Philosophie de l’action
A) Que voulons-nous faire ? Le bonheur
B) Comment pouvons-nous le faire ? Nous ne faisons pas ce que
nous voulons : Etat, justice, Devoir.
- La justice est notre destination naturelle : Platon, Aristote
- Pour autant nous avons recours à l’Etat pour instituer la paix :
Hobbes, paix
- La violence reste cependant essentielle à l’instauration de la justice
et compromet nos ambitions idéalistes ( qui sont celles de Platon par
exemple )
- Néanmoins, peut on accepter le meurtre ? Si non, au nom de quel
principe ? Qu’est ce qui fonde le devoir ?
- Le sentiment de Rousseau, la raison de Kant ou l’action des
existentialiste
C) Que faisons nous : Travail, technique, art
De l’intentionalisme au conséquentialisme.
1) Critiquer le systême kantien.
A) Texte : Sartre, L’existentialisme est un humanisme .
Le systême kantien pose un impératif catégorique. Cet impératif exige de
se demander si à chaque action que je fais, une maxime lui correspond qui
peut être universalisable (Cf Critique de la Raison pratique). A cette fin,
autrui ne pourra jamais être un moyen mais sera toujours une fin (rappel,
exemple de la sexualité et de la prostitution). Mais Sartre objecte qu’il y a
des situations où je dois choisir entre deux actions, ou plus, qui sont
toutes deux morales, du point de vue kantien. Dois-je entrer dans la
résistance pour repousser l’envahisseur, dois-je rester près de ma mère
qui est très affligée et dont la survie tient à ma présence auprès d’elle ?
Dans l’extrait donné, Sartre montre que peu importe le système éthique
(éthique : question de bien et de mal) adopté, je n’aurai pas un choix
meilleur qu’un autre. Je suis condamné à choisir et à privilégier une fin au
détriment d’une autre. De sorte que l’action morale parfaite n’est pas
possible.
Il montre en effet que ni le christianisme (« doctrine chrétienne »), ni
l’utilitarisme (« Quelle est l’utilité la plus grande… »), ni le système
kantien (« qui peut en décider a priori ») ne peuvent l’aider à départager.
Dieu ne me dit pas quoi faire, l’utilité la plus grande est ambigüe : car rien
ne garantit que je jouerais un rôle déterminant, utile réellement, dans la
résistance. Sartre en revanche développe un peu plus la critique du
système kantien. Si je demeure auprès de ma mère, je la traite comme
une fin, mais ceux qui combattent pour moi devienne le moyen de rester
confortablement près de ma mère. Si je deviens résistant, alors les autres
sont une fin en soi, je me bats pour l’avenir de tous, mais ma mère
devient un moyen (simplement du fait que je ne la traite plus comme fin
en soi puisque je l’abandonne).
La critique que Sartre adresse à Kant est donc la suivante : que faire en
cas de conflit des valeurs ? Le conflit des valeurs, c’est quand plusieurs
actions morales se présentent à nous, mais qu’en choisir une a pour
conséquence de ne pas faire les autres et d’être alors en un sens immoral
au regard de ces actions non faites.
B) Le refus de la transcendance :
Avec Kant, l’impératif catégorique est un idéal vers lequel je tends. Je ne
l’atteins pas forcément mais il guide mes actions. C’est la loi morale qui
apparait à la personne à qui le prince veut faire un faux témoignage. Il sait
qu’il a la possibilité de dire non, cette possibilité se présente sous la forme
d’un devoir. Pour être moral, tu dois refuser de faire le faux témoignage.
Tu peux donc tu dois. Or cette loi morale vers laquelle je tends grâce à
l’impératif catégorique est transcendante. Elle englobe toutes mes actions
possibles et dépasse ma simple personne : la loi morale est au-delà de
mon quotidien, un horizon vers lequel je tends. La démarche de Kant est
bien transcendante puisqu’il y a des valeurs que l’homme ne décrète pas
mais qu’il se contente de dévoiler au sein de son intériorité, grâce à sa
RAISON (faculté de se demander si mon action est univeralisable, dans ce
contexte). Or Sartre montre que cet idéal transcendant qu’est la loi morale
n’existe pas, sinon il nous permettrait d’éviter le conflit des valeurs.
- Question : transcendant est un terme repère et possède un concept qui
lui est réciproque. Lequel ? Souvenez-vous dans quelle partie du cours
avons-nous déjà vu ce couple ?
Comment résoudre le conflit des valeurs ? Comment aborder la question
morale dès lors qu’on nie la transcendance, laquelle permettait d’ériger
une loi UNIVERSELLE (quel concept est réciproque à universel ?).
L’absence d’idéal transcendant, qu’il soit chrétien ou a priori ne condamne
la morale pour autant. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas d’idéal
transcendant, que chaque situation éthique sera jugée au cas par cas.
L’homme est condamné à inventer des valeurs : il est délaissé. Dieu ne
peut le guider (car Dieu est mort : Nietzsche), l’homme est embarqué dans
l’existence (Nous sommes embarqués, Pascal). L’existentialisme présente
une solution.
C) La solution de l’existentialisme :
Une des manières de définir l’existentialisme est de montrer à quoi il
s’oppose, à savoir l’essentialisme. L’essentialisme est un courant
philosophique qui naît avec Platon : l’être des choses est déterminé en
amont par leur essence. C’est parce qu’il y a une essence du cheval, qu’on
voit un cheval quand on en a un en face de nous. C’est parce qu’il y a une
essence de la justice que je peux prétendre former une société
éternellement juste et harmonieuse. Or l’existentialisme affirme au
contraire que :
« L’existence précède l’essence ».
Les êtres humains deviennent qui ils sont, non pas en épousant une
cause finale qui les a déterminées en amont, mais en existant. Enfant
nous sommes une pages blanche, et les expériences que nous allons vivre
sont des dessins et des couleurs qui rempliront peu à peu cette page.
Aucun dessin n’y est préétabli. D’un point de vue métaphysique, cela peut
faire penser à l’analyse que fait le Pic de la Mirandole ( philosophe italien
du XVe) de l’être humain dans la création divine :
Dieu a créé l’homme à son image
Quelle est l’image de Dieu ?
Aucune, Dieu est tout ce qui est.
L’homme est l’être qui doit acquérir sa propre image
« Le parfait artisan décida finalement qu’à celui à qui il ne pouvait rien donner en propre
serait commun tout ce qui avait été le propre de chaque créature. Il prit donc l’homme,
cette œuvre à l’image indistincte, et l’ayant placé au milieu du monde, il lui parla ainsi :
« Je ne t’ai donné ni place déterminée, ni visage propre, ni don particulier, ô Adam, afin
que ta place, ton visage et tes dons, tu les veuilles, les conquières et les possèdes par
toi-même. La nature enferme d’autres espèces en des lois par moi établies. Mais toi, que
ne limite aucune borne, par ton propre arbitre, entre les mains duquel je t’ai placé, tu te
définis toi-même. Je t’ai mis au milieu du monde, afin que tu puisses mieux contempler
autour de toi ce que le monde contient. Je ne t’ai fait ni céleste ni terrestre, ni mortel ni
immortel, afin que, souverain de toi-même, tu achèves ta propre forme librement, à la
façon d’un peintre ou d’un sculpteur. Tu pourras dégénérer en des formes inférieures,
comme celle des bêtes, ou régénéré, atteindre les formes supérieures qui sont divines »
Nous sommes embarqués, nous devons nous inventer nous-mêmes. C’est
nous qui faisons des choix, nous qui créons des valeurs.
Attention, Sartre n’est ni individualiste, ni subjectiviste, ni relativiste, ni
libérale ( rôle prof : rappeler la polysémie la prochaine fois en cours). On
pourrait en effet penser que cela signifie que chacun devient qui il veut et
invente les valeurs qui lui convient à lui. Il n’en est rien. Sartre affirme au
contraire : il y a des déterminismes culturels, politiques et sociaux qui
pèsent sur nous. La classe sociale a un fort impact sur la liberté des
individus : les prolétaires possèdent moins de possibilité de s’inventer que
la bourgeoisie (longtemps Sartre a été proche du communisme). Les
préjugés culturels nous incitent à formuler des thèses essentialisantes sur
les autres peuples et nations. Mais tous ces déterminismes sont le résultat
d’une certaine époque et société. Nous naissons page blanche, la société
donne une forme à cette page blanche mais nous avons la possibilité de
nous opposer à cette mise en forme pour lui en proposer une autre.
Chaque humain est une page blanche, le rôle de toute société devrait être
de conserver ce caractère créateur, celui à partir duquel la page se
remplit. Chaque humain est libre de se projeter dans son existence pour
en explorer le champ de possibilités. Ou plutôt devrait être libre de le
faire : c’est pour cela que l’existentialisme est un humanisme.
D) L’existentialisme morale :
Si on abolit la transcendance, alors deux problèmes se posent :
1) Toutes les doctrines morales s’avèrent trop générales pour
offrir une solution au problème
2) Il faut critique l’idée de fonder la morale sur une intention.
Volontairement ou non, le sujet peut se mentir à lui-même (la prise
en compte de chaque paramètre qui pèse sur ma conscience est
presqu’impossible), être de mauvaise foi. Seuls les actes valident
l’attachement à une valeur « Des paroles, des paroles »
Dalida. Nous voulons des actes.
Donc comment sortir du relativisme ? Chaque décision risque d’être
relative à la situation à laquelle le sujet ( moi) se confronte. En fait non,
et c’est là que Sartre hérite de Kant. Dans chaque choix que nous
faisons, nous choisissons de nous référer à un système moral qui lui a
une portée universelle : « une morale de la sympathie ou une morale
plus large ».
Mes choix posent une valeur, et cette valeur a une portée universelle.
Poser des valeurs est inhérent à l’action humaine. Cela veut dire qu’il
n’y a pas d’action qui ne porte pas de valeur. Aucune action n’est
réellement indifférente. LA NEUTRALITE N’EXISTE PAS. Vivre, c’est agir,
agir c’est choisir, choisir c’est exclure, exclure c’est évaluer. Vivre c’est
plus que perpétuer le processus vital de l’individu et de l’espèce. Vivre
c’est poser des valeurs : nous existons.
DEVOIR :
- Retrouver l’étymologie et analyser le concept d’existence. Avec quel
auteur avons- nous aborder cette idée ? Avec quel exemple ? pour
illustrer quelle idée ?
- Geral de Riv (The witcher) est-il existentialiste ?
- Question bonus : Sartre insiste sur l’idée de valeurs ? A quel auteur
fait-il référence ? Pourquoi ?
II) Choisir non plus à partir d’une intention mais des
conséquences : L’existence, projeter les conséquences de son
action
A Eichmann, ou la preuve que l’intention ne suffit plus (Arendt)
B) Renouveler la théorie de l’aliénation dans la nouvelle division du travail
(Anders)