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ih -2015
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y
.55m
LE
.IVRE ROUGE
RÉSUMÉ
du piagisme, des Sciences occultes
ET DE LA
PHILOSOPHIE HERMÉTIQUE
d'après
Hernies Trismégisle, Pytagore, Cléopâtre, Ariéphius,
Marie-V Egyptienne, A Hier! le Grand.
Paracelse, Cornélius Agrippa, Cardan, Mesmer
Charles Fourrier, etc.
PAR
HORTENSIUS FLAMEL
PARIS
LAVI(i N 10, 1011 IT 10 L' K
/lue du Paon, /
1811
X LC o ^9 \
[
HI8TORICAL
MEBICAL
)
PRÉFACE
—O —
Les derniers alchimistes, ces hommes
æ science et de génie qui travaillaient
au
nrand- Œuvre, sont morts il
y a bientôt
ESnt ans, et depuis lors plus rien
n a paru
lur cette science. L’oubli, cette poussière
ces temps, est venu recouvrir de ses impé-
cétrables couches les bulletins de leurs
sspérances, de leurs travaux et de leurs
wuffrances.
Beaucoup de leurs précieux manus-
its, déshérités des faveurs de l’impression
ont restés enfouis dans les
catacombes
-.s bibliothèques. La
langüemême de leur
aence a été oubliée. Semblable
aux
mystérieux hiéroglyphes des
Egyptiens, il
î se trouve plus personne
maintenant
>ur la traduire ou l’expliquer.
Triste retour des choses d’ici-bas!
lEncore quelques années au train
dont
ont les hommes et les
choses, et le
INTRODUCTION
ET
Historique des Sciences Occultes
—O
Si nous ouvrons un instant le grand
livre de l’humanité que nous y jetions
et
un coup d’oeil, nous verrons que partout
et dans tous les temps l’homme a conti-
nuellement cherché à étendre les limites
de sa puissance. C’était là la destinée, ou
plutôt c’était la loi à laquelle il devait obéir
et que Charles Fourrier, un de nos grands
philosophes, a formulée par ces mots :
Les attractions sont proportionnelles aux
destinées et puisqu’il en est ainsi, l’homme
;
émanation de la divinité, devait donc cher-
cher tous les moyens pour s’en rapprocher.
Régent de ce globe qui lui a été confié, il
devait s’occuper des forces à employer
pour les gouverner, et c’est après avoir
étudié les phénomènes de la nature et les
lois de toutes les créations qu’il devait
— 9 —
régenter, qu’il s’est aperçu de l’existence
de deux inondes : le monde matériel et le
monde immatériel l’un borné dans ses
;
effets et dont causes apparentes et ma-
les
nifestes à ses yeux pouvaient facilement
s’expliquer, l’autre, infini dans son essence,
incommensurable dans sa puissance et
dont les causes impénétrables restaient
pour lui enveloppées d’un mystère dont il
ne pouvait qu’à de longs intervalles sonder
les profondeurs.
En effet, se passe tous les jours autour
il
de nous des phénomènes dont l’intelligence
humaine est impuissante à se rendre
compte; le fait se manifeste, son existence
matérielle est constante jusqu’à l’évidence;
sa réalité est incontestable, et pourtant il
est impossible d’expliquer à quelles causes
il est dû, et comment il se produit. Prenons
un exemple dans les sciences médicales,
cellesde toutes qui ont été travaillées avec
le plus d’assiduité par les plus fortes intel-
ligences et les plus exemptes de préjugés.
L’opium, le mercure, le quinquina sont des
remèdes d'un usage journalier et dont
a été démontrée d’une façon
l’efficacité
incontestable. Comment agissent-ils cepen-
10 —
dant ? Quelle est la nature de leur action
surPéconomie animalePEn vertu de quelles
lois se comportent-ils dans certaines cir-
constances, tandis que dans des circons-
tances analogues leur action est très diffé-
rente, et quelquefois même tout à fait inap-
préciable ? A toutes ces questions, la
Science des écoles n'a pu encore trouver
une réponse satisfaisante, et nos plus
illustres docteurs en sont encore réduits à
cette vieille plaisanterie de Molière à pro-
pos de l’opium.
Quia est in eo virtus dormitiva
Cujus est natura
'
Sensus assoupire.
Et ces mêmes hommes qui admettent les
faits constatés indépendamment de toutes
explications, lorsque ces faits peuvent
être exploités au profit de leur charlata-
nisme scientifique, viendront impudemment
jeter l’accusation de charlatanisme à la tête
de tous les savants consciencieux qui
recueillent religieusement tous les faits
constatés, les classent, les enregistrent et
tâchent de les coordonner en système !
N’avons-nous pas vu M. Arago, ce grand
11
charlatan de la science astronomique, reje-
ter les faitsdu domaine du magnétisme
par cette pitoyable raison : Je ri admets
pas ce que je ne comprends pas ! Mais
avez-vous une explication complètement
satisfaisante pour tous les faits scienti-
fiques que vous admettez ? Savez-vous
pourquoi et comment l’aimant attire le fer?
Expliquez-vous les aérolithes, les étoiles
filantes et les aurores boréales ? Pouvez-
vous nous dire ce que c’est que la folie et
comment elle devient contagieuse? Qu’est-
ce que la nostalgie, le vertige et toutes les
maladies nerveuses ? Savez-vous comment
nous viennent les pestes ? Expliquez-vous
comment elles se comportent ? Et le phé-
nomène de la reproduction des espèces, et
les causes de la végétation, et les mer-
veilles de la vie dans les différents règnes
de la nature, avez-vous une explication
pour toutes ces choses? Comprenez-vous
comment se conserve le souvenir ? Con-
cevez-vous seulement comment votre
volonté fait mouvoir votre organisme, ou
n’admettez-vous aucune de ces choses
parce que vous ne les comprenez pas ?
Concevez donc qu’il y a des choses qui
— 12 —
sont du domaine des sens et qui sur-
passent les limites dans lesquelles vos
sciences bornées ont été enfermées jusqu’à
ce jourjconcevez aussi qu’il y en a d’autres
qui sont du domaine de la raison et que
les expériences les plus délicates ne se ren-
dront jamais manifestes pour vos sens
bornés. Dans le premier cas, vous êtes
forcé de vous en tenir à l’espèce de certi-
tude qui résulte de l’expérimentation ;dans
le second, l’expérimentation est inappré-
ciable car vous ne pouvez ni les toucher,
;
ni les sentir, et, jusqu’à ce que vous ayez
découvert un critérium commun auquel
vous puissiez rapporter ces deux ordres
de phénomènes, vous n’avez pas plus de
raison pour rejeter les faits constatés par
l’expérience que ceux qui résultent des
investigations de l’intelligence, ou bien
alors si vous voulez que nous parlions
votre langage, nous dirons : Avant d’éta-
blir une science, on constate des faits ;
il
faut tâcher de les comprendre mais pour
;
les comprendre il faut le vouloir et parce
;
qu’une formule, formule banale, que vous
aurez bien ou mal employée se trouvera
impuissante devant la solution du problème
— 13 —
cosé à votre intelligence, vous nierez et le
rroblème et la solution mais ce principe
;
>st d'une absurdité révoltante, et alors
ous nierez Dieu parce que jamais, au
noyen de vos méthodes étroites, vous ne
aurez le comprendre, ni l'expliquer.
Or, c’est vers l’acquisition d’u îe méthode
urge et complète, d’un critérium absolu
liu’ont été dirigées toutes fes forces de
notre intelligence, c’est à l’étude des choses
xtraordinaires que nous avons consacré
notre vie touteentiêre. Nous avons longue-
ment médité sur leurs causes, nous avons
Cherché alternativement le moyen de les
reproduire. Pour cela nous avons lu et relu
tes ouvrages, tant imprimés que manus-
crits, des sages, des savants et des philo-
sophes, depuis Hermès Trismégiste, le
plus ancien, jusqu’cà Charles Fourrier, ler
plus moderne des initiés au grand-œuvre,
et nous avons la certitude d’être arrivé à la
connaissance et à l’explication de la plus
grande partie des prodiges et opérations
•surnaturelles.
Cependant ilune merveille devant
est
laquelle notre esprit demeure toujours
étonné, et qui semble surpasser la portée
— 14 —
de l’intelligence humaine, bien qu’elle
agisse habituellement sur nos sens, et que
son action soit manifeste c’est l’empire
;
que les enchantements, sortilèges, signes
cabalistiques, regards mauvais, paroles
secrètes et autre chose de peu d’importance
en apparence exercent sur les hommes et
sur leurs facultés, sur les animaux, sur les
plantes et les objets matériels.
Mais, après avoir sérieusement examiné
la question, nous sommes obligé de con-
venir avec tous les grands philosophes
que l’homme a une certaine puissance de
modifier les choses et les circonstances des
choses par l’énergie de sa virtualité per-
sonnelle. On voit, en effet, que grandi par
l’enthousiasme d’une passion puissam-
ment surexcitée, l’homme entraîne et
domine tout ce qui l’entoure, et change
par conséquent les conditions et les rap-
ports habituels de la vie, et l'on peut
constater que la puissance de la volonté
de l’homme, portée à sa plus haute énergie
occasionne des phénomènes ixexplicables
si l’on n’admet pas avec les mages, les plus
savants et les plus habiles nécromanciens,
que la volonté dans l’homme, comme dans
— 15 —
!aa puissance supérieure est la seule cause
Æt leprincipe essentiel de tous les phéno-
mènes.
La volonté de chaque homme a une
action dans les limites de son énergie et de
«ses facultés propres. Sa manière de vivre,
«son allure, son caractère ont une influence
positive et incontestable sur tout ce qui
ll’entoure. Entrez chez un homme triste,
(chagrin et mélancolique ;
la disposition
ttout entière de son appartement, sa con-
'versation, ses vêtements mêmes portent
l’empreinte de son chagrin et de sa mélan-
colie. Si vous restez quelque temps sou-
tmis à son influence, vous le quitterez
avec des dispositions à la tristesse que
vous n’aviez pas en l’abordant, et dans la
même série d’observations vous remarque-
rez que la fréquentation d’hommes joyeux
voluptueux, sobres, courageux spirituels,
violents, vous dispose et vdus porte à la
joie, à
g volupté, à la sobriété, au courage
I
à l’esprit et à la violence.
Une fois ces premiers jalons posés, ces
premières données reconnues et admises,
nous entrons naturellement dans un
monde immatériel dont la connaissance
— 16 —
approfondie constitue la science occulte.
Pour nous, la science psychologique n’est
que le premier échelon de cette immense
échelle que l’homme doit apprendre à gra-
vir. Et si, en remontant aux premiers âges
du monde, nous constatons que la plus
excellente de toutes les sciences, la science
occulte, était alors relativement plus avan-
cée qu’elle ne l’est de nos jours, c’est que,
dans le commencement, l’homme exempt
de préjugés scientifiques était en présence
de la nature, dont ilrecevait les impres-
sions directement et dans la plénitude de
leur action, en sorte qu’avec un moindre
acquis il lui fût possible cependant de
rapporter immédiatement les phénomènes
les plus inexplicables à leurs circonstances
occasionnelles et par conséquent, à pou-
voir les reproduire toutes les fois qu’il en
sentirait le besoin ou l’utilité.
Ainsi, nous voyons dès les premiers
âges du monde Hermès, Zoroastre et
Moïse, ces trois grands législateurs, ces
pasteurs du peuple, comme ils s’appelaient
dans leur langage mystique et figuré, nous
les voyons, disons-nous, opérer des pro-
diges qui ont été à peine surpassés par
— 17 —
ceux qui sont arrivés après eux. Zoroastre
dessèche le bras d’un de ses ennemis,
chasse devant lui une troupe de soldats
envoyés pour l’assassiner; il suspend le
cours de l’Euphrate par la seule puissance
de sa volonté. Moïse change l’eau en sang,
fait produire des feuilles et des fleurs à la
baguette de son frère Aaron ;
change la
il
sienne en serpent, et fait mourir dans une
nuit tous les premiers nés des familles
égyptiennes, Hermès, le plus grand de tous,
Hermès Trismégiste, qui a donné son nom
aux sciences occultes que l’on désigne
encore par le nom de science hermétiques;
Hermès parut en même temps à plusieurs
de ses disciples qui se trouvaient à des
distances considérables les uns des autres.
Il se rendait invisible et faisait de l’or, en
soufflant seulement sur de la terre ou du
plomb.
Nous ne finirions pas si nous voulions
énumérer tous les prodiges opérés par ces
grands génies et leurs successeurs immé-
diats. Ainsi donc il demeure établi que,
dans des circonstances données, l'homme
peut produire des phénomènes d’un ordre
surnaturel.
— 18 —
Mais nous voyons d’ici les hommes de
la science et des académies sourire de pitié
à cette simple affirmation, et traiter de sym-
boles et de fictions les récits historiques
qui remontent à une certaine antiquité.
Singulière science vraiment que celle qui
nesaitjamais voir qu’un côté de la question,
qui s’imagine qu’un symbole n’est qu’une
image reposant sur un fait fugitif, comme
si, dans toute l’histoire du symbolisme, on
ne constatait pas invariablement la coexis-
tence du symbole avec le fait matériel sur
lequel il repose; comme si le crucifiement
du Christ était moins réel parce que la croix
est devenue le symbole de la religion chré-
tienne comme si l’existence de Jérusalem
;
et du Temple de Salomon était devenue
incontestable parce qu’on en a fait le sym-
bole de la cité éternelle.
Mais que nous importe l’approbation ou
l’improbation de ce qu’on est convenu
d’appeler aujourd’hui le monde savant?
N’avons-nous pas constaté tout à l’heure
l’insuffisance des doctrines qui s'y pro-
fessent lorsqu’il s’agit d’expliquer les plus
ordinaires des phénomènes de la vie ? Cer-
tainement nous professons un grand res-
— 19 —
pect pour le zèle persévérant avec lequel
plusieurs des initiés aux sciences vulgaires
poursuivent leurs investigations toutes
naturelles mais nous faisons peu de cas
de ieur jugement par cela même qu'ils se
trouvent placés à un point de vue étroit et
complètement insuffisant pour la détermi-
nation des lois qui régissent les phéno-
mènes, à l’étude desquels ils ont borné
toute leur ambition. D’ailleurs quelques-
uns d’entre eux ont commencé à recon-
naître qu’il existe des puissances qui ont
échappé jusqu’à ce jour à leur analyse, et
nous nous tromperions fort si M. Dumas,
le plus avancé des chimistes contempo-
rains, regardait encore l’alchimie et parti-
culièrement la possibilité de faire de l’or
comme une chimère. Et puis, pour nous
consoler du dédain dans lequel sont tom-
bés depuis quelque temps les sciences
dont nous nous occupons spécialement,
n’avons-nous pas l’approbation et le con-
cours des plus grands génies qui ont
éclairé lamarche de l’humanité Dardanus,
:
Hermès, Zoroastre, Isis et son fils Osiris,
Moïse, Salomon, Pythagore, Socrate, Enipé-
docle, Démocrite, Marie l’Egyptienne, Cléo-
— 20 —
pâtre, l’empereur Caligula. Apollonius de
Tliiane, et plus près de nous, Saint-Domi-
nique, Saint-Thomas, Albert-le-Grand, Bert-
hold Swartz, Képler, Agrippa, Almohadi,
Artéphius, Cardan, Michel Scott, l’empereur
Frédérick, Paracelse, Roger Bacon, Ereyné
Philalète, Nicolas Flamel, Swedemborg,
Mesmer, Saint-Martin... et, de nos jours,
enfin Charles Fourrier qui a su lire plus
avant que pas un autre dans le livre mystique
des lois de la nature!
Les sciences occultes furent dans tous
les temps l’apanage des intelligences privi-
légiées; les premiers philosophes qui les
ont étudiées avaient compris que c’était
dans le silence et le recueillement, loin des
intrigues politiques et religieuses qu’elles
demandaient à être cultivées. Ainsi les
prêtres égyptiens avaient placé aux portes
de leur sanctuaire les gryphes et les sphinx,
symboles du silence et de l’impénétrabilité
dont leurs mystères devaient être envelop-
pés. Ainsi Pythagore exigait de tous ses
disciples cinq années de silence avant de
les admettre à discuter ses doctrines,
image du recueillement des longues
et
méditations qu’il faut apporter pour appren-
— 21
lire et concevoir, et quand il leur disait :
Wbstenez-vous des fèves... c’était une image
jar laquelle il voulait leur enseigner à se
etirer à l’écart des intrigues politiques,
jarce que dans les assemblées publiques
le la Grèce on votait au moyen de fèves
îoires et blanches. Ainsi Hermès, que nous
ne pouvons oublier ici, représentait la
science par le feu sacré que ses disciples
alimentaient et qu’ils ne pouvaient laisser
éteindre sans être punis de mort. Il leur
défendait aussi, pendant trois années, le
contact et la société des femmes, image de
'.a pureté virginale que lame et le corps
doivent conserver pendant l’étude.
Les sciences hermétiques veulent être
^étudiées en elles-mêmes et pour elles-
mêmes, elles veulent un zèle soutenu et
une persévérance infatigable, ce n’est qu’au
bout de vingt-cinq ans d’études assidues
que Nicolas Flamel, le grand alchimiste,
parvint à faire de l’or.
Combien n’a-t-on pas vu de génies
supérieurs qui seraient peut-être arrivés
aux dernières limites de la science, se lais-
ser détourner du but véritable vers lequel
devaient se tourner tous leurs efforts, pour
— 22 —
s’engager dans des luttes oiseuses au pro-
fit d’intérêts étrangers à cette même
science! C’est ainsi qu’ont fait Scaliger,
Van Helmont, et la plupart des fauteurs
des schismes scientifiques et religieux, et
des hommes qui auraient dû consacrer
leur vie tout à la recherche du
entière
Grand-Œuvre sont venus dépenser folle-
,
ment la divine étincelle qui était en eux en
luttant de prodiges devant les grands de
ce monde ou devant la populace.
Ainsi nous voyons Moïse faire assaut
de merveilles avec les prêtres égyptiens,
ses premiers instituteurs. Ainsi les pro-
phètes d’Israël luttaient avec ce qu’ils appe-
laient les faux prophètes. Ainsi les disciples
du Christ luttaient avec Simon-le-Magicien
et autres adeptes qui défendaient le paga-
Tiisme. Ainsi Saint-Dominique poursuivait
les sorciers de ses accusations et déchaî-
nait contre eux la colère et la vengeance
de la société, et les deux partis se ren-
voyaient les accusations de sorcellerie et
de manœuvres diaboliques.
Mais la science fait abstraction et des
politiques et deâ religions pour être une et
universelle; elle laisse de côté les rivalités
— 23 —
haines des adeptes pour ne s’occu-
eet les
per que de leur savoir et du progrès qu'ils
ont obtenu dans la recherche du grand-
œuvre; et, de confondre dans un
loin
mépris commun les faiseurs de pro-
tous
diges, elle honore les vrais initiés à quelque
parti qu’ils aient appartenu et constate
leur puissance surnaturelle, tout en déplo-
yant le funeste usage qu’ils ont pu en faire.
(Qu’importent après tout les accusations
qu’ils se renvoyaient! Qu’importe les per-
sécutions qu’ils ont tour à tour dirigées
les uns contre les autres, persécuteurs ou
!
persécutés, saints ou sorciers, disciples de
Jésus ou de Pythagore, prêtres de Jéhova
ou pontife de Baal, qu’ils aient prétendu
agir au nom de Dieu tandis que leurs
ennemis agissaient, suivant eux, au nom
du diable ;
n’importe, Dieu et le diable
il
n'ont rien à voir dans cette affaire, car nous
sommes dans le domaine de la science
pure et de la plus sublime de toutes les
sciences. Ils opéraient par des moyens
analogues et produisaient des phénomènes
semblables, donc ils agissaient en vertu du
même principe: la connaissance des lois
qui régissent les opérations surnaturelles,
— 24 —
science du grand-œuvre, la
l’initiation à la
connaissance du critérium absolu.
Cela est tellement vrai que nous retrou-
vons dans la vie des adeptes qui ont pro-
fessé les doctrines les plus différentes et
souvent même les plus contraires dans
l’ordre des idées religieuses, la reproduc-
tion des phénomènes analogues, sinon
parfaitement identiques; ainsi Philostrate a
pu constater dans la vie d’Apollonius de
Thiane les principales merveilles qui ont
signalé celle de Jésus-Christ. Il voit, par
exemple, dans l’esprit qui vint annoncer
à la mère d’Apollonius la naissance de son
fils, l’ange Gabriel et le mystère de l’An-
nonciation; et, suivant parallèlement les
deux existences, il compâre le chant du
cygne à celui des anges; la foudre qui
tombe du ciel sur la maison d’Apollonius
de Thiane à l’étoile qui s’arrête sur l’étable
de Bethléem, les lettres de plusieurs princes
de l’Asie à l’adoration des mages, les dis-
cussions d’Apollonius dans le temple d’Es-
culape à la dispute de Jésus parmi les doc-
teurs, les questionsdesdisciplesdu premier
aux demandes des apôtres du second, le
jugement de l’Eunuque et sa femme à
— 25 —
czeluide la femme adultère, l’incrédulité des
tEphésiens à celle des juifs. Apollonius
rrencontre un esprit en traversant le Cau-
case. Jésus est transporté par le diable au-
idessus d’une montagne. Tous deux déli-
vrent ceux qui sont possédés des mauvais
esprits; Apollonius ressuscite à Rome une
jeune fille. Jésus ressuscite la fille de Jaïre,
iprince de la Synagogue et suivant, ainsi
parallèlement, tous les prodiges qu’ils ont
opérés durant leur vie et après leur mort, il
larriveà comparer l’apparition d’Apollonius
à Damis et à Démétrius hors de la ville à
l'apparition de Jésus aux disciples qui
ccheminaient vers Emrnaüs; les paroles de
il’un ? Veluti flalu's crat intangibilis... à
.celles de l’autre î Spiritus carnern et osa
'non habet, et finit par opposer la mort
d’Apollonius à l’ascension d’Elie, d’Enoch
iet de Jésus-Christ.
Les sciences occultes ne renversent pas
Iles sciences vulgaires, leur contradiction
m’est qu’apparente, elles ont été jusqu'à ce
jour ce que les asymptotes sont à l’hyper-
bole, elles se sont rapprochées continuel-
lement sans avoir pu encore se rencontrer.
Les sciences occultes sont du domaine
— 26 —
de l’humanité tout entière. Le principe est
un, la lumière est une par conséquent,
l’initiation seulement n’est réservée qu’a
celui-là seul qui veut savoir. La volonté
est tout. C’est la plus grande puissance,
c’est le plus grand levier que l’homme ait
à sa disposition, et nous nous résumerons
en disant :
VOULOIR C’EST POUVOIR.
Le Livre Rouge
—o
LIVRE PREMIER
CHAPITRÉ PREMIER
Albert-le-Grand
albertus THEUTONius, de la famille des
:omtes de Bollston, naquit en 1193, à
_accingen en Souabe. L’étendue des con-
îaissances d’Albert, si étonnante pour son
iiècle, motive assez l’épithète que ses
:ontemporains ont ajoutée à son nom.
3n peut placer hardiment cet homme pro-
ligieux au rang des premiers philosophes.
I fit ses premières études à Pavie, où il
urpassa tous ses condisciples. La rapidité
le ses progrès a été consacrée par une
listoire mystérieuse, la voici Décou-
:
agé dit la légende, par les difficultés qu’il
rouvait dans la carrière des sciences il
néditait de l'abandonner, quand il fut
28 —
honoré d’une visite de la Sainte Vierge qui
dessilla les yeux de son entendement, et
lui promit qu'il serait un jour une des plus
grandes lumières de son siècle. Le célèbre
dominicain Jordanus le décida à entrer
dans l’ordre de Saint-Dominique en 1221.
Ilse rendit ensuite à Paris et y commenta
Aristode avec un grand succès. La réputa-
tion d’Albert s’accrut tellement dans son
ordre, qu’on l’éleva en 1254 à la dignité de
provincial des dominicains en Allemagne.
En cette qualité il fixa sa résidence à
Cologne, ville qui offrait alors plus que la
plupart des autres des ressources à
l’homme studieux et au savant qui avait
du goût et du pour l’enseignement.
talent
Aussi conserva t-il une prédilection mar-
quée pour Cologne pendant tout le cours
de sa longue et laborieuse vie. Ni les
bonnes grâces du pape Alexandre IV qui
l’appela à Rome et lui donna l’office de
maître du sacré palais; ni sa nomination
en 1260 à l’évêché de Ratisbonne, qu'il ne
garda que trois ans, ne purent l’en éloi-
gner pour longtemps. C’est à Cologne
qu’il fit son Androïde, ce fameux automate
doué du mouvement et de la parole, que
— 29 —
Saint-Thomas d'Aquin, son disciple, brisa
à coups de bâton à la première vue, dans
l’idée que c’était un agent du démon. Ce
fut aussi à Cologne qu’Albert donna au
roi des Romains, Guillaume comte de
Hollande, ce fameux banquet dans un jar-
din de son cloître où, au cœur de l’hiver,
la parure du printemps se montra tout à
coup, disparut après le repas; toutes
et
choses extraordinaires et qu’il appelle lui-
même opérations magiques. Ce fut à
Cologne qu’il mourut, en 12S0, âgé de
87 ans, et laissant plus d écrits qu’aucun
philosophe n’en avait composé avant lui.
Ses ouvrages comprennent 21 volumes
in-folio.
Voici les titres de ceux dans lesquels
nous avons puisé De licitis et illi-
:
citis; Spéculum astronomicum ; De vege-
talibus et plantis ; De morte et vita ; De
mineralibus; De alchimid libellus ; De
atiimalibus ; De mirabilibus
En voici un extrait qui donne l’opinion
d’Albert sur puissance de
la l’homme.
Nous conserverons le style et la forme
sans rien changer.
- 30 -
« Il chose manifeste que l’homme
est
» est de toutes choses naturelles et
la fin
» que toutes sont pour lui faites, et qu’il
» vient à bout de tout, et à toutes choses
» obéissantes à lui et que celui homme
» tant notable est plein de toute merveille
» et vertu, car en
sont toutes condi-
lui
» tions; c’est à savoir toutes les qualités
» et vertu des choses qui obéissent à
» humaine nature. Tous arts secrets oc-
» curent au corps humain, et de lui toute
» chose admirable ».
CHAPITRE II
Paracelse
Paracelse ( Philippe - Auréole - Théo-
phraste-Bombast de Hohenheim) fameux
alchimiste du seizième siècle, naquit en
1493, à Einsüdeln, petit bourg du canton
de Schwitz, à quelques lieux de Zurich.
Paracelse subit, dit-on, la castration à
l’âge de trois ans; d’autres disent qu’il
perdit sa virilité par suite de la morsure
d’un cochon; ce qu’il y a de certain c’est
31
qu’il n’avait point de barbe et qu’il se
vêtait enfemme. Initié aux opérations
d’alchimie et de magie par l’abbé Tritheim,
et plusieurs évêques allemands, visita
il
dans ses voyages les Universités d’Alle-
magne, de France et d’Italie. —
Il travailla
longtemps chez le riche Sigismond Fugger
de Schwatz, pour apprendre chez lui le
secret du grand-œuvre. Paracelse voyagea
dans les montagnes de la Bohême, en
Orient et en Suède, pour voir les travaux
des mineurs; se faire initier dans les
mystères des adeptes orientaux, observer
les merveilles de la nature et la célèbre
montagne d’aimant. Il parcourut aussi
l’Espagne, le Portugal, la Prusse, la Polo-
gne el la Transylvanie. Il poussa ses
voyages jusqu’en Egypte et en Tartarie, et
ilaccompagna le fils du Khan des Tartares
à Constantinople pour apprendre le secret
de la teinture de Trismégiste d’un Grec
qui habitait cette capitale. Un inventaire
faitdix ans après sa mort constate que les
seuls livres qu’il laissa furent la Bible, la
Concordance de la Bible, le nouveau Tes-
tament, les Commentaires de Saint-Jérôme
sur les évangiles, un volume de médecine
imprimé et sept manuscrits.
-
— 32 —
On ignore à quelle époque revint en
il
Allemagne.. On sait seulement que vers
lage de trente-trois ans plusieurs cures
éclatantes qu’il opéra sur des personnages
éminents lui donnèrent une telle célébrité
qu’il fut appelé, en 1526, d’après la re'côm-
mandation d’Œcolampade, à l’Université
de Bâle, pour y remplir une chaire de phy-
sique et de chirurgie. U- s’enfuit de Bâle
vers la fin de 1527, craignant d’être puni
pour avoir insulté un magistrat; se il
réfugia en Alsace où fit venir son secré-
il
taire Oporin avec tous ses appareils chi-
miques. Il recommença sa vie de théo-
sophe ambulant qu’il avait menée pendant
sa jeunesse. Ainsi il se trouvait à Colmar
en 1528, à Nuremberg en 1529, â Saint-
Oall en 1531, à Pfeffer en 1535, à Augs-
bourg en 1536; de là passe en Moravie,
il
en Hongrie, puis, en 1538 à Villach, où il
dédia sa Chronique aux Etats de Carin-
thie, en reconnaissance de toutes les
bontés dont ils avaient honoré son père.
Enfin de Mindelheim, où il était en 1540,
Paracelse alla mourir à Saltzbourg dans
l’hôpital de Saint-Etienne, le 24 septembre
1541 il avait alors quarante-huit ans.
;
— 33 —
Abrégé de son système philosophique
et médical
Paracelse prend d’abord pour appui la
eligion et les livres saints. La contempla-
ion des perfections de la divinité suffit
jour procurer toutes les lumières et la
sagesse. — L’Ecriture Sainte conduit à
outes les vérités. La Bible est la clef de la
héorie des maladies. On doit interroger
'Apocalypse pour connaître la médecine
nagique. L’homme qui obéit aveuglement
1 la volonté de Dieu et qui parvient à
s’identifier avec les intelligences célestes
jossède la pierre philosophale, il peutgué-
•ir toutes les maladies et prolonger sa vie
\ volonté parce qu’il tient en sa possession
a teinture dont Adam et les patriarches se
servaient avant le déluge pour prolonger
usqu a huit ou neuf siècles le terme de
eur existence; tous les êtres, même les
ninéraux et les fluides prennent des ali-
nents, des boissons et expulsent des
îxcréments.
Sa théorie physiologique est fondée sur
'application des lois de la cabale à la dé-
monstration des fonctions du corps hu-
— 34 —
main. La force vitale est une émanation
des astres. Le Soleil se trouve en rapport
avec le cœur, la Lune avec le cerveau,
Jupiter avec le foie, Saturne avec la rate,
Mercure avec les poumons, Mars avec la
bile, Vénus avec les reins et les organes de la
génération. Le médecin doit connaître les
planètes du microscome, son méridien,
son zodiaque, son orient et son occident.
C’est à l’aide de ces connaissances qu’il
parvient à la découverte des secrets les
plus cachés de la nature. Le corps est
formé par le concours du sel de souffre et
du mercure sidériques, c’est-à-dire imma-
té[Link] des aliments peut admettre
toutes les qualités. L’Archée ou esprit
architecte n’est autre chose, d’après les
paracelcistes, que la nature elle entre-
;
prend de son autorité privée, tous les
changements et guérit toutes les maladies.
L’or potable, la teinture des philosophes,
la quintessence, la mithridate, la pierre
philosophale. Les maladies sont dues à
cinq causes générales ou entités lesquelles
se rattachent au système astrologique.
L’entité peut être divine ou astrale ou na-
turelle, ou spirituelle ou vénéneuse. En
35 —
thérapeuthique et en matières médicales
sa théorie est toute cabalistique. Le sang
menstruel possèdedes qualités vénéneuses
et les propriétés les plus extraordinaires,
L’or est un spécifique dans les cas où le
cœur est le siège primitif du mal, parce-
quece métal précieux se trouve en har-
monie avec l’importance de l’organe
malade. Pour découvrir les vertus des vé-
gétaux on doit étudier l’anatomie et la
chiromancie car les feuilles sont leurs
;
mains et les lignes qui s’y remarquent,
(signatures) font apprécier les propriétés
qu’elles possèdent. Avant d’user d’une
médecine, il est indispensable d’observer
l’influence des constellations de s’as-
et
surer si elle est favorable. Il employait
beaucoup l’aimant contre les hémorrhagies
l’hystérie, l’épilepsie et la plupart des
affections spasmodiques. On lui doit la
découverte des préparations antimoniales,
mercurielles, salines et ferrugineuses qui
ont sur nos organes une action si efficace.
Paracelse publia très peu d’ouvrages de
son vivant. Comme ceux qui lui sont attri-
bués présentent de nombreuses contra-
dictions on est porté à croire que plusieurs
ont été composés par ses élèves.
36 —
CHAPITRE III
Agrippa, sa vie, ses écrits
Agrippa (Henri Corneille) un des
hommes les plus savants du seizième
siècle, naquit à Netesheim, dans le terri-
toire de Cologne, le 14 septembre 1486, et
professa toutes les conditions. Il fut soldat,
homme politique, homme de lettres, philo-
sophe, théologien, alchimiste, pyrrhonien,
médecin, érudit astrologue riche, pauvre,
;
considéré, méprisé, que sais-je quoi encore.
Ce fut la vie la plus accidentée, la plus
extraordinaire qu’il soit possible de trou-
ver. 11 fut d’abord au service de l’empereur
Maximilien, puis il se fit recevoir docteur
en droit et en médecine ( utriusque juris
et medicinarum doctor il connaissait et
;
il parlait 8 langues. Il mourut en 1536,
après avoir beaucoup couru, beaucoup
étudié, beaucoup invectivé, beaucoup souf-
fert et peu vécu.
— 37 -
Philosophie occulte cT Agrippa
EXTRAITS
Il
y a trois mondes : l’élémentaire, le cé-
leste, l’intellectuel.
Chaque monde subordonné est régi par
le monde qui lui est supérieur. n’est pas Il
impossible de passer de la connaissance
de l’un à la connaissance de l’autre et de
remonter jusqu’à l’archétype, c'est cette
échelle qui s’appelle le magisme (Magie).
La magie est une contemplation profonde
qui embrasse la nature, la puissance, la
qualité, la substance, les vertus, les simili-
tudes, les différences, l’art d’unir, de séparer,
de composer, en un mot, le travail entier
de l’univers.
y a quatre éléments, principes de la
Il
composition et de la décomposition l’air, :
le feu, l’eau et la terre.
Ils sont triples chacun.
Le feu et la principe actif,
terre, l’un
l’autre principe passif suffisent à la pro-
duction des merveilles de la nature.
Le feu par lui-même, isolé de toute ma-
tière à laquelle il soit uni, et qui serve à
38 —
manifester sa présence et son action, est
immense, invisible, mobile, destructeur,
restaurateur, porté vers tout ce qui l’avoi-
sine, flambeau de la nature dont il éclaire
les secrets.
La terre esl le dépôt des éléments, le
réservoir de toutes les influences célestes;
elle a en elle tous les germes et la raison
de toutes les productions les vertus d’en;
haut la secondent.
Les germes de tous les animaux sont
dans l’eau.
L’air est un pénètre les
esprit vital qui
êtres et leur donne
consistance et la vie
la ;
unissant, agitant, remplissant tout, il reçoit
immédiatement les influences qu’il trans-
met. Il s’échappe des corps des simula-
cres spirituels et naturels qui frappent nos
sens.
Il
y a un moyen de peindre des images,
des lettres, qui portées à travers l’espace
immense peuvent être lues sur le disque
de la lune qui les éclaire, par quelqu’un
qui est prévenu.
Dans le monde
archétype, tout est en
tout :
proportion gaidée, c’est la même
chose dans celui-ci.
— 39 —
Les éléments, dans les mondes inférieurs,
sont des formes grossières, des amas im-
menses de matière. Au ciel ils sont d'une
nature plus énergique, plus subtile, plus
active vertus dans les intelligences; idées
:
dans l’archétype. Outre les qualités élé-
mentaires que nous connaissons, les êtres
en ont de particulières, d'inconnues, d’in-
nées dont les effets nous étonnent : ce
sont ces dernières que nous appelons
occultes.
Les vertus occultes émanent de Dieu,
unes en lui, multiples dans lame du
monde, infuses dans les esprits, unies ou
séparées des corps, faibles ou fortes, selon
la distance de l’être à l’archétype.
Les idées sont les causes de l’existence
et de la spécification; c’est d’elles que
naissent les quantités qui passent dans la
matière en raison de son aptitude à les
recevoir.
Dieu est la source des vertus; il les
confie aux anges, ses ministres les anges
;
les versent sur les cieux et les astres; les
astres les répandent sur les hommes, les
animaux, la terre, les éléments.
plantes, les
Voici l’ordre d’émanation des vertus :
— 40 —
les idées, les intelligences, les cieux, les
éléments, les êtres.
Les idées sont les causes premières de
la forme et des vertus. Les vertus ne
passent point des êtres supérieurs aux
inférieurs sans l’intermède de l’âme du
monde qui est une cinquième essence.
Il n’y a pas une molécule dans l’univers
à laquelle une particule de cette âme du
monde ou de cet esprit universel ne soit
présente.
Distribuée en tout et partout, elle ne
l’est pas également. Il y a des êtres qui en
prennent, les uns plus, les autres moins.
II
y a antipathie et sympathie en tout,
de là une infinité de rapports, d’unions et
d’aversions secrètes.
Les êtres en qui la vertu, la particule
divine, est moins embarrassée de matière,
ne cessent pas de produire deseffets éton-
nants après leur destruction.
Les choses inférieures sont dominées
par les supérieures les mœurs des hom-
;
mes dépendent des astres.
Le monde sublunaire est gouverné par
les planètes, et le monde planétaire par
celui des fixes.
— 41
/
Chaque astre a sa nature, sa propriété,
sa condition, ses rayons qui vont imprimer
sur les êtres un caractère, une signature
distincte et particulière.
Quelquefois les influences se confondent
dans un même être elles y entrent selon
;
des rapports déterminés par un grand
nombre de causes, entre lesquelles la
possession est une des principales.
Il
y a une liaison contenue de l’âme du
monde à la matière c’est en conséquence
;
de cette liaison, que l’âme du monde agit
sur tout ce qui est.
On peut remonter des choses d’ici-bas
aux dès astres aux intelligences, des
astres,
intelligences à l'archétype. C’est une corde
qui, touchée à un bout, frémit à l’autre et ;
la magie consiste à juger de la correspon-
dance de ces mouvements qui s’exécutent
à des distances si éloignées. C’est une
oreille fine qui saisit les résonnances fugi-
tives,imperceptibles aux hommes ordi-
naires.L’homme ordinaire n’entend que
dans un point. Celui qui a la science
occulte entend sur la terre, au ciel et dans
l’intervalle.
L’imagination, violemment émue, peut
— 42 —
changer le corps, lui donner de l’empire,
de l’action et de la passion, l’approprier à
certaines maladies, à certaines impres-
sions.
La contention de l’âme hu-
violente
maine aux intelligences, l’é-
l'élève, l’unit
claire, l’inspire, porte dans ses actions et
ses coups quelque chose de divin et de
surnaturel.
L’âme humaine a en elle la vertu de
changer, d’approcher et d’éloigner, de lier;
elle peut dominer et les choses et les es-
prits, par une énergie particulière de sa
vertu ou de ses passions.
Les noms des choses ont aussi leur
pouvoir. L’art magique à sa langue cette ;
langue a ses vertus c’est une image des
;
signatures. De là l’effet des invocations,
évocations, adjurations, conjurations et
autres formules.
Il paraît que le nombre est la raison
première de l’entraînement des choses.
Les nombres ont leurs vertus, leur effi-
cacité bien ou malfaisante.
L’unité est le principe et la fin de tout ;
elle n’a ni fini ni principe.
Le nombre binaire est mauvais.
— 43
Le ternaire représente Dieu l'âme du
monde, l’esprit de l’homme.
Le quaternaire est la base de tous les
nombres.
Le quinaire a une forme particulière
dans les expiations sacrées il est tout. Il ;
arrête l’effet des venins. Il est redoutable
aux mauvais génies.
Le septénaire est très puissant, soit en
bien, soit en mal.
Dieu est la monade. Avant qu’il ne s’é-
tendit hors d’elle-même et ne produisit les
êtres, il engendra en elle le nombre ter-
naire.
Le nombre dénaire est la mesure de
tout.
Les caractères des mots ne sont pas
leurs vertus,on en peut tenir la connais-
sance des propriétés et des évènements.
L’harmonie analogue au concert des
cieux en provoque merveilleusement
l’iufluence.
L’homme a tout en lui, le nombre, la me-
sure, le poids, le mouvement, les éléments,
l’harmonie.
Il
y a une cause sublime, secrète et
nécessaire du sort... Il peut conduire à la
vérité.
T
— 44 —
Le monde, les deux, les astres ont des
âmes ces âmes ne sont pas sans affinité
;
avec la nôtre.
Le monde vit. Il a ses organes, il a ses
sens.
L’âme du monde a ses opérations intel-
de la nature divine.
lectuelles, elle tient
Les imprécations ont leurs efficacités.
Elles s’attachent sur les êtres et les mo-
difient.
La liaison universelle des choses cons-
tate la réalité et la certitude de la magie.
La magie est un art sacré qu’il ne faut
pas divulguer.
Ellesupposeunesuspension ducommerce
de l’âme avec le corps une absence en-
;
tière de toutes distractions, une union in-
time avec les intelligences.
Il faut avoir surtout la foi, l’espérance
et lavolonté: ce sont des vertus qui lèvent
le voile qui couvre le miroir divin et qui
permettent à l’œil de l’homme de recevoir
par réflection la connaissance des états,
des effets et des causes.
L’intelligence de Dieu est incorruptible,
immortelle, insensible, présente à tout, in-
fluant sur tout.
— 45 —
L'aspect des planètes au moment de la
naissance de l’homme indiquera la nature
de son génie tutélaire.
Les caractères des esprits et leurs signa-
tures ne sont pas intelligibles à tous les
yeux, c’est une lecture réservée à quel-
ques hommes privilégiés.
L’esprit humain corporel, mais sa
est
substance est très subtile et d’une union
facile avec la particule qui est en nous.
L’âme qui est de Dieu ou qui émane du
monde intelligible est immortelle et éter-
nelle.
Peu d’individus ont compris son traité
de philosophie occulte. Car y avait une
il
clef et cette clef, la gardait pour ses amis
il
du premier ordre. 19 épist. lib. v. Hoec est
ilia vera et mirabilium operum occultis-
sima philosophia ; Claris ejus intellectus
est : quanto enim altiora intelligimus,tanto
sublimiores invenimus virtutes tantoque
majora et facilius et ejficacius opéramur.
Agrippa fait mention de cette clef dans
deux lettres qu’il écrivit à un religieux qui
s’occupait de sciences occultes. Il lui repré-
sente que tout ce que les livres appren-
nent touchant la vertu de la magie, de l’as-
46
trologie et de l’alchimie est faux et trom-
peur quand on l’entend à la lettre qu’il y ;
faut chercher le sens mystique; sens qu’au-
cun des maîtres n’avait encore développé,
et qu’il était presque impossible de décou-
vrir sans le secours d’un bon interprête, à
moins d’illuminisme, ce qui arrive à très
peu de gens.
O quanta sequentur scripta de inexpu-
gnabili tnagicœ ortis potentid, de prodi-
giosis astrnlogorum imaginibus, de tuons-
trificà alchimistarum metamorphosi de que ,
lapide illo benedicto, quo, Midœ instar,
contracta aéra mox otnnia in auruni ar-
gentumve permutentur : quœ omnia compe
riuntur vana, iicta et fa/sa quoties ad lit-
teram praticantur. ne faut pas cher-
Il
cher hors de nous-mêmes, ajoute-t-il, le
principe de ces grandes opérations. C’est
un esprit intérieur... mais je ne vous écrirai
point sur cela, car ce ne sont pas des
choses qu’il faille confier au papier, l’esprit
les communique à l’esprit en peu de mots
sacrés. L’entendement, ajoute-t-il ensuite,
est la clefde cette philosophie, mais pour
être uni avec Dieu il doit être détaché de
— Al —
lia matière et mort au monde, à la chair, à
itous les sens et à tout l’homme animal.
Morienim oportet, mori inquam vmndo
et canii et sensibus omnibus et toti homini
animali, qui velit ad hoec secretorum pcne-
. tralia ingredi : non, quod corpus scpare-
tur ab anima ; sed quôd anima relinquat
corpus. De qud morte Paulus scnpsit
Coîossensibus.
CHAPITRE IV
Cardan
Cardan (Jérôme), médecin, mathémati-
cien et alchimiste, naquit à Paris en 1501.
La date précise de sa naissance est, du
reste, assez incertaine, car il indique deux
dates dans ses ouvrages, l’une au 25
septembre, l’autre au 24 novembre. Il était
fils de Focio Cardan, médecin et juriscon-
sulte. On croit généralement que sa nais-
sance était illégitime il;
fut cependant
élevé dans maison de son père, qui de-
la
meurait à Milan. A l’âge de vingt ans,
Jérôme Cardan se rendit à Pavie pour y
48 —
achever ses études et, deux ans après ii
expliqua Enéide I
; à trente-troisans il
commença à professer les mathématiques
puis médecine à Milan. Il retourna ensuite
la
à Pavie, professa quelque temps à Bologne
puis, enfin, se retira à Rome, où il termina
sa carrière. Là, il fut agrégé au collège des
médecins une pension du Pape.
et reçut
Un fait, qui remarquable que par
n’est
I
importance que Cardan y attachait et par
la manière dont il l’explique, c’est qu'il
avait été incapable, pendant
les dix années
précédentes d’avoir commerce avec les
femmes, ce qui l’affligeait beaucoup. Il at-
tribue cette longue impuissance aux ma-
lignes influences de la constellation sous
laquelle il est venu au monde.
Les deux
planètes malfaisantes, Mercure, Vénus et
et le Soleil, étaient dans les signes humains
« C’est pourquoi, dit-il, je n’ai pas du
dé-
cliner de la forme humaine, et parce que
Jupiter tenait l’ascendant et que Vénus
était la dominatrice sur toute la figure, je
n'ai étéoffensé qu’aux parties génitales.
Ainsi, depuis l’àge de vingt et un ans jus-
qu’à trente et un ans, je n’ai pu jouir d’au-
cune femme. »
— 49 —
Cardan s’occupa toute sa vie d’astrolo-
gie. On rapporte que pour accomplir sa
dernière prédiction, ou plutôt, pour ne pas
survivre à la honte que son erreur devait
attirersur lui, il se laissa mourir de faim à
l’âge de soixante-quinze ans. Mais ce fait
n’est pas constaté.
C’est à Cardan que l’on doit la formule
si connue encore, sous le nom de formule
de Cardan, pour la solution des équations
du troisième degré. Deux traités qu’il
publia sous les titres De Subtilitate et
:
De rerum Varïetate embrassent l’ensem-
ble de sa physique et de sa métaphysique
et de ses connaissances en histoire natu-
relle. Une certaine obscurité de langage,
plusieurs formules abstraites et dont il n’a
pas voulu donner la clef font que ses
ouvrages n’ont été compris que par un
petit nombre de savants et de philosophes
Pendant une grande partie de sa vie, l’état
de ses affaires, voisin de la pauvreté, l’obli-
gea de multiplier ses ouvrages et de les
grossir pour en tirer plus de profit. Ce-
pendant il n’est pas vrai qu’il mourut d’in-
digence. Ce fut à Rome le 1 1 octobre 1576
qu’il mourut, il avait alors soixante-quinze
ans,
50
Résumé des principes de la philosophie
rationnelle de Cardan
1°
y a une matière première dans tout
Il
ce qui existe en fait cette matière sub-
;
siste lorsque la forme actuelle du corps
est détruite, car rien ne s’anéantit ;
2° Il est évident qu’il y a dans la nature
quelque chose de caché sous la forme et
qui en est le subtratum. Ce substratum
n’est point engendré et ne s’anéantit point
par corruption. Or, c’est ce que j’appelle la
matière première matière
;
improduite,
éternelle, infinie et indestructible.
3° La matière première existe toujours
sous quelque forme.
4° n’y a point de vide dans la nature.
Il
5° La matière est partout elle ne peut
:
exister sous une forme quelconque, d’où
ilsuit nécessairement que la forme est
partout.
6° Il n’y a point d’espace sans corps.
L’espace est éternel, immobile et immuable.
7° Les principes des choses naturelles
sont au nombre de cinq, savoir la matière,:
la forme, l’âme, l’espace et le mouvement.
— 51
Il n’y a que deux qualités premières : la
chaleur et l’humidité.
8° Le temps n’est pas un principe mais
il en approche parce que rien ne se fait sans
lui. Le repos n’est pas non plus un prin-
cipe mais la prévision d’un principe, comme
la mort, le froid, la sécheresse.
9° Il y a trois choses éternelles de leur
nature; l'intelligence, la matière première et
l’espace ou le lieu. La quantité de la
matière est toujours la même dans l’Uni-
vers.., etc.
(Extrait). De rerum varietate : Notre
âme est représentative comme un miroir.
Anima nostra tanquam spéculum.
enirn
Cette idée est bien voisine de celle de
Leibnitz que chaque âme ou monade est
un miroir vivant ou doué d’action interne,
représentatif del’Univers, suivant tout point
de vue et aussi réglé que l’Univers même.
Pour faire des découvertes dans le do-
maine des sciences abstraites et occultes,
il faut jouir du repos et de la tranquillité
de l’esprit; elles exigent une méditation
forte et continue, les secours de l’expé-
rience toutes choses qui supposent le
:
calme de la solitude et qui sont incompa-
tibles avec les distractions de la société.
— 52 —
CHAPITRE V
Pythagore
Pythagore, né à Samos, île de la mer
Egée, dans le sixième siècle avant J.-C.,
entendit Tlialès, Epiménide de Crète,
fameux par son réveil après un sommeil
de cinquante-sept ans; Phérécidede Scyros,
Bias de Priène. Il voyagea en Egypte sous
le règne d’Amasis, à qui il fut recommandé
par Polycrate, roi de Samos. Il y était dans
letemps de l’expédition de Cambyse qui
l’emmena prisonnier en Perse, d’où fut à
il
portée de visiter les Indes. Enrichi de la
sagesse de tant de peuples qu’il avait
connus, ilrevint se fixer en Italie, vivant
tantôt à Crotone, tantôt à Métapont ou à
Thurium. Il eut la gloire de donner leurs
noms aux deux plus belles choses qui
existent, celui de philosophie à l’étude de
la sagesse, et celui de monde à l’Univers.
Une grande obscurité enveloppe sa mort;
on sait seulement qu’elle arriva vers la
69 e olympiade (l’an 500 avant J.-C.) il pou-
vait avoir 104 ans,
— 53 —
Pythagore n’admettait point dans son
école indistinctement toutes sortes d’audi-
iteurs; il ne se communiquait point, il
exigeait le silence et le secret, il n’a point
écrit, il voilait sa doctrine.
« Il a été réputé sorcier et enchanteur,
» parce que, premièrement il avait long-
» temps demeuré en Egypte et s’était
» exercé en la lecture des livres de Zoroas-
» tre où il avait appris, comme il est à con-
» jecturer, la propriété de certaines herbes
» qu’il nommait Coracesia, Callicin, Me-
» nais, Corinthas et Aproxis, desquelles
» les deux premières faisaient glacer l’eau
» quand elles y étaient mises, les deux
» suivantes étaient fort singulières contre
» la morsure des serpents, et la dernière
» s’enflammait soudainement de si loin
» qu’elle voyait le feu.
» Comme aussi en l’un de ses sym-
» boles il défendant expressément l’usage
» des fèves, lesquelles il faisait bouillir et
» les exposait quelques nuits à la lune,
» jusqu’à ce que par un grand ressort de
» magie elles vinssent à se convertir en
» sang, qui lui servait peut-être pour faire
— 54
» cet autre prestige, duquel fait mention
» Cœlius Rhodiginus après Suidas, et
» l'interprète d'Aristophane, qui disent que
» ce philosophe écrivait avec du sang sur
» un miroirventru cequebon lui semblait,
» et qu’opposant ces lettres à la face de
» la lune quand elle était pleine, voyait il
» dans le rond de cet astre tout ce qu’il
» avait écrit dans
glace de son miroir, à
la
» quoi l’on peut encore ajouter qu’il parut
» avec une cuisse d’or aux jeux olympi-
» ques; qu’il se fit saluer par le fleuve
» Nessus; qu’il arrêta le vol d’un aigle,
» apprivoisa une ourse, fit mourir un
» serpent, et chassa un bœuf
qui gâtait un
» champ de fèves par seule vertu de
la
» certaines paroles. Et, de plus, qu’il se
» fit voir en même jour et en même heure
» en de Crotone et de Métapont,
la ville
» et qu’il prédisait leschoses futures avec
» telle assurance que beaucoup tenaient
» qu’il fut nommé Pythagore parce qu’il
» donnait des réponses non moins cer-
» taines et véritables que celles d’Apollon
» Pythien (Extrait de Naudé, chap. XV.
» Extrait de Jamblique de Pline, de ,
» Tertullicn, d'Origènes, de Saint- Au-
— 55 —
» gus tin, d’Ammien Marcellin, de Delrio
» et de Boissardus) ».
IPuissance des nombres d'après Pythagore.
Les nombres sont ou intellectuels ou
:scientifiques. Le nombre intellectuel sub-
sistait avant tout dans l’entendement divin;
il est la base de l’ordre universel et le lien
iqui enchaîne les choses.
Le nombre scientifique est la cause gé-
nératrice de la multiplicité qui procède de
ll’unité et qui s’y résout.
Il faut distinguer l’unité de l’art; l’unité
appartient aux nombres, l’art aux choses
inombrables :
Le nombre scientifique est pair ou
i impair.
Il n’y a que le nombre pair qui souffre
tune infinité de divisions en parties tou-
jours paires, cependant l’impair est plus
parfait.
L’unité est le symbole de l’identité, de
l’égalité, de l’existence, de la conservation
et de l’harmonie générale.
Le nombre binaire est le symbole de
la diversité, de l’inégalité, de la division, de
la séparation et des vicissitudes.
56 —
Chaque nombre, comme l’unité et le
binaire, a ses propriétés qui lui donnent un
caractère symbolique qui lui est particu-
lier.
La monade ou ,
l’unité, est le dernier
terme, le dernier état, le repos de l’état
dans son décroissement.
Le ternaire est le premier des impairs; le
quaternaire, le plus parfait, la racine des
autres.
Pythagore procède ainsi jusqu’à dix,
attachant à chaque nombre des qualités
arithmétiques, physiques, théologiques et
morales.
Le nombre dénaire contient, selon lui,
tous les rapports numériques et harmo-
niques, et forme ou plutôt termine son
abaque ou sa table.
Il
y a une liaison entre les dieux et les
nombres qui constitue l’espèce de divina-
tion appelée arithmomancie (1).
Dans la doctrine pythagoricienne le
système des nombres résolvait le problème
de la cosmogonie.
(1) L’âme est un nombre, elle se meut d’elle-
même. L’âme renferme en elle-même le nombre
quaternaire.
— 57 —
Cette science des nombres représentait
non seulement des quantités arithmétiques,
mais toute grandeur, toute proportion.
Par elle on devait arriver à la découverte
du principe des choses, ce que nous appel-
:
lerions maintenant Y absolu (2).
CHAPITRE VI
Artéphius. — Notice biographique.
Artéphius, philosophe hermétique, vi-
vaitvers 1130. Il est l’auteur des traités
suivants 1° Claris majoris sapientiœ ;
:
(2) L’unité, ce terme éminent vers lequel se
lirige toute philosophie, ce besoin impérieux de
‘esprit humain, ce pivot auquel il est contraint
le rattacher le faisceau de ses idées, l'unité, cette
source, ce centre de tout ordre systématique, ce
principe de vie, ce foyer inconnu dans son es-
ience, mais manifeste dans ses effets l’unité, ce
;
îu-ud sublime auquel se rallie nécessairement la
chaîne des causes, fut l’auguste notion vers la-
luelle convergèrent toutes les idées de Pythagore.
La Dyade, déjà produite et composée, origine
les contrastes, représente pour eux la matière
)u le principe passif.
La Triade, nombre mystérieux, qui joue un si
— 58 —
2° Liber secrétus (le livre secret) ;
3° l)e
characteribus planetarum, cautu et mori-
bus avium, rerum prœtéritarum et fiitn-
rarum lapideque philosophico (des carac-
,
tères des planètes, du chant des oiseaux,
des choses passées et futures, et de la
pierre philosophale) 4° De vita pt'opa-
;
gando (sur le moyen de prolonger la vie)
ouvrage que l’auteur composa, dit-il, à
grand rôle dans les traditions de l’Asie et dans la
philosophie platonicienne, image de l’Etre-Su-
prême, réunit en elle les propriétés des deux
premiers nombres.
La Tétrade au le Quaternaire qui exprime la
première puissance mathématique, représente
aussi la vertu génératrice de laquelle dérivent
toutes les combinaisons.
C’est le plus parfait des nombres, c’est la racine
de toutes choses le nombre septénaire appartient
;
aux choses sacrées.
L Ennéade
' est le premier carré des nombres
impairs.
La Décade ramène à l’unité des nombres mul-
tiples.
Nous ne pouvons offrir ici que la clef de ce
système au travers des siècles et dans l’insuf-
qui,
fisance des documents, se présente nécessairement
d’une manière confuse et entouré d’obscurités,
d’énigmes et de symboles.
— 50 —
l’âgede mille vingt-cinq ans 5° Spéculum
;
speculorum (le miroir des miroirs).
On ne sait au juste l’époque de sa
mort. On retrouve dans les ouvrages de
Cardan beaucoup de passages qui appar-
tiennent à Artéphius.
Nous donnons ici, copiés avec la
et
plus scrupuleuse exactitude, d’abord une
table planétaire et sidérale l’orthographe
:
et le style ont été conservés; plus bas
nous reproduisons également avec la
même fidélité les signes cabalistiques em-
ployés par Artéphius dans ses opérations
d’alchimie et d’astrofogie. Ces signes qui
représentent sans doute des formules
talismaniques, sont pour la plupart ceux
que nous avons retrouvés dans les manus-
crits d’Hermès. Employés utilement et en
temps opportun, nous les regardons comme
ayant grande puissance.
Et affin que les choses devant dictes, et
qui sont à dire mieux puissent congnois-
tre ceulx qui n’ont la science des étoiles
s’ensuytja table des astres et planettes.
Tu doibs savoir que le jour du dimenche
a son astre soubz le Soleil.
Le [Link] soubz la Lune.
— 60 —
Le mardy soubz Mars.
Le mercredy soubz Mercure.
Le jeudy soubz Jupiter.
Le vendredy soubz Vénus.
Le samedi soubz Saturne.
Note que tout vray acte et spiration doit
estre fait soubz la planette, et est melleure
sil au propre jour dicelle planette,
est faist
et heure propre; exemple soulz Saturne
:
est la vie, édifice, doctrine et mutation.
Soubz Jupiter, honneur, optât, richesses
et vestemens.
Soubz Mars, bataille, prison, mariage et
inimitié.
Soubz le Soleil, espérance, gain, fortune
et héritage.
Soubz Vénus, amy, société, vie, amitié,
pèlerinage.
Soubz Mercure, maladie, amission, debte
et crainte.
Soubz la Lune, palais, songe, marche et
larcin.
Des heures de jour et de Nuytz
et premièrement de* heures du dimenche.
Son heure premiesre est Sol; la deu-
xième Vénus; la troisiesme, Mercure; la
— 61
quatriesme, la Lune; la cinquiesme, Sa-
turne; la sixiesme, Jupiter; la septiesme,
Mars; la huitiesme, Sol; la neuviesme,
Vénus; la diziesme, Mercure; la onziesme,
la Lune; la douziesme, Sature.
Les heures de la nuyt du dimencbe.
La premiesre, Jupiter; la deuziesme»
Mars; la tierce, Sol; la quarte Vénus; la
cinquiesme, Mercure; la sixiesme, la Lune;
la septiesme, Saturne; la huitiesme, Jupi-
ter; la neuviesme, Mars; la dixiesme, le
Soleil, la onziesme, Vénus; la douziesme,
Mercure.
Les heures du Jour du lundy.
La premiesre, est la Lune; la seconde
est Saturne; la tierce, est Jupiter; la quarte,
'est Mars; cinquiesme, Sol; la sixiesme,
la
Vénus ;
la septiesme, Saturne; la huitiesme,
lia Lune; la neuviesme, Saturne; la dixiesme,
Jupiter; la onziesme, Mars; la douziesme,
:Sol.
- 62 —
Les heures de la nuyt du lundy.
La premiesre, Vénus; la seconde, Mer-
cure; la tierce, la Lune; la quarte, Saturne;
la cinquiesme, Jupiter; la sixiesme, Mars; la
septiesme, huitiesme, Vénus;
Sol; la la
neuviesme, Mercure; la dixiesme, Luna; la
onziesme, Saturne, la douziesme Jupiter.
Les heures du jour du mardy.
La premiesre, Mars deuxiesrne, Sol; ;
la
la troisiesme, Vénus;
quatriesme, Mer- la
cure; la cinquiesme, Luna; la sixiesme,
Saturne; la septiesme, Jupiter la huitiesme, ;
Mars; la neuviesme, Sol; la dixiesme, Vé-
nus; la onziesme, Mercure; la douxiesme,
Luna.
Les heures de la nuyt du Mardy
La premiesre, Saturne ;
la deuxiesrne,
Jupiter la troisiesme, Mars;
;
la quatriesme
Sol la cinquiesme, Vénus
; ;
la sixiesme,
Luna la huitiesme, Saturne
; ;
la neuviesme
Jupitter ;
la diziesme, Mars; la onziesme,
Sol ;
la douziesme, Vénus.
— 63 —
Les heures du jour du Mercredy
La premiesre, Mercure ;
la deuxiesme
la quatriesme
Lur.a;la troisiesme, Saturne;
Jupiter cinquiesme, Mars la sixiesme,
;
la ;
Sol la;
septiesme, Vénus la huitiesme, ;
Mercure la neuviesme, la Lune; la dix-
;
iesme, Saturne; la onziesme, Luna; la
douziesme, Mars.
Les heures de la nuyt du Mercredy
La premiesre, Sol la deuxiesme, Vénus
;
la troisiesme, Mercure la quatriesme, Luna ;
la cinquiesme, Saturne la sixiesme, Jupiter ;
la septiesme, Mars ;
la huitiesme, Sol ;
la
neuviesme, Vénus ;
la dixiesme, Mercure ;
laonziesme, Luna ;
la donziesme, Saturne.
Les heures du jour du Jeudy
La premiesre, Jupiter la deuxiesme, Mars; ;
la troisiesme, Sol quatriesme, Vénus
;
la ;
la cinquiesme, Mercure la sixiesme, Luna; ;
la septiesme, Saturne la huitiesme, Jupi- ;
ter; la neuviesme, Mars; la dixiesme,
— 64 —
Sol la onziesme, Venus
; ;
la douziesme,
Mercure.
Les heures de la nuyt du Jeudy
La premiesre, Luna ;
la deuxiesme, Sa-
turne ;
la troisiesme, Jupiter, la quatriesme
Mars; la cinquiesmes, Sol; la sixiesme,
Venus la septiesme, Mercure la huitiesme
; ;
la Lune la neuviesme, Saturne
;
la dix- ;
iesme, Jupiter la onziesme, Mars ;
la ;
douziesme, Sol.
Les heures qu jour du Vendredy
La premièsre, Vénus; la deuxiesme, Mer-
cure; la troisiesme, Luna; la quatriesme,
Saturne la cinquiesme, Jupiter, la sixiesme
;
Mars la septiesme, Sol
;
la huitiesme ;
Vénus la neuviesme, Mercure; la dixiesme
;
Luna la onziesme, Saturne la douziesme,
; ;
Jupiter.
Les heures de la nuyt du Vendredy
La premiesre, Mars ;
la deuxiesme, Sol ;
La troisiesme, Véuus ;
là quatriesme, Mer-
— 65 —
cure la cinquiesme, Luna
; ;
la sixiesme,
Saturne la septiesme, Jupiter
; ;
la huitiesme
Mars la neuviesme, Sol
; ;
la dixiesme,
Vénus; onziesme, la Mercure; la dou-
ziesme, Luna.
Les heures du jour du Samedy
La premiesre, Saturne; la deuxiesme,
Jupiter Mars
;
la troisiesme, ;
la quatriesme
:Sol la cinquiesme,
;
Vénus sixiesme, ;
la
Mercure la septiesme, Luna la huitiesme,
; ;
^Saturne la neuviesme, Jupiter; la dix-
;
iesme, Mars la onziesme, Sol; la dou- ;
ziesme Vénus.
Les heures de la nuyt du Samedy
La premiesre, Mercure la deuxiesme, ;
Luna la troisiesme, Saturne
;
la quatriesme ;
Jupiter; la cinquiesme, Mars la sixiesme, ;
:Sol ;
la septiesme, Vénus la huitiesme,
;
Mercure ;
la neuviesme, Luna la dixiesme, ;
iSaturne; la onziesme, Jupiter ladouziesme ;
Mars.
Noter que Jupiter et Vénus sont bons,
:Saturne et Mars, mauvais Sol et Luna, ;
moyens. Mercure, bon avec les bons,
mauvais avec les mauvais.
— 66 —
CARACTÈRES CABALISTIQUES
Planetarum, Annulorum et Sigillorum
d’après artéphius
'Cf S x 3 Y5
!
ïlAî-tî
Mars
4A
Mercurius
Jupiter
Vénus
w k
Saturnus
Mercurius
Jupiter
Vénus
Siturnus
Mercurius
Jupiter
Vénus
Saturnus
69
CHAPITRE VII
Mesmer. — Sa vie.
Mesmer (Antoine),médecin allemand,
auteur de la fameuse doctrine du magné-
tisme animal, naquit en 1734 à Mersbourg
en Souabe. Son apparition dans le monde
•savant s’opéra en 1761 par une thèse inti-
tulée De planet arum inflexu, dont le but
;
était d’établ-r que les corps célestes, en
vertu de la même force qui produit leurs
attractions naturelles, exercent une in-
fluence sur les corps animés, et particuliè-
rement sur le système nerveux, par l’inter-
mède d’un fluide subtil qui pénètre tous
les corps et remplit tout l’univers. Mesmer,
comme tous les grands génies, fut presque
malheureux et persécuté dans les premières
années de sa vie. Les académies de Lon-
dres, de Paris et de Berlin refusèrent de
répondre aux mémoires qu’il leur adressa.
On le Mesmer, convaincu de la
crut fou,
réalité et de puissance du magnétisme,
la
résolut d’agir et de leur prouver par des
faits qu’ils ne sauraient nier; et pour cela
— 70 —
il presque un miracle, car
fit il rendit par-
faitement la vue à une jeune de dix fille
huit ans, appelée M
dont lalle
Paradis,
maladie n’était rien moins qu’une goutte
sereine complète avec des mouvements
convulsifs dans les yeux, qui sortaient de
leurs orbites, sans compter des obstruc-
tions au foie et à la rate qui la jetaient
quelque fois dans des accès de folie. Ces
infirmités, quiavaient été traitées vaine-
ment pendant dix années par M. de Stork,
et que le célèbre occuliste Wenzel avait
déclarées incurables, ne résistèrent point
au magnétisme animal, administré pendant
quelques mois. Les yeux rentrèrent dans
leurs orbites; les obstructions disparu-
rent, la jeune fille recouvra la vue et la
santé Toute faculté vint jouir de ce
la
spectacle, et père de
le lle Paradis se fit M
un devoir de transmettre l’expression de
sa reconnaissance à toutes les feuilles
publiques de l’Europe. Ce fut en 1778 que
Mesmer vint à Paris. La sensation qu’il
produisit fut immense; les adeptes se grou-
pèrent en foule autour de lui, et Desion
lui-même, si fameux médecin, initié par
Mesmer aux mystères du magnétisme ani-
— 71
mal, en devint l’apôtre devant la société de
médecine. Lorsque les 'esprits parurent
suffisamment préparés, Mesmer lui-même
jeta dans le public un petit écrit in-8° de
88 pages, contenant le précis de sa grande
découverte. C’est le développement de sa
thèse sur l’influence des planètes dont
nous avons parlé plus haut. Toutefois, le
fluide subtil qui transmet les influences
célestes y est présenté avec de nouveaux
caractères; il peut être concentré et réfléchi
par les glaces comme la lumière; il peut
aussi être communiqué, propagé, augmenté
par le son; il peut être accumulé et trans-
porté. Nous savons maintenant que la
volonté seule met en mouvement le fluide
et le partout et dans toutes les
dirige
directions. Le magnétisme, tel que nous le
connaissons aujourd’hui, est une puis-
sance occulte, inhérente à l’organisme de
l’homme, et dont peut se servir dans un
il
rapport exact avec l’intensité de sa volonté;
ne serait-ce peut être pas la volonté elle-
même à l’état de fluide?... La science ma-
gnétique n’est point encore assez avancée
cour suivre la question. D’après Maxwel,
c’était l’esprit universel qui maintenait et
— 72 -
conservait toutes choses dans l’état où
elles Tout ce qui était corps ou
étaient.
matière ne possédait aucune activité s’il
n’était animé par cet esprit, et s’il ne lui
servait en quelque sorte de forme et d’ins-
trument. Cet esprit universel, inaltérable
et pur comme la lumière, était la source de
l’esprit vital particulier qui existait en
toutes choses; c’était lui qui le formait,
l’entretenait, le régénérait et le multipliait,
et qui lui donnait la faculté et le pouvoir
de se propager. Ce fut l’analogie qu’avait
le fluide avec l’aimant qui fit que Mesmer
le nomma magnétisme.
D’après Sentinelli, tous les êtres que
renfermait le monde participant de l’esprit
universel, étaient capables par là d’entre-
tenir entreeux une certaine relation ou
correspondance, et de s’aider ainsi dans
plusieurs opérations. D'après Mesmer,
l’action et la vertu du magnétisme animal,
ainsi caractérisées, pouvaient être, communi-
quées à d’autres corps animés et inanimés.
Un mot maintenant sur l’état où en est
la science magnétique de nos jours.
Mesmer, et avant lui Swédenborg, en
découvrant le magnétisme, n’ont fait que
— 73 —
retrouver une science que les Egyptiens
connaissaient déjà et dont ils avaient su
tirer un magnifique parti dans l’exploitation
des sciences occultes. Les Ouèbres, ces
adorateurs du feu, connaissaient aussi le
magnétisme, et tout nous porte à croire que
la plupart des initiés au grand-œuvre en
avaient des notions plus ou moins exactes,
entre autres Cardan qui en parle d’une
manière mystérieuse dans son huitième
livre De
mirabilibus.
Si aujourd’hui le magnétisme n’existe
pas encore à l’état de science, c’est parce
que jusqu’ici tous les hommes qui s’en
sont occupés n’ont su que constater des
phénomènes sans avoir pu, en reliant ces
phénomènes, établir l’échafaudage d’une
théorie scientifique. Mais sous peu la
lumière se montrera x des faits d’un ordre
;
inconnu encore viendront établir aux yeux
de tous son existence incontestable, mais
encore contestée par nos prétendus esprits
forts. Encore quelques années d’études et
de recherches consciencieuses sur cette
merveilleuse puissance de notre organisa-
tion, etl’homme devenu presque l’égal de
Dieu aura trouvé la clef qui doit résoudre
le grand problème de I’absolu.
— 74 —
LIVRE II
CHAPITRE PREMIER
Est-il possible de faire de l’or?
Pour nous question n’est point dou-
la
teuse, aussi ne la discuterons-nous que
pour ceux de nos prétendus savants qui
ont traités et traitent encore d’ignorants
ou de charlatans tous ceux qui se sont
occupés d’alchimie et de sciences hermé-
tiques.
Il convient donc de bien déterminer
préalablement le sens de la question. L’or,
comme tous les autres métaux, est un
corps qu’on n’a point décomposé, dont
on ne connaît pas les principes mais qui
peut être uni à l’oxigène ou brûlé ou cal-
ciné plus ou moins difficilement que les
autres corps métalliques. L’or, une fois
brûlé, oxigéné, ou réduit en oxide (ce que
les alchimistes appellent chaux), il est très
facile de le réduire par la chaleur, parce
que c’est celui de tous les métaux qui
75 —
tient le moins à ce principe ou pour lequel
il a le moins d’affection.
Mais cette opération ne saurait consti-
tuer la fabrication de ce ne serait
l’or,
jamais qu’une réduction d’oxide à l’état
métallique. Reprenons de plus loin :
pro-
duire les premiers éléments n’appartient
qu’au Créateur; mais en connaissant bien
les lois de l’attraction établies par la nature,
l’art chimique fait tous les jours des com-
posés organiques, soit semblables à ceux
qu’on trouve dans notre planète, soit
différents de ceux-ci et entièrement nou-
veaux.
On réussit d’autant mieux à former ces
composés qu’on en connaît plus exacte-
ment les principes constituants et leurs
propriétés; et si, comme l’a démontré tout
récemment un de nos plus savants chi-
mistes, un grand nombre de corps, regardés
jusqu’ici comme corps simples, ne sont
que des modifications d’un principe unique
avec des densités différentes pour compo-
sition, la solution du problème devient
donc ne sera plus question
possible, car
il
de formation ou de la création d’un élé-
la
ment ou principe constitutif. L’or n’est pas
un corps simple, comme jusqu’à présent
on l’a cru, mais bien une modification d’un
principe unique, dans de certaines condi-
tions et avec de certaines densités; du
moment où on arrivera à la loi qui préside
à ces densités, le principe unique étant là,
dans les autres métaux, partout enfin où il
nous semblera bon de nous en emparer,
la solution sera trouvée, le problème résolu.
Une fois ce principe admis, cette loi
physique reconnue, qui pourra démontrer
l’impossibilité de changer un oxyde métal-
lique quelconque en or, par l’addition d’un
agent quelconque qui portera ou enlèvera
quelques principes ou en changera la pro-
portion ou la densité? Nous expliquera-t-on
comment un atome de ferment excite avec
tant de force la fermentation dans une
quantité de moût?
Nous dira-t-on si l’alcool se cache dans
les grains de froment, se développe en se
débarassant des matières qui le couvraient
en quelque sorte, ou se forme par une
nouvelle combinaison de principes?
C’est une objection bien faible que celle
qui porte sur l’imperfection et l'instabilité
des compositions artificielles comparées à
— 77 —
celles de la nature dans le même genre de
composés; c’est un qui ressemble par-
fait
faitement et dans toutes leurs propriétés, à
ceux de la nature; les sels neutres n’en
sont-ils pas un exemple frappant? L’adhé-
sion moins forte ne dépend que de l’humi-
dité qui existe souvent dans les composés
artificiels et dont la nature se débarasse
par le temps.
Tout ce qui a été dit jusqu’ici prouve
que l’on peut faire de l’or et que la trans-
mutation des métaux les uns dans les
autres, n’est point une absurdité !
Mais, viendra-t-on nous dire de ce :
qu’une chose est démontrée possible, ne il
s’en suit pas de là que l’art puisse la faire,
mais si l’opération réussit suivant une
méthode expérimentale, on ne doit plus
s’inquiéter de la preuve de la possibilité ;
et l’on doit conclure que de l’être au pos-
sible: Ab esse ad passe valet consequentia.
CHAPITRE II
A-t-on véritablement fait de l’or ?
Parmi grand nombre d’alchimistes qui
le
se sont flattés d'avoir obtenu dy succès,
— 78 —
s’en trouvent-ils qui aient assez véritable-
ment composé de l’or?
Il est assez difficile de résoudre victo-
rieusement cette question et de faire par-
tager nos certitudes à cet égard. Car dans
tous les ouvrages de philosophie hermé-
tique que nous avons consultés, il manque
toujours quelque chose à la description
de la plupart des transmutations. Nous sa-
vons également que l’on ne doit pas trop
accorder de confiance aux auteurs qui ont
parlé de leur propre ouvrage, ni au témoi-
gnage des spectateurs souvent grossiers
et ignorants.
Il cependant quelques raisons qui
est
paraissent offrir un assez grand caractère
de vérité.
Si par exemple un homme, sans aucune
confiance dans les transmutations alchi-
miques, obtient quelques atomes de la
pierre philosophale, répète l’expérience seul
et sans confident comme sans témoin, s’il
trouve un plus grand poids de véritable
or qu’il n’a employé de pierre philosophale
il est difficile de soupçonner de la fraude
en pareil cas tel paraît être le caractère de
;
l’aventure fameuse arrivée à Helvétius.
— 79 —
Etant à Magdebourg, il niait avec force
l’existence de la pierre philosophale, et il
s’était expliqué d’une manière formelle
dans un ouvrage imprimé sur la poudre
sympathique du chevalier Digby.
Le 27 décembre 1666, un inconnu se
présente à lui, et après avoir parlé de
science hermétique, il lui montre la pierre
philosophale d’une couleur de souffre et
cinq grandes lames d’or pur, et lui raconte
la manière dont il parvenu au faîte de
était
l’art ;
Helvétius le conjure de lui donner
un peu de sa pierre ou de lui en montrer
les effets par le feu, ce que l’inconnu lui
refusa en lui promettant de revenir dans
trois semaines. A son retour, qui eut lieu
effectivement comme il le lui avait annoncé
ce ne fut qu’à force de prières et de sol-
licitations qu’il lui en accorda un petit
fragment, gros comme une semence de
rave; et comme Helvétius doutait qu'une
si petite quantité put changer quatre grains
de plomb en or, l’alchimiste en enleva la
moitié en lui disant que cette proportion
était suffisante pour produire l’effet qu’il
désirait. Helvétius, dans le premier entre-
tien qu'il avait déjà eu avec cet homme,
— 80
avait enlevé quelque portion de la pierre
et l’avait placée sous son ongle; il l’avait
jetée sur le plomb fondu, mais tout s’était
dissipé et il n’était resté au fond du creu-
set qu’un peu de terre vitreuse. Il craignit
d’avoir été trompé lorsque l’inconnu lui
apprit qu’il fallait envelopper de cire la ma-
tière de projection, afin qu’elle nefnt point
gâtée par la fumée du plomb. Il apprit en-
core dans le même entretien que l’œuvre
pouvait être faite en quelques jours et
qu'il n’était pas vraiment cher. L’alchimiste
devait venir voir le lendemain Helvétius
pour lui montrer la manière de faire la pro-
jection ;
mais il manqua au rendez-vous.
Helvétius l’ayant attendu longtemps après
l’heure promise, mit en présence de sa
femme et de son fils, six gros (sic) de
plomb dans un creuset et lorsque ce métal
fut fondu, il y jeta le petit morceau de
pierre enveloppé dans un peu de cire jaune
et couvrit le creuset de son couvercle et,
un quart d’heure après, trouva toute la
il
masse convertie en or. Cet or était d’un
beau vert en le coulant dans un cône, il
;
prit une couleur de sang et redevint d’un
véritable jaune d’or en refroidissant. Un
— 81
orfèvre qui examina d’abord cet ,or, le
trouva si pur qu’il en estima l’once fort
haut. Porvelins, essayeur général des mon-
naies de Hollande, ayant ensuite reçu
d’Helvétius une portion de cet or, en traita
deux gros par la quartation et l’eau forte
-et les trouva augmentés de deux scru-
pules, ce qu’il attribua à une portion d’ar-
gent convertie en or par l’abondance de la
teinture ;
soupçonnant cependant que l’ar-
gent n’en avait été qu’imparfaifement sé-
paré, il traita de nouveau cet or sept fois
de suite avec l’antimoine, mais sa quantité
ne diminua pas.
Tel est le récit d’Helvétius lui-même et
puisque l’alchimiste de qui il tenait la ma-
tière de projection n’avait jamais vu son
laboratoire et n’avait point assisté à son
expérience, on ne peut point soupçonner
de fraude de la part de ce dernier. Com-
ment croire également qu’Helvétius se se-
rait trompé lui-même ? C’est de toute ab-
surdité, et puisque l’impossibilité de la
pierre philosofale ne nous est pas dé-
montrée, tout porte à croire que réelle-
ment Helvétius transmuta du plomb, ou
plutôt fit de l’or.
82 —
Hérigardus de Pise, raconte à
peu près
comme Helvétius un fait qui lui est arrivé
relativement à la pierre philosophale. Voici
ses propres paroles ( Oviculus pis. 25) ,
«Je rapporterai de ce qui m’est arrivé
autrefois, lorsque je doutais fortement
qu’il fut possible de convertir le mercure
en or. Un homme habile voulant lever mon
doute à cet égard me donna un gros d’une
poudre dont la couleur était assez sem-
blable à celle du pavot sauvage, dont l’o-
deur imitait celle du sel marin calciné, et
pour détruire tout soupçon de fraude
j’achetaimoi-même le creuset, le charbon
et lemercure chez plusieurs marchands
afin de n’avoir pas à craindre qu’il y eut
de l’or dans aucune de ces matières, ce
que les charlatans en alchimie font si sou-
vent.
Sur dix gros de mercure, j’ajoutais un
peu de poudre, j’exposais le tout à un feu
assez fort et, en peu de temps, la masse se
convertit toute en près de dix gros d’or,
reconnu pour très pur par les essais de
divers orfèvres. Si cela ne m’était pas
arrivé sans témoins et sans arbitres étran-
gers j’aurais pu soupçonner des erreurs
— 83
ou des fraudes, mais je puis assurer avec
confiance que le succès que j’ai obtenc
est très véritable.
Van Helmont dit aussi : Je suis forcé de
croire à la pierre aurifique et argentifique
puisqu’il m’est arrivé plusieurs fois de
faire moi-même la projection avec un grain
de poudre sur plusieurs milliers de grains
de mercure, et cela devant une assemblée
nombreuse qui en a admiré comme moi le
succès.
Dans un autre endroit {De arbore vit a>)
il dit qu’on lui a donné un demi grain de
cette poudre qui a converti neuf onces
douze gros de mercure.
Ilpasse pour constant que l’empereur
Ferdinand en 1648, et l’électeur de Mayence
en 1658, ont fait la projection avec tous
les soins et toutes les attentions conve-
nables pour éloigner les craintes de séduc-
tion et d’erreur à tous ces témoignages
sont de nature à ne point laisser douter
de leur vérité.
Arnauld de Villeneuve passe pour avoir
converti du fer en or à Rome, Raymond
Lulle fit la même opération à Londres,
devant le roi Edouard, et on frappa avec,
— 84 —
cet or des nobles à la rose. L. Turnecifère
fit la même opération en 1587, devant
Ferdinand er
grand duc de Toscane.
1
,
De toutes les transmutations qu’on
assure avoir été faites, celles que nous
venons de rapporter sont d’une telle nature
qu’il n’est pas permis de les révoquer en
doute à moins qu’on ne refuse toute con-
fiance aux récits de l’histoire.
CHAPITRE III
CHRONOLOGIE des plus célèbres auteurs
de la philosophie hermétique et de ceux que
l’on regarde comme ayant trouvé le secret de
la pierre philosophale.
Avant J.-C. 1996. — Hermes ou Mer-
cure Trismégiste, roi d’Egypte, connu
dans des rois de cette nation
la liste sous
le nom ce Siphoas. Les traités que nous
en avons sur la science hermétique sont
supposés quoiqu’ils renferment sa doc-
trine.
— Sophar, Persan,
540. fut le maître
d’Ostanès.
500. — Ostanès, Mède, vivait sous
— 85 —
Xérès, roi de Perse, à la duquel il
suite
:tait allé en Egypte, et fut le maître de
Démocrite. On a mis sous son nom des
ivres de philosophie hermétique qui sont
>n grec et arabe ;
ils sont supposés ou
•iennent d'un Ostanès Egyptien au cin-
luième siècle.
500. — Jean (Johannès), prêtre, vivait
want Démocrite, on a sous son nom
in manuscrit grec sur la science hermé-
ique.
480. —
Démocrite, philosophe grec
(Ormé par Ostanès et ensuite par des
>rêtres égyptiens. Nous avons son traité
; ui a été imprimé avec le commentaire de
ynésius. Il se trouve fort commun avec
tes manuscrits grec de cette science.
470. —
MARiEfut une juive très curieuse
[Link] Démocrite trouva à Memphis, où elle
i vait été formée par les égyptiens. Son
aité est imprimé dans les recueils. Ainsi
111e ne fut pas la sœur de Moïse, comme
marquent quelques éditions.
:
325. —
Ostanès. Il y eut un philosophe
ee ce nom du temps d’Alexandre-le-Grand.
)m ne sait que son nom, sans que nous
m ayons aucun ouvrage.
— 86 —
50. — Comarius, d’autres le nomment
Comamus ,
prêtre et philosophe égyptien
a instruit Cléopâtre sur la science hermé-
tique. Nous avons de lui un traité manus-
crit, mais qui est assez rare.
45. —
Cléopâtre, reine d’Egypte. Nous
avons sous son nom quelques procédés
sur la conservation de la beauté, et l’on
trouve dans les manuscrits quelques trai-
tés de cette princesse sur la science her-
métique.
.Depuis J.-C. 410. —
Zozime, né à Pa-
noplis, dans le territoire de Thèbes en
Egypte, mais qui demeurait à Alexandrie,
est celui des anciens Grecs qui a le plus
écrit sur la philosophie hermétique, mais
rien n’en est imprimé et ;
se trouve assez
il
communément dans les manuscrits grecs
de cette science. On croit qu’il était chré-
tien ainsi ce ne saurait être Zozime l’his-
;
torien, grand ennemi des chrétiens.
430. — Ostanès, Egyptien Lettre à :
Pitasius sur la science hermétique. Il y a
divers traités d’Ostanès sur le même sujet
soit en grec, soit en arabe, mais on ignore
s’ils sont de cet Ostanés ou de quelque
autre plus ancien.
— 87 —
630. — Etienne ou Stéphanus D’Ale- ,
vxandrie est qualifié, dans les manuscrits,
du titre de philosophe universel son traité ;
-sur la science hermétique n’a pas été im-
primé, mais se trouve seulement clans les
manuscrits.
830. — Geber, arabe, né à Tusso, dans
le Chorasan, province de la Perse d'autres ;
icependant, le font naître à Haran dans la
'Mésopotamie. Il est le chef de tous les
philosophes arabes. Outre les traités de
icet auteur qui sont imprimés il en reste
encore quelques uns manuscrits. On dit
qu’il avait fait jusqu’à cinq cents volumes
sur la science hermétique. On le prétend
Sabéen de religion, c’était un mélange de
(Christianisme et de Judaïsme.
1036. — Avicenne, un des oracles de
Ida médecine et grand philosophe, était
Arabe, meurt en 1036.
1050 — Aristote, arabe, se déclare lu i-
nême disciple d’Avicenne nous avons de :
lui quelques traités qu’on attribre mal à
propos au célèbre Aristote, précepteur
J’Alexandre.
1050. — Adfar, Arabe, philosophe
ii’Alexandrie et maître de Morien, vivait
/raisemblablement en ce temps.
— 88 —
1100. — Morien, Romain de naissance
mais formé à Alexandrie en Egypte, se re-
tiradans les montagnes voisines de Jéru-
salem; instruit Calid sur la science her-
il
métique.
— Calid, Arabe mahométan,
1110. calife
ou Soudan d’Egypte, instruit par Morien
1130. — Artésius, Adfar, cite et lui
même Roger Bacon ainsi
est cité par ;
i
est entre les onzième et treizième siècles
1200. —
Abraham, Juif, dont Flamef ;
eu les figures et les explications.
1200. — Aristaæs. Si, comme on lesup
pose, c’est qui a fait la tourbe de philo
lui
sophes, il était chrétien et non pas niaho
métan arabe.
1260. — Christophe, de Paris ou d<
Pérouse n’a de : aucun
l’on lui traité.
1270. — Roger Bacon, cordelier anglais
né en 192, est, à ce qu’on croit, le premie
1
des Latins qui s’appliqua à la science lier
métique.
1280.— Lemoine Ferrari ou EJJerrari
on le croit de ce temps.
1 254 .
— Raymond Lulle est instruit ;
lascience hermétique, à Naples, par Ar
naud de Villeneuve.
— 89 —
I2Q8. — Mort cTAslain DE LiSle, nommé
1
docteur universel.
1310 —
Mort d’ARNAUD de Villeneuve,
traités
ihumé à Gênes; la plupart de ses
ont imprimés.
1215. Jean —
Daustein, philosophe
traités im-
inglais dont nous avons deux
manus-
molés, les autres sont restés en
r
2 1 6.
'l —
Jean XXII, pape, travaille à
la
qui
Philosophie hermétique son traité, :
!iS t très obscur, se
trouve imprimé.
1320. —
Jean de Me un, écrit et
travaille
science hermétique après avoir
fini
,ur la
e roman de la Rose.
—
Jean Cremer, abbe de
1325.
West-
ninster, ami et disciple de
Raymond Lulle,
ravaille à la science hermétique
son traite :
)U testament se trouve
imprimé.
1330 Pierre
.
—
Bon de Lombardie tra-
vénitienne.
/ailleà Posa, ville de l'Istrie
1330 .
—
Odomare, pratique la science
lerniétique à Paris nous avons son ou-
:
vrage. .. ,
- de Roupescina, cordelier
1337. Jean
enfer-
rançais que le pape Innocent VI fit
prétendues pro-
ner cette année pour de
phéties.
— 90 —
1357. — Nicolas Flamel achète le livre
d’Abraham, Juif, et travaille inutilement
vingt-et-un ans.
1358. —Ortholain exerce la science
hermétique à Paris.
1378. —
Flamel va à Saint-Jacques de
Compostelle pour chercher quelques Juifs
qui lui expliquent les figures d’Abraham
Juif.
1376. — Flamel revient en France et
travaille encore trois ans.
1382. — Le 17 janvier, Flamel fait la
projection à l’argent et, le 25 avril suivant,
il fait latransmutation en or.
—
1399. Flamel travaille à l’explication
de ses figures.
1408. — Isaac le Hollandais est vrai-
semblablement de ce siècle.
1413. — Flamel, de nouveau à
travaille
l’explicationde ses figures.
1414. —'Basile Valentin, moine béné-
dictin à Exfort en Allemagne, est l’un des
plus grands artistes de la philosophie
hermétique. *
1459. — Lacini, moine de Calabre, a
fait un traité.
1470 .
— Georges Anrac ou Aurac,
— 91
du £ardm
deSrasbourg, adepte auteur
d hermétique
des Richesses du Traite
—
,
1477 Esgorges Ripley, anglais dé-
.
de la Chimie a
dié ses’ Douzes Portes
apprend la
Edouard Vil roi d’Angleterre a
;
hermétiqu: dans ses voyages ,
il
Science
praticiens.
été un des plus habiles
1
— Paracelse médecin et philo-
403 .
sophe hermétique. , .
1551 _ Drebellius, flamand
.
,
très ha-
mais fort obscur.
bile
1553 —
Venceslas Lav]NIUS, genti-
avons un
lhomme de Moravie dont nous
itraité qui ne contient
pas plus de trois
pages, mais qui est fort estimé.
1555 Denis Zachaire. On croit ge-
_
d'un
inéralement que c’est le nom supposé
philosophe
gentilhomme de la Guienne,
ad
15Q0 — Gaston oe Clavis, lieutenant-
rénéral du président de Nevers a bien
l’en croit, il a pratique
heu-
on
lcrit et, si
reusement.
1503. —
Le Cosmopolite ou Alex.
.Sethon mort en Pologne vers 1603 .
1510. —
Le Chevalier impérial; on le
croit étranger et l’on prétend
qu est au- il I
- 92 —
teur de X Arcanum hermeticœ philosophiez,
attribué au président d’Espagnet.
1620. —
Jean d’Espagnet, président à
Bordeaux, on croit qu’il avait le secret de
la science hermétique on prétend cepen-
;
dant que le traité qui lui est attribué n’est
pas de lui, m iis du Chevalier Impérial
anonyme connu autrement.
qui n’est pas
1643. —
Eyrénée PHiLATHÈTEse nom-
mait, à ce qu’on croit, Thomas de Vagan
outre qu’il était adepte, nous avons de lui
plusieurs traités curieux snr la science her-
métique, on en a publié quatre principaux
au second volume de la philosophie her-
métique.
1664. — Salomon de PlauweNstein a
écrit contre le père Kirschner sur la pierre
philosophale.
1675. —
Olaus Borrighius, Danois
fort habile, né en 1626 et mort en 1690.
Célèbre médecin, curieux artiste, et l’on ne
doute pas qu’il ait été adepte.
1679. —
Jacques Tollius, célèbre litté-
rateur hollandais, on croit qu’il a eu quel-
que portion du secret de la science hermé-
tique sur laquelle il a écrit.
Dans lachronologie que nous venons
de faire, nous n’avons cité que les noms
— 93 —
des alchimistes qui ont possédé la poudre
mystérieuse de projection, cette pierre
philosophale au moyen de laquelle ils
arrivaient à la transmutation des métaux.
Mais la pierre philosophale n’est ici qu’une
solution du grand problème ; solution, il
est vrai,magnifique et hardie » secret
sublime car avec l’or que ne se procure
!
t-on pas ? L’or— puissant terrible, sans
!
bornes, sans limites, infinie, qui renverse
et brise tous les obstacles, avec laquelle
tout est possible. Si nous avons oublié
ceux, qui, comme Pythagore, ont décou-
vert la puissance des nombres, comme
Cardan, le formidable levier de la volonté ;
comme Artéphius, le secret du principe
vital comme Hortensius, la fabrication du
;
diamant comme Yan Helmont, Albert-le-
;
Grand, Agrippa et tant d’autres, les arcanes
de la nature comme Mesmer le magné-
;
tisme, cette autre puissance occulte de
notre organisation ;
comme Leibnitz et
Fourrier, les ressorts sublimes de l’har-
monie universelle c’est que les limites
de notre ouvrage s’y opposent, c’est qu’il
faudrait des volumes pour vous initier à
tous les travaux de ces hommes prodi-
geux, de ces sublimes génies.
LIVRE ni
Les alchimistes et les souffleurs qui tra-
vaillent au grand-œuvre sur de semblables
manuscrits ne sont plus là pour nous don-
ner la clef de ces mystérieuses paroles, le
sens caché de ces mystiques formules, pour
nous expliquer ce style âpre et inintel-
ligibe; et cependant si nous consultons
l’histoire et les arcanes de la philosophie
hermétique, c’est sur ce manuscrit, laissé
par l’archiviste Abraham, que le célèbre
Nicolas Flamel parvint à faire de l’or.
Mais Dieu est grand! et si les alchi-
mistes et les souffleurs ne sont pas fous
morts, l’un d’eux peut-être pourra bien
retrouver dans le fond de ses creusets la
toute-puissante formule qui doit résoudre
le grand problème.
ASCII MEZAllEI’II
Traité de Science Hermétique et Cabalistique
d'après des manuscrits Hébreux
Elisée, prophète, renouvelle l'exemple
de la sagesse naturelle, et méprisant les
— 95 —
richesses, ainsi que nous l'apprenons dans
de guéri, 2 Reg. V.v.o,
Namaan
l'histoire
vraiment riche, ainsi qu
il est
et pour cela
Pirte abhoth, chap. IV.
Qmsnam
at en sua.
gaudet in portione
est dives? qui
métaux impurs n
Ainsi le médecin des
extérieure des richesses,
pas une apparence
de la nature pre-
mais plutôt est à l’instar
parole équivaut
mière'inerte et vide, laquelle
d’ÜLisÉE, et se monte
en nombre le nom
vrai ce qui est dit
à 441 Car il est très
col. 2, Res quœ
dans Babha Kama, fol. 7 1 .
est la sagesse natu-
divitias causatur (telle
relle) est instar
[Link] st pourquoi
venant du
ipprenez à ‘corriger Naamann
reconnaissez la
septentrion et de Syrie, et
presque fleur
force du Jourdain qui est
septentrion et
du jugement, venant dp
dit dans
ressouviens-toi de ce qui est
Babha bathra fol. 25, col. 2. Qui veut deve-
le midi et qui
nir savant qu'il voyage vers
veut devenir riche se
tourne vers le
septentrion, etc. Quoique dans les
memes
ben-Zevi dit qu il
lieux R. Jelios-Chaah
midi, car
reste perpétuellement dans
le
est aussi
tandis qu'il est devenu savant
il
riche, ainsi qu'il est dit Prov. 111.
devenu
- 96 —
V. 16, et dans Longitudo dierum est ad
dextram ejus et ad sinistram ejus divitiœ
et gloria. Ainsi tu ne souhaiterais pas
d’autres richesses. Sache pourtant que les
mystères de cette sagesse ne sont point
différents des mystères supérieurs de la
cabale, car selon le degré où l’on est de
sainteté et d’observation des préceptes, on
est de même en pureté, et tels que sont
Séphiroth in Açiluth, tels sont-ils aussi
Asiah, les mêmes dans son règne qui est
communément appelé le règne minéral,
quoique leur excellence soit toujours plus
grande dans les choses supérieures; ainsi
la racine métallique occupe ici la place
Kether, laquelle a une nature fort cachée
et enveloppée de beaucoup de ténèbres,
et de laquelle tous les métaux tirent leur
origine. Ainsi que la nature Kether est
occulte, et d’elle émane tous les autres
Ephiroth. Le plomb a la place Chochona
parce que, comme Chochonaproche est
de Kether ainsi ,
dérive immédiatement
il
de la racine métallique, et dans d’autres
énigmes de cette nature il est appelé le
père.
L’étain occupe le lieu Binah à cause de
— 97 -
ses cheveux blancs, semblables aux vieil-
lards, et la sévérité de son cric ressemblant
à la rigueur judiciaire.
L’argent est placé par tous les docteurs
de la cabale dans la classe Kesser, princi-
palement à cause de sa couleur et de son
usage.
nous avons traité des matières
Jusqu’ici
blanches, passons maintenant aux rouges.
Premièrement sous Gebburah, selon la
sentence ordinaire des cabalistes, est placé
l’or, ce qui se réfère aussi au septentrion
(Icobh, ch. XXXVI. v. 22), non seulement
à cause de sa couleur, mais aussi à cause
de sa chaleur et de son souffre.
Le fer est attribué à Tiphereth, car il
est de la façon de Vir Bclh, Exod. XV, 5,
et il n’a le nom Seir Aupin qu'à cause de
•sa colère prompte, ainsi qu’au Ps. Il, verset
dernier.
Neqach et Hud, 2, milieu du corps et
receptable des semences, sont les lieux de
la nature,Androgyne du cuivre, ainsi que
les deux colonnes du temple de Salomon
attribuées à cette matière, et lesquelles
étaient faites d’airin, ainsi que Reg.,VII,15.
1
Jesod, est le vif argent le surnom de
;
— 08 —
vif lui est donné pour le caractériser, car
c’est au vif le fondement et la nature de
l’art métallique.
A Malchut est référé la vraie médecine
des métaux pour plusieurs raisons et
parce qu’il représente les autres natures à
la droite ou à la gauche de l’or ou de
l’argent et leurmétamorphose, desquelles
nous parlerons plus amplement ailleurs.
Ainsi je t’ai donné les clefs pour ouvrir
plusieurs portes fermées, je t’ouvrirai la
porte aux plus intimes sentiers de la
nature que si quelqu’un les dispose
;
autrement, je n’aurai point de dispute
avec lui, car toute chose tend à une même
fin. Je dis que trois sources supérieures
peuvent être celles des trois choses métal-
liques, l’eau visqueuse Kether, souffre
Chochmach, mercure Binah pour les
raisons dites ainsi sept inférieures repré-
;
senteront les sept métaux, savoir Gedulah
et Cebhurah, l’argent et l’or, Tiplicrct le
ier,Ne{ach, Hod l’étain et le cuivre, Jesad
le plomb, et Malchuth sera la femme
métallique, l’argent des sages, et le champs
dans lequel ils doivent jeter les semences
des minéraux secrets. Mais sache-, mon
— 99 —
fils,que dans ces choses sont cachés de
tels mystères qu’aucune langue humaine
ne peut rapporter. Po'nr moi aussi, plus en
avant non peccabo lingua mea scd cuÉto-
diam os meuni clausuria ex. Psalm.
XXXIX, 2, Ascii Me\areph, cap. h
Dans science naturelle le nom Eich
la
est appliqué diversement, ainsi que dit
Jacob, Gen. XLI. 9. Cette parole Lionceau
se monte à 209, et si vous y ajoutez 1 pour
tout le reste du terme, ce sera 210, qui est
le nombre de la parole, c’est-à-dire de
Naaman le Syrien, chef des troupes du roi
A ram, Il Rois, v, 1. par lequel on entend
allégoriquement que la matière de la méde-
cine métallique doit être 7 fois purifiée par
le Jourdain, que plusieurs de ceux qui
étiidient la matière métallique appellent
Gur. Afin que tu connaisses mieux, prends
le moindre nombre de cette parole Naha-
vian, qui égale le nombre de la parole
Kether, qui est 21
l.c nombre avec toute la parole est 21 1,
qui égale le nom du Lion ,
c’est-à dire un
autre 211.
Ainsi le Lion égale les nombres de la
première parole de cette admirable histoire,
— 100
Il Rég. v, 5, et Naaman constitue 216.
C’est pourquoi les paroles et jeune Lion
et Verdeur ont chacune 310, car est11
connu dans les mystères métalliques que
dans cet endroit se trouve l’énigme du nom
de Verdeur que nous appelons Lion verd,
lequel je te prie de ne pas croire être ainsi
appelé pour d’autres causes que celles de
sa coulenr. Car, à moins que la matière ne
soit verte, non seulement dans l’état qui
précède immédiatement celui auquel il est
réduit en V, mais aussi après qu’elle est
devenue V d’O, souviens-toi que ta voix
sèche universelle doit être à ceci encore
amendée.
De plus, les noms des Lions sont ceux
qui est Lionne selon Job. IV, 11. Les
,
petits de la Lionne se sépareront Ezech.
XIX, 2.
La Lionne ta mère couchera entre les
Lions Nahum, II, 12, et lassera la Lionne
, ,
et v, 13. Le Lion tuera pour ses Lionnes.
Item, qui signifie Lion féroce, avec une
crinière longue et simple, ainsi qu’aux
proverb. XXX, Le Lion est fort entre
30.
les animaux. Ces deux noms se réfèrent
aux moindres nombres du Septénaire. A
101
ces noms monte aussi celui de Terre
c’est-à-dire 106 qui en sa moindre numé-
ration est 7, et l’on ne saurait rien dire
de plus clair que ceci, surtout si l’on consi-
dère les surnoms de ce minéral qui est
appelé le serviteur des cheveux ou de
longue crinière rouge et autres noms
semblables.
Il est encore donné un autre nom au
Lion, selon les docteurs dans le Sanhédrin,
c. XI, fol. -0, col. 5, ce dont aussi le Tar-
gum Poalen, XXVII, 12 fait usage. Ce
nombre est 398, dont le moindre nombre
est 2.
L’étain, ce métal n’est pas, jusqu’à pré-
sent, de grand usage dans la science
naturelle, d’autant qu’il dérive de séparer ,
ainsi sa matière reste séparée de la méde-
cine universelle. Zedech lui est attribué
entre les planètes, étoiles errantes et blan-
ches à laquelle les Gentils appliquèrent un
nom idolâtre dont la mémoration est dé-
fendue. Exod. XXIII, 13, et son extiration
promise, Osée, II, 17. Zach. XIII, 2. Entre
les animaux il aucun dont l’allé-
n’y en a
gorie lui soit convenable que celle qui, par
son cric, est appelée Aper de Sylva Ps. ,
102
LXXX. 4, dont le nombre est 545 qui n’est
pas seulement composé de 109 quinaires,
mais son moindre nombre est aussi qui-
naire, comme le nombre 194, qui, sommé,
fait 14 et sommé de rechef 5, qui, pris
deux fois, est 10. Le moindre nombre de
la parole Jupiter 46, car 5 dizaines se
réfèrent aux 50 portes Dirai: et la pre-
mière lettre du Sephir Nerach qui sont ,
les classes séphirotiques auxquelles, ce
métal se réfère.
Dans les transmutations particulières à
sa nature Vénus seule ne sort pas; mais
jointe au très Vénus surtout ceux des
métaux rouges, elle réduit en or les eaux
visqueuses dûment terrifiées, ainsi que la
Lune ,
s’il est par le vif-argent
introduit
subtilisé dans d’une V délicate
la nature
ce qui, entre autres, se fait en ce cas par le
Jupiter.
Car sa nature visqueuse et aqueuse peut
être améliorée encore si elle est pulvérisée
avec la chaux d’or passant par tous les
degrés du feu et jetée peu à peu dans de
l’or en flux, sous la forme d’une pilule,
ce qu’aussi j’ai appris pouvoir se faire
avec l’argent mais non est sadiens nisi
103 —
dominus expérientice. C’est pourquoi je n’en
ajoute pas davantage, qui fait peut corri-
ger les natures et suppléer par les expé-
riences où elles sont fautives. Ascii Maza-
reph, cap. IV.
Terre. Dans la science naturelle, ce
métal est la ligne intermédiaire touchant
d’une extrémité à l’autre.
C’est lui qui est le mâle et l’époux, sans
lequel la Vierge ne saurait s'impreigner.
C’est ici le soleil des sages sans lequel
la lune sera toujours tînébreuse. Celui qui
connait ses rayons travaille à la lumière,
les autres tâtonnent dans la nuit, dont le
moindre nombre est 12 et de même valeur
que le nom de cet animal sanglant ours,
dont le nombre est pareillement 12, et ceci
est ce mystérieux passage qui se trouve
dans Dan. VI 1,5. Et ecccbcstia a lia seumda
similis urra ad latus union stetit, et 3 ex-
tentiœ in nre ejus, inter dentes ejus et sic
,
dicebant ci, etc. Le sens est que pour
constituer le métallique on doit
règne
prendre le en second lieu, dans la
fer
bouche ou ouverture duquel, lorsqu’il est
dans le creuset, 3 scories sont produites
entre sa nature blanchâtre car il mange
104 —
chair dont le moindre nombre est 7, c’est-
à-dire Terre dont le moindre nombre est
pareillement 7 et même beauconp de chair,
parce que la sienne et telle qu’est Terre
c’est-à-dire 106.
Telle sera celle du Marsen Pusch.
Entendez ici la chair du Lion qui est le
premier animal dont aquilines ét
les ailes
ce qui est trop volatif sont à présent
arrachés par lui, et il sera élevé et, par la
putréfaction, séparé de la terre ou scorie
et se tiendra sur ses pieds,, c’est-à-dire
qu’il recevra la consistance dans le creu-
set conique ainsi que l'homme, le visage
élevé et rayonnant comme Moïse car écrit
au long par géométrie 351 et le cœur, c’est-
à-dire le Mars et Barzel, les moindres
nombres produisent 5 de l’homme minéral
Tiphercth lui sera donné car le n(5m de
,
la planète qui appartient ici à une notation
commune avec homme roux.
Ces choses faites, il faut prendre le
troisième animal qui, ainsi qu’un léopard,
car ne mouillent pas les mains. Le
Jourdain des sages, car Jourdain et Léo-
pard, en moindre nombre, donne la même
somme de 12, aussi telle est la vitesse de
— 105 —
cette eau que par raison elle n’est
cette
pas mal semblante au léopard. Et ecee
aloe quatuor avis superdorsum ejus 4
asles font deux oiseaux qui irritent cette
bête avec leurs plumes, afin qu’il entre et
se batte avec l’ours et le lion, quoique de
soi-même il assez volatil et venimeux
soit
et mordant à l’instar d’un serpent ailé et
d’un basilic et 4 capitabestuv par lesquelles
paroles sont entendus les 4 natures ca-
chées dans ce composé, savoir blanc, :
rouge, vert et aqueux. Et potestas data
est ei sur les autres bêtes, savoir, le lion
et l’ours, afin qu’il les vainque et qu’il en
extrade le sang glutineux, car de tous
ceux-ci se fait au 4 e animal, v. 7. Quœ for-
midolosa terribilis et fortis abundanter ,
ici elle élève une
grande fumée qu’il y a
si
quelquefois péril de mort si elle est traitée
dans un temps et dans des lieux qui ne
soient pas convenables et Dentes ferri
habet magnos parce quelle est une des
,
paroles quicomposent la matière même
comedens et comminuens se ipsum soi-
même et les autres à residuum pedibus
suis conculsens, c’est-à-dire d’une nature si
violente qu’après bien des brisements et
106 —
froissements elle est comme domptée. Et
decem cornua ei, car elle a la nature de tous
les nombres métalliques cornua parvum,
etc.; car, d’elle sortira le roi inférieur, ayant
la nature Tipheretli qui est celle de
l’homme, mais du côté de Gebhurah car ,
c’est l’or qui domine dans l’œuvre des
sages, jusqu'ici des choses préparatoires
et présentement, Interficienda est bestia
et perdendum corqus ejus et tradendum
ad ignis combustionem, etc. Ici suit le
même régime de feu dont nous parlons
ailleurs. J’ai voulu commenter ceci à l’oc-
casion du glaive de l’illustre Naaman que
ce nom exprime, Ascii Mezareph, cap. III.
Dans la nature métallique, Gebhura est
laclasse à laquelle l’or est référé, qui de
nouveau a sa décade, de façon qu’à son
Kether est référé l’or que les cantiques 5
et 1 1 rapportent à la tête à Chochma or,
comme caché entre les munitions, car ainsi
Tiphereth et Malchuth sont composés
d’un trône doré. Rois X, 18.
Gerhasi, serviteur d'Elysée, est le type
des prescrutateurs vulgaires de la nature,
lesquels dressent leurs contemplations sur
les vallées et profondeurs de la nature,
— 107 —
mais .qui ne pénètrent pas jusqu’à ses
cachettes. C’est pourquoi ils travaillent en
vain et sont à jamais esclaves. Ils abondent
en conseils pour se procurer le fils des
sages dont la génération est impossible à
la nature, 2 Rois, IV, 14 mais eux-mêmes
;
ne peuvent rien conférer à une semblable
génération pour laquelle il faudrait quel-
qu’un semblable à Elisée, car la nature ne
dévoile point ses secrets à de tels Conf.
v. 26, mais les dédaigne v. 30, et la résur-
rection de la mort à la vie leur est impos-
sible, v. 51;
donc ce sont des avares, v. 20,
des menteurs et des trompeurs XXII, 25,
et babillards, raconteurs de faits des autres.
2 Rois, Vlll, 4, 5, et au lieu de richesses
ils acquièrent la lèpre c’est-à-dire les mala-
dies, le mépris, la pauvreté, car la parole
de Gechasi et la parole profane sont com-
munes, c’est-à-dire ont un même nombre.
Asch-Mezareph, cap. I.
Vénus. Dans la science des minéraux
ce principe se réfère à Binah, à gauche de
la chaleur, et à ce côté-là on le réfère aussi
à l’or et Charuz, espèce d’or appartenant
à la classe Binah s’accorde au nombre 7,
,
car c’est pourquoi la prudence naturelle
doit être Charu{.
— 108 —
Dans la science de la nature est la classe
de l’airain, car sa couleur exprime la nature
Gebhurah qui a ce Sephirots. L’usage de
l’airain n’estpas nouveau dans les instru-
ments musicaux de louange, et on avait
des ares d’airain à la guerre. Ainsi que Hod
est serpent, ainsi le nom de
ceint d’un
l’airainse rapporte dans son origine au
nom serpent, et les 70 talents d’airain
d’obligation représentent 70 princes. Sur
ces passages il y a une grande force d’en-
veloppe d’où, ainsi que Hod est le degré
de représentation prophétique.
Celui donc qui voudra être avisé, ainsi
que Hod à sa décade particulière, de même
aussi de l'histoire de l’airain dans la loi,
il pourra recueillir la décade, car cette
offrande d’airain en bloc, de laquelle on
faisait ensuite des vases pour le tabernacle,
pourrait se référer à Kéiher puisque de
lui tous les autres grades ont pris nais-
sance. La conque d’airain regarde la nature
Chochmah de laquelle l’influence est trans-
mise a tous les corps inférieurs. La base
de cette conque, qui était aussi d’airain, est
Binah, dans lequel réside pareillement
Chochmah suit l’autel d’airain. Ses ac-
,
compagnements, 2 barres couvertes d’airain
qui sont les deux bras Gedilah et Gebu -
rah, le corps même de l’autel Thephereth,
les quatre anneaux d’airain à droite et à
gauche Ne^ach et Hod, et le grillage
d’airain qui sert de fondement; et si tu
dis que l’autel doit se rapporter à Malchut
suivant la sentence commune que l’autel
représente l’idée de la femme; je réponds
que cela est vrai quant à la distribution
générale du tabernacle du temple, mais en
toutes les classes spéciales de l’airain où
dès auparavant tous inclinent à la femme,
de façon qu’ainsi Thephereth ne sera pas
ort éloigné de l’idée du masculin. Il reste
:
encore les bases d’airain, qu’ainsi que le
las du tabernacle ne représente pas mal
Malchut. Qui voudra ainsi déduire avec
alus de prolixité ces mystères pourrait
acilement prolonger son discours; mais
e sage entend les fondements en peu de
nots. Les chambres carrées admirables,
ippartenant à la classe de l’airain, con-
iennent des carrés septénaires en tous
sens, dont toutes les colonnes verticales,
lorizontales et diagonales donnent un
nême total dont on pourrait donner des
:xemples innombrables par exemple
;
:
110 -
Toutes ces colonnes ou classes donnent
la somme 175, ce qui doit donner lieu aux
spéculations. Médite donc sur elles et tu
verras uu abîme de profond, à moins que
tu n’aimes mieux faire allusion aux usages
auxquels l’airain fut employé. Que si tu
disposes les nombres par sommes, par
quelconque tu commenceras, pourvu que
tu observes la même proportion de même.
De même par intervalle, te représentera
si
toujours ce septénaire par toutes ses
filet
faces dont je te pourrais donner ailleurs un
usage plus étendu. Asch Mezareph, ch. 5.
Ascii Mezareph, écrit ainsi du nom,
puisque je t’introduis dans l’antre de la
matière occulte et que je t’y montre les
trésors de Schelemerch Nehem, XIII, 13,
savoir la perfection des pierres, Exod,
XXVII, 6. Viens et vois. Plusieurs sont les
lieux auquels on réfère l’or, savoir Gebhu-
rah à Ditiah et autres particuliers où les
espèces d’or sont disposées par les uns
d’une façon par les autres d’une autre
et ;
je te représenterai la nature de l’or en
Tiphereth à la manière de Gebhurah. Et
c’est un grand mystère, parce que Typhe-
reth contient ordinairement sur soi le fer
sous lequel nous cherchons l’or.
— 111
C’est ici le soleil de la nature et de l’art
dont le moindre nombre est 10, symbole
de toute perfection, lequel nombre le mon-
tera par géométrie le même nombre de ce
degré. C’est pourquoi mêles le fer et l’ar-
gile et tu auras le fondement de la cou-
ronne dorée. C’est ici cet or auquel est
attribué l’idée du veau qui doit être moulu
et jeté dans les eaux, où tu verras ensuite
ces espèces d’or s’entresuivant dans l’œu-
vre, savoir, premièrement l'or simple qui
se peut dire nu, c’est-à-dire de l’or quoique
x pas
encore excavé de la terre, ni détruit
par la violence du feu, mais vif et sortant
des eaux, de couleur tantôt noire, tantôt
jaune, souvent même de pavot, rétrogra-
dant de soi-même dans les eaux, et celui
se peut dire comme qui dirait or de capti-
parce qu’il ëst récemment captivé et
vité,
resserré dans sa prison où il observe un
jeûne de 40 jours et nuits, afin que tu
ignores ce qu’il est devenu.
Alors, rien n’opère du dehors, mais
après est fait comme s’il était meurtri et
tué. Il meurt et est égorgé en ce lieu et
pourri, noirci, ainsi qu’un cadavre.
Là il est sous le jugement et les écorces
112 —
dominent en lui, et la force du nom de 42
lettres accomplit son temps sur lui seul ;
car il devient d’une couleur cendrée, lequel
temps les 22 lettres de l’alphabet déter-
minent.
Tu as déjà le nombre du grand nom,
car après 21 jours, tu le posséderas ;
si tu
veux alors ouvrir ton trésor, ouvre-le
mais ;
il donnera seulement de l’argent comme
te
des pierres, mais si tu attends davantage
ce sera ton or.
Béni soit le nom de la gloire du règne
éternel, et de siècle en siècle moi indigne
;
j’écris ces- choses selon la petitesse de ma
connaissance, qui, en cherchant, ait trouvé
la guérison des créatures. Ce qui m’y
porta était ce qui est rapporté en Sohar
Fleaesinn, f. 145. c. 580, du devoir d’un
médecin, afin que je ne désistasse point de
la voie bonne et droite, jusqu’à ce que
j’eusse trouvé la médecine parfaite.
Ce sont ici les paroles. Il est écrit au
Deut., XXXII, 10 : Invertit eum in terra
deserta et in vastitate ululatus solitudinis
causas applicabit et intelhgere faciet eum ,
etc., parce qu’il avait bien ordonné que
toutes ces écorces pussent lui servir. Jus-
113 —
qu’ici se trouvait écrit dans le livre du mé-
decin de Kartane; de là il avait extrait di-
verses observations nécessaires à un mé-
decin habile, au sujet de la guérison du
malade gisant dans la chambre de la ma-
ladie ou bien du roi captif, afin qu’il serve
le seigneur du monde.
Car lorsque le médecin prudent vient
vers lui, Invenil eitnt in terra et in vasti-
tade iilulatus solitudinis, qui sont les
maux dont il est opprimé et il l’a trouvé
dans la prison du roi. On peut objecter
ici, que dès que le saint qui soit béni a
ordonné de le prendre, il n’est pas permis
aux hommes d’en avoir soin. Mais cela ne
s’entend pas ainsi, car David dit au Ps
XLI, 2 Beatudines sunt ejus qui intelligit
:
(curant) circa atténuation, l’atténué ou
pauvre est celui qui couche dans la maison
de la maladie, et si le médecin est intelli-
gent, le saint qui soit béni à jamais le com-
blera de bénédictions à cause de celui dont
il aura soin, car ce médecin le trouvera
dans la terre du désert, c’est-à-dire dans
le lieu de la maladie où il est couché.
Et in vastitate ululatus solitudinis, qui
sont les maladies qui l’affligent.
114 —
Que doit-on faire, etc., dit Eléazar.
Jusqu’à ce jour nous n’avons rien en-
tendu dire de ce médecin ni de livre, seu-
lement qu’autrefois certain marchand me
raconta avoir entendu de son père que de
son temps vivait un médecin qui à l’aspect
d’un malade déclarait sur le champ s’il
vivrait ou mourrait. Il avait la réputation
d’être un homme juste, vrai, craignant le
péché, et qui, lorsque quelqu’un ne pou-
vait pas se procurer le nécessaire, il leur
achetait et y suppléait du sien propre, et
l’on dit qu’il n’y avait point au monde
d’homme si savant. Celui-ci opérait plus
par ses prières que par sa main, etcomme
nous pensions que celui-là fut ce médecin
le marchand ajouta : Certainement son
livre est entre mes mains, parceque je l’ai
eu de l’héritage de mon père, et toutes les
paroles de ce livre sont cachées dans les
mystères de la loi et nous y avons trouvé
de profonds arcanes, dont il est dit dans le
même lieu qu’il n’est permis défaire usage,
qu’à ceux qui craignent le péché, etc.
R. Eléazar répondit Si tu as ce livre sur
:
toi, prête-le moi. Il répondit :Je le ferai
pourvu que tu veuilles me montrer celui
de la Sainte-Lampe. Et nous nous accor-
dâmes, dit R. Eléazar.
Ce livre fut entre mes mains pendant
douze mois et nous y avons trouvé des
lumières sublimes et précieuses, etc., et
plusieurs genres de remèdes ordonnés
selon que la loi ordonne et des arcanes
profonds, et nous dîmes Béni soit le Dieu
:
de miséricorde qui donne
l’intelligence
aux hommft de la sagesse suprême. Ces
choses me portèrent à chercher des livres
semblables, bons et cachés, et la main du
Seigneur fut sur moi et je trouvai ce que
je t’enseigne présentement.
LIVRE IV
CHAPITRE PREMIER
Considérations Générales
L'influence des astres et des planètes a
été trop généralement reconnue et cons-
tatée par les savants de tous les temps et
de tous les pays pour qu’il soit nécessaire
d’entrer ici en de longues explications,
afin d’en démontrer la réalité. D’ailleurs,
— 116 —
elle n’a été niée que par des hommes su-
perficiels, qui, n’apercevantqu’un côté de
laquestion, ont refusé de croire à tout ce
qui échappait à leurs sens grossiers mais ;
il n’est pas vrai de dire, comme beaucoup
de gens l’ont fait, que les modernes aient
généralement repoussé cette croyance la :
puissance des astres et leur influence. Un
grand nombre, au contraire, l’o^t admise,
et nous étonnerons probablement beau-
coup de gens en leur apprenant que, dans
toutes les circonstances importantes de sa
vie, Dalembert, le grand sceptique, consul-
tait les astres dont niait la puissance
il
dans son Encyclopédie. Voltaire, lui-même
avait fait construire un observatoire à Fer-
ney, et il y avait rassemblé tous les livres
d’astrologie judiciaire qu’il lui avait été
possible de se procurer. Dans les derniers
temps de sa vie il
y étudiait assidûment,
et jour par jour, les influences favorables
et défavorables afin de prolonger son exis-
tence autant que possible, en évitant les
unes et aidant à l’action des autres. Nous
ne finirions pas si nous voulions citer
tous ceux qui ont cru et pratiqué l’astro-
logie et nous aurions des choses fort eu-
117 —
rieuses à dire là-dessus à propos de per-
sonnages fort importants mais nous ne
;
révélerons pas les faits relatifs à nos cbn-
temporains, voulant faire un livre de
science et non pas un livre de seandale.
Quoi qu’il en soit, un grand nombre de
nos contemporains les plus distingués
croient encore à l’astrologie et la pra-
tiquent avec succès ;
mais la plupart
n’osent par crainte du ridicule que l’on est
parvenu à attacher aux études de cette na-
ture, avouer franchement leur opinion à
cet égard cependant quelques uns ont
;
faitdes découvertes importantes, et ont
singulièrement agrandi le domaine de cette
science. Ainsi, Charles Fourrier, ce grand
philosophe de notre cîge, ce sublime adepte
ce savant initié, ce grand maître de la
science hermétique, l’auteur de la sublime
théorie des Quatre Mouvements a re- ,
connu et établi, dans plusieurs de ses ou-
vrages, que l’action des planètes ne se
borne pas seulement à présider au dévelop-
pement des êtres et à leur multiplication,
mais que c’est encore à elle que sont
dues leurs formes premières et leur créa-
tion.
— 118 —
Voici d’ailleurs ce qu’il écrit en propres
termes dans son Grand Traité page 519
,
et suivantes, à la note E, sur la Cosmo-
gonie appliquée et sur les créations scis-
sionnaires et contremoulées :
« Il est plaisant que les hommes qui
prétendent que tout est lié dans le sys-
tème de l’univers et qu’il y a unité d'action
entre toutes les parties, veuillent isoler de
coopération les planètes qui sont les créa-
teurs les plus notables et les agents les
plus actifs du système de l’univers.
» Pour intéresser le public à ces astres
dont on a mal jugé le rôle, il faut lui
si
faire entrevoir leurs travaux de création et
lui montrer dans chaque planète un ou-
vrier qui nous donne l’agréable et l’utile.
L’agréable, par des tableaux des
la fidélité
passions et l’utile, par les tributs dont
;
nous sommes redevables à ses copulations
anormales.
» Qu’une petite-maîtresse admire la
belle étoile dite Vénus, elle la trouvera plus
charmante en apprenant qu’elle lui doit le
châle de cachemire et le bouquet de lilas
dont elle est ornée. C’est Vénus qui a créé
le lilas et la chèvre du Tibet et autres.
119 —
Qu’un philosophe mange des truffes
noires et savoure du Moka, il s'intéressera
à l’étoile Sapho qui a créé ces deux végé-
taux qour échauffer le corps et l’esprit de
ces barbouilleurs de papier puis il querel-
;
lera les astronomes sur ce qu’ils n’ont pas
encore découvert cette précieuse étoile qui
a si bien deviné les friandises nécessaires
aux beaux esprits.
» Ces astres tant dédaignés seront bien-
tôt à nos yeux les plus intéressants per-
sonnages de la nature, chacun verra autant
de fumiers à qui il doit toutes les richesses-
de sa table, de son mobilier et de son
vêtement. Les femmes, par exemple, n’ap-
prendront pas sans intérêt que la rose, em-
blème de la pudeur et de la virginité, est
l’ouvrage de Mercure aromisé en titre ves-
talique et que l’hortensia, emblème de la
;
coquetterie, est l’ouvrage de l’étoile Cléo-
pâtre, cinquième satellite d’Herschel (Ura-
nus) aromisée en titre de coquetterie dont
toutes ses créations portent l’empreinte et
peignent les effets de même que toutes
celles de Mercure la rose, la pêche, le pois,
;
la fraise, nous tracent quelque propriété
des vierges et vestales.
120 —
» Pour initier à cette nouvelle étude, il
faudra commencer par les convenances de
caractères et fonctions. Un ambitieux s’in-
téressera aux créations données par Sa-
turne et ses sept lunes ou satellites tous ;
ces astres peignant dans leurs créations
telles que le cheval, le zèbre, les poires,
les tulipes, etc... les de l’ambition.
effets
Un père s’intéressera aux ouvrages de Ju-
piter et de ses quatre satellites à qui nous
devons les produits symboliques du lien
familial, tels que la vache, la pomme, le
narcisse, la jonquille, etc.
» Enfin, une jeune femme préférera étu-
dier les ouvrages d’Herschel (Uranus), et
de ses satellites, comme les pigeons, les
tourterelles, les abrirots, les prunes, qui
sont des tableaux de l’amour.
» Du moment où l’on étudie une des
branches de ce travail des astres, on est
amené à étudier toutes les autres, parce-
que leurs opérations s’engrènent en divers
sens et tiennent dans tous leurs détails à
un système général. Indiquons en un ta-
bleau annexé à une modulation quelcon-
que, celle des fruits, en zone tempérée. »
121
Modulation sidérale des fruits en
zone tempérée
Octave Majeure
En clavier hyper-majeur : Toutes les
variétés de poires créées par Saturne : car-
dinale, d’ambition, ses sept satellites et
Protée, son ambiguë.
En clavier hypo-majeur Toutes
: les va-
riétés de fruits rouges créés par la terre :
cardinale, d’amitié, ses satellites et Vénus,
son ambigiie.
Octave mineure
En clavier hyper-mineur : les abricots,
prunes, créés par Herschel (Uranus)
etc.,
cardinale, d’amour, ses huit satellites et
Sapho son ambigiie.
En clavier hypo-mineur : les pommes,
créées par Jupiter, cardinale, de famiiisme,
ses quatre satellites et Mars, son ambigiie.
En pivotai de la Bis-Oçtave divers :
fruits ou quatre titres, créés par le Soleil
ou foyer.
En transition majeure les pêches créées
:
par Mercure en transition mineure; rien,
réation manquée.
122 —
« On classera de même une modulation
créatrice en arbres, en légumes, en quadru-
pèdes, oiseaux ou animaux quelconques,
ainsi qu’enminéraux; tout l’objet créé ne
pouvant provenir que de l’un des astres
de notre tourbillon ou du pivotai, qui
n’est pas compté en théorie de mouve-
ment.
» Examinons cette modulation dans l’un
des quatre l'hypo-majeur, tenu en
claviers :
régie par notre planète, qui n’est petite
qu’en diminution et non en importance
aromate.
»En rang aromal, notre globe est l’égal
de l’énorme Jupiter; chaque tourbillon
sidéral ayant une cardinale miniature pour
la régie du clavier d’amitié. Cette cardinale,
•quoique très petite, est aussi nécessaire en
mécanique aromale que chacune des trois
autres. Le char a besoin de ses quatre
roues. Certains arômes, opérant par la
qualité et non pas par la quantité, suffisent
en dose la plu-s exigüe.
Analysons la modulation ou série de
»
fruits rouges créés par la terre et par son
clairer formé de cinq ordonnées qui sont
— 123 —
Mercure, Junon, Cérès, Pallas et Vesta (ï)r
plus l'ambiguë hypo-majeure, Vénus.
Les planètes étant androgines comme
les plantes, copulent avec elles-mêmes et
avec les autres planètes; ainsi la terre par
copulation avec elle-même, par infusion de
ses deux arômes typiques, le masculin
versé du pôle nord, et le féminin versé du
pôle sud, encendre le cerisier, fruit sous
pivotai, des fruits rouges, et accompagnée
de cinq autres planètes, cinq fruits de
gamme, savoir :
Copulant avec Mercure, la fraise.
Avec Pallas, la groseille noire ou cassis.
Avec Cérès, la groseille épineuse.
Avec Junon, la groseille en grappe.
Avec Vesta, rien, lacune.
Avec Vénus, son ambigiie, en simple, la
mûre de ronce; en composé, la framboise m
» Avec le pivot ou soleil, en mode
direct, le raisin fruit pivotai ascendant; en
mode inverse, rien, lacune.
» Mercure, qui occupe le premier rang
dans notre clavier, est celle de nos ordon-
(1) Ces quatre derniers sont, comme on sait, de
petites planètes de découverte récente.
124
nées qui, dans toute modulation, nous
fait toujours le plus beau présent. C’est la
plus présieuse des vingt-quatre touches
aromales de gamme primaire, ses produits,
tels que la rose, la fraise, le pois, la pêche,
ont toujours que1que*chose d’enchanteur.
La fraise a un parfum et une saveur déli-
cieuse, la pèche fine est le plus admirable
des fruits; la rose tient le premier rang
parmi nos fleurs, et le pois vert parmi nos
légumes; son parfum, donné dans le pois
musqué, n’est pas moins exquis que le
légume. Tout ce qui vient de Mercure,
cinquième ordonnée de la terre, et, comme
telle, ordonée favorite ou lectrice de l’oc-
tave majeure, et de Flore première ordon-
,
née d’Herschei (Uranus), favorite ou rec-
trice de l’octave mineure, est toujours de
beaucoup supérieur aux produits de onze
autres touches de la même octave. Mercure ,
dans ses oeuvres, l’emporte en beauté sur
lesplanètes cardinales, et semble disputer
la palme au soleil. Flore n’est guère en
arrière de charme témoin ses produits
:
comme l’œillet et la prune reine claude,
qui nous ont été donnés en zone tempérée
par les copulations aromales de cette étoile.
125 —
» Pallas, notre deuxième ordonnée, ainsi
que Junon Cérès ont également fourni
et
leur contingent; de plus, pallas, qui serait
mieux nommée Usculapc sera un fonc-
,
tionnaire de haute importance à qui nous
devrons la pharmacie harmonique. Pallas
module et crée toujours en espèces phar-
maceutiques, de saveur amère ou bizarre,
ainsi qu’on peut en juger par la groseille
noire, par la casse ou cannéfice autre
produit de Pallas donné par copulation
avec le soleil. Quand cet astre opérera sur
des arômes de bon titre, nous donnera
il
une infinité de remèdes agréables, en rem-
placement de nos drogues nauséabondes,
séné, casse et autres antidotes de création
subversive.
» A la prochaine création, nos cinq
ordonnées nous donnerons entre autres
merveilles les quatrupèdes minimes, agri-
coles, cheval-nain, bœuf-nain, chameau-
nain, etc., qui ont avorté dans celle-ci. Aussi
est-elle loin d'avoir fourni son contingent
en quadrupèdes; elle en devait sur l’ancien
continent, 405, sur le nouveau 135, en tout
540 espèces. Mais la planète était si affai-
blie à la suite du déluge, quelle dut man-
126 —
quer de force interne pour la rumination
et l’éclosion des arômes à elle versé en
copulation. Beaucoup de germes avor-
tèrent, entre autres ceux de la série des
quatrupèdes miniatures. C’a été pour nous
une perte incalculable, dit en finissant
Charles Fourrier, et j’estime que s’ils
fussent éclos ils auraient accéléré et pres-
que déterminé l’invention du mécanisme
sociaire ».
Ainsi, voilà un homme qui est regardé à
juste titre comme le plus profond penseur
de notre siècle, qui n’a pas dédaigné, lui,
l’étude des astres et de leur influence sous
prétexte que c’était la grimoire astrolo-
gique et absurdité révoltante, bonne tout
au plus à donner prâture à la vaine curio-
sité de nos ancêtres. Eh bien! cet homme,
ce génie supérieur, Charles Fourrier, a été
récompensé magnifiquement de sa con-
fiance dans les sciences occultes par la
découverte des lois de l’harmonie univer-
selle qui l’ont mis à même de pénétrer,
plus avant que pas un de ses devanciers en
science hermétique, dans l’intelligence des
mystères de la nature; à l’exemple des plus
fameux adeptes, il a donné les résultats de
127 —
a science et non les procédés par lesquels
i est arriver à ces résultats..
Malheureusement, n'a pas jugé à pro-
il
ios de pousser plus loin les communica-
ions qu’il a faites au public sur ce sujet;
îais nous qui avons eu le bonheur de
ivre dans son intimité, nous qui avons
iu, autant que nos faibles moyens nous le
lermettaient, mesurer l’étendue de son
nmense génie, nous, nous en qui il avait
econnu une étincelle du feu sacré, et qu’à
ause de cela a pris la peine
il d’initier lui-
lême à la connaissance des causes se-
rètes, nous savons lire la pensée intime
nfermée dans ses livres sous des formes
dus ou moins voilées, mais suffisamment
ransparentes pour les initiés, et nous
louvons donner sur ce sujet des connais-
ances nouvelles qui n’ont encore été
tubliées nulle part, que nous sachions.
Nous aurons, chemin faisant, l’occasion
le relever plusieurs erreurs dans lesquelles
ont tombés les plus grands astrologues
aute des connaissances résultant des
lécouvertes assez récentes. Anisi Albert-
e-Orand, comme tous les astrologues des
iècles passés, a commis une erreur capi-
128
taie à propos des attributions du soleil
dans l’économie universelle des astres.
Mais cette erreur, si grave qu’elle puisse
être, n’intéresse pas essentiellement la rec-
titude des applications de la science.
Voici, du reste, en quoi consiste l’erreur
fort excusable à laquelle il s’est trouvé en-
traîné fatalement, ainsi que tous les astro-
logues qui ont vécu avant et après lui
jusqu’à la découverte de la planète Uranus,
faite il y a une cinquantaine d’années par
le célèbre docteur Herschel.
Les anciens qui ne connaissaient que 6
planètes, Mars, Vénus, la Lune, Mercure,
Saturne et Jupiter, et à qui les calculs scien-
tifiques et les sciences occultes avaient
révélés qu’elles devaient existerau nombre
de sept, avaient été entraînés à faire entrer
le soleil en ligne de compte, en lui faisaient
occuper la place vacante dans le clavier
des harmonies célestes. Alors toutes les
fois qu’ils observaient une influence qui
ne dépendait d’aucune des six planètes
connues, ils l’attribuaient au soleil, lui rap-
portant ainsi toute la puissance d’Uranus
qu’ils ne connaissaient pas. C’est là, il faut
en convenir, une erreur assez importante,
129 —
mais qui n’est pas dans la pratique des
résultats aussi désastreux qu’on pourrait
supposer au premier abord.
En effet, les sept planètes agissent dans
l’harmonie universelle comme les sept
notes de la musique dans l’harmonie mu-
sicale, et le soleil, qui n’est pas une pla-
nète, mais bien un astre central, pivotai, et
relativement immobile, qui règle le temps
et la mesure, agissant comme un chef
d'orchestre, si l’on peut employer cette
comparaison, les astrologues qui lui ont
attribué les qualités et les influences d’Ura-
nus, ont commis iine erreur de même na-
ture que celle d’un auditeur qui attribuerait
à un chef d’orchestre une partie dont il
n’apercevrait pas l’exécutant. Une telle
erreur n’a pas une grande importance, en
réalité elle ne change rien ni au nombre
des exécutants, ni à l’effet de l’harmonie,
et il suffit pour la réparer, le jour où l’on
vient à la reconnaître, de reporter au véri-
table exécutant l’action spéciale en ne ré-
servant pour le chef d’orchestre que l’action
générale et directrice. C’est là exactement
ce qui s’est passé lorsqu’on eût constaté
l’existence d’Uranus.
130 —
Aussi nous pouvons encore aujourd’hui
nous servir des tables des anciens astro-
logues qui donnent des résultats exacte-
ment vrais aujourd’hui comme
par le passé;
Nous emploierons de préférence celles
d’Albert-le-Orand, parce qu’elles sont les
plus complètes, et que le soin avec lequel
il en a étudié toutes les données les a dé-
pouillées de toutes les erreurs de ses de-
vanciers. Nous aurons soin seulement de
remplacer le Soleil par Uranus dans notre
nomenclature, et de restituera l’astre pivo-
tai ses véritables fonctions.
CHAPITRE II
De l'heure d'horloge et de l’heure astrologique
Mais, afin que ces tables puissent être
d’une utilité générale, nous allons encore,
avant d’entrer en matière, définir ce que
l’on entend par le mot heure en science
astrologique. On distingue deux sortes
d’heures, l’heure égale et l’heure inégale.
L’heure égale, qu’on appelle aussi heure
d’horloge, est toujours semblable à elle-
même, et d’une durée uniforme du jour au
131
lendemain, de jour comme de nuit, dans
toute la circonférence du cadran. L’heure
inégale, au contraire, augmente de jour et
diminue de nuit à mesure que les jours
augmentent et que les nuits diminuent.
Car les astrologues mesurent le temps
suivant l’espace durant lequel le soleil se
trouve au-dessus de l'horizon. Ils appel-
lent jour tout cet espace, et nuit eelui pen-
dant lequel il est au-dessous. Ensuite
ils partagent le jour en douze parties égales
s entre elles, mais inégales d’un jour à un
autre jour, et ce sont ces parties qu’ils ap-
pellent heure du jour ;
ils pratiquent la
même chose à l'égard de la nuit de sorte
:
que les heures du jour sont plus longues
lorsque celles de la nuit sont plus courtes,
et réciproquement les heures de la nuit
augmentent mesure que celles du jour
diminuent.
Nous allons tâcher ne rendre ceci par-
faitement intelligible au moyen d’un ex-
emple : Supposons que le soleil quitte
notre horizon à huit heures et demie du
soir, il se lève par conséquent à trois
heures et demie du matin, et on comptera
dix-sept heures d’horloge depuis son lever
132 —
jusqu’à son coucher. Si l’on veut savoir la
longueur des heures inégales, ou heures
astrologiques, on n'a qu’à multiplier le
nombre dix-sept par soixante, nombre des
minutes contenues dans chacune des
heures d’horloge, et l’on aura neuf cent
soixante minutes que l’on divisera par
douze, nombre des heures du jourastrolo-
que. On trouvera quatre-vingts minutes
pour chaque heure, c’est-à-dire une heure
et un tiers en heure d’horloge dans la ;
même supposition, pour le lever et le cou-
cher du Soleil, on trouvera par le même
calcul que les heures de la nuit n’auront
que quarante minutes car en astrologie
;
on ne tient pas compte du demi-jour qui
suit le coucher et précède ledu lever
Soleil, et l’on appelle nuit tout le temps
pendant lequel le Soleil est au-dessous de
l’horizon.
Ce calcul, qui est des plus simples, et
que tout monde peut faire au moyen des
le
notions arithmétiques les plus élémen-
taires, doit-être appliqué à tous les jours
de l’année, car sans cela on se trouverait
entraîné dans les erreurs les pins graves,
l’heure astrologique n’étant de même Ion-
— 133 —
;
ueur que l’heure d’horloge que deux fois
uar an, à chacun des équinoxes, et ne
correspondant même pas absolument avec
lie à cette époque, car alors les horloges
marquent six heures au lever du Soleil, et
ontinuent sept, huit, neuf, jusqu’à douze,
:our reprendre un, deux, trois, etc.... tandis
;
ue les astrologues comptent un à l'heure
|iui suit immédiatement le lever du Soleil,
leux, trois, quatre, et ainsi de suite tout le
long du jour, et ils commencent la première
ueure de la nuit au moment précis où il
i isparaîtsous l’horizon.
Ce calcul fait, il ne s’agira plus que de
reconnaître la planète qui domine à l'heure
récise à laquelle on voudra entreprendre
uelque chose, et de constater son influ-
nce : toutes choses dont nous allons
uccessivement donner le moyen.
Commençons par la table des planètes
t de leur domination.
134
CHAPITIÎE III.
Des Planètes et de leur domination sur le
heures du Jour et de la Nuit.
Il résulte de ce que nous avons dit plu<
haut à propos de la découverte d’Uranu;
que le dimanche est placé sous la domina
tion de cette planète, et non pas sous celle
du Soleil, comme on l’avait faussemen
supposé jusqu’à ce jour le lundi est sous ;
celle de la Lune le mardi
;
sous celle de
Mars le mercredi sous celle de Mercure
;
:
le jeudi sous celle de Jupiter ;
le vendredi
sous celle de Vénus le ;
samedi sous celle
de Saturne.
Il faut remarquer que, chaque chose si
demande à être faite le jour où sa planète
domine, est meilleur et plus à propos de
il
la faire aux jours et aux heures sur les-
quels elle domine simultanément.
Des heures du Jour et de la Nuit
DIMANCHE
Heures du Jour. —
A la première, do-
mine Uranus ;
à la seconde, Vénus à la ;
135 —
! isième. Mercurequatrième, la
;
à la
me ;
à la cinquième, Saturne à la six- ;
rne, Jupiter à la septième,
;
Mars à la ;
iitième, Uranus, à la neuvième, Vénus ;
la dixième, Mercure, à la onzième, la
une à la douzième, Saturne.
;
[Heures de Nuit. A la première,
la —
.mine Jupiter à la seconde, Mars ;
à la ;
)isième, Uranus; à la quatrième, Vénus,
a cinquième, Mercure; à la sixième, la
jtne; à la septième, Saturne; à la huitième,
piter à la neuvième, AAars à la dixième,
; ;
rranus à la onzième, Vénus à la dou-
; ;
lème, Mercure.
LUNDI
Heures du jour.— A la première, domine-
Lune la deuxième, Jupiter; à la troi-
;
cà
ème, Saturne; à la quatrième, Mars à la ;
nquième, Uranus à la sixième, Vénus ; ;
septième, Mercure à la huitième, la
la ;
une; à la neuvième, Saturne; à la dixième,
ipiter; à la onzième, Mars; à la douzième,
ranus.
Heures de la nuit. — A la première,
énus ;
à la deuxième, Mercure; à la troi-
136 —
sième, la Lune;
quatrième, Saturne à la
à la cinquième, Jupiter à la sixième ;
Mars; à la septième, Uranus;à la huitième
Vénus ;
à la neuvième, Mercure à h ;
dixième, la Lune à la onzième, Saturne
;
à la douzième, Jupiter.
MARDI
Heures du jour. A la première, do —
mine Mars à la deuxième, Uranus
;
à la ;
troisième, Vénus à la quatrième, Mer- ;
cure; à la cinquième, la Lune; à la sixième,
Saturne ;
à la septième, Jupiter; à la hui-
tième, Mars à la neuvième, Uranus à la
; ;
dixième, Vénus à la onzième, Mercure ; ;
à la douzième, la lune.
Heures de la Nuit. — A la première,
Saturne; à la deuxième, Jupiter; à la troi-
sième, Mars; à la quatrième, Uranus à la ;
cinquième, Vénus; à la sixième, Mercure;
à la septième, la Lune; à la huitième, Sa-
turne; à la neuvième, Jupiter; à la dixième,
Mars à la onzième, Uranus; à la douzième,
;
Vénus.
MERCREDI
Heures du Jour. —A la première, do-
— 137 —
ne Mercure; à la deuxième, la Lune; à la
'isième, Mars ;
quatrième, Jupiter; à
à la
ccinquième, Mars; à la sixième, Uranus;
î septième, Vénus à la huitième, Mer-
;
rre; à la neuvième, la Lune; à la dixième,
•tu. ne; à la onzième, Jupiter; à la dou-
me, Mars.
Meures de la Nuit. — A la première,
anus; à la deuxième, Vénus à la troi- ;
; me, Mercure; à la quatrième, la Lune; à
cinquième, Saturne; à la sixième, Jupi-
;
à la septième, Mars; à la huitième,
nus; à la dixième, Mercure; à la onzième,
iLune; à la douzième, Saturne.
JEUDI
Heures du Jour. —
A la première, do-
ne Jupiter; à la deuxième, Mars; à la
isième, Uranus; à la quatrième, Vénus;
a cinquième, Mercure; à la sixième, la
ne; à la septième, Saturne; à la huitième,
)iter;à la neuvième, Mars; à la dixième,
anus; à la onzième, Vénus à la dou- ;
:me, Mercure.
Heures de Nuit. — A
première, la
la
ne; à la deuxième, Saturne; à la troi-
138
sième, Jupiter; à quatrième, Mars; à
la
cinquième, Uranus; à la sixième, Vénus;
la septième, Mercure; à la huitième,
Lune; à la neuvième, Saturne; à la dixièm
Jupiter; à la onzième, Mars; à la douzièm
Uranus.
VENDREDI
Heures du Jour. —A
première, d<la
mine Vénus; à la deuxième, Mercure; à
troisième, la Lune; à la quatrième, Saturm
à la cinquième, Jupiter; à la sixième, Mars
à la septième, Uranus; à la huitièm
Vénus; à laneuvième, Mercure; à la c
xième, la Lune; à la onzième, Saturne; à
douzième, Jupiter.
Heures de la nuit. A la premièr —
Mars à la deuxième, Uranus à la tro
; ;
sième, Vénus à la quatrième, Mercure
; ;
la cinquième, la Lune;à lasixième, Saturn
à la septième, Jupiter à la huitième, Mar;
;
à la neuvfème, Uranus; à la dixième, V
nus ;à la onzième, Mercure, à la douzièm
la Lune.
SAMEDI
Heures du jour — A la première d<
i jy
ne Saturne, à la deuxième, Jupiter; à la
Mars à la quatrième, Uranus à
isièrne, ; ;
cinquième, Vénus à la sixième, Mer- ;
rre; à la septième, la Lune; à la huitième,
lturne;à la neuvième, Jupiter à la dixième ;
trs à la ;
onzième, Unanus à la douzième, ;
mus.
.Heures de la nuit. — A la première,
t ?rcure deuxième, la Lune à la troi-
;
à la ;
me, Saturne à la quatrième, Jupiter à
; ;
cinquième Mars à sixième, Uranus ;
la
;
a septième, Vénus; à la huitième, Mer-
rœ à la neuvième, la Lune à la dixième,
; ;
turne à la onzième, Jupiter à la dou-
; ;
me, Mars.
CHAPITRE IV
lité de cette table et manière de s'en servir
On remarquera d’abord, en considérant
entivement cette table que l’infjuence de
planète qui régit la première heure de
aque jour domine la journée toute entière;
- la saisit ainsi aussitôt qu’elle com-
ice, et la soumet à sa puissance de
le sorte que son action se fait sentir
— 140 —
même pendant les heures plus particu-
lièrement dominées par les autres planètes.
On observera ensuite que la domination
de la planète qui préside à la journée, se
renouvelle quatre fois pendant les vingt-
quatre heures, tant de jour que de nuit,
que dure son influence, ce qui n’a lieu que
pour deux autres seulement, et encore
pour celles qui suivent immédiatement, et
qui, par conséquent, lui sont subordon-
nées dans l’ordre de classification des
planètes, d’où résulte que l’astre domi-
il
nant la journée la régit d’une façon à peu
près absolue, ne trouvant les influences
contraires à la sienne qu’en nombre ou en
titre inférieurs.
Cependant il arrive aussi, comme on le
voit au mardi et au jeudi, que l’une des
planètes complémentaires, ou toutes les
deux, sont de rang supérieur, dans la hié-
rarchie sidérale, à celle qui domine la jour-
née; alors l’influence de celle-ci est nota-
blement diminuée, et c’est là une des
causes principales de la différence que
l’on remarque entre l’énergie de l’activité
favorable on pernicieuse entre deux jour-
— 141
inées également placées sous l’influence
de planètes bonnes ou mauvaises.
Remarquons encore qu’il n’existe pas
ideux planètes également bonnes ou mau-
vaises car chacune d’elles a ses attribu-
;
tions particulières dans le cercle desquelles
telle est obligée de restreindre son
activité,
<en sorte qu’elle ne peut jamais empiéter
sur lesfonctions d’aucune autre et puis
;
leur influence est plus ou moins
énergique,
suivant le rang qu’elles occupent dans la
‘table des astres. Ainsi, Jupiter
et Vénus,
quoique tous deux favorables, ne le sont
pas également, d’abord parce que leuis fa-
veurs sont de nature différente,
ensuite
parce que Vénus, passant avant
Jupiter
dans l’ordre des planètes, à cause de
la
.généralité et de l'importance des
ses fonc-
tions, se trouve être favorable
à un titre
supérieur et dans une mesure plus
éten-
due. Mais afin de bien faire
comprendre ce
que nous avons dit, et de donner à
chacun
te moyen d’en tirer les
inductions les plus
ationnelles dans toutes les
circonstances
de la vie, il convient de faire
connaître,
|vant de passer plus avant,
la nature de
influence des diverses planètes.
142 —
CHAPITRE V.
Influences générales de chacune des
planètes
Jupiter et Vénus sont des planètes
bonnes et heureuses Mars et
;
la Lune
sont fatales, pernicieuses et de mauvaise
augure. Uranus et AAercure occupent les
places intermédiaires entre les bonnes et
les mauvaises Uranus, ou Herschel,
;
étant plus rapproché des bonnes et Mer-
cure des mauvaises, Saturne, qui par sa
nature tient le milieu entre Uranus et la
Lune, n’est ni bon ni mauvais par lui-
même, mais il peut devenir également l’un
et l’autre, suivant l’occasion. Il est généra-
lement favorable pour les bonnes choses
qui se font sous sa domination et défavo-
rable pour les mauvaises.
Indépendamment de cette influence gé-
nérale, chaque planète en possède encore
de particulières qui lui sont propres et in-
hérentes à sa nature.
—143 —
CHAPITRE VIII
De l’influence des planètes suivant leur
domination au moment de la naissance
Saturne donne à celui qui naît sous sa
domination une peau brune, un corps velu,
des cheveux noirs et épais, une tête forte,
un menton barbu, une poitrine bien déve-
loppée et un estomac de moyenne dimen-
sion. Cet homme aura généralement les
jambes mauvaises et les pieds sensibles.
Il sera méchant, perfide, traître eî colère,
triste et de mauvaise vie. Sa fréquentation
est peu agréable, sa conversation peu spi-
rituelle il aime l’ordure et porte de préfé-
;
rence de méchants habits; il veut parvenir
à la fortune par tous les moyens possibles ;
il recherche peu les femmes et ne se plaît
pas en leurcompagnie. En un mot, on peut
dire avec notre maître Albert-le-Grand que
chez celui qui est né sous la domination
de Saturne, les mauvaises qualités l’em-
portent sur les bonnes.
Jupiter, qui une planète douce et
est
tempérée, heureuse et brillante, donne à
l’homme qui naît sous son influence le vi-
144
sage beau, yeux
clairs, la barbe four-
les
nie et bien plantée. Cet homme a égale-
ment la peau blanche et légèrement rosée,
les cheveux soyeux et les dents parfaites.
Il est bon, honnête et modeste; vivra il
longtemps et aura une nombreuse famille;
il aime l’honneur, les riches vêtements et
les parures est humain et bienfaisant,
;
il
magnifique quand faut, grave et sincère,
il
et de compagnie sûre en même temps
qu’agréable.
L’homme qui naît sous la domination
de Mars est blond et frisé naturellement ;
il a le teint agréable, les yeux ardents, le
corps souple; il paraît d’ordinaire moins
que son âge, il est actif, résolu, très porté
au commerce des femmes; aime le luxe il
des habits est recherché dans ses ma-
;
il
nières, et toujours de bonne compagnie.
Uranus, que l’on désigne aussi du nom
d’Herschel, le' savant astrologue qui a dé-
couvert cette planète, donne à ceux qui
naissent sous son influence un corps
souple et poteté, un visage agréable, de
grands yeux très expressifs, une barbe
fine et des cheveux suaves donnera ;
il
une grande propension aux plaisirs de
— 145 —
l’amour et peu de constance dans les
affections.
Ceux qui naissent sous Vénus, qui est
une planète bienfaisante, sont ordinaire-
ment beaux; ils ont les sourcils élevés, le
corps bien proportionné et la taille
moyenne; réussissent dans les sciences
ils
et dans les arts, aiment les voyages, parlent
avec facilité et élégance, et écrivent agréa-
blement. Ils aiment le plaisir, les fêtes et
les divertissements ils dansent;
bien la
plupart du temps; quelques-uns se pas-
sionnent pour la musique et la cultivent
avec un rare talent.
Mercure donne à celui qui naît sous sa
domination un corps bien fait, une taille
élégante et une élocution facile mais il ne ;
faut pas compter sur sa parole, car il est
capable de manquer de foi et de trahison;
il est rusé, haineux et vindicatif, et habile
dans le négoce jusqu’à la friponnerie.
La Lune rend l’homme qui naît sous
son influence de taille moyenne, de visage
sinistre, avec un œil ordinairement plus
grand que l’autre inconsidéré dans ses
;
paroles, il excelle à la chirurgie et à la
146 —
médecine, et à toutes les choses qui se
font par l’adresse des tnains ou la subtilité
de l’intelligence. Nous ajouterons que
toutes les influences célestes agissent en
raison d’une vertu essentielle, et que leur
action est fatale en sorte que toutes les
;
choses terrestres sont gouvernées d’une
façon absolue par l’action combinée des
émanations célestes qui donnent la vie et
la mort, activent ou ralentissent le mouve-
ment sans que rien puisse amoindrir ou
contrebalancer les effets de leur souve-
raine puissance. L’homme y est soumis
d’une façon absolue comme toutes les
choses de ce monde, et il ne peut que
choisir le moment de ses actions afin de
leur donner plus de chances de réussite,
suivant l’exactitude des calculs qu’il aura
faits de la domination des astres.
CHAPITRE VIII.
De l’influence des planètes et de quelle
manière elles agissent sur les corps.
Les anciens ont reconnu dans les pla-
nètes une puissance, une activité et une
influence telles qu’ils ont communément
147 —
désigné ces astres comme les dieux de la
nature. Cette idée, si singulière au premier
abord, d’attribuer la divine puissance à des
êtres d’apparence toute matérielle se trouve
fondée en raison, et qui plus est, exacte-
ment vraie ainsi que l’ont établi les travaux
des plus modernes initiés et particulière-
ment ceux de Charles Fourrier que nous
avons précédemment.
cité
Il que toutes les créations
a été constaté
qui se trouvent sur notre globe ont été
produites par les astres agissant chacun
dans la mesure de ses fonctions et de ses
influences particulières. Notez bien que
nous entendons ici le mot création dans
un sens très différent de celui qu’on a
coutume de lui attribuer généralement;
nous ne voulons pas dire que les astres
ont tiré de rien les éléments dont ils ont
constitué les êtres, animaux, végétaux et
minéraux qui vivent sur notre globe, mais
seulement que trouvant la matière prépa-
rée et travaillée à point par les opérations
antérieures, chacun dans les limites de son
activité en a formé les êtres et parties
d’êtres qui sont de son ressort et de sa
domination.
— 148 —
Ainsi ont été formés d’abord les êtres
les plus élémentaires lorsque la matière
brute, non encore élaborée par l’activité
vitale, ne pouvait se prêter à la délicatesse
des combinaisons convenables et néces-
saires à des organismes d’ordre plus élevé,
car à mesure que cette matière se perfec-
tionnait par son application à des fonctions
vitales d’un ordre supérieur, elle devenait
propre et était employée à des formations
plus délicates et plus parfaites les miné-
:
raux, par exemple, ont paru les premiers,
puis sont venus les végétaux inférieurs,
tels que mousse, lichen, etc., puis les fou-
gères et plantes herbacées, et en même
temps les insectes, les reptiles et animaux
incomplets, puis plantes d’ordre plus
les
élevé, les grands arbres de nos forêts avec
lesanimaux qui les habitent; enfin l’homme,
cette créature la plus parfaite entre toutes
celles avec lesquelles nous sommes en
rapport dans la vie ordinaire.
On pourrait conclure de ceci que, la
matière allant toujours se perfectionnant,
il arrvera un moment où elle pourra servir
et servira à la formation d’êtres supérieurs
à l’homme autant que celui-ci l’est aux
autres animaux.
— 149 —
Mais l’observation attentive des phéno-
mènes de la nature est pleinement rassu-
rante à cet égard; en effet, la création de
rhommen’a pas été la fonction de telle ou
telle influence, de tel ou tel astre eu parti-
culier, mais au contraire, la fonction com-
binée de tous les astres et de toutes les
influences, et cequi le démontred’une façon
que nous trouvons dans
irrécusable, c’est
l’homme ce que les anciens appelaient un
microcosme, c’est-à-dire en abrégé, un
miroir, une répétition de la nature toute
entière, par sa charpente osseuse; il rap-
pelle le rayon minéral, par ses ongles, ses
cheveux et toutes les végétations natu-
relles, le règne végétal par son organisme
corporel et passionnel, tout le règne ani-
mal dont il résume en lui seul les attributs
les plus divers et presque toujours dans
•
un ordre plus élevé.
Ainsi, dans l’ordre physique, quoique
l'animal et certains animaux soient doués
d’une plus grande force que lui, il n’en est
pas cependant qu’il ne fatigue à la longue
et qu’il ne réduise dans un temps plus ou
moins long; le cheval, par exemple, qui
semble, au premier coup-d’œil, devoir
— 150
changer de place et se transporter d’un
lieu à un autre plus rapidement que
l’homme, le fera en effet si la distance est
peu considérable, mais essayez de faire
parcourir à l’un et à l’autre un espace un
peu étendu, 50 ou 200 lieues par exemple,
1
et vous verrez lequel des deux arrivera le
premier et avec moins de fatigue à desti-
nation; nous entendons parler ici d’un
homme ordinaire, pourvu qu’il soit bien
organisé et accoutumé à la marche, com-
paré à un cheval aussi bien choisi qu’il
vous plaira.
Mais ce qui prouve mieux encore que
l’homme est la création définitive de notre
globe et l’être destiné à le régir et à le
gouverner, c’est qu’il réunit dans l’en-
semble de sa race toutes les qualités
morales et intellectuelles des animaux à
un degré supérieur. Le lion, par exemple,
est courageux, mais y a des hommes
il
plus courageux; le renard est rusé, mais
il
y a des hommes plus rusés; l’éléphant
est intelligent, mais il y a des hommes
plus intelligents; la tourterelle est con-
stante dans ses affections, mais il y a des
hommes plus constants; le rossignol est
151
un admirable musicien, mais il y a des
hommes qui sont de plus admirables mu-
siciens, et ainsi du reste. D’où il résulte
que toutes les facultés et tous les attributs,,
tant matériels qu’intellectuels, étant résu-
més dans la race humaine, il n’y a pas lieu
à une création complémentaire; et ce qui
le prouve mieux que tout le reste, c’est
que toutes les planètes ayant concouru à
sa comme espèce, puisqu’il
formation
possède comme tel toutes les qualités, et
le lui-même ayant donné le sceau à
soleil
cette créationpuisque les qualités les plus
diverses se trouvent réunies en cette seule
race, ce qui n’a pu avoir lieu que par
l’action directe de sa puissance unitaire et
généralisatrice, il n'y a plus lieu dans cet
ordre à une création nouvelle qui ne sau-
rait être autre que la création humaine,
puisqu’aucune influence nouvelle ne sau-
rait concourir à cette formation.
Il de tout ceci que les astres
résulte
peuvent être regardés avec justesse comme
des puissances divines dont l’activité in-
cessante agit sur l’homme, sur ses facultés:
et les substances diverses dont se consti-
tue son individualité matérielle. Il en
— 152 —
résulte encore que, résumant en lui toutes
les modalités des êtres divers qui lui sont
subordonnés, il est soumis à toutes les
influences qui régissent leur développe-
ment et leur activité, influences qui, pour
se concentrer dans l’action du soleil, ne
se confondent pas cependant avec cette
action, mais demeurent distinctes, favo-
rables ou défavorables, suivant les circon-
stances qui varient à l’infini, et doivent
être étudiées avec la plus scrupuleuse
attention, si l’on ne veut pas courir le
risque de se tromper dans leur apprécia-
tion.
CHAPITRE IX
Table des douze signes du zodiaque
et de leurs influences.
Les signes du zodiaque sont au nombre
de douze et rangés dans l’ordre suivant :
Le Bélier, le Taureau, les Jumeaux, l’Ecre-
visse, le Lion, Vierge, la Balance, le Scor-
la
pion, le Sagittaire, le Capricorne, le Ver-
seau et les Poissons.
Le Bélier qui est le premier et le plus
noble de tous les signes du zodiaque,
parcequ’il occupe la parties, du ciel la plus
153 —
importante, domine sur la tête de l’homme
et sur toutes ses partie, tant intérieures
qu’extérieures, l’intelligence exceptée; qui,
étant un résultat essentiel de l’ensemble et
non pas une partie indépendante, est
dominée par l’astre essentiel, par le soleil
comme nous l’exposerons ci-après; le Tau-
reau domine sur le cou, les Jumeaux sur
les épaules, l’Ecrevisse sur les mains et les
bras; le Lion, sur le cœur, le diaphragme,
lefoyer nerveux de l’estomac et les choses
qui en dépendent telles que la circulation
du sang, la digestion, etc.., la Vierge sur le
poumon, le larynx, |a voix et tout ce qui
en dépend; la Balance, sur les côtes, les
muscles du ventre et toutes les choses
mises en mouvement et balancées par le
mouvement balancé de la respiration le ;
Scorpion domine sur les reins, les hanches
et les fesses; le Sagittaire, sur les parties
consacrées à la génération et toutes celles
qui sont excitées par la concupiscence
chez l’homme; le Capricorne sur les mêmes
parties chez la femme, le Verseau, sur les
cuisses et les genoux; les Poissons, sur les
jambes et les pieds.
Les esprits superficiels qui se sont laissé
— 154
-entraîner, au mépris des sciences occultes,
par la philosophie creuse du dernier siècle,
pourront croire que ce sont ici autant de
vaines imaginations et de déterminations
arbitraires, mais nous avons un moyen
infaillible de convainvre tous les hommes
consciencieux et de bonne foi ce moyen
c’est l’expérience; l’expérience, source de
toute science, l’expérience qui a révélé aux
philosophes et adeptes, dont nous avons
consulté les ouvrages, tous les secrets
merveilleux contenus dans ce livre et
d’autres qu’il n’est peut être pas encore
temps de rendre publics.
Qu’on sache donc qu’il est dangereux de
laisser meurtrir ou entamer un membre
quelconque lorsque la lune est dans le
signequi le domine. Tandis que le contraire
a lieu lorsque le soleil se trouve dans le
même signe et cela par une raison toute
simple, c’est que le soleil, cet astre conser-
vateur et réparateur, est la source de toute
vie et de tout mouvement dans notre uni-
vers, tandis que la lune ne produit que des
émanations dissolvantes dont les effets
sont presque toujours funestes. Dans le
premier quartier cependant elle est moins
— 155 —
pernicieuse moins encore dans le deu-
et
xième, mais davantage dans le troi-
l’est
sième et dans le quatrième plus que dans
les autres. Alors on ne saurait blesser
aucun des membres soumis à la constella-
tion dans laquelle elle se trouve sans le
compromettre gravement, surtout si la
blessure a lieu aux jours et heures que la
lune domine particulièrement; le contraire
a lieu pendant le temps de la domination
du soleil.
Ce sont là des faits d’expérience que
tout le monde a pu observer sur soi, sur
ses proches, sur ses voisins et connai-
ssances, ou qu’il pourra vérifier facilement
s’il n’en a pas fait la remarque avant la
lecture de cet ouvrage.
On a remarqué encore à la suite de nom-
breuses expériences que l’influence de la
lune dans son dernier quartier occasionne
nombre demigraines, surtout lorsqu’elle se
trouve dans le signe du Bélier: elle occa-
sionne aussi des rhumes plus tenaces et
plus dangereux dans le signe de la Vierge,,
et quand ces rhumes commencent un
lundi ils sont presque toujours pernicieux..
Il est ordinairement fort dangereux.
— 156 —
d’approcher pendant le dernier quartier de
la lune, d’une femme qui a ses règles,
parcequ’il en résulte souvent des écoule-
ments et autres maladies honteuses qui
prennent un caractère de gravité très
alarmant, si cet astre se trouve dans le
signe du Capricorne; de là s’engendrent
habituellement ces cruelles affections que
l’on n’ose avouer et qui produisent des
ravages d’autant plus considérables qu’on
est plus de temps avant de se croire réelle-
ment infecté, ne supposant pas que l’on a
approché d’une femme capable d’empoi-
sonner celui qui peut avoir des rapports
avec elle en pareille circonstance. Nous
recommandons ceci à l’attention particu-
lière de toutes les personnesqui nous
liront, n’ayant entrepris ce livre à d’autre
intention que celle de son utilité.
LIVRE V
CHAPITRE 1er
Secrets tirés des livres et traités d’Albert-le-
Grand pour préserver de la morsure des
serpents, couleuvres et vipères.
Si l’on veut avoir un moyen infaillible de
— 157 —
se préserver de la morsure de toute espèce
de reptile, on prendra des feuilles fraisier
qu’on aura soin de ceuillir le premier jour
de la lune, sous la domination de Jupiter;
ou les mettra dans un vase de verre sur
une feuille de parchemin vierge et on les
exposera depuisle onzième jusqu’au quin-
zième, aux rayons de cet astre, puis on s’en
fera une ceinture que l’on portera sur soi,
indifféremment par dessus ou par dessous
les vêtement. Aussitôt que les serpents
sentiront les feuilles de cette plante, ainsi
préparées, ils prendront la fuite. Cela est
tellement vrai que, si l’on trace à terre un
cercle continu avec ces feuilles et qu’on
place un serpent vivant à l’intérieur il se
laissera plutôt mourir de faim que d’essayer
d’en sortir.
Pour garantir sa maison de la peste et du
tonnerre.
Prenez la tige d’une plante qu’on nomme
armoise dans le moment où elle est en
fleur, coupez-la le près de terre possible et
attachez- la le troisième jour, avec du fil de
laiton, au pignon de la maison le plus haut
— 158 —
possible, de manière que la plante soit
renversée le haut du côté de la terre. Le
tonnerre ne tombera jamais sur cette mai-
son, la peste ni le choléra, ni aucun air
malfaisant ne pourra l’infecter aussi long-
temps que l’armoise y demeure suspendu
Pour guérir les pieds fatigués par une.
longue marche
-
L’Armoise a encore merveilleuse faculté
la
de guérir les pieds endoloris et fatigués
par la marche, pour cela il suffit de la faire
bouillir dans une eau bien claire et d’y
joindre ensuite de I’eau-de-vie, du savon
et de l’huile d’olive en égale quantité; on
se lave bien les pieds avec ce mélange, et
le lendemain on reprend son chemin aussi
frais que le premier jour.
Pour empêcher l’influence des sortilèges.
Cette herbe a encore la puissance d’em-
pêcher l’influence des sortilèges, mais il
faut pour cela qu’elle ait trempé trois jours
dans l’urine d’une fille vierge de seize ans.
Pour guérir de la fièvre quarte et du mal de
dents.
Les dents du serpent qui ont été arrachés
— 159 —
pendant qu’il vivait encore, étant pendues
au cou, guérissent de la fièvre quarte; si on
met un serpent sur une personne qui a mal
aux dents elle se sent soulagée.
Pour soulager une femme en mal d’enfant
Si l’on présente une vipère à une femme
en mal d’enfant l’accouchement sera facilité.
Pour guérir les hémorroïdes.
Celui qui s’assied sur la peau d’un lion
est délivré des hémorroïdes s’il en est affligé.
Pour chasser les mouches d'une maison.
Si l’on veut chasser les mouches d’une
maison, on mêlera du jus de pavot avec du
blanc de chaux, ensuite on en frottera la
maison tout autour.
Pour empêcher les animaux de manger
Si l’on suspend au plafond d’une étable
la peau d’un loup ou la queue de eetanimal,
les bœufs, les vaches et moutons ne man-
geront point aussi longtemps qu’elle y
demeurera suspendue; si on y ajoute la
tête ou les testicules, les boucs et les
160
cochons seront dans le même cas. Pour
certaines vertus particulières qui est en ces
dépouilles du loup, ils finiront par périr
d’inanition et famine à côté des choses
dont ils sont le plus friands et gloutons.
Pour manier un fer rouge sans se brûler
Prenez de l’arsenic rouge avec de l’alun.
Broyez les ensemble et les mêlez avec du
suc de joubarbe et la gomme qui sort du
laurier odorant;Phomme qui s’en sera frotté
lesmains à trois fois consécutives pourra
prendre et manier un fer rouge sans en
être incommodé.
Pour faire paraître noir tous les odjets qu :
sont dans un appartement
Si l’on veut que tous les objets qui sont
dans un appartement paraissent noirs, il
suffit de tremper la mèche de la lampe ou
de la chandèle qui doit l’éclairer, dans de
l’écume de mer bien battu et bien mêlée
ensemble. Pour faire que tout ceux qui
entreront paraissent ivres ou extravagants,
ajoutez à l’huile de la lampe du souffre
jaune, de la litharge et de l’huile de succin.
— 161
Pour empêcher les enfants d’avoir peur
La peau d’âne tendue au-dessus du lit
des enfants les empêche d’avoir peur.
Ponr délivrer de toute vision nocturne
Balbinus affirme que pour délivrer quel-
qu’un de toute vision nocturne ou songe
fâcheux pendant la nuit, il suffit de jeter
du pourpier commun sur le lit où il doit
se coucher.
Pour donner des songes heureux
Les songes heureux peuvent se donner
de diverses façons : par des images, par
des signes, par des paroles ou incanta-
tions, comme aussi par des préparations
telles que l’opium et la graine de Chene-
vière, mêlés en certaine proportion, soit
quatre onces de chênevis pour une demi-
once d’opium solide, auquel mélange vous
ajouterez un grain de musc et verserez
le tout dans une demi-pinte de vin vieux.
Il suffit quelque fois de manger avant de
se mettre au lit une pomme de rainette
cueillie le jour de Saint Jean au lever de la
lune.
— 162 —
Pour avoir en songe la femme que I on désire
La même
préparation fait avoir en songe
la femme que vous désirez et lui donne le
même songe que vous avez eu, au point
qu’elle se souvient de ce que vous lui
avez dit, de ce que vous lui avez fait et
de ce quelle vous a répondu pendant
votre sommeil, et cela se peut pratiquer à
la distance de plus de cinquante lieues ;
mais pour réussir complètement il faut
savoir les paroles de l’incantation et les
prononcer â propos, il faut connaître
aussi les signes voulus et intentions né-
cessaires, toutes choses qui ne se peuvent
mettre par écrit mais se doivent enseigner
djune personne à une autre, à cause de la
subtilité et intention secrète qui en font
toute la puissance.
Pour faire peur à quelqu’un
durant son sommeil
Si vous voulez peur à quelqu’un
faire
qui dormira, mettez sur son lit la peau
d’un singe, il aura des visions affreuses
et sera intimidé pendant plusieurs jours.
V
— 163 —
Pour guérir de la rage
Prenez une demi-once d’eau de vinette,
un drachme de thériaque, quatre grains
de mercure sidérique, â l’état de précipité
rouge, ajoutez-y quatre pincées de fleur
de sonffre, trois jaunes d’œufs de pigeons;
l’œuf de tourterelle vaut encore mieux
mais il faut qu’il soit également cuit dur,
et quand le tout sera bien mélangé, vous
le diviserez en soixante-quatre parties
égales que vous ferez prendre au malade
d’heure en heure, depuis la première jus-
qu’à la dernière. Ce remède est souverain
et il peut être administré en quelque état
désespéré que se trouve la personne qui
a été mordue on a vu des gens qu’on
;
était obligé de garotter pour leur adminis-
trer de force les premières doses, jusqu’à
la quinzième ou vingtième, et qui n’en
ont pas moins été guéries pour cela, mais
d’ordinaire le -mieux se fait sentir à la
troisième ou la quatrième.
Pour être heureux dans ses entreprises
Prenez une grenouille verte, coupez lui la
tête et les quatre pattes le vendredi après
— 164 —
la pleine lunedu mois de septembre,
mettez les morceaux tremper pendant
vingt-et-un jours dans de l’huile de su-
reau et vous les retirez à minuit sonnant
le vingt et unième jour; puis après les
avair laissés trois nuits exposés aux rayoss
de la lune, vous les calcinerez dans une
casserole de terre qui n’aura jamais servi,
vous y mêlerez ensuite une égale quantité
de terre provenant d’un cimetière, à l’en-
droit ou aura été enterré quelqu’un de
votre famille, et vous serez assuré que
l’esprit du défunt veillera sur vous et sur
vos entreprises, à cause de la fibrosité de
la grenouille qui tiendra son attention
éveillée sur vos affaires.
Pour rendre un homme impuissant
Si vous voulez rendre un homme im-
puissant prenez un de ces vers qui luisent
en été dans les buissons, écrasez-le dans
votre main et frottez en la nuque de celui
que voulez frapper d’impuissance, et vous
pouvez être sûr qu’il le sera, attendu que
vous aurez interrompu la communication
entre le cerveau et les organes de la géné-
ration, mais il faut pour cela une grande
puissance de volonté.
— 165 —
Pour rendre féconde une femme stérile
Albert-le-Orand remarque, ainsi qu’Ar-
éphius et la plupart des philosophes an-
:iens, qu’une femme devient féconde si
die se sert des choses qui contribuent à
a stérilité.
Pour chasser les fourmis
dans un mortier de fonte, avec un
Pilez
Dilonde bois, de la margolaine bâtarde et
'épandez-en la poudre sur les endroits où
sont les fourmis, elles les abandonneront
aussitôt.
Pour guérir de la morsure des serpents
Lorsqu’une belette est mordue par un
serpent elle mange de rhubarbe; en la
effet, cetteherbe est souveraine contre
la morsure de toute espèce de serpents.
CHAPITRE II
Secrets tirés du livre de Cléopâtre
Cléopâtre, reine d’Egypte, fut comme
chacun sait, la femme la plus extraordi-
— 166 —
naire de son temps et peut-être de tous
les temps. Médiocrement belle, elle sut
cependant se faire aimer par les deux plus
grands hommes de cette époque. Jules
César et Marc Antoine. Ce dernier sur-
tout l’aimajusqu’à l’adoration, à un âge
où les autres femmes, et les plus belles,
ont ordinairement cessé de plaire car ;
elle avait plus de quarante ans lorsqu’il
perdit l’empire du monde pour n’avoir pu
se soustraire à la domination de cette
femme.
Ce n’est donc ni par sa beauté, ni par
sa jeunesse qu’elle a conquis le cœur de
ces deux grands capitaines, mais bien par
les philtres secrets et vertus mystérieuses
auxquelles elle avait été initiée dès son
adolescence par les prêtres égyptiens et
qu’elle a étudiée toute sa vie avec une
louable persévérance. Elle a connu par ce
moyen plusieurs secrets merveilleux dont
elle a fait souvent l’expérience t qu’elle a
(
reccueillis, de peur qu’ils ne se perdissent,
daus uu grand ouvrage composé par elle
et écrit en entier de sa main, dont les
copies et extraits sont parvenus jusqu’à
nous. C’est dans quelques-unes des copies
— 167 —
que nous avons recueilli, après en avoir
compulsé un grand nombre, les secrets
Iles plus admirables et les philtres les plus
l
puissants; du reste, nous avons répété
lies expériences sur toutes ces choses et
mous n’avons rien transcrit qui n’ait été
I
plusieurs fois expérimenté par nous et
nos amis. Ce que nous disons ici pour le
livre de Cléopâtre doit s’entendre de
toutes les formules et recettes que nous
publions, de quelque endroit qu’elles
soient tirées; nous avons même éprouvé
celles du Grand Albert, non que nous
ayons douté de leur efficacité, mais pour
nous assurer que nous avions bien com-
pris et qu’il ne s’était glissé aucune
erreur dans notre traduction.
Pour conserver la beauté des femmes
Prenez tous les matins de la chair de
veau fraîchement tué à l’heure où domine
Uranus, coupez-la par tranches très
minces et posez-là sur les joues, les yeux
et généralement tous les endroits sensibles
que vous voulez empêcher de se flétrir;
laissez-la pendant trois quarts d’heure, et
les endroits ainsi protégés ne se flétriront
pas, même dans un âge très avancé.
168
Pour conserver la peau et particulièrement
celle des mains souple, fine, blanche et
agréable au toucher.
Prenez de la liqueur dite eau de cytise,
connue des anciens philosophes sous le
nom d’Akarlm, laissez-la exposée pendant
3 nuits, dans un vase découvert aux
influences d’Uranus, de Mars et de Vénus,
puis, pendant vingt-quatre heures, à celles
du soleil; alors vous la retirerez et en mêlerez
quelques gouttes à du lait frais de vache
ou de chèvre, mais préférablement de
jument, puis au bout de cinq minutes
vous laverez avec ce mélange les mains
ou telle autre partie.
Pour qu'une femme soit contente de son mari.
Il est écrit dans de Cléopâtre
le livre
qu’une femme qui n’est pas contente de
son mari comme elle le souhaiterait n’a
qu’a prendre la moelle du pied gauche
d’un loup et la porter sur elle, est certain il
quelle sera satisfaite selon son désir et
qu’il n’aimera qu’elle seule, aussi longtemps
qu’elle n’aura pas touché à l’oreille d’un
mulet ou à celle d’uu eunuque, ou à la
corne d’un bœuf ou de tout autre animal
impuissant.
— 169 —
3,
our faire dire à une jeune fille tout ce
quelle a fait.
Pour faire dire à une jeune fille ou à
une femme tout ce qu’elle a fait, qu’on
prenne le cœur d’un pigeon et la tête
dd’une grenouille, et après les avoir fait
lécher, on les réduit en poudre et on les
met sur l'estomac de celle sur qui l’on
ueut expérimenter, pendant qu’elle dort,
on lui fera dire alors tout ce qu’elle a
dans l’âme. Quand elle aura dit tout ce
qu’on veut savoir il faut enlever avec
Drecaution ce qu’on avait poséau creux de
estomac, de peur qu’elle ne s’éveille ou
qu’il n’arrive quelque accident.
Pour savoir si une femme est infidèle
est à peu près certain qne si l’on met
11
;n temps convenable un diamant fin sur la
ête d’une femme qui dort, on connait si
:11e est fidèle ou infidèle à son mari,
oarce que si elle est infidèle elle s’éveille
:n sursaut, au contraire, si elle est chaste,
:11e embrasse son mari avec affection,
-'expérience faite par plusieurs personnes
le notre connaissance a toujours réussi à
noins de circonstances extraordinaires.
170 —
Pour rendre une femme féconde
une femme ne peut concevoir, qu’on
Si
lui fasse boire du lait d’une jument et
qu’ensuite un homme plus jeune qu’elle la
connaisse, elle concevra aussitôt.
Pour empêcher une femme d'être infidèle
Si l’on veut empêcher qu’une femme
devienne infidèle à son mari, qu’on prenne
une mèche de ses cheveux, les plus longs ;
les ayant fait brûler sur des charbons
ardents, qu’on en jette la cendre sur un
une couchette, un sopha ou un memble
lit,
quelconque que l’on aura auparavant frotté
avec du miel, et que son mari l’y connaisse
le plus tôt possible, elle ne pourra aimer
que lui après cela et ne trouvera nul
plaisir à être courtisée par un autre.
Pour rendre la puissance à un homme qui
l’a perdue.
Prenez de la graine de la plante appelée
bardam, écrasez-la dans un mortier, joi-
gnez-y le testicule gauche d’un bouc de
trois ans, une pincée de poudre provenant
des poils du dos d’un chien entièrement
— 171
blanc, que vous aurez coupés le premier
j
our de la nouvelle lune* et brûlés le
septième; vous mettrez le tout infuser
dans une bouteille à moitié pleine d’eau-
de-vie et que vous laisserez débouchée
[tendant vingt et un jours pour qu’elle
reçoive l’influence des astres. Le vingt et
ujnième jour qui sera justement le premier
delà lune suivante, vous ferez cuire le tout
imsqu’à ce que le mélange soit réduit à
! 'état de bouillie très épaisse, alors vous y
ajouterez quatre gouttes de semence de
crocodile, recueillie à une heure convenable,
et vous aurez soin de passer le mélange
ài travers une chausse. Après avoir recueilli
ke liquide qui en découlera il n’y aura plus
qu'à en frotter les parties naturelles de
’homme impuissant et sur le champ il fera
des merveilles. Ce mélange est tellement
actif, qu’on a vu des femmes devenir
eenceintes rien que pour s’en être frotté les
parties correspondantes, afin d’en enduire
’homme sans qu’il s’en doutât. Comme
il de voir des crocodiles dans
est assez rare
motre pays et qu’il est très difficile de s’y
[procurer de la semence de cet animal, on
peut la remplacer par celle de plusieurs
172 —
espèces de chiens. Cléopâtre prétend que
la cause de la possibilité de cette substi-
tution est l’admirable adresse avec laquelle
le chien sait éviter d’être dévoré par les
crocodiles dont ce fleuve est rempli.
Quoiqu’il en soit, on a fait et répété très
souvent cette expérience, et elle a toujours
bien également réussi soit avec la semence
de chiens, soit avec celle des crocodiles.
Pour se faire désirer des femmes
Il faut prendre If cœur d’un pigeon
vierge et le faire avaler par une vipère; la
vipère en mourra à cause de l’emblème de
vertu et d’innocence qu’est le pigeon, tan-
dis qu’elle est emblème de vice et de
I
calomnie; donc la vipère mourra dans un
temps plus ou moins long; prenez alors sa
tête, faites la sécher jusqu’à ce qu’elle u’ait
plus d’odeur, alors écrasez-la dans un
mortier avec le double de graine de chêne-
vis et buvez la poudre qui en proviendra
dans un verre de vin de quatre ans, auquel
vous aurez mêlé quelques gouttes de
l’extrait d’opium, connu sous le nom de
laudanum; alors votre teint deviendra
éclataut, vos lèvres rosées, et toutes les
— 173 —
femmes vous désireront, quel que soit
votre âge. Ceci est infaillible et l’expé-
rience en réussira toujours pourvu qu’elle
soit faite en jours et heures convenables.
Pour une femme qui veut se faire aimer
d’un homme
Cléopâtre a écrit sur ce sujet tout un
Hong chapitre, dans lequel elle donne plus
< de trente recettes pour arriver au même
i
résultat. Nous les avons toutes consultées
et expérimentées successivement et com-
parées à celles que nous avons trouvées
dans Albert-le-Grand, et est résulté de
il
nos expériences, qui s’accordent avec les
observations d’Albert, que la vingt-septième
recette du livre de Cléopâtre est préférable
en cet état à tout ce que l’on a imaginé
pour arriver au même résultat. Elle est
simple et facile à pratiquer en tous pays et
toute saison.
Prenez de barbe de l’homme duquel
la
vous voulez aimée, autant que pos-
être
sible près de l’oreille gauche, et procurez-
vous une pièce de monnaie d’argent qu’il
ait portée au moins un demi-jour. Mettez
bouillir l’un et l’autre dans un vase de
174 —
grés neuf, plein de vin; vous y jetterez de
la sauge, de la rue; au bout d’une heure,
vous retirerez la pièce de monnaie. Quand
vous voudrez faire l’expérience, vous la
prendrez dans la main droite, vous irez
auprès de l’homme dont vous voulez être
aimée, vous prononcerez ces mots Rose
:
d’amour et fleur d'épine assez haut pour
,
qu’il l’entende, puis vous lui toucherez
légèrement l’épaule gauchq et il vous sui-
vra partout où vous irez. N’oubliez pas
qu’il est nécessaire que le vase de grés
reste près du feu, parce que l’ardeur de
l’homme se mesure à la chaleur du vin.
Dans les cas où le vin viendrait à se ré-
pandre, il pourrait se porter aux dernières
extrémités.
Pour qu’nne femme ne conçoive pas
Une femme qui boit chaque mois, le
lendemain du jour où ses ordinaires ont
cessé, un verre de l’urine d’une mule, ne
concevra pas.
— 175 —
CHAPITRE III
Pour augmenter le tranchant d'une lame
d’acier
Pour faire qu’un de couteau
taillant
ccoupe tous autres taillants, prendre le jus
.d’une herbe nommée herbète, et de ce
jjus frottez-en le taillant d’une épée ou
ccouteau, et le laisser sécher, et puis frappes-
ten tous autres taillants que tu voudras et
lil les coupera.
Pour cheminer longuement sans fatigue
Si tu veux bien cheminer sans être nul-
lement fatigué, prends une herbe dite
armoise, et la porte en la main ou en ta
.ceinture pendante quand tu chemineras,,
puis fais cuire un soir la dite herbe et t’en
lave les pieds, et tu ne seras jamais las.
Pour se garantir des serpents
Si tu veux te garder de tous serpents
quand seras aux champs, prends des
tu
feuilles de fresne, et étends-les à l’entour
de toi, afin que si le serpent vient, qu’il
176 —
sente lesdictes feuilles; car tu n’as garde
qne ledict serpent passe au-dessus de
lesdictes feuilles. Et si tu veux faire I’ex-
périment de ladicte feuille, prends un ser-
pent tout vif et le met au milieu d’un ron-
deau de feuilles de fresne, et tu verras
que ledict serpent demeurera comme mort
dedans sans bouger, et si tu fais auprès
du cercle un bon feu et puis que tu bailles
ouverture audict cercle du côté ou sera le
feu, le serpent sortira du cercle et se jettera
dans le feu plutôt que de demeurer dans
le cercle de fresne. Ceci a été éprouvé
maintes fois.
CHAPITR IV
Secrets tirés du livre d'Hermes Trismegiste
pour savoir si une personne éloignée dont
on n'a pas de nouvelles est en vie et en
santé.
Prenez de la cire vierge en suffisante
quantité, mettez-y de poix grecque ou
la
de Bourgogne et du cinabre en égale pro-
portion, faîtes fondre le tout ensemble
jusqüa ce que le mélange soit bien com-
plet, alors vous verserez le liquide sur une
— 177 —
pierre frottée d’ail et l’y laissez refroidir;
puis vous en ferez une petite figure hu-
maine à l’intention de celui ou celle dont
vous voulez avoir des nouvelles et autant
que possible à sa ressemblance, placez-lui
sous les pieds deux grains d’encens et
plantez-lui des aiguilles, ou autres pointes
la tête autant qu’il
d’acier aimantées, à y a
d’années que vous n’avez eu de ses nou-
velles, vous mettrez ensuite un morceau
de cuivre bien poli dans la main droite de
la figure en disant; akepias ferda ko
sircari, puis vous l’exposerez en plein air
sept jours durant, en commençant le troi-
sième jour de la lune à l’heure de la nuit
où Jupiter domine pour la première fois et
en finissant à l’heure où domine Uranus
pour la dernière. Alors, si le morceau de
cuivre est encore brillant et poli, vous êtes
certain que la personne en bonne
est
santé et ses en état prospère s’il
affaires :
est terni et sensiblement altéré c’est quelle
sera malade ou en mauvaise position; s’il
est couvert de vert de gris elle sera morte
infailliblement, pour plus de certitude vous
pouvez prendre alors le morceau de
cuivre et le mettre la nuit suivante sous
178 —
votre oreiller, vous aurez nécessairement
un songe ou une vision qui vous fera
connaître l’état de la personne dont vous
voulez vous enquérir.
Pour nuire à son ennemi
»
Vous préparez une figure comme il a
été dit ci-dessus, à l’exception des aiguilles
et du morceau de cuivre; écrivez-lui sur le
front le nom et le prénom de la personne
à laquelle vous voulez nuire et mettez cet
image pendant trois jours sous un vase
de terre avec deux énormes crapauds, les
émanations de ces reptiles troubleront la
raison de votre ennemi, à quelque distance
qu’il soit placé et il fera des choses qui
luinuiront beaucoup dans la suite. Si vous
piquez alors l’image avec la pointe d’un
poignard, épée ou autre arme trempée de
sang humain, il éprouvera à l’instant même
une grande douleur à la partie que vous
toucherez; il y a des gens qu’on est par-
venu à faire mourir par ce moyen, mais
cela dépend de l’énergie de la volonté.
Pour se rendre invisible.
Prenez la pierre dite Amin par les Grecs
• — 179 —
et Asora par les Arabes, elle est de diffé-
est verte, veinée de rouge
de blanc, peut
et
servir à l’usage que nous disons elle est :
grosse comme une lentille on la trouve
dans les montagnes de la haute Egypte,
dans un sable aurifère semé de quelques
rubis. On la nomme maintenant bohorite
et à moins de l'aller chercher sur les lieux ou
ne peut guère se la procurer que par le
moyen de quelque marchand juif ou
arménien initié aux secrets delà cabale, car
elle est peut recherché du commun des
hommes, qui ignorent ses vertus particu-
liè[Link] pierre, qui a été formée sous
l’influence d’Uranus, rend très-propre à
l’amour ceux qui la portent pendue au cou
— 180 —
dans un sachet de maroquin. Pour
petit
être invisible il faut la monter sur une
bague d’argent fin, dépouillé de tout alli-
age, sur lequel vous aurez tracé les cons-
tellations zodiacales dans l’ordre de leur
succession depnis le premier jour de
de l’année sidérale. Si vous mettez un
pareil anneau à votre doigt la pierre devien-
dra blanche comme du lait et vous serez
préservé de tout maléfice tant que vous la
porterez : si vous tournez la pierre en
dedans de la main vous serez invisible
tant que vous la tiendrez de la sorte. C’était
avec des anneaux faits suivant ce principe
que Gigès et le roi Salomon se rendaient
invisibles er faisaient plusieurs choses
merveilleuses.
Pour voir et faire des choses surnaturelles
Il faut avoir sous la langue une lame
d’or constellée de la largeur d’un demi-
pouce et sous la plante des pieds un
lambeau de drap mortuaire, tenir à la main
une baguette de coudrier et s’être abstenu
du commerce des femmes pendant trente-
cinq jours, parce que trente-cinq est mul-
tiple de sept qui est le nombre puissant.
Alors vous vous mettrez sous la domina-
— 181
lion des astres favorables aux sortilèges et
vous ferez des choses prodigieuses. Her-
mès raconte qu’il a vu un certain Moussa,
que quelques-uns ont prétendu être Moïse,
pouvait faire par ce moyen des prodiges
inouïs.
Pour savoir sa destinée.
Prenez un œuf d’une poule que le coq
n’ait pas encore touchée, plongez-le dans
de la cire fondue qui ne soit pas assez
chaude pour le cuire et retirez-le
faire
aussitôt, replongez-le s’il le faut jusqu’à ce
qu’il soit bien enduit partout d’une couche
de cire d’une ligne au moins d’épaisseur,
alors vous ferez un trou à chaque extré-
mité de la coquille et soufflant dans l’un
vous ferez sortir par l'autre tout le contenu
de la coquille, ensuite vous placerez l’un
des trous dans l’eau et, aspirant et soufflant
tour à tour, vous rincerez plusieurs fois
l’intérieur de la Après l’avoir
coquille.
laissée bien sécher,vous y introduisez de
l’huile d’olive très pure, de la poudre
d’encens, un grain de musc et de la
semence humaine en suffisante qnantité p
vous fermerez ensuite les deux ouvertures
— 182 —
avec de la cire, et vous irez placer l’œuf à
minuit dans du fumiçr de cheval. Le neu-
vième jour vous l’en retirerez au moment
où la lune sera parvenue à sa plus grande
élévation dans le ciel, et le prenant dans
votre main gauche, vous le serrerez jusqu’à
ce qu’il soit écrasé. Il en sortira une fumée
blanchâtre dont se formera une image
diaphane, alors vous direz ces trois mots
chaaldéens Ghormy-Sorback-Kamïr, dont
le sens ne peut-être révélé qu’aux initiés.
Aussitôt l’image se fixera entre vous et la
lune et vous fera connaître toute votre
destinée.
CHAPITRE V
Secrets tirés des écrits d’Appolonius de
Thiane pour savoir ce qui se passe à une
grande distance.
Il faut se procurer un anneau constellé
ou le consteller soi-même avec les signes
caractères, paroles et intentions voulues ;
puis après se l’être passé au doigt, se
dans un endroit sombre tel qu’une
retirer
caverne ou l’intérieur d’une forêt, ou une
— 183 —
chambre très obscure, un endroit enfin où
l’on ne puisse être distrait par la vue ou
l’audition subit de «quelque objet ou
quelque son imprévu car il est besoin
d’une attention soutenue et d’une volonté
très énergique. Quand vous aurez la certi-
tude de n’être pas troublé, vous vous
accroupirez en ayant soin de placer par
dessus votre tête un manteau de drap, ou
tout autre objet de laine qui puisse vous
envelopper complètement. Alors vous pen-
serez fortement à la chose que vous dési-
rez savoir, et avant un quart d’heure, vous
commencerez à distinguer quelque objet,
et puis peu à peu vous serez complète-
ment éclairé par les yeux de l’intelligence
Vous verrez exactement les chose dans
l’étatoù elles sont, et les faits tels qu’ils se
passent. Lorsque la vision sera bien nette,
et que votre volonté aura acquis par
l’usage une grande puissance, vous pour-
rez aller et venir, et faire la conversation
sans perdre de vue les faits dont vous
poursuivez le développement à mesure
qu’ils s’accomplissent. C’est ainsi qu’Apol-
lonius put dire un jour sur la place
publique : Je vois l’empereur frappé à
184 —
mort par un barbare, et nommer ceux qui
le relevaient : se passaient à plus
les faits
de six cents lieues de distance. On nota
le jour et l’heure auxquels Appolonius
parlait, et il se trouva qu’il avait dit vrai.
Cette aventure fit un grand bruit, et lui
attira un grand nombre de disciples, plu-
sieurs même quittèrent les apôtres de
Jésus-Christ pour suivre les disciples
d’Appolonius.
Pour connaître l’avenir.
y a plusieurs moyens, ceux des sorts
Il
virgiliens et homériques. Vous prenez un
exemplaire complet des œuvres de Virgile
ou d’Homère, suivant que vous êtes plus
versé dans l’étude du grec ou du latin ;
puis après avoir déterminé le chiffre et le
côté du livre auquel vous vous arrêtez,
vous ouvrez au hasard dans le volume, et
le vers qui se trouvera correspondra au
chiffre que vous aurez arrêté d’avance sera
la réponse à votre question. Il y a un bel
exemple de manière dont se tirent les
la
sorts virgiliens et homériques dans Rabe-
lais, au chapitre où Pantagruel délibère
avec Panurge s’il se doit marier, et qu’il
— 185 —
désire savoir ce qui pourra advenir de son
mariage. Mais la connaissance de l'avenir
n’a pas été réservée seulemenf à ceux-là
qui savent le grec et le latin, et ceux qui
l’ignorent peuvent y arriver par une autre
voie qu’Apollonius déclare moins équi-
voque plus certaine de beaucoup que la
et
consultation des sorts homériques et vir-
giliens.
Pour cela, il faut jeûner au pain et à l’eau
trois jours durant au moment de la pleine
lune, et le troisième jour, à la nuit tom-
bante, parfumer la chambre où l’on se
trouve avec des parfums aphrodisiaques ;
puis on passera la soirée à mâcher de la
racine d’iris bleu, en ayant bien soin de ne
la pas avaler. On soupera copieusement
à dix heures et demie du soir, mangeant
principalement du poisson et des viandes
fortes, mais sans boire ni vin ni liqueur.
On se mettra au lit à minuit précis dans
une chambre où ne pénètrent à cette heure
les rayons de la lune. On éteindra toutes
les lumières, et l’on peut être assuré d’avoir
durant son sommeil, la connaissance de
ce qui doit arriver dans l’avenir.
186 —
Pour faire des prodigues.
La première condition, suivant Apollo-
nius, pour faire des prodiges est d’être de
vie pure et de mœu.s irréprochables.
Cependant nous voyons par l’histoire des
sorciers, enchanteurs et nécromans que
cette faculté merveilleuse a été parfois
l’attribut de gens peu recommandables,
fort
ou même complètement vicieux qui ne se
servaient guère de cette puissance que
pour faire le mal. C’est qu’il faut distinguer
deux sortes de prodiges, ceux qui sont
opérés par des moyens extérieurs et
étrangers, comme la vertu des herbes, des
pierres, des animaux et des constellations,
et ceux qui sont personnels à l’opérateur,
qui émanent de sa virtualité intérieure, et
qui se manifestent par la seule action de
sa volonté. Telle est la nature des prodiges
que habituellement Apollonius,
faisaient
Moïse, Zoroastre, Jésus, et quelques uns
des disciples de ces sublimes incarnations
de l’âme universelle.
t
Pour faire les prodiges de la première
espèce, il n’est besoin que de bien con-
naître les vertus et qualités spéciales de
— 187 —
chaque chose mais il faut les préparer eiT
;
temps et circonstances convenables, et
traîner avec soi un attirail considérable
pour ne pas risquer d’être pris au dé-
pourvu tandis que les prodiges de l’autre
;
sorte n’émanant que de la virtualité per-
sonnelle de celui qui les opère, peuvent
être produits en tout temps, en tous lieux
et en toute circonstance, pourvu que sa
volonté ait dans le moment même une
activité suffisamment énergique. Ceci
étant complètement du domaine de la
psychologie, il faut pour y arriver que
l’âme s’épure par une tension continuelle
sur les choses éthérées et immatérielles;,
il faut quelle s’isole pour ainsi dire de
l’enveloppe grossière qui la tient captive,
et s’accoutume à une action propre et
indépendante. Lorsqu’une intelligence hu-
maine est parvenue à se mettre directe-
ment en rapport avec les substances du
monde immatériel elle possède l’absolu, le
grand-œuvre, l’explication universelle et
les plus étonnantes merveilles sont deve-
nues pour elle comme des jeux d’enfants_
+
— 188 —
Pour apparaître après sa mort.
On qn’une âme arrivée à ce
conçoit
•degré de perfection et de puissance n’a
plus guère besoin de ses organes corpo-
rels pour manifester son action. En effet,
agissant par la volonté seulement, et la
volonté existant indépendamment de l’or-
ganisme qui lui est subordonné, il est
évident qu’elle peut agir abstraction faite
de cet organisme. C’est ce qui arrive dans
le magnétisme et dans plusieurs autres
cas, toutes les fois qu’une passion violente
se manifeste; elle agit sur les assistants
indépendamment de la communication
directe et immédiate. Ainsi par exemple,
le magnétiseur plonge le sujet! sur lequel
il opère à une grande distance, dans le
somnambulisme sans l’avoir touché; donc
il
y a là une manifestation indépendante
de l’action corporelle, du tact physique, de
la communication matérielle. Et il n’est pas
invraisemblable que l’homme qui a isolé
son essence animique et l’a purifiée suf-
fisamment pour rendre ses manifestations
indépendantes de celles du corps, ne
conserve la faculté de ces manifestations
189
après la destruction du corps qui ne leur
était pas indispensable. Mais peu d’hom-
mes sont capables de s’élever au degré de
» perfection nécessaire pour atteindre ce but.
CHAPITRE VI.
Secrets communiqués par Charles Fourrier.
Talisman constellé pour préserver de tous
maux et principalement des blessures
d'armes à feu.
Comme la composition de ce talisman
et la combinaison des signes dont il est
formé sont fort compliquées et exigent
des soins et une attention particulière,
nous avons cru devoir en donner un des-
sin exact, dans la figure ci-jointe, afin que
personne ne pût prendre le change à la
lecture de l’explication que nous allons en
faire.
Il doit avoir au moins cinq centimètres
de diamètre, et sans inconvénient
peut
être porté jusqu’à sept; mais ce dernier ne
peut être dépassé. Vous prendrez un mor-
ceau de parchemin vierge de la dimention
voulue, et vous tracerez sur le bord deux
190 —
cercles concentriques, l’un avec de l’encre
rouge et l’autre avec de l’argent en coquille
délayé dans de l’eau distillée, chargée
d’une dissolution de gomme arabique. On
aura soin de les tenir à une distance suffi-
sante l’un de l’autre, et l’on divisera
l’espace contenu entre eux en douze par-
ties égales séparées par une double barre
191
tracée avec de l’argent comme toute cette
partie de la figure, et l’on dessinera dans
les espaces ainsi divisés les douze signes
du zodiaque en commençant par le Belier
et en suivant dans l’ordre naturel.
Au centre de la on tracera une
figure,
étoile disposée comme on peut voir dans
la rigure ci-contre. Chacune des branches
de cette étoile sera tracée au moyen d’une
des couleurs du prisme, et l’étoile même
sera disposée de manière que chacune de
ses pointes s’arrête à une distance suffi-
sante pour tracer dans l’intervalle le nom
de l'une des planètes, disposé comme on
le voit dans notre gravure. On se servira
pour tracer le nom de la planète, de la
même couleur qui aura servi pour la bran-
che de l’étoile, et l’on écrira le nom de cette
couleur au milieu du triangle formé par
cette branche et sur une ligne perpendicu-
laire à sa base. Dans l’intervalle qui sépare
les branches, on écrira le nom des sept
métaux en latin ou en français indiffére-
mentavec de l’encre noire, et plus bas ceux
des sept notes qui leur correspondent;
enfin on tracera dans l’espace central de-
meuré libre par la prolongation des lignes
— 192
formant les branches des étoiles, ou y tra-
cera, disons-nous, l’image du soleil avec
de l’encre rouge sur un fond doré en plein
Toute cette opération doit être faite de
nuit et l’image de chaque planète doit être
tracée à l’heure de sa domination.
Les choses ainsi faites, on prendra une
plaque circulaire d’argent battu, aussi pur
qu’il sera possible de se le procurer et
assez large pour que l’on puisse y appli-
quer la figure sans la plier ni la froisser, et
on la fixera dessus, par les bords, au
moyen d’une colle qui doit être tiré du
gui de chêne. Mais il faut avoir bien soin
d’appliquer sur la plaque d’argent le côté
du parchemin sur lequel se trouve tracée
la figure, afin qu’elle ne puisse pas être
vue par ceux qui pourraient apercevoir le
talisman qu’on aura soin, pour plus de
précaution de placer dans un sachet de
satin vert, et qu’on portera sur le cœur
suspendu à un cordon de soie verte. La
vertu de ce talisman est hors de contesta-
tion. Jamais accident d’aucune sorte n’est
arrivé à Charles Fourrier depuis le jour
où, après en avoir déterminé la formule,
il a pu le construire et le porter sur lui.
— 193 —
Quant à l’épreuve des balles, tout le mon-
de a pu voir l’auteur de la Théorie des
quatre mouvements, cet apôtre de l'huma-
nité au milieu de nos discordes civiles, se
jeter à travers de la mêlée pour tâcher de
— 194 —
ramener, par la persuasion, les malheureux
égarés par les passions politiques. Plu-
sieurs fois, en accomplissant cette noble
tâche, Fourrier fut exposé à subir le feu
de deux parties, plusieurs fois fut expo-
il
sé à la décharge de toute une compagnie,
et jamais une balle n’effleura sa peau, ja-
mais elle ne dérangea seulement les plis
de ses vêtements.
CHAPITRE VII
Explication des deux Talismans
Ces deux talismans ont été tirés de la
clavicula de Salomon, on les voit en ori-
ginal dans le cabinet du duc de Lithuanie.
Ils ont été faits par le savant rabbin Isaac
Radie], tous deux sous les auspices de la
planète de Mercure comme il est aisé d’en
juger par les caractères qui sont marqués
dans le second. Leur propriété s’étend sur
le négoce, sur les voyages et sur les jeux.
Leur matière est celle qui convient à
Mercure. Ceux qui voudront s’instruire à
fond de cette science cabalistique des
talismans, peuvent lire avec application
les œuvres de Paracelse, de Cardan, de
Jamblique, de Jean-Baptiste Porta, de
— 195
Campanelli, de Gaffarel, Van Helmont,
Tritheme, Agrippa, Coclenius, Montejus
et Flud. Tous les auteurs traitent ces ma-
tières par principes astrologiques, caba-
listiques et naturels d’une manière fort
sublime.
— 196 —
Explication des quatre talismans.
Nous avons extrait fort exactement les
figures de ces quatre talismans, d’un
excellent manuscrit original de la biblio-
thèque impériale d’inspruk. Le premier qui
— 197 —
représente une face humaine avec les ca-
ractères hébraïques, est bon pour se con-
cilier la bienveillance et la familiarité des
esprits éthérés et aromaux, et doit être
formé le dimanche sous les auspices du
soleil sur une plaque de fin or avec les
cérémonies du parfum convenable à l’heure
ce que l’on connaîtra quand la planète
sera en situation favorable et surtout en
bon aspect avec Jnpiter. —
Le second, où
l’on voit la figure d’un bras qui sort d’un
nuage, doit être formé un lundi sous les
auspices de la lune sur une plaque d’ar-
gent pur et bien poli, avec les cérémonies
du parfum et à l’heure de la constellation
favorable, il est bon pour garantir les
voyageurs de tous périls de terre et de
mer principalement des insultes, des
et
brigands, des pirates et des écueils.
Le troisième doit être formé au jour du
mardi, sous les auspices de la planète
Mars avec les cérémonies du parfum con-
venable et à l’heure de l’heureuse constel-
lation, Mars étant en conjonction avec
Jupiter ou regarde bénignement Vénus
11 est très efficace pour faire les expédi-
tions militaires, pouj charmer les armes à
198
feu, en sorte qu’elles ne peuvent nuire à
ceux qui les portent. doit être gravé sur
11
une plaque de fer purifié et bien polie.
Le quatrième doit être formé un jour de
mercredi, sous les auspices de Mercure,,
sur une fine plaque de mercure fixée avec
les cérémonies du parfum propre à la pla-
nète et à l’heure de la constellation heu-
reuse, Mercure étant en conjonction ou
en aspect bénin avec Vénus ou la Lune. Sa
vertu et propriété est de rendre fortuné
dans les jeux, et dans les entreprises de
négoce ceux qui le portent, garantit
il
aussi les voyageurs des insultes des bri-
gands et dissipe ou découvre les trahi-
sons formées contre la vie de la personne
qui en est munie.
Des talismans de Paracelse.
La grande réputation que Paracelse s’est
acquise dans le monde, par sa profonde
science, donne beaucoup d’autorité à ce
qu’il a laissépar écrit. Il assure comme une
chose indubitable que si l’on fait des
talismans suivant la méthode qu’il en
donne, ils produiront des effets qui sur-
prendront ceux qui en feront l’expérience,
et c’est ce que nous avons éprouvé nous-
199
même avec grande admiration et un très
heureux succès Voici donc de quelle
manière il en parle dans son Archidocte
magique.
Personne ne peut sans témérité révo-
quer en doute que les astres et les planètes
célestes n’aient des influences dominantes
sur tout ce qui est dans ce bas univers,
car puisque l’on voit et l’on éprouve sensi-
blement que les planètes dominen par leur
influences sur l’homme qui est l’image de
Dieu et avantage la raison, combien a plus
forte raison doit-on croire quelles do-
minent et influent sur les métaux, sur les
pierres et sur tout ce que la nature et l’art
peuvent produire, pusque toutes ces choses
sont moindre que l’homme, et plus
prppres à recevoir sans résistance leur
influence, étant privées de raison et de
que l'homme a cet avan-
libre arbitre, et
tage q’il peut se servir de ces choses
matérielles pour attirer en sa faveur les
influences des astres.
Mais ce qui est digne d’être lu et bien
remarqué, c’est que les planètes n’influent
jamais plus efficacement que par l’entre-
mise des sept métaux qui leur sont
— 200 —
propres, c’est-à-dire qui ont de la sympa-
thie avec leurs substances, et à ce sujet, les
sages cabaliste ayant connu par la sublime
pénétration de leur science quels sont
les métaux propres aux planètes, ils ont
déterminé l’or pour le soleil au jour du
dimanche l’argent pour la lune un lundi
; ;
le fer pour Mars au mardi le vif argent
;
pour Mercure au mercredi l’étain pour
;
Jupiter au jeudi le cuivre ou l’airain pour
;
Vénus au vendredi et le plomb pour
;
Saturne au samedi. C’est sur ce fondement
que les anciens philosophes, entre autres
Salomon et Moïse ont établi les sceaux des
planètes. »
201
Nous donnons ici le dessin d’un talis-
man que Paracelse portait continuellement
sur lui. Il était d’argent pur recouvert de
parchemin vierge.
Oraison des Salamandres.
D’après Paracelse et Porphyre, feu a
le
ses habitants aromaux et éthérés qui ont
une existence un peu en dehors des lois
que nous observons et que notre faible
intelligence peut à peine concevoir. Nous
extrayons d’un volume de Paracelse l’orai-
son suivante qu’il prétend que récitaient
en chœur les salamandres, au centre de la
terre dans le milieu en fusion.
Immortel, éternel, ineffable et saint,
père de toutes sortes, qui est porté sur le
chariot roulant sans cesse des mondes qui
tournent toujours; Dominateur des cam-
pagnes éthéréennes où est élevé le trône
de ta puissance, du haut duquel tes yeux
redoutables découvrent tout, et tes saintes
oreilles écoutent tout; examine tes enfants
que tu as aimés dès la naissance des
siècles, car ta durée est grande et éternelle.
Ta majesté resplendit au dessus du monde
etdu ciel des étoiles! Tu t’élèves sur elles,
ôfeu étincelant, et tu t’allumes et t’entretien
— 202 —
toi-même par ta propre splendeur, et sort il
de ton essence des ruisseaux intarrissables
de lumière qui nourrissent ton esprit infini!
Cet esprit infini produit toutes choses et
fait ce trésor impérissable de matière qui
ne peut manquer à la génération qu’il
environne toujours par les formes sans
nombre dont elle est enceinte, et dont tu
l’as remplie au commencement. De cet
esprit tirent aussi leur origine, ces rois très
saints qui sont debout autour de ton trône
et qui composent ta cour, ô Père universel !
O Unique, ô Père des bienheureux mortels
et immortels !tu as bien en particulier
des puissances qui sont merveilleusement
semblables à ton éternelle pensée et à ton
essence adorable. Tu les as établies supé-
rieures aux anges qui annoncent au monde
tes volontés. Enfin tunous as créés une
troisième sorte de souverains dans les
éléments. Notre continuel exercice est de
te louer et d’adorer tes désirs. Nous
brûlons du désir de te posséder. O
Père!
ô mère la plus tendre des mères ô fils !
la fleur de tous les fils ô forme de
!
toutes les formes! âme, esprit, harmonie
et nombre de toutes choses, conserve
nous et nous sois propice. Amen.
» — 203 —
L'anneau de Giges
On retrouvedans les manuscrits de Jam-
blique et de Jean-Baptistes Porta une
description de l’anneau de Gigès à l’époque
où celui-ci voulut, à l’aide de l’insibilité que
lui procurait cet anneau s’emparer de la
— 204 —
Lydie. Cet anneau portait un double
châton. Chacun des chatons était cons-
tellé, l’un au soleil, l’autre à la lune. Celui
constellé à la lune était d’émeraude; l’autre
de topaze.
constellé, au soleil, était
L’anneau tout entier en argent portait
gravé sur son double pourtour intérieur
des signes cabalistiques, nous en donnons
ici la figure. — Du reste ou ignore
façon la
dont il s’en servait, et il est à croire que,
pour compléter la puissance de cet anneau
Oigès, au moment où il voulait se rendre
invisible prononçait certaines paroles et
formules que les cabaljstes n’ont pu
apprendre et retrouver.
FIN
-
i ra