Ecole Nationale d’Electronique et des Télécommunications de
Sfax
Elements Finis: Modélisation et Simulation
1ère Master ISI
Nadia MEGDICH
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Chapitre 2:
Approximation Variationnelle
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Nous présentons le processus d’approximation variationnelle interne
qui nous conduira à la méthode des éléments finis. L’idée est de
remplacer V sur lequel est posée la formulation variationnelle par
un sous espace Vh de dimension finie.
Le problème approché posé sur Vh se ramène à la résolution d’un
système linéaire, dont la matrice est appelée matrice de rigidité.
On peut choisir le mode de construction de Vh tel que le sous
espace Vh soit une bonne approximation de V et que la solution uh
dans Vh de la formulation variationnelle soit proche de la solution
exacte u dans V .
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Elements finis en dimension N = 1
La méthode des éléments finis est la méthode numérique de
référence pour le calcul des solutions de nombreux problèmes aux
limites.
Le principe de la méthode des éléments finis est de construire des
espaces d’approximation interne Vh dont la définition est basée sur
notion géomètrique de maillage du domaine Ω.
Un maillage est un pavage de l’espace en volumes élémentaires très
simples: triangles, tétraèdres,parallélépipèdes.
Dans ce contexte le paramètre h de Vh correspond à la taille
maximale des mailles ou cellules qui composent le maillage.
Typiquement une base de Vh sera constituée de fonctions dont le
support est localisé sur une ou quelques mailles. Ceci aura deux
conséquences importantes:
D’une part dans la limite h → 0 l’espace Vh sera de plus en plus
gros et approchera de mieux en mieux l’espace V
D’autre part la matrice de rigidité Kh du système linéaire sera
creuse cà d la plupart de ses coefficients seront nuls ce qui limitera
le coût de la résolution numérique.
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Nous nous limitons ici à la définition des éléments finis en une
dimension d’espace oû les aspects techniques sont nettement plus
simples. On discute des aspects pratiques (assemblage de la
matrice de rigidité, formules de quadrature, ...) autant que
théoriques (convergence de la méthode, interpolation et estimation
d’erreur)
Soit Ω =]0, 1[, un maillage est constitué d’une collection de points
(xj )0≤j≤n+1 tel que x0 = 0 < x1 < · · · < xn < xn+1 = 1
Un maillage sera dit uniforme si les points xj sont equidistants cà d
1
xj = jh avec h = n+1 Les points xj sont aussi appelés les sommets
ou noeuds du maillage. Nous considérons le problème modèle
suivant
−u” = f dans ]0, 1[, u(0) = u(1) = 0
Si f ∈ C([0, 1]) le problème admet une solution unique dans
C 2 ([0, 1]) par intégration
Dans la suite Pk désigne l’ensemble des polynômes à coefficients
réels d’une variable réelle de degré inférieur ou égal à k
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Elements finis P1
La méthode des éléments finis P1 repose sur l’espace discret des
fonctions globalement continues et affines sur chaque maille.
Vh = {v ∈ C([0, 1]) tel que v[xj ,xj+1 ] ∈ P1 pour tout 0 ≤ j ≤ n}
et sur son sous espace
V0h = {v ∈ Vh tel que v (0) = v (1) = 0}
Introduisons
la fonction chapeau φ définie par
1 − |x| si|x| ≤ 1
φ(x) =
0 sinon
Si le maillage est uniforme on définit les fonctions de base
x − xj
φj (x) = φ( ), 0≤j ≤n+1
h
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Lemme 1
L’espace Vh est un sous espace vectoriel de V , qui est de
dimension n + 2 et toute fonction vh de Vh est définie de manière
unique par ses valeurs aux sommets (xj )0≤j≤n+1
n+1
X
vh (x) = vh (xj )φj (x)∀x ∈ [0, 1]
j=0
De même V0h est un sev de V0 = {v ∈ V , v = 0sur ∂Ω} et toute
fonction vh ∈ V0h est définie de manière unique par ses valeurs aux
sommets (xj )1≤j≤n :
n
X
vh (x) = vh (xj )φj (x)∀x ∈ [0, 1]
j=1
La preuve provient de φj (xi ) = δij : symbole de Kronecker , δij = 1
si i = j et 0 sinon
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Remarque 1
La base (φj )j permet de caractériser une fonction de Vh par ses
valeurs aux noeuds du maillage, on parle d’éléments finis de
Lagrange. Comme les fonctions sont localement P1 , on dit que Vh
est l’espace des éléments finis de Lagrange d’ordre 1. Ceci permet
de comprendre l’intéret de la formulation variationnelle. Les
fonctions de Vh ne sont pas deux fois dérivables sur le segment
[0, 1]. Par contre on peut utiliser les fonctions de Vh dans la
formulation variationnelle qui ne requiert qu’une seule dérivée.
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Décrivons la résolution pratique du problème. La formulation
variationnelle de l’approximation interne devient
Trouver R1 R1
uh ∈ V0h telle que 0 uh0 (x)vh0 (x)dx = 0 f (x)vh (x)dx, ∀vh ∈ V0h
On décompose uh sur la base des (φj )1≤j≤n et on prend vh = φi ce
qui donne
n
X Z 1 Z 1
uh (xj ) φ0j (x)φ0i (x)dx = f (x)φi (x)dx
j=1 0 0
R1
En notant Uh = (uh (xj ))1≤j≤n et bh = ( 0 f (x)φi (x)dx)1≤i≤n et
en introduisantR 1la 0matrice de
0
rigiditéKh = ( 0 φj (x)φi (x)dx)1≤i,j≤n , la F.V. dans V0h revient à
résoudre dans Rn le système linéaire Kh Uh = bh .
Comme les fonctions de φj sont à petit support, l’intersection des
supports de φi et φj est souvent vide, et la plupart des coefficients
de Kh sont nuls.
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−h−1 si
j =i −1
Z 1 −1
2h si j =i
φ0j (x)φ0i (x)dx = −1
0
−h si j =i +1
0 sinon
Ainsi la matrice Kh est tridiagonale
2 −1 0 ··· 0
−1 2 −1 0 ···
Kh = h−1 0 −1 2 −1 0 · · ·
.. .. .. .. ..
. . . . .
0 ··· 0 −1 2
Pour obtenir
R xi+1 le second membre bh il faut calculer les intégrales
(bh )i = xi−1 f (x)φi (x)dx, ∀1 ≤ i ≤ n L’évaluation exacte du
second membre bh peut être difficile ou impossible si f est
compliquée.
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En pratique on a recours à des formules de quadrature (ou
formules d’intégration numérique) qui donnent une approximation
des intégrales définissant bh
Par exemple on peut utilier la formule du point milieu:
Z xi+1
1 xi+1 + xi
ψ(x)dx ≈ ψ( )
xi+1 − xi xi 2
ou la formule des trapèzes:
Z xi+1
1 1
ψ(x)dx ≈ (ψ(xi+1 ) + ψ(xi ))
xi+1 − xi xi 2
Ces deux formules sont exactes pour les fonctions ψ affines.
La résolution du système linéaire Kh Uh = bh est la partie la plus
couteuse de la méthode en terme de temps de calcul, des
méthodes performantes de résolution existent.
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Problème de Neumann
La mise en oeuvre de la méthode des éléments finis P1 pour le
problème de Neumann suivant est similaire:
−u” + au = f dans ]0, 1[; u 0 (0) = α, u 0 (1) = β
On admet que le problème admet une solution unique dans
C 2 ([0, 1]) si f ∈ C([0, 1]).
On suppose que α, β ∈ R, a ∈ C([0, 1]) telle que a(x) ≥ a0 > 0
dans [0, 1]. La F.V. devient :
R1
Trouver uh ∈ Vh telle que 0 uh0 (x)vh0 (x) + a(x)uh (x)vh (x)dx =
R1
0 f (x)vh (x)dx − αvh (0) + βvh (1), pour toutvh ∈ Vh
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En décomposant uh sur la base des (φj )0≤j≤n+1 , la F.V. dans Vh
revient à résoudre dans Rn+2 le système linéaire Kh Uh = bh avec
Uh = (uh (xj ))0≤j≤n+1 ,
Z 1
Kh = ( φ0j (x)φ0i (x) + a(x)φj (x)φi (x)dx)1≤i,j≤n , et
0
Z 1
f (x)φi (x)dx si 1 ≤ i ≤ n
Z0 1
(bh )i = f (x)φ0 (x)dx − α si i = 0
0
Z 1
f (x)φn+1 (x)dx + β si i = n + 1
0
Lorsque a(x) n’est pas une fonction constante, il est aussi
nécessaire d’utiliser en pratique des formules de quadrature pour
évaluer les coefficients de la matrice Kh
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Exercice 2
Appliques la méthode des éléments finis P1 au problème
−u” = f dans ]0, 1[, u(0) = α, u(1) = β
Vérifier que les conditions aux limites de Dirichlet non homogènes
apparaissent dans le second membre du système linéaire qui en
découle.
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