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Chapitre II - 2024

Le chapitre présente le concept d'Intelligence Territoriale (IT) comme un outil d'aide à la décision pour le développement économique d'un territoire, en s'appuyant sur une organisation innovante des informations et connaissances. Il aborde également l'intelligence économique, ses volets et l'importance de la collaboration entre entreprises et collectivités pour créer des pôles de compétitivité. Enfin, il mentionne des réseaux internationaux d'intelligence territoriale qui facilitent les échanges et le développement de connaissances multidisciplinaires.

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Chapitre II - 2024

Le chapitre présente le concept d'Intelligence Territoriale (IT) comme un outil d'aide à la décision pour le développement économique d'un territoire, en s'appuyant sur une organisation innovante des informations et connaissances. Il aborde également l'intelligence économique, ses volets et l'importance de la collaboration entre entreprises et collectivités pour créer des pôles de compétitivité. Enfin, il mentionne des réseaux internationaux d'intelligence territoriale qui facilitent les échanges et le développement de connaissances multidisciplinaires.

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Chapitre II. L’intelligence territoriale : pourquoi et pour qui ?


Ce chapitre a pour objet de présenter les concepts fondamentaux de l’Intelligence
Territoriale (IT) et de citer quelques réseaux voués ayant témoigné de leur réussite
internationale.

Section I. L’intelligence territoriale : Définitions et enjeux


Le concept d’Intelligence Territoriale (IT) se définit généralement comme la mise en
application des principes de l’Intelligence Economique, dans le cadre d’une action
publique, au service du développement économique et industriel d’un territoire. Il
s’agit d’un outil d’aide à la décision pour les collectivités et d’un nouvel état d’esprit au
service de l’avancement économique.

I. Définition et objectifs
La notion d’IT donne lieu à des définitions variées mais l’ensemble des experts s’accorde
sur les fondamentaux. L’IT se traduit par « l’organisation innovante, mutualisée et en
réseau, de l’ensemble des informations et connaissances utiles au développement, à la
compétitivité, à l’attractivité d’un territoire, collectivement et pour chacun de ses acteurs ».

L’objectif de l’IT est d’optimiser les actions d’influence et de lobbying utiles pour le
territoire et ses acteurs, qu’ils soient économiques, associatifs ou autres afin de mettre
en œuvre cette démarche en vue de :
- Développer la connaissance de leurs territoires pour mieux maîtriser leurs
ressources.
- Développer une capacité de réaction rapide face à des situations de crise.
- Améliorer la maîtrise des infrastructures (routes, réseaux).
- Recenser les bonnes pratiques dans d’autres territoires pour réaliser un
benchmarking.
- Favoriser la connaissance des savoir-faire et des produits du territoire pour
réaliser un marketing territorial.
Néanmoins, la doctrine et les praticiens n’ont pas la même approche de l’intelligence
territoriale. On distingue dès lors trois visions différentes :
• l’IT en tant qu’intelligence économique pilotée au niveau d'un territoire, qui consiste à
sensibiliser des entreprises aux méthodes et outils de l’IE (opération collective, clusters,
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pôles, etc.) et à leur fournir tous les moyens pour qu’elles mettent en place une
démarche d’IE en leur sein.
• l’IT comme utilisation par un territoire (une collectivité ou un groupe de collectivités)
des techniques utilisées par l'intelligence économique comme pourrait le faire une
entreprise (stratégie, veille, influence,..) qui se traduit par une veille exogène et
endogène, des opérations de marketing territorial, en quelque sorte une vision moderne
du développement économique ;
• l’IT pour la conduite « intelligente d'un territoire » dans son développement par
rapport à son contexte social, géographique, ses ressources et son organisation spatiale
qui vient plutôt des experts en matière de gestion géographique des ressources
(géographes, urbanistes,..) une vision qui se rapproche plutôt du développement
économique durable.

II. Qu’est-ce-que l’intelligence économique ?


L’environnement des entreprises a complètement changé avec la
mondialisation et s’organise désormais dans un contexte de compétition
intense. La pratique de l’intelligence économique est primordiale dans ce
contexte. Elle permet l’identification des secteurs, des acteurs et des
technologies stratégiques. Elle incite

L’intelligence économique se décline en 3 volets :


Veille stratégique et Anticipation : nécessite d’être à l’écoute de son
environnement, pour se positionner dans une perspective de performances et
de création. En d’autres termes, cela consiste à avoir l’information pertinente
sur ses concurrents, les normes et les technologies, et d’une manière générale
sur tout son environnement extérieur afin d’anticiper.
Sécurité économique et Prévention des risques : consiste à sécuriser au
niveau matériel, mais surtout au niveau immatériel. C’est-à-dire à avoir la
capacité d’anticiper les risques et les problèmes qui se rattachent notamment à
la propriété intellectuelle, à la sécurité humaine et technique, à sa réputation
ou sur sa gouvernance.
Soutien à la compétitivité par l’innovation et l’influence : repose sur la
compréhension des mécanismes de notre société, de notre culture et de notre
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environnement. Il s’agit de la capacité de modifier l’environnement dans un


sens qui soit favorable à la compétitivité et à l’innovation.

Quelles perspectives pour l’entreprise ?


L’entreprise doit se concerter avec les régions pour :
- Définir une stratégie concertée de développement économique et technologique
du territoire, en s’appuyant sur les pôles d’excellence et les pôles émergents.
- Mettre en œuvre des moyens d’anticipation, d’innovation et d’influence, par la
pratique de l’intelligence économique, au service du rayonnement international
de la région.
- Créer une dynamique régionale, en favorisant le regroupement des collectivités
publiques et des institutions territoriales autour de projets stratégiques
communs.
Il s’agirait donc de faire naître des pôles de compétitivité, qui seraient des groupes
géographiquement proches d’entreprises liées entre elles par des intérêts commerciaux
et/ou des complémentarités technologiques, auxquels s’associent des administrations
nationales, des collectivités locales, des universités, des centres de recherche, etc.

Processus Intelligence Économique


L’intelligence économique peut être considérée comme un processus de maitrise et
valorisation de l’information stratégique en collectant de l’information brute dans le but
de la transformer en information façonnée tout en protégeant son patrimoine
informationnel.

Les acteurs de l’Intelligence Économique et leurs rôles


L’intelligence économique offre une lecture du monde contemporain. La mondialisation
a apporté de nombreux changements. Elle a transformé les acteurs existants et en a
découvert de nouveaux sur le plan international avec :
- L’interdépendance des États et les influences croisées des pays et des entreprises
- L’apparition et la montée en puissance des nouveaux acteurs dans les champs
économique et politique : les Organisations Intergouvernementales (ONU,
OTAN), les Organisation Non Gouvernementales (GreenPeace, WWF), les Thinks
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Tanks (Brookings Institution, Chatham House) ou encore les organisations


criminelles (Mafias).
- La constitution de blocs régionaux (UE, ASEAN, ALENA)
- L’internationalisation de certains acteurs traditionnels (groupements
professionnels, consommateurs)
- Le cyberespace qui permet d’égaliser le pouvoir entre les différents acteurs.

Certains de ces acteurs ont été créés à l’initiative de certains États de la planète, mais la
plupart ne représentent l’intérêt que de quelques-uns. Leur but est pourtant le même : le
pouvoir et le profit. Grâce au cyberespace, le pouvoir est réparti équitablement, peu
importe la taille ou la localisation des acteurs. Les technologies de l’information
permettent un pouvoir égalisateur entre les différents acteurs grâce à sa visibilité.
Aujourd’hui, tous les acteurs se trouvent dans le même et unique système, avec lequel ils
interagissent pour se développer, avec à leurs dispositions des partenaires, des
concurrents, des méthodes et des outils.

Section II. Les acteurs et les outils de l’intelligence territoriale

L’intelligence territoriale est pilotée par les administrations, institutions et collectivités


et doit s’appuyer des différents acteurs socio-économique de son territoire. Son
efficacité repose sur celle des réseaux, des circuits de l’information, sur la mobilisation
des pouvoirs publics, l’élimination des conflits de chapelle et des cloisonnements et sur
un peu de méthode. Aussi, sur la valorisation de celui qui donne l’information et non de
celui qui la retient, sur la compréhension par les administrations publiques des enjeux
de l’entreprise et, pour l’entreprise, des priorités de l’État. L’intelligence économique et
territoriale permet de comprendre dans quel environnement les acteurs économiques
évoluent, de connaitre les règles du jeu et de prévoir les futures mutations.

I. Les acteurs de l’intelligence territoriale


Les différentes parties prenantes à cette démarche peuvent être :
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Figure 1. Les acteurs de l’intelligence territoriale

 Administration et Institutions : Préfectures, Chambres Consulaires, Banques, Services de


Impôts, Conseils Départementaux et Régionaux
 Collectivités : Mairies, Communautés de Communes, Agglomérations, Métropoles
 Enseignement Supérieur : Grandes Écoles, Écoles d’Ingénieurs, Universités, IUT, Écoles
Privées, Lycées
 Entreprises : Entreprises Leaders, Start-up, Filières, Pépinières
 Innovation : Centres de Recherche, Laboratoires, Pôles de Compétitivité
 Fédérations : Salariales, Patronales et Métiers
 Médias : Presse, Radio, Télévision, Web
 Associations : Associations stratégiques et influentes
 Personnalités : Politiques, Ambassadeurs, Experts, Compétences
 Événements : Événements Business, Sportifs, Culturelles, Conférences
 Culture : Tradition, Musées, Tourisme, Gastronomie
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II. Les outils de l’Intelligence Territoriale


D’un point de vue plus opérationnel, la mise en place de l’intelligence territoriale
pourrait se diviser en 4 grands domaines :
 Veille territoriale : sourcer et surveiller les acteurs endogènes stratégiques afin de les aider
dans le maintien ou développement de leur activité ;
 Veille extraterritoriale : sourcer et surveiller l’environnement exogène afin d’anticiper les
futures mutations qui pourraient avoir des impacts pour le territoire ;
 Offres de services : référencer les compétences et les ressources stratégiques afin de les
mettre en adéquation avec les besoins des acteurs socio-économiques ;
 Marketing territorial: promouvoir les compétences et les ressources stratégiques afin
d’améliorer l’attractivité de son territoire.
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Section III. Quelques réseaux de l’intelligence territoriale


D’après Cyril Masselot, « Information et communication territoriales. Approches
croisées », Revue française des sciences de l’information et de la communication [En ligne],
5 | 2014, mis en ligne le 21 juillet 2014, consulté le 12 avril 2020. URL :
[Link]

Cette partie du chapitre II recense un nombre d’expériences très réussies sur les échanges,
passés ou actuels, entre plusieurs acteurs de la recherche comme des professionnels en
activité, tous impliqués dans des démarches d’intelligence territoriale, liées à l’action sociale,
sanitaire, culturelle, à l’aménagement du territoire, ou encore aux politiques publiques au sens
large.

I. International Network of Territorial Intelligence


La notion d’Intelligence Territoriale telle que le réseau INTI l’élabore (International network
of territorial intelligence, (Inti, http ://[Link]) est apparue à partir de
1999 sous la plume de Jean-Jacques Girardot, qui a constitué un premier réseau européen de
l’Intelligence Territoriale, dans une perspective résolument multidisciplinaire, réunissant des
chercheurs d’horizons divers : sciences économiques et sociales, histoire, géographie,
archéologie, psychologie, éducation, didactique, SIC, informatique…
Ce réseau a pour objectifs « d’organiser des séminaires transnationaux afin de développer les
échanges d’expérience, d’organiser la formation méthodologique et de partager les coûts de
développement des outils. Il a été officiellement constitué en 2002 pour développer des
activités de recherche en intelligence territoriale concernant le développement des
connaissances multidisciplinaires sur les dynamiques des territoires, la diffusion des méthodes
scientifiques multicritères et des outils génériques d’analyse spatiale, ainsi que les modes de
gouvernance appropriés au développement durable. »1
Cette notion a connu de nombreuses évolutions sans pour autant perdre ses fondements :
- comprendre et accompagner la structuration de l’information territoriale dans la
société de l’information,
- comprendre et accompagner les changements sociaux et organisationnels nécessaires
dans une démarche de concertation latérale (Rifkin 2012a) plutôt qu’imposée par des
décideurs aux acteurs, puis aux citoyens (démarche dite « top-down »)

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- encourager la participation des citoyens à la construction collective des dynamiques de


structuration de l’information et aux processus communicationnels territoriaux
nécessaires à l’action concertée.
Sur la base de cette initiative impulsée par des chercheurs en sciences économiques et en
géographie, il a paru important dès le début des années 2000, d’en élargir le spectre
scientifique, notamment en sciences d’information et de communication.

II. D’autres regards connexes

Il existe à l’heure actuelle de nombreuses études et activités de recherche qui cherchent à


comprendre et capitaliser les conceptions de l’enseignement et de la recherche en SIC de par
le monde. La Société française des sciences de l’information et de la communication en
soutient et dynamise certaines, tout du moins s’en fait l’écho ([Link], rubriques Sic-
infos et relations internationales). Il est ainsi possible de mieux comprendre comment les
SIC sont appréhendées en Roumanie, au Vietnam, en Chine, en Afrique, en Amérique du
Nord comme en Amérique du Sud en suivant les travaux de nombreux laboratoires et
enseignants-chercheurs. Nous pouvons citer entre autres références l’enquête menée par José
Luis Piñuel (Professeur à la Complutense de Madrid) dès 2008 et nourrie depuis (Piñuel
2009).

III. Corpus
Le réseau INTI a connu une nouvelle étape en 2010 : le CNRS, rejoint par le FNRS (son
équivalent belge) et le Conicet (Argentine) l’a reconnu en tant que groupe de recherche
international. Ce renforcement a permis de tisser des liens plus étroits avec certaines équipes
de recherches internationales et de coopérer sur cette intelligence collective, communautaire,
territorialisée, dans de nombreuses dimensions interculturelles. Il a alors été possible
d’explorer la vision des SIC par d’autres disciplines scientifiques, en France comme à
l’étranger, et avec le concours d’autres acteurs du monde professionnel aux aspirations
souvent disparates.

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