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Arthur Rimbaud : Poète français emblématique

Arthur Rimbaud, poète français né en 1854, est une figure majeure de la littérature française, reconnu pour sa poésie dense et innovante. Bien qu'il ait eu une carrière littéraire brève, ses œuvres comme 'Le Bateau ivre' et 'Une saison en enfer' ont profondément influencé la poésie moderne. Après avoir renoncé à la littérature à 20 ans, il a mené une vie aventureuse en tant qu'explorateur et négociant, laissant derrière lui un héritage littéraire emblématique.

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Arthur Rimbaud : Poète français emblématique

Arthur Rimbaud, poète français né en 1854, est une figure majeure de la littérature française, reconnu pour sa poésie dense et innovante. Bien qu'il ait eu une carrière littéraire brève, ses œuvres comme 'Le Bateau ivre' et 'Une saison en enfer' ont profondément influencé la poésie moderne. Après avoir renoncé à la littérature à 20 ans, il a mené une vie aventureuse en tant qu'explorateur et négociant, laissant derrière lui un héritage littéraire emblématique.

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Arthur Rimbaud

poète français

« Rimbaud » redirige ici. Pour les autres significations, voir Rimbaud (homonymie). Pour les homophones,
voir Raimbeau, Raimbaud et Raimbaut

« L'Homme aux semelles de vent » redirige ici. Pour les autres significations, voir Arthur Rimbaud, l'homme
aux semelles de vent et L'Homme aux semelles devant.

Arthur Rimbaud est un poète français, né le 20 octobre 1854 à Charleville et mort le 10 novembre 1891 à
Marseille. Bien que brève, son œuvre poétique est caractérisée par une prodigieuse densité thématique et
stylistique, faisant de lui une des figures majeures de la littérature française.

Arthur Rimbaud

Rimbaud en octobre 1871, à 17 ans


(photographie : Étienne Carjat).
Biographie

Naissance 20 octobre 1854


Charleville (Ardennes), France
Décès 10 novembre 1891 (à 37 ans)
Marseille (Bouches-du-Rhône),
France
Sépulture Cimetière Boutet (d) (depuis le
14 novembre 1891)

Nom de Jean Nicolas Arthur Rimbaud


naissance
Pseudonyme Jean Baudry
Alcide Bava
Nom court Arthur Rimbaud
Nationalité Français
Activité Poète
Explorateur
Négociant
Marchand de café
Période d'activité 1869-1875
Rédacteur à Chimère (d)
Père Frédéric Rimbaud
Mère Vitalie Rimbaud
Fratrie Vitalie Rimbaud
Isabelle Rimbaud

Autres informations

Mouvement Symbolisme
Genre artistique Poésie en vers
Poème en prose
Influencé par Paul Verlaine, Jules Verne,
Charles Baudelaire, Victor
Hugo, Albert Mérat
Adjectifs dérivés Rimbaldien
Distinction Concours général

0:02

Prononciation

Œuvres principales

Le Bateau ivre (1871)

Une saison en enfer (1873)

Les Illuminations (1872-1875)

Signature

Arthur Rimbaud écrit ses premiers poèmes à 15 ans. Après une brève phase d'initiation, par assimilation du style
des grands poètes contemporains (Charles Baudelaire, Victor Hugo, Théodore de Banville...), développant déjà une
franche originalité dans l'approche de thèmes classiques (« Le Dormeur du val », « Vénus anadyomène »), il
cherche à dépasser ces influences en développant ses propres conceptions théoriques, déclarant que le poète
doit se faire « voyant », c'est-à-dire chercher et décrire l'inconnu par delà les perceptions humaines usuelles, quitte
à y sacrifier sa propre intégrité mentale ou physique. Dès lors, il se met à innover radicalement en matière
d'audace formelle, jusqu'à aborder le genre du poème en prose (dont la voie avait été ouverte par Aloysius
Bertrand et Charles Baudelaire), parsemant ses œuvres d'apophtegmes énigmatiques comme « changer la vie »,
« posséder la vérité dans une âme et un corps » ou « il faut être absolument moderne »1, qui seront repris comme
des slogans par les poètes du xxe siècle, en particulier le mouvement surréaliste. Il entretient parallèlement une
aventure amoureuse tumultueuse avec le poète Paul Verlaine, qui influence profondément son œuvre.

Vers l'âge de 20 ans, il renonce subitement à la littérature, n'ayant alors publié qu'un seul ouvrage à compte
d'auteur — Une saison en enfer — et quelques poèmes épars dans des revues confidentielles, ce qui contribue
encore à son mythe. Il se consacre alors dans un premier temps à l'apprentissage de plusieurs langues, puis, mû
par ses idées marginales, anti-bourgeoises et libertaires, choisit une vie aventureuse, dont les pérégrinations
l'amènent jusqu'en Abyssinie, où il devient négociant (quincaillerie, bazar, vêtements, café, etc.) et explorateur. Sa
tentative d'armer Ménélik avec l'aval du Consul de France s'avère désastreuse pour lui ; son unique « trafic
d'armes » n'a véritablement qu'une incidence politique symbolique, mais contribue à sa légende. De cette seconde
vie, exotique, les seuls écrits connus consistent en près de 180 lettres (correspondance familiale et
professionnelle) et quelques descriptions géographiques.

Des poèmes comme Le Bateau ivre, Le Dormeur du val ou Voyelles comptent parmi les plus célèbres de la poésie
française. La précocité de son génie, sa carrière littéraire fulgurante, sa vie brève et aventureuse contribuent à
forger sa légende et faire de lui l'un des géants de la littérature mondiale.

Biographie

Famille et enfance

Acte de naissance d'Arthur


Rimbaud.

Arthur Rimbaud naît le 20 octobre 1854 à Charleville2. Son père, Frédéric Rimbaud, est né le 7 octobre 1814 à
Dole3. Capitaine d'infanterie alors en garnison à Mézières, il a participé à la campagne d'Algérie où il a gagné la
Légion d'honneur en 1854. Il meurt à Dijon le 17 novembre 18784. Sa mère, Vitalie Rimbaud, née Marie Catherine
Vitalie Cuif le 10 mars 1825 à Roche-et-Méry5, est issue d'une famille de paysans, propriétaires fonciers,
relativement aisée. Ils se marient le 8 février 1853 à Charleville6 et habitent un appartement dans la même ville, au
12, rue Napoléon (actuelle rue Pierre-Bérégovoy).
Vitalie Rimbaud, la mère
d'Arthur Rimbaud (vers
1890).

Le couple n'est réuni qu'au gré de rares permissions du mari, mais cinq enfants naissent : Jean Nicolas Frédéric
(1853-1911) le 2 novembre 18537, qui deviendra conducteur de voitures à Attigny ; Jean Nicolas Arthur le
20 octobre 1854, baptisé un mois plus tard8 ; Victorine Pauline Vitalie le 4 juin 18579 (elle ne vivra que quatre
mois) ; Jeanne Rosalie Vitalie le 15 juin 185810, qui décèdera le 18 décembre 1875 à l'âge de 17 ans ; Frédérique
Marie Isabelle (1860-1917), le 1er juin 186011. Après la naissance de cette dernière, le couple vit séparé ; le
capitaine Rimbaud ne reviendra plus à Charleville.

Se déclarant veuve, la mère déménage avec ses enfants, en 1861, pour habiter au 73, rue Bourbon, dans un
quartier ouvrier de Charleville (qui sera le décor du poème « Les Poètes de sept ans »12).

[réf. nécessaire]
En octobre, le jeune Arthur entame sa scolarité, il entre en neuvième (équivalent du CE2) à l'institution Rossat
(école délabrée mais prisée de l'élite de Charleville), où il se révèle rapidement un élève brillant, récoltant les
premiers prix.

Figure rigide et soucieuse de respectabilité, vigilante quant à l'éducation de ses enfants, Vitalie Rimbaud rend le
climat familial étouffant.

Fin 1862, la famille déménage à nouveau pour un quartier bourgeois au 13, cours d'Orléans (actuel cours Briand).

Carrière de poète

Premières compositions (1865 à 1869)

Arthur Rimbaud, premier


communiant, à 11 ans.
En 1865, à la rentrée de Pâques, Arthur Rimbaud quitte l'institution Rossat où il a passé le début de sa sixième, et
entre au collège municipal de Charleville, où il confirme ses aptitudes exceptionnelles, collectionnant les prix
d'excellence en littérature, version et thème latins. Il rédige en latin avec aisance, des poèmes, des élégies, des
dialogues. Mais il bout intérieurement, comme cela transparaît dans Les Poètes de sept ans13 :

Tout le jour il suait d'obéissance ; très


Intelligent ; pourtant des tics noirs, quelques traits
Semblaient prouver en lui d'âcres hypocrisies.
Dans l'ombre des couloirs aux tentures moisies
En passant il tirait la langue, les deux poings
À l'aine, et dans ses yeux fermés voyait des points.

Tous les jours avant la classe, Arthur et Frédéric montent dans une barque amarrée aux rives14, chose que l'on
peut voir dans un de ses dessins intitulé Navigation, où l'un des personnages crie « au-secours »15.

En juillet 1869, il participe aux épreuves du Concours académique16 où il remporte facilement le premier prix de
vers latins sur le thème « Jugurtha ». Le principal du collège, Jules Desdouets, aurait dit de lui : « Rien d'ordinaire
ne germe dans cette tête, ce sera le génie du Mal ou celui du Bien17. » En obtenant tous les prix dès l'âge de
quinze ans, il s'affranchit des humiliations de la petite enfance [précision nécessaire]. Pendant ces années, il a comme
ami Ernest Delahaye, avec qui il échange de nombreuses lettres18.

Rencontre avec Georges Izambard (janvier 1870)

En janvier 1870, alors en classe de rhétorique, Arthur Rimbaud se lie d'amitié avec Georges Izambard, son
professeur de rhétorique, qui commence sa carrière à 22 ans. Ce dernier lui prête de nombreux livres, notamment
Les Misérables de Victor Hugo, qui font bondir sa mère19 — qu'il surnomme « la Mother », « La bouche d'ombre20 »
ou encore, « La Daromphe » [réf. nécessaire].

De cette époque datent ses premiers vers publiés : « Les Étrennes des orphelins », parus dans la Revue pour tous
en janvier 1870. L'orientation poétique est alors celle du Parnasse, sous l'influence de la revue collective Le
Parnasse contemporain.

Lettre à Théodore de Banville (mai 1870)

Le 24 mai 1870, Arthur Rimbaud, alors âgé de quinze ans et demi, écrit au chef de file du Parnasse, Théodore de
Banville. Dans cette lettre, il transmet ses volontés de « devenir Parnassien ou rien » et de se faire publier. Pour
cela, il joint trois poèmes : « Ophélie », « Sensation » et « Credo in unam ». Banville lui répond, mais les poèmes en
question ne paraîtront pas dans la revue.

Son poème À la musique témoigne de son mal-être de vivre à Charleville. Rimbaud songe alors à se rendre à la
capitale pour goûter à l'esprit révolutionnaire du peuple parisien [réf. nécessaire].

Première fugue à Paris (août-septembre 1870)

Alors qu'il vient, à la fin de sa classe de rhétorique, de rafler les prix les plus prestigieux, au cours des vacances
scolaires d'été suivantes, le 29 août 1870, quelques jours avant la bataille de Sedan, Rimbaud trompe la vigilance
de sa mère (le poème « Mémoire » en décrit possiblement la scène21) et se sauve avec la ferme intention de se
rendre à Paris.

Contrôlé à son arrivée en gare du Nord, il ne peut présenter qu'un billet de transport irrégulier. Les temps troublés
n'invitent pas à la clémence. Tandis que les armées prussiennes se préparent à faire le siège de Paris et que la
Troisième République est sur le point d'être proclamée, le voilà détenu dans la prison Mazas.

De sa cellule, il écrit à Georges Izambard, à Douai22, pour lui demander de payer sa dette. Le professeur exécute
sa demande et lui paie également le voyage pour se rendre à Douai, lui offrant l'hospitalité avant de le laisser
retourner à son foyer.

Rimbaud arrive à Douai vers le 8 septembre. Redoutant le retour à Charleville, il y reste trois semaines23. Pendant
ce temps, l'armée prussienne encercle la capitale à partir du 19 septembre. Jusqu'ici antimilitariste déclaré,
Rimbaud est pris d'élans martiaux depuis la capitulation de Sedan, si bien qu'il est décidé à suivre son professeur
parti s'engager volontairement dans la Garde nationale. N'étant pas majeur, il en sera empêché malgré ses
protestations. [réf. nécessaire]

Par ailleurs, Rimbaud fait la connaissance du poète Paul Demeny, un vieil ami de son hôte. Celui-ci est codirecteur
d'une maison d'édition, La Librairie artistique, où il a fait paraître un recueil de poèmes (Les Glaneuses). Rimbaud
saisit l'occasion et, dans l'espoir d'être édité, lui dépose une liasse de feuillets où il a recopié quinze de ses
poèmes.

Izambard, qui a prévenu Vitalie Rimbaud de la présence de son fils à Douai, en reçoit la réponse : « chassez-le, qu'il
revienne vite24 ! » Pour calmer les esprits, il décide de raccompagner son élève jusqu'à Charleville. À leur arrivée,
l'accueil est rude : une volée de gifles pour le fils, une volée de reproches, en guise de remerciements pour le
professeur qui, ébahi, « s'enfuit sous l'averse25 ».

Le « Recueil Demeny » (ou « les Cahiers de Douai »)

Lettre à Izambard le
2 novembre 1870.

Le 6 octobre 1870, nouvelle fugue. Paris étant en état de siège, Arthur Rimbaud part à Charleroi — il relate cette
arrivée dans le sonnet « Au Cabaret-Vert, cinq heures du soir »26. Rêvant d'être journaliste, il tente, sans succès, de
se faire engager comme rédacteur dans le Journal de Charleroi. Dans l'espoir de retrouver Georges Izambard, il se
rend à Bruxelles, puis à Douai où son professeur arrive quelques jours après, aux ordres de Vitalie Rimbaud, pour
le faire revenir, escorté de gendarmes, le 1er novembre 1870.

Entre-temps, il est passé chez Paul Demeny pour lui déposer les sept poèmes composés au cours de ce dernier
périple (dont des versions antérieures ont été transmises à Théodore de Banville et à Georges Izambard). Le
10 juin 1871, Rimbaud écrira à Demeny : « … brûlez tous les vers que je fus assez sot pour vous donner lors de
mon séjour à Douai ». Oubliés par Demeny, ces manuscrits seront retrouvés dix-sept ans plus tard27. Ceux-ci ont
été répertoriés par les biographes sous l'appellation de « Cahier de Douai » ou « Recueil Demeny ».

La réouverture du collège de Charleville fréquenté par Rimbaud l'année précédente est retardée d'octobre 1870 à
avril 1871. Rimbaud collabore alors modestement sous le pseudonyme de Jean Baudry28 au journal Le Progrès
des Ardennes, fondé en novembre 1870 et paru jusqu'en avril 1871. Il parvient à y faire publier, dans l'édition du
25 novembre 1870, un récit satirique, Le Rêve de Bismarck, découvert en 200829. Rimbaud y développe, après
Victor Hugo, la symbolique d'une ville de Paris, lumière de la Révolution, qui sera autrement difficile à combattre
pour les Prussiens. Rimbaud prédit que Bismarck s'y brûlera le nez.

Les lettres à Izambard et Demeny pendant la Commune (mai 1871)

Manuscrit du poème Les


Assis (1871).

« Car Je est un autre. Si le cuivre s'éveille clairon, il n'y a rien de sa faute. »

— Extrait de la lettre à Paul Demeny (dite « lettre du Voyant »), 15 mai 1871).

En février 1871, à l'issue du siège de Paris, Rimbaud fait une nouvelle fugue vers la capitale du 25 février au 10
mars. La situation politique du pays est tendue et Rimbaud cherche à entrer en contact avec de futurs
communards comme Jules Vallès et Eugène Vermersch, mais aussi avec le milieu des poètes ; il rencontre aussi
le caricaturiste André Gill.

Rimbaud revient à Charleville le 18 mars 1871, avant le début de la Commune. Le collège de Charleville annonce
sa réouverture pour le mois d'avril. Bien que brillant élève, Arthur Rimbaud ne retourne pas au collège. Le 17 avril, il
écrit à Paul Demeny qu'il dépouille la correspondance du Progrès des Ardennes. Plusieurs témoignages prétendent
qu'il serait retourné à Paris à ce moment-là30, bien que ceci reste impossible à démontrer dans l'état actuel des
recherches.

Quoi qu'il en soit, la Commune suscita l'enthousiasme du poète. Son ami Ernest Delahaye se rappelle le 20 mars
1871 où tous les deux ont lancé à la « figure décomposée » des boutiquiers de Charleville : « L'ordre est
vaincu31 ! » Le poème Chant de guerre parisien, que le poète a placé en tête de sa lettre à Paul Demeny du 15 mai
1871, célèbre « le printemps » qui a vu le peuple prendre le pouvoir ; quant aux « Mains de Jeanne-Marie », il les
voit « merveilleuses […] / Sur le bronze des mitrailleuses. » Il ressentit ensuite très profondément la tragédie de la
répression. Dans « L'Orgie parisienne » ou « Paris se repeuple », envoyé à Verlaine dans une lettre de septembre
1871, il évoque Paris après la Commune dont « les pieds ont dansé si fort dans les colères », Paris qui reçut « tant
de coups de couteau ». Le poème dénonce la lâcheté des vainqueurs auxquels Rimbaud s'adresse (« Ô lâches, la
voilà [Paris] ! Dégorgez dans les gares ! »)32.

Pendant la Commune, la poésie de Rimbaud se radicalise encore, devient de plus en plus sarcastique : « Les
Pauvres à l'église », par exemple. L'écriture se transforme progressivement. Rimbaud en vient à critiquer fortement
la poésie des romantiques et des Parnassiens, et, dans sa lettre à Georges Izambard du 13 mai 1871 (première
lettre dite « du Voyant »), il affirme son rejet de la « poésie subjective ». C'est également dans la deuxième lettre
dite « du Voyant », adressée le 15 mai à Paul Demeny, qu'il exprime sa différence en exposant sa propre quête de
la poésie : il veut se faire « voyant », par un « long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens », « épuise[r]
en lui tous les poisons, pour n'en garder que les quintessences », jusqu'à « arrive[r] à l'inconnu » — faisant ainsi
écho au dernier vers du poème Le Voyage de Charles Baudelaire : « Au fond de l'Inconnu pour trouver du
nouveau ! » ; Baudelaire qu'il cite d'ailleurs comme un des rares précurseurs sur cette voie exigeante : « le premier
voyant, roi des poètes, un vrai Dieu », bien qu'il lui reproche une forme « mesquine », estimant que « les inventions
d'inconnu réclament des formes nouvelles ». [réf. nécessaire]

Relations avec Verlaine (août 1871 à juillet 1873)

Henri Fantin-Latour, Un coin de table,


1872, musée d'Orsay. Paul Verlaine et
Arthur Rimbaud sont assis à gauche.

Le 15 août 1871, Rimbaud envoie à Théodore de Banville un poème parodique, Ce qu'on dit au poète à propos de
fleurs, critiquant ouvertement la poétique selon lui dépassée de son ancien maître, qui y est cité nommément.

Le 28 août, il écrit à Paul Demeny : il cherche un travail dans la capitale qui lui permette de continuer son activité
de poète. Un ami de Rimbaud, Charles Auguste Bretagne (1837-1881), lui conseille d'écrire à Paul Verlaine qu'il
avait connu auparavant dans le Pas-de-Calais.

Rimbaud dessiné par


Verlaine, en 1872.

Il est difficile de situer précisément le début de la relation épistolaire avec Paul Verlaine. Verlaine prétend avoir
reçu très peu de courriers de Rimbaud et ne parle que de l'envoi de deux poèmes (« Les Premières Communions »
et « Les Effarés »). Finalement, rentré à Paris de son exil après la Commune, il invite Rimbaud : « Venez chère
grande âme, on vous appelle, on vous attend ! » Rimbaud arrive dans la capitale fin septembre 1871. Il est
présenté et très bien accueilli par ses pairs plus âgés, au dîner des « Vilains Bonshommes » le 30 septembre. Il y
rencontre quelques-uns des grands poètes de son temps. Il est successivement logé par les beaux-parents de
Verlaine, rue Nicolet, non sans heurts avec sa femme Mathilde, puis chez Charles Cros, André Gill, Ernest Cabaner,
et même quelques jours chez Théodore de Banville33. Le 20 octobre 1871, Rimbaud a tout juste 17 ans. Au dîner
des Vilains Bonshommes, il lit ses œuvres récentes : « Les Premières communions » et surtout « Le Bateau ivre »,
lequel déroute son auditoire par ses audaces formelles34.

Page de titre de l'Album zutique.

Début novembre, Rimbaud participe au Cercle des poètes zutiques qui vient d'ouvrir à l'hôtel des Étrangers. Il
collabore, seul ou avec Verlaine, à l'Album zutique, produisant des pastiches d'auteurs en vogue, notamment des
pièces au contenu scandaleux comme le Sonnet du trou du cul. En février ou en mars 1872, Rimbaud est peint par
Henri Fantin-Latour, aux côtés de Verlaine, dans le tableau Un coin de table.

Au fil des mois, les provocations de Rimbaud excèdent le milieu parisien. L'incident avec Étienne Carjat au dîner
des Vilains Bonshommes du 2 mars 1872 le fait définitivement tomber en disgrâce : Rimbaud, complètement
saoul, a blessé le célèbre photographe d'un coup de canne-épée. Pour sauver son mariage et rassurer ses amis,
Verlaine se résigne à éloigner Rimbaud de Paris. Rimbaud se fait oublier quelque temps en retournant à
Charleville. Verlaine lui écrit en secret et Rimbaud revient dans la capitale en mai 1872 ; le 7 juillet tous deux
quittent Paris pour la Belgique, Verlaine ayant délaissé sa femme et son enfant. Mathilde rompt alors avec lui et
effectue une demande de séparation de corps et de biens. Commence pour Rimbaud et son aîné une liaison
amoureuse agitée de juillet 1872 à juin 1873 ; ils vivent un temps à Londres. Rimbaud revient occasionnellement
en France en décembre 1872 et en avril 1873.

Rimbaud alité après le « drame de


Bruxelles », juillet 1873 (tableau peint
par Jef Rosman, musée Arthur-
Rimbaud).

Cette liaison tumultueuse se termine par ce que la chronique littéraire désigne sous le nom de « drame de
Bruxelles ». En juin 1873, les deux amants sont à Londres et proposent des cours de français pour vivre. Verlaine
quitte brusquement Rimbaud le 3 juillet, affirmant vouloir rejoindre sa femme, décidé à se tirer une balle dans la
tête si elle ne l'accepte pas. Il retourne alors à Bruxelles et réside dans un hôtel. Rimbaud le rejoint le 8 juillet.
Persuadé que Verlaine n'aura pas le courage de mettre fin à ses jours, Rimbaud annonce qu'il repart seul pour
Paris. Le 10 juillet 1873, Verlaine, ivre, tire sur Rimbaud à deux reprises avec un revolver, le blessant légèrement au
poignet. Rimbaud se fait soigner et, craignant pour sa vie, demande la protection d'un agent de police de la ville.
Verlaine est incarcéré à la prison de Bruxelles puis transféré à Mons. Même si Rimbaud a retiré sa plainte,
l'enquête révèle l'homosexualité « active et passive » de l'accusé, circonstance jugée aggravante, et Verlaine est
condamné en août 1873 à deux ans de prison pour blessure avec arme à feu35.

Une saison en enfer et Les Illuminations (1873-1874)

Fin juillet 1873, Rimbaud rejoint la ferme familiale de Roche où il s'isole pour écrire Une saison en enfer, relatant
sous forme de prose poétique cette période chaotique et douloureuse. Déjà, l'ouvrage s'achève par un premier
« Adieu », comportant des formules restées célèbres comme « Il faut être absolument moderne » ou « posséder la
vérité dans une âme et un corps ». Les volumes d'Une Saison en enfer sont imprimés à compte d'auteur, à
Bruxelles, en octobre 1873. Ils seront réédités, sans l'autorisation de leur auteur, en septembre 1880 dans la revue
La Vogue.

Fin mars 1874, Rimbaud retourne un temps à Londres en compagnie du poète Germain Nouveau, qui participe à la
mise au net des manuscrits des Illuminations, recueil à la genèse confuse et à la forme radicalement novatrice.

Une lettre de Rimbaud à Jules Andrieu (ancien député de la Commune de Paris), exilé à Londres, datée du
16 avril 1874, découverte en 2018, prouve que Rimbaud était occupé par un projet littéraire-poétique, « L'Histoire
splendide », au cours de ces semaines, pour lesquelles il a demandé l'aide d'Andrieu. Les poèmes en prose déjà
écrits étaient probablement destinés à faire partie de ce projet. Andrieu n'a apparemment pas répondu36,37.

Venant d'avoir vingt ans en octobre 1874, Rimbaud a atteint l'âge du service militaire, mais il ne peut se rendre à
temps devant le conseil de révision pour le tirage au sort, alors en vigueur. Le maire de Charleville s'en charge et
n'a pas la main heureuse. De retour à Charleville le 29 décembre, Rimbaud fait valoir un article de la loi sur le
recrutement du 27 juillet 1872, qui le fait bénéficier d'une dispense grâce à son frère Frédéric, déjà engagé pour
cinq ans. Il est donc dispensé du service militaire, mais pas de la période d'instruction, à laquelle il se dérobera
néanmoins.

« L'Homme aux semelles de vent »

Abandon de la poésie (1875)

Après avoir étudié l'allemand depuis le début de l'année 1875, Rimbaud part pour l'Allemagne le 13 février38, pour
se rendre à Stuttgart, afin de parfaire son apprentissage de la langue. Verlaine, libéré depuis le 16 janvier, après
dix-huit mois d'incarcération, transformé par des accès mystiques, vient le voir « un chapelet aux pinces… Trois
heures après on avait renié son dieu et fait saigner les quatre-vingt-dix-huit plaies de N.S. [Verlaine] est resté deux
jours et demi […] [et] s'en est retourné à Paris39... » Rimbaud remet à Verlaine les manuscrits des Illuminations, afin
qu'il les remette à Germain Nouveau, pour une éventuelle publication40.

Fin mars 1875, Rimbaud quitte Stuttgart avec, maintenant, le désir d'apprendre l'italien. Pour ce faire, il traverse la
Suisse en train et, par manque d'argent, franchit le Saint-Gothard à pied. À Milan, une veuve charitable lui offre
opportunément l'hospitalité. Il reste chez elle une trentaine de jours puis reprend la route. Victime d'une insolation
sur le chemin de Sienne, il est soigné dans un hôpital de Livourne, puis est rapatrié le 15 juin à bord du vapeur
Général Paoli. Débarqué à Marseille, il est à nouveau hospitalisé quelque temps. Après ces aventures
« épastrouillantes », dixit Ernest Delahaye, il annonce à ce dernier son intention d'aller s'engager dans les rangs
carlistes, histoire d'apprendre l'español (sic)41, mais ne la concrétisera pas. Redoutant les remontrances de la
Mother, il traîne des pieds en vivant d'expédients dans la cité phocéenne.
Rimbaud à la mi-décembre 1875, par
Ernest Delahaye.

Mi-août 1875, Rimbaud fait son retour à Charleville, où entre-temps sa famille a déménagé au 31, rue Saint-
Barthélemy42. À l'instar de son ami Delahaye, Rimbaud envisage de passer son baccalauréat ès sciences avec
l'objectif de faire Polytechnique, ce qu'il ne peut réaliser, car, âgé de 21 ans en cet automne 1875, il a dépassé l'âge
limite de 20 ans pour y accéder. Nouvelle foucade : il suit des cours de solfège et de piano, et obtient le
consentement de sa mère pour installer l'instrument au logis. À ce moment, Verlaine, qui reçoit des nouvelles de
Rimbaud par une correspondance assidue avec Delahaye, est en demande d'anciens vers d'Arthur. Delahaye lui
répond : « Des vers de lui ? Il y a beau temps que sa verve est à plat. Je crois même qu'il ne se souvient plus du
tout d'en avoir fait43. »

Le 18 décembre 1875, sa sœur Vitalie meurt à 17 ans et demi d'une synovite tuberculeuse44. Le jour des
obsèques, l'assistance observe avec étonnement le crâne rasé du fils cadet.

Vers les Indes néerlandaises (1876)

Dessin de Paul Verlaine


intitulé Dargnières nouvelles,
moquant Rimbaud dans une
lettre à Ernest Delahaye, vers
avril 1876 — Bibliothèque
littéraire Jacques Doucet.

Après avoir mûri quelques projets pour découvrir d'autres pays à moindres frais, Rimbaud reprend la route en
février 1876, passant par Strasbourg, pour se rendre en Autriche et rejoindre la Turquie. Arrivé à Vienne, il est
victime, le 28 février, d'un vol de ses économies (500 francs) ; c'est ce que rapporte le journal viennois Fremden-
Blatt, dans lequel Rimbaud est dit professeur de langues, justifiant la possession d'une arme à feu pour mieux se
protéger. Le périple envisagé a donc tourné court : il se retrouve ainsi sans argent, il écrit sa situation à Verlaine, et
ce dernier en informe Delahaye ; arrêté pour vagabondage, Rimbaud est finalement expulsé du pays et se voit
contraint de regagner Charleville45.

Vers le mois de mai, il repart, cette fois en direction de Bruxelles. Selon une hypothèse, il se serait fait racoler par
les services d'une armée étrangère. [réf. nécessaire] Toujours est-il qu'il se présente au bureau de recrutement de
l'armée coloniale néerlandaise, pour servir dans les Indes orientales néerlandaises.
La caserne de Salatiga, Java central,
en 1870.

Muni d'un billet de train, il aboutit le 18 mai 1876 — après un contrôle à la garnison de Rotterdam — dans la
caserne d'Harderwijk, où il signe un engagement pour six ans. Rimbaud et les autres mercenaires, formés et
équipés, sont chargés de réprimer une révolte dans l'île de Sumatra. Le 10 juin, riches de leur prime — 300 florins
au départ du bateau et 300 florins à l'arrivée à destination46, ils sont transportés au Helder, pour embarquer à bord
du Prins van Oranje, direction Java en Indonésie. Après une première escale à Southampton et le contournement
de Gibraltar, le voyage connaît quelques désertions lors d'escales ou de passages près des côtes : Naples, Port-
Saïd, traversée du canal de Suez, Suez, Aden et Padang47. Le 23 juillet, le bateau vapeur accoste à Batavia
(aujourd'hui Jakarta). Une semaine après, les engagés reprennent la mer jusqu'à Semarang dans le Centre de Java
pour être acheminés en train à la gare de Tuntang, et de là à pied jusqu'à la caserne de Salatiga.

En possession de la seconde partie de sa prime, goûtant peu la discipline militaire, Rimbaud déserte. Quelques
semaines lui sont nécessaires pour se cacher et retourner à Semarang où il se fait enrôler sur le Wandering Chief,
un voilier écossais qui appareille le 30 août pour Queenstown, en Irlande. Au bout d'un mois de mer, le navire
essuie une tempête en passant le cap de Bonne-Espérance. La mâture détériorée, il continue néanmoins sa route
sur Sainte-Hélène, l'île de l'Ascension, les Açores… Arrivé à Queenstown le 6 décembre, « Rimbald le marin »
(comme le surnommera Germain Nouveau quand il le rencontrera plus tard à Paris) poursuit par les étapes
suivantes : Cork, Liverpool, Le Havre, Paris et « Charlestown48 » (ainsi qu'il appelait Charleville).

1877 : voyages en Europe

La belle saison revenue, Arthur Rimbaud quitte à nouveau Charleville en 1877. Son entourage et ses amis peinent
à suivre son itinéraire durant cette année. Les seules sources de renseignements, souvent contradictoires,
viennent de son ami Ernest Delahaye et de sa sœur Isabelle.

Seule certitude : sa présence le 14 mai à Brême où il rédigea une lettre en anglais au consul des États-Unis
d'Amérique, lettre signée « John Arthur Rimbaud », et dans laquelle il demande « à quelles conditions il pourrait
conclure un engagement immédiat dans la Marine américaine », en faisant valoir sa connaissance des langues
anglaise, allemande, italienne et espagnole49. Il ne reçut apparemment pas de réponse favorable, car, selon
Delahaye, il se serait rendu à Cologne puis à Hambourg, pour divers projets inaboutis50.

En juin, le nom de Rimbaud est cité sur le registre des étrangers à Stockholm en Suède. Le 16 juin, Delahaye écrit à
Verlaine : « Du voyageur toqué pas de nouvelles. Sans doute envolé bien loin, bien loin… » Le 9 août, le même
épistolier informe son ami Ernest Millot « qu'il a été signalé dernièrement à Stockholm, puis à Copenhague, et pas
de nouvelles depuis ». Dix-neuf ans plus tard, Delahaye rapportera dans une lettre à Paterne Berrichon, du
21 août 1896, qu'à Hambourg, Arthur s'engagea « dans la troupe du cirque Loisset, comme interprète, il passa
ainsi à Copenhague, puis à Stockholm d'où rapatrié par consul français51 ». Pour sa part, Isabelle Rimbaud
réfutera l'épisode du cirque, mais mentionnera un emploi dans une scierie en Suède, dans une lettre du
30 décembre 189652 à Paterne Berrichon (qu'elle épousera par la suite). Isabelle révélera également que son frère
« visita les côtes du Danemark, de la Suède et de la Norvège, puis revint par mer jusqu'à Bordeaux, sans passer le
moins du monde par Hambourg53 ».

Après un passage à Charleville, Rimbaud se rend en septembre à Marseille où il embarque pour Alexandrie en
Égypte. Pris de douleurs gastriques, peu après le début de la traversée, il est débarqué à Civitavecchia, en Italie. Il
retourne à Marseille, puis en direction des Ardennes pour y passer l'hiver. À cette période, sa mère Vitalie Rimbaud
habite à Saint-Laurent, dans une propriété héritée de sa famille (les Cuif).

1878-1879 : départ pour l'Égypte et Chypre

Si l'on fait abstraction d'hypothétiques témoignages (voyage à Hambourg et périple en Suisse selon Berrichon54,
aurait été « vu dans le Quartier latin, vers Pâques » par un ami d'Ernest Delahaye55), les neuf premiers mois de
l'année 1878 ne sont pas plus riches de renseignements fiables que ceux de l'année précédente. En avril, les
fermiers de Roche ne désirant pas renouveler leur bail, Vitalie Rimbaud a décidé de prendre en main elle-même la
gestion de la ferme56. Fin juillet, Ernest Delahaye écrit : « L'homme aux semelles de vent est décidément lavé. Rien
de rien57. » [précision nécessaire] Pendant l'été 1878, Arthur revient à Roche et participe aux moissons auprès de son
frère Frédéric, de retour de ses cinq années d'armée.

Le 20 octobre 1878, jour de ses vingt-quatre ans, Rimbaud reprend la route ; il passe les Vosges, en particulier le
col de Bussang, traversé « dans cinquante centimètres de neige en moyenne et par une tourmente signalée ». Il
franchit le Saint-Gothard dans « l'embêtement blanc qu'on croit être le milieu du sentier58 » et traverse l'Italie
jusqu'à Gênes. Le dimanche 17 novembre, il décrit les péripéties de son périple dans une longue lettre à sa famille.
Le même jour, son père meurt à Dijon.

Le 19 novembre, Rimbaud s'embarque de Gênes pour Alexandrie. Arrivé vers le 30 novembre, il se met à chercher
du travail. Un ingénieur français lui propose de l'employer sur un chantier situé sur l'île anglaise de Chypre. Pour
conclure l'affaire, il demande un indispensable certificat de travail à sa mère (lettre écrite d'Alexandrie, en
décembre 1878).

Le 16 décembre, Rimbaud est chef de chantier à 30 kilomètres à l'est du port de Larnaca à Chypre, dans
l'entreprise Ernest Jean & Thial fils. Chargé de diriger l'exploitation d'une carrière de pierres, il tient les comptes et
s'occupe de la paie des ouvriers59.

En 1879, atteint de fièvres (possiblement dues au paludisme), il quitte Chypre muni d'une attestation de travail,
datée du 28 mai60. En convalescence à Roche, il se rétablit suffisamment pour apporter son aide aux moissons
d'été.

Après une ultime visite de son ami Delahaye en septembre, Arthur n'attend pas la saison froide et part avec
l'intention de retourner à Alexandrie. Repris par un accès de fortes fièvres à Marseille, il se résout à passer l'hiver
chez sa famille — hiver qui se révèle particulièrement rigoureux.

Entre la Corne de l'Afrique et l'Arabie

« L'air marin brûlera mes poumons, les climats perdus me tanneront. »

— Une saison en enfer.


Chypre et Aden (1880)

Environs d'Aden. Avant le déjeuner à


Scheik Othman, vers 1880, musée
Arthur Rimbaud. Arthur Rimbaud se
tient debout, à gauche.

Sa santé recouvrée en mars 1880, Rimbaud rejoint de nouveau Alexandrie. Ne trouvant pas d'emploi, il débarque à
Chypre. Ses anciens employeurs ont fait faillite ; il réussit à décrocher un travail de surveillant sur un chantier de
construction. Il s'agit de la future résidence d'été du gouverneur anglais, que l'on bâtit au sommet des monts
Troodos61,62.

À la fin du mois de juin, Arthur Rimbaud quitte l'île « après des disputes […] avec le payeur général et [son]
ingénieur »63. Rendu dans le port d'Alexandrie, il n'envisage plus de retour en France.

Après avoir navigué le long du canal de Suez jusqu'en mer Rouge, il cherche du travail dans différents ports :
Djeddah, Souakim, Massaouah63… À Hodeidah, au Yémen, où il tombe à nouveau malade, il rencontre Trébuchet,
un représentant d'une agence marseillaise importatrice de café. Constatant qu'il connaît suffisamment la langue
arabe, ce dernier lui conseille de se rendre à Aden et le recommande à P. Dubar, un agent de la maison Mazeran,
Viannay, Bardey et Cie. (L'exportation de café connaissait alors un commerce florissant, grâce à quoi le port de
transit de Moka avait connu son heure de gloire avant qu'il fût supplanté par Hodeidah.)

Après avoir débarqué à Steamer Point, le port franc anglais d'Aden, Arthur Rimbaud entre en contact avec Dubar,
adjoint d'Alfred Bardey (parti explorer le continent africain pour implanter une succursale). Après quelques jours
d'essai, il est embauché le 15 août 1880 comme surveillant du tri de café. « Aden est un roc affreux, sans un seul
brin d'herbe ni une goutte d'eau bonne : on boit de l'eau distillée. La chaleur y est excessive64. » Ayant le sentiment
de se faire exploiter, Rimbaud compte partir à Zanzibar ou sur les côtes d'Abyssinie après avoir gagné
suffisamment d'argent65. Revenu en octobre, Alfred Bardey lui propose de seconder Pinchard, l'agent du comptoir
qu'il vient d'établir au Harar, une région d'Éthiopie colonisée par les Égyptiens. Un contrat de trois ans (1880-1883)
est signé le 10 novembre. Accompagné du Grec Constantin Rhigas, un employé de Bardey, il effectue la traversée
du golfe d'Aden les jours suivants.
Premier séjour au Harar (1880-1881)

Autoportrait photographique
d'Arthur Rimbaud à Harar,
envoyé dans une lettre à sa
mère, 1883, musée Arthur
Rimbaud

En terres africaines, Rimbaud et son acolyte forment une caravane pour transporter des marchandises pour le
Harar. Ils doivent parcourir trois cent cinquante kilomètres : traverser le territoire des Issas — réputés belliqueux —
puis entrer dans celui des Gallas où les attaques ne seront plus à craindre. Les portes de la cité fortifiée de Harar
sont franchies en décembre « après vingt jours de cheval à travers le désert somali »66 ; ils sont accueillis dans
l'agence Bardey par l'agent Pinchard et un autre employé grec, Constantin Sotiro. La tenue des comptes et la paie
des démarcheurs lui sont imparties. Le 15 février 1881, il relate aux siens en quoi consiste le commerce : « [des]
peaux […], du café, de l'ivoire, de l'or, des parfums, encens, musc, etc. » ; leur fait part de ses déceptions : « je n'ai
pas trouvé ce que je présumais […] Je compte trouver mieux un peu plus loin » ; se plaint aussi d'une maladie qu'il
aurait « pincée » [réf. nécessaire].

En mars 1881, Pinchard, atteint de paludisme, s'en va. Rimbaud assure l'intérim du comptoir jusqu'à l'arrivée
d'Alfred Bardey. Bardey arrive avec l'idée d'ouvrir un magasin de produits manufacturés. Ainsi, les indigènes
venant vendre leur récolte de café dépensent leur argent en achetant toutes sortes d'ustensiles. Parmi la poignée
d'occidentaux sur place, il eut son rôle à jouer dans l'adoption en Éthiopie d'un certain type de vaisselle (des
récipients d'importation en métal et verre coloré, remplaçant les récipients traditionnels en ivoire et terre cuite),
utilisée pour boire l'hydromel local, ou l'eau-de-vie plus tardivement, d'abord parmi l'élite (à la table de Ménélik II,
Joseph Vitalien, etc.) ; des usages qui préfigurent l'ouverture des premiers débits de boisson (« bistrots ») destinés
à la population67…

Arthur Rimbaud ayant toujours des velléités de fuite (Zanzibar, Panama68), son patron l'envoie faire des
expéditions commerciales à partir du mois de mai. Ces campagnes pour des trocs de cotonnades et bibelots
contre peaux ou autres, s'avèrent risquées et peu rentables. Revenant épuisé à chaque fois, Rimbaud est à
nouveau frappé de fièvre tout l'été.

[réf. nécessaire]
Le 22 septembre 1881, déçu de n'avoir pas été promu directeur de l'agence, il annonce à sa famille qu'il a « donné
[sa] démission, il y a une vingtaine de jours ». Cependant, il est encore engagé pour deux ans selon son contrat… À
la suite des missives qu'il reçoit de Roche, concernant sa période militaire qui n'est pas réglée et, pour pallier
d'éventuelles difficultés qu'il rencontrerait pour se rendre dans d'autres pays, il fait valoir sa situation auprès du
consul de France à Aden.

De son côté, Alfred Bardey part pour le siège lyonnais de la société vers le début octobre. Le frère de celui-ci
devant venir le remplacer, Rimbaud gère à nouveau le comptoir en l'attendant. Pierre Bardey arrivé, Rimbaud quitte
le Harar en décembre 1881.

Deuxième séjour à Aden (1882-1883)

Après le retour d'Arthur Rimbaud à la factorerie de café d'Aden, c'est au tour d'Alfred Bardey de revenir en février
1882 à la suite du départ de P. Dubar pour la France (Lyon). Rimbaud en vient donc à seconder son patron durant
toute l'année. En septembre, il commande tout le matériel nécessaire pour faire des photographies, car il compte
partir pour le Choa, en Abyssinie, afin de réaliser un ouvrage sur cette contrée inconnue, avec cartes, gravures et
photographies, et le soumettre à la Société de géographie de Paris, dont Alfred Bardey est membre. Ce projet
d'expédition photographique ne verra pas le jour, car, le 3 novembre 1882, il annonce à sa famille son retour à
Harar, prévu pour janvier 1883.

Le début de l'année 1883 est marqué par une rixe entre Rimbaud et un magasinier indigène qui lui manque de
respect. Ce dernier porte alors plainte pour coups et blessures. Rimbaud évite la condamnation grâce à
l'intervention du vice-consul, auquel il écrit aussitôt (le 28 janvier 1883) pour résumer les faits et solliciter sa
protection69. De plus, son patron se porte garant de son comportement à venir. Son contrat — finissant en
novembre 1883 — est renouvelé jusqu'à fin décembre 1885 et son prochain départ pour Zeilah en Somalie est fixé
au 22 mars 188370.

Deuxième séjour au Harar (1883 à 1885)

Arthur Rimbaud au Harar,


« dans un jardin de
bananes », en 1883,
Bibliothèque Nationale de
France.

Arrivé à Harar en avril 1883, Rimbaud remplace Pierre Bardey, destiné à succéder à son frère à Aden.

Dans une lettre écrite le 6 mai 1883 à sa famille, il formule quelques réflexions sur sa vie actuelle, son avenir. Il
songe à se marier, à avoir un fils71. Il joint aussi ses premiers travaux photographiques : trois portraits en pied de
lui-même (respectivement, 1. aux bras croisés, 2. sur une terrasse et 3. devant des caféiers). Secondé par
Constantin Sotiro (Sotiros Konstantinescu Chryseus, alias Adji-Abdallah), Rimbaud prend l'initiative de l'envoyer
explorer l'Ogadine ; à son retour (en août) il transcrit ses notes pour en rédiger un texte descriptif que Bardey
expédie à la Société de géographie de Paris. Intitulé Rapport sur l'Ogadine, par M. Arthur Rimbaud, agent de MM.
Mazeran, Viannay et Bardey, à Harar (Afrique orientale), ce mémoire, dans lequel les mérites de Sotiro sont quelque
peu occultés, est publié par la Société de géographie en février 1884 et est apprécié par les géographes français
et étrangers72. Quant à Sotiro, Rimbaud exécute son portrait photographique, en tenue de chasseur parmi des
bananiers. En tout, on possède actuellement de cette période huit photographies authentiquement prises par
Rimbaud : sept sont conservées à la bibliothèque de Charleville-Mézières, une autre à la BnF (depuis 1969).
À Paris, pendant ce temps, Verlaine publie une étude accompagnée de poèmes sur le poète Rimbaud, dans la
revue Lutèce du 5 octobre au 17 novembre 1883. Cette étude paraît l'année suivante dans l'ouvrage Les Poètes
maudits.

Maison Rimbaud à Harar en Éthiopie.


En réalité, Rimbaud n'y a pas habité.

Au Harar, plusieurs caravanes de marchandises sont organisées jusqu'au moment où les répercussions de la
guerre des mahdistes contre les occupants égyptiens et les Anglais obligent la société à abandonner le comptoir
de Harar. L'évacuation de la cité est organisée par le gouverneur d'Aden, le major Frederick Mercer Hunter, arrivé
en mars, à la tête d'une colonne d'une quinzaine de soldats. L'officier britannique, insatisfait de l'hébergement
offert par le pacha d'Égypte, provoque un scandale en préférant loger dans la maison de Rimbaud73. Le retour
pour Aden se fait en compagnie de Djami Wadaï, son jeune domestique abyssin, et de Constantin Sotiro74.

À la suite de la faillite de la société Mazeran, Viannay, Bardey et Cie, Rimbaud est licencié et se retrouve sans
travail. Cependant, « selon les termes de [son] contrat, [il a] reçu une indemnité de trois mois d'appointements,
jusqu'à fin juillet » et espère la réussite de Bardey, parti en France « pour rechercher de nouveaux fonds pour
continuer les affaires »75. Pendant cette période de désœuvrement, il vit avec une Abyssine chrétienne,
prénommée Mariam. C'est la seule liaison connue entre Rimbaud et une femme76.

Le 1er juillet 1884, il est engagé jusqu'au 31 décembre 1884 dans la nouvelle société créée par les frères Bardey,
« aux mêmes conditions »77. Les mois passent et les affaires ne sont pas brillantes — ruinées par la politique
menée par les Britanniques. Arthur Rimbaud va avoir vingt-neuf ans et sent qu'il se fait « très vieux, très vite, dans
ces métiers idiots »78. Aussi cherche-t-il une occasion pour changer d'emploi.

Faute de mieux, le 10 janvier 1885, il se rengage pour un an avec la maison Bardey79. Malgré la poursuite de
l'offensive anglo-égyptienne au Soudan, Rimbaud continue donc à s'occuper des achats et des expéditions du
moka. Sans aucun jour de congé, il endure à nouveau la chaleur étouffante de l'endroit et souffre de fièvre
gastrique.

« Trafic » d'armes au Choa (1885 à 1887)

En septembre 1885, Arthur Rimbaud se voit proposer un marché par le Français Pierre Labatut, un trafiquant80
établi au Choa, royaume abyssin de Ménélik, négus du Shewa (Choa) jusqu'en 1889 et futur Roi des Rois (Negusä
nägäst ou Negusse Negest) d'Éthiopie. Voyant là l'opportunité de faire une bonne affaire, et de changer le cours de
sa vie tout en ayant un rôle géopolitique à jouer, Rimbaud n'hésite pas à s'associer avec Labatut pour acheter en
Europe des armes (passablement obsolètes) et des munitions. Ainsi, ils comptent réaliser de substantiels
bénéfices en satisfaisant une commande du négus du Shewa, qu'ils auront de cette façon contribué à établir
comme unificateur de la région81, et comme opposant aux harcèlements de l'armée italienne. L'intégrité du pays
sera établie lors de la décisive bataille d'Adoua82 deux décennies plus tard83. Après avoir conclu cet accord, qui
sera payé ensuite par le père du futur Haïlé Sélassié81, Arthur rompt brutalement le contrat qui le lie avec la
maison Bardey84. Quant à Mariam, elle est renvoyée dans son pays avec quelques thalers en poche.
Abyssinie : les itinéraires de Tadjourah à Ankober et
d'Ankober à Harar sont visibles dans la partie
inférieure droite (carte de 1882).

Fin novembre 1885, Rimbaud débarque dans le petit port de Tadjourah, en terre dankalie, pour monter une
caravane en attendant que les armes soient réceptionnées à Aden par Labatut. Lorsque ce dernier arrive fin
janvier 1886 avec le chargement (deux mille quarante fusils et soixante mille cartouches), l'organisation de la
caravane rencontre des difficultés. D'abord entravés par les exigences financières du sultan qui tire profit de tous
convois en partance, les voilà empêchés d'entamer leur expédition à la mi-avril : l'interdiction d'importer des armes
vient d'être signée entre Anglais et Français. Les deux associés écrivent alors au ministre des Affaires étrangères
le 15 avril pour se sortir de cette impasse85. Ils obtiennent gain de cause, mais tout est remis en question quand
Labatut, atteint d'un cancer, est obligé de rentrer en France (il mourra en octobre suivant). L'explorateur Ugo
Ferrandi (it) rencontre Arthur Rimbaud à ce moment et le décrit ainsi : « Grand, décharné, les cheveux
grisonnants sur les tempes, vêtu à l'européenne […] avec des pantalons plutôt larges, un tricot, une veste ample
couleur kaki, il ne portait sur la tête qu'une petite calotte également grise et bravait le soleil torride comme un
indigène86. ».

[réf. nécessaire]
Avec l'aval officiel du Consul de France, et muni d'une procuration de Pierre Labatut, Rimbaud se tourne vers Paul
Soleillet, célèbre commerçant et explorateur, qui lui aussi attend une autorisation pour faire partir sa caravane. En
associant leurs convois, ils s'assurent d'une meilleure sécurité pour la traversée du territoire des redoutables
guerriers danakils. Hélas, frappé d'une embolie, Soleillet meurt le 9 septembre.

En France, Illuminations et Une saison en enfer sont parus dans les numéros de mai à juin et de septembre 1886
de la revue symboliste La Vogue, sans que l'auteur en ait connaissance.

Se retrouvant seul, Rimbaud part en octobre 1886, à la tête de sa caravane composée d'une cinquantaine de
chameaux et d'une trentaine d'hommes armés. La route pour le Choa est très longue : deux mois de marche
jusqu'à Ankober87. Après avoir traversé les terres arides des tribus danakils sous une chaleur implacable, le convoi
franchit la frontière du Choa sans avoir été attaqué par les pillards. Et c'est dans un environnement verdoyant que
la caravane atteint Ankober le 6 février 1887. Rimbaud y trouve l'explorateur Jules Borelli88.

Borelli le décrit ainsi :

« M. Rimbaud, négociant français, arrive de Toudjourrah, avec sa caravane. Les ennuis


ne lui ont pas été épargnés en route. Toujours le même programme : mauvaise
conduite, cupidité et trahison des hommes ; tracasseries et guet-apens des Adal ;
privation d'eau ; exploitation par les chameliers...
Notre compatriote a habité le Harar. Il sait l'arabe et parle l'amharigna et l'oromo. Il est
infatigable. Son aptitude pour les langues, une grande force de volonté et une patience
à toute épreuve, le classent parmi les voyageurs accomplis89. »

Carte schématique (au


1:9.300.000) des itinéraires
de Rimbaud en Éthiopie de
1880 à 1891 (carte publiée
en 1926)

Ménélik est absent, étant parti combattre l'émir Abdullaï pour s'emparer d'Harar. Rimbaud aussitôt arrivé, les
chameliers, un créancier de Labatut et la veuve abyssinienne de ce dernier viennent lui réclamer avec insistance
ce qui leur est soi-disant dû. Agacé par leur rapacité, il refuse de céder à leurs demandes. Ils s'en plaignent auprès
de l'intendant du roi qui abonde en leur sens et le condamne à verser les sommes demandées. Au lieu d'Ankober,
Ménélik va revenir en vainqueur à Entoto. Rimbaud se rend là-bas avec Borelli. Sur place, en attendant l'arrivée du
roi, Rimbaud entre en contact avec son conseiller, un ingénieur suisse nommé Alfred Ilg avec qui il entretient de
bons rapports. Suivi de sa colonne armée, Ménélik arrive triomphalement le 5 mars 1887. Il n'a plus vraiment
besoin d'armes ni de munitions, car il en ramène en grande quantité. Il accepte néanmoins de négocier le stock à
un prix très inférieur à celui escompté. De surcroît, il ne se prive pas d'exploiter la disparition de Labatut, à qui il
avait passé commande, pour retrancher du prix la somme de quelques dettes supposées. Suivant cet exemple,
« toute une horde de créanciers » (réels ou opportunistes) de Labatut viennent harceler Rimbaud pour être
remboursés à leur tour90. Ménélik n'ayant pas d'argent pour le payer, Rimbaud est contraint d'accepter un bon de
paiement devant lui être réglé à Harar par le ras Makonnen, cousin du roi.

Fac-similé de la lettre de
Ménélik II écrite en juin 1887
à Arthur Rimbaud.

Pour qu'il aille au plus court pour toucher son argent, Ménélik lui donne l'autorisation de prendre la route qu'il a
ouverte à travers le pays des Itous. Cette route étant inexplorée, Borelli demande au roi la permission de
l'emprunter. Rimbaud quitte donc Entoto le 1er mai 1887, en compagnie de Borelli. L'itinéraire traverse des régions
inexplorées : ils furent ainsi les premiers européens à explorer l'Ogaden dans l'Éthiopie91. Leurs observations et
descriptions sont scrupuleusement relevées et consignées à chaque étape. Jules Borelli les retranscrit dans son
journal de voyage92. Rimbaud, pour sa part, transmet ses notes à Alfred Bardey qui les communiquera à la Société
de géographie93. Au bout de trois semaines, la caravane arrive à Harar. Borelli retourne à Entoto quinze jours
après. Rimbaud, quant à lui, doit attendre pour se faire payer, mais le ras Makonnen n'a pas d'argent et transforme
son bon de paiement en deux traites payables à Massaoua. Après avoir repris la route en direction de Zeilah,
Rimbaud regagne Aden le 25 juillet 1887. Le 30 juillet, il fait un compte-rendu détaillé de la liquidation de sa
caravane au vice-consul de France, Émile de Gaspary. Résultat de « cette misérable affaire » : une perte de 60 %
sur son capital, « sans compter vingt et un mois de fatigues atroces94 ».

Avec l'intention de prendre un peu de repos en Égypte, Rimbaud embarque avec son domestique au début du mois
d'août 1887 pour encaisser ses traites à Massaouah. Lorsqu'il est arrêté à son arrivée le 5 août 1887 pour défaut
de passeport, l'intervention de Gaspary est nécessaire pour lui permettre de poursuivre sa route. Il est alors nanti
d'un passeport, de l'argent de ses traites et d'une recommandation du consul de France de Massaouah à
l'attention d'un avocat du Caire95. Il débarque à Suez pour se rendre en train jusqu'à la capitale, où il arrive le 20
août 1887. Dans une lettre aux siens du 23 août, il se plaint de rhumatismes à l'épaule droite, au bas du dos, à la
cuisse et au genou gauche.

Rimbaud entre en relation avec Borelli Bey (Octave Borelli), frère aîné de Jules Borelli et directeur du journal Le
Bosphore égyptien. Il lui adresse les notes de son expédition du Choa, publiées dans ce journal les 25 et
27 août 188796,97.

Après avoir placé sa fortune dans une succursale du Crédit lyonnais, Rimbaud ne sait où aller pour travailler à
nouveau ; il pense à Zanzibar et à Madagascar. Il sollicite une mission en Afrique à la Société de géographie à
Paris, sans succès. Il retourne à Aden début d'octobre 1887. Dans cette ville, les déconvenues de sa livraison
d'armes le poursuivent. Il doit encore justifier le paiement d'une dette de Pierre Labatut à un certain A. Deschamps
(l'affaire sera soldée le 19 février 1891, après d'interminables échanges de courriers). Il souffre toujours de
douleurs au genou gauche. [réf. nécessaire]

Dernier séjour au Harar (1888 à 1890)

En décembre 1887, malgré divers contacts entrepris, Rimbaud est toujours sans travail. Il revoit Alfred Ilg, de
passage à Aden avant de se rendre à Zurich (à la suite de quoi ils correspondront fréquemment). Par ailleurs, le
stock d'armes de Paul Soleillet, resté à Tadjourah après sa mort, a été racheté par Armand Savouré. Malgré
l'embargo sur ce commerce, celui-ci compte les livrer au roi Ménélik. Pour former sa caravane, il propose à
Rimbaud de tenter de se procurer des chameaux auprès du ras de Harar. Pour cela, Arthur retourne sur les terres
africaines mi-février 1888, de la côte à Harar ; mais, n'ayant pu convaincre le ras Makonnen, il en revient bredouille
un mois plus tard, le 14 mars 188898.
no 318 de la série Les
Hommes d'aujourd'hui, publié
en janvier 1888 (caricature
de Luque), texte de Paul
Verlaine.

Dans le milieu littéraire parisien, le silence et la disparition inexpliqués du poète Jean-Arthur Rimbaud entourent
son nom de mystère et les interrogations qu'il suscite donnent libre cours à toutes sortes de fables — en 1887 on
l'a dit mort, ce qui inspire Paul Verlaine pour écrire Laeti et errabundi99. En janvier 1888, le même publie à nouveau
une étude biographique dans un numéro de la revue Les Hommes d'aujourd'hui consacré au poète disparu.

La route d'Entoto à Harar étant maintenant ouverte, la cité harari devient une étape obligée pour commercer avec
le royaume du Choa. Rimbaud est déterminé à s'y installer pour se consacrer à un commerce plus orthodoxe
(café, gomme, peaux de bêtes, musc (de civette), cotonnade, ivoire, or, ustensiles manufacturés, et fournisseur de
chameaux pour caravanes). Il contacte César Tian, un important exportateur de café d'Aden, pour le représenter à
Harar ; offre sa collaboration à Alfred Bardey à Aden ; à Alfred Ilg au Choa ; et à Constantin Sotiro, son ancien
assistant, qui s'est établi à Zeilah en Somalie. Ces accords conclus, il part édifier son comptoir : départ le 13 avril
1888 pour Zeliah, arrivée à Harar le 3 mai 1888 ; il ouvre alors un commerce à son nom.

Les années 1888, 1889 et 1890 sont consacrées à l'exploitation de sa factorerie à Harar. Après la satisfaction des
débuts, l'humeur devient maussade. Rimbaud s'ennuie, ainsi qu'il l'écrit à sa famille dans une lettre datée du
4 août 1888 : « Je m'ennuie beaucoup, toujours ; […] n'est-ce pas misérable, cette existence sans famille, sans
occupation intellectuelle […] ? » Le 25 septembre 1888, il offre l'hospitalité à l'explorateur Jules Borelli qui, venant
du Choa, fait une halte d'une semaine avant de regagner le port de Zeilah. Rimbaud lui obtient des chameaux100.
Quelques semaines après, c'est au tour d'Armand Savouré, qui a enfin réussi à livrer son stock d'armes au négus
du Shewa, Ménélik. Dans leurs témoignages, tous deux décriront Rimbaud comme un être intelligent, peu causant,
sarcastique, ne livrant rien sur sa vie antérieure, vivant très simplement, s'occupant de ses affaires avec précision,
honnêteté et fermeté102.

De retour de Zurich, Alfred Ilg est hébergé par Rimbaud du 23 décembre 1888 au 5 février 1889, le temps
d'attendre la fin des affrontements entre Issas et Gallas pour transporter en toute sécurité ses marchandises et
celles de son hôte jusqu'à Entoto. Les affaires avec le conseiller du roi marcheront en bonne entente jusqu'au
bout. Une autre visite est celle d'Édouard Joseph Bidault de Glatigné (1850-1925), photographe-reporter dans la
région, qui séjourne fin 1888, début 1889 dans la maison de Rimbaud située juste à côté de la Factorerie ; il écrit
sur ce séjour à la Société de géographie de Paris, y joignant un cliché103.
Une vue de la ville de Harar en
Éthiopie.

Le ras Makonnen quitte la ville en novembre 1888 pour rejoindre son cousin le roi qui se prépare à entrer en guerre
contre l'empereur Johannès IV. Cette guerre n'aura pas lieu, car au mois de mars 1889, l'empereur « eut l'idée
d'aller d'abord flanquer une raclée aux mahdistes du côté de Metemma. Il y est resté, que le Diable l'emporte104 ! »
L'empereur Jean (Johannès IV) est assassiné en mars 1889. Le 3 novembre 1889, Ménélik devient Negusä nägäst
(Roi des Rois) d'Éthiopie sous le nom de Ménélik II.

[réf. nécessaire]
Il faut souligner ici que le mythe faisant de Rimbaud un négrier est infondé : « N'allez pas croire que je sois devenu
marchand d'esclave », avait-il déjà écrit à sa famille le 3 décembre 1885. Il est seulement vrai qu'il demande à Ilg,
dans une lettre datée du 20 décembre 1889, « deux garçons esclaves pour [son] service personnel ». Si la traite est
interdite par Ménélik, elle se fait clandestinement et beaucoup d'Européens possèdent des esclaves comme
domestiques sans que cela soit considéré blâmable. Le 23 août 1890, l'ingénieur lui répond : « pardonnez-moi, je
ne puis m'en occuper, je n'en ai jamais acheté et je ne veux pas commencer. Je reconnais absolument vos
bon[ne]s intentions, mais même pour moi je ne le ferai jamais. »

À la veille de Noël 1889, une caravane est attaquée par une tribu sur la route somalienne de Zeilah à Harar. Deux
missionnaires et une grande partie des chameliers sont assassinés. À la suite des représailles qui se soldent par
des pertes importantes dans les rangs anglais, les routes commerciales sont coupées jusqu'à la mi-mars 1890. Le
manque à gagner que cela occasionne est sujet de conflit avec César Tian.

Liquidation du comptoir et retour en France (fin 1890 - début 1891)

En 1890, Rimbaud songe à se rendre à Aden pour liquider ses affaires avec César Tian. Ensuite, il se rendrait en
France dans l'espoir de se marier. À Paris, Anatole Baju, rédacteur en chef de la revue Le Décadent, divulgue des
renseignements reçus sur Arthur Rimbaud : il est vivant et vit à Aden. Le 17 juillet 1890, Laurent de Gavoty,
directeur de la revue littéraire marseillaise La France moderne, lui écrit par le biais du consul de France à Aden
pour dire qu'il a lu ses « beaux vers » et qu'il serait « heureux et fier de voir le chef de l'école décadente et
symboliste » collaborer pour sa publication106. Edmond de Goncourt note dans son journal, à la date du 8 février
1891 : « Darzens nous apprend que Rimbaud est maintenant établi marchand à Aden et que dans les lettres qu'il
lui écrivait il parlait de son passé comme d'une énorme fumisterie107. »

Vue d'Aden en 1920.

Dans une lettre écrite le 20 février 1891, Arthur Rimbaud demande à sa mère de lui faire parvenir un bas à varices,
car il en souffre à la jambe droite depuis plusieurs semaines. Il lui signale aussi une « douleur rhumatismale » au
genou droit. Il pense que cette infirmité lui a été causée « par de trop grands efforts à cheval, et aussi par des
marches fatigantes ». Un médecin, consulté un mois plus tard, lui conseille d'aller se faire soigner en Europe le
plus rapidement possible. Bientôt, ne pouvant plus se déplacer, il dirige ses affaires en position allongée. Au vu de
l'aggravation rapide de son mal de genou et de l'état de raideur de sa jambe, il liquide à la hâte toutes ses
marchandises pour quitter le pays. Il est transporté par des porteurs sur une civière construite selon ses plans ; la
caravane prend le départ au matin du 7 avril 1891. Djami, son domestique, est du voyage. Malgré les souffrances,
accentuées par l'inconfort, les intempéries et la longueur du déplacement, il note les faits marquants de chaque
étape jusqu'à son arrivée au port de Zeïlah, le 18 avril108. Débarqué à Steamer Point trois jours après, Rimbaud est
hébergé chez César Tian, le temps pour eux de régler leurs comptes. Il est hospitalisé aussitôt après ; les
médecins lui diagnostiquent une synovite à un stade si avancé qu'une amputation semble inévitable. Cependant,
on lui accorde quelques jours de repos pour en mesurer les éventuels bienfaits. Devant le peu d'amélioration, il lui
est conseillé de rentrer en France. Le 9 mai, on l'embarque sur l'Amazone, un trois-mâts goélette à vapeur des
Messageries maritimes, à destination de Marseille109.

Rimbaud et l'islam

Selon l'explorateur Ugo Ferrandi qui le voyait régulièrement, ses propos ayant été repris par Alain Borer dans son
ouvrage Rimbaud en Abyssinie110, Arthur Rimbaud possédait un Coran annoté par son père, et un second acheté
chez Hachette en 1883. Afin de se fondre dans la population et d'être mieux perçu, il adoptait les us et coutumes
du pays où il séjournait et n'hésitait pas à revêtir le costume d'un marchand arabe. Mais Borer nie que Rimbaud se
soit jamais converti à l'islam. Le Dictionnaire Rimbaud, de même, ajoute en se fondant sur les propos de Ferrandi
que Rimbaud donnait des conférences sur le Coran, qu'il était un « arabisant érudit », mais n'affirme pas que
Rimbaud se serait converti à l'islam111.

Par ailleurs, selon Savouré, cité par Alain Borer dans sa biographie, Rimbaud « est parti vers 1886-1887, prêchant
le Coran comme moyen de pénétrer dans des régions alors inconnues de l'Afrique ». Cela lui valut d'être battu, une
fois, du fait de ses interprétations personnelles110. Selon Ines Horchani, ce qui est remarquable dans le lien
qu'entretient Rimbaud avec l'islam, c'est son intérêt constant pour le Coran dans ses deux vies — sa vie de poète
et sa vie de négociant — et dans ses deux œuvres — ses poésies de jeunesse et ses correspondances de voyage.
Ines Horchani montre que ce qui paraît avoir guidé les lectures que fait Rimbaud du Coran, à quinze ans comme à
plus de trente ans, c’est sa quête de sagesse. Et étonnamment, ce qui le déçoit à quinze ans dans le texte sacré
des musulmans semble l’aider à vivre les années sombres qui précèdent sa mort. À quinze ans, dans Une saison
en enfer, il parle de la « sagesse bâtarde du Coran ». Et plus tard dans sa vie, il écrit aux siens du Harar en 1883,
« Comme les musulmans, je sais que ce qui arrive arrive, et c’est tout » ou encore depuis Aden en 1885 : « Enfin,
comme disent les musulmans : C’est écrit ! – C’est la vie. »112.

Sa sœur, Isabelle Rimbaud, rapporte de son côté les délires mystiques d'Arthur sur son lit de mort : il se serait
écrié à maintes reprises « Allah Kérim » (« Dieu est généreux » ou « c'est la volonté de Dieu »)113. En se fondant sur
ses dires, le poète Malcolm de Chazal affirme, contrairement à Alain Borer, que « Rimbaud au Harrar s'était
converti à la foi musulmane et pratiquait »114. C'est aussi ce qu'affirme le cheikh Si Hamza Boubakeur
(orthographié à tort « Borbakeur » par Borer), dans la présentation de sa traduction du Coran115.

Mai à août 1891 : convalescence et opération

Arthur Rimbaud est débarqué à Marseille le 20 mai 1891. « Me trouvant par trop faible à l'arrivée ici, et saisi par le
froid, j'ai dû entrer ici à l'hôpital de la Conception […]. Je suis très mal, très mal, je suis réduit à l'état de squelette
par cette maladie de ma jambe droite, qui est devenue à présent énorme116… » Les médecins diagnostiquent un
néoplasme de la cuisse. Le 22, on lui annonce qu'il va falloir l'amputer. Il envoie immédiatement un télégramme à
sa famille pour que l'une ou l'autre vienne à Marseille régler ses affaires. Sa mère lui répond aussitôt en lui
annonçant son arrivée pour le lendemain, 23 mai au soir.

Arthur Rimbaud mourant,


dessiné par sa sœur Isabelle.

Après l'opération, le lundi 25 mai 1891, Rimbaud reçoit des lettres de sympathie de Constantin Sotiro et César
Tian [Qui ?]117. Le 8 juin, madame Rimbaud écrit à sa fille pour lui annoncer son nécessaire retour à la ferme de
Roche malgré les supplications de son fils pour qu'elle reste auprès de lui. La cicatrisation faite, il ne subsiste
qu'une douleur localisée. Le 24 juin, il s'exerce à se déplacer avec des béquilles. Le 2 juillet, il écrit qu'il a
commandé une jambe de bois. D'autre part, maintenant qu'il se trouve en France, il s'inquiète inconsidérément,
malgré son état, concernant sa période d'instruction militaire à laquelle il a réussi à se soustraire jusqu'à présent.
Craignant de se faire piéger en retournant auprès des siens, il les charge de faire le nécessaire pour éclaircir sa
situation. Le 8 juillet, sa sœur l'informe qu'il peut obtenir son congé définitif comme réformé en se présentant
devant les autorités militaires de Marseille ou de Mézières. En juillet, Rimbaud ne peut se servir de sa jambe
artificielle, car elle enflamme le moignon. En attendant qu'il se renforce, il continue à « béquiller », mais, à la
longue, cela lui occasionne de fortes névralgies dans le bras et l'épaule droite ainsi que dans sa jambe
valide [réf. nécessaire].

Le 23 juillet, suivant le conseil de son médecin, il quitte l'hôpital. Arrivé le lendemain en gare de Voncq, il se fait
conduire à la ferme de Roche. Ni ses anciens amis ni son frère ne sont avertis de son retour. Au lieu de s'améliorer,
son état empire. Les insomnies et le manque d'appétit le reprennent. Les douleurs occasionnées par les béquilles,
la jambe de bois ou les promenades en carriole le contraignent bientôt à l'inactivité. Le médecin constate une
augmentation de volume du moignon et une rigidité du bras droit118. Mais, ne renonçant pas à retourner au Harar,
il prend la résolution de retourner se faire soigner à Marseille, ainsi il serait « à portée de se faire embarquer pour
Aden, au premier mieux senti119 ». Le 23 août, il reprend le train pour Marseille accompagné de sa sœur Isabelle.
Après le calvaire subi tout au long du voyage, il est admis à l'hospice de la Conception le lendemain soir.
Septembre à novembre 1891 : maladie et mort à Marseille

Tombe d'Arthur Rimbaud à Charleville-


Mézières.

« Mais la noire alchimie et les saintes études


Répugnent au blessé, sombre savant d'orgueil ;
Il sent marcher sur lui d'atroces solitudes.
Alors, et toujours beau, sans dégoût du cercueil,
Qu'il croie aux vastes fins, Rêves ou Promenades
Immenses, à travers les nuits de Vérité
Et t'appelle en son âme et ses membres malades
Ô Mort mystérieuse, ô sœur de charité. »

— « Les Sœurs de Charité », 1871

Isabelle Rimbaud, qui loge en ville, se rend tous les jours à son chevet. Un mois plus tard, elle rapporte à sa mère
les réponses faites à ses questions par les médecins : « Sa vie est une question de jours, de quelques mois peut-
être120 ». Le 20 octobre 1891, il a trente-sept ans. Selon la lettre exaltée qu'Isabelle écrit huit jours après à sa
mère, son frère aurait manifesté une ferveur mystique exacerbée durant cette épreuve. Arthur Rimbaud va alors à
une messe et se confesse. Isabelle Rimbaud décrit : « Quand le prêtre est sorti, il m'a dit en me regardant d'un air
troublé, un air étrange : « Votre frère a la foi, mon enfant. Que nous disiez-vous donc ? Il a la foi, et je n'ai même
jamais vu de foi de cette qualité » »121,122. Dans sa lettre, Isabelle décrit aussi la progression du cancer : son bras
droit enflé, le gauche à moitié paralysé, son corps en proie à de vives douleurs, sa maigreur. Elle raconte ses
délires, lors desquels il l'appelle parfois Djami123.

Le 9 novembre, il dicte à sa sœur un message sibyllin, débutant par un inventaire obscur évoquant des « lots » de
« dents » (dont on peut supposer qu'il s'agit en fait de défenses en ivoire) : « M. le Directeur, […] envoyez-moi donc
le prix des services d'Aphinar à Suez. Je suis complètement paralysé donc je désire me trouver de bonne heure à
bord. Dites-moi à quelle heure je dois être transporté à bord... » Il meurt le lendemain, mardi 10 novembre — à dix
heures du matin selon l'état civil124, deux heures de l'après-midi selon sa sœur125 —, d'une « carcinose
généralisée126 ». Son corps est ramené à Charleville, où les obsèques se déroulent le 14 novembre dans l'intimité
la plus restreinte127,128. Seul un article du journal L'Écho de Paris fera état de son décès, dans sa rubrique
nécrologique du 6 décembre 1891129.

Arthur Rimbaud est inhumé dans le caveau familial auprès de son grand-père, Jean Nicolas Cuif, et de sa sœur
Vitalie130. En 1907, sa mère, morte à Roche le 1er août, à l'âge de 82 ans, les y rejoint. Son frère Frédéric meurt à
58 ans des suites d'une fracture d'une jambe, le 30 juin 1911, à Vouziers. Sa sœur Isabelle se marie en 1897 avec
Paterne Berrichon — tous deux se voudront les gardiens de la mémoire du poète ; elle meurt à 57 ans d'un cancer,
le 20 juin 1917, à Neuilly-sur-Seine.

Œuvres

Liste chronologique des poèmes en vers et en prose

Chronologie des poèmes en vers et en prose

Conçue en référence à celle établie par Alain Borer in, Arthur Rimbaud - Œuvre-vie, Arléa/Le Seuil, 1991.

1864 (?)

« Prologue » (extrait du cahier intitulé, Conspecto131, pages 10 et 11, publié par Paterne Berrichon en 1897)

1869

« Invocation à Vénus »

« Les Étrennes des orphelins » (fin 1869 ; publié le 2 janvier 1870 dans La Revue pour tous)

1870

« Lettre de Charles d'Orléans à Louis XI » (printemps 1870 ; publié pour la première fois en novembre 1891 dans
la Revue de l'évolution sociale scientifique et littéraire)

Dans la lettre adressée à Théodore de Banville le 24 mai 1870 :


« Par les beaux soirs d'été… » (daté du 20 avril 1870 ; par la suite titré « Sensation »)

« Ophélie » (1re version, datée du 15 mai 1870)

« Credo in unam… » (1re version, datée du 29 avril 1870 ; par la suite retitré « Soleil et chair »)

« Un cœur sous une soutane » (paru dans la revue Littérature, préfaces de Louis Aragon et André Breton,
numéro de juin 1924)

Poèmes confiés à Georges Izambard :


« Vénus Anadyomène » (1re version, datée du 27 juillet 1870)

« Comédie en trois baisers » (1re version, publiée sous le titre « Trois baisers » dans la revue La Charge, le
13 août 1870132)

« Ce qui retient Nina » (1re version, 15 août 1870, dans la lettre adressée à Georges Izambard le 25 août
1870 ; plus tard retitré « Les réparties de Nina »)

« Ophélie »

« Le Forgeron »

« À la Musique »

Le « Recueil Demeny » (ou les « Cahiers de Douai ») :


Premier cahier
1. « Les Réparties de Nina »

2. « Vénus anadyomène »

3. « Morts de quatre-vingt-douze et de quatre-vingt-treize… » (daté du 3 septembre 1870)

4. « Première soirée »
5. « Sensation »

6. « Bal des pendus »

7. « Les Effarés » (daté du 20 septembre 1870)

8. « Roman » (daté du 29 septembre 1870)

9. « Rages de Césars »

10. « Le Mal »

11. « Ophélie »

12. « Le Châtiment de Tartufe »

13. « À la musique »

14. « Soleil et chair »

15. « Le Forgeron »

Deuxième cahier
1. « Rêvé pour l'hiver » (date du 7 octobre 1870)

2. « Ma bohème »

3. « Le Buffet » (daté d'octobre 1870)

4. « L'Éclatante Victoire de Sarrebrück » (daté d'octobre 1870)

5. « La Maline » (daté d'octobre 1870)

6. « Au Cabaret-Vert, cinq heures du soir » (daté d'octobre 1870)

7. « Le Dormeur du val » (daté d'octobre 1870)

« Les Chercheuses de poux »

« Le Rêve de Bismarck » (texte en prose publié dans Le Progrès des Ardennes du 25 novembre 1870)

1871

« Qu'est-ce pour nous, mon cœur… » (publié pour la première fois le 7 juin 1886 dans la revue de Gustave Kahn,
La Vogue)

« Le Cœur supplicié » (1re version, dans la lettre adressée à Georges Izambard le 13 mai 1871 ; sera retitré « Le
Cœur du pitre » puis « Le Cœur volé »)

Dans la lettre adressée à Paul Demeny le 15 mai 1871 :


« Chant de guerre parisien »133

« Mes petites amoureuses »

« Accroupissements »

« Les Effarés » (2e version, identique à celle transcrite dans la lettre adressée en juin à Jean Aicard)

Dans la lettre adressée à Paul Demeny le 10 juin 1871 :


« Les Poètes de sept ans » (daté du 26 mai 1871)

« Les Pauvres à l'église »

« Le Cœur du pitre » (2e version du « Cœur supplicié »)


« Le Clocher » (mai ou juin)

« La Plainte du vieillard monarchiste » à Henri Perrin, journaliste républicain [précision nécessaire]

« La Plainte des épiciers »

« Ce qu'on dit au poète à propos de fleurs » (daté du 14 juillet 1871, et signé du pseudonyme « Alcide Bava /
A.R. », dans la lettre adressée à Théodore de Banville le 15 août 1871)

« Les Douaniers »

« Le Cœur volé » (3e version du « Cœur supplicié »)

« Les Assis »

« Les Premières Communions »

« L'Orgie parisienne » ou « Paris se repeuple » (daté de mai 1871)

« Le Bateau ivre »

Cahier Verlaine :
1. « L'Homme juste » (juillet 1871)

2. « Tête de faune »

3. « Les Mains de Jeanne-Marie » (paru dans la revue surréaliste Littérature, numéro de juin 1919)

4. « Voyelles » (publié dans la revue Lutèce, le 5 octobre 1883)

5. « L'étoile a pleuré rose… »

6. « Oraison du soir »

7. « Les Sœurs de Charité » (daté de juin 1871)


Les Stupra, parus dans la revue Littérature, numéro de mai 1922 :
« Les Anciens animaux saillissaient… » ou « Ange ou pource… »

« Nos fesses ne sont pas les leurs… »

« Vers pour les lieux » (écrit de la main par Verlaine en 1883) [pas clair]

Album zutique, 12 poèmes + 9 autres poèmes134 :


Nota bene : Les initiales du ou des auteurs des pastiches sont apposées sous le nom du poète parodié.

1. « L'Idole / Sonnet du Trou du Cul » (signé « Alfred Mérat / P.V. – A.R. » ; les quatrains sont de Paul Verlaine et
les tercets d'Arthur Rimbaud ; paru dans la revue Littérature, numéro de mai 1922)

2. « Lys » (signé « Armand Sylvestre / A. R. »)

3. « Les Lèvres closes / Vu à Rome » (signé « Léon Dierx / A.R. »)

4. « Fête galante » (signé « Paul Verlaine / A. R. »)

5. « J’occupais un wagon de troisième… » (non signé)

6. « Je préfère sans doute… » (signé « François Coppée / A.R. »)

7. « Conneries » (signé « A. R. »)

8. « Conneries, 2e série » (signé « A. R. »)

9. « Vieux de la vieille ! » (non signé)


10. « État de siège ? » (signé « François Coppée / A. R. »)

11. « Le Balai » (signé « F. C. », initiales de François Coppée)

12. « Exil » (non signé)

13. « L'Angelot maudit » (signé « Louis Ratisbonne / A. Rimbaud »)

14. « Les Soirs d’été » (signé « François Coppée / A. Rimbaud »)

15. « Bout-rimés » (signé « A.R. »)

16. « Aux livres de chevet, livres de l'art serein… » (signé « F. Coppée / A.R. »)

17. « Hypotyposes saturniennes, ex Belmontet » (signé « Belmontet, archétype Parnassien »)

18. « Les Remembrances du vieillard idiot » (signé « F. Coppée / A.R. »)

19. « Ressouvenir » (signé « François Coppée »)


Album Regamey :
« L’Enfant qui ramassa les balles » (signé « François Coppée »)

1871-1872 (?)

« Les Corbeaux » (date de composition inconnue, 1871 ou 1872 ; publié dans La Renaissance littéraire et
artistique, 14 septembre 1872)

« Les Déserts de l'amour » (printemps 1871 ou 1872 ; publié pour la première fois en septembre 1906 dans La
Revue littéraire de Paris et Champagne)

1872

« Larme » (daté de mai 1872)

« La Rivière de Cassis » (daté de mai 1872)

« Comédie de la soif » (daté de mai 1872)

« Bonne pensée du matin » (daté de mai 1872)

« Fêtes de la Patience » (daté de mai 1872)

« Chanson de la plus haute tour » (daté de mai 1872)

« L'Éternité » (daté de mai 1872)

« Jeune ménage » (daté du 27 juin 1872)

« Est-elle almée ?… » (daté de juillet 1872)

« Fêtes de la faim »

« Qu'est-ce pour nous, mon cœur… »

« Entends comme brame… »

« Michel et Christine »

« Honte »

« Mémoire »

« Ô saisons, ô chateaux… »

« Bruxelles »135
1872-1873 ?

Proses évangéliques (trois textes (sans titre) publiés pour la première fois, pour l'un par Paterne Berrichon en
septembre 1897 dans La Revue blanche, et pour les deux autres par Henri Matarasso en janvier 1948 dans Le
Mercure de France ; le titre « Proses évangéliques » n'est pas de Arthur Rimbaud).

1873

Une saison en enfer (daté « avril-août, 1873 » ; recueil de poèmes en prose imprimés à compte d'auteur à
Bruxelles en octobre 1873)

1872-1875

Illuminations (42 poèmes en prose ou en vers libres, plus 6 fragments au statut incertain, parus en 1886 sans
que l'auteur en ait connaissance)

1875

La Chambrée de nuit (court texte inclus à la lettre adressée à Ernest Delahaye le 14 octobre 1875 ; dernier texte
versifié connu d'Arthur Rimbaud, à ce titre certaines éditions l'incluent aux « Derniers vers » bien qu'il s'agisse
d'une ritournelle désinvolte plutôt que d'un poème à proprement parler)
Les témoignages d'Izambard, Delahaye et Verlaine attestent de l'existence de nombreux autres poèmes, qui n'ont
jamais été retrouvés136 : le « Cahier Labarrière » (aurait contenu une soixantaine de poèmes137), « La Chasse
spirituelle »…

Premières éditions des œuvres poétiques et de la correspondance

Couverture de la 1re édition


des « Poésies complètes »
de Rimbaud.

Une saison en enfer, Alliance typographique (M.-J. Poot et Cie), Bruxelles, 1873138.

Paul Verlaine, Les Poètes maudits : Tristan Corbière, Arthur Rimbaud (Voyelles, Oraison du soir, Les Assis, Les
Effarés, Les Chercheuses de poux, Le Bateau ivre) et Stéphane Mallarmé, illustré de trois gravures de Thomas
Blanchet, Léon Vanier libraire-éditeur, Paris, 1884, 56 p139.

« Le Dormeur du val », in Anthologie des poètes français, tome IV, Lemerre, 1888.

Reliquaire - Poésies, préface de Rodolphe Darzens, L. Genonceaux éd., Paris, 1891.

Poésies complètes, préface de Paul Verlaine, Léon Vanier libraire-éd., Paris, 1895.
Lettres de Jean-Arthur Rimbaud – Égypte, Arabie, Éthiopie, avec une introduction et des notes par Paterne
Berrichon, Société du Mercure de France, Paris, 1899.

Œuvres, vers et proses, Mercure de France, préface de Paul Claudel, notes de Paterne Berrichon, 1912.

« Les Mains de Jeanne-Marie », dans la revue surréaliste, Littérature, numéro de juin 1919.

Stupra : « Ange ou Pource », « Nos fesses ne sont pas les leurs », « L'Idole - Sonnet du trou du cul, dans la revue
Littérature, numéro de mai 1922.

« Un cœur sous une soutane », préfaces de Louis Aragon et André Breton, dans la revue Littérature, numéro de
juin 1924.

Éditions récentes des poèmes et de la correspondance

: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Rimbaud-Oeuvres complètes, introduction de Tristan Tzara. Lausanne. [Link]. 1948. 2 tomes 370 et 363 p.
2000 ex.

Rimbaud - Œuvres complètes, édition établie, présentée et annotée par Antoine Adam, NRF/Gallimard, coll.
Bibliothèque de la Pléiade, Paris, 1972, 1 250 p.
La première édition des Œuvres complètes dans la Pléiade, texte établi et annoté par André Rolland de
René-ville et Jules Mouquet, date de 1946.

Rimbaud - Œuvres complètes, édition établie, présentée et annotée par André Guyaux avec la collaboration
d'Aurélia Cervoni, NRF/Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, Paris, 2009, 1 152 p. (ISBN 9782070116010).

Rimbaud, Œuvres complètes, édition établie par Pierre Brunel, Le Livre de poche, coll. « La Pochotèque », 2004
(1re éd. 1960, présenté par Paul Claudel), 1040 p. (ISBN 978-2-253-13121-2).

Arthur Rimbaud - Œuvre-vie, édition du centenaire établie par Alain Borer, Arléa/Le Seuil, Paris, 1991, 1 338 p.
(ISBN 978-2-86959-118-9).

Arthur Rimbaud - Œuvres complètes - correspondance, édition établie par Louis Forestier, Robert Laffont, coll.
« Bouquins », Paris, 2009 (1re éd. 1992), 608 p. (ISBN 978-2-221-11517-6).

Les Poètes maudits de Paul Verlaine, introduction et notes de Michel Décaudin, éd. CDU SEDES, 1995, 76 p.
(ISBN 2-718-10554-2).

Rimbaud – L’œuvre intégrale manuscrite, édition établie et commentée par Claude Jeancolas, Textuel/Le Seuil,
1997, 681 p. (3 cahiers) (ISBN 978-2-909317-27-4).

Les Lettres manuscrites de Rimbaud, d’Europe, d’Afrique et d’Arabie + commentaires, transcriptions et


cheminements, édition établie et commentée par Claude Jeancolas, Textuel/Le Seuil, 1997, 544 p. (4 cahiers)
(ISBN 978-2-909317-44-1).

Arthur Rimbaud - Correspondance, édition établie par Jean-Jacques Lefrère, Fayard, Paris, 2007, 1 020 p.
(ISBN 978-2-213-63391-6).

Regards sur l'œuvre

« Le Bateau ivre »

Article détaillé : « Le Bateau ivre ».


« Le Bateau ivre » rue Férou à Paris.

Le poème a probablement été composé dans les Ardennes, avant le départ de Rimbaud pour Paris en septembre
1871. Il est vraisemblable qu'il ait voulu présenter aux poètes établis qu'il allait y rencontrer une œuvre qui fût
l'aboutissement de sa période d'initiation, à la manière des apprentis présentant leur chef-d'œuvre140. Il aurait lu
ce poème au dîner des Vilains Bonshommes le 30 septembre 1871141. Une copie en a été faite par Verlaine durant
ce séjour parisien142.

De nombreuses œuvres ont été citées comme ayant pu influencer ce texte mystérieux de Rimbaud, dont Les
Aventures d'Arthur Gordon Pym d'Edgar Allan Poe, « Le Voyage » de Charles Baudelaire, ou encore Vingt mille lieues
sous les mers de Jules Verne140. Les mots « Moi, l'autre hiver… » peuvent être une allusion à son propre parcours,
et à cet hiver difficile entre 1870 et 1871, durant lequel il a rompu les amarres avec les études et la vie
carolopolitaine142.

Une saison en enfer

Article détaillé : Une saison en enfer.

Ce recueil présente la particularité d'être le seul dont Rimbaud ait lui-même géré la publication, se mettant, pour
cela, en relation avec un éditeur de Bruxelles en août ou septembre 1873, pour une édition à compte d'auteur,
grâce à une avance de fonds de sa mère143,144. Verlaine y voit une « prodigieuse autobiographie spirituelle » de
Rimbaud145. C'est une succession de proses, en apparence différentes dans leurs thèmes et leurs intentions, où il
retrace à sa manière cette période de septembre 1871 à juillet 1873, durant laquelle il a finalement frôlé la mort,
lors du « drame de Bruxelles » entre lui et Verlaine. Le texte a été daté par lui en fin de manuscrit : « avril-août,
1873 ».

Dans « Mauvais Sang », il évoque l'être primitif qui l'habite, refusant les valeurs de la société. Il se dit marqué par
son hérédité qui l'écarte de la voie menant au bonheur. Dans « Nuit de l'enfer », il décrit les hallucinations et la
tentation du mysticisme. L'écriture chaotique est sans cesse traversée par une multiplicité de voix intérieures.
« Délires » est un point culminant du recueil ; traversé par des cris de révolte contre la société du xixe siècle qui
enferme l'individu, Rimbaud fait part au lecteur de ses échecs : échec amoureux — et l'on peut penser à sa relation
avec Verlaine, mais aussi au fait que pour lui, « l'amour est à réinventer » ; échec aussi de sa démarche de Voyant :
c'est un être qui, seul, a voulu se damner pour retrouver le vrai sens de la poésie, l'Alchimie du verbe143.

Les Illuminations

Article détaillé : Les Illuminations.

Il reste des zones d'ombre sur ce que Verlaine a appelé « de superbes fragments »146, édités sous le titre
Illuminations. Ces textes auraient été composés entre 1872 et 1875, selon le récit de Verlaine, mais il n'y a pas de
manuscrit proprement dit : uniquement des feuillets détachés, sans pagination, réunis à l'occasion de la
publication dans un ordre non défini par l'auteur147.

Apport poétique

« Sensation »
(poème mural à Leyde).

Sur le plan de la forme, Arthur Rimbaud, d'abord imitateur doué, a pratiqué une versification de plus en plus
ambitieuse, évoluant très rapidement, jusqu'à « déglinguer » littéralement la mécanique ancienne du vers, autour
de 1872, dans les trois quatrains de « Tête de faune » puis dans un ensemble de compositions souvent réunies
sous le titre apocryphe de Derniers vers, ou encore de Vers nouveaux et chansons (selon son ami Ernest Delahaye,
il aurait rêvé d'un recueil intitulé Études néantes)148.

Avec un penchant pour l'hermétisme qu'il partage avec d'autres poètes contemporains, ou quasi contemporains,
comme Gérard de Nerval, Stéphane Mallarmé, et quelquefois Paul Verlaine, Rimbaud a le génie des images
saisissantes, et des associations surprenantes149. Outre les propos des deux lettres dites « du voyant », les
poèmes souvent cités à cet égard sont « Le Bateau ivre » et « Voyelles », ainsi que les proses des Illuminations. Il y
a une grande hétérogénéité de forme dans son œuvre, et des ruptures. Influencé initialement par les parnassiens,
il n'hésite pas, par la suite, à casser une forme lyrique trop littéraire à ses yeux, à recourir à un langage technique
ou populaire, voire grossier, à employer la dérision150. Puis, il invente le vers libre en France avec deux poèmes des
Illuminations : « Marine » et « Mouvement »151. Certains symbolistes, comme Gustave Kahn, se sont attribué
« l'invention » du vers libre, mais ce dernier avait justement contribué en 1886 à la première publication des
Illuminations (dont les textes sont antérieurs à cette publication d'au moins une dizaine d'années) et aucune
production significative de poème en vers libre non rimbaldien n'a été attestée à une date antérieure151. Rimbaud
a donné ses lettres de noblesse à un type de poème en prose distinct d'expériences plus prosaïques du type du
Spleen de Paris de Baudelaire. Les ressources poétiques de la langue sont encore exploitées sous un jour différent
dans le recueil en prose pseudo-autobiographique Une saison en enfer.

Ainsi, son œuvre a considérablement influencé la poésie du xxe siècle. De nombreux auteurs s'en sont réclamés,
tels Alfred Jarry, Antonin Artaud, Roger Vitrac, René Char, et tous les surréalistes152, sans oublier les poètes de la
revue Le Grand Jeu comme René Daumal et Roger Gilbert-Lecomte153, ou encore Henri Michaux154. Dans la
culture populaire, certains artistes-interprètes du rock à partir du milieu des années 1960, notamment aux États-
Unis Bob Dylan, Jim Morrison et Patti Smith (cf. l'album Radio Ethiopia dédié à Rimbaud ou encore les paroles de
la chanson « Land » sur l'album Horses), ainsi que des artistes d'autres domaines [précision nécessaire], se sont
déclarés influencés aussi bien par sa poésie que par son parcours155.

Néologismes

« abracadabrantesque » (« Le Cœur volé ») « bleuïtés » (« Le Bateau ivre »)

« pioupiesque » (« Le Cœur volé ») « nacreux » (« Le Bateau ivre »)


« bombiner » (« Voyelles ») « hargnosités » (« Les Assis »)

« robinsonner » (« Roman ») « s'illuner » (« Les Poètes de sept ans »)

« percaliser » (« Les Assis ») « La Daromphe » (dans ses lettres, surnom donné à


sa mère, forgé à partir de daronne)
« boulus » (« Les Assis »)

Iconographie

Portraits de Rimbaud par ses contemporains

Source : Jean-Jacques Lefrère, Face à Rimbaud, éd. Phébus, 2006.

Louis Eugène Rimbaud en 1870 ou Étienne Carjat : Arthur Paul Verlaine : Arthur Félix Régamey :
Vassogne : Frédéric 1871, photo-carte de Rimbaud en octobre Rimbaud croqué de Rimbaud et Verlaine à
et Arthur Rimbaud en visite, musée Arthur 1871. Il existe mémoire en juin Londres en 1872.
1866, Bibliothèque Rimbaud plusieurs tirages de 1872.
nationale de France cette photographie,
conservés à la
Bibliothèque
nationale de France
et au musée Arthur
Rimbaud.

Paul Verlaine : Luque : vignette


Rimbaud dessiné en publiée dans la
1876. Publié dans La 3e édition des Poètes
Revue blanche du maudits en 1888.
15 avril 1897.

Portraits de Rimbaud de son vivant


Anonyme : photographie de classe, institution Rossat de Charleville (5,6 × 9 cm), 1864156 (?).

Émile Jacoby158 ? Récemment, cette photo serait plus vraisemblablement attribuée à Louis Eugène Vassogne
(1836-1881)159: photographie de Frédéric et Arthur Rimbaud en communiants (21,5 × 14,5 cm), 1866160.

Ernest Delahaye : caricatures et dessins, 1870-1880.


Émile Jacoby ? ou Étienne Carjat ? : photographie sur verre, où Arthur paraît avoir 15 ou 16 ans, 1871161 ?

Étienne Carjat : photographie d'Arthur à 17 ans, octobre 1871162.

André Gill : « Arthur Rimbaud sur son bateau ivre », dessin pour l'Album zutique (25,3 × 34,5 cm), 1871.

Paul Verlaine : caricatures et dessins, 1872-1895.

Henri Fantin-Latour : esquisse, croquis pour le tableau, Coin de table (2,25 m × 1,56 m), 1872, exposé au musée
d'Orsay à Paris.

Jean-Louis Forain : dessin au lavis de brun (11,4 × 14,8 cm), non daté163 et deux caricatures, 1872.

Félix Régamey : dessins exécutés à Londres, 1872-1873.

Alfred Garnier : huile sur carton (21 × 17 cm), 1872164.

Jef Rosman : peinture à l'huile sur panneau d'acajou (25 × 32 cm), 1873, exposé au musée Arthur-Rimbaud de
Charleville-Mézières165.

Germain Nouveau : faute de précision, il est présumé que Rimbaud soit représenté sur un ou deux dessins
exécutés en 1876166.

Isabelle Rimbaud : croquis et dessins 1879-1891.

Anonyme : photographie légendée « Environs d'Aden. Avant le déjeuner à Scheick Otman [sic]167. », où Rimbaud
pose en compagnie de cinq hommes sur les marches de la maison d'Hassan Ali, en 1880168 ?

Anonyme : photographie faite à Aden (9,6 × 13,6 cm), avec « Hôtel de l'Univers » inscrit au dos. Selon les
premières investigations, rapportées par les découvreurs Alban Caussé et Jacques Desse (libraires de livres
anciens), aidés en cela par Jean-Jacques Lefrère (biographe de Rimbaud), le jeune homme assis en compagnie
de six autres personnes sur le perron de l'hôtel, est bien Arthur Rimbaud, présent dans ce port, depuis la
première quinzaine d'août 1880171.

Thomas Blanchet : eau-forte inspirée de la photographie prise par Étienne Carjat, 1884172.

Luque : caricature173 et médaillon174, 1888.

Frédéric-Auguste Cazals : « croquis d'après documents » du profil de Rimbaud avec l'ombre portée de Verlaine
(10 × 12,5 cm), 1889175.

Arthur Rimbaud, photographe

Comptant partir pour le continent africain, Arthur Rimbaud écrit à sa famille le 28 septembre 1882 pour leur
annoncer qu'il a commandé au colonel P. Dubar176, à Lyon tout le matériel photographique nécessaire afin d'en
tirer « une petite fortune, en peu de temps, […] les reproductions de ces contrées ignorées et des types singuliers
qu'elles renferment devant se vendre en France177 ». Il reçoit enfin son appareil en mars 1883.
Installé dans la succursale de Harar, en avril, Rimbaud fait parvenir trois photographies à sa famille : « …de moi-
même par moi-même. […] Ceci est seulement pour rappeler ma figure, et vous donner une idée des paysages
d'ici178… » Le 20 mai, il leur écrit : « La photographie marche bien. C'est une bonne idée que j'ai eue. Je vous
enverrai bientôt des choses réussies. » Le 26 août 1883, Rimbaud écrit à Bardey qui est à Vichy : « J'avais lâché ce
travail [de photographe] à cause des pluies… Je vais le reprendre avec le beau temps et je pourrais vous envoyer
des choses vraiment curieuses. »
De retour à Aden, en janvier 1885 : « Je ne vous envoie pas ma photographie ; j'évite avec soin tous les frais
inutiles179. » Et le 14 avril 1885 : « L'appareil photographique, à mon grand regret, je l'ai vendu, mais sans perte. »

Nous ignorons le nombre de photographies faites par Rimbaud. Il s'agit d'épreuves d'époque au citrate réalisés par
contact à partir de négatifs sur plaque de verre d'un format 13 × 18 cm avec émulsion de gélatine et bromure
d'argent.

Voici les seules qui nous sont parvenues identifiées :

Autoportrait, « …debout sur une terrasse de la maison178 [Mazeran, Viannay et Bardey de Harar]… » (18 × 13 cm),
1883180.

Autoportrait, « …debout dans un jardin de café178 [au Harar]… » (18 × 13 cm), 1883181.

Autoportrait, « …les bras croisés dans un jardin de bananes178 [au Harar] » (18 × 13 cm), 1883182.

Sotiro, l'adjoint de Rimbaud184, en tenue de chasseur parmi des bananiers du « jardins de Raouf Pacha »185.

Cour intérieure de la maison Bardey (sur la gauche, on aperçoit la rampe de l'escalier qui mène à la terrasse où
Rimbaud s'est photographié). Au verso de cette photographie, est inscrit : « Vue du magasin de manutention.
Fabricant de daboulas (sac en cuir) à l'heure du Kât (Khat) »186, (122 × 16 cm), 1883.

La place du marché de Harar187.

La coupole du mausolée de Cheikh-Ubader, père protecteur de la ville de Harar ; lieu vénéré des Hararis
187
(12 × 17 cm) .

Une huitième photographie serait, selon Serge Plantureux, mentionnée au catalogue de la bibliothèque de
Charleville-Mézières : Portrait de Ahmed Ouady, militaire égyptien188.

En 2019, Hugues Fontaine découvre dans les fonds du Weltmuseum de Vienne (Autriche) trois photographies
prises par Arthur Rimbaud en Afrique vers 1887189. Celles-ci font partie des archives de l'explorateur autrichien
Philipp Paulitschke, qui précise dans son registre que les clichés auraient été pris par Rimbaud. Ces trois
photographies représentent un guerrier éthiopien se faisant laver les pieds par un enfant, la Katama (citadelle) de
Ras Darghé, et enfin deux enfants autour d'une table190. Le musée Arthur Rimbaud a dédié en 2019 une exposition
à « Rimbaud photographe », qui dévoilait notamment ces trois photographies.
« Sur la terrasse de la « Dans un jardin de « Les bras croisés Sotiro, l'adjoint de Cour intérieure de la
maison Bardey », café », 1883, musée dans un jardin de Rimbaud, en tenue de maison Bardey :
1883, musée Arthur Arthur Rimbaud bananes », 1883, chasseur parmi des artisan, 1883, musée
Rimbaud Bibliothèque bananiers, musée Arthur Rimbaud
nationale de France Arthur Rimbaud

La place du marché La coupole du


de Harar. mausolée de Cheikh-
Ubader, 1883, musée
Arthur Rimbaud

Portraits posthumes

Paterne Berrichon : Paterne Berrichon : Félix Vallotton : par Reginald Gray. Armand Coussens,
Arthur à 12 ans. Rimbaud vers 30 ans. gravure sur bois, eau-forte, 1923.
Dessin paru dans La D'après un dessin parue dans Le Livre
Revue blanche en d'Isabelle Rimbaud. des masques de
1897. Remy de Gourmont,
en 1896.

Portraits posthumes
Jean Arp : gravure sur bois.

Pierre Dufour, dit Paterne Berrichon191 : dessins, 1897-1901.

A. Bosshard : gravure sur bois, 1916.

Jean Cocteau : Il a foudroyé la sottise, il a fui les ignobles, dessin (49 × 37,5 cm), 1959.

Armand Coussens : gravure192.


Lucien Coutaud : peinture.

Sonia Delaunay : Pochoir coloré sur collage de la photographie prise par Étienne Carjat.

Jim Dine : Rimbaud Wounded in Brussels, gravure sur cuivre (14,6 × 10,8 cm) et impression sur papier Japon
(50,8 × 40,6 cm), 1973.

Pierre Gandon : gravure en taille douce, 1925193.

Alberto Giacometti : eau-forte (52 × 32,2 cm)194.

Valentine Hugo : lithographies, eaux-fortes et peintures.

Fernand Léger : lithographies.

Louis Marcoussis : gravures dont portrait « aux mouches » (30 × 23 cm), 1939.

Luc Albert Moreau : Rimbaud et Verlaine, lithographie (33 × 26 cm)195.

René-Henri Munsch : gravure sur bois.

Hubert Pauget : peinture.

Pablo Picasso : lithographie, (49,2 × 37,5 cm)194.

Ernest Pignon-Ernest : dessins et lithographies, 1986.

Peter Thomson : peinture196.

Félix Vallotton : gravures sur bois197.

Jacques Villon : pointe sèche (25 × 18 cm).

David Wojnarowicz : Arthur Rimbaud in New York, photographies, 1978-1979.

Illustrations de l'œuvre

Illustrations de l'œuvre
André Beaurepaire : 20 lithographies en noir, Poèmes en prose, Les Centraux Bibliophiles, Paris, 1964.

Yves Brayer : 25 lithographies en noir, « Le Bateau ivre », éd. Philippe Gonin, Paris, 1939.

Serge Chamchinov : 7 bois gravés en couleurs pour « Le Bateau ivre », édition Atelier Avalon, 2006. Format du
livre d'artiste 24 × 24 cm, série Livre - poème, conception poésie visuelle, 7 gouaches, poème d'Arthur Rimbaud,
texte intégral imprimé, jeu typographique, Canson 210 g/m2, Népalais 45 g/m2, 4 variantes.

Louis Favre : lithographies en couleurs (33,9 × 25,9 cm), Une saison en Enfer, A. A. M. Stols, Paris, 1949.

Johnny Friedlaender : 6 gravures à l'aquatinte, Illuminations, Les Bibliophiles de Provence, Toulon, 1979.

Valentine Hugo : 7 pointes sèches (29 × 19,5 cm), « Les Poètes de sept ans », éd. GLM, Paris, 1939.

Pierre Joubert : illustration des Œuvres poétiques, Fleurus, Paris, 1995 (ISBN 2-215-05034-9).

Fernand Léger : 15 lithographies dont 10 coloriées au pochoir (34 × 25,9 cm), Les Illuminations, Grosclaude
Éditions des Gaules, Lausanne, 1949.

Robert Mapplethorpe : 8 photographies (héliogravures en noir et blanc), A Season in Hell, Paul Schmidt
(traducteur), éd. Bulfinch Press, New York, États-Unis 1997.

Raymond Moretti : 36 sérigraphies, « Le Bateau ivre », éd. Joseph Pardo/Le Chant des sphères, Nice, 1966.
Germaine Richier : 24 eaux-fortes en noir (29 × 38 cm), Une saison en Enfer avec extraits des Déserts de l'amour et
des Illuminations, éd. A. Gonin, Lausanne, 1953.

Dominique Sosolic : 10 gravures en taille douce (sur cuivre), pour 3 ouvrages, Poésies, Une saison en Enfer
(précédé de Nouvelles Poésies), Les Illuminations (suivi de Poésies diverses), Club du livre, Paris, 1984, 1986 et
1988.

Adaptations musicales de l’œuvre

Opéras

Lorenzo Ferrero : Rimbaud, ou Le Fils du soleil, opéra en trois actes, 1978.

Matthias Pintscher : L'Espace dernier, « théâtre musical en quatre parties sur des textes et images autour de
l'œuvre et de la vie d'Arthur Rimbaud », 2004 (créé à l'Opéra-Bastille).

Poèmes mis en musique contemporaine

Poèmes mis en musique contemporaine


Gilbert Amy : Une saison en enfer, pour soprano, piano, percussion et bande magnétique (1980) – CD, Une
saison en enfer, Fusako Kondo (soprano), Carlos Roque Alsina (piano), Jean-Pierre Drouet (percussion), Gilbert Amy
(pupitre électroacoustique), INA GRM/MFA, 2008.

Benjamin Britten : Les Illuminations, Opus 18, pour ténor (ou soprano) et orchestre à cordes (1939) – CD, Britten,
Les Illuminations, Felicity Lott (soprano), English Chamber Orchestra, dirigé par Steuart Bedford, Naxos, 2004.

François Cotinaud : 20 poèmes – coffret 2 CD + 1 DVD, Rimbaud et son double, Musivi, 2005.

Wolfgang Rihm : Départ – CD, Wien Modern, Wierner Philharmoniker, dirigé par Claudio Abbado, Deutsche
Grammophon, 1990.

Bruno Richardot : L'Étoile, chanson pour ensemble vocal (4 voix mixtes)198

John Zorn : Rimbaud – CD, Tzadik, 2012.

Poèmes mis en chansons

Poèmes mis en chansons199


Dick Annegarn : « L'Éternité », Vers nouveaux (Qu'est-ce pour nous mon cœur ?) – CD, Frères ?, Nocturne, 1986.

Jean-Louis Aubert : « Sensation » – CD, Idéal standard, EMI, 2005.

Joan Baez : « Enfance III » et « Le Mal », traduits en anglais, sur l'album Baptism: A Journey Through Our Time,
1968.

Philippe Belin : 11 poèmes – CD, Rimbaud Blues, Nocturne, 2005.

Robert Charlebois :
« Sensation » – 33 tours, Québec Love, Gamma, 1969.

« Ma Bohème » – 33 tours, Je rêve à Rio, Barclay, 1974.

Elijah's Mantle :
(en) extraits de « Nuit de l'enfer » (Une saison en enfer) dans Litanies of Woes et « Les Mains de Jeanne-
Marie » (Jeanne-Marie's Hands) dans Portals of Opium, sur l'album Betrayals and Ecstasies, De Nova Da
Capo (DNDC 006 CD), 1996.

(en) « Ophelia » (« Ophélie »), et extraits d'Une saison en enfer : Night in Hell (« Nuit de l'enfer » et « Adieu »)
sur l'album Poets and Visionaries, De Nova Da Capo (DNDC 009 CD), 1996.

Léo Ferré (voir Liste de poètes chantés par Léo Ferré#Arthur Rimbaud)
album Verlaine et Rimbaud, Barclay, 1964 : 10 poèmes, dont :
« Les Assis », « Ma Bohème », « Chanson de la plus haute tour », « Les Poètes de sept ans ».

« Le Bateau ivre », sur le double album Ludwig - L'Imaginaire - Le Bateau ivre, RCA, 1982.

« Roman », sur l'album On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans, EPM, 1986.

« La Maline », sur l'album Les Vieux Copains, EPM, 1990.

Une saison en enfer, EPM, 1991.

double-album Maudits soient-ils !, La Mémoire et la Mer, 2004 :


21 poèmes, dont « Aube », « Les Mains de Jeanne-Marie », « Voyelles », « Le Sonnet du trou du cul ».

Kirjuhel : « À la musique », « Chanson de la plus haute tour » et « L'Éternité » sur l'album 12 poèmes en langue
française, Revoe, 1986 (ffff Télérama).

Valérie Lagrange : « Sensations », sur l'album Fleuve Congo, Exxos, 2003.

Catherine Le Forestier : 12 poèmes – CD, Catherine Le Forestier chante Rimbaud, Flarenasch, 1998.

Colette Magny : « Chanson de la plus haute tour », sur l'album Melocoton, CBS Disques, 1964.

Georges Nawrocki : « Sensation », « Fêtes de la faim » – Répertoire SACEM et The LiederNet Archive.

Jean-Pierre Stora : « Bal des pendus », « Le bateau ivre », « Sensation », « Voyelles », « Roman », « Ma Bohème »,
« Bonne pensée du matin », « L'éternité », « Chanson de la plus haute tour », « Première soirée », « Au Cabaret
Vert, cinq heures du soir », « Loin des oiseaux… », « Ô saisons, ô châteaux… », « À la musique », « Aube »,
« Marine », « Alchimie du verbe », « Faim / Le loup criait… »200, « L'étoile a pleuré rose », « Matin / Génie », « Les
remembrances du vieillard idiot », « Le forgeron » – Répertoire SACEM.

Ghédalia Tazartès : « Credo in Unam » (« Soleil et chair »), « Sensation », « Le Dormeur du Val », « Le Cœur volé »,
« Ma bohème », « Oraison du soir » – mini-CD 5 Rimbaud 1 Verlaine, Jardin au Fou, 2006.

Laura Veirs : « Sleeper In The Valley (Le Dormeur du val) » – CD, July Flame, Universal Records, 2010.

Bernard Verley : Rimbaud... c'est toi !, deux albums sortis en 1972 sur label Pathé Marconi201 sur lesquels, outre
Le Bateau ivre et Voyelles, un ensemble d'extraits des Illuminations et d'Une saison en enfer est « dit, chanté et
crié » par le comédien Bernard Verley, accompagné par le groupe pop psychédélique Catharsis.

Jean-Marc Versini : 17 poèmes – CD, Arthur Rimbaud chanté par Jean-Marc Versini, Marmottes productions,
2004.

Weepers Circus : « Larme » – CD, La Monstrueuse Parade, Artdisto/Universal Music, 2005.

Hector Zazou
Hector Zazou et autres : Work in Progress..., enregistrement collectif CD 4 titres, « Faim » (Une saison en
enfer), « À une raison » et « Royauté » (Les Illuminations), et « Lettre au directeur des Messageries
maritimes », édition spéciale pour la « Parade sauvage pour Arthur Rimbaud » (Grande halle de la Villette),
célébration du centenaire de la mort du poète, production artistique d'Hector Zazou, avec la contribution de
Ryūichi Sakamoto, John Cale, David Sylvian, Richard Bohringer, Steve Shehan, Daniel Yvinec, Les Azmaris
d'Éthiopie, Sacem, 1991.

(avec Gérard Depardieu, David Sylvian, Khaled...) 10 poèmes – CD, Sahara Blue, Crammed Discs, 1992.

Hommages

Musées

1994 : inauguration du musée Rimbaud, quai Arthur-Rimbaud, à Charleville-Mézières, dans l'ancien moulin ducal
de Charles de Gonzague.

4 février 2000 : inauguration de la « maison Rimbaud », à Harar. Malgré le nom qui lui a été attribuée, cette vaste
et luxueuse bâtisse en bois à étages d'inspiration indienne, ne fut pas habitée par Arthur Rimbaud, car
construite après sa mort.

20 octobre 2004 : jour anniversaire des 150 ans de sa naissance : inauguration de la Maison des Ailleurs, 7 quai
Arthur-Rimbaud, à Charleville-Mézières. La famille Rimbaud l'habita de 1869 à 1875.

Musée Rimbaud, quai La Maison des Maison et Musée


Arthur-Rimbaud, Ailleurs, 7, quai Rimbaud à Harar
Charleville-Mézières. Arthur-Rimbaud,
Charleville-Mézières.

Monuments

Square de la gare, Place J. Félix,


Charleville-Mézières. Charleville-Mézières.

Monuments, bustes, stèles, sculptures, décorations murales


21 juillet 1901, inauguration d'une stèle surmontée d'un buste d'Arthur Rimbaud, square de la gare, à Charleville-
Mézières : buste sculpté par Pierre Dufour — alias Paterne Berrichon, époux d'Isabelle Rimbaud —, d'après les
photos d'Étienne Carjat. Ce buste fut subtilisé par l'occupant pendant la Première Guerre mondiale.
23 octobre 1927 : inauguration d'un 2e buste, copie sculptée d'après les photographies du précédent, par
Alphonse Colle. Il sera volé à son tour sous l'occupation, pendant la Seconde Guerre mondiale202.
17 octobre 1954 pour le centenaire de sa naissance : inauguration d'un 3e buste sculpté d'après une
maquette de Berrichon par Dumont.

1984 : « L'Homme aux semelles devant » (clin d'œil au surnom que lui avait donné Verlaine), sculpture en
bronze de Jean-Robert Ipoustéguy, une commande du président de la République François Mitterrand. Installée
place du Père-Teilhard-de-Chardin (4e arrondissement de Paris). La statue est déplacée en 2018 et se trouve
dorénavant en bord de Seine, dans le musée de la Sculpture en plein air (5e arrondissement de Paris).

28 janvier 1989 : « Monument à Rimbaud », sculpté par Jean Amado, parc balnéaire du Prado, à Marseille,
8e arrondissement. Commande publique de la ville de Marseille et du ministère de la Culture et de la
Communication. Un extrait du poème, Le Bateau ivre est gravé sur une dalle de granit rose, posée à proximité :

« Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes,


Et les ressacs et les courants, je sais le soir,
L'aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir. »

10 novembre 1991, jour du centenaire de sa mort : sculpture en bronze de Michel Gillet, installée sur l'île du
Vieux-Moulin puis dans le square de la gare, à Charleville-Mézières

1997 : « Il faut être absolument moderne », statue d'Hervé Tonglet, place Jacques-Félix, aux abords du collège
Arthur Rimbaud, à Charleville-Mézières.

2004 : « L'homme aux semelles de vent », sculpture d'Éric Sléziak, quai Rimbaud, à la gare de Voncq. Point de
départ des fugues et voyages de Rimbaud pour fuir « Charlestown ».

2004 : « Je m'entête affreusement à adorer la liberté libre », sculpture d'Éric Sléziak, près du site où se trouvait
la ferme familiale, à Roche.

2011 : "L'Alchimie des Ailleurs", chaises-poèmes sculptées par l'artiste québécois Michel Goulet, commandées
par la ville de Charleville-Mézières et installées sur le Quai Rimbaud entre le Musée Rimbaud et la maison des
Ailleurs

14 juin 2012 : inauguration d'une décoration murale (Street art) rue Férou, à Paris, reproduisant intégralement le
poème « Le Bateau ivre »203. Cette œuvre, financée par l'Ambassade des Pays-Bas et réalisée par le calligraphe
Jan Willem Bruins est située face à l'emplacement d'un restaurant aujourd'hui disparu où Rimbaud a récité ce
texte le 30 septembre 1871.

Plaques commémoratives

Plaques commémoratives
Tombe, 124, 12, rue Pierre-Bérégovoy, 7, quai Arthur- 1, rue des Brasseurs, Bruxelles. 147,
avenue Charleville-Mézières. Rimbaud, boulevard
Charles- Charleville- Baille,
Boutet, Mézières. Marseille, 5e.
Charleville-
Mézières.

8, rue Victor-Cousin, Paris, 5e. Angle des rues du Vieux- Boîte aux lettres d'Arthur
e
Colombier et Bonaparte, Paris, 6 . Rimbaud, à l'entrée du cimetière,
124, avenue Boutet, Charleville-
Mézières

Plaques commémoratives
Novembre 1891 : plaque tombale, cimetière (sur la gauche de l'allée centrale), 124, avenue Charles-Boutet, à
Charleville-Mézières.

21 juillet 1901 : au 1er étage de la maison natale du poète, 12, rue Pierre-Bérégovoy, à Charleville-Mézières.

20 octobre 1946, jour anniversaire de sa naissance : cour intérieure de l'hôpital de la Conception à Marseille, à
l'initiative d'une association de poètes marseillais, « Les Amis d'Arion ».
2000 : lors de la rénovation totale de l'établissement, une plaque refaite à l'identique a été apposée dans le
hall d'accueil du bâtiment central, 147, boulevard Baille, 5e arrondissement. Elle est agrémentée d'une des
six sections de « Phrases », issu du recueil, Illuminations :

« J'ai tendu des cordes de clocher à clocher.


Des guirlandes de fenêtre à fenêtre.
Des chaînes d'or d'étoile à étoile
Et je danse. »

20 octobre 1954, jour du centenaire de sa naissance : 7, quai Arthur-Rimbaud, à Charleville-Mézières. La famille


Rimbaud l'habita de 1869 à 1875 (devenu la Maison des Ailleurs, en 2004 – voir Musées ci-dessus).

10 novembre 1991, jour du centenaire de sa mort : « Il faut être absolument moderne », plaque apposée par la
communauté française de Belgique, au 1, rue des Brasseurs, à Bruxelles, à l'endroit où s'élevait l'hôtel « À la ville
de Courtrai », où Verlaine blessa Rimbaud le 10 juillet 1873.
19?? : 8, Great College Street, quartier de Camden, à Londres : Rimbaud et Verlaine habitèrent cette maison lors
de leur deuxième séjour londonien, de mai à juillet 1873.

19?? : sur les lieux qui inspirèrent le poète, à Roche.

2 juin 2004 : 8, rue Victor-Cousin, Paris 5e, à l'initiative de l'Association internationale des amis de Rimbaud. En
juin 1872, Arthur Rimbaud occupa dans l'hôtel Cluny, « une chambre jolie » qu'il a quelque peu décrite dans une
lettre adressée à son ami Ernest Delahaye204.

16 juin 2010 : au coin des rues du Vieux-Colombier et Bonaparte (coin Nord-Ouest de la place Saint-Sulpice), à
Paris 6e, à l'initiative de l'Association internationale des Amis de Rimbaud, à l'endroit où, le 30 septembre 1871,
eut lieu, au restaurant du premier étage du marchand de vin Ferdinand Denogeant, le dîner mensuel des
« Vilains-Bonshommes » où Arthur Rimbaud fut présenté par Paul Verlaine aux poètes parnassiens205.

Parcours Rimbaud à Charleville-Mézières

Depuis 2015, la ville de Charleville-Mézières fait réaliser des fresques monumentales réinterprétant les poèmes
d'Arthur Rimbaud par le street art, afin de permettre aux promeneurs de lire sa poésie directement depuis l'espace
public206.

Fresques sur les poèmes d'Arthur Rimbaud à Charleville-Mézières


2015, "Voyelles", mur de la médiathèque Voyelles, rue de l'Église.

2017, "Ophélie", rue Michelet, fresque réalisée par DIZAT du collectif Creative Color

2018, "Ma Bohème", au 11 rue de Gonzague, fresque réalisée par SMAK3 du collectif Creative Color

2018, "Le Dormeur du Val", au 120 avenue Charles Boutet, devant le cimetière où est enterré Rimbaud, fresque
réalisée par Rodes

2018, "Le Bateau ivre", au 16 rue Ledru-Rollin, fresque réalisée par Polar

2018, "Les Ponts", au 52 rue du Theux, fresque réalisée par Sophie Canillac du collectif [Link]

2019, "Enfance", au 28 cours Briand, fresque réalisée par Pierre Mathieu

2019, "Le Cœur supplicié", au 19 rue Louis Fraison, fresque réalisée par Ardif

2019, "Départ", au 17 rue Louis Fraison, fresque réalisée par 2SHY

2019, "L'Éternité", au 23 rue Louis Fraison, fresque réalisée pa Mural'Art

2019, "Sensation", au 21 rue Louis Fraison, fresque réalisée par Damien Auriault

Romans

Romans
Jean Teulé, Rainbow pour Rimbaud, Julliard, 1991.

Philippe Besson, Les Jours fragiles, Paris, éd. Julliard, 2004.

Thierry Dardart, Dernière caravane pour Zeïlah, Pignicourt, éd. T. Dardart éd., 2018 (ISBN 2-260-01641-3).

Serge Filippini, Rimbaldo, Paris, éd. de la Table ronde, 2014 (ISBN 978-2-7103-7181-6 et 978-2956030904).

Guillaume Meurice, Cosme, Paris, Arthaud, 2018, 304 p. (ISBN 978-2-08-142562-0).


Heidi Brusselle, Les oiseaux libres finissent en cage ou s'envolent - histoire de Rimbaud, Éditions Bookelis, 2020,
180p. (EAN 978B08FF16KXQ[à vérifier : EAN invalide]).

Thierry Beinstingel, Vie prolongée d'Arthur Rimbaud, Paris, Fayard, 2016, 416 p. (ISBN 978-2213687490)

Bandes dessinées

Bandes dessinées autour de Rimbaud


Chloé Poizat (images), Le Rimbaud, 18 poèmes mis en images, Paris, Mango Jeunesse, « collection Album
Dada », 1998, 44 p., relié, 26 × 29,2 cm (ISBN 2-7404-0762-9) ;

Christophe Dabitch (scénario), Benjamin Flao (dessin), La Ligne de fuite, Paris, Futuropolis, 2007, 120 p., relié,
24,5 × 30,6 cm (ISBN 978-2-7548-0089-1) ;

Christian Straboni (scénario, dialogues et dessin), Laurence Maurel (dialogues), Le Chapeau de Rimbaud,
Talence, Akileos, 2010, 80 p., relié, 23,3 × 31,6 cm (ISBN 978-2-355-74061-9) ;

Corcal (récit), Édith (dessin et couleur), La Chambre de Lautréamont, Paris, Futuropolis, 2012, 136 p., relié,
20 × 27,2 cm (ISBN 978-2-754-80352-6) ;

Xavier Coste, Rimbaud, l'indésirable, Bruxelles, Casterman, 2013, 120 p., relié, 23,8 × 32 cm
(ISBN 978-2-203-06646-5) ;

Philippe Thirault (scénario), Thomas Verguet (dessin), Christian Clot (dossier historique), Rimbaud, l'explorateur
maudit, Paris, Glénat, coll. « Explora », mars 2016, 56 p., relié, 24 × 32 cm (ISBN 978-2-344-00618-4) ;

Damien Cuvillier (scénario, dessin et couleurs), Voleur de feu, Paris, Futuropolis, septembre 2023, 104 p., relié,
24,6 × 30,8 cm (ISBN 9782754832502) ;

Laurent-Frédéric Bollée (scénario), Jean Dytar (dessin et couleurs), Les Illuminés, Paris, Delcourt, Coll.
« Mirages », octobre 2023, 144 p., relié, 24,2 × 32 cm (ISBN 9782413042556).

Hommages en chansons

Hommages en chansons
Tucker Zimmerman, « Les Visions de Rimbaud », sur l'album Ten songs, 1969.

Georges Chelon : « Rimbaud » – 33 tours, Rimbaud, Barclay, 1982.

Yves Simon : « L'Abyssinie », sur l'album De l'autre côté du monde, 1985207.

Hubert-Félix Thiéfaine : « Affaire Rimbaud » – CD, Météo für nada, MASQ, 1986.

Mama Béa Tékielski : « Arthur » – CD, No Woman's Land, coll. Mafalda, 1991.

Patti Smith : « Dream of Rimbaud » – CD, Rockin’ Rimbaud / The Köln Reading, P. Smith und S Press, 1991.

Raphael : « Être Rimbaud » – CD, La Réalité, Capitol/EMI, 1995.

Les Garçons bouchers : « Arthur » – CD, Écoute, petit frère, AZ, 1995.

Bernard Lavilliers : « Pauvre Rimbaud » – CD, Premiers pas..., M 10, 2001.

Michel Delpech : « Rimbaud chanterait » – CD, Pour un flirt, AZ, 2001.

Barbara : « L'Absinthe » – CD, La Fleur d'amour, Mercury, 2002.


Brigitte Fontaine : « Comme Rimbaud » – 33 tours, Brigitte Fontaine est… folle !, Saravah, 2002.

Serge Rezvani : « Le vaisseau ivre », sur l'album Vivre étonné - Intégrale des chansons, 2004.

Indochine : « Go, Rimbaud Go ! »208 – CD, La République des Meteors, Jive/Epic/Sony, 2008.

André Klenes – Quintet, « Ballade sur le Nom de Rimbaud », Sébastien Surel, violon – Chikako Hosoda, violon –
Pierre Heneaux, violon – Sébastien Walnier, violoncelle – André Klenes, contrebasse – Sarah Klenes, voix ;
2009.

Cinéma

Rimbaud dans les films


1965 : Rimbaud est omniprésent dans Pierrot le fou de Jean-Luc Godard.

1971 : Une saison en enfer (Una stagione all'inferno), de Nelo Risi, avec Terence Stamp et Jean-Claude Brialy, 130
min.

1995 : Rimbaud Verlaine (Total Eclipse), d'Agnieszka Holland, avec Leonardo DiCaprio et David Thewlis, 100 min
(DVD, CTN/Pioneer, 1999), DVD Dvdy/Opening (1997/2007).

1996 : Jean Teulé, Rainbow pour Rimbaud (d'après Rainbow pour Rimbaud de l'auteur), film de fiction (82 min,
1996).

2007 : I'm Not There, film de Todd Haynes, 135 min, où l'une des personnalités de Bob Dylan, incarnée par Ben
Whishaw, est très fortement inspirée d'Arthur Rimbaud.

Émissions de radio

Émissions de radio
1980 : Les Vivants et les Dieux. Rimbaud : Les Illuminations, émission de Philippe Nemo et de J.-P. Giusto, diffusé
les 1er et 15 décembre sur France Culture.

2013 : Henri Guillemin raconte Paul Verlaine et Rimbaud, émission diffusée le 23 août à 21 h sur France
Culture209.

Pièces de théâtre

Et Dieu créa Rimbaud, pièce écrite par Michael Zolciak, avec Vincent Marbeau et Jonathan Kerr, jouée en
novembre et décembre 2015 : à la Comédie Saint-Michel à Paris.

Une Saison en enfer, mise en scène et avec Carole Bouquet, théâtre Hébertot, 2017.

Une Saison en enfer, mise en scène d'Ulysse Di Gregorio, avec Jean-Quentin Châtelain, théâtre du Lucernaire,
2017.

Logiciel informatique

En 1991, année de célébration de la disparition du poète, est lancé le logiciel ARThur, conçu sur Amiga par Claude
Douay et Michel Fages (pour Rimage) dans le but de mieux percevoir la pertinence visionnaire du poème
« Voyelles », utilisé tel un algorithme informatique : il suffisait d'y rentrer un texte en ASCII ou de saisir un mot au
clavier pour obtenir rapidement une palette, incrémentée par la présence des voyelles itérées pour l'occasion, et
mise en œuvre dans des infographies abstraites (sur le modèle fractal) avec une genèse aussitôt perceptible à
l'écran. Ce fut le premier logiciel bureautico-graphique « certifié rigoureusement inutile »210.

Horticulture

Un cultivar de rosier a été baptisé de son nom par Meilland en 2008, la rose 'Arthur Rimbaud' de couleur rose
saumoné.

Rose 'Arthur Rimbaud'.

Prix Arthur Rimbaud de la Maison de la Poésie de Paris

Le prix Arthur Rimbaud de la Maison de la Poésie de Paris est décerné chaque année par la Fondation Émile
Blémont depuis 1928. L'objectif est d'attirer l’attention sur des recueils et divers livres de grande qualité
littéraire211. Le dernier lauréat en date en 2023 est Arthur Billerey212.

Festivals

Un Festival de cinéma indépendant porte son nom : Les Rimbaud du Cinéma.

Le Festival de musique « Le cabaret vert » qui a lieu chaque année à Charleville-Mézières, a pris cette
dénomination en référence à un poème d'Arthur Rimbaud.

Timbres

En 1951, un timbre français, dessiné par Paul Lemagny et reprenant le portrait du Coin de table est émis en
France (15 francs)213, un des 3 timbres de la série Poètes symbolistes, avec Charles Baudelaire (8 francs) et
Paul Verlaine (12 francs). C'est le seul timbre français consacré au poète.

La république de Djibouti a émis 3 timbres en hommage à Rimbaud, la Belgique et la Roumanie un timbre.

Débat pour une entrée au Panthéon

Le Panthéon, à Paris
En septembre 2020, une centaine d'intellectuels et écrivains, soutenus par neuf anciens ministres de la Culture et
par la ministre en titre, Roselyne Bachelot, défendent l'entrée au Panthéon de Rimbaud « en même temps » que
Paul Verlaine. Leur pétition, qui met en avant l'homosexualité des poètes (mais ne propose pas de les faire rentrer
au Panthéon « en couple »), est signée par plus de 5 000 personnes et les 2 000 membres de la fondation Verlaine
et Rimbaud214,215. Elle suscite immédiatement un vif débat. L'arrière-arrière petite-nièce de Rimbaud s'oppose à
cette « panthéonisation », mais sans en avoir le droit moral ni juridique216. D'autres écrivains et universitaires
expriment également leur désapprobation à travers plusieurs appels et textes217. Dans le monde politique et en
opposition très forte aux anciens ministres signataires, Dominique de Villepin, auteur de plusieurs essais sur la
poésie, signe lui aussi une tribune dans Le Monde pour s'insurger contre ce projet qui « serait trahir ces esprits
rebelles » et « réduire leur œuvre respective à leur passion amoureuse »218.

On relève notamment que la majorité des critiques reconnus ayant écrit de multiples essais sur Rimbaud, ou dirigé
les éditions de son œuvre, tels Pierre Brunel, André Guyaux, Jean-Luc Steinmetz ou Steve Murphy, s'opposent tous
à ce projet, qui leur semble une récupération et dénaturation de la révolte « libre » du poète219. Et de même que les
surréalistes s'élevèrent contre l'édification d'une statue de Rimbaud à Charleville en 1927220, la plupart des
écrivains et poètes vivants ayant écrit sur Rimbaud, s'opposent à cette célébration, comme Gérard Macé, Marcelin
Pleynet, Alain Borer, Bernard Noël, Christian Prigent, Pierre Michon221. Outre la récupération et la dénaturation,
beaucoup d'opposants dénoncent une procédure institutionnelle incohérente par rapport à la personnalité du
poète ainsi que la superficialité d'une association à une homosexualité qui ne reste pas avérée222. Au-delà de la
question du Panthéon, ce très vif débat confirme à la fois la place de « l'enjeu homosexuel » à travers cette
commémoration et l'importance de Rimbaud dans l'imaginaire français. Dans un courrier daté du 13 janvier 2021
adressé à l'avocat de la famille, le Président de la République française Emmanuel Macron rejette l'idée d'une
entrée au Panthéon et adopte ainsi le souhait de la famille de conserver la sépulture du poète dans le caveau
familial223.

Écoles

Lycée Arthur-Rimbaud à Istres dans les Bouches-du-Rhône224.

Lycée Arthur-Rimbaud à Sin-Le-Noble dans les Hauts-de-France225.

Mémoire internationale

Les artistes Jim Morrison et Patti Smith l'ont pris comme modèle226;

Le poète antifranquiste Félix Francisco Casanova (1956-1976), mort prématurément à l'âge de vingt ans, est
surnommé Le Rimbaud espagnol227.

Notes et références

1. Henri Meschonnic, « Il faut être absolument moderne, un slogan de moins pour la postérité », Modernité
modernité, coll. Folio-Essais, Gallimard, 1994, p. 121-127.

2. « Visionneuse - Archives départementales des Ardennes ([Link]


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371,-28&uielem_rotate=F&uielem_islocked=0&uielem_zoom=212) [archive] », sur [Link] (consulté le
23 juillet 2020), p. 316
3. « Série du greffe : naissances. (3E/3134) ([Link]
9a) [archive] », sur Mnesys (consulté le 24 juillet 2020)

4. « Base de données Léonore Archives nationales, Cote: LH//2332/37 ([Link]


[Link]/ui/) [archive] » (consulté le 8 juillet 2022)

5. « Roche-et-Méry 1821-1827, Naissances : acte du 11 mars 1825 ([Link]


euse/[Link]?arko=YTo3OntzOjQ6ImRhdGUiO3M6MTA6IjIwMjAtMDctMjQiO3M6MTA6InR5cGVfZm
9uZHMiO3M6MTE6ImFya29fc2VyaWVsIjtzOjQ6InJlZjEiO3M6MToiNCI7czo0OiJyZWYyIjtzOjQ6IjkwOTIiO3M6
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MjE6InZpc2lvbm5ldXNlX2h0bWxfbW9kZSI7czo0OiJwcm9kIjt9) [archive] », sur [Link] (consulté le
24 juillet 2020), vue 16

6. « 1849-1853 - Mariages : acte no 7 du 8 février 1853 ([Link]


[Link]?arko=YTo3OntzOjQ6ImRhdGUiO3M6MTA6IjIwMjAtMDctMjMiO3M6MTA6InR5cGVfZm9uZHMiO3
M6MTE6ImFya29fc2VyaWVsIjtzOjQ6InJlZjEiO3M6MToiNCI7czo0OiJyZWYyIjtzOjM6IjYwOCI7czoyMjoiZm9yY
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5ldXNlX2h0bWxfbW9kZSI7czo0OiJwcm9kIjt9) [archive] », sur [Link] (consulté le 23 juillet 2020)

7. « Charleville - Naissances 1852-1854 : acte no 159 du 3 novembre 1853 ([Link]


visionneuse/[Link]?arko=YTo3OntzOjQ6ImRhdGUiO3M6MTA6IjIwMjAtMDctMjMiO3M6MTA6InR5c
GVfZm9uZHMiO3M6MTE6ImFya29fc2VyaWVsIjtzOjQ6InJlZjEiO3M6MToiNCI7czo0OiJyZWYyIjtzOjU6IjEzMjg
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yMToidmlzaW9ubmV1c2VfaHRtbF9tb2RlIjtzOjQ6InByb2QiO30=) [archive] », sur [Link] (consulté le
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8. Cécile-A., « Une trouvaille aux Archives ! ([Link]


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9. « Charleville, Naissance 1855-1857 : acte no 92 du 6 juin 1857 ([Link]


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ZHMiO3M6MTE6ImFya29fc2VyaWVsIjtzOjQ6InJlZjEiO3M6MToiNCI7czo0OiJyZWYyIjtzOjM6IjYwMCI7czoyMj
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23 juillet 2020).

10. « Charleville 1858-1860 : acte no 122 du 18 juin 1858 ([Link]


f/532c3198a469a) [archive] », 2E105 79, Archives départementales des Ardennes, vue 63.

11. Archives des Ardennes en ligne, acte no 112 du 3/6/1860, vue 320 ([Link]
32c319892c6f/532c319929dc9) [archive]

12. Lefrère 2020, p. 30.

13. Le poème est daté du « 26 mai 1871 », mais il ne s'agirait que d'une date symbolique. Le poète qui n'aime pas
« Dieu ; mais les hommes […] Noirs, en blouse » commémorait vraisemblablement la Semaine sanglante.
Dans le même ordre d'idées, le poème « Les Pauvres à l'Église » est daté évasivement de 1871 dans une
lettre du mois de juin. Certains poèmes pourraient être plus anciens qu'on ne le croit de quelques mois.

14. Henri Matarasso, Album Rimbaud..., Gallimard, 1967 (OCLC 583914711 ([Link]

15. « Les premiers dessins du poète Rimbaud à 10 ans ([Link]


s-connus-du-poete-rimbaud-a-10-ans-4562/navigation-6/) [archive] », sur [Link] (consulté le 24 juillet 2020)
16. C'est sous ce nom qu'existait alors en province le Concours général. Cf. Lefrère 2001, p. 24.

17. Lefrère 2001, p. 54.

18. Lettres d'Arthur Rimbaud à Ernest Delahaye ([Link] [archive]

sur [Link].

19. Lefrère 2020, p. 94.

20. Possible référence au poème de Victor Hugo « Ce que dit la bouche d'ombre » dans Les Contemplations.
[réf. nécessaire]

21. Lefrère 2020, p. 124.

22. Lettre écrite le 5 septembre 1870, au lendemain de la proclamation de la République.

23. Georges Izambard, Rimbaud tel que je l'ai connu, Mercure de France, 1963, chapitre XIII, p. 111.

24. Lettre datée du 24 septembre 1870.

25. Georges Izambard, Rimbaud tel que je l'ai connu, Mercure de France, 1963, chapitre IV, p. 33-34.

26. Arthur Rimbaud, « Au Cabaret Vert, cinq heures du soir ([Link]


u-cabaret-vert/) [archive] » , sur Poetica, 1870 (consulté le 24 janvier 2022).

27. Après avoir été en possession de divers collectionneurs, ils sont conservés au département des Manuscrits
de la British Library de Londres, depuis 1985.

28. Pseudonyme emprunté à Jean Baudry, comédie d'Auguste Vacquerie, créée au Théâtre-Français en
octobre 1863.

29. Texte découvert en avril 2008 à Charleville-Mézières par Patrick Taliercio, cinéaste, lors du tournage d'un
documentaire sur La 2e Fugue de Rimbaud et authentifié par Jean-Jacques Lefrère, spécialiste de Rimbaud et
auteur de plusieurs ouvrages sur le poète, dans Le Figaro du 22 mai 2008. Ainsi, « Le Rêve de Bismarck »
figure dans la troisième édition de la Pléiade des Œuvres complètes de Rimbaud, réalisée sous la direction
d'André Guyaux, parue en février 2009.

30. Notamment celui d'Ernest Delahaye qui, dans Souvenirs familiers à propos de Rimbaud, Verlaine et Germain
Nouveau, éditions Albert Messein 1925, raconte une anecdote, tenue de Rimbaud et située à Villers-Cotterêts
sur le trajet de son retour à pieds de Paris à Charleville après ce séjour durant la Commune.

31. (en) « Full text of "Revue d'Ardenne et d'Argonne" ([Link]


vuedardenneet03ardegoog_djvu.txt) [archive] », sur [Link] (consulté le 11 février 2017).

32. Selon Paul Verlaine, Rimbaud aurait composé à la suite de la semaine sanglante (du 21 au 28 mai) un poème
intitulé « Les Veilleurs », probablement en alexandrins et comptant 52 vers, que Verlaine décrit dans Les
Poètes maudits comme « ce que M. Arthur Rimbaud a écrit de plus beau, de beaucoup ! » Ce poème n'a pas
été retrouvé.

33. Claude Jeancolas, Rimbaud, Flammarion, 1999, p. 335.

34. Théodore de Banville lui aurait demandé pourquoi il n'avait pas écrit « Je suis comme un bateau ivre... », à la
suite de quoi il l'aurait traité de « vieux con ». Arthur Rimbaud – Œuvres, Pocket Classiques, préface de
Pascaline Mourier-Casile (1990), p. 16

35. Par Charles de Saint Sauveur Le 4 août 2019 à 11h19, « Le jour où Paul Verlaine a tout plaqué pour suivre
Rimbaud ([Link]
[Link]) [archive] », sur [Link], 4 août 2019 (consulté le 15 janvier 2021)
36. « Découverte d’une lettre de Rimbaud » ([Link]
de-rimbaud-frederic-thomas/) [archive], Frédéric Thomas, sur Parade sauvage, revue d'études rimbaldiennes,
27 septembre 2018

37. Arthur Rimbaud: Briefe und Dokumente (Berlin, 2021, p. 214–226). Documentation de la lettre à Jules Andrieu
en allemand ([Link]
f) [archive], Übersetzt und erläutert von Curd Ochwadt [Traduit et commenté par Curd Ochwadt]. Erweiterte
Neuausgabe 2021 [Nouvelle édition augmentée 2021].

38. Selon le journal tenu par sa sœur Vitalie.

39. Lettre adressée à Ernest Delahaye, vraisemblablement datée du 5 février par erreur, car le cachet de la poste
affiche la date du 6 mars 1875, selon Pierre Petitfils, Rimbaud, éd. Julliard, coll. « Les Vivants », 1982, p. 247).

40. Lettre de Verlaine à Delahaye du 1er mai 1875.

41. Arthur Rimbaud : Œuvre-vie, établie par Alain Borer, éd. Arléa, 1991, p. 461.

42. aujourd'hui : rue Baron-Quinart. Voir Lefrère 2001, p. 410).

43. Lettre de Delahaye à Verlaine, conservée à la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet. Cf. Frédéric Eigeldinger
et André Gendre, Delahaye témoin de Rimbaud, éd. La Baconnière, Neuchâtel, 1974, p. 241.

44. Article ([Link] [archive] sur


[Link].

45. Reproduction et transcription de l'article publié dans Fremden-Blatt, Vienne, 2ç février 1976 — in: Rimbaud
Photographe ([Link]
vienne-en-toute-fin-fevrier-1876/) [archive], 30 mars 2014.

46. Claude Jeancolas, Les Voyages de Rimbaud, éd. Balland, 1991, p. 152.

47. Les escales et étapes mentionnées sont une retranscription de la lettre du 28 janvier 1877, envoyée à Ernest
Millot par Ernest Delahaye.

48. Retranscription de la lettre du 28 janvier 1877, envoyée par Ernest Delahaye à Ernest Millot, pour lui annoncer
la « grande nouvelle » du retour de Rimbaud.

49. Rimbaud - Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, édition établie par Antoine Adam, Gallimard, 1972,
version originale : p. 303 - traduction française : p. 1096.

50. Ernest Delahaye, Rimbaud - l’Artiste et l’être moral, éd. Messein, 1923.

51. Manuscrit conservé à la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, feuillet 29 (Frédéric Eigeldinger et André
Gendre, Delahaye témoin de Rimbaud, la Baconnière, 1974, p. 257).

52. Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, 1972, p. 773.

53. Lettre écrite à Roche, le 15 décembre 1891, au rédacteur en chef du Petit Ardennais qui venait de consacrer
un article au poète le 15 décembre. Voir Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, 1972, p. 716.

54. Paterne Berrichon, La Vie de Jean-Arthur Rimbaud, société du Mercure de France, 1897.

55. Lettre d'Ernest Delahaye à Verlaine, Bibliothèque littéraire Jacques Doucet.

56. Lefrère 2020, p. 648.

57. Manuscrit conservé à la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet (Lefrère 2001, p. 762).
58. Raymond Perrin, Rimbaud, un pierrot dans l'embêtement blanc. Lecture de La Lettre de Gênes de 1978,
L'Harmattan, 2009, p. 8.

59. Lettre à sa famille du 15 février 1879.

60. Œuvres complètes de la Pléiade, 1972, p. 310.

61. Le mont Olympe est le point culminant des monts Troodos.

62. Lettre aux siens du 23 mai 1880.

63. Lettre aux siens du 17 août 1880.

64. Lettre à sa famille du 25 août 1880.

65. Lettre à sa famille du 22 septembre 1880.

66. Lettre à sa famille du 13 décembre 1880.

67. Ian Campbell, « The bïrïll man of Harer: The contribution of Arthur Rimbaud to the evolution of a uniquely
Ethiopian drinking-vessel », Annales d’Éthiopie, vol. XXVI, 2011, p. 179-205 [lire en ligne ([Link]
thio_0066-2127_2011_num_26_1_1438) [archive]].

68. Lettre du 4 mai 1881.

69. Lettre à Monsieur de Gaspary, vice-consul de France à Aden, du 28 janvier 1883.

70. Lettre à sa famille du 20 mars 1883.

71. Rimbaud, Œuvres complètes, établies par Pierre Brunel, La Pochothèque, 1999, p. 7.

72. Lefrère 2001, p. 868-869.

73. Alban Caussé et Jacques Desse, « Rimbaud, Aden, 1880 », Revue des deux Mondes, septembre 2010.

74. Lefrère 2001, p. 873.

75. Lettre aux siens du 5 mai 1884.

76. La photographie de cette jeune femme est conservée au musée Arthur-Rimbaud de Charleville-Mézières ; elle
est issue de l'album d'Alfred Bardey.

77. Lettre du 19 juin 1884.

78. Lettre aux siens du 10 septembre 1884.

79. Contrat de Rimbaud avec la maison Bardey, d'Aden, dans Œuvres complètes, établies par Antoine Adam,
Bibliothèque de la Pléiade, 1979, p. 395.

80. Trafic, dans cette acception vieillie, désignait alors un commerce de marchandises (n'ayant rien d'illicite ou
de clandestin). On disait trafiquant d'armes, mais aussi trafiquant de perles, etc. Utilisé depuis le xvie siècle le
mot « trafiquant » n'avait pas encore un sens péjoratif (désignant un négoce illicite), apparu au milieu du
xixe siècle. On parle aujourd'hui plus volontiers de « négociants », même si le commerce des armes a
considérablement pris de l'importance…

81. [Link] [archive] : « À cette époque, les trois


constructeurs de l'Éthiopie, Ménélik II, Mekonenn et Hailé Sélassié I sont réunis. » Soit une trentaine d'années
avant l'avènement officiel du fascisme italien.

82. « La Bataille d’Adwa (1896) ([Link]


l) [archive] », sur [Link] (consulté le 24 juillet 2020).
83. « Ménélik avait une armée de 100 000 hommes équipés de fusils modernes, sans compter ceux qui n'avaient
que des armes à feu anciennes ou des lances. La bataille d'Adoua fut une éclatante victoire pour Ménélik et
pour l'Éthiopie. Baratieri avait attaqué le 1er mars 1896. Le 1er mars était un jour de fête pour l'église
éthiopienne et le général italien Baratieri pensait que beaucoup de soldats seraient occupés par des rites
religieux. Au lieu de cela, il tomba sur 100 000 hommes armés et prêts à en découdre. L'Éthiopie resta ainsi
cette seule terre africaine non colonisée. » (Roots & Culture).

84. Engagement de Pierre Labatut, conclu le 5 octobre 1885 et certificat délivré par Alfred Bardet le 14 octobre,
dans Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, 1979, p. 403 & 404.

85. Labatut et Rimbaud au ministre des Affaires étrangères, dans Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade,
1979, p. 415.

86. Lettre à Ottone Schanzer, Les Nouvelles Littéraires, 20 octobre 1923.

87. Lettre du 22 octobre 1885.

88. Jules Borelli, Éthiopie méridionale, 1890, p. 200

89. Jules Borelli, Éthiopie méridionale, 1890, p. 200-201

90. Lettre au Vice-consul de France, Émile de Gaspary, du 9 novembre 1887, dans Œuvres complètes,
Bibliothèque de la Pléiade, 1979, p. 461.

91. « Arthur Rimbaud : French poet ([Link] [archive] », sur


Encyclopedia Britannica (consulté le 24 juillet 2020).

92. L’Éthiopie méridionale – Journal de mon voyage aux pays Amhara, Oromo et Sidama - septembre 1885 à
novembre 1888, Paris, Ancienne maison Quantin, librairies-imprimeries réunies, 1890.

93. Lettre à Bardey du 26 août 1887.

94. Lettre du 30 juillet 1887.

95. « Lettre du consul de France à Massaouah au marquis de Grimaldi-Régusse, le 12 août 1887 », dans Œuvres
complètes, Bibliothèque de la Pléiade, 1979, p. 429.

96. Lefrère 2001, p. 1009.

97. [Link] [archive].

98. Lefrère 2001, p. 1035-1038.

99. Le poème sera publié dans la revue La Cravache parisienne du 29 septembre 1888.

100. Jules Borelli, Éthiopie méridionale, 1890, p. 406-407

101. Lefrère 2001, p. 1047-1048, 1074.

102. Témoignages de Jules Borelli à la biographe anglaise Enid Starkie et à Paterne Berrichon et témoignage
d'Armand Savouré à Georges Maurevert et à Isabelle Rimbaud101.

103. Notice de Édouard Joseph Bidault de Glatigné ([Link]


gne/) [archive], Catalogue général de la BnF.

104. Lettre à ses mère et sœur du 18 mai 1889.

105. Lefrère 2001, p. 1101.

106. On ne sait si Rimbaud a répondu à cette lettre qui sera retrouvée dans ses affaires après sa mort105.
107. Edmond de Goncourt, Journal III, 1887-1896, Paris, Robert Laffont, 1989, 1466 p. (ISBN 978-2-221-05945-6),
p. 537.

108. Thierry Dardart, Dernière caravane pour Zeïlah, Pignicourt, Thierry Dardart, avril 2018, 180 p.
(ISBN 978-2-9560309-0-4, BNF 45478426 ([Link] lire en ligne ([Link]

[Link]/2018/08/[Link]) [archive])

109. Lefrère 2001, p. 1129.

110. Alain Borer, Rimbaud en Abyssinie, Seuil, 25 novembre 2015, 384 p. (ISBN 978-2-02-106520-6, présentation en ligne (ht
tps://[Link]/books?id=kk_-CgAAQBAJ&pg=PT82&dq=rimbaud+musulman) [archive]).

111. Andrea Schellino, « Ferrandi », dans Jean-Baptiste Baronian (dir.), Dictionnaire Rimbaud, Paris, Robert Laffont,
2014.

112. Ines Horchani, « Trois passants considérables devant la source coranique, Hugo, Rimbaud, Gide »,
Romanischestudien,‎2017 (lire en ligne ([Link] [archive])

113. Cf. Jérémy Collado, « Arthur Rimbaud, l'impossible héritage marseillais » ([Link]
thur-rimbaud-heritage-marseillais) [archive], sur [Link], 31 janvier 2015, consulté le 28 juin 2016.

114. Malcolm de Chazal, « Rimbaud inconnu », chronique du 20 juillet 1968, in Comment devenir un génie, Paris,
Éditions Philippe Rey, 2006.

115. Hamza Boubakeur, Le Coran, traduction et commentaire, Paris, Maisonneuve et Larose, 1972.

116. Extraits de la lettre adressée à sa mère et à sa sœur. Dans sa détresse, Rimbaud fait des erreurs en datant sa
lettre au vendredi 23 mai alors que le cachet de la poste marseillaise porte la date du jeudi 21 mai. Cf.
Œuvres complètes, Bibliothèque de La Pléiade, 1979, p. 665 et note p. 1179.

117. Œuvres complètes, Bibliothèque de La Pléiade, 1979, lettres datées du 29 mai, p. 666 et du 11 juin, p. 669.

118. Isabelle Rimbaud, Rimbaud mourant, éd. Manucius, 2009, p. 82.

119. Isabelle Rimbaud, Rimbaud mourant, p. 86.

120. Lettre d'Isabelle à sa mère du 22 septembre 1891, citée dans Œuvres complètes, Bibliothèque de La Pléiade,
1979, p. 698.

121. Lettre d'Isabelle Rimbaud à sa mère ([Link] [archive], Marseille,


28 octobre 1891

122. Cinq ans plus tard, dans une lettre à Paterne Berrichon, datée du 2 août 1896, elle révélera « une exclamation
qui revenait sans cesse sur ses lèvres : Allah ! Allah Kerim ! (« C'est la volonté de Dieu ! ») ». Voir Œuvres
complètes, Bibliothèque de La Pléiade, 1979, p. 754.

123. Respectant les dernières volontés de son frère, Isabelle fit le nécessaire pour léguer sept cent cinquante
thalers à son domestique Djami Wadaï — comme il était mort depuis peu, ce furent sa veuve et son jeune
enfant qui héritèrent de ce legs.

124. Acte de décès (Marseille. Décès de 1891. Novembre. Registre 8. Vue 18/45. Acte no 776), sur le site des
Archives départementales des Bouches-du-Rhône (lire en ligne ([Link]
03e964d7d9357/daogrp/0/layout:table/idsearch:RECH_23dbfc710223fa788c8c998dbe6e2146#id:1219624
240?gallery=true&brightness=100.00&contrast=100.00&center=1744.000,-1248.000&zoom=7&rotation=0.00
0.) [archive]).

125. Paterne Berrichon, La Vie de Jean-Arthur Rimbaud, société du Mercure de France, 1898, p. 98.
126. Louis Forestier, « Dictionnaire Rimbaud », Arthur Rimbaud, Œuvres complètes et correspondance, coll.
Bouquins, Robert Laffont, p. CXVI.

127. Frédéric Rimbaud n'ayant pas été prévenu du décès de son frère cadet, Vitalie Rimbaud et sa fille Isabelle
sont les seules personnes qui assistent à l'enterrement. Voir Lefrère 2001, p. 166.

128. Deux ans après sa mort, en date du 12 décembre 1893, Germain Nouveau lui écrit une lettre dans laquelle il
dit qu'il serait heureux d'avoir de ses nouvelles, signant « ton vieux copain d'antan bien cordial ». Cela montre
le silence qui entoure sa mort (Lire en ligne ([Link]
5) [archive]).

129. « L'Écho de Paris ([Link] [archive] », sur Gallica, 6 décembre 1891


(consulté le 23 juillet 2020) : « On annonce la mort d'Arthur Rimbaud. Il rentrait en France après une longue
absence, pour se faire soigner d'une affection à la jambe contractée dans ses voyages. Il est mort en rade de
Marseille. Son corps a été inhumé dans le cimetière de Charleville, le 23 novembre, au moment même où un
incident rappelait de nouveau l'attention sur son nom et sur ses poésies, les Illuminations. », p. 4.

130. Cimetières de France et d'ailleurs ([Link] [archive]

131. Traduction du latin en français : conspecto = apercevoir.

132. Lefrère 2001, p. 166.

133. Pamphlet contre les Versaillais, au moment où le gouvernement Thiers s'apprête à écraser la Commune.

134. Source : Arthur Rimbaud - Œuvre-vie, édition établie par Alain Borer, Arléa/Le Seuil, 1991, p. 264 à 282.

135. « Bruxelles, boulevard du Régent » est une indication de lieu au début du poème plutôt qu'un véritable titre ;
de même il est indiqué « juillet » mais au début du poème, il s'agit donc plus vraisemblablement de la date de
la scène évoquée plutôt que de la date de composition – de même qu'après le titre du poème « Le Forgeron »
il est indiqué Tuileries, 20 juin 1792 ».

136. Lefrère 2001, p. 475.

137. Source : Arthur Rimbaud - Œuvre-vie, édition établie par Alain Borer, Arléa/Le Seuil, 1991, p. 169.

138. Voir détail des éditions.

139. Dans la 2e édition de 1888, seront ajoutés : Marceline Desbordes-Valmore, Villiers de l'Isle-Adam et Pauvre
Lelian (anagramme de Paul Verlaine), illustré de six portraits dessinés par Luque.

140. Lefrère 2001, p. 319-323.

141. Bernard Teyssedre, Arthur Rimbaud et le foutoir zutique, Éditions Léo Scheer, 2011 (lire en ligne ([Link]
[Link]/books?id=sD37CAAAQBAJ&pg=PT91&dq=Bateau+Ivre+Vilains+Bonshommes) [archive])

142. Antoine Adam, « Notices, Notes et variantes », dans Œuvres complètes, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la
Pléiade », 1988, p. 915-910.

143. Antoine Adam, « Notices, Notes et variantes », dans Œuvres complètes, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la
Pléiade », 1988, p. 949-9720

144. Ernest Delahaye écrit le 21 août 1896 à Paterne Berrichon : « Rimbaud a fait éditer la Saison à Bruxelles à ses
frais - générosité momentanée de Mme R. »
145. Olivier Bivort, « Remarques sur l'alchimie du verbe », dans Rimbaud dans le texte, Presses universitaires du
Mirail, 2006 (lire en ligne ([Link]
biographie+spirituelle&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiM9L7jwezbAhVGlxQKHU0WAfQQ6AEINDAC#v=onepage&q=saison%20en%20en

fer%20prodigieuse%20autobiographie%20spirituelle&f=false) [archive]), p. 134.

146. « Il courut tous les Continents, tous les Océans, pauvrement, fièrement (riche d'ailleurs, s'il l'eût voulu, de
famille et de position, après avoir écrit, en prose encore, une série de superbes fragments, les Illuminations, à
tout jamais perdus, nous le craignons bien. » Verlaine, Les Poètes maudits, Léon Vanier, 1884, p. 38.

147. Antoine Adam, « Notices, Notes et variantes », dans Œuvres complètes, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la
Pléiade », 1988, p. 972-975.

148. Antoine Adam, « Notices, Notes et variantes », dans Œuvres complètes, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la
Pléiade », 1988, p. 924-926.

149. Robert Goffin, Fil d'Ariane pour la poésie, A. G. Nizet, 1964 (lire en ligne ([Link]
MAAJ&dq=rimbaud+h%C3%A9rm%C3%A9tisme+nerval+mallarm%C3%A9+verlaine) [archive]), p. 255.

150. Jean-Pierre Giusto, Rimbaud créateur, Publications de la Sorbonne (thèse de doctorat) - Presses
universitaires de France, 1980 (lire en ligne ([Link] [archive]).

151. Baronian 2014.

152. Anne-Marie Fortier, René Char et la métaphore Rimbaud : la lecture à l'œuvre, Presses de l'Université de
Montréal, 1999 (lire en ligne ([Link]
e) [archive]).

153. Youness Bousenna, « Le Grand Jeu, une révolte vers l’absolu », PhiLitt,‎22 novembre 2016 (lire en ligne ([Link]
[Link]/2016/11/22/le-grand-jeu-une-revolte-vers-labsolu/) [archive]).

154. Robert Bréchon, Henri Michaux : La poésie comme destin, Éditions Aden, 2005 (lire en ligne ([Link]
m/books?id=cTVlAAAAMAAJ&dq=rimbaud+henri+Michaux) [archive]), p. 253.

155. Claude Jeancolas, Rimbaudmania : l'éternité d'une icône, Textuel, coll. « Littérature Beaux Livres », mai 2010,
314 p. (ISBN 978-2-84597-368-8).

156. Conservée au musée Arthur-Rimbaud, à Charleville-Mézières.

157. Lefrère 2001, p. 209-210.

158. Philippe Émile Jacobs, dit Jacoby, photographe établi à Charleville, créa le quotidien Progrès des Ardennes157.

159. Étude sur cette photo par Aban Caussé et Jacques Desse ([Link]
d-premier-portrait) [archive] sur le site [Link] (Les Libraires Associés). Des comparaisons permettent de
relier la photo sans peu de doute au photographe Vassogne qui exerçait à Charleville.

160. Conservée au musée Arthur-Rimbaud, à Charleville-Mézières. 1re publication : Marguerite-Yerta Méléra,


Rimbaud, Firmin-Didot et Cie, 1930. Une photographie retouchée, centrée sur Arthur fut publiée huit ans plus
tôt en frontispice du tome 1 d'Arthur Rimbaud - Œuvres complètes, éd. La Banderole, 1922.

161. Conservée au musée Arthur-Rimbaud, à Charleville-Mézières. 1re publication : Ernest Delahaye, La Revue
littéraire de Paris et de Champagne, mai-juin 1906. Des retirages au format carte de visite réalisées par Carjat
existent.
162. Un tirage (8 × 4,2 cm, médaillon 5 × 4,1 cm), non exécuté par Carjat est conservé dans le fonds Claudel du
Département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, « site Richelieu / Louvois », Paris.
Première publication : en frontispice du tome 2 d'Arthur Rimbaud - Œuvres complètes, éd. La Banderole, 1922.

163. Première publication dans un supplément offert aux abonnés d'Histoires littéraires, no 28, octobre-novembre-
décembre 2006.

164. Publié pour la première fois dans Le Figaro littéraire du 28 avril 1951.

165. Première publication dans Le Figaro Littéraire du 5 avril 1947.

166. Conservés à la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet, administrée par la Chancellerie des universités de
Paris.

167. La bonne orthographe est : Cheikh Othman.

168. Arnaud Delas, spécialiste de clichés anciens, rendit publique sa découverte en 1998. Ce cliché est conservé
au musée Arthur-Rimbaud, à Charleville-Mézières. Première publication : Claude Jeancolas, L’Afrique de
Rimbaud, éd. Éditions Textuel, 1999.

169. L'Express du 10 septembre 2010.

170. Lefrère 2001, p. 999.

171. En référence aux lettres à sa famille écrite à Aden, les 17 et 28 août 1880. À la suite de l'identification de
l'explorateur Édouard-Henri Lucereau sur la photo, puis de la lettre autographe de celui-ci, datée du
13 août 1880, provenant du Centre des archives diplomatiques de Nantes169, Caussé, Desse et Lefrère
pensent pouvoir dater le cliché au mois d'août 1880, sachant que Lucereau sera assassiné en octobre 1880,
au cours d'une expédition170.

172. Parue en avril, dans la 1re éd. des Poètes maudits, éd. Lutèce.

173. En couverture du no 318 de janvier 1888 de la collection Les Hommes d'Aujourd'hui, consacré à Rimbaud.
Publié par Paul Verlaine, édité par la Librairie Vanier.

174. Paru en septembre dans la 2e éd. des Poètes maudits.

175. Conservé au musée Arthur-Rimbaud, à Charleville-Mézières.

176. L'agent de la factorerie Mazeran, Viannay et Bardey, qui l'avait recruté après de son arrivée à Aden, en
août 1880.

177. Extrait de la lettre d'Aden, adressée à ses mère et sœur, le 6 janvier 1883.

178. Extrait de la lettre datée du 6 mai 1883, adressée à sa famille.

179. Extrait de la lettre écrite à Aden, le 15 janvier 1885.

180. Conservé au musée Arthur-Rimbaud, Charleville-Mézières. Première publication : François Ruchon, Rimbaud -
Documents iconographiques, coll. « Visages d'hommes célèbres », éd. Pierre Caillet, Vésenaz-Genève, 1946.

181. Conservé au musée Arthur-Rimbaud, Charleville-Mézières. Première publication, en frontispice du tome 3


d'Arthur Rimbaud - Œuvres complètes, éd. La Banderole, 1922.

182. Conservé au Département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France, Paris.
Première publication : Lidia Herling Croce, Rimbaud à Chypre, à Aden et au Harar (Documents inédits), « Études
rimbaldiennes » no 3, éd. Les Amis de Rimbaud, 1972, p. 5.

183. Lefrère 2001, p. 813.


184. Le Grec, Sotiros Konstantinescu Chryseus, dit Sotiro, avait été recruté chez Mazeran, Viannay et Bardey lors
de la création du comptoir de Harar183.

185. Lettre de Bardey à Rimbaud du 24 juillet 1883, envoyée depuis Vichy.

186. Cliché conservé au musée Arthur-Rimbaud, Charleville-Mézières.

187. Photographie conservée au musée Arthur-Rimbaud, Charleville-Mézières.

188. « Arthur Rimbaud et la Factorerie ou Le Premier Studio Photographique du Harar » ([Link]


-2016-arthur-rimbaud-photographe/) [archive], article du 1er janvier 2016, sur [Link].

189. « Article de francetvinfo ([Link]


[Link]) [archive] »

190. Hugues Fontaine, Arthur Rimbaud photographe, Paris, éditions Textuel, 2019, 224 p. (ISBN 978-2-84597-782-2)

191. Pierre Dufour épousa Isabelle Rimbaud en 1897. Après la mort de celle-ci (en 1917), il se remarie. Il meurt en
1922 et est enterré dans le caveau de Charleville.

192. En frontispice du livre de Marcel Coulon, Problème de Rimbaud, poète maudit, Paris, 1923.

193. Exposition L'Or Des Iles, villa de Noailles à Hyères, en juillet-août 1991.

194. Parue dans Rimbaud vu par des peintres contemporains, Henri Matarasso éditeur, Paris, 1962.

195. Parue dans Les Poètes maudits, de Paul Verlaine, éd. Les Bibliophiles du Palais, 1938.

196. Parue dans Le Regard bleu de Rimbaud, Claude Jeancolas, éd. F.V.W., Paris, 2007.

197. L'une est parue pour un article de Stéphane Mallarmé dans la revue nord-américaine The Chap Book, du
15 mai 1896 ; l'autre pour Le Livre des masques, Remy de Gourmont, Paris, 1896.

198. « Tard Bourrichon : musique : Rimbaud ([Link]


l) [archive] », sur [Link] (consulté le 4 mars 2016).

199. « Écouter Rimbaud sur la toile ([Link] [archive] »,


sur [Link] (consulté le 6 décembre 2016).

200. Poèmes en vers figurant dans la section « Alchimie du verbe » d'Une Saison en Enfer.

201. Production P.E.S (Productions et Éditions Sonores, Paris), distribuée par les Industries Musicales et
Electriques Pathé Marconi sous références 2 C 06411 473 et 2 C 06411 474

202. Claude Carton (texte), Claude Van Luyn (photos), Rimbaud, retour sur images…, Éditions Anciaux, 2004.

203. Inauguration d'un poème mural « Le Bateau ivre » d'Arthur Rimbaud ([Link]
actualites-1&newsdetail=20120606-42_Inauguration-dun-poAme-mural-Le-Bateau-ivre-dArthur-Rimbau
d) [archive].

204. Voir la fin de la dernière lettre, datée : Parmerde, Juinphe 72.

205. Même s'il est fort probable que Rimbaud y ait lu « Le Bateau ivre », il est à préciser qu'aucun témoin n'a
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th%C3%[Link]) [archive]. Voir aussi le texte de Vincent Teixeira, « La
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s) [archive] » (consulté le 14 mai 2024)

Voir aussi

Bibliographie

Un article bibliographique spécifique serait utile (mars 2023). Compte tenu du nombre d'ouvrages ou d'études
relatives au sujet de l'article, il serait utile de créer un article bibliographique spécifique. On ne garderait alors
dans l'article que les ouvrages biographiques ou de référence principaux, ainsi que ceux utilisés pour écrire
l'article.

: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

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1901-1911, édition établie par Jean-Jacques Lefrère, Fayard, 2011, 1260 p. (ISBN 978-2-213-63826-3).

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Rimbaud Ailleurs, Fayard, 2004, 304 p. (ISBN 978-2-213-61182-2).

Jean-Jacques Lefrère,
Rimbaud le disparu, Buchet-Chastel, 2004, 193 p. (ISBN 978-2-283-02052-4).

Face à Rimbaud, Paris, Phébus, 2006, 184 p. (ISBN 978-2-7529-0217-7,


BNF 40933894 ([Link]

Les Dessins d'Arthur Rimbaud, Paris, Flammarion, 2009, 159 p. (ISBN 978-2-08-122463-6,
BNF 42088696 ([Link]

Jacqueline Salmon (photographies), Jean-Christophe Bailly (texte), Rimbaud parti, Marval, 2006, 128 p.
(ISBN 978-2-862-34396-9).

Claude Jeancolas, Le Regard bleu d'Arthur Rimbaud, Paris, FVW, 2007, 143 p. (ISBN 978-2-914304-24-5,
BNF 41156277 ([Link]

Claude Jeancolas (préf. Edgar Morin), Rimbaudmania : Affections et Trahisons, 1891-2010, Paris, Les Éditions
Textuel, 21 avril 2010, 320 p., 18 cm × 21 cm, couverture couleur/noir et blanc, relié (ISBN 978-2-84597-368-8,
BNF 42189970 ([Link] présentation en ligne ([Link]

[Link]?cat=020201&id=471&c=&count=0) [archive])

Coédition avec Paris Bibliothèques — Catalogue de l'exposition Rimbaudmania : L'Éternité d'une icône, la
plus grande collection éphémère jamais réunie autour d'Arthur Rimbaud. Présentée à Paris à partir du
7 mai 2010, prolongée jusqu'au 28 août 2010, et à Charleville-Mézières du 25 octobre 2010 au
30 janvier 2011

Hugues Fontaine, Arthur Rimbaud photographe, Les Éditions Textuel, 2019, (ISBN 9782845977822).

Articles et revues

Bulletin des Amis de Rimbaud (supplément à La Grive) no 1 à 7, 1931-1937. [lire en ligne ([Link]
8/bpt6k32490z/[Link]) [archive]], sur le site [Link].

La Grive, revue trimestrielle, no 83 spécial Centenaire de Rimbaud, octobre 1954. Jaquette ornée d'un portrait de
Rimbaud par Valentine Hugo. Textes inédits de Georges Duhamel, André Maurois, Jean-Louis Barrault, René
Char, Tristan Tzara etc..

Parade sauvage, revue d'études rimbaldiennes, publiée annuellement par le musée-bibliothèque Rimbaud de
Charleville-Mézières.

« Passages de Rimbaud », Magazine littéraire no 289 de juin 1991.

« Rimbaud, trafiquant d’âmes », Télérama hors-série, novembre 2004, 100 p.

« Dossier Arthur Rimbaud », Le Magazine littéraire no 489 de septembre 2009.

Jean-Jacques Lefrère, Jacques Desse, « Un coin de table à Aden », Histoires littéraires, revue trimestrielle
consacrée à la littérature française des xixe et xxe siècles, vol. XI, no 41 de janvier-février-mars 2010B 2.

Alban Caussé et Jacques Desse, « Rimbaud, Aden, 1880 – Enquête sur une photographie », Revue des deux
Mondes, septembre 2010, 240 p. (ISBN 978-2-356-50029-8)B 3.

Jean-Michel Cornu de Lenclos, « L’Emplacement de la maison de Rimbaud localisé à Harar », Lekti Écriture,
2011.
L'œuvre latine

M. Ascione, « Le Poète latin », Le Magazine littéraire, no 289 (consacré à Arthur Rimbaud), 1991, p. 46-49.

L. Forestier, « Rimbaud et le Latin », La Réception du latin du xixe siècle à nos jours, Actes du colloque d’Angers
des 23 et 24 septembre 1994, éd. G. Cesbron, L. Richer, Angers, Presses de l’Université d’Angers, 1996, p. 27-33.

Dirk Sacré, E. Van Peer, « Pour une édition critique des vers latins de Rimbaud », Humanistica Lovaniensia,
Leuven, no 43, 1994, p. 426-433.

Documentaires audio-visuels

Films documentaires

Olivier Esmein, Rimbaud, l'éternité retrouvée, court métrage documentaire d'Olivier Esmein, récitant Claude
Nougaro, 11 min, 1982.

Richard Dindo, Arthur Rimbaud, une biographie, biographie avec scènes reconstituées, 1991, 140 min (DVD, Arte
Vidéo, 2005).

Quoi ? L'Éternité, documentaire d'Étienne Faure, commenté par Jean-Claude Brialy, Jocelyn Quivrin, etc., 58 min,
2004 (DVD, Eivissa Productions, 2005).

Alain Romanetti, Rimbaud, je est un autre, documentaire, 52 min, 2004, DVD Atelier Dominik (2005).

Praline, documentaire de Jean-Hugues Berrou, 49 min, 2007 (DVD, Chalet pointu)B 4.

Jean-Philippe Perrot, Rimbaud, Athar et Liberté libre, documentaire, 2 × 90 min, 1998, DVD Aptly-Média (2008).

Télévision

1995 : Arthur Rimbaud, l'homme aux semelles de vent, téléfilm de fiction, de Marc Rivière, avec Laurent Malet,
155 min, diffusé le 27 novembre sur France 2 (DVD, LCJ Éditions, 2008).

1998 : Athar, sur les traces de Rimbaud en Éthiopie-Djibouti-Yémen, de Jean-Philippe Perrot, 54 min (DVD, Aptly,
2008).

1999 : Arthur Rimbaud – Liberté Libre, une biographie, de Jean-Philippe Perrot, 90 min (DVD, Aptly, 2008).

2021 : Rimbaud, jeune et maudit, de Jérôme Bermyn et Raphaëlle Baillot, 90 min, diffusé le 3 février 2021 sur
France 5.

Vidéographie

Arthur Rimbaud : Habiter la terre en poète, production et distribution CNDP Chasseneuil-du-Poitou–SCEREN,


Scérén-Cndp, coll. « Présence de la littérature », 1er novembre 2006, 1 DVD toutes zones, 140 minutes, livret de
76 pages inclus (EAN 9782240025500) [présentation en ligne ([Link]
prod=19894) [archive]] :
Quatre documentaires sur la vie de RimbaudB 5.

Notes bibliographiques

1. Recueil réunissant la totalité des écrits d'Yves Bonnefoy sur Rimbaud, dont son étude sur Rimbaud éditée en
1961, un texte sur madame Rimbaud et un essai inédit.

2. Numéro consacré à la photo découverte en 2008 ([Link]


[Link]) [archive] par les libraires parisiens, Alban Caussé et Jacques Desse.

3. Histoire d'une photographie ([Link] [archive].


4. Autour de la tombe d'Arthur Rimbaud à Charleville-Mézières, défile une galerie de portraits : des admirateurs
du poète, de toutes nationalités et de tous milieux, aux employés municipaux. Ce documentaire fut
sélectionné pour le 29e festival international de film documentaire, Cinéma du réel, en mars 2007.

5. Habiter la terre en poète :


Quoi ? L'Éternité, film documentaire, réalisation d'Étienne Faure (58 min, Eivissa Production), voir section
#Films documentaires ;

Charlestown (Ardennes) : l'éternel retour, réalisation de Micheline Paintault et scénario de Claudine Cerf
(46 min) ;

Prélude au grand départ, réalisation de Micheline Paintault, conception d'Hélène Waysbord-Loing et


coordination de Claudine Cerf (21 min) ;

Rimbaud, l'aventure, la poésie, réalisation de Micheline Paintault, conception d'Hélène Waysbord-Loing et


coordination de Claudine Cerf (12 min) ;

Postérité de Rimbaud à Charleville, réalisation de Micheline Paintault et conception de Claudine Cerf (3


min).

Liens externes

(en) « Arthur Rimbaud ([Link] [archive] », sur Find a


Grave

L'œuvre de Rimbaud en version audio ([Link]


ur-rimbaud) [archive].

Parade sauvage ([Link] [archive], revue d'études rimbaldiennes.

« Arthur-le-Fulgurant » ([Link] [archive], site relatif surtout à la seconde partie de sa vie, (parallèles
([Link] [archive] avec la vie et la culture de Bob Marley). (synthèse en
anglais ([Link] [archive]).

Jean-Michel Djian, Grande traversée : Rimbaud en mille morceaux ([Link]


raversee-rimbaud-en-mille-morceaux) [archive], France Culture, 27-30 juillet 2015.

Rimbaud derrière l'image (six photos du poète exilé) ([Link]


ix-photos-du-poete-exile) [archive], France Culture.

Notices et ressources

Ressources relatives à la musique : International Music Score Library Project ([Link]


y%3ARimbaud%2C_Arthur) · Carnegie Hall ([Link] ·
Discografia Nazionale della Canzone Italiana ([Link] · Discogs
([Link] · MusicBrainz ([Link]
b52c-d7d6e1ab53c6) · Muziekweb ([Link] · Répertoire
international des sources musicales ([Link]

Ressources relatives aux beaux-arts : AGORHA ([Link] ·


Bénézit ([Link] · Cooper–Hewitt, Smithsonian
Design Museum ([Link] · Musée d'Orsay ([Link]
[Link]/fr/ressources/repertoire-artistes-personnalites/20884) · RKDartists ([Link]
0) · Union List of Artist Names ([Link]
500284350)

Ressources relatives à la littérature : Academy of American Poets ([Link]


ur-rimbaud) · Internet Speculative Fiction Database ([Link] · NooSFere
([Link] · Poetry Foundation ([Link]
[Link]/poets/arthur-rimbaud) · Printemps des poètes ([Link]
mbaud)

Ressources relatives au spectacle : Archives suisses des arts de la scène ([Link]


12593a2-a9f2-415e-9a97-47de5610deee) · Les Archives du spectacle ([Link]
34) · Kunstenpunt ([Link]

Ressources relatives à l'audiovisuel : Allociné ([Link]


ne=[Link]) · Filmportal ([Link] · IMDb (htt
ps://[Link]/?p=345&url_prefix=[Link]

Ressources relatives à la bande dessinée : BD Gest' ([Link]


l) · Comic Vine ([Link]

Ressource relative à la santé : Bibliothèque interuniversitaire de santé ([Link]


histoire/biographies/[Link]?cle=3927)

Ressource relative à plusieurs domaines : Radio France ([Link]


d)

Ressource relative à la vie publique : « Maitron » ([Link]

Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Britannica ([Link]


aphy/Arthur-Rimbaud) [archive] · Brockhaus ([Link]
r) [archive] · Den Store Danske Encyklopædi ([Link] [archive] ·
Deutsche Biographie ([Link] [archive] · Enciclopédia Itaú Cultural
([Link] [archive] · Gran Enciclopèdia Catalana (http
s://[Link]/[Link]) [archive] · Hrvatska Enciklopedija ([Link]
[Link]?ID=52903) [archive] · Internetowa encyklopedia PWN ([Link]
91) [archive] · Nationalencyklopedin ([Link]
d) [archive] · Store norske leksikon ([Link] [archive] · Treccani ([Link]
nciclopedia/jean-nicolas-arthur-rimbaud) [archive] · Universalis ([Link]
d-reperes-chronologiques/) [archive] · Visuotinė lietuvių enciklopedija ([Link]
ud) [archive]

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