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Smig en RDC

L'article analyse la récente augmentation du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) en République Démocratique du Congo, la qualifiant de supercherie juridique et économique, en raison de son adoption par un arrêté ministériel inapproprié. Il souligne les violations des principes constitutionnels et la déconnexion de cette réforme avec les réalités économiques locales, mettant en lumière les conséquences négatives potentielles sur les entreprises et l'emploi. L'auteur appelle à une véritable réforme légitime et à une prise de conscience des failles institutionnelles et juridiques en matière de droit du travail.

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Smig en RDC

L'article analyse la récente augmentation du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) en République Démocratique du Congo, la qualifiant de supercherie juridique et économique, en raison de son adoption par un arrêté ministériel inapproprié. Il souligne les violations des principes constitutionnels et la déconnexion de cette réforme avec les réalités économiques locales, mettant en lumière les conséquences négatives potentielles sur les entreprises et l'emploi. L'auteur appelle à une véritable réforme légitime et à une prise de conscience des failles institutionnelles et juridiques en matière de droit du travail.

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Le SMIG en RDC : Une mascarade institutionnelle ou un impératif légal ignoré ?

( Par Maitre Lawrence KITOKO ATANGELA, Avocat près la Cour d’Appel –


Kinshasa/Matete, Chercheur et Analyste des dynamiques juridiques et
institutionnelles)Published 4 minutes ago on janvier 10, 2025By Rédaction Cp

Nous sommes passionnés par la justice et très engagé dans la quête d’un droit
qui transcende les textes pour répondre aux aspirations du peuple congolais,
dans un véritable Etat de droit et une Gouvernance responsable.

[email protected]

Résumé

Aux premières heures si l’on puit dire d’une année nouvelle, riche en
rebondissement et aux dynamiques évidentes, émergentes, urgentes, qui feront
couler de l’encre hériter de l’année précédente, une annonce nouvelle a attiré
notre attention, celle de l’arrêté ministériel portant ajustement de Salaire
Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) à 14.500FC congolais pour le
travailleur signé par le ministre du Travail et de l’emploi, Ephraïm Akwakwa
annoncés par les antennes de la chaine nationale RTNC.

Eureka !!! Tel un éclair de génie, cette révélation nous frappe soudainement…
une avalanche d’idée s’ensuit, nourrie par le débat qui en découle. Dès lors, il
nous incombe d’apporte une contribution pertinente : Entre mythe et
mascarade, qui du droit ou du populisme l’emportera finalement ?

En effet, Dans la cacophonie des débats qui agitent avocats, professeurs


d’université et autres prétendus experts des réseaux et chaines télévisés, une
vérité dérangeante s’impose : le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti
(SMIG) en République Démocratique du Congo est une supercherie juridique et
économique.

En hommage à nos maîtres, nous nous devons d’apporter une lumière juridique !

Tandis que certains s’égarent dans des joutes académiques stériles ou des
logiques populistes, rares sont ceux qui osent poser les vraies questions. Encore
là un fait constaté dans ce théâtre des colloques comme à la coutume dans
notre cher pays, pour lequel le commun des mortels ou je dirais dans le
contexte actuel le peuple congolais se retrouve totalement à l’ouest et sous
informé de ces questions urgentes, poignantes, et émergentes.
Qui respecte encore le droit dans ce pays ? Pourquoi une reforme présentée
comme un progrès social finit-elle par appauvrir encore plus les Congolais ?

Notre réflexion en quelques lignes dans cet article n’a pas vocation à plaire ou à
flatter. Il est un coup de fouet destiné à réveiller une société endormie, une
dénonciation frontale des failles criantes de nos institutions.

Il est temps d’abandonner les faux-semblants et de reconnaitre que le SMIG, tel


qu’il est aujourd’hui fixé, n’est qu’un miroir aux alouettes, un traquenard bien
plus subtil en somme.

De par notre analyse juridique rigoureuse et un style résolument provocateur je


l’avoue, nous vous invitons à explorer les dessous d’un scandale
institutionnalisé.

A ceux qui souhaitent défendre l’indéfendable, je répondrai avec des faits, du


droit, et une vision claire des reformes nécessaires.

Car au-delà des débats et des dogmes, il y a une réalité incontournable : l’échec
flagrant d’un système qui trahit aussi bien les travailleurs que les entreprises.

Aucun a priori émotionnel, seule la rigueur du raisonnement juridique prime !


Introduction

En République Démocratique du Congo, le Salaire Minimum Interprofessionnel


Garanti (SMIG) a été fixé à 7 075 francs congolais par le décret n°18/017 du 22
mai 2018 portant fixation du salaire minimum interpersonnel garanti, des
allocations familiales minima et de la contre-valeur du logement.1 Cependant,
cette mesure a été modifiée par un arrêté ministériel, une initiative
controversée qui s’éloigne des principes fondamentaux du droit.

L’arrêté ministériel qui a modifié le décret de 2018 illustre un dépassement de


compétence manifeste, violant le principe du parallélisme des formes en droit
administratif.

Il s’agit d’un acte pris par un ministre pour ajuster ou réviser une norme
initialement établie par décret, ce qui est juridiquement inacceptable, car seule
une autorité de même niveau, en l’occurrence le Premier ministre ou le
Président, aurait pu légitimement procéder à une telle modification.

Des notions basiques du droit, qu’on en est juridiquement désorienté, dirais-je


étourdi ! Jurisconsultus Non Debet Ignorare Leges…2

Nous voyons ici, une reforme présentée comme une avancée sociale
significative, mais qui, à l’analyse, s’apparente davantage à une supercherie
juridique et politique.

En violant la Constitution de 2006, en méprisant la consultation des partenaires


sociaux et en imposant une mesure économique insoutenable, cette démarche
révèle l’amateurisme d’un Etat central obsédé par son omnipotence, au mépris
des règles élémentaires de Droit.

1 Article 2 du décret n°18/017 du 22 mai 20218 portant fixation du salaire


minimum interpersonnel garanti, des allocations familiales minima et de la
contre-valeur du logement

2 Un professionnel du droit ne doit pas ignorer les lois fondamentales, la


responsabilité des juristes de maitriser les bases essentielles de leur discipline.

Notre réflexion dans cet article propose une analyse rigoureuse et provocatrice,
juridiquement fondée, pour exposer cette aberration institutionnelle et tracer les
contours d’une reforme véritablement légitime.

UNE REFORME HORS-LA-LOI : LES FONDEMENTS JURIDIQUES DE L’ILLEGALITE


— La répartition des compétences : une méprise constitutionnelle flagrante

L’article 204 point 17 de la Constitution congolaise de 2006 attribue aux


provinces la compétence exclusive de fixer le SMIG. Pourtant, le décret
n°18/017 du 22 mai 2018, pris par le Premier ministre, et l’arrêté ministériel qui
s’en est suivi ce jour foulent aux pieds cette disposition claire et sans
ambiguïté.3

Problème fondamental : Ces textes sont nuls de plein droit, car édictés par une
autorité manifestement incompétente.
Le principe de hiérarchie des normes4, consacré par l’article 168 de la
Constitution, impose que les actes juridiques respectent les lois fondamentales
stricto sensu. Tout acte déclaré non conforme à la Constitution est nul de plein
droit. Or de ce qui précède, cette hiérarchie se voit ouvertement bafouée.5

Avis et Considération : L’Etat, le gouvernement central, en agissant ainsi,


s’arroge une compétence qu’il ne détient pas. Il s’agit ni plus ni moins d’une
confiscation institutionnalisée des droits des provinces, une trahison de l’Esprit
décentralisateur voulu par les pères fondateurs de la Constitution.

— Le parallélisme des formes : un mépris des principes fondamentaux

Le décret ayant fixé initialement le SMIG ne peut être modifié ou abrogé que par
un autre décret, conformément aux exigences du principe de « parallélisme des
formes, fondamental en droit administratif». En effet, l’arrêté ministériel utilisé
dans ce cas est juridiquement inopérant, car il ne respecte pas cette règle
élémentaire, qui impose que les actes réglementaires ayant la même portée
soient pris selon les mêmes procédures. Cette erreur manifeste révèle soit une
méconnaissance flagrante des principes fondamentaux du droit administratif,
soit un mépris délibéré des règles qui régissent l’édiction des actes
administratifs.

3 Article 204 : Sans préjudice des autres dispositions de la présente Constitution,


les matières suivantes sont de la compétence exclusive des provinces : Point
17 : la fixation des salaires minima provinciaux, conformément à la législation
nationale ;

4La pyramide de Kelsen est une théorie sur la hiérarchie des normes, se
composant de différents blocs : bloc de constitutionnalité, bloc de
conventionnalité, bloc de légalité et le bloc réglementaire. Chaque norme doit
respecter les normes supérieures à elle. Pour son bon fonctionnement, il existe
un contrôle de conformité pour vérifier le respect de cette hiérarchie. La
pyramide de Kelsen établit une hiérarchie des normes juridiques, les classant
selon leur niveau d’autorité. Chaque norme doit être en conformité avec celle qui
la surplombe dans la hiérarchie. Dans ce concept de la hiérarchie des normes,
où la Constitution et le bloc de constitutionnalité occupent le sommet.

5 Article 168 : Les arrêts de la Cour constitutionnelle ne sont susceptibles


d’aucun recours et sont immédiatement exécutoires. Ils sont obligatoires et
s’imposent aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives et
juridictionnelles, civiles et militaires ainsi qu’aux particuliers. Tout acte déclaré
non conforme à la Constitution est nul de plein droit.
Avis et Considération : Il est légitime de s’interroger sur la crédibilité d’un État
qui choisit délibérément de méconnaître les règles qu’il impose à ses citoyens.
En effet, comment prétendre établir un cadre juridique de confiance lorsque les
institutions elles-mêmes violent leurs propres normes sans conséquence ? Cette
incohérence ébranle la légitimité des autorités publiques et soulève une
question fondamentale : comment peut-on exiger des citoyens qu’ils respectent
la loi lorsque ceux qui sont chargés de la promulguer et de la faire respecter
s’en affranchissent avec une telle impunité ? Une telle pratique met en lumière
un dysfonctionnement institutionnel grave, susceptible de nourrir le scepticisme
et de fragiliser la cohésion sociale et l’ordre juridique ?

— Un Code du Travail incompatible avec la Constitution de 2006

L’article 87 du Code du Travail attribue au pouvoir central la compétence de fixer


le SMIG. Cependant, cette disposition, bien qu’édictée en 2002, se trouve en
contradiction flagrante avec la Constitution de 2006. En vertu des principes de
primauté de la Constitution et de mise en conformité des normes qui en
découlent, il appartient au législateur de réviser ce texte afin de l’aligner sur la
norme suprême, ce qui n’a manifestement pas été fait à ce jour. Cette lacune
législative soulève des questions cruciales quant à la concertation entre le
législateur et la Constitution, ainsi qu’à la mise en œuvre effective des principes
constitutionnels.

Avis et Considération : Que vaut un État de droit lorsque les textes législatifs ne
sont pas mis en conformité avec la Constitution, près de deux décennies après
son adoption ? Cette absence de révision législative soulève une interrogation
fondamentale sur la capacité de l’État à assurer la conformité des normes
juridiques avec les principes constitutionnels. Au-delà de la simple question de
conformité, il s’agit également d’un signe inquiétant d’inefficacité législative et
d’un désintérêt manifeste pour les règles fondamentales qui régissent l’ordre
juridique. L’inaction à cet égard ne peut qu’affaiblir la crédibilité de l’État de
droit et nourrir le scepticisme des citoyens quant à la volonté politique de
respecter les engagements constitutionnels. Cette situation pourrait également
être perçue comme une négligence institutionnelle qui compromet la stabilité et
la légitimité du système juridique dans son ensemble ?

UNE REFORME ECONOMIQUEMENT DESASTREUSE : ENTRE IDEALISME ET


IRRESPONSABILITE
— Une mesure déconnectée des réalités provinciales.

L’uniformisation du SMIG à 7 000 FC pour tout le territoire national, en dépit des


disparités économiques flagrantes entre les provinces, constitue une
méconnaissance des réalités économiques locales. En effet, imposer un salaire
minimal uniforme à Kinshasa, où les coûts de production et de vie sont
considérablement plus élevés, tout en le maintenant dans des provinces rurales
où les entreprises peinent déjà à subsister, revient à ignorer les spécificités
économiques régionales. Une telle mesure, prise sans prendre en compte les
écarts de développement et les conditions locales, fragilise l’équilibre entre le
centre et les périphéries et constitue une faute économique majeure dans le
cadre d’une politique de décentralisation

Avis et Considération : Ce nivellement par le bas, qui ignore les particularités


économiques de chaque province, trahit une absence de vision économique
stratégique et une incompréhension des mécanismes de développement local.
Plutôt que d’agir comme un levier pour soutenir les provinces dans leur
croissance et leur compétitivité, l’État central impose une charge insoutenable
sur les entreprises, qui risquent ainsi de voir leur rentabilité sérieusement
compromise. Ce type de politique, sans différenciation en fonction des capacités
locales, pourrait avoir des effets pervers, notamment en dissuadant les
investisseurs, en réduisant les marges des PME et en les poussant à se tourner
vers le secteur informel, où elles échappent à la régulation et aux obligations
fiscales. Cette situation pourrait accentuer la fracture socio économique entre les
zones urbaines et rurales, en aggravant les difficultés d’adaptation des
entreprises locales aux exigences d’un marché globalisé et compétitif.

— Une reforme sans filet de sécurité pour les entreprises

L’augmentation du SMIG, bien qu’elle s’inscrive dans une logique de réévaluation


du pouvoir d’achat des travailleurs, aurait dû être accompagnée de mesures
économiques d’envergure, telles que des incitations fiscales ciblées ou un
soutien financier direct aux entreprises, afin de compenser les effets immédiats
de cette hausse salariale sur leur compétitivité. En l’absence de telles mesures
d’accompagnement, cette réforme risque de provoquer un déséquilibre
économique majeur, en augmentant la pression sur les entreprises, notamment
les PME, déjà fragilisées, et en créant des conditions propices à une hausse des
faillites et à une explosion du chômage.

Avis et Considération : Peut-on véritablement qualifier cette réforme de sociale,


ou est-ce plutôt une bombe économique à retardement ? En l’absence de
stratégies compensatoires adaptées, cette politique pourrait se retourner contre
les objectifs qu’elle poursuit, en fragilisant les entreprises qui sont censées être
les moteurs de l’emploi. En effet, peut-on réellement prétendre défendre les
travailleurs en affaiblissant les acteurs économiques qui les emploient ?
L’absence de mesures d’accompagnement ne risque-t-elle pas de créer une
situation où les travailleurs se retrouveront sans emploi, faute d’entreprises
viables pour les embaucher, et où l’économie nationale se retrouvera
déstabilisée par un taux de chômage exponentiel ??

III. UNE REFORME POLITIQUEMENT MOTIVEE : UN ECRAN DE FUMEE SOCIALE

— Un simulacre de dialogue social

Les conventions de l’*Organisation Internationale du Travail (OIT), ratifiées par la


République Démocratique du Congo (RDC), imposent la mise en place d’un
dialogue tripartite entre l’État, les employeurs et les travailleurs pour toute
réforme ayant un impact sur le droit du travail, conformément à l’article 4 de la
Convention n°144 de l’OIT sur les consultations tripartites.6 Cependant, force est
de constater que ni la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), ni les
syndicats n’ont été véritablement associés à cette réforme, ce qui constitue une
violation

6La Convention n°144 de l’OIT sur les consultations tripartites, qui impose à
l’État de consulter les employeurs, les travailleurs et leurs organisations
représentatives avant toute réforme concernant le droit du travail

manifeste des engagements internationaux de la RDC en matière de relations


sociales et de gouvernance du travail.

Avis et considération : Que vaut une réforme qui exclut ceux qu’elle est censée
protéger ? En l’absence de consultations véritables avec les partenaires sociaux,
cette réforme apparaît comme un acte unilatéral, sans légitimité auprès des
principaux acteurs concernés. Une telle démarche peut-elle être qualifiée de
conforme à l’esprit des conventions internationales ratifiées par la RDC, telles
que la Convention n°87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical,
ou la Convention n°98 sur le droit d’organisation et de négociation collective7 ?
Cette absence de dialogue n’est-elle pas le signe d’un mépris systémique à
l’égard des institutions représentatives et des partenaires sociaux, qui sont
pourtant des acteurs essentiels pour assurer l’équilibre et la justice sociale dans
la mise en œuvre des réformes ?

— Une reforme instrumentalisée à des fins politiques

La hausse du SMIG est présentée comme un cadeau offert aux travailleurs, sans
tenir compte des réalités économiques et juridiques. En effet, cette décision
apparaît comme un cadeau électoral, visant à gagner la faveur des masses
laborieuses sans prendre en compte les réalités économiques et juridiques qui
sous-tendent la question du salaire minimum. Une telle approche populiste
néglige les impératifs d’une réforme structurelle et durable, en privilégiant les
effets immédiats de court terme au détriment de la cohérence économique et
de la stabilité à long terme.

Avis et considération : Cette réforme n’est-elle pas, en réalité, un miroir aux


alouettes ? Une illusion populiste destinée à masquer l’incapacité de l’État à
s’attaquer aux vrais problèmes structurels du pays ? En augmentant le SMIG de
manière uniforme, sans mesures d’accompagnement adéquates, l’État semble
vouloir donner l’illusion d’une réponse rapide aux attentes sociales des
travailleurs, tout en éludant les problèmes fondamentaux : l’inefficacité des
politiques économiques, le manque d’infrastructures et la faible compétitivité
des entreprises locales. Une telle réforme, si elle n’est pas correctement mise
en œuvre et accompagnée de réformes structurelles profondes, risque de se
transformer en un pansement temporaire sur une plaie béante, aggravant les
tensions sociales et économiques plutôt que de les résoudre.

RECOMMANDATIONS POUR UNE REFORME LEGITIME ET COHERENTE


Rétablir la légalité constitutionnelle :
— Proposition : Restituer aux provinces la compétence de fixer le SMIG, comme
le prévoit l’article 204 point 17 de la Constitution de 2006. Cela garantirait une
meilleure prise en compte des réalités économiques et sociales locales.

— Cas pratique : En Afrique du Sud, le salaire minimum est fixé au niveau


national, mais des ajustements spécifiques sont autorisés pour les secteurs ou
régions en difficulté. Par

7 Convention n°87 de l’OIT sur les liberté syndicale et protection du droit


syndical du 09 juillet 1948, Convention n°98 de l’OIT sur le droit d’organisation
et de négociation collective, 1949

exemple, le secteur agricole a bénéficié d’un SMIG adapté pour éviter une crise
dans les exploitations rurales.

Harmoniser les textes législatifs :


— Proposition : Réviser le Code du Travail de 2002 pour le rendre compatible
avec la Constitution de 2006. Cela inclut la mise à jour des dispositions
obsolètes et l’intégration explicite du rôle des provinces dans la fixation des
salaires minimaux.
— Cas pratique : Le Kenya a récemment entrepris une réforme de son cadre
juridique pour aligner ses lois du travail avec sa nouvelle Constitution de 2010.
Cette réforme a permis de clarifier les compétences entre les comtés et l’État
central.

Adopter une approche différenciée et locale


— Proposition : Permettre aux provinces de fixer des SMIG adaptés à leurs
réalités économiques et sociales. Les provinces riches comme le Haut-Katanga
ou le Lualaba pourraient fixer des SMIG plus élevés que les provinces à
économie moins développée.

— Cas pratique : En Éthiopie, où les conditions économiques varient fortement


entre les régions, le Recommandations pour une réforme légitime et cohérente
du SMIG gouvernement a adopté une approche différenciée. Les zones urbaines
comme Addis-Abeba disposent de salaires minima plus élevés que les régions
rurales.

Renforcer le dialogue tripartite :


— Proposition : Instituer un véritable dialogue tripartite entre l’État, les
employeurs et les syndicats pour garantir que toutes les parties prenantes
soient impliq

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