordre
« très-beau. »
Nous n'avons pas eu le temps de mesurer çes portes, mais nous
pensons, à la simple vue , qu'il y a erreur dans les dimensions comme
dans le nombre.
A 250 mètres ouest de la seconde porte on rencontre cinq à six
arceaux d'un aqueduc qui paraît être hors la ville ; les piliers ont
2m,00, ils sont distants de 5™, 80. 100 mètres plus à l'ouest on voit les
ruines d'un temple consacré à Esculape; Bruce n'en parle pas; Schaw
copie Peysonnel et altère encore l'inscription du fronton mal rendue
par ce dernier. Enfin Peysonnel voit ici six colonnes cannelées d'ordre
ionique élevées de 20 pieds ; il n'a cependant que quatre colonnes
doriques, hautes de S-, 70, fûts et chapiteaux compris. M. Dureau
de La Malle , page 29 de la préface dont il fait précéder la relation
de Peysonnel , dit : «D'habiles architectes, MM. Coste et Cathervood,
« ont levé récemment des dessins des plus remarquables monuments
«antiques de la régence de Tunis. La comparaison de leur travail
«avec les descriptions écrites de Peysonnel des mêmes édifices a
« prouvé que ces dernières sont exactes à une ligne près. »
On trouvera ici un croquis de ce petit temple; c'est, à notre grand
regret , le seul dessin qu'il nous a été possible de faire , en 1 844 , dans
la visite que nous avons faite à ces magnifiques débris. (Voy. pl. 73.)
Il ne reste plus malheureusement de cé temple que les quatre co-
lonnes de la façade, surmontées de leur entablement; et il faudrait
des fouilles derrière cette façade , pour découvrir le plan de ce petit
édifice. Je n'ai pu tracer d'autre plan que celui qui est ici représenté.
4 fc.
• • • •
La frise de la façade est occupée pa
AESCVLÀPIO. ET. SALVTI
IMP. CAES. M. AVRELIVS. ANTONINVS. AVG. PONT. MAX. ET
IMP. CAESAR, t. AVRELIVS. VERVS. AVGVSTVS.
qui nous apprend que ce petit temple, construit par les ordres de
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L AMB.ES A. 453
Marc Aurèle et de Lacias Verus était déd
Si l'on part de nouveau du monument
avons déjà parlé, en suivant la direction
avoir marché 200 mètres, un cirque bie
de diamètre et quatorze portes ; douze de
large; les deux dernières ont chacune une
y voit aussi deux passages en voûtes inclin
térieur au sol intérieur du cirque qui se
environnant.
Il existe aux extrémités des ruines et
des monuments soignés, ornés de pilas
croyons reconnaître là des mausoléesdes r
Un grand nombre d'autres constructions s
cette ville ; une étude sérieuse pourrait
trouver leur destination primitive. Il est
cette nomenclature, nous en avons assez
un travail complet serait intéressant pour
de cette partiè de l'Afrique.
Lambaesa nous paraît avoir été une vil
numents datent des Antonins à Maxim
les arceaux sont en plein-cintres.
La troisième légion Auguste résidait da
rons ; ce que prouve , outre le texte de
tronne, le titre de leg m avg gravé sur
de Lambaesa ; on retrouve cette inscript
les tuiles. Il est probable que cette légion
à pouvoir elle-même construire tous les
La science épigraphique et, par suite,
pays, n'auraient pas moins que l'architectu
d'une bonne exploration de ces ruines ; ca
qui s'y trouvent est si considérable qu'un
copier toutes en moins d'une année.
Nous avons relevé quelques-unes de ce
publiées avec celles que notre ami le cap
net, chef du bureau arabe de la provin
voulu nous promettre de même que les m
sont en tout dignes d'une étude sérieuse
Le commandant de La M
Membre de la Commission scientif
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