LE HAUT ATLAS DE BENI MELLAL AFOURAR
Cadre géomorphologique et climatique
La partie centrale du Haut Atlas marocain comporte deux grandes unités structurales : i) à l'ouest, le
massif ancien du Haut Atlas est constitué d'un socle précambrien, de terrains primaires plissés et de
granites relevant de l'orogenèse hercynienne ; ii) à l’est, le Haut Atlas central (HAC), prolongement du
massif précité, où dominent les séries mésozoïques plissées. Le HAC est donc une chaîne
intracontinentale typique (Choubert & Faure Muret, 1962 ; Michard, 1976 ; Mattauer et al. 1977), qui
résulte de l'inversion d'un bassin essentiellement jurassique et d'obédience téthysienne. La
couverture post-hercynienne, plissée et décollée sur le Trias, comporte une épaisse série d'âge
jurassique inférieur et moyen avec, localement, des dépôts crétacés et tertiaires affleurant surtout sur
les bords de la chaîne. Elle montre un système de plis anticlinaux, généralement droits et étroits,
érodés jusqu'au Lias ou au Trias avec localement des intrusions de roches magmatiques d'âge
jurassico-crétacé. Ces anticlinaux sont séparés par de larges synclinaux à fond plat.
Le périmètre de l’excursion se situe dans la partie nord-occidentale du Haut Atlas central (fig. 2). Au
sud de la plaine de Tadla (altitude moyenne 500 m) à remplissage essentiellement quaternaire, deux
unités morphologiques se distinguent au sein de ce domaine atlasique :
i) la moyenne montagne au nord (altitude moyenne 1200 m; Couvreur, 1988) correspond à l'Atlas de
Béni-Mellal et
d’Afourer tels qu'ils ont été définis par Rolley (1973b). Il se compose pour l'essentiel d'une ossature
liasique dont les plus importants éléments culminent à 2200m. Cet alignement est bordé au nord par
un important accident le séparant de la plaine de Tadla et au sud par les synclinaux de Tagleft, de
Ouaouizaght et d'Aït Attab (zone synclinale de l'Oued El Abid, Rolley ; 1973b). A l'échelle de
l'ensemble du secteur visité, c'est dans ces seuls synclinaux que les témoins de la couverture d'âge
Crétacé se trouvent conservés ;
HAUTATLAS CENTRAL, PARTIE NORD-OUEST (volume 7)
North-western Central High Atlas par / by Abdellatif SOUHEL, Fatima EL BCHARI, Khadija EL HARIRI, Badya
LAGE, Joseph CANEROT, Driss CHAFIKI, El-Mostafa ETTACHFINI & Ralf LÖWNER
Le Haut-Atlas central, au Maroc, est un segment d’une vaste chaîne montagneuse intracontinentale
mésozoïque, individualisé dès le Trias dans la partie nord de la plaque africaine (Laville et al., 1994). Dans son
contexte géodynamique, il constitue un élément important pour les reconstitutions paléogéographiques et
cinématiques de tout le domaine atlasique, depuis le Trias jusqu’à l’actuel. Le Haut-Atlas de Béni-Mellal constitue
une zone-clef de ce dispositif, à la jonction du Haut et du Moyen Atlas (Figure 1).
Le Haut-Atlas central a connu une importante activité magmatique durant le Mésozoïque et le Tertiaire. Les
premières coulées basaltiques tholéiitiques sont émises au Trias (Bertrand et al., 1982; Benchekroun, 1985;
Beraâouz, 1995; Youbi et al., 2003 ; Marzoli et al., 2004; Verati et al., 2007). Puis de nombreux intrusions, champs
filoniens et laves basaltiques se sont manifestées durant le Jurassique moyen-Crétacé inferieur (Bertrand, 1991;
Lhachmi, 1992 ; Zayane, 1992, 2002 ; Bougadir, 1998 ; Zayane et al., 2002 ; Bensalah et al., 2006). En fin de cette
importante activité magmatique, des lamprophyres, des carbonatites et les dykes associés se sont mis en place durant
l’Eocène (Bouabdli, 1987; Kchit, 1990; Beraâouz, 1995; Bouabdellah et al., 2010).
Dans le Haut-Atlas de Béni-Mellal, les manifestations jurassico-crétacées se matérialisent par la mise en place d’un
ensemble de roches magmatiques exposées côte à côte et eninterdépendance étroite, sous forme de différents modes
de gisements : coulées de laves, plutons, sills et dykes (Guezal et al., 2011).
Les coulées basaltiques présentent une relative prédominance, se manifestant, ainsi, dans tous les bassins synclinaux
de l’Atlas de Béni-Mellal. Elles sont, étroitement, liées à l’ensemble des stades géodynamiques de la région, initiés
par le rifting de l’Océan Atlantique (Laville, 1985; Beraâouz, 1995).
Ces manifestations volcaniques n’ont pas suscité un grand intérêt de point de vue d’étude. Elles furent mentionnées
dans la littérature (Subra, 1980; Beraâouz, 1995; Souhel, 1996), mais les plus importants études existantes sont
restreintes aux travaux de Bardon et al. (1978), qui étudia le paléomagnétisme de ces formations, et plus récemment,
ceux effectués par Bensalah et al. (2006), qui essaya d’étudier, d’une façon préliminaire, les coulées basaltiques liées
aux bassins synclinaux d’Oued Abid. Jaouad Guezal; Mohamed El Baghdadi & Ahmed Barakat
Décollé
Qui jalonnent