Biodiversité écosysteme fragmentation destruction nocturne éspeces
L’environnement comprend la biodiversité terrestre et marine, incluant les
espèces animales,
végétales et les écosystèmes où elles évoluent. Il se compose aussi des
éléments naturels comme les
plantes, les animaux, les forêts et les étendues d’eau, indispensables à la
survie humaine par leur
fourniture d’air, d’eau et de nourriture. Il englobe également les
infrastructures humaines pour le
logement, le travail, les déplacements et le bien-être. En Algérie, la loi n° 03-
10 du 19 juillet 2003
définit l’environnement comme l’ensemble des ressources naturelles
abiotiques et biotiques,
comprenant l’air, l’eau, le sol, la faune et la flore, ainsi que les interactions
entre elles, les paysages
et les monuments naturels.
l’érosion, minerais
Le sol est la couche de sédiments recouvrant la Terre. Il est constitué de liquides
(eau et minéraux
dissous), de solides inorganiques (principalement silicium, aluminium et fer), de
matière organique
issue de la décomposition des végétaux et animaux, et de gaz dans les pores du sol
sous forme de
vapeur d’eau ou autres gaz. Sa composition varie selon les régions et évolue avec le
temps sous
l’effet de l’érosion, de la pollution chimique et des déchets. Les particules du sol
varient de la terre
fine au sable et gravier, et l’espacement entre ces particules influence sa capacité à
absorber l’eau.
b. Minerais industriels
Exploités pour leurs propriétés physico-chimiques, les minerais industriels sont
utilisés dans divers
secteurs. Par exemple, le sel sert aux industries alimentaire et chimique; le kaolin
entre dans la
fabrication de papier, céramique et cosmétiques; le quartz pour le verre; la calcite
pour le plastique
et le caoutchouc; et le diamant en joaillerie et pour des outils de coupe.
d. Métaux
Les métaux, conducteurs efficaces de chaleur et d'électricité, sont
recyclables, ce qui en fait une
ressource écologique. Ils sont largement utilisés dans de nombreux secteurs,
tels que les biens de
consommation, l'automobile, l'aéronautique, et les équipements médicaux.
Parmi les métaux les
plus courants, on trouve le fer (surtout dans les constructions et projets
urbains), l’aluminium, le
cuivre, le zinc, le plomb, et l’étain.
Fossiles
Énergie géothermique : Exploite la chaleur terrestre pour produire de
l’électricité, chauffer les
bâtiments et même chauffer des serres. Bien que bénéfique pour
l’environnement, elle ne peut
remplacer les énergies fossiles.
Biomasse : Cette énergie, issue des matières organiques, est peu polluante
et économique.
Cogénération : Système produisant à la fois chaleur et électricité, en
recyclant la chaleur
excédentaire.
I.3. Environnement source de vie
L’environnement constitue notre milieu de vie. Il ne nous fournit pas
seulement des ressources,
mais aussi de nombreux services sans lesquels nous ne pourrions pas vivre,
par exemple :
• les forêts et les océans produisent de l’oxygène pour respirer ;
• l’atmosphère nous protège des rayons solaires et régule le climat ;
• le cycle naturel de l’eau (qui fonctionne grâce au soleil) nous fournit de
l’eau douce dans les
nappes souterraines, les lacs et les rivières ;
• les océans, les sols et les végétaux stockent le carbone et régulent ainsi le
climat ;
• les sols arables nous permettent de produire notre nourriture ;
• les mers nous procurent de la nourriture sous forme de poissons et de
fruits de mer ;
• les plantes sauvages sont à l’origine de notre agriculture et nous
fournissent l’information
génétique nécessaire pour créer de nouveaux médicaments ;
• les microorganismes et les plantes épurent l’eau et nettoient une partie de
nos eaux usées.
I.4. La destruction de l’homme des écosystèmes
Un écosystème est un équilibre entre les espèces animales et végétales. Les
activités humaines,
cependant, menacent cet équilibre. L'urbanisation, l'exploitation minière,
l’agriculture, et la
construction de barrages dégradent les écosystèmes, tout comme
l'introduction d'espèces invasives.
II.1. Définition de la pollution
La pollution est la dégradation d'un milieu naturel par des polluants qui altèrent sa
qualité et rendent
l’environnement nuisible à la santé. Les polluants peuvent être chimiques,
biologiques ou
physiques, affectant l'air, l'eau, le sol, ou les écosystèmes. Ils peuvent perturber le
biotope, détruire
la vie ou en favoriser certaines espèces de manière anormale (par exemple, les
nitrates dans l'eau
favorisent la prolifération d'algues). La pollution peut aussi être transitoire, comme
la pollution
sonore, ou permanente, comme les gaz à effet de serre.
II.1.1. Les polluants chimiques
Substances synthétiques : Produites par l’homme, ces substances toxiques sont
présentes dans
des produits comme les plastiques et les cosmétiques.
Substances naturelles : Certaines, comme les hydrocarbures, deviennent
polluantes lorsqu’elles
sont extraites ou manipulées par l'homme.
II.1.2. Les polluants biologiques
Ce sont des agents pathogènes (virus, bactéries) qui peuvent causer des maladies
et sont souvent
transmis par les eaux usées.
II.1.3. Les polluants physiques
Ils comprennent la pollution thermique (changement de température), visuelle
(modification du
paysage), sonore (bruit) et lumineuse (perturbation des cycles naturels des
animaux). Ces pollutions
perturbent les écosystèmes et affectent la faune et la flore.
II.2. Les changements climatiques :
Les changements climatiques, principalement dus à la pollution de l'air, sont
devenus une menace
globale. Le réchauffement climatique, caractérisé par l’augmentation de la
température terrestre, a
entraîné une élévation de 1.1°C entre 1850 et 2017. Un réchauffement de plus de
2°C aurait des
conséquences graves, notamment des dérèglements climatiques majeurs
(désertification, vagues de
chaleur, etc.).
II.2.1. Les causes du changement climatique
L'effet de serre naturel, qui permet de maintenir une température terrestre vivable,
est accentué par
les gaz à effet de serre (GES) produits par l'activité humaine (CO2, méthane,
protoxyde d'azote).
Depuis 150 ans, la concentration des GES a augmenté de manière alarmante, en
grande partie à
cause de la combustion de combustibles fossiles.
II.2.2. Conséquences du réchauffement climatique
Les conséquences incluent la montée du niveau des océans, des événements
météorologiques
extrêmes plus fréquents, des perturbations de la biodiversité, la perte de terres
cultivables, et des
migrations forcées dues à des conditions climatiques extrêmes.
Les solutions possibles pour lutter contre le réchauffement climatique ;
La Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC)
propose des
actions globales pour limiter l'augmentation des GES. Parmi les solutions figurent la
réduction de la
consommation d’énergies fossiles, la promotion des énergies renouvelables, la
régulation des
émissions agricoles, et l’adaptation des pratiques agricoles et urbaines pour mieux
gérer les impacts du changement climatique.
Cours III : Le développement durable
Introduction
L’humanité entre dans le 21e siècle avec un héritage ambivalent. Depuis la
révolution industrielle,
des progrès notables ont été réalisés dans de nombreux domaines : technologies,
médecine,
éducation, santé, et bien-être. Toutefois, ces avancées s'accompagnent d’un
revers : une population
croissante et une consommation excessive de biens, mettant à mal les ressources
naturelles. Les
inégalités demeurent importantes, en particulier dans le Sud, et l’environnement
subit des
dégradations alarmantes à cause de la pollution et du changement climatique.
L'humanité pourra-t-elle surmonter ce chaos ?
III.1. Démographie et urbanisation
La population mondiale approche actuellement les 7 milliards, et devrait atteindre
9,3 milliards d'ici
2050.
Le phénomène d’urbanisation, marqué par un exode rural massif, se renforce depuis
le 20e siècle.
Selon le Fonds des Nations Unies pour la Population, en 2008, pour la première fois,
plus de la
moitié de la population mondiale vivait en milieu urbain. Ce chiffre devrait atteindre
65% en 2025
et 80% en 2050, avec un doublement de la population urbaine en Afrique et en Asie
d’ici 2030.
Comment satisfaire les besoins de cette population croissante alors que les
ressources s'amenuisent
et que l'environnement se détériore ?
L'humanité doit relever trois défis majeurs :
Assurer les besoins fondamentaux de 7 milliards de personnes et garantir une vie
décente
pour tous ;
Utiliser les ressources de manière durable, sans épuiser celles non renouvelables
ni altérer la
capacité de la planète à régénérer les renouvelables ;
Préserver l’environnement et améliorer sa condition pour léguer une planète
viable aux
générations futures.
C’est face à ce triple défi que le concept de développement durable a émergé.
III.2. Le développement durable
Le développement durable, défini dans le rapport Brundtland de 1987, se décrit
ainsi :
« Le développement durable est un développement qui répond aux besoins des
générations
présentes, sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux
leurs. »
L'objectif est de remplacer les modèles de production et de consommation actuels
par des systèmes
plus équitables et respectueux de l'environnement. Il repose sur trois principes
clés :
Un développement compatible avec les écosystèmes, économe en ressources et
propre ;
Un développement viable, fondé sur des ressources renouvelables et favorisant
une
croissance économique inclusive ;
Un développement vivable, axé sur la cohésion sociale et un accès équitable à
une qualité de
vie élevée.
Le développement durable est un compromis entre trois contradictions
fondamentales :
Entre les besoins des générations actuelles et futures ;
Entre les pays industrialisés du Nord et les pays en développement du Sud ;
Entre les besoins humains et la préservation des écosystèmes.
III.2.1. Naissance et évolution du concept
Les dates clés du développement durable sont :
1972 : Rapport du Club de Rome "Halte à la croissance" et Sommet de
Stockholm ;
1983 : Création de la Commission des Nations Unies sur l’Environnement et le
Développement (CNUED) ;
1987 : Rapport Brundtland "Notre avenir à tous" ;
1992 : Sommet de la Terre à Rio de Janeiro et lancement de l'Agenda 21 ;
2002 : Sommet mondial sur le développement durable à Johannesburg ;
2012 : Rio+20, Conférence des Nations Unies pour le développement durable à
Rio
2015 : COP 21 PARIS :améliorer la résilience aux changements climatiques.
Nous en sommes maintenant à la COP 29.
Depuis 1972, une prise de conscience croissante des déséquilibres
environnementaux s'est
manifestée, avec le rapport du Club de Rome alertant sur les dangers de la
consommation de masse.
En 1987, le rapport Brundtland met en évidence les causes des crises
environnementales : la
pauvreté dans le Sud et les modes de consommation du Nord. Il appelle à un
développement qui ne
pénalise pas les générations futures. En 1992, le Sommet de la Terre à Rio de
Janeiro approfondit la
relation entre économie, environnement et développement.
À Johannesburg en 2002, le bilan de dix ans après Rio est mitigé, et en 2012, la
conférence Rio+20
signe une déclaration décevante, critiquée pour son manque d’ambition.
III.2.2. Les 3 piliers du développement durable
Le développement durable repose sur trois dimensions :
Économie viable : Un développement qui ne fragilise pas la production des biens
nécessaires à satisfaire les besoins fondamentaux.
Social équitable : Un développement qui ne laisse personne de côté, assurant la
dignité de
tous.
Environnement vivable : Un développement qui préserve la planète et ses
ressources.
Les objectifs de développement durable, interconnectés, visent un avenir durable
pour tous,
en répondant aux défis mondiaux d’ici 2030.
III.2.3. Finalités du développement durable
Les projets de développement durable doivent être examinés selon cinq finalités
transversales :
Climat : Lutte contre les gaz à effet de serre et protection de l’atmosphère ;
Ressources et biodiversité : Préservation de la biodiversité et des ressources
naturelles ;
Besoins essentiels : Assurer un cadre de vie satisfaisant pour chaque individu ;
Cohésion sociale : Créer des emplois et garantir la cohésion entre les générations
et les
territoires ;
Consommation et production responsables : Promouvoir des modes de production
et de
consommation durables.
III.3. L’urbanisme durable
L’urbanisme durable, ou éco-urbanisme, conçoit la ville comme un écosystème
devant allier
viabilité économique, équité sociale et respect de l’environnement. Il vise à
expérimenter de
nouveaux modes de vie, de consommation et d’habitat pour promouvoir des
comportements éco-
responsables.
Cela inclut l’utilisation de matériaux écologiques, la construction de bâtiments à
énergie positive, et
l’éco-mobilité favorisant les transports électriques et les vélos.
L'urbanisme durable intègre également d'autres dimensions telles que la gestion
des risques,
l'économie sociale et solidaire, et le développement économique local. Il s’agit
d’encourager la
participation citoyenne et de mettre en œuvre des actions concrètes pour préserver
l’environnement.
Conclusion
La prise de conscience de la dégradation environnementale et ses conséquences a
conduit au
développement de politiques écologiques et du concept de développement durable,
qui cherche un équilibre entre enjeux économiques, sociaux et environnementaux.
Face à la croissance
démographique et à l’urbanisation, il est crucial de mettre en place des stratégies
adaptées, prenant
en compte les déplacements des citoyens, leurs modes de vie et les impératifs du
développement
durable, pour rendre les villes viables et soutenables.
Cours IV : Ville et climat
Introduction
Le changement climatique constitue une menace croissante pour l’environnement,
et les villes en
sont des témoins privilégiés, avec une hausse des températures qui s’ajoute à des
phénomènes
locaux tels que les îlots de chaleur urbains (ICU). Les ICU, phénomène récurrent
dans les zones
fortement urbanisées, accentuent les effets du réchauffement climatique et
soulèvent de nombreuses
préoccupations en matière de santé publique, d'énergie, et de biodiversité. Les
villes doivent alors
adopter des stratégies pour contrer ces phénomènes thermiques qui impactent
négativement la
qualité de vie urbaine.
1. Les îlots de chaleur urbains (ICU)
Un îlot de chaleur urbain est une zone urbaine où la température est
significativement plus élevée
que dans les zones rurales environnantes. Ces différences de température peuvent
atteindre jusqu'à
10°C, notamment lors des canicules estivales. Les ICU se manifestent
principalement la nuit, à
cause de la restitution de la chaleur stockée par les matériaux urbains tout au long
de la journée.
Les causes des ICU sont liées à plusieurs facteurs : la radiation solaire, la chaleur
générée par les
activités humaines (chaleur anthropique), ainsi que les caractéristiques spécifiques
de l'urbanisme.
2. Causes des îlots de chaleur urbains
Les ICU sont provoqués par diverses caractéristiques propres aux milieux urbains :
Surfaces minéralisées : Les matériaux comme l’asphalte et le béton, ayant un
faible albédo
(capacité à réfléchir la lumière), absorbent davantage de chaleur durant la journée
et la
restituent la nuit, augmentant ainsi la température ambiante.
Réduction de la végétation : L'urbanisation a diminué la quantité de
végétation et d'eau en
ville.
Les espaces verts jouent un rôle essentiel dans la régulation thermique par
l'évapotranspiration, un processus qui permet de diminuer la température
ambiante.
Émissions de chaleur anthropiques : Les activités humaines, telles que les
transports,
l'industrie et la climatisation, contribuent à l'élévation des températures urbaines.
La forme et la structure de la ville, avec des bâtiments imposants et des rues
étroites, agissent
également comme des canyons, empêchant la dissipation de la chaleur.
3. Impacts des îlots de chaleur urbains (ICU)
Les ICU ont des conséquences significatives tant sur la santé publique que sur
l'environnement.
Confort thermique et risques sanitaires : Les températures extrêmes liées aux ICU
augmentent le stress thermique, particulièrement chez les populations vulnérables
(enfants,
personnes âgées, travailleurs de plein air). La canicule de 2003, qui a causé près de
70 000
décès en Europe, en est un exemple tragique.
Qualité de l’air : L'élévation des températures favorise la formation de smog,
composé de
particules fines et d'ozone, dont les concentrations augmentent au-delà de 30°C. Ce
phénomène aggrave la pollution atmosphérique et nuit à la santé respiratoire.
Besoins en rafraîchissement : La demande croissante de climatiseurs pour contrer
la
chaleur urbaine augmente la consommation d’énergie et les émissions de gaz à
effet de
serre, aggravant ainsi le réchauffement de la ville.
4. Solutions pour réduire les îlots de chaleur urbains
Pour atténuer les effets des ICU, plusieurs solutions d’aménagement urbain et de
gestion des
ressources doivent être mises en place :
Réduire les surfaces minéralisées : Diminuer l'utilisation de matériaux à faible
albédo
(comme l’asphalte et le béton) et augmenter l'utilisation de matériaux
réfléchissants et
perméables pour réduire l'absorption de chaleur.
Augmenter la végétalisation : L’introduction de plantes et d'arbres dans les
espaces urbains
permet d’apporter de l’ombre et d'améliorer l’évapotranspiration, contribuant à
rafraîchir
l’air ambiant.
Réduire la production de chaleur anthropique : Encourager l’utilisation des
transports en
commun, des véhicules non polluants, et améliorer l’efficacité énergétique des
bâtiments
pour réduire les émissions de chaleur.
Gestion de l’eau en ville : Réduire le ruissellement de l’eau de pluie par la création
de
surfaces perméables et des bassins de rétention, et favoriser les espaces d'eau
comme les
fontaines et les cours d'eau pour moduler la température ambiante.
5. Conclusion
Les îlots de chaleur urbains sont l'un des défis environnementaux majeurs du XXIe
siècle. La lutte
contre ce phénomène nécessite une approche intégrée de l’urbanisme, de
l’aménagement et de
l’efficacité énergétique. Si des solutions telles que la végétalisation, l’augmentation
de l’albédo, et
l’optimisation de la gestion de l’eau existent déjà, des efforts continus et des
innovations dans la
conception des villes sont nécessaires pour atténuer leurs effets. Ce phénomène
met en lumière les
limites actuelles de l’urbanisme et nous incite à réfléchir à des solutions plus
durables pour la ville
de demain.
Cours VI : Climat et architecture
V.1. Définition du climat
Le climat, défini par des moyennes statistiques sur des données atmosphériques
locales
(température, précipitations, vent, etc.), diffère de la météorologie, qui s’intéresse
aux variations à
court terme. On distingue :
Climats régionaux : Influencés par des phénomènes météorologiques spécifiques
et des
caractéristiques géographiques comme les reliefs.
Climats locaux : Dépendent de particularités environnementales restreintes, telles
que des
plans d’eau ou des reliefs proches.
Microclimats : Influencés par des éléments locaux à très petite échelle, comme la
végétation ou les bâtiments.
V.2. Paramètres du climat
Les principaux paramètres incluent :
Le rayonnement solaire et la température.
L’humidité et les précipitations.
La direction et la fréquence des vents.
V.3. Classification des climats dans le monde Pierre et adobe matériaux locaux
à forte inertie.
Les climats se classent selon :
La température : Froids, tempérés, chauds.
L’humidité : Secs, humides.
La latitude : Équatorial, tropical, désertique, méditerranéen, océanique, polaire.
V.4. L’aspect climatique de l’habitat vernaculaire
L’architecture vernaculaire repose sur les ressources locales et une connaissance
empirique
transmise par tradition, permettant une adaptation efficace au climat.
V.4.1. Habitat en zones chaudes et sèches
Protection solaire : Plans compacts, ruelles étroites, orientation optimale.
Hiérarchisation des espaces : Diversité des pièces pour réguler la température
(ex. : patios,
caves).
Nomadisme spatial : Changement d’usage des pièces selon l’heure ou la saison.
Rez- de- chaussé et terrasse sont réservés pour la saison chaude. Etage supérieur
recevant du soleil
est réservé pour la saison froide.
Matériaux et formes : Couleurs claires, murs épais, toitures terrasses ou voûtées,
habitats
troglodytiques.
Ventilation : Patios captant l’air frais, tours à vent, fenêtres adaptées,
moucharabiehs.
V.4.2. Habitat en zones chaudes et humides
Protection contre l’humidité : Habitations sur pilotis, toitures légères, grandes
ouvertures
pour ventilation.
Protection contre les précipitations : Structures surélevées pour éviter les
infiltrations et
les ruissellements.
V.4.3. Habitat en zones froides
Réduction des ouvertures : Limitation des pertes thermiques.
Matériaux isolants : Bois local, souvent du sapin.
Formes compactes : Maisons carrées, petites pièces principales pour maintenir la
chaleur.
Habitat troglodytique : Igloos avec propriétés isolantes grâce à la neige.
Conclusion
L’architecture vernaculaire propose des solutions ingénieuses et durables en tirant
parti des
ressources et des conditions naturelles. Ces techniques, fondées sur une
connaissance profonde des
climats locaux, nous inspirent à concevoir des habitats respectueux de
l’environnement.
Les architectes doivent intégrer ces approches traditionnelles dans leurs
conceptions
contemporaines, démontrant que tradition et modernité peuvent se compléter pour
un avenir plus
durable.
Cours 7 Partie I : L’architecture écologique (green building)
VII-I.1. Tentative de définition
De manière simple, l’architecture écologique est un mode de conception et de
réalisation ayant
pour objectif de créer une architecture respectueuse de l’environnement et de
l’écologie. Mais là où le bât blesse, c’est qu’il n’existe pas de définition officielle de
ce type de construction.
Ainsi en fonction des critères retenus, certains parleront de bâtiment durable, tandis
que d’autres se référeront à l’architecture verte.
Une construction peut ainsi être qualifiée de bâtiment durable s’il revêt une triple
dimension :
humaine, car le confort du foyer ne doit pas être négligé ;
environnementale en ayant recours à des ressources naturelles et renouvelables
notamment pour les matériaux ;
énergétique puisque la consommation d’énergie doit être réduite à son minimum.
Les constructions vertes quant à elles vont encore plus loin en imposant notamment
l’utilisation
des plantes et des espaces verts. Les bâtiments peuvent ainsi être aménagés de
façades
végétalisées dans un projet d’architecture verte.
Toutefois, le socle commun à tous ces concepts est la protection de
l’environnement. pour réduire la pollution induite par le chantier, mais aussi par le
bâtiment durant tout son cycle de vie.
La consommation d’énergie sera également un point d’attention considéré comme
essentiel.
VII-I.2. Les principaux critères de l’architecture écologique
Des critères principaux peuvent être retenus pour définir un bâtiment issu de
l’architecture
écologique :
l’environnement direct dans lequel sera bâtie la construction est pris en compte
dès la
conception du projet, afin de décider de l’orientation du bâtiment, de sa forme et de
sa taille. le
but est d’optimiser les ressources afin de bénéficier de la meilleure luminosité par
exemple ;
les matériaux doivent être naturels, recyclables et locaux dans la mesure du
possible ;
les équipements doivent consommer le moins d’énergie possible ;
les déchets doivent être réduits à leur strict minimum. le gaspillage doit être évité
;
l’isolation thermique du bâtiment doit être performante.
De plus, le bâtiment doit être durable, c’est-à-dire qu’il doit pouvoir être utilisé sur
le long terme
sans se détériorer. La qualité de vie offerte à ses occupants et le faible impact
environnemental ne
doivent donc pas évoluer de manière négative au cours du temps.
VII-I.3. Les différents types de bâtiments dits écologiques
Le terme de bâtiments écologiques reprend 4 concepts bien connus des
architectes : le bâtiment
bioclimatique, le bâtiment basse consommation, l’habitat passif et le bâtiment à
énergie positive.
a. Le bâtiment bioclimatique
Le but de ce type de maison écologique est de s'adapter à son environnement, ses
avantages et ses inconvénients. Sa seule source d'énergie repose sur les conditions
climatiques extérieures.
L'application des principes bioclimatiques permet de réduire les besoins
énergétiques d'un bâtiment et d'assurer le confort de manière passive, grâce à un
choix judicieux de l'implantation, de
l'orientation, de la forme du bâti et de ses prolongements vers l'extérieur, des
matériaux et de la
végétation plantée à proximité.
Un bâti compact, avec au sud les pièces principales et au nord les espaces de
services (entrée,
circulation, cuisine, rangements), minimise les déperditions thermiques.
Dans des ouvertures judicieusement orientées et dimensionnées (environ 50 p. 100
au sud, 20
p. 100 à l'est et à l'ouest, 10 p. 100 au nord), des doubles ou triples vitrages «
intelligents » à faible
émissivité infrarouge et haute transmission lumineuse régulent les apports du
rayonnement solaire.
Les surchauffes peuvent être limitées par une ventilation naturelle traversante et
des pergolas,
ou volets à claire-voie en façade sud et ouest, qui stoppent les rayons solaires
indésirables.
L’utilisation des matériaux écologiques (Le chanvre ou la ouate de cellulose..) pour
l’isolation et
du bois ou de la terre cuite pour les finitions sont très appréciés.
Lorsque les murs ont une ossature légère, quelques éléments massifs apportent une
inertie
favorable au confort d'été : la dalle en béton et des murs massifs autour des pièces
d'eau ou des
escaliers suffisent souvent.
Un concept énergétique efficace associe ces mesures constructives à des
installations optimisées, utilisant si possible des énergies renouvelables : pompes à
chaleur, capteurs solaires pour l'eau chaude sanitaire et le chauffage, poêle à bois,
etc.
Un puits canadien, appelé aussi puits provençal, permet de préchauffer l'air en hiver
et de le
rafraîchir en été grâce au passage dans des tuyaux enterrés dans le sol, dont la
température est
constante.
B. Les bâtiments à basse consommation
La notion de bâtiment à basse consommation est souvent reprise sous le terme de
maison BBC.
Étalon de référence de la réglementation RT 2012, le BBC est une construction qui
émet un très
faible niveau de gaz à effet de serre. Différents seuils ont été fixés pour les
bâtiments à usage
d’habitation pour lesquels la consommation conventionnelle d’énergie primaire doit
être inférieure
ou égale à 50 kWhep/m2/an et pour les autres usages la consommation d’énergie
primaire ne doit
pas excéder 50 % de la consommation de référence.
Les bâtiments anciens bénéficient d’une plus large tolérance. Concernant les
bâtiments anciens, ils peuvent eux aussi bénéficier de la qualité de bâtiment basse
consommation s’ils ne dépassent pas le seuil de 80 kWhep/m2/an.
Les principaux critères qui encadrent les bâtiments à basse consommation sont :
une conception bioclimatique ;
une isolation thermique du bâtiment performante ;
une parfaite étanchéité à l’air ;
des équipements techniques performants.
La maison BBC présente ainsi de nombreux avantages. Elle permet de réduire la
consommation
d’énergie de manière significative ce qui a un impact positif sur l’environnement,
mais aussi sur le
budget du foyer. Cette reconnaissance est d’ailleurs perçue comme une valeur
ajoutée lors de la
revente de la maison ou de l’appartement.
Afin de limiter la consommation d’énergie des bâtiments, la réglementation a mis
en place dès 2005
des mesures pour valoriser les bâtiments performants d’un point de vue
énergétique.
Ainsi la RT 2005 encourage le recours à des techniques, mais aussi à des matériaux
et des
équipements permettant de réduire la consommation énergétique pour chauffer,
ventiler et
climatiser les bâtiments.
La RT 2012, entrée en vigueur au 1er janvier 2013 a rendu ces mesures obligatoires
pour tous les
nouveaux bâtiments. Les nouvelles constructions doivent donc avoir une
consommation d’énergie
primaire inférieure de 80 % par rapport à une construction classique. Le respect des
règles permet
d’obtenir le label BBC.
De manière générale une maison BBC est plus chère qu’une construction standard.
Toutefois, cet
écart de prix (5 à 20 % environ) est compensé par les économies réalisées à long
terme.
Les bâtiments à basse consommation ont déjà permis d’agir de manière positive sur
l’environnement grâce à la généralisation des règles imposées par la RT 2012.
Toutefois, le
gouvernement souhaite aller encore plus loin. C’est pourquoi la RT 2020 va
dorénavant exigée que
les nouveaux bâtiments soient à énergie positive.
c. L’habitat passif
L’habitat passif va plus loin que le bâtiment à basse consommation dans la
démarche de protection de l’environnement. En effet, un bâtiment passif est en
mesure de générer lui-même l’énergie dont il a besoin pour fonctionner et répondre
aux besoins de ses occupants grâce à des panneaux solaires par exemple.
L’isolation thermique et la performance énergétique sont donc les piliers de la
conception de ce
type de construction écologique.
Pour qu’un bâtiment passif puisse être qualifié de la sorte, certains critères précis
doivent être
respectés :
• la performance thermique avec une isolation d’une épaisseur comprise entre 12
et 16 cm
d’épaisseur ;
• une étanchéité à l’air de n50 (norme européenne)2< 0,6 /h ;
• des fenêtres triples vitrages avec captation de chaleur ;
• une orientation au Sud ;
• une VMC avec un échangeur de chaleur ;
• un besoin en chauffage inférieur à 15kWh par mètre carré et par an.
Pour atteindre une telle performance, et bien qu’il existe plusieurs labels en la
matière en France,
l’habitat passif repose sur six piliers majeurs :
1. l’isolation thermique ;
2. les ponts thermiques ;
3. l’étanchéité à l’air ;
4. la ventilation ;
5. l’énergie solaire ;
6. les appareils ménagers économes.
Une maison passive offre à ses occupants une grande qualité de vie tout en
préservant
l’environnement. Toutefois, malgré ces avantages indéniables, il reste souvent
difficile de trouver
des professionnels en mesure de fabriquer une telle habitation. Pourtant, il
semblerait que l’habitat
passif soit le minimum standard requis pour l’architecture de demain.
Un habitat passif peut être défini comme un logement qui a une très basse
consommation
énergétique. En effet, les besoins en énergie sont quasiment tous couverts par
l’énergie produite par l’habitat lui-même grâce à des panneaux solaires par
exemple.
Lors de la conception du bâtiment, l’architecte tient compte de l’environnement et
du mode de vie
des habitants pour choisir les matériaux les plus adaptés, mais aussi pour orienter
l’habitation.
A part le label bas carbone la France n’a pas encore mis en place de normes pour
réglementer
l’habitat passif. Toutefois, selon le label allemand Passivhaus qui est la référence en
la matière, un
habitat passif se caractérise par :
• une consommation énergétique annuelle pour le chauffage inférieur à 15
kWh/m2 ;
• une consommation d’énergie primaire annuelle inférieure à 120 kWh/m2.
Pour parvenir à une telle performance énergétique, l’habitat passif doit prendre en
considération
certains éléments.
d. Les bâtiments à énergie positive
Le bâtiment à énergie positive ou BEPOS est certainement la version la plus aboutie
des
constructions issues de l’architecture écologique.
En effet, le BEPOS parvient à produire une plus grande quantité d’énergie que celle
qu’il
consomme en un an.
Cette performance qui semble relever de l’exploit est rendue possible grâce à un
mode de
conception spécifique qui permet d’accumuler la chaleur et l’électricité du bâtiment
avant de la
restituer. Pour un résultat optimal, les techniques de construction ne suffisent pas.
Le comportement
des utilisateurs doit également être adapté.
Pour définir un bâtiment à énergie positive, les principaux critères sont :
la prise en compte de la bioclimatique pour concevoir le bâtiment ;
la performance de l’isolation thermique ;
la faible consommation en énergie des systèmes de ventilation, de climatisation
ou de chauffage ;
la décentralisation de la production d’énergie ;
la présence d’un système de stockage de l’énergie ;
le traitement de l’énergie grise.
D’autre part, l’utilisation de produits locaux est recommandée afin de réduire
l’émission de gaz à
effet de serre.
Les avantages environnementaux offerts par les BEPOS sont indéniables.
Cependant, pour
bénéficier d’un tel bâtiment écologique, il faut compter un budget pour la
construction supérieur
de 8 à 11 % par rapport à une construction traditionnelle.
Toutefois, le budget énergétique du foyer est réduit de manière significative, ce qui
permet de
rentabiliser l’investissement.
VII-I.4. Architecture écologique et matériaux3
Quel que soit la définition ou le type de construction écologique retenu, il existe un
critère que
l’on retrouve systématiquement dès lors que l’on parle d’architecture écologique :
le choix de
matériaux. Rappelons qu’ils doivent impérativement être naturels et recyclables
ainsi
que locaux dès que possible. (Voir partie II du cours).
VII-I.5. La réduction des rejets
Une autre partie importante de l’architecture écologique est la minimisation de la
pollution et de
la production de déchets. Celle-ci peut être mise en application par la récupération
des eaux de
pluies, notamment pour l’arrosage, et le recyclage des eaux usées, l’intégration de
systèmes de tri
des déchets et de compostage des matières organiques. L’emploi de matériaux
non-polluants peut
aussi être un moyen de réduire l’émission de composés organiques volatils.
Les objectifs d’une architecture durable s’orientent donc vers la mise en œuvre de
pratiques et de
technologies de construction durable qui visent une efficacité écologique de long-
terme, sans
pour autant négliger le court-terme et les besoins particuliers durant la construction
d’un
bâtiment.
Ainsi l’architecte responsable prendra toutes les dispositions nécessaires pour
réduire au maximum
les nuisances environnementales du chantier, pour également mettre en œuvre une
construction
durable.
VII-I.6. L’architecture écologique du futur
Lutte contre le réchauffement climatique et développement durable sont les enjeux
majeurs des
prochaines décennies. Dès lors, le secteur de la construction qui consomme 50 %
de l’énergie
mondiale ne peut ignorer le problème. Il est certain que l’immeuble du futur sera
résolument
écologique.
Toutefois, l’architecture écologique prenant de l’ampleur, les projets seront sans
aucun doute plus
novateurs. Et pour cause, le défi est grand.
Les architectes doivent faire face à de nombreuses contraintes émergentes comme
les
problématiques de transport, le manque d’espace au sol dans les grandes villes ou
encore
l’évolution des modes de vie des citoyens.
En effet, on a pu constater à travers le monde la hausse de la pratique du télétravail
induite par la
crise du COVID-19, qui implique de repenser les espaces de vie.
Toutefois, deux grandes tendances se dessinent déjà pour les immeubles
écologiques de demain :
a. Bâtiment écologique intelligent
Afin de maximiser les performances énergétiques d’une maison écologique, le
recours aux
nouvelles technologies est un véritable atout. La domotique permet ainsi de
contrôler les systèmes
de chauffages et de climatisation ou la luminosité via des objets connectés.
Toutefois, l’utilisation de l’intelligence artificielle doit elle-même s’inscrire dans une
démarche
éco-responsable car ces technologies consomment de l’énergie. Il est alors
nécessaire de choisir
des produits réellement utiles et rentables en termes de performance énergétique
pour un obtenir
un bâtiment écologique intelligent.
Peuvent ainsi être mis en place des détecteurs de présence pour allumer la lumière,
des capteurs de
température pour enclencher le chauffage ou la climatisation.
A terme, le bâtiment sera capable de s’auto gérer pour offrir un confort de vie
optimal tout en
préservant l’environnement et les ressources naturelles.
Certains smart buildings ont déjà vu le jour. A titre d’exemple, nous pouvons citer
l’immeuble de
la Bank of America à New York ou le Crystal Island à Moscou.
b. La façade végétalisée.
Issue des constructions vertes, il s’agit d’isoler le bâtiment par l’extérieur grâce aux
plantes
implantées sur la façade du bâtiment. Le besoin d’arrosage est quasiment nul
puisque le système
mis en place permet de récupérer les eaux de pluie. Plantes grimpantes et plantes
vivaces forment
alors un revêtement végétal tout aussi utile qu’esthétique. La toiture végétalisée,
quant à elle moins
utilisée, est également un isolant thermique très performant qui permet de réaliser
des économies
d’énergie.
VII-I.6. Quelques exemples de projets de bâtiments écologiques du futur
Si on se demande à quoi vont ressembler l’immeuble écologique du futur, on pourra
d’ores et déjà
se faire une idée précise grâce aux divers projets en cours.
Parmi les plus connus, on retrouve Hypérion éco-quartier imaginé par Vincent
Callebaut
le projet Arboricole au sein de la ville d’Angers imaginé aussi par Vincent Callebaut.
Un autre projet tout aussi innovant et impressionnant, la forêt verticale de Nanjing.
Il est prévu de
planter plus de huit cents arbres en façade dans le but d’améliorer la qualité de l’air
environnant.
Plantes et arbustes viendront compléter ce massif de plus de 4500 m2.
Le projet Paris Smart City 2050 démontre également la volonté de lutter contre le
réchauffement
climatique. Avec ces huit tours ont pour ambition de réduire de 75 % l’émission de
gaz à effet de
serre dans la capitale française, mais aussi de recycler les déchets dans le cadre
d’un circuit court et
de réintégrer de la biodiversité.
Cours VIII : Innovations en architecture
Introduction
Les nouvelles technologies prennent de plus en plus de place dans nos vies privées
et
professionnelles. Le secteur du bâtiment n’est pas en reste dans ce domaine. Face
aux enjeux du
développement durable et de son impact sur l’environnement, ce secteur est
confronté à un
nécessaire besoin d’innovation. En effet, les technologies semblent devenues des
outils
indispensables pour répondre à des exigences de plus en plus nombreuses et
sévères : isolation,
environnement, sécurité, entretien...
Concept à mi-chemin entre la création (arts) et la recherche (sciences), l’innovation
en architecture
vise à créer des « choses ordinaires d’une manière extraordinaire ».
Comment cette innovation, qui se décline autour de la conception, des matériaux et
des méthodes de
travail, se matérialiste-t-elle?
VIII.1 .Conception
L’innovation en architecture ne se résume pas à apporter seulement nouveauté et
originalité aux
projets de construction, de reconstruction ou encore de rénovation. Elle doit bel et
bien être
synonyme de plus-value, laquelle nécessite que les bureaux d’études mettent
l’accent sur la
recherche et le développement. C’est pourquoi ces derniers doivent nouer des
partenariats avec des
universités afin d’être en mesure de proposer des idées avant-gardistes. De plus,
les conceptions
innovantes – développées pour durer – se doivent d’intégrer des scénarios à long
terme permettant
de faire évoluer la construction afin qu’elle puisse s’adapter aux besoins
changeants de l’utilisateur.
l’accent est mis sur :
a. La conception bioclimatique :
La conception bioclimatique consiste à tirer le meilleur profit de l’énergie solaire,
abondante et
gratuite. En hiver, le bâtiment doit maximiser la captation de l’énergie solaire, la
diffuser et la
conserver. Inversement, en été, le bâtiment doit se protéger du rayonnement
solaire et évacuer le
surplus de chaleur du bâtiment. La conception bioclimatique s’articule autour des 3
axes suivants :
Capter / se protéger de la chaleur
Transformer, diffuser la chaleur
Conserver la chaleur ou la fraicheur
ceci a sucité le developpement des matériaux, des procédées et des logiciels d’aide
à la décesion.
b. La conception paramétrique
L’approche paramétrique de la conception architecturale destinée à aider les
architectes dans la
génération de types complexes de formes et de volumes.
En outre, le besoin croissant de maîtriser un grand nombre de paramètres et de leur
donner
souplesse et adaptabilité dans le domaine de l'architecture nécessite l'utilisation
d'un paramétrage
massif des dessins à générer.
L'alliance entre les bases de données et les outils du dessin assisté par ordinateur
permet d'atteindre
cet objectif grâce à la capacité des bases de données à gérer et mettre à jour
rapidement une grande
quantité d'informations et grâce aux techniques du dessin paramétrique pouvant
manipuler ces
données et les traduire en dessin et en objet du projet.
Fig.1.Stade Al Janoub au Qatar1
.
Fig.2. projet de la tour phare à paris2
L'utilisation de l'aléatoire dans la combinaison des valeurs des différents paramètres
permet
d'explorer des solutions insoupçonnées. Cependant, le hasard est contraint par les
conditions
imposées par l'architecte pour qu'il puisse diriger le projet dans la direction qu'il
souhaite. Ainsi, les
techniques du dessin paramétrique peuvent apporter des solutions novatrices aux
problèmes de
conception architecturale.3
c. La conception biomimétique4
L’architecture biomimétique est une philosophie contemporaine de l’architecture
qui cherche des
solutions pour la durabilité dans la nature, non pas en reproduisant les formes
naturelles, mais en
comprenant les règles qui régissent ces formes. C’est une approche
multidisciplinaire de la
conception durable qui suit un ensemble de principes plutôt que des codes
stylistiques. Il fait partie
d’un mouvement plus large connu sous le nom de biomimétisme.
Le Biomimétisme signifie imiter la vie et provient des mots grecs bios (vie) et
mimesis (imiter). Le
mouvement est une branche de la nouvelle science définie et popularisée par Janine
Benyus dans
son livre Biomimicry: Innovation Inspired by Nature de 1997 qui étudie la nature
puis imite ou
s’inspire de ses conceptions et processus pour résoudre les problèmes créés par
l’homme. Plutôt que
de considérer le bâtiment comme une machine à vivre, le biomimétisme demande
aux architectes de considérer un bâtiment comme une chose vivante pour un être
vivant.
Le biomimétisme peut en fait être interprété comme une mise en harmonie de
l’homme et de la
nature. L’objectif de l’architecture biomimétique ne consiste plus à donner
uniquement forme et
mesure à l’espace, mais aussi à développer des relations synergiques entre le
construit et son
environnement.
c.1. Les niveaux du biomimétisme en architecture
Les processus de conception biomimétique en architecture font apparaitre trois
niveaux d’imitation
possibles : le niveau de l’organisme, du comportement ou de l’écosystème.
1- Le niveau organisme se réfère à un être spécifique comme une plante ou un
animal et peut
impliquer l’imitation d’une partie de l’organisme ou du tout.
C’est un biomimétisme de forme ou de surface. Il s’agit de s’inspirer et d’imiter les
formes
retrouvées dans la nature. Les organismes ont évolué depuis des millions d’années ;
leur
morphologie s’est parfaitement adaptée à l’environnement dans lequel ils vivent.
Par exemple, le coléoptère namibien Stenocara a inspiré un certain nombre
d’architectures
biomimétiques comme le Centre hydrologique de l’Université de Namibie, conçu par
Matthew
Parkers de KSS Architectes. Ou encore le Teatro del aqua, un projet non construit
conçu par
Michael Pawlyn (2016).
En effet, la carapace de ce scarabée est composée d’une succession de micro-
bosses attirant l’eau et
de rainures cireuses qui la font circuler (figure 3.a). Ces caractéristiques ont
directement inspirées
architectes pour concevoir les capteurs de brouillard de leurs bâtiments (forme et
matériau) .
ab
Fig.3. (a) Le coléoptère namibien Stenocara, (b) Le Centre hydrologique de
l’Université de
Namibie, conçu par Matthew Parkers de KSS Architectes.
Un autre exemple d’architecture biomimétique classé au niveau de l’imitation d’un
organisme.
C’est le cas du Swiss Re Headquarter, construit par Foster & Partner’s (2003), dont
l’Euplectella
aspergillum, plus communément appelée Corbeille de fleurs de Vénus, a inspiré la
conception.
Cet organisme marin est constitué de multiples couches de verre formant un
squelette très
résistant malgré la petitesse des filaments qui le structurent. Ce squelette est
composé de treillis de
fibres formant des alvéoles carrées qui sont renforcées par d’autres fibres placées
diagonalement
et décrivant ainsi des spirales. La structure extérieure du Swiss Re Headquarter
imite le squelette
de l’Euplectella .
Plus récemment, deux architectures biomimétiques remarquables ont été édifiées à
Singapour.
L’Esplanade Theatre de DP Architectes et Michael Wilford dispose d’une couverture
inspirée par
la peau des fruits du Durian. Celle-ci est composée de panneaux d’aluminium qui
filtrent la
lumière naturelle et qui change de direction selon la position du soleil. Cette
conception
biomimétique réduit de 30 % l’énergie totale consommée dans le bâtiment et de 55
% l’utilisation
de l’éclairage artificiel.
Fig.5: l’Esplanade Théâtre inspiré par la peau des fruits du Durian.
Toujours à Singapour, la conception de l’ArtScience Museum a été inspirée par la
fleur de lotus.
L’arrangement particulier des pétales qui compose le bâtiment permet de récupérer
l’eau de pluie en
vue de la recycler et laisse entrer la lumière naturelle dans plusieurs directions
diminuant ainsi
l’usage de l’éclairage artificiel.
Fig.6: l’Artscience Museum inspiré par la fleur de lotus.
2- Niveau comportement
Le niveau comportement correspond à un biomimétisme de processus ou de
fonction. Il s’agit
d’observer comment la nature fait pour « réaliser une fonction » afin de l’imiter. Ce
n’est pas
l’organisme lui-même qui est imité mais la façon dont il se comporte. Les travaux
de l’architecte
Mick Pearce illustrent parfaitement le niveau comportement du biomimétisme. Son
bâtiment le plus
remarquable est l’Eastgate Building à Harare au Zimbabwe. Il est en partie fondé
sur des techniques
de ventilation et de régulation de température observées dans les termitières dans
le but de créer une
ambiance thermique stable à l’intérieur de l’édifice.
Ce système de ventilation passive permet de diminuer considérablement les
consommations
d’énergie. Une étude comparative menée avec six autres bâtiments a montré que
l’Eastgate Building Toujours à Singapour, la conception de l’ArtScience Museum a
été inspirée par la fleur de lotus.
L’arrangement particulier des pétales qui compose le bâtiment permet de récupérer
l’eau de pluie en
vue de la recycler et laisse entrer la lumière naturelle dans plusieurs directions
diminuant ainsi
l’usage de l’éclairage artificiel.
Fig.6: l’Artscience Museum inspiré par la fleur de lotus.
2- Niveau comportement
Le niveau comportement correspond à un biomimétisme de processus ou de
fonction. Il s’agit
d’observer comment la nature fait pour « réaliser une fonction » afin de l’imiter. Ce
n’est pas
l’organisme lui-même qui est imité mais la façon dont il se comporte. Les travaux
de l’architecte
Mick Pearce illustrent parfaitement le niveau comportement du biomimétisme. Son
bâtiment le plus
remarquable est l’Eastgate Building à Harare au Zimbabwe. Il est en partie fondé
sur des techniques
de ventilation et de régulation de température observées dans les termitières dans
le but de créer une
ambiance thermique stable à l’intérieur de l’édifice.
Ce système de ventilation passive permet de diminuer considérablement les
consommations
d’énergie. Une étude comparative menée avec six autres bâtiments a montré que
l’Eastgate Building
sur une plate-forme de glace formant un cercle pour partager leur chaleur, une
centaine de villas
sont regroupées dix par dix dans une vaste clairière entourée d’une voie navigable.
Fig.9: Système de régulation thermique des pingouins empereurs.
District 11, centre d’innovation de Skolkovo en Russie.
3- Niveau écosystème
Le niveau écosystème correspond à un biomimétisme cherchant à imiter des
écosystèmes présents
dans la nature. Il s’agit de comprendre comment les relations entre des espèces
Biomimétisme en architecture.
et leur environnement produisent un écosystème stable dans le temps et donc
durable.
En effet, dans la nature, tous les déchets générés par des animaux et des plantes
constituent un
apport pour d’autres animaux et d’autres végétaux. Un bâtiment qui serait capable
d’imiter ce
processus naturel pourrait fonctionner de manière autonome et durable.
Il y a plusieurs cas d’imitation de la nature au niveau écosystème, mais la ville de
Kalundborg au
Danemark, en tant que premier exemple de symbiose industrielle, en est une
parfaite illustration.
Fig.10: L’écologie industrielle de la Ville de Kalundborg, Copenhague.
A l’intérieur de chacun de ces trois niveaux, cinq dimensions supplémentaires
d’imitation existent.
La conception peut être biomimétique par exemple en termes de à quoi ça
ressemble (forme), en
quoi c’est fait (matériau), comment c’est fait (construction), comment ça travaille
(processus) ou
qu’est-ce que ça fait (fonction) .
Fig.11. Cadre théorique pour l’application du biomimétisme en architecture.
Quel que soit le niveau de mise en œuvre du biomimétisme, il existe des stratégies
fréquemment
observées dans la nature et qui sont à la base de la persistance des écosystèmes.
Ces stratégies sont
à considérer lors de l’application de la démarche biomimétique dans un processus
de conception
architecturale.
VIII.2.Matériaux
L’innovation architecturale passe également par l’emploi de matériaux davantage
durables,
économiques, sécuritaires et recyclables. A ce titre, entreprises et universités du
monde entier
regorgent d’idées pour concevoir des matériaux plus efficaces, notamment en
termes d’isolation :
briques en papier (ciment combiné à la cellulose du papier et du carton recyclé)
offrant un excellent
isolant acoustique; plâtre antipollution qui filtre l’air intérieur (captation de 80 % des
composés
organiques volatils); isolant à base de champignons, lesquels tissent à partir du
mycélium un bloc
léger, dense et biodégradable; revêtement régulateur de chaleur avec sa paraffine
qui fond (se
solidifie) lorsque la température monte (baisse) ce sont les matériaux dits à
changement de phase.
Quant à l’aspect esthétique, il est loin d’être négligé comme nous le démontrent le
bois transparent
(Institut technologique de Stockholm); le ciment phosphorescent qui restitue la nuit
la lumière
absorbée durant le jour (Université Michoacana de San Nicolás de Hidalgo au
Mexique) ou encore
le béton translucide dont les fibres optiques intégrées laissent passer la lumière
(produit onéreux
que l’on retrouve au musée Guggenheim de New York).
Brique en papier ciment phosphorescent Béton translucide
Fig.12. Matériaux innovants
VIII.3. Méthodes de travail
Apparus à la fin des années 70, les premiers outils de modélisation de bâtiments se
sont améliorés
au cours des décennies pour aboutir à la « modélisation des données d’un bâtiment
» (plus connu
sous le nom de BIM – Building Information Model), qui a été adopté – voire imposé –
par de
multiples gouvernements des cinq continents : Japon, Royaume-Uni, Iran,
Singapour, Émirats
arabes unis, France, Espagne, Allemagne, Canada, États-Unis, Nigéria, Afrique du
Sud... Pourquoi
un tel engouement?
Parce que BIM traite l’ensemble des aspects du cycle de vie d’un ouvrage jusqu’à sa
déconstruction
en un endroit unique, permettant ainsi des réductions d’erreurs (61 %), des coûts
de construction
(30 %), de la durée du projet (22 %) ainsi que des plaintes et des litiges (17 %)
d’après une étude
réalisée par McGraw-Hill Construction en 2012. Aussi, parce que BIM restitue la
multitude
d’informations fournies par les divers corps de métiers impliqués dans la réalisation
de l’ouvrage
sous forme de maquettes intégrant des données aussi variées que les matériaux,
les formes, les
calculs énergétiques, électriques, hydrauliques, aérauliques...
Fig.13. Exemple d’un projet réalisé avec un outil BIM propriétaire .Source: Autodesk
Par conséquent, la donnée est une notion fondamentale dans la démarche BIM dont
le cœur est une
base de données, soit propriétaire, telle que celle de Revit ou bien personnelle si le
concepteur
développe sa propre démarche.
Le BIM s’avère également nécessaire pour pouvoir suivre les autres avancées
technologiques,
comme le scan 3D d’un bâtiment, obtenant ainsi une maquette numérique précise
de l’état réel du
bâtiment. Ou encore l’impression 3D comme en témoigne un pont métallique à
Amsterdam.
Le BIM a donc l’aspect tout de l’outil idéal pour construire mieux et durablement,
pour maîtriser les
coûts lors de la construction et tout au long du cycle de vie et pour permettre à tous
les acteurs
concernés de travailler et de s’informer sur un mode collaboratif.
VIII.3.1. Les objectifs du BIM.
Le principal objectif de la démarche BIM est d’accompagner le projet depuis la
phase de conception
jusqu’à sa démolition. En d’autres termes, gérer le projet de construction durant
toute sa durée de
vie.
Fig.15. Le cycle de vie de la démarche BIM Source: Autodesk
Avec l'idée de regrouper et de partager les informations, le BIM permet de maintenir
une continuité
à travers toute la vie de l’ouvrage
VIII.3.2 Les avantages du BIM.
Le BIM intervient sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment. A chaque phase, les
maquettes sont
différentes, tant par leurs qualités graphiques que par les données qu’elles
intègrent. L’intérêt du
BIM est de pouvoir anticiper les erreurs, détecter les conflits et diminuer les risques
que ce soit à
travers l’analyse des collisions entre deux maquettes ou bien avec une meilleure
coordination des
équipes du projet.
VIII.3.3. Les outils propriétaires du BIM.
Il existe différents types d’outils de modélisation par corps d’état, qui n’auront pas
les mêmes objets
ni les mêmes paramétrages d’objets. Les principales catégories que l’on rencontre
dans les outils de
modélisation concernent l’architecture, les structures, l’électricité, le chauffage,
ventilation et
climatisation (CVC).
Ces outils de modélisation peuvent être complétés par des plug-ins pour faciliter la
modélisation
paramétrique et l’analyse du modèle.
Ces outils sont en général utilisés au début de la chaîne de conception et prennent
en charge toutes
les phases du projet et impliquent tous les intervenants.
Par exemple, ces outils permettent dans la partie structure le calcul de la section
des poteaux et des
poutres, les dimensions des fondations. Dans la partie électricité, le calcul de la
section des câbles,
le calcul du facteur de lumière du jour et des nombre et type de luminaires qui en
découlent. Dans la
partie thermique, le dimensionnement des gaines, des groupes de chauffage ou de
climatisation.
La performance des outils BIM propriétaires est indiscutable, cependant, dans les
pays en
développement, une barrière économique est érigée par le coût de leurs licences
d’utilisation
limitées dans le temps.
Face à la crainte de la perte de créativité le BIM est un moyen pour transformer une
pensée en un
bâtiment concret adapté à son époque. Le BIM est donc un outil, il ne remplace ni la
pensée
architecturale, ni l’ingéniosité, ni la compétence des entreprises. Le résultat final
dépend de la
manière dont il est utilisé. Le plus dur, comme dans tout changement, est la
nécessité de revoir et
d’adapter ses habitudes et réflexes.