LA DISSERTATION PHILOSOPHIQUE
Cf. Manuel à partir de la page 492
OBJECTIFS :
L’objectif général est de montrer qu’on sait penser par soi-même = réfléchir sur une question, en
se méfiant des opinions toutes faites à son sujet et en examinant les différents arguments
possibles, afin d'élaborer sa propre réponse à partir des plus fondés.
Cet objectif général se subdivise en 4 sous-objectifs, qui sont aussi les critères d’évaluation :
1- La PROBLÉMATISATION : il faut montrer que le sujet pose problème = est difficile à
résoudre car il y a plusieurs pistes de réponse pertinentes, qui font intervenir des notions et
enjeux importants et complexes, donc qu’il soulève plusieurs questions liées à ces notions.
2- L’ORGANISATION DE SA PENSÉE : il faut montrer qu’on sait penser par ordre en constituant
un plan cohérent, en distinguant ses idées (une idée par paragraphe) et en les enchaînant de
manière logique afin d’en déduire des conclusions à la fin de chaque partie.
3- L’ARGUMENTATION : il faut montrer qu’on sait raisonner d'abord en expliquant et justifiant
tout ce qu’on affirme, ensuite en en tirant les conclusions qui en découlent pour le sujet. Il ne
s’agit pas d’avoir beaucoup d’idées, mais chaque idée doit donner lieu à (au moins) tout un
paragraphe de justification et d’analyse, à l’aide du cours, pour en tirer des conclusions.
4- La CONCEPTUALISATION : il faut montrer qu’on sait penser avec rigueur et abstraction =
dépasser la description d'exemples concrets particuliers pour s’élever à des concepts =
définitions précises et générales rencontrées en cours (par ex., ne pas simplement écrire « en
France, à 18 ans, on peut voter », mais plutôt « la majorité légale donne le droit de voter »).
I- Introduction générale (≈ 1 heure/1 heure 15)
L’objectif général est d’introduire son devoir = le présenter et susciter l’intérêt du lecteur.
L’introduction doit consister en 2 paragraphes :
1- PRÉSENTATION DU PROBLÈME
Il faut commencer par présenter le sujet, en supposant que le lecteur ne le connaît pas, et en
montrant qu’il pose problème, et qu’on doit donc être en plein questionnement et doute en ce
qui le concerne.
► Il faut préalablement bien analyser le sens global du sujet, ainsi que des termes
importants : au brouillon, reformuler le sujet de différentes manières pour bien le comprendre, et
trouver les définitions des termes importants, d'abord la définition plus simple, mais aussi les
autres définitions possibles, qui montrent parfois que le terme a plusieurs sens très différents.
→ Manuel p. 494-495
► Pour présenter le problème, le plus facile est de commencer par présenter la réponse
apparemment la plus évidente au sujet, avec un argument simple appuyé sur les définitions
les plus simples. Puis il faut remettre en question cette première réponse en montrant qu’on
peut répondre autre chose, à l’aide d’un autre argument (souvent appuyé sur une autre
définition d'un des termes en jeu) en général plus complexe que le premier => paradoxe.
On peut aussi partir d’une situation concrète particulière, et montrer qu’un humain dans cette
situation est poussé à se poser la question du sujet, mais bien embarrassé pour y répondre parce
qu’il y a des arguments (à préciser) qui vont dans deux sens distincts.
► Enfin, dans tous les cas, il faut préciser quelles sont les notions, explicites et implicites, en
jeu (à l’aide du cours) qui justifient que la question soit si complexe, et reformuler le sujet en
faisant intervenir les notions les plus importantes parmi ces dernières, si possible sous forme
d'alternative : « est-ce vraiment ceci, ou bien au contraire cela ? ».
→ Manuel p. 500-501
2- PRÉSENTATION DU PLAN (sauf en DS si on est bloqué)
Chaque partie (2, 3 ou 4) doit être une étape nécessaire à la résolution du problème de départ.
Elle doit correspondre à l'analyse d'une réponse ou d'un élément possible de réponse au
sujet, qui part d'une question => Chaque partie doit être présentée par une question, sous
forme directe ou indirecte.
► Il faut éviter d’une part de choisir des questions trop vastes, qui dépassent le sujet et mènent
donc au hors sujet (en particulier la question «qu’est-ce que ?»), et d‘autre part de choisir des
questions trop pointues, qui portent sur un cas trop particulier qu’on ne peut généraliser – du
genre « à quelle époque » (histoire) ou « pour quel type de personne » (psychologie), et qui
mènerait à une conclusion du genre « ça dépend »...
► Le plan le plus fréquent ressemble à : « pourquoi telle réponse (ou pourquoi tel élément de
réponse) ? », puis « mais pourquoi peut-on répondre autre chose (ou mais en quoi la réponse
précédente est-elle insuffisante) ? », et enfin « en quoi tel élément montre-t-il quelle est la réponse
la plus fondée (la première ou la seconde, ou bien même une troisième) ? ». Il faut absolument
finir par trancher en faveur d’une réponse (donc surtout ne pas conclure par « peut-être bien
que oui, peut-être bien que non » ou « ça dépend » !), d’où l’importance souvent d’une troisième
partie pour ne pas rester bloqué sur thèse/antithèse. Mais il n’y a pas de modèle standard de
plan, l'interrogatif « comment ?» peut parfois être utile, ainsi que le questionnement sur une
hypothèse : « quelles seraient les conséquences si... ? », et il peut y avoir 2, 3 ou 4 parties…
→ Manuel p. 502 (AVEC DES PARTIES SOUS FORME DE QUESTIONS)
II- Développement (≈ 2 heures/2 heures 30)
Le développement doit contenir autant de parties qu’on en a annoncées (2, 3 ou 4), clairement
séparées les unes de autres ► passer au moins 2 lignes entre chaque partie.
PLAN DE CHAQUE PARTIE :
1- PETITE INTRODUCTION :
Chaque partie doit essentiellement présenter une question (ou plusieurs se complètant), l’objectif
de cette partie étant d’y répondre. Il faut qu'une partie (sauf la première, bien sûr) commence par
rappeler la réponse trouvée dans la partie précédente afin d'assurer une transition : « nous avons
montré ceci, mais (donc) il faut se demander maintenant pourquoi cela... ».
2- DÉVELOPPEMENT :
Le développement de chaque partie doit être constitué d’une argumentation qui vise à répondre
à la question de départ de la partie. Cette argumentation doit être composée de plusieurs
paragraphes, dont chacun contient :
– soit un argument précisément présenté
– soit une explication ou justification de l'argument précédemment posé, notamment à
l’aide des définitions et connaissances rencontrées en cours (mais aussi à l’aide de sa
réflexion personnelle !) – un même argument peut donner lieu à plusieurs paragraphes
de justification
– soit une analyse de l'argument visant à montrer ce qu’il apporte pour résoudre la
question de départ, donc à en déduire les conclusions qui en découlent pour le sujet –
un même argument peut donner lieu à plusieurs paragraphes d'analyse.
Chaque paragraphe ou presque, doit se terminer par une déduction, c'est-à-dire un « donc »,
précisant où il veut en venir : justifier une idée précédente ou en déduire une nouvelle.
Et il ne faut pas oublier de se présenter à soi-même des objections, soit au sein d’une même
partie en opposant deux paragraphes, soit en opposant deux parties différentes (cas le plus
fréquent).
Enfin, on peut bien sûr utiliser des exemples pour illustrer ses arguments, mais ils ne
constituent jamais un argument, ils doivent toujours être analysés et intégrés à une argumentation.
De même pour les citations. → Manuel p. 496 à 499
3- PETITE CONCLUSION :
Chaque partie doit se terminer par une conclusion qui d'abord présente la réponse qui découle
de l'argumentation à la question de départ de la partie, puis ensuite et surtout ramène cette
réponse au sujet (avec un « DONC »). Si cette réponse ne peut rien apporter à la résolution du
problème de départ, c’est que la partie est hors-sujet…
III- Conclusion générale (≈ ½ heure)
La conclusion doit mettre en valeur le devoir en montrant qu’il a bien avancé en trouvant des
réponses. Elle doit être constituée de 2 paragraphes :
1- RÉCAPITULATION : il faut rappeler le problème de départ et reprendre brièvement les
différentes réponses trouvées dans le développement (les réponses trouvées à la fin de
chaque grande partie).
2- RÉPONSE FINALE : il faut déduire de ces réponses une réponse au sujet de départ, même
si cette réponse doit bien sûr rester prudente et nuancée. Il ne faut surtout pas conclure par
une non-réponse, du genre « peut-être bien que oui, peut-être bien que non », ou « ça
dépend »... Il faut montrer qu'on a bien travaillé et découvert au moins certains éléments
qui permettent de trancher. → Manuel p. 510-511