pense pas bête
Fiche d@accompagnement pédagogique
du no 696 d@
atelier
4
C@est quoi avoir de la chance ?
No
Les enjeux d’un atelier de réflexion sur la chance
Ce travail peut permettre à chaque élève :
l d’exprimer une représentation spontanée, « magique », de la chance :
tout se ferait « par hasard » ;
l d’identifier des situations dans lesquelles ce hasard semble se manifester ;
l de problématiser la notion de hasard pour en questionner la pertinence ;
l de mettre en relation, au moins partiellement, la causalité (C2), la relation
moyen/fin ;
l de sensibiliser aux notions de relativité, de « chance » vue comme « probabilité »
(fin du cycle 3) ;
l d’appréhender le rapport entre hasard et choix (c’est essentiel à l’école,
et dans le cadre d’une sensibilisation à l’idée de « résilience »).
Se préparer : les questions à se poser
Réfléchir à ce que vous pensez vous-même du sujet.
l Trouver des exemples dans votre vie personnelle :
– Y a-t-il un moment de ma vie où je considère que j’ai eu de la « chance » ?
– Que s’est-il passé ? Qu’est-ce qui était de l’ordre du « hasard »,
qu’est-ce qui n’en relevait pas ?
l Faire le lien avec des situations de classe, connues des élèves :
– Y a-t-il une situation dans laquelle les élèves ont exprimé l’idée qu’ils avaient
de la chance, de la malchance, ou bien n’étaient pas d’accord
sur ce point ? Laquelle ? Qu’en avons-nous dit ? Aurais-je pu remettre
en question cette idée ?
– Y a-t-il des faits, connus des élèves, qui permettraient de requestionner
cette situation ?
– Utilisons-nous parfois en classe des modalités d’apprentissage liées
au hasard (pour choisir, jouer…) ?
– Avons-nous lu des livres dans lesquels l’idée de chance était présente ?
Comment procéder en classe ?
Quelle(s) organisation(s) privilégier ? Consultez notre fiche générale à télécharger
sur le site : www.bayardeducation.com
Avoir de la chance : s’en donner les moyens (cartes 1 et 2)
l Les principales notions abordées
À 6 ou 7 ans, les élèves sont en train de remettre en cause, au moins en partie,
une compréhension magique du monde. Pourtant, nombre d’éléments dans
leur vie peuvent leur sembler n’être que le produit de hasards incompréhensibles.
Il leur est parfois difficile d’apprécier leur rapport au monde, en termes
d’adaptation, de réaction, d’anticipation, globalement d’interactions.
Or, chacun se construit par sa relation au monde, de façon différente selon
les individus, en fonction de ses réussites passées, de sa confiance en soi,
des compétences qu’il a développées et qu’il sait exploiter avec plus ou moins
de pertinence.
Cette part que chacun a dans sa propre réussite ne signifie pas, lorsqu’il échoue,
qu’il est entièrement responsable de cet échec. Mais, s’il réussit, que ce résultat
a été, au contraire, en partie favorisé par les moyens qu’il a mis en place pour
y parvenir. Une personne s’activera avec d’autant plus de pertinence qu’elle sera
consciente de cela. L’implication de chacun, sans que la réussite soit pourtant
garantie, est évidemment essentielle à développer dans le cadre scolaire,
où elle est l’un des ressorts fondamentaux de la motivation. Plus largement,
elle sera aussi facteur d’autonomie.
l Carte 1
Le personnage principal est ici présenté, un énorme trèfle à quatre feuilles
à la main. Au-delà de la symbolique (sur laquelle on peut s’interroger : pourquoi
y a-t-il là, selon de nombreuses personnes, le signe qu’on a de la chance ?
La rareté ?), cette carte sera l’occasion de commencer à identifier les qualités
ou les compétences qui ont pu « aider » le personnage à trouver le trèfle,
et qui le différencient du second personnage (être observateur, être rapide…).
Questions sur la carte 1 pour…
Décrire. Que voit-on sur cette image ? Que fait le personnage principal ?
Que tient-il dans la main ? Quelle est son expression ? Qu’a-t-il de différent
par rapport au second personnage ?
Donner un avis. Y a-t-il une question sur la carte avec laquelle tu n’es pas d’accord
du tout ? Y en a-t-il une avec laquelle tu es d’accord ? As-tu une autre idée ?
À ton avis, pourquoi le fait de tenir ce trèfle rend-il le personnage heureux ?
Pourquoi dit-on que trouver un trèfle à quatre feuilles est un signe de chance ?
Qu’a-t-il dû se produire pour que le personnage trouve ce trèfle ?
Faire des liens. As-tu déjà entendu dire que trouver un trèfle à quatre feuilles
était signe de chance ? Connais-tu d’autres symboles que l’on associe au fait
d’avoir de la chance ? Pourquoi le fait-on ?
l Carte 2
Cette carte, plus descriptive, permet de mettre en évidence, par simple
observation, le décalage des réactions de deux personnages, mis dans la même
situation. On voit bien que l’on se trouve, pour la chance, dans le domaine
de l’appréciation individuelle.
Questions sur la carte 2 pour…
Décrire. Où la scène se passe-t-elle ? Comment sont les deux personnages ?
Que fait chacun d’eux ?
Donner un avis. Y a-t-il une question sur la carte avec laquelle tu n’es pas d’accord
du tout ? Y en a-t-il une avec laquelle tu es d’accord ? As-tu une autre idée ?
À ton avis, pourquoi ont-ils des expressions différentes ? Pourquoi ne pensent-ils
pas la même chose ? Est-ce normal ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui les rend différents
l’un de l’autre ?
Faire des liens. Est-il déjà arrivé que les autres trouvent que tu as de la chance ?
Était-ce seulement de la chance ? Avais-tu fait quelque chose qui n’était pas
de la chance ?
l Questions générales pour problématiser le rapport entre la chance
(comme « réussite ») et les attitudes individuelles
– Peux-tu donner un exemple d’événement où tu considères que tu as eu
de la chance ? Que s’est-il passé ? N’était-ce vraiment que de la chance ?
– Y a-t-il des façons de se comporter qui facilitent ce que, souvent, on appelle
« la chance » ? Lesquelles (on peut les identifier par des exemples
puis par des verbes).
– Peux-tu donner l’exemple d’un événement où tu n’as vraiment pas eu
de chance ? (À étudier dans la classe : vrai ou pas ?)
Avoir de la chance : une question de jugement (cartes 3 et 4)
l Les principales notions abordées
Il peut sembler que l’identification d’une situation comme « chanceuse » peut être
purement objective. Pourtant, une même situation peut être « lue », interprétée
de différentes façons. Et son appréciation peut évoluer avec le temps. On se dit
parfois : « Heureusement que j’ai fait cela à cette époque, car maintenant… »
Ce changement d’appréciation est dû, pour une part, au fait que les circonstances
changent, et pour une autre part, non négligeable, à l’évolution de notre système
de valeurs lui-même : notre point de vue de référence qui n’est plus le même.
Notre jugement est également influencé par la culture dans laquelle on se situe.
L’appréciation portée sur une situation, en termes de chance ou de malchance,
est donc pour une part importante liée à des systèmes de valeurs, parfois relatifs,
parfois plus larges, voire universels.
l Carte 3
Cette carte donne l’occasion de tenter d’identifier les systèmes de valeurs sous-
jacents aux appréciations portées par les personnages. Ces appréciations sont
renforcées par leurs expressions, mais il faudra surtout se focaliser sur leurs propos.
Questions sur la carte 3 pour…
Décrire. Quelles sont les personnes dessinées ? Où se déroule la scène ?
À quoi le vois-tu ? Les personnages ont-ils tous la même expression ?
Donner un avis. Y a-t-il une question sur la carte avec laquelle tu n’es pas d’accord
du tout ? Y en a-t-il une avec laquelle tu es d’accord ? As-tu une autre idée ?
À ton avis, que s’est-il passé avant ? Qui sont les différents personnages ?
Comment le vois-tu ? Sont-ils tous d’accord ? Pourquoi ne le sont-ils pas ?
Faire des liens. As-tu déjà été dans le même genre de situation que
le personnage assis ? Pensais-tu que tu avais de la chance ou pas ? Y avait-il
des personnes qui pensaient comme toi ? Y en avait-il d’autres qui pensaient
différemment ? Que pensaient-elles ? Pourquoi ?
l Carte 4
Dans la situation décrite, le jugement porté par le personnage principal fait
directement référence à une valeur : la justice. Il trouvera un écho chez des élèves
qui ont des frères et sœurs plus jeunes : certains estiment, dans certaines
situations, être traités injustement et pensent donc, « objectivement », ne pas
avoir de chance. Évoquer cette « malchance » sera l’occasion de citer de nombreux
exemples et de s’interroger sur les origines de ce jugement et sa pertinence.
On pourra aussi problématiser la carte du point de vue du personnage le plus
jeune : peut-être aimerait-il marcher « comme un grand » et trouve-t-il, lui,
qu’il n’a pas de chance d’être porté ?
Questions sur la carte 4 pour…
Décrire. Que se passe-t-il sur cette image ? Que font les personnages ? Où l’action
se passe-t-elle ? À quoi le vois-tu ?
Donner un avis. Y a-t-il une question sur la carte avec laquelle tu n’es pas d’accord
du tout ? Y en a-t-il une avec laquelle tu es d’accord ? As-tu une autre idée ?
Pourquoi, à ton avis, le personnage de gauche trouve-t-il que ce n’est pas juste ?
Penses-tu qu’il a raison ? Qu’est-ce qui est de la chance ? Penses-tu que celui
qui est sur le dos de l’adulte a forcément de la chance ? Qu’est-ce qui pourrait faire
qu’il ne trouve pas cela bien ?
Faire des liens. T’est-il déjà arrivé, à l’école ou à la maison, de te trouver dans
une situation où tu pensais que tu n’avais pas de chance ? Et dans une situation
où tu pensais que tu avais eu de la chance ? Raconte. Tout le monde pensait-il
comme toi ? Si ce n’est pas le cas, pourquoi ?
l Questions générales pour travailler le rapport entre « chance » et jugements
de valeurs
– Connais-tu une situation où tout le monde dirait que l’on n’a pas de chance ?
(À problématiser : certains pourraient-ils penser que c’est de la chance ?
Par exemple, citer un plat peu apprécié par certains, que d’autres, qui ont
faim, mangeraient avec plaisir.)
– Connais-tu une situation où tout le monde dirait que l’on a de la chance ?
(Examiner en particulier ce qui fait consensus, mais relève de valeurs
culturelles, par exemple « avoir beaucoup d’argent ».)
– Quelle est, d’après toi, la plus grande chance que l’on puisse avoir ?
Qu’est-ce qui est important, pour toi (constater la diversité des options
et des valeurs sous-jacentes) ? Quand dit-on que l’on a « de la chance » ?
La chance : un hasard incompréhensible et irrémédiable ? (cartes 5 et 6)
l Les principales notions abordées
Il s’agit ici d’aborder l’idée que ce qui ne relève pas directement de la volonté
particulière et nous dépasse n’est pas toujours, pour autant, incompréhensible.
Ce « hasard » n’est pas nécessairement irrémédiable, il peut même devenir une
source pour la volonté. Une fois compris, cela peut aider à agir individuellement
(on retrouve ce qui est exprimé dans les cartes 1 et 2, placé non plus du point
de vue des compétences, mais du point de vue de la volonté). Le hasard produit
des situations qui ne sont pas toujours prévisibles, mais que l’on peut tenter
de comprendre, pour agir en conséquence.
l Carte 5
La carte est complexe, car elle peut être lue du point de vue des deux personnages.
L’individu qui subit la situation indiquée sur l’affiche n’est pour rien dans le fait
d’être né dans un endroit où existe la famine. Celui qui regarde l’affiche peut
s’interroger : ne peut-on rien au fait que quelqu’un a faim ? Est-ce seulement
de la malchance ?
Questions sur la carte 5 pour…
Décrire. Que se passe-t-il sur cette image ? Qui sont les personnages présents ?
Que font-ils ? Sont-ils tous les deux dans la même situation ? À quoi le vois-tu ?
Est-ce que la situation de l’enfant sur l’affiche existe vraiment ?
Donner un avis. Y a-t-il une question sur la carte avec laquelle tu n’es pas d’accord
du tout ? Y en a-t-il une avec laquelle tu es d’accord ? As-tu une autre idée ?
Dans la situation de quel personnage préférerais-tu être ? Pourquoi ?
Pourquoi, à ton avis, le personnage qui marche trouve-t-il que celui de l’affiche
n’a pas de chance ? Penses-tu que c’est seulement un manque de chance ?
À ton avis, comment se fait-il que le personnage sur l’affiche ait faim ? Que peut-il
bien se passer dans son pays ? Est-ce un manque de chance auquel on ne peut
rien, ou bien pourrait-on faire quelque chose pour que cela n’arrive pas ?
À quelle(s) solution(s) penses-tu ?
Faire des liens. T’est-il déjà arrivé de voir une personne dans la rue, ou à la
télévision, dont tu as pensé qu’elle n’avait pas de chance ? Dans quelle situation
était-elle ? Dans notre pays, as-tu l’impression que l’on essaye de faire certaines
choses pour aider les personnes qui sont dans ce cas, ou bien dit-on juste qu’elles
n’ont pas de chance ? As-tu entendu des personnes qui pensent que l’on peut
essayer de résoudre ce genre de problème ? De qui s’agit-il ? Que font-elles ?
l Carte 6
Elle présente une situation familière aux élèves, celle d’un jeu de hasard.
La remarque du personnage de droite pourra être questionnée : il n’a
« pas de chance », mais ce qui lui arrive n’est pas totalement imprévisible
(il a une chance sur deux de gagner et c’est ce qui fait le jeu, pour une part).
D’ailleurs, il a vraiment une « chance » de gagner, sinon il ne jouerait pas…
Il n’y a donc pas « que » du hasard.
Questions sur la carte 6 pour…
Décrire. Que se passe-t-il sur cette image ? Que font les personnages ?
Connais-tu les règles du jeu de « pile ou face » ? Les personnages sont-ils
dans la même situation ? À quoi le vois-tu ?
Donner un avis. Y a-t-il une question sur la carte avec laquelle tu n’es pas d’accord
du tout ? Y en a-t-il une avec laquelle tu es d’accord ? As-tu une autre idée ?
À ton avis, pourquoi celui de gauche est-il content, et l’autre triste ? Pourquoi celui
qui a perdu a-t-il joué, puisque finalement il a perdu ? Pouvait-il savoir qu’il allait
perdre ? Pouvait-il savoir qu’il risquait de perdre ? Dans ce jeu, est-il possible
qu’aucun ne gagne, ou ne perde (si la pièce arrivait sur la tranche) ?
Faire des liens. Aimes-tu jouer, toi aussi ? À quels jeux ? Est-ce que tous les jeux
sont pareils, du point de vue de la chance ? Quels sont ceux que tu connais
où il n’y a « que » de la chance, du hasard ? En connais-tu où il n’y a pas du tout
de chance, ou presque pas ? En connais-tu où il y a à la fois de la chance et autre
chose ? Y joues-tu parfois ? Comment fais-tu pour essayer de gagner ? Connais-tu
une situation qui ressemble un peu à ce jeu de hasard ? Laquelle (examiner
la pertinence de cette affirmation) ?
l Questions générales pour travailler la notion de chance comme hasard
incompréhensible et irrémédiable
– Penses-tu qu’on doit aider des gens, même si l’on n’est pas responsable
de ce qui leur arrive ? Faut-il toujours aider quelqu’un qui réclame de l’aide ?
Quand ne faudrait-il pas ?
– T’est-il déjà arrivé de ne pas comprendre certaines choses, et de croire
que c’était « juste » de la chance, du hasard ? Quand tu les as comprises,
qu’est-ce que cela a changé ?
– Est-ce qu’on fait quelque chose de la même façon quand on ne comprend
pas du tout et quand on comprend ?
– Quand des choses se produisent au hasard, est-ce que cela veut toujours dire
que l’on ne peut rien y faire :
- avant ? (Par exemple, construire des habitations spéciales dans des pays
à risques divers.)
- pendant ? (Réagir, se protéger, etc.)
- après ? (Refaire, mais aussi prévoir : voir « avant… ».)
Conclure et réinvestir
Sur la feuille du classeur
– Collectivement : trouver une situation où les élèves ne sont pas tous
d’accord sur le fait qu’il s’agit d’une chance ou pas. Puis, sur la feuille, faire
un tableau en deux colonnes. Écrire en colonne 1 pourquoi c’est une chance,
en colonne 2, pourquoi ça n’en est pas.
– Individuellement (la feuille circulera tout au long de la journée, ou bien
l’enseignant fera une retranscription à partir de brouillons individuels) :
« Raconter une situation dans laquelle j’ai bien utilisé les événements
qui m’arrivaient. » Trois colonnes : prénom, situation, ce que j’ai fait…
Par le dessin
Dessiner une situation où quelqu’un a une chance due complètement au hasard,
puis une autre où il y a à la fois du hasard et une façon de faire.
Par le texte (à développer plus ou moins selon les cycles)
Décrire une situation due à la malchance, et proposer une façon de s’en occuper :
soit avant, soit pendant, soit après… (on peut imaginer une situation identique
pour tous les élèves ou les laisser choisir).
Par les mathématiques
Pratiquer des activités de jeu, plus ou moins de hasard. Faire décrire
les stratégies de gain (notamment la prise en compte du hasard).
Au cours d’un travail disciplinaire
Permettre aux élèves d’identifier la façon dont ils s’y prennent pour réussir
un exercice, une recherche, identifier en quoi ce n’est pas du hasard, de la chance.
Par la lecture :
l Œuvres au programme du cycle 3 :
Rêves amers, de Maryse Condé, éd. Bayard Jeunesse, coll. Je bouquine, 5,80 €.
Aujourd’hui en France, les enfants se rendent-ils toujours compte, au-delà des difficultés et des malheurs
de chacun, qu’ils ont la chance de vivre dans un pays où leurs droits sont reconnus, où ils peuvent aller
gratuitement à l’école, où ils peuvent se faire soigner, où ils ne sont pas obligés de travailler ?
Ce petit roman sur la misère, l’immigration et le travail des enfants permettra aussi de les faire réfléchir
sur la condition de leurs camarades (sans-papiers, exploités, miséreux).
Note : cet ouvrage avait déjà été conseillé pour l’atelier n° 1 sur le thème de l’école. Il nous semble
intéressant d’utiliser le même album dans différents ateliers philo, afin de montrer aux enfants qu’un texte
littéraire ne peut pas se réduire à une seule problématique.
Le génie du pousse-pousse, de Jean-Côme Noguès, éd. Milan, 12,50 €.
Chen est un jeune garçon pauvre, mais heureux. Un jour, il rencontre un génie qui a le pouvoir d’exaucer
ses vœux. Cette rencontre miraculeuse et magique ne lui portera véritablement « chance » que lorsque
ses intentions seront pures (quand Chen désire égoïstement devenir riche, le génie provoque un accident,
mais quand ses désirs sont guidés par l’altruisme et la générosité, ils sont exaucés).
Cet album permet de réfléchir à l’expression : « saisir sa chance ». On ne peut pas seulement compter
sur la « chance » pour réussir sa vie, il faut d’abord compter sur soi-même et ses propres vertus.
l Autres livres :
Les trois souhaits, de Bernard Chèze, éd. Seuil Jeunesse, 13 €.
Dans ce conte de tradition orale, retranscrit par Charles Perrault et Madame Leprince de Beaumont,
on retrouve la même philosophie que dans Le génie du pousse-pousse : rien ne sert d’avoir de la chance
(ici, la rencontre avec un bon génie) pour trouver le bonheur, si nous ne sommes pas ensuite capables
de l’utiliser avec sagesse. Il faut d’abord savoir se comporter avec intelligence, raison et générosité.
La vraie chance, c’est notre capacité à régenter notre vie avec raison et prudence.
Le livre porte-bonheur, de Catherine Metzmeyer, éd. Casterman, 14,50 €.
Cet ouvrage n’est pas un récit pour réfléchir sur le concept de chance, c’est un petit catalogue
des superstitions populaires que nous connaissons tous et que nous reproduisons parfois, sans trop savoir
pourquoi. Certaines d’entre elles sont entrées dans le vocabulaire courant (« Je croise les doigts »,
« À tes souhaits ! », quand quelqu’un éternue) ou dans des petites manies de la vie (ne pas passer sous
une échelle, chercher des trèfles à quatre feuilles). On se rend ainsi compte que nous avons besoin de cette
pensée magique. La croyance en la chance n’est-elle pas une façon de croire que nous pouvons maîtriser
notre vie, et que nos désirs peuvent être exaucés ?
Marcel et Hugo, de Anthony Browne, éd. L’école des Loisirs, 10,50 €.
La vraie chance dans la vie, c’est de rencontrer de l’amour et de l’amitié sincères. L’album nous raconte
cette rencontre impromptue qui va permettre de rendre la vie plus belle à deux êtres que tout semble
pourtant opposer.
l Manuels de philosophie pour enfants :
Le bonheur et le malheur, Brigitte Labbé et Michel Puech, éd. Milan, coll. Les goûters philo, 6 €.
Libre et pas libre, Brigitte Labbé et Michel Puech, éd. Milan, coll. Les goûters philo, 6 €.
Le succès et l’échec, Brigitte Labbé et Michel Puech, éd. Milan, coll. Les goûters philo, 6 €.
Ces ouvrages permettent de réfléchir sur le thème de la chance mais aussi sur des thèmes proches,
comme la malchance, le bonheur, la superstition et la liberté.
Conception des fiches : Jean-Charles Pettier, pédagogue et philosophe, professeur de philosophie à l’IUFM de Créteil.
Bibliographie : Edwige Chirouter, professeur de philosophie à l’Université de Nantes (IUFM des Pays de la Loire, site du Mans),
chargée de recherche INRP, spécialiste de la littérature philosophique pour enfants.
Illustrations : Pascal Lemaître. © Astrapi/Bayard Jeunesse 2008
(Fiche d’accompagnement pédagogique du n° 696 d’Astrapi, 15 décembre 2008).