UNIVERSITE CONSTANTINE 3 .
FACULTE DE MEDECINE
DEPARTEMENT DE MEDECINE
Année universitaire 2021-2022
-PHYSIOLOGIE DU NEURONE-
Présenté par Dr A.CHIKHI
I/INTRODUCTION :
Les neurones possèdent deux propriétés fondamentalement liées : l’excitabilité et la
conduction qui leur permettent de recevoir, de propager et de transmettre des
informations sous forme d’influx nerveux.
II/LES TRANSPORTS AXONAUX : se font grâce aux éléments du cytosquelette, on
décrit plusieurs types :
-Transport antérograde rapide (100-400mm/j): renouvellement des protéines
membranaires de l’axone, transport des enzymes de synthèse des
neurotransmetteurs et de leurs et précurseurs.
-Transport antérograde lent (0.1-2mm/j):Renouvellement du cytosquelette,
apporte l’axoplasme des axones en croissance.
-Transport des mitochondries:
Renouvellement des mitochondries de l’axone et des terminaisons.10-40mm/j
-Transport axonal rétrograde: rôle d’élimination des déchets.150-200mm/j
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III/LE POTENTIEL DE REPOS (PR) :
A/Mise en évidence :
Caractéristique de toutes les cellules vivantes, sa valeur est variable d’une cellule à
l’autre. Les propriétés électriques qui découlent de cette ddp sont à l’origine du
fonctionnement des neurones.
B/Origine :
1-Phénomènes passifs :
a-Différences des concentrations ioniques :
Au repos, il existe une inégalité de répartition des ions de part et d’autre de la
membrane (tableau). La séparation de charge qui en résulte est à l’origine d’un
mouvement passif d’ions à travers des « canaux de fuite » sélectifs à chaque espèce
ionique. Ces mouvements passifs s’effectuent selon deux gradients :
-Un gradient de concentration (osmotique).
-Un gradient électrique dû à la différence de potentiel (ddp ou Vm) de repos.
ION INTRACELLULAIRE EXTRACELLULAIRE POTENTIEL
mM mM D’EQUILIBRE
K+ 400 20 -75
Na+ 50 404 +55
Cl- 52 560 -60
A- 385 - -
Concentrations ioniques : (exemple de l’axone géant de calmar)
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Le flux net d’un ion au travers d’une membrane est proportionnel à la perméabilité de
la membrane pour cet ion. Ainsi le flux net du sodium est entrant, celui du potassium
est sortant, tandis que le chlore est à l’équilibre.
b-Potentiel d’équilibre : équation de NERNST
Cette équation permet de calculer le potentiel d’équilibre d’un ion (E ion) c'est-à-dire
le potentiel de membrane pour lequel cet ion est en équilibre vis-à-vis des forces
électrochimiques. Ex = R.T/ZF.Ln Xe/Xi
c-Perméabilité membranaire :
En réalité, la membrane est perméable à plusieurs ions et les flux ioniques sont
fonction non seulement des forces électrochimiques (Em-Eion) mais aussi des
perméabilités ou conductances « g » respectives, d’où l’équation de Goldman.
2-Phénomènes actifs :
Pour assurer la stabilité des concentrations ioniques il faut l’intervention d’un
processus actif de transport en sens inverse (contre les gradients
électrochimiques) pompe à Na+-k+.
Cette pompe assure le transport de 2 ions K+ contre 3 ions Na+ :c’est une pompe
électrogène (participe à la différence de potentiel membranaire).
Son activité est continue, plus ou moins importante selon l’activité cellulaire.
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B BE
Le potentiel d'action de la membrane neuronale A propos de la pompe na+/k+ atpase, on peut citer les
A caractéristiques suivantes
Augmente d'amplitude avec l'intensité du stimulus A
Un transport actif secondaire
B
Est une dépolarisation suivie d'une inversion de la polarité B
Participe au potentiel de repos
C
Est une hyperpolarisation suivie d'une dépolarisation C
Intervient uniquement pendant le potentiel de repos
D
Reste localisé au point de stimulation D
S'oppose à l'entrée de k+ dans la fibre
E
Dépend de la concentration sodique intracellulaire (faux.. depend E
du potentiel d’équilibre de na+) S'oppose à la sortie de k+ de la fibre
2017 EMD 1
2018 EMD 2
- Modèle de fonctionnement :
Les variations du potentiel de membrane se manifestent sous deux formes :
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IV/EFFET D’UNE STIMULATION INFRALIMINAIRE : LES POTENTIELS LOCAUX
(ELECTROTONIQUES)
Variations locales du Vm qui permettent la transmission de l’information sur de
courtes distances.
1-Caractéristiques :
-Peuvent être dépolarisants ou hyperpolarisants
-Graduables en amplitude -Variable avec l'intensité de la stimulation
-Sommables
-A propagation décrémentielle
-N’obéissent pas à la loi du tout ou rien et ne possèdent pas de période réfractaire.
AB
2-Modèle électrique équivalent de la membrane : Concernant la cellule nerveuse, les propriétés des
potentiels locaux sont liés a (ou aux)
A
Propriétés résistives de la membrane
B
La capacité membranaire
C
L’activité de la pompe na+/k+ atp ase
D
L'activité des canaux na+
E
Concentrations intracellulaires en k+
2018 EMD 2
Ces phénomènes locaux sont dus aux propriétés physiques passives de la
membrane.
La bicouche lipidique isolante constitue l’équivalent d’un condensateur (Cm) ; les
protéines conductrices opposent une résistance Rm au courant Im traversant la
R membranaire
membrane.
La membrane peut donc être comparée à la juxtaposition de circuits élémentaires
reliés par des résistances longitudinales (RL) du milieu intracellulaire.
On définit deux constantes :
a-Réponse locale : constante de temps. Correspond au temps nécessaire pour que
la ddp atteigne 63% de sa valeur maximale. C’est une fonction des valeurs de Cm et
de Rm.
AC
Au niveau des fibres nerveuses, un axone
de gros diamètre implique
A
Des résistances longitudinales faibles
B
Une constante de temps faible
C
Une constante de temps élevé
D
Des résistances longitudinales élevées
E 5
Une vitesse de conduction faible
2016 EMD 1
b -Réponse propagée : constante d’espace. C’est la distance correspondant à une
baisse de 63% de l’amplitude initiale ; elle est fonction des valeurs de RL
V/EFFET D’UNE STIMULATION SUPRALIMINAIRE : LE POTENTIEL D’ACTION
PROPAGE (PA) :
C’est le mode de communication du système nerveux sur de longues distances.
1-Caracteristiques : on distingue plusieurs phases :
-Dépolarisation rapide et brusque avec inversion du Vm (de -70 à +30) et début
d’une repolarisation rapide, sa durée est de 0,5 à1 m sec et correspond à la période
réfractaire absolue (PRA).
-Repolarisation plus lente : Correspond à la période réfractaire relative (PRR)
-Une post dépolarisation
-Une post hyperpolarisation
Le potentiel d’action
P :prépotentiel D :dépolarisation
R :repolarisation rapide H :hyperpolarisation post-
spike
C
Une stimulation électrique
liminaire de la cellule
serveuse induit
A
Une dépolarisation locale
B
Un potentiel d'action local
AB
Au niveau des axones de gros diamètre
A AC C
. est élevée
La constante d'espace Les canaux k+ voltage dépendants sont Un potentiel d'action
A propage
Ouverts par la dépolarisation
B
Les résistances longitudinales sont faibles B D
Fermés par la dépolarisation Une hyperpolarisation
C locale
C S’inactivent lentement
La vitesse de conduction est faible
D
S’inactivent rapidement
E 6
Une hyperpolarisation
D E propagée
La propagation du potentiel d'action est
L’ouverts au repos
decrementielle 2017 EMD 1 2016 RATT
2-Bases ioniques du potentiel d’action :
-Au moment de la pointe Vm tend vers E Na+, en effet :
-Si on bloque les canaux Na+ Voltage dépendants par la tetrodotoxine (TTX) : la
cellule est inexcitable malgré un PR normal.
-La technique du « voltage clamp » montre qu’au cours de la pointe, pour g K+ =1,
gNa+ =20
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Au total : le potentiel d’action résulte d’une augmentation brutale de g Na+ avec
entrée massive de Na+ et inversion du Vm.
-A la valeur du potentiel seuil, les canaux Na+VD « fermés activables » passent à
l’état « ouvert » d’où dépolarisation et ouverture d’autres canaux Na+ VD (processus
régénératif).
- La période réfractaire est due à l’inactivation des canaux Na+ VD :
-en PRA ils sont tous inactivables
-en PRR ils se désinactivent progressivement
-La repolarisation est due à l’inactivation des canaux Na+ VD et surtout à
l’activation « retardée » des canaux K+VD, d’où sortie de K+ et repolarisation.
-Le retour à l’équilibre de repos est assuré par la pompe à Na+ K+ ATP ase.
ACF
Le potentiel d'action se caractérise par
A
La loi du tout ou rein
B
Decrementiel
C
Génère au niveau de la zone gâchette
D
Se propage à vitesse inconstante
E
Obtenu par stimulation infra liminaire
F
Depend du potential d’équilibre de na+
2013 EMD 2
VI-Conduction nerveuse : deux situations :
1-Fibres non myélinisées :La dépolarisation membranaire induit des « courants
locaux » qui dépolarisent les régions voisines d’où ouverture des canaux Na+VD et
formation d’un potentiel d’action à distance.
2-Fibres myélinisées : Le potentiel d’action formé au premier nœud se déplace vers
le second du fait de la présence de la gaine de myéline (isolante) : c’est la
conduction saltatoire.
La présence de la gaine de myéline offre deux avantages :
-un gain de temps : vitesse de conduction élevée.
-un gain d’énergie : activité réduite de la pompe à Na+/K+ ATP ase.
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Références bibliographiques:
1. Neurosciences. D Purves
2. Neurophysiologie. D Richard et D Orsal
3. Principles of neural science. E Kandel
4. Neurophysiologie. JF Vibert