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Cours 2

Le chapitre explore les bases biologiques du comportement en se concentrant sur le système nerveux et les neurones, qui sont essentiels à la transmission des informations et à la coordination des fonctions corporelles. Il décrit la structure des neurones, les types de neurones, ainsi que l'influx nerveux et la communication synaptique, mettant en évidence l'importance des neurotransmetteurs dans la régulation des processus physiologiques et comportementaux. Enfin, il aborde les divisions du système nerveux et les différentes aires corticales du cerveau, chacune ayant des fonctions spécifiques dans le traitement de l'information.

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Cours 2

Le chapitre explore les bases biologiques du comportement en se concentrant sur le système nerveux et les neurones, qui sont essentiels à la transmission des informations et à la coordination des fonctions corporelles. Il décrit la structure des neurones, les types de neurones, ainsi que l'influx nerveux et la communication synaptique, mettant en évidence l'importance des neurotransmetteurs dans la régulation des processus physiologiques et comportementaux. Enfin, il aborde les divisions du système nerveux et les différentes aires corticales du cerveau, chacune ayant des fonctions spécifiques dans le traitement de l'information.

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Chapitre 2

1. LES BASES BIOLOGIQUES DU COMPORTEMENT

Dans les chapitres suivants, nous explorerons divers thèmes liés à la psychologie, tels que la

sensation, la perception, la conscience, l’apprentissage, la mémoire, l’intelligence, la motivation,

l’émotion, le stress, les troubles psychologiques et leur traitement. Ces sujets nous amèneront à

examiner les mécanismes biologiques qui les sous-tendent. Pour mieux les comprendre, nous

commencerons par un aperçu du système nerveux, essentiel à l’étude des phénomènes

psychologiques. Nous expliquerons le fonctionnement des neurones, unités de base du système

nerveux, et leur organisation en structures complexes, avec le cerveau comme élément central.

Enfin, nous aborderons brièvement l’influence du système endocrinien et de l’hérédité sur le

comportement.

Les processus biologiques du cerveau peuvent expliquer les comportements humains et sont

étudiés en tant que tels depuis des siècles. La psychologie biologique est l'étude du lien entre les

fonctions biologiques et les fonctions psychologiques. Commençons par examiner les

communicateurs du cerveau, les neurones.

2.1 Les neurones et le système nerveux

Le système nerveux est une structure complexe responsable de la transmission des

informations dans tout le corps. Il est constitué de cellules spécialisées appelées neurones, qui
communiquent entre elles et avec d'autres cellules, permettant ainsi la coordination des fonctions

corporelles et des réponses comportementales.

Le système nerveux, bien que plus complexe, peut être comparé à un ordinateur dont l'unité de

base est le neurone, une cellule spécialisée dans le traitement de l'information. Le neurone reçoit

des signaux provenant d'autres cellules, les traite, et transmet le résultat à d'autres cellules (Bear,

Connors et Paradiso, 2002 ; Purves et al., 2005).

Vidéo a regarder sur ce point : https://youtu.be/iVcJD1N0bRA

2.1.1 La structure générale du neurone

Le neurone est l'unité fonctionnelle du système nerveux. Sa structure comprend plusieurs

parties essentielles :

 Le soma (ou corps cellulaire) : C'est la partie centrale du neurone, contenant le noyau et

les organites cellulaires. Il est responsable de la production de l'énergie nécessaire au

neurone et de la synthèse des neurotransmetteurs.

 Les dendrites : Ce sont des prolongements ramifiés qui reçoivent les signaux provenant

d'autres neurones. Les dendrites sont cruciales pour la réception des informations.
 L'axone : C'est un long prolongement qui transmet les signaux électriques du neurone

vers d'autres neurones ou cellules cibles. L'axone peut être recouvert d'une gaine de

myéline, qui accélère la transmission du signal.

 Les terminaisons axonale : Ce sont les extrémités de l'axone, où se produisent les

synapses, permettant la communication entre neurones par la libération de

neurotransmetteurs.

2.2.2. Les trois types de neurones :

1. Le neurone sensoriel : Il capte les informations provenant des récepteurs sensoriels

situés dans les organes des sens (comme les yeux, les oreilles, la peau, etc.), ainsi que

dans les viscères (organes internes comme l'estomac, les poumons, etc.). Ces

informations sont ensuite transmises au cerveau pour traitement, permettant ainsi la

perception consciente de l'environnement et des sensations corporelles.

2. Le neurone moteur : Il transmet l'influx nerveux du cerveau vers les muscles et les

organes effecteurs du corps. Ce type de neurone est responsable de la commande des

mouvements volontaires (comme la contraction des muscles squelettiques pour le

mouvement) et des fonctions involontaires (comme la régulation des battements

cardiaques, la respiration, la digestion, etc.).


3. L’interneurone : Ce neurone joue un rôle essentiel dans la communication entre les

neurones sensitifs et moteurs. Il se trouve principalement dans le système nerveux central

(cerveau et moelle épinière) et permet de relier différentes zones du système nerveux,

facilitant ainsi des réflexes rapides ou des réponses complexes impliquant plusieurs

régions cérébrales.

Ces trois types de neurones travaillent ensemble pour assurer la transmission rapide et efficace

de l'influx nerveux dans tout le corps, permettant ainsi une réponse appropriée aux stimuli

externes et internes.

2.1.3 L’influx nerveux

L'influx nerveux est un signal électrique qui se propage le long de l'axone du neurone. Ce

processus repose sur des changements de potentiel électrique à travers la membrane neuronale.

Lorsqu'un neurone est stimulé, il subit un potentiel d'action, une dépolarisation rapide de la

membrane, suivie d'une repolarisation.

 Le potentiel de repos : C'est l'état de base du neurone, où l'intérieur de la cellule est

négatif par rapport à l'extérieur.

 Le potentiel d'action : Lorsque le neurone est stimulé, une dépolarisation se produit,

suivie d'une inversion temporaire du potentiel électrique. Cela permet la transmission du

signal.

 La propagation de l'influx : L'influx nerveux se propage le long de l'axone grâce à la

succession de dépolarisations et de repolarisations. La vitesse de transmission est

accélérée par la présence de myéline.


2.1.4 La communication entre neurones

Les neurones communiquent entre eux par des synapses, des zones de contact entre deux

neurones. La communication synaptique est de nature chimique, et elle repose sur la libération de

neurotransmetteurs par le neurone présynaptique, qui se lient aux récepteurs du neurone

postsynaptique.

 Neurotransmetteurs : Ce sont des substances chimiques qui transmettent les signaux

d'un neurone à un autre. Parmi les neurotransmetteurs importants, on trouve :

Dopamine : Liée à la motivation, la récompense, l'apprentissage et la régulation des

mouvements.

Sérotonine : Joue un rôle clé dans l'humeur, le sommeil et la régulation de l'appétit.

Noradrénaline : Impliquée dans la réponse au stress et dans la régulation de l'attention et de

l'éveil.

Tableau récapitulatif des neurotransmetteurs :

Neurotransmetteur Excitateur/Inhibiteur Processus liés Particularités

Motricité, apprentissage,
Insuffisance liée à
Acétylcholine Excitateur mémoire, attention,
Alzheimer
sommeil

Apprentissage, mémoire, Le plus répandu dans le


Glutamate Excitateur
sommeil cerveau

Insuffisance liée à
Mouvement, motivation,
Dopamine Excitateur Parkinson, excès lié à la
récompense, plaisir
schizophrénie
Neurotransmetteur Excitateur/Inhibiteur Processus liés Particularités

Rythme cardiaque, Excès lié à des troubles


Noradrénaline Excitateur
respiration, émotions de stress et panique

Sommeil, humeur, Carence liée à la


Sérotonine Excitateur
appétit, patience dépression et l’anxiété

Atténuation de la Risque de dépendance à


Endorphine Excitateur
douleur, euphorie l’effort physique

Rôle de frein dans Réduit l’anxiété, prévient


GABA Inhibiteur
l’activité neuronale les crises d’épilepsie

Les neurotransmetteurs jouent un rôle crucial dans la régulation de nombreux processus

physiologiques et comportementaux. Certains, comme le glutamate et la dopamine, sont

principalement excitants et impliqués dans des fonctions telles que l’apprentissage et la

motivation, tandis que d’autres, comme le GABA, sont inhibiteurs et essentiels pour maintenir

l’équilibre du système nerveux. Les déséquilibres dans ces neurotransmetteurs peuvent être liés à

diverses pathologies, ce qui montre leur importance pour la santé mentale et physique.

 La synapse : Elle se compose de la fente synaptique, de la membrane présynaptique

(neurone émetteur) et de la membrane postsynaptique (neurone récepteur). Le signal

chimique est converti en signal électrique dans le neurone récepteur.

 Les fentes synaptiques : Ce sont les espaces microscopiques entre les neurones. Bien

que très proches, les neurones ne se touchent pas au niveau de la synapse. La

communication se fait par la libération de neurotransmetteurs dans cette fente.


2.1.5 Les divisions du système nerveux

Le système nerveux se divise en plusieurs parties fonctionnelles :

 Le système nerveux central (SNC) : Composé du cerveau et de la moelle épinière, il est

responsable de l'intégration des informations et du contrôle des fonctions corporelles.

o Le cerveau : Il est le centre de traitement des informations et de prise de décision.

o La moelle épinière : Elle transmet les signaux entre le cerveau et le reste du

corps et est également impliquée dans les réflexes.


 Le système nerveux périphérique (SNP) : Composé des nerfs qui relient le SNC aux

organes, muscles et glandes. Il inclut :

o Le système nerveux somatique : Responsable des mouvements volontaires et de

la transmission des informations sensorielles.

o Le système nerveux autonome : Il régule les fonctions involontaires, telles que

le rythme cardiaque et la digestion. Il se divise en :

 Le système sympathique : Prépare le corps à l'action (réponse "combat

ou fuite").

 Le système parasympathique : Calme le corps et favorise la relaxation.


2.2 Le cerveau et ses hémisphères

Le cerveau est un organe complexe, divisé en deux hémisphères, chacun ayant des rôles

spécifiques dans le traitement de l'information et le contrôle des fonctions corporelles.

2.2.1 Les lobes du cortex cérébral

Le cortex cérébral est la couche externe du cerveau, et il est divisé en plusieurs lobes,

chacun ayant une fonction spécifique :

 Le lobe frontal : Responsable des fonctions exécutives, telles que la planification, la

prise de décision, le contrôle des impulsions, et le mouvement volontaire.

 Le lobe pariétal : Impliqué dans la perception sensorielle et la coordination des

mouvements.

 Le lobe temporal : Associé à l'audition, à la mémoire et à la compréhension du langage.

 Le lobe occipital : Responsable de la vision et du traitement visuel.

2.2.2 Les aires du cortex cérébral

Chaque lobe du cortex cérébral contient des aires spécialisées qui sont responsables de

fonctions spécifiques :
2.2.2 Les aires du cortex cérébral

Sur la base de caractéristiques anatomiques communes, les différents lobes du cortex cérébral ont

été divisés en régions appelées aires corticales. Certaines de ces aires sont associées à des

fonctions spécifiques, comme les aires visuelles, auditives, somatosensorielles et motrices.

Cependant, la situation est plus complexe pour les aires associatives.

A. Les aires visuelles

Les aires visuelles reçoivent et traitent les influx nerveux provenant des yeux, en particulier les

informations sensorielles de base (couleurs, lignes, angles, etc.). Ces aires ne permettent pas, à

elles seules, la perception d’objets complexes comme une voiture ou un visage. Ce traitement est

effectué dans d’autres régions du cerveau, notamment dans le lobe temporal droit pour la

reconnaissance des visages. Comme indiqué par la zone pointillée sur fond jaune de la figure

2.11, les aires visuelles se situent à l’arrière des lobes occipitaux. Elles s’étendent également

dans le repli interne entre les deux hémisphères.

B. Les aires auditives

Situées dans les lobes temporaux (voir la zone pointillée sur fond vert dans la figure 2.11), les

aires auditives traitent les informations provenant des oreilles. Elles permettent la perception des

sons de base, comme distinguer les notes d’un morceau de musique ou la variation du volume

d’une radio.

C. Les aires somatosensorielles

Les aires somatosensorielles transforment les influx nerveux provenant des récepteurs répartis

sur la surface du corps en sensations. Comme le montre la figure 2.12, elles occupent une grande
partie des lobes pariétaux, le long du sillon central qui sépare le lobe pariétal du lobe frontal dans

chaque hémisphère.

Deux points importants sont à noter :

1. Chaque partie du corps est associée à une région précise des aires somatosensorielles, et

l’étendue de cette région varie selon la richesse des informations qu’elle transmet. Par

exemple, le visage, en particulier les lèvres, occupe une proportion plus grande que le

tronc ou les jambes. De même, la main occupe plus d’espace que le bras.

2. Les fibres sensorielles croisent au niveau du bulbe rachidien. Ainsi, une sensation perçue

dans le bras gauche est traitée dans l’aire somatosensorielle droite, et vice-versa. Cela

explique pourquoi un accident vasculaire cérébral (AVC) affectant le côté droit du

cerveau peut entraîner une perte de sensibilité du côté gauche du corps.

D. Les aires motrices

Les aires motrices, situées dans les lobes frontaux le long du sillon central (figure 2.12),

commandent les mouvements transmis aux muscles par les fibres motrices du système nerveux

somatique. Comme pour les aires somatosensorielles, les différentes parties du corps sont

représentées en fonction de la précision des mouvements requis. Le visage et la main y occupent

une place proportionnellement plus importante. Les fibres motrices croisent également au niveau

du bulbe rachidien, de sorte que l’aire motrice gauche contrôle les mouvements du côté droit du

corps, et inversement.

E. Les aires associatives

Les aires associatives, qui constituent la majeure partie du cortex cérébral, interviennent dans les

processus complexes reliant les entrées sensorielles aux comportements. Selon Purves et al.
(2005, p. 613), ces aires permettent de tenir compte des stimulations externes et des états internes

(motivationnels et émotionnels) pour élaborer des réponses adaptées. Par exemple, si une activité

prévue est annulée, ces aires contribuent à trouver une alternative.

Parmi les aires associatives, celles du langage sont les mieux étudiées et se trouvent

généralement dans l’hémisphère gauche chez la plupart des individus :

 L’aire de Broca : Située dans le lobe frontal, elle est responsable de l’élocution. L’aire

de Broca est située dans le lobe frontal, généralement dans l’hémisphère gauche du

cerveau. Elle joue un rôle essentiel dans la production du langage, notamment en

coordonnant les mouvements musculaires nécessaires à l’articulation des mots. Les

lésions de cette aire peuvent entraîner des troubles de l’élocution, appelés aphasie de

Broca, qui se caractérisent par une difficulté à formuler des phrases complètes malgré une

compréhension intacte du langage.

 L’aire de Wernicke : Une autre aire du langage, découverte plus tard, est l’aire de

Wernicke. Située dans le lobe temporal, également dans l’hémisphère gauche chez la

majorité des individus, elle est impliquée dans la compréhension du langage. Les

personnes ayant une lésion de cette aire peuvent parler couramment, mais leurs phrases

manquent souvent de sens, et elles rencontrent des difficultés à comprendre les paroles

des autres. Ce trouble est connu sous le nom d’aphasie de Wernicke.

Résumé des aires corticales

Les aires corticales du cerveau humain sont spécialisées dans des fonctions distinctes mais

interconnectées. Les aires visuelles, auditives, somatosensorielles et motrices remplissent des


rôles spécifiques liés au traitement sensoriel et au contrôle moteur, tandis que les aires

associatives prennent en charge des fonctions cognitives complexes, telles que le langage, la

prise de décision et l’adaptation comportementale. Cette organisation fonctionnelle témoigne de

la complexité et de la spécialisation du cortex cérébral, essentiel à la vie quotidienne et à

l’interaction avec l’environnement.

2.2.3 La spécialisation hémisphérique

Le cerveau est divisé en deux

hémisphères, chacun ayant des rôles

spécifiques dans les fonctions cognitives et

motrices :

 L'hémisphère gauche : Il est généralement

associé à des fonctions logiques, analytiques et

verbales, comme le langage et le raisonnement.

 L'hémisphère droit : Il est lié aux fonctions créatives, spatiales et émotionnelles, comme

la perception des formes et des couleurs, ainsi que la reconnaissance des émotions.

2.2.4 L’étude du cerveau et les processus psychologiques

L'étude du cerveau, à travers des techniques comme l'IRM (imagerie par résonance

magnétique) et l'EEG (électroencéphalogramme), permet de mieux comprendre les processus

psychologiques tels que la mémoire, l'émotion, la prise de décision et la perception.

2.3 Le système endocrinien

Le système endocrinien régule les fonctions corporelles à travers la production et la libération

d'hormones, qui influencent une large gamme de processus physiologiques et comportementaux.

Les hormones
Alors que les neurotransmetteurs agissent de manière instantanée et locale, d’autres substances

contrôlées par le système nerveux agissent à distance et sur une plus longue durée : ce sont les

hormones. Elles régulent les émotions, les désirs et les fonctions corporelles en circulant dans le

sang.

Parmi les différentes hormones, on peut citer l’adrénaline, qui est libérée en situation de stress et

favorise un apport massif d’énergie, notamment en cas d’urgence. Le cortisol, quant à lui,

participe également à la réponse au stress, mais son effet est moins immédiat.

La mélatonine, pour sa part, possède une composition chimique très proche de celle de la

sérotonine et intervient dans la régulation de l’horloge biologique. Elle joue également un rôle

clé dans le sommeil. Un manque de lumière peut entraîner une surproduction de mélatonine, ce

qui peut provoquer une dépression hivernale (Lavoie et al., 2009).

2.3.1 Les structures libérant des hormones

Les principales glandes endocrines comprennent :

 L'hypothalamus : Il régule l'hypophyse et est impliqué dans la régulation de la

température corporelle, la faim, et la soif.

 L'hypophyse : Considérée comme la glande maîtresse, elle contrôle d'autres glandes

endocrines et produit des hormones qui influencent la croissance, la reproduction et le

métabolisme.

 Les glandes surrénales : Elles produisent des hormones comme l'adrénaline et le

cortisol, qui sont impliquées dans la réponse au stress.

2.3.2 L’influence des hormones sur le comportement

Le tandem « hypothalamus-hypophyse » orchestre l’ensemble des hormones libérées par les

composantes du système endocrinien. La plupart de ces structures n’agissent pas principalement


sur le plan psychologique, mais plutôt sur le plan corporel : par exemple, la croissance physique

dépend de la glande thyroïde, la digestion est régulée par le pancréas, et le développement des

caractères sexuels à la puberté est assuré par les glandes sexuelles (gonades).

Certaines structures, en revanche, peuvent avoir un effet significatif et immédiat sur le plan

psychologique. C’est le cas des glandes surrénales, qui libèrent des hormones jouant un rôle clé

dans la régulation des émotions et du stress.

En raison de leur mode de transmission, généralement via le système sanguin, les hormones

agissent plus lentement que les influx nerveux. Cependant, leur effet dure souvent plus

longtemps, le temps qu’elles soient dégradées dans l’organisme. Par exemple, lorsqu’une

personne éprouve une forte colère ou une grande peur, la disparition de la cause ne suffit pas à

faire cesser instantanément les réactions physiologiques associées à l’émotion. Il faut quelques

minutes, voire plusieurs heures, pour « se calmer », c’est-à-dire pour que ces réactions

s’atténuent. Cela est dû en grande partie à l’augmentation de l’adrénaline, une hormone libérée

par les glandes surrénales.

2.4 L’hérédité

Après avoir examiné l’étroite relation entre le fonctionnement du système nerveux et le

comportement, nous avons également mis en lumière l’influence des hormones du système

endocrinien sur ce dernier. Le développement de ces deux systèmes chez un individu dépend en

grande partie de son hérédité, bien que l’environnement joue également un rôle significatif dans

ce processus.

Ainsi, pour comprendre comment l’hérédité influe sur le comportement, il est essentiel de

clarifier ce que l’on entend par « hérédité ». On définit généralement l’hérédité comme la

transmission biologique de traits et de caractères d’une génération à l’autre. Cette transmission


s’effectue par l’intermédiaire des gènes contenus dans les chromosomes. Cependant, bien que

cette définition soit en grande partie exacte, la réalité est plus complexe qu’il n’y paraît.

Pour aller à l’essentiel, nous commencerons par définir ce que l’on entend par bagage

héréditaire. Ensuite, nous présenterons un aperçu du mécanisme de transmission de ce bagage

des parents à leurs descendants. Enfin, nous établirons le lien entre l’hérédité et le

comportement.

2.4.1 Le contenu du bagage héréditaire

Lorsqu’il est question de bagage héréditaire, il est essentiel de distinguer entre le bagage

génétique et ce que l’on appelle désormais le bagage épigénétique.

A. Le bagage génétique

La génétique explore les relations entre les gènes et l’hérédité. Le noyau des milliards de cellules

qui composent l’organisme humain contient – à l’exception des cellules reproductrices (ovules et

spermatozoïdes) – 46 chromosomes, qui constituent le bagage génétique hérité des parents. Ces

chromosomes sont organisés en 23 paires, chacune correspondant à un ensemble de traits

caractérisant l’individu. Par exemple, la vingt-troisième paire détermine le sexe biologique.

Comme l’illustre la partie gauche de la figure 2.18, chaque chromosome est constitué d’une

longue molécule d’acide désoxyribonucléique (ADN). Cette molécule, souvent décrite comme

une échelle torsadée, porte les gènes, qui sont des sections fonctionnelles de l’ADN. Chaque

gène contient des informations spécifiques transmises à la descendance et influençant le

développement de traits biologiques (par exemple, la couleur des cheveux) ou psychologiques

(par exemple, la mémoire).

Les gènes peuvent être comparés à des instructions que l’organisme "lit" pour développer ses

caractéristiques. L’ensemble des gènes contenus dans les chromosomes constitue le bagage

génétique proprement dit.


B. Le bagage épigénétique

Pendant longtemps, le bagage génétique était considéré comme le principal composant du

bagage héréditaire. Toutefois, des recherches récentes ont révélé que de larges portions de

l’ADN, autrefois qualifiées de « poubelle » car supposées inutiles, jouent en réalité un rôle

fondamental. Ces sections non codantes sont au cœur de l’épigénétique, une discipline qui

étudie comment le comportement et l’environnement peuvent modifier l’expression des gènes

sans altérer leur séquence.

Selon De Rosnay (2013), plusieurs facteurs influencent l’épigénétique, notamment :

 la qualité de l’alimentation,

 l’exercice physique,

 la gestion du stress,

 les expériences de plaisir quotidien,

 et le soutien social et familial.

Ces influences peuvent introduire des modifications biologiques transmises à la descendance,

constituant le bagage épigénétique, qui vient s’ajouter au bagage génétique pour former le

bagage héréditaire.

L’épigénétique permet également de comprendre pourquoi des jumeaux identiques (ou

monozygotes), partageant le même bagage génétique, peuvent présenter des différences

comportementales ou physiques, même lorsqu’ils évoluent dans un environnement similaire. Par

exemple, l’un des jumeaux pourrait aimer un aliment spécifique tandis que l’autre le détesterait.

2.4.2 La transmission du bagage héréditaire

Les cellules reproductrices (ovules et spermatozoïdes) ne contiennent qu’un chromosome par

paire, soit 23 chromosomes. Lors de la fécondation, ces chromosomes se combinent pour former

23 paires dans l’embryon, soit un total de 46 chromosomes.


La transmission des traits dépend de la manière dont les gènes s’expriment. Par exemple, certains

gènes sont dominants et l’emportent sur les gènes récessifs. Ainsi, si un parent possède un gène

dominant « cheveux bruns » et un gène récessif « cheveux blonds », l’enfant héritera

probablement de la couleur brune si ce gène dominant est présent.

2.4.3 L’hérédité et le comportement

Dès le développement embryonnaire, l’environnement (biologique, physique ou social) peut

influencer l’expression du bagage héréditaire. Cette interaction soulève une question classique :

dans quelle mesure notre comportement est-il déterminé par l’hérédité, et à quel point

dépend-il de l’environnement ?

Pour répondre, les chercheurs évaluent souvent le coefficient d’héritabilité, qui mesure la

proportion des variations observées dans une population attribuables à l’hérédité (Westen, 2000).

Par exemple, un trait comme la couleur des yeux a une héritabilité élevée, tandis que des traits

plus complexes, comme l’intelligence, dépendent également de nombreux facteurs

environnementaux.

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