These
These
Ce travail de recherche scientifique de longue haleine est le fruit d’un long parcours
que je n’ai pas traversée toute seule, un parcours dont je suis fière. Je tiens donc à exprimer
ma gratitude et ma reconnaissance aux personnes qui ont contribué à la réalisation de ce
travail.
C’est à Valéry Botton mon directeur de thèse, et Sophie Miralles ma co-encadrante,
que s’adressent mes premiers remerciements. J’aimerai vous exprimer ma vive recon-
naissance pour votre confiance, votre bienveillance et vos encouragements qui m’ont été
indispensables pour l’accomplissement de ce travail. Depuis mon arrivée, votre soutien et
vos conseils avisés m’ont permis de progresser, scientifiquement et humainement, et de
forger la personne que je suis devenue aujourd’hui.
Pour avoir accepté de juger ce travail et pour l’attention avec laquelle ils ont relu et
évalué ce manuscrit, je tiens à exprimer mes chaleureux remerciements aux rapporteurs
Ahmed Mezrhab et Michel Gradeck. Je remercie vivement l’ensemble des membres du
jury : Jean-Cristophe Béra, président, Abdelkader Mojtabi et Hélène Bailliet, examina-
teurs, pour l’intérêt qu’ils ont manifesté envers mes travaux de thèse et leurs échanges
enrichissants. Vos questions pertinentes et vos remarques judicieuses ont permis d’appro-
fondir et d’enrichir sensiblement les problématiques abordées.
Pour son humilité et son aide inestimable, tout particulièrement sur les simulations
et les aspects numériques, je tiens à exprimer ma reconnaissance à Daniel Henry. Votre
rigueur et vos interventions toujours très pertinentes ont grandement contribué à l’avan-
cement de ce travail.
Cette thèse pluridisciplinaire m’a permis d’entreprendre plusieurs collaborations fruc-
tueuses. Notamment avec Sabrina Marcelin et Benoît Ter-ovanessian du laboratoire MA-
TEIS. Merci à vous de m’avoir initiée à l’électrochimie analytique et de m’avoir accom-
pagnée pour la mise en place des mesures expérimentales sans hésiter à mettre à ma
disposition tout le matériel nécessaire.
Un grand merci à Gilles Despeaux et Emmanuel Le Clézio de l’Institut d’Électroniques
et des Systèmes. Merci pour votre disponibilité, rigueur et amabilité. Cette collaboration
est à la base de développements prometteurs.
I would also like to express my deep gratitude to Sven Eckert and Dirk Räbiger from
HZDR Dresden. Thank you for your availability, for the discussions and the scientific
advice. Your expertise has led to significant advances in the conception of the galinstan
experience.
Je souhaite remercier chaleureusement l’ensemble des permanents du LMFA pour
leurs conseils et leur aide éminent toujours avec bienveillance et bonne humeur. Je pense,
en particulier, à Séverine Millet, Simon Dagois-Bohy, Cédric Marmonier, Ahmed Telali
et Alexandre Azouzi avec qui j’ai pu échanger à de nombreuses occasions.
Mots clés : transfert de masse, couche limite solutale, acoustic streaming, technique
électrochimique, polarométrie, solidification dirigée.
Key words: mass transfert, solute boundary layer, acoustic streaming, elctrochimical
technique, polarometry, directional solidification.
Nomenclature xv
1 Contexte et motivations 1
1.1 Contexte économique et environnemental . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.1.1 Augmentation de la consommation de l’énergie . . . . . . . . . . 1
1.1.2 Les enjeux de la société actuelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Énergies primaires propres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.1 Énergie solaire thermique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.2 Énergie solaire photovoltaïque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Contexte Silicium . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3.1 Silicium photovoltaïque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3.2 Purification du silicium photovoltaïque . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3.3 Cristallisation des plaques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
[Link] Le procédé de solidification de Czochralski (Cz) - Sili-
cium monocristallin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
[Link] Le procédé de solidification directionnelle - Silicium
multicristallin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.4 Conclusion et problématique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2 État de l’art 13
2.1 Solidification du SI-PV et ségrégation des impuretés . . . . . . . . . . . 14
2.1.1 Ségrégation d’impuretés lors de la solidification dirigée . . . . . . 15
[Link] Diagramme de phase . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
[Link] Couche limite solutale et bilan à l’interface . . . . . . . 17
[Link] Lien entre la ségrégation et le cisaillement à l’interface
solide liquide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.1.2 Techniques de brassage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.2 Description et modélisation du phénomène d’acoustic streaming . . . . . 22
2.2.1 Premières observations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.2.2 Modèle linéaire de propagation acoustique . . . . . . . . . . . . 23
[Link] Pression sur l’axe acoustique . . . . . . . . . . . . . . 25
i
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
TABLE DES MATIÈRES
ii
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
Table des matières
iii
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
L ISTE DES FIGURES
v
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
L ISTE DES FIGURES
vi
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
Liste des figures
vii
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
L ISTE DES FIGURES
viii
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
Liste des figures
ix
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
L ISTE DES FIGURES
x
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
Liste des figures
xi
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
L ISTE DES FIGURES
5.6 (a) Profil de vitesse sur l’axe de la sonde 3 obtenu pour le transducteur
f = 10MHz à une puissance Pac = 1W ; le champ proche L f est de 23mm.
(b) L’amplitude de l’écho ; au-delà de 220mm le pic observé est dû à la
présence d’une paroi. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
5.7 Schéma du transducteur de diamètre nominal 5mm et de fréquence 23Mhz
développé au laboratoire EIS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
5.8 Champ acoustique théorique longitudinal sur l’axe de la source acous-
tique (ds = 5mm, f = 23MHz) calculé par l’intégrale de Rayleigh, dans
l’eau (ligne continue bleue) et dans le galinstan (ligne continue rouge).
La ligne noire discontinue représente la valeur théorique de la longueur
de Fresnel dans l’hypothèse d’atténuation négligeable (L f = 97.1mm). . . 124
5.9 Champ de vitesse axiale mesuré par PIV dans le plan horizontal Oxy pas-
sant par l’axe du transducteur (ds = 5mm, f = 23MHz) pour trois puis-
sances acoustiques : (a) Pac = 0.2W, (b) Pac = 0.4W et (c) Pac = 0.6W. . 125
5.10 L’évolution de la vitesse sur l’axe de la source acoustique (0 à 2.77L f )
mesurée expérimentalement par PIV et représentée par des points : rouges
pour Pac = 0.2W, verts Pac = 0.4W et bleus Pac = 0.6W. En ligne discon-
tinue la pression acoustique normalisée par la pression acoustique maxi-
male le long de l’axe acoustique. La droite rouge correspond à la longueur
de Fresnel théorique (L f = 97.1mm) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
5.11 Variation temporelle de la vitesse axiale instantanée en champ lointain à
x = 1.73L f = 168mm. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
xii
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
L ISTE DES TABLEAUX
4.1 Les paramètres du maillage optimal utilisé pour les simulations numé-
riques (Comsol) dans le cas d’une électrode circulaire. . . . . . . . . . . 83
4.2 Exposants αi des lois algébriques : ShEi − 1 = ai (Grac + ε 0 )αi appliquées
aux résultats expérimentaux présentés sur la figure 4.28. . . . . . . . . . 104
4.3 Exposants αi des lois algébriques : γnum = ai Pαi appliqués aux résultats
numériques présentés dans la figure 4.28. . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
xiii
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
L ISTE DES TABLEAUX
xiv
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
N OMENCLATURE
Caractéristiques de la cuve
h hauteur dans la direction Oz (hauteur de la solution)
L longueur dans la direction Ox
l largeur dans la direction Oy
x position longitudinale
(x, y, z) variables d’espace respectivement dans les directions
Ox, Oy et Oz
Caractéristiques acoustiques
ds diamètre du transducteur m
rs rayon du transducteur m
f fréquence des ultrasons Hz
αac coefficient d’atténuation acoustique m−1
Rac rayon du faisceau acoustique m
fac force acoustique N.m−3
Iac intensité acoustique W.m−2
Pac puissance acoustique W
pac pression acoustique Pa
uac vitesse acoustique m.s−1
Uac amplitude de la vitesse acoustique m.s−1
Z impédance acoustique Pa.s.m−1
λ longueur d’onde de l’onde acoustique m
k nombre d’onde m−1
Lf longueur de Fresnel m
θdi f f demi-angle au sommet du cône de diffraction degré
ηtransducteur rendement électrique du transducteur
xv
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
N OMENCLATURE
Électrochimie
Caractéristiques de l’écoulement
xvi
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
N OMENCLATURE
Ségrégation et solidification
δ épaisseur de la couche limite solutale m
∆ paramètre convecto-diffusif
β coefficient de dilatation thermique K −1
κ conductivité thermique W.m−1 .K −1
Cp chaleur spécifique [Link]−1 .K −1
Ti température de fusion de l’élément i K
k, ke f f coefficient de partage, coefficient de ségrégation effectif −
VI vitesse d’avancement du front de solidification m.s−1
CS ,CL concentration des impuretés en phase solide et en phase li- mol.m−3
quide
CSI ,CLI concentration des impuretés en phase solide et en phase li- mol.m−3
quide à l’interface
CL∞ = C0 concentration des impuretés en phase liquide loin de l’inter- mol.m−3
face
DS , DL diffusivité des impuretés en phase solide et en phase liquide m2 .s−1
Nombres adimensionnels
Sh Nombre de Sherwood
Gr Nombre de Grashof
Sc Nombre de Schmidt
Re Nombre de Reynolds
B paramètre adimensionnel de ségrégation
Constantes
e Charge électrique élémen- 1.602.10−19 C
taire
F Constante de Faraday 96485 [Link] −1
R Constante des gaz parfaits 8.314 [Link] −1 .K −1
kB Constante de Boltzmann 1.380649.10−23 J.K −1
Abréviations
Si-PV Silicium Photovoltaïque
EV Électrode de travail
CE Contre électrode
Eréf Électrode de référence
EHS Électrode standard à hydrogène
ECS Électrode au calomel saturé
SWR Standing Wave Ratio, taux d’onde stationnaire
xvii
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 1
C ONTEXTE ET MOTIVATIONS
Sommaire
1.1 Contexte économique et environnemental . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.1.1 Augmentation de la consommation de l’énergie . . . . . . . . . 1
1.1.2 Les enjeux de la société actuelle . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Énergies primaires propres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.1 Énergie solaire thermique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.2 Énergie solaire photovoltaïque . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Contexte Silicium . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3.1 Silicium photovoltaïque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3.2 Purification du silicium photovoltaïque . . . . . . . . . . . . . 6
1.3.3 Cristallisation des plaques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
[Link] Le procédé de solidification de Czochralski (Cz) -
Silicium monocristallin . . . . . . . . . . . . . . . . 7
[Link] Le procédé de solidification directionnelle - Silicium
multicristallin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.4 Conclusion et problématique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 1. C ONTEXTE ET MOTIVATIONS
Evolution Evolution
En TWh 2016 Part en 2016
2015-2016 1990-2016
Asie et Océanie 11313,00 49,0% +5.2% +363.1%
dont : Chine 5899,00 25.5% +6.3% +917.1%
Japon 1012,00 4.4% +0.6% +22%
Inde 1216,00 5.3% +7.5% +410.1%
Australie 243,00 1.1% +1.7% +66.4%
Amérique du Nord 5043,00 21.8% +0.6% +44.6%
dont : Etats-Unis 4148,00 18.0% +0.5% +41.8%
Canada 538,00 2.3% -0.9% +20%
Europe 4956,00 21.5% +1.3% +17.1%
dont : Union européenne 3071,00 13,3% +0,9% +24.6%
dont : Allemagne 573,00 2,5% +0,0% +8.7%
Espagne 256,00 1,1% +0,8% +86.9%
France 478,00 2,1% +1,5% +37.3%
Italie 326,00 1,4% +5,2% +38.7%
Royame-Uni 330,00 1,4% -0,3% +7.5%
CEI 1571,00 6,8% +1,29% -8.45%
Amérique Centre et Sud 1031,00 4,5% -0,2% +146.1%
dont : Brésil 520,00 2,3% -0,6% +138.5%
Afrique 706,00 3,1% +1,44% +146%
dont : Afrique du Sud 225,00 1,0% -1.3% +44,1%
2
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 1.2. É NERGIES PRIMAIRES PROPRES
3
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 1. C ONTEXTE ET MOTIVATIONS
L’énergie solaire est une alternative prometteuse. Son utilisation permet de réduire
considérablement les émissions de gaz à effet de serre et la production des déchets toxiques.
De même pour les autres énergies renouvelables qui réalisent une croissance significative
lors des dernières années, mesurée à 69% entre 1990 et 2016 en France (figure 1.3).
Nous nous intéressons tout particulièrement à l’énergie solaire. Le soleil est une source
d’énergie inépuisable à l’échelle humaine, son flux de rayonnement apporte de la chaleur
et de la lumière qui est estimé à 10000 fois la consommation de l’homme et d’une espé-
rance de vie entre 5 et 10 Milliards d’années (Hoskin, 1996). Cette source intermittente
rayonne en continue sur toute la planète. Concernant la France, l’irradiation solaire an-
nuelle globale horizontale est en moyenne de 1274 kWh/m2 ; cette moyenne annuelle
varie de 1645 kWh/m2 en Provence-Alpes-Côte d’Azur à 1089 kWh/m2 en Nord-Pas-
de-Calais et connait des variations en fonction de la période annuelle (figure 1.4). Par
ce fait l’énergie solaire est une source d’énergie attrayante mais peu développée du fait
des surfaces gigantesques dont on aurait besoin pour convertir le rayonnement solaire en
énergie couvrant les besoins de l’habitat et de l’industrie. A cet effet on peut distinguer
deux méthodes d’exploitation des rayons solaires : énergie solaire thermique, et énergie
solaire photovoltaïque. Cette dernière sera le sujet de ce qui suit et sera abordée avec plus
de détails.
4
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 1.3. C ONTEXTE S ILICIUM
De nos jours, deux procédés de solidification majeurs sont utilisés pour la production
de lingots de silicium PV. Le procédé de solidification de Czochralski et le procédé de so-
lidification directionnelle décrits succinctement dans les paragraphes suivants. Quelques
nouveaux procédés prometteurs sont également en cours de développement, par exemple
des méthodes de germination pour silicium (Jouini et al., 2012; Gu et al., 2012; Guerrero
et al., 2014) et des méthodes sans contact pour le silicium (Nakajima et al., 2012a).
5
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 1. C ONTEXTE ET MOTIVATIONS
6
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 1.3. C ONTEXTE S ILICIUM
Le silicium de grade métallurgique est ensuite purifié pour obtenir le silicium de grade
solaire. Plusieurs procédés ont été développés, notamment la purification par voie ga-
zeuse en appliquant des traitements chimiques sous forme d’une distillation. Ce trai-
tement est répété plusieurs fois jusqu’à l’obtention d’un silicium d’une extrême pureté
99, 99999% (impuretés< 10−9 ppm). Ce procédé se base sur des réactions nécessitant une
température très élevée (1100°C) et un protocole induisant des coûts importants. Ce pro-
cédé est utilisé principalement dans le domaine de l’électronique (SIEMENS).
La purification en phase liquide est l’une des voies les plus envisagées pour obtenir
un silicium de qualité solaire. En procédant par attaque acide qui élimine de façon efficace
plusieurs métaux comme : Al, Ca, Fe, Ti, mais élimine très peu le bore, le carbone et
le phosphore. Le traitement chimique par plasma inductif permet de volatiliser le bore
contenu dans le silicium.
Les traitements par cette voie pour des lingots de 10kg ont permis l’obtention de
cellules d’un rendement supérieur à 12% mais ce type de procédé présente un problème
au niveau du coût (Delannoy, 2012).
Finalement, dans le cadre de ce travail, on s’intéresse à la purification du silicium
métallurgique par solidification dirigée. Le phénomène de ségrégation 2.1.1 survient
naturellement pendant la solidification directionnelle et s’intègre dans les procédés de
cristallisation, cette technique permet un passage direct du Si métallurgique au silicium
photovoltaïque (PV) en combinant cristallisation et purification. Par la suite nous nous
intéressons à l’influence de l’introduction d’un brassage supplémentaire à la purification
du silicium PV par ségrégation en croissance dirigée.
7
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 1. C ONTEXTE ET MOTIVATIONS
presque parfaites à partir d’une masse fondue. Lorsqu’elles sont taillées en pierres pré-
cieuses, les pierres sont si claires qu’elles ressemblent à des imitations de verre.
Selon le récit, Czochralski a découvert sa méthode en plongeant accidentellement son
stylo dans un creuset d’étain en fusion plutôt que dans son encrier. Il sortit son stylo pour
découvrir qu’un mince fil de métal solidifié était suspendu à la plume. Il remplaça la plume
par un capillaire et vérifia que le métal cristallisé était un monocristal. Ses expériences ont
produit des monocristaux d’un millimètre de diamètre et jusqu’à 150 centimètres de long
(Czochralski, 1918). En 1950, G.K. Teal et J.B. Little de Bell Labs aux États-Unis ont
utilisé cette méthode pour faire croître des cristaux simples de germanium, ce qui a ensuite
conduit à leur production à grande échelle pour des applications semi-conductrices.
Aujourd’hui, la méthode Czochralski est utilisée pour fabriquer du rubis, du saphir, du
spinelle, du grenat d’yttrium-aluminium (YAG), du grenat de gadolinium-gallium (GGG)
et de l’alexandrite. Les ingrédients en poudre sont fondus dans un creuset en platine,
iridium, graphite ou céramique. Un germe du cristal est attaché à une extrémité d’une tige
en rotation. Ce germe est mis en contact avec la masse fondue dans le creuset. La tige est
ensuite lentement tirée. Le cristal grossit au fur et à mesure que la graine tire le matériau
de la masse fondue. En raison de la tension superficielle de la masse fondue, le cristal
reste en contact avec le matériau fondu et continue de croître jusqu’à ce que la masse
fondue soit épuisée. Les cristaux formés avec cette méthode peuvent être très gros, plus
de 50 millimètres de diamètre et un mètre de long avec un degré de pureté élevé.
L’efficacité des cellules solaires est un critère crucial pour promouvoir l’évolution du
8
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 1.3. C ONTEXTE S ILICIUM
marché du PV. Les rendements de cellules solaires les plus élevés sont obtenus avec une
tranche monocristalline à faible densité de défauts et à faible taux de contamination. De
plus, il est également hautement souhaitable d’obtenir une qualité homogène à travers
tout le lingot, ce qui est plus faisable pour les lingots monocristallins que pour les lingots
polycristallins.
F IGURE 1.8 – Structure interne d’un four de croissance cristalline (Li et al., 2018).
9
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 1. C ONTEXTE ET MOTIVATIONS
F IGURE 1.9 – Four industriel ECM produisant des lingots de section carré (90x90cm)
type G6 d’un poids de 450 à 600 Kg (CEATech)
Une possibilité serait l’étude post-mortem du lingot, néanmoins le lien avec les détails
de l’écoulement s’avèrerait complexe. Cette étude se positionne donc en amont des
10
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 1.4. C ONCLUSION ET PROBLÉMATIQUE
11
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 2
É TAT DE L’ ART
Sommaire
2.1 Solidification du SI-PV et ségrégation des impuretés . . . . . . . . . 14
2.1.1 Ségrégation d’impuretés lors de la solidification dirigée . . . . . 15
[Link] Diagramme de phase . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
[Link] Couche limite solutale et bilan à l’interface . . . . . . 17
[Link] Lien entre la ségrégation et le cisaillement à l’inter-
face solide liquide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.1.2 Techniques de brassage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.2 Description et modélisation du phénomène d’acoustic streaming . . 22
2.2.1 Premières observations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.2.2 Modèle linéaire de propagation acoustique . . . . . . . . . . . 23
[Link] Pression sur l’axe acoustique . . . . . . . . . . . . . 25
[Link] Intensité et puissance acoustique - définitions . . . . . 27
2.2.3 Écoulement généré par l’acoustic streaming . . . . . . . . . . . 27
[Link] Configuration jet droit - Loi d’échelles . . . . . . . . 28
[Link] Impédances acoustiques et lois de réflexion . . . . . . 30
[Link] Configuration d’un jet réfléchi sur une paroi . . . . . 32
2.2.4 Modélisation numérique d’écoulement d’acoustic streaming . . 33
2.3 Techniques électrochimiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.3.1 Principe de l’électrochimie analytique et les modes de transports 37
2.3.2 Voltamétrie à balayage linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.3.3 Polarographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
[Link] Chronoampérométrie . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
[Link] Voltamétrie sur électrode tournante . . . . . . . . . . 40
[Link] Caractérisation d’un écoulement par les méthodes élec-
trochimiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2.3.4 Électrochimie en présence d’ultrasons . . . . . . . . . . . . . . 42
2.3.5 Spectroscopie d’impédance électrochimique . . . . . . . . . . . 43
2.3.6 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
13
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 2. É TAT DE L’ ART
Les lingots de silicium multicristallins à base de silicium massif sont largement uti-
lisés pour les applications photovoltaïques. La solidification directionnelle en creuset est
l’une des méthodes adoptées pour la cristallisation de silicium multi-cristallin ; au moyen
du phénomène de ségrégation, la purification du lingot solidifié peut être également ac-
complie. La solidification directionnelle peut se faire de deux manières équivalentes :
• Le creuset est translaté dans le four à une vitesse constante tout en maintenant un
gradient de température fixe.
• Le creuset est fixe et le silicium initialement fondu est refroidi par le bas pour initier
le phénomène de solidification.
14
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 2.1. S OLIDIFICATION ET SÉGRÉGATION
15
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 2. É TAT DE L’ ART
F IGURE 2.2 – Diagramme de phase typique d’un alliage binaire (Massalski, 1992) : L la
phase liquide, α + β la phase solide mélangeant la phase solide du composé A (α) et la
phase solide de B (β ).
F IGURE 2.3 – Diagramme de phase simplifié d’un alliage binaire fortement dilué. Les
deux droites rouge et bleue représentent la linéarisation théorique dans l’hypothèse d’un
alliage faiblement concentré où CSI et CLI sont les concentrations à l’interface des impuretés
dans phase solide et liquide respectivement.
La solubilité du soluté est plus importante dans la phase liquide que dans la phase
solide formée, on définit alors un coefficient de partage (k) qui représente le rapport entre
16
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 2.1. S OLIDIFICATION ET SÉGRÉGATION
CSI mL
k= I
= (2.3)
CL mS
Le coefficient de ségrégation k caractérise la partage de soluté entre la phase liquide
et la phase solide au niveau du front de solidification. Dans le cas des alliages métalliques
faiblement concentrés, le coefficient de partage est inférieur à 1 (k < 1), donc lors de
la solidification d’un liquide ayant une concentration d’impuretés CLI , seule une partie
de ces impuretés (CSI = kCLI ) sera incorporée dans la phase solide qui se forme, tandis
que le reste sera rejeté dans la phase liquide restante. Le tableau 2.1 donne quelques
valeurs typiques pour certaines impuretés, couramment considérées, contenues dans le
Silicium photovoltaïque en fusion (D le coefficient de diffusion, k le coefficient de partage
et Sc = Dν le nombre de Schmidt).
CLI −CL∞
δ= (2.4)
− ∂C
∂z
L
I
17
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 2. É TAT DE L’ ART
∂CL
D = −VICLI (1 − k) (2.7)
∂z I
1−k zVI
CL (z) = C0 +C0 exp− D (2.8)
k
Au niveau de l’interface (I), selon l’équation 2.8, la concentration dans le liquide est
égale à Ck0 . Cette concentration en soluté dans le liquide diminue avec la distance à l’in-
terface de solidification jusqu’à C0 , formant ainsi une couche limite solutale d’épaisseur
δ.
D
δ= (2.9)
VI
On peut alors calculer la concentration incorporée dans la phase solide au moyen du
coefficient de partage k (2.3). On voit que la concentration du soluté dans le solide est
constante et est égale à C0 . Néanmoins, une phase transitoire (Tavernier, 2018) permet à
la concentration incorporée dans le solide d’évoluer de kC0 à C0 (figure 2.4).
Dans le cas asymptotique opposé, la convection est si intense que le mélange est
parfait et la concentration est homogène dans toute la phase liquide (δ → 0). L’équation
de Scheil-Gulliver (Kurz et Fisher, 1992) permet de déterminer la concentration du soluté
dans la phase solide formée en fonction de la fraction solidifiée fs :
18
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 2.1. S OLIDIFICATION ET SÉGRÉGATION
F IGURE 2.4 – Profils de concentration du soluté dans les phases liquide et solide dans le
cas d’un régime de diffusion pure.
théorique décrit par la loi de Scheil-Gulliver. Dans les faits, le transport du soluté dans
le bain liquide est réalisé simultanément par diffusion et par convection, c’est le régime
convecto-diffusif. Wilson (1978) a défini un paramètre convecto-diffusif ∆ (2.11) pour
considérer simultanément l’apport des deux régimes.
δVI CI −CL∞
∆= = IL (2.11)
D CL (1 − k)
On peut interpréter ce paramètre (2.11) comme l’épaisseur de couche limite solutale
19
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 2. É TAT DE L’ ART
Dans le cas plus général, on peut réécrire l’équation (2.10) à l’aide d’un coefficient de
ségrégation effectif, ke f f :
CSI k
ke f f = = (2.12)
∞
CL 1 − (1 − k)∆
Dans le cas purement diffusif, ∆ = 1, le coefficient de ségrégation effectif ke f f → 1. La
concentration du soluté incorporée dans le solide atteint la concentration initiale C0 . Au
contraire, lorsque l’effet de la convection dans le liquide dépasse de manière significative
l’effet de la diffusion, ∆ devient petit et le coefficient de ségrégation effectif ke f f tend vers
le coefficient de partage k. On retrouve le modèle de Scheil-Gulliver (2.10).
20
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 2.1. S OLIDIFICATION ET SÉGRÉGATION
−1/
• δ ∝γ 2 pour une convection très intense.
21
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 2. É TAT DE L’ ART
Nous nous intéressons dans le cadre de ce travail au brassage par ultrasons, c’est
le phénomène d’Acoustic Streaming. Cette technologie présente plusieurs avantages, tout
particulièrement son aspect très peu intrusif et l’absence d’une partie mobile. Un suivi de
du front de solidification en temps réel peut être également développé, ce qui présentera
un moyen de diagnostic pertinent dans les fours industriels.
Les récents essais d’introduction d’ultrasons dans du silicium en fusion, sur la base de
brevets déposés conjointement par notre équipe et une équipe du CEA-INES renforcent
le réalisme de cette piste de recherche.
Les gammes de paramètres utilisés jusqu’à présent pour agir sur l’écoulement et la solidi-
fication dans les études à vocation sidérurgique mettent en jeu des phénomènes physiques
différents : il s’agit typiquement d’ultrasons de relativement basse fréquence (quelques
kHz) et de forte puissance (quelques kW ) pour générer des effets de cavitation au dé-
triment de la cohérence du faisceau acoustique en termes de propagation (Absar et al.,
2017; Lebon et al., 2019). Les possibilités offertes par l’utilisation d’ultrasons à relative-
ment hautes fréquences (quelques MHz) et faible puissance (quelques W ) n’ont pas encore
fait l’objet d’études poussées. Contrairement aux régimes basses fréquences, le faisceau
acoustique reste cohérent sur une grande longueur et permet donc d’agir en profondeur
dans le bain fondu ou encore de mettre à profit d’éventuelles réflexions du faisceau sur
les parois du creuset.
22
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 2.2. D ESCRIPTION ET MODÉLISATION DU PHÉNOMÈNE D ’acoustic streaming
23
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 2. É TAT DE L’ ART
avec →−r (figure 2.7) la position d’un point du milieu de propagation des ondes r = px2 + y2 + z2
(l’origine correspond au centre de la source) et αac , le coefficient d’atténuation des ondes
acoustiques.
F IGURE 2.7 – Géométrie utilisée pour dériver le champ acoustique d’un transducteur plan
circulaire.
~ →
−
jkρcUac e− jk.|~r− r0 | e−αac r
Z
pac (x, y, z) = dS (2.15)
2π |~r− → −
r0 |
24
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 2.2. ACOUSTIC STREAMING
h √2 2 i
pac (x, y = 0, z = 0) = −pac,max j e− jk rs +x − e− jkx (2.17)
25
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 2. É TAT DE L’ ART
p
k
des zéros correspond aux zéros de la fonction sin 2 rs2 + x2 − x
et ces zéros
sont d’autant plus rapprochés à proximité de la source acoustique.
Les maximums sont obtenus quand le sinus vaut 1. La position du dernier maximum
est donnée par la relation :
rs2 λ
xn = − (2.19)
λ 4
qui est souvent approximée par :
ds 2
Lf = (2.20)
4λ
pour des longueurs d’onde petites devant le diamètre du transducteur (ds ). La dis-
tance entre le centre du transducteur et la position du dernier maximum de pression
est communément appelée Longueur de Fresnel, notée L f .
A noter que pour des fréquences ultrasonores de l’ordre du MégaHz, les longueurs
c
d’onde λ = dans l’eau (c = 1480m.s−1 ) sont généralement inférieures à un millimètre
f
alors que le diamètre des sources dans l’eau est de quelques centimètres, la zone de champ
proche est donc souvent bien plus longue que le diamètre de la source et l’angle de dif-
fraction est très faible.
Bien qu’elle influe peu sur la cartographie du champ de pression, l’atténuation (5.3.3)
est néanmoins un paramètre essentiel à la génération d’un écoulement par propagation des
ondes acoustiques. Le coefficient d’atténuation acoustique αac à l’intérieur d’un liquide
est la somme de trois termes (Nasch et al., 1994) :
Pour un fluide comme l’eau le terme lié aux effets thermiques est négligeable devant celui
lié à la viscosité dynamique. La difficulté pour estimer le coefficient d’atténuation pro-
vient de l’estimation de la viscosité volumique (Moudjed, 2013). On introduit la grandeur
N = αfac2 dépendant uniquement des propriétés du fluide. Dans le cadre de ce travail nous
considérons l’estimation proposée par Kinsler et al. (1999) : N = αac
f2
= 250.10−16 s2 m−1 ,
en cohérence avec la valeur mesurée et rapportée dans les tableaux de Kaye et Laby 1 .
1. http ://[Link]/
26
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 2.2. ACOUSTIC STREAMING
F IGURE 2.9 – Amplitude du champ de pression acoustique dans le plan horizontal Oxy
passant par l’axe du faisceau acoustique pour une source de fréquence 2 MHz et de dia-
mètre ds = 28 mm, plongée dans l’eau (Moudjed, 2013)
L’intensité acoustique est définie par Iac = T1 pac uac dt soit, avec la relation pac =
R
ρcuac valable pour une onde plane, l’expression s’écrit : Iac = T1 ρ0 cu2ac dt avec uac =
R
→
− − −αac x
Uac cos(ωt − k .→ r )e
1 2 −2αac x
Iac = ρ0 cUac e (2.22)
2
La puissance acoustique est définie comme l’intégrale de l’intensité sur la surface du
transducteur :
Z Z Zrs
Pac = Iac rdrdθ = 2π Iac rdr (2.23)
0
27
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 2. É TAT DE L’ ART
ui = uac,i + ue,i
(2.24)
p = pac + pe
∂ 2 ue,i
∂ ue,i ∂ ρue,i ue, j ∂ uac,i uac, j ∂ pe
ρ + +ρ =− +µ (2.26)
∂t ∂xj ∂xj ∂ xi ∂ x2j
On peut ainsi définir un terme de forçage acoustique fac,i couplant le champ acoustique
et le champ hydrodynamique :
∂ uac,i uac, j
fac,i = −ρ (2.27)
∂xj
avec Uac l’amplitude de la vitesse acoustique à la source. La force acoustique s’écrit ainsi
sous la forme suivante :
fac,x = ραacUac2 e−2αac x
(2.29)
fac,y = fac,z = 0
28
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 2.2. ACOUSTIC STREAMING
L’installation expérimentale utilisée dans le cadre de ce travail est basée sur le dispo-
sitif expérimental ASTRID (Acoustic STReaming Investigation Device, figure 2.10) mis
en place lors de la thèse de Moudjed (2013). Son travail a permis la caractérisation de
l’écoulement généré par les ondes acoustiques à la fois expérimentalement et numérique-
ment. Dans cette configuration d’un jet droit, le faisceau se propage dans le volume fluide,
éventuellement jusqu’à une paroi absorbante, évitant la réflexion du faisceau acoustique.
On rappelle ici les résultats essentiels développés dans la thèse de Moudjed (2013) basés
sur des mesures du champ de vitesse dans un plan contenant l’axe acoustique et sur un
raisonnement en ordre de grandeur. L’écoulement d’acoustic streaming, décrit par l’équa-
tion de conservation de quantité de mouvement (2.31), est dû principalement aux effets
inertiels, visqueux et au forçage acoustique.
• Dans les premiers centimètres, l’accélération et donc les effets inertiels sont do-
minants. Équilibrer le terme d’inertie avec la force acoustique permet d’estimer la
vitesse sur l’axe du transducteur dans cette zone en fonction du forçage acoustique
.
s
2αac Pac
ue ∝ x (2.32)
ρcπR2ac
√
montrant que la vitesse caractéristique de l’écoulement est proportionnel à Pac .
29
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 2. É TAT DE L’ ART
• Loin du transducteur, les effets d’inertie deviennent négligeables devant les effets
visqueux. On a alors un équilibre entre la force visqueuse et la force acoustique
permettant d’identifier la loi (2.33) en champ lointain :
2αac Pac
ue ∝ (2.33)
µcπ
Cette loi, valable dans l’approximation où le rayon du jet est équivalent à celui
du faisceau (R jet ' Rac ), montre que la vitesse caractéristique de l’écoulement est
proportionnelle à Pac . Ce comportement est attendu à partir d’une certaine distance :
8π µ2 f
xlim ∝ (2.34)
1.222 αac ρPac
Ces deux lois d’échelle sont en bon accord avec les résultats expérimentaux de la litté-
rature et décrivent correctement l’écoulement de la configuration étudiée dans ce travail.
sin θ1 sin θ2
= (2.35)
vL,1 vL,2
avec θ1 et θ2 les angles d’incidence et de réfraction (transmission) et vL,1 , vL,2 les vi-
tesses de propagation longitudinales dans le milieu incident (liquide) et le milieu dans
lequel se propage les ondes transmises (solide). La proportion d’énergie réfléchie lors du
passage entre deux milieux dépend de leurs impédances acoustiques et des vitesses de
propagations de l’onde.
30
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 2.2. ACOUSTIC STREAMING
F IGURE 2.12 – Observation des lois d’échelle en champ proche (2.32) et en champ loin-
tain (2.33) avec différentes études expérimentales antérieures (Moudjed, 2013).
L’impédance acoustique d’un milieu est définie comme le produit de la masse volu-
mique et de la célérité du son dans ce milieu : Z = ρc.
Dans les liquides les ondes sonores se propagent longitudinalement selon une vitesse
notée c = vL,1 . Dans les solides, il existe en revanche deux modes de propagation : onde
transverse (onde de cisaillement) et onde longitudinale (figure 2.13). Par ailleurs, ces deux
modes ont des vitesses de propagation vT et vL généralement de valeurs différentes (ta-
bleau 2.2).
Afin d’éviter la transmission d’ondes longitudinales dans le milieu 2 et par conséquent
31
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 2. É TAT DE L’ ART
TABLE 2.2 – Les paramètres de différents milieux permettant l’identification des angles
de réflexion totale dans le montage expérimental (cf. Chap 3).
sin θ1 1
assurer une réflexion totale du faisceau acoustique, il faut : vL,1 > vL,2 , soit :
vL,1
sin θlim = (2.36)
vL,2
avec θlim l’angle limite, au-dessus duquel (θ1 > θlim ), il y a réflexion totale.
• En incidence oblique :
Lorsque l’onde incidente arrive à un angle θ1 > θlim , la réflexion est totale (R = 1) et toute
l’intensité acoustique est réfléchie.
32
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 2.2. ACOUSTIC STREAMING
F IGURE 2.14 – Champ de vitesse expérimental par mesures PIV dans le plan Oxy passant
par l’axe du faisceau acoustique se réfléchissant sur une paroi. Pac = 2W ; la région A
correspond au jet incident, B à la zone d’impact, C au jet pariétal principal, D au jet
réfléchi et E au second jet pariétal (Moudjed et al., 2016).
La figure 2.14 montre des structures particulières qu’on peut décomposer en cinq
zones. Le jet incident (zone A) légèrement décalé par rapport à l’axe de "tir" acoustique.
En effet, le jet est décalé vers la paroi de réflexion. Sur cette paroi au niveau de la zone de
réflexion, l’écoulement atteint le maximum de vitesse. Cela est dû à l’accumulation conti-
nue de quantité de mouvement que subissent les particules fluides depuis le début du jet
incident jusqu’à cette zone d’impact. Dans cette configuration, la vitesse est de l’ordre du
centimètre par seconde pour des puissances acoustiques de quelques watts. On distingue
l’apparition d’un jet le long de la paroi qui ne correspond à aucun forçage acoustique ;
l’origine de ce jet est donc inertiel et par la suite il sera désigné comme un jet pariétal.
Ensuite, un jet réfléchi est généré par les ultrasons réfléchis sur la paroi. Finalement, au
niveau de la paroi absorbante on reconnait un second jet pariétal de même origine que
celui de la zone C.
Les lois d’échelles présentées dans la section [Link] ont été appliquées à la fois au jet
incident et au jet réfléchi.
Une mise à l’échelle appropriée permet de tracer sur la même figure 2.15, les profils de
vitesse obtenus pour différentes configurations (jet droit et jet réfléchi). En effet, l’équi-
libre entre la force acoustique et le terme d’inertie lié à l’accélération de l’écoulement le
long du jet, donne la loi d’échelle suivante sur l’axe du faisceau (x compté à partir de la
paroi correspondant à l’"origine" du jet considéré) :
s
2 fac,max 2
u∝ x (2.43)
ρds
33
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 2. É TAT DE L’ ART
Un bon accord est observé globalement le long du jet incident et du jet réfléchi. L’aug-
mentation brusque pour x < rs , dans le cas du jet réfléchi est dû à la complexité des phé-
nomènes présents dans la zone d’impact. Par conséquent, un faisceau ultrasonore réfléchi
sur une paroi peut générer un écoulement considérable qui peut affecter de manière signi-
ficative les phénomènes de transfert dans un grand nombre de procédés.
34
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 2.2. ACOUSTIC STREAMING
réfléchi. La source acoustique est ensuite discrétisée en plusieurs sources ponctuelles afin
de calculer la pression acoustique en tout point du maillage par résolution de l’intégrale
de Rayleigh (2.17), le calcul est fait sous Matlab. La pression acoustique maximale a une
valeur imposée pac,max = ρcUac en tout point de la source pour un forçage donné. La force
acoustique est évaluée dans tout le volume étudié par la relation suivante :
αac p2ac
fac = (2.44)
ρc2
35
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 2. É TAT DE L’ ART
F IGURE 2.17 – Champ de pression acoustique dans le plan horizontal Oxy avec une ré-
flexion sur la paroi latérale. La partie du haut de la figure correspond au domaine réel et
la partie du bas au domaine fictif. Le champ acoustique est composé de trois parties : le
faisceau incident (région 1), le faisceau réfléchi (région 3) et la zone de réflexion corres-
pondant à l’intersection de ces deux faisceaux (région 2).
Remarque
Les résultats des simulations numériques par les différentes méthodes présentées dans
cette partie sont en bon accord avec les mesures expérimentales du champ de vitesse
des écoulements d’acoustic streaming. Le passage de l’expérience au modèle numérique
nécessite néanmoins un calage de l’amplitude maximum de la force acoustique calculée
numériquement.
En effet, dans les expériences, le paramètre de contrôle est la puissance électrique dé-
livrée au transducteur. La non maitrise du rendement du transducteur η rend la connais-
sance précise de la valeur de la puissance acoustique effectivement transmise au fluide
impossible. Voir la discussion de Moudjed (2013) qui a essayé de caractériser le ren-
dement du transducteur utilisé pour les expériences présentées dans le chapitre 4. Déjà
en 2013, il a été noté que le rendement du transducteur peut varier légèrement avec le
vieillissement de celui ci.
36
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 2.3. T ECHNIQUES ÉLECTROCHIMIQUES
Ox + ne− →
← Red (2.46)
37
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 2. É TAT DE L’ ART
0 0
i = iOx + iRed = nFA kOxCRed − kRedCOx (2.48)
La figure 2.18 présente les deux cas envisageables. A l’équilibre, η = 0 les réactions
Si la réaction est lente, la surtension appliquée doit dépasser un certain seuil afin d’obser-
ver un courant significatif. Ce courant est décrit par l’équation de Butler-Volmer (2.50)
(Pletcher et al., 2011).
" #
0
COx
0
CRed
nF nF
i = i0 exp αOx η − exp −αRed η (2.50)
COx RT CRed RT
Pour le cas d’un système rapide, une très faible surtension suffit pour constater un courant
notable. Le courant croit proportionnellement à la surtension appliquée jusqu’à atteindre
38
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 2.3. T ECHNIQUES ÉLECTROCHIMIQUES
la limite diffusionnelle. Dans ce régime, le courant dit courant limite, Ilim , est donné, après
simplification de l’équation de Butler-Volmer, par :
Ilim,Ox = nFAKRedCOx
(2.51)
Ilim,Red = nFAKOxCRed
tels que KRed et KOx sont les coefficients de transfert respectifs des réducteurs et des
oxydants. Le mode de transfert et la vitesse du processus sont principalement définis par
le couple redox et l’électrode étudiée.
2.3.3 Polarographie
Le terme "polarographie" désignait initialement un cas particulier de la voltamétrie.
L’électrode étudiée est faite de gouttes de mercure s’écoulant à l’extrémité d’un capil-
laire de petit diamètre (figure 2.19). Chaque goutte correspond à une électrode renouvelée
identique à la précédente du point de vue géométrique ce qui permet une reproductibilité
du régime de diffusion pseudo-stationnaire. L’exploitation des polarogrammes donne ac-
cès aux principaux paramètres cinétiques et thermodynamiques relatifs aux phénomènes
de réduction difficiles à mettre en œuvre sur des électrodes classiques. Cette technique
découverte par Heyrovsky en 1922, lui vaudra un prix Nobel en 1959. De cette méthode
sont nées les techniques d’électrochimie analytique s’intéressant à la mesure du courant
circulant dans une cellule électrochimique en fonction du potentiel imposé.
39
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 2. É TAT DE L’ ART
[Link] Chronoampérométrie
La chronoampérométrie est une technique d’électrochimie consistant à imposer une
différence constante de potentiel entre l’électrode de travail et la contre électrode. Le
courant produit à l’électrode étudiée est ensuite relevé en fonction du temps. Dans le cas
d’un transfert rapide, réversible et limité par la diffusion, les électrodes sont polarisées
pour obtenir un courant limite (2.3.2). L’espèce suivie est instantanément consommée
au contact de l’interface de l’électrode, on considère alors COx 0 = 0 1 . La différence de
potentiel imposée entre les deux électrodes conduit à la formation d’une couche limite
de diffusion à l’interface de l’électrode de travail. Dans le régime de diffusion pure, le
courant mesuré en régime permanent permet de mesurer le flux pariétal φ (2.52) :
Ilim
φ= (2.52)
nF
Connaissant la surface d’échange A et le coefficient de diffusion des ions dans l’espèce
considérée D , gouvernant le transfert de masse pendant la réaction d’oxydation, on peut
en déduire le gradient de concentration :
∂C
φ = AD (2.53)
∂z paroi
C∞
δ= (2.54)
∂C
∂ z paroi
D
Ilim = nFA C∞ (2.55)
δ
Nous constatons donc que la chronoampérométrie donne une estimation indirecte de
l’épaisseur de la couche limite solutale δ au niveau de l’électrode de travail.
40
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 2.3. T ECHNIQUES ÉLECTROCHIMIQUES
Une analyse d’ordres de grandeur permet de relier le gradient pariétal au courant me-
suré expérimentalement. Cette approche est basée sur l’idée que pour les solutions élec-
trolytiques, du fait de leur nombre de Schmidt très élevé (typiquement Sc = Dν > 1000),
l’épaisseur de la couche limite solutale δ est très petite devant la couche limite hydrody-
namique δhyd (figure 2.20). On peut alors décrire la variation de vitesse à la paroi comme
41
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 2. É TAT DE L’ ART
1 −1 1
δ ∝ l /3 G /3 D /3 (2.59)
Dans les conditions d’une expérience de chronoampérométrie, en substituant cette
expression dans la relation (2.55), on voit que le courant limite Ilim traversant l’électrode
de travail peut être relié au gradient de vitesse par :
2 1 2
Ilim ∝ nFC∞ D /3 G /3 l /3 (2.60)
Cette équation est désignée comme la solution de Levêque, en raison de sa résolution
analytique de l’équation de transport des transferts de chaleur convecto-diffusifs pour un
écoulement parallèle et en négligeant la variation longitudinale de C (Lebouche et Cognet,
1967; Levich, 1959). Il convient de mentionner que, d’après Tihon et al. (2001); Böhm
et al. (2014), l’exposant 1 3 du gradient de vitesse normal à la paroi G ((2.59),(2.60))
42
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 2.3. T ECHNIQUES ÉLECTROCHIMIQUES
43
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 2. É TAT DE L’ ART
44
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 2.3. T ECHNIQUES ÉLECTROCHIMIQUES
2.3.6 Conclusion
Les premières mesures de transfert de masse par les méthodes électrochimiques ont
été publiées par Ranz (1958). Ces travaux ont permis de mettre en évidence le lien entre
le courant mesuré et la vitesse à laquelle les réactifs sont transportés au voisinage de
l’électrode. Hanratty (1991) a également contribué au développement de la méthode dès
1960. Ces travaux font référence aux premières études des phénomènes à la paroi en
régime turbulent (Reiss et Hanratty, 1963b; Mitchell et Hanratty, 1966a; Dimopoulos et
Hanratty, 1968; Son et Hanratty, 1969; Sirkar et Hanratty, 1970; Zilker et al., 1977).
Il est fréquent de caractériser le transfert de masse par le nombre de Sherwood (2.62).
En présence de convection, Sh peut être relié aux ingrédients de l’écoulement, à savoir
le nombre de Reynolds (Re) et de Schmidt (Sc). Le tableau 2.4 présente quelques cas
classiques retrouvés dans la littérature, montrant une variété des lois d’échelles, dépendant
de l’écoulement et de la géométrie.
Kl
Sh = (2.62)
D
où l est la longueur caractéristique de l’électrode.
Les méthodes d’électrochimie analytique présentent plusieurs avantages, notamment
la mesure locale du taux de transfert de masse, la caractérisation de la couche limite so-
lutale et la mesure de la contrainte pariétale. L’efficacité des mesures est contrainte par
les choix des différents composants de l’expérience et la compréhension des mécanismes
réactionnels. En effet, ces méthodes sont applicables uniquement pour les systèmes (Elec-
trolyte/Electrode) rapides dans un régime limité par la diffusion. Le choix de la tension
de polarisation est limité par l’éventuelle présence d’espèces dissoutes dans la solution
électrolyte, ce qui justifie la nécessité d’une caractérisation fine du couple étudié par vol-
tamétrie. En présence d’un écoulement forcé, la contribution de la convection naturelle est
souvent négligée. Néanmoins, en pratique, même pour des solutions macroscopiquement
stables, Wilke et al. (1953) ont démontré la présence de convection naturelle.
45
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 3
D ISPOSITIF EXPÉRIMENTAL ET MÉTHODES
Sommaire
3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
3.2 Configuration et géométrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
3.3 La cellule électrochimique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
3.3.1 L’électrode de référence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
3.3.2 Contre électrode . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
3.3.3 Électrode de travail . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
3.3.4 La solution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
[Link] Évolution de la concentration . . . . . . . . . . . . . 59
[Link] Le coefficient de diffusion . . . . . . . . . . . . . . . 59
3.3.5 Le potentiostat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
3.4 La chaine acoustique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
3.4.1 La source acoustique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
3.4.2 Alimentation électrique et chaine de mesure . . . . . . . . . . . 65
3.4.3 Le système de guidage Laser pour le repérage de l’axe acoustique 67
3.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
3.1 Introduction
Dans ce travail nous nous intéressons à la caractérisation de l’efficacité du brassage par
ultrasons lors de solidification des métaux liquides. Pour ce faire, nous nous intéressons
tout particulièrement au phénomène de transfert de masse à l’interface liquide/solide et à
l’influence des ondes acoustiques sur l’homogénéisation de la phase liquide lors du pro-
cédé de solidification. En effet, lors de l’avancement du front de solidification les impu-
retés sont rejetées dans la phase liquide créant un gradient de concentration à l’interface.
L’accumulation des impuretés devant le front de solidification impacte l’homogénéisation
du lingot final et par conséquent le rendement des plaques PV.
Nous proposons dans cette étude d’améliorer la ségrégation des impuretés grâce à
un brassage acoustique permettant l’homogénéisation des impuretés dans le bain fondu.
Chatelain et al. (2018); Santara (2010) ont montré l’effet de la convection forcée sur
47
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 3. D ISPOSITIF EXPÉRIMENTAL ET MÉTHODES
• Pour des nombre de Schmidt très supérieur à 1, le cas des solutions aqueuses :
• Pour des nombre de Schmidt très inférieur à 1, le cas des métaux liquide :
48
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 3.1. I NTRODUCTION
Ilim
φ = VICLI (1 − k) A φ= nF
CI −C∞
L D
∞
δ = CIL(1−k) VI δ = IAC D
L lim/
nF
−1 −1
δ ∝ γ /3 à γ /2 δ ∝ γ −m
δ = VDI en régime diffusif m = 31 ± 0.3 en régime convectif
TABLE 3.1 – Analogie entre le phénomène de ségrégation des impuretés lors de la solidi-
fication du Si-PV et le transfert d’ions dans une cellule électrochimique.
Ce chapitre est scindé en deux parties. Dans un premier temps, nous décrirons la
zone d’investigation (la cellule de droite sur la figure 3.2) où nous avons introduit les
différents protocoles expérimentaux. Ensuite, nous aborderons la chaine acoustique (la
cellule de gauche sur la figure 3.2) utilisée pour générer un écoulement contrôlé dans la
zone étudiée.
1. Pour la solution électrolytique étudiée, le ferri-ferrocyanure de potassium, le nombre de Schmidt est
∼ 1500.
49
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 3. D ISPOSITIF EXPÉRIMENTAL ET MÉTHODES
F IGURE 3.2 – Vue schématique de côté du montage expérimental. La cuve est composée
de deux cellules séparées, la cellule de droite contient l’eau et la source acoustique, elle
même orientée vers la plaque supérieure de la cellule de droite représentant la cellule
électrochimique siège des différents protocoles expérimentaux.
Notre installation consiste en un réservoir d’eau d’une longueur de 900mm, d’une lar-
geur de 180mm et d’une profondeur de 160mm. La cuve a été ensuite séparée en deux
chambres par une paroi absorbante. Le premier compartiment est rempli d’eau déminéra-
lisée dans laquelle on introduit la source acoustique d’un diamètre nominal de 29mm qui
émet des ondes en mode continu (CW) à une fréquence de 2 MHz.
Le domaine d’investigation est délimité par deux plaques absorbantes en Apflex F28
de Precision AcousticsT M . La première plaque (de gauche à droite sur la figure) est pla-
cée près du transducteur. Elle comporte un trou de 63mm. Ce trou est recouvert d’un
film plastique thermo-rétractable pour permettre le passage des ondes acoustiques, tout
en garantissant un état de paroi rigide pour l’écoulement généré à l’intérieur de la zone
d’investigation. Une deuxième plaque absorbante est placée au bout de la zone étudiée
pour éviter la réflexion des ondes acoustiques. Une plaque en verre est en outre instal-
lée au-dessus de la zone d’investigation afin d’éviter la dissymétrie dans les conditions
limites due à une surface libre et accueillir les électrodes de travail.
Les dimensions du volume d’investigation délimité par les deux plaques absorbantes
sont donc de 260 × 182 × 155mm3 (longueur x largeur x profondeur). Ce compartiment
est rempli, dans un premier temps, avec de l’eau déminéralisée pour effectuer des me-
sures acoustiques via l’hydrophone (3.4.3) afin de suivre l’évolution des caractéristiques
de la source acoustique et aussi de repérer l’axe du faisceau acoustique. A l’issue de cette
étape, le transducteur est incliné par rapport à sa position initiale (le long de l’axe du
réservoir) afin de l’orienter vers la paroi supérieure contenant les électrodes de mesure,
l’angle choisi est de 27.48◦ . Cette plaque modélise le front de solidification.
Enfin, après un réglage précis de l’orientation de la source, la zone d’investigation est rem-
plie par une solution électrolytique (Ferri-ferrocyanure de potassium) afin d’introduire les
différentes techniques expérimentales (3.3) nécessaires pour la caractérisation des phéno-
50
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 3.3. L A CELLULE ÉLECTROCHIMIQUE
F IGURE 3.3 – Schéma de principe du dispositif expérimental pour l’application des mé-
thodes d’électrochimie analytique. Cette cellule est composée de trois électrodes (EV,
ERéf et CE) plongée dans une solution électrolytique contenant les espèces électroac-
tives.
Une cellule à deux électrodes (électrode de travail et électrode de référence) est ap-
propriée tant que le courant mesuré est très faible. En effet, étant donné que le potentiel de
l’électrode de travail est défini par rapport à la référence, l’électrode de référence doit se
comporter comme une électrode idéale non polarisée. C’est le cas pour les solutions à très
basse concentration ou pour les électrodes de très petites dimensions. Ce type de cellule
a été utilisée dans le cadre des premières expériences de polarographie, où une électrode
à mercure tombant est utilisée comme électrode de travail et le bain de mercure comme
la référence (Kissinger et Heineman, 1996; Meites et Delahay, 1966). Cependant, il est
préférable de travailler avec une cellule à trois électrodes. En rajoutant une troisième élec-
trode appelée contre électrode, le dispositif est conçu de manière à isoler électriquement
l’électrode de référence tout en permettant au courant de passer à travers les électrodes de
travail et la contre électrode. Un montage à trois électrodes permet de garantir la stabilité
des conditions au niveau de l’électrode de référence et par conséquent la stabilité du po-
tentiel imposé au niveau de l’électrode de travail au cours des expériences.
51
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 3. D ISPOSITIF EXPÉRIMENTAL ET MÉTHODES
Il existe en outre des cellules électrochimiques à quatre électrodes pour répondre à des exi-
gences spécifiques d’expériences particulières (Farkhondeh et al., 2017; Amatore et al.,
2004).
La cellule électrochimique utilisée dans le cadre de ce travail est une cellule à trois
électrodes, la figure (3.3) donne le schéma de base d’un montage expérimental couram-
ment utilisé. Dans cette partie, on va discuter les différents choix effectués lors de la
conception de la partie électrochimie du montage expérimental. Notamment, le choix de
la solution électrolytique, des électrodes et du montage électrique adopté pour appliquer
les méthodes électrochimiques et faire les acquisitions des données.
52
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 3.3. L A CELLULE ÉLECTROCHIMIQUE
53
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 3. D ISPOSITIF EXPÉRIMENTAL ET MÉTHODES
Étant donnée l’existence d’une couche limite massique qui diffuse des particules char-
gées autour de l’électrode de travail, il est nécessaire de tenir compte du domaine d’in-
fluence de celle-ci afin d’éviter le processus de recouvrement des couches limites. Cela
est respecté, lors des mesures, par l’activation successive d’électrodes séparées par une
distance L/re > 16 i.e : L > 27 mm (figure 3.8), où re = 1.5mm est le rayon des électrodes.
Au cours d’une mesure, une seule électrode est activée. L’électrode suivante est choisie
de manière à respecter la condition préalablement citée.
Les méthodes d’électrochimie analytique nécessitent la mise en place des électrodes
de façon à ce qu’elles affleurent la paroi d’investigation afin d’éviter la perturbation
de l’écoulement. L’étanchéité du support étant également un paramètre important, pour
contrôler la surface d’échange effective et éviter les réactions confinées et les phénomènes
de capillarité, chaque électrode a été insérée en adhérence parfaite avec la paroi inerte en
verre (figure 3.8).
Plusieurs montages ont été utilisés et testés avant l’obtention du montage final. Dans
un premier temps, on a prévu de réaliser deux trous de diamètres différents et de travailler
54
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 3.3. L A CELLULE ÉLECTROCHIMIQUE
F IGURE 3.6 – Disposition des électrodes au niveau de la plaque amovible en verre placée
au dessus de la cuve.
(a) (b)
F IGURE 3.7 – L’évolution du montage des électrodes. (a) Photo de la première plaque :
Elle compte 7 électrodes de travail noyées à l’Araldite dont les connexions électriques
sont assurées par des fils de cuivre soudés. Ce montage a été utilisé pour justifier la faisa-
bilité du protocole expérimental et repérer ses faiblesses (b) Photo de la plaque finale : en
plus des 7 électrodes présentes sur la première plaque, nous avons ajouté l’électrode 0 à
l’extérieur de l’écoulement. On a également remplacé les soudures par un montage fileté
et l’Araldite par un vernis de blocage.
55
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 3. D ISPOSITIF EXPÉRIMENTAL ET MÉTHODES
avec des gaines thermo-rétractables adhésives. Par contre, la découpe des trous sur le sup-
port ne permettait finalement pas d’insérer les électrodes de platine ainsi que la gaine.
Pour fixer les électrodes, le premier montage a été réalisé en noyant les sondes à l’Aral-
dite puis en les usinant à fleur de paroi en les polissant au papier émeri de plus en plus fin.
Avant usage, la sonde est dégraissée à l’alcool, puis lavée à l’eau distillée. Néanmoins, la
sollicitation continue des électrodes a abimé les connexions et pour les réparer, on a dû
retirer les électrodes. Pendant cette opération, l’état de surface des électrodes a été nette-
ment détérioré.
Pour le deuxième montage, on a choisi de travailler avec un vernis de blocage Bloc’ront
KF® , plus simple à mettre en place et à retirer. Par ailleurs, pour solidifier les connexions
au niveau des électrodes, on a opté pour un montage fileté entre les tiges en cuivre et
les plots de platine 1 (figure 3.8). Ceci a été réalisé afin d’éviter d’endommager les bran-
chements lors des étapes de polissage ou de changement d’orientation et de position du
support.
F IGURE 3.8 – Schéma représentant les différentes conditions d’implantation des élec-
trodes de travail sur la plaque amovible. Les électrodes sont fixées par un vernis de blo-
cage de manière à affleurer la paroi. Les connexions électriques sont assurées par des
tiges en cuivre rigides. Chaque électrode activée est séparée de la précédente par un écart
L > 27mm.
3.3.4 La solution
Parmi les nombreux couples rédox disponibles (Lin et al., 1951;. Lebouché, 1968)
4−
nous avons sélectionné le couple ferri-ferrocyanure ([Fe(CN)6 ] [Fe(CN)6 ]3− ) tel que
1. Le filetage intérieur des plots de platine a été réalisé par Yuki Precision SAS au Japon.
2. Centre Technique d’Ingénierie MECA3D du département Génie Mécanique de l’INSA Lyon,
https ://[Link]/fr/content/meca3d.
56
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 3.3. L A CELLULE ÉLECTROCHIMIQUE
E0 E1 E2 E3 E4 E5 E6 E7
Resurfaçage 1, Ra (µm) 0.598 1.369 0.558 0.357 1.073 0.795 0.843 0.534
Resurfaçage 2, Ra (µm) 0.551 0.557 0.312 0.445 0.654 0.307 0.289 0.450
Diamètre physique (mm) 3 2.98 2.99 2.99 2.99 2.98 3.02 2.96
TABLE 3.2 – Contrôle de l’état de surface des électrodes de travail après resurfaçage au
moyen de la rugosité arithmétique Ra (3.3) et la valeur du diamètre physique de chaque
électrode mesuré par un pied à coulisse numérique.
F IGURE 3.9 – Profil de rugosité normal de l’électrode 4 réalisé sur une longueur de
lc = 0.8 mm après le surfaçage final contrôlé par profilomètrie tactile au moyen du cri-
tère statistique Ra (3.3) représentant l’écart moyen arithmétique par rapport à la ligne
moyenne.
tion (3.4) :
−
[Fe(CN)6 ]4− → 3−
← [Fe(CN)6 ] + e (3.4)
57
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 3. D ISPOSITIF EXPÉRIMENTAL ET MÉTHODES
est limité uniquement par la vitesse de renouvellement des espèces électroactives au voi-
sinage de l’électrode.
F IGURE 3.10 – Courbe d’intensité-potentiel typique du couple Fe3+ /Fe2+ issue des me-
sures voltamétriques à balayage linéaire (voir paragraphe 2.3.2). La solution électro-
lytique (voit tableau3.3) est au contact d’une électrode circulaire en platine de rayon
re = 1.5mm. On distingue deux domaines : le premier domaine correspond à la réduc-
tion cathodique (I < 0) et le second, au domaine anodique (I > 0). En fonction du poten-
tiel appliqué, deux régimes sont possibles : le régime cinétique et le régime de diffusion.
Nous nous intéressons uniquement à ce deuxième régime, tout particulièrement dans le
domaine anodique. La zone colorée en rose correspond à la réduction du couple de l’eau.
Les courants négatifs, correspondent au domaine cathodique où les ions Fe3+ sont
réduits en ions Fe2+ . La chute rapide du courant pour un potentiel E < −0.2V /ECS cor-
respond à la réductions du couple de l’eau H + /H2 . Nous nous intéressons dans le cadre
de ce travail, au domaine anodique caractérisé par des courants positifs (Fe3+ → Fe2+ ).
La présence d’un pic avant la stabilisation du courant au domaine anodique (figure
3.10) traduit l’accumulation des espèces réduites sur l’électrode lors de la première étape
des mesures et qu’il faut consommer avant d’atteindre un régime permanent ou quasi
permanent pour la couche limite. Nous avons constaté que ce pic disparait en fonction
de l’intensité du brassage introduit. Pour se mettre dans les conditions d’un régime de
diffusion nous avons choisi de travailler à un potentiel E > 0.6V /ECS.
Pour éliminer les interactions moléculaires internes et stabiliser la conductivité élec-
trique de la solution en négligeant la migration des ions électroactifs, on sature la solution
58
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 3.3. L A CELLULE ÉLECTROCHIMIQUE
en ajoutant un électrolyte de support en excès. Nous avons choisi de travailler avec une so-
lution de Chlorure de Potassium (KCl). La composition de la solution finale est détaillée
au tableau 3.3. Néanmoins, la solution de ferri/ferrocyanure de potassium est sensible à la
lumière (Mitchell et Hanratty, 1966b). De ce fait, on a choisi de travailler dans une salle
isolée de la lumière du jour. La solution est également renouvelée fréquemment. On a
suivi le vieillissement de la solution par des mesures de spectrophotométrie (UV) sur une
vingtaine de jours, la durée de l’utilisation de la solution.
Par conséquent, on considérera que la concentration est fixe et égale à C = 0.01mol L−1
dans toutes les campagnes de mesures.
kB T
D= (3.5)
6πaµ
59
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 3. D ISPOSITIF EXPÉRIMENTAL ET MÉTHODES
1.5
-0.5 0.4
100 200 300 400 500
1
250 260 270
0.5
F IGURE 3.11 – Variations spectrales UV-
visible du ferrocyanure Fe2+ et du ferri- 0
cyanure Fe3+ . La longueur d’onde donnant
un maximum (pic) correspond à la longueur -0.5
200 300 400 500 600 700
d’onde la mieux absorbée par la molécule.
Le premier pic constaté sur la courbe bleue
correspond à la molécule de l’eau.
1.6
1.4
1.2
1
0.8
0.6
0.4
0 1 2 4 6 8 12 16 20
Différentes méthodes ont été conçues pour déterminer les coefficients de diffusion
des espèces en solution, telles que l’utilisation de méthodes optiques (Stokes et Robin-
son, 1959; Miller, 1960), la résonance magnétique nucléaire (Cblackstockanet, 1991), ou
par des méthodes électrochimiques (Konopka et McDuffie, 1970; Heinze, 1980; Laitinen
et Kolthoff, 1939; Arvia et al., 1966) particulièrement adaptées pour la mesure du coef-
60
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 3.3. L A CELLULE ÉLECTROCHIMIQUE
ficient de diffusion des espèces diluées dans une solution en présence d’un électrolyte de
support en excès. Néanmoins, ces méthodes sont pour la plupart relatives et nécessitent
un étalonnage avec une substance dont le coefficient de diffusion est connu.
On constate que les résultats obtenus par ces méthodes électrochimiques diffèrent
de 10 à 20%. Ces écarts sont attribués principalement aux incertitudes expérimentales.
Citons par exemple la détermination de la surface effective de l’électrode et le choix de la
substance de référence utilisée.
Dans la suite de cette étude nous considérons les coefficients de diffusion des espèces
ferri (Fe3+ ) et ferrocyanure (Fe2+ ) déterminés par Konopka et McDuffie (1970) à 25°C
dans une solution diluée contenant le Chlorure de Potassium KCl.
0.85
0.8
0.55
20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30
Température (°C)
3.3.5 Le potentiostat
Les trois électrodes préalablement citées sont plongées dans la même solution électro-
lytique. En imposant une différence de potentiel, par l’intermédiaire d’un appareil élec-
tronique d’asservissement, le potentiostat, une réaction d’oxydation ou de réduction des
61
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 3. D ISPOSITIF EXPÉRIMENTAL ET MÉTHODES
espèces présentes en solution est favorisée. Le potentiostat est commandé par un ordina-
teur et permet d’effectuer toutes sortes d’analyses polarographiques. Depuis 1942, lorsque
Hickling a construit le premier potentiostat à trois électrodes, de nombreux progrès ont
été réalisés pour améliorer les possibilités de son application.
Un potentiostat (figure 3.15) est un instrument électronique qui injecte le courant dans
la cellule en créant une différence de tension entre l’électrode de travail et la contre élec-
trode. La valeur du potentiel à l’électrode de travail est contrôlée à travers l’électrode de
référence. Dans la configuration indiquée sur la figure 3.15, aucun courant n’est autorisé
à passer dans l’électrode de référence en raison de la forte impédance d’entrée de l’ampli-
ficateur opérationnel. Cela permet aux caractéristiques des composants de la demi-cellule
de référence, et donc au potentiel de référence, de rester inchangées pendant l’expérience.
La variable contrôlée dans un potentiostat est donc le potentiel de l’électrode de travail
par rapport à la référence et la variable mesurée est le flux de courant entre l’électrode de
travail et la contre électrode.
62
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 3.3. L A CELLULE ÉLECTROCHIMIQUE
63
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 3. D ISPOSITIF EXPÉRIMENTAL ET MÉTHODES
64
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 3.4. L A CHAINE ACOUSTIQUE
monté sur deux platines de réglage fin qui assurent le déplacement de l’ensemble (rappor-
teurs et source) suivant l’axe y et z. In fine le système préalablement décrit est installé sur
un support en aluminium gradué pour garantir le réglage de la source suivant l’axe x.
En somme, le support adopté dans le cadre de cette étude permet l’orientation exacte de la
source suivant 5 degrés de liberté (translations suivant x, y et z et rotations autour de y et z)
indépendamment de la cuve , ce qui permet de pallier de potentiels défauts de conception
de la cuve (non-parallélisme et non-orthogonalité des parois...)
65
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 3. D ISPOSITIF EXPÉRIMENTAL ET MÉTHODES
66
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 3.4. L A CHAINE ACOUSTIQUE
longitudinal (Oxy) sont contrôlés par deux boitiers CharlyrobotT M et le déplacement selon
la direction z est assuré par l’unité NewportT M . L’ensemble est piloté via le logiciel Lab-
viewT M sur l’ordinateur de contrôle, à travers une unité PXI de National InstrumentT M et
un oscilloscope numérique reliant la chaine d’alimentation du transducteur et d’acquisi-
tion de l’hydrophone.
F IGURE 3.20 – Le montage final de la source acoustique et la visée Laser pour le posi-
tionnement de l’axe acoustique par rapport aux électrodes de travail. Le système de visée
Laser coulisse sur la tige de la source. Pour l’orientation de la source acoustique, la posi-
tion de la tige de visée Laser est réglée par rapport à la bague de serrage. Elle est ensuite
translatée vers le haut avant l’émission du faisceau acoustique.
Dans un premier temps, le réglage est effectué sur table. La source est montée d’abord
dans le support, ensuite sur la tige, elle même montée sur le système de réglage formé
par les deux rapporteurs (figure 3.21). L’horizontalité est réglée par un niveau à bulle
et est ensuite conservée grâce à la rainure de centrage. Cette rainure permet de garantir
l’alignement des différents composants montés sur la tige principale.
La ligne de visée Laser (figure 3.20) est constituée d’une diode Laser de classe 2 de
diamètre nominal 2.4mm dont le faisceau est orienté selon l’axe de la tige creuse "Laser-
miroir". Le faisceau traverse ensuite une fenêtre en incidence normal. Cette fenêtre a été
utilisée pour éviter la réfraction du faisceau Laser au passage Air/eau. Le faisceau laser
est finalement réfléchi sur un miroir orienté à 45°.
Comme le transducteur est plongé dans l’eau et le Laser est déporté hors de l’eau (car
non étanche), on a placé la fenêtre en verre munie d’un joint au dessus du miroir. L’eau
67
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 3. D ISPOSITIF EXPÉRIMENTAL ET MÉTHODES
remplit le tube jusqu’à la fenêtre et permet ainsi au Laser un passage de l’interface eau/air
en incidence normale, même quand l’ensemble est incliné par rapport à l’horizontale.
F IGURE 3.22 – Support de guidage de visée Laser. La patte de fixation permet le dépla-
cement de la visée Laser le long de la tige de la source. Deux unités linéaires à vis sont
utilisées pour régler finement la position de la tige Laser-miroir selon les axes y et z par
rapport à la tige de la source.
68
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 3.4. L A CHAINE ACOUSTIQUE
La ligne Laser est a posteriori disposés sur la tige principale grâce au support de gui-
dage de la visée Laser (figure 3.22). Le réglage précis du centre du laser par rapport à l’axe
de la source acoustique est accompli ultérieurement après l’installation finale de l’en-
semble sur le support en aluminium grâce aux deux unités linéaires à vis qui permettent
un ajustement fin de la ligne de visée Laser par rapport à l’axe du faisceau acoustique
suivant les axes y et z. Une fois que le centrage du Laser par rapport à l’axe du faisceau
acoustique est accompli, la position de la ligne de visée Laser est sauvegardée moyennant
la bague de serrage (figure 3.22) et le système est translaté suivant la tige principale pour
dégager la surface de la source et libérer le chemin du faisceau acoustique.
Maintenant que l’hydrophone est aligné sur l’axe du transducteur, on coupe les ultra-
sons et on baisse la ligne de visée Laser. On règle cette dernière jusqu’à ce que le Laser
pointe sur l’hydrophone (figure 3.23). La bague de serrage est ensuite ajustée afin de repé-
rer la positon de la ligne de visée Laser avant de décaler cette dernière. On valide ensuite
ce réglage en mesurant des profils transversaux sur les axes y et z pour différentes valeurs
de x. Ce protocole est répété jusqu’à l’obtention d’un centrage satisfaisant. La figure 3.24
présente la cartographie de pression acoustique obtenue à la fin du calibrage du Laser.
69
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 3. D ISPOSITIF EXPÉRIMENTAL ET MÉTHODES
3.5 Conclusion
La cellule étudiée dans le cadre de ce travail est formée par une électrode de travail
circulaire (de = 3mm) en platine, d’une contre électrode rectangulaire en graphite. Le
potentiel de l’électrode de travail est mesuré par rapport à une électrode de référence en
calomel saturé dont le potentiel est égal à 0.241V /EHS à 25°C. Dans le but de suivre
l’évolution du transfert de masse sur l’ensemble de la paroi supérieure, nous avons choisi
de travailler avec 8 électrodes de travail en platine. L’électrode 0 est placée à l’extérieur
de l’écoulement et les 7 autres électrodes sont positionnées de manière à caractériser la
moitié droite de l’écoulement. Afin de centrer l’axe du faisceau acoustique par rapport aux
électrodes 1, 2 et 3, nous avons introduit un système de visée Laser qui permet de repérer
l’axe du faisceau acoustique et d’obtenir ainsi une orientation précise du transducteur par
rapport aux électrodes.
70
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 4
T RANSFERT DE MASSE À LA PAROI EN PRÉSENCE
D ’acoustic streaming - MÉTHODES ÉLECTROCHIMIQUES
Sommaire
4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
4.2 Modélisation de l’équation de transport en régime de diffusion pure 72
4.2.1 Modèle analytique en diffusion pure . . . . . . . . . . . . . . . 72
[Link] Cas d’une électrode de taille infinie . . . . . . . . . . 74
[Link] Cas d’une électrode circulaire . . . . . . . . . . . . . 76
[Link] Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
4.2.2 Modélisation numérique en régime diffusionnel pur . . . . . . . 77
[Link] Électrodes symétriques (cas test) . . . . . . . . . . . 79
[Link] Électrodes circulaires . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
[Link] Évolution de la diffusion en fonction du rayon de
l’électrode . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
4.3 Analyse des résultats expérimentaux sans forçage acoustique . . . . 88
4.3.1 Estimation du rayon effectif des électrodes . . . . . . . . . . . 88
4.3.2 Étude aux temps longs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
[Link] Modèle convecto-diffusif (Amatore et al.) . . . . . . 92
[Link] Étude de la convergence des courants limites aux temps
longs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
4.4 Transfert de masse en présence d’Acoustic Streaming . . . . . . . . 96
4.4.1 Évolution du courant limite sous l’influence d’un brassage acous-
tique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
4.4.2 Adimensionnalisation et transfert de masse . . . . . . . . . . . 98
4.4.3 Lois d’échelles expérimentales . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
4.4.4 Caractérisation numérique de l’écoulement . . . . . . . . . . . 104
4.4.5 Cohérence des données expérimentales avec les calculs numé-
riques du taux de cisaillement à la paroi . . . . . . . . . . . . . 106
4.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
71
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 4. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX
L’étude des phénomènes de transport des ions dans une cellule électrochimique per-
met d’introduire des méthodes expérimentales pour le suivi du transfert de masse en paroi.
Parmi les méthodes utilisées on s’intéresse dans ce chapitre aux mesures par chronoam-
pérométrie dans une solution macroscopiquement stable (cf. paragraphe 2.3).
4.1 Introduction
La chronoampérométrie (cf. paragraphe 2.3) consiste à enregistrer le courant en
fonction du temps en imposant un potentiel constant entre l’électrode de travail et la
référence pour oxyder (ou réduire) une entité rédox. Cette technique de mesure permet
d’accéder aux courants limites de diffusion si le potentiel de l’électrode de travail est
choisi sur le plateau de diffusion de la courbe intensité-potentiel (figure 3.10).
Les résultats expérimentaux présentés dans ce chapitre ont été réalisés dans le dispo-
sitif expérimental décrit au chapitre 3.
La Figure 4.1 présente un exemple de courbes chronoampérométriques obtenues pour
une électrode de travail circulaire (re = 1.5mm) en contact avec la solution électrolytique
de ferri-ferrocyanure de potassium.
La figure 4.1(a) représente la consigne du potentiel électrique imposé à l’électrode de
travail. Le potentiel passe à t0 de la valeur du potentiel libre où aucune réaction ne se pro-
duit, à un potentiel où toutes les espèces sont instantanément consommées à l’interface de
l’électrode. Cette marche de potentiel induit une réponse en courant appelée chronoam-
perogramme (figure 4.1(b)). Tout d’abord, à t = t0 l’électrode doit consommer l’ensemble
des espèces présentes au voisinage de l’électrode. Cet événement se produit instantané-
ment et nécessite un courant très important, le courant circule ensuite pour maintenir la
concentration nulle à la surface de l’électrode et crée un gradient de concentration qui
produit à son tour un flux continu des espèces électroactives vers la surface de l’électrode
par diffusion. Ce flux provoque l’épaississement de la couche limite, jusqu’à atteindre un
régime permanent.
Dans ce chapitre, on va s’intéresser aux phénomènes présents dans les différentes
phases d’une courbe de chronoampérométrie, plus particulièrement le régime transitoire
correspondant aux temps courts et le régime permanent correspondant aux temps longs.
D’abord, dans la première partie, on s’intéresse à la résolution analytique des équations
de diffusion. La seconde partie présente le modèle numérique développé pour résoudre
les équations de diffusion dans le cas particulier d’une cuve parallélépipédique dont les
dimensions sont identiques à la cellule électrochimique utilisée dans le cadre de notre
configuration expérimentale (cf. Chap. 3). Finalement, dans les deux dernières parties,
on va exposer les différents résultats obtenus sans forçage externe, puis en présence d’un
écoulement d’acoustic streaming.
72
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 4.2. R ÉGIME DE DIFFUSION PURE
1.1
0.9
0.8
0.7
0.6
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
(a)
10-4
3.5
2.5
1.5
0.5
-0.5
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
(b)
le cas d’oxydation des ions Fe2+ en ions Fe3+ , la densité de courant j(A.m−2 ) peut être
décrite par les relations (4.1) :
di f f di f f
j = nFJ = −nFJ (4.1)
Fe2+ Fe3+
Les relations (4.1) ont été définies en considérant positives les densités de flux des ions
Fe2+ se dirigeant vers l’électrode et négatives les densités de flux des ions Fe3+ s’éloignant
de l’électrode. Plus généralement, la densité du flux par diffusion d’une espèce électroac-
73
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 4. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX
Ci (z = 0,t) = 0, (4.6)
La solution électrolytique est considérée comme semi-infinie (4.5), les réactions à l’in-
terface de l’électrode ne perturbent pas les autres régions et l’électrode est constamment
alimentée par un réservoir infini d’espèces réduites. Enfin, à un instant donné t = 0, on
applique un saut du potentiel à l’électrode de travail. La valeur du potentiel est choisie afin
de respecter les conditions d’une expérience de chronoampérométrie (4.6). Les réducteurs
sont ainsi complètement oxydés au contact de l’électrode.
Le mouvement des ions génère ainsi un courant contrôlé uniquement par un flux de
diffusion. On écrit alors :
∂Ci (z,t)
i = nFADi (4.7)
∂z z=0
74
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 4.2. R ÉGIME DE DIFFUSION PURE
∂ L (Ci (z,t))
L (i) = nFADi (4.11)
∂z z=0
1
nFADi /2Ci∞
L (i(s)) = (4.12)
1
s /2
1 √
La transformation inverse de 1/s /2 étant égale à 1/ πt, le courant limite anodique
contrôlé par la diffusion pure s’écrit :
r
Di
idi f f = nFACi∞ (4.13)
πt
Cette équation, appelée équation de Cottrell (1902), montre que le courant obtenu
dans ces conditions décroît au cours du temps et tend asymptotiquement vers 0. En effet,
dans les conditions d’une expérience de Cottrell, les réducteurs au contact de l’électrode
se transforment en oxydants. Leur accumulation devant l’interface ralentit graduellement
l’apport en réducteurs, ce qui diminue la densité du flux massique et par conséquent la
valeur du courant.
Dans la réalité, les électrodes planes ne sont pas de taille infinie. Les effets de bord
de l’électrode doivent être donc pris en considération. La diffusion n’étant plus répartie
uniformément sur toute la surface de l’électrode, l’hypothèse de diffusion linéaire plane
n’est plus valide dans les cas pratiques. Par la suite, on va s’intéresser aux régimes de
diffusion dans le cas le plus courant d’une électrode de taille finie, plus particulièrement
la cas d’une électrode circulaire.
75
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 4. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX
Cette équation a été résolu en régime permanent par Saito (1968) (en analogie au
travail de Grigull et al. (1961), s’intéressant à la résolution de la distribution de la tempé-
rature autour d’une source de chaleur plane et circulaire en régime permanent). L’équation
différentielle (4.14) en régime permanent est :
Ci (r ≤ re , z = 0) = 0
∂Ci (4.16)
(r > re , z = 0) = 0
∂z
Dans son analyse, Saito (1968) a fait référence à la résolution de Cater et al. (4.19)
sans expliquer les différences entre les deux études :
Le courant prédit par l’équation de Cater (4.19) est π fois plus important que celui
prédit par l’équation de Saito (4.18). L’article de Cater et al. n’étant pas disponible, il est
difficile d’expliquer la différence entre les deux modèles. A notre sens, deux principales
raisons peuvent être à l’origine de cet écart, notamment une différence au niveau des
conditions aux limites ou au niveau des géométries considérées. Une des deux solutions
sera discriminé à la section suivante (cf. paragraphe 4.2.2)
76
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 4.2. R ÉGIME DE DIFFUSION PURE
Ci (r ≤ re , z = 0,t ≥ t0 ) = 0
Ci (r > re , z = 0,t = t0 ) = Ci∞
∂Ci (4.20)
(r > re , z = 0,t ≥ t0 ) = 0
∂z
Ci (r, z > 0,t = t0 ) = Ci∞
On constate qu’aux temps courts cette équation (4.22) est identique à celle prédit par
l’équation de Cottrell et, en régime permanent, l’équation (4.22) tend vers une valeur
constante qui dépend, en plus de conditions de l’expérience, du terme re le rayon de
l’électrode de travail et qui permet de retrouver la valeur du courant en régime permanent
dans les conditions de diffusion pure.
Finalement, dans la figure 4.2, on a répertorié les différents modèles cités dans cette
partie, notamment dans le cas théorique d’une électrode de taille infinie (4.13) et pour le
cas d’une électrode circulaire (4.18, 4.19 et 4.22) de rayon re = 1, 5mm. On constate que le
courant prédit par l’équation de Soos (4.22) est supérieur à celui prédit par Cottrell (4.13),
conséquence du flux supplémentaire reçu au voisinage du bord d’une électrode circulaire,
c’est la diffusion radiale, appelée aussi diffusion hémisphérique. L’équation de Soos
(4.22) converge en régime permanent vers la valeur stationnaire prédie par Saito (4.18)
contrairement à l’équation de Cater (4.19) qui surestime largement la valeur du courant.
Il est à noter que les modèles théoriques présentés dans cette section ne considèrent pas
les phénomènes présents au niveau de la contre électrode où à lieu la réaction inverse.
[Link] Conclusion
77
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 4. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX
10-4
3.5
Cottrell eq.
Saito eq.
3 Cater eq.
Soos eq.
2.5 10-6
15
2
10
1.5 5
0.5
0
0 50 100 150 200 250 300 350 400
Nous avons vu dans la section précédente la diversité et la limite des différents mo-
dèles analytiques développés dans la littérature et traitant des cas usuels de l’électrochimie
analytique. Par la suite, et afin de retrouver le modèle le plus approprié pour décrire l’évo-
lution du courant selon les courbes de chronoampérométrie obtenues expérimentalement
sur le banc d’essai développé dans le cadre de ce travail (cf. Chap 3), on va procéder par
une modélisation numérique.
78
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 4.2. R ÉGIME DE DIFFUSION PURE
Pour cette première simulation, on s’intéresse au régime permanent dans les condi-
tions de diffusion pure d’un scalaire C de coefficient de diffusion D. L’équation de diffu-
sion s’écrit :
∂ 2C(z)
D =0 (4.23)
∂ 2z
Afin de respecter les conditions d’une expérience de chronoampérométrie, on consi-
dère les conditions (4.24) et (4.25). Cette condition traduit la consommation totale de
79
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 4. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX
C(z = h) = 0 (4.24)
C(z = 0) = C∞ (4.25)
Les parois latérales sont inertes, on impose ainsi un flux nul sur ces dernières. La dif-
ficulté est de savoir le comportement des réactifs au niveau de la contre électrode (z = 0).
En effet, dans la littérature, les travaux expérimentaux et analytiques de l’électrochimie
s’intéressent uniquement aux phénomènes présents à l’électrode de travail. Pratiquement,
on impose à l’électrode de travail un potentiel fixe mesuré précisément par rapport à
l’électrode de référence par le potentiostat (Chap. 3), afin de respecter la condition de
concentration nulle (4.24). Par conséquent, le potentiel à la contre électrode s’adapte au
reste de la cellule électrochimique et les réactions ayant lieu sur la surface de la contre
électrode contribuent uniquement à l’apport des réactifs par diffusion vers l’électrode de
travail. De la même manière, analytiquement, tous les modèles présents dans la littéra-
ture ne traitent que de l’évolution des phénomènes présents près de l’électrode de travail
communément nommée cathode.
Pour déterminer la condition aux limites à imposer au niveau de la paroi inférieure
(modélisant la contre électrode), on réexamine le protocole expérimental d’une mesure
de chronoampérométrie. En effet, en imposant un potentiel choisi réparti uniformément
au niveau de l’électrode de travail, le potentiostat impose une différence de potentiel entre
l’électrode de travail et la contre électrode de manière à respecter la consigne donnée
par l’utilisateur. Par conséquent, le potentiel imposé à la contre électrode est uniforme et
respecte la formule de Nernst (4.26) décrivant le potentiel d’équilibre. La concentration à
la contre électrode est donc répartie uniformément au voisinage de la contre électrode. Sa
valeur exacte est calculée par conservation de la masse.
RT CO
Eeq = E 0 + ln (4.26)
nF CR
Afin de généraliser notre étude, on a choisi de travailler avec la forme adimensionnée
de la concentration en introduisant la variable C telle que :
C −Cz=h
C= (4.27)
Cz=0 −Cz=h
L’équation (4.23) à résoudre s’écrit donc :
∂ 2C(z)
=0 (4.28)
∂ 2z
avec à la paroi supérieure :
Ch = Cz=h = 0 (4.29)
80
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 4.2. R ÉGIME DE DIFFUSION PURE
R
CdV
C0 = Cz=0 = R (4.31)
C̄dV
Finalement, on est en mesure de calculer le courant qui circulerait entre les deux parois
grâce au champ de concentration, de la manière suivante :
Z Z
∂C ∂C
I = nFD dS =nFD(C0 −Ch ) dS (4.32)
∂z ∂z
F IGURE 4.4 – Profil de concentration normalisé C en régime permanent tracé sur la hau-
teur de la cuve dans le cas de la diffusion plane. Le flux est constant sur les parois définies
par z = 0 et z = h, traduisant des électrodes symétriques de grandes tailles.
La figure 4.4 montre que la couche de diffusion, c’est-à-dire la zone proche de l’élec-
trode où la concentration des réactifs diffère de celle du cœur de la solution, n’a pas
d’épaisseur définie. Le profil de concentration est linéaire dans toute la cavité, comme on
peut s’y attendre pour un problème de diffusion 1D en régime permanent.
81
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 4. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX
F IGURE 4.5 – Géométrie et maillage utilisés pour le cas d’une électrode circulaire de
rayon re = 1.5cm placée au niveau de la paroi supérieure z = h = 155mm (Ch = 0). La
contre électrode est modélisée par la paroi inférieure (C0 = 1).
Comme pour le cas des électrodes symétriques présenté dans la section précédente,
on impose, sur toutes les parois inertes, un flux nul. Au niveau du disque modélisant
l’électrode circulaire et la paroi au fond de la cuve, on impose les conditions suivantes :
Ch (r ≤ re ) = 0 (4.34)
C0 = 1 (4.35)
∂C(r, z)
Z
I = 2πnFD(C0 −Ch ) r∂ r (4.37)
∂z
Le maillage est raffiné uniquement autour de l’électrode pour obtenir une bonne es-
timation du flux due aux effets de bords de l’électrode. La taille de l’électrode de travail
étant très petite par rapport à la géométrie utilisée, une étude de sensibilité au maillage
s’avère nécessaire.
On s’intéresse plus particulièrement à l’évolution de la concentration sur les bords de
l’électrode en contact avec la matière isolante, on a donc besoin de raffiner le maillage
autour de cette zone. Pour le faire, on a vérifié la sensibilité au maillage par rapport à deux
paramètres du mailleur Comsol, essentiels pour notre étude :
82
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 4.2. R ÉGIME DE DIFFUSION PURE
La figure 4.6 représente la valeur du courant obtenue pour les différents maillages
utilisés en comparaison avec les valeurs analytiques retrouvées dans la bibliographie. On
constate que la valeur du courant numérique converge vers la valeur analytique prédie par
l’article de Saito (1968). Le modèle de Soos et Lingane (1964) est alors écarté pour ce
type de configuration. L’écart important entre les deux modèles ne peut alors être expliqué
que par une différence entre les géométries considérées par les deux auteurs.
Finalement, le maillage optimal utilisé par la suite est le suivant (tableau 4.1) :
TABLE 4.1 – Les paramètres du maillage optimal utilisé pour les simulations numériques
(Comsol) dans le cas d’une électrode circulaire.
83
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 4. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX
84
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 4.2. R ÉGIME DE DIFFUSION PURE
85
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 4. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX
les iso-contours de concentration ont tendance à former des demi-cercles très rapidement
(h − z < r).
• Micro-électrode :
Pour les raisons évoquées dans le paragraphe précédent, le maillage a été raffiné uni-
quement autour de l’électrode. Sur la figure 4.11, on constate que même très près de
l’électrode les iso-contours de concentration forment des demi-cercles. En effet, la taille
de l’électrode est très petite par rapport à l’épaisseur de couche limite, par conséquent le
seul mode de diffusion présent est la diffusion radiale.
• Conclusions :
86
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 4.2. R ÉGIME DE DIFFUSION PURE
nous a permis d’identifier clairement les différents types de diffusion et leurs zone d’in-
fluence. La figure 4.13 résume les différents modes de diffusion ;
• Dans le cas où la couche de diffusion est grande par rapport à la taille de l’électrode
(cas de la micro-électrode), les effets de bords deviennent trop importants et le
régime dominant est la diffusion hémisphérique aussi désignée diffusion radiale
(Cf. 4.2.1) ;
D’autres rayons ont été étudiés dans le cadre de ce travail, la figure 4.14 regroupe
l’ensemble des résultats obtenus. Dans cette figure on s’intéresse à la valeur du courant
calculé numériquement (éq. 4.37) et on la compare à la valeur prédite par le modèle de
Saito (1968) (4.18).
On constate une bonne conformité entre le modèle numérique et les résultats expé-
rimentaux. Ce modèle montre bien que le courant stationnaire généré dans le cas d’une
87
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 4. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX
électrode circulaire quelle que soit sa taille n’est dépendant que des conditions expéri-
mentales : taille de l’électrode, couple redox et solution utilisée. Nous considérons que
l’équation :
est une bonne description de la valeur du courant en régime diffusionnel pur, permanent.
Dans le chapitre 3, on a rapporté les difficultés inhérentes à une estimation expérimentale
du rayon effectif des différentes électrodes étudiées. Néanmoins, la précision de la valeur
du courant est proportionnelle à la précision par laquelle on définit la taille de l’électrode.
Dans la partie suivante, on va développer une approche basée sur les modèles analy-
tiques (cf. 4.2.1) afin d’estimer le rayon effectif des électrodes utilisées expérimentale-
ment.
88
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 4.3. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX SANS FORÇAGE ACOUSTIQUE
avec A = πre2 pour une électrode circulaire. Quelles que soient les conditions hydrodyna-
miques, la seconde loi de Fick reste valable. Connaissant la concentration et le coefficient
de diffusion de la solution électrochimique, l’équation 4.39 peut être utilisée pour dé-
terminer le rayon effectif de l’électrode, à partir de la réponse en courant de la cellule
électrochimique :
s
kCott
re = √ (4.41)
nFC∞ Dπ
La figure 4.15 présente la forme d’un chronoampérogramme enregistré avec une élec-
2+
trode de travail d’un diamètre de 3mm dans une solution contenant les ions de Fe F 3+ .
e
Cette courbe peut être découpée en trois parties :
• Une partie transitoire, où le courant croit fortement aux premiers instants de l’ap-
plication du saut de potentiel. Ce temps correspond au temps de charge de la double
couche et donc au temps nécessaire pour la polarisation des électrodes (à t = t0 ),
• Une partie intermédiaire régie par la diffusion planaire c-à-d le régime où la dif-
fusion se produit uniquement selon la composante perpendiculaire à la surface de
l’électrode (Cf. [Link]) et où le courant évolue suivant une loi en puissance − 12 (éq.
4.13),
Pratiquement, afin de définir le rayon effectif de toutes les électrodes, plusieurs étapes
ont été suivies. D’abord on a procédé par itérations pour repérer la plage temporelle d’ap-
plication du modèle de Cottrell. Ensuite, sachant que les différents paramètres de cette
89
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 4. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX
équation ont été bien définis (Cf. Chap 3), on ajuste la partie sélectionnée de chaque
courbe de chronoampérométrie obtenue expérimentalement (figure 4.16) par l’équation
(4.42) via le module "easyfit 1 " de Matlab tel que α est le paramètre libre de l’ajustement,
ef f
représentant (re )2 .
√
i(t) = αnF πDCi∞t −0.5 (4.42)
90
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 4.3. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX SANS FORÇAGE ACOUSTIQUE
F IGURE 4.17 – Estimation du rayon final par le modèle de Cottrell (4.39) sur une série de
18 mesures pour les huit électrodes étudiées expérimentalement.
91
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 4. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX
10 -4
3.5
10 -6
15
3
2.5 10
2
5
1.5
0
1
305 310 315 320 325 330
0.5
-0.5
0 50 100 150 200 250 300 350 400
F IGURE 4.18 – Évolution du courant suivant l’équation de Saito (4.18) et suivant l’équa-
tion de Soos (4.22) en régime diffusionnel pour une électrode d’un rayon de 1.5mm et
l’évolution du courant dans le cadre de l’expérience.
92
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 4.3. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX SANS FORÇAGE ACOUSTIQUE
diffusion se développe avec le temps jusqu’à atteindre une limite d’état stable imposée
par la diffusion. En fonction du temps et de la taille de l’électrode deux modes de diffu-
sion sont possibles : la diffusion hémisphérique (ou diffusion radiale) et la diffusion plane.
r
D
Idi f f = nFAC∞ (4.43)
πt
La couche de diffusion peut se développer pour des temps plus longs, atteignant éven-
tuellement un comportement hémisphérique, c’est la diffusion radiale caractérisée par
l’équation de Saito :
Cependant, la convection naturelle peut interférer avec le transport de masse dès que
l’épaisseur de la couche de diffusion en expansion devient comparable à l’épaisseur de la
sous couche visqueuse hydrodynamique δconv . Dans ce cas de figure, le régime permanent
est toujours atteint mais il est limité par les contributions respectives de la diffusion et de
la convection naturelle.
∂C(r, z)
Z
I = 2πnFD r∂ r (4.45)
∂z
Afin de considérer et de quantifier les effets du transport par convection naturelle,
Amatore et al. (2001) ont défini un coefficient de diffusion apparent Dapp :
4 !
z
Dapp = D 1 + 1.522 (4.46)
δconv
La difficulté principale dans le travail d’Amatore et al. (2001) est de pouvoir définir
l’épaisseur de la sous couche visqueuse hydrodynamique δconv . En effet, dans les condi-
tions expérimentales usuelles, l’origine de la convection présente dans la cellule est incon-
trôlée (gradient de température, les micro-vibrations de la cuve, etc ... ) et par conséquent
impossible à évaluer à la fois expérimentalement et numériquement. Néanmoins, dans
leur article, Amatore et al. (2001) ont démontré que la perturbation électrochimique n’af-
fecte que la sous-couche visqueuse adjacente à l’électrode, et ainsi, en pratique, on peut
approximer la valeur de δconv par la valeur de l’épaisseur de la couche limite obtenue ex-
périmentalement.
93
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 4. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX
94
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 4.3. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX SANS FORÇAGE ACOUSTIQUE
Donc la décroissance de cette plage temporelle est contrôlée uniquement par la diffusion
planaire ce qui justifie l’utilisation de l’équation de Cottrell. De plus, afin de s’affranchir
des effets de la convection naturelle (zone colorée de la figure 4.19), le rayon de l’élec-
trode par rapport à la taille de la sous couche visqueuse doit vérifier,
re2
tstat = ≈ 3400s (4.51)
10−1.5 πD
Néanmoins, on a pu constater (figure 4.18) que même en absence de brassage forcé, il
existe un écoulement qui permet d’homogénéiser la solution dans la cellule et par consé-
quent de réduire le temps nécessaire pour atteindre un régime stationnaire. Pour pouvoir
95
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 4. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX
mesures à des temps très longs (t = 1500s) et on a étudié la convergence du courant li-
mite. Sur la figure 4.20, on remarque que la valeur du courant se stabilise à partir de 1000s,
valeur nettement plus faible que celle prédite pour le cas théorique du régime purement
diffusif. On constate que la présence d’un écoulement très faible permet d’homogénéi-
ser la solution plus rapidement et ainsi de réduire fortement le temps de convergence du
courant limite.
Ensuite, dans la perspective de choisir un temps optimal des mesures de chronoam-
pérométrie pour l’étude de l’évolution du transfert de masse en présence d’écoulement
forcé, on a regardé la convergence du courant limite pour des écoulements faibles générés
par ultrasons. On peut voir sur la figure 4.21 l’évolution du courant à P = 1W . Le courant
limite se stabilise à partir de t = 180s. Par conséquent pour la suite de notre travail et afin
de définir un temps correct pour une campagne de mesure complète, on a fixé le temps
total de la chronoampérométrie à 500s.
5.5
4.5
3.5
2.5
1.5
0.5
150 200 250 300 350 400 450 500
F IGURE 4.21 – Le courant normalisé par la valeur du courant limite au plateau de diffusion
en absence d’ondes acoustiques et à une puissance acoustique P = 1W . Le courant limite
est atteint d’autant plus rapidement que l’écoulement est fort.
96
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 4.4. É VOLUTION DU COURANT LIMITE
senté au chapitre 3. Ces résultats sont d’abord présentés sous forme dimensionnelle, en
regroupant toutes les expériences relatives à chaque configuration, puis regroupés sur une
même échelle et adimensionnalisés pour permettre une comparaison entre les différentes
positions d’électrodes et tenter d’en extraire une loi générale pour l’évolution du courant
limite anodique de ferrocyanure sur une électrode circulaire.
97
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 4. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX
98
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 4.4. É VOLUTION DU COURANT LIMITE
D ∂C
∂zz=0
Sh = (4.52)
∂C
D ∂z
z=0,di f f
Ilim (P)
Sh = (4.53)
Ilim,di f f
avec Ilim (P) le courant limite à une puissance acoustique donnée et Ilim,di f f le courant
limite en régime de diffusion pure (équation (4.18)). La figure 4.26 montre l’évolution du
nombre de Sherwood pour deux électrodes 1 en fonction de la puissance acoustique im-
posée. On constate que le nombre de Sherwood est fortement impacté par l’évolution de
la puissance introduite. En effet, l’injection d’une puissance acoustique de 1W a permis
de tripler le transfert de masse à l’électrode 2, chose qui atteste de l’efficacité de l’utilisa-
tion des ultrasons pour l’amélioration du transfert de masse. Par ailleurs, l’électrode 0 est
1. On a choisi de présenter les résultats pour deux électrodes seulement : l’électrode 0 non impactée par
le faisceau acoustique et l’électrode 2 placée au centre de la zone d’impact afin d’améliorer la lisibilité et
distinguer leurs évolutions
99
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 4. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX
faiblement impactée par l’écoulement présent dans la cellule du fait de sa position hors
de la zone d’impact du faisceau acoustique.
Néanmoins, à P = 0W on constate que le nombre de Sherwood pour les deux électrodes
est supérieur à 1. On en déduit que même, en absence d’écoulement généré par les ondes
acoustiques, la présence de la convection naturelle, due à des facteurs difficilement contrô-
lables liés à la taille du dispositif expérimental utilisé, génère un écoulement significatif.
Toutefois, son impact devient rapidement négligeable en présence d’Acoustic Streaming
même pour des puissances très faibles (P < 1W , non présentées ici).
Dans le paragraphe suivant, on va examiner le comportement des trois électrodes pla-
cées sur l’axe du faisceau acoustique, à savoir les électrodes 1, 2 et 3.
La figure 4.27 est une représentation de l’évolution du nombre de Sherwood en fontion
de la puissance acoustique imposée.
Cette représentation nous permet de visualiser le comportement algébrique de ces
trois courbes qui peut être décrit par une loi de puissance qu’on écrit sous la forme :
ShEi = ai Pαi + b. Sachant qu’en absence de convection (naturelle et forcée) le nombre de
Sherwood est égal à 1, on écrit donc la loi de puissance sous la forme :
100
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 4.4. É VOLUTION DU COURANT LIMITE
18
E0
E2
16
14
12
10
2
0 1 2 3 4 5 6 7 8
0.03
20
0.02
18
0.01
16
0
0.1 0.15 0.2
14
12
10
20
8
15
10
6
5
4
2
10-1 100 101
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8
F IGURE 4.27 – Évolution du courant en fonction de la puissance imposée pour les élec-
trodes situées sur l’axe du faisceau acoustique
101
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 4. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX
∇. (→
−
u ) = 0, (4.56)
4Pac
Iac (x, y, z) = 4I(x, y, z) (4.59)
πds2
102
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 4.4. É VOLUTION DU COURANT LIMITE
18
0.03
16 0.02
0.01
14
0
0.1 0.15 0.2
12
10
0
0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4
104
Ensuite, on peut classer le reste des électrodes selon leurs évolutions en présence
d’un champ acoustique. D’abord, les électrodes 4, 5 et 6 qui sont moins impactées que
les électrodes citées précédemment, du fait de leur position hors de l’axe du faisceau
acoustique. Elles présentent toutefois une évolution significative, car pour Grac = 4.104 ,
103
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 4. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX
E7
0.30 TABLE 4.2 – Exposants αi des lois algé-
E4 E5 E6 briques : ShEi − 1 = ai (Grac + ε 0 )αi appli-
quées aux résultats expérimentaux présen-
0.25 0.40 0.25 tés sur la figure 4.28.
E0 E1 E2 E3
0.18 0.31 0.39 0.38
on double voire on triple la valeur du nombre de Sherwood. Enfin, pour les électrodes 0 et
7 qui sont sont certes situées plus loin de la zone d’impact, le transfert de masse local en
ces deux électrodes est tout de même affecté par l’écoulement présent globalement dans
la cellule.
Nous avons constaté dans le paragraphe précédent que l’évolution du transfert de
masse peut être modélisé par une loi de puissance. Le tableau 4.2 résume les exposants αi
de la loi (4.61) obtenues pour chaque électrode Ei.
L’électrode E5 présente l’exposant le plus grand (0.40) suivi par les électrodes E2, E3,
E1 et E7 dont les exposants sont supérieurs à 0.30. Finalement, les électrodes E4, E6 et
E0 ont des exposants relativement plus faibles (< 0.25). Afin d’examiner l’origine de ces
écarts, nous nous intéressons dans la partie suivante à la caractérisation de l’écoulement.
104
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 4.4. É VOLUTION DU COURANT LIMITE
F IGURE 4.29 – Carte des iso-valeurs de la force acoustique normalisée par la force acous-
tique maximale (de 0 à 100% avec un pas de 10%) à la paroi. Les cercles rouges repré-
sentent les positions des électrodes présentées dans l’expérience.
La figure 4.29 présente une carte des iso-valeurs de la force acoustique normalisée au
niveau de la paroi. Les électrodes E1, E2 et E3 se situent sur l’axe du faisceau acoustique
(plan y = 0). Les électrodes E2 et E3 sont fortement impactées, elles reçoivent entre 60%
à 100% de la force acoustique maximale. Les électrodes E1 et E5 sont également sous
l’influence du faisceau acoustique. En effet, au niveau de ces deux électrodes la force
acoustique est supérieure à 20% de la force acoustique maximale, tandis que les élec-
trodes E0, E4, E6 et E7 seront considérées comme hors de la zone d’impact du faisceau
acoustique (< 10%).
En se basant sur les résultats du tableau 4.2 et la répartition du faisceau acoustique
illustrée à la figure 4.29, on constate qu’il n y a pas de corrélation directe entre le trans-
fert de masse et la répartition du faisceau acoustique. Les mesures d’électrochimie sont
donc sensibles principalement à l’écoulement plus qu’à l’insonification elle même. Nous
traçons sur la figure 4.30 le champ de vitesse dans le plan central de la cuve (Oxz) passant
par l’axe du faisceau acoustique pour trois puissances. Sur la figure 4.30, on distingue
la structure de l’écoulement en cohérence avec les études précédentes (Moudjed et al.,
2016) :
105
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 4. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX
F IGURE 4.30 – Norme de la vitesse dans le plan Oxz passant par l’axe du faisceau acous-
tique, pour les trois puissances acoustiques suivantes : (a) Pac = 2.27W , (b) Pac = 4.54W
et (c) Pac = 5.67W .
106
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 4.4. É VOLUTION DU COURANT LIMITE
E7
1.03 TABLE 4.3 – Exposants αi des lois algé-
E4 E5 E6 briques : γnum = ai Pαi appliqués aux ré-
sultats numériques présentés dans la figure
0.58 0.84 0.89 4.28.
E0 E1 E2 E3
1.24 0.72 0.83 0.82
10 2
0.03
0.02
10 1 0.01
0
0.1 0.15 0.2
10 0
10 -1
10 -2
10 -3
10 -1 10 0
4.4.5 Cohérence des données expérimentales avec les calculs numériques du taux
de cisaillement à la paroi
L’approche expérimentale présentée ci-dessus est inspirée des techniques de polaro-
métrie utilisées comme mesure indirecte du taux de cisaillement au niveau de la paroi.
107
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 4. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX
Bien que nous ne soyons intéressés que par le flux massique lui-même, il convient de
vérifier la cohérence de nos données avec cette approche. Cela pourrait en particulier dis-
criminer l’effet possible de l’onde acoustique sur le transfert de masse de l’influence de
l’écoulement lui-même.
Le taux de cisaillement est déduit du flux solutal mesuré à l’interface de l’électrode
de travail en utilisant l’équation de Levêque :
1
Ilim = klev γ 3 ±0.3 (4.63)
On peut noter que l’équation de Levêque (4.63) n’est valable que pour un flux suffisam-
ment convectif. En effet, l’équation (4.63) prédit que le courant limite est nul à taux de
cisaillement nul alors que dans la réalité, même en régime de diffusion pure, le courant
limite tend vers une valeur non nulle.
10-3
10
0.03
9
0.02
8
0.01
7
0
6 0.1 0.15 0.2
0 1 2 3 4 5 6 7 8
Dans une première approche, nous avons calculé le taux de cisaillement expérimental
par l’équation de Levêque (4.63), en supposant un exposant 1 3. La comparaison de la
valeur numérique et l’estimation expérimentale présente une bonne cohérence sur l’en-
semble des résultats (figure 4.32). Comme l’exposant reliant le taux de cisaillement au
courant limite peut varier avec l’intensité du flux, nous avons opté, dans la figure 4.33,
108
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 4.4. É VOLUTION DU COURANT LIMITE
10-1
10-2
10-3
10-4 0.03
0.02
10-5 0.01
0
0.1 0.15 0.2
10-6
10-1
109
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 4. A NALYSE DES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX
4.5 Conclusion
En conclusion, nos résultats expérimentaux montrent que le transfert de masse à la pa-
roi peut être considérablement amélioré dans la région d’impact d’un jet entraîné acous-
tiquement dans un fluide. En effet, on observe que même un faisceau de faible intensité
entraîne un écoulement conséquent permettant l’amélioration du flux massique au niveau
de la paroi.
Notre analyse s’appuie en partie sur une calibration basée sur la réponse aux temps
courts. Cette calibration permet d’estimer le rayon effectif en s’affranchissant du biais
associé à la convection naturelle difficilement maîtrisable dans le volume étudié. L’effet
de la convection naturelle est notable en absence de forçage, mais il est négligeable en
présence de l’écoulement généré par les ondes acoustiques. Les lois de comportement
issues des méthodes de mesures électrochimiques représentent une bonne corrélation de
nos résultats expérimentaux pour les forçages les plus élevés. On n’observe pas d’effet
flagrant de l’insonification sur le transfert de masse en paroi qui viendrait s’ajouter au
transfert convecto-diffusif dû à l’écoulement moyen.
110
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 5
V ERS LES MÉTAUX LIQUIDES
Sommaire
5.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
5.2 Similitude eau/métaux liquides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
5.2.1 Nombres sans dimension - cas général . . . . . . . . . . . . . . 111
5.2.2 Passage de l’eau aux métaux liquides . . . . . . . . . . . . . . 113
5.3 Application de l’étude de similitude au galinstan . . . . . . . . . . . 114
5.3.1 Rapports des nombres sans dimensions . . . . . . . . . . . . . 114
5.3.2 Retour aux paramètres dimensionnels dans le cas du galinstan . 115
5.3.3 Étude de l’atténuation des ondes acoustiques dans le galinstan . 116
5.3.4 Caractérisation de la vitesse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
5.3.5 Conception de l’expérience en galinstan . . . . . . . . . . . . . 118
5.3.6 Mesures préliminaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
5.4 Source acoustique haute fréquence f = 23MHz . . . . . . . . . . . . 122
5.4.1 Technologie de la source prototype de face avant en Aluminium 123
5.4.2 Validation du transducteur prototype avec face avant en Alumi-
nium . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
[Link] L’amplitude de pression . . . . . . . . . . . . . . . . 123
[Link] Caractérisation expérimentale du jet dans l’eau . . . . 124
5.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
5.1 Introduction
Grâce au démonstrateur en eau "ASTRID" développé au LMFA, nous avons réussi
à caractériser l’écoulement et sa structure (Moudjed, 2013) dans le cas d’un faisceau
droit et dans le cas d’un faisceau réfléchi (Chap. 2). L’influence de l’Acoustic streaming
sur l’amélioration du phénomène de transfert de masse a été également quantifié dans la
cadre du présent travail grâce à l’introduction de méthodes électrochimiques (Chap. 4).
L’application principale visée par cette étude est l’introduction d’un brassage acoustique
dans le Silicium en solidification dirigée. Cependant, la logistique liée à la mise en place
d’essais dans les métaux en fusion étant lourde et le nombre d’accès dans ces fours étant
111
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 5. V ERS LES MÉTAUX LIQUIDES
L l
L= ,l = (5.1)
ds ds
1. Les nombres sans dimension seront notés en gras
112
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 5.2. S IMILITUDE EAU / MÉTAUX LIQUIDES
N = N f 2 L = αL (5.2)
f ds2
F= (5.3)
ν
1.22λ 1.22c
S= = (5.4)
ds ds f
Pac ds
P= (5.5)
ρν 3
Pour observer le même nombre de Reynolds dans le dispositif en métal liquide que dans
l’eau, il faut et il suffit que tous les autres nombres sans dimension soient égaux dans les
deux dispositifs.
Remarque :
En se basant sur le théorème de Vashy-Buckingham et grâce aux différents nombres
sans dimension définis précédemment, nous pouvons retrouver une seconde forme adi-
mensionnée de la force acoustique :
NP
Grac ∝ (5.7)
SFL
Ce terme est équivalent au nombre de Grashoff acoustique défini précédemment (Chap.
4). En plus de la caractérisation du forçage, cette seconde forme permet de quantifier in-
dépendamment la contribution de chaque quantité physique.
113
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 5. V ERS LES MÉTAUX LIQUIDES
lmetal
= Rl R−1
ds = 1 (5.9)
leau
Par la suite, on définit Σ le rapport des grandeurs géométriques dimensionnelles :
Lmetal lmetal ds
Σ= = = metal (5.10)
Leau leau dseau
Fmetal
= R f Σ2 R−1
ν =1 (5.12)
Feau
Smetal
= Rc R−1
f Σ
−1
=1 (5.13)
Seau
Enfin, la conservation de la physique de l’écoulement d’une expérience à l’autre nécessite
la conservation de P, le forçage, et le nombre de Reynolds Re
Pmetal
= RP ΣR−1
ν =1 (5.14)
Peau
Remetal −1 −1
= RU Σ Rρ Rν = 1 (5.15)
Reeau
Néanmoins, notre problème n’admet que six inconnues (L, l, ds , f , Pac ,U) à la suite de la
définition du fluide imposant les valeurs de : ρ,ν,c et N, nous ne pouvons pas alors conser-
ver tous les nombres sans dimensions. Un choix basé sur des considérations physiques
doit être effectué (Moudjed et al., 2014), afin de lever la surdétermination du système.
Le choix du fluide, aux conditions de pression et de température fixées, fixe les rap-
ports RN ,Rc ,Rρ et Rν . Afin de prédire les paramètres de la nouvelle configuration les
paramètres : Σ,R f , RPac et RU doivent être choisis pour que les deux configurations soient
en similitude. Dans la mesure où les ondes acoustiques agissent sur le fluide au moyen
114
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 5.3. A PPLICATION DE L’ ÉTUDE DE SIMILITUDE AU GALINSTAN
R2c
Rf = (5.17)
Rν
Rρ R3ν
RPac = (5.18)
RN Rc
Rν
RU = = Rc (5.19)
Σ
115
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 5. V ERS LES MÉTAUX LIQUIDES
TABLE 5.2 – Rapports des différents paramètres pour respecter la similitude entre le dé-
monstrateur en eau et les expériences en métal liquide, à savoir le galinstan à température
ambiante (25◦ C) et le silicium en fusion (1500◦ C).
a été développé par le laboratoire Geratherm Medical pour remplacer le mercure dans les
thermomètres médicaux (Speckbrock et al., 2000). Son principal intérêt est la facilité de
sa manipulation. En effet, sa température de fusion est assez basse (∼ −19◦ C) et il reste
liquide jusqu’à environ 1300◦ C. Cet alliage est largement utilisé dans les laboratoires
parce qu’il est non-toxique et chimiquement inerte vis-à-vis de nombreux polymères et
verres à basse température. Il s’oxyde néanmoins au contact de l’air et forme de l’oxyde
de Gallium et de très faibles quantités de In2 O3 et de SnO2 (Morley et al., 2008)
Le choix du fluide permet de définir les rapports (5.16)-( 5.19)) nécessaires à la
conception de la nouvelle expérience (tableau 5.2).
Dans un métal liquide, la différence des propriétés physiques par rapport à l’eau fait
que le dispositif conçu en métal liquide est plus petit que celui en eau (Σ < 1 ). En effet,
la célérité du son dans les métaux liquides est souvent plus élevée que dans l’eau tandis
que la viscosité des métaux liquides est plus faible que celle de l’eau (équation 5.16). Par
contre, l’écart de célérité entre l’eau et les métaux liquides implique l’utilisation d’une
source acoustique plus petite à une fréquence beaucoup plus importante. Pour le cas du
galinstan, la fréquence de la source doit être 11 fois plus grande (équation 5.17), soit
fGa = 22, 22MHz et 22 fois plus grande que celle de l’eau pour reproduire le même strea-
ming dans le silicium en fusion. Néanmoins, la propagation des ondes acoustiques est plus
favorable dans le galinstan que dans le silicium (4ème colonne du tableau 5.2).
Le rapport des puissances (5.19), d’après le tableau 5.2, est inférieur à 1. Ceci est dû prin-
cipalement au poids du rapport des viscosités dans l’équation (5.19). Pour l’expérience
en galinstan, une puissance équivalente à celle utilisée en eau permet de générer le même
écoulement, alors que dans le silicium, il suffit d’appliquer le dixième de cette puissance
pour atteindre le même nombre de Reynolds. L’étude de similitude permet de prédire la
vitesse caractéristique dans les métaux liquides. Pour une puissance acoustique donnée,
la vitesse dans le galinstan est 2 fois plus grande que dans l’eau et 3 fois plus grande dans
le silicium.
Les résultats de l’étude de similitude donnent des résultats encourageants en vue de
l’utilisation des ultrasons dans le silicium en fusion.
116
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 5.3. A PPLICATION DE L’ ÉTUDE DE SIMILITUDE AU GALINSTAN
c2 β 2 κT
α 2π 4
N= 2= 3 µ +η + (5.20)
f ρc 3 Cp2
117
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 5. V ERS LES MÉTAUX LIQUIDES
[5.21x10−16 , 5.86x10−16 ]s2 m−1 . L’amplitude du signal acoustique, généré par la source
de fréquence f = 22MHz, s’atténuant exponentiellement suivant la distance longitudinale
x, perd 33% de son amplitude à une distance : 1/α supérieure à 1m. Cette distance est
très grande comparée à la section transversale de l’expérience.
Afin d’éviter la réflexion des ondes et par conséquent l’apparition d’ondes station-
naires à l’intérieur de la cavité, nous proposons :
• l’utilisation d’un matériau absorbant acoustique : idem à l’expérience en eau, il
faudrait utiliser un matériau compatible avec le galinstan dont l’impédance acous-
tique correspond à celle du galinstan.
• Une paroi dont le matériau est transparent aux ultrasons dans le galinstan c-à-d un
matériau dont l’impédance est égale à celle du galinstan (ZGa = 17.3x106 Pa.s.m−1 ).
Cette plaque diviserait le canal en deux parties. La première représente la zone
d’investigation en similitude avec celle étudiée en eau. La seconde permettra la
dissipation de l’énergie acoustique. A la suite de notre recherche deux matériaux
peuvent être utilisés :
A notre connaissance, aucun matériau adapté dans le galinstan pour absorber les ondes
acoustiques n’est commercialisé au jour d’aujourd’hui. Il est possible néanmoins de confec-
tionner un piège à ultrasons. Ce dernier se présentera sous une forme conique, en alumi-
nium par exemple, avec plusieurs facettes internes orientées de manière à assurer plusieurs
réflexions du faisceau acoustique. En raison de la difficulté de la conception d’une telle
pièce, nous avons opté pour la seconde solution. Le verre est un matériau chimiquement
compatible avec le galinstan, mais présente un coefficient de réflexion petit mais non né-
gligeable : r = ZZ11+Z
Z2
2
= 14% (Chap. 2). La meilleure solution pour éviter les réflexions des
ondes serait l’utilisation d’une plaque d’aluminium ZAl ' ZGa . Néanmoins, l’aluminium
n’est pas chimiquement compatible avec le galinstan.
Compte tenu de la taille de la surface exposée (30.5x27.1mm) et la conception de l’expé-
rience, nous avons opté pour un mur en aluminium, car les risques de fuite, même en cas
d’endommagement de la plaque, sont minimes (figure 5.2).
La paroi en aluminium représente une paroi rigide du point de vue hydrodynamique,
mais elle est transparente aux ondes acoustiques. Pour éviter le phénomène de réflexion,
il faut soigneusement choisir la taille de la chambre d’atténuation. La longueur de cette
dernière est déterminée afin de dissiper la plus grande quantité d’énergie possible (l’am-
pleur de l’atténuation α), ce qui implique l’utilisation d’une cuve au moins 120 fois plus
longue que large (∼ 30.5x27.1x3796mm). Afin de simplifier cette géométrie et réduire la
longueur de la cuve, nous avons choisi de placer à l’entrée de la chambre d’atténuation,
une plaque inclinée permettant la déflexion du faisceau acoustique. L’angle d’inclinaison
de cette plaque est de 60◦ .
118
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 5.3. A PPLICATION DE L’ ÉTUDE DE SIMILITUDE AU GALINSTAN
F IGURE 5.2 – Conception finale de l’expérience en galinstan. La cuve est séparée en deux
compartiments par une pièce prismatique en Aluminium : à gauche la zone d’investigation
dont les dimensions sont issues de l’étude de similitude et à droite la zone de dissipation
des ondes acoustiques conçues pour piéger le faisceau jusqu’à son atténuation.
opaques. Il est donc nécessaire d’employer une méthode non optique et si possible non
intrusive. Le choix s’est porté sur la Vélocimétrie Ultrasonore à effet Doppler (UDV 1 ).
Cette technique permet en effet de traverser une paroi ou un fluide opaque et de mesu-
rer directement un profil de vitesse dans l’axe d’une sonde de vélocimétrie. Dans cette
technique, la sonde de mesure émet des ondes pulsées à basse puissance n’affectant pas
l’écoulement dans le domaine étudié (voir figure 5.3).
L’analyse du signal d’écho d’une particule permet d’identifier la position et la vitesse
de cette dernière. La distance entre le transducteur et la particule cible est ensuite détermi-
née, connaissant la vitesse c de l’onde dans le milieu traversé et le temps entre l’émission
et la réception du signal.
Les mesures de vitesses par vélocimétrie ultrasonore nécessitent une source, un émet-
teur/récepteur d’ondes ultrasonores et un appareil de mesure adapté permettant l’acquisi-
tion et le traitement des données résultantes. Nous avons choisi de travailler avec le DOP
3010 de Signal Processing SA/TecFlow. On oriente une sonde (transducteur) émettant des
ultrasons vers le fluide à étudier. Celle-ci émet périodiquement des pulses d’ultrasons sé-
parés d’un temps TPRF 2 . Les particules présentes dans le fluide réfléchissent ces ondes.
Dans le galinstan, les oxydes naturels sont mis à profit et permettent de ne pas insérer
de particules supplémentaires. L’écho reçu apporte des informations sur la position et la
vitesse de cette particule, et donc sur le profil de vitesse sur l’axe de la sonde de mesure.
Afin de compenser l’atténuation des ondes, le signal d’écho est amplifié en fonction de la
profondeur. Les sondes Signal Processing sont conçus pour travailler à différentes tem-
pératures (jusqu’à 150◦ C) et permettent d’acquérir des profils de vitesse dans différents
milieux.
119
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 5. V ERS LES MÉTAUX LIQUIDES
F IGURE 5.3 – Schéma explicatif de la technique de mesure UDV : (a) l’écoulement est
dans une conduite circulaire (pour illustration), la sonde est placée à l’extérieur à un angle
θ de la normale à la paroi. L’adaptation acoustique est assurée par un gel interposé entre
la sonde et la paroi ; (b) profil de l’écho ; (c) profil de vitesse sur l’axe de la sonde.
ainsi pour caractériser le champ de vitesse à la fois en champ proche et en champ lointain.
Les sondes émettent successivement et les profils de toutes les sondes sont enregistrés en
série par multiplexage.
Le tableau 5.4 présente les vitesses sur l’axe acoustique de la source f = 23MHz pour
une puissance Pac = 0.86W ainsi qu’une estimation des vitesses à mesurer par les sondes
−
acoustiques. La gamme de vitesse projetée est de l’ordre de 10mm.s 1 à basse puissance,
valeur mesurable par UDV.
Le côté paradoxal de cette technique de mesure est que l’écoulement généré par des
ultrasons est étudié via des pulses ultrasonores. Afin de s’assurer que les sondes de mesure
n’induisent pas de biais en provoquant un écoulement, nous avons choisi de travailler avec
des sondes de fréquence 4MHz qui n’est pas dans un rapport entier avec la fréquence de la
source principale. Par ailleurs, des précautions supplémentaires sont à prendre en compte
Point de Mesure xi x1 x2 x3 x4
Vitesse sur l’axe du transducteur (mm/s) 8.1 10.5 13.5 16.3
Vitesse projetée sur l’axe des sondes (mm/s) −5.73 10.1 11.7 11.5
TABLE 5.4 – Vitesses sur l’axe des sondes acoustiques pour Pac = 0.86W et la vitesse
résultante sur l’axe du transducteur de diamètre 5mm et de fréquence 22MHz, estimée par
conservation du nombre de Reynolds et en utilisant les lois d’échelles (voir paragraphe
[Link]), aux points : x1 = 17.6mm' 0.35L f , x2 = 28.94mm' 0.57L f , x3 = 47.82mm'
0.95L f et x4 = 69.98mm' 1.4L f .
120
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 5.3. A PPLICATION DE L’ ÉTUDE DE SIMILITUDE AU GALINSTAN
F IGURE 5.4 – Conception finale de l’expérience en galinstan. Deux sondes (2A, 2B) sont
positionnées de part et d’autre de la source acoustique permettant de mesurer la vitesse
axiale au point x2 = 28.94mm. Trois sondes (i = 1, 3 et 4) sont placées sur chacune des
parois latérales de la cuve qu’on note (iA, iB) afin de mesurer la projection de la vitesse
axiale sur l’axe des sondes de mesure ~ni aux points : x1 = 17.6mm, x3 = 47.82mm et
x4 = 69.98mm.
121
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 5. V ERS LES MÉTAUX LIQUIDES
de diamètre 5mm et de fréquence 10MHz, qui servira de source acoustique pour générer
l’écoulement. A cette époque, aucune source de fréquence supérieure n’était disponible.
Le réservoir a une hauteur de 225cm et un diamètre de 80mm. Des contraintes matérielles
ont empêché de mettre en place un prototype respectant les paramètres requis pour la
similitude (notamment la fréquence ∼ 10MHz).
F IGURE 5.5 – Montage expérimental dans le galinstan lors des tests (août 2016). La
source acoustique est de diamètre 5mm et de fréquence 10MHz (non optimale en raison
de contraintes expérimentales), les mesures sont effectuées par des sondes de fréquence
4MHz.
Six sondes de mesure ( fs = 4MHz) ont été alignées de part et d’autre du transduc-
teur 1 , directement plongées dans le métal liquide, et une 7ème sur la paroi latérale du
tube. Cette dernière étant à l’extérieur du fluide, un gel a été utilisé à l’interface pour as-
surer une meilleure adaptation d’impédance, et ainsi une transmission suffisante des ondes
acoustiques dans le fluide. Le montage électronique utilisé est similaire à celui présenté
au chapitre 3. La figure 5.6 présente un profil type de vitesse et d’écho obtenu sur l’axe
de la sonde 3. Nous constatons, comme prévu, que les vitesses obtenues sont très faibles
(de l’ordre de 1mms−1 ). Ceci est dû principalement au choix imposé de la source. Par
contre, le profil d’écho montre la qualité des mesures obtenues, même pour cet écoule-
ment de très faible intensité. Les premiers essais ont permis la vérification de l’adaptation
des sondes de mesure choisies et la maitrise des différents paramètres à contrôler. Il ne
reste donc "plus qu’à" augmenter l’intensité du forçage acoustique pour observer un écou-
1. Les sondes ont été dédoublées (côté A, côté B) pour s’assurer que le signal de vitesse soit exploitable.
122
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 5.4. S OURCE ACOUSTIQUE HAUTE FRÉQUENCE f = 23MHz
F IGURE 5.6 – (a) Profil de vitesse sur l’axe de la sonde 3 obtenu pour le transducteur
f = 10MHz à une puissance Pac = 1W ; le champ proche L f est de 23mm. (b) L’amplitude
de l’écho ; au-delà de 220mm le pic observé est dû à la présence d’une paroi.
lement plus significatif. Pour cela, on souhaite augmenter la fréquence acoustique pour
une meilleure similitude (tableau 5.2).
123
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 5. V ERS LES MÉTAUX LIQUIDES
124
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 5.4. S OURCE ACOUSTIQUE HAUTE FRÉQUENCE f = 23MHz
F IGURE 5.8 – Champ acoustique théorique longitudinal sur l’axe de la source acoustique
(ds = 5mm, f = 23MHz) calculé par l’intégrale de Rayleigh, dans l’eau (ligne continue
bleue) et dans le galinstan (ligne continue rouge). La ligne noire discontinue représente
la valeur théorique de la longueur de Fresnel dans l’hypothèse d’atténuation négligeable
(L f = 97.1mm).
Dans un premier temps, nous avons entrepris des mesures acoustiques par hydrophone
(voir paragraphe 3.4.3) afin de caractériser le champ de pression acoustique. Ces mesures
ont permis de repérer le jet, mais le rapport signal/bruit mesuré par l’hydrophone est
trop important pour une éventuelle exploitation de ces données. En effet, l’hydrophone
disponible dans notre laboratoire est mal adapté à ce type de mesure en raison de sa
gamme de mesure (f< 20MHz) et la taille de son aiguille (∼ 1mm). Les délais de livraison
d’une aiguille plus fine n’ont pas permis de poursuivre les mesures de pression acoustique
dans le cadre de ce travail.
En outre, des mesures de champs de vitesses par PIV ont permis une caractérisation
du jet. La plage de visualisation choisie permet la caractérisation de l’écoulement dans
la zone du champ proche acoustique et du champ lointain (x ∈ [0, 270]mm), soit de 0 à
125
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 5. V ERS LES MÉTAUX LIQUIDES
2.78L f . Afin de s’assurer de la stabilité du jet, une durée de 3min après le démarrage du
transducteur a été respectée avant l’acquisition des données pendant 1 minute.
F IGURE 5.9 – Champ de vitesse axiale mesuré par PIV dans le plan horizontal Oxy passant
par l’axe du transducteur (ds = 5mm, f = 23MHz) pour trois puissances acoustiques : (a)
Pac = 0.2W, (b) Pac = 0.4W et (c) Pac = 0.6W.
La figure 5.9 présente le champ de vitesse axiale dans le plan horizontal Oxy passant
par l’axe du transducteur. Nous constatons que même à des puissances faibles (< 1W) on
atteint des vitesses allant jusqu’à 5cm.s−1 . Nous notons une accélération du jet jusqu’à
x = 50mm seulement. Néanmoins à 200mm du transducteur, le jet se déstabilise. Ce com-
portement oscillatoire a été déjà observé dans des travaux précédents (Moudjed (2013))
pour des grandes puissances et faibles fréquences.
La figure 5.10 montre l’évolution du profil de vitesse axiale sur l’axe x pour les dif-
férentes puissances étudiées (Pac = 0.2W, Pac = 0.4W et Pac = 0.6W). La vitesse axiale
maximale a été confirmée à 50mm du transducteur, ce qui correspond à la position du der-
nier maximum de pression acoustique. Cette distance est plus courte que la longueur de
Fresnel théorique (L f = 97.1mm) car l’hypothèse de faible atténuation n’est plus valable
126
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
S ECTION 5.5. C ONCLUSION
(Tableau 5.5). En effet, le calcul de l’intégrale de Rayleigh (Figure 5.8) illustre l’atté-
nuation importante de la pression acoustique. Au delà du dernier maximum de pression
acoustique (x = 50mm), la vitesse axiale diminue d’une manière rapide. On constate éga-
lement une chute de vitesse anormale pour la puissance acoustique Pac = 0.6W due aux
fluctuations du jet dans le plan transversal et à la durée de mesure insuffisante pour moyen-
ner ces fluctuations. La figure 5.11 qui montre l’évolution temporelle de la vitesse axiale
pour les trois puissances acoustiques examinées confirme le comportement oscillatoire,
en particulier pour le cas de 0.6W.
5.5 Conclusion
Le passage du démonstrateur expérimental en eau à un dispositif en métal liquide né-
cessite la conservation de 7 nombres sans dimension. Cette similitude complète ne pou-
vant pas être accomplie, nous avons donc choisi de conserver le produit de l’atténuation
par la puissance acoustique et par conséquent de conserver le terme de forçage acoustique,
couplant ainsi l’hydrodynamique et l’acoustique. Les nombres finalement conservés sont
donc L, l, F, S, Re et NP. Par ces nombres, nous pouvons déterminer l’ensemble des dix
variables nécessaires à la conception d’un nouveau dispositif :
• Le fluide : ρ et ν ;
• La géométrie : L et l ;
• L’écoulement : u ;
L’application de cette étude nous a permis la conception d’un dispositif expérimental
en galinstan. Le respect de la similitude implique l’utilisation d’une source acoustique
127
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C HAPITRE 5. V ERS LES MÉTAUX LIQUIDES
de petites dimensions fonctionnant à haute fréquence, dans une cuve dont le volume ne
dépasse pas 70cm3 . La difficulté principale freinant l’avancement de ce projet était l’ac-
quisition de la source acoustique. Une collaboration avec l’IES de l’université de Mon-
pellier a permis la confection de deux prototypes. Les deux transducteurs ont les mêmes
caractéristiques géométriques ds = 5mm et acoustiques f = 23MHz. La différence est le
choix du matériau de la face avant. Le premier prototype dont la face avant est en silice
n’a pas tenu pendant les premiers tests. Par conséquent, on présente dans ce manuscrit les
résultats obtenus avec le deuxième prototype dont la face avant est en aluminium.
Les premiers tests de validation ont été entrepris dans de l’eau. Les résultats obtenus
sont très encourageants pour l’utilisation du transducteur conçu dans le galinstan. Ils per-
mettent aussi d’observer dans l’eau le cas actuellement méconnu d’un forçage fortement
atténué dès la longueur de Fresnel. Les lois d’échelle régissant le lien entre la vitesse et
la puissance n’ont pas été étudié dans l’eau. En effet, le comportement de cette source de
23MHz dans l’eau est intéressant car le jet ne subit plus de forçage volumique au-delà
de 10cm de la source, contrairement au jet généré par une source de 2MHz. Nous avons
préféré sauvegarder le transducteur pour les essais futurs dans le galinstan.
Le manque de temps n’a pas permis la concrétisation des tests en métaux liquides du-
rant ce travail de thèse, mais tous les signaux sont au vert pour envisager leur réalisation :
• la source acoustique haute fréquence f = 23MHz est validée (principal point blo-
quant),
• les calculs de similitude prédisent des valeurs de vitesse mesurables avec le système
UDV, dans les gammes de puissances étudiées.
128
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C ONCLUSION GÉNÉRALE & PERSPECTIVES
129
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C ONCLUSION GÉNÉRALE & PERSPECTIVES
130
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
C ONCLUSION GÉNÉRALE & PERSPECTIVES
131
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
A NNEXE A
É LECTRODE DE RÉFÉRENCE
L’électrode de référence représente une demi-cellule dont les composants sont stables
et dont les valeurs d’activité sont bien définies afin d’obtenir une valeur de potentiel fixe
et reproductible.
Pour la conception d’une demi-cellule de référence, on utilise un arrangement capillaire
de Luggin (Barnartt, 1961), dans lequel l’électrode de référence est plongée dans un élec-
trolyte. Cette demi-cellule est ensuite plongée dans la solution électrolytique à étudier. Le
capillaire permet de définir un point de détection claire pour l’électrode de référence, tout
en assurant la communication entre les deux cellules grâce à la jonction poreuse frittée au
bout du capillaire.
2H + + 2e− → H2 (A.1)
• CH + = 1mol/L, γH + = 1.
133
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
A NNEXE A. É LECTRODE DE RÉFÉRENCE
134
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
A NNEXE B
M ESURES DE LA CONCENTRATION
Iv
Amax = − log = ελ .l0 .C (B.1)
Iv0
Afin de caractériser les différents sites moléculaires présents dans la solution électro-
lytique à étudier, deux solutions ont été préparées, à savoir une solution de ferrocyanure
Fe2+ et une solution de ferricyanure Fe3+ caractérisée par sa couleur jaune. L’analyse spec-
trale des deux échantillons a permis de caractériser la longueur d’onde correspondant à
l’absorption maximale de chaque élément :
135
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
A NNEXE B. M ESURES DE LA CONCENTRATION
136
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
R ÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
A MATORE, C., P EBAY, C., T HOUIN, L., WANG, A. et WARKOCZ, J.-S. (2010). Differ-
ence between Ultramicroelectrodes and Microelectrodes: Influence of Natural Convec-
tion. Analytical Chemistry, 82(16):6933–6939.
A MATORE, C., S ZUNERITS, S., T HOUIN, L. et WARKOCZ, J.-S. (2001). The real meaning
of Nernst’s steady diffusion layer concept under non-forced hydrodynamic conditions.
A simple model based on Levich’s seminal view of convection. Journal of Electroan-
alytical Chemistry, 500(1-2):62–70.
A RION, G., C AVAUD, D., C OLTIER, Y. et G UGGEMOS, F. (2018). Chiffres clés des
énergies renouvelables - Edition 2018. Rapport technique.
B ÖHM, L., JANKHAH, S., T IHON, J., B ÉRUBÉ, P. R. et K RAUME, M. (2014). Application
of the electrodiffusion method to measure wall shear stress: integrating theory and
practice. Chemical Engineering & Technology, 37(6):938–950.
137
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
R ÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
B ROWN, W., P ITTS, C. et L EPPERT, G. (1962). Forced convection heat transfer from a
uniformly heated sphere. Electrochimica acta.
C HATELAIN, M., B OTTON, V., A LBARIC, M., P ELLETIER, D., C ARITEAU, B., A BDO,
D. et B ORRELLI, M. (2018). Mechanical stirring influence on solute segregation during
plane front directional solidification. International Journal of Thermal Sciences, 126:
252–262.
C HATELAIN, M., R HOUZLANE, S., B OTTON, V., A LBARIC, M., H ENRY, D., M ILLET,
S., P ELLETIER, D. et G ARANDET, J. P. (2017). Towards wall functions for the predic-
tion of solute segregation in plane front directional solidification. Journal of Crystal
Growth, 475:55–69.
C OURTEL, J., TALPIN, J. et T UILLÉ, F. (2018). Le baromètre 2018 des énergies renou-
velables électriques en France. Rapport technique 9ème édition.
C ZOCHRALSKI, J. (1918). A new method for the measurement of the crystallization rate
of metals. Zeitschrift für physikalische Chemie, 92:219–221.
138
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
R ÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
FARADAY, M. (1837). On a peculiar class of acoustical figures; and on certain forms as-
sumed by groups of particles upon vibrating elastic surfaces. In Abstracts of the Papers
Printed in the Philosophical Transactions of the Royal Society of London, numéro 3,
pages 49–51. The Royal Society London.
FARKHONDEH, M., P RITZKER, M., D ELACOURT, C., L IU, S.-W. et F OWLER, M. (2017).
Method of the four-electrode electrochemical cell for the characterization of concen-
trated binary electrolytes: Theory and application. The Journal of Physical Chemistry
C, 121(8):4112–4129.
G ARANDET, J., D UFFAR, T. et FAVIER, J. (1990). On the scaling analysis of the solute
boundary layer in idealized growth configurations. Journal of crystal growth, 106(2-
3):437–444.
139
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
R ÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
G U, X., Y U, X., G UO, K., C HEN, L., WANG, D. et YANG, D. (2012). Seed-assisted cast
quasi-single crystalline silicon for photovoltaic application: Towards high efficiency
and low cost silicon solar cells. Solar Energy Materials and Solar Cells, 101:95–101.
G UERRERO, I., PARRA, V., C ARBALLO, T., B LACK, A., M IRANDA, M., C ANCILLO,
D., M ORALEJO, B., J IMÉNEZ, J., L ELIÈVRE, J.-F. et del C AÑIZO, C. (2014). About
the origin of low wafer performance and crystal defect generation on seed-cast growth
of industrial mono-like silicon ingots: Seed-cast growth of industrial mono-like silicon
ingots. Progress in Photovoltaics: Research and Applications, 22(8):923–932.
G UYON, E., H ULIN, J.-P. et P ETIT, L. (2013). Hydrodynamik, volume 76. Springer-
Verlag.
H ANRATTY, T. (1991). Use of the polarographic method to measure wall shear stress.
Journal of applied electrochemistry, 21(12):1038–1046.
J OUINI, A., P ONTHENIER, D., L IGNIER, H., E NJALBERT, N., M ARIE, B., D REVET, B.,
P IHAN, E., C AYRON, C., L AFFORD, T. et C AMEL, D. (2012). Improved multicrys-
talline silicon ingot crystal quality through seed growth for high efficiency solar cells:
Improved mc-Si ingot crystal quality through seed growth. Progress in Photovoltaics:
Research and Applications, 20(6):735–746.
140
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
R ÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
KONONETS, V. (2014). Growth from melt by micro-pulling down (µ-PD) and Czochralski
(Cz) techniques and characterization of LGSO and garnet scintillator crystals. Thèse
de doctorat.
L ABRAGA, L. et B ERKAH, T. (2004). Mass transfer from a rotating cylinder with and
without crossflow. International journal of heat and mass transfer, 47(10-11):2493–
2499.
L ABRAGA, L., B OURABAA, N. et B ERKAH, T. (2002). Wall shear stress from a rotating
cylinder in cross flow using the electrochemical technique. Experiments in fluids, 33(3):
488–496.
L EBON, G. B., S ALLOUM -A BOU -JAOUDE, G., E SKIN, D., T ZANAKIS, I., P ERICLEOUS,
K. et JARRY, P. (2019). Numerical modelling of acoustic streaming during the ultra-
sonic melt treatment of direct-chill (dc) casting. Ultrasonics sonochemistry, 54:171–
182.
141
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
R ÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
L I, P., WANG, Z., S HI, S., R EN, S., J IANG, D., L I, J., TAN, Y. et al. (2018). Distribution
of phosphorus in n-type multicrystalline silicon produced by directional solidification.
IEEE Journal of Photovoltaics, 8(6):1486–1493.
M ALTBAEK, J. (1980). Dimensional analysis and the theory of models. In Further Engi-
neering Dynamics, pages 132–145. Springer.
M OUDJED, B., B OTTON, V., H ENRY, D., B EN H ADID, H. et G ARANDET, J.-P. (2014).
Scaling and dimensional analysis of acoustic streaming jets. Physics of Fluids, 26(9):
093602.
M OUDJED, B., B OTTON, V., H ENRY, D., M ILLET, S. et H ADID, H. B. (2016). Y-shaped
jets driven by an ultrasonic beam reflecting on a wall. Ultrasonics, 68:33–42.
142
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
R ÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
N YBORG, W. L. (1953). Acoustic streaming due to attenuated plane waves. The journal
of the acoustical society of America, 25(1):68–75.
P LETCHER, D., G REFF, R., P EAT, R., P ETER, L. et ROBINSON, J. (2011). Instrumental
Methods in Electrochemistry. Woodhead Publishing.
R ANZ, W. E. (1958). Electrolytic methods for measuring water velocities. AIChE Journal,
4(3):338–342.
RUDOLPH, P. (2008). Travelling magnetic fields applied to bulk crystal growth from the
melt: The step from basic research to industrial scale. Journal of Crystal Growth,
310(7-9):1298–1306.
S AITO, Y. (1968). A theoretical study on the diffusion current at the stationary electrodes
of circular and narrow band types. Review of Polarography, 15(6):177–187.
S ON, J. S. et H ANRATTY, T. J. (1969). Numerical solution for the flow around a cylinder
at reynolds numbers of 40, 200 and 500. Journal of Fluid Mechanics, 35(2):369–386.
S PECKBROCK, G., K AMITZ, S., A LT, M. et S CHMITT, H. (2000). Low melting gal-
lium, indium, and tin eutectic alloys, and thermometers employing same. US Patent
6,019,509.
143
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
R ÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
V YVER, O. V., N ELISSEN, G., W EYNS, G., D ECONINCK, J., D EGREZ, M. et G ODET, S.
(2008). Mass transfer and current distribution on a metallic wire. Electrochimica acta,
53(22):6452–6459.
WALSH, F., K EAR, G., NAHLE, A. H., W HARTON, J. et A RENAS, L. (2017). The rotating
cylinder electrode for studies of corrosion engineering and protection of metals—an
illustrated review. Corrosion Science, 123:1–20.
W ILSON, L. O. (1978). On interpreting a quantity in the burton, prim and slichter equation
as a diffusion boundary layer thickness. Journal of Crystal Growth, 44(2):247–250.
144
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
Cette thèse est accessible à l'adresse : [Link]
© [N. El Ghani], [2020], INSA Lyon, tous droits réservés
FOLIO ADMINISTRATIF
Prénoms : Nouhayla
TITRE: Modélisation expérimentale du transfert de masse en croissance cristalline par des méthodes électrochimiques
en présence d’ultrasons.
RESUME : Le brassage acoustique présente une alternative prometteuse pour l'amélioration des procédés de purification
pendant la solidification du silicium photovoltaïque. Dans cette étude, on s'intéresse à la caractérisation de l'efficacité d'un
brassage par acoustic streaming pour favoriser la ségrégation. Nous avons développé une approche expérimentale originale
basée sur des démonstrateurs en eau des phénomènes présents lors de la solidification. Cette démarche s'appuie sur une
analogie entre d'une part la diffusion solutale des impuretés à travers la couche limite, au niveau du front de solidification
pendant le processus de croissance cristalline dans les fours de solidification, et d'autre part la diffusion des ions à travers la
couche limite à la surface de l'électrode dans une cellule électrochimique. En effet, l'application des méthodes d'électrochimie
analytique (polarographie), nous a permis de caractériser le transfert de masse au voisinage d'une paroi et de son amélioration
par un jet impactant généré par une source acoustique continue au sein du fluide. La cohérence des résultats expérimentaux
avec des simulations hydrodynamiques a été également examinée. En vue d'étendre les résultats obtenus dans l'eau à d'autres
fluides notamment les métaux en phase liquide. On présente, dans la dernière partie de ce manuscrit, les différents paramètres
de similitude permettant une description complète de l'expérience en fonction du fluide choisi : la géométrie, l'acoustique et
l'hydrodynamique. Nous présenterons ensuite, le cas particulier d'un dispositif expérimental utilisant du galinstan.
MOTS-CLÉS : transfert de masse, couche limite solutale, acoustic streaming, technique électrochimique, polarométrie,
solidification dirigée.
Président de jury :
Composition du jury : Pr. Michel GRADECK, Pr. Ahmed MEZRHAB, Dr. Hélène BAILLIET (MdC,HDR), Pr. Jean-Christophe
BERA, Pr. Abdelkader MOJTABI, Pr. Valéry BOTTON, Dr. Sophie MIRALLES (MdC), Dr. Benoit TER-OVANESSIAN (MdC).