1A 2010-2011
FONCTIONS USUELLES
Objectifs
Connaître les fonctions usuelles classiques.
Connaître des nouvelles fonctions usuelles.
Savoir étudier une fonction.
1 Exponentielles, logarithmes, puissances
1.1 Exponentielle
Dénition 1. Il existe une unique fonction de R dans R, appelée exponentielle, notée exp,
dérivable sur R telle que : {
exp(0) = 1
exp′ (x) = exp(x), ∀x ∈ R
Par dénition, exp est continue et dérivable sur R.
Equation fonctionnelle
exp(x + y) = exp(x). exp(y)
∀x, y ∈ R : 1
exp(−x) =
exp(x)
On pose : e = exp(1) et on note ex = exp(x).
Variations ∀x ∈ R, exp(x) > 0 donc comme exp′ = exp, alors exp est strictement crois-
sante.
Limites aux bornes
lim ex = +∞ lim ex = 0
x→+∞ x→−∞
La courbe de exp admet une asymptote horizontale en −∞ d'équation y = 0 c'est à dire
l'axe des abscisses.
Croissances comparées
x
∀n ∈ N∗ , lim e = +∞
x→+∞ xn
∀n ∈ N , lim xn ex = 0
∗
x→−∞
1 JA- JMB - ML
1.2 Logarithme népérien 1A 2010-2011
1.2 Logarithme népérien
Dénition 2. La fonction logarithme népérien, notée ln est la fonction réciproque de la fonction
exp car exp est bijective de R dans ]0; +∞[. La fonction ln est donc dénie de ]0; +∞[ dans R.
Variations
ln est de même sens de variations que exp ainsi ln est continue, dérivable et strictement
croissante sur ]0; +∞[.
Dérivée
1 1 1
∀x > 0, ln′ (x) = = =
exp′ (ln x) eln x x
Limites aux bornes
lim ln x = −∞ lim ln x = +∞
x→0+ x→+∞
La courbe de ln admet une asymptote verticale en 0.
Equation fonctionnelle
{
ln(xy) = ln(x) + ln(y)
∀x, y > 0 : 1
ln = − ln x
x
Croissances comparées
∀n ∈ N∗ , lim ln x = 0
x→+∞ xn
∀n ∈ N∗ , lim xn ln x = 0
x→0+
2 JA- JMB - ML
1.3 Fonctions exponentielles et logarithmes de base quelconque 1A 2010-2011
Exercice 1. Étudier la fonction f : x 7→ ln(1 + ex )
1.3 Fonctions exponentielles et logarithmes de base quelconque
Dénition 3. Soit a > 0. Pour tout x ∈ R, on dénit l'exponentielle de base a par :
ax = exp(x ln a) = ex ln a
Ainsi, l'étude d'une exponentielle de base a se ramène à celle d'une exponentielle classique
du type eαx .
Soit a > 0 et a ̸= 1. Pour tout x > 0, on dénit le logarithme de base a par :
ln x
loga (x) =
ln a
De même, l'étude d'une fonction logarithme de base a se ramène, à un facteur multiplicatif
près à celle de la fonction ln.
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1.4 Fonctions puissances 1A 2010-2011
1.4 Fonctions puissances
Pour α ∈ R, on dénit : ( )
R∗+ → R
fα :
x 7→ xα
avec xα = eα ln x .
Ainsi, là aussi, on se ramène à l'étude d'une exponentielle classique, sauf dans les cas α entier
naturel (fonction puissance classique), entier√relatif négatif (fonction inverse d'une fonction
p
puissance classique), rationnel et on a : x q = q xp .
1.5 Croissances comparées
Soient α > 0 et a, b > 1 : on a :
ax logb x
lim = +∞ lim =0 lim xα logb x = 0
x→+∞ xα x→+∞ xα x→0
On résume cela ainsi : en +∞ :
logb x ≪ xα ≪ ax
2 Fonctions hyperboliques
2.1 Fonctions hyperboliques directes
2.1.1 Cosinus et sinus hyperboliques
Dénition 4. Par analogie avec les formules d'Euler, on appelle cosinus hyperbolique et sinus
hyperbolique les fonctions de R dans R dénies par :
x −x
ch : x 7→ e + e
2 −x
sh : x 7→ e x
− e
2
Continuité, dérivabilité
ch et sh sont continues et dérivables sur R
Parité
4 JA- JMB - ML
2.1 Fonctions hyperboliques directes 1A 2010-2011
−x +x
ch(−x) = e + e = ch(x)
∀x ∈ R, −x
2 +x
sh(−x) = e − e
= − sh(x)
2
donc la fonction ch est paire et la fonction sh est impaire. On les étudie donc toutes les 2 sur R+
(on complète par symétrie axiale par rapport à Oy pour ch et par symétrie centrale de centre
O pour sh).
Dérivée
−x
ch′ (x) = e − e = sh(x)
x
∀x ∈ R, x
2 −x
sh (x) =
′ e + e
= ch(x)
2
Signe
Pour tout x > 0, on a x > −x et donc comme la fonction exp est strictement croissante
e > e−x et sh x > 0.
x
Pour tout x > 0, on a ex > 0 et e−x > 0 donc ch x > 0.
Tableau de variations
x 0 +∞
ch′ x = sh x 0 +
ch x 1 +∞
x 0 +∞
sh′ x = ch x 1 +
sh x 0 +∞
Trigonométrie hyperbolique
Il existe de nombreuses formules liant ch et sh mais celle-ci est fondamentale :
∀x ∈ R, ch2 x − sh2 x = 1
démonstration
Comparaison
Comme ch x − sh x = e−x pour tout x ∈ R, on a : lim ch x − sh x = 0. Les courbes des
x→+∞
1
fonctions ch, sh et x 7→ ex sont dites asymptotes.
2
5 JA- JMB - ML
2.1 Fonctions hyperboliques directes 1A 2010-2011
2.1.2 Tangente hyperbolique
Dénition 5. On appelle tangente hyperbolique la fonction th dénie sur R par :
sh x ex − e−x e2x − 1 1 − e−2x
∀x ∈ R, th x = = x = =
ch x e + e−x e2x + 1 1 + e−2x
Continuité, dérivabilité
La fonction th est continue et dérivable sur R comme quotient de deux fonctions continues
et dérivables sur R avec un dénominateur non nul sur R.
Parité
sh(−x) − sh x
∀x ∈ R, th(−x) = = = − th x
ch(−x) ch x
dont th est impaire. On l'étudie donc sur R+ et on complète par la symétrie centrale de centre
O.
Dérivée
sh′ (x) ch(x) − ch′ (x) sh(x) ch2 x − sh2 x 1
∀x ∈ R, th′ (x) = 2 = 2 = 2 = 1 − th2 x
ch (x) ch x ch x
Tableau de variations
x 0 +∞
th′ x 1 +
th x 0 1
La courbe représentative de th admet donc l'asymptote horizontale y = 1 en +∞ et y = −1
en −∞.
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2.2 Fonctions hyperboliques réciproques 1A 2010-2011
Exercice 2. Montrer que : ∀x ∈ R, ch(2x) = ch2 x + sh2 x et que sh(2x) = 2 ch x. sh x
2.2 Fonctions hyperboliques réciproques
Ils existent des bijections réciproques pour chacune des fonctions ch dénie de [0; +∞[ dans
[1; +∞[ qui est alors bijective, pour sh de R dans R et th dénie de R dans ] − 1; 1[. On peut
donc créer leurs bijections réciproques appelées respectivement argument cosinus hyperbolique,
notée Argch, argument sinus hyperbolique, notée Argsh et argument tangente hyperbolique
notée Argth.
Exercice 3. Montrer que :
( √ )
1. Pour tout x > 1, Argch x = ln x + x2 − 1
( √ )
2. Pour tout x ∈ R, Argsh x = ln x + x2 + 1
( )
1 1+x
3. Pour tout x ∈] − 1; 1[, Argth x = ln
2 1−x
Exercice 4. Montrer que :
1
1. Pour tout x > 1, Argch′ x = √
x2 − 1
1
2. Pour tout x ∈ R, Argsh′ x = √
x2 + 1
1
3. Pour tout x ∈] − 1; 1[, Argth′ x =
1 − x2
Exercice 5. Déterminer ch(Argch x) pour x ∈ [1; +∞[ et Argch(ch x) pour x ∈ R, en discutant
si nécessaire.
Exercice 6. Étudier la fonction f : x 7→ x Argsh x
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1A 2010-2011
3 Fonctions circulaires
3.1 Fonctions circulaires directes
On peut se référer pour cette partie du cours, à votre cours de lycée ou l'article sur wikipedia
8 JA- JMB - ML
3.2 Fonctions circulaires réciproques 1A 2010-2011
1
Exercice 7. Étudier la fonction f : x 7→ tan x −
tan x
3.2 Fonctions circulaires réciproques
3.2.1 Arc sinus
[ π π]
Dénition 6. La restriction de la fonction sinus à − ; à valeurs dans [-1 ;1] est continue
2 2
et strictement
[ π π] croissante, donc elle admet une bijection réciproque dénie sur [−1; 1] à valeurs
dans − ; appelée Arc sinus et notée Arcsin. Elle est strictement croissante (cf chapitre
2 2
précédent) sur [−1; 1]. Elle est continue sur [−1; 1] mais dérivable sur ] − 1; 1[ car la dérivée de
π π
sinus s'annule en − et .
2 2
Remarque 1 (ATTENTION). La fonction
[ π Arcsin n'est pas la bijection réciproque de la fonc-
π]
tion sinus mais celle de sa restriction à − ; . On a donc par exemple :
2 2
( )
1 1
sin Arcsin =
3 3
( π) π
Arcsin sin =
8 8
mais ( ) [ π π]
3π π 3π
Arcsin sin = car c'est l'unique élément de − ; ayant le même sinus que .
4 4 2 2 4
Dérivée
1 1
∀x ∈] − 1; 1[, Arcsin′ x = ′ =
sin (Arcsin x) cos (Arcsin x)
or cos2 (Arcsin x) + sin2 (Arcsin x) = 1
donc cos2 (Arcsin x) [= 1 − x]2 .
π π √
Comme Arcsin x ∈ − ; on a donc cos (Arcsin x) > 0 d'où cos (Arcsin x) = 1 − x2 .
2 2
D'où :
9 JA- JMB - ML
3.2 Fonctions circulaires réciproques 1A 2010-2011
1
∀x ∈] − 1; 1[, Arcsin′ x = √
1 − x2
Parité
Arcsin est impaire car c'est la bijection réciproque d'une fonction impaire. On peut donc
réduire l'étude à [0; 1].
Représentation graphique
3.2.2 Arc cosinus
Dénition 7. La restriction de la fonction cosinus à [0; π] à valeurs dans [-1 ;1] est continue et
strictement décroissante, donc elle admet une bijection réciproque dénie sur [−1; 1] à valeurs
dans [0; π] appelée Arc cosinus et notée Arccos. Elle est strictement décroissante sur [−1; 1].
Elle est continue sur [−1; 1] mais dérivable sur ] − 1; 1[ car la dérivée de cosinus s'annule en 0
et π .
Remarque 2 (ATTENTION). La fonction Arccos n'est pas la bijection réciproque de la fonc-
tion cosinus mais celle de sa restriction à [0; π]. On a donc par exemple :
( )
2 2
cos Arccos =
3 3
( π) π
Arccos cos =
5 5
mais ( )
4π 2π 4π
Arccos cos = car c'est l'unique élément de [0; π] ayant le même cosinus que .
3 3 3
Dérivée
1 −1
∀x ∈] − 1; 1[, Arccos′ x = =
cos′ (Arccos x) sin (Arccos x)
10 JA- JMB - ML
3.2 Fonctions circulaires réciproques 1A 2010-2011
or cos2 (Arccos x) + sin2 (Arccos x) = 1
donc sin2 (Arccos x) = 1 − x2 . √
Comme Arccos x ∈ [0; π] on a donc sin (Arccos x) > 0 d'où sin (Arccos x) = 1 − x2 . D'où :
−1
∀x ∈] − 1; 1[, Arccos′ x = √
1 − x2
Attention
Arccos n'est ni paire ni impaire.
Représentation graphique
π
Exercice 8. Montrer de deux manières diérentes que : ∀x ∈ [−1; 1], Arccos x + Arcsin x =
2
3.2.3 Arc tangente
] π π[
Dénition 8. La restriction de la fonction tangente à − ; à valeurs dans ] − ∞; +∞[
2 2
est continue et strictement] croissante, donc elle admet une bijection réciproque dénie sur
π π[
] − ∞; +∞[ à valeurs dans − ; appelée Arc tangente et notée Arctan. Elle est strictement
2 2
croissante sur R. Elle est continue et dérivable sur R.
Remarque 3 (ATTENTION). La fonction Arctan ] π πn'est
[ pas la bijection réciproque de la
fonction tangente mais celle de sa restriction à − ; . On a donc par exemple :
2 2
tan (Arctan 5) = 5
( π) π
Arctan tan =
7 7
mais ( ) ] π π[
8π π
Arctan tan = car c'est l'unique élément de − ; ayant la même tangente que
7 7 2 2
8π
.
7
11 JA- JMB - ML
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Dérivée
1 1
∀x ∈ R, Arctan′ x = ′
= 2
tan (Arctan x) 1 + tan (Arctan x)
D'où :
1
∀x ∈ R, Arctan′ x =
1 + x2
Parité
Arctan est impaire car c'est la bijection réciproque d'une fonction impaire..
Représentation graphique
Exercice 9. Montrer que :
1 π
1. ∀x > 0, Arctan x + Arctan =
x 2
1 π
2. ∀x < 0, Arctan x + Arctan = −
x 2
4 Mener une étude de fonction
1. Ensemble de dénition, parité, périodicité éventuelles, réduction du domaine d'étude
12 JA- JMB - ML
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2. Continuité, éventuellement prolongement par continuité, dérivabilité.
3. Variations : utiliser la dérivée puis dresser le tableau des variations de f . Préciser les
valeurs importantes : les bornes du domaine d'étude, les points où la dérivée est nulle ou
non dénie.
4. Tangentes remarquables :
(a) Si la dérivée est nulle : tangente horizontale
(b) Si la dérivée ou le taux de variation tend vers +∞ ou −∞ : tangente verticale : point
de non dérivabilité.
(c) Demi-tangentes : obtenues en considérant f seulement à droite ou seulement à gauche
en un point x0
5. Branches innies : compléter le tableau par les limites nécessaires aux points remarquables.
On a une branche innie si x ou f (x) tendent vers +∞ ou −∞.
1er cas : lim f (x) = ±∞ : asymptote verticale x = x0
x→x0
2ème cas : lim f (x) = y0 : asymptote horizontale y = y0
x→±∞
f (x)
3ème cas : lim f (x) = ±∞. On étudie lim
x→±∞ x→±∞ x
f (x)
(a) Si lim = ±∞ : branche parabolique de direction asymptotique Oy (exemple :
x→±∞ x
la fonction exp)
f (x)
(b) Si lim = 0 : branche parabolique de direction asymptotique Ox (exemple :
x→±∞ x
la fonction ln x)
f (x)
(c) Si lim = a ∈ R∗ : on étudie lim f (x) − ax :
x→±∞ x x→±∞
i. Si lim f (x) − ax = b ∈ R : asymptote oblique d'équation y = ax + b
x→±∞
ii. Si lim f (x) − ax = ±∞ : branche parabolique de direction asymptotique
x→±∞
y = ax
6. Concavité, convexité, point d'inexion, éventuellement.
7. Représentation graphique
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5 Exercices
Exercice 10. Résoudre les équations d'inconnue x :
1 1 2
4x − 3x− 2 = 3x+ 2 − 22x−1 ; 2sin x
= cos x ; shx = 2 ; chx = 2
Exercice 11. Étudier les fonctions suivantes :
1. f (x) = sin (arcsin x) et g(x) = arcsin (sin x)
(x)
2. f (x) = arccos cos
2
Arcsin x
3. f (x) = √
1 − x2
Exercice 12. 1. Soit x ∈ ]0; 1].
On pose y = Arccos x. Exprimer en fonction de x : cos y, sin y, tan y, Arctan (tan y).
(√ )
1 − x2
En déduire que Arccos x = Arctan
x
2. Si x = 0, quelle est la valeur de Arccos x ?
3. Soit x ∈ [−1; 0[, On pose y = Arccos x.
Exprimer en fonction de x : cos y, sin y, tan y, Arctan (tan y).
(√ )
1 − x2
En déduire Arccos x en fonction de Arctan
x
Exercice 13. (Montrer
)
que :
( )
1 1 π
* Arctan + Arctan =
( 2) ( 3) 4 ( )
1 1 1 π
Arctan + Arctan + Arctan =
2 5 8 4
( ) ( ) ( )
5 3 56
** Arcsin + Arcsin = Arcsin
13 5 65
( ) ( )
1 4
* 2 Arctan = Arctan
2 3
( ) ( ) ( )
1 1 1 π
* 3 Arctan + Arctan + Arctan =
4 20 1985 4
Exercice (14.)Résoudre les
( équations
) :
4 5
Arcsin + Arcsin = Arcsin (x)
(5 ) (13)
1 1
Arccos + Arccos = Arcsin (x)
3 4
( )
2x
Exercice 15. On considère la fonction : f (x) = Arcsin − 2 Arctan x
1 + x2
1. Quel est l'ensemble de dénition de f ?
2. Calculer f ′ . En déduire une expression plus simple de f sur chacun des intervalles où le
raisonnement est valable.
14 JA- JMB - ML
1A 2010-2011
3. Donner la représentation graphique de f .
Exercice 16. Résoudre le système :
ch x + ch y = 35
12
sh x + sh y =
25
12
Exercice 17. Écrire ch(x) en fonction de sh(x) et sh(2x).
( )
∏n
1
Simplier un = ch p , en déduire lim un .
p=1
2 n→+∞
Exercice 18. 1. Étudier la fonction f (x) = esh(x) − (1 + x) sur [−1; 1] (on pourra dériver
deux fois f ).
1
En déduire que ∀x ∈ ]0; 1[ , 1 + x 6 esh x 6 .
1−x
∑kn ( )
1
2. Soit k ∈ N, k > 2. Pour tout n ∈ N, on pose un = sh , calculer lim un .
p=n
p n→+∞
Exercice 19. Étudier les fonctions
1
1. f : x 7→ x x
2. g : x 7→ ch x + cos x
( )
2x − 1
3. h : x 7→ ch
x+1
4. i : x 7→ ln (1 + th x)
15 JA- JMB - ML