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Situation actuelle du français dans le monde

Le français est une langue romane de la famille des langues indo-européennes, parlée par environ 343 millions de personnes en 2024, dont 113 millions de locuteurs natifs. Elle est la cinquième langue la plus parlée au monde et est officielle dans 27 pays, ainsi que dans plusieurs organisations internationales. Le français est également reconnu pour son influence culturelle et son rôle dans la francophonie mondiale, avec des projections indiquant une augmentation significative du nombre de francophones d'ici 2050.

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Situation actuelle du français dans le monde

Le français est une langue romane de la famille des langues indo-européennes, parlée par environ 343 millions de personnes en 2024, dont 113 millions de locuteurs natifs. Elle est la cinquième langue la plus parlée au monde et est officielle dans 27 pays, ainsi que dans plusieurs organisations internationales. Le français est également reconnu pour son influence culturelle et son rôle dans la francophonie mondiale, avec des projections indiquant une augmentation significative du nombre de francophones d'ici 2050.

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Français

langue romane

Le français est une langue indo-européenne de la famille des langues romanes dont les
locuteurs sont appelés « francophones ».

Français

Couverture de La Défense et illustration de la langue française de


Joachim du Bellay (1549).
Langues filles Créoles et métchif d'un point de vue lexical
Pays Voir : Francophonie
Nombre de 343 millions1,2,3 (2024)
locuteurs Français langue maternelle : 113 millions4
Nom des
francophones
locuteurs
Typologie SVO, flexionnelle, accusative, syllabique, à accent
d'intensité
Classification par famille
- langues indo-européennes
- langues italiques
- langues latino-falisques
- langues romanes
:
- langues romanes occidentales
- langues gallo-romanes
- langues d'oïl
- français
Statut officiel
Langue 27 pays :
officielle Belgique
Bénin
Burundi
Cameroun
Canada
République centrafricaine
Comores
République du Congo
République démocratique du Congo
Côte d'Ivoire
Djibouti
France
Gabon
Guinée
Guinée équatoriale
Haïti
Luxembourg
Madagascar
Monaco
Niger
Rwanda
Sénégal
Seychelles
Suisse
Tchad
Togo
Vanuatu
Dépendance de la Couronne :
Jersey
Région autonome de la vallée d'Aoste (en Italie)
et de nombreuses organisations internationales, notamment :
ONU
OMC
CIO
CdE
UE
:
UA
OEA
OTAN

Régi par Académie française


Délégation générale à la langue française et aux
langues de France
Commission d'enrichissement de la langue
française (France)
Direction de la langue française (Belgique)
Office québécois de la langue française
Conseils supérieurs de la langue française (France,
Belgique, Québec)
Délégation à la langue française (Suisse)5 [non
officielle]
Codes de langue
IETF fr
ISO 639-1 fr
ISO 639-2 fra, fre
ISO 639-3 fra ([Link]
[Link]?id=fra)

Étendue Langue individuelle


Type Langue vivante
Linguasphere 51-AAA-i ([Link]
rg/[Link]?tnc=1&tr=lsr&nid=51-AAA-i
)
WALS fre
([Link]
code_fre)
Glottolog stan1290
([Link]
id/id/stan1290)
État de conservation
Éteinte Menacée Sûre

EX CR SE DE VU NE
Langue non menacée (NE) au sens de l’Atlas des langues en danger dans le
:
monde
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (h
ttps://[Link]/fr/universal-declaration-human-
rights/[Link]) :
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.
Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns
envers les autres dans un esprit de fraternité.
Carte

Répartition du français et des créoles à base lexicale française dans le


monde.
Langue maternelle (créoles inclus)
Langue officielle
Langue administrative, d'enseignement et de travail
Langue importante, seconde ou de culture

modifier ([Link]
an%C3%A7ais&action=edit&section=0)

Selon l'Observatoire démographique et statistique de l'espace francophone (ODSEF) de


l'Université Laval et l'Observatoire de la langue française de l'OIF, en 2024, le français est la
cinquième langue la plus parlée au monde, avec 343 millions6 de locuteurs représentant
4,2 % de la population mondiale (1 personne sur 24), dont 270 millions en font un usage
quotidien (pays européens et/ou hors européens), ce qui représente 3,3 % de la population
mondiale (1 personne sur 30). Ce nombre de 343 millions de francophones en 2024 devrait
approcher les 700 millions en 2050, soit 8 % de la population (1 personne sur 12), et 85 % de
ces francophones seront en Afrique, du fait de la forte croissance démographique de ce
continent.

Les chiffres avancés par l'OIF ont été contestés, notamment en raison des méthodes de
:
calcul utilisées et de la définition du terme « francophone ». Selon les auteurs d'un ouvrage
publié en 2017 qui dresse un portrait exhaustif de la francophonie dans le monde, une
estimation crédible des francophones réels, c'est-à-dire qui utilisent le français
quotidiennement comme langue maternelle ou deuxième, se situerait autour de 130 millions,
ce qui placerait le français au neuvième rang des langues les plus parlées comme langue
maternelle ou deuxième7.

Situation de la langue française dans le


monde
Le français est parlé, en 2024, sur tous les continents par environ 343 millions de
personnes8,3 : 235 millions l'emploient quotidiennement et 113 millions en sont des
locuteurs natifs4. En 2018, 80 millions d'élèves et étudiants s'instruisent en français dans le
monde9. Selon l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), il pourrait y avoir
700 millions de francophones sur Terre en 205010.

Le français est la cinquième langue parlée au monde après l'anglais, le mandarin, le hindi et
l'espagnol. Elle est également la deuxième langue apprise sur le globe et la troisième langue
des affaires et du commerce. Le français se classe deuxième parmi les langues étrangères
les plus fréquemment enseignées à travers le monde10. Il est également la quatrième langue
utilisée sur Internet après l'espagnol, le mandarin et l'anglais11,12, langue dont le vocabulaire a
été fortement enrichi par le français.

Dans le monde, vingt-sept États ont le français comme langue officielle. C'est une des six
langues officielles ainsi qu'une des deux langues de travail de l'Organisation des Nations
unies. Le français est une langue officielle ou de travail de nombreuses organisations
gouvernementales internationales, parmi lesquelles l'Union postale universelle ou les trois
autorités mondiales de régulation du système métrique. Il est aussi langue officielle ou de
travail de nombreuses organisations gouvernementales régionales, telles que l'Union
africaine ou l’Union européenne, et est aussi langue officielle ou de travail de nombreuses
organisations non gouvernementales internationales, comme le Comité international
olympique ou le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Grâce à sa présence sur tous les continents et du fait qu'elle est l'une des langues officielles
de l'ONU ainsi qu'une de ses langues de travail, le français figure parmi les langues les plus
influentes du monde13.

L'histoire du français et des francophones est celle de la rencontre et de l'échange entre de


:
nombreux peuples. Le français est une variété de la langue d'oïl, un groupe de langues
romanes parlées originellement dans la partie septentrionale du domaine gallo-roman, sur le
territoire des actuelles France, Suisse et Belgique. Les langues gallo-romanes résultent de
l'évolution, sous l'influence de langues germaniques, tel que le vieux-francique des Francs,
du latin populaire parlé en Gaule par les Gallo-Romains. Ces derniers formaient un ensemble
de peuples d'origines principalement celtes qui furent progressivement romanisés à la suite
de la conquête romaine de la région, terminée aux alentours de 52 av. J.-C. En 843,
l'historien franc Nithard, petit-fils de Charlemagne, produit ce qui est considéré comme le
premier texte connu en langue française. Il s'agit d'une chronique qui retranscrit les serments
d'alliance, prononcés à Strasbourg l'année précédente, par Louis le Germanique, premier
souverain allemand.

Durant le Moyen Âge européen, en particulier entre le Xe et le XIIIe siècle, alors que le système
de déclinaisons de l'ancien français s'effondre, les langues d'oïl commencent à se diffuser
hors de leur domaine d'origine du fait des invasions normandes des îles Britanniques, du sud
de l'Italie ou bien des croisades qui, en établissant des États latins au Levant, font du français
une base de la lingua franca méditerranéenne. En 1539, par l’ordonnance de Villers-
Cotterêts, le moyen français, langue maternelle des dynasties capétiennes, devient la langue
juridique et administrative en France. À la même période, il commence à se diffuser plus
massivement hors d'Europe, d'abord en Amérique, puis en Afrique, en Asie et en Océanie,
sous l'effet de l'expansion des empires coloniaux français puis belge. À partir du XVIIe siècle,
dans les océans Atlantique, Indien et Pacifique, les déportations de populations pratiquées
par les empires européens vers leurs colonies amènent, dans un contexte principalement
d'esclavage, à la formation de nombreux créoles à base lexicale française.

En 1794, par le décret révolutionnaire du 2 thermidor an II et bien qu'il ait été, sous l'Ancien
Régime, la langue des cours royales et princières européennes, le français classique, langue
des Lumières, devient la seule langue officielle de la Première République française14. Une
des particularités du français se trouve dans le fait que son développement et sa codification
ont été en partie l'œuvre de groupes intellectuels, comme la Pléiade, ou d'institutions,
comme l'Académie française. Le français est ainsi souvent considéré comme une langue
« académique ». À partir du XIXe siècle, et malgré quelques réformes au cours des siècles
suivants, son orthographe codifiée commence à se figer. Elle est considérée comme
transparente dans le sens de la lecture, mais opaque dans le sens de l'écriture. Au cours du
XXe siècle, le français devient une langue d'envergure mondiale en même temps qu'il
s'émancipe de l'Europe : à partir de ce siècle le nombre de francophones vivant hors
d'Europe dépasse le nombre de locuteurs sur le continent d'origine de la langue.

Entre le 16 mars et le 20 mars 1970 et sous l'impulsion de ceux qui deviendront les « cinq
pères fondateurs de la Francophonie » — Léopold Sédar Senghor, poète, écrivain et premier
:
président de la république du Sénégal, Habib Bourguiba, avocat et premier président de la
République tunisienne, Hamani Diori, professeur et premier président de la république du
Niger, Norodom Sihanouk, roi du Cambodge et Jean-Marc Léger, écrivain et journaliste
canadien — a lieu, dans la salle des séances de l'Assemblée nationale du Niger, la
conférence de Niamey. Celle-ci, une des premières conférences réunissant les
gouvernements des états francophones, établit l'Agence de coopération culturelle et
technique, le premier organisme intergouvernemental francophone, et jette ainsi les bases
pour la création d'une Organisation internationale de la francophonie (OIF) qui réunit les
peuples partageant la langue française. En 1988, en commémoration de cet évènement, les
États membres de l'Organisation font du 20 mars la Journée internationale de la
francophonie.

En 1989, ont lieu au Maroc les premiers jeux de la Francophonie qui réunissent pour la
première fois les athlètes de la communauté francophone autour de la langue qu'ils
partagent. En 1997, à Hanoï, capitale du Viêt Nam, les États francophones adoptent la Charte
institutionnelle de la Francophonie qui sera complétée en 2005 à Antananarivo, capitale de
Madagascar, par la Charte de la Francophonie. Ces deux chartes présentent l'importance du
multilinguisme pour le monde francophone, les valeurs de solidarité, d'égalité et de fraternité
entre les peuples qui doivent être véhiculées par la langue française, vecteur de progrès et
de modernité, ainsi que le rôle actif que doivent exercer les francophones pour la
préservation de la diversité linguistique et culturelle. En 2010, l'Organisation des Nations
unies déclare que le 20 mars de chaque année sera observée à travers le monde la Journée
de la langue française en souvenir de la conférence de Niamey. Les organisations
francophones proposent autour de cette date des semaines d'échanges et de discussions
souvent appelées « Semaine de la langue française et de la francophonie ».

La langue française est un attribut culturel souverain pour de nombreux peuples et États
comme en France où depuis 1992 « la langue de la République est le français » ou au
Québec où depuis 1977 elle « permet au peuple québécois d’exprimer son identité ». Elle est
également le principal véhicule des cultures francophones dans le monde et le moyen
principal d'expression de leurs pensées. La langue, parfois surnommée « langue de
Molière15 », ne cesse de s'enrichir que ce soit de façon formelle, par des décrets par
exemple, mais aussi de façon informelle.

Origines : vocabulaire et étymologie

Articles détaillés : Histoire de la langue française et ancien


:
français.

Formation du français
La majorité du fonds lexical français provient du latin (en tant que langue-mère) ou bien est
construit à partir des racines gréco-latines. De nombreux termes possèdent un doublon de
même étymologie, l'un ayant évolué à travers les siècles à partir du latin populaire tandis que
l’autre est emprunté directement au latin classique : métier/ministère, façon/faction,
raide/rigide, froid/frigide, frêle/fragile, rançon/rédemption, raison/ration, poison/potion,
chance/cadence, etc. Souvent l'invention de mots à partir d'un mot bien français passe par
un emprunt à sa forme en latin classique : mère/maternel, frère/fraternel, cheveu/capillaire,
foi/fidèle, œil/oculaire, sûr/sécurité, siècle/séculaire, etc. Un changement de paradigme16 en
étymologie romane remplace la méthode traditionnelle fondée sur les données du latin écrit
par celle de la méthode comparative, dans le but de rebâtir l'étymologie proto-romane du
noyau commun du lexique héréditaire roman, nuançant ainsi l'idée selon laquelle « la
majorité du fonds lexical français provient du latin »Note 1.

On ignore jusqu'à quel point la langue gauloise a pu influencer le français. Son apport lexical
se réduirait à une centaine de mots, tels que char/charrue, mouton, crème, dont une partie
proviendrait d'emprunts du latin au gaulois. L'étymologie de ces expressions n'est d'ailleurs
pas toujours assurée. Quant à son influence sur la syntaxe et la prononciation, elle est
également indéterminée. Ces langues gauloises sont soumises à de fortes influences celtes.
Elles ont aussi apporté des évolutions phonétiques spécifiques, tel le son u, ou le suffixe -ons
à la première personne du pluriel. Puis, la conquête franque, et plus largement germaine, a
enrichi notre langue d'un bon millier de termes, comme dans le domaine de la guerre (guerre,
butin, galoper, éperon, hache, heaume...) ainsi que d'autres évolutions phonétiques, comme
le h "aspiré" (haine, harnais, hêtre...)17.

Le francique, en tant que substrat, a laissé également quelques mots importants (gris, blanc,
blond, bleu, etc.), et aurait fortement influencé la prononciation du protofrançais, puis des
langues d'oïl.

Les termes utilisés au Moyen Âge pour désigner les langues d'oïl dans leur ensemble sont
franceis (dès le Xe siècle), puis françois et roman (essentiellement jusqu'au XIIe siècle). Il est
notable que les termes normand, picard, lorrain, bourguignon n'apparaissent jamais dans les
textes médiévaux avant le XIVe siècle pour désigner les variantes l'ancien français, attestant
du sentiment d'unité linguistique du Nord du royaume durant la période médiévale. Ainsi,
l'historien normand Wace, dans son Roman de Rou, utilise concurremment les termes de
franceis et rumanz, mais pas celui de « normand »18 ; de même, le romancier médiéval
:
Chrétien de Troyes, d'origine champenoise, désigne sa langue comme la « langue
françoise »19. Le terme de « français » n'est donc nullement limité à la langue du seul
domaine royal. De la même façon, si le terme de « Français » désigne essentiellement les
habitants des terres situées sous le contrôle direct du roi par opposition aux Normands,
Bourguignons ou Picards, cet usage n'est pas exclusif ; ainsi, la tapisserie de Bayeux désigne
les troupes du duc de Normandie parties conquérir l'Angleterre en 1066 sous le terme latin
générique de Franci (les Français) et non de Normanni, ces troupes étant originaires de tout
le Nord du royaume. L'emploi de ces usages concurrents n'est pas sans créer des
ambiguïtés dans les textes médiévaux ; ainsi, Roger Bacon, désignant le français sous le
terme latin de lingua Gallicana (traduisible par « langue française »), indique qu'elle est
parlée à la fois par les Picards, les Bourguignons, et les Français « purs » (puros Gallicos),
c'est-à-dire les Français du domaine royal20, par opposition à un terme plus générique de
Gallicos, Français, comprenant l'ensemble de la zone linguistique d'oïl, ou plus généralement
tous les habitants du royaume. Il indique que les mots des uns « horrifient » les autres,
donnant une idée des divergences entre les différents dialectes de l'ancien français.

Le français parlé aujourd'hui tire son nom de cet ancien franceis, langue-toit regroupant
l'ensemble des dialectes d'Oïl (franceis [frãntsëé] → françoys/françois [frãswé] → français
[frãsé]). Le terme de « langues d'oïl », apparu au XIIIe siècle (l'une de ses premières
occurrences figure chez Dante21) ne se répand véritablement qu'au XIVe siècle, époque où la
variante d'Île-de-France l'emporte sur les variantes régionales au point que le terme de
français finit par ne désigner que celle-ci. Cette variante francilienne est parfois désignée par
le terme francien, inventé en 1889 par Gaston Paris, un linguiste français, pour le distinguer
des autres variantes de la langue d'oïl. Ces autres variantes se sont progressivement
affaiblies au fur et à mesure que le français prenait du prestige, en grande partie également
en raison de leur proximité avec celle-ci. À l'inverse, malgré un recul encore constaté, les
langues ou dialectes romans non d'oïl (variétés de l'occitan, franco-provençal/arpitan,
royasque, ligure, corse) et les langues non romanes (breton, flamand, francique lorrain,
alsacien, basque) persistent ou résistent mieux en raison de leur plus grand éloignement
avec le français. Aujourd'hui, la plupart des langues d'oïl autres que le français sont en voie
de disparition.

Le français s'est enrichi du contact avec les autres langues d'oïl (notamment du normand
pour ce qui est des termes maritimes), mais aussi des autres langues parlées sur le territoire
français, en particulier de l'occitan. L'influence d'autres langues, dont l'arabe, l'italien, le turc,
les langues autochtones et créoles d'outre-mer et des anciennes colonies françaises a été
déterminante dans l'évolution du français, de même que le sont aujourd'hui les apports
venus de l'anglais et des langues natives des immigrants des pays voisins ou plus lointains,
mais aussi des pays francophones.
:
Emprunts plus récents, néologismes et évolution
de l'orthographe

Article détaillé : Emprunt lexical.


Les emprunts plus récents à d'autres langues sont assez nombreux : d'abord à l'anglais
(même anciens : nord, sud), puis à l'italien, aux autres langues romanes, aux langues
germaniques tels que l'allemand ou le néerlandais (ainsi boulevard vient du hollandais ou du
flamand bolwerk). L'arabe a fourni, et fournit encore quelques mots : chiffre, coton,
amalgame, amiral, sucre, alcool, algèbre, toubib, bled, etc.22.

La linguiste Henriette Walter estime à moins de 13 % (soit 4 200 mots23) la part des mots
d'origine étrangère dans la langue française courante parmi les 35 000 mots que comporte
un petit dictionnaire d'usage. Ces mots viennent pour 1 053 d'entre eux de l'anglais, 698 de
l'italien, 544 du proto-germanique, 481 des anciennes langues gallo-romanes, 215 de
l'arabe, 164 de l'allemand, 160 du proto-celtique, 159 de l'espagnol, 153 du néerlandais, 112
du persan et du sanskrit, 101 des langues amérindiennes, 89 de diverses langues asiatiques
orientales (dont le chinois ou le japonais, mais aussi certaines langues môn-khmer), 56 de
diverses langues chamito-sémitiques, 55 de langues slaves ou baltes et 144 d'autres
langues diverses (dont les langues malayo-polynésiennes ou langues nigéro-congolaises)24.

Toutefois, cette proportion relativement faible d'emprunts dans le vocabulaire courant ne


rend pas compte de la pénétration de termes en anglo-américain dans le domaine des
affaires, où les États-Unis exercent une forte domination, domaine par ailleurs très
stratégique25.

De nombreux néologismes ont également été formés à partir de mots grecs ou latins.
Peuvent être cités mètre, gramme, phobie et leurs dérivés (kilomètre, milligramme, etc.), ainsi
que des mots plus récents comme cinéma, logiciel, domotique, etc.

D'autres sont des calques ou des adaptations de l'anglais, par exemple baladeur inventé
pour remplacer l'anglais walkman et discman.

De nombreux néologismes ont également été inventés pour se substituer aux mots anglais,
comme :

informatique, inventé en 1962, mot-valise formé par


contraction des deux mots information et automatique ;
:
pourriel, pour remplacer spamNote 2.
Certains néologismes proviennent d'Amérique du Nord, où l'Office québécois de la langue
française est très actif :

courriel, pour remplacer e-mailNote 3 ;


clavardage, pour remplacer chatNote 4 ;
égoportrait, pour remplacer selfieNote 5 ;
baladodiffusion, pour remplacer podcastingNote 6 ;
bouquineur, pour remplacer liseuseNote 7 ;
livrel, pour remplacer livre numériqueNote 8.
Certains néologismes sont plutôt utilisés dans les provinces francophones du Canada et leur
diffusion en France ou ailleurs peut être plus ou moins grande.

Histoire

Articles détaillés : Histoire de la langue française et


Francisation.
À l'époque de la conquête de la Gaule par les armées romaines de Jules César en
52 av. J.-C., excepté l'Aquitaine de langue proto-basque, la Gaule était majoritairement
peuplée de tribus gauloises qui parlaient des langues celtiques certainement apparentées et
probablement mutuellement compréhensibles. Il n'existait donc pas une mais plusieurs
langues gauloises (exemples : le belge, le gaulois transalpin, le gaulois cisalpin), qui n'étaient
que très rarement écrites. La langue des Romains, le latin, connaissait l'écriture, et en tant
que langue de l'autorité et langue de prestige, le latin vulgaire proche des Gaulois fut peu à
peu adopté par tous au cours des siècles qui suivirent la conquête du pays en 51 av. J.-C.

La version romane de 843 des Serments de Strasbourg de 842 est le premier texte écrit en
langue d'oïl, dérivée du Bas latin et remodelée à la suite de l'établissement des Germains,
principalement des Francs (d'où l'appellation du français), dans le nord de la Gaule. La
première mention de l'existence d'une langue romane date de 813, lors du Concile de Tours,
qui la nomme lingua romana rustica, « langue romane rustique ». Il faut attendre vers 880
:
pour voir apparaitre le premier texte littéraire en langue française (dans une variante
vraisemblablement picarde), la Séquence de sainte Eulalie.

La situation linguistique de la France est par ailleurs mal connue avant le Xe siècle. À partir de
cette période cependant, le morcellement linguistique du territoire est bien attesté, avec
différentes langues régionales suivantes :

la langue d'oïl ou français, dans le nord (dont sont


également issus entre autres le picard, le normand,
l'angevin, le champenois), langue plus influencée par les
langues germaniques que les autres idiomes de France ;
l'occitano-roman (occitan ou langue d'oc et catalan)
dans le sud avec le limousin, l'auvergnat, le languedocien,
le gascon, le provençal, le vivaro-alpin : les parlers de
cette région, qui baignent durant des siècles dans la
culture romaine et ont conservé le droit romain, se
rapprochent davantage du latin (« oc » et « oïl »
signifiant « oui ») ;
le francoprovençal (ou arpitan) avec par exemple les
parlers de Savoie, lyonnais, dauphinois autour de
Grenoble, forézien (région de Saint-Étienne), de Suisse
romande aussi.

Carte des langues de


France continentale
:
La période qui s'étend de la fin du XIe siècle au début du XIVe siècle correspond à une
période de rayonnement du français médiéval. Le français devient une langue internationale,
parlée dans toutes les cours d'Europe, ce qui influença toutes les langues européennes. Elle
devient une « lingua franca », les lois sont rédigées en français, la langue de la diplomatie est
le français.

Le français, sous sa forme dialectale normande, est introduit en Angleterre dans le sillage de
la conquête de ce pays par Guillaume le Conquérant en 1066, et son usage y durera plus de
trois cents ans. Le vocabulaire anglais en conserve un important héritage : 50 % à 60 % du
contenu lexical anglais provient de langues d'oïl de façon générale, principalement des
dialectes de Normandie et d'Île-de-France26. On dit qu'à cette époque le français était plus
utilisé en Angleterre qu'en France27,28,29.

Dès le XIIe siècle, le français a une influence dans la littérature médiévale italienne.

La langue française commence à prendre de l'importance dès 1250, lorsque Saint Louis
commande une traduction de la Bible en français.

L'Académie française

À la fin du XIIIe siècle, c'est en langue d'oïl que le chroniqueur vénitien Martino Canal rédige
sa Chronique des Vénitiens et assure, que « la langue française court le monde30. »

Vers 1256, le célèbre philosophe et chancelier florentin Brunetto Latini (1220-1294) écrit en
langue française son Livre du Trésor et s'en explique en déclarant que c'est là « la parlure
plus délictable et commune à toutes gens31. »

C'est au XIIIe siècle qu'apparurent des œuvres littéraires en français. En 1296 ou 1298, Marco
Polo dicte ses récits de voyages en français dans la prison de Gênes32,33.

Au Moyen Âge, les devises royales étaient le plus souvent en français, par exemple celle du
prestigieux Ordre de la Jarretière : « Honi soit qui mal y pense » et celle de la monarchie
britannique : « Dieu et mon droit ». La devise des Pays-Bas est « Je maintiendrai ».

En 1346, pendant la guerre de Cent Ans, à Crécy, Édouard III roi d'Angleterre ne connaît pas
d'autre langue que le français, comme son adversaire le roi de France34. En 1362, l'anglais
remplace le Law French en tant que langue officielle des tribunaux via l'acte des tribunaux
:
anglais de 136235. Le discours judiciaire peut désormais être compris de tous et non la seule
noblesse. La même année, l'anglais commence à être utilisé au Grand Conseil36. C'est en
1385 que l'anglais remplace officiellement le français dans les grammar schools37. Le
français laisse ainsi l'anglais reprendre sa place en Angleterre.

Le Catholicon (du grec Καθολικόν, universel) est le premier dictionnaire trilingue rédigé en
breton, français et latin. Il est ainsi l'un des premiers dictionnaires de breton et de français38.
Ses six mille entrées furent rédigées en 1464 par Jehan Lagadeuc et imprimées par Jehan
Calvez le 5 novembre 1499 à Tréguier à l'initiative de Maitre Auffret Quoatqueveran,
chanoine de Tréguier.

François Ier, roi de France

signa en 1539
l'ordonnance de Villers-
Cotterêts.

À Aoste est rédigé en 1532 le premier acte notarié en français39. Dans le contexte des États
de Savoie, les procès-verbaux officiels de l'Assemblée des États, puis du Conseil des
Commis, passent du latin au français dès 1536, soit trois ans avant la France40,41,42.

C'est en 1539 que débute officiellement la francisation de la France avec la proclamation de


l'ordonnance de Villers-Cotterêts, signée par François Ier : elle impose le français comme
langue du droit et de l'administration en France, en remplacement du latin. Cependant27, il ne
faut pas en conclure que tous les Français parlent cette langue : les historiens estiment que
10 % à 20 % de la population parle la langue du roi au XVIe siècle43. Bien que l'ordonnance
soit relativement longue avec ses 192 articles44, seuls les articles 110 et 111 concernaient la
langue :
:
Copie du préambule et
des articles toujours
appliqués de l'ordonnance
de Villers-Cotterêts.

Texte original :

110. Que les arretz soient clers et entendibles et afin qu'il


n'y ayt cause de doubter sur l'intelligence desdictz Arretz,
nous voullons et ordonnons qu'ilz soient faictz et escriptz
si clerement qu'il n'y ayt ne puisse avoir aulcune
ambiguite ou incertitude, ne lieu a en demander
interpretacion.
111. Nous voulons que doresenavant tous arretz,
ensemble toutes aultres procedeures, soient de noz
courtz souveraines ou aultres subalternes et inférieures,
soient de registres, enquestes, contractz, commissions,
sentences, testamens et aultres quelzconques actes et
exploictz de justice ou qui en deppendent, soient
prononcez, enregistrez et delivrez aux parties en langaige
maternel francoys et non aultrement.
En français moderne :

110. Que les arrêts soient clairs et intelligibles, et afin qu'il


n'y ait pas de doutes sur la compréhension desdits arrêts,
nous voulons et ordonnons qu'ils soient faits et écrits si
:
clairement, qu'il n'y ait ni ne puisse avoir aucune
ambigüité ou incertitude, ni lieu à demander
interprétation.
111. Nous voulons donc que dorénavant tous arrêts, et
ensemble toutes autres procédures, qu'il s'agisse de nos
cours souveraines ou autres subalternes et inférieures,
des registres, enquêtes, contrats, testaments et autres
quelconques actes et exploits de justice ou qui en
dépendent, soient prononcés, enregistrés et délivrés aux
parties en langage maternel français et non autrement.

Joachim Du Bellay auteur


en 1549 de la La Défense
et illustration de la langue
française.

En 1549, Joachim Du Bellay écrit La Défense et illustration de la langue française.

Au long du XVIIe siècle, le français s’impose comme langue scientifique et comme langue
d'enseignement. En 1606, publication post mortem du premier dictionnaire de la langue
française « Trésor de la langue française tant ancienne que moderne » de Jean Nicot. Le
Discours de la méthode (1637) de René Descartes constitue une étape importante car il
s'agit d'un des premiers essais philosophiques écrits en français et non en latin comme les
Méditations sur la philosophie première. En réalité, René Descartes avait été censuré dans
ses Méditations métaphysiques ; il avait donc réécrit son livre et l’avait publié sous le nom
Discours de la méthode, en français, sachant que les élites ne liraient pas son livre car écrit
:
en langue vernaculaire tandis que les lettrés ouverts à ses idées pourraient le lire sans
craindre la menace de la censure.

Enfant du latin, le français le remplace en tant que langue internationale au XVIIe siècle avant
de laisser à son tour sa place à l'anglais depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La
cause principale de cette hégémonie française tient à la puissance de l'État français à
l'époque. En 1685, Pierre Bayle peut ainsi écrire que le français est « le point de
communication de tous les peuples de l'Europe »45. Le 6 mars 1714, le traité de Rastatt
marquant la fin de la guerre de Succession d'Espagne est rédigé uniquement en français46.
Le célèbre philosophe et savant allemand, Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716), écrivait le
plus souvent en français.

Le français est parfois


surnommé « langue de
Molière » (Nicolas
Mignard, 1656, musée de
la Vie romantique).

À Saint-Pétersbourg, Catherine II impératrice de Russie (1762-1796) fait rédiger tous les


mémoires de l'Académie en français47.

Frédéric II de Prusse (1740-1786) est un grand amateur de la langue française, il correspond


en français avec Voltaire et écrit son autobiographie en français48, il ira jusqu'à remplacer le
latin par le français à l'Académie de Berlin49.

En 1777, le marquis de Caraccioli publie un livre intitulé L’Europe française ou Paris, le


modèle des nations étrangères. En 1783, l'Académie de Berlin proposait, comme thème de
concours aux écrivains, le sujet suivant : « Qu'est-ce qui a rendu la langue française
universelle ? »50,51.

En 1892, le premier journal communautaire au monde est inventé en Australie, il est appelé
Le Courrier australien52.

En 1911, Jacques Novicow rédige un article53 nommé Le Français, langue auxiliaire de


l'Europe. Cet article explique pourquoi le français devrait devenir la langue véhiculaire de
:
toute l'Europe54.

La maintenance de la langue française est suivie par : l'Académie française, la Délégation


générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF), le Service de la langue
française (Belgique), l'Office québécois de la langue française (OQLF), les Conseils
supérieurs de la langue française de France, de Belgique et du Québec.

En 1985, la chaine francophone internationale TV5 Monde est fondée. Malgré des débuts
très humbles, la chaîne grossit très rapidement et devient dans les années 2000 l'un des
trois plus grands réseaux mondiaux de télévision, aux côtés de MTV et de CNN55. En 2010,
elle est surnommée « la plus grande classe de français du monde »56.

Dans le monde

Articles détaillés : Répartition géographique du français,


Francophonie, Liste des pays ayant le français pour langue
officielle et Francisation.

Le français dans le monde


Langue maternelle (créoles inclus)
Langue officielle
langue administrative, d'enseignement et de travail
langue importante, seconde et/ou de culture
:
Variétés régionales de la langue française dans le
monde [réf. nécessaire].

Les dix pays francophones les plus peuplés en 201857.


Note : « RDC » désigne la République démocratique du
CongoNote 9.

Les dix premiers pays francophones, en 2018, d'après


l'Organisation internationale de la francophonie, selon le
nombre de personnes sachant lire et écrire le français57
Note : les personnes sachant parler le français mais ne
sachant pas le lire et l'écrire ne sont pas incluses58.
:
Afrique francophone :
Pays généralement considérés
comme francophones.
La population de ces pays s'élevait à
488 millions d'habitants en 202359
et devrait atteindre entre 870 et 879
millions d'habitants en 2050 d'après
les projections de population60,59.
Pays parfois considérés comme
francophones.
Pays non francophones mais qui
sont membres ou observateurs de
l'OIF.

Pourcentage de locuteurs
francophones par pays
africain selon l'OIF en
202361 :
0-10%

11-20%

21-30%

31-40%

41-50%

>50%

En Europe, le français est la principale langue maternelle en France (pays avec la plus grande
population ayant cette langue pour langue maternelle62), en Belgique (en Wallonie et dans la
région de Bruxelles-Capitale), à Monaco, au Luxembourg (où il est l'une des trois langues
officielles du pays), en Suisse romande (le français est l'une des quatre langues officielles de
:
la Suisse) et en Vallée d'Aoste (Italie).

En Amérique, le français est langue maternelle dans plusieurs provinces et territoires du


Canada (principalement dans la province de Québec, dans une grande partie du Nouveau-
Brunswick, mais aussi en Ontario, en Nouvelle-Écosse, à l'Île-du-Prince-Édouard, au
Manitoba, au Yukon…), à Saint-Pierre-et-Miquelon (France), aux États-Unis (notamment en
Louisiane et au Maine), en Guyane française, et, avec le créole, en Haïti et aux Petites Antilles
(Guadeloupe, Martinique, Saint-Barthélemy, Saint-Martin).

Répartition des

francophones natifs dans


6 pays en 2021.

En Afrique, dans les pays dont il est langue officielle, il est parlé comme première langue
surtout dans les milieux urbains. Ainsi, il existe des villes où les francophones natifs sont
majoritaires en Côte d'Ivoire (Abidjan/Yamoussoukro)63, au Gabon (Libreville), au Cameroun
et au Congo64. Dans de nombreux pays d'Afrique du Nord, d'Afrique de l'Ouest, et d'Afrique
centrale, le français est souvent parlé comme deuxième langue, comme en République
démocratique du Congo, pays francophone le plus peuplé du monde65 (le français y est
toutefois maitrisé à des degrés très divers par la population)66, l'un des 28 pays ayant le
français pour langue officielle ou co-officielle67.

Les pays africains francophones totalisent 488 millions de personnes en 2023, soit 33,6 %
de la population du continent africain59. Leur population devrait atteindre entre 870 millions
et 879 millions d'habitants en 2050 pour une population totale du continent africain de 2,5
milliards d'habitants, soit 35,0 % à 35,3 % de la population du continent60,59. D'ores et déjà,
il y a plus de francophones en Afrique qu'en Europe68.

Ces pays ont pour la plupart fait partie des anciens empires coloniaux de la France et de la
Belgique. Le français est également langue officielle à Djibouti. Dans l'Océan Indien, le
français et des créoles français sont parlés à La Réunion, aux Seychelles et à l'île Maurice, et
est langue officielle à Mayotte, aux Comores et à Madagascar. Il est aussi la langue des
Terres australes et antarctiques françaises (bien que celles-ci soient inhabitées, elles
reçoivent la présence de scientifiques et de militaires), où s'est développé un dialecte dit
Taafien. En Océanie, le français est langue maternelle en Nouvelle-Calédonie, avec les
langues kanak, et est parlé en Polynésie française, à Wallis-et-Futuna et au Vanuatu. En Asie,
le français est encore présent à Pondichéry (Inde), ainsi qu'au Liban et comme langue de
:
culture au Viêt Nam, au Laos et au Cambodge.

Le nombre de francophones (dans sa définition « sachant lire et écrire le français » incluant


ceux qui parlent le français comme langue étrangère mais excluant arbitrairement ceux
sachant juste le parler car ces statistiques sont difficiles à obtenir) dans le monde ne cesse
d'augmenter passant de 106 millions en 198569 à 173,2 millions en 199770, 200 millions en
200571 et 300 millions en 201872. Dès 2015 « l'espace francophone » — dans lequel on
inclut toute la population des pays pour lesquels le français a le statut de langue officielle —
dépassera en population l'espace hispanophone et deviendra le 3e au monde après
l'anglophone et le sinophone73. De plus, les prévisions augurent une évolution exponentielle
du nombre de francophones en fonction de l'éducation en Afrique, le nombre de
francophones devrait atteindre 400 millions en 2025 puis 715 millions en 205074, c'est-à-
dire être multiplié par quatre, alors que la population mondiale ne croitrait que de 1,575,76.
Divers scénarios possibles ont été étudiés et le nombre de francophones en 2060 pourrait
varier de 368 millions pour le plus pessimiste à 1,2 milliard pour le plus optimiste77.

La population francophone en explosion démographique devrait donc passer de 3 % en


2000 à plus de 8 % de la population mondiale en 205078.

La francisation dans le monde se fait aussi ressentir dans le fait que de plus en plus de pays
rejoignent l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Alors que l'OIF ne comptait
que 21 pays à sa fondation en 1967 (appelée anciennement Assemblée parlementaire de la
francophonie), elle en compte 75 en 2010 (les derniers étant les Émirats arabes unis, la
République dominicaine, le Monténégro, la Bosnie-Herzégovine et l'Estonie en 2010)79, ce
qui en fait la plus grande organisation linguistique mondiale.

Dans les années 2000-2010, le français est appris comme langue étrangère dans de
nombreux pays. Il semble même être la langue dont le nombre de locuteurs augmente le plus
rapidement (en pourcentage) dans le monde80, grâce au rayonnement international du
français mais aussi au fait que les populations des pays composant la francophonie ne
parlent pas toutes français, sans oublier que le français est la seule langue parlée sur tous les
continents, avec l'anglais81.

Le français est aussi la langue étrangère la plus apprise après l'anglais82,83. Les personnes
apprenant le français sont aussi en forte augmentation, près de 30 % entre 1994 et 200484
tous continents confondus, l'Afrique étant en tête avec une augmentation de 60,37 % de
1994 à 2002, passant de 32 808 681 francophones en 1994 à 52 617 368 en 200285 et de
62 % de 1994 à 2004, suivie de l'Asie avec une augmentation de 48,8 % de 1994 à 200486.

En 2008, l'espace francophone représentait 20 % du commerce mondial des marchandises,


en augmentation par rapport à 200587. En 2008, les soixante-dix États et gouvernements de
:
l'OIF totalisent 870 millions d'habitants, soit 13 % de la population mondiale88.

En 2005, le nombre de personnes en contact avec la langue française était estimé à 250-
300 millions ; ce nombre était censé atteindre 500 millions en 201089.

Le français est la langue officielle de nombreux pays. Il est largement utilisé dans un certain
nombre d'autres pays. Une partie des nations utilisant cette langue est regroupée au sein de
la « francophonie ». Dépassant le seul cadre linguistique, le Haut Conseil de la francophonie
est une plateforme d'échanges impliquant un tiers des pays de la planète. Ce mouvement
confirme une redéfinition de la place du français dans le monde. En 2010, une estimation du
ministère français des affaires étrangères évalue à environ 200 millions le nombre de
personnes capables de parler en français dans le monde90.

En 1998, le Haut Conseil de la francophonie estimait les francophones « réels » à


112,6 millions auxquels il convient d'ajouter 60,6 millions de francophones qualifiés de
« partiels » ou « occasionnels », soit 173,2 millions de francophones. De plus, 100 à
110 millions de « francisants », qui, d'après le rapport officiel, « ont appris le français
pendant plusieurs années et en ont gardé une maitrise variable ou qui sont amenés à le
pratiquer, même partiellement, pour leur métier. » Le même type d'étude avait été mené par
ce même organisme en 1989 (rapport publié en 1990) avec 104,6 millions de francophones
« réels » recensés et 54,2 millions de « partiels », soit 158,8 millions de francophones. La
progression enregistrée est importante avec un gain de 14,4 millions en 9 ans. Deux millions
de ces « nouveaux » francophones sont des Français, mais la majeure partie est localisée
sur le continent africain. La République démocratique du Congo est d'ailleurs le premier pays
francophone du monde91. En extrapolant ces chiffres, le nombre des locuteurs
« francophones natifs » peut être estimé à 115 millions en 2010 et 85 millions ceux qui ont
appris le français, soit un total de 200 millions de personnes aptes à s'exprimer en
français90.

Graffiti sur l'avenue Habib-


Bourguiba à Tunis en mars 2012.

Bien qu'il soit difficile de mesurer avec précision le nombre total de locuteurs d'une langue
donnée, le français figure parmi les 10 langues les plus parlées du monde et la deuxième
langue la plus rayonnante après l'anglais ainsi que la langue la plus enseignée après
l'anglais92. La version française de l'encyclopédie Wikipédia est la 5e en nombre de pages et
:
la 6e en nombre de consultation93.

Les projections des Nations unies ont développé plusieurs scénarios afin d'évaluer
différentes hypothèses sur l'avenir de la francophonie. Les deux plus plausibles sont la plus
optimiste et la plus pessimiste. L'avenir de la langue dépendant énormément du
développement de l'éducation en Afrique, le nombre de locuteurs peut donc sensiblement
varier94. Selon le scénario le plus pessimiste, se basant simplement sur les chiffres actuels et
les changements démographiques, les francophones seraient 300 millions de personnes
dans le monde. Selon le scénario le plus optimiste, les chiffres seraient totalement différents.
Avec l'éducation pour tous et l'importante croissance démographique de l'Afrique, on [Qui ?]
estimerait le nombre de locuteurs francophones à plus de 680 millions. Bien sûr, cela ne se
fera pas sans l'aide des pays francophones du nord95. Le poids démographique des
francophones dans le monde prendrait alors une tout autre mesure : 8 % de la population
mondiale serait francophone en 2050 contre 2,9 % aujourd'hui. Dans la perspective d'une
scolarisation des pays du sud, les Africains représenteraient plus de 80 % du nombre total
des francophones, tandis que les Européens n'en représenteraient plus que 11 %96. Cela
démontre l'importance et le poids de l'Afrique dans la francophonie, ainsi que l'importance
de l'éducation dans ce même continent.

Le français est enseigné dans de nombreuses universités partout à travers le monde et il jouit
d'un rayonnement notamment dans les mondes diplomatique, journalistique, judiciaire et
universitaire.

Dans trois pays anglophones que sont le Canada anglais, le Royaume-Uni et l'Irlande, le
français conserve le privilège d'être la première langue étrangère enseignée et loin devant
les autres langues. Aux États-Unis, le français est la deuxième langue étrangère apprise,
mais loin derrière l'espagnol97. En Australie, dont le Japon est le deuxième partenaire
économique, il est devancé de peu par le japonais.

Savoir si l'apprentissage du français est encore pertinent aujourd'hui ou déterminer s'il sera
une langue importante dans le futur sont des questions présentes dans l'actualité. À titre
d'exemple, on peut citer le débat médiatique récent à New York. Le 30 janvier 2014, le New
York Times publiait un article qui mentionnait une hausse de l'enseignement du français
dans la ville, notamment au sein de programmes bilingues où seulement l'espagnol et le
mandarin sont plus importants98. Quelques jours plus tard, le linguiste John McWhorter (en)
attaquait frontalement l'article du New York Times sur son blog New Republic99. Selon lui,
l'apprentissage du français par les Américains est une caractéristique sociale qui s'ancre
dans une vision dépassée où le français était encore la langue la plus parlée en Europe et où
l'immigration n'avait pas encore explosé aux États-Unis. Pour McWhorter, il est aujourd'hui
beaucoup plus cohérent que les jeunes Américains apprennent des langues comme le
:
mandarin, l'espagnol, l'arabe ou encore le hindi. Pour autant, dans une étude parue en mars
2014 et reprise par le magazine Forbes100, la banque d'investissement Natixis affirme que le
français pourrait être d'ici à 2050 la langue la plus parlée au monde, notamment en raison de
sa propagation rapide dans certaines zones où la population augmente très vite,
particulièrement au sud du Sahara.

Proportion de francophones dans diverses


grandes villes
Pourcentage de personnes sachant lire, écrire et parler le français dans les grandes villes de
la francophonie :

Paris 99 % (2010) ;
Abidjan 99 % (2009)91 ;
Libreville 99 % (2010)91 ;
Douala 99 % (2010)91 ;
Kinshasa 92 % (2009)91 ou 13 % (2010 ; 8 % en
2008)101 ;
Montréal 91,4 % (2016)102 ;
Bruxelles 88,5 % (2013)103 ;
Genève 75,8 % (2000)104 ;
Dakar 74 % (2010) ;
Bamako 65 % (2010)91 ;
Casablanca 47 %
Alger entre 30 et 45 % [réf. nécessaire].
:
Langue officielle et langue de travail

Le français est une langue


internationale qui, dans la
liste hiérarchique des
langues d'Abram de
Swaan (en), fait partie des
langues
« supercentrales »105.
Traduction de l'image :
une langue hypercentrale
(anglais) ; 13 langues
supercentrales (arabe,
mandarin, anglais,
français, allemand, hindi,

japonais, malais,
portugais, russe,
espagnol, swahili, turc) ;
langues centrales (environ
100) ; langues
périphériques (toutes les
autres, 98 % des langues
du monde).

Articles connexes : Liste des pays ayant le français pour


langue officielle et Liste d'organisations internationales
ayant le français comme langue officielle.

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En 2016, le français est langue officielle de jure de 28 États et territoires dans le monde.
:
Diffusion dans les sciences et les techniques

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Diffusion dans les relations internationales


Le français est la deuxième langue la plus fréquemment utilisée dans les rencontres
internationales. Le français est usité pour la diplomatie du Saint-Siège, le Vatican étant
enregistré comme État francophone auprès des organisations internationales106.

Influence dans d'autres langues

L'origine des mots anglais se


décompose comme
suit107,108:

Latin ≈29%
Français (d'abord français
anglo-normand, puis ≈29%
français)
Germanique ≈26%
Grec ≈6%
Autres ≈10%

Du XIVe siècle jusqu'aux années 1920, le français était la langue la plus utilisée dans des
contextes de communication internationale (surtout la diplomatie), d'abord en Europe puis
dans le monde entier à partir du XVIIe siècle109. C'est pour cela que l'on retrouve des mots
français dans beaucoup de langues. Mais la langue la plus francisée est sans aucun doute la
langue anglaise à la suite de la conquête normande de l'Angleterre : son lexique est composé
:
de près de 30 % de mots français, principalement du vieux français et du français anglo-
normand110, Hervé Lavenir de Buffon avance même le chiffre de 70 % à 72 %111,112. En outre,
de nombreuses expressions françaises sont utilisées en anglais113.

Particularités dialectales du français de France

Articles détaillés : Français de France, Francisme


(linguistique) et Variétés régionales du français.
Le français est la langue officielle de la République française selon l'article 2 de la
Constitution de 1958, qui précise : « La République participe également au développement
de la solidarité et de la coopération entre les États et les peuples ayant le français en
partage », dans l'article 87 de la Constitution.

Le français parlé de Paris a remplacé chez la presque totalité des locuteurs de la zone d'oïl
les variétés locales de francilienNote 10. Les différences entre le français d’un jeune Normand
et d’un jeune Parisien, par exemple, seront dans la plupart des cas minimes au regard de la
diversité qui a existé historiquement en France dans le francilien même.

Le français d'Île-de-France, choisi pour codifier la langue, a constitué pendant longtemps la


norme du français pour l'ensemble des francophones dans le monde, et continue d'exercer
une influence sans pareille sur la langue française prise en son entier. C'est pour cette raison
que les francophones débutants le prennent souvent comme point de référence auquel
d'autres variétés de français peuvent être comparées.

Francophone belge
parlant en français et en
anglais

Toutefois, certaines évolutions récentes du français de France par rapport à la norme


traditionnelle du français, qui sont acceptées en France et même entérinées dans les
dictionnaires (dont la quasi-totalité est publiée en France), ne passent pas inaperçues au
Canada. Pour ce qui est de la prononciation, on peut penser par exemple à la suppression du
l géminé dans « collègue », la prononciation du mot « août », ou l'homophonie des
:
mots « brin » et « brun ».

3:10
Journal télévisé de RDC
en français

Un régionalisme caractéristique du français de France est appelé « francisme ». Voir aussi le


débat sur la norme du français québécois.

Exemple d’un homme qui


parle avec un accent
canadien

La variation régionale du français peut être abordée de deux manières :

en considérant que le français est un synonyme de la


langue d'oïl, ce qui implique que tous les dialectes
romans du domaine d'oïl sont des variétés dialectales du
français (voir l'article Langue d'oïl) ;
en se limitant à ce qui est appelé le « français régional »,
ensemble de variétés régionales dans le monde, qui
restent très proches du français standard. C'est ce sens
qui est développé ici.
Certains néologismes peuvent également être empruntés au vocabulaire du français
régional. Les mots ou les expressions employés seulement dans certaines régions de la
francophonie sont nommés « français régional », mais ils ne sont pas retenus par les
dictionnaires académiques du français. Il ne s'agit pas de langue familière, mais bien du
français qui a évolué de façon différente.

Dans une partie de la moitié nord de la France par exemple, le repas du matin s'appelle
« petit déjeuner », celui du midi le « déjeuner » et celui du soir le « diner », le « souper »
désignant la collation prise le soir après le spectacle : dans le Nord, en Normandie, Picardie,
:
en Lorraine. En Franche-Comté, en Occitanie, au Québec, dans le reste du Canada, en
Belgique et en Suisse, on dit « déjeuner », « diner » et « souper ». En Belgique, en Vallée
d'Aoste et en Suisse, on dit « septante » (70) et « nonante » (90) ; en Suisse, plus
précisément dans les cantons de Vaud, du Valais et de Fribourg, et en Vallée d'Aoste, on dit
« huitante » (80) (la forme ancienne et de nos jours désuète de « huitante » étant
« octante »). Au Québec, dans le reste du Canada, en Suisse, en Vallée d'Aoste, en Belgique
et dans certaines régions françaises, on dit « tantôt » là où le français de Paris et le français
africain utilisent « tout à l’heure », et en Normandie et en Anjou, il signifiera « cet après-
midi » ; au Québec, également, « magasiner » pour « faire des courses » ou « faire les
magasins », alors que ce mot est perçu comme un barbarisme en France. Au Sénégal et en
Afrique francophone, on parle parfois d'« essencerie » par analogie avec les autres noms de
lieux d'achat (boulangerie, pâtisserie, épicerie, etc.), alors que ce mot est également perçu
comme un barbarisme en France. Au Québec et souvent dans le reste du Canada, on dit
aussi « avoir une blonde » pour « avoir une petite amie » ou « avoir une copine », « avoir un
chum » au lieu d'« avoir un petit ami » ou d'« avoir un copain », etc.

Les exemples de variations dialectales, comme dans beaucoup d'aires linguistiques, sont fort
nombreux en français.

Perception, représentation et identification des


accents français

Article détaillé : Accent (sociolinguistique).


Les accents, de manière générale, sont caractérisés par une certaine prosodie et sont un
véhicule d’informations sur les origines et le milieu socio-économique des individus114. La
diversité des accents, notamment en français, pose donc la question de la perception de
ceux-ci et ce que cette perception implique. Effectivement, les accents, qu’ils soient natifs ou
non natifs francophones, font l’objet d’un certain nombre de stéréotypes dans la mesure où
la perception de ceux-ci est profondément subjective. Ainsi, selon une étude menée par la
linguiste allemande Elissa Pustka, l’accent toulousain est par exemple perçu comme
“chantant” par les Parisiens mais également comme “comique”115. De ce fait, l’accent
toulousain est dévalué par les Parisiens sur la base d’un stéréotype : ils émettent un certain
jugement de valeur qui révèle une forme de hiérarchisation et qui souligne une certaine
dimension sociale et identitaire au sein de la perception de l’accent. De plus, la perception,
tout comme la variation, de l’accent diffère en fonction de l’origine géographique des
:
locuteurs et locutrices. Par exemple, si en France un seul accent africain peut être perçu - car
les stéréotypes qui entourent cet accent ne semblent pas prendre en compte la diversité
ethnique africaine - en Afrique les accents sont bien distingués en fonction de leur région
d’origine. Ainsi, cette découverte permet de rejeter l’idée d’un accent “panafricain”, comme le
montrent Philippe Boula de Mareüil et Béatrice Akissi Boutin dans une étude conduite en
Afrique de l’Ouest116. Par ailleurs, selon une étude de 2014, les auditeurs français et suisses
n’ont pas la même perception des diverses variétés d’accents. Les auditeurs français
considèrent en effet que les locuteurs de Paris et de Genève présentent moins d’accent que
les locuteurs des autres variétés suisses. À l’inverse, pour les auditeurs suisses, la plupart
des accents suisses romands ne sont pas trop marqués et seuls les locuteurs de Nyon sont
perçus comme ayant un accent plus prononcé117.

La perception des accents est également le lieu d’une forme de hiérarchisation. En effet,
certains accents sont valorisés socialement tandis que d’autres non, et ceci en fonction d’un
certain nombre de stéréotypes et de croyances qui s’y rapportent. Ainsi, dans le cadre d’une
expérience menée par Marion Didelot et lors de laquelle des personnes dont le français est la
langue première devaient évaluer l’adéquation de certaines personnes à certains postes de
travail, en fonction de leur accent, ce phénomène de hiérarchisation a été confirmé114. Les
résultats de l’étude montrent que la hiérarchisation ne se fait pas en fonction d’accent natif
ou non natif mais bien par rapport à une certaine valeur sociale accordée à tel ou tel
accent114. Ainsi, un accent français non natif germanophone est mieux évalué qu’un accent
natif ivoirien, montrant que c’est bien une certaine représentation sociale que l’on a de
l’origine géographique de l’accent qui motive notre jugement. De ce fait, les discriminations
en lien avec la prononciation restent une composante importante des discriminations
sociales.

La valorisation, ou dévalorisation, des accents des autres se fait donc par rapport à une
certaine représentation sociale que l’on a de l’origine géographique que l’on assigne aux
accents118. Il en va de même dans le cas des représentations qu’ont les personnes de leur
propre accent et dans lesquelles on peut retrouver ces mêmes dynamiques de
hiérarchisations et de valorisations. En effet, une personne décrivant son accent régional
aura tendance à le valoriser en le comparant à d’autres accents régionaux, notamment par
rapport à une idée de ce que devrait être le ‘vrai’ français119. Ainsi, certains Marseillais
décrivent leur accent en l’opposant à l’accent parisien et en insistant sur le fait qu’ils seraient
garants d’une prononciation plus juste, valorisant de ce fait leur accent en fonction d’un
certain idéal de la langue française120.

Prononciation
:
Article détaillé : Prononciation du français.

Consonnes
Labio- Labio- Labio- Post-
Bilabiale Dentale Alvéolaire Palatale Vélaire Uvulaire
dentale palatale vélaire alvéolaire
c1
Nasale m n ŋc 2

Occlusive p b t d kɡ
c3
Fricative f v s z

Spirante w j

Latérale l

1. Dans la prononciation actuelle, le phonème / / se


distingue de moins en moins de .
2. Le phonème / / est apparu relativement récemment,
avec l'emprunt de mots d'origine anglaise ou
chinoise. Les Européens ont tendance à le prononcer
, tandis que les Québécois ont tendance à le
prononcer . En outre, il est fréquemment
prononcé dans le sud de la France après une voyelle
nasale (par exemple, Agen est localement prononcée
, contre à Paris. En Terre-Neuve le / /
est là, comme (gn) dans le mot montagne [ ]
3. Selon le locuteur, /ʁ/ peut se réaliser [χ], [ʀ], [x], [ɣ],
[r], [ʁ] ou [ɾ]. Ce phénomène s'appelle variation
allophonique.

Voyelles
:
Antérieure Centrale Postérieure

Fermée

Mi-fermée
v1
Moyenne

Mi-ouverte ( )v 2 ɛ̃v 3 œ œ̃ v 4 ɔ̃v 5


v6
Ouverte ɑ̃v 7

1. En français de France, le phonème / / est plutôt


arrondi et peut être souvent confondu avec le
phonème / /, le mot je étant par exemple prononcé
comme le mot jeu, mais la distinction est encore
maintenue en français québécois, suisse et belge.
2. La distinction entre / / et / /, comme dans les mots
« mettre » et « maître », est complètement perdue
en français de France, mais elle est encore
maintenue en français de Belgique et en français
canadien. En français de Belgique, la distinction ne
porte que sur la longueur tandis qu'en français
québécois, le se diphtongue souvent en .
3. En français parisien moderne, en français de
Belgique et en français de Suisse, se prononce
.
4. Dans la prononciation actuelle des variétés de
français parlées dans la moitié nord du territoire
français, dont le français parisien moderne, tend
à disparaître au profit de , c'est-à-dire . Les
deux phonèmes sont généralement bien conservés
:
dans la moitié sud de la France, en Belgique et au
Canada.
5. En français parisien moderne, en français de
Belgique et en français de Suisse, se prononce
.
6. La distinction entre et , comme dans les mots
« patte » et « pâte » est perdue pour les plupart des
locuteurs en France au profit systématique de ,
mais elle est toujours nette en Belgique et au
Canada.
7. En français parisien moderne, en français de
Belgique et en français de Suisse, / / se prononce
.

Grammaire

Article détaillé : Grammaire française.


Une des caractéristiques de la grammaire française vis-à-vis de nombreuses langues
vivantes est la richesse de ses temps et modes. Toutefois, cette richesse tend à se réduire à
l'oral. Par exemple, certains temps, tel le passé simple, ne se trouvent guère plus qu'à
l'écrit121 et le passé antérieur se réduit le plus souvent à un simple jeu de « style » oratoire
avec des expressions diverses mais toutes construites autour du seul verbe être (j’eus été…,
il eut été…).

Également, une partie non négligeable de la grammaire française (pluriels, personnes dans la
conjugaison), n'est notable qu'à l'écrit (exemple : ils jouent, il joue).

La langue française est illustrée par de grands grammairiens comme Claude Favre de
Vaugelas (première moitié du XVIIe siècle) et Maurice Grevisse (1895-1980), grammairien
:
belge, auteur de la grammaire de référence Le Bon Usage.

Orthographe et graphie
Le français est écrit (principalement) avec l'alphabet latin de base (26 lettres) étendu par
quelques signes diacritiques (obligatoires) et ligatures (utilisées conventionnellement mais
selon une convention moins respectée). L'écriture du français en écriture latine fait l'objet
depuis plusieurs siècles de normes orthographiques assez précises, publiées, enseignées,
généralement reconnues et acceptées mais pas toujours très bien respectées (ces normes
ont évolué et se sont plus ou moins bien adaptées avec le temps).

D'autres écritures sont possibles pour écrire le français, notamment avec l'alphabet Braille
(qui nécessite une adaptation de l'orthographe française existante, car le Braille est plus
limitatif et apporte des contraintes propres à son utilisation).

Les transcriptions purement phonétiques utilisent l'alphabet phonétique international (API),


mais elles sont utilisées uniquement pour préciser la prononciation (généralement
uniquement sur le plan phonologique pour permettre une intercompréhension suffisante, et
non la transcription phonétique exacte qui dépend de l'accent régional du locuteur). La
transcription est assez facile aussi dans les alphabets grec et cyrillique grâce à l'existence de
normes (utilisées pour la transcription officielle des toponymes et noms français), mais plus
délicate et imprécise avec les écritures sémitiques (dans les langues qui utilisent ces
écritures, l'écriture française normalisée est le plus souvent conservée.)

Orthographe latine normalisée

Article détaillé : Orthographe française.


L'Académie française et des institutions analogues d'autres pays francophones ont
approuvé une série de rectifications orthographiques proposées en 1990 par un rapport du
Conseil supérieur de la langue française. Ces rectifications portent sur moins de 3 % du
vocabulaire. En outre, l'Académie française souligne que ces rectifications n'ont pas de
caractère obligatoire, mais qu'elles sont recommandées.

Depuis son apparition comme dialecte du latin, l'orthographe du français a subi de


nombreuses rectifications, mais l'habitude littéraire de réécrire les classiques dans
l'orthographe officielle du moment donne une impression de continuité que la langue
:
française écrite, en fait, n'a jamais eue. Ces rectifications orthographiques du français ont
pour objectif de rendre le français plus « logique » et plus moderne tout en respectant
l'étymologie, mais aussi de fixer des règles précises pour l'invention de néologisme. Ainsi les
rectifications orthographiques de 1990 recommandent, par exemple, l'orthographe
« chaine » plutôt que « chaîne », car le « î » ne sert à rien et n'a aucune justification
étymologique.

Dans les faits, ces rectifications ne sont pas toujours suivies. La plupart des francophones
s'en tiennent encore à l'orthographe traditionnelle. Cependant, bien que très
contestées [réf. nécessaire], de nouvelles pratiques d'orthographes alternatives et non officielles
ont suscité un certain intérêt auprès de personnes intéressées par une orthographe qu'ils
préféraient plus conforme à la langue parlée (comportant moins de lettres muettes, par
exemple) et surtout plus facile à apprendre.

Les nouvelles technologies de communication (sur des téléphones portables, notamment)


ont vu le développement de nouvelles méthodes orthographiques (surtout par les jeunes),
tentant à minimiser le nombre de lettres écrites dans un message SMS (Service de
messagerie court des téléphones, limitant comme le télégramme la longueur des messages)
initialement pour gagner en rapidité et surtout minimiser le coût de l'envoi mais cela n'est
plus d'actualité avec les offres « SMS illimité » de nombreux opérateurs et l'apparition de la
saisie intuitive.

Ordre alphabétique
Le français, à quelques exceptions près, utilise l'alphabet latin. Voici comment il est en
français : A a, B b, C c, D d, E e, F f, G g, H h, I i, J j, K k, L l, M m, N n, O o, P p, Q q, R r, S s, T t, U
u, V v, W w, X x, Y y, Z z. La lettre V u du latin, qui était une semi-voyelle ([u] ou [w]) en latin,
s'est divisée en V v et U u, comme dans tous les alphabets dérivés de l'alphabet latin
d'aujourd'hui. Le K k et le W w ne sont utilisés que pour les mots d'origine étrangère ou
dialectaux, ainsi que pour certaines unités et préfixes du Système international d'unités, par
exemple le kilowatt. Le Q q est théoriquement toujours suivi du U u alors muet mais pas en
position finale. Dans les coqs il est même suivi d'un s, muet il est vrai. Le I i latin a donné
naissance au J j. Le H h ne se prononce pas seul, à l'initiale il est totalement muet dans les
mots d'origine gréco-latine (l'heure, l'Hadès), il interdit l'élision et la liaison dans les mots
d'origine germanique (la haine), tandis que précédé de C c et/ou de S s (sauf dans certains
mots souvent d'origine grecque comme chaos, chlamyde, ou s'il fait partie d'un préfixe)
représente le [ʃ]. Précédé de P p il représente le phi grec et se prononce [f], ailleurs il est
muet. Le A a, le C c, le E e, le I i, le O o, le U u et le Y y peuvent recevoir des diacritiques,
:
comme dans le tableau ci-dessous. Il existe également des lettres, qui sont en fait des
fusions de lettres, qui ne comptent pas dans l'alphabet, comme les lettres diacritées.

Tri primaire - – — , ; : ! ? . … ’ " ( ) [ ] { } § ¶


Tri secondaire
Tri tertiaire _ ´ ` ˆ ˜ ¨ ... … ’ ‘ ’ " « »

Suite de la table :
Tri primaire @ * / \ & # % ° + ± ÷ × < = > | $ £ € 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
Tri secondaire
Tri tertiaire

Suite de la table :
Tri primaire a ae b c d e f g
Tri secondaire a à â æ c ç e é è ê ë
Tri tertiaire a A à À â Â æ Æ b B c C ç Ç d D e E é É è È ê Ê ë Ë f F g G

Suite de la table :
Tri primaire h i j k l m n o oe p q r
Tri secondaire i î ï o ô œ
Tri tertiaire h H i I î Î ï Ï j J k K l L m M n N o O ô Ô œ Œ p P q Q r R

Suite de la table :
Tri primaire s t u v w x y z
Tri secondaire u ù û ü y ÿ
Tri tertiaire s S t T u U ù Ù û Û ü Ü v V w W x X y Y ÿ Ÿ z Z

L'algorithme de tri est multiniveau, conformément à la spécification des algorithmes


d'ordonnancement normalisés UCA (d'Unicode) :

1. dans un premier temps, les différences de casse et


d'accents sont ignorées, de même que, pour certains
types de tri, tous les séparateurs de mots et la
ponctuation. L'alphabet français utilise des digrammes
et trigrammes pour noter certaines lettres ; cependant,
ils ne sont pas considérés comme des lettres
distinctes de l'alphabet (comme c’est le cas en
breton). Toutes les lettres latines ne sont pas utilisées,
mais peuvent apparaitre dans des mots importés
(notamment des noms propres et toponymes non
:
traduits, mais le plus souvent transcrits littéralement
depuis une autre écriture) : ces mots, qui contiennent
des lettres supplémentaires (comme þ, etc.) après
ceux contenant les autres lettres sont alors classés ;
cependant certains dictionnaires peuvent classer ces
lettres latines supplémentaires d'après leur
translittération dans l'alphabet de base, comme þ, la
lettre nordique thorn, classé comme th) ;
2. en français (comme en breton), les différences
secondaires (d'accents principalement) seront
normalement triées en comparant d'abord les derniers
caractères des textes ou mots à classer, et non les
premières lettres de ces textes ;
3. enfin les séparateurs de mots, la ponctuation, les
symboles et les différences de casse et accents sont
considérés dans le sens de lecture normal.
L'orthographe française utilise l'ensemble des lettres de base de l'alphabet latin (sur fond
vert ci-dessous) et leurs variantes (sur fond blanc) et les séparateurs orthographiques (en
jaune, dont l'espace ; les autres symboles de ponctuation sont traités comme l'espace) ; les
symboles mathématiques et monétaires (sur fond orange) sont classés avant les chiffres.
Les nombres sont écrits avec les chiffres décimaux arabo-européens (sur fond bleu).

La table ci-dessous (conforme à la table d'ordonnancement par défaut d'Unicode (DUCET),


seulement adaptée pour l'alphabet de base français et le cas particulier de ligature œ qui
n'est pas considérée comme une lettre de l'alphabet français mais une forme typographique
recommandée ; l'ordonnancement par défaut d'Unicode classe déjà la ligature
spécifiquement française œ comme deux lettres) ne liste aucune autre lettre empruntée à
une autre langue : d'autres caractères spécifiques peuvent être aussi employés tels que des
ligatures purement typographiques non différenciées sur les plans alphabétique et
:
orthographique, différents symboles techniques, des signes de ponctuation
supplémentaires, et des lettres empruntées à d'autres langues que le français. Les
caractères ignorés durant les premiers niveaux de tri (ou traités pour ce niveau comme s'ils
étaient d'autres caractères indiqués en italique et traités pour cette phase comme ces
caractères séparés) sont marqués d'un fond gris pour ces phases.

Spécificités typographiques
Plusieurs conventions typographiques ont souvent la force de convention orthographique en
français, et font l'objet de corrections fréquentes, destinées à préciser le texte écrit.

Espaces et tirets séparant les paragraphes, phrases et


mots
Au sein d'un même paragraphe, les phrases doivent être terminées par des ponctuations
finales (qui sont le point, le point d'exclamation, le point d'interrogation et les points de
suspension). Deux paragraphes de même niveau ne sont normalement pas séparés si ceux-
ci se terminent par une virgule, un point-virgule ou un signe deux points ; ces signes lient
ensemble deux phrases qui se complètent mutuellement, et une espace simple et sécable
suit ces ponctuations séparatrices mais non finales.

À l'exception des paragraphes de titres, quand ils ne forment pas une phrase complète, et
des paragraphes introduisant une liste (devant être terminés par une ponctuation non finale,
c'est-à-dire le plus souvent un signe deux points, parfois un point-virgule), tous les
paragraphes doivent être terminés par une ponctuation finale. Une même phrase ne doit pas
être coupée en deux paragraphes distincts.

Cependant, dans les listes à puces ou numérotées, les sous-paragraphes constituant les
éléments de la liste et terminés sont séparés par une virgule ou un point-virgule, si la liste
entière complète la phrase commencée dans un paragraphe précédant cette liste
énumérativeNote 11. Les listes, qu'elles soient énumératives ou non, ne devraient comporter
aucun élément non terminé par une ponctuation, ne serait-ce qu'une virgule ou un point-
virgule ; le dernier élément de la liste se terminera toujours par un point (sauf si la phrase se
poursuit dans le paragraphe suivant après la liste elle-même, qui n'en est qu'une partie et qui
devrait se limiter à une simple énumération).

Entre deux phrases d'un même paragraphe, l'espace qui sépare la première phrase (terminée
par une ponctuation finale) de la phrase suivante est préférablement une espace simple et
:
sécable (contrairement aux conventions typographiques anglaises qui préfèrent une
espace agrandie, ou bien deux espaces simples dans les textes dactylographiés). Si une
séparation sémantique est vraiment nécessaire en français, on [Qui ?] préférera séparer les
phrases dans deux paragraphes distincts ; dans les autres cas, une séparation par une
espace élargie n'est pas nécessaire dans les textes en français.

Entre les mots d'une même phrase, ou après une virgule, avant ou après une citation au sein
d'une phrase, un espace simple sécable est utilisé. Aucun espace ne doit être mis entre un
mot et une ponctuation simple (virgule en milieu de phrase ou point en fin de phrase), les
deux éléments étant inséparables même en cas de césure. Les seules ponctuations qui
peuvent être précédées d'une espace simple sont les ponctuations ouvrantes (de
parenthèses, crochets, accolades, guillemets, ou tiret cadratin d'aparté) ; cette espace
simple est même nécessaire si cette ponctuation n'est pas en tête de paragraphe mais
introduit et sépare un sous-paragraphe au milieu ou à la fin d'une autre phrase.

Aucune espace ne sépare le trait d'union reliant les mots d'un même mot composé ; il en est
de même pour le tiret demi-cadratin séparant les deux bornes d'un intervalle (de date, ou de
lieux distincts).

Espace fine insécable française

Article détaillé : espace (typographie).


Cette espace fine insécable française devrait toujours être placée avant tous les signes de
ponctuation comportant deux glyphes séparés (à l'intérieur des guillemets doubles, et avant
le point-virgule, les deux points, le point d'exclamation et le point d'interrogation).

L'espace fine insécable devrait aussi être utilisée comme séparateur de groupement de
chiffres, tels que les milliers dans les nombres cardinaux ou les numéros de téléphone ou
d'identification (au lieu de l'espace simple souvent jugée trop large car elle peut permettre
l'insertion d'un chiffre dans l'espace laissé vide, voire d'une virgule décimale si le nombre est
initialement écrit sans décimales, mais surtout car l'espace simple est sécable et la césure
des nombres est généralement indésirable sauf là où elle est explicitement utilisée pour les
très grands nombres). Les années sont des nombres ordinaux (non cardinaux, car ils
n'indiquent pas une quantité mais un rang exact) et on ne doit donc pas y séparer le chiffre
des milliers par une espace (cette convention n'est pas requise pour les années
préhistoriques ou futures très lointaines car ce sont des estimations scientifiques
quantitatives).
:
Règles de césure françaises

Article détaillé : césure (typographie).


La césure d'un texte long peut se faire partout où figure une espace sécable entre deux
mots. Elle laisse cette espace en fin de ligne, et commence la ligne suivante directement
avec le mot qui suit cette espace. Il est donc permis de couper les phrases. Si cela n'est pas
suffisant, la césure française au milieu d'un mot s'écrit avec un petit tiret de césure
(semblable au trait d'union des mots composés) uniquement après la première partie du mot
coupé, et aucun tiret au début de la ligne suivante où le mot se poursuit. Les conventions
typographiques déconseillent fortement la césure si celle-ci laisse une syllabe de seulement
une lettre ou deux séparée du reste du mot (que cette syllabe soit au début du mot et en fin
de ligne, ou en fin de mot et en début de ligne), car cela rend la lecture plus difficile. Certains
éditeurs permettent d'imposer d'autres contraintes typographiques, en augmentant le
nombre de lettres suffisantes pour détacher une syllabe d'un mot.

Les règles de césure semblent assez intuitives en français pour les locuteurs natifs qui
savent reconnaître les syllabes : une césure peut être uniquement effectuée entre deux
syllabes. Cependant cela doit correspondre aux syllabes morphologiques et non aux syllabes
phonétiques qui peuvent attacher deux morphèmes distincts composant le même mot. De
plus des césures sont jugées indésirables si le mot ainsi coupé peut être interprété comme
deux mots composés prenant un autre sens (par exemple « consacré » ne peut être coupé
en « con-sacré »). Cela nécessite donc un dictionnaire de césures ou la connaissance de la
langue pour trouver les nombreuses exceptions à la règle phonétique simple.

De même, une césure peut être effectuée après le trait d'union reliant les mots d'un mot
composé, ou après le tiret demi-cadratin séparant les bornes d'un intervalle (sans ajouter
aucun tiret supplémentaire pour la césure elle-même). La césure est interdite avant ou après
une apostrophe d'élision placée entre deux mots attachés ensemble et dont les lettres avant
et après l'apostrophe forment une même syllabe phonétique.

Apostrophe française

Article détaillé : Apostrophe.


Le français ne différencie normalement pas (orthographiquement) les trois formes
typographiques différentes de l'apostrophe ; cependant, la forme typographique hautement
recommandée est orientée et non verticale, utilisant le même signe (généralement en forme
:
de petit 9 plein en exposant, parfois aussi en forme de coin fin orienté vers la base du
caractère à sa gauche, c'est-à-dire comme une virgule haute) que le signe simple de
ponctuation à droite d'une citation courte. Toutefois, les claviers français ne permettent
souvent pas de la saisir : l'apostrophe dactylographique (en forme de coin vertical orienté
vers le bas) est donc très souvent présente dans les textes français122..

L'apostrophe française marque l'élision grammaticale des dernières lettres muettes de mots
très courants dont le e final n'est normalement pas muet (mais le devient avant le mot
suivant dont l'initiale est une voyelle ou un h muet non aspiré) : cette élision contextuelle est
obligatoire à la fin des mots « ce », « de », « jusque », « le », « lorsque », « me », « ne »,
« puisque », « que », « se », « te » et supprime non seulement leur e final, mais aussi
l'espace qui le sépare du mot suivant, remplacée par cette apostrophe d'élision (on observe
une règle similaire d'élision marquée par l'apostrophe en italien). L'élision est utilisée aussi
dans certains mots composés comme « grand'rue » ou le mot autrefois composé
« aujourd'hui » (devenu inséparable et un mot unique, le terme « hui » du vieux français
ayant totalement disparu partout ailleurs en français moderne).

Citations et guillemets

Article détaillé : guillemet.


Pour encadrer les citations, le français utilise les guillemets doubles (en chevrons « … » pour
la citation principale, en forme de doubles apostrophes hautes “…” pour les citations internes)
qui devraient être séparés du texte cité par une espace fine insécable française (dont la
largeur devrait être d'au moins un sixième de em, contrairement à la typographie anglaise où
cette fine n'excède pas un huitième de em, et peut donc être omis si la fine anglaise n'est pas
supportée : c'est souvent le cas car les signes de ponctuation qui nécessitent cet espace
fine incluent déjà cette espace suffisante dans le glyphe présent dans les polices de
caractères utilisées). Cependant, il est admis d'utiliser en français une espace insécable
normale.

Écriture des nombres simples dans les textes français


Pour les petits nombres entiers positifs ou nuls (exprimables par un seul mot), il est d'usage
de les écrire en toutes lettres plutôt qu'en chiffres dans les textes (de « zéro » à « seize »,
« vingt », « cent » et « mille », voire « mil » pour le nombre ordinal uniquement) ; cependant
les nombres romains (en lettres latines capitales) sont systématiquement utilisés pour les
nombres ordinaux représentant un ordre de règne, et souvent aussi pour un numéro de
volume, de tome, ou de chapitre. Excepté les nombres qui doivent être écrits en chiffres
:
romains, les dates qui peuvent être écrites en chiffres et les quelques cas particuliers,
comme les citations d'un texte où un nombre est écrit en chiffres, écrire un nombre en
chiffres est une faute de français.

Lettres majuscules et lettres en capitales

Article détaillé : Capitale et majuscule.


La distinction entre lettre minuscule (bas de casse) et lettre capitale (ou petite capitale ou
majuscule) n'est pas sémantique mais typographique selon des conventions très strictes en
français dictées par la grammaire (contrairement à l'anglais où ces conventions
typographiques varient suivant les pays et les sources).

La distinction sémantique entre lettre majuscule et lettre minuscule revêt un caractère


obligatoire et unique en français (mais aussi en anglais) ; elle est utilisée comme distinction
significative dans les dictionnaires français dont les entrées principales écrivent toutes les
lettres minuscules (sémantiques) en lettres minuscules (typographiques) et toutes les lettres
majuscules (sémantiques) en lettres capitales (typographiques) :

la lettre majuscule (sémantique) est utilisée


systématiquement pour la seule lettre initiale des mots
significatifs des noms propres (noms de famille,
prénoms), toponymes, gentilés et ethnonymes, titres
d'œuvres, et certaines désignations honorifiques placées
avant le nom (par exemple, Monseigneur ou Maitre) ou
leur abréviation (par exemple, Mgr pour Monseigneur, Me
pour Maitre), à l'exception des articles définis et adverbes
qui peuvent s'articuler et se contracter. Les autres lettres
des constituants de noms propres sont toutes des
minuscules (sémantiques). Les majuscules sont
également utilisées pour toutes les lettres des sigles
imprononçables autrement que lettre à lettre, et pour
:
toutes les lettres, ou seulement la première, des
acronymes ;
les mots communs français sont orthographiés
entièrement sans aucune majuscule quel que soit le
contexte.
Les lettres minuscules (sémantiques) s'écrivent normalement en minuscules
(typographiques) partout où c'est possible en français (mais peuvent s'écrire aussi en
petites capitales pour certains paragraphes utilisant ce style), et seulement dans certains
cas très précis en capitales : une lettre minuscule (sémantique) s'écrira en capitale si, et
seulement si, c'est l'initiale du premier mot d'une phrase (ou d'un titre principal) et dans ce
cas on ne doit pas l'écrire non plus en petite capitale. L'anglais est beaucoup plus permissif
et autorise la capitalisation de toutes les minuscules initiales de tous les mots ou seulement
de certains mots, voire aucun.

Les lettres majuscules (sémantiques) s'écrivent toujours en lettres capitales, jamais en


lettres minuscules typographiques (c'est alors une erreur orthographique en français), et
normalement jamais en petites capitales (sauf parfois si tout le paragraphe est écrit en
petites capitales, mais il est hautement recommandé même dans ce cas de conserver
l'écriture capitale de toutes les majuscules).

Littérature

Articles détaillés : Littérature française et Littérature de


langue française.

Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou


incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ?

Enseignement
:
Article détaillé : Enseignement du français.

Comme langue étrangère

Article détaillé : Français langue étrangère.


De façon générale, le français demeure une des langues les plus enseignées dans le
monde123.

Alliances françaises

Article détaillé : Alliance française.

Cette section est trop longue. Elle pourrait gagner à être


raccourcie ou répartie en plusieurs sous-sections.
Il est également possible que sa longueur crée un
déséquilibre dans l'article, au point d'en compromettre la
neutralité en accordant à un aspect du sujet une
importance disproportionnée.
La Fondation des Alliances françaises est une fondation française de droit privé reconnue
d'utilité publique et dont la mission est la promotion de la langue et de la culture française à
l’étranger. Son siège se situe au 101, boulevard Raspail à Paris 6e où se trouve également
l'Alliance française Paris Île-de-France. Elle est liée au ministère français des Affaires
étrangères et européennes par une convention annuelle spécifiant que l'Alliance française
forme avec les centres et instituts culturels français à l'étranger « un réseau unique » et
« situe son action et son développement dans le cadre de la politique linguistique et
culturelle définie par le gouvernement français et mise en place par le ministère ». Les
Alliances françaises installées dans les pays étrangers sont généralement nées d'initiatives
locales et sont très intégrées dans la vie des pays. Régies par le droit local (le plus souvent
sous une forme associative), elles sont indépendantes de l'Alliance française de Paris, tant
statutairement que financièrement, et fonctionnent vis-à-vis du siège parisien comme des
franchises. La Fondation Alliance française est propriétaire de la marque « Alliance
:
française » et accorde le droit de l'utiliser après examen des statuts et des objectifs
annoncés. Il n'y a pas de relations financières entre le siège et les Alliances installées à
l'étranger qui doivent pourvoir elles-mêmes à leur financement. Ainsi à New York, le French
Institute Alliance Française recourt au mécénat tel qu'il est pratiqué aux États-Unis. Le
ministère français des Affaires étrangères a depuis 2001 une politique de signature de
conventions-cadres de coopération entre les Alliances françaises et les services de
coopération et d'action culturelle des ambassades, qui peuvent aller jusqu'à confier la
gestion de l'action culturelle à l'Alliance française locale. Ces conventions peuvent prévoir
des subventions publiques et la mise à disposition de personnels français détachés pour des
fonctions de direction. Seules les plus grandes antennes, soit environ 20 % des
implantations.

Fin 2010, le réseau des Alliances françaises représente 461 000 étudiants dans 135 pays :

Afrique : 38 pays, 129 Alliances françaises,


83 163 étudiants ;
Amérique du Nord : 2 pays, 133 Alliances françaises,
36 128 étudiants ;
Amérique latine, Caraïbes : 33 pays, 274 Alliances
françaises, 169 675 étudiants ;
Asie, Océanie : 30 pays, 78 Alliances françaises,
114 615 étudiants ;
Europe : 33 pays, 354 Alliances françaises,
88 801 étudiants.
Il existe 27 Alliances françaises en France. Celles-ci ont pour mission l'enseignement de la
langue française ainsi que la diffusion des cultures francophones.
:
Alliance française Paris
Île-de-France en 2011.

L'Alliance française Paris Île-de-France (anciennement Alliance française de Paris dont


l'institution remonte à 1883) propose des cours de français à Paris depuis 1894. Elle
accueille aujourd'hui plus de 11 000 étudiants de 160 nationalités différentes chaque année,
désireux d'apprendre le français dans la capitale française. Sont ainsi proposés des cours de
français général, des ateliers de français oral ou écrit, culturels et professionnels, des cours
en entreprise et des formules personnalisées toute l'année pour tous les niveaux. Tous sont
alignés sur les niveaux du CECRL (Cadre Européen Commun de Référence pour les
Langues). L'Alliance française est aussi centre de passation pour tous les diplômes délivrés
par le ministère français de l'Éducation nationale pour certifier des compétences en français :
DELF (Diplôme d'Études en Langue Française), DALF (Diplôme Approfondi de Langue
Française), et TCF (Test de connaissance en Français). Elle est aussi centre d'examens agréé
par la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris (CCIP) pour le TEF (Test d'évaluation de
français) et le DFP (Diplôme de Français Professionnel). L'Alliance française Paris Île-de-
France est aussi un centre de formation pour les professeurs de français langue étrangère.
Chaque année, près de 2 300 professeurs du monde entier sont formés, sur place ou à
distance en formation initiale ou continue via différents programmes : stages d'été,
formations à la carte, stage d'observation… Elle délivre ainsi des diplômes spécifiques pour
les professeurs, tel que le DAEFLE (Diplôme d'Aptitude à l'Enseignement du Français Langue
Étrangère), qu'elle a inventé en collaboration avec le Centre national d'enseignement à
distance (Cned), ou encore un diplôme qui lui est propre : le DPAFP (Diplôme Professionnel
de l'Alliance française Paris Île-de-France en Français Langue Étrangère), anciennement le
Professorat (inventé en 1948).

Comme langue maternelle

Cette section est un extrait de Enseignement du français §


:
Langue maternelle..

Article détaillé : Français langue maternelle.

Le français langue maternelle (FLM) est le français


enseigné — surtout à l'école124 — en tant que langue
maternelle. Distinct de l'acquisition du langage dans la toute
petite enfance, il concerne notamment les cours de
grammaire française dans l'enseignement primaire et
secondaire des pays intégralement francophones (par
exemple, en France : à l'école élémentaire, au collège et
dans les premières classes du lycée). Il est également
séparé du français langue seconde dans les pays dont le
français n'est que la langue officielle ou de travail.

Comme langue seconde

Cette section est un extrait de Français langue seconde..


Le français langue seconde (FLS ou FL2) est un concept susceptible de connaître plusieurs
définitions125. Il est apparu pour décrire l'ensemble des situations d'appropriation du français
où les concepts de français langue maternelle (FLM) et de français langue étrangère (FLE) se
sont révélés insuffisants.

Dans leur Cours de didactique du français langue étrangère et seconde (p. 94-97), Jean-
Pierre Cuq et Isabelle Gruca distinguent deux types de définitions du FLS :

« Le premier type est directement issu de la


sociolinguistique anglo-saxonne. » Pierre Martinez, qui le
défend, le résume parfaitement : « Il est clair qu'on gagne
:
beaucoup à appeler langue seconde tout système acquis
chronologiquement après la langue première ».
La seconde acception est plus stricte. En sciences du
langage en France, le français langue seconde est une
langue de nature étrangère qui se distingue des autres
langues étrangères par ses valeurs statutaires, en raison
de la situation sociolinguistique, comme le français en
Afrique dite francophone.
Une troisième acception est née dans le cadre de
l'Éducation nationale en France. Pour cette institution, le
FLS est le français appris en tant que langue cruciale et
déterminante pour la vie de l'apprenant (notamment les
apprenants immigrés dans un pays francophone). Cette
acception est contestée par un certain nombre de
chercheurs en sciences du langage.

Défense

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Francisation et éducation en français en France

Article détaillé : Francisation.

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Avant la Révolution
Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, les élèves de France apprennent toujours à lire en latin, qui a
toujours le statut de langue de transmission du savoir. Le français est enseigné de manière
rudimentaire : simples notions d'orthographe et de grammaire. De plus, les classes se
déroulent toujours en dialecte local afin de se faire comprendre des élèves, car ces dialectes
sont toujours utilisés comme langue courante en France.

Dans son rapport126 de juin 1794, l'abbé Grégoire révéla que le français était uniquement et
« exclusivement » parlé dans « environ 15 départements » (sur 83). Il lui paraissait
paradoxal, et pour le moins insupportable, de constater que moins de 3 millions de Français
sur 28 parlaient la langue nationale, alors que sur le territoire de la Nouvelle-France, celle-ci
était utilisée et unifiée depuis plus de 100 ans de Bâton-Rouge à Montréal127. La francisation
du territoire se fait au détriment des autres langues de France, causant notamment des
séquelles psychologiques et des tensions.

Révolution
La Révolution française marque une amplification considérable de la francisation du territoire
avec le « plan Talleyrand », qui prévoit de n'enseigner que le français afin de chasser cette
« foule de dialectes corrompus, derniers vestiges de la féodalité ». Pour la première fois, sont
associées langue et nation, le français est alors considéré comme le ciment de l'unité
nationale128.

Le 17 novembre 1794, en vue d'accélérer la francisation dans les campagnes, la Convention


nationale adopte le décret de Joseph Lakanal et, le lendemain, toujours sur proposition de
Lakanal, est décidée la création de 24 000 écoles primaires (une école par 1 000 habitants).
Le gouvernement veut que le français s'impose là où il y a des écoles. Le décret du 27 janvier
:
1794 ordonne aux instituteurs de n'enseigner qu'en français « dans les campagnes de
plusieurs départements dont les habitants parlent divers idiomes. »

XIXe siècle
En Europe, au XIXe siècle, le français devient une langue diplomatique de premier plan ; en
plus d'être appris par l'aristocratie, il s'exporte dans les colonies129.

Au début du XIXe siècle, le ministère de l'Éducation nationale trouve que la francisation est
trop lente. Les autorités décident donc de nommer des professeurs hors de leur région
d'origine pour les rendre incapables de communiquer en langue régionale avec les habitants
et donc les forcer à utiliser le français. Les dialectes cèdent donc progressivement la place à
un enseignement du français. La loi Guizot de 1833 amplifie le phénomène de francisation :
« l'instruction primaire comprend nécessairement […] les éléments de la langue française. »
En 1831, les lois visant à la francisation continuent à être votées, par exemple cette directive
de monsieur Auguste Romieu, sous-préfet de Quimper : « Multiplions les écoles, créons pour
l'amélioration morale de la race humaine quelques-unes de ces primes que nous réservons
aux chevaux ; faisons que le clergé nous seconde en n'accordant la première communion
qu'aux seuls enfants qui parleront le français [...]. » Dans toutes les écoles, l'enseignement
doit être fait en français, comme il est remarqué dans les règlements locaux, par exemple le
règlement pour les écoles primaires élémentaires de l'arrondissement de Lorient, adopté par
le Comité supérieur de l'arrondissement en 1836 et approuvé par le recteur en 1842130.

En 1863, sous le Second Empire, d'après une enquête lancée par Victor Duruy, 8 381
communes sur 37 510, environ le quart de la population rurale, ne parle pas français131.
L'article 19 [De quoi ?] ordonne que « Chaque classe commence et se termine par une prière
en français, qui est arrêtée par le comité local sur proposition du curé ». L'article 21 édicte
qu'« il est défendu aux élèves de parler breton, même pendant la récréation et de proférer
aucune parole grossière. Aucun livre breton ne devra être admis ni toléré. S'exprimer en
breton et parler « grossièrement » font l'objet de la même prohibition132. »

Vers 1880, le ministre de l'Instruction publique Jules Ferry et Jules Simon introduisent la
notion de rédaction et de composition, puis l'étude de la littérature afin d'évoquer la
dimension culturelle de la langue française.

La loi Ferry, en 1881, institue la gratuité de l'école primaire, et, en 1882, la rend obligatoire,
imposant finalement la langue nationale sur tout le territoire français, et la démocratisant.
Pourtant en 1863, sur 38 millions de Français, 7,5 millions ne connaissaient pas la « langue
nationale ». D'après les témoignages de l'époque [Laquelle ?], les enfants des villages ne
retenaient presque rien du français appris à l'école, celui-ci « ne laisse pas plus de trace que
:
le latin n'en laisse à la plupart des élèves sortis des collèges ». Les élèves reparlent leur
patois à la maison.

XXe siècle
Au cours du XXe siècle et jusque dans les années 1960, les gouvernements ont adopté pas
moins de quarante lois concernant surtout l'enseignement, la presse, l'administration et
l'orthographe.

La Grande Guerre accélère grandement la francisation de la France, des hommes de toutes


les régions se retrouvant ensemble à combattre, avec comme seule langue commune le
français, sous peine de mort133.

En 1925, Anatole de Monzie, ministre de l'Instruction publique, proclame : « Pour l'unité


linguistique de la France, il faut que la langue bretonne disparaisse134. » En 1926, le
grammairien Ferdinand Brunot écrit dans son Histoire de la langue française que les patois
sont encore bien vivants dans les campagnes. Au XVIIIe siècle, comme de nos jours, le patois
est chez lui partout où « l'on cause au village » […]. À l'heure actuelle, le français est la
langue des villes, le patois, la langue des campagnes135.

La Seconde Guerre mondiale constitue un tournant, tant par le massacre d'élites


francophiles en Europe de l'Est, que par la montée en puissance de l'anglais comme langue
véhiculaire internationale136.

La défense de la langue française est le fait d'hommes d'État, comme Charles de Gaulle, qui
réussit à imposer le français comme langue de travail aux Nations unies à la conférence de
San Francisco en 1945137, et Georges Pompidou, qui déclare : « Si nous reculons sur notre
langue, nous serons emportés purement et simplement »138 ou encore Naoya Shiga, l'un des
grands éminents écrivains japonais139, proposa l'adoption du français comme langue
nationale au lieu du japonais. En effet le Japon en cours de reconstruction était prêt à
effectuer de grands changements et Naoya considérait le français comme « la plus belle
langue du monde »140,141. Effectivement, il dit du français :

« C'est ainsi qu'il vaut mieux, à mon sens, adopter avec courage et
franchise la meilleure langue, la plus belle langue du monde comme
langue nationale. Pour cela, c’est la langue française qui me semble
aujourd’hui la plus appropriée. [...] Je ne suis pas très compétent en
langue étrangère et je ne dispose pas de connaissances concrètes pour
insister avec conviction sur l'adoption du français comme langue
nationale. Mais les raisons pour lesquelles le français me semble le plus
:
approprié sont les suivantes : d’abord, la France est un pays
culturellement avancé ; de plus, elle a quelques points communs avec les
Japonais, comme j’ai pu le vérifier par ma lecture des romans français ;
ensuite, d'après ce qu'on dit, la poésie française a aussi certains éléments
en partage avec les waka et les haïkus japonais ; enfin, il semble que la
langue française ait atteint un haut niveau d’élaboration grâce aux
hommes de lettres. C'est pourquoi le français me semble la meilleure
langue possible. »

Le 7 janvier 1972, le gouvernement français promulgue le décret no 72-9 relatif à


l'enrichissement de la langue française, prévoyant l'institution de commissions ministérielles
de terminologie pour l'enrichissement du vocabulaire français.

En 1972, Georges Pompidou, alors président de la République, déclare au sujet des langues
régionales : « Il n'y a pas de place pour les langues et cultures régionales dans une France
qui doit marquer l'Europe de son sceau142. »

C'est sous la présidence de François Mitterrand (1981 - 1995) que les premières mesures
pour conserver les langues régionales en voie de disparition sont prises, comme l'annonce le
discours de François Mitterrand de 1981, à Lorient : « Le temps est venu d'un statut des
langues et cultures de France qui leur reconnaisse une existence réelle. Le temps est venu de
leur ouvrir grandes les portes de l'école, de la radio et de la télévision permettant leur
diffusion, de leur accorder toute la place qu'elles méritent dans la vie publique. » Pourtant, en
mai 1997, l'inspecteur de l'Éducation nationale Daniel Gauchon déclarait qu'il fallait
privilégier la culture et la langue françaises et non pas les langues régionales143. La révision
constitutionnelle du 25 juin 1992 insère à l'article 2 de la constitution française la phrase :
« La langue de la République est le français. »

Contrairement à d'autres langues, les pays et régions francophones ont instauré beaucoup
d'organismes chargés d'inventer une terminologie française, et d'assurer « la défense et
l'expansion de la langue », comme l'Académie française, qui rend obligatoires certains mots
nouveaux, mais encore l'Association française de terminologie144, qui travaille en
collaboration avec l'Office québécois de la langue française (OQLF) et le Service de la
langue française de la Communauté française de Belgique, la délégation générale à la langue
française et aux langues de France, ou même l'OIF, l'Organisation internationale de la
francophonie, qui est chargée de protéger la francophonie mondiale et de participer à son
expansion (la France est un des soixante-dix membres).
:
Jacques Toubon (ici en
2009), ministre de la
Culture en 1994.

Une autre date importante pour la francisation de la France est la loi 94-665 du 4 août 1994
ou « Loi Toubon », qui est la première loi en France, à l'instar de la loi « loi 101 » au Québec, à
imposer clairement le français comme seule langue de la République française. Son but est
de défendre la langue française en France, non pas contre les langues régionales et leurs
dialectes, mais principalement contre l'américanisation de la France145.

L'emploi du français dans l'affichage, la publicité, la consommation, le droit du travail et les


organismes publics est soumis aux dispositions de la loi Toubon. Un dispositif public
d'enrichissement de la langue française a été mis en place dans le cadre de l'application du
décret du 3 juillet 1996 relatif à l'enrichissement de la langue française, qui a fait suite à la loi
Toubon. Il s'appuie sur l'Académie française et sur la Délégation générale à la langue
française et aux langues de France.

En particulier, l'usage des termes en français recommandés par la Commission


d'enrichissement de la langue française, publiés au Journal officiel de la République
française, et disponibles depuis 2008 sur le site internet FranceTerme, est obligatoire dans
les services publics de l'État146. Le décret d'application du 3 juillet 1996 a mis en place un
dispositif d'enrichissement de la langue française. Il impose l'usage des termes en français
dans les services et établissements publics de l'État (articles 11 et 12 du décret) :

Art. 11. - Les termes et expressions publiés au Journal


officiel sont obligatoirement utilisés à la place des termes
et expressions équivalents en langues étrangères :
1. Dans les décrets, arrêtés, circulaires, instructions
et directives des ministres, dans les
correspondances et documents, de quelque
nature qu'ils soient, qui émanent des services et
des établissements publics de l'État.
:
2. Dans les cas prévus aux articles 5 et 14 de la loi
du 4 août 1994 susvisée relative à l'emploi de la
langue française. La commission générale
observe l'usage prévu au présent article des
termes et expressions publiés.
Art. 12. - Les listes de termes et expressions approuvés
en vertu des dispositions règlementaires relatives à
l'enrichissement de la langue française précédemment
en vigueur sont assimilées aux listes publiées en vertu du
présent décret. Elles peuvent être modifiées selon la
procédure prévue aux articles 7 à 10 du présent décret.

XXIe siècle
En 2004, le sénateur Philippe Marini (UMP) fait une proposition de loi destinée à renforcer la
loi Toubon. En 2005, cette proposition est finalement adoptée à l'unanimité par le Sénat. Elle
comporte des dispositions visant les entreprises : l'obligation faite aux chefs d'entreprises de
soumettre au personnel un rapport sur l'utilisation de la langue française dans l'entreprise, la
rédaction en français de l'ordre du jour du comité d'entreprise, ainsi que du procès-verbal
consignant les délibérations. Cette proposition de loi vise également les techniques de
l'information et de la communication, les messages d'erreur par exemple. En 2006, à la suite
de l'application de la loi Toubon, des entreprises ont été condamnées en France pour usage
illégal de l'anglais. Par exemple, la société américaine GEMS, condamnée à 570 000 euros
d'amende pour avoir transmis des documents en anglais sans traduction à ses salariés
français147. Il en va de même des sociétés NextiraOne et Europ Assistance, elles aussi
condamnées pour avoir voulu imposer à leurs salariés des logiciels en anglais sans
traduction148.

Étant donné l'hégémonie de l'anglais dans les relations internationales, et le risque de


multiplication des anglicismes dans la langue française, de nombreuses associations se sont
fondées pour défendre la langue française. Peuvent notamment être cités :

La Fondation Alliance française qui promeut la langue


:
française dans 135 pays via un réseau de 1016 Alliances
françaises ;
Avenir de la langue française ;
Défense de la langue française149 ;
Association francophone d'amitié et de liaison ;
Académie de la Carpette anglaise ;
Le Droit de Comprendre [pertinence contestée] ;
Association des informaticiens de langue française ;
Association Francophonie Avenir (Afrav)150 ;
Conseil pour le développement du français en Louisiane ;
Actions pour promouvoir le français des affaires151 ;
Alliance Champlain (Nouvelle Calédonie)152[pertinence
contestée] ;

Association pour la sauvegarde et l’expansion de la


langue française (Asselaf)153[pertinence contestée] ;
Cercle littéraire des écrivains cheminots (CLEC) [pertinence
contestée] ;

COllectif Unitaire Républicain pour la Résistance,


l'Initiative et l'émancipation Linguistique
(CO.U.R.R.I.E.L)154[pertinence contestée] ;
Forum Francophone International [pertinence contestée] ;
Le français en partage [pertinence contestée].
:
Voir aussi les sites relatifs à la défense et à la promotion de la langue française155[pertinence
contestée].

En France, l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom)


est chargée, en application de l'article 3-1 de la loi du 30 septembre 1986, de veiller « à la
défense et à l'illustration de la langue française » dans la communication audiovisuelle, ainsi
qu'au respect des dispositions de la loi du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue
française (dite loi Toubon). En particulier, l'Arcom veille au respect des obligations
concernant la langue française inscrites aux cahiers des charges des sociétés nationales de
programme et dans les conventions annexées aux décisions d'autorisation des diffuseurs
privés. L'Arcom doit être attentif à la qualité de la langue employée dans les programmes de
télévision et de radio156. Pour ce faire, l'Arcom est amené à prendre des initiatives, telles que
l'organisation du colloque « Quel avenir pour la langue française dans les médias
audiovisuels ? », le 9 décembre 2013157.

Promotion

Article détaillé : Promotion du français.

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Étude
La discipline ayant pour objet l'étude de la langue française est une subdivision de la
linguistique romane : la linguistique française.

Les principales revues s'occupant de linguistique française sont, en France, Le Français


moderne et Langue française.

Règlementation de l'usage
Dans certains pays, le législateur a règlementé l'usage de la langue. Ainsi au Québec, les
principales législations sur l'usage de la langue française sont consignées dans la Charte de
:
la langue française158. En France, le gouvernement reconnaît depuis 2016 qu'il revient à
l'Académie française de déterminer les règles en vigueur dans la langue française159. La loi
Toubon, qui date du 4 août 1994, vise à la protéger et à garantir son usage dans
l'administration, auprès des consommateurs comme des salariés160.

Notes et références

Notes

1. Depuis la table ronde « È oggi possibile o augurabile


un nuovo REW ? » organisée lors du Congrès de
linguistique romane de 1951, la communauté des
linguistes romanistes caressait l'espoir de la mise sur
le chantier d'un nouveau dictionnaire étymologique
panroman sur le modèle du REW (Romanisches
Etymologisches Wörterbuch) de Meyer-Lübke. En
janvier 2008, il s'est constitué une équipe
internationale, surtout franco-allemande (autour du
FEW à l'ATILF et du LEI à l'université de la Sarre), qui
se propose de rebâtir l'étymologie du noyau commun
du lexique héréditaire roman (quelque 500 étymons)
selon la méthode de la grammaire comparée-
reconstruction – méthode jugée jusque-là peu
rentable en romanistique en raison du témoignage
massif du latin écrit – et d'en présenter l'analyse
phonologique, sémantique, stratigraphique et
variationnelle sous une forme lexicographique-
:
variationnelle sous une forme lexicographique-
informatique ; le résultat marquera la première étape
du Dictionnaire étymologique roman (DÉRom). Le
projet nourrit aussi un dessein plus vaste, qui lui est
consubstantiel ; dès son origine, il s'est en effet fixé
trois objectifs, qui sont autant d'enjeux stratégiques :
changement de paradigme, fédération des forces
vives et formation de la relève en étymologie romane.
Le DÉRom est donc plus qu'un dictionnaire : c'est
aussi un mouvement. Le projet apparaît en effet
comme le vecteur d'un changement de paradigme en
cours en étymologie romane, où la méthode
traditionnelle, fondée, en définitive, sur les données
du latin écrit, est en passe d'être remplacée par celle
de la méthode comparative. Le DÉRom a bénéficié
d'un vaste mouvement d'adhésion parmi les
romanistes ; il mobilise aujourd'hui plus de cinquante
chercheurs implantés dans douze pays européens.
Le projet joue ainsi un rôle fédérateur au sein d'une
communauté scientifique qui se présentait
auparavant de manière assez fortement dispersée.
Enfin, la formation de la relève est un des objectifs
déclarés du projet, car à l'heure où le paysage de la
recherche européenne est soumis à des
restructurations en profondeur, il paraît important
d'œuvrer pour la sauvegarde et le développement du
:
d'œuvrer pour la sauvegarde et le développement du
savoir-faire en étymologie romane – non seulement
en Allemagne et en France, mais partout en Europe
2. Message indésirable.
3. Courrier ou message électronique.
4. Conversation par Internet.
5. Autoportrait numérique.
6. Série diffusée sur internet.
7. Lecteur électronique.
8. Livre électronique.
9. Bien que parlé au Maroc et en Algérie, le français n'y
est pas une langue officielle.
10. il ne s’agit pas ici de ce qui est parfois appelé des
« patois », c'est-à-dire des dialectes de la langue
d'oïl, et difficilement intelligibles aux Parisiens, mais
de variétés de français proches du parisien.
11. Il ne devrait y avoir au sein de cette phrase
introductive ou de la liste aucune ponctuation finale,
en dehors des citations qui doivent être encadrées.

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8. « La langue française rayonne avec 321 millions de
locuteurs ([Link]
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/[Link]/langue-francaise/francophonie/la-langue-franc
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12. Pascal Grandmaison, « Langue française : la


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17. Dimitri Casali, Jean-François Chemain, Petit Manuel
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éditions du Rocher, 2017, 158 p.
(ISBN 978-2-268-09662-9), p. 14
18. Wace, Roman de Rou (lire en ligne ([Link]
:
18. Wace, Roman de Rou (lire en ligne ([Link]
:/12148/[Link]) [archive]), vers 59-
60 : Man en engleis e en norreis hume signifie en
franceis ; justez ensemble north e man e ensemble
dites Northman ; ceo est hume de north en rumanz,
de ceo vint li nuns as Normanz
19. Chrétien de Troyes, Lancelot ou le chevalier de la
charrette, vers 39-40 : Si ot avoec li, ce me sanble,
Mainte bele dame cortoise, Bien parlant an lengue
françoise
20. (la) Roger Bacon, Compendium studii philosophiae,
p. VII, 467
21. (it) Dante, Vita nuova, 1293, pour « oc » et « si » ;
dans De vulgari eloquentia, vers 1305, de manière
plus complète
22. Jean Pruvost, Nos ancêtres les Arabes : Ce que notre
langue leur doit, J.-C. Lattès, 2017, 300 p.
(ISBN 9782709658966).

23. Selon une étude effectuée en 1991, 8 000 mots d'un


dictionnaire usuel de 60 000 mots, soit 13 %, avaient
une origine étrangère. En retirant les mots savants ou
archaïques, on aboutissait à 4 200 mots courants
d'origine étrangère parmi les 35 000 mots d'un petit
dictionnaire d'usage. cf. Jacques Mousseau, « Le
roman de la langue française : Henriette Walter.
:
roman de la langue française : Henriette Walter.
L'aventure des d'ailleurs », Communication &
langages, vol. 114, no 1, 1997, p. 125 (lire en ligne (https:
//[Link]/doc/colan_0336-1500_1997_num_114_1_2817
_t1_0125_0000_4) [archive], consulté le 16 août 2020).

24. Henriette Walter, Gérard Walter, Dictionnaire des


mots d'origine étrangère, Paris, 1998, p. 7.
25. Prééminence de l'anglo-américain dans le
vocabulaire des affaires ([Link]
[Link]/apfa/apfa/[Link]) [archive].
26. « Des mots anglicisés puis refrancisés ! ([Link]
[Link]/des-mots-anglicises-puis-
refrancises/) »([Link] ([Link]
/[Link]/des-mots-anglicises-puis-refrancises/) • Wikiwix (

[Link]

mots-anglicises-puis-refrancises/) • [Link] ([Link]

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[Link]

//[Link]/des-mots-anglicises-puis-refrancises/) • Que

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de la Francophonie, (consulté le 4 avril 2010).
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Crépin. ([Link]
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Articles connexes

Linguistique
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Liens externes

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