ECGMA2
2024-2025
DEVOIR no 4
A rendre le 21 Novembre 2024 au plus tard
Exercice 1
Soit E un espace vectoriel réel de dimension finie, notée n (n ∈ N∗ ) et u un vecteur de E. On note Id l’identité de
E.
On rappelle que λ ∈ R ou C est une valeur propre de u ∈ L(E) si et seulement si Ker(u) 6= {0}.
Si P (X) = a0 + a1 X + · · · + ap X p est un élément de R[X], on rappelle qu’on désigne par P (u) l’endomorphisme
suivant : P (u) = a0 Id + a1 u + · · · + ap up où uk est la composée |u ◦ u ◦{z· · · ◦ u} (u0 = Id par convention).
k fois
Dans toute la suite, Q est un polynôme qui admet 1 pour racine simple et tel que Q(u) = 0. Ainsi, on peut écrire
Q(X) = (X − 1)Q1 (X) avec Q1 (1) 6= 0.
1. Montrer que l’image de (u − Id) est contenue dans Ker(Q1 (u)).
2. On note E1 =Ker(u − Id).
(a) Montrer que si x ∈ E1 alors Q1 (u)(x) = Q1 (1).x.
(b) En déduire que E1 ∩Ker(Q1 (u)) = {0E }.
(c) En déduire à l’aide du théorème du rang que E = E1 ⊕Ker(Q1 (u)).
3. Montrer que Q1 (u) = 0 si, et seulement si, 1 n’est pas valeur propre de u.
4. On suppose dans cette question que Q(X) = (X − 1)(X + 2)2 , que E est de dimension 3 et que 1 est valeur
propre de u ; on note E1 l’espace propre associé à la valeur propre 1.
Montrer que si la dimension de E1 est supérieure ou égale à 2, l’endomorphisme u est diagonalisable (on pourra
distinguer deux cas, suivant que la dimension de E1 est égale à 2 ou égale à 3).
Problème
Dans tout le problème, on confond polynôme et application polynomiale de R dans R.
Pour tout k ∈ N, Rk [X] désigne le sous espace vectoriel de R[X] formé des polynômes de degré au plus k.
On définit l’ensemble E = {P ∈ R4 [X] ; P (0) = P (4) = 0} et le polynôme W = X(X − 4).
PARTIE 1 : Etude d’endomorphismes.
1. Montrer que E est un sous espace vectoriel de l’espace vectoriel R4 [X].
Pour tout polynôme Q de R2 [X], on pose φ(Q) = W.Q .
2. Montrer que l’application φ : Q 7−→ W.Q est un isomorphisme de R2 [X] dans E.
3. En déduire une base et la dimension de E.
Pour tout polynôme Q de R2 [X], on considère le polynôme ∆(Q) = Q(X + 1) − Q(X).
Ainsi si par exemple Q = X 2 − 3X + 5 , on a : ∆(Q) = ((X + 1)2 − 3(X + 1) + 5) − (X 2 − 3X + 5).
4. (a) Montrer que ∆ est un endomorphisme de R2 [X].
(b) Déterminer pout tout polynôme Q de R2 [X] le degré du polynôme ∆(Q) en fonction de celui de Q.
(c) Déterminer le noyau et l’image de ∆.
(d) Etablir : ∆ ◦ ∆ ◦ ∆ = 0.
On définit l’endomorphisme f de E suivant : f = φ ◦ ∆ ◦ φ−1 , où φ−1 est l’application réciproque de φ.
5. (a) Montrer que f ◦ f ◦ f = 0.
1
(b) Déterminer une base du noyau de f et une base de l’image de f .
(c) Démontrer que f admet une valeur propre et une seule et la déterminer.
(d) Est-ce que f est diagonalisable ?
PARTIE 2 : Etude d’un produit scalaire.
On considère l’application h . , . i de R4 [X] × R4 [X] dans R définie par :
4
X
∀ (P1 , P2 ) ∈ R4 [X] × R4 [X] , hP1 , P2 i = P1 (k) P2 (k)
k=0
.
6. Montrer que h . , . i est un produit scalaire sur R4 [X].
On munit dorénavant R4 [X] de ce produit scalaire et de la norme associée notée k . k.
On définit les trois polynômes suivants :
L1 = (X − 2)(X − 3) , L2 = (X − 1)(X − 3) et L3 = (X − 1)(X − 2).
7. Montrer que la famille (L1 , L2 , L3 ) est une base de R2 [X].
8. (a) Exprimer pour tout polynôme P de R2 [X] les coordonnées de P dans la base (L1 , L2 , L3 ) en fonction de
P (1) , P (2) et P (3).
(b) Exprimer ∆(L1 ) , ∆(L2 ) et ∆(L3 ) dans cette même base, et endéduire que la matrice de l’endomorphisme
−1 −1/2 0
∆ dans la base (L1 , L2 , L3 ) de R2 [X] est 0 −1 −2 .
1 3/2 2
On note pour tout i dans {1, 2, 3} , Mi = W Li .
9. (a) Montrer que pour tout i dans {1, 2, 3} , Mi (i) est non nul.
1
On note alors pour tout i dans {1, 2, 3} , Ni = Mi .
Mi (i)
(b) Montrer que (N1 , N2 , N3 ) est une base orthonormale du sous espace vectoriel E de R4 [X].
10. Déterminer la matrice de l’application linéaire φ dans les bases (L1 , L2 , L3 ) de R2 [X] et (N1 , N2 , N3 ) de E.
11. Déterminer la matrice de l’endomorphisme f dans la base (N1 , N2 , N3 ) de E.
3
X
12. On note pour tout P de R4 [X], u(P ) = P (i) Ni .
i=1
(a) Montrer que u est un endomorphisme de R4 [X].
(b) Montrer que : ∀ P ∈ R4 [X] , ∀ j ∈ {1, 2, 3} , hP − u(P ) , Nj i = 0.
(c) En déduire que u(P ) est l’unique polynôme de E tel que u(P ) ∈ E et P − u(p) ∈ E⊥ (on dit que u est la a
projection orthogonale sur E) .
(d) Déterminer le projeté orthogonal de Q = X 2 (X − 2) (X − 3) sur E.
2
Solution de l’exercice 0
Problème
Partie I : Etude d’endomorphismes
1. Notons que le polyôme nul est dans E, donc E est non vide.
Soient P, Q ∈ E et λ ∈ R. Alors
(λP + Q)(0) = λP (0) + Q(0) = 0 et (λP + Q)(4) = λP (4) + Q(4) = 0.
Donc λP + Q ∈ E et puisque E ⊂ R4 [X] par définition, E est un sous-espace vectoriel de R4 [X].
2. φ est une application linéaire car pour P, Q ∈ R2 [X], on a φ(λP + Q) = W (λP + Q) = λW P + W Q =
λφ(P ) + φ(Q).
De plus, si P ∈ R2 [X], alors deg φ(P ) = deg P + deg W ≤ 4 et donc φ(P ) ∈ R4 [X]. De plus
φ(P )(0) = W (0)P (0) = 0 et φ(P )(4) = W (4)P (4) = 0
donc φ est une application linéaire de R2 [X] dans E.
Si P ∈ Ker(φ), alors W P = 0. Or si x ∈]0, 4[, W (x) 6= 0, et donc P (x) = 0. Ainsi, P possède une infinité de
racines et donc P = 0. Ceci prouve donc que φ est injectif.
Enfin, si Q ∈ E, alors notons P ∈ R[X] et R ∈ R1 [X] le quotient et le reste de la division euclidienne de Q par
W , c’est-Ã -dire les polynômes tels que Q = P W + R.
Alors 0 = Q(0) = P (0)W (0) + R(0) = R(0) et 0 = Q(4) = P (4)W (4) + R(4), de sorte que R possède deux
racines, qui sont 0 et 4.
Puisque R est de degré au plus un, c’est que R = 0, et donc Q = W P = φ(P ).
Ainsi, φ est surjectif, ce qui achève de prouver que φ est un isomorphisme de R2 [X] sur E.
La preuve ci-dessus utilise uniquement l’existence de la division euclidienne. Si l’on se souvient qu’il y a de
plus unicité de cette division euclidienne, alors de manière unique, Q = W P + R. On prouve de même que
précédemment que R = 0, et alors il existe un unique polynôme P ∈ R2 [X] tel que Q = W P = φ(P ). Donc
tout élément de E admet un unique antécédent par φ : φ est une bijection de R2 [X] sur E.
3. De la question précédente, on déduit que E est de même dimension que R2 [X] et donc dim E = 3.
De plus, l’image par φ d’une famille génératrice de R2 [X] est une famille génératrice de E, et donc (W, W X, W X 2 )
est une famille génératrice de E. Etant de cardinal 3 = dim E, c’est une base de E.
4. (a) Si Q ∈ R2 [X], alors deg Q(X + 1) = deg Q et donc deg ∆(Q) ≤ deg Q, de sorte que ∆(Q) ∈ R2 [X].
Si P, Q ∈ R2 [X] et λ ∈ R. Alors
∆(λP +Q) = λP (X+1)+Q(X+1)−(λP (X)+Q(X)) = λ(P (X+1)−P (X))+(Q(X+1)−Q(X)) = λ∆(P )+∆(Q).
Donc ∆ est un endomorphisme de R2 [X].
(b) Soit Q = aX 2 + bX + c ∈ R2 [X]. Alors
∆(Q) = a(X +1)2 +b(X +1)+c−(aX 2 +bX +c) = a(X 2 +2X +1)+bX +b+c−aX 2 −bX −c = 2aX +(a+b).
Si deg Q = 2 ⇔ a 6= 0, alors deg ∆(Q) = 1.
Si deg Q = 1 ⇔ a = 0, b 6= 0, alors deg ∆(Q) = 0.
Si deg Q ≤ 0 ⇔ a = b = 0, alors ∆(Q) = 0 ⇔ deg ∆(Q) = −∞.
(c) D’après la question précédente, on a ∆(Q) = 0 ⇔ deg Q ≤ 1. Donc Ker(∆) = R0 [X] , l’ensemble des
polynômes constants.
De plus, la question précédente prouve que Im(∆) ⊂ R1 [X]. Mais par le théorème du rang,
dim Im(∆) = dim R2 [X] − dim Ker(∆) = 3 − 1 = 2 = dim R1 [X].
On en déduit que Im(∆) = R1 [X].
(d) Nous avons prouvé en 4.b que deg ∆(Q) ≤ deg Q − 1.
Donc pour tout Q ∈ R2 [X], deg(∆ ◦ ∆ ◦ ∆)(Q) ≤ deg Q − 3 ≤ −1.
Et donc pour tout Q ∈ R2 [X], (∆ ◦ ∆ ◦ ∆)(Q) = 0. Ceci prouve bien que l’endomorphisme ∆3 est nul.
3
3
5. (a) On a f 3 = φ ◦ ∆ ◦ φ−1 = φ ◦ ∆3 ◦ φ−1 = 0.
(b) φ est injectif, donc pour P ∈ E,
f (P ) = 0 ⇔ ∆ ◦ φ−1 (P ) = 0 ⇔ φ−1 (P ) ∈ R0 [X] ⇔ ∃λ ∈ R : P = λW.
Ainsi, Ker(f ) = {λW, λ ∈ R}. Une base de Kerf est alors formée du seul vecteur W .
Par le théorème du rang, on a alors dim Im(f ) = 2.
Or, on a W = W ∆(X) = (φ ◦ ∆ ◦ φ−1 )(W X) = f (W X) ∈ Im(f ) et de même
2W X = W ∆(X 2 − X) = (φ ◦ ∆ ◦ φ−1 )(W (X 2 − X)) = f (W (X 2 − X)) ∈ Im(f ).
Or, (W, 2W X) est une famille libre car formée de deux vecteurs non colinéaires. Elle est de cardinal 2 =
dim Im(f ) : c’est une base de Im(f ).
Remarque : on peut aussi calculer f (1W ), f (XW ), f (X 2 W ) sachant que (W, W X, W X 2 ) base de E.
f (W ) = φ ◦ ∆ ◦ φ−1 (W ) = φ ◦ ∆)(1) = φ(0) = 0
f (XW ) = φ ◦ ∆ ◦ φ−1 (XW ) = φ ◦ ∆(X) = φ(1)) = W
et f (X 2 W ) = φ ◦ ∆ ◦ φ−1 (X 2 W ) = 2XW + W
Donc Im(f ) = V ect(W, 2XW + W ) = V ect(W, XW ) les deux vecteurs étant libres, c’est une base .
(c) Nous avons déjà prouvé que dim Kerf ≥ 1, et donc 0 est valeur propre de f .
Comme à la question 5.a nous avons prouvé que X 3 est un polynôme annulateur de f , toutes les valeurs
propres de f sont des racines de X 3 . Or la seule racine de X 3 est 0, donc f admet une unique valeur propre
qui est 0.
Le sous-espace propre associé à la valeur propre 0 est alors E0 (f ) = Ker(f ), qui est de dimension 1, et dont
nous avons déjà déterminé une base, qui est W .
(d) On a dim E0 (f ) < dim E, et 0 est la seule valeur propre de f , donc la somme des dimensions des sous-espaces
propres n’est pas égale à dim E : f n’est pas diagonalisable.
Partie II : Etude d’un produit scalaire
1. Soient P1 , P2 , Q ∈ R4 [X] et λ ∈ R. Alors
4
X 4
X 4
X
hλP1 + P2 , Qi = (λP1 + P2 )(k)Q(k) = λ P1 (k)Q(k) + P2 (k)Q(k) = λhP1 , Qi + hP2 , Qi.
k=0 k=0 k=0
Ainsi, h·, ·i est linéaire par rapport à la première variable.
Pour P1 , P2 ∈ R4 [X], on a
4
X 4
X
hP1 , P2 i = P1 (k)P2 (k) = P2 (k)P1 (k) = hP2 , P1 i.
k=0 k=0
Donc h·, ·i est symétrique, et donc bilinéaire symétrique.
Pour P ∈ R4 [X], on a
4
X
hP, P i = P (k)2 ≥ 0.
k=0
Et si hP, P i = 0, alors c’est que
∀k ∈ J0, 4K, P (k)2 = 0 ⇔ P (k) = 0.
Alors P possède 5 racines distinctes et est de degré au plus 4, donc P = 0.
Ainsi, on a bien hP, P i = 0 ⇔ P = 0, ce qui achève de prouver que h·, ·i est un produit scalaire sur R4 [X].
2. Soient λ1 , λ2 , λ3 ∈ R tels que λ1 L1 + λ2 L2 + λ3 L3 = 0.
Alors en évaluant en X = 1, il vient
0 = λ1 L1 (1) + λ2 L2 (1) + λ3 L3 (1) = 2λ1 .
4
Et donc λ1 = 0. De même en évaluant en X = 2, il vient
0 = λ2 L2 (2) + λ3 L3 (2) = −3λ2 .
Donc λ2 = 0, et puisque L3 6= 0, nécessairement, λ3 = 0.
Ainsi, (L1 , L2 , L3 ) est une famille libre de R2 [X]. Elle est de cardinal 3 = dim R2 [X], et donc c’est une base de R2 [X].
(a) Soit P ∈ R2 [X], et soient λ1 , λ2 , λ3 les coordonnées de P dans la base (L1 , L2 , L3 ), c’est-à -dire tels que
P = λ1 L1 + λ2 L2 + λ3 L3 .
En évaluant en X = 1, il vient P (1) = λ1 L1 (1) = 2λ1 .
De même, en évaluant en X = 2 puis X = 3, il vient P (2) = −λ2 et P (3) = 2λ3 . Donc on a
P (1) P (3)
λ1 = , λ2 = −P (2), λ3 = .
2 2
(b) On a, en utilisant la définition de ∆ puis le résultat de la question 8.a,
∆(L1 ) = L1 (X + 1) − L1 (X) = (X − 1)(X − 2) − (X − 2)(X − 3) = 2(X − 2) = −L1 + 0L2 + L3
1 3
∆(L2 ) = L2 (X + 1) − L2 (X) = X(X − 2) − (X − 1)(X − 3) = − L1 − L2 + L3
2 2
∆(L3 ) = L3 (X + 1) − L3 (X) = X(X − 1) − (X − 1)(X − 2) = −2L2 + 2L3
Ainsi, la matrice de ∆ dans la base (L1 , L2 , L3 ) est
−1 −1/2 0
M = 0 −1 −2 .
1 3/2 2
(a) Les racines de W sont 0 et 4, et donc pour tout i ∈ {1, 2, 3}, W (i) 6= 0.
De plus, on remarque que i n’est pas racine de Li , de sorte que Li (i) 6= 0.
Ainsi, pour tout i ∈ {1, 2, 3}, Mi (i) = W (i)Li (i) 6= 0.
(b) Soit i ∈ {1, 2, 3}. Alors
4
1 1 X
kNi k2 = hNi , Ni i = 2
hMi , Mi i = Mi (k)2 .
Mi (i) Mi (i)2
k=0
Mais Mi (0) = Mi (4) = 0, et pour k ∈ {1, 2, 3}, k 6= i, on a Mi (k) = 0.
Donc kNi k2 = M 1(i)2 Mi (i)2 = 1, et donc kNi k = 1.
i
Pour j 6= i, on a
4
X
hNi , Nj i = Ni (k)Nj (k) = Ni (i)Nj (i).
k=0
Mais i 6= j, de sorte que Nj (i) = 0. Ainsi, hNi , Nj i = 0. (
1 si i = j
Nous avons bien prouvé que pour tout i, j ∈ {1, 2, 3}, hNi , Nj i = .
0 si i 6= j
Donc (N1 , N2 , N3 ) est une famille orthonormée de E. En particulier, elle est libre, et étant de cardinal 3,
c’est une base de orthonormée de E.
3. Pour i ∈ {1, 2, 3}, on a
φ(Li ) = W Li = Mi = Mi (i)Ni .
Or, on a M1 (1) = −6, M2 (2) = 4, M3 (3) = −6, de sorte que la matrice de φ dans les bases (L1 , L2 , L3 ) et
(N1 , N2 , N3 ) est
−6 0 0
N = 0 4 0 .
0 0 −6
5
4. Notons B = (L1 , L2 , L3 ) et C = (N1 , N2 , N3 ), de sorte que
MatC (f ) = MatC (φ ◦ ∆ ◦ φ−1 ) = MatC,B (φ) × MatB (∆) × MatB,C (φ−1 ) = N × M × N −1 .
Soit encore
−6 0 0 −1 −1/2 0 −1/6 0 0
MatC (f ) = 0 4 0 0 −1 −2 0 1/4 0
0 0 −6 1 3/2 2 0 0 −1/6
6 3 0 −1/6 0 0 −1 3/4 0
= 0 −4 −8 0 1/4 0 = 0 −1 4/3 .
−6 −9 −12 0 0 −1/6 1 −9/4 2
(a) Puisque N1 , N2 , N3 ∈ E ⊂ R4 [X], il est clair que u est à valeurs dans R4 [X].
Si P, Q ∈ R4 [X] et λ ∈ R, alors
3
X 3
X 3
X
u(λP + Q) = (λP + Q)(i)Ni = λ P (i)Ni + Q(i)Ni = λu(P ) + u(Q).
i=1 i=1 i=1
Donc u est linéaire : c’est un endomorphisme de R4 [X].
(b) Soit P ∈ R4 [X] et j ∈ {1, 2, 3}. Alors
4
X 3
X
hP − u(P ), Nj i = hP, Nj i − hu(P ), Nj i = P (k)Nj (k) − P (i)hNi , Nj i.
k=0 i=1
( (
0 si k 6= j 0 si i 6= j
Mais pour tout k ∈ J0, 4K, Nj (k) = , et hNi , Nj i = .
1 si k = j 1 si i = j
X4 X3
Donc P (k)Nj (k) = P (j) et P (i)hNi , Nj i = P (j). Ainsi, on a bien
k=0 i=1
hP − u(P ), Nj i = P (j) − P (j) = 0.
3
X
(c) Notons que hP, Ni iNi = P (i), de sorte que u(P ) = hP, Ni i, avec (N1 , N2 , N3 ) une base orthonormée de
i=1
E. Nous reconnaissons alors une formule donnée dans le cours pour la projection orthogonale sur E. Toute-
fois, l’énoncé demandait de à déduire à ce résultat de la question précédente, donc essayons de l’utiliser...
Notons que u(Ni ) = Ni (i)Ni = Ni , et donc si P ∈ E, alors u(P ) = P .
La question précédente prouve que pour tout P ∈ R4 [X], P − u(P ) ∈ E ⊥ , et il est évident que u(P ) ∈
Vect(N1 , N2 , N3 ) = E. Or, P = u(P ) + (P − u(P )).
| {z } | {z }
∈E ∈E ⊥
Donc par unicité de la décomposition de P dans la somme directe R4 [X] = E ⊕ E ⊥ , u(P ) est la composante
suivant E de P , et donc u est la projection orthogonale sur E.
(d) Il s’agit d’utiliser le résultat de la question précédente : le projeté orthogonal de Q sur E est
3
X
u(Q) = Q(i)Ni = Q(1)N1 = 2N1 .
i=1