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Note de Cours Droit de L'environnement

Le droit de l'environnement, inscrit dans la constitution togolaise, vise à garantir un environnement sain et à promouvoir un développement durable. Ce document explore les sources du droit de l'environnement, notamment internationales, communautaires et nationales, ainsi que les principes fondamentaux qui le régissent, tels que le développement durable, la prévention et le principe pollueur-payeur. Il souligne l'importance de la coopération internationale et des engagements des États pour la protection de l'environnement.
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Note de Cours Droit de L'environnement

Le droit de l'environnement, inscrit dans la constitution togolaise, vise à garantir un environnement sain et à promouvoir un développement durable. Ce document explore les sources du droit de l'environnement, notamment internationales, communautaires et nationales, ainsi que les principes fondamentaux qui le régissent, tels que le développement durable, la prévention et le principe pollueur-payeur. Il souligne l'importance de la coopération internationale et des engagements des États pour la protection de l'environnement.
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DROIT DE L’ENVIRONNEMENT EN LP 2 GC – GEAD – GT- QHSE

RESUME

Mieux vaut prendre le


changement par la main avant
qu’il ne nous prenne par la
gorge

Winston Churchill

1
INTRODUCTION
« Toute personne a droit à un environnement sain. L’Etat veille à la protection de
l’environnement ». Par cette disposition de l’article 41 de la constitution togolaise de
1992, le constituant togolais prend à son compte une préoccupation d’ordre universel,
celle de protection de l’environnement. L’objectif qui sous-tend la protection de
l’environnement est de tendre vers un mode de développement qualifie de durable,
c’est-à-dire un mode de développement qui soit en mesure de répondre aux besoins
du présent sans compromettre pour autant la capacité de futures générations à
satisfaire leurs propres besoins. De dimension universelle, la question de la protection
de l’environnement recouvre une diversité d’enjeux importants, tels que la sécurité
sanitaire, la conservation des milieux naturels, la protection de la biodiversité, la qualité
de cadre de vie, l’aménagement du territoire ou encore d’une façon plus large tout ce
qui concerne les choix relatifs aux modes de croissance et de développement. Malgré
cette précision sur les enjeux de la protection de l’environnement, la notion de
l’environnement reste pourtant difficile à appréhender. En effet, le dictionnaire
Larousse définit l’environnement comme «l’ensemble des conditions naturelles
(physique, chimique, biologique) et culturelle (sociologique) susceptible d’agir sur les
organismes vivants et les activités humaines ». Pour le dictionnaire «Petit Robert »,
cette notion couvre l’ensemble des éléments et artificiels qui conditionnent la vie de
l’homme. Ces définitions sont très larges, ce qui fait qu’il serait difficile de déterminer
précisément le champ d’application du droit de l’environnement. Michel Prieur le définit
dans le cadre d’une approche systémique comme l’expression des interactions et des
relations des êtres vivants entre eux et avec leur milieu. Dans le cadre de ce cours, le
droit de l’environnement sera définit de façon relativement large comme «l’ensemble
des règles juridique visant à préserver la nature, le patrimoine et le voisinage des
atteintes provoquées par certaines activités humaines ou la survenance de risque
naturels ». Ce cours sera subdivisé en deux parties :

Première partie : Considération préliminaires

Seconde partie : L’essentiel du droit de l’environnement

Chapitre 1 : Les sources du droit de l’environnement

Chapitre 2 : Les caractères du droit de l’environnement

2
PREMIERE PARTIE. CONSIDERATIONS PRELIMINAIRES

CHAPITRE 1. LES SOURCES DU DROIT DE L’ENVIRONNEMENT

Le droit de l’environnement est une discipline relativement jeune qui s’est développée
dans les années 1970 avec la montée des préoccupations relatives à l’environnement.
Certes, il existe dans toute société un certain nombre de règle en matière
environnementale répondant essentiellement à des préoccupations d’hygiène et de
sauvegarde des milieux. Cependant la constitution d’un droit moderne de
l’environnement se fera tout au long du XXe siècle. On distinguera les sources
internationales, les sources communautaires et les sources internes.

SECTION 1. LES SOURCES INTERNATIONALES

Au niveau international, nous pouvons citer trois conférences des nations unies qui ont
jeté les bases d’un droit international de l’environnement.

§1. La conférence des nations unies sur l’environnement tenue à Stockholm en


1972

Cette conférence a été le point de départ d’une reconnaissance internationale du droit


à la protection de l’environnement. Elle a débouché sur l’adoption d’une série de
principes pour une gestion écologiquement rationnelle de l’environnement. La
conférence de Stockholm a placé les questions écologiques au rang des
préoccupations internationales et a marqué le début d’un dialogue entre pays
industrialisés et pays en développement concernant le lien qui existe entre la
croissance économique, la pollution de l’indivise mondiale et le bien-être des peuples
dans le monde entier. Elle est également à l’origine du lancement d’un programme des
nations unies pour l’environnement (PNUE) chargé de faciliter la coordination,
l’harmonisation des règles juridiques en matière de l’environnement.

3
§2. La conférence des nations sur l’environnement et le développement
(CNUED) réunie à RIO de Janeiro en 1992

A. Les grandes préoccupations de la conférence de RIO


Elle peut être considérée comme le prolongement de la conférence de
Stockholm. A la conférence de Rio de Janeiro, il a été adopté une déclaration
faisant progresser le concept des droits et des responsabilités des pays dans
le domaine de l’environnement. Elle prend en compte deux grandes
préoccupations qui sont la détérioration de l’environnement, notamment de sa
capacité à entretenir la vie, et interdépendance de plus en plus manifeste entre
le progrès économique à long terme et la nécessité d’une protection de
l’environnement. Cinq différents accords ont été signés à l’occasion de ce
sommet.

B. Les accords signés Rio


 Convention sur la diversité biologique : les objectifs de la convention
portent sur la conservation de la diversité biologique, l’utilisation durable
de ses éléments et le partage juste et équilibré des avantages découlant
de l’exploitation des ressources génétique.
 Convention cadre sur le changement climatique : l’objectif de la
convention est d’atteindre une stabilisation de la concentration des gaz
à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui évite toute
perturbation anthropique dangereuse du système climatique.
 Principe de la gestion des forets : ils portent sur la gestion, la
conservation et l’exploitation écologiquement viable des forets à
l’échelle mondiale.
 Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement : il s’agit
d’une série de principes définissant les droits et les responsabilités des
Etats en matière de développement durable.
 Agenda 21 : il constitue un guide en matière d’environnement et de
développement durable pour le XXe siècle. Ce plan d’action mondial
pour le développement durable contient plus de 2 500
recommandations afin de réduire le gaspillage, de combattre la

4
pauvreté, de protéger l’atmosphère, les océans et la diversité biologique
et de promouvoir une agriculture viable.

§3. Le sommet de Johannesburg (26 aout au 4 septembre 2002) sur le


développement durable

Ce sommet a abouti la définition d’une série de mesures afin de réduire la


pauvreté et protéger l’environnement. Ces mesures portent sur plusieurs
domaine d’activité, en particulier, l’énergie, la santé, l’agriculture et de la
diversité biologique.
Outre les résultats découlant de ces trois conférences, de nombreux accord
multilatéraux (traité, protocoles et autres conventions) portant sur l’ensemble
des problèmes environnementaux ont été conclus à partir de la de la décennie
soixante-dix. Ce pendant ces textes ne sont que des déclarations de principes
dépourvues de tout caractère obligatoire. En effet, il n’existe pour l’instant
d’autorité spécifique pour sanctionner les Etats ne respectant pas ces textes.

SECTION 2. LES SOURCES COMMUNAUTAIRES

§1. Au niveau européen

A. Jusqu’au traité de Maastricht de 1992


A l’origine, le traité de Rome de 1957, instituant la Communauté
Economique Européenne (CEE), ne prévoyait pas des mesures relatives à
la protection de l’environnement. Mais le conseil de l’Europe à très tôt pris
des initiatives en matière d’environnement. Dès 1962, il créa, pour l’assister,
un comité d’experts qui organisa de nombreuses conférences à la suite
desquelles furent signées des conventions importantes, telle celle sur la
protection de la vie sauvage et du milieu naturel en Europe, conclue à Berne
le 19 septembre 1979, et la charte de l’environnement, signée en mai 1983.
Une nouvelle charte une convention européenne sur l’environnement ont
été mises en chantier en 1990.

5
B. A partir du traité de Maastricht

Le traité de Maastricht de 1992, instituant l’union Européenne (UE), va ériger la


question environnementale en une véritable politique au sein de l’UE. Les
articles 2, 6 et 174 dudit Traité font clairement référence à la protection de
l’environnement. Le Traité de Maastricht fixe les objectifs suivants :

- La préservation, la protection et l’amélioration de la qualité de


l’environnement ;
- La protection de la santé des personnes ;
- L’utilisation prudente rationnelle des ressources naturelles ;
- La promotion, sur le plan international, de mesures destinées à faire
face aux problèmes régionaux ou planétaires de l’environnement
Le cadre actuel de la politique communautaire européenne en
matière d’environnement est formalisé dans un programme
communautaire d’action en faveur de l’environnement. Ce sixième
programme d’action établi pour la période 2001-2010 et au-delà vise
à soutenir et à compléter les efforts déployés par les Etats membres
au niveau national, régional et local en faveur de la protection des
personnes, des biens et, ce faisant, de l’environnement, en cas de
catastrophes naturelles ou technologique. Il a également pour but de
faciliter la coopération, les échanges d’expérience et l’assistance
mutuelle entre les Etats membres dans ce domaine. Dans
l’orientation d’un développement durable, le programme détermine
quatre objectifs prioritaires à travers le changement climatique, la
sauvegarde de la nature et de la diversité biologique, la promotion de
la santé et de la qualité de vie ainsi que la gestion durable des
ressources naturelles et des déchets.

§[Link] niveau africain

Regorgeant l’essentiel des ressources naturelles planétaire, les Etats africains ont vite
senti la nécessité de prendre des mesures indispensables à la protection de
l’environnement. Il s’agit entre autres de :

- La convention d’Alger de 1968 sur la conservation de la nature et des


ressources naturelles sous l’égide de l’ex-OUA.
6
- La version révisée de ladite convention en 2003 à Maputo sous
l’égide de l’Union Africaine, celle-ci intègre la nouvelle dimension du
développement durable aux préoccupations d’Alger.
- La convention sur l’interdiction d’importer en Afrique des déchets
dangereux et sur le contrôle des mouvements transfrontières et la
gestion des déchets dangereux produits en Afrique (adoptée à
Bamako au Mali le 29 Janvier 1991).
Il faut préciser que la prise de conscience au niveau continental de la
protection de l’environnement a été faite très tôt du fait que le
continent africain fut le premier à consacrer dans la charte africaine
des droits de l’homme, adoptée en Nairobi en 1981, un droit collectif
à un environnement sain. L’article 24 de ladite charte dispose que
«Tous les peuples ont droit à un environnement satisfaisant et global,
propice à leurs développement ».

§2. LES SOURCES NATIONALES

De nos jours, dans la plupart des Etats, le droit de l’environnement a reçu une
consécration constitutionnelle.

§2. En France

En France, le principe relatif à la protection de l’environnement a été adossé au


préambule de la constitution de 1958 à travers l’adoption en 2005 d’une charte de
l’environnement. Outre cette charte de l’environnement, une grande partie des lois et
des textes règlementaires concernant la protection de l’environnement a été
retranscrite dans de très nombreux codes tels que le code rural et de la pêche
maritime, le code forestier, le code de l’urbanisme, le code pénal, le code du
patrimoine, le code général des collectivités territoriales, le code des marchés publics,
le code minier, le code de la construction et de l’habitation ou encore le ode de la santé
publique. Mais l’essentiel de la règlementation est rassemblé dans le code de
l’environnement paru au Journal officiel le 21 septembre 2000. La partie législative de
ce code reprend tout ou partie d’un ensemble de lois régissant l’environnement dans
divers domaines. La partie réglementaire récemment complétée reprend

7
essentiellement les principaux décrets en conseil d’Etat dans le domaine
environnemental.

Chapitre 2. LES CARACTERES DU DROIT DE L’ENVIRONNEMENT

La prise de conscience au niveau international, régional ou national des


préoccupations liées à la protection de l’environnement s’est traduite par la formulation
d'un certain nombre de principe destiné à favoriser une gestion efficiente de
l’environnement. Le droit de l’environnement apparait alors comme un droit de principe
(section 1). La formulation et le développement de ce droit lui imprègnent une certaine
particularité, d’où la particularité du droit de l’environnement (section 2).

Section 1. Le droit de l’environnement, un droit de principes

En France, la loi n°95-101 DU 2 février 1995 dite loi Barnier, relative au renforcement
de la protection de l’environnement, reconnait un certain nombre de principe en
matière de gestion de l’environnement et des ressources naturelles. Il en est de même
de la loi n° 2008-005 du 30 mai 2008, portant loi-cadre sur l’environnement au Togo,
qui évoque en son article 5 huit principes en la matière.

§1. Le principe de développement durable

D’après ce principe, le développement doit répondre, sur le plan environnemental, aux


besoins des générations présentes sans compromettre pour autant la capacité des
générations futures à répondre aux leurs.

§2. Le principe d’information

Selon ce principe, toute personne a le droit d’être informée, informer et de s’informer


sur son environnement. Ce principe, prévu par le législateur togolais de 2008,
s'apparente, voire se fond dans le principe de participation.

§3. Le principe de participation

Les effets de certaines activités humaines ayant un impact sur l’environnement


immédiat des personnes, ces dernières ont de plus en plus de mal à se à se sentir
écartées des prises de décision concernant leur santé et leur sécurité. A cet effet, le
principe de participation signifie que chacun a accès aux informations relatives à

8
l’environnement, y compris celles relatives aux substances et activités dangereuses,
d’une part, et le public doit être associé au processus d’élaboration des projets ayant
une incidence importante sur l’environnement ou l’aménagement du territoire, d’autre
part. Les pouvoirs publics en mettant les informations à la disposition de celui-ci.

§4. Le principe de prévention

Ce principe vise à anticiper, à prévenir voire à supprimer à la source les atteintes à


l’environnement en utilisant les meilleures techniques disponible à un cout
économiquement acceptable. L’objectif est de veiller à ce que l’utilisation des
ressources renouvelables et non renouvelables ne dépasse pas ce que
l’environnement peut supporter.

§5. Le principe de précaution

Rappelé à l’occasion de la conférence de Rio, ce principe affirme qu’en cas de risque


dommages graves ou irrésistibles, l’absence de certitude scientifique absolue ne doit
pas servir de prétexte à remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives visant à
prévenir la dégradation de l’environnement. La loi-cadre sur l’environnement au Togo
l’appréhende comme celui <<selon lequel l’absence de certitude scientifique et
technique ne doit pas faire obstacle à l’adoption de mesures effectives et appropriées
visant à prévenir des atteintes graves à l’environnement ». Le principe de précaution
peut ainsi être invoqué lorsque les effets potentiellement dangereux d’un phénomène,
d’un produit ou d’un procédé ont été identifiés, même si le risque n’est pas établi avec
suffisamment de certitude. Le recours au principe s’inscrit donc dans le cadre générale
de l’analyse du risque, d’une menace notamment sur la biodiversité, les milieux
naturels, la santé publique ou encore la sécurité alimentaire.

§6. Le principe pollueur-payeur

C’est un principe économique selon lequel les frais résultants des mesures de
prévention, de réduction de la pollution et de lutte contre celle-ci doivent être supportés
par le pollueur. Ce principe est mis en œuvre par le biais d’outils spéciaux permettant
de faire supporter le coût du dommage environnemental à la personne à l’origine du
dommage. Une manière de faire participer le pollueur à la prise en charge du coût qu’il
occasionne est l’instrument fiscal. D’une part, le fiscal peut accorder des réductions
d’impôt aux agents mettant en œuvre des mesures favorables à l’environnement.

9
D’autre part, la fiscalité écologique permet surtout de taxer lourdement certaines
activités jugées polluantes. C’est le cas notamment de la taxe générale sur les activités
polluantes (TGAP) prévue par l’article L. 151-1 du code français de l’environnement.

§7. Le principe de responsabilité

Selon ce principe, toute personne qui, par son action crée des conditions de nature à
porter atteinte à la santé humaine et à l’environnement, est tenue de prendre des
mesures propres à faire cesser et à réparer le dommage occasionné.

§8. Le principe de subsidiarité

D’après ce principe, en l’absence d’une règle de droit écrit de protection de


l’environnement, les règles coutumières et les pratiques traditionnelles éprouvées du
terroir d’appliquent.

Section 2. Le droit de l’environnement, une discipline particulière

Le droit de l’environnement est une discipline qui présente des caractéristiques


notoires. Celles-ci sont liées à sa relative jeunesse, à la nature de ces règles en
passant par la diversité de ces dernières.

§1. Le droit de l’environnement, un droit jeune

La naissance du droit de l’environnement moderne peut être située vers la fin des
années 1960, le début des années 1970. Les décennies 70 et 80 sont marquées par
un mouvement normatif très rapide et d’une très grande ampleur, qui touche tous les
ordures juridiques (droit international, droit communautaire, droit national)

§2. Le droit de l’environnement, un droit foisonnant

Qu’on l’analyse sur le plan international, européen, africain ou national, le mouvement


normatif a été d’une très grande rapidité et d’une grande ampleur, si bien que le droit
de l’environnement est aujourd’hui formé de plusieurs milliers de textes et instruments.

§3. Le droit de l’environnement, un droit complexe

D’abord, l’objet même du droit de l’environnement est à la fois complexe et hétérogène.


Ensuite, ce droit est éminemment technique, voire scientifique. Enfin, le droit de
l’environnement est à la fois évolutif et prospectif, car il s’agit d’anticiper les
10
conséquences des évolutions actuelles et les risques qu’elles présentent à court, à
moyen et à long terme.

§4. Le droit de l’environnement, un droit transversal

Le droit de l’environnement est constitué avant tout des règles de droit administratif,
avec pour l’essentiel des mesures de police administrative destinées à encadrer des
activités dangereuses : c’est le droit administratif de l’environnement.

Mais à cela s’ajoute de plus en plus, et pour des raisons d’efficacité, des sanctions
pénales accompagnant ces règles administratives, créant ainsi un droit pénal de
l’environnement. Et en plus d’avoir un rayonnement international, il peut aussi se
révéler en interaction parfois immédiate avec l’économie et ses règles juridiques.

§5. Le droit de l’environnement, un droit incitatif

Sous l’impulsion et l’évolution des modes d’intervention et des instruments des


politiques publiques, l’approche classique des questions environnementales,
approche administrative et règlementaire dite du command and control, est peu à peu
complétée par une approche plus économique reposant sur des outils incitatifs
souvent financiers ou fiscaux (écotaxes, collecte des déchets, écolabel, écoaudit, etc.)

§6. Le droit de l’environnement, un droit démocratique ou liberticide

Le caractère démocratique du droit de l’environnement se traduit par le mouvement


délibératif qui régit la prise des décisions concernant le cadre de vie et la santé des
citoyens, car ceux-ci ont souhaité s’impliquer davantage et revendiqué leur
participation à la chose publique et à la prise de décision.

Mais pour certains, le droit de l’environnement peut se révéler liberticide dans la


mesure où il s’agit souvent de concilier droits et libertés, intérêt général et intérêts
particuliers.

11
SECONDE PARTIE. LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT

Cette partie sera réservée à deux chapitres :

- Chapitre 1 : Les institutions en charge de la protection de l’environnement ;


- Chapitre 2 : Quelques mesures de protection de l’environnement.

CHAPITRE 1. LES INSTITUTIONS EN CHARGE DE LA PRECTION DE


L’ENVIRONNEMENT

Les préoccupations environnementales concernent aussi bien les acteurs publics que
les acteurs privés

Section 1. Les acteurs publics

Ces acteurs comprennent le ministère chargé de l’environnement, les collectivités


locales et des établissements publics. Nous distinguerons des institutions de gestion
de l’environnement au niveau central et au niveau local

§1. Au niveau central

Nous avons d’une part le ministère chargé de l’environnement et, d’autre part, les
institutions au niveau central.

A. Le ministère de l’environnement

1. Genèse du ministère

En France, jusqu’en 1971, il n’existait pas de ministère de l’environnement. C’étaient


les directions de certains ministères qui étaient alors chargées des problèmes
environnementaux. Cependant, à l’aube de la décennie soixante-dix, face à la montée
des préoccupations relatives à l’environnement, le gouvernement en place décidera
par un décret du 27 janvier 1971 d’instituer le premier ministère chargé de
l’environnement. Il sera doté de moyens propres et à même de définir et de mener un
politique globale. Cette compétence sera partagée par la suite avec les collectivités
locales et certains établissements publics à qui l’on confiera les missions particulières
notamment dans le cadre de la décentralisation.

12
Au Togo, il faut attendre mars 1987 pour assister à la création d’un ministère de
l’environnement et du tourisme qui sera organisé par décret du 9 mai 1988. Jusqu’à
cette date, c’était le ministère de l’économie rurale qui avait en charge les questions
qu’on pouvait considérer comme relevant de l’environnement au Togo. En 1974, on a
assisté à la création de 2 ministères à savoir : le ministère de l’aménagement rural et
le ministère du développement rural. Les problèmes environnementaux relevaient de
la direction de forêts et chasse qui dépendait du ministère de l’aménagement rural.

2. Missions du ministère

Les attributions du ministère chargé de l’environnement peuvent être plus ou moins


étendues en fonction de la politique gouvernementale mise en place.

Au Togo, les articles 8 et 9 de la loi-cadre sur l’environnement donnent un aperçu


général de la politique nationale de l’environnement :

- Surveiller la qualité de l’environnement ;


- Prévenir et lutter contre les pollutions, les nuisances, les catastrophes
naturelles et technologiques ;
- Préserver les ressources naturelles ;
- L’intégration effective de la dimension environnementale dans les politiques,
plans, programmes et projets de développement de tous les secteurs
d’activités ;
- La suppression et la réduction des impacts négatifs sur l’environnement des
projets et programmes de développement publics ou privés ;
- Le renforcement des capacités nationales en gestion de l’environnement et des
ressources naturelles ;
- L’amélioration des conditions et du cadre de vie des populations.

D’après le décret n°2005-095/PR portant attributions et organisation du Ministère de


l’Environnement et des Ressources Forestières, celui-ci est chargé d’élaborer et de
mettre en œuvre la politique du gouvernement en matière d’environnement, des
ressources forestières et de la faune. L’Inspection forestière quant à elle est chargée,
selon le même décret, de contrôler l’exécution des travaux de reboisement,
d’aménagement, d’entretien et de protection des forêts domaniales, du respect effectif
des normes environnementales par les installations classées.

13
En France, le décret n°2010-1443 du 25 novembre 2010 précise que le ministère
chargé de l’environnement prépare et met en œuvre la politique du gouvernement
dans les domaines du développement durable et de l’environnement, du climat et de
la sécurité industrielle. A ce titre, il élabore et met en œuvre, conjointement avec le
ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, la politique en matière de
sûreté nucléaire. Il est responsable, en lien avec le ministère de l’Economie, des
Finances et de l’Industrie, de la préparation et de la mise en œuvre de la politique du
gouvernement en matière d’énergies renouvelables, du développement et de la
promotion des technologies vertes et de la diminution de la consommation énergique.
Il élabore et met en œuvre la politique de lutte contre le réchauffement climatique et la
pollution atmosphérique. Il promeut une gestion durable des ressources rares. Il est
également compétent en matière de transport et de leurs infrastructures,
d’équipement, de logement et de lutte contre la précarité et l’exclusion, de
construction, urbanisme et d’aménagement foncier. Il est chargé du domaine de la
mer, à l’exception de la pêche, des cultures marines et de la construction et de la
réparation navales.

B. Les autres institutions au niveau central

Le ministère chargé de l’environnement est constitué de services qui lui sont rattachés
et est assisté par des établissements publics.

1. Les services rattachés au ministère chargé de l’environnement

En France, l’administration centrale du ministère est d’abord structurée autour de trois


piliers à savoir le secrétariat général, le commissariat général du développement
durable et la Délégation à la sécurité et à la circulation routière. Ensuite elle se
compose de cinq directions : Direction générale des infrastructures, des transports et
de la mer, Direction générale de l’aviation civile, Direction générale de l’aménagement,
du logement et de la nature, Direction générale de la prévention des risques et de la
Direction générale de l’énergie et du climat. Deux structures interministérielles et le
conseil général de l’environnement et du développement durable complètent le
dispositif.

14
Au Togo, le ministère chargé de l’environnement est assisté d’un secrétariat général
et d’une commission nationale du développement durable (CNDD). Le secrétariat
général est l’organe de coordination et de supervision des activités des directions
centrales, des services extérieurs et institution rattachées au ministère. Quant à la
CNDD, elle est l’organe de concertation chargé de suivre l’intégration de la dimension
environnementale dans les politiques et stratégies de développement. Elle veille
également au respect et à la mise en œuvre des conventions internationales relatives
à l’environnement ratifiées par le Togo. On peut aussi citer la commission nationale
consultative de gestion des ressources forestières (CCGRF), la commission
d’affectation des terres dans le domaine public, la commission nationale d’agrément
et de classement des établissements touristiques (CNAC), etc. Le ministère est assisté
de quatre grandes directions générales, à savoir (cf. décret n°2008-090/PR du 29 juillet
2008 portant organisation des départements ministériels) :

La direction générale de l’environnement, qui comprend la direction de la préservation


des milieux et du cadre de vie, la direction des installations classées et des matières
dangereuses :

- La direction générale des ressources forestières, subdivisée en direction de la


faune et des aires protégées et en direction des forêts ;
- La direction générale du tourisme ; direction du développement touristique et
direction de la promotion touristique ;
- La direction générale de la programmation et des affaires communes.

2. Les établissements publics

Les établissements publics ont pour vocation de faciliter sur le terrain l’action du
ministère chargé de l’environnement dans différent domaines liés à l’environnement.
Au nombre de ces établissements intervenant en matière environnementale en
France, on peut citer :

- L’institut national de l’environnement industriel et des risques, établissement


public à caractère industriel (EPIC) et commercial créé par décret n°90 du 7
décembre 1990 ;
- Le conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres, établissement
public à caractère administratif (EPA) créé en 1975 ;

15
- Les Agences de l’eau, un EPA prévu par le code de l’environnement ;
- Les parcs nationaux de France, en EPA créé par la loi n°2006-436 du 14 avril
2006 relative aux parcs nationaux, aux parcs naturels marins et aux parcs
naturels régionaux ;
- L’office naturel de l’eau et des milieux aquatiques, un EPA créé par la loi
n°2006-1772 du 30 décembre 2006 ;
- L’office national de la chasse, un EPA créé par le décret n°72-334 du 27 avril
1972 ;
- Le Muséum national d’histoire naturelle, un établissement public à énoncées au
scientifique, culturel et professionnel dont les dispositions sont énoncées au
décret n°2001-916 du 3 octobre 2001 ;
- L’office naturel des forets, un EPIC créé par la loi n°64-1228 du 23 décembre
1964 ; etc.

Au Togo, la loi-cadre de 2008 sur l’environnement crée deux établissements publics à


savoir :

- Agence Nationale de Gestion de l’environnement (ANGE) (art.15 à 18). L’ANGE


est un EP doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. L’ANGE
sert d’institution d’appui à la en œuvre de la politique nationale de
l’environnement dans le cadre du PND défini par le gouvernement. L’appui
technique aux collectivités territoriales, organisme communautaire à la base,
aux privés et au ONG en matière de gestion de l’environnement. La promotion
et la mise en œuvre du système national des évaluations environnementales.
- Le Fonds Nationale de l’Environnement (FNE) (article 19-26) : Il est institué un
FNE placé sous la tutelle du ministère en charge de l’Environnement et destiné
au financement de la politique nationale de l’environnement. Le FNE est
alimenté par : la dotation de l’Etat du produit des amendes, transactions et
confiscations aux dispositions de la présente loi ; les fonds provenant des
mécanismes internationaux de financement de l’environnement ; toute autres
recettes autorisées par la loi ; les dons et legs.

A ces deux EP, il faut ajouter d’autres qui existaient depuis, tels que :

- L’Office de développement et d’exploitation des forêts (ODEF) ;


- L’Office national togolais de tourisme (ONTT).

16
§2. Au niveau local

A. Les services déconcentrés

Le ministère chargé de l’environnement disposé à différents niveaux du territoire


national de l’appui de services extérieurs.

En France, c’est à l’échelon régional que sont pilotées les politiques publiques de
développement et d’aménagement durables sur le territoire, tandis que t’échelon
département est chargé de la mise en œuvre de ces politiques au plus près des
territoires. Le niveau régional devient le niveau de droit commun pour mettre en œuvre
les politiques publiques et piloter leur adaptation aux territoires. Les services régionaux
ou interrégionaux de gestion de l’environnement sont : Directions régionales de
l’environnement, de l’aménagement et du logement, Directions interrégionales de la
mer, Directions de la sécurité de l’aviation civil interrégionales, centres régionaux
opérationnels de surveillance et de sauvetage en mer, centres d’études techniques
des équipements. Au niveau départemental, nous avons la Direction départementale
des territoires, la Direction départementale de la protection des populations et l’Unité
territoriale de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du
logement.

Au Togo, les services déconcentrés de protection de l’environnement ne sont pas


assez développés. On constate, d’une part, les directions régionales et préfectorales
de l’environnement et, d’autre part, des comités régionaux et préfectoraux de gestion
de l’environnement. Par arrêté en date de janvier 1995, il a été mis en place, au niveau
des préfectures, sous-préfectures, cantons et village, des comités de protection et
gestion de l’environnement. Ces comités, qui ont été créés en lieu et place des anciens
comités préfectoraux de lutte contre les feux de brousse, sont chargés de :

- L’organisation des campagnes d’information, d’éducation et de sensibilisation


des populations en matière de gestion de l’environnement, d’hygiène, de lutte
contre les feux de brousse ;
- Du choix des sites de stabilisation des eaux usées ;
- La conception et du suivi des programmes de gestion de l’environnement.

17
B. Les collectivités décentralisées

1. En France

En France, depuis la loi n°83-8 du 7 janvier 1983 relative à la répartition des


compétences administratives, les collectivités locales partagent notamment avec l’Etat
une responsabilité en matière de protection de l’environnement, de lutte contre l’effet
de serre et de la maitrise et l’utilisation rationnelle de l’énergie (L.1111-2, CGCT). Si
les domaines d’intervention sont multiples, on constate que les priorités concernent
cependant l’eau et les déchets.

Au niveau de la commune, le maire possède certains pouvoirs de police en matière


environnementale. Il dispose tout d’abord d’un pouvoir de police générale lui
permettant d’agir pour faire respecter sur le territoire de la commune l’ordre public,
c’est-à-dire la salubrité, la tranquillité et la sécurité publique (L. 2212-2, CGCT). Cette
autorité de police administrative générale est complétée par plusieurs polices
spéciales :

- L’assainissement, l’épuration des eaux et l’élimination des boues ;


- La collecte et l’élimination des déchets ménagers ;
- La création de ports de plaisance ;
- La prévention des risques naturels ;
- La protection des espaces naturels (ex : gestion d’une réserve naturelle,
interdiction ou limitation de l’accès à certains sites en vue d’assurer la protection
de la faune et de la flore) ;
- Les nuisances sonores ; etc.

Au niveau des départements, leurs compétences en matière environnementale sont


multiples. Ils donnent leur avis à l’occasion de nombreuses consultations (ex :
autorisation d’une installation classée pour la protection de l’environnement). Ils sont
également représentés dans de nombreuses commissions (ex : conseil départemental
de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques, commission
départementale des sites, perspectives et paysages) et interviennent directement dans
divers domaines , tels que la détermination et la conduite de la politique de protection,
de gestion et d’ouverture au public des espaces naturels sensibles, boisés ou non, la
gestion de l’eau, des risques ou des déchets, etc.

18
Au niveau des régions, l’échelle régionale semble assez bien adaptée en ce qui
concerne l’élaboration de politiques protectrices de l’environnement et notamment de
planification et d’investissement. Au nombre des domaines d’intervention des régions,
on peut citer : la gestion des déchets, la mise en valeur et la protection du milieu naturel
et des paysages, l’initiative et la création d’un régional, etc.

2. Au Togo

Aux termes de l’article 2 de la loi n°2007-011 du 13 mars 2007 relative à la


décentralisation et aux libertés locales, le territoire national togolais « est divisé en
collectivités territoriales dotées de la personnalité morale et de l’autonomie financière.
Ces collectivités territoriales sont : la commune, la préfecture et la région ». L’article
40 de la même loi transfère aux collectivités territoriales, dans leur ressort territorial
respectif, des compétences dans divers domaines. En matière environnementale, on
peut noter :

- Le développement local et aménagement du territoire ;


- Urbanisme et habitat ;
- Energie et hydraulique ;
- Gestion de ressources naturelles et protection de l’environnement ;
- Santé, population, action sociale et protection civile ;
- Infrastructures, équipements, transports et communications.

La loi-cadre sur l’environnement de 2008 assigné, à son article 108, aux collectivités
territoriales l’obligation d’assurer « l’élimination des ordures ménagères, des excréta,
des eaux usées et autres assimilés sur l’étendue de leur territoire en collaboration avec
les services publics ou privés chargés de l’hygiène et de l’assainissement ».

Au niveau des communes, les compétences environnementales sont très importantes.


En effet, l’article 121 et 122 de la loi de décentralisation de 2007 disposent que « le
maire est chargé, sous le contrôle du préfet, de la police municipale ». Celle-ci a pour
objet, aux termes de l’article 122 de la même loi « d’assurer le bon ordre, ainsi que la
sûreté, la sécurité et la salubrité publiques ». La police municipale comprend
notamment :

- Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité de passage dans les rues,


places et voies publiques ;

19
- Le soin de réprimer des atteintes à la tranquillité publiques ;
- L’édiction des mesures destinées à lutter contre la divagation des animaux ;
- La lutte contre la pollution de la commune ; etc.

Section 2. Les acteurs privés

Parmi les acteurs privés qui ont en charge la protection de l’environnement, il sera fait
mention des associations de protection de l’environnement, des entreprises et des
citoyens.

§1. Les associations de protection de l’environnement

Les associations de protection de l’environnement sont des acteurs incontournables


en matière de gestion de l’environnement. Pour renforcer leur action, ces associations
peuvent demander un agrément.

A. La procédure d’agrément

En France, la procédure de délivrance de l’agrément a été modifiée par la loi n°95-101


du 2 février 1995 relative au renforcement de protection de l’environnement et le décret
n°96-170 du 28 février 1996 relatif à l’agrément des associations de protection de
l’environnement.

Pour pouvoir bénéficier d’un agrément, l’article L. 141-1 du code français de


l’environnement stipule que l’association doit être régulièrement déclarée en
application des dispositions de la loi du 1er juillet 1901 (ou inscrite en Alsace et
Moselle). L’association doit exercer à titre principal et conformément à ses statuts des
activités effectives dans le domaine de la protection de l’environnement et ce depuis
au moins trois années :

- La protection de la nature et de la gestion de la faune sauvage ;


- L’amélioration du cadre de vie ;
- La protection de l’eau, de l’air, des sols, des sites et des paysages ;
- L’urbanisme ;
- La lutte contre les pollutions et les nuisances ;

D’une manière générale, les associations œuvrant principalement pour la protection


de l’environnement peuvent faire l’objet d’un agrément motivé de l’autorité
administrative. En outre, l’association doit justifier de garanties suffisantes

20
d’organisation à travers la régularité du fonctionnement des divers organes
d’administration de l’association, la régularité des comptes et la nature et l’importance
des activités effectives ou les publications. Elle doit aussi attester notamment d’un
nombre suffisant de membres cotisants soit individuellement, soit par l’intermédiaire
d’associations fédérées.

Les autorités compétentes pour prendre la décision d’agrément sont :

- Soit le préfet de département lorsque l’agrément est communal, intercommunal


ou départemental ;
- Soit le préfet de région lorsque l’agrément est régional ou interdépartemental
- Dans les limites de la région ;
- Soit le ministre chargé de l’environnement dans tous les autres cas.

B. Les effets de l’agrément

Les associations agréées peuvent d’abord être appelées à participer à l’action des
organismes publics concernant l’environnement (L.141-2, C. env.). Elles peuvent
ensuite être consultées à leur demande pour l’élaboration des schémas de cohérence
territoriale, des schémas de secteur et des plans d’urbanisme de la commune où
l’association a son siège social et des communes limitrophes (L. 121-5, C. urb.). En
outre, les associations de défense de l’environnement peuvent participer aux
commissions consultatives des services publics locaux. Ces commissions examinent
notamment les rapports sur le prix et la qualité du service public d’eau potable, sur les
services d’assainissement et sur les services de collecte, d’évacuation ou de
traitement des ordures ménagères. Enfin les associations agréées peuvent également
exercer les droits reconnus à la partie civile en ce qui concerne les faits portant
préjudice aux intérêts collectifs qu’elles ont pour objet de défendre et susceptibles de
constituer une infraction aux dispositions légales de protection de l’environnement. Ce
droit est également reconnu, sous les mêmes conditions, aux associations
régulièrement déclarées mais non agréées depuis au moins cinq ans à la date des
faits en ce qui concerne les faits constituant une infraction aux dispositions relatives à
l’eau ou en ce qui concerne les faits constituant une infraction aux dispositions relatives
aux installations classées (L. 142-2, C. env.).

21
§2. La responsabilité sociale des entreprises

La commission européenne définit la responsabilité sociale des entreprises (RSE)


comme un concept qui désigne l’intégration volontaire par les entreprises de
préoccupations sociales et environnementale à leurs activités commerciales et leurs
relations avec les parties prenantes. Cette démarche consiste ainsi pour les
entreprises à prendre en compte les impacts sociaux et environnementaux de leurs
activités pur adopter les meilleures pratiques possibles et contribuer ainsi à
l’amélioration de la société et de la protection de l’environnement. Pour atteindre cet
objectif, deux mesures ont été envisagées.

A. Obligation d’opéré un reporting social et environnemental

En Europe, la réglementation soumet certaines entreprises notamment les sociétés


dont les titres sont admis aux négociations sur un marché réglementé à l’obligation
d’opérer un reporting social et environnemental. Celui-ci consiste à collecter et à traiter
périodiquement tout type d’informations permettant d’évaluer la performance et les
impacts de l’entreprise de façon claire et détaillée.

La loi française n°2001-420 du 15 mai 2001 sur les nouvelles régulations économiques
(NRE) prévoit que les sociétés dont les titres sont admis aux négociations sur un
marché réglementé doivent présenter, parallèlement à leurs informations comptables
et financières, des informations sur la manière dont la société prend en compte les
conséquences sociales et environnementales de son activité ainsi que sur ses
engagements sociétaux en faveur du développement durable (L. 225-102, et L. 225-
102-1, C. commerce). Le décret d’application n°2002-221 du 20 février 2002 précise
les informations relatives à la gestion environnementale que ces sociétés sont tenues
de présenter dans leur rapport annuel à l’assemblée générale annuelle. On peut citer
notamment :

- Les informations sur la consommation de ressources en eau, de matières


premières et énergie avec, le cas échéant, les mesures prises pour améliorer
l’efficacité énergétique et le recours aux énergies renouvelables, les conditions
d’utilisation des sols, les rejets dans l’air, l’eau et le sol affectant gravement
l’environnement ;

22
- Les informations relatives aux démarches d’évaluation ou de certification
entreprises en matière d’environnement et les mesures prises, le cas échéant,
pour assurer la conformité de l’activité de la société aux dispositions législatives
et réglementaires applicables en cette matière, les dépenses engagées pour
prévenir les conséquences de l’activité de la société sur l’environnement ;
- Les informations sur l’existence au sein de la société de services internes de
gestion de l’environnement, la formation et l’information des salariés sur la
gestion de l’environnement, les moyens consacrés à la réduction des risques
pour l’environnement ainsi que l’organisation mise en place pour faire face aux
accidents de pollution ayant des conséquences au-delà des établissements de
la société, le montant des provisions et garanties pour risques en matière
d’environnement ;
- Les informations relatives à tous les éléments sur les objectifs que la société
assigne à ses filiales à l’étranger en matière de gestion de l’environnement.

Il faut préciser que la loi n°2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national
pour l’environnement a renforcé cette obligation d’information en matière
environnementale.

B. La fiscalité écologique

La fiscalité écologique est un outil économique à la disposition des pouvoirs publics


censé réorienter le comportement des acteurs en renchérissant le coût de certaines
activités et l’origine de nuisances ou de pollutions. Dans le cadre de l’activité
productive, nous pouvons à titre d’illustration prendre l’exemple de la taxe générale
sur les activités polluantes (TGAP).

Inspirée du principe pollueur payeur, la TGAP est entrée en vigueur le 1 er janvier 1999
en France. Elle constitue un élément de la fiscalité censé prendre en compte les
préoccupations écologiques. Cette taxe, proportionnelle au degré de pollution
engendré par toute activité, a pour objet de financer les réparations des dommages
occasionnés par l’activité polluante et d’inciter les agents économiques à modifier leurs
pratiques, augmentant ainsi le bien-être collectif. Pour la collectivité. La TGAP a
l’avantage d’internaliser (limiter, réduire, contenir) les coûts des pollutions qui seraient
autrement à la charge des pouvoirs publics. Elle vise à réorienter la fiscalité vers une
23
meilleure prise en compte de la protection de l’environnement. Elle est capable à tout
exploitant d’un établissement industriel ou commercial ou d’un établissement public à
caractère industriel et commercial dont certaines installations sont soumises à
autorisation au titre de la législation sur les ICPE. Le champ d’application de la TGAP
figure à l’article 226 sexiez du code français des douanes. Cette taxe comporte six
composantes :

- TGAP déchet (réception de déchets ménager et assimilés ou élimination de


déchets dangereux) ;
- TGAP émissions polluantes (oxyde de soufre et autres composés soufrés,
acide chlorhydrique, protoxyde d’azote, oxyde d’azote et autres composés
oxygénés de l’azote, à l’exception du protoxyde d’azote, hydrocarbures non
méthanique, solvants et autre composés organiques volatils, poussières totales
en suspension) ;
- TGAP lubrifiants, huiles et préparations lubrifiantes ;
- TGAP lessives ;
- TGAP matériaux d’extradition ;
- TGAP imprimés

§3. Les citoyens

La Convention Aarhus signée dans le cadre du conseil économique et social de


l’Organisation des Nations Unies (ONU) le 25 juin 1998 garantit au public les droits
d’accès à l’information sur l’environnement, de participation au processus décisionnel
et d’accès à la justice en matière d’environnement.

A. Le droit à l’information

1. Le droit d’accès à l’information relative à l’environnement

Selon les articles 30-31 de la loi-cadre sur l’environnement au Togo, l’Etat, les
différents acteurs du développement assurent l’accès des populations à l’information
et à l’éducation environnementales. Dans ce sens, le ministère chargé de
l’environnement établit et diffuse des rapports périodiques sur l’état de
l’environnement.

24
En France, l’article 7 de la Charte de l’environnement dispose que toute personne a le
droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d’accéder aux informations
relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques. Ainsi, tout citoyen
dispose d’un droit d’accès à l’information. La loi n°78-753 du 17 juillet 1978 permet
effectivement à toute personne d’accéder librement aux documents administratifs
détenus par l’Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de
droit public, dans le cadre de leur mission de service public.

Sur l’espace européen, ce droit a été réaffirmé par la directive 2003 /4 /CE du
Parlement européen et du Conseil du 28 janvier 2003 concernant l’accès du public à
l’information en matière d’environnement. La directive oblige les Etats membres à
diffuser certaines informations en matière d’environnement. Nous sommes ainsi
passés d’un droit d’accès à l’information (volet passif) au droit d’être informé (volet
actif).

2. L’étude d’impact

La loi-cadre sur l’environnement au Togo définit l’étude d’impact comme un « outil


d’évaluation des chargements négatifs ou positifs que la réalisation d’une activité, d’un
projet, d’un programme ou d’un plan de développement risque de causer à
l’environnement et qui d’effectue avant toute prise de décision ou d’engagement
important ». Inspirée du principe de prévention, l’étude d’impact a pour objectif de lutter
en amont contre les conséquences dommageables que la réalisation d’une activité,
d’un projet ou d’un plan de développement pourrait avoir sur la santé de la population
et sur l’environnement dans son ensemble.

a. Le champ d’application

En règle générale, sont concernés par la réalisation d’une étude d’impact, des projets
de travaux, d’ouvrage, d’aménagements publics ou privés, des programmes et plans
de développement qui, par leur nature, l’importance de leurs dimensions, leur
localisation ou leurs incidences sur les milieux naturel et humain, sont susceptibles
d’avoir des incidences notoires sur l’environnement ou la santé humaine. Au Togo,
selon l’article 38 de la loi-cadre sur l’environnement, la réalisation de tels projets est
soumise selon les cas soit à une autorisation préalable du ministère chargé de
l’environnement, soit à l’obtention préalable de ce dernier d’un certificat de conformité
environnementale, autorisation ou certificat accordés sur la base d’une étude d’impact

25
appréciant les conséquences négatives ou positives que la réalisation du projet
pourrait avoir sur l’environnement.

Le droit français (code de l’environnement) distingue les projets relevant des


catégories d’opérations soumises à une étude d’impact et les projets relevant d’un
examen au cas par cas. Certains projets relèvent par nature des catégories
d’opérations soumises à étude d’impact en fonction de seuils et de critère fixés par
voie réglementaire. Lorsque le projet relève de la procédure d’examen au cas par cas,
l’autorité administrative de l’Etat compétente en matière d’environnement est saisie
par le pétitionnaire ou le maitre d’ouvrage d’un dossier présentant le projet et
détermine si ce dernier doit être soumis à la réalisation d’une étude d’impact (L. 122-
1, C. env.).

b. Le contenu de l’étude d’impact

Le contenu de l’étude d’impact comprend au minimum :

- Une description du projet ;


- Une analyse de l’état initial de la zone susceptible d’être affectée et de son
environnement ;
- L’étude des effets du projet sur l’environnement ou la santé humaine, y compris
les effets cumulés avec d’autres projets connus ;
- Les mesures envisagées pour éviter, réduire et, lorsque c’est possible,
composer les effets négatives notables du projet sur l’environnement ou la
santé humaine ;
- Une présentation des principes modalités de suivi de ces mesures et du suivi
de leurs effets sur l’environnement ou la santé humaine ;
- Une esquisse des principes solutions de substitution qui ont été examinées par
le maître d’ouvrage et une indication des principes raisons de son choix ;
- Pour les infrastructures de transport, elle comprend une analyse des coûts
collectifs des pollutions et nuisances et des avantages induits pour la collectivité
ainsi qu’une évaluation des consommations énergétiques résultant de
l’exploitation du projet, notamment du fait des déplacements qu’elle entraîne ou
permet d’éviter.

B. Le principe de participation des citoyens

26
Différentes techniques permettent d’associer la population à la prise des décisions en
matière environnementale.

1. Le débat public

La loi française n°95-101 du 2 février 1995 relative à la protection de l’environnement


institue une Commission nationale de débat public (CNDP). Celle-ci a pour mission de
veiller au respect de la participation du public au processus d’élaboration des projets
d’aménagement ou d’équipement d’intérêt national de l’Etat des collectivités
territoriales, des établissements publics et des personnes privées, dès lors qu’ils
présentent de forts enjeux socio-économique ou ont des impacts significatifs sur
l’environnement ou l’aménagement du territoire (L. 121-1, C env.).

La loi n°2002-276 du 27 février 2002 a transformé la CNDP en autorité administrative


indépendante et en a élargi le champ de compétence. La participation du public peut
prendre la forme d’un débat public en amont qui porte sur l’opportunité, les objectifs et
les caractéristiques du projet. Au-delà, la CNDP veille au respect des bonnes
conditions d’information du public pendant la phase de réalisation du projet jusqu’à la
réception des équipements.

2. L’enquête publique environnementale

Elle a pour objet d’assurer l’information et la participation du public ainsi que la prise
en compte des intérêts des tiers lors de l’élaboration des décisions susceptibles
d’affecter l’environnement. La loi française n°2010-788 du 12 juillet 2010 portant
engagement national pour l’environnement a récemment simplifié la procédure.

Quatre grandes familles de projets sont concernées par l’enquête publique


environnementale (L. 123-2, C. env.) :

- Les projets de travaux d’ouvrages ou d’aménagements publics ou privés devant


comporter une étude d’impact ;
- Les plans, schémas, programmes et autres documents de planification soumis
à une évaluation environnementale ;
- Les projets de création d’un parc national, d’un parc naturel marin, les projets
de charte d’un parc national ou d’un parc naturel régional, les projets
d’inscription ou de classement de sites et les projets de classement en réserve
naturelle et de détermination de leur périmètre de protection ;

27
- Les autres documents d’urbanisme et les décisions portant sur des travaux,
ouvrages, aménagements, plans, schémas et programmes soumises par les
dispositions particulières qui leur sont applicables à une enquête publique.

L’enquête est conduite de manière à permettre au public de disposer d’une information


complète sur le projet, plan ou programme, et de participer effectivement au processus
de décision en lui permettant de présenter ses observations et propositions. Pendant
l’enquête, qui ne peut être inférieure à trente jours, le commissaire enquêteur ou le
président de la commission d’enquête reçoit le maître d’ouvrage de l’opération
soumise à l’enquête publique à la demande ce dernier. Le rapport, qui doit être produit
dans un délai de trente jours à compter de la fin de l’enquête par le commissaire
enquêteur ou la commission d’enquête, doit faire état des contre-propositions qui ont
été produites durant l’enquête ainsi que des réponses éventuelles du maître
d’ouvrage. Le rapport et les conclusions motivées sont rendus publics.

3. Les référendums locaux

En France, le code général des collectivités territoriales (CGCT) prévoit deux


procédures bien distinctes de participation des électeurs aux décisions locales :

 Le référendum local (L.O. 1112-1 à L. 1112-14, CGCT). Il ne peut être engagé


qu’à l’initiative de l’organe délibérant d’une collectivité territoriale et conduit à
l’adoption du projet soumis si la moitié au moins des électeurs inscrits a pris
part au scrutin et s’il réunit la majorité des suffrages exprimés. Ce référendum
peut s’appliquer à tout projet de délibération tendant à régler une affaire de la
compétence de la collectivité concernée.
 Consultation d’initiative locale (L. 1112-15 à L. 1112-22, CGCT). Cette
consultation permet à un cinquième des électeurs inscrits sur les listes
électorales de la commune (ou un dixième des électeurs dans les autres
collectivités territoriales) de demander l’inscription à l’ordre du jour de
l’assemblée délibérante, l’organisation d’une consultation sur toute affaire
relevant de la décision de cette assemblée. La consultation porte sur les
décisions que les autorités de la collectivité envisagent de prendre pour régler
une affaire relevant de la compétence de celle-ci. Cette constitution n’a
juridiquement pas de valeur contraignante.

28
CHAPITRE 2. QUELQUES MESURES DE PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT

Parmi les nombreuses mesures de protection de l’environnement, deux retiendrons


notre attention dans le cadre de cette étude : la protection de la diversité biologique et
la lutte contre les pollutions et les nuisances.

Section 1. La protection de la diversité biologique

Le droit de l’environnement reconnait une valeur à la nature. Les menaces pesant sur
certaines espèces ont ainsi justifié la mise en œuvre de dispositifs protecteurs. C’est
le cas des dispositions relatives à la préservation de la faune et de la flore sauvages
visant à contribuer au maintien de la biodiversité. Ces dispositions protègent à la fois
les animaux et des végétaux et l’espace naturel qui constitue leur habitat.

§1. La protection des animaux et des végétaux

On a d’une part des instruments juridiques et d’autre part des mesures concrètes de
protection des animaux et des végétaux.

A. Les instruments juridiques au plan international et communautaire


- Le préambule de la Convention de Washington du 3 mars 1973 : selon ce
préambule, la faune et la flore sauvages constituent de par leur beauté et leur
variété un élément irremplaçable des systèmes naturels qui doit être protégé
par les générations présentes et futures ;
- Le préambule de la Convention de Rio de 1992 rappelle la valeur intrinsèque
de la diversité biologique et affirme que la conservation de la diversité
biologique doit être une préoccupation commune à l’unanimité ;
- Convention CITES (convention international trade in endangered species of
wild fauna and frora) signée à Washington le 3 mars 1973 : elle réglemente le
commerce international des spécimens d’espèces de faune et de flore
sauvages, c’est-à-dire l’exportation, la réexportation et l’importation d’animaux
et de plantes, vivants ou morts, ainsi que de leurs parties ou produits, en
s’appuyant sur un système de permis et certificats ;
- Convention de Bonn relative à la conservation des espèces migratrices
appartenant à la faune sauvage, signée le 23 juin 1979
- Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu
naturel de l’Europe signée le 19 septembre 1982 ;

29
B. Les mesures au plan national de protection des animaux et des végétaux

Les mesures de protection concernent les espèces animales et végétales


endémiques, rares ou menacées d’extinction ainsi que leurs milieux naturels. Parmi
ces mesures de protection, on peut citer :

- Interdiction de la destruction ou de l’enlèvement des œufs ou des nids des


oiseaux ;
- Interdiction de la mutilation, la destruction, la capture ou l’enlèvement, la
perturbation intentionnelle, la naturalisation d’animaux de ces espèces ou, qu’ils
soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur
détention, leur mise en vente leur vente ou leur achat ;
- Interdiction de la destruction, la coupe, la mutilation, l’arrachage, la cueillette ou
l’enlèvement de végétaux des espèces protégés, de leur fructification ou toute
autre forme prise par ces espèces au cours de leur cycle biologique, leur
transport, leur colportage, leur utilisation, leur mise en vente, leur vente ou leur
achat, la détention de spécimens prélevés dans le milieu naturel ;
- Interdiction de la destruction, l’altération ou la dégradation du milieu particulier
à ces espèces animales ou végétales ;
- La soumission à l’autorisation préalable du ministère chargé de l’environnement
de l’utilisation des espèces animales et végétales protégées pour les besoins
de la recherche scientifique (article 62 alinéa 3, Loi-cadre sur l’environnement) ;
- Prise en charge des dégâts causés par certaines espèces : selon la loi française
n°76-629 du 10 juillet 1976, le préjudice résultant de la prolifération des animaux
sauvages appartenant à des espèces dont la destruction a été interdite peut
faire l’objet d’une indemnisation par l’Etat lorsqu’il revêt un caractère grave et
spécial ;
- L’encadrement de la pratique de la chasse par l’institution d’un permis de
chasser (depuis de la loi française du 30 juin 1975) ;
- La protection du patrimoine piscicole fait également l’objet de mesures
d’interdiction ou de limitation de la pêche pendant certaines périodes et en
fonction de la taille des poissons et des engins utilisés ;
- Le souci de préservation des milieux aquatiques est à l’origine des dispositions
les plus novatrices de la loi de 1984. Outre l’autorisation spéciale exigée avant
tout aménagement d’ouvrage et exécution de travaux dans le lit d’un cours

30
d’eau, outre l’obligation d’installer des dispositifs destinés à faciliter à la libre
circulation des poissons migrateurs (cf. échelles à saumons), le législateur a
imposé l’obtention d’une autorisation préalable à toute vidange des plans d’eau
retenues hydro-électriques (en dépit des protestations d’EDF) et l’obligation
pour les propriétés de cours d’eau d’en entretenir le lit et les berges, faute de
quoi l’administration pourrait faire réaliser d’office les travaux nécessaires aux
frais du propriétaire ;
- La réglementation de la destruction des animaux nuisibles et des bêtes
sauvages : il revient au ministère chargé de l’environnement d’établir une liste
des animaux susceptibles d’être qualifiés de nuisibles de par leur prolifération ;
etc.

§2. La protection des espaces naturels

La protection effective de la faune et de la flore sous-entend la protection des espaces


qui constituent leur habitat. On distingue les dispositifs internationaux et
communautaires des dispositifs nationaux.

A. Dispositifs internationaux et communautaires

Au niveau international, différents textes ont pour objet la protection des espaces
naturels.

- En 1968, l’UNESCO organise la première conférence intergouvernementale


relative à l’utilisation rationnelle et la conservation des ressources de la
biosphère qui débouchera à partir de 1976 à la mise en place progressive d’un
réseau mondial d’aires de conservation et d’expérimentation, désignées sous
le nom de réserves de la biosphère ;
- En 1971, la convention relative aux zones humides d’importance internationale
vise quant à elle, à assurer l’utilisation rationnelle et durable des ressources en
zones humides. Elle impose aux Etats signataires de désigner des zones
humides d’importance internationale et de garantir et de garantir la conservation
de ces ressources ;
- Enfin, la conférence générale de l’UNESCO a adopté le 23 novembre 1972 une
convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel.

31
Les espaces ainsi identifiés notamment naturels, sont répertoriés et inscrits sur la liste
du patrimoine mondial.

Au niveau communautaire européen, la directive 92/ 43/ CEE du conseil du 21 mai


1992 prévoit la création d’un réseau écologique européen, dénommé Natura 2000,
destiné à préserver la biodiversité, notamment dans l’espace rural et forestier, en
assurant le maintien ou le rétablissement dans un état de conservation favorable des
habitats naturels et des espèces de faune et de flore d’intérêt communautaire. Le
réseau Natura 2000 est composé des zones de protection spéciale (ZPS) et de zones
de conservation spéciale (ZCS) prévues par la directive relative à la conservation des
oiseaux sauvages de 2009 et la directive à la conservation des habitats naturels de
1992.

B. Les techniques au plan national de protection des espaces naturels

Parmi les mesures de protection des espaces naturels, nous insisterons sur les parcs,
qu’ils soient nationaux, régionaux ou communaux, et les réserves naturelles.

1. La création des parcs naturels

a. Les conditions de création

La création des parcs nationaux vise à assurer la conservation du milieu en son état
naturel. Les Etats-Unis furent les premiers à créer un parc national, le parc de
Yellowstone, dans le nord-ouest du pays des 1872. En France, c’est une loi du 22
juillet 1960 qui est à l’origine de la création des parcs naturels nationaux (PNN). La
gestion des PNN a été réformée par la loi n°2006-436 du 14 avril 2006 relative aux
parcs nationaux, aux parcs naturels marins et aux parcs naturels régionaux.

Un espace terrestre ou maritime peut être classé parc naturel national lorsque le milieu
naturel, particulièrement la faune, la flore, le sol, le sous-sol, l’atmosphère et les eaux,
les paysages et, le cas échéant, le patrimoine culturel qu’ils comportent présentent un
intérêt spécial et qu’il importe d’en assurer la protection en les préservant des
dégradations et des atteintes susceptibles d’en altérer la diversité, la composition,
l’aspect et l’évolution. Le parc est composé :

32
- D’un ou plusieurs cœurs correspondant à la zone centrale du parc. Celle-ci
constitue le parc stricto sensu et bénéficie de la protection maximale ;
- D’une aire d’adhésion correspondant à la zone périphérique. Cette zone,
encore appelée « pré-parc », est un périmètre extérieur au par cet n’est pas
soumise à des contraintes particulières.

b. Les effets de la création


 Dans la zone centrale du parc : sont interdites ou réglementées la
chasse, la pêche, les activités industrielles ou commerciales, l’exécution
de travaux publics ou privés, l’extraction de matériaux, l’utilisation des
eaux, la circulation du public et plus généralement toute action
susceptible de nuire en développement naturel et d’altérer le caractère
du parc.
 Dans la zone périphérique : les travaux ou aménagements projetés sur
ce périmètre qui sont de nature à affecter de façon notable la zone
centrale du parc ou les espaces maritimes du parc national sont soumis
à une autorisation ou approbation des autorités compétentes.

2. La création des réserves naturelles

a. La vocation de la création des réserves naturelles

Les réserves naturelles correspondent à des zones de superficie limitée créées en vue
de la préservation d’espèces animales ou végétales en voie de disparition ou
présentant des qualités remarquables (faune, flore, sol, eaux, minéraux et fossiles, sur
terre, sous terre ou en mer). Elles ont pour vocation, selon l’article L. 332-1 du code
français de l’environnement :

- La préservation d’espèces animales ou végétales et d’habitats en voie de


disparition sur tout ou partie du territoire national ou présentant des qualités
remarquables ;
- La reconstitution de populations animales ou végétales ou de leurs habitats ;
- La conservation des jardins botaniques et arboretums constituant des réserves
d’espèces végétales en voie de disparition, rares ou remarquables ;

33
- La préservation de biotopes et de formations géologiques, géomorphologiques
ou spéléologiques remarquables ;
- La préservation ou la constitution d’étapes sur les grandes voies de migration
de la faune sauvage ;
- Les études scientifiques ou techniques indispensables au développement des
connaissances humaines ;
- La préservation des sites présentant un intérêt particulier pour l’étude de
l’évolution de la vie et des premières activités humaines.

b. Les effets de la création des réserves naturelles

A compter du jour où l’autorité administrative compétente notifie au propriétaire


intéressé son intention de constituer une réserve naturelle, aucune modification ne
peut être apportée à l’état des lieux ou à leur aspect pendant un délai de quinze mois,
sauf autorisation spéciale. Ce délai est renouvelable une fois à condition que les
premières consultations ou l’enquête publique aient commencé.

Le classement a pour effet d’instituer certaine restriction ou interdiction ou interdiction


afin de préserver l’ensemble de la faune et de la flore et, plus généralement le
caractère de la réserve (L. 332-3, C. env.). Les effets de classement d’une réserve
naturelle nationale peuvent notamment concerner la chasse et la pêche, les activités
agricoles, forestières et pastorales, industrielles, minières et commerciales, l’exécution
de travaux publics ou privés, l’extraction de matériaux concessibles ou non, l’utilisation
des eaux, la circulation du public, quel que soit le employé, la divagation des animaux
domestiques et le survol de la réserve.

Lorsque le classement entraîne un préjudice direct, matériel et certain, il donne droit à


une indemnité au profit des propriétaires, des titulaires de droits réels ou de leurs
ayants droit (L. 332-5, C. env. français) et ce quelle que soit la nature de la réserve.

34
Section 2. La lutte contre les pollutions et les nuisances

De nombreuses activités (industries, agriculture, traitement des déchets, transport…)


constituent au quotidien des risques de pollutions et de nuisances du regard des
techniques, des matériaux ou des produits utilisés.

§1. La lutte contre les pollutions

La pollution peut se définir comme « toute introduction par l’homme, directement ou


indirectement, de substances ou d’énergie dans l’environnement, entraînant des
conséquences préjudiciables de nature à mettre en danger la santé humaine, à nuire
aux ressources biologiques et aux systèmes écologiques ». La loi-cadre togolaise sur
l’environnement la définit quant à elle comme « toute contamination ou modification
directe ou indirecte de l’environnement provoquée par un acte susceptible :

a. D’influer négativement sur le milieu de la vie de l’homme et des autres espèces


vivantes ;
b. De provoquer une situation préjudiciable pour la santé, la sécurité, le bien-être
de l’homme, de la flore et de la faune ou les biens collectifs et individuels ».
l’attention sera portée sur les installations classées et sur la gestion des
déchets.

A. Les installations classées


1. Définition et nomenclature

La prévention des pollutions industrielles est des plus anciennes règlementations en


droit de l’environnement. En Europe, dès le début de XIXe, l’essor du secteur industriel
concomitant à la révolution industrielle va imposer un encadrement de certaines
activités dont les exhalations ou odeurs insalubres constituent une gêne pour le
voisinage.

L’article L. 511-1 du code français de l’environnement entend par installations classées


pour la protection de l’environnement (ICPE) les usines, ateliers, dépôts, chantiers et
d’une manière générale, les installations exploitées ou détenues par toute personne
physique ou morale, publique ou privée, qui peuvent présenter des dangers ou des
inconvénients soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la
salubrité publiques, soit pour l’agriculture, soit pour la protection de la nature, de

35
l’environnement et des paysages, soit pour la conservation des sites et monuments
ainsi que des éléments du patrimoine archéologiques.

L’article 127 de la Loi-cadre sur l’environnement définit les installations classées


comme toutes « installations publiques ou privées, industrielles, agricole, minières,
artisanales, commerciales ou autres susceptibles d’incommoder le voisinage de nuire
à la santé ou de porter atteinte à la qualité de l’environnement ».

Les installations classées ont toutes en commun d’être susceptibles de par leurs effets
de conséquences plus ou moins dramatiques sur la santé humaine ou l’environnement
au sens large. Afin d’encadrer au mieux de risques potentiels associés à ce type
d’installations, la réglementation a instauré des contraintes administratives
proportionnées aux dangers et inconvénients que le site de l’activité présente. Les
installations sont alors classées dans une nomenclature en fonction de la nature de
l’activité et des substances utilisées ou stockées, chaque nomenclature correspondant
à un régime juridique propre.

Le décret français n°53-578 du 20 mai 1953, révisé à plusieurs reprises, distingue trois
grandes catégories d’installations classées : les installations soumises à déclaration
(D), les installations soumises à enregistrement (E) et les installations soumises à
autorisation (A). Au Togo, la Loi-cadre de 2008 sur l’environnement (article 128)
distingue quant à elle deux types d’installations classées : les installations classées
soumises à autorisation du ministère de l’environnement (A) et celles soumises à une
déclaration préalable agréée par le ministre chargé de l’environnement (D).

2. Le régime juridique de chaque nomenclature


a. Le régime de déclaration

Selon le législateur togolais, les installations classées soumises à déclaration sont


celles qui « ne présentent pas des inconvénients graves mais doivent, en raison de la
nature de leurs activités ou du lieu de leur implantation, obéir à la réglementation
générale édictée en vue d’assurer la protection de l’environnement et la commodité du
voisinage ». Il s’agit donc des installations dont l’impact sur l’environnement est réduit.
En France, le dossier de déclaration doit comporter :

- L’identité de l’entreprise ;
- L’emplacement sur lequel l’installation doit être réalisée ;

36
- La nature et le volume des activités prévues ainsi que la ou les rubriques de la
nomenclature dans lesquelles l’installation doit être rangée ;
- L’évaluation des incidences Natura 2000, si l’installation est susceptible
d’affecter de manière significative un site Natura 2000.

Les installations classées soumises à déclaration sont tenues de respecter les


prescriptions générales applicables à la catégorie d’activités concernées et édictées
par le préfet, ou le cas échéant, par le ministère chargé de l’environnement.

b. Le régime d’enregistrement

Spécifique au droit français, il constitue un régime intermédiaire entre les régimes


d’autorisation et de déclaration. Il s’agit d’une modification majeure de la législation sur
les installations classées visant à simplifier et raccourcir la procédure d’autorisation
pour les installations qui relèvent de ce nouveau régime.

La procédure d’enregistrement s’implique uniquement à des installations simples et


standardisées implantées en dehors de zones sensibles sur le plan environnemental
lorsque les dangers et inconvénients propres à ces installations peuvent, en principe
être prévenus par le respect des prescriptions générales édictées par le ministère
chargé de l’environnement. La demande d’enregistrement comporte :

- L’identité de la structure ;
- L’adresse de son siège social ainsi que la qualité du signataire ;
- L’emplacement sur lequel l’installation doit être réalisée ;
- La description, la nature et le volume des activités envisagées et la ou les
rubriques de la nomenclature concernée.

c. Le régime d’autorisation

Le régime d’autorisation concerne des installations qui présentent des inconvénients


graves pour la santé, la qualité de l’environnement ou la commodité du voisinage. La
procédure d’autorisation a pour objet la prévention et la réduction intégrée des
pollutions en provenance des activités concernées. La demande d’autorisation doit
comporter :

- L’identité de la structure ;
- L’emplacement sur lequel l’installation doit être réalisée ;

37
- La nature et le volume des activités envisagées ainsi que la ou les rubriques de
la nomenclature dans lesquelles l’installation doit être rangée ;
- Les procédés de fabrication et les produits utilisés et les différents impacts pour
l’eau, l’air, le bruit, les sols ainsi que la nature, la quantité et les conditions
d’élimination des déchets ;
- Les capacités techniques et financières de l’exploitant.

La demande d’autorisation doit être accompagnée d’une étude d’impact, d’une


étude de dangers et d’une notice relative à la conformité de l’installation projetée
avec les prescriptions législatives et règlementaires relatives à l’hygiène et à la
sécurité du personnel.

B. La gestion des déchets

L’article 2.13 de la Loi-cadre sur l’environnement définit le déchet comme « tout résidu
d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute substance, tout
matériel tout produit ou plus généralement tout bien meuble abandonnée ou que son
détenteur destine à l’abandon ».L’accent sera mis sur la prise en charge de
l’élimination des déchets et sur le traitement de ceux-ci.

1. La prise en charge de l’élimination des déchets

Elle diffère selon qu’il s’agit des déchets ménagers et assimilés ou des déchets
industriels.

a. Les déchets ménagers et assimilés

Les déchets ménagers sont des déchets ordinaires provenant de l’activité


domestiques, c’est-à dire de la préparation des aliments et du nettoiement normal des
habitations. Certains déchets non ménagers provenant d’établissements artisanaux et
commerciaux sont assimilés par leur nature aux ordures ménagères et constituent une
partie des déchets industriels banals. Sont interdits, le brulage à l’air libre, l’abandon,
le rejet dans tous les dispositifs d’assainissement collectifs ou individuels et
l’enfouissement.

38
En France, l’élimination des déchets ménagers et assimilés relève de la responsabilité
des communes ou de leurs groupements en liaison éventuellement avec les
départements et les régions (L. 2224-13, CGCT). Au Togo, aux termes de l’article 101
de la Loi-cadre sur l’environnement, « les collectivités territoriales assurent
l’élimination des ordures ménagères, excréta, eaux usagées et autres -déchets
assimilés sur l’étendue de leur territoire en collaboration avec les services publics ou
privés chargés de l’hygiène et de l’assainissement ». Le service public local de
traitement et d’élimination des déchets peut être organisé de trois modalités
différentes :

- La régie : la collectivité territoriale assure directement le service d’élimination


des déchets avec son propre personnel. Elle finance les ouvrages nécessaires
et conserve la maîtrise des services et de leur gestion.
- La gestion intermédiaire : dans ce type d’organisation rarement utilisée, des
entreprises privées rémunérées par la commune sont associées à la gestion du
service.
- La délégation du service public : la collectivité va confier à une entreprise privée
ou publique le traitement et l’élimination des déchets sous forme d’affermage
qui portera sur l’exploitation du service ou d’un concession où le
concessionnaire est à la fois chargé de réaliser à ses frais les investissements
nécessaires tout en assurant le fonctionnement du service. Ce type
d’organisation assure les deux tiers du tonnage total des déchets ménagers.

b. Les déchets industriels

Deux types de déchets industriels peuvent être distingués. D’une part, il y a des
déchets industriels banals (DIB) : ce sont des déchets non dangereux et non inertes
produits par les industriels et les entreprises de commerce d’artisanat et de service
(ex. : béton léger, bois non traité, plastique, papier, carton, métaux, polystyrène, fibres
organiques, verre spécial). D’autre part, il y a des déchets industriels dangereux : ils
sont qualifiés de dangereux soit parce qu’ils contiennent des éléments polluants
(chrome, mercure, arsenic) soit en raison de leurs propriétés (écotoxique, inflammable,
explosif, cancérigène). L’élimination des déchets industriels banals et dangereux est
de la responsabilité du producteur de déchets. Une telle responsabilité découle du
principe pollueur payeur. Mais une partie dans DIB est collectée avec des déchets

39
ménagers. Il faut préciser que les déchets industriels dangereux relèvent de dispositifs
spéciaux d’élimination par opposition à ceux qui peuvent être assimilés aux déchets
ménagers. Ils doivent être stabilisés, c’est-à –dire solidifiés, emballés et étiquetés de
façon particulière, puis être confiés à des éliminateurs agrées et accompagnés de
bordereau de suivi de déchets dangereux (BSDD).

2. Le traitement des déchets

Les déchets collectés font l’objet d’opérations de stockage, d’incinération ou de


compostage.

a. Le stockage des déchets

En France, depuis le 1er juillet 2002, les déchets ultimes sont les seuls qui peuvent
être acceptés en centres de stockage c’est-à-dire les déchets qui ne pourront plus être
valorisés dans des conditions économiques acceptables (art. L.541-1, C. env.). La loi
considère comme pouvant être qualifié d’ultime, le déchet résultant ou non du
traitement d’un déchet, qui n’est plus susceptible d’être traité dans les conditions
techniques et économiques du moment, notamment par extraction de la part
valorisable ou par réduction de son caractère polluant ou dangereux (art. L. 541-1, C.
env.). Les installations chargées de stocker des déchets sont soumises, à l’exception
des déchets nucléaires, au régime des ICPE.

b. L’incinération ou le compostage

Certains déchets peuvent être traités dans le cadre d’installations d’incinération. Il


existe une unité d’incinération de déchets non dangereux (UIDND) et des unités
d’incinération de déchets dangereux (UIDD). La première unité, qui constitue une
ICPE, se charge de l’élimination des déchets ménagers et assimilés, les déchets
industriels banals et les boues de station d’épuration non dangereuses. Les secondes,
c’est-à-dire les UIDD, s’occupent des déchets dangereux, à l’exception des déchets
radioactifs.

D’autres déchets peuvent faire l’objet d’un traitement par le biais de plates-formes de
compostage de déchets. Ces plates-formes sont aussi des ICPE.

40
§2. La lutte contre les nuisances sonores

Le bruit est de plus en plus ressenti comme une agression de nos sociétés modernes.
Il se définit selon l’Agence française de normalisation (Afnor) comme « un phénomène
acoustique produisant une sensation auditive, considérée comme désagréable ». On
distinguera les bruits de voisinage des bruits relevant d’une réglementation spécifique.

A. Les bruits de voisinage

En France, les principales dispositions applicables découlent des décrets n°95-408 du


18 avril 1995 et n°2006-1099 du 31 août 2006 relatifs à la lutte contre les bruits de
voisinage. On peut distinguer trois catégories.

1. Les bruits émanant d’une activité professionnelle, culturelle, sportive ou


de loisir

Ils proviennent essentiellement des installations non classées, mais qui sont à l’origine
d’activités bruyantes. Ils peuvent faire l’objet d’une intervention du préfet ou du maire
au titre de ses pouvoirs de police. Ces installations peuvent être soumises à des
prescriptions générales consistant en des mesures d’isolations acoustiques ou à de
contraintes d’éloignement des habitations prescrites dans le périmètre de l’installation.
Certaines activités bruyantes sont soumises à autorisation, autorisation subordonnée
à la réalisation d’une étude d’impact et à l’organisation d’une consultation du public.

2. Les bruits émanant des chantiers de travaux publics ou privés

Les chantiers de travaux publics ou privés et les travaux d’équipement des bâtiments
sont soumis à une procédure d’autorisation ou de déclaration s’ils sont à l’origine d’un
bruit de nature à porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l’homme.
Une fois la demande de permis de construire acceptée, le commencement des travaux
est subordonné à une déclaration d’ouverture du chantier (DOC) faite à la mairie de la
commune où le chantier se situe. Une autorisation est notamment obligatoire pour les
travaux sur la voie publique ou à proximité de certains établissements. Aussi, les
matériels utilisés sur le chantier sont-ils soumis, en fonction du risque sonore qu’ils
provoquent, à une réglementation.

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3. Les bruits domestiques ou les bruits de comportements

Les bruits domestiques ou bruits de comportements correspondent aux bruits générés


dans un lieu public ou privé et qui sont de nature à porter atteinte à la tranquillité du
voisinage ou à la santé de l’homme par leur durée, leur répétition ou leur intensité.
Sont généralement considérés comme bruits de voisinage liés aux comportements,
les bruits inutiles, désinvoltes ou agressifs émanant entre autres : des cris d’animaux,
des appareils de diffusion du son et de la musique, des outils de bricolage, de
jardinage, des appareils électroménagers, etc.

En France, l’article R. 1337-7 du code de santé publique punit de la peine d’amende


ceux qui sont à l’origine d’un bruit particulier de nature à porter atteinte à la tranquillité
du voisinage ou à la santé de l’homme. A titre de peine complémentaire, la chose qui
a servi à commettre l’infraction peut faire l’objet d’une mesure de confiscation.

B. Les bruits relevant d’une réglementation spécifique

Il s’agit pour l’essentiel des bruits émanant d’installations soumises à la réglementation


ICPE, des infrastructures de transport et du bruit du travail.

1. Les bruits émanant d’installations soumises à la réglementation ICPE

Les activités bruyantes de la nomenclature des installations classées sont soumises,


à l’occasion de la procédure de déclaration ou d’autorisation, à certaines prescriptions
d’isolation acoustique t éloignement. Dans le cadre de la demande d’autorisation,
l’étude d’impact doit indiquer le niveau acoustique des appareils, les mesures
envisagées pour supprimer, limiter ou compenser les inconvénients de l’installation.
Des sanctions administratives ou pénales sont prévues en cas de non-respect des
prescriptions.

2. Les bruits émanant des infrastructures de transport

a. Les infrastructures routières et ferroviaires

La conception, l’étude et la réalisation d’une infrastructure de transports terrestres


nouvelle et la modification, ou la transformation, significative d’une infrastructure de
transports terrestres existante doivent être accompagnées de mesures destinées à
éviter que le fonctionnement de l’infrastructure ne crée des nuisances sonores
excessives (L. 571-9, C. env. français). Préalablement au démarrage d’un chantier
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d’infrastructure de transports terrestre, le maître d’ouvrage fournit au préfet et aux
maires des communes les éléments d’information utiles sur la nature du chantier, sa
durée prévisible, les nuisances sonores attendues ainsi que les mesures prises pour
limiter ces nuisances. Le préfet peut alors prescrit des mesures particulières de
fonctionnement du chantier, notamment en ce qui concerne ses accès et ses horaires.

L’aménagement d’infrastructures routières importantes, entraînant une perte de vie,


des nuisances sonores, olfactives ou lumineuses peut parfois être considéré par les
juridictions compétentes comme un préjudice anormal et spécial et donner lieu à
l’attribution d’indemnité.

b. Les bruits émanant des véhicules automobiles

Les véhicules automobiles constituent une source très forte de nuisance sonore
justifiant un certain nombre de restrictions. Les véhicules à moteur ne doivent émettre
de bruits susceptibles de causer une gêne aux usagers de la route ou aux riverains.
Ainsi, le moteur doit être muni d’un dispositif d’échappement silencieux en bon état de
fonctionnement (R. 318-3, C. route français)

c. Les bruits émanant des aéronefs

Les mesures en faveur de la réduction de bruit provenant des aéronefs sont relatives
aux restrictions d’exploitation et à la protection du voisinage des aérodromes. Ces
dispositions ne concernent pas les aéroports militaires.

Concernant des mesures de restrictions d’exploitation, la directive 2002/30/CE du


Parlement européen et du conseil du 26 mars 2002 relative à l’établissement de règles
liées au bruit les aéroports de la communauté a proscrit l’adjonction à une flotte
européenne d’avion conçus approximativement entre 1970 et 1977 et a imposé leur
retrait progressif d’exploitation. La directive permet également aux aéroports
confrontés au problème de bruit d’introduire une série de restrictions d’exploitation
comprenant l’élimination progressive des avions les plus bruyants ou encore des
restriction partielles qui limite sur une période donnée l’exploitation de tous types
d’avions.

Quant aux mesures de protection du voisinage des aérodromes, elles se traduisent


par une politique de limitation des nuisances sonores à proximité des aérodromes
grâce à la maîtrise de l’urbanisme au voisinage des aérodromes. Les principales

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dispositions découlent de la loi française n°85-696 du 11 juillet 1985. Dans les zones
concernées, le préfet d’élabore un plan d’exposition au bruit des aérodromes ayant
pour objet d’éviter d’exposer immédiatement, ou à terme, de nouvelles populations aux
nuisances (L. 147-3 et s. C. urb.).

3. Le bruit en milieu de travail

Le bruit en milieu de travail constitue une gêne importante pour beaucoup de


travailleurs. Les règles régissant la prévention du risque d’exposition au bruit sur le
lieu de travail découlent du décret n°2006-892 du 19 juillet 2006 transposant la
directive 2003/10/CE du 6 février 2003.

Lorsque l’évaluation des risques met en évidence des risques pour la santé et la
sécurité des travailleurs, l’employeur prend des mesures nécessaires suivantes en se
fondant notamment sur les principes généraux de prévention en matière de santé et
sécurité au travail (R.4434-1, C. trav.) :

- Suppression ou réduction du risque d’exposition au bruit ;


- Choix d’équipements de travail appropriés ;
- Conception et agencement des lieux et postes de travail ;
- Information et formation des travailleurs ;
- Moyens techniques pour réduire le bruit aérien et le bruit de structure ;
- Programmes appropriés de maintenance des équipements de travail et du lieu
de travail ;
- Meilleures organisation du travail.

Le médecin du travail exerce une surveillance médicale renforcée pour les travailleurs
exposés si le niveau de bruit est supérieur aux valeurs d’exposition normale ou un
niveau de pression acoustique de crête tolérable.

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