COURS DE DEONTOLOGIE LSIO3/SAGE FEMME
I. INTRODUCTION
L’exercice d’activité médicale à quelque niveau que ce soit est soumis à un ensemble
de textes législatifs (lois) d’abord, ensuite juridique, éthique (morale).
L’existence dans le programme de formation d’un module de déontologie répond aux
soucis de préparer les futures sages-femmes aux problèmes qu’elles auront à affronter
pour exercer leur profession.
Objectif général
S’approprier les concepts suivants :
Ethique :
Morale
Ethique professionnelle
Déontologie
Vocation
Responsabilité
Secret professionnel
Objectifs spécifiques
A la fin du cours l’élève sage-femme de 3ème année doit être capable de :
Respecter l’éthique professionnelle.
Identifier le rôle éducatif et préventif de la sage-femme.
Expliquer l’histoire et l’organisation de la profession sage-femme.
Développer chez la sage-femme une véritable éthique professionnelle.
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I. DEFINITTONS DES CONCEPTS
1. Déontologie
C’est la science de droits et devoirs propres à une profession. Elle délimite et définit
exactement les responsabilités professionnelles. Chaque profession a ses devoirs
spécifiques et ses responsabilités propres.
2. L’éthique:
L’éthique est l’étude des principes qui guident l’action humaine.
Elle cherche à déterminer la meilleure façon de vivre ensemble.
3. L’éthique professionnelle
L’éthique professionnelle est le respect des règles de conduite en le milieu
professionnel c’est avoir le sens des responsabilités et des valeurs.
4. La morale:
C’est un système de règles que l’homme suit dans sa vie personnelle et sociale. C’est
un ensemble de valeurs que se donne un groupe en termes de bien et de mal.
5. Le code de la déontologie
Le code de la déontologie se présente comme un recueil de règles qui guide la
conduite du professionnel dans l’exercice de sa fonction.
6. La vocation :
C’est une disposition personnelle intérieure qui incite ou pousse la personne à choisir
une profession en connaissance de toutes ces exigences
La vocation pour une profession, au sens large du terme, donne un engagement à
100% et sans recule quelques soient les difficultés.
C’est elle qui apporte à la sage-femme, la force de persévérer la patience lorsque le
traitement du malade est long et fastidieux.
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7. Le secret professionnel pour la sage-femme
C’est l’obligation légale et déontologique de ne pas divulguer des informations
confidentielles concernant ses patientes, sauf exception prévues par la loi. Cette
confidentialité concerne toutes les informations recueillies dans le cadre de la relation
professionnelle, qu’elles soient verbales, écrites ou visuelles.
Exceptions au secret professionnel :
Malgré cette obligation absolue, il existe des exceptions légales qui autorisent la levée
du secret professionnel notamment :
Autorisation de la patiente
Obligation légale :
Dans certains cas, la loi impose à la sage-femme de signaler des informations aux
autorités compétentes (suspicion de maltraitance, de violence conjugale….)
Requête judiciaire ; une obligation légale de témoigner dans le cadre d’une
procédure judiciaire
II. FONDEMENTS DE L’ETHIQUE
L’éthique a pour fondement de base:
- Le droit
- Le devoir
- La responsabilité
- La sanction
1. Le droit:
Le droit est l’ensemble de règles édictées et sanctionnées par l’autorité publique en
vue de réglementer les relations entre les hommes pour le bien commun de la société.
Exemple des droits de la patiente :
- La liberté de choisir l’établissement de santé pour la prise en charge.
- La garantie de la qualité d’accueil, et des soins par les établissements de santé
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- L’accès à l’information loyale.
- Le consentement libre et éclairé de la patiente dans la pratique des actes de soins
- Le droit de quitter l’établissement de soins même pendant l’hospitalisation.
- Le droit de traitement avec égards de la personne hospitalisée.
- La garantie du respect de la vie privée de la patiente
- Droit à l’accès aux informations sanitaires par les malades hospitalisés ou ses
représentants
- Droit d’observation sur les soins et sur l’accueil
2. Le devoir:
Le devoir signifie l’obligation, ce à quoi on est obligé par la morale, par la loi,
la raison et les convenances.
Classification des devoirs professionnels :
- Les devoirs envers la mère et le nouveau-né
- Les devoirs envers l’entourage de la patiente
- Les devoirs envers les collègues
- les devoirs envers la profession
a) devoirs envers la mère et le nouveau-né :
Devoir pour la sage-femme d’assurer tous les soins en son pouvoir a la mère et au
nouveau-né, dans le stricte respect des règles d’hygiène, d’asepsie et de sécurité tout
en préservant ses droits tels que prévu dans les droits du malade.
b) Les devoirs envers l’entourage du malade:
La sage-femme doit à la famille de la patiente une action morale et une action
éducative ; calmer les inquiétudes des proches de la patiente en leur donnant des
explications tout en respectant le secret professionnel…..
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c) Les devoirs envers les collègues :
Devoir pour le personnel d’éviter des scènes de confrontation entre confrères et éviter
des contradictions publiques.
d) Les devoirs envers la profession :
- Se sentir responsable de ses actes et avoir le souci constant de servir ses patientes.
- Veiller constamment à l’amélioration de ses qualités professionnelles par la
formation continue.
- S’interdire à l’exercice illégal des professions médicales et paramédicales.
- Avoir le souci constant de la formation des étudiants.
- Valoriser la profession en respectant son droit
- Devoir du secret professionnel
e) Le respect de la vie et attitude envers le mourant
• Euthanasie
L’euthanasie est la méthode qui entraîne chez les patientes incurables, atteints de
souffrances intolérables, une mort douce grâce à l’emploi de substances stupéfiantes
ou calmantes.
Il est classique de rappeler le cas de ce médecin abrégeant l’agonie de son fils, atteint
de diphtérie grave, la veille du jour où roux devait annoncer le sérum curateur……
Le premier devoir de la tradition est de conserver la vie humaine. La sage-femme doit
tout mettre en œuvre pour réconforter la patiente, lui rendre l’espoir de guérir.
• L’agonie, c’est-à-dire le passage de la vie à la mort, a une durée variable, elle est
parfois brève, elle est parfois longue, mais elle constitue toujours une épreuve
cruelle pour la famille.
C’est à ce moment que la sage-femme doit se comporter de telle façon que l’entourage
ne regrette pas de lui avoir confié le soin d’un être cher.
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Avec calme, sans témoigner d’agitation, la sage-femme prodiguera des soins attentifs.
Les symptômes de l’agonie ne doivent pas l’impressionner, mais l’inciter à tout mettre
en œuvre pour adoucir les derniers moments de la patiente.
Devant la majesté de la mort, avec réserve, respect et délicatesse, la sage-femme
remplit ses obligations professionnelles.
• Dès que le malade est décédé, le médecin doit être averti pour constater le décès.
Il faut permettre à la famille de se recueillir sans témoin auprès du défunt.
Il convient de prendre conseil d’un membre de la famille au sujet de la façon dont le
corps doit être revêtu.
f) L’examen post mortem
• En cas de mort violente qui laisse soupçonner une action pénale possible, le mort
ne peut être inhumé qu’avec l’autorisation du parquet.
• Dans les cas où il n’existe aucun soupçon de crime ou de délit, c’est à la famille qu’il
appartient de prendre une décision quant à l’embaumement ou l’examen « post
mortem » du défunt. Il ne peut toutefois y être procédé que 24 heures après le
décès et après que celui-ci ait été régulièrement constaté.
Elle doit en outre respecter les règlements communaux sur les inhumations.
3. La responsabilité:
La responsabilité est l’obligation de répondre de ses actes avec le devoir de réparer
un préjudice causé à autrui.
Elle désigne également la capacité ou le pouvoir de prendre soi-même des décisions.
On distingue selon la mise en cause : la responsabilité civile ; la responsabilité pénale
et la responsabilité disciplinaire ou administrative.
A) la responsabilité civile :
C’est la réunion de deux éléments que sont le dommage et la faute.
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Elle vise à indemniser la patiente
Exemple :
- Erreur dans l’administration des médicaments.
- Faute liée à l’insuffisance du matériel.
B) la responsabilité pénale:
Elle vise à réprimer un comportement jugé dangereux pour la société.
Exemple:
- La blessure ou la mort d’une patiente ou d’un nouveau-né par imprudence,
maladresse ou inattention même involontaire d’une sage-femme peut lui
encourir des sanctions pénales. (amandes, emprisonnement...)
C) la responsabilité disciplinaire ou administrative:
Elle vise une sanction disciplinaire ou administrative
Exemple :
- Violation d’une règle professionnelle.
- Désobéissance ou ’inobservation de mesures ou d’ordres émanant de son supérieur
ou de son employeur (dès lors que ceux-ci ne sont pas manifestement illégaux).
4. La sanction
La sanction est l’action prise en cas de violation d’une règle de droit national ou
international. Elle a pour but de punir le coupable et protéger l’ordre public
Exemple :
Lorsque la sage-femme manque à ses obligations professionnelles, la responsabilité
disciplinaire ou administrative est engagée.
Les sanctions peuvent être:
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- L’avertissement,
- Le blâme,
- La rétrogradation
- L’abaissement d’échelon
- La radiation du tableau d’avancement
- La révocation
III. LES QUALITES ET APTITUDES DE LA SAGE-FEMME
La sage-femme est par définition, une professionnelle de la sante hautement qualifiée
qui fournit des soins holistiques aux femmes tout au long de leur vie, mais surtout axes
sur la période périnatale (grossesse accouchement et post parfum)
La sage-femme travaille en partenariat avec la femme pour prendre des décisions
éclairées concernant sa santé et celle de son enfant.
La sage-femme ne se limite pas aux aspects physiques de la sante, mais prend
également en compte les aspects psychologiques sociaux et émotionnels.
La sage-femme par ses compétences englobe la surveillance de la grossesse, la
préparation à l’accouchement, l’assistance a l’accouchement normal, la prise en
charge du post partum , la contraception, le conseil en allaitement ,la détection
précoce des problèmes de sante, et le conseil en santé sexuelle et reproductive.
Pour répondre convenablement aux exigences du métier, la profession sage-femme
exige des qualités et aptitudes comme suit :
1. Qualités morales :
La prudence, la volonté, la patience, la douceur, la bonté, honnêteté, la bonne humeur.
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2. Les qualités professionnelles :
- Esprit d’observation
- Esprit d’organisation et de collaboration
- Esprit d’initiative : prendre des mesures judicieuses dans la limite de ses
compétences
- Maîtrise de soi : calme et modération dans sa conduite et son comportement
- Ordre et propriété : dans son emploi, les dossiers, les documents administratifs et
le matériel
- Économie : art de bien gérer, bien administrer
- Dévouement : écoute, accueil, ouverture aux autres, aux patientes et à sa famille
- Obéissance : respect à la hiérarchie, des consignes et du règlement de travail
- Compétences : connaissance approfondie théorique et pratique
- Conscience professionnelle : application de la conscience morale dans la profession
; ponctualité et assiduité, tenue correcte
3. Qualités sociales
- Tact, politesse, exactitude
- Distinctions : manière élégante dans le vocabulaire, la tenue et l’allure générale
- Sens social : culture étendue permettant de comprendre tous les aspects de la
société, tous les problèmes du patient même ceux qui ne sont pas clairement
exprimés
- Discrétion : qualité consistant à savoir garder le secret d’autrui, retenu dans les
relations
4. Aptitudes de la sage-femme
C’est une disposition naturelle à exercer une activité donnée, à cultiver un art ou à
s’adonner à une science.
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a) Aptitude physique
C’est avoir un bon état des organes de sens et de de la colonne vertébrale, bon
équilibre morale et psychologique
b) Aptitude intellectuelle
- Intelligence : faculté de connaître et de comprendre ; possibilité de s’adapter à une
situation
- Jugement : faculté de comparer et de juger ; objectivité et tolérance
- Mémoire : faculté de conserver, de retenir des idées ou des faits
- Imagination : faculté d’initier, de créer et d’adapter
IV. CODE DE DEONTOLOGIE INTERNATIONAL POUR LES SAGES-FEMMES :
Il existe un code de déontologie de la sage-femme mais il n’est pas encore adopté au
Niger.
Le code s’intéresse aux mandats éthiques de la sage-femme conformément à la
mission, la définition de la sage-femme, et les normes globales de l’ICM qui est
de promouvoir la santé et le bien-être des femmes et des nouveau-nés dans le
cadre de leur famille et de leur communauté. Y compris le cycle de vie
reproductive de la femme à partir de la préconception, la grossesse, la
ménopause jusqu’à la fin de la vie. Ces mandats portent entre autres sur la façon
dont les sages-femmes entretiennent des rapports les unes aux autres,
pratiquent leur art, s’acquittent de leurs responsabilités et leurs devoirs
professionnels, et comment elles doivent travailler pour garantir l’intégrité de la
profession de sage-femme.
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Le code
i. Relations établies dans le cadre de la pratique de sage-femme
a. Les sages-femmes nouent des relations avec chaque femme dans le cadre
desquelles elles partagent des informations pertinentes qui conduisent à une
prise de décision informée, conviennent d’un programme de soins évolutif et
acceptent la responsabilité des conséquences de leurs choix
b. Les sages-femmes soutiennent le droit des femmes/des familles à participer
activement aux décisions relatives à leurs soins.
c. Les sages-femmes habilitent les femmes/leurs familles à faire entendre leur
point de vue sur des questions qui affectent les femmes et les familles au sein
de leur culture/société.
d. Les sages-femmes, en collaboration avec les femmes, travaillent avec des
agences de politique et de financement pour définir les besoins des femmes en
matière de services de santé et pour garantir que les ressources sont allouées
de façon juste en fonction des priorités et disponibilités.
e. Les sages-femmes s'aident et se soutiennent mutuellement dans leurs rôles
professionnels et encouragent activement le sentiment personnel de leurs
propres valeurs et de celui des autres.
f. Les sages-femmes travaillent avec d'autres professionnels de la santé en faisant
preuve de respect à leur égard et les consultent ou transfèrent si nécessaire les
femmes dont elles ont la charge si les soins requis par celles-ci excèdent les
compétences de la sage-femme.
g. Les sages-femmes ont conscience de l'interdépendance humaine au sein de leur
profession et cherchent activement à résoudre les conflits inhérents.
h. Les sages-femmes ont des responsabilités vis-à-vis d'elles-mêmes en tant que
personnes de grande moralité, y compris des devoirs de respect de soi et de
préservation de leur intégrité.
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ii. La pratique de sage-femme
a. Les sages-femmes fournissent des soins aux femmes enceintes et à leur famille
en respectant la diversité culturelle tout en tentant d'éliminer les pratiques
dangereuses qui existent dans ces mêmes cultures.
b. Les sages-femmes encouragent des attentes minimaux de la part des femmes
et des filles que la conception et l'accouchement ne nuiront pas à la santé.
c. Les sages-femmes intègrent des connaissances professionnelles fondées sur
des preuves les plus récentes, afin de maintenir sa compétence en matière de
la pratique de sage-femme dans tous les milieux et des cultures.
d. Les sages-femmes répondent aux besoins psychologiques, physiques,
émotionnels et spirituels des femmes qui recherchent des soins médicaux,
quelle que soit leur situation (non-discrimination).
e. Les sages-femmes servent de modèles efficaces en matière de promotion de la
santé pour les femmes pendant tout leur cycle de vie, pour les familles et
d'autres professionnels de la santé.
f. Les sages-femmes recherchent activement, pendant toute leur carrière, un
développement personnel, intellectuel et professionnel et intègrent ce
développement dans leur métier.
iii. Les responsabilités professionnelles des sages-femmes
a. Les sages-femmes garantissent la confidentialité des informations concernant
leurs clientes afin de protéger leur vie privée et ne divulguent ces informations
que lorsque la loi les y oblige.
b. Les sages-femmes sont responsables de leurs décisions et de leurs actions et
sont tenues responsables des conséquences des soins qu'elles prodiguent aux
femmes.
c. Les sages-femmes peuvent refuser de ne pas participer à des activités en
contradiction avec leurs convictions morales profondes. Cependant, la
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conscience individuelle de chaque sage-femme ne devrait pas priver les femmes
de services de santé essentiels.
d. Les sages-femmes avec l'objection de conscience à un certain type de soins
réclamé par la femme, orienteront cette dernière vers un autre prestataire de
soins qui sera en mesure de le leur fournir.
e. Les sages-femmes comprennent les conséquences négatives que la violation de
droits moraux et des droits de l'homme ont sur la santé des femmes et des
nouveau-nés et s'efforceront d'éliminer ces violations.
f. Les sages-femmes participent au développement et à la mise en place de
politiques de santé qui favorisent la santé de toutes les femmes enceintes et de
leurs familles.
iv. Développement des connaissances et de la pratique de sage-femme
a. Les sages-femmes garantissent que le développement des connaissances en
matière de pratique de sage-femme est basé sur des activités qui protègent les
droits des femmes en tant que personnes.
b. Les sages-femmes développent et partagent des connaissances sur leur métier
grâce à diverses méthodes dont le contrôle par les pairs et la recherche.
c. Les sages-femmes contribuent à la formation officielle des étudiants en pratique
de sage-femme et à la formation continue des sages-femmes.
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