Modèle Offre-Demande Globale en Économie
Modèle Offre-Demande Globale en Économie
1
comportement des entreprises dans l’analyse de l’équilibre
macroéconomique.
1. La demande globale
1.1. La construction de la courbe de demande globale
1.1.1. L’approche graphique
La construction de la demande globale repose sur le modèle
IS-LM en relâchant l’hypothèse de rigidité des prix. En effet,
l’équilibre macroéconomique issu du modèle IS-LM
correspond, pour un niveau de prix donné, à un équilibre
simultané sur le marché des biens et services et sur le marché
2
de la monnaie. Dès lors que l’hypothèse de rigidité des prix est
relâchée, on peut construire la courbe de demande globale
(DG) à partir de l’équilibre IS-LM.
Figure 1 : La construction de la courbe de demande globale
(DG)
3
La figure 1a présente l’équilibre IS-LM pour un niveau de prix
donné, noté P. Le point d’équilibre E détermine un revenu (une
production) d’équilibre Y et un taux d’intérêt d’équilibre i.
Supposons que le niveau des prix diminue et passe de P à P’.
Pour un niveau de masse monétaire nominale, notée M,
donné, la diminution des prix provoque une augmentation de
la masse monétaire réelle, i.e. le stock réel de monnaie, noté
M/P.
Cela implique un déplacement de la courbe LM vers le bas. Un
accroissement de l’offre réelle de monnaie provoque un
déséquilibre sur le marché de la monnaie : il y a un excès
4
d’offre de monnaie par rapport à la demande, ce qui provoque
une diminution du taux d’intérêt.
En effet, lorsque les prix diminuent, la demande réelle de
monnaie décroît. L’offre de monnaie nominale étant fixe, il est
donc nécessaire que le taux d’intérêt diminue afin d’inciter les
agents à détenir de la monnaie.
La diminution du taux d’intérêt a des effets sur
l’investissement qui augmente. L’investissement étant une
composante de la demande de biens, cette dernière augmente
également. L’équilibre macroéconomique de court terme –
issu du modèle IS-LM (figure 1) – se déplace du point E vers le
5
point E’, où la production est plus élevée (Y’ > Y) et où le taux
d’intérêt est plus faible (i’ < i).
La diminution des prix provoque ainsi, in fine, une
augmentation de la demande de biens.
Sur la figure 1b, cette relation inverse entre les prix et la
demande de biens est représentée par la courbe DG, qui est
appelée courbe de demande globale. Les points d’équilibre E
et E’ de la figure 1a correspondent aux points d’équilibre E et
E’ de la figure 1b pour deux niveaux de prix donnés différents.
À chaque niveau de prix correspond ainsi un niveau de
demande de biens différent. Un niveau des prix plus faible
6
aboutit, toutes choses égales par ailleurs, à une demande
globale de biens plus élevée. La courbe de demande globale
est donc bien décroissante dans le plan (Y, P).
On voit ici toutes les conséquences de l’extension du modèle
IS-LM à prix flexibles : pour un niveau des prix donné P, on a
une demande globale de biens égale à Y ; pour un niveau des
prix donné P’, on a une demande globale de biens égale à Y’.
À chaque équilibre IS-LM correspond un niveau de demande
globale de biens étant donné le prix. La demande globale de
biens se déduit donc de l’équilibre du modèle IS-LM.
7
La demande globale de biens est donc une fonction
décroissante du prix.
Si l’on note 𝑌𝑑 la demande globale, son équation s’écrit :
𝑌𝑑 = 𝑌𝑑 (𝑃) (1)
Avec 𝑌𝑑 ′, la dérivée première, qui est négative.
Comment expliquer la forme décroissante de la demande
globale ? En réalité, il y a deux effets qui jouent : l’effet richesse
et l’effet taux d’intérêt.
[Link] L’effet richesse (ou effet Pigou)
L’effet richesse est également appelé effet Pigou ou bien
encore effet d’encaisses réelles.
8
Lorsque les prix varient, la richesse réelle varie également. En
effet, lorsque les prix diminuent (respectivement
augmentent), la richesse réelle des agents s’accroît
(respectivement décroît). Cette variation de la richesse réelle
a des conséquences sur la consommation : lorsque les prix
diminuent, la richesse réelle augmente, donc le pouvoir
d’achat du revenu des ménages (le revenu réel) est plus élevé,
ce qui augmente les dépenses de consommation donc la
demande globale.
À l’inverse, toute augmentation des prix crée un effet de
richesse négatif : le pouvoir d’achat du revenu des ménages
9
diminue, ce qui diminue les dépenses de consommation et,
par conséquent, la demande globale.
11
On le voit, si la conclusion de ces deux effets est identique –
toute variation des prix entraîne une variation opposée de la
demande globale –, les canaux de transmission sont différents.
12
La détermination de l’équation de la courbe de demande
globale se déduit de l’équilibre IS-LM lorsque l’hypothèse de
rigidité des prix est relâchée.
En nous appuyant sur les précédentes sections, et en faisant
l’hypothèse que nous sommes en économie fermée, nous
savons que la courbe IS se déduit à partir de l’équilibre sur le
marché des biens et services, soit :
Y=C+I+G (2)
avec Y le PIB, C la consommation, I l’investissement et G les
dépenses publiques.
13
On peut spécifier davantage l’équation (2) en indiquant les
déterminants des trois fonctions de consommation,
d’investissement privé et d’investissement public. Ainsi,
l’équation (2) se réécrit comme :
Y = C(Y − T) + I(i) + G (3)
14
La courbe LM définit l’équilibre entre l’offre de monnaie et la
demande de monnaie en termes réels. Soit :
𝑀𝑠 𝑀𝑑
= (4)
𝑃 𝑃
avec Ms l’offre de monnaie en termes nominaux (i.e. le stock
de monnaie offert par les autorités monétaires), Md la
demande de monnaie en terme nominal et P le niveau des
prix.
La demande réelle de monnaie est composée d’un motif de
transaction – qui est fonction du revenu Y – et d’un motif de
spéculation – qui est fonction du taux d’intérêt i. Dès lors :
15
𝑀𝑑
= 𝐿(𝑌, 𝑖 ) (5)
𝑃
18
1.2. Les déplacements de la courbe de demande globale
Les éléments qui peuvent déplacer la courbe de demande
globale, autre qu’une modification du niveau des prix, sont : la
masse monétaire M, les dépenses publiques G ou les impôts
T.
D’une manière générale, au vu de la construction de la courbe
de demande globale, tous les éléments qui sont susceptibles
de modifier la courbe IS ou la courbe LM – à l’exception d’une
modification des prix qui engendre un déplacement le long de
la courbe de demande globale – provoquent un déplacement
de la courbe DG. Pour bien comprendre ces déplacements,
19
étudions, à l’aide du diagramme IS-LM, une variation de la
masse monétaire, des dépenses publiques et des impôts.
20
Figure 2 : Les effets d’une augmentation de la masse
monétaire nominale
21
L’accroissement de l’offre nominale de monnaie entraîne une
diminution du taux d’intérêt. Le point d’équilibre – du modèle
IS-LM – E’ indique une production plus élevée et un taux
d’intérêt plus faible (figure 2a).
Pour un niveau des prix donné, égal à P, l’augmentation de la
production (donc de la demande) se traduit par un
déplacement de la courbe DG vers la droite en DG’ (figure 2.b).
En effet, l’augmentation de la masse monétaire (nominale)
provoque une diminution du taux d’intérêt qui stimule
l’investissement des entreprises et la consommation des
ménages. Dans ce cas, la demande globale de biens s’accroît.
22
Ainsi, une augmentation (respectivement diminution) de
l’offre de monnaie nominale provoque un déplacement de la
courbe de demande globale vers la droite (respectivement la
gauche) pour un niveau des prix donné.
L’approche analytique, via l’équation (9), indique que
𝜕𝑌 𝑑
( )>0
𝜕𝑀/𝑃
24
L’accroissement des dépenses publiques provoque une
augmentation de la production. Le point d’équilibre – du
modèle IS-LM – E’ indique une production plus élevée et un
taux d’intérêt plus élevé (figure 3a).
Pour un niveau des prix donné, égal à P, l’augmentation de la
production (donc de la demande) se traduit par un
déplacement de la courbe DG vers la droite en DG’ (figure 3b).
L’augmentation des dépenses publiques provoque ainsi un
accroissement de la demande globale de biens, malgré
l’augmentation du taux d’intérêt.
25
La hausse du taux d’intérêt limite – il s’agit de l’effet d’éviction
– l’effet expansionniste de la politique budgétaire, mais
n’empêche nullement la demande
L’approche analytique, via l’équation (9), indique que
𝜕𝑌 𝑑
( )>0
𝜕𝐺
26
Si les impôts augmentent, suite à une politique fiscale
restrictive, la courbe IS se déplace vers la gauche en IS’.
L’augmentation des impôts provoque une diminution de la
production via la consommation.
Le point d’équilibre – du modèle IS-LM – E’ indique une
production plus faible et un taux d’intérêt plus faible (figure
4a). Pour un niveau des prix donné, égal à P, la diminution de
la production (donc de la demande) se traduit par un
déplacement de la courbe DG vers la gauche en DG’ (figure
4b).
27
Ainsi, une augmentation (respectivement diminution) des
impôts provoque un déplacement de la courbe de demande
globale vers la gauche (respectivement la droite) pour un
niveau des prix donné.
Figure 4 : Les effets d’une augmentation des impôts
28
L’approche analytique, via l’équation (9), indique que
𝜕𝑌 𝑑
( )<0
𝜕𝑇
2. L’offre globale
L’offre globale décrit la relation entre le niveau des prix et la
production agrégée offerte, i.e. la quantité totale de biens
produite par les entreprises.
Elle indique par conséquent les niveaux d’offre, i.e. les
quantités de biens offertes, que les entreprises acceptent de
mettre en œuvre pour différents niveaux de prix.
29
L’offre globale complète ainsi la demande globale pour
déterminer l’équilibre macroéconomique.
La construction de l’offre globale repose sur :
• Le fonctionnement du marché du travail qui établit un lien
entre le salaire réel (rapport entre le salaire nominal et le
niveau des prix) et le niveau de l’emploi. Sur ce marché, se
rencontrent l’offre (des ménages) et la demande (des
entreprises) de travail. L’offre de travail est une fonction
croissante du salaire réel tandis que la demande de travail est
une fonction décroissante du salaire réel ;
30
• La fonction de production agrégée qui établit un lien entre
le niveau de l’emploi (la quantité de travail) et l’offre de biens.
Nous faisons l’hypothèse que le stock de capital (l’autre
facteur de production en plus du travail) est donné.
31
bien (le prix) est supérieur au coût de production supplémen-
taire de ce bien.
Parmi les coûts de production, le salaire (nominal) est l’un des
plus importants pour une entreprise. Ainsi, pour étudier l’offre
globale, l’évolution des salaires est primordiale : sont-ils
rigides ou flexibles ?
La construction de l’offre globale repose sur le degré de
flexibilité du salaire nominal et nous amène à considérer deux
situations : le court terme et le long terme.
La distinction temporelle repose sur le degré de flexibilité du
salaire nominal. En effet, il est communément admis que
32
certains prix (les salaires nominaux particulièrement) sont
rigides à court terme et flexibles à long terme.
Cette distinction fait ainsi apparaître deux courbes d’offres
agrégées : la courbe d’offre agrégée de court terme (notée
OGCT) et la courbe d’offre agrégée de long terme (notée
OGLT).
36
Figure 5 : La construction de l’offre globale à court terme
37
Supposons, initialement, que le salaire nominal est égal à w0
et que le niveau des prix est égal à P0. Le taux de salaire réel
(w0 /P0) équilibre ici l’offre et la demande de travail.
𝑊𝑜 𝑊 ∗ 𝑊 ∗
Ainsi = ( ) , avec ( ) le salaire réel d’équilibre. Le
𝑃 𝑃 𝑃
niveau d’emploi, fixé par la demande de travail des
entreprises, est égal à N0.
Dans le quadrant b), le niveau d’emploi N0 permet, via la
fonction de production agrégée, d’atteindre un niveau de
production égal à Y0. Le couple (Y0, P0) constitue, dans le
quadrant d), un premier point de la courbe d’offre globale.
38
Supposons à présent que le niveau des prix diminue et passe
de P0 à P1.
Sur le court terme, l’existence de rigidités nominales sur le
salaire empêche le salaire nominal de s’ajuster : il reste égal à
w0. Dès lors le salaire réel augmente et devient égal à w0 /P1.
Pour ce nouveau niveau de salaire réel, le marché du travail
n’est plus à l’équilibre : l’offre de travail est supérieure à la
demande de travail. Un chômage (involontaire) apparaît et le
niveau de l’emploi est fixé par le « côté court » de l’économie,
i.e. égale au minimum de l’offre et de la demande de travail.
39
En effet, une diminution des prix, à salaire nominal donné,
renchérit le coût réel du travail (i.e. le salaire réel). Dès lors, la
demande de travail des entreprises diminue – les entreprises
embauchent moins de personnes – et, par conséquent, les
entreprises produisent moins. Le niveau de l’emploi diminue
ainsi de N0 à N1.
Cette diminution de l’emploi provoque, dans le quadrant b),
une diminution de la production, qui passe de Y0 à Y1. Le
couple (Y1, P1) constitue un deuxième point, dans le quadrant
d), de la courbe d’offre globale.
40
Dès lors, pour un niveau des prix plus faible, le niveau de
production agrégée diminue. Donc, sur le court terme, en
présence de rigidités nominales des salaires, la courbe d’offre
globale est une fonction croissante des prix. Ceci s’explique par
le fait que la baisse (respectivement la hausse) des prix, à
salaire nominal donné, renchérit (diminue) le coût réel du
travail donc diminue (accroît) la demande de travail des
entreprises. Ces dernières emploient moins (plus) de
travailleurs afin de produire moins (plus).
41
Figure 6 : L’offre globale à court terme
44
La baisse des prix se traduit ainsi par une « abondance » de
travail. Comme les salaires nominaux sont parfaitement
flexibles, le déséquilibre sur le marché du travail se traduit par
une diminution des salaires nominaux, qui provoque une
augmentation de la demande de travail et une réduction de
l’offre de travail. Les salaires nominaux cessent de diminuer
lorsque l’équilibre sur le marché du travail est rétabli. La
diminution des salaires nominaux, de w0 à w1, est strictement
égale à celle des prix, de telle sorte que le salaire réel retrouve
𝑊𝑜 𝑊1 𝑊 ∗
son niveau initial : = = ( ).
𝑃𝑜 𝑃1 𝑃
45
Figure 7 : La construction de l’offre globale à long terme
On note que le salaire réel est celui qui, ici, assure la parfaite
égalité entre l’offre et la demande de travail. La flexibilité des
46
salaires nominaux assure ici l’équilibre sur le marché du travail
; seul un chômage frictionnel (volontaire) peut alors exister.
Lorsque les salaires nominaux sont flexibles, la variation des
prix se répercute immédiatement et intégralement sur les
salaires nominaux, de telle sorte qu’elle n’a aucun effet sur le
salaire réel, donc sur la demande de travail, donc sur l’emploi
et, in fine, sur l’offre globale (la production globale) des
entreprises. On dit alors que l’offre est totalement inélastique
au niveau des prix et est représentée par une droite verticale.
47
Figure 8 : La construction de l’offre globale à long terme
48
production de plein-emploi). Elle est représentée par 𝑌𝑝 . La
production potentielle est le niveau de production que
l’économie atteindrait si les salaires nominaux étaient
parfaitement flexibles. Si la production est égale à son niveau
naturel, le chômage est également égal à son niveau naturel.
D’un point de vue analytique, la fonction d’offre globale de
long terme s’écrit alors :
𝑌𝑠 = 𝑌𝑝
49
2.3. Les déplacements de l’offre globale
Les déplacements de l’offre globale rendent compte des
décisions prises par les entreprises, c’est-à-dire le choix
qu’elles font d’augmenter ou de diminuer la quantité globale
offerte pour un niveau général des prix donné.
La décision d’augmenter ou de diminuer la production, à court
terme, dépend de l’arbitrage coût/bénéfice des entreprises :
le bénéfice de produire (donc d’offrir) une unité
supplémentaire est-il supérieur au coût engendré par cette
production supplémentaire ? Autrement dit, la production
50
d’une unité supplémentaire augmente-t-elle le profit des
entreprises ?
Si les éléments affectant le profit sont nombreux, nous
étudions les variations des salaires nominaux et de la
productivité (du travail) qui, sur le court terme, jouent un rôle
essentiel dans le processus de production.
Nous focalisons notre attention sur les déplacements de la
courbe d’offre globale à court terme car, sur le long terme,
l’offre globale ne peut se déplacer que si la production
potentielle est modifiée.
51
2.3.1 Une variation des salaires nominaux
Comme nous l’avons évoqué, les salaires nominaux sont, sur
le court terme et le moyen terme, relativement rigides.
Cependant, supposons, que les salaires nominaux versés par
les entreprises augmentent suite, par exemple, à l’intro-
duction d’un salaire minimum. Que se passe-t-il au niveau de
l’offre globale ?
Cette augmentation (des salaires nominaux) entraîne, pour les
entreprises, une augmentation de leur coût de production.
Dès lors, à quantité produite identique, l’augmentation des
salaires nominaux entraîne une augmentation des prix. En
52
effet, les entreprises vont répercuter cette augmentation des
salaires nominaux sur leur prix afin de toujours tirer un profit
de leur activité productrice. La courbe d’offre globale se
déplace ainsi vers le haut, de OGCT vers OG’CT.
Figure 9 : Le déplacement de l’offre globale suite à une
augmentation des salaires nominaux
53
Ainsi, pour une quantité produite donnée, toute
augmentation (respectivement diminution) des salaires
nominaux provoque un déplacement de la courbe d’offre
globale vers le haut (respectivement vers le bas).
54
globale vers la gauche (respectivement la droite). En effet, si
les salaires nominaux augmentent (respectivement
diminuent), les entreprises décideront de produire moins
(respectivement plus) afin que le profit ne soit pas impacté par
cette variation des salaires nominaux.
55
Si la productivité des travailleurs augmente, cela implique que
chaque travailleur produit davantage avec la même quantité
de facteurs de production. On dit alors que la main-d’œuvre
est plus efficace, productive.
L’augmentation de la productivité des travailleurs permet ainsi
à l’entreprise d’augmenter son profit puisqu’elle produit plus
avec un nombre de travailleurs donné.
Dès lors, la courbe d’offre globale se déplace vers la droite. À
l’inverse, une diminution de la productivité des travailleurs
diminue la quantité produite et déplace la courbe d’offre
globale vers la gauche.
56
Figure 10 : Le déplacement de l’offre globale suite à une
augmentation de la productivité des travailleurs
57
3. L’équilibre macroéconomique
Pour déterminer l’équilibre macroéconomique, nous
distinguons, à nouveau, l’équilibre de court terme et celui de
long terme.
Dans les deux cas, l’équilibre macroéconomique est atteint
lorsque l’offre globale est égale à la demande globale.
59
production agrégée d’équilibre (Y*) et un niveau des prix
d’équilibre (P*).
D’un point de vue analytique, la détermination du couple
d’équilibre (Y*, P*) est obtenue par l’égalité entre l’offre
globale et la demande globale. Soit :
𝑌 𝑠 = 𝑌𝑑
60
terme est représenté par la figure 12 (sur lequel nous ajoutons
l’équilibre de court terme).
L’équilibre à long terme entre l’offre globale et la demande
globale est atteint au point ELT.
Sur la figure 12, l’équilibre de court terme est identique à
l’équilibre de long terme. Dès lors, la production agrégée est
égale à la production potentielle.
Mais, comme nous le verrons, cette situation est très rare. Il
existe un écart entre la production agrégée de court terme et
celle de long terme (la production potentielle).
61
Figure 12 : L’équilibre macroéconomique de long terme
62
Figure 13 : L’équilibre macroéconomique de long terme avec
gap
63
On voit ici que la production potentielle (Yp) étant supérieure
à la production effective (Y*), l’équilibre de long terme se situe
à droite de l’équilibre de court terme. On peut ainsi distinguer
trois cas de figure :
• la production effective est inférieure à la production
potentielle : Y* < Yp (le terme d’output gap est utilisé pour
mesurer l’écart entre la production effective et la production
potentielle. L’ouput gap est ici négatif). On parle alors d’un
écart récessionniste ;
64
• la production effective est supérieure à la production
potentielle : Y* > Yp (l’output gap est positif). On parle d’un
écart inflationniste ;
65
3.3. La dynamique de l’équilibre : du court terme au long
terme
Il est rare que la production agrégée effective (le PIB effectif)
soit égale à la production agrégée potentielle (le PIB
potentiel). L’équilibre de court terme peut-il converger vers
l’équilibre de long terme ? Comment cette convergence
s’effectue-t-elle ?
Repartons de la figure 13 où, à court terme, le PIB effectif est
inférieur au PIB potentiel (écart récessionniste). Le niveau
d’emploi est donc inférieur à celui qui permettrait d’atteindre
le niveau de production potentielle. Le marché du travail est
66
ainsi caractérisé par un excès d’offre de travail, d’où
l’apparition du chômage.
Une telle situation n’est possible que parce que les salaires
nominaux sont rigides à la baisse et ne s’ajustent pas pour
rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande de travail. Ainsi,
lorsque la production effective est inférieure à la production
potentielle, le profit des entreprises est faible et inférieur à
celui qu’elles réaliseraient si la production effective et la
production potentielle étaient égales.
À long terme, les salaires s’ajustent : un chômage élevé
provoque une diminution du salaire nominal. Dès lors la
67
courbe d’offre globale de court terme OGCT se déplace vers la
droite en OG’CT.
L’augmentation de l’offre globale et la diminution des prix
provoquent une augmentation de la demande globale (un
déplacement le long de la courbe DG). On constate ainsi une
convergence du produit effectif Y* vers le produit potentiel Yp.
Le processus s’arrête lorsque productions effective et
potentielle sont égales (Y* = Yp).
Quelle que soit la situation initiale – PIB effectif supérieur ou
inférieur au PIB potentiel –, il y a un retour systématique du
PIB effectif au niveau du PIB potentiel, i.e. un mécanisme
68
d’auto-ajustement qui permet à l’économie de rejoindre
l’équilibre de long terme.
Figure 14 : Du court terme au long terme
69
L’explication du passage du court terme au long terme repose
sur une analyse dynamique. Il faut alors bien imaginer que le
passage de la courbe d’offre globale OGCT à la courbe d’offre
globale OG’CT s’effectue au cours du temps.
La convergence du produit effectif Y* vers le produit potentiel
Yp fait ainsi intervenir plusieurs courbes d’offre globale
successives qui, partant de la courbe initiale OGCT, se
déplacent vers la droite pour atteindre la courbe OG’CT.
La figure 15 propose une telle illustration où les courbes d’offre
globale sont indicées par la période t (avec t = 1,2,…, n). La
70
convergence de la production effective Y* vers la production
potentielle Yp s’effectue via la variation des salaires nominaux.
Lorsque la production effective est inférieure (respectivement
supérieure) à la production potentielle, la demande de travail
est inférieure (respectivement supérieure) à l’offre de travail,
donc les salaires nominaux diminuent (respectivement
augmentent).
71
Figure 15 : La dynamique temporelle du court terme vers le
long terme
72
4. L’analyse des politiques économiques
Dans les sections précédentes, l’étude des politiques
économiques consistait à analyser l’impact des politiques
budgétaire, monétaire et fiscale sur l’équilibre
macroéconomique.
Notre analyse se bornait ainsi à étudier uniquement les
politiques dites de demande, i.e. qui influencent la demande,
lorsque les prix et les salaires nominaux étaient rigides.
L’ajustement s’effectuait uniquement par les quantités.
À présent que le côté offre de l’économie est introduit, l’étude
des politiques économiques consiste désormais à analyser
73
l’impact sur l’équilibre macroéconomique de court terme et
de long terme des politiques qui influencent la demande
globale (politique de demande) et celles qui influencent l’offre
globale (politique d’offre).
74
devons tenir compte de l’offre globale, qui peut désormais
s’ajuster par les prix.
76
Si les prix étaient fixes, comme dans le modèle IS-LM,
l’équilibre macroéconomique se situerait au point A. La
politique de demande expansionniste aurait ainsi augmenté le
produit global de Y1* à YA.
78
diminue, ce qui se traduit par un déplacement le long de la
courbe DG, du point A vers le point E2.
Au final, sur le court terme, l’équilibre macroéconomique se
déplace de E1 vers E2, où la production globale a augmenté –
de Y1* à Y2* – et le niveau des prix a aussi augmenté – de P1*
à P2*.
Nous voyons que la politique de demande a des effets à court
terme, mais ces effets sont moins élevés que si les prix avaient
été fixes. En effet, la production globale aurait augmenté de
Y1* à YA. Le passage de YA a Y2* peut s’interpréter comme une
forme d’éviction due à l’augmentation des prix.
79
À long terme, les prix et les salaires nominaux sont flexibles.
La production effective est dorénavant supérieure à la
production potentielle.
L’augmentation des prix provoque une diminution du salaire
réel qui stimule la demande de travail des entreprises et réduit
l’offre de travail des ménages. Sur le marché du travail, il y a
un excès de demande de travail, entraînant un niveau de
chômage faible. En réaction, les salaires nominaux s’ajustent à
la hausse, ce qui entraîne une réduction de l’offre globale (car
le salaire réel augmente). Cela provoque un déplacement de
la courbe d’offre globale vers la gauche, de OGCT à OG’CT.
L’ajustement se termine lorsque la hausse des salaires
80
nominaux a ramené l’économie au niveau du produit potentiel
(Yp). La hausse des salaires nominaux a ainsi parfaitement
compensé la hausse des prix : le salaire réel redevient alors
égal à celui qui prévalait initialement et l’économie retourne à
l’équilibre macroéconomique de long terme. Le passage du
point d’équilibre E2 à E3 montre également une nouvelle
réduction de la demande globale.
81
E3, où la production est redevenue égale à son niveau initial
donc à son potentiel (𝑌3 ∗ = 𝑌𝑝 ∗ = 𝑌1 ∗ ) et où les prix ont
augmenté de P1* à P3*. À long terme, la politique de
demande n’a donc eu aucun effet sur le produit agrégé, et a
uniquement provoqué une augmentation des prix.
Les politiques de demande démontrent ainsi, à court terme,
une relation positive entre la production et le niveau des prix.
Cependant, à long terme, les politiques de demande n’agissent
que sur le niveau des prix.
4.2. Les politiques d’offre
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Les politiques d’offre désignent l’ensemble des mesures qui
sont susceptibles de modifier l’offre des entreprises, i.e. les
conditions de production des entreprises. Il peut s’agir de
diverses mesures touchant l’appareil productif comme la
fiscalité des entreprises (l’impôt sur les bénéfices), la baisse
des cotisations sociales (notamment sur les bas salaires), les
crédits d’impôts (pour améliorer la compétitivité des
entreprises), le progrès technique (qui améliore la productivité
des facteurs), les variations du prix des matières premières,
etc.
4.2.1 Une politique d’offre expansionniste
83
Supposons que les autorités gouvernementales décident de
mener une politique d’offre expansionniste consistant à
baisser les cotisations sociales payées par les entreprises.
Cette décision concerne directement la rentabilité des
entreprises donc leur capacité d’offre. Les effets à court terme
et à long terme d’une telle politique sont présentés sur la
figure 17.
88
MERCI POUR VOTRE ATTENTION
89