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Modèle Offre-Demande Globale en Économie

Le modèle offre globale-demande globale (OG-DG) étend le modèle IS-LM en intégrant la flexibilité des prix et des salaires, permettant aux entreprises d'ajuster leurs prix en réponse à la demande. La courbe de demande globale est construite en relâchant l'hypothèse de rigidité des prix, montrant une relation inverse entre le niveau des prix et la demande de biens. Les déplacements de la courbe de demande globale peuvent être causés par des variations de la masse monétaire, des dépenses publiques ou des impôts.

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Modèle Offre-Demande Globale en Économie

Le modèle offre globale-demande globale (OG-DG) étend le modèle IS-LM en intégrant la flexibilité des prix et des salaires, permettant aux entreprises d'ajuster leurs prix en réponse à la demande. La courbe de demande globale est construite en relâchant l'hypothèse de rigidité des prix, montrant une relation inverse entre le niveau des prix et la demande de biens. Les déplacements de la courbe de demande globale peuvent être causés par des variations de la masse monétaire, des dépenses publiques ou des impôts.

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Section 3 : Le modèle offre globale-demande globale

Le modèle offre globale-demande globale (OG-DG) est une


extension du modèle IS-LM à prix et salaires nominaux
flexibles. En effet, le modèle IS-LM repose sur l’hypothèse de
rigidité des prix et des salaires nominaux et néglige tout rôle
au côté offre. Désormais, les entreprises ne sont plus
contraintes par les débouchés et peuvent réagir aux modifica-
tions de la demande en ajustant leurs prix. Le modèle OG-DG
rend compte des mécanismes d’offre et permet d’intégrer le

1
comportement des entreprises dans l’analyse de l’équilibre
macroéconomique.

1. La demande globale
1.1. La construction de la courbe de demande globale
1.1.1. L’approche graphique
La construction de la demande globale repose sur le modèle
IS-LM en relâchant l’hypothèse de rigidité des prix. En effet,
l’équilibre macroéconomique issu du modèle IS-LM
correspond, pour un niveau de prix donné, à un équilibre
simultané sur le marché des biens et services et sur le marché
2
de la monnaie. Dès lors que l’hypothèse de rigidité des prix est
relâchée, on peut construire la courbe de demande globale
(DG) à partir de l’équilibre IS-LM.
Figure 1 : La construction de la courbe de demande globale
(DG)

3
La figure 1a présente l’équilibre IS-LM pour un niveau de prix
donné, noté P. Le point d’équilibre E détermine un revenu (une
production) d’équilibre Y et un taux d’intérêt d’équilibre i.
Supposons que le niveau des prix diminue et passe de P à P’.
Pour un niveau de masse monétaire nominale, notée M,
donné, la diminution des prix provoque une augmentation de
la masse monétaire réelle, i.e. le stock réel de monnaie, noté
M/P.
Cela implique un déplacement de la courbe LM vers le bas. Un
accroissement de l’offre réelle de monnaie provoque un
déséquilibre sur le marché de la monnaie : il y a un excès

4
d’offre de monnaie par rapport à la demande, ce qui provoque
une diminution du taux d’intérêt.
En effet, lorsque les prix diminuent, la demande réelle de
monnaie décroît. L’offre de monnaie nominale étant fixe, il est
donc nécessaire que le taux d’intérêt diminue afin d’inciter les
agents à détenir de la monnaie.
La diminution du taux d’intérêt a des effets sur
l’investissement qui augmente. L’investissement étant une
composante de la demande de biens, cette dernière augmente
également. L’équilibre macroéconomique de court terme –
issu du modèle IS-LM (figure 1) – se déplace du point E vers le

5
point E’, où la production est plus élevée (Y’ > Y) et où le taux
d’intérêt est plus faible (i’ < i).
La diminution des prix provoque ainsi, in fine, une
augmentation de la demande de biens.
Sur la figure 1b, cette relation inverse entre les prix et la
demande de biens est représentée par la courbe DG, qui est
appelée courbe de demande globale. Les points d’équilibre E
et E’ de la figure 1a correspondent aux points d’équilibre E et
E’ de la figure 1b pour deux niveaux de prix donnés différents.
À chaque niveau de prix correspond ainsi un niveau de
demande de biens différent. Un niveau des prix plus faible
6
aboutit, toutes choses égales par ailleurs, à une demande
globale de biens plus élevée. La courbe de demande globale
est donc bien décroissante dans le plan (Y, P).
On voit ici toutes les conséquences de l’extension du modèle
IS-LM à prix flexibles : pour un niveau des prix donné P, on a
une demande globale de biens égale à Y ; pour un niveau des
prix donné P’, on a une demande globale de biens égale à Y’.
À chaque équilibre IS-LM correspond un niveau de demande
globale de biens étant donné le prix. La demande globale de
biens se déduit donc de l’équilibre du modèle IS-LM.

7
La demande globale de biens est donc une fonction
décroissante du prix.
Si l’on note 𝑌𝑑 la demande globale, son équation s’écrit :
𝑌𝑑 = 𝑌𝑑 (𝑃) (1)
Avec 𝑌𝑑 ′, la dérivée première, qui est négative.
Comment expliquer la forme décroissante de la demande
globale ? En réalité, il y a deux effets qui jouent : l’effet richesse
et l’effet taux d’intérêt.
[Link] L’effet richesse (ou effet Pigou)
L’effet richesse est également appelé effet Pigou ou bien
encore effet d’encaisses réelles.
8
Lorsque les prix varient, la richesse réelle varie également. En
effet, lorsque les prix diminuent (respectivement
augmentent), la richesse réelle des agents s’accroît
(respectivement décroît). Cette variation de la richesse réelle
a des conséquences sur la consommation : lorsque les prix
diminuent, la richesse réelle augmente, donc le pouvoir
d’achat du revenu des ménages (le revenu réel) est plus élevé,
ce qui augmente les dépenses de consommation donc la
demande globale.
À l’inverse, toute augmentation des prix crée un effet de
richesse négatif : le pouvoir d’achat du revenu des ménages

9
diminue, ce qui diminue les dépenses de consommation et,
par conséquent, la demande globale.

[Link] L’effet taux d’intérêt (ou effet Keynes)


L’effet taux d’intérêt, également appelé effet Keynes, est un
effet de substitution (par opposition à l’effet richesse).
Lorsque les prix varient, la demande de monnaie en termes
réels varie également. La variation de cette dernière entraîne,
de la part des agents, une modification entre la détention de
monnaie pour motif de transaction et la détention de monnaie
pour motif de spéculation. Très exactement, la variation des
10
prix entraîne un effet de substitution entre les deux motifs de
détention de monnaie.
Si les prix diminuent, l’offre réelle de monnaie augmente et
devient supérieure à la demande réelle de monnaie. Il s’ensuit
alors une diminution du taux d’intérêt qui stimule la demande
de monnaie pour motif de spéculation et rétablit l’équilibre sur
le marché de la monnaie. La diminution du taux d’intérêt a des
effets sur l’investissement qui augmente. L’investissement
étant une composante de la demande globale, cette dernière
augmente également.

11
On le voit, si la conclusion de ces deux effets est identique –
toute variation des prix entraîne une variation opposée de la
demande globale –, les canaux de transmission sont différents.

1.1.2 L’approche analytique


Contrairement au modèle IS-LM où nous avions déterminé des
fonctions de comportements spécifiques linéaires, nous
choisissons ici d’adopter une approche analytique générale
afin d’être le plus simple possible.

12
La détermination de l’équation de la courbe de demande
globale se déduit de l’équilibre IS-LM lorsque l’hypothèse de
rigidité des prix est relâchée.
En nous appuyant sur les précédentes sections, et en faisant
l’hypothèse que nous sommes en économie fermée, nous
savons que la courbe IS se déduit à partir de l’équilibre sur le
marché des biens et services, soit :
Y=C+I+G (2)
avec Y le PIB, C la consommation, I l’investissement et G les
dépenses publiques.

13
On peut spécifier davantage l’équation (2) en indiquant les
déterminants des trois fonctions de consommation,
d’investissement privé et d’investissement public. Ainsi,
l’équation (2) se réécrit comme :
Y = C(Y − T) + I(i) + G (3)

La consommation C est fonction du revenu disponible (Y − T),


avec T les impôts, l’investissement privé I est fonction du taux
d’intérêt i et les dépenses publiques sont, par définition,
exogènes.

14
La courbe LM définit l’équilibre entre l’offre de monnaie et la
demande de monnaie en termes réels. Soit :
𝑀𝑠 𝑀𝑑
= (4)
𝑃 𝑃
avec Ms l’offre de monnaie en termes nominaux (i.e. le stock
de monnaie offert par les autorités monétaires), Md la
demande de monnaie en terme nominal et P le niveau des
prix.
La demande réelle de monnaie est composée d’un motif de
transaction – qui est fonction du revenu Y – et d’un motif de
spéculation – qui est fonction du taux d’intérêt i. Dès lors :

15
𝑀𝑑
= 𝐿(𝑌, 𝑖 ) (5)
𝑃

L’équilibre sur le marché de la monnaie est atteint lorsque


𝑀𝑠 𝑀𝑑
= . La combinaison des équations (4) et (5) définit alors
𝑃 𝑃
l’équation de la courbe LM. Soit :
𝑀
= 𝐿(𝑌, 𝑖 ) (6)
𝑃
La résolution du système IS-LM formé par les équations (3) et
(6) aboutit, pour un niveau des prix donné, à un équilibre sur
le marché des biens et services et sur le marché de la monnaie,
16
représenté par un revenu d’équilibre, noté Y*, et un taux
d’intérêt d’équilibre, noté i*, tel que :
∗ ∗ 𝑀 ∗ ∗ 𝑀
𝑌 = 𝑌 ( , 𝐺, 𝑇) (7) 𝑖 = 𝑖 ( , 𝐺, 𝑇) (8)
𝑃 𝑃
L’équation (7) définit l’équation de la demande globale, notée
𝑌𝑑 .
En effet, l’équation de la demande globale est le résultat de la
résolution du système composé par les équations IS et LM.
Autrement dit, l’équation de la demande globale s’obtient en
éliminant le taux d’intérêt dans le système composé par les
équations IS et LM. L’équation de la demande globale s’écrit
de la manière suivante :
17
𝑑 𝑑
𝑀
𝑌 = 𝑌 ( , 𝐺, 𝑇)
𝑃
avec, compte tenu des développements précédents, la dérivée
première de 𝑌 𝑑 par rapport à P qui est négative
𝜕𝑌 𝑑
( )<0
𝜕𝑃
Étudions à présent comment la courbe de demande globale se
déplace.

18
1.2. Les déplacements de la courbe de demande globale
Les éléments qui peuvent déplacer la courbe de demande
globale, autre qu’une modification du niveau des prix, sont : la
masse monétaire M, les dépenses publiques G ou les impôts
T.
D’une manière générale, au vu de la construction de la courbe
de demande globale, tous les éléments qui sont susceptibles
de modifier la courbe IS ou la courbe LM – à l’exception d’une
modification des prix qui engendre un déplacement le long de
la courbe de demande globale – provoquent un déplacement
de la courbe DG. Pour bien comprendre ces déplacements,

19
étudions, à l’aide du diagramme IS-LM, une variation de la
masse monétaire, des dépenses publiques et des impôts.

1.2.1 L’impact d’une hausse de l’offre nominale de monnaie


La figure 2 analyse les effets de l’augmentation de la masse
monétaire nominale sur la demande globale.
Si la masse monétaire nominale augmente, suite à une
politique monétaire expansionniste, la courbe LM se déplace
vers le bas en LM’.

20
Figure 2 : Les effets d’une augmentation de la masse
monétaire nominale

21
L’accroissement de l’offre nominale de monnaie entraîne une
diminution du taux d’intérêt. Le point d’équilibre – du modèle
IS-LM – E’ indique une production plus élevée et un taux
d’intérêt plus faible (figure 2a).
Pour un niveau des prix donné, égal à P, l’augmentation de la
production (donc de la demande) se traduit par un
déplacement de la courbe DG vers la droite en DG’ (figure 2.b).
En effet, l’augmentation de la masse monétaire (nominale)
provoque une diminution du taux d’intérêt qui stimule
l’investissement des entreprises et la consommation des
ménages. Dans ce cas, la demande globale de biens s’accroît.

22
Ainsi, une augmentation (respectivement diminution) de
l’offre de monnaie nominale provoque un déplacement de la
courbe de demande globale vers la droite (respectivement la
gauche) pour un niveau des prix donné.
L’approche analytique, via l’équation (9), indique que
𝜕𝑌 𝑑
( )>0
𝜕𝑀/𝑃

1.2.2 L’impact d’une hausse des dépenses publiques


La figure 3 analyse les effets de l’augmentation des dépenses
publiques sur la demande globale.
23
Si les dépenses publiques augmentent, suite à une politique
budgétaire expansionniste, la courbe IS se déplace vers la
droite en IS’.
Figure 3 : Les effets d’une augmentation des dépenses
publiques

24
L’accroissement des dépenses publiques provoque une
augmentation de la production. Le point d’équilibre – du
modèle IS-LM – E’ indique une production plus élevée et un
taux d’intérêt plus élevé (figure 3a).
Pour un niveau des prix donné, égal à P, l’augmentation de la
production (donc de la demande) se traduit par un
déplacement de la courbe DG vers la droite en DG’ (figure 3b).
L’augmentation des dépenses publiques provoque ainsi un
accroissement de la demande globale de biens, malgré
l’augmentation du taux d’intérêt.

25
La hausse du taux d’intérêt limite – il s’agit de l’effet d’éviction
– l’effet expansionniste de la politique budgétaire, mais
n’empêche nullement la demande
L’approche analytique, via l’équation (9), indique que
𝜕𝑌 𝑑
( )>0
𝜕𝐺

1.2.3 L’impact d’une hausse des impôts


La figure 4 analyse les effets de l’augmentation des impôts sur
la demande globale.

26
Si les impôts augmentent, suite à une politique fiscale
restrictive, la courbe IS se déplace vers la gauche en IS’.
L’augmentation des impôts provoque une diminution de la
production via la consommation.
Le point d’équilibre – du modèle IS-LM – E’ indique une
production plus faible et un taux d’intérêt plus faible (figure
4a). Pour un niveau des prix donné, égal à P, la diminution de
la production (donc de la demande) se traduit par un
déplacement de la courbe DG vers la gauche en DG’ (figure
4b).

27
Ainsi, une augmentation (respectivement diminution) des
impôts provoque un déplacement de la courbe de demande
globale vers la gauche (respectivement la droite) pour un
niveau des prix donné.
Figure 4 : Les effets d’une augmentation des impôts

28
L’approche analytique, via l’équation (9), indique que
𝜕𝑌 𝑑
( )<0
𝜕𝑇

2. L’offre globale
L’offre globale décrit la relation entre le niveau des prix et la
production agrégée offerte, i.e. la quantité totale de biens
produite par les entreprises.
Elle indique par conséquent les niveaux d’offre, i.e. les
quantités de biens offertes, que les entreprises acceptent de
mettre en œuvre pour différents niveaux de prix.
29
L’offre globale complète ainsi la demande globale pour
déterminer l’équilibre macroéconomique.
La construction de l’offre globale repose sur :
• Le fonctionnement du marché du travail qui établit un lien
entre le salaire réel (rapport entre le salaire nominal et le
niveau des prix) et le niveau de l’emploi. Sur ce marché, se
rencontrent l’offre (des ménages) et la demande (des
entreprises) de travail. L’offre de travail est une fonction
croissante du salaire réel tandis que la demande de travail est
une fonction décroissante du salaire réel ;

30
• La fonction de production agrégée qui établit un lien entre
le niveau de l’emploi (la quantité de travail) et l’offre de biens.
Nous faisons l’hypothèse que le stock de capital (l’autre
facteur de production en plus du travail) est donné.

Construire l’offre globale revient ainsi à étudier les


mécanismes et les déterminants de la production. Comment
l’entreprise détermine-t-elle son offre ? L’entreprise décide de
produire une unité supplémentaire de bien si elle en tire un
bénéfice : ce que lui rapporte la vente supplémentaire de ce

31
bien (le prix) est supérieur au coût de production supplémen-
taire de ce bien.
Parmi les coûts de production, le salaire (nominal) est l’un des
plus importants pour une entreprise. Ainsi, pour étudier l’offre
globale, l’évolution des salaires est primordiale : sont-ils
rigides ou flexibles ?
La construction de l’offre globale repose sur le degré de
flexibilité du salaire nominal et nous amène à considérer deux
situations : le court terme et le long terme.
La distinction temporelle repose sur le degré de flexibilité du
salaire nominal. En effet, il est communément admis que
32
certains prix (les salaires nominaux particulièrement) sont
rigides à court terme et flexibles à long terme.
Cette distinction fait ainsi apparaître deux courbes d’offres
agrégées : la courbe d’offre agrégée de court terme (notée
OGCT) et la courbe d’offre agrégée de long terme (notée
OGLT).

2.1. L’offre globale à court terme


Sur le court terme, il est généralement admis que les prix et
les salaires nominaux sont rigides (en tout cas peu flexibles).
On distingue :
33
• Les rigidités nominales sur les salaires : les salaires
nominaux sont généralement déterminés par un contrat de
travail pour une certaine période (l’année par exemple) et ne
font l’objet de renégociations que ponctuellement. Ils ne
peuvent donc pas s’ajuster instantanément en réponse à un
déséquilibre sur le marché du travail. On dit alors que les
salaires nominaux sont rigides ;
• Les rigidités nominales sur les prix : pour des raisons de
coûts, les entreprises ne modifient pas leurs prix
instantanément (du jour au lendemain) mais prennent un
certain délai (quelques semaines, voire quelques mois, selon
le secteur d’activité) pour effectuer un tel changement.
34
L’idée derrière la notion de rigidité nominale des salaires est
qu’ils sont fixés sur une période plus longue que les prix (ils
sont plus longtemps rigides que les prix).
Dès lors, sur le court terme, le salaire nominal ne peut être
révisé alors qu’à moyen/long terme, le salaire nominal est
révisé en fonction de l’évolution des prix.
Pour construire la courbe d’offre globale, nous utilisons un
schéma à quatre quadrants :
• le quadrant a) représente l’équilibre entre l’offre de travail
(noté Ls) et la demande de travail (notée Ld) sur le marché du
travail ;
35
• Le quadrant b) représente la fonction de production
agrégée de court terme (le stock de capital est considéré
comme donné), qui relie la quantité de travail (notée N)
utilisée pour obtenir un niveau de production (noté Y) ;
• Le quadrant c) est une droite de report ;
• Et, enfin, le quadrant d) permet d’associer à chaque niveau
de prix, un niveau de production globale en fonction de la
variation du salaire réel.

36
Figure 5 : La construction de l’offre globale à court terme

37
Supposons, initialement, que le salaire nominal est égal à w0
et que le niveau des prix est égal à P0. Le taux de salaire réel
(w0 /P0) équilibre ici l’offre et la demande de travail.
𝑊𝑜 𝑊 ∗ 𝑊 ∗
Ainsi = ( ) , avec ( ) le salaire réel d’équilibre. Le
𝑃 𝑃 𝑃
niveau d’emploi, fixé par la demande de travail des
entreprises, est égal à N0.
Dans le quadrant b), le niveau d’emploi N0 permet, via la
fonction de production agrégée, d’atteindre un niveau de
production égal à Y0. Le couple (Y0, P0) constitue, dans le
quadrant d), un premier point de la courbe d’offre globale.

38
Supposons à présent que le niveau des prix diminue et passe
de P0 à P1.
Sur le court terme, l’existence de rigidités nominales sur le
salaire empêche le salaire nominal de s’ajuster : il reste égal à
w0. Dès lors le salaire réel augmente et devient égal à w0 /P1.
Pour ce nouveau niveau de salaire réel, le marché du travail
n’est plus à l’équilibre : l’offre de travail est supérieure à la
demande de travail. Un chômage (involontaire) apparaît et le
niveau de l’emploi est fixé par le « côté court » de l’économie,
i.e. égale au minimum de l’offre et de la demande de travail.

39
En effet, une diminution des prix, à salaire nominal donné,
renchérit le coût réel du travail (i.e. le salaire réel). Dès lors, la
demande de travail des entreprises diminue – les entreprises
embauchent moins de personnes – et, par conséquent, les
entreprises produisent moins. Le niveau de l’emploi diminue
ainsi de N0 à N1.
Cette diminution de l’emploi provoque, dans le quadrant b),
une diminution de la production, qui passe de Y0 à Y1. Le
couple (Y1, P1) constitue un deuxième point, dans le quadrant
d), de la courbe d’offre globale.

40
Dès lors, pour un niveau des prix plus faible, le niveau de
production agrégée diminue. Donc, sur le court terme, en
présence de rigidités nominales des salaires, la courbe d’offre
globale est une fonction croissante des prix. Ceci s’explique par
le fait que la baisse (respectivement la hausse) des prix, à
salaire nominal donné, renchérit (diminue) le coût réel du
travail donc diminue (accroît) la demande de travail des
entreprises. Ces dernières emploient moins (plus) de
travailleurs afin de produire moins (plus).

41
Figure 6 : L’offre globale à court terme

Sur le court terme (prix et salaires nominaux sont rigides) et le


moyen terme (les prix sont flexibles et les salaires nominaux
restent rigides), l’offre globale correspond ainsi à une relation
croissante entre le niveau des prix (P) et la production globale
42
(Y). En effet, un niveau des prix plus élevé augmente le profit
des entreprises donc les incite à produire, donc à offrir,
davantage.
D’un point de vue analytique, si nous notons Ys l’offre globale,
son équation s’écrit :
𝑌 𝑠 = 𝑌 𝑠 (𝑃 ) (10)
avec Ys’, la dérivée première, qui est positive.

2.2. L’offre globale à long terme


Sur le long terme, les prix et les salaires nominaux sont
flexibles.
43
Voyons ce qu’il se passe lorsque les salaires nominaux sont
flexibles. Que se passe-t-il lorsque le niveau des prix diminue
et passe de P0 à P1 ?
Toutes choses égales par ailleurs, la baisse des prix a provoqué
une augmentation du salaire réel qui devient égal à w0/P1
(figure 6). Pour ce niveau de salaire réel plus élevé, le marché
du travail est déséquilibré :
- les entreprises souhaitent diminuer leur demande de travail
(i.e. embaucher moins et, par conséquent, produire moins) ;
- les salariés souhaitent augmenter leur offre de travail.

44
La baisse des prix se traduit ainsi par une « abondance » de
travail. Comme les salaires nominaux sont parfaitement
flexibles, le déséquilibre sur le marché du travail se traduit par
une diminution des salaires nominaux, qui provoque une
augmentation de la demande de travail et une réduction de
l’offre de travail. Les salaires nominaux cessent de diminuer
lorsque l’équilibre sur le marché du travail est rétabli. La
diminution des salaires nominaux, de w0 à w1, est strictement
égale à celle des prix, de telle sorte que le salaire réel retrouve
𝑊𝑜 𝑊1 𝑊 ∗
son niveau initial : = = ( ).
𝑃𝑜 𝑃1 𝑃

45
Figure 7 : La construction de l’offre globale à long terme

On note que le salaire réel est celui qui, ici, assure la parfaite
égalité entre l’offre et la demande de travail. La flexibilité des
46
salaires nominaux assure ici l’équilibre sur le marché du travail
; seul un chômage frictionnel (volontaire) peut alors exister.
Lorsque les salaires nominaux sont flexibles, la variation des
prix se répercute immédiatement et intégralement sur les
salaires nominaux, de telle sorte qu’elle n’a aucun effet sur le
salaire réel, donc sur la demande de travail, donc sur l’emploi
et, in fine, sur l’offre globale (la production globale) des
entreprises. On dit alors que l’offre est totalement inélastique
au niveau des prix et est représentée par une droite verticale.

47
Figure 8 : La construction de l’offre globale à long terme

À long terme, l’offre globale est une droite verticale. La


production globale est indépendante du niveau des prix.
Dans cette situation, la production globale est appelée
production potentielle (ou production naturelle, ou encore

48
production de plein-emploi). Elle est représentée par 𝑌𝑝 . La
production potentielle est le niveau de production que
l’économie atteindrait si les salaires nominaux étaient
parfaitement flexibles. Si la production est égale à son niveau
naturel, le chômage est également égal à son niveau naturel.
D’un point de vue analytique, la fonction d’offre globale de
long terme s’écrit alors :
𝑌𝑠 = 𝑌𝑝

49
2.3. Les déplacements de l’offre globale
Les déplacements de l’offre globale rendent compte des
décisions prises par les entreprises, c’est-à-dire le choix
qu’elles font d’augmenter ou de diminuer la quantité globale
offerte pour un niveau général des prix donné.
La décision d’augmenter ou de diminuer la production, à court
terme, dépend de l’arbitrage coût/bénéfice des entreprises :
le bénéfice de produire (donc d’offrir) une unité
supplémentaire est-il supérieur au coût engendré par cette
production supplémentaire ? Autrement dit, la production

50
d’une unité supplémentaire augmente-t-elle le profit des
entreprises ?
Si les éléments affectant le profit sont nombreux, nous
étudions les variations des salaires nominaux et de la
productivité (du travail) qui, sur le court terme, jouent un rôle
essentiel dans le processus de production.
Nous focalisons notre attention sur les déplacements de la
courbe d’offre globale à court terme car, sur le long terme,
l’offre globale ne peut se déplacer que si la production
potentielle est modifiée.

51
2.3.1 Une variation des salaires nominaux
Comme nous l’avons évoqué, les salaires nominaux sont, sur
le court terme et le moyen terme, relativement rigides.
Cependant, supposons, que les salaires nominaux versés par
les entreprises augmentent suite, par exemple, à l’intro-
duction d’un salaire minimum. Que se passe-t-il au niveau de
l’offre globale ?
Cette augmentation (des salaires nominaux) entraîne, pour les
entreprises, une augmentation de leur coût de production.
Dès lors, à quantité produite identique, l’augmentation des
salaires nominaux entraîne une augmentation des prix. En

52
effet, les entreprises vont répercuter cette augmentation des
salaires nominaux sur leur prix afin de toujours tirer un profit
de leur activité productrice. La courbe d’offre globale se
déplace ainsi vers le haut, de OGCT vers OG’CT.
Figure 9 : Le déplacement de l’offre globale suite à une
augmentation des salaires nominaux

53
Ainsi, pour une quantité produite donnée, toute
augmentation (respectivement diminution) des salaires
nominaux provoque un déplacement de la courbe d’offre
globale vers le haut (respectivement vers le bas).

Notons que le résultat est strictement identique si nous


raisonnons à prix donné et non à quantité produite donnée.
Pour un niveau de prix donné, l’augmentation (respectivement
la diminution) des salaires nominaux provoque une
diminution (respectivement une augmentation) de la
production offerte, donc un déplacement de la courbe d’offre

54
globale vers la gauche (respectivement la droite). En effet, si
les salaires nominaux augmentent (respectivement
diminuent), les entreprises décideront de produire moins
(respectivement plus) afin que le profit ne soit pas impacté par
cette variation des salaires nominaux.

2.3.2 Une variation de la productivité des travailleurs


Sur le court terme, le seul facteur de production susceptible
d’être modifié et dont disposent les entreprises est le facteur
travail, i.e. la main-d’œuvre fournie par les travailleurs.

55
Si la productivité des travailleurs augmente, cela implique que
chaque travailleur produit davantage avec la même quantité
de facteurs de production. On dit alors que la main-d’œuvre
est plus efficace, productive.
L’augmentation de la productivité des travailleurs permet ainsi
à l’entreprise d’augmenter son profit puisqu’elle produit plus
avec un nombre de travailleurs donné.
Dès lors, la courbe d’offre globale se déplace vers la droite. À
l’inverse, une diminution de la productivité des travailleurs
diminue la quantité produite et déplace la courbe d’offre
globale vers la gauche.

56
Figure 10 : Le déplacement de l’offre globale suite à une
augmentation de la productivité des travailleurs

57
3. L’équilibre macroéconomique
Pour déterminer l’équilibre macroéconomique, nous
distinguons, à nouveau, l’équilibre de court terme et celui de
long terme.
Dans les deux cas, l’équilibre macroéconomique est atteint
lorsque l’offre globale est égale à la demande globale.

3.1. L’équilibre de court terme et moyen terme


À court terme et moyen terme, l’équilibre macroéconomique
est atteint au point ECT lorsque les courbes OG et DG se
croisent (figure 11).
58
Figure 11 : L’équilibre macroéconomique de court terme

Au point d’équilibre ECT, les marchés des biens et services, de


la monnaie et du travail sont équilibrés. Dès lors, l’équilibre
macroéconomique de court terme permet de déterminer une

59
production agrégée d’équilibre (Y*) et un niveau des prix
d’équilibre (P*).
D’un point de vue analytique, la détermination du couple
d’équilibre (Y*, P*) est obtenue par l’égalité entre l’offre
globale et la demande globale. Soit :
𝑌 𝑠 = 𝑌𝑑

3.2. L’équilibre de long terme


Sur le long terme, l’offre globale est verticale et indépendante
du niveau des prix. L’équilibre macroéconomique de long

60
terme est représenté par la figure 12 (sur lequel nous ajoutons
l’équilibre de court terme).
L’équilibre à long terme entre l’offre globale et la demande
globale est atteint au point ELT.
Sur la figure 12, l’équilibre de court terme est identique à
l’équilibre de long terme. Dès lors, la production agrégée est
égale à la production potentielle.
Mais, comme nous le verrons, cette situation est très rare. Il
existe un écart entre la production agrégée de court terme et
celle de long terme (la production potentielle).

61
Figure 12 : L’équilibre macroéconomique de long terme

On peut représenter l’équilibre macroéconomique de long


terme en tenant compte de cet écart à l’aide de la figure 13.

62
Figure 13 : L’équilibre macroéconomique de long terme avec
gap

Sur la figure 13, l’équilibre macroéconomique de court terme


est représenté par ECT, tandis que l’équilibre de long terme est
représenté par ELT.

63
On voit ici que la production potentielle (Yp) étant supérieure
à la production effective (Y*), l’équilibre de long terme se situe
à droite de l’équilibre de court terme. On peut ainsi distinguer
trois cas de figure :
• la production effective est inférieure à la production
potentielle : Y* < Yp (le terme d’output gap est utilisé pour
mesurer l’écart entre la production effective et la production
potentielle. L’ouput gap est ici négatif). On parle alors d’un
écart récessionniste ;

64
• la production effective est supérieure à la production
potentielle : Y* > Yp (l’output gap est positif). On parle d’un
écart inflationniste ;

• la production effective est égale à la production potentielle :


Y* = Yp (l’output gap est nul). Dans ce cas, l’économie a
atteint son équilibre de plein-emploi.

65
3.3. La dynamique de l’équilibre : du court terme au long
terme
Il est rare que la production agrégée effective (le PIB effectif)
soit égale à la production agrégée potentielle (le PIB
potentiel). L’équilibre de court terme peut-il converger vers
l’équilibre de long terme ? Comment cette convergence
s’effectue-t-elle ?
Repartons de la figure 13 où, à court terme, le PIB effectif est
inférieur au PIB potentiel (écart récessionniste). Le niveau
d’emploi est donc inférieur à celui qui permettrait d’atteindre
le niveau de production potentielle. Le marché du travail est

66
ainsi caractérisé par un excès d’offre de travail, d’où
l’apparition du chômage.
Une telle situation n’est possible que parce que les salaires
nominaux sont rigides à la baisse et ne s’ajustent pas pour
rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande de travail. Ainsi,
lorsque la production effective est inférieure à la production
potentielle, le profit des entreprises est faible et inférieur à
celui qu’elles réaliseraient si la production effective et la
production potentielle étaient égales.
À long terme, les salaires s’ajustent : un chômage élevé
provoque une diminution du salaire nominal. Dès lors la

67
courbe d’offre globale de court terme OGCT se déplace vers la
droite en OG’CT.
L’augmentation de l’offre globale et la diminution des prix
provoquent une augmentation de la demande globale (un
déplacement le long de la courbe DG). On constate ainsi une
convergence du produit effectif Y* vers le produit potentiel Yp.
Le processus s’arrête lorsque productions effective et
potentielle sont égales (Y* = Yp).
Quelle que soit la situation initiale – PIB effectif supérieur ou
inférieur au PIB potentiel –, il y a un retour systématique du
PIB effectif au niveau du PIB potentiel, i.e. un mécanisme

68
d’auto-ajustement qui permet à l’économie de rejoindre
l’équilibre de long terme.
Figure 14 : Du court terme au long terme

69
L’explication du passage du court terme au long terme repose
sur une analyse dynamique. Il faut alors bien imaginer que le
passage de la courbe d’offre globale OGCT à la courbe d’offre
globale OG’CT s’effectue au cours du temps.
La convergence du produit effectif Y* vers le produit potentiel
Yp fait ainsi intervenir plusieurs courbes d’offre globale
successives qui, partant de la courbe initiale OGCT, se
déplacent vers la droite pour atteindre la courbe OG’CT.
La figure 15 propose une telle illustration où les courbes d’offre
globale sont indicées par la période t (avec t = 1,2,…, n). La

70
convergence de la production effective Y* vers la production
potentielle Yp s’effectue via la variation des salaires nominaux.
Lorsque la production effective est inférieure (respectivement
supérieure) à la production potentielle, la demande de travail
est inférieure (respectivement supérieure) à l’offre de travail,
donc les salaires nominaux diminuent (respectivement
augmentent).

71
Figure 15 : La dynamique temporelle du court terme vers le
long terme

72
4. L’analyse des politiques économiques
Dans les sections précédentes, l’étude des politiques
économiques consistait à analyser l’impact des politiques
budgétaire, monétaire et fiscale sur l’équilibre
macroéconomique.
Notre analyse se bornait ainsi à étudier uniquement les
politiques dites de demande, i.e. qui influencent la demande,
lorsque les prix et les salaires nominaux étaient rigides.
L’ajustement s’effectuait uniquement par les quantités.
À présent que le côté offre de l’économie est introduit, l’étude
des politiques économiques consiste désormais à analyser
73
l’impact sur l’équilibre macroéconomique de court terme et
de long terme des politiques qui influencent la demande
globale (politique de demande) et celles qui influencent l’offre
globale (politique d’offre).

4.1. Les politiques de demande


Les politiques de demande sont, comme leur nom l’indique,
destinées à influencer la demande globale. Ce sont donc les
politiques budgétaire, monétaire et fiscale que l’on a étudié
aux sections précédentes, à ceci près que, désormais, nous

74
devons tenir compte de l’offre globale, qui peut désormais
s’ajuster par les prix.

4.1.1 Une politique de demande expansionniste


Supposons qu’une politique de demande expansionniste soit
mise en place, sous la forme, par exemple, d’une politique
monétaire décidée par les autorités monétaires. La figure 16
représente les effets à court terme et à long terme d’une telle
politique.
Initialement, l’économie se situe à l’équilibre E1 où la
production effective est égale à la production potentielle.
75
La politique de demande expansionniste se traduit par un
déplacement de la courbe de demande globale vers la droite,
de DG vers DG’.
Figure 16 : Les effets d’une politique de demande
expansionniste

76
Si les prix étaient fixes, comme dans le modèle IS-LM,
l’équilibre macroéconomique se situerait au point A. La
politique de demande expansionniste aurait ainsi augmenté le
produit global de Y1* à YA.

Dans le modèle OG-DG, l’augmentation de la demande globale


provoque un déséquilibre entre l’offre globale et la demande
globale. Les prix vont ainsi augmenter afin de résorber l’excès
de demande.
À court terme, l’équilibre macroéconomique se déplace par
conséquent du point d’équilibre E1 vers le point d’équilibre E2.
77
En effet, l’augmentation des prix a une double conséquence
sur l’offre et la demande globales. Du côté de l’offre globale, la
hausse des prix diminue le salaire réel. Dès lors, les entreprises
sont incitées à produire davantage (car leur profit augmente)
et demandent plus de travail. L’augmentation de l’offre globale
est représentée par un déplacement le long de la courbe
OGCT, entre le point E1 et le point E2.
Du côté de la demande globale, l’augmentation des prix
diminue les encaisses réelles (effet d’encaisses réelles négatif).
L’offre réelle de monnaie est alors supérieure à la demande
réelle de monnaie. Par conséquent, la demande globale

78
diminue, ce qui se traduit par un déplacement le long de la
courbe DG, du point A vers le point E2.
Au final, sur le court terme, l’équilibre macroéconomique se
déplace de E1 vers E2, où la production globale a augmenté –
de Y1* à Y2* – et le niveau des prix a aussi augmenté – de P1*
à P2*.
Nous voyons que la politique de demande a des effets à court
terme, mais ces effets sont moins élevés que si les prix avaient
été fixes. En effet, la production globale aurait augmenté de
Y1* à YA. Le passage de YA a Y2* peut s’interpréter comme une
forme d’éviction due à l’augmentation des prix.

79
À long terme, les prix et les salaires nominaux sont flexibles.
La production effective est dorénavant supérieure à la
production potentielle.
L’augmentation des prix provoque une diminution du salaire
réel qui stimule la demande de travail des entreprises et réduit
l’offre de travail des ménages. Sur le marché du travail, il y a
un excès de demande de travail, entraînant un niveau de
chômage faible. En réaction, les salaires nominaux s’ajustent à
la hausse, ce qui entraîne une réduction de l’offre globale (car
le salaire réel augmente). Cela provoque un déplacement de
la courbe d’offre globale vers la gauche, de OGCT à OG’CT.
L’ajustement se termine lorsque la hausse des salaires
80
nominaux a ramené l’économie au niveau du produit potentiel
(Yp). La hausse des salaires nominaux a ainsi parfaitement
compensé la hausse des prix : le salaire réel redevient alors
égal à celui qui prévalait initialement et l’économie retourne à
l’équilibre macroéconomique de long terme. Le passage du
point d’équilibre E2 à E3 montre également une nouvelle
réduction de la demande globale.

On voit qu’à long terme, il y a un mécanisme auto-correcteur


qui ramène l’économie vers l’équilibre de long terme.
L’équilibre macroéconomique de long terme se situe au point

81
E3, où la production est redevenue égale à son niveau initial
donc à son potentiel (𝑌3 ∗ = 𝑌𝑝 ∗ = 𝑌1 ∗ ) et où les prix ont
augmenté de P1* à P3*. À long terme, la politique de
demande n’a donc eu aucun effet sur le produit agrégé, et a
uniquement provoqué une augmentation des prix.
Les politiques de demande démontrent ainsi, à court terme,
une relation positive entre la production et le niveau des prix.
Cependant, à long terme, les politiques de demande n’agissent
que sur le niveau des prix.
4.2. Les politiques d’offre

82
Les politiques d’offre désignent l’ensemble des mesures qui
sont susceptibles de modifier l’offre des entreprises, i.e. les
conditions de production des entreprises. Il peut s’agir de
diverses mesures touchant l’appareil productif comme la
fiscalité des entreprises (l’impôt sur les bénéfices), la baisse
des cotisations sociales (notamment sur les bas salaires), les
crédits d’impôts (pour améliorer la compétitivité des
entreprises), le progrès technique (qui améliore la productivité
des facteurs), les variations du prix des matières premières,
etc.
4.2.1 Une politique d’offre expansionniste

83
Supposons que les autorités gouvernementales décident de
mener une politique d’offre expansionniste consistant à
baisser les cotisations sociales payées par les entreprises.
Cette décision concerne directement la rentabilité des
entreprises donc leur capacité d’offre. Les effets à court terme
et à long terme d’une telle politique sont présentés sur la
figure 17.

Figure 17 : Les effets d’une politique d’offre expansionniste


84
La baisse des cotisations sociales entraîne, toutes choses
égales par ailleurs, une diminution du salaire réel et accroît
par conséquent la demande de travail des entreprises donc
l’offre de biens. Cela se traduit par un déplacement de la
courbe d’offre globale vers la droite, de OGCT à OG’CT. La
85
baisse des cotisations sociales améliore la rentabilité des
entreprises, qui souhaitent ainsi, pour un niveau des prix
donné, produire plus. L’offre globale ayant augmenté, il y a un
déséquilibre entre l’offre globale et la demande globale, qui
correspond ici à un excès d’offre.
Pour rétablir l’équilibre, les prix vont diminuer, ce qui a une
double conséquence sur l’offre et la demande globales. La
baisse des prix provoque un accroissement de la demande
globale grâce à l’effet d’encaisses réelles positif – il y a ainsi un
déplacement le long de la courbe DG – tandis que l’offre
globale diminue car la baisse des prix entraîne une
augmentation du salaire réel – il y a un déplacement le long de
86
la courbe OG’CT. Nous constatons que la hausse du salaire réel
– due à la diminution des prix – joue donc un effet contraire et
limite l’effet positif initial de la baisse des cotisations sociales.
À court terme, l’équilibre macroéconomique se déplace ainsi
du point E1 au point E2. La production globale a augmenté –
de Y1* à Y2* – et le niveau des prix a diminué – de P1* à P2*.
À long terme, les effets de la politique d’offre sont accentués.
En effet, la courbe d’offre globale se déplace vers la droite, de
OGLT vers OG’LT. À long terme, les salaires nominaux sont
flexibles et diminuent tant que la production effective reste
inférieure à la production potentielle Le déplacement de l’offre
globale de long terme provoque une nouvelle diminution des
87
prix, de P2* à P3*, ce qui augmente la demande globale.
L’ajustement se termine lorsque l’économie se situe au
nouveau point d’équilibre de long terme en E3. Au nouveau
point d’équilibre, le niveau des prix a diminué et la production
a augmenté.
À court terme comme à long terme, les politiques d’offre sont
efficaces et démontrent une relation négative entre la
production et le niveau des prix.

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MERCI POUR VOTRE ATTENTION

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