Fire Arms
Fire Arms
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Titre original :
MILITARY SMALL ARMS AMMUNITION
OF THE WORLD, 1945-1980
traduit de l'anglais
par Jean-Pierre Debaeker
© 1980, P. Labbett
(0 1980, Lionel Leventhal Limited à Londres
e 1982, Editions Pygmalion/Gérard Watelet à Paris pour l'édition en langue française
La loi du 11 mars 1957 n'autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41, d'une part, que les copies ou reproductions strictement réservées à l'usage
privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d'autre part, queles*éjpâlyçes et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, toute
représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentementjœ}*atitèuiÔu de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite (alinéa 1er de l'article 40).
Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, WtLierait , - donc "une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code
pena.
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Préface
Dans l'ordre chronologique, la création nouvelle dans un but déterminé :
de la cartouche précède l'arme. C'est compétition, chasse, police, ou guerre,
autour d'une cartouche choisie pour ses on commence par définir le calibre et le
diverses aptitudes que l'on construit type de cartouche. En fin de compte,
une arme. Rarement l'inverse. c'est la balle qui fera le travail souhaité,
Sans l'amorce métallique mise au point pour toucher une cible avec précision
par Prélat en 1818 et par Shaw un an ou mettre un adversaire hors de
plus tard, jamais Samuel Colt n'eut créé combat. L'arme n'est que l'instrument
en 1836 la première arme fiable à destiné à mettre en mouvement le
barillet tournant. projectile de la façon la plus efficace.
Sans l'invention préalable de sa La connaissance et l'identification des
cartouche à broche en 1836, jamais munitions est donc le complément
Casimir Lefaucheux n'eut construit le indispensable de celles des armes.
premier fusil et le premier revolver à Pourtant, si les ouvrages consacrés aux
cartouche métallique. armes se multiplient, la documentation
Sans la cartouche métallique à sur les cartouches reste d'une extrême
percussion annulaire inventée par pauvreté.
Flobert vers 1845, pas de revolver Il faut donc se réjouir de voir publier en
Smith &Wesson conçu pour ce type de langue française la remarquable
munition en 1857. Encyclopédie de P. Labbett. Son intérêt
On pourrait ainsi poursuivre s'étend bien au-delà du champ des
longuement la liste des inventions de cartouches «militaires» depuis 1945,
cartouches qui précèdent l'arme à comme le suggère le titre. Nombre de
laquelle elles semblent après coup cartouches en service après 1945 ont
destinées. Ce sont les cartouches à été créées longtemps avant, qu'il
percussion centrale inventées par Boxer s'agisse de la 9 mm parabellum mise au
et Berdan en 1865 qui permettent le point en 1904, de la 7,62 mm Nagant
grand bond du chargement par la réalisée en 1895, ou de la 7 mm
culasse dans les années suivantes. De Mauser adoptée pour la première fois
même, la fixation des premières en 1890. Or, elles ont leur place dans
poudres sans fumée par l'ingénieur ce livre, à côté des plus récentes, telle la
Vieille en 1884 ouvre-t-elle la voie à la 5,45 mm du nouveau fusil d'assaut
cartouche de petit calibre et au fusil soviétique AKS 74.
Lebel de 1886. Plus récemment, c'est Le chercheur, le spécialiste ou le simple
la création par les Allemands, en 1943, amateur d'armes a donc désormais à sa
d'une cartouche plus courte et de disposition un ensemble documentaire
moindre recul, la 7,92 mm Kurz, qui sans équivalent, et qui plus est, traduit
donne naissance au premier fusil avec une grande compétence.
d'assaut réussi, et à cette nouvelle
génération d'armes automatiques. Dominique Venner
La cartouche précède nécessairement
l'arme. Quand on étudie une arme
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Remerciements
Je tiens à témoigner ici toute ma reconnaissance aux
nombreuses personnes sans l'aide desquelles il eût été
difficile, voire même impossible, d'écrire ce livre.
D'abord à P. J. F. Mead qui a rédigé le chapitre consacré
aux emballages et les glossaires de termes étrangers, et
dont les vastes connaissances dans le domaine des
munitions d'armes légères ont permis d'étoffer les
chapitres centraux, au moyen notamment de ses
nombreux et excellents croquis de marquages de culot.
A F. Brown, qui a habilement réalisé les nombreuses
coupes de cartouches dont les photographies illustrent
cet ouvrage. AMichaël, mon frère, qui a consacré tout
son temps et ses efforts à la photographie des
cartouches pour leur donner la haute qualité technique
nécessaire. Enfin, j'aimerais remercier mes nombreux
amis du monde entier, qui voulurent bien me dispenser
librement leurs connaissances : V. Andressen, B. Bang,
J. Belton, M. Beutter, J.-F. Campomar, J. Lenselink, R.
Lindquist, J. Manton, P. McGechie, H. Migielski, F.
Mondloc, P. Regenstreif, W. Schaltenbrand, 1.Walter, P.
White, H. Woodend, W. Woodin.
P.L.
Table 9 mm Parabellum, 28
9 mm Steyr, 28
9 mm Largo, 29
.45 ACP, 29
.455 Revolver, 29
Allemagne, République Démocrati-
que, 49
Allemagne, République Fédérale, 50
Arabie Saoudite, 50
Argentine, 50
5,56 mm Remington, 29 Australie, 52
6,5 mm Mauser Suédois, 30 Autriche, 52
1. PRÉSENTATION DES MUNI- 7 mm Mauser, 30 Belgique, 52
TIONS MILITAIRES D'ARMES 7 mm Medium, 31 Birmanie, 54
LÉGÈRES, 10 7,5 mm Fusil Suisse, 31 Brésil, 54
Éléments de la cartouche à percus-
7,5 mm MAS, 32 Bulgarie, 54
sion .30 U.S. Carbine, 32 Cambodge, 55
central, 10 Cameroun, 55
7,62 mm U.R.S.S. (Modèle 1943),
Nomenclature, 13 32 Canada, 55
Identification des cartouches, 13
7,62 mmx 45 Tchèque, 33 Chili, 55
7,62 mm OTAN, 33 Chine, République (avant 1950), 55
7,62 mm Mosin-Nagant, 34 Chine, République (Formose), 56
2. ÉVOLUTION DES MUNITIONS .30-06 U.S., 34 Chine, République Populaire, 56
JUSQU'EN 1939, 15 .303 British, 35 Colombie, 57
7,65 mm Mauser, 36 Corée du Nord, 57
7,92 mm Kurz, 36 Corée du Sud, 58
3. ÉVOLUTION DES MUNITIONS 7,92 mm Mauser, 36 Danemark, 58
DEPUIS LA DEUXIÈME GUERRE 8 mm Lebel, 37 République Dominicaine, 58
MONDIALE, 16 8 mm Siamois, 37 Égypte, 58
Évolution de l'immédiat 8 mm Mannlicher Hongrois, 38 Espagne, 59
après-guerre, 17 8 mm Breda, 38 Ethiopie, 61
U.S.A., 17 8 mm Suédois MG, 38 Finlande, 61
Royaume-Uni, 18 .50 de réglage, 39 France, 61
U.R.S.S., 19 .50 Browning, 40 Grèce, 64
Tchécoslovaquie, 20 12,7 mm U.R.S.S./ 12,7 mmx Haute-Volta, 64
Finlande, 20 108, Hongrie, 64
France, 20 40 Inde (après la partition), 65
Espagne, 20 14,5 mm U.R.S.S., 41 Indonésie, 65
Suisse, 21 Munitions déclassées, 42 Irak, 66
7,5 mm Revolver Suisse, 42
Autres munitions à étui court, 21 Iran, 66
8 mm Nambu Auto, 42 Israël, 66
Évolution 8 mm 1892, 42 Italie, 67
des mini-calibres, 21 10,4 mm Revolver Italien, 42 Japon, 68
U.S.A., 22 9,4 mm Revolver Hollandais, 43Liban, 68
6,5 mm Mannlicher-Carcano, 43
Allemagne, République Fédérale, 22 Malaisie, 68
Espagne, 22 6,5 mm Arisaka, 43 Maroc, 68
Suisse, 22 6,5 mm Mannlicher, 44 Mexique, 69
Royaume-Uni, 22 7,35 mm Mannlicher-Carcano, 44Népal, 69
U.R.S.S., 23 7,7 mm Japonais à gorge et Nigéria, 69
à bourrelet, 44 Norvège, 69
7,7 mm Japonais à gorge, 45 Nouvelle-Zélande, 69
4. PROFILS INDIVIDUELS DE 7,92 mm Schwarzlose, 45 Pakistan, 70
CARTOUCHES, 24 7,92 mm Long Norvégien, 45 Pays-Bas, 70
6,35 mm Browning, 24 8 mm Krag Danois, 46 Pérou, 71
7,62 mm Tokarev, 24 11,35 mm Madsen, 46 Philippines, 71
7,62 mm Revolver Nagant, 25 .5 Vickers, 46 Pologne, 71
7,65 mm Browning, 25 12,7 mm Breda (Italie)/ Portugal, 72
7,65 mm MAS, 25 12,7 mm japonais, 47 Roumanie, 72
7,65 mm Parabellum, 26 15 mm BESA, 47 Royaume-Uni, 72
.32 Smith & Wesson Revolver, 26 Singapour, 74
.357 Magnum, 26 Soudan, 74
.38 Smith et Wesson, 26 Suède, 75
.38 Special Revolver, 27 5. RÉPERTOIRE GÉOGRAPHIQUE Suisse, 76
9 mm Court/Corto/Kurz/Short, 27 DES PAYS PRODUCTEURS ET Syrie, 77
9 mm Makarov, 27 UTILISATEURS, 48 Tchécoslovaquie, 77
9 mm Police, 28 Afrique du Sud, 48 Thaïlande, 79
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Avant-propos
Les armes, et en particulier les armes à l'ensemble de ces renseignements pût
feu, suscitent un intérêt universel. En être contenu dans un livre d'un format
réponse à cet intérêt, les ouvrages pratique ; la majeure partie de cet
consacrés aux armes légères ouvrage ne traitera que des munitions
prolifèrent. La valeur intrinsèque de ces apparues depuis 1945 ainsi que de
livres est fonction du travail de leurs fabricants, et se limitera aux
recherche dont ils sont l'aboutissement. calibres inférieurs à 20 mm.
Indépendamment de leur valeur
documentaire, la plupart des livres P. Labbett, 1980
consacrés aux armes légères ne font
qu'effleurer le domaine des munitions
que tirent les armes décrites. Ceci peut
parître illogique si l'on se dit que, en
l'absence de munitions, le meilleur
pistolet, fusil ou pistolet-mitrailleur
n'est rien de plus qu'un gourdin peu
efficace - et coûteux.
La munition est non seulement aussi
importante que l'arme, mais son étude
est en elle-même intéressante. Elle peut
se révéler particulièrement rentable
dans les domaines de la lutte contre le
crime et les mouvements terroristes.
Sur les lieux d'un crime, on peut trouver
des preuves sous forme d'étuis tirés,
longtemps après que l'arme et son
utilisateur ont disparu. Leur
identification correcte, ainsi que celle
d'échantillons de munitions, peut fournir
d'importantes données aux services de
police et de renseignement dans leur
lutte contre les terroristes.
Nous espérons que ce simple volume
pourra se révéler utile dans
l'identification des munitions par calibre
et par type, par origine et en se référant
aux données et aux performances
balistiques de la cartouche concernée. Il
a fallu imposer une limite pour que
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1.Présentation desmunitions
militaires d'armeslégères
Les munitions que tirent les armes militaires portatives Parties principales d'un étui de cartouche.
actuelles sont presque exclusivement des cartouches à
percussion centrale, bien que l'on utilise encore pour
l'entraînement des munitions de petit calibre à percus-
sion annulaire et que, historiquement parlant, des muni-
tions à percussion annulaire furent utilisées par les
armées d'un certain nombre de pays au début de l'ère
de la cartouche métallique, un peu après 1860. Les
actuelles munitions d'entraînement à percussion annu-
laire sortant du cadre de cet ouvrage, elles n'y seront
pas traitées.
saire de protéger les étuis acier contre la rouille ; cette nique avec l'intérieur de l'étui par un ou plusieurs
protection prend souvent la forme d'un cuivrage ou d'un évents. Lorsque le percuteur de l'arme vient frapper
laitonnage, ou d'un laquage résistant à la chaleur et aux l'amorce, la composition d'amorçage va s'écraser sur
frottements. une petite enclume, ce qui entraîne sa mise à feu ; un jet
Sur sa partie postérieure, l'étui de la cartouche de flamme pénètre alors à l'intérieur de l'étui et
comporte un logement destiné à recevoir l'amorce ; provoque l'inflammation de la charge propulsive princi-
cette dernière contient une composition sensible qui, pale, laquelle se transforme à son tour en gaz fortement
lorsqu'elle subit un choc violent, provoque la mise à feu comprimés qui expulsent la balle du collet de l'étui et la
de la charge propulsive contenue à l'intérieur de l'étui. chassent par le canon de l'arme.
L'autre extrémité de l'étui est ouverte, et c'est dans L'amorce elle-même est maintenue dans son loge-
cette ouverture que se fixe la balle. ment selon plusieurs méthodes différentes :
Selon leurs caractéristiques de fabrication, les étuis de Sertissage périphérique : on effectue un sertissage tout
cartouches se répartissent en plusieurs catégories : autour du logement d'amorce.
Étui à ceinture : l'étui à gorge porte une ceinture autour Sertissage par recouvrement : le métal des bords du
du culot, juste devant la gorge d'extraction. logement d'amorce est rabattu vers l'intérieur, par-
Étui à épaulement (ou à collet rétreint) : le collet a été dessus les bords de l'amorce.
fortement rétreint afin de pouvoir épouser le diamètre Sertissage au point ou en étoile : le métal des bords du
de la balle. logement d'amorce est rabattu sur quelques points
Étui fermé à pliures (« feuillette ») : sur les cartouches à équidistants, souvent au nombre de trois.
blanc ou lance-grenades, la bouche de l'étui est souvent Friction : l'amorce est maintenue par l'élasticité du
fermée par un sertissage qui maintient la charge en métal.
place. Ce peut être soit un sertissage court - on parle Montage à vis : uniquement sur certains très gros cali-
alors de sertissage à pliures -, soit un sertissage long bres.
effectué en spirale qui augmente sensiblement la Les amorçages eux-mêmes se répartissent en deux
longueur totale de l'étui, au-delà de la longueur prévue catégories, que l'on appelle le plus souvent amorçage
pour une cartouche à balle. Boxer et amorçage Berdan.
Étui à gorge : le culot de l'étui porte une gorge qui L'amorçage Boxer possède un seul évent central. C'est
permet de fournir une prise à l'extracteur de l'arme au l'amorce qui porte sa propre enclume.
moment de l'introduction de la cartouche dans la L'amorçage Berdan possède le plus souvent deux
chambre, pour lui permettre d'extraire l'étui tiré après le évents, bien que ce nombre puisse varier. Ces évents
départ du coup. sont souvent décentrés, et la partie centrale du fond du
Étui à bourrelet : ici, au lieu d'une gorge, la partie logement d'amorce porte une protubérance en forme
postérieure de l'étui possède un épais bourrelet sur d'enclume. L'enclume fait ici partie intégrante de l'étui.
lequel vient agir l'extracteur. On peut rencontrer des amorçages modifiés, surtout
Étui à gorge et à bourrelet : sur cet étui, le diamètre de sur les cartouches de gros calibre qui sont parfois pour-
la base est supérieur à celui du culot. vues d'un tube d'amorçage. Ce tube monté sur l'évent
Étui à culot réduit : il possède une gorge, mais le se termine en plein milieu de l'intérieur de l'étui, ce qui
diamètre de sa base est inférieur à celui de son culot.
Étui droit : étui dont les parois sont parallèles. permet à la charge de s'enflammer bien plus rapide-
Étui tronconique : étui dont les parois vont en se ment qu'avec des évents ordinaires. Sur certains gros
rapprochant régulièrement du culot vers la bouche. calibres également, ce n'est pas le choc d'un percuteur
qui cause la mise à feu de la composition d'amorçage,
mais une décharge électrique causée par la fermeture
L'amorçage d'un circuit quand le percuteur vient au contact de
L'amorce consiste en une capsule de métal mou conte- l'amorce.
nant une composition d'amorçage très sensible. Cette Deux nouvelles formes d'amorçage modifié sont
capsule est placée dans un logement d'amorce pratiqué apparues récemment, l'une en France et l'autre en
dans la base de l'étui. Ce logement lui-même commu- Chine. Toutes deux sont des variantes du système
Types d'amorçage
Berdan où l'enclume ne fait pas partie intégrante de strictes encore que pour les autres poudres ; ces grains
l'amorce. Dans l'amorçage français, on a soulevé une sphériques sont ensuite classés par taille. Dans la fabri-
étroite languette de métal du fond du logement d'amor- cation américaine d'origine, ils étaient enduits de nitro-
ce, pour former une excroissance au-dessus d'un trou glycérine pour obtenir un surcroît d'énergie.
dans ce qui reste du fond du logement. Cette excrois-
sance fait office d'enclume, et c'est l'espace vide créé Les balles
en dessous qui sert d'évent. On se sert d'une amorce Il existe une grande variété de formes de balles pour
Berdan normale. Dans l'amorçage chinois, que nous pistolet, pistolet-mitrailleur et fusil. Les principales
n'avons rencontré jusqu'ici que sur des munitions de caractéristiques de ces balles sont les suivantes :
mitrailleuse lourde, le fond du logement d'amorce est La pointe de la balle peut être à bout plat, rond ou poin-
percé d'un évent central de forme triangulaire ; une tu ; la partie incurvée d'une balle pointue s'appelle l'ogi-
petite bille métallique y est fixée en force. Trop grande ve. Il existe une forme extrême de pointe où les flancs
pour pouvoir passer par l'évent triangulaire, elle y est de la balle sont droits au lieu d'être courbes.
retenue et dépasse largement à l'intérieur du logement La base de la balle peut être plate ou aérodynamique.
d'amorce. Cette partie de la bille sert d'enclume pour Sur une balle aérodynamique, la partie postérieure est
une amorce Berdan ordinaire. rétrécie. Certaines balles à base plate comportent une
cavité postérieure destinée à déplacer leur centre de
La charge propulsive gravité vers l'avant.
On peut diviser les poudres en deux grandes catégo- Les flancs de la balle comportent le plus souvent une
ries : les poudres à double base et les poudres à simple partie aux côtés parallèles qui prend les rayures du
base. canon. C'est sur cette partie de la balle que vient
Les poudres à double base contiennent surtout deux presque toujours reposer le collet de l'étui, qui est
ingrédients, la nitroglycérine et la nitrocellulose, dont souvent serti dans une cannelure de la balle. Dans
les proportions respectives varient considérablement certains calibres, il arrive parfois que la balle porte des
selon les fabricants. La cordite, qui fut très longtemps le bandes au lieu de cannelures ; c'est alors la partie en
mélange propulseur standard des munitions britanni- relief qui prend les rayures du canon.
ques, contenait à l'origine 58 parts de nitroglycérine et Les balles militaires sont souvent de nature composi-
37 parts de nitrocellulose. Ces proportions furent te, c'est-à-dire qu'elles ne sont pas faites en un seul
modifiées par la suite pour aboutir à un autre type de métal, mais d'un certain nombre de composants diffé-
cordite, la Cordite MD, dans laquelle la nitroglycérine rents. Elles possèdent généralement une enveloppe - la
était ramenée à 37 parts avec une augmentation chemise - en métal (acier, cupro-nickel, tombac ou
correspondante de la nitrocellulose. D'autres pays, dont laiton) et un noyau en plomb durci ou en acier doux,
les États-Unis, ont également abondamment utilisé des bien que les matières plastiques ou le bois soient aussi
poudres à double base. parfois utilisés. L'inclusion d'un noyau en acier doux ne
Les poudres à simple base s'utilisent de préférence dans confère à une balle métallique aucun pouvoir perforant
les cartouches de fusil ; elles produisent davantage de particulier, il en va tout autrement des noyaux en acier
chaleur et érodent davantage les canons. Plus la propor- durci ou en carbure de tungstène.
tion de nitroglycérine est élevée, plus la chaleur et l'éro- A part les balles perforantes à noyau durci, il existe
sion augmentent. La nitrocellulose est l'agent propul- d'autres balles spéciales contenant une composition
seur à simple base le plus répandu dans le monde ; elle chimique destinée à produire un effet particulier :
ne contient pas de nitroglycérine. Selon la vitesse d'in- Balle tracante : une composition chimique placée dans
flammation désirée pour tel ou tel type de munition, on la partie postérieure de la balle brûle pendant son trajet
produit la nitrocellulose en paillettes, en grains ou en et matérialise la trajectoire.
petits cylindres ressemblant assez à des macaronis, Balle d'observation : une composition chimique, géné-
mais en beaucoup plus petit. ralement placée dans la pointe, produit à l'impact un
La poudre sphérique fut créée aux Etats-Unis, mais on éclair ou une fumée, ou encore les deux en même
la fabrique maintenant dans plusieurs autres pays. C'est temps, afin d'indiquer au tireur l'emplacement de l'im-
une poudre à base de nitrocellulose que l'on moule en pact.
grains sphériques dans des conditions de sécurité plus Balle explosive : une charge explosive explose soit à
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l'impact soit au cours du trajet (au moyen d'un disposi- Le calibre d'une cartouche, lorsqu'il est correctement
tif d'auto-destruction). énoncé dans une appellation officielle, est normalement
Balle incendiaire : une composition pyrotechnique, inférieur au calibre réel de la balle. Par exemple, la
souvent placée au voisinage de la pointe, s'enflamme à cartouche de 7,62 mm OTAN possède une balle au
l'impact. diamètre de 7,8 mm. Le calibre donné dans l'appellation
Balle combinée : elle réunit les caractéristiques des s'obtient en mesurant le diamètre intérieur du canon.
précédentes, y compris la perforante, en un seul projec- Parfois cependant, et c'est le cas de la 9 mm Parabel-
tile. lum, le diamètre de la balle est exactement semblable à
Les munitions de gros calibre pour mitrailleuse ou celui qui est donné dans son appellation.
canon peuvent parfois contenir des éléments supplé- On prend de plus en plus l'habitude de désigner une
mentaires, tels que des fusées, des gaines et des systè- cartouche par une appellation métrique en deux parties,
mes d'auto-destruction. la première donnant le calibre, et la seconde la longueur
La balle est fixée dans le collet de l'étui selon l'une de l'étui. Ainsi, la cartouche M43 soviétique de
des méthodes suivantes : 7,62 mm qui possède un étui de 38,6 mm est connue
Friction : la balle est maintenue par l'élasticité du métal. sous l'appellation de 7,62 mm x 39. Une cartouche à
Dentelure : des dentelures pratiquées sur le collet de bourrelet peut voir son appellation terminée par la lettre
l'étui s'engagent dans une cannelure de la balle. « R» (Rim) ; ainsi, par exemple, la cartouche à bourrelet
Mise en cône : un sertissage conique maintient les de la mitrailleuse russe de 12,7 mm est connue sous
bords du collet dans une cannelure de la balle. l'appellation de 7,62 mm x 54 R.
Cannelure : on pratique une cannelure dans la bouche
de l'étui pour lui faire épouser la cannelure de la balle.
Sertissage : les bords du collet sont rabattus et sertis IDENTIFICATION DES CARTOUCHES
dans une cannelure de la balle. Le meilleur moyen d'identifier une cartouche est de se
Poinçonnage : trois ou quatre coups de poinçon sont reporter à l'étiquette de son emballage. Il est bien
donnés à travers les parois du collet de l'étui, soit dans entendu impossible de procéder ainsi avec des cartou-
une cannelure de la balle, soit dans son enveloppe. ches isolées, et les emballages sont eux-mêmes parfois
dépourvus de toute étiquette, ou bien encore leurs
étiquettes ne fournissent que des renseignements
NOMENCLATURE incomplets. On peut facilement identifier une cartouche
Le calibre et l'appellation d'une cartouche peuvent s'in- en mesurant la longueur de son étui et le diamètre de sa
diquer de plusieurs façons, dont toutes ne procèdent balle, puis en consultant une liste d'appellations. Pour
pas de la logique. Dans certains cas, le calibre donné connaître le type de balle, les pays d'origine, la date et
dans l'appellation d'une cartouche peut être purement l'usine de fabrication, il se trouve d'autres marquages
nominal, soit qu'on l'ait choisi pour éviter de le confon- sur les cartouches elles-mêmes qui fournissent souvent
dre avec une autre cartouche de calibre semblable, soit des éléments d'identification.
que ce soit tout simplement l'effet du hasard. Il arrive Type de balle : les balles spéciales telles que les traçan-
quelquefois que l'appellation du calibre corresponde tes, perforantes, etc., s'identifient grâce à leur pointe qui
exactement au calibre réel. est colorée selon un code-couleur en vigueur dans un
pays donné. Dans certains pays, le type de balle se
reconnaît à un code gravé sur la base de l'étui, ou à un
cerclage d'amorce coloré, mais ceci est relativement
peu courant.
Pays d'origine : il peut être évident si l'on dispose d'une
nomenclature métrique adéquate ; sinon, il est souvent
possible d'identifier l'usine où la munition a été fabri-
quée.
Lieu de production : la plupart des cartouches militaires
possèdent un marquage de culot : une série de signes
sont frappés dans le métal de la base de l'étui. Dans ce
marquage on trouve souvent un numéro d'identification
d'usine ou des lettres-code. Voir plus loin dans cet
Formes de balles ouvrage la liste de ces codes de fabrication. Si la lettre-
courantes : 1, balle
de pistolet, à bout code d'un fabricant figure dans un marquage de culot,
rond ; 2, balle de cela ne veut pas obligatoirement dire que c'est ce fabri-
pistolet,
tronconique ; 3, balle cant qui a effectivement fabriqué la cartouche, bien que
de fusil pointue, à ce soit tout de même assez souvent le cas. Il faut
base plaie ; 4, balle
de fusil pointue, cependant savoir que certaines munitions sont parfois
aérodynamique ; faites «sur commande» et marquées en conséquence.
5, balle de fusil à pointe
en flèche ; 6, balle de Par exemple, l'usine «A», pour une raison quelconque,
fusil à bout arrondi ; a fait fabriquer ses munitions par l'usine «B» qui est
7, balle lourde de
mitrailleuse, souvent d'une nationalité différente. Dans ce cas, l'usine
ceinturée ; 8, balle «A» demandera souvent à l'usine «B» de faire figurer
perforante vue en coupe ;
9, balle traçante les marquages codés réservés à l'usine «A»sur le culot
à godet, vue des étuis.
en coupe ; 10, balle
traçante sans godet, Date : la date figure dans les marquages de culot de la
vue en coupe. plupart des cartouches militaires. On rencontre princi-
palement des marquages d'année à deux ou quatre chif-
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fres, mais quelques pays utilisent trois chiffres. Parfois, Cartouches pour fusil et mitrailleuse de petit calibre en service
les chiffres de la date sont remplacés par une lettre-co- de 1886 à 1939 0.
de.
Cerclage d'amorce coloré : de nombreuses cartouches
militaires possèdent un cerclage d'amorce coloré. Ceci Appellation Appellation
n'a le plus souvent aucune signification particulière ; il commune métrique Nationalité ..
ne s'agit là que d'un vernis protégeant l'amorce contre
l'humidité. Dans certains pays, cependant, le cerclage 6,5 mmArisaka 6,5 mmx 50,8 japonaise, type 38
coloré est un élément d'identification de la nature de la (modèle 1905)
balle ou bien il indique une cartouche à utilisation 6,5 mmCarcano 6,5 mmx 52,4 italienne (modèle 1891)
spéciale. 6,5 mm Mannlicher 6,5 mm x 53,6 roumaine (modèle 1893)
Vernis de sertissage au collet : certaines munitions ont 6,5 mm Mannlicher 6,5 mm x 53,6 hollandaise (modèle
un vernis de sertissage coloré à cheval sur la balle et le 1895)
collet de l'étui. Cet anneau de couleur n'indique généra- 6,5 mm Mannlicher- 6,5 mm x 53,9 grecque (modèle 1903)
lement rien d'autre que la présence d'un vernis de Schoenauer
protection contre l'humidité. Parfois, il indique que la 6,5 mm Mauser 6,5 mmx 55 suédoise (modèle 1894),
munition a été vernie et empaquetée spécialement pour norvégienne (modèle
les pays tropicaux ; autrefois, également, le type de 1896)
balle de certaines catégories de munitions japonaises se 6,5 mm Mauser- 6,5 mm x 58 portugaise (modèle 1904)
reconnaissait à la couleur du vernis de sertissage au Vergueiro
collet. 7 mm Mauser 7 mm x 57 espagnole (modèle 1890)
7,35 mmCarcano 7,35 mm x 51 italienne (modèle 1938)
7,5 mm Schmidt- 7,5 mmx 55,4 suisse (modèle 1889/90)
Rubin
7,5 mm MAS 7,5 mmx 54 française (modèle 1929)
7,62 mm Mosin- 7,62 mmx 54 russe (modèle 1891 )
Nagant
7,65 mm Mauser 7,65 mmx 54 belge (modèle 1889)
7,7 mm à gorge et 7,7 mmx 57,5 japonaise, type 92
à bourrelet (modèle 1932),
pour MG
7,7 mmà gorge 7,7 mm x 57,5 japonaise, type 99
(modèle 1939)
7,92 mm Mauser 7,92 mm x 57 allemande (modèle 1888)
7,92 mm 7,92 mm x 57 R hollandaise (modèle
Schwarzlose 1908),
pour MG
7,92 mm Colt 7,92 mmx 61 norvégienne, adoptée
en 1938,
pour MG
8 mm Mannlicher 8 mmx 50,5 autrichienne (modèles
1889/90)
8 mm Siamois 8 mmx 52 siamoise, type 66
8 mm Lebel 8 mmx 50 française (modèle 1886)
8 mm Mannlicher 8 mmx 56 hongroise (modèle 1935)
8 mm Krag 8 mmx 58 danoise (modèle 1889)
8 mm Breda 8 mmx 59 italienne (modèle 1935)
pour MG
8 mm Bofors 8 mmx 63 suédoise (modèle
1932) pour MG
.303 British 7,7 mmx 56 britannique, adoptée
en 1889
.30-40 Krag aucune américaine, adoptée
en 1892
.30-03 U.S. aucune américaine, adoptée
en 1903
.30-06 U.S. 7,62 mmx 63 américaine, adoptée
en 1906
2. Évolutiondesmunitions
jusqu'en 1939
Les munitions métalliques d'armes légères furent utili- mitrailleuses d'avion, des mitrailleuses anti-aériennes
sées pour la première fois par les militaires entre 1860 ou anti-tanks, ou encore dans quelques lourds fusils
et 1870 ; les nombreuses années qui suivirent les virent anti-tanks. Ce n'étaient souvent que des versions
se développer assez lentement. Leur évolution connut agrandies des munitions de fusil, et elles ne présen-
deux étapes principales, dues toutes deux aux contrain- taient aucune caractéristique vraiment spéciale, sauf
tes imposées par le genre de charge propulsive dispo- que leur balle pouvait parfois être dotée de raffinements
nible à l'époque et, jusqu'à un certain point, par la supplémentaires.
nature des balles utilisées. Il est à peine surprenant que la cartouche de fusil de
Tout d'abord, la poudre noire qui fut le seul agent 1939 ait été virtuellement identique à celle de 1900.
propulseur employé jusque dans les années 1880 Partout, sauf aux États-Unis, les fusils en service étaient
empêcha l'emploi de fusils de petit calibre. Après 1860, encore basés sur le même principe que les modèles
tous les calibres militaires étaient compris entre 10,5 et adoptés quarante ans auparavant ; les tactiques d'em-
12,5 mm, et le calibre le plus largement répandu était le ploi des armes d'infanterie ayant très peu évolué durant
11 mm, encore que chaque pays utilisât un étui de tout ce temps, les fusils d'origine étaient encore tout à
cartouche différent. La vitesse initiale moyenne d'une fait adaptés. Ils étaient longs, lourds, le plus souvent à
cartouche de 11 mm à poudre noire était d'environ répétition manuelle, et leur contenance en cartouches
427 m/s. On effectua des essais pour tenter de réduire était très limitée ; entre les mains d'un tireur exercé, ils se
le calibre des cartouches à poudre noire, mais on ne put révélaient efficaces jusqu'à environ un kilomètre. La
descendre en-dessous de 9,5 mm. Les balles que plupart des mitrailleuses de 1939 étaient des modèles
tiraient ces cartouches à poudre noire étaient en plomb apparus pendant ou avant la Première Guerre Mondiale,
durci. et presque toutes tiraient la même cartouche que le
La seconde étape importante se produisit au cours fusil.
des années 1880 avec l'apparition de la poudre sans La plupart de ces cartouches de fusil, ainsi que les
fumée. Cette substance propulsive, outre les avantages cartouches de gros calibre pour mitrailleuse lourde et
d'ordre tactique qu'elle offrait au tireur, permettait d'ob- fusil anti-tank, disparurent définitivement dans le boule-
tenir des vitesses plus élevées ; combinée avec l'utilisa- versement total de la Deuxième Guerre Mondiale. Il
tion de balles chemisées, elle permit aux fusils de petit n'en survécut que quelques-unes après 1945, et un tout
calibre à grande vitesse initiale de devenir une réalité. petit nombre d'entre elles sont encore en service
Les balles chemisées possédaient une enveloppe (la aujourd'hui.
chemise) en acier, en cupro-nickel ou en un métal simi-
laire, qui contenait un noyau en plomb durci. Cette
nouvelle génération de fusils se développa surtout
pendant les quinze dernières années du 198 siècle;
selon leur nationalité, leur calibre était compris entre
6,5 et 8 mm. La plupart de ces cartouches se tiraient
aussi bien dans le fusil que dans la mitrailleuse d'infan-
terie. La vitesse initiale de ce type de cartouche allait de
670 à 760 m/s., sauf une ou deux qui atteignaient une
vitesse plus élevée.
Une fois adoptées, ces cartouches de petit calibre à
grande vitesse initiale demeurèrent en service, fonda-
mentalement inchangées, pendant les quarante années
suivantes. Entre les deux guerres, leur nombre augmen-
ta - et quelques-unes disparurent - mais, dans l'ensem-
ble, les modèles en service ne connurent aucune évolu-
tion.
La seule et unique amélioration des cartouches de
fusil, pendant cette période allant jusqu'à 1939, porta
sur le perfectionnement des agents propulseurs et la
production de balles de types spéciaux telles que les
traçantes, les perforantes ou les incendiaires, que l'on
utilisa contre les avions, par exemple. Dans l'ensemble,
les considérations d'ordre tactique de cette période
allant de 1900 à 1939 n'eurent aucun effet significatif
sur la conception des armes légères et de leurs muni-
tions.
Le vrai changement fut l'apparition entre les deux
guerres d'une toute nouvelle famille de cartouches, et
cela à l'échelle internationale. Il s'agissait de cartouches
de gros calibre, entre 12,7 et 20 mm, utilisées dans des
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N° d'imprimeur : B82/11063
Dépôt légal : 1er trimestre 1982
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