Travaux Pratiques : Physique des Ondes
Travaux Pratiques : Physique des Ondes
TRAVAUX PRATIQUES
PHYSIQUE des ONDES
Enseignants :
A propos de la couverture
Figure en haut à droite : Les dauphins utilisent les ultrasons pour localiser les
obstacles dans leur environnement.
Figure en bas à gauche : Visualisation des trois premiers modes propres de vi-
bration d’une corde attachée en ses deux extrémités.
3 TP 1 : Ultrasons (US) 11
3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
3.2 Rappels théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
3.2.1 Interférences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
3.2.2 Battements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
3.3 Dispositif expérimental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.4 Manipulations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.4.1 Signaux émis par un émetteur principal . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.4.2 Visualisation d’une onde progressive . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.4.3 Battements et interférences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.4.4 Conservation de l’énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
3.5 Manipulations facultatives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.5.1 Réflexion d’une onde, application à l’échographie . . . . . . . . . . 19
3.5.2 Vitesse du son dans une mousse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
3.6 Pour en savoir plus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
Ces travaux pratiques font partis de l’enseignement de physique des ondes, deux séances
sont au programme. Dans l’ordre :
– TP 1 : Ultrasons (US)
– TP 2 : Corde vibrante (CV)
Les salles de TP sont au 2ème étage du bâtiment 333. Il s’agit des salles 214 (corde
vibrante), et 201 (ultrasons). Les séances du matin ont lieu de 8h30 à 12h30 et celles de
l’après-midi de 13h30 à 17h30.
Les enseignants qui vous encadrent seront, sauf changement :
Jean-Baptiste TOUCHAIS ([email protected])
Lise TAZAIRT ([email protected])
Julien Basset ([email protected])
Le technicien qui gère les salles de travaux pratiques s’appelle Vincent Ezratti
([email protected], 01 69 15 74 24, pièce 210).
Il faut rédiger le CR (c’est-à-dire faire des phrases, mettre en valeur les résultats en les
encadrant, etc.). Votre CR doit être compréhensible par un étudiant de votre année qui
n’aurait pas fait le TP.
Dans ce chapitre, on introduit la notion d’incertitude d’une mesure. Ce chapitre est utile
pour toutes les séances de travaux pratiques puisqu’on vous demande systématiquement
de donner le résultat d’une mesure sous la forme :
grandeur physique = valeur centrale (ou moyenne) ± incertitude [unités]
Sommaire
2.1 Incertitude mesurée et incertitude calculée . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.2 Incertitude absolue et incertitude relative . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.3 Incertitude relative et dérivée logarithmique . . . . . . . . . . . . . . . . 9
d = d¯ ± ∆d mm (2.1)
où on indique les unités (ici on a choisi les millimètres). La valeur d¯ est la distance qu’on
pense être la plus juste : on parle de valeur centrale. Mais comme on a utilisé une règle, il
est illusoire de penser que cette distance est exacte. Par exemple, il est certain qu’elle n’est
pas connue au nanomètre près (10−9 m). Il faut donc estimer l’incertitude ∆d. Sans doute
qu’avec une règle d’écolier, on ne peut mesurer plus précisément qu’au millimètre ou au
demi millimètre près (rien qu’en raison de la graduation de la règle). On va donc choisir
∆d = 1 mm. Avec un pied à coulisse, on pourrait certainement obtenir une incertitude
beaucoup plus petite. L’incertitude de mesure dépend de l’appareil de mesure et de la
manière dont la mesure a été faite.
8 Incertitude d’une mesure
Références : sur le web, les documents en anglais suivant sont utiles (Error propaga-
tion) :
http ://physicslabs.cwru.edu/MECH/Manual/Appendix_V_Error Prop.pdf
http ://www.physics.umd.edu/courses/Phys261/F06/ErrorPropagation.pdf
Chapitre 3
TP 1 : Ultrasons (US)
Sommaire
3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
3.2 Rappels théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
3.2.1 Interférences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
3.2.2 Battements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
3.3 Dispositif expérimental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.4 Manipulations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.4.1 Signaux émis par un émetteur principal . . . . . . . . . . . . . . 15
3.4.2 Visualisation d’une onde progressive . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.4.3 Battements et interférences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.4.4 Conservation de l’énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
3.5 Manipulations facultatives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.5.1 Réflexion d’une onde, application à l’échographie . . . . . . . . 19
3.5.2 Vitesse du son dans une mousse . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
3.6 Pour en savoir plus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
3.1 Introduction
Les ondes acoustiques sont des ondes longitudinales de surpression qui se propagent dans
un fluide (de l’air, par exemple). Les ondes acoustiques audibles (le son) correspondent à
des fréquences comprisent entre 20 Hz et 20 kHz. Pour des fréquences inférieures à 20 Hz,
on parle d’infrason et pour des fréquences supérieures à 20 kHz, on parle d’ultrason. Les
chauve-souris, par exemple, émettent et détectent les ultrasons (phénomène d’écholoca-
tion) ; mais également les dauphins et les souris. Les infrasons sont utilisés par les éléphants
et les vaches. Les ondes acoustiques sont en général non-dispersives, c’est-à-dire que la re-
lation de dispersion entre la pulsation ω et le vecteur d’onde k est de la forme ω = c|k|,
où c est la vitesse de l’onde (elle est indépendante de la pulsation).
12 TP 1 : Ultrasons (US)
Pour émettre des ultrasons, on utilise ici des quartz piézoélectriques. Un cristal pié-
zoélectrique transforme une tension électrique en un déplacement mécanique. Du point
de vue électrique, un piézoélectrique est équivalent à un circuit RLC de grand facteur de
qualité Q ∼ 200 : il y a donc une résonance étroite autour d’une fréquence caractéristique.
Dans ce TP, on se propose d’étudier les phénomènes d’interférences et de battements à
l’aide d’ultrasons. On commence par un bref rappel théorique.
où φ̄ = (φ1 + φ2 )/2 est la phase moyenne, δφ = φ1 − φ2 est la différence de phase entre les
deux ondes et l’amplitude de l’onde résultante est Ar = 2A cos(δφ/2).
3.2 Rappels théoriques 13
Figure 3.1 – Interférences (spatiales) pour des ondes à la surface de l’eau. Deux sources
ponctuelles (à gauche de l’image, repérée par des croix) émettent des ondes circulaires à
la même fréquence. On observe alors des interférences. Identifier les zones d’interférences
constructives, les zones d’interférences destructives, la longueur d’onde, la distance entre
les deux sources, etc.
3.2.1 Interférences
Pour observer des interférences (dans l’espace), les émetteurs doivent envoyer des ondes
d’exactement la même fréquence 1 ω1 = ω2 = ω donc k1 = k2 = k. Alors φ̄ = ωt−k(l1 +l2 )/2
et δφ = k(l2 − l1 ). L’onde résultante est :
ur = 2A cos(k(l2 − l1 )/2) × cos(ωt − k(l1 + l2 )/2) = Ar cos(ωt − k(l1 + l2 )/2)
Comme l’intensité de l’onde est donnée par la moyenne temporelle (sur la période T =
2π/ω) de u2r , on trouve que 2
1
I = hu2r iT = A2r = A2 [1 + cos(k(l2 − l1 ))]
2
et donc
I = 2I0 [1 + cos(δφ)] avec δφ = k(l2 − l1 )
où I0 ≡ hu21 iT = hu22 iT = A2 /2. En déplaçant le détecteur, on modifie la phase relative
δφ = k(l2 − l1 ) et on fait donc varier l’amplitude Ar de l’onde résultante. La distance carac-
téristique sur laquelle il faut déplacer le détecteur pour modifier sensiblement l’amplitude
Ar est donnée par la longueur d’onde λ car δφ = k(l2 − l1 ) = 2π(l2 − l1 )/λ.
Référence : Pour une animation qui permet de comprendre les interférences spatiales
voir http ://www.ngsir.netfirms.com/englishhtm/Interference2.htm
1. On utilisera indiféremment les termes fréquence et pulsation en se souvenant que ω = 2πν si ν
désigne la fréquence et ω la pulsation.
2. On rappelle que la moyenne sur une période d’un cosinus carré ou d’un sinus carré est 1/2 :
1 T 2 1 T 2
R R
T 0 dt cos (2πt/T + constante) = T 0 dt sin (2πt/T + constante) = 1/2.
14 TP 1 : Ultrasons (US)
3.2.2 Battements
Figure 3.2 – Battements entre deux ondes de fréquence ν1 et ν2 . L’onde résultante ur est
représentée en bas et on a indiqué son enveloppe avec des lignes en pointillés.
3.4 Manipulations
3.4.1 Signaux émis par un émetteur principal
A utiliser : 1 émetteur, 1 détecteur, alimentation continue 15 V.
16 TP 1 : Ultrasons (US)
Les émetteurs dont on dispose peuvent émettre soit des signaux sinusoïdaux soit des
salves. Choisir un signal sinusoïdal.
– Visualiser sur l’oscilloscope la forme du signal électrique de l’émetteur et du récepteur.
Les dessiner. Commenter sur les différences et similitudes entre ces 2 signaux.
– Faire varier la fréquence et observer l’amplitude du signal reçu par le détecteur.
Expliquer ce phénomène en lien avec l’origine physique de la génération et détection
des ultrasons.
– Choisir la fréquence qui correspond au maximum d’amplitude. On mesurera la pé-
riode du signal grâce à l’outil curseur de l’oscilloscope et on en déduira la fréquence.
On prendra soin de minimiser l’erreur en mesurant une dizaine de périodes. Présenter
le résultat sous la forme :
ν = . . . ± . . . Hz
λ = ... ± ... m
c = . . . ± . . . m/s
– Comparer cette valeur à la vitesse du son dans l’air à la température de la salle (voir
TD + cours pour la formule). Estimer le pourcentage d’erreur et commenter.
Ce sont des battements entre les deux fréquences. Pour obtenir un signal strictement à
la même fréquence, il est essentiel de dédoubler physiquement le signal initial. L’objectif
de cette expérience est de visualiser les battements de deux sources non strictement à la
même fréquence. 4
– Utiliser deux émetteurs indépendants (donc de fréquences ν1 et ν2 différentes) de
façon à ce que leurs directions principales d’émission convergent sur un détecteur.
On pourra pour se guider, utiliser la transformée de Fourier du signal détecteur
(touche “math menu" puis choisir “FFT CH2", si ce signal est par exemple en voie 2)
donnant accès à ν1 et ν2 . On ajustera les émetteurs de façon à avoir deux pics bien
séparés et d’amplitudes équivalentes. Mesurer alors ν1 et ν2 .
– Revenir en mode oscilloscope classique et observer le signal transmis par le détecteur.
Jouer sur la base de temps de l’oscilloscope et mettre en évidence deux périodes
temporelles : l’une correspondant à une moyenne des signaux émis ν+ = (ν1 + ν2 )/2,
l’autre beaucoup plus grande associée à la différence de fréquence ν− = (ν1 − ν2 )/2
entre les signaux (c’est ce que l’on appelle des battements, voir les rappels théoriques).
– Représenter sur un schéma ce que vous observez sur l’oscilloscope.
– Mesurer la fréquence principale ν+ , la fréquence des battements ν− et vérifier si cela
colle avec les fréquences ν1 et ν2 mesurées avec la FFT.
– Que représente le rapport T− /T+ = ν+ /ν− ?
– Faire varier la fréquence d’un des émetteurs et observer l’effet sur la période des
battements. On remarquera que augmenter la fréquence d’un des émetteurs n’est pas
équivalent à augmenter la différence de fréquence entre émetteurs.
4. Il existe une autre source d’incohérence que vous ne verrez pas dans ce TP : une source d’onde reste
cohérente avec elle-même c’est-à-dire qu’elle a une phase bien déterminée seulement sur un intervalle de
temps plus ou moins long. Pour les ondes ultrasonores, ce laps de temps est très long et dépend de la durée
d’alimentation. Ce n’est pas le cas des ondes lumineuses car les sources lumineuses (mis à part les lasers)
n’émettent que des trains d’onde sans relation de phase entre eux. On parle de temps de cohérence et donc
de longueur de cohérence si on regarde la dépendance spatiale.
18 TP 1 : Ultrasons (US)
Sommaire
4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
4.2 Rappels théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
4.3 Dispositif expérimental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
4.4 Manipulations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
4.4.1 Préliminaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
4.4.2 Mesure de la tension de la corde . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
4.4.3 Modes propres en oscillations libres . . . . . . . . . . . . . . . . 27
4.4.4 Modes propres en oscillations forcées . . . . . . . . . . . . . . . 28
4.5 Annexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
4.5.1 Manipulations facultatives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
4.5.2 Exemple d’estimation de l’incertitude sur la tension . . . . . . . 30
4.5.3 Rappel sur les séries de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
4.6 Quelques notions sur la gamme tempérée . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
4.1 Introduction
Il s’agit ici d’étudier des ondes stationnaires transverses d’une corde vibrante. Une corde
tendue attachée à ses deux extrémités possède des fréquences naturelles de vibration :
elle résonne si on l’excite à ces fréquences particulières. Si la déformation de la corde est
petite, ces fréquences sont des multiples entiers d’une fréquence de résonance (fréquence
fondamentale), on les appelle les harmoniques. Les paramètres qui fixent cette fréquence
de résonance sont la longueur de la corde et la vitesse de propagation des ondes transverses
sur cette corde qui dépend de la tension de la corde et de sa masse linéique. Le déplacement
de la corde entraîne le déplacement de l’air à son voisinage et génère une onde sonore qui
peut être audible. C’est le principe des instruments à corde.
24 TP 2 : Corde vibrante (CV)
∂ 2u ∂Ty
µ0 dx 2
= T(x, t) · ey − T(x + dx, t) · ey ≈ − (x, t)dx (4.1)
∂t ∂x
en négligeant la force de pesanteur. Comme le mouvement de la corde se fait unique-
ment selon y, l’équation fondamentale de la dynamique projetée selon x montre que
Tx ≈ constante = −T0 . De plus, comme la tension est tangente à la corde en chaque
point, on a :
∂u Ty Ty ∂u
= pente de la tangente = ≈− donc Ty ≈ −T0 (4.2)
∂x Tx T0 ∂x
En injectant la relation précédente dans l’équation fondamentale de la dynamique (4.1),
on obtient l’équation d’onde de la corde vibrante :
∂ 2u ∂ 2u
µ0 = T0 (4.3)
∂t2 ∂x2
On reconnait l’équation d’onde de d’Alembert
∂ 2u 2
2∂ u
= c (4.4)
∂t2 ∂x2
ce qui permet d’identifier la vitesse de l’onde (ou célérité) :
s
T0
c= (4.5)
µ0
On rappelle que la relation de dispersion correspondant à cette équation d’onde est f = c/λ
où f est la fréquence et λ la longueur d’onde.
Les ondes stationnaires (ou modes propres) sont les ondes dont le mouvement temporel
est harmonique, i.e. qui vibrent à une fréquence bien définie. Elles ont la forme suivante :
u(x, t) = A sin(kx) cos(ωt + ϕ) où k = 2π/λ et ω = 2πf . Comme la corde est maintenue
aux deux extrémités, on doit avoir u(x = 0, t) = u(x = L, t) = 0 à chaque instant. Ceci
4.3 Dispositif expérimental 25
impose que sin(kL) = 0 et donc que la longueur d’onde ne peut prendre que certaines
valeurs λn = 2L/n où n est un entier strictement positif. On en déduit que les fréquences
des modes propres sont :
c
fn = n × (4.6)
2L
4.4 Manipulations
4.4.1 Préliminaires
Réglage de la tension de la corde
- Fixer la corde aux deux bouts.
- Choisir une masse, et l’accrocher au levier.
- Placer les deux ponts sous la corde de manière à ce que la longueur disponible soit la plus
grande possible.
- Utiliser la vis pour ajuster la position du levier de telle sorte que le bras portant la masse
soit horizontal.
Ecouter la corde vibrer
Pincer la corde (par exemple en son centre). Ecouter le son qu’elle produit. Changer
la tension de la corde, et recommencer. Comment est modifié le son ? Par la suite, ne plus
modifier la tension.
Principe de l’excitation et de la détection
Les dispositifs d’excitation et de détection des vibrations de la corde sont deux bobines.
On génère une tension sinusoïdale à l’aide du GBF, que l’on amplifie avant de l’appliquer
aux bornes de la bobine excitatrice. Quant à la bobine détectrice, la tension à ses bornes
est directement mesurée par l’oscilloscope numérique. La bobine excitatrice crée un champ
magnétique oscillant B(t). Un courant apparaît dans la corde, proportionnel à dB dt
(loi de
Lenz). La force que crée alors le champ magnétique oscillant est donc proportionnelle à
2
B(t). dB
dt
= 12 dB
dt
(force de Laplace proportionnelle au produit du courant par le champ
magnétique). Si B(t) varie comme cos(ωt), alors la force varie comme sin(2ωt) et crée un
déplacement de la corde à la fréquence double de celle de l’excitation. Ce déplacement
induit alors une variation du flux magnétique reçu par la bobine réceptrice et donc un
courant induit à la fréquence double. C’est le signal mesuré à l’oscilloscope. La corde vibre
donc à une fréquence double de celle affichée sur le GBF.
4.4 Manipulations 27
et la comparer à cth .
- Varier la position du point où l’on excite la corde. Interpréter ce que l’on observe.
- Comparer ce que l’on observe quand on pince la corde (guitare) ou quand on la frappe
avec un petit marteau (piano).
- Faire varier la tension de la corde et vérifier que les fréquences des modes propres varient
comme on l’attend. On effectuera en tout la mesure pour 4 tensions différentes et on
28 TP 2 : Corde vibrante (CV)
T0 (N)
Fréquence fondamentale
attendue (Hz)
Fréquence fondamentale
déduite des mesures (Hz)
f1 attendue (Hz)
f1 mesurée (Hz)
- Vérifier que les différents modes ont l’allure attendue (position des noeuds et des ventres)
en déplaçant la détection et /ou l’excitation.
- Vérifier notamment que le signal observé se déphase de π à la traversée d’un noeud. Les
noeuds correspondent-ils toujours à des minima nuls de l’amplitude du signal détecté ? Si
non pourquoi ?
- Changer la longueur de la corde en déplaçant les cavaliers et observer l’influence de la
longueur sur la valeur de la fréquence fondamentale
4.5 Annexes
4.5.1 Manipulations facultatives
Comparer cette expérience avec celle où l’on observe l’unique fréquence de résonance
d’un oscillateur harmonique. Combien y a-t-il de fréquences de résonance (modes propres)
ici ? Interpréter qualitativement ce qui se passe ici.
Dissipation
- Alimenter la bobine excitatrice par un signal sinusoïdal, se placer autour de la fréquence
du mode fondamental.
- Pour une valeur de fréquence donnée, mesurer l’amplitude A du signal sinusoïdal sur la
bobine détectrice.
- Tracer, sur papier millimétré ou sur ordinateur, la courbe de résonance du mode fonda-
mental de la corde.
- En déduire le facteur de qualité du mode fondamental, défini comme :
Q = f1 /∆f (4.7)
avec :
∆f = f1max − f1min
√
f1max et f1min sont les deux fréquences telles que l’amplitude A = Amax / 2 où
Amax = A(f1 ).
– Couper le GBF, pincer la corde en son milieu et mesurer le temps mis par le signal
détecté pour disparaître. En déduire une autre mesure du facteur de qualité du mode
fondamental.
30 TP 2 : Corde vibrante (CV)
– Comparer les deux mesures que vous venez de faire, et réfléchir sur le sens physique
du facteur de qualité.
– Quels sont à votre avis les mécanismes possibles de dissipation dans cette expérience ?
– Enfin, vérifier que le nombre de modes que l’on peut détecter correspond à peu près
à la valeur du facteur de qualité.
∆ T ∆ L1 ∆ L2
d’où T
≈ L1
+ L2
∆ T
soit T
≈ 0.026 + 0.009 ≈ 0.035
d’une série de fonctions trigonométriques (sinus ou cosinus) appelée série de Fourier. Son
développement est :
n
X
v(t) = a0 + an cos(nωt) + bn sin(nωt)
i=1
Z T
1
a0 = v(t)dt,
T 0
Z T Z T
2 2
an = v(t)cos(nωt)dt , bn = v(t)sin(nωt)dt.
T 0 T 0
Il est intéressant de représenter la fonction v(t) en portant le long d’un axe gradué en
ω (ou f ) les raies traduisant les modules des amplitudes du signal à chaque pulsation (ou
fréquence) : c’est le spectre de raies en amplitude (voir figure ci-dessous). La représentation
des carrés des amplitudes en fonction de la pulsation permet d’obtenir le spectre en puis-
sance que l’on observe aisément sur un oscilloscope electronique réalisant une transformée
de Fourier rapide (mode FFT).
32 TP 2 : Corde vibrante (CV)
Figure 4.2 – Fonction périodique dans le temps et son spectre de Fourier en amplitude
associé.
Pourquoi 12 demi-tons dans une octave ? En fait on aimerait bien pouvoir disposer non
seulement de la fréquence double mais aussi de la fréquence triple. Soit une fréquence f
donnée, on aimerait bien disposer de deux entiers n et m et d’un coefficient α tels que : αn ×
f = 2f et αm × f = 3f . Ce rapport correspond au rapport entre les fréquences associées à
deux notes consécutives, n (respectivement m) correspond au nombre de notes qui séparent
une fréquence de sa fréquence double (respectivement triple). En prenant le logarithme des
log 3
deux expressions ci-dessus, on arrive à : m n
= log 2
. Ce qui est manifestement impossible
puisque la première fraction est rationnelle alors que la deuxième est irrationnelle. Il s’agit
alors de trouver un rationnel proche. Le choix de la gamme tempérée est log 3
log 2
≈ 1.58 ≈ 19
12
,
i.e. n = 12 et m = 19. En prenant α = 21/12 ≈ 31/19 ≈ 1.06, on a bien la fréquence double
4.6 Quelques notions sur la gamme tempérée 33