0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
161 vues13 pages

Concepts de Groupes, Anneaux et Corps

Le document traite des concepts fondamentaux des structures algébriques, notamment des lois internes, de l'associativité, de la commutativité, des éléments neutres et inversibles, ainsi que des groupes et sous-groupes. Il définit les propriétés des groupes, y compris les groupes commutatifs et les morphismes de groupes, tout en fournissant des exemples concrets. Les notions de puissances et de distributivité sont également abordées, établissant les bases pour une compréhension approfondie des mathématiques abstraites.

Transféré par

Proff Esseeurr
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
161 vues13 pages

Concepts de Groupes, Anneaux et Corps

Le document traite des concepts fondamentaux des structures algébriques, notamment des lois internes, de l'associativité, de la commutativité, des éléments neutres et inversibles, ainsi que des groupes et sous-groupes. Il définit les propriétés des groupes, y compris les groupes commutatifs et les morphismes de groupes, tout en fournissant des exemples concrets. Les notions de puissances et de distributivité sont également abordées, établissant les bases pour une compréhension approfondie des mathématiques abstraites.

Transféré par

Proff Esseeurr
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

© Laurent Garcin MPSI Lycée Jean-Baptiste Corot

Groupes, anneaux, corps

1 Notion de loi
1.1 Loi interne

Définition 1.1 Loi interne

Soit E un ensemble. On appelle loi interne sur E toute application de E × E dans E.

Notation 1.1

Si ∗ est une loi interne sur E, l’image d’un couple (x, y) ∈ E2 par ∗ est notée x ∗ y plutôt que ∗(x, y).
La notation (E, ∗) signifie l’ensemble E muni de la loi interne ∗.

Exemple 1.1

I La loi + est une loi interne sur N mais pas la loi −.

I Soit A un ensemble. Les lois ∪ et ∩ sont des lois internes sur P(A).
I Le produit vectoriel est une loi interne sur l’ensemble des vecteurs de l’espace mais le produit scalaire n’en est
pas une.

Remarqe. Un ensemble muni d’une loi interne s’appelle un magma.


Si la loi n’est pas une loi usuelle, on appelle souvent l’élément x ∗ y le produit de x et y, par analogie avec la multiplication.
Bien entendu, si la loi est notée +, on parlera plutôt de somme. n

1.2 Associativité

Définition 1.2 Associativité

Soit ∗ une loi interne sur un ensemble E. On dit que ∗ est associative si pour tout (x, y, z) ∈ E3 :

x ∗ (y ∗ z) = (x ∗ y) ∗ z

On peut alors noter x ∗ y ∗ z sans parenthèses.

Exemple 1.2

I La multiplication sur C est une loi interne associative.


I La soustraction sur Z est une loi interne non associative.

[Link] 1
© Laurent Garcin MPSI Lycée Jean-Baptiste Corot

1.3 Commutativité

Définition 1.3 Commutativité

Soit ∗ une loi interne sur un ensemble E. On dit que ∗ est commutative si pour tout (x, y) ∈ E2 :

x∗y=y∗x

Remarqe. Le symbole + est généralement réservé aux lois commutatives. n

Exemple 1.3

I L’addition sur R est commutative.


I La composition sur EE n’est pas commutative dès que E possède plus de deux éléments.

1.4 Élément neutre et inversibilité

Définition 1.4 Élément neutre

Soit ∗ une loi interne sur un ensemble E. On dit que e ∈ E est un élément neutre de (E, ∗) si

∀x ∈ E, x∗e=e∗x=x

Théorème 1.1 Unicité de l’élément neutre

Soit ∗ une loi interne sur un ensemble E. Si (E, ∗) possède un élément neutre, il est unique.

Remarqe. Si la loi est additive (i.e. notée +), l’élément neutre est généralement noté 0. Si la loi est multiplicative (i.e. noté
×), l’élément neutre est généralement noté 1. n
Remarqe. Un ensemble muni d’une loi interne associative et possédant un élément neutre est appelé un monoïde. n

Exemple 1.4

I 1 est l’élément neutre de (C, ×)


I ∅ est l’élément neutre de (P(E), ∪) et E est l’élément neutre de (P(E), ∩).
I (N∗ , +) ne possède pas d’élément neutre.

I IdE est l’élément neutre de (EE , ◦).

Définition 1.5 Élément inversible

Soit ∗ une loi interne sur un ensemble E possédant un élément neutre e. On dit qu’un élément x de E est inversible
pour la loi ∗ s’il existe un élément x ′ tel que
x ∗ x′ = x′ ∗ x = e
Un tel x ′ s’appelle un inverse de x.

Remarqe. L’élément neutre est toujours inversible et il est inverse de lui-même. n

[Link] 2
© Laurent Garcin MPSI Lycée Jean-Baptiste Corot

Exemple 1.5

I Tous les éléments non nuls de (Q, ×) sont inversibles.

I 1 et −1 sont les seuls éléments inversibles de (Z, ×).


I Les éléments inversibles de (EE , ◦) sont les bijections de E dans E.

Tout ce qui suit n’est valable que pour les lois associatives possédant un élément neutre.

Théorème 1.2 Unicité de l’inverse

Soit E un ensemble muni d’une loi interne associative possédant un élément neutre. Tout élément inversible possède
un unique inverse.

Notation 1.2

L’inverse est généralement noté x−1 ou encore x∗−1 s’il y a un risque d’ambiguïté sur la loi interne. Si la loi est notée
+, on parle d’opposé plutôt que d’inverse et on le note −x plutôt que x−1 .

Théorème 1.3 Propriétés de l’inverse

Soit E un ensemble muni d’une loi interne associative possédant un élément neutre.
( )−1
(i) Soit x ∈ E inversible. Alors x−1 est inversible et x−1 = x.
(ii) Soit (x, y, z) ∈ E3 avec x inversible. Alors

(x ∗ y = x ∗ z ou y ∗ x = z ∗ x) =⇒ y = z

(iii) Soit (x, y) ∈ E2 . Si x et y sont inversibles, alors x ∗ y est inversible et (x ∗ y)−1 = y−1 ∗ x−1 .

Remarqe. La deuxième propriété signifie que l’on peut simplifier à gauche et à droite. n

 Attention ! L’inverse de x ∗ y n’est pas x−1 ∗ y−1 mais bien y−1 ∗ x−1 .

1.5 Puissances

Notation 1.3 Puissance

Soit E un ensemble muni d’une loi interne associative ∗ et d’un élément neutre e.
Soient x un élément de E et n ∈ N∗ .
∗n
I L’élément x
| ∗ x ∗{z· · · ∗ x} se note x ou encore x s’il n’y a pas d’ambiguïté sur la loi.
n

n fois

I Par convention, on pose x0 = e.

I Si x est inversible, on pose x−n = (x−1 )n = (xn )−1 .

Remarqe. Si la loi est noté additivement +, on parle plutôt de multiple que de puissance et le «multiple kème » de x s’écrit
kx plutôt que x+k . n

[Link] 3
© Laurent Garcin MPSI Lycée Jean-Baptiste Corot

Proposition 1.1 Règles de calcul

Soit E un ensemble muni d’une loi interne associative ∗ et d’un élément neutre e.
Soient x un élément de E.
1. Pour tout (n, p) ∈ N2 , xn ∗ xp = xn+p .
2. Si x est inversible, alors pour tout (n, p) ∈ Z2 , xn ∗ xp = xn+p .

 Attention ! En général (x ∗ y)n ̸= xn ∗ yn , à moins d’avoir commutativité de ∗.

1.6 Distributivité

Définition 1.6 Distributivité

Soit E un ensemble et ∗ et ⊤ deux lois internes sur E. On dit que la loi ∗ est distributive par rapport à ⊤ si :

∀(x, y, z) ∈ E2 , x ∗ (y⊤z) = (x ∗ y)⊤(x ∗ z) et (y⊤z) ∗ x = (y ∗ x)⊤(z ∗ x)

Exemple 1.6

I La loi × est distributive sur la loi + dans Z.


I Pour tout ensemble E, l’union ∪ et l’intersection ∩ sont deux lois distributives l’une sur l’autre dans P(E).

2 Groupes
2.1 Définition

Définition 2.1

On appelle groupe tout ensemble G muni d’une loi interne ∗ vérifiant les conditions suivantes :
(i) ∗ est associative,
(ii) (E, ∗) possède un élément neutre,

(iii) tout élément est inversible.

Remarqe. Il peut arriver qu’on parle d’un groupe sans préciser sa loi. Le produit de deux éléments x et y de G se notera
alors simplement xy. n

Définition 2.2 Groupe commutatif

Soit (G, ∗) un groupe. Si la loi ∗ est commutative, on dit que le groupe (G, ∗) est commutatif ou abélien.

2.2 Groupes classiques

Proposition 2.1 Ensembles de nombres

I (Z, +), (Q, +), (R, +) et (C, +) sont des groupes commutatifs d’élément neutre 0.

I (Q∗ , ×), (R∗ , ×) et (C∗ , ×) sont des groupes commutatifs d’élément neutre 1.

[Link] 4
© Laurent Garcin MPSI Lycée Jean-Baptiste Corot

Remarqe. Quand on parle du groupe R sans préciser la loi, on parle toujours du groupe additif (R, +). De même, quand
on parle du groupe C∗ sans préciser la loi, on parle toujours du groupe multiplicatif (C∗ , ×). n

Proposition 2.2 Groupe symétrique

Soit E un ensemble. L’ensemble des bijections de E sur E est noté S(E). (S(E), ◦) est un groupe d’élément neutre IdE .

Proposition 2.3 Ensembles de transformations du plan

On note P le plan. Les ensembles suivants munis de la loi de composition sont des groupes d’élément neutre IdP :

I l’ensemble des homothéties du plan de rapport non nul,


I l’ensemble des translations du plan,
I l’ensemble des rotations du plan,

I l’ensemble des similitudes directes du plan de rapport non nul,


I l’ensemble des similitudes du plan de rapport non nul.

Remarqe. Les éléments inversibles d’un monoïde forment un groupe. n

2.3 Sous-groupes

Définition 2.3 Sous-groupe

Soient (G, ∗) un groupe et H un ensemble. On dit que H est un sous-groupe de G si :


(i) H ⊂ G
(ii) H contient l’élément neutre,
(iii) H est stable pour la loi ∗ i.e. ∀(h, h ′ ) ∈ H2 , h ∗ h ′ ∈ H,

(iv) H est stable par passage à l’inverse i.e. ∀h ∈ H, h−1 ∈ H.

Exemple 2.1

Soit G un groupe d’élément neutre e. Alors G et {e} sont des sous-groupes de G.

Remarqe. Si H est un sous-groupe d’un groupe (G, ∗). Alors pour tout (h, n) ∈ H × Z, hn ∈ H. n

Proposition 2.4

Soient (G, ∗) un groupe et H un sous-groupe de G. Alors (H, ∗) est un groupe. De plus,


(i) l’élément neutre de (H, ∗) est l’élément neutre de (G, ∗) ;
(ii) si h ∈ H, l’inverse de h en tant qu’élément du groupe (H, ∗) est égal à son inverse en tant qu’élément du groupe
(G, ∗).

Remarqe. Si on voulait être rigoureux, il faudrait munir H de la restriction de ∗ à H. n


Remarqe. Si K est un sous-groupe de H qui est un sous-groupe de G, alors K est un sous-groupe de G. n

[Link] 5
© Laurent Garcin MPSI Lycée Jean-Baptiste Corot

Théorème 2.1 Caractérisation des sous-groupes

Soient (G, ∗) un groupe d’élément neutre e et H un ensemble. Alors H est un sous-groupe si et seulement si

(i) H ⊂ G ;
(ii) H contient l’élément neutre ;
(iii) ∀(h, k) ∈ H2 , h ∗ k−1 ∈ H.

Méthode Sous-groupes en pratique


Il est souvent plus facile de montrer qu’un ensemble muni d’une loi interne est un groupe en montrant qu’il est un
sous-groupe d’un groupe connu.

Exemple 2.2

I (Z, +) est un sous-groupe de (Q, +, ) qui est un sous-groupe de (R, +) qui est un sous-groupe de (C, +).

I (Q∗ , ×) est un sous-groupe de (R∗ , ×) qui est un sous-groupe de (C∗ , ×).


I Soit n ∈ N∗ . (Un , ×) est un sous-groupe de (U, ×) qui est un sous-groupe de (C∗ , ×).
I Les homothéties de rapport non nul, les translations, les rotations et les similitudes directes forment des sous-
groupes du groupe des similitudes.

I Soient E un ensemble et a ∈ E. Les éléments de S(E) fixant a forment un sous-groupe de S(E).

2.4 Morphismes de groupes (hors-programme)

Définition 2.4 Morphisme de groupes

Soient (G, ∗) et (G ′ , .) deux groupes. On appelle morphisme (de groupes) de G dans G ′ toute application f de G dans
G ′ telle que :
∀(x, y) ∈ G2 , f(x ∗ y) = f(x).f(y)
On appelle endomorphisme (de groupe) de G tout morphisme de G dans G.

Exemple 2.3

I L’exponentielle est un morphisme de (R, +) dans (R∗ , ×).


I Le logarithme est un morphisme de (R∗ , ×) dans (R, +).

I Le module est un morphisme de (C∗ , ×) dans (R∗ , ×).


I La valeur absolue est un endomorphisme de (R∗ , ×).

[Link] 6
© Laurent Garcin MPSI Lycée Jean-Baptiste Corot

Proposition 2.5 Morphisme, élément neutre et inverse

Soit f un morphisme de (G, ∗) dans (G ′ , .). On note e et e ′ les éléments neutres respectifs de G et G ′ . Alors

(i) f(e) = e ′ ,
(ii) ∀x ∈ G, f(x−1 ) = f(x)−1 .
(iii) ∀x ∈ G, ∀n ∈ Z, f(xn ) = f(x)n .

Proposition 2.6 Morphisme et composition

Soient f : G → G ′ et g : G ′ → G ′′ deux morphismes de groupes. Alors g ◦ f : G → G ′′ est un morphisme de groupes.

Proposition 2.7 Images directe et réciproque d’un sous-groupe par un morphisme de groupes

Soit f : G → G ′ un morphisme de groupes.


(i) Si H est un sous-groupe de G, alors f(H) est un sous-groupe de G ′ .
(ii) Si K est un sous-groupe de G ′ , alors f−1 (K) est un sous-groupe de G.

Définition 2.5 Noyau et image d’un morphisme

Soit f : G → G ′ un morphisme de groupes. On note e ′ l’élément neutre de G ′ .

(i) On appelle noyau de f l’ensemble Ker f = f−1 ({e ′ }) = {x ∈ G | f(x) = e ′ }.


(ii) On appelle image de f l’ensemble Im f = f(G) = {f(x), x ∈ G}.

Remarqe. L’image du morphisme f n’est autre que l’image de l’application f. n

Théorème 2.2

Soit f : G → G ′ un morphisme de groupes.

(i) Ker f est un sous-groupe de G.


(ii) Im f est un sous-groupe de G ′ .

Exemple 2.4

Le module est un morphisme de (C, ∗) dans (R, ∗). Par définition, son noyau est U qui est donc un sous-groupe de
(C, ∗).
De même, {−1, 1} est un sous-groupe de {R∗ , ×} puisque c’est le noyau de l’endomorphisme «valeur absolue» de
(R∗ , ×).

Proposition 2.8

Soit f : G → G ′ un morphisme de groupes. On note e l’élément neutre de G.

(i) f est injectif si et seulement si Ker f = {e}.


(ii) f est surjectif si et seulement si Im f = G ′ .

Remarqe. En ce qui concerne la première proposition, pour prouver l’injectivité de f, il suffit de montrer que Ker f ⊂ {e}
puisque Ker f, étant un sous-groupe, contient nécessairement e. n

[Link] 7
© Laurent Garcin MPSI Lycée Jean-Baptiste Corot

Méthode Injectivité en pratique


Pour prouver l’injectivité d’un morphisme de groupes f : G → G ′ , on commence la démonstration par : «Soit x ∈ G
tel que f(x) = e ′ » et on montre que x = e.

Définition 2.6 Isomorphisme, automorphisme

Soient G et G ′ deux groupes.


On appelle isomorphisme de G sur G ′ tout morphisme bijectif de G dans G ′ .
On appelle automomorphisme de G tout endomorphisme bijectif de G. On dit que G est isomorphe à G ′ s’il existe un
isomorphisme de G sur G ′ .

Remarqe. Dire que deux groupes sont isomorphes veut dire qu’ils ont la même structure. Si on connaît l’un, on connaît
l’autre. Toute propriété liée à la structure de groupe qui est vraie dans un groupe est aussi vraie dans un groupe qui lui est
isomorphe. n

Exemple 2.5

I (C, +) et (R2 , +) sont isomorphes.


#– #– #– #–
I Notons P et E le plan et l’espace vectoriel. Alors ( P , +) et ( E , +) sont respectivement isomorphes à (R2 , +)
et (R3 , +).

Théorème 2.3 Réciproque d’un isomorphisme

Soit f un isomorphisme de groupes de G sur G ′ . Alors f−1 est un isomorphisme de groupes de G ′ sur G.

Théorème 2.4 Groupe des automorphismes

Soit G un groupe. L’ensemble des automorphismes de G, noté Aut(G), est un sous-groupe de (S(G), ◦).

3 Anneaux
3.1 Définition et premières propriétés

Définition 3.1 Anneau

On appelle anneau tout triplet (A, +, ×) où A est un ensemble et + et × sont des lois internes sur A vérifiant les
conditions suivantes :

(i) (A, +) est un groupe commutatif dont l’élément neutre est généralement noté 0A ou 0,
(ii) × est associative,
(iii) A possède un élément neutre pour × généralement noté 1A ou 1,
(iv) × est distributive sur +.

Si × est commutative, on dit que l’anneau (A, +, ×) est commutatif.

[Link] 8
© Laurent Garcin MPSI Lycée Jean-Baptiste Corot

Exemple 3.1

I (Z, +, ×), (Q, +, ×), (R, +, ×) et (C, +, ×) sont trois exemples d’anneaux commutatifs.

I (Rn , +, ×) est un anneau commutatif (l’addition et la multiplication s’effectuant composante par composante).
I (RR , +, ×) est un anneau commutatif.
I L’ensemble des polynômes à coefficients dans R (noté R[X]) est aussi un anneau commutatif.

Notation 3.1

Soit A un anneau. On note A∗ l’ensemble des éléments inversibles de A.

Proposition 3.1

Si (A, +, ×) est un anneau, (A∗ , ×) est un groupe.

Théorème 3.1 Règle de calcul dans les anneaux

Soient (A, +, ×) un anneau, (a, b) ∈ A2 et n ∈ Z.


(i) 0A × a = a × 0A = 0A ,
(ii) n(a × b) = (na) × b = a × (nb),

Remarqe. On peut avoir 1A = 0A mais il est facile de voir que, dans ce cas, tout élément de A est nul i.e. A = {0}. On
appelle cet anneau l’anneau nul. n

Définition 3.2 Anneau intègre

On dit qu’un anneau A est intègre s’il est non nul et s’il vérifie la propriété suivante :

∀(a, b) ∈ A2 , ab = 0 ⇒ (a = 0 ou b = 0)

Remarqe. On peut généraliser à un produit de plus de deux facteurs. n

Exemple 3.2

Les anneaux Z, Q, R et C sont intègres.


Les anneaux (RR , +, ×) et (Rn , +, ×) pour n > 2 ne sont pas intègres.

 Attention ! Tous les anneaux ne sont pas intègres. Nous verrons par exemple dans le cadre de l’algèbre linéaire des
anneaux non intègres.

3.2 Formules

Définition 3.3

Soient (A, +, ×) un anneau et (a, b) ∈ A2 . On dit que a et b commutent si a × b = b × a.

[Link] 9
© Laurent Garcin MPSI Lycée Jean-Baptiste Corot

Proposition 3.2

Soient (A, +, ×) un anneau et (a, b) ∈ A2 tels que a et b commutent. Alors


[n−1 ]

n−1 ∑

(i) ∀n ∈ N , a − b = (a − b)
n n k n−1−k
a b = k n−1−k
a b (a − b),
k=0 k=0

n Ç å
∑ n k n−k
(ii) ∀n ∈ N, (a + b) =
n
a b .
k
k=0

En particulier, ces formules sont toujours vraies dans un anneau commutatif.

3.3 Sous-anneaux

Définition 3.4 Sous-anneau

Soient (A, +, ×) un anneau et B un ensemble. On dit que B est un sous-anneau de (A, +, ×) si :


(i) (B, +) est un sous-groupe de (A, +) ;
(ii) 1A ∈ B ;
(iii) B est stable par ×.

Proposition 3.3

Si B est un sous-anneau de (A, +, ×), alors (B, +, ×) est un anneau. De plus, 1B = 1A .

Proposition 3.4 Caractérisation des sous-anneaux

Soient (A, +, ×) un anneau et B un ensemble. B est un sous-anneau de (A, +, ×) si et seulement si :

(i) B ⊂ A ;
(ii) 1A ∈ B ;
(iii) ∀(a, b) ∈ B2 , a − b ∈ B ;
(iv) ∀(a, b) ∈ B2 , a × b ∈ B.

Méthode Sous-anneaux en pratique


Il est souvent plus facile de montrer qu’un triplet (A, +, ×) est un anneau en montrant qu’il est un sous-anneau d’un
anneau connu.

Exemple 3.3

(Z, +, ×) est un sous-anneau de (Q, +, ×) qui est un sous-anneau de (R, +, ×) qui est un sous-anneau de (C, +, ×).

Exercice 3.1 Entiers de Gauss

Montrer que Z[i] = {a + ib, (a, b) ∈ Z2 } est un sous-anneau de C.

[Link] 10
© Laurent Garcin MPSI Lycée Jean-Baptiste Corot

Exercice 3.2

Soit d ∈ N qui ne soit pas un carré d’entier. Montrer que Z[ d] est un sous anneau de R.

Exercice 3.3

Montrer que Z est le seul sous-anneau de Z.

3.4 Morphismes d’anneaux (hors-programme)

Définition 3.5 Morphisme d’anneaux

Soient (A, +, ×) et (B, ⊕, ⊗) deux anneaux. On appelle morphisme d’anneaux de A dans B toute application f : A → B
telle que :
(i) f(1A ) = 1B ,
(ii) ∀(a, b) ∈ A2 , f(a + b) = f(a) ⊕ f(b),
(iii) ∀(a, b) ∈ A2 , f(a × b) = f(a) ⊗ f(b),

Remarqe. En particulier, f est un morphismes de groupes de (A, +) dans (B, ⊕). On peut donc définir le noyau et l’image
d’un morphisme d’anneaux. n
Remarqe. On peut également définir des notions d’endomorphisme, d’isomorphisme et d’automorphisme d’anneaux. n

Proposition 3.5 Images directe et réciproque d’un sous-anneau par un morphisme d’anneaux

Soit f : A → B un morphisme d’anneaux.


(i) Si C est un sous-anneau de A, alors f(C) est un sous-anneau de B.
(ii) Si D est un sous-anneau de B, alors f−1 (D) est un sous-anneau de A.

4 Corps
4.1 Définition et premières propriétés

Définition 4.1 Corps

On appelle corps tout anneau commutatif (K, +, ×) dans lequel tout élément non nul est inversible pour ×.

Remarqe. En particulier, un corps est un anneau.


Pour tout corps K, K∗ = K \ {0K }. n

Théorème 4.1 Corps et intégrité

Tout corps est intègre.

Remarqe. On peut donc calculer dans un corps quelconque comme on calculerait dans Q, R ou C. n

Exemple 4.1

Q, R et C sont des corps.

[Link] 11
© Laurent Garcin MPSI Lycée Jean-Baptiste Corot

4.2 Sous-corps

Définition 4.2 Sous-corps

Soit (K, +, ×) un corps et L un ensemble. On dit que L est un sous-corps de (K, +, ×) si

(i) L est un sous-anneau de (K, +, ×) ;


(ii) L est stable par inversion i.e. ∀x ∈ L \ {0K }, x−1 ∈ L.

Proposition 4.1

Soient (K, +, ×) un corps et L un sous-corps de (K, +, ×). Alors (L, +, ×) est un corps.

Proposition 4.2 Sous-corps

Soit (K, +, ×) un corps et L un ensemble. L est un sous-corps de (K, +, ×) si et seulement si

(i) L ⊂ K ;
(ii) 1K ∈ L ;
(iii) ∀(x, y) ∈ L2 , x − y ∈ L ;
(iv) ∀(x, y) ∈ L × (L \ {0K }), x × y−1 ∈ L.

Méthode Sous-corps en pratique


Il est souvent plus facile de montrer qu’un triplet (K, +, ×) est un corps en montrant qu’il est un sous-corps d’un corps
connu.

Exemple 4.2

(Q, +, ×) est un sous-corps de (R, +, ×) qui est un sous-corps de (C, +, ×). Q est le plus petit sous-corps de C.

Remarqe. Un sous-corps est un sous-anneau mais un sous-anneau d’un corps n’est pas forcément un sous-corps. Par
exemple, Q est bien un sous-anneau de R car Q est un sous-corps de R. Mais Z n’est pas un sous-corps de Q bien qu’il soit
un sous-anneau de Q et que Q soit un corps. n

Exercice 4.1

Montrer que Q[i] = {a + ib, (a, b) ∈ Q2 } est un sous-corps de C.

Exercice 4.2

Soit d ∈ N qui ne soit pas un carré d’entier. Montrer que Q[ d] est un sous-corps de C.

[Link] 12
© Laurent Garcin MPSI Lycée Jean-Baptiste Corot

4.3 Morphismes de corps (hors-programme)

Définition 4.3 Morphisme de corps

Soient (K, +, ×) et (L, ⊕, ⊗) deux corps. On appelle morphisme de corps de K dans L tout morphisme d’anneaux de K
dans L.

Proposition 4.3

Soit f : K → L un morphisme de corps. Alors


1. ∀x ∈ K∗ , f(x) ∈ K∗ et f(x−1 ) = f(x)−1 .
2. f est injectif.

On peut également définir des notions d’endomorphisme, d’isomorphisme et d’automorphisme de corps.

Exemple 4.3

La conjugaison est un automorphisme de corps de C.

[Link] 13

Vous aimerez peut-être aussi