Ds 6 Poly Matrix
Ds 6 Poly Matrix
Concours Blanc N◦ 2
Polynômes
Matrices
Durée : 4 heures
Documents & Calculatrices Interdits
La présentation, la lisibilité et l'orthographe entreront dans l'appréciation des copies. Une copie
non soignée sera pénalisée. La justication des résultats, la clarté et la précision dans le raison-
nement est prise en compte dans la notation. Les résultats essentiels et les réponses aux questions
doivent être encadrés ou soulignés.
Vous pouvez admettre le résultat d'une question si vous n'arrivez vraiment pas à le montrer,
mais il faut à ce moment là l'indiquer clairement sur la copie.
Il n'est pas nécessaire de faire les exercices dans l'ordre, à condition de clairement numéroter
sur sa copie les questions auxquelles on répond. En revanche, il est déconseillé de changer sans
arrêt d'exercice et de répondre à des questions par ci par là, notamment en ce qui concerne les
problèmes qui sont généralement construits de façon progressive (les questions suivantes dépendant
de celles précédentes).
Enn, lisez bien les énoncés et les hypothèses et prenez le temps de rééchir et de chercher au
brouillon.
L'usage de la calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Les télé-
phones doivent être rangés dans les sacs.
Encadrez vos solutions et prenez une nouvelle copie pour chaque nouvel exercice.
Bon travail !
On note M3 (R) l'ensemble des matrices carrées réelles d'ordre trois et on considère les matrices
suivantes de M3 (R) :
1 0 0 1 1 1
I= 0 1 0 A= 1 0 0
0 0 1 1 0 0
Question préliminaire :
Calculer A2 et A3 , puis vérier : A3 = A2 + 2A.
Partie 1 : une première méthode de calcul de An en passant par des suites
1. Montrer que pour tout n entier naturel non nul, il existe deux réels an et bn tels que
An = a n A + b n A 2 .
2. Montrer, pour tout entier n supérieur ou égal à 1 : an+2 = an+1 + 2an .
3. En déduire an en fonction de n, puis bn en fonction de n, pour tout entier n supérieur ou
égal à 1.
4. Donner l'expression de An en fonction de A, A2 et n, pour tout entier n supérieur ou égal
à 1.
Partie 2 : une deuxième méthode de calcul de An par les polynômes
1
.
Problèmes Corrigés Prof. Mamouni
http ://[Link] 2021-2022 http ://[Link]
X n = Q(X) X 3 − X 2 − 2X + R(X)
(∗)
3. En prenant X = A dans (*) et en se servant de la question préliminaire, calculer An en
fonction de a, b, c, A et A2 .
4. En déduire que l'on a c = 0 puis a − b = (−1)n et 4a + 2b = 2n .
5. En déduire les valeurs de a et de b en fonction de n.
Partie 3 : une application aux suites Remarque : cette partie est indépendante de
la partie 2 et dépend juste de la partie 1
xn+1 = xn + yn + zn
On considère trois suites dénies par x0 = 1, y0 = z0 = 0 et, pour tout n ∈ N, yn+1 = xn .
zn+1 = xn
xn
De plus, on note ∀n ∈ N, Un = yn .
zn
1. Montrer par récurrence que, pour tout n ∈ N, Un = An U0 .
2. A l'aide des résultats des parties précédentes, déterminer le terme général de la suite
(xn )n∈N .
Décomposer en polynômes irréductibles dans C[X] puis dans R[X] les polynômes :
1/ P = X 4 − X 2/ Q = X 6 + X 4 + X 2 + 1
Puis justier que l'ensemble des solutions de (E) est un sous-espace vectoriel de R [X].
Exercice (Intégrale
∫
3 d'une fraction rationnelle).
3
x2 + x + 1
Calculer l'intégrale : dx
2 x4 − x3 − x2 + x
(on pourra utiliser, après l'avoir justié, le fait que 1 est racine double du dénominateur)
2
.
Problèmes Corrigés Prof. Mamouni
http ://[Link] 2021-2022 http ://[Link]
L'objectif de ce problème est de présenter ce que l'on appelle une méthode d'intégration numérique (càd
de calcul approchée d'une intégrale), par le biais de l'étude de certaines familles de polynômes.
Notations .
ä Dans ce problème, on note C 0 ([−1, 1] , R) l'anneau des fonctions continues sur [−1, 1] et à valeurs
réelles.
ä On note R [X] l'anneau des polynômes à coecients réels en l'indéterminée X , et pour tout entier
naturel n, on note Rn [X] le sous-espace vectoriel de R [X] constitué des polynômes de degré inférieur ou
égal à n.
ä On pourra identier polynôme et fonction polynomiale associée.
Partie A - Etude d'une famille de polynômes
n!
1/ Pour tout entier naturel n, on pose Un = (X 2 − 1)n , et Pn = Un(n) .
(2n)!
a/ Calculer P0 , P1 et P2 .
b/ Déterminer le degré et le coecient dominant de Pn pour tout n ∈ N.
Soit n un entier naturel non nul, et α0 ,. . . , αn (n + 1) réels deux à deux distincts du segment [−1, 1].
∏
n
X − αj
On pose pour tout k ∈[[ 0, n ]] : Lk = .
α k − αj
j=0, j̸=k
φ : Rn [X] / Rn+1
P / (P (α0 ), P (α1 ), . . . , P (αn ))
est bijective.
Partie C - Application au calcul intégral
Dans cette partie, on note α0 ,. . . , αn les racines du polynôme Pn+1 , qui sont donc (n + 1) réels deux à deux
distincts du segment [−1, 1].
9/ Soit f ∈ C 0 ([−1, 1] , R). Justier qu'il existe un unique polynôme Pf ∈ Rn [X] tel que :
∀ i ∈ [[ 0, n ]], Pf (αi ) = f (αi )
∑
n
10/ Montrer qu'il existe n + 1 scalaires λ0 ,. . . , λn , que l'on précisera, tels que : Pf = λj Lj .
j=0
∑
n
11/ Montrer que J(f ) peut s'écrire : J(f ) = µi f (αi ), où les réels µi seront exprimés à l'aide des polynômes
i=0
Li et des réels αi .
12/ Montrer que si f est polynomiale de degré inférieur ou égal à n, alors If = Jf .
13/ On suppose dans cette question que f est polynomiale de degré inférieur ou égal à 2n + 1. En réalisant
la division euclidienne de f par Pn+1 , établir que J(f ) = I(f ).
Ici s'arrête le problème, provisoirement. . . Dans quelques semaines, nous pourrons aller un peu plus loin
et établir que la méthode décrite ci-dessus fournit un moyen assez ecace pratiquement pour déterminer
une valeur approchée de l'intégrale d'une fonction continue sur un segment (et pas seulement d'une fonction
polynomiale de degré pas trop grand).
Corrigé
La présentation, la lisibilité et l'orthographe entreront dans l'appréciation des copies. Une copie
non soignée sera pénalisée. La justication des résultats, la clarté et la précision dans le raison-
nement est prise en compte dans la notation. Les résultats essentiels et les réponses aux questions
doivent être encadrés ou soulignés.
Vous pouvez admettre le résultat d'une question si vous n'arrivez vraiment pas à le montrer,
mais il faut à ce moment là l'indiquer clairement sur la copie.
Il n'est pas nécessaire de faire les exercices dans l'ordre, à condition de clairement numéroter
sur sa copie les questions auxquelles on répond. En revanche, il est déconseillé de changer sans
arrêt d'exercice et de répondre à des questions par ci par là, notamment en ce qui concerne les
problèmes qui sont généralement construits de façon progressive (les questions suivantes dépendant
de celles précédentes).
Enn, lisez bien les énoncés et les hypothèses et prenez le temps de rééchir et de chercher au
brouillon.
L'usage de la calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Les télé-
phones doivent être rangés dans les sacs.
Encadrez vos solutions et prenez une nouvelle copie pour chaque nouvel exercice.
Bon travail !
On note M3 (R) l'ensemble des matrices carrées réelles d'ordre trois et on considère les matrices
suivantes de M3 (R) :
1 0 0 1 1 1
I= 0 1 0 A= 1 0 0
0 0 1 1 0 0
Question préliminaire :
Calculer A2 et A3 , puis vérier : A3 = A2 + 2A.
Partie 1 : une première méthode de calcul de An en passant par des suites
1. Montrer que pour tout n entier naturel non nul, il existe deux réels an et bn tels que
An = a n A + b n A 2 .
2. Montrer, pour tout entier n supérieur ou égal à 1 : an+2 = an+1 + 2an .
3. En déduire an en fonction de n, puis bn en fonction de n, pour tout entier n supérieur ou
égal à 1.
4. Donner l'expression de An en fonction de A, A2 et n, pour tout entier n supérieur ou égal
à 1.
Partie 2 : une deuxième méthode de calcul de An par les polynômes
1
X n = Q(X) X 3 − X 2 − 2X + R(X)
(∗)
3. En prenant X = A dans (*) et en se servant de la question préliminaire, calculer An en
fonction de a, b, c, A et A2 .
4. En déduire que l'on a c = 0 puis a − b = (−1)n et 4a + 2b = 2n .
5. En déduire les valeurs de a et de b en fonction de n.
Partie 3 : une application aux suites Remarque : cette partie est indépendante de
la partie 2 et dépend juste de la partie 1
xn+1 = xn + yn + zn
On considère trois suites dénies par x0 = 1, y0 = z0 = 0 et, pour tout n ∈ N, yn+1 = xn .
zn+1 = xn
xn
De plus, on note ∀n ∈ N, Un = yn .
zn
1. Montrer par récurrence que, pour tout n ∈ N, Un = An U0 .
2. A l'aide des résultats des parties précédentes, déterminer le terme général de la suite
(xn )n∈N .
O a An+1 = An A = an A + bn A2 A = an A2 + bn A3 = an A2 + bn A2 + 2A =
2bn A + (an + bn ) A2
(en utilisant l'hypothèse de récurrence et la relation établie à la q. préliminaire).
Ainsi An+1 = an+1 A + bn+1 A2 en posant an+1 = 2bn et bn+1 = an + bn .
Donc P(n + 1) est vraie.
(c) Conclusion
Par le principe de récurrence, on en déduit que, pour tout entier non nul n, il existe
des réels an et bn tels que An = an A + bn A2 avec an+1 = 2bn et bn+1 = an + bn
2. On combine les deux relations précédentes.
Soit n ∈ N, an+2 = 2bn+1 = 2an + 2bn = 2an + an+1 .
2
3. On reconnait une suite récurrente linéaire doublecar elle vérie une relation de récurrence
de la forme an+2 = aan+1 + ban pour tout n ∈ N∗ , avec a = 1 et b = 2.
On résout x2 − x − 2 = 0 qui donne deux solutions x = −1 et x = 2.
On en déduit qu'il existe deux réels (λ, µ) tel que, pour tout n ∈ N∗ , an = λ(−1)n + µ2n .
De plus, 1 = a1 = −λ + 2µ et 0 = a2 = λ + 4µ. En additionnant membre à membre les
1
deux égalité, on trouve 1 = 6µ d'où µ = puis, en reportant cette valeur dans la seconde
6
4 2
égalité, on obtient λ = −4µ = − = − .
6 3
2 1
Donc, pour tout n ∈ N , an = − (−1) + 2n .
∗ n
3 6
1 1 2 1 n+1
Enn, bn = an+1 = − (−1) n+1
+ 2 .
2 2 3 6
4. C'est du recopiage, en remplaçant an et bn par ce qui précède dans la relation de la q.1.
−1, x2 = 2) donc l'expression factorisée est X(X + 1)(X − 2). Les racines sont 0, −1 et 2.
2. Pour tout n ∈ N, il existe un polynôme Q(X) et un polynôme R(X) = aX 2 + bX + c tel
que :
X n = Q(X) X 3 − X 2 − 2X + R(X)
(∗)
par le principe de division euclidienne qui impose deg(R) < deg(X − X 2 − 2X) = 3.
3
Une application
1. C'est du cours, ou presque... En eet, on peut montrer que, pour tout n ∈ N, Un+1 = AUn
et la suite se montre de manière classique par récurrence.
1
3
Exercice (Décomposition en irréductibles).
2
[ ]
Q(z) = 0 ⇐⇒ [z 2 = −1 ∨ z 2 = i ∨ z 2 = −i] ⇐⇒ z = ±i ∨ z = ±e π/4 ∨ z = ±e− π/4
i i
( )( )( )( )
X 6 + X 4 + X 2 + 1 = (X − i) (X + i) X − e π/4 X + e π/4 X − e− π/4 X + e− π/4
i i i i
( √ )( √ )
X 6 + X 4 + X 2 + 1 = (X 2 + 1) X 2 − 2X + 1 X 2 + 2X + 1
X2 + X + 1
Commençons par décomposer en éléments simples la fraction rationnelle F = . Puisque
X4 − X3 − X2 + X
deg(F ) < 0, sa partie entière est nulle (♠).
En outre, en notant Q = X4 − X3 − X2 + X, on obtient sans diculté :
X2 + X + 1 a b c d
F = = + + + (♡)
X4 − X3 − X2 + X X X + 1 X − 1 (X − 1)2
X2 + X + 1 bX cX dX
ä XF = 2 = a+ + +
(X + 1) (X − 1) X + 1 X − 1 (X − 1)2
X2 + X + 1 1 1 1 3 1 3 1
= − × − × + × (♢)
X −X −X +X
4 3 2 X 4 X + 1 4 X − 1 2 (X − 1)2
Par conséquent :
∫ 3 ∫ 3 ∫ 3 ∫ 3 ∫ 3
x2 + x + 1 1 1 1 3 1 3 1
dx = dx − dx − dx + dx
2 x4 − x3 − x2 + x 2 x 4 2 x+1 4 2 x−1 2 2 (x − 1)2
∫ 3 [ ]3
x2 + x + 1 1 3 3 1
⇐⇒ dx = [ln(x)]2 −
3
[ln(x + 1)]2 − [ln(x − 1)]2 −
3 3
2 x4 − x3 − x2 + x 4 4 2 x−1 2
∫ 3
x2 + x + 1 1 1 3 3
⇐⇒ dx = ln(3) − ln(2) − ln(4) + ln(3) − ln(2) +
2 x −x −x +x
4 3 2 4 4 4 4
∫ 3
x2 + x + 1 5 9 3
⇐⇒ dx = ln(3) − ln(2) +
2 x −x −x +x
4 3 2 4 4 4
∫ [( )1/4 ]
3
x2 + x + 1 35 e3
Ou encore : dx = ln
2 x4 − x3 − x2 + x 29
1/ Enoncé du théorème de Rolle : soit f une fonction à valeurs réelles continue sur [a, b], dérivable sur ] a, b [ ,
telle que f (a) = f (b). Alors il existe c ∈ ] a, b [ tel que : f ′ (c) = 0.
2/ Soit i un entier compris entre 1 et n − 1. La fonction P vérie sur l'intervalle [αi , αi+1 ] les hypothèses du
′
théorème de Rolle. Il existe donc un réel βi ∈ ] αi , αi+1 [ tel que P (βi ) = 0.
Ce raisonnement étant valable pour un entier i arbitraire entre 1 et n − 1, et les intervalles ] αi , αi+1 [ étant
′ ′
deux à deux disjoints, on en déduit que P possède (au moins) n − 1 racines réelles (β1 ,. . . , βn−1 ). Or P est
∗
de degré n − 1 (puisque P est de degré n ∈ N ) ; donc P possède exactement n − 1 racines réelles, et ces
racines sont simples.
3/ Par hypothèse le polynôme P possède n racines réelles non nulles deux à deux distinctes α1 , ..., αn , et
∏
n
P est de degré n. On a donc : P = cd(P ) (X − αi )
i=1
1 1 1
On en déduit que : F = = × (♠)
XP (X) cd(P ) ∏
n
X (X − αi )
i=1
Puisque les αi sont non nuls, la fraction rationnelle F ne possède que des pôles simples, et il existe donc
n+1 réels λ0 ,. . . , λn tels que :
λ0 ∑ λi
n
1
= +
∏
n
X X − αi
X (X − αi ) i=1
i=1
∏
n
En notant Q=X (X − αi ), les réels λi sont donnés (d'après le cours) par les formules :
i=1
1 1
λ0 = et ∀ i ∈ [[ 1, n ]], λi =
Q′ (0) Q′ (αi )
On en déduit que :
1 1 1 ∑ 1 n
1
= × + ×
∏
n
Q′ (0) X Q′ (αi ) X − αi
X (X − αi ) i=1
i=1
1
Puisqu'enn on a : Q= P, on déduit de la relation précédente que :
cd(P )
[ ]
1 1 1 ∑ 1 1
n
= cd(P ) × × + × (♣)
∏
n ′
P (0) X P (αi ) X − αi
′
X (X − αi ) i=1
i=1
On déduit de (♠) et de (♣) que la décomposition en éléments simples de F dans R(X) est :
1 1 1 ∑ 1 1
n
= ′ × + ×
XP (X) P (0) X i=1
P (αi ) X − αi
′
1 1 ∑ 1
n
X
XF = et XF = + ×
P (X) P ′ (0) i=1 P ′ (αi ) X − αi
P ′ (X)
′ ′
∑
n
1 αi
(XF ) = − 2 et (XF ) = − ×
P (X) i=1
P′ (αi ) (X − αi )2
Par suite :
P ′ (X) ∑ 1
n
αi
= ′
×
2
P (X) i=1
P (αi ) (X − αi )2
∑
n
1 P ′ (0)
L'évaluation en 0 de cette relation donne alors : =
i=1
αi P ′ (αi ) P 2 (0)
1/ a/ P0 = 1 et P1 = X . Puis :
2 [( 2 )2 ](2) 1 [ 4 ](2) 1 [ ] 1
P2 = X −1 = X − 2X 2 + 1 = 12X 2 − 4 d'où : P2 = X 2 −
24 12 12 3
n
b/ Soit n un entier naturel quelconque. Par dénition : Un = (X 2 − 1) . En particulier : deg(U
( n )) = 2n.
(n)
Par suite la dérivée n-ème de Un est un polynôme de degré n. En d'autres termes : deg Un = n.
( le degré)d'un polynôme est invariant par multiplication par un scalaire non nul, on en déduit que :
Puisque
n!
deg U (n) = n. Par suite : ∀ n ∈ N, deg(Pn ) = n .
(2n)! n
(n)
Par ailleurs, Un est un polynôme unitaire, et de degré 2n. Il s'ensuit que le coecient dominant de Un est
(2n)!
.
Par suite : ∀ n ∈ N, cd(Pn ) =1.
n!
n
2/ a/ Soit n un entier naturel, avec n > 2. On a : Un = (X 2 − 1) = (X − 1)n (X + 1)n .
D'après la formule de Leibniz, on a donc :
n ( )
∑
(n) n (k) (n−k)
Un = [(X − 1)n ] [(X + 1)n ]
k=0
k
n ( )
∑
(n) n n! n!
⇐⇒ Un = (X − 1)n−k (X + 1)k
k=0
k (n − k)! k!
∑n ( )
(n) n n!
⇐⇒ Un = n! (X − 1)n−k (X + 1)k
k=0
k k! (n − k)!
. On peut prouver par récurrence que pour tout polynôme P de degré n et pour tout entier k ∈ [[ 0, n ]], le coecient
dominant de P (k) est n!cd(P )/(n−k)!. Initialisation (pour k = 0) : immédiate. Hérédité : on suppose la propriété vraie pour un
( ) ( )′
entier k ∈[[ 0, n − 1 ]]. Alors P (k+1) est de degré n − k − 1, et on a : cd P (k+1) = cd( P (k) ) = (n − k − 1) × n!cd(P )/(n − k)!
en (utilisant) l'hypothèse de récurrence et la propriété du cours suivant laquelle cd(P ′ ) = deg(P )cd(P ). On en déduit que :
cd P (k+1) = n!cd(P )/(n − (k + 1))!, ce qui prouve l'hérédité et achève cette récurrence.
MPSI DS n 10 31 mars 2018
0 9
n ( )2
n!n! ∑ n
D'où : Pn = (X − 1)n−k (X + 1)k
(2n)! k=0 k
n ( )2
1 ∑ n
Finalement : ∀ n ∈ N, n > 2, Pn = ( ) (X − 1)n−k (X + 1)k .
2n k
k=0
n
n ( )2 n ( )2
1 ∑ n 2n 1 ∑ n (−1)n 2n
Pn (1) = ( ) 0n−k 2k = ( ) et Pn (−1) = ( ) (−2)n 0k = ( )
2n k 2n 2n k 2n
k=0 k=0
n n n n
2n (−1)n 2n
Conclusion. ∀ n ∈ N, n > 2, Pn (1) = ( ) et Pn (−1) = ( ) .
2n 2n
n n
b/ ä Preuve informelle. D'après ce qui précède, la fonction x ∈ [−1, 1] 7−→ Un (x) est continue sur [−1, 1],
dérivable sur ] − 1, 1 [ , et s'annule en 1 et en −1. Elle vérie donc les hypothèses du théorème de Rolle, donc
′
il existe un réel c ∈ ] − 1, 1 [ tel que U n (c) = 0.
La fonction x ∈ [−1, 1] 7−→ U ′ n (x) est continue sur [−1, 1], dérivable sur ] − 1, 1 [ , s'annule en c ∈ ] − 1, 1 [ .
′
En outre, elle s'annule en 1 et en −1, puisque 1 et −1 sont racines de multiplicité n de Un . La fonction U n
vérie les hypothèses du théorème de Rolle sur les intervalles [−1, c] et [c, 1], et il existe donc deux réels
d ∈ ] − 1, c [ et e ∈ ] c, 1 [ tels que U ′′ n (d) = 0 et U ′′ n (e) = 0.
(n)
Et a'r'cominche. . . Finalement, le raisonnement précédent permet d'armer que la fonction Un possède n
racines distinctes dans ] − 1, 1 [ .
(n)
Comme Pn est égal à Un à une constante multiplicative non nulle près, on en déduit que Pn possède au
moins n racines réelles deux à deux distinctes dans ] − 1, 1 [ .
ä Preuve formelle. Soit n un entier naturel supérieur ou égal à 2. Montrons par récurrence sur k que
(k)
pour tout entier k ∈ [[ 1, n ]], l'assertion A(k) : Un possède au moins k racines dans ] − 1, 1 [ est vraie.
Initialisation (k = 1). La fonction x ∈ [−1, 1] 7−→ Un (x) est continue sur [−1, 1], dérivable sur] − 1, 1 [ , et
s'annule en 1 et en −1. Elle vérie les hypothèses du théorème de Rolle, donc il existe un réel c ∈ ] − 1, 1 [
′
tel que U n (c) = 0. L'assertion A(1) est vraie.
(k)
Hérédité. Supposons que A(k) soit vraie pour un entier k ∈[[ 1, n − 1 ]]. La fonction x ∈ [−1, 1] 7−→ Un (x)
est continue sur [−1, 1], dérivable sur ] − 1, 1 [ , et par hypothèse de récurrence, possède k racines dans
x ] − 1, 1 [ . Notons α1 < · · · < αk ces racines.
(i)
En outre, puisque 1 et −1 sont racines de multiplicité n de Un , on a : Un (±1) = 0 pour tout i ∈ [[ 0, n − 1 ]].
(k)
En particulier : Un (±1) = 0.
(k)
En notant α0 = −1 et αk+1 = 1, on a donc : ∀ k ∈ [[ 0, k + 1 ]], Un (αi ) = 0.
10 MPSI DS n 10 31 mars 2018
0
(k)
Sur chacun des intervalles [αi , αi+1 ] (avec i variant de 0 à k ), la fonction Un vérie les hypothèses du
théorème de Rolle. En appliquant (k + 1) fois ce théorème, on peut donc armer que :
(k+1)
∀ i ∈ [[ 0, k ]], ∃ βi ∈ ] αi , αi+1 [ , Un (βi ) = 0
Puisque les intervalles ] αi , αi+1 [ sont deux à deux disjoints (et contenus dans ] − 1, 1[), les réels βi sont deux
à deux distincts (et dans ] − 1, 1[).
(k+1)
On peut ainsi armer que le polynôme Un possède au moins (k + 1) racines (β0 , . . . , βk ) dans ] − 1, 1[.
Ce qui signie que l'assertion A(k + 1) est vraie, et établit l'hérédité de la propriété.
(k)
Par conséquent : pour tout entier k ∈ [[ 1, n ]], Un possède au moins k racines dans ] − 1, 1 [ .
(n) (n)
En particulier : Un possède au moins n racines dans ] − 1, 1 [ . Comme Pn est égal à Un à une constante
multiplicative non nulle près, on peut conclure.
c/ Puisque le polynôme Pn est de degré n, il possède au plus n racines (comptées avec multiplicité). Or,
d'après la question précédente, Pn possède déjà n racines réelles deux à deux distinctes dans [−1, 1].
Conclusion. Le polynôme Pn possède exactement n racines dans [−1, 1], toutes simples.
∫ 1 ∫ 1
Pour n = 0, on a : P (t)Q(t) dt = [P (t)Q(t)]−1 −
(1) 1
P (t)Q′ (t) dt
−1 −1
∑ ∫ ∫
0
[ ]1 1 1
D'autre part : (−1) k
P (0−k)
(t)Q (t) −1 + (−1)1
(k) (1)
P (t)Q (t) dt = [P (t)Q(t)]1−1 − P (t)Q′ (t) dt
k=0 −1 −1
¶
Supposons que A(n) est vraie pour un entier naturel n. Alors, par intégration par parties :
∫ ∫
1 [ ]1 1
P (n+2)
(t)Q(t) dt = P (n+1)
(t)Q(t) −1 − P (n+1) (t)Q′ (t) dt (♠)
−1 −1
∫ ∑ ∫
1
′
n
[ ]1 1
P (n+1)
(t)Q (t) dt = (−1) P (n−k) (t)Q(k+1) (t) −1 + (−1)n+1
k
P (t)Q(n+2) (t) dt
−1 k=0 −1
∫ ∑ ∫
1
′
n+1
[ (n+1−k) ]1 1
⇐⇒ P (n+1)
(t)Q (t) dt = (−1) k−1
P (t)Q(k) (t) −1 +(−1)n+1 P (t)Q(n+2) (t) dt (♣)
−1 k=1 −1
¶. Toutes les intégrations par parties de cette question font intervenir des fonctions polynomiales, donc en particulier de
classe C ∞ sur R ; ce qui rend légitimes ces IPP.
MPSI DS n 10 31 mars 2018
0 11
∫ ∫
1 [ (n+1) ]1 ∑ n+1
[ ]1 1
P (n+2)
(t)Q(t) dt = P (t)Q(t) −1 + (−1)k P (n+1−k) (t)Q(k+1) (t) −1 +(−1)n+2 P (t)Q(n+2) (t) dt
−1 k=1 −1
∫ ∑ ∫
1 n+1
[ ]1 1
⇐⇒ P (n+2)
(t)Q(t) dt = (−1) P (n+1−k) (t)Q(k+1) (t) −1 + (−1)n+2
k
P (t)Q(n+2) (t) dt
−1 k=0 −1
Ce qui prouve que l'assertion A(n + 1) est vraie, et établit l'hérédité de l'assertion.
b/ Soit Q ∈ Rn [X].
∫ 1 ∫ 1
(n + 1)! (n+1)
Pn+1 (t)Q(t) dt = Un+1 (t)Q(t) dt
−1 (2n + 2)! −1
∫ ( ∫ )
1
(n + 1)! ∑
n [ ]1 1
k (n−k) n+1
Pn+1 (t)Q(t) dt = (−1) Un+1 (t)Q(k) (t) + (−1) Un+1 (t)Q (n+1)
(t) dt (♠)
−1 (2n + 2)! k=0
−1 −1
[ ]1
(n−k) (n−k) (n−k)
Or, pour tout k ∈ [[ 0, n ]] on a : Un+1 (t)Q(k) (t) = Un+1 (1)Q(k) (1) − Un+1 (−1)Q(k) (−1)
−1
(n−k) (n−k)
Puisque 1 et −1 sont racines de multiplicité n+1 de Un+1 , on a : Un+1 (1) = Un+1 (−1) = 0.
[ ]1
(n−k)
On en déduit que : ∀ k ∈ [[ 0, n ]], Un+1 (t)Q(k) (t) =0 (♣)
−1
∫ 1
On en déduit que : Un+1 (t)Q(n+1) (t) dt = 0 (♡).
−1
∫ 1
D'après (♠), (♣) et (♡) : ∀ Q ∈ Rn [X] , Pn+1 (t)Q(t) dt = 0 .
−1
12 MPSI DS n 10 31 mars 2018
0
Soit n un entier naturel non nul, et α0 ,. . . , αn (n + 1) réels deux à deux distincts du segment [−1, 1].
∏
n
X − αj
On pose pour tout k ∈[[ 0, n ]] : Lk = .
α k − αj
j=0, j̸=k
5/ Soit k ∈ [[ 0, n ]]. A une constante multiplicative non nulle près , le polynôme Lk est le produit de n
polynômes de degré 1.
Conclusion : ∀ n ∈ N∗ , ∀ k ∈[[ 0, n ]], deg (Lk ) = n .
∏
n
αi − αj
6/ Soit k ∈ [[ 0, n ]], et soit i ∈ [[ 0, n ]], avec i ̸= k . Alors : Lk (αi ) = =0 puisque l'indice j de
j=0, j̸=k
αk − αj
ce produit prendra la valeur i.
∏n
αk − αj ∏n
En revanche : Lk (αk ) = = 1 = 1.
j=0, j̸=k
αk − αj j=0, j̸=k
Puisque P et Q sont dans Rn [X], et qu'ils prennent les mêmes valeurs en (n + 1) scalaires distincts, le
principe du prolongement algébrique permet d'armer que P = Q.
∑
n
Conclusion. ∀ P ∈ Rn [X] , P = P (αk ) Lk .
k=0
∑
n
En eet, pour tout polynôme P ∈ Rn [X], on a : ψ (φ(P )) = ψ (P (α0 ), . . . , P (αn )) = P (αk ) Lk = P (la
k=0
dernière égalité provenant directement de la question précédente).
D'où : φ ◦ ψ = idRn+1 .
P / (P (α0 ), . . . , P (αn ))
Dans cette partie, on note α0 ,. . . , αn les racines du polynôme Pn+1 , qui sont donc (n + 1) réels deux à deux
distincts du segment [−1, 1].
9) D'après la question 8, φ−1 (f (α0 ), . . . , f (αn )) est l'unique polynôme Pf ∈ Rn [X] tel que :
∑
n
10/ D'après la question 8 de nouveau : Pf = f (αk ) Lk .
k=0
∫ 1 ∫ 1 ∑
n ∑
n ∫ 1
Jf = Pf (t) dt = f (αi ) Li (t) dt = f (αi ) Li (t) dt
−1 −1 i=0 i=0 −1
∑
n ∫ 1
Conclusion. Jf = µi f (αi ) avec : ∀ i ∈ [[ 0, n ]], µi = Li (t) dt
i=0 −1
On en déduit que : If = Jf .
Conclusion. Si f est polynomiale de degré inférieur ou égal à 2n + 1, alors If = Jf .