PROFIL SENSORIEL
Lucy Jane Miller a proposé, en 2007, une nouvelle classification des troubles sensoriels où
le trouble du traitement de l’information sensorielle (SPD) est un terme parapluie qui regroupe
plusieurs autres problèmes (voir figure 1). Elle y distingue trois types de troubles en lien avec les
différentes étapes du processus de traitement de l’information sensorielle, soient la
modulation (intake), la discrimination (interpretation) et l’interaction avec l’environnement
(using the input) (Anzalone & Lane, 2011; Miller, Anzalone, Lane, Cermak, & Osten, 2007).
Figure 1*:Classification diagnostique proposée par Lucy Jane Miller
*Informations adaptées de Miller, L. J., Anzalone, M. E., Lane, S. J., Cermak, S. A., & Osten, E. T. (2007).
Concept Evolution in Sensory Integration: A Proposed Nosology for Diagnosis. The American Journal of
Occupational Therapy, 61(2), 135-140 et de Anzalone, M. E., & Lane, S. J. (2011). Sensory Processing
Disorder. Dans Anita C. Bundy & Shelly J. Lane (Éds.), Kids can be kids: a childhood occupations
approach (pp. 437-459). Philadelphie: FA Davis Company.
Trouble de la modulation sensorielle
Le trouble de modulation sensorielle est le résultat d’un problème dans la phase
initiale du traitement de l’information, c’est-à-dire l’enregistrement. Lorsqu’on parle
d’enregistrement (réception des stimuli), il est important de considérer le seuil d’activation auquel
cet enregistrement se produit puisque l’individu produit une réponse en fonction de l’intensité
perçue (Anzalone & Lane, 2011). Le trouble de modulation peut entraîner de l’évitement, de
l’hyperactivité et/ou des troubles de comportements tels l’agressivité ou des crises (Comité
d’information sur la santé mentale du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario, 2009).
En effet, l’enfant présentant ce trouble peut réagir trop fortement (hyperréactivité) ou
insuffisamment (hyporéactivité) aux sensations et peut avoir des difficultés à s’adapter à divers
environnements. Il a souvent de la difficulté à maintenir un niveau de vigilance ou d’éveil adéquat
pour la réalisation d’une tâche, à s’autoréguler (Anzalone & Lane, 2011). L’autorégulation
correspond à l’ensemble des moyens sollicités par une personne, de façon consciente et
inconsciente, afin d’atteindre et de maintenir un niveau d’éveil optimal (voir figure 2), en fonction de
la tâche, pour produire un comportement organisé sur les plans attentionnel, moteur ou
émotionnel.
Figure 2- Illustration de la zone d’organisation optimale normale (sans trouble)
*Adapté de http://www.esantementale.ca/Quebec/Les-troubles-du-traitement-sensoriel-chez-les-enfants-et-
les-adolescents/index.php?m=article&ID=8890 et de la figure 24.6 du livre Anzalone, M. E., & Lane, S. J.
(2011). Sensory Processing Disorder. Dans Anita C. Bundy & Shelly J. Lane (Éds.), Kids can be kids: a
childhood occupations approach (pp. 437-459). Philadelphie: FA Davis Company.
Selon Miller, il existe trois sous-catégories de troubles de modulation sensorielle
1. L’hyperréactivité sensorielle (Sensory Over-Responsivity) qui est définie comme étant une
réponse trop rapide, trop intense ou sur une plus longue période que la durée absolue de l’input
initial (Miller, Anzalone, Lane, Cermak, & Osten, 2007).
2. L’hyporéactivité sensorielle (Sensory Under-Responsivity) qui correspond au portrait d’un enfant
ayant peu ou pas de réponse aux intrants sensoriels, qui nécessite un stimulus sensoriel très long
ou très intense avant de réagir (Miller, Anzalone, Lane, Cermak, & Osten, 2007).
3. La recherche sensorielle (Sensory Seeking) se caractérise par la présence de comportements à
risque ou socialement inacceptables tels se frapper la tête ou foncer dans les autres enfants
(Anzalone & Lane, 2011).
Les enfants présentant une hyperréactivité sensorielle peuvent ressentir de l’inconfort ou
de l’anxiété dans des situations que les autres trouvent habituelles ou même paisibles. Des
difficultés sont particulièrement évidentes dans de nouvelles situations ou en période de transitions
(Miller, Anzalone, Lane, Cermak, & Osten, 2007). Ces enfants présentent aussi des défenses
sensorielles qui peuvent se présenter uniquement au niveau d’un système sensoriel ou plusieurs
(Miller, Anzalone, Lane, Cermak, & Osten, 2007).
Des exemples de défenses sensorielles incluent (Comité d’information sur la santé mentale du
Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario, 2009; Mailloux & Parham, 2005) :
Au niveau tactile
•Exprime un inconfort démesuré en raison des étiquettes sur les vêtements
•Présente des réactions aversives à la texture de certains aliments trop mous ou trop croustillants
(ces enfants peuvent développer de la sélectivité alimentaire
•Est dérangé par le toucher des personnes, surtout lorsqu’inattendu.
Au niveau vestibulaire
•Présente une intolérance au mouvement (nausée, malaise)
•Présente une insécurité gravitationnelle (peur viscérale au changement de gravité).
Au niveau visuel
•Est dérangé par l’éclairage intense
•Est sur-stimulé dans les endroits où il y a beaucoup de stimuli visuels.
Au niveau olfactif
•Présente des réactions aversives aux odeurs.
L’hyporéactivité, quant à elle, se manifeste par des enfants qui semblent plutôt
léthargiques, sédentaires et sans motivation, ne réagissant pas aux changements de température
ni à la douleur (chutes, égratignures). Ils ne détectent pas la majorité des stimuli environnants et
paraissent donc être dans la lune, ce qui peut rendre plus difficile l’acquisition de l’autonomie dans
certaines tâches, telles l’entraînement à la propreté(Miller, Anzalone, Lane, Cermak, & Osten,
2007). L’hyporéactivité au niveau des systèmes tactiles et proprioceptifs entraîne généralement
des problèmes dans les mécanismes de discrimination tactile ainsi qu’une pauvre représentation
du schéma corporel et de la maladresse. Par conséquent, les enfants présentant de
l’hyporéactivité ont souvent également un trouble de discrimination sensorielle et/ou de dyspraxie
(Anzalone & Lane, 2011; Miller, Anzalone, Lane, Cermak, & Osten, 2007).
Le dernier type de trouble de modulation est le comportement de recherche sensorielle.
Comme son nom l’indique, les enfants présentant ce trouble sont en constante recherche de
stimulations sensorielles (aliments épicés, tourner en rond, sons forts, etc.); ils ne semblent jamais
satisfaits et sont impulsifs de nature (Miller, Anzalone, Lane, Cermak, & Osten, 2007). Ce trouble
influence les relations sociales puisque ces enfants s’engagent souvent dans des activités
socialement inacceptables. De plus, ils sont souvent décrits comme des personnes qui
«recherchent l’attention» ou encore des «fauteurs de troubles» (Miller, Anzalone, Lane, Cermak, &
Osten, 2007). Il est à noter qu’un certain degré de recherche sensorielle est normale et même
nécessaire pour permettre un bon développement par le biais de l’exploration de l’environnement
et de l’apprentissage de nouvelles tâches (Miller, Anzalone, Lane, Cermak, & Osten, 2007).
Il faut retenir que ces différents troubles peuvent coexister chez un même individu qui peut être,
par exemple, hypersensible au toucher, mais peut être en recherche de stimulation vestibulaire
(Anzalone & Lane, 2011; Comité d’information sur la santé mentale du Centre hospitalier pour
enfants de l’est de l’Ontario, 2009).
La théorie de Winnie Dunn
« Le comportement d’un enfant peut être interprété sous l’angle de sa capacité
d'intégration des stimuli sensoriel » Winnie Dunn, 1997
Une autre manière de conceptualiser les comportements résultant du pauvre
enregistrement de l’input sensoriel par l’enfant (trouble de modulation) est selon la théorie de
Winnie Dunn. Étant donné que l’interprétation de l’information sensorielle est subjective et peut
donc varier selon les individus, certains chercheurs proposent que la variabilité dans les processus
de traitement de l’information sensorielle soit dépendante, du moins en partie, de la personnalité,
plus précisément le tempérament individuel. Dunn pousse cette idée plus loin et ajoute le « style
comportemental » au processus de traitement sensoriel (Anzalone & Lane, 2011; Dunn, 2001).
Deux notions :
•Le seuil neurologiq ue : niveau de stimulation nécessaire pour obtenir une réponse d’un neurone
Fou d’un système neuronal. Si le seuil est élevé, c’est qu’un niveau de stimulation très élevé est
Fnécessaire pour déclencher la réponse neuronale.
•La réponse comportementale : façon dont les individus agissent en fonction de leur seuil. Soit
Fl’enfant réagit en accord avec ses seuils et se comporte de façon cohérente avec son activité
Fneuronale, soit il réagit en contrant ses seuils pour atteindre l’homéostasie.
Elle propose un modèle (voir tableau I), à la base de la conception du profil sensoriel, un
outil d’évaluation largement utilisé pour détailler les particularités sensorielles. Le modèle
conceptuel de Dunn tient compte de l’influence de plusieurs mécanismes sous-jacents aux profils
hypo- et hyperréactif. Dans son modèle, il existe deux types de stratégies d’autorégulation, actives
et passives (Mailloux & Parham, 2005). Les réactions passives impliquent que l’individu n’agit
pas pour contrer l’effet perçu de l’input sensoriel tandis qu’une personne ayant recours à des
stratégies actives tentera de contrer l’effet de l’input et d’agir, par conséquent, sur l’intensité
perçue. Par exemple, un enfant hyper-réactif, mais qui utilisant des stratégies actives, pourrait se
retirer d’un environnement trop stimulant ou encore recouvrir ses yeux en réponse à la lumière du
soleil trop intense (Anzalone & Lane, 2011). Dunn ajoute à ces stratégies le seuil neurologiq ue
de perception des stimuli comme facteur déterminant des réactions d’un individu. Les enfants
ayant un seuil élevé requièrent un fort niveau de stimulation pour percevoir le stimulus. Dans ce
modèle, stratégies d’autorégulation et seuils de réactivité sont en interaction et permettent de
définir différents pôles (Dunn, 2001).
Agir en accord/agir contre le seuil
Lorsque l’enfant agit en accord avec son seuil, il a tendance à répondre plus passivement à tous
Fles évènements qui se présentent.
Lorsqu’il agit pour contrer le seuil, il est plus actif.
Tableau I - Adaptation du profil sensoriel de Dunn
Continuum du seuil Continuum des comportements
neurologiq ue de perception Réagit en concordance avec son Réagit de façon à contrer son
seuil : stratégies passives seuil : stratégies actives
Haut seuil Faible enregistrement Comportement de recherche
(hyporéactivité) sensorielle
TDA/H
Bas seuil Sensibilité accrue(hyperréactivité) Évitant
(très excitable)
TDA – Ø H
Traitement !
*Informations tirées et adaptées de Dunn, W. (2001). The Sensations of Everyday Life: Empirical,
Theoretical, and Pragmatic Considerations. The American Journal of Occupational Therapy, 55(6), 608-620.
Et de Anzalone, M. E., & Lane, S. J. (2011). Sensory Processing Disorder. Dans Anita C. Bundy & Shelly J.
Lane (Éds.), Kids can be kids: a childhood occupations approach (pp. 437-459). Philadelphie: FA Davis
Company.
Le trouble de discrimination sensorielle
Le trouble de discrimination sensorielle reflète un problème concernant l’interprétation
de la q ualité et la distinction des informations sensorielles (Miller, Anzalone, Lane, Cermak, &
Osten, 2007). En effet, les enfants présentant ce trouble ont de la difficulté à percevoir les
différences et les similitudes entre les sensations. Ils sont en mesure de savoir qu’un stimulus est
présent et de moduler leur réponse à ce dernier, mais des lacunes demeurent au niveau de
l’appréciation des qualités du stimulus en question (Miller, Anzalone, Lane, Cermak, & Osten,
2007). De ce fait, l’enfant prend plus de temps pour traiter et interpréter l’information. Le trouble de
discrimination sensorielle peut se manifester dans une ou plusieurs des modalités sensorielles. La
présence de ce trouble dans le système somatosensoriel (modalités tactile, vestibulaire et
proprioceptive) résulte plus spécifiquement en des difficultés motrices (pauvres réactions
d’équilibre, faible tonus musculaire) et de la maladresse (Mailloux & Parham, 2005). Si le trouble
se présente plutôt dans les systèmes visuels ou auditifs, des troubles d’apprentissage ou de
langage pourraient en résulter (Miller, Anzalone, Lane, Cermak, & Osten, 2007). Par ailleurs, une
bonne discrimination sensorielle est à la base d’une bonne représentation du schéma corporel
(Miller, Anzalone, Lane, Cermak, & Osten, 2007).
Les troubles moteurs d’origine sensorielle
Finalement, Miller propose une troisième catégorie de troubles, les troubles moteurs
d’origine sensorielle, soit le trouble postural et la dyspraxie. Ces troubles sont caractérisés par
un pauvre contrôle volontaire des mouvements (Miller, Anzalone, Lane, Cermak, & Osten, 2007)
ainsi que par des problèmes de stabilité posturale et de planification de séquences motrices en
réponse à une demande sensorielle. Tel que mentionné, des problèmes au niveau de la
discrimination sensorielle contribuent à ces troubles moteurs (Anzalone & Lane, 2011).
Le contrôle postural nécessite la contribution principalement des systèmes vestibulaire,
visuel et proprioceptif afin de procurer une base stable pour coordonner les mouvements de la
tête, du corps et des membres (Anzalone & Lane, 2011). Le trouble postural est défini comme
étant la difficulté à maintenir un contrôle suffisant de son corps au repos ou lors de
l’accomplissement d’une tâche motrice (Miller, Anzalone, Lane, Cermak, & Osten, 2007). Il est
caractérisé par des problèmes de tonus musculaire (hyper- ou hypotonie) et de contractions
musculaires contre résistance (Miller, Anzalone, Lane, Cermak, & Osten, 2007). Les enfants ayant
des problèmes au niveau postural peuvent avoir des difficultés dans les tâches de motricité fine,
qui nécessitent la stabilisation du tronc, sur une chaise par exemple (Anzalone & Lane, 2011).
Une praxie correspond à la capacité de conceptualiser (Ideation), de planifier (Motor
planning) et d’exécuter (Execution) une nouvelle tâche motrice(Anzalone & Lane, 2011). La
dyspraxie s’exprime donc par une difficulté à planifier, séquencer et exécuter de nouvelles actions
motrices (Miller, Anzalone, Lane, Cermak, & Osten, 2007). Les enfants dyspraxiques ne
bénéficient pas d’une quantité suffisante de rétroaction sur le plan sensoriel pour ajuster
l’exécution de gestes et ces derniers sont donc de moindre qualité. Ils doivent donc porter
beaucoup d’attention pour faire de simples tâches.
P rofil sensoriel : utilité cliniq ue
Objectif
Evaluer l’impact et la spécificité du traitement de l’information sensorielle d’un enfant sur
Fses performances en vie quotidienne, pour comprendre ses réactions à des expériences qui sont
Fhabituellement bien tolérées par ses pairs et pour guider la famille et tous les intervenants dans le
Fchoix des activités ou la mise en place d’un programme d’intervention adapté aux besoins
Fspécifiques de l’enfant.
Spécificité de l’approche :
- Fournir des informations en vue d'une prise de décision - Accorder aux parents un rôle important
pour favoriser un travail d'équipe avec les professionnels
-Rapidité et facilité dans l’administration, la cotation et l'interprétation
-- S'applique aux enfants présentant des déficience de tous types et de tous niveaux
Âge d’application
3 ans-10 ans 11 mois
E talonnage
56 1 enfants tout venant
Échantillon d’enfants souffrant de troubles spécifiques (TDAH et TED)
Q ualification de l’utilisateur
Ergothérapeutes, psychomotriciens, psychologues, orthophonistes et médecin
Description du materiel
Un manuel
•Q uestionnaire de 125 items
•Profil sensoriel – Forme abrégée, sélection de 38 items issus de la forme longue
•Feuille de synthèse des résultats, 14 sections, 9 facteurs, comparaison des performances par
Frapport à l’échantillon de référence
Q uestionnaire : environ 30mn
•Cotation + synthèse des résultats : 20-30mn
•Q uestionnaire forme abrégée : environ 10mn
•Cotation + synthèse des résultats : 10mn
Utilisation
3 administrations possibles :
•Le questionnaire peut-être adressé par courrier au parent ou à la personne q ui s’occupe
4habituellement de l’enfant, accompagné d’un courrier explicatif contenant les coordonnées de la
Fpersonnes lui ayant adressé
•Le questionnaire peut-être rempli par le parent ou par la personne qui s’occupe habituellement de
Fl’enfant, sur un lieu de consultation, avant de rencontrer le professionnel
•Le questionnaire peut-être rempli par le parent ou par la personne qui s’occupe habituellement de
Fl’enfant, sur un lieu de consultation, avec l’aide du professionnel .
Descriptions du q uestionnaire
Trois dimensions évaluées :
1. Traitement de l’information sensorielle
2. Modulation
3. Réponses comportementales et émotionnelles
1 / Traitement de l’information sensorielle
Cette partie comporte six catégories d’items reflétant des types particuliers de traitement sensoriel
de la vie quotidienne :
•Information auditive
•Information visuelle
•Information liée à l'équilibre
•Information tactile
•Information multisensorielle
•Information orale
2/ Modulation
Cette partie comporte cinq catégories d’items reflétant des combinaisons variées de modulation
Fd’enregistrement d’entrées utilisées dans la vie quotidienne :
•Traitement de l’information sensorielle liée à l’endurance / au tonus
•Modulation liée à la position du corps et au mouvement
•Modulation du mouvement affectant le niveau d’activité
•Modulation de l’enregistrement de l’entrée sensorielle affectant les réponses émotionnelles
•Modulation de l’enregistrement de l’entrée visuelle affectant les réponses émotionnelles et le
Fniveau d’activité
3/ Réponses comportementales et émotionnelles
Cette partie comporte trois catégories d’items reflétant les réponses comportementales et
Fémotionnelles pouvant être un indicateur des capacités de traitement de l’information sensorielle
Fpar l’enfant :
•Réponses émotionnelles/ sociales
•Comportement résultant du traitement de l’information sensorielle par l’enfant
•Items indiquant les seuils de réponse
E xpression des résultats F euille de synthèse
Le manuel fournit les notes brutes moyennes et les écarts-types par section et par âge, pour une
Fpopulation de 3 ans à 10 ans 11 mois
Les performances de l’enfant consultant sont comparées à celles des enfants tout-venant :
–Performance typique
–Différence probable
–Différence avérée
P our obtenir un score à une section, l’ensemble des items doit avoir été renseigné.
La feuille de synthèse reprend les 14 sections
(6 traitement de l’information sensorielle, 5 modulation et 3 réponses comportementales et
Fémotionnelles). Elle propose également 9 facteurs, constitués chacun d’une sélection d’items
P lusieurs approches dans l'interprétation des résultats :
1. Par le système de classification
2. A partir du modèle théorique de traitement de l’information sensorielle
3. A partir des patterns de seuils
4 . En regard des résultats obtenus par les groupes cliniques
Pour chacune des 4 catégories du modèle, le manuel reprend :
•les Facteurs associés
•les Sections associées
•les indicateurs comportementaux
•les approches d’intervention
Exemple :
FRecherche de sensations / Seuils neurologiques élevés et tendance à contre les seuils .
L’enfant qui entre dans cette catégorie est actif et continuellement en prise avec son
Fenvironnement. Ce type d’enfant ajoute de la stimulation sensorielle à chaque expérience de sa
Fvie quotidienne. Il fait du bruit en travaillant, gigote, frotte ou déplace des objets sur sa peau,
Fmâchonne des objets et entoure de ses membres les meubles ou les personnes de façon à
Faugmenter la stimulation dans l’exécution des tâches. Il peut paraître surexcité ou semble prendre
Fdes risques quand il joue. On peut avancer que l’enfant en recherche de sensations a une
Factivation neuronale inappropriée (comme celui qui présente une hyposensibilité), mais qu’il est
Fconduit à atteindre son seuil et donc à créer des occasions qui lui permettent d’augmenter le
Fniveau de stimulation de façon à atteindre son seuil élevé.
I ndicateurs comportementaux :
Au niveau comportemental, l’enfant est actif, continuellement dans l’action, agité et excitable.
Approche d’intervention :
La planification d’intervention auprés de ce type d’enfant commencera par une observation
approfondie : cet enfant se crée lui-même des sensations et son comportement informe le
professionnel du type de stimulation sensorielle dont il a besoin. Ses problèmes de performance
étant liés à l'interférence entre ses comportements de recherche sensorielle et la tâche en cours,
la stratégie la plus efficace consiste à intégrer aux routines quotidiennes la stimulation sensorielle
dont il a besoin.
Q uand les parents arrivent à inclure cette stimulation sensorielle à ses activités
Fquotidiennes (par exemple, pendant le repas, dans l’hygiène personnelle, pendant qu’il s’habille ou
Fqu’il fait ses devoirs) l’enfant n’a plus besoin de s’interrompre dans sa tâche pour se recharger en
Finformations sensorielles afi n de rester en éveil.
On veillera à ne pas commettre l’erreur d’observer ce que l’enfant aime en matière de
stimulation sensorielle, puis d’utiliser ces données comme renforcement. Par exemple, ne pas dire
Fà l’enfant que s’il a bien travaillé, il pourra faire tout ce dont il a envie. Ce modèle théorique de
Ftraitement de l’information sensorielle suggère que l’enfant montre ce dont il a besoin et que le
Fprofessionnel (ou le parent) doit d’abord assouvir ce besoin pour permettre sa performance, plutôt
Fque de rendre l’assouvissement du besoin dépendant de sa performance .
L’enfant qui se balance et s’agite sur sa chaise a besoin de stimulation vestibulaire ; on ne
l’obligera pas à rester tranquille en faisant ses devoirs pour lui donner ensuite droit à une pause. Il
a besoin de mouvement pour être en état d'étudier. Un moyen de fournir une stimulation
vestibulaire à cet enfant consiste à l’envoyer, plusieurs fois pendant la journée, faire un petit tour.
Si l’on peut considérer cela comme une intervention comportementale, il s’agit également d’une
intervention sensorielle lorsqu’on considère le stimulus de mouvement corporel présent dans ces
allées et venues. On peut aussi utiliser un fauteuil à bascule, un siège pivotant ou un coussin très
moelleux qui le stimuleront par le mouvement pendant qu’il fait ses devoirs. Le choix du materiel et
de l’installation dépendra de la salle de classe, des besoins de l’enseignant et des préférences de
l’enfant.
L’objectif à atteindre est d'intégrer des stimuli sensoriels supplémentaires dans les routines de
l’enfant afin que ses seuils puissent être atteints dans le cours de sa vie quotidienne.
I nterprétation des résultats G roupe cliniq ue TDA/H E tude réalisée par B ennett et Dunn
4(2 0 0 2 ) : F
Eléments significatifs :
- Facteur 1 (Recherche de sensations)
- Facteur 2 (Réactivité émotionnelle)
- Facteur 5 (Inattention / Distractibilité)
Les items les plus fréquemment associés au TDA/H impliquent principalement des comportements
du traitement de l’information visuelle et tactile
Une annexe du manuel apporte un support de travail
Aménager l’environnement
Vignette clinique
Maxence, 7 ans 4 mois
Plainte des parents : « il déborde d'énergie, c’est difficile de le canaliser, la maitresse ne le
supporte plus... Il ne peut pas rester assis sur une chaise »
Plainte de l’enseignant : « il est trés difficile à cadrer, il ne respecte pas les consignes, il parle
sans lever la main et interrompt ses camarades. A la récréation, il grimpe partout et risque de se
blesser ».
Examens psychologiques et neurospychologiques :
Difficultés attentionnelles et Difficultés exécutives (notamment au niveau de l’inhibition de
l'impulsivité)
Prise en charge : Remédiation cognitive avec les Ateliers Cognibulle + aménagement de
l’environnement
Maxence : aménagements grâce aux données issues du profil sensoriel
Maxence est trop actif et est continuellement en prise avec son environnement en partie
Fcar il ajoute de la stimulation sensorielle (surtout auditive et motrice) à chaque expérience de sa
Fvie quotidienne. Il fait du bruit en travaillant, gigote, entoure de ses membres les meubles de façon
Fà augmenter la stimulation dans l’exécution des tâches. Il peut ainsi paraître surexcité ou semble
Fprendre des risques quand il joue. La stratégie la plus efficace consiste à intégrer aux routines
Fquotidiennes la stimulation sensorielle dont il a besoin. On ne l’obligera pas à rester tranquille en
Ffaisant ses devoirs pour lui donner ensuite droit à une pause. Il a besoin de mouvement pour être
Fen état d’étudier. On peut proposer à l’enseignant de le solliciter en priorité lorqu’il faut aller
Fchercher qqch. A la maison, un fauteuil a bascule, un siège pivotant ou un coussin très moelleux
Fpeut être installé pour le stimuler pendant les devoirs. Enfin, un fond musical l’aidera à être plus
Fproductif.