*« Et comme les parties au jugement, tant en notre cour de parlement que devant les autres
juges de notre royaume (les nôtres aussi bien que les autres ), proposent et allèguent
plusieurs usages , styles et coutume, qui sont divers selon la diversité des pays de notre
royaume et qu’il leur faut prouver à cause de quoi les procès sont bien souvent fort allongés,
et les parties contraintes à de grands frais et dépenses alors que si les coutumes, usages et
styles des pays de notredit royaume étaient rédigés par écrit, les procès seraient plus brefs,
les parties seraient soulagées de dépenses et frais de justice et les juges jugeraient mieux et
de façon plus sûre (acr il arrive souvent que les parties allèguent des coutume contraires pour
un même pays ; et quequefois les coutumes changent et varient à leur gré, ce qui cause de
grands dommages et inconvénients à nos sujets )
Voulant abréger les procès et les litiges entre nos sujets et les soulager de frais et dépens,
voulant mettre de la certitude dans les jugements auatnt que faire se pourra et ôter toutes
sortes de variations et contradictions, nous ordonnons, décernons, déclarons et statuons que
les coutumes, usages et styles de tous les pays de notre royaume seront rédigés et mis par
écrit, (le texte étant ) accordé (établit d’un commun accord) par les (hommes) coutumiers,
praticiens et gens de chacun des pays de notre royaume ; et que les coutumes, usages et
styles ainsi accordés seront mis et crits en des livres qui seront apportés devant nous, pour
que nous les fassions voir et examiner par les gens de notre grand conseil ou de notre
parlement, après quoi nous les décreterons et les confirmerons. Et les usages, coutumes et
styles qui seront ainsi décrétés et confirmés seront ainsi observés et gardés dans les pays
dont ils seront, comme aussi en notre cour de Parlement, (pour juger ) les causes et les
procès desdits pays. Et les juges de notre royaume, tant en notre cour de Parlement que nos
baillis, sénéchaux et autres juges, jugeront selon ces usages, coutumes et styles dans les
pays, dont ils seront, sans en exiger d’autre preuve que ce qui sera écrit dans ces livres et
nous voulons que ces coutumes, styles et usages ainsi écrits, accordés et confirmés comme il
a été dit soient gardés et observés en jugement et en dehors des (jugements)