Exercice : L'interrogation partielle dans le discours indirect
Rappel : l'interrogation partielle
L'interrogation est dite partielle quand on ne peut répondre ni par « oui » ni par « non ».
Dans la transformation indirecte, on reprend généralement les mots interrogatifs de
l'interrogation indirecte.
- Les pronoms interrogatifs (quand, comment, où, pourquoi, qui…) sont maintenus mais
jamais suivis de l'inversion sujet/verbe.
- Est-ce que devient ce que.
Exemple : Il se demande : -« Comment cela finira-t-il ? »
Il se demande comment cela finira.
Exemple : Il me demande : -« Qu'est-ce que tu fais ? »
Il me demande ce que je fais.
Test/exercice : le discours indirect (support : Antigone)
Transposez les phrases suivantes au discours indirect. Toutes les phrases sont interrogatives
mais l'interrogation est partielle. (Le verbe introducteur est au présent).
11) Antigone demande à
1) La nourrice demande à Antigone : - Créon : -
« D’où viens-tu ? » « Pourquoi m’avez-vous raconté cela ? »
2) Ismène demande à Antigone : - 12) Créon demande à Antigone : -« Qu’est-
« Pourquoi parles-tu d’autre chose ? » ce que tu vas faire maintenant ? »
3) La nourrice demande à Antigone : -« Où 13) Antigone demande à Ismène : -« Où
as-tu mal ? » iras-tu avec moi ? »
4) La nourrice demande à Antigone : - 14) Créon demande au Chœur : -« Que
« Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? » veux-tu que je fasse pour elle ? »
5) Hémon demande à Antigone : -« Qu’est- 15) Antigone demande au garde : -« Quel
ce que tu vas me dire encore ? » âge as-tu ? »
6) Créon demande au garde : -« Qu’as-tu à 16) Antigone demande au garde : -
me dire ? » « Comment vont-ils me faire mourir ? »
7) Créon demande au garde : -« De quoi 17) Antigone demande au garde : « Où en
as-tu peur ? » étais-tu ? »
8) Créon demande à Antigone : - 18) Antigone demande à Créon : -
« Qu’allais-tu faire près du cadavre de « Pourquoi le faites-vous ? »
ton frère ? »
19) Créon demande à Antigone : -
9) Créon demande à Antigone : - « Pourquoi fais-tu ce geste ? »
« Pourquoi as-tu tenté d’enterrer ton
frère ? » 20) Antigone demande à Créon : -« Qui vous
a dit cela ? »
10) Créon demande à Antigone : -« Quel jeu
joues-tu ? »
Le discours direct et indirect dans « la 14) La Chouafa concluait : - « La santé est chose
boîte à merveilles » : exercice capitale ! Rien ne peut la remplacer. »
1) Ma mère me dit : - « Je t'emmène prendre un
bain, je te promets une orange et un œuf dur. » 15) La Chouafa lui recommanda : - « Ne t'inquiète
pas pour ton fils, les amis de Dieu veillent sur sa
2) Toujours hoquetant, je répondis : - « Je ne veux santé. Il a des protecteurs dans le monde visible
pas aller en Enfer. » et dans le monde invisible. »
3) Ma mère dit à la caissière : - « Je te laisse mon
fils, je n'ai pas eu encore une goutte d'eau pour
me laver. » 16) Ma mère demanda à notre voisine : - « Tu
célèbres un mariage ? Pourquoi fais-tu brûler
plusieurs bougies ? »
4) Ma mère me dit : - « Habille-toi! »
5) Mon père interrogea ma mère : - « Avec qui 17) Ma mère dit : - « Ta lampe éclaire bien. Mais n'y
t’es-tu encore disputée ? » a-t-il pas de danger d'explosion ? Des risques
d'incendie ? »
6) – « Qu'a-t-il ton fils ? » demanda la visiteuse qui
remarqua la pâleur de mon visage.
18) Bziouya répondit timidement : - « Je ne crois
pas qu'il y ait de danger. Plusieurs personnes du
7) Lalla Aïcha proposa à ma mère : - « montons quartier se servent maintenant de ces lampes.
tous les trois cet après-midi à Sidi Ali Elles en paraissent très satisfaites. »
Boughaleb. »
8) – « Donne-moi la main », m’ordonna ma mère.
19) Ma mère dit à Rahma : - « Nous pouvons peut-
9) – « Va devant, tu as la main toute moite », me être te venir-en aide. Cesse de pleurer. »
recommanda ma mère.
20) Hoquetant, je lui répondis : - « Cela m'est égal
10) – « Vos vœux seront exaucés et vos désirs
qu'on ne retrouve pas Zineb, je pleure parce que
comblés, Dieu est généreux, il soulage les
j'ai faim! »
souffrances et panse toutes les blessures »,
affirma la gardienne du mausolée.
21) Ma mère répondit : - « Cette pauvre Rahma a
passé une journée dans les affres de l'angoisse.
11) Mon père conseilla à ma mère : - « Ne l'envoie Nous avons toutes été bouleversées. »
pas au Msid, il semble bien fatigué. »
22) – « Que s'est-il passé? demanda mon père. »
12) La Chouafa demanda à ma mère : - « Comment
23) Rahma gratifia Zineb d'une gifle sonore et lui
te sens-tu ce matin ? »
demanda : - « N'as-tu pas honte de mouiller ton
13) Ma mère me demandait : - « Ta tête ne te fait- lit presque chaque nuit ? Je devrais te lâcher
elle pas trop souffrir ? Ton sommeil a-t-il été dans une étable, au lieu de te préparer chaque
paisible ? » soir, ton matelas. »
Correction : Le discours direct et indirect dans « la boîte 14) La Chouafa concluait : - « La santé est chose
à merveilles » capitale ! Rien ne peut la remplacer. »
La Chouafa concluait que la santé était chose
Le verbe introducteur est au passé.
1) Ma mère me dit : - « Je t'emmène prendre un bain, capitale et que rien ne pouvait la remplacer.
je te promets une orange et un œuf dur. » 15) La Chouafa lui recommanda : - « Ne t'inquiète pas
Ma mère me dit qu'elle m'emmenait prendre un bain pour ton fils, les amis de Dieu veillent sur sa santé. Il
et qu'elle me promettait une orange et un œuf dur. a des protecteurs dans le monde visible et dans le
2) Toujours hoquetant, je répondis : - « Je ne veux pas monde invisible. »
aller en Enfer. » La Chouafa lui recommanda de ne pas s'inquiéter
Toujours hoquetant, je répondis que je ne voulais pour son fils, elle ajouta que les amis de Dieu
pas aller en Enfer. veillaient sur sa santé et qu'il avait des protecteurs
3) La mère dit à la caissière : - « Je te laisse mon fils, je dans le monde visible et dans le monde invisible.
n'ai pas eu encore une goutte d'eau pour me laver. » 16) Ma mère demanda à notre voisine : - « Tu célèbres un
La mère dit à la caissière qu'elle lui laissait son fils et mariage ? Pourquoi fais-tu brûler plusieurs bougies ? »
qu'elle n'avait pas eu encore une goutte d'eau pour Ma mère demanda à notre voisine si elle célébrait un
se laver. mariage et pourquoi elle faisait brûler plusieurs bougies.
4) Ma mère m’ordonna : - « Habille-toi! » 17) Ma mère dit : - « Ta lampe éclaire bien. Mais n'y a-t-il
Ma mère m'ordonna de m'habiller. pas de danger d'explosion ? Des risques d'incendie ? »
5) Mon père interrogea ma mère : - « Avec qui t’es-tu Ma mère dit que sa lampe éclairait bien. Mais elle
encore disputée ? » demanda s'il n'y avait pas de danger d'explosion et
Mon père interrogea ma mère pour savoir avec qui des risques d'incendie.
elle s'était encore disputée. 18) Bziouya répondit timidement : - « Je ne crois pas
6) – « Qu'a-t-il ton fils ? » demanda la visiteuse qui qu'il y ait de danger. Plusieurs personnes du quartier
remarqua la pâleur de son visage. se servent maintenant de ces lampes. Elles en
La visiteuse qui remarqua la pâleur de son visage paraissent très satisfaites. »
demanda ce qu'avait son fils. Bziouya répondit timidement qu'elle ne croyait pas
7) Lalla Aïcha proposa à ma mère : - « montons tous les qu'il y avait de danger, que plusieurs personnes du
trois cet après-midi à Sidi Ali Boughaleb. » quartier se servaient de ces lampes et qu'elles en
Lalla Aïcha proposa à ma mère de monter tous les paraissaient très satisfaites.
trois l'après-midi même à Sidi Ali Boughaleb. 19) Ma mère dit à Rahma : - « Nous pouvons peut-être
8) – « Donne-moi la main », m’ordonna ma mère. te venir-en aide. Cesse de pleurer. »
Ma mère m'ordonna de lui donner la main. Ma mère dit à Rahma qu'elles pouvaient peut-être lui
9) – « Va devant, tu as la main toute moite », me venir en aide et elle lui conseilla de cesser de pleurer.
recommanda ma mère. 20) Hoquetant, je lui répondis : - « Cela m'est égal qu'on
Ma mère me recommanda d'aller devant et elle ne retrouve pas Zineb, je pleure parce que j'ai faim! »
ajouta que j'avais la main toute moite. Hoquetant, je lui répondis que cela m'était égal
10) – « Vos vœux seront exaucés et vos désirs comblés, qu'on ne retrouvait pas Zineb et que je pleurais
Dieu est généreux, il soulage les souffrances et panse parce que j'avais faim.
toutes les blessures », affirma la gardienne du 21) Ma mère répondit : - « Cette pauvre Rahma a passé
mausolée. une journée dans les affres de l'angoisse. Nous avons
La gardienne du mausolée affirma que nos vœux toutes été bouleversées. »
seraient exaucés et nos désirs comblés, que Dieu Ma mère répondit que cette pauvre Rahma avait
était généreux et qu'il soulageait les souffrances et passé une journée dans les affres de l'angoisse et
pansait toutes les blessures. qu'elles avaient toutes été bouleversées.
11) Mon père conseilla à ma mère : - « Ne l'envoie pas 22) – « Que s'est-il passé? demanda mon père. »
au Msid, il semble bien fatigué. » Mon père questionna pour savoir ce que s'était passé.
Mon père conseilla à ma mère de ne pas m'envoyer 23) Rahma gratifia Zineb d'une gifle sonore et lui demanda :
au Msid et il ajouta que je semblais bien fatigué. - « N'as-tu pas honte de mouiller ton lit presque chaque
12) La Chouafa demanda à ma mère : - « Comment te nuit ? Je devrais te lâcher dans une étable, au lieu de te
sens-tu ce matin ? » préparer chaque soir, ton matelas. »
La Chouafa demanda à ma mère comment elle se Rahma gratifia Zineb d'une gifle sonore et lui
sentait ce matin-là. demanda si elle n'avait pas honte de mouiller son lit
13) Ma mère me demandait : - « Ta tête ne te fait-elle presque chaque nuit et elle ajouta qu'elle devrait la
pas trop souffrir ? Ton sommeil a-t-il été paisible ? » lâcher dans une étable, au lieu de lui préparer
Ma mère me demandait si ma tête ne me faisait pas chaque soir, son matelas.
trop souffrir et si mon sommeil avait été paisible.
Le style direct / le style indirect et le style indirect libre.
I. Au style direct, on rapporte exactement les paroles d’un personnage, telles qu’elles
ont été prononcées.
On utilise donc la ponctuation du dialogue ( : - «). Les deux-points, les tirets et les
guillemets.
On conserve les temps verbaux utilisés par le personnage dont on rapporte les propos.
On garde également les personnes, les marques de lieu et de temps qu’il avait choisies.
Enfin, on conserve toutes les caractéristiques vivantes du langage oral : apostrophe,
interjection, exclamation…
Ex : Le professeur m’a dit : -« Oh ! C’est un travail bâclé, je ne suis pas satisfait de toi. »
II. Au style indirect, on intègre les paroles d’un personnage sans interrompre le récit,
dans une proposition subordonnée.
La ponctuation du discours direct disparaît donc (« - ?!). Toutes les phrases deviennent
déclaratives.
Les temps verbaux deviennent ceux du récit, en respectant les règles de concordance des
temps.
Les marques de personnes grammaticales (adjectifs possessifs, pronoms personnels,
pronoms possessifs) dépendent de celui qui rapporte les paroles.
Les marques de temps et de lieu sont modifiées.
Les caractéristiques du langage oral disparaissent.
Ex : Le professeur m’a dit que c’était un travail bâclé et qu’il n’était pas satisfait de moi.
Le style indirect est employé pour rapporter des paroles. Ce rapport nécessite quelques
transformations grammaticales.
1) Les mots de liaison :
Si la phrase est déclarative ou exclamative, j'emploie le mot de liaison « que ».
Ex : Il dit : -« Je ne me sens pas très bien. »
Il dit qu’il ne se sent pas très bien.
Si la phrase est impérative, j'emploie l'infinitif du verbe qui est à l'impératif, précédé de «de »
Ex : Mon frère me conseille : -« prends soin de ta petite sœur. »
Mon frère me conseille de prendre soin de ma petite sœur.
Si la phrase est interrogative, Je regarde si elle est totale ou partielle :
L'interrogation est dite totale quand on peut y répondre par « oui » ou par « non ». Nous
utilisons alors, dans la transformation indirecte, l'adverbe interrogatif « si »
Ex : Il me demande : -« As-tu fait tes devoirs ? »
Il me demande si j’ai fait mes devoirs.
L'interrogation est dite partielle quand on ne peut répondre ni par « oui » ni par « non ».
Dans la transformation indirecte, on reprend généralement les mots interrogatifs de
l'interrogation indirecte.
Ex : Il se demande : -« Comment cela finira-t-il ? »
Il se demande comment cela finira.
Remarques :
a) Il me demande : -« Qu'est-ce que tu fais ? » Il me demande ce que je fais.
b) Si le verbe introducteur est « questionner » ou « interroger », on ajoute « pour savoir ».
Ex : Il me questionne : -« pourquoi pleures-tu ? »
Il me questionne pour savoir pourquoi je pleure.
2) Concordance des temps :
Si le verbe introducteur est au passé (passé composé, passé simple, imparfait, plus-que-
parfait, passé antérieur) la concordance des temps doit être appliquée :
Style direct Style indirect
Présent Imparfait
Imparfait Imparfait
Passé composé Plus-que-parfait
Passé simple Plus-que-parfait
Futur simple Conditionnel présent
Futur antérieur Conditionnel passé
Impératif Infinitif (ou subjonctif)
3) Les marques de temps et de lieu :
Style direct Style indirect
Ici Là
À cet endroit À cet endroit-là
Aujourd’hui Ce jour-là / le jour même
Maintenant À ce moment-là
Hier La veille
Avant-hier L’avant-veille
Il y a trois jours Trois jours auparavant
Demain Le lendemain
Dans trois jours Trois jours plus tard
L’année dernière L’année précédente
L’année prochaine L’année suivante
III. Le style indirect libre
Au style indirect libre, on insère des paroles dans le récit sans marque explicite : il n’y a
ni verbe introducteur, ni mot subordonnant, ni ponctuation particulière.
Les paroles sont presque totalement intégrées à la narration. Les temps verbaux
respectent les règles de concordance des temps ; les marques de temps, de lieu, les
personnes grammaticales, sont celles du récit (comme au style indirect).
Mais le discours indirect libre offre des possibilités d’expression plus riches que le
discours indirect : il peut conserver des apostrophes, des exclamations, des
interrogations, des expressions familières…
Il permet de reproduire les propos prononcés par un personnage, mais aussi ses pensées
par un monologue intérieur inséré dans le récit.
Ex : Elle abandonna la musique. Pourquoi jouer ? Qui l’entendrait ? (…) ce n’était point la
peine de s’ennuyer à étudier. (Flaubert – Madame Bovary)
Ex : Plantée devant l’Assommoir, Gervaise songeait. Si elle avait deux sous, elle serait
entrée boire la goutte. Peut-être qu’une goutte lui aurait coupé la faim. Ah ! elle en avait
bu des gouttes ! (Zola – L’Assommoir)