PREMIERE PARTIE : Introduction à la fiscalité
Chapitre 1 : DÉFINITION ET FONCTIONS DE L’IMPÔT
1- Définition de l’impôt
D'après "Mêle" dans son livre "sciences et techniques fiscales", l'impôt est défini comme
étant "une prestation pécuniaire requise des personnes physiques ou morales de droit
privé voir de droit public, d'après leur faculté contributive par voie d'autorité à titre
définitif et sans contrepartie directe en vue de la couverture des charges publiques"
D'après cette définition, on peut retenir les notions suivantes :
✓ Le caractère définitif du prélèvement,
✓ L'absence de corrélation entre le prélèvement effectué et les prestations fournies.
✓ Il y a deux grandes catégories de dépenses publiques :
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Les dépenses d'administration (justice, santé, police, éducation...)
−
Et les dépenses d'intervention (investissements...)
2. Fonctions de l’impôt :
a- La fonction financière :
L’Etat a des charges à couvrir, il recourt en premier lieu à l'impôt.
Cette fonction est d'autant plus importante que l’Etat soit interventionniste
b- La fonction sociale
L'impôt permet de réaliser l'égalité sociale et ce en imposant les riches et les produits de
luxe à des taux supérieurs à ceux imposant les pauvres et les produits de large consommation
: ces derniers peuvent se trouver parfois exonérés de l'impôt.
c- La fonction économique
L'impôt peut être utilisé comme un instrument de politique économique.
En effet, au moyen de l'impôt, l’Etat peut encourager certaines activités économiques par
rapport à d'autres.
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Chapitre 2 : CLASSIFICATION DES IMPÔTS
1- Classification juridique
On distingue entre les impôts directs et les impôts indirects :
Les impôts directs sont ceux frappant directement les richesses des contribuables (revenu,
bénéfice) tels que l'impôt sur le revenu des personnes physique (IRPP) et l'impôt sur les
sociétés (IS)
Les impôts indirects sont ceux frappant indirectement les richesses.
Ces impôts sont versés au trésor à travers les redevables légaux collecteurs d'impôts.
Ces impôts sont payés au stade de formation de la richesse et ce sur les dépenses (achats de
biens et services) tels que : la taxe sur la valeur ajoutée, les droits de consommation.
2- Classification économique
Dans le cadre de la classification économique, les impôts sont divisés en :
• Un impôt sur la dépense (TVA & DD),
• Un impôt sur le revenu (IRPP & IS),
• Un impôt sur le patrimoine ou sur le capital (droit d'enregistrement).
3- Classification selon la nature du taux d'imposition
• Taux progressif : taux qui augmente avec la base imposable (IRPP),
• Taux fixe ou stable (IS = 15%).
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Chapitre 3 : BASES JURIDIQUES DU SYSTÈME FISCAL
1 - La constitution
L’article 15 de la nouvelle constitution (2022) stipule que :
L’acquittement de l’impôt et la contribution aux charges publiques constituent un devoir
pour chaque personne sur la base de la justice et de l'équité.
Toute évasion fiscale est considérée comme une infraction contre l'Etat et la société.
2 -Les conventions fiscales internationales
Les conventions fiscales internationales sont des traités conclus entre deux Etats ou plus en
vue de définir les règles d'imposition des revenus qu'un citoyen de l'un des Etats réalise dans
l'autre Etat.
Elles visent aussi à éviter ou du moins à limiter la double imposition de ces revenus.
En vertu du principe de non-discrimination et de la règle de non aggravation, l'imposition
instituée par une convention internationale s'applique lorsqu'elle n'aboutit pas à une
imposition plus lourde que celle résultant de l'application du régime de droit commun.
3 -La loi
Aux termes de l'article 65 de la constitution : "Sont pris sous forme de lois, les textes relatifs
à l'assiette, aux taux et aux procédures de recouvrement des impôts".
L'impôt relève du domaine de la loi ordinaire.
Ainsi, seule la loi peut instituer un impôt, définir son assiette, fixer son taux et les procédures
de recouvrement.
4 -La loi des finances
Le budget annuel de l'État est voté par une loi de finances qui autorise annuellement la
perception des impôts et détermine les charges publiques.
En plus des données budgétaires, la loi de finances comporte généralement des dispositions
fiscales.
Hormis les cas de réforme fiscale ou d'institution d'un nouvel impôt, l'essentiel des
changements en matière fiscale de l'année est édicté par la loi de finances d'où l'importance
majeure qu'elle occupe en matière fiscale.
Lorsque, en cours d'année, le budget connaît une évolution non conforme aux prévisions,
Le gouvernement peut recourir à une loi de finances complémentaire.
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5 -Le règlement : Décrets et arrêtés
Les décrets :
Les décrets présidentiels (pris par le Président de la République selon l’article 78 de la
constitution)
Les décrets de Gouvernement (pris par le chef du Gouvernement selon l’article 94 de la
constitution)
Les décrets : Ce sont des décrets qui peuvent régir la matière fiscale.
Ces décrets ne peuvent porter que sur les modalités d’application d'une disposition loi fiscale
et en dehors de toute règlementation touchant à l'assiette et aux taux ou aux modalités de
recouvrement de l'impôt.
Les arrêtés : La réglementation par voie d'arrêté se limite en matière fiscale au pouvoir dont
dispose le ministre pour prendre des arrêtés de taxation.
6 -Les principes généraux du droit
Ces principes s'appliquent de façon traditionnelle et ne peuvent être écartés que par une
disposition législative.
Ainsi devant le silence de la loi, pour l'interprétation d'un texte fiscal on doit se référer aux
principes généreux de droit suivants :
• Le principe de l'égalité devant l'impôt : le même principe doit être appliqué à
toutes les personnes qui se trouvent dans des situations identiques ;
• Le principe de non rétroactivité : l'application de ce principe fait qu'un texte
fiscal ne peut s'appliquer à une imposition dont le fait générateur est antérieur à sa
date d'entrée en vigueur.
• Le respect du droit de la défense et du caractère contradictoire de la procédure fiscale.
7 -La doctrine administrative
Constituée par :
• Les bulletins officiels de la direction générale des impôts,
• Les réponses ministérielles
• Les réponses adressées par les autorités fiscales aux questions posées par les
contribuables (dites prises de position).
En théorie, la doctrine administrative est obligatoire pour les agents de l'administration alors
qu'elle peut faire l'objet d'une contestation par le contribuable qui s'estime lésé par une
interprétation non conforme à la loi. Mais en pratique, la doctrine administrative domine les
usages fiscaux en Tunisie et constitue de ce fait presque l'unique source d'interprétation
opérante des textes.