FSJP - LICENCE III - AFFAIRES - DROIT DE L’IMPORT-EXPORT - MBENGUE - 2010/2011
DROIT DE L’IMPORT-EXPORT
PAR LE PROFESSEUR OUSMANE MBAYE
INTRODUCTION
Une initiation au Droit de l’import-export impose que l’on définisse d’abord l’objet sur lequel porte ce
Droit. Cet objet est l’import- export qui est un diminutif des termes importation et
exportation. Autrement dit, qu’est ce que l’importation et qu’est ce que l’exportation ?
DEFINITION
L’importation c’est l’entrée d’un bien ou d’un service dans un pays donné en provenance d’un autre .
Et l’exportation constitue son symétrique, c'est-à-dire la sortie de biens ou d’un service d’un Etat vers un
autre. Le tout bien sûr en contrepartie:
- de règlement de services,
- d’or,
- de devise ou
- de dettes antérieures.
Ces biens et services sont destinés à être consommés ou transformés dans le pays d’importation ou dans
le pays d’exportation.
De ces définitions, on peut commencer à qualifier l’activité d’import-export c'est-à-dire
la loger dans les catégories juridiques existantes, la qualification servant
à fixer la place et l’origine des règles organisant ladite activité.
Dans un premier temps, on peut noter que l’activité d’import-export est une activité commerciale
parce qu’il y a échange avec contre valeur (i.e. à titre onéreux) et que c’est une activité réalisée par une
catégorie spéciale de personnes : les commerçants.
Dans un second temps, on dira que ces rapports commerciaux doivent être qualifiés aussi de
rapport internationaux parce qu’ils mettent en contact deux ordres juridiques distincts : celui du pays
d’importation et celui du pays d’exportation.
Les opérations d’import export déclencheront aussi une série d’activités logistiques et financières et
suscitent l’intérêt des pouvoirs publics des pays d’entrée ou de sortie des marchandises.
Au plan macroéconomique, les importations et exportations constituent en volume les données
statistiques qui permettent, par simple soustraction, de connaître la mesure de l’excédent ou du
déficit de la balance commerciale d’un pays donné. La balance commerciale est une composante de la
balance des paiements. Les autres composantes étant les investissements directs à l’étranger et les prêts
intergouvernementaux.
En résumé, les importations et les exportations rentrent dans l’évaluation, l’appréciation de la
santé financière d’un Etat.
Au total, on peut dire que la Droit de l’import export c’est :
- du Droit commercial,
- du Droit des affaires,
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- du Droit public,
- du Droit du commerce international,
- du Droit international aussi bien public que privé.
Cette référence au Droit public est due au fait que les règles applicables à l’import-export
n’ont pas seulement une source interne (nationale) mais aussi parce que
les Etats partagent avec les organisations supra étatiques la qualité de producteur de
normes.
Pour terminer, il faut signaler que l’histoire immédiate oblige à inscrire le Droit de l’import export dans le
contexte de la tendance actuelle de l’économie mondiale. Il s’agit donc de restituer ce Droit et de le lire
en gardant présent à l’esprit qu’il est fortement influencé par la direction actuelle prise par l’économie
mondiale dans le domaine des échanges commerciaux transfrontières.
C’est ainsi que, le cours de l’import export va s’articuler autour de deux idées principales qui
constitueront les deux parties du cours :
1. L’organisation de l’import export et
2. La gestion des activités d’import export.
La première partie se consacre à l’environnement juridique dans lequel sont appelés à se dérouler
lesdites activités. Autrement dit, il s’agit de mettre à jour l’entier arsenal législatif, réglementaire et
conventionnel d’exercice de ces activités sur le sol sénégalais ainsi que la philosophie
qui l’inspire et l’anime.
Quant à la deuxième partie, elle s’inscrit dans la continuité de l’organisation mais avec un accent sur
l’aspect pratique. autrement dit, il s’agit de faire corps avec les règles relatives aux conditions d’entrée et
de sortie des biens, à la conduite à tenir par rapport à ces opérations d’import export et enfin à
l’aspect financier de ces transactions à savoir les paiements.
PREMIERE PARTIE : L’ORGANISATION GENERALE DES ACTIVITES D’IMPORT – EXPORT
Le milieu de l’import-export fait l’objet d’une structuration et d’un ordonnancement qu’il faut fixer.
Qui dit organisation dit encadrement. Encadrement d’un secteur déterminé, ici celui de l’import-export et
aussi de formulation d’un système de règle (appareil régulateur) étatiques et supra étatiques propres à
régir les activités spécifiques à ce milieu. On peut vérifier l’idée d’encadrement parce que l’Etat, en sa
qualité de puissance publique, a mis en place un ensemble d’organes et que des organisations ou
organismes non-étatiques mais reconnus et acceptés par lui, sont présents dans le secteur. A ce cadre
professionnel et administratif qui va faire l’objet d’un chapitre 1, s’ajoutera un chapitre 2 ème celui normatif
et réglementaire. Ce deuxième chapitre n’est en fait que le deuxième élément d’organisation dans lequel
se trouve les dispositions pertinentes qui impriment la matière, orientent la politique
d’entrée et de sortie des biens du territoire et enfin répriment
les manquements à la réglementation en vigueur.
CHAPITRE 1 : LE CADRE PROFESSIONNEL ET ADMINISTRATIF DE L’IMPORT-EXPORT
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Les opérations d’import-export font partout l’objet d’une surveillance particulière et ceci en raison de
leur importance stratégique dans l’économie d’un pays. De plus, elles
créent un lien et sont génératrices d’un enjeu entre différents ordres juridiques nationaux.
Pour toutes ces raisons, l’Etat souverain assure des missions de surveillance, de contrôle et de soutien
par le moyen de ces démembrements. La surveillance intéresse aussi, sur un plan actif,
les organisations régionales (UEMOA, CDEAO) et internationales (OMC).
SECTION 1 : LE DISPOSITIF ETATIQUE
Il s’agit ici d’identifier les entités étatiques qui forment l’armature institutionnelle mise en place par l’Etat
(para.2). Cependant, pour le faire, il faut au préalable localiser l’espace territorial d’entrée et de sortie
des biens sur lequel vont s’exercer l’autorité et la réglementation de l’Etat du Sénégal (para.1 er).
PARAGRAPHE 1er : LE TERRITOIRE DOUANIER
Chaque pays dispose de son Territoire Douanier. Et l’intérêt à le délimiter tient à sa définition. Il faut
comprendre par Territoire Douanier, l’espace territorial d’application des règles relatives aux
marchandises pour ce qui est des conditions d’entrée et de sortie, de consommation ou de transite. Pour
le cas du Sénégal, le Territoire Douanier correspond au territoire tout
entier de la république y compris ses eaux territoriales et son espace aérien.
C’est sur ce territoire douanier que l’Etat exerce sa souveraineté pour dire que
c’est là qu’il organise et exerce sa fonction de surveillance et de contrôle qui est la principale mission
du service des Douanes.
Il faut bien préciser cette notion de territoire douanier parce que le Sénégal est membre à part entière
de l’UEMOA. La conséquence est qu’il est garant et débiteur d’une législation communautaire.
Le territoire douanier sénégalais s’est considérablement étendu par l’effet de l’UEMOA. Cependant, le rôle
de chaque Etat sur le sien propre reste intact. C’est pourquoi il convient de matérialiser la notion de
territoire douanier de nos jours sous deux traits distinctifs :
Le territoire douanier primitif ou originel, et
Le territoire douanier élargi qui est la base spatiale du marché commun institué par l’UEMOA.
A – LE TERRITOIRE DOUANIER PRIMITIF
C’est la somme des territoires douaniers primitifs qui font l’union. Cependant, le niveau actuel
d’intégration n’a pas atteint le stade d’une gestion commune de l’entier territoire
communautaire. C’est pourquoi il revient aux autorités douanières
sénégalaises d’exercer leur mission dans les limites du territoire d’avant l’union.
L’article 26 du code des douanes dispose que « l’action des douanes se déroule dans ce que l’on appelle
le rayon des douanes. ». On comprend ce dernier terme (rayon des douanes) comme représentatif des
parties ou zones du territoire douanier dans lesquelles le service des douanes va se livrer à une
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surveillance spéciale. Pour le cas du Sénégal, le rayon des douanes est constitué
d’une zone maritime et d’une zone terrestre.
La zone maritime commence à partir du littoral jusqu’à une distance de 20 kilomètres dans la mer.
Donc, toute embarcation située à 20 kilomètres des côtes sénégalaises peut être visitée par les
douanes.
La zone terrestre couvre le continent et s’ouvre dans le continent à partir d’abord du rivage de la
mer, des rives, des fleuves, rivières et affluant à la mer jusqu’au dernier bureau des douanes situé en
amont ainsi que dans un rayon de 20 kilomètre autour dudit bureau et ensuite à partir des frontières
de terre.
Pour les distances, elles se calculent à vol d’oiseau et il faut aussi noter
qu’elles ne sont pas fixées de manière définitive par la loi. En effet, la réglementation
(Code Communautaire de l’UEMOA) permet à chaque Etat membre de l’UEMOA
l’opportunité d’augmenter la profondeur de la zone terrestre dans le cadre de la lutte contre la fraude
(tâche dévolue dans l’ancien code des douanes sénégalaise au MEF).
B – LE TERRITOIRE DOUANIER COMMUNAUTAIRE
Le principal effet de la constitution de l’UEMOA c’est la création d’une Union Douanière. Et qui dit Union
Douanière dit existence d’un seul territoire douanier commun à tous les Etats membres de cette union.
Juridiquement, cette unification produit des conséquences au plan interne et au plan externe.
Au plan interne, cela se traduit par
l’élimination des droits de douanes et des politiques commerciales restrictives entre Etats membres de
l’union. Autrement dit, il y a libre circulation des produits et biens à l’intérieur de ce territoire douanier
communautaire. C’est pourquoi, sur le plan scientifique, on peut parfaitement substituer aux termes
importation et exportation ceux d’introduction et d’expédition lorsqu’il s’agit de parler des échanges
intracommunautaires.
Cela d’autant plus qu’un produit donné en provenance d’un pays hors union sera considéré comme entré
dans l’ensemble du territoire communautaire sitôt qu’il aura franchi les frontières d’un Etat membre.
Sur le plan externe, l’union crée un tarif extérieur commun (TEC) et
une réglementation commerciale commune vis-à-vis des pays tiers. Dans le principe d’ailleurs,
c’est l’UEMOA qui, en tant qu’entité prendra part aux négociations commerciales internationales en
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qualité de représentant de l’union pour tous ce qui concerne les échanges commerciaux entre la
communauté et les Etats qui en sont tiers.
Il est bon ici de faire référence au cas des zones franches expressément prévues par le code de
l’union. En effet, le Code Communautaire des Douanes offre aux Etats membres la possibilité
d’installer dans leur propre territoire douanier des zones dites franches « soustraites à tout ou partie de
la réglementation douanière ». La franchise dont il est question désigne en droit l’état de
marchandise exonéré totalement ou partiellement de droits et taxes d’entrée ou de sortie de zone
pourtant installés dans le territoire douanier. Autrement dit, on fait comme si les
zones en question sont en dehors du territoire douanier avec comme conséquence l’inapplication de la
réglementation douanière notamment fiscale, aux marchandises qui s’y trouvent. C’est
donc une fiction mais qui ne remet cependant pas en cause la souveraineté politique de l’Etat qui l’a crée
et qui s’y exerce.
On peut rapidement dire que l’idée à la base de la création de ces zones franches tient à
la volonté des Etats d’attirer les investissements extérieurs pour bénéficier en retour de :
- création d’emplois locaux, de
- transfert de technologies, de
- promotion des exportations, le tout dans un contexte de division internationale du travail.
PARAGRAPHE 2 : LES STRUCTURES ET INSTITUTIONS ETATIQUES
Ici, on parlera des entités et institutions qui sont des émanations de l’Etat et concernées par l’import-
export. Elles ont la forme de départements ministériels, de services étatiques ou d’agences.
Il faut ajouter que ces structures et institutions sont des leviers strictement administratifs qui
accompagnent l’Etat pour les opérations d’import-export.
A – LA DIRECTION DU COMMERCE EXTERIEUR (DCE) ET L’AGENCE SENEGALAISE DE PROMOTION DE
L’EXPORTATION (ASEPEX)
La réunion de ces deux organes s’explique par le fait que l’ASEPEX est né des flancs de la DCE
suite à un réaménagement technique interne qui a redéfini les missions administratives à l’import-
export.
a) LA DIRECTION DU COMMERCE EXTERIEUR
Deux textes datant de 1980 l’organise, un décret et un arrêté ministériel (JO du 26 avril 1980, p. 499 et s.
et JO du 6 décembre 1980, p. 1445 et suivant).
Dans l’organigramme du ministère du commerce, la DCE est une des 4 directions techniques rattachées
et constitue ainsi un service autonome avec à sa tête un directeur. Différentes divisions l’a subdivise et il
y en a une qui s’occupe principalement de l’import-export.
Cette division import-export est constituée de différents bureaux qui sont en charge :
- soit de délivrer des licences ou autorisations d’importation ou d’exportation
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- soit de mettre en œuvre les procédures de délivrance et/ou de retrait des cartes d’import-
export imposées aux opérateurs économiques nationaux qui commercent avec l’étranger.
Il faut aussi signaler, au niveau du ministère du commerce,
l’existence d’un Comité National des Négociations Commerciales Internationales dont le directeur de la
DCE assure le secrétariat exécutif. Ce Comité est un cadre institutionnel commun dont la mission est de
préparer la conduite des négociations commerciales bilatérales et multilatérales menées par le Sénégal.
Ce comité se réunit au moins 2 fois l’an et chaque fois que de besoin dans l’année.
Ce comité est présidé par le Ministre du commerce et il est voulu comme un outil destiné à faciliter
l’intégration du Sénégal dans le commerce international. 6 sous-comités, spécialisés chacun dans les
produits au cœur des activités d’import-export, finissent de compléter cette nouvelle structure
(marchandises, services, produits agricoles, investissements, droits de propriété intellectuel, etc. Voir le
décret 2001- 1072 au J.O. du 9 février 2002).
b) L’ASEPEX
L’ASEPEX est un organisme crée en 2005 et placé sous l’autorité du ministre du commerce.
En tant qu’agence, elle a une autonomie de gestion et une grande marge de manœuvre.
Il faut rappeler que l’idée de créer des agences obéit au souci de faire adopter à des services de l’Etat des
éléments de flexibilité et des méthodes de management moderne empruntés au droit privé pour une plus
grande efficacité de l’action administrative.
L’ASEPEX est composée d’ :
un conseil de surveillance et d’orientation stratégique avec des représentants de
l’administration et du secteur privé, d’
un directeur général nommé par décret et d’
un fond de promotion des exportations.
Sa mission consiste à :
faire connaître les productions nationales à l’étranger, à
augmenter les capacités d’exportation des entreprises sénégalaises, à
les accompagner en les informant et enfin, à
identifier les opportunités commerciales sur les marchés étrangers.
L’ASEPEX délivre aujourd’hui les certificats d’origine des produits sénégalais destinés à être exportés.
(Voir J.O. du 19 mars 2005, p. 257 et s.)
B – L’INSTITUTION DE LA CARTE D’IMPORT-EXPORT
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Au Sénégal, l’activité d’import-export est une activité commerciale réservée à une catégorie
socioprofessionnelle déterminée appelée les commerçants.
Il faut donc non seulement être un commerçant, c'est-à-dire être inscrit au Registre du commerce parce
que le commerce est le métier, mais en plus disposer d’une carte spéciale dite « carte d’importateur-
exportateur ». Le code sénégalais des douanes subordonne en effet l’activité d’import-
export à la détention de cette carte par toutes les personnes physiques ou morales commerçantes.
Il faut comprendre que les personnes visées par la loi sont celles pour lesquelles les opérations d’import-
export sont nécessaires à l’accomplissement de leurs activités industrielles ou commerciales. Ces
opérations portent sur :
des marchandises,
des matières premières ou
des produits de toute nature réalisés pas ces personnes de manière directe ou indirecte.
Pour tous ce qui a trait à l’acquisition de cette carte, notamment, délivrance, obtention et
renouvellement, voir le J .O. du 13 juin 1987, p. 518 et s.
PLAN DU COURS
INTRODUCTION
DEFINITION
PREMIERE PARTIE : L’ORGANISATION GENERALE DES ACTIVITES D’IMPORT – EXPORT
CHAPITRE 1 : LE CADRE PROFESSIONNEL ET ADMINISTRATIF DE L’IMPORT-EXPORT
SECTION 1 : LE DISPOSITIF ETATIQUE
PARAGRAPHE 1er : LE TERRITOIRE DOUANIER
A – LE TERRITOIRE DOUANIER PRIMITIF
B – LE TERRITOIRE DOUANIER COMMUNAUTAIRE
PARAGRAPHE 2 : LES STRUCTURES ET INSTITUTIONS ETATIQUES
A – LA DIRECTION DU COMMERCE EXTERIEUR (DCE) ET
L’AGENCE SENEGALAISE DE PROMOTION DE
L’EXPORTATION (ASEPEX)
a) LA DIRECTION DU COMMERCE EXTERIEUR
b) L’ASEPEX
B – L’INSTITUTION DE LA CARTE D’IMPORT-EXPORT
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QUESTIONNAIRE DE COURS D’IMPORT-EXPORT
1- Quelles sont les raisons de la surveillance particulière des opérations d’import-export ?
La surveillance particulière des opérations d’import-export est due au fait qu’ :
- elles sont d’une importance stratégique dans l’économie d’un pays et qu’
- elles créent un lien et sont génératrices d’enjeu entre différents ordres juridiques nationaux.
2- Quelles sont les différentes missions qu’assure l’Etat sur les opérations d’import-export ?
L’Etat souverain assure des missions de surveillance, de contrôle et de soutien
par le moyen de ces démembrements.
3- Qu’est ce que le territoire douanier ?
Il faut comprendre par Territoire Douanier, l’espace territorial d’application des règles relatives
aux marchandises pour ce qui est des conditions d’entrée et de sortie, de consommation ou de
transite.
Pour le cas du Sénégal, le Territoire Douanier correspond au territoire tout entier de la république
y compris ses eaux territoriales et son espace aérien.
4- Quelles est la principale mission du service des douanes ?
La principale mission du service des Douanes est la mission de surveillance et de contrôle.
5- Qu’est ce que le territoire douanier primitif ?
A La lecture de l’article 26 du code des douanes qui dispose que « l’action des douanes se déroule
dans ce que l’on appelle le rayon des douanes. ». Le territoire douanier primitif peut être défini
comme le rayon des Douanes dans lequel s’exerce l’action des douanes.
Le rayon des douanes est le terme représentatif des parties ou zones du territoire douanier
dans lesquelles le service des douanes va se livrer à une surveillance spéciale.
Le rayon sénégalais des douanes est constitué d’une zone maritime et d’une zone terrestre :
La zone maritime commence à partir du littoral jusqu’à une distance de 20 kilomètres dans la
mer. Donc, toute embarcation située à 20 kilomètres des côtes sénégalaises
peut être visitée par les douanes.
La zone terrestre couvre le continent et s’ouvre dans le continent
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- à partir d’abord du rivage de la mer, des rives, des fleuves, rivières et affluant à la mer
jusqu’au dernier bureau des douanes situé en amont ainsi que dans un rayon de 20
kilomètres autour dudit bureau et
- ensuite à partir des frontières de terre.
6- Quelles sont les conséquences de l’unification des territoires douaniers des Etats de l’UEMOA ?
Le principal effet de la constitution de l’UEMOA c’est la création d’une Union Douanière.
Et qui dit Union Douanière dit existence d’un seul territoire douanier commun à tous les Etats
membres de cette union. Juridiquement, cette unification produit des conséquences au plan
interne et au plan externe.
Au plan interne, cela se traduit par
l’élimination des droits de douanes et des politiques commerciales restrictives entre Etats
membres de l’union. Autrement dit, il y a libre circulation des produits et biens à l’intérieur de ce
territoire douanier communautaire. C’est pourquoi, sur le plan scientifique, on peut parfaitement
substituer aux termes importation et exportation ceux d’introduction et d’expédition lorsqu’il
s’agit de parler des échanges intracommunautaires.
Cela d’autant plus qu’un produit donné en provenance d’un pays hors union sera considéré
comme entré dans l’ensemble du territoire communautaire sitôt qu’il aura franchi les frontières
d’un Etat membre.
Sur le plan externe, l’union crée un tarif extérieur commun (TEC) et
une réglementation commerciale commune vis-à-vis des pays tiers. Dans le principe d’ailleurs,
c’est l’UEMOA qui, en tant qu’entité prendra part aux négociations commerciales internationales
en qualité de représentant de l’union pour tous ce qui concerne les échanges commerciaux entre
la communauté et les Etats qui en sont tiers.
7- Qu’est ce qu’une franchise ?
La franchise désigne l’état de marchandise exonéré totalement ou partiellement de droits et
taxes d’entrée ou de sortie de zone pourtant installés dans le territoire douanier.
Autrement dit, on fait comme si les zones en question sont en dehors du territoire
douanier avec comme conséquence l’inapplication de la réglementation douanière notamment
fiscale, aux marchandises qui s’y trouvent. C’est donc une fiction mais qui ne remet cependant
pas en cause la souveraineté politique de l’Etat qui l’a crée et qui s’y exerce.
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8- Quelle est l’idée à la base de la création de zones franches ?
L’idée à la base de la création de ces zones franches tient à la volonté des Etats
d’attirer les investissements extérieurs pour bénéficier en retour de :
- création d’emplois locaux, de
- transfert de technologies, de
- promotion des exportations.
9- Quel est le rôle des bureaux au niveau de la division import-export de la DCE ?
Les différents bureaux de la division import-export de la DCE sont en charge :
- soit de délivrer des licences ou autorisations d’importation ou d’exportation
- soit de mettre en œuvre les procédures de délivrance et/ou de retrait des cartes d’import-
export imposées aux opérateurs économiques nationaux qui commercent avec l’étranger.
10- Quel est le rôle du Comité National des Négociations Commerciales Internationales ?
Ce Comité est un cadre institutionnel commun dont la mission est de préparer la conduite des
négociations commerciales bilatérales et multilatérales menées par le Sénégal.
Il est voulu comme un outil destiné à faciliter l’intégration du Sénégal dans le commerce
international.
11- En quoi consiste la mission de l’ASEPEX ?
La mission de l’ASEPEX consiste à :
faire connaître les productions nationales à l’étranger, à
augmenter les capacités d’exportation des entreprises sénégalaises, à
les accompagner en les informant et enfin, à
identifier les opportunités commerciales sur les marchés étrangers.
L’ASEPEX délivre aussi les certificats d’origine des produits sénégalais destinés à être exportés.
12- Quelles sont les conditions pour exercer des activités d’import-export ?
Au Sénégal, l’activité d’import-export est une activité commerciale réservée à une
catégorie socioprofessionnelle déterminée appelée les commerçants.
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Il faut donc non seulement être un commerçant, c'est-à-dire être inscrit au Registre du
commerce parce que le commerce est le métier, mais en plus disposer d’une carte spéciale dite
« carte d’importateur-exportateur ».
Le code sénégalais des douanes subordonne en effet l’activité d’import-export à la
détention de cette carte par toutes les personnes physiques ou morales commerçantes.
13- Qui sont les personnes assujetties à l’institution de la carte d’import-export ?
Les personnes visées par la loi sont celles pour lesquelles les opérations d’import-export sont
nécessaires à l’accomplissement de leurs activités industrielles ou commerciales. Ces opérations
portent sur :
des marchandises,
des matières premières ou
des produits de toute nature réalisés pas ces personnes de manière directe ou indirecte.