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La Conscience et la Connaissance de Soi

Le document explore la notion de conscience à travers une perspective philosophique et scientifique, en soulignant son importance dans la compréhension de soi et du monde. Il distingue trois niveaux de conscience : spontanée, réfléchie et morale, tout en abordant la question de l'inconscient et son impact sur la connaissance de soi. La réflexion sur la conscience, initiée par des penseurs comme Socrate et Descartes, est mise en relation avec des concepts contemporains, notamment ceux de Freud et Leibniz, qui interrogent la transparence du sujet à lui-même.

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La Conscience et la Connaissance de Soi

Le document explore la notion de conscience à travers une perspective philosophique et scientifique, en soulignant son importance dans la compréhension de soi et du monde. Il distingue trois niveaux de conscience : spontanée, réfléchie et morale, tout en abordant la question de l'inconscient et son impact sur la connaissance de soi. La réflexion sur la conscience, initiée par des penseurs comme Socrate et Descartes, est mise en relation avec des concepts contemporains, notamment ceux de Freud et Leibniz, qui interrogent la transparence du sujet à lui-même.

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Introduction

La conscience est l'un des objets les plus traditionnels de la philosophie. L'homme en étant qu'être
pensant, il a été toujours au centre des intérêts philosophiques mais c'est la modernité, avec
Montaigne et surtout Descartes, qui place la question de la conscience au centre de la philosophie. Le
sujet réfléchissant devient le principe à partir duquel il s'agit de comprendre le monde. Durant ces
dernières décennies, ce sont les recherches sur le système nerveux (ce qu'on appelle les
neurosciences) qui ont fait surgir de multiples tentatives d'élucidation biologique de l'activité
mentale. Aujourd'hui la conscience est devenue objet d'étude scientifique : le but est de démontrer
que ce que nous sommes n'est qu'un autre réseau de système cérébraux. Donc nos activités mentales
s'inscrivent dans un objet physique qu'on appelle cerveau. Cependant l'approche scientifique soulève
des interrogations. La biologie étude les activités mentales d'un point de vue évolutif qui par de
l'animal et arrive jusqu'à l'Homme, alors que la conscience est une activité proprement humaine.
C'est pour cela que la philosophie doit apporter sa contribution à cette recherche.

Plusieurs expressions parle de la conscience : Prendre conscience de quelque chose,qui désigne la


faculté cognitive de saisir des informations / Perdre conscience qui désigne le fait de ne plus être
présent à soi même / Avoir mauvaise conscience qui désigne la faculté morale de comprendre la
valeur (morale) de nos actions.

La conscience vient du latin « cum-scientia » (avec savoir). C’est une dimension de notre esprit qui
fait que nous sommes toujours présents à nous-même et à nos activités (mentales et non).

Il y a trois niveaux de conscience : Spontanée, Réfléchie et Morale.

 La conscience spontanée est le plus bas niveau de conscience, c’est la faculté psychologique
qui nous permet de nous rendre compte de ce qui se passe autour de nous. Cette
connaissance n’est pas comparable à un savoir (certitude / objectivité = État de la conscience
d'une personne qui sait, qui a pleine connaissance de quelque chose) : elle est sommaire et
superficielle. Elle est sélective : elle ne prend pas en compte tous les aspects du réel, mais fait
une sélection en fonction de ses intérêts.
 La conscience morale désigne le niveau le plus élevé de la conscience car elle désigne la
capacité de tout homme de saisir par lui-même ses valeurs morales et agir en fonction de ce
principe.
 La conscience réfléchie c'est la capacité de faire retour sur soi-même et de se saisir comme
objet de ses propres pensées, mais il ne s'agirait pas ici d'un simple acte par lequel l'homme
se déciderait de s'examiner comme n'importe quel objet externe. Je suis l'auteur de mes
pensées, de mes propos et de mes actions. La conscience réfléchie est définie par Kant dans
Anthropologie du point de vue pragmatique comme un principe unificateur qui permet à
l'individu de ramener à lui toutes les pensées, les émotions, les sensations et se penser
toujours identique à lui-même. Selon Kant, « la pensée est double ». La notion de sujet est
strictement liée à celle de conscience car pour Kant << le sujet n'existe pas sans conscience ».

Le concept philosophique de sujet désigne l'individu pensant, conscient de soi. Si on analyse son
étymologie, on découvre qu'il vient du latin « subjectum » qui signifie ce qui est dessus, ce qui est au
fondement, il évoque un support ou une base. En effet, le sujet désigne ce qui est à la base de nos
pensées, de nos actions, de nos représentations, de nos désirs.
La philosophie classique, notamment avec Descartes, en identifiant conscience et pensée, ne
reconnaît pas l'existence d'un inconscient. La conscience est l'instance privilégiée qui élabore et
organise les matériaux psychiques en leur conférant une signification. Toutefois, dans certains de nos
comportements les mobiles auxquels nous obéissons ne sont pas toujours conscients. Dans le
langage courant le terme inconscient désigne un défaut de conscience. Dans ce sens le terme est un
adjectif qui une chose comme une pierre ou un phénomène dépourvu de conscience comme, par
exemple, le fonctionnement de nombreux organes du corps humain. L'adjectif << inconscient >> peut
aussi désigner celui qui a perdu conscience comme le blessé qui s'est évanoui ou encore celui qui
manque de conscience comme le fou dangereux. Celui qui agit sans réfléchir aux conséquences de
ses actes, sans faire preuve de raison ou de moralité est inconscient. L'inconscient s'entend alors
négativement comme un manque, c'est une absence de conscience.

Pris comme substantif, l'inconscient désigne une réalité psychique. Cette réalité psychique exclut la
conscience et même lui résiste. C'est donc ce qui ne peut devenir complètement conscient car des
processus tels que le refoulement ou la résistance s'y opposent. On reconnaît ici la conception de
l'inconscient dans la psychanalyse de Sigmund Freud.

PBL : La conscience permet -elle au sujet de se connaître ?


AXE 1: La conscience permet au sujet de se connaître : la
conscience de soi est l'occasion d'une saisie immédiate et
évidente de soi.
La connaissance de soi est une injonction qui n'est pas moderne : Socrate, déjà, faisait du célèbre
<< connais-toi toi-même >> une exigence spécifiquement philosophique. "Connais-toi toi-même ",
inscription placée sur le fronton du temple de Delphes et attribuée à Socrate, philosophe occidental
du Ve siècle avant J.C., était un encouragement à une connaissance psychologique de soi, à une
nécessité pour l'âme de connaître les valeurs d'après lesquelles elle se détermine. Même à cette
époque, la connaissance de soi était la condition ultime d'une maîtrise de son ego, de ses origines et
de ses volontés. Il n'y avait donc pas de recherche de vérité sans un travail de réflexion de la pensée
sur elle-même et cette hypothèse est encore vérifiée aujourd'hui, au XXIe siècle. Pour les philosophes
grecs, la connaissance de soi-même est synonyme de sagesse (faculté de bien agir = se maîtriser,
refouler les désirs sources de souffrance), Elle permettrait en effet à l'individu de prendre conscience
de ses propres limites, de se libérer de ses défauts, de développer ses qualités, et, en faisant
abstraction de tout ce qui dans le " je " n'est pas personnel, de prendre conscience de sa véritable
identité et, enfin de compte, de sa liberté. La devise delphique laisse entendre que nous ne nous
connaissons pas réellement, que la connaissance de soi n'est pas une donnée immédiate de la
conscience. Elle nous invite donc à entreprendre une recherche, une descente dans les profondeurs
de notre intériorité pour trouver l'essence de notre être.

Or, cette recherche passe d'abord par la découverte et l'affirmation de notre moi. Cette affirmation
est le fondement de la philosophie cartésienne en même temps que celui de toute entreprise de
recherche de sa propre identité. Pour approfondir la connaissance que nous avons de nous-mêmes, il
faut donc se demander s'il est légitime de parler du soi par soi et quels en seraient les moyens et les
conditions.

On voit par là quel est l'enjeu véritable d'une connaissance de soi : conformer l'homme à une idée de
lui-même, permettre un contrôle et une maîtrise de soi. Et on voit aussi comment cette exigence
prend comme pour point de départ la conscience de soi : c'est bien le mouvement de réflexion, de la
pensée sur elle-même qui à la fois donne l'idée d'une connaissance de moi- même et m'ouvre la voie
d'une telle connaissance. Mais chez Socrate, cette connaissance de soi ne nous conduit pas à une
réflexion sur la nature de la conscience de soi, mais elle a plutôt un enjeu moral.

On pourrait se demander en premier ressort, si la conscience de soi peut jouer le rôle de


connaissance objective. Descartes affirme dans Discours de la méthode que cette connaissance de soi
doit prendre appui sur une conscience de soi antérieure à tout projet de se connaître. Il cherche le <<
roc >> qui puisse rendre solide cette recherche. En effet, spontanément nous nous identifions à notre
corps et à notre vécu, mais pour Descartes, il y a d'abord une distinction à faire entre ce que je sais de
manière certaine et ce que je crois être moi. Dans la deuxième méditation Descartes montre que le
corps n'est pas quelque chose que je peux m'attribuer de manière certaine car je peux très bien
penser et imaginer que ce corps n'existe pas, tout en continuant, à être quelque chose. L'erreur que
nous faisons c'est de se chercher comme un objet extérieur, matériel, un objet du monde alors que
c'est impossible. C'est ainsi que l'expérience cartésienne du Cogito ( cogito ergo sum = je pense donc
je suis ) correspond à la saisie d'un mode spécifique d'existence. Là où un peu de réflexion nous
présente l'existence des choses comme éminemment douteuse, il y a une réalité qui résiste au doute:
moi-même comme sujet pensant. Je ne peux pas douter de ma propre existence, parce le doute lui-
même révèle ma propre existence comme sujet du [Link] première vérité qui est au fondement
de toute connaissance est une vérité indubitable qu'à la suite d'une analyse méthodique se donne
dans une intuition. Elle n'est pas démontrée à travers plusieurs passages logiques (comment on
trouve pour les théorèmes mathématiques) ni est prouvée par l'expérience, mais elle est une
intuition : une idée claire et évidente qui se donne à nous de manière indubitable et immédiate. Le
sujet pensant n'est pas saisi comme n'importe quel existant, car il consiste tout entier dans cette
présence à soi de l'esprit qu'on appelle la conscience.

AXE 2: l'opacité du sujet : l'[Link] conscience a une


connaissance limitée du sujet : le pouvoir de connaissance
de la conscience est remis en question par la présence d'une
deuxième conscience

« Je est un autre » Arthur Rimbaud. Ce n’est pas le Je qui est à l’origine de la pensée consciente. Car,
nous pouvons observer que quelque chose s’est produit dans notre esprit, sans qu’on puisse être
considérés les auteurs de cette pensée.
La conception classique de la conscience consiste au fond à mettre en avant, comme trait
fondamental de celle-ci la pensée réflexive. Descartes en fait expressément référence quand il précise
que la conscience de soi ne procède pas d'une faculté supplémentaire venant s'ajouter à la pensée
mais la subjectivité, comme conscience, n'est pas autre chose que cette façon d'être à l'intérieur de
soi-même la subjectivité comme conscience est intériorité. Si pour se construire comme conscience,
le sujet n'a pas besoin d'autre chose que d'être présent à lui- même, on comprend que la constitution
de son identité à soi ait tendu être conçue sur le mode de ma fermeture à l'égard de toute
extériorité. Le sujet conçu par Descartes est maître de tous ses actes et de toutes ses représentations
car chaque pensée ou action est accompagnée par la conscience réfléchie. Le sujet est entièrement
transparent à lui-même et il n'y a rien que lui échappe.

Une telle conception de la conscience soulève plusieurs problèmes :

Une première discussion consiste à contester que cette présence à soi ne rencontre pas de limites. Ce
type d'objection ferait apparaître que, bien souvent, ce que nous apercevons de nous-mêmes (ce
dont nous sommes conscients) laisse échapper la vérité de ce que nous sommes. En effet, selon
Spinoza (déterminisme) les hommes se croient libres parce qu'ils sont conscients de leurs actions et
de leurs désirs, et ignorants des causes qui les déterminent à vouloir. Les hommes vivent dans
l'illusion d'être libre à cause de la conscience qui leur empêche d'enquêter les vraies causes de leurs
actions. Dans le célèbre passage de la Lettre à Schuler Spinoza compare l'homme à une pierre en
mouvement. Une pierre reçoit d'une cause externe qui la pousse une certaine quantité de
mouvement. Or, imaginons qu'elle fait un effort pour bouger et qu'elle soit conscient de cet effort,
elle pensera qu'elle est la cause du mouvement, qu'elle continuera à bouger parce qu'elle le veut.
Telle est la condition humaine. L'homme pense être libre, pense être maître de ses actions, car il est
conscient juste des effets qui l'ont provoqué mais il ignore les causes de ses actions. Spinoza
s'aperçoit qu'une part de ce que nous sommes reste à l'extérieur de nous- mêmes, hors de toute
aperception.

À l'horizon de cette critique spinoziste de la conscience, axée sur le fait qu'une part de ce que nous
sommes reste à l'extérieur de nous-mêmes, se profile la notion d'Inconscient. D'habitude, quand
nous pensons à l'Inconscient, nous pensons au célèbre psychanalyste autrichien Sigmund Freud qui a
fait l'hypothèse de la conscience dans le XX siècle pour pouvoir soigner certains troubles mentaux
comme la maladie et la psychose qui résistaient aux soins traditionnels.

Cependant, avant d'être une hypothèse de travail, l'inconscient émerge comme objet d'étude aussi
chez le philosophe et mathématicien contemporain à Descartes, Leibniz. Pour Descartes, la pensée
s'identifiait avec la conscience, avec la pensée claire et distincte. On pouvait avoir accès, par la
conscience, à tout ce qui se passe en nous, sans possibilité d'erreur. Cependant, il y a à tout moment
une infinité de perceptions en nous, mais, sans réflexion dont on n'a conscience. Leibniz les appelle
les « perceptions inconscientes ». Pas tous nos perceptions sont accompagnées par une pensée
réflexive.

Ce que nous montrent tous ces exemples, c'est bien la nécessité de reconnaître l'existence de
pensées ou perceptions inconscientes, qui ne laissent pas de faire toujours leur effet sur nous, mais
qui ne sont aperçues (consciemment) qu'à un certain moment. La vie de l'esprit n'est pas
entièrement dominée par la conscience. Leibniz répond à Descartes que sa conception du psychisme
humain n'est pas valide, et est insuffisante. Pour Leibniz, contrairement à Descartes, on ne peut pas
rendre compte du psychisme, et même du comportement en général, sans reconnaître l'existence de
pensées inconscientes. Sa thèse va être que l'on n'a pas accès (ou conscience de) à tout ce qui se
passe en nous. La pensée n'est pas toujours pensée consciente: nous pensons toujours mais nous
n'avons pas conscience de toutes nos pensées. Une grande partie des phénomènes mentaux et
psychologique échappent à la conscience : nous parlons sans forcément connaître les lois de la
linguistique; un musicien ou un sportif ne pourraient pas expliquer tous leurs gestes dans le détail.
Cette non conscience n'est pas gênante. En revanche, l'ignorance, si elle concerne nos désirs, nos
souvenirs, nos idées, nos angoisses, met en question la maîtrise que nous avons de notre vie.

Sigmund Freud fait l' hypothèse l'existence d'une chambre inconnue, constituée par l'ensemble de
phénomènes psychiques inaccessibles à la conscience mais qui influent largement sur elle. Ses études
sur le système nerveux l'ont mené à développer une hypothèse (l'inconscient) qui lui permet de
soigner certains troubles mentaux comme l'hystérie ou la névrose. Freud fait l'hypothèse que
l'hystérie ne serait pas produite par un dysfonctionnement organique mais elle est conditionnée par
des traumatismes psychiques inconscients. Le but de Freud est de libérer le patient de ces
traumatismes avec la condition que le patient soit absolument sincère avec lui. Tout d'abord il utilise
l'hypnose après il l'abandonne pour une autre méthode qui met au centre la parole. On l'appelle la
méthode des associations libres qui consiste dans le fait de faire des libres associations d'idées.
L'analysant doit dire tout ce qui lui vient à l'esprit à partir d'un élément donné dans une séance
analytique. L'association mentale permet d'amener à la conscience les souvenirs qui se rattachent à
des traumatismes. La seule obligation qui s'impose au malade est de faire table rase de toutes les
conventions imposées par le code social ou moral. Le patient se doit de tout dire, de ne rien cacher,
de laisser libre par des silences ou des blocages. Le discours au début peut être incohérent, illogique,
sans sens et caractérisé

En effet, Freud va s'apercevoir que le sujet s'efforce toujours d'esquiver certains souvenirs, de
dissimuler ou mentir devant certains sujets. Il y a donc une sorte de résistance du sujet, du psychisme
qui manœuvre pour éviter le surgissement de certain souvenir.

Freud fait donc l'hypothèse d'une instance de refoulement (qu'il appelle censure ou surmoi), force
qui vient s'opposer à la mise à jour de certains souvenirs. Cette découverte l'amène à se représenter
le psychisme comme multiple et constitué de trois instances : le Ca, le Surmoi et le Moi :

 Le Ca est la plus grande partie de notre psychisme. C’est une instance dynamique constituée
par des désirs actifs et pressants, qui s’activent pour sortir de l’inconscient. Nous avons les
désirs sexuels et les désirs de mort. Ces désirs essayent de monter à la conscience.
Cependant, il rencontre l’interdit du Surmoi.
 Le Surmoi est un gardien qui inspecte chaque désir et décide s’ils peuvent être satisfaits en
accord avec le Moi ou refoulés, et repoussés dans l’inconscient. Même si refoulé, le désir
cherchera toujours à se satisfaire et donc e présentera à a conscience de manière déguisée
pour échapper à la censure du Surmoi.
 Le Moi est donc le résultat du conflit entre le Ca et le Surmoi. Le Moi c’est l’effort que nous
faisons pour nous civiliser, nous refouler et avoir un comportement digne d’un être humain.
L’inconscient est donc une altérité qui se trouve à l’intérieur de nous et qui détermine d’une
part notre comportements et nos actions.
AXE 3: L'homme est son projet : La connaissance de soi est
une tâche que la conscience doit apprendre à assumer: la
connaissance de soi est une entreprise qui se construit
continuellement en fonction d'un projet d'existence.
« Le Moi n’est pas maître dans sa propre maison » Freud ( L’inconscient est une altérité qui domine le
sujet )

Alain et Sartre vont refuser l'hypothèse freudienne en l'accusant d'être erronée et dangereuse. De
fait, elle ébranle en profondeur la conception traditionnelle du sujet. Considéré comme l'auteur de sa
pensée et de son action (c'est lui qui pense et lui qui agit) le sujet était traditionnellement institué
comme un sujet de droit avec la contrepartie de cette dignité. Un sujet capable est aussi un sujet
responsable. Or en affirmant << ça pense >>, << ça agit », Freud remet en cause les deux assises de la
responsabilité. Il y a bien une conscience mais celle-ci est un effet de surface de l'inconscient; il y a
bien un agent mais celui-ci est déterminé par de nombreux mécanismes. Dès lors est-on autorisé à lui
imputer la responsabilité de ses actes ? Au nom de préoccupations morales, Alain et Sartre
instruisent le procès du freudisme. L'hypothèse freudienne, disent-ils, est une erreur théorique et
une faute morale.

Dans L’Existentialisme est un humanisme, Sartre prend pour point de départ que Dieu n’existe pas.
De ce fait, selon lui, il n’y a plus de nature humaine, il n’y a plus de normes morales, plus de bien ni
de mal a priori. En effet, il n’y a plus d’intellect suprême qui ait pu forger ces notions. C’est à l’homme
de décider ce qui est bien, ce qui est mal, et ce que doit être l’homme :

Ainsi, l'hypothèse freudienne une erreur théorique car il n'y a pas de pensée qui s'opère en moi sans
moi. Une pensée non pensée n'est pas une pensée, c'est un effet mécanique, un fait insignifiant. Un
fantasme, par exemple, est une image excitée en l'âme sans son concours. L'explication cartésienne
est plus satisfaisante lorsqu'elle y voit une passion de l'âme plutôt que l'action d'un inconscient. De
même affirme Sartre, l'hypothèse de l'inconscient est inutile. Ce que Freud théorise sous le nom de
refoulement est ce qu'il faut penser sous le nom de mauvaise foi. En invoquant un supposé
inconscient le sujet se ment à lui-même. Il se défausse d'une de ses dimensions car il s'efforce
d'échapper aux multiples responsabilités qui lui incombent. Il refuse d'assumer une liberté qui
l'angoisse. Et là est pour Alain et Sartre la faute morale. Il faut (impératif moral) refuser l'idée d'un
inconscient car la conscience peut trouver en elle l'alibi de sa propre lâcheté. Or, en termes
cartésiens, il n'y a pas de vertu morale sans << la ferme et constante résolution > (Descartes) de faire
un usage responsable de son entendement et de sa volonté ou en termes sartriens il n'y a pas de
vertu morale sans le souci de l'authenticité.

Dans les deux cas le projet moral refuse par avance toute excuse. L'hypothèse de l'inconscient est
donc dangereuse car elle peut être pour les consciences faibles la tentation de l'excuse et de
l'indignité. Le freudisme ne remet donc pas en question le principe de la responsabilité sociale de
l'individu. Cependant, une responsabilité sociale a besoin d'être fondée sur une responsabilité
morale. Or, Freud ne fonde pas moralement la responsabilité, il la fonde extérieurement au sujet sur
les nécessités de la vie sociale.

L'hypothèse de l'inconscient est radicale en ceci qu'elle consiste à poser l'existence de quelque chose
comme une deuxième conscience, ou de plusieurs d'autres consciences en nous. C'est véritablement
à un hôte étranger et inquiétant que nous sommes unis, à une force pourvue d'intentions et de
représentations qui tout en nous échappant agit sur nos idées et nos actes. La conscience de soi est
donc méconnaissance de soi: ce que nous sommes nous échappe et demeure inconnu.

Conclusion :
Cependant, faut-il renoncer à toute forme de connaissance sur soi-même ?

L'inconscient n'échappe pas à toute forme de connaissance car il est l'objet d'analyse de la
psychanalyse. Seule la médiation d'un analyste permet au sujet de nouer un rapport plus lucide avec
lui-même. Sans la distance que me donne sur moi-même le regard de l'autre, je ne suis guère en
situation de rompre l'intimité de moi avec moi afin de me voir comme une conscience

La connaissance de soi n'est pas l'objet d'une intuition. Elle requiert nombreux efforts intellectuels
pourtant, elle demeure toujours partielle puisque l'identité d'un sujet n'est pas fixe et se construit
constamment autour d'un projet d'existence. L'homme existe et n'est que ce qu'il fait. La réalité
humaine doit être pensée comme existence, c'est-à-dire comme surgissement d'une liberté dans
l'être. Il semble dès lors que la subjectivité consiste toute entière dans cette liberté fondamentale:
l'homme n'a pas d'essence parce qu'il est libre: rien ne le definit si ce n'est ses libres choix.

Nous ne pouvons pas nous saisir comme un objet inanimé ou comme un phénomène naturel la vraie
connaissance de soi n'est pas circonscrite aux faits. Le moi n'est pas un objet qui serait à connaître de
manière scientifique car un sujet ne peut pas être objective sans être annulé. Si l'homme est pur
néant (Sartre), s'il n'est qu'une liberté absolue, alors, paradoxalement, son identité lui échappe.
L'individu ne se définit jamais, puisqu'au fond il est toujours au-delà de son essence Se connaître
signifie alors comprendre que l'existence humaine est plus un projet qu'une donnée soumise à un
processus d'objectivation. La vraie connaissance de soi n'est donc pas connaissance de ce que l'on est
passivement. Tout homme nait à un certain moment, dans un certain lieu, dans telle famille, telle
classe sociale, etc. Pourtant la facticité ne suffit pas à elle seule à définir la réalité humaine car
l'homme se projette toujours au-delà de lui-même. Exister pour un homme ce n'est pas simplement
se trouver dans le monde : c'est sortir de soi, dépasser le donné vers le possible. Cela signifie que
seule la conscience d'être une liberté est une véritable connaissance de soi. Cette connaissance est
une tâche à assumer et non la connaissance passive d'un objet externe.

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