INTRODUCTION GENERALE
A L’IMMUNOLOGIE
Filière : LST ABIOC
Pr. Souad ABOUDKHIL
Département de Biologie
Responsable Master « MQILAS »
Responsable équipe : Immuno- Oncologie
Laboratoire de Biochimie, Environnement
& Agroalimentaire, URAC 36 (LBEA)
2016 / 2017
INTRODUCTION
• Immun = résistance à une attaque par un agent
infectieux
• L'immunité est l'état de protection de
l'individu vis-à-vis d'agressions étrangères
(microbiennes, parasitaires, mycotiques).
• C’est l’ensemble des mécanismes biologiques
permettant à un organisme de reconnaitre et
tolérer ce qui lui appartient (le soi) et de
reconnaitre et rejeter ce qui ne lui appartient
pas ( non soi).
• Le SOI: l’organisme
• Le NON SOI: le reste du monde
• Le SOI doit pouvoir reconnaître spécifiquement le
NON-SOI pour détecter la présence d’un danger et
mettre en oeuvre les moyens nécessaires à
l’élimination de ce danger en développant une
réponse immunitaire
Histoire de l’immunologie et Impact
sur la Santé
Au 20 éme siècle , les infections étaient
responsable de 60% des mortalité.
Un bon control des maladies infectieuses, = des
mesures d’hygiénes, de la vaccination et des
antibiotiques a amélioré la durée de vie (25 ans au
19 éme siécle, 40 ans au début du 20éme puis à
80 ans actuellement).
• Vaccination = Stimulation de l’immunité
par un microorganisme dont le pouvoir
pathogène est atténué
• Un antibiotique est une molécule qui
bloque la croissance bactérienne.
Fabriquées par des micro-organismes
pour éliminer les bactéries concurrentes.
Émergence de l’immunologie
La découverte du concept d’immunité anti-infectieuse
1796 : Jenner découvre que l’inoculation du Cowpox (variole
de la vache (la vaccine ) protège contre la variole
(humaine). Il appelle cette procédure vaccination.
1822 : Louis Pasteur développe la vaccination (choléra,
anthrax, rage) et instaure l’approche scientifiques de
l’immunologie. Entrée dans l ’ère de l ’immunologie
microbiologique.
200 ans plus tard, l’OMS annonce l’éradication de la variole
(en 1979).
Théorie cellulaire et humorale
Les adeptes de l’Immunité cellulaire contre ceux
immunité humorale. Une bataille épique de la fin du XIXe
siècle.
• Immunité cellulaire (à médiation cellulaire) :
– 1845 (Metchnikoff ): les globules blancs sont
capables d’ingérer des microorganismes : c’est la
Phagocytose.
• Immunité humorale:
– 1890 von Behring : Le sérum d’un animal immunisé
avec des toxines (diphtériques ou tétaniques) peut
immuniser un autre animal (neutraliser la toxicité des
toxines) : c’est la sérothérapie
Immunité humorale:
• Immunité humorale : met en action des Ac
spécifiques de l’agent infectieux et un système
générale le Complément
• Anticorps (Ac): substances produites par l’injection
d’un antigène.
• Le complément :un ensemble de protéines plasmatiques
leur activation peut lyser des cellules, activer des cellules
phagocytaires et libérer des molécules effectrices.
Immunité naturelle et Immunité
acquise
•On distingue 2 types de réponses immunitaires
visant à neutraliser ou à éliminer les antigènes:
•• Immunité innée, naturelle à spécifité large
••Immunité acquise adaptative et spécifique.
Immunité innée = Immunité naturelle
Elle est rapide, locale, à spécificité large. Elle sera identique
quelque soit le type d’agression subie.
• Il existe trois acteurs de cette immunité :
• - les barrières de l’organisme (peau, muqueuses….).
• - les cellules phagocytaires : les macrophages, les polynucléaires,
et les cellules natural killer et cellules dendritiques
• - des protéines comme le complément, les cytokines (interleukine,
interféron).
l ’immunité spécifique
C’est une réponse immunitaire adaptée qui est plus tardive.
Il existe trois acteurs de cette immunité :
- les lymphocytes B et les plasmocytes
• - les cellules professionnelles présentatrices de
l’antigène (CPA)
• - les lymphocytes T
• Elle est caractérisée par une mémoire, elle est à
l’origine de la vaccination.
Burnet (1899 – 1985) : les cellules immunitaires
(lymphocyte T ou lymphocyte B) expriment un
un récepteur spécifique à un seul antigène
• Actuellement, Le récepteur de l’Ag pour :
– les lymphocytes T est le TCR (T cell receptor)
– Les lymphocytes B est le BCR (B cell receptor)
Chapitre I:
LES ORGANES LYMPHOIDES
• On distingue deux catégories d'organes
lymphoïdes :
– les organes lymphoïdes primaires ou centraux
– les organes lymphoïdes secondaires ou
périphériques.
LES ORGANES LYMPHOIDES CENTRAUX
• Les organes lymphoïdes primaires (centraux) sont :
– la moelle osseuse, siège de la lymphopoïèse et de la
maturation des lymphocytes B,
– le thymus, siège de la maturation des lymphocytes T.
Moelle osseuse
• Trois fonctions dans la lymphopoïèse :
• - Organe hématopoïétique : produit les précurseurs des
lymphocytes T et des lymphocytes B.
• - Siège de la lymphopoïèse et de la maturation des
lymphocytes B,
• - Elle héberge des plasmocytes sécréteur d'anticorps.
THYMUS
Il est divisé en de multiples lobules. Chaque lobule comprend: le cortex plus
sombre, et la médullaire plus claire.
Thymus
Il est divisé en de multiples lobules. Chaque lobule comprend: le cortex
plus sombre, et la médullaire plus claire.
Thymus
• Le rôle du thymus se résume en
– différenciation de lymphocytes T matures à partir de
précurseurs hématopoïétiques
– acquisition d’un TCR (T cell receptor)
– sélection des lymphocytes T dont le TCR ne reconnaît
pas les peptides du soi.
– élimination des lymphocytes T dont le TCR reconnaît
des antigènes du soi.
• Phénomène de tolérance : reconnaissance du soi
Les organes lymphoïdes
secondaires
• Répartis en deux sous-ensembles :
• - un compartiment systémique qui comprend la
rate, les ganglions lymphatiques.
• - un compartiment muqueux avec un tissu
lymphoïde diffus des chorions muqueux. l'IgA
sécrétoire.
Les ganglions lymphatiques
Les ganglions lymphatiques sont des organes réniforme, situés aux
régions carrefour (aisselle, base du cou, etc...). Le lieu ou se
déroule la réponse immunitaire spécifique.
Le parenchyme ganglionnaire est séparé en trois sous-régions:
– le cortex : des follicules lymphoïdes contenant un centre germinatifs,
riches en lymphocytes B
– paracorticale : cortex profond à prédominance T
– la médullaire : proche du hile, riches en lymphocytes T et B
– un sinus marginal : sous-capsulaire, baigné par la lymphe dans
laquelle circulent les CPA et les lymphocytes
Les ganglions lymphatiques
LA RATE
• Elle est constituée par 2 pulpes:
– la pulpe rouge : C’est un filtre d’antigènes et de destruction des
hématies sénescents.
– la pulpe blanche : tissus lymphoïdes. C’est le lieu de la
production d'anticorps et des cellules immunocompétentes.
• La rate ne comporte pas de circulation lymphatique.
LES FORMATIONS LYMPHOÏDES ANNEXÉES
AUX MUQUEUSES
• Ce sont des ilots lymphoïdes disséminés le long des tissus
muqueux.
• Ils sont annexés :
– Au tube digestif: plaques de Peyer (PP) et l'appendice iléo-
coecale: MALT (mucosal associated lymphoïd tissues)
– A l’appareil respiratoire : les amygdales,on parle du
BALT( Bronchio associated lymphoïd tissues
– Au niveau de l’appareil uro-génital.
– glande mammaire: synthétisent les IgA sécrétoires du lait
maternel pour la protection du tube digestif du nouveau-né
Les plaques de PEYER
Cet épithélium recouvre :
Un dôme où l'on retrouve des lymphocytes B, des
lymphocytes T et des cellules présentant l'antigène.
Des follicules lymphoïdes avec des centres
germinatifs, siège des lymphocytes B
Des zones parafolliculaires, T dépendantes.
Circulation des lymphocytes
High endothéliale veinules (Veines
spéciales)
Cellules immunitaires
Système hématopoïétique
Les cellules immunitaires
Un progéniteur commun pour les cellules immunitaires: • PN : polynucléaire neutrophile
cellule hématopoïétique pluripotente. On observe 2 lignées: • PE : polynucléaire Eosinophile
Une lignée lymphoïde (lymphocyte T et B) • PB : polynucléaire Basophile
Une lignée myéloïde
Lignée lymphoïde
• Au repos, un lymphocyte B ou T, sont morphologiquement
identiques. Ils se distinguent par leur récepteur spécifique
de l’antigène et par leur marqueurs de différenciation
LE RÉCEPTEUR DE L'ANTIGÈNE
BCR = IgM ou IgD
Chaque lymphocyte ne porte qu'un seul type de récepteur (clonotypique),
pour l’antigène d'où le terme de mono spécificité:
BCR : B cell receptor
TCR : T cell receptor.
Marqueurs de différenciation
Ce sont des Marqueurs identifiés et caractérisés
sur la surface des cellules immunitaires.
Ces marqueurs sont numérotés
CD1,CD2…(Cluster of differentiation ou Classe
de différenciation)
Chaque CD caractérise une lignée ,un stade de
développement, d’activation ou de maturation
CLP : CD34+ marqueurs d'immaturation
Cellules T: CD2+ ; CD3+ marqueurs de lignée
Cellules T helper (Th) : CD4+ marqueurs de sous population
Cellules T cytotoxiques : CD8+ marqueurs de sous population
Cellules B: CD19+ ; CD20+ marqueurs de lignée
LE LYMPHOCYTE B
Les lymphocytes B sont le support de l'immunité humorale
qui repose sur la présence d'anticorps spécifiques.
Le récepteur d'antigène du lymphocyte B ( BCR pour "B
cell receptor") (IgM et IgD),
Le BCR reconnaît les antigènes natifs, en solution ou à la
surface des cellules présentatrices d'antigènes
les marqueurs spécifiques de la lignée B sont CD19 et
CD20 (pan-B).
Un plasmocyte représente l’état mature d’un lymphocyte
B
LE PLASMOCYTE
C’est une cellule spécialisée dans la synthèse
et la sécrétion des anticorps.
Elle est essentiellement localisée dans les
tissus.
Le plasmocyte a un cytoplasme abondant, riche
en réticulum endoplasmique, appareil de Golgi
et ribosomes. Ceci traduit une intense activité
sécrétoire.
C’est une usine à fabriquer des anticorps.
LE LYMPHOCYTE T
Le lymphocytes T (thym dépendants) caractérisée par :
La présence d’un TCR unique.
Un marqueur CD3 (pan-T), qui constitue une
molécule de signalisation (transduction intracellulaire
du signal) associée au TCR.
LE LYMPHOCYTE T
le lymphocyte T, par son TCR reconnaît
des fragments antigéniques
de nature protéique,
dégradé en peptide
présenté par des cellules présentatrices d'antigène
(CPA).
Le lymphocyte est capable de se différencier en :
cellule auxiliaire ("helper") CD4,
cellule cytotoxique TCD8,
Deux fonctions différentes
T helper ou auxiliaire T cytotoxique ou tueur
cellule auxiliaire ("helper") CD4 capable Cellule T cytotoxique CD8
d'activer les autres cellules du système capable d'éradiquer les
immunitaire, selon le profile de cytokines pathogènes intra-cellulaires.
sécrétées : rôle effecteur, lyse et destruction
Th1 (aide aux macrophage et CD8) des cellules infectées ou cellules
Th2 (aide aux lymphocytes B) tumorales.
LES CELLULES TUEUSES NATURELLES
OU NK ("NATURAL KILLER")
Les cellules NK, ne sont ni B (pas de BCR) ni T ( pas de
TCR) et se définissent principalement par leur fonction.
Possèdent les marqueurs CD16 et CD56 et absence de
CD3 (CD16+ CD56+CD3-) .
Elles sont impliquées dans:
l’immunité naturelle, capables de lyser directement ou
indirectement, des cellules tumorales ou infectées par un virus.
la coopération cellulaire et l’orientation de la réponse immunitaire
acquise. par la production de cytokines:
RÔLE DES CELLULES
DENDRITIQUES (DC)
Les DC sont les cellules présentatrices d'antigène (CPA)
"professionnelles« . elles ont une forme étoilée, due à leurs
ramifications ou dendrites
Les DC font le pont entre les composantes innée et adaptative de la
réponse immunitaire.
Elles seules sont capables de stimuler un lymphocyte T naïf
(inactivé)
Lignée myéloïde
• le système des phagocytes mononucléés
• Le monocyte sanguin : passe de la circulation puis dans les tissus.
• Des modifications morphologiques et phénotypiques lui confèrent un aspect
ressemblant à celui des cellules tissulaires, on parle d’un macrophage
• Les macrophages font parti du système des phagocytes mononuclées,
par opposition aux polynucléaires neutrophiles.
• Appellation des phagocytes mononuclées selon les tissus
• Organes / tissus Phagocyte mononuclée
• Poumon macrophage alvéolaire
• séreuse macrophage
• Os ostéoclaste
• foie cellule de Küpffer
• système nerveux central cellule microgliale
• rein cellule mésangiale
• peau cellule de langerhans
•
LES MACROPHAGES
On décrit trois grandes fonctions aux macrophages :
la phagocytose : la digestion d'agents pathogènes ou de
cellules (rôle d'éboueur)
la présentation de peptides dérivés des antigènes au
lymphocyte T pour initier une réponse immunitaire
la modulation de cette réponse immunitaire par la sécrétion
de médiateurs solubles (cytokines, chimiokines)
Les polynucléaires neutrophiles
(PNN)
• Rôle crucial dans l'immunité innée, c’est la première
barrière de défense contre un pathogène invasif.
• Il s'appuie sur les effecteurs microbicides et cytotoxiques
contenus dans ses granules.
• Ils forment des filaments (d’ADN et de protéines), le
NET (neutrophil extracellular trap, ) qui piège et détruit
les envahisseurs
• Sa mise en jeu se fait en 4 étapes :
• - le déplacement du PNN vers sa cible
• - l'adhérence à la cible
• - la phagocytose
Passage trans-endothélial