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FMI et Sous-Développement en RDC 2019-24

L'étude examine l'impact du programme du FMI en République Démocratique du Congo (RDC) entre 2019 et 2024, révélant qu'il a paradoxalement contribué au sous-développement malgré ses objectifs de stabilisation économique. Les auteurs soulignent que la corruption persistante et la mauvaise gouvernance ont sapé l'efficacité des réformes, entraînant une inflation galopante et une instabilité macroéconomique. Ils appellent à une réévaluation des mécanismes de financement du FMI pour garantir une gouvernance efficace dans les pays pauvres comme la RDC.

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FMI et Sous-Développement en RDC 2019-24

L'étude examine l'impact du programme du FMI en République Démocratique du Congo (RDC) entre 2019 et 2024, révélant qu'il a paradoxalement contribué au sous-développement malgré ses objectifs de stabilisation économique. Les auteurs soulignent que la corruption persistante et la mauvaise gouvernance ont sapé l'efficacité des réformes, entraînant une inflation galopante et une instabilité macroéconomique. Ils appellent à une réévaluation des mécanismes de financement du FMI pour garantir une gouvernance efficace dans les pays pauvres comme la RDC.

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REVUE CONGO CHALLENGE

VOLUME 6 NUMÉRO 1 JUILLET 2024

ARTICLES

1-85 Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:


le cas de la RDC entre 2019 et 2024
Matata Ponyo Mapon et Jean-Paul K. Tsasa

86-158 The IMF’s Role in Perpetuating Underdevelopment in African


Countries: Evidence from the Democratic Republic of Congo,
2019-2024
Matata Ponyo Mapon and Jean-Paul K. Tsasa

159-180 Construction d’un État prospère : viabilité institutionnelle comme préalable


David Kabeya

181-202 Interest rate, Investment and Unemployment: A Suggested Interpretation


Michel-angel Lokota Ilondo and Yves Togba Boboy

203-225 Recherche sur les écarts de productivité agricole entre les pays de
l’Afrique subsaharienne
Francis Ngoma Ngoma et Ridi-Michel Biyevanga

Ligne éditoriale
1

Comment le FMI accompagne le sous-développement


dans les pays africains: le cas de la RDC entre
2019 et 2024*

Matata Ponyo Mapon† Jean-Paul K. Tsasa‡

RÉSUMÉ
Nous procédons à un examen froid et documenté de la mise en œuvre du programme du Fonds
Monétaire International (FMI) en République Démocratique du Congo (RDC). Parallèlement au
programme de référence (2019-2020), notre analyse se concentre sur les six revues du FMI réalisées
entre 2021 et 2024, dans le cadre de son programme triennal de Facilité élargie de crédit (FEC). Notre
étude établit que ce programme a, paradoxalement, renforcé les conditions propices au sous-
développement en RDC malgré ses objectifs affichés de stabilisation économique et de croissance
économique positive. Au moment même que le FMI injectait des ressources financières massives pour
soutenir l’économie congolaise, celle-ci continuait d’être marquée par une succession de détournements
de fonds publics, suivant un schéma semblable à une Ponzi-Game, ainsi que par une gouvernance des
ressources publiques biaisée vers les dépenses appauvrissantes. Malgré l’ampleur de ces scandales
flagrants, le FMI a poursuivi la mise en œuvre de son programme, suscitant ainsi un double
questionnement: d’une part, sur l’intégrité de ses interventions (cf. Article XXIII des statuts du FMI;
FMI 1944, pp. 53-55), et d’autre part, sur la défaillance manifeste de l’institution dans l’exercice du rôle
de surveillance qui lui a été assigné à la suite des accords de la Jamaïque (1976). De ce questionnement
émerge la nécessité d’exiger la mise en place d’un mécanisme atomique de création d’offre de leadership
effectif comme pré-conditionnalité du financement dans les pays pauvres tels que la RDC. Par ailleurs,
notre étude montre qu’en dépit du soutien financier substantiel du FMI, le cadre macroéconomique en
RDC est resté fragile et instable sous le programme de la FEC, avec une inflation galopante (passant de
7,0% à 23,3% entre 2022 et 2023, puis à 26,7% en 2024) et une volatilité persistante du taux de change
nominal. Dans une économie où près de 85% de la population vivent dans l’extrême pauvreté, ces enjeux
constituent une question de sécurité nationale et doivent être traités avec la plus grande attention, tant
du point de vue de l’économie politique que de la politique économique.

Mots-clés: RDC, FMI, gouvernance, corruption, développement.


Classification JEL: E02, F34, O19, H11, P16.

ABSTRACT
We examine the impact of the International Monetary Fund (IMF) program in the Democratic Republic
of Congo (DRC) between 2019 and 2024, focusing on the six reviews of the Extended Credit Facility
(ECF) arrangement completed during this period. Our findings suggest that the IMF program has
paradoxically contributed to underdevelopment in the DRC, despite its stated objectives of economic
stabilization and sustainable growth. As the IMF injected massive financial resources to support the
Congolese economy, the country was repeatedly entangled in corruption scandals, similar to a Ponzi
scheme, as well as by ineffective governance of public resources biased towards impoverishing
expenditures. In spite the repeated nature of these flagrant scandals, the IMF continued to implement its
three-year ECF plan, highlighting two key issues: first, the integrity of IMF interventions as stipulated
by its founding agreement (see IMF 1944, Article XXIII), and second, the institution’s evident failure

*
Les auteurs remercient les professeurs Kabuya Kalala et Mususa Ulimwengu pour leurs remarques.

Département des sciences économiques, Université protestante au Congo (UPC).

Professeur associé à l’UPC. Correspondance: [email protected].
2 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

to perform the oversight functions outlined by the Jamaica Accords (1976). This raises concerns about
the necessity of implementing an atomic mechanism for the creation of effective leadership as a
precondition for financing in poor countries such as the DRC. Furthermore, our study shows that despite
the substantial financial assistance from the IMF, the DRC’s macroeconomic framework remained
unstable under the ECF program, as evidenced by the jumping inflation (rising from 7.0% to 23.3%
between 2022 and 2023, then to 26.7% in 2024) and persistent volatility in the nominal exchange rate.
In an economy where nearly 85% of the population lives in extreme poverty, these issues are critical to
national security and must be tackled with the greatest diligence, incorporating both political economy
and economic policy perspectives.

Keywords: DRC, IMF, governance, corruption, underdevelopment.


JEL Codes: E02, F34, O19, H11, P16.

1 Introduction

IMF loans react to economic conditions but are also sensitive to


political-economy variables (cf. Barro and Lee 2005, p. 1245).

Depuis 2019, la République Démocratique du Congo (RDC) s’est engagée dans un


programme de réformes économiques soutenu par le Fonds Monétaire International
(FMI)1. Ce programme, élaboré en étroite collaboration avec le gouvernement congolais2,
vise à adresser les déséquilibres macroéconomiques chroniques du pays, à réduire la
pauvreté, et à stimuler une croissance durable et inclusive. Pour la période 2021-2024, le
programme triennal du FMI s’est focalisé sur trois piliers3: renforcement de la gestion des
dépenses publiques et des redevances minières; libéralisation des télécommunications et
consolidation de la transparence des entreprises publiques; amélioration de la gouvernance
pour une gestion durable des forêts. Pour ce faire, des mesures de rigueur budgétaire, des

1
Faisant suite notamment aux accords de la Jamaïque (1976), la mission du FMI a légèrement évolué,
s’articulant à ce jour autour de trois axes principaux: (i) promouvoir la coopération monétaire internationale;
(ii) favoriser l’expansion du commerce et de la croissance économique; (iii) décourager les politiques
économiques susceptibles de nuire à la prospérité (cf. Garcia 2013, FMI 2024).
2
En effet, à la suite de la transition politique de 2019, les autorités politiques de la RDC ont œuvré dans le
sens de renouer la coopération avec le FMI. Ainsi, les consultations au titre de l’article IV ont été conclues
en septembre 2019, ouvrant par la suite en décembre 2019 la voie à une première Facilité de crédit rapide
(FCR), d’un montant de 25% de la quote-part, soit 368 millions de dollars américains, pour fournir un soutien
urgent à la balance des paiements et à un programme suivi par les services du FMI (SMP) et, par ailleurs,
pour soutenir les réformes visant à augmenter les recettes, à lutter contre la corruption et à améliorer la
gouvernance (cf. Banque mondiale 2022).
3
Cf. Banque mondiale (2023).
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
3
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

réformes fiscales, ainsi que des actions visant à renforcer la gouvernance publique de
manière générale ont été mises en place4.

Figure 1: Scandales de corruption en RDC versus assistance financière des institutions de Breton
Woods entre 2019 et 2024: Comptabilité parallèle entre injection et fuite financières
3 000 Décaissements
approuvés par le FMI
pour la RDC pour la
période 2019-2024:
2 176 millions USD. Décaissements approuvés Estimation du correspondant
par la Banque Mondiale financier des actes de
pour la RDC pour la corruption et détournements
période 2019-2024: présumés en RDC
2 176 750 millions USD. documentés entre 2019 et
2024: 1 466 millions USD.

2 000

1 466

Total des allorcations


décaissées du portefeuille
de la Banque africaine de
développement (BAD) au
1 000 30 juin 2024:
228 millions USD.
750

228

0
Financement FMI Financement Banque Financement BAD Détournements présumés
mondiale des fonds publics

Note: Les estimations concernant la corruption et les détournements présumés des fonds publics en RDC
que nous avons présentées dans ce graphique sont conservatrices et minimalistes. En effet, lorsque les
montants varient d’une source à l’autre, nous avons retenu la valeur la plus basse (cf. Critère de Savage,
voir Savage 1954; Luce et Raiffa 1957). En outre, nous avons systématiquement exclu tous les cas de
corruption qui n’ont pas été documentés ou dénoncés formellement par une source publique, même
lorsque les témoignages et les preuves disponibles semblaient concordants et crédibles. Cette approche
prudente, fondée sur la règle de succession de Laplace, vise à éviter tout biais potentiel et à maintenir une
objectivité stricte dans notre analyse des données (cf. Laplace 1825: « quelle est la probabilité que le
Soleil se lève demain? »). In fine, les sources officielles prises en compte dans le papier incluent, entre
autres: la Cour des comptes, l’Inspection Générale des Finances (IGF), le Parquet général près la Cour
d’appel de Kinshasa/Gombe, le Parquet général près la Cour de cassation, ainsi que la Banque Africaine
de Développement (BAD), la Banque Mondiale (BM) et le Fonds Monétaire International (FMI).

Ainsi, l’ambition de ce programme n’était donc pas de se limiter à la simple stabilisation


économique. Il vise également à renforcer les institutions économiques et financières de la
RDC, souvent fragiles et inefficaces, en promouvant une gouvernance plus transparente et

4
La gouvernance est généralement perçue comme la manière dont les sociétés, les gouvernements et les
organisations sont gérés et dirigés (cf. Edwards 2012) ou comme les traditions et les institutions par lesquelles
l’autorité d’un pays est exercée (cf. Kaufman et al. 1999). Du point de vue de l’économie politique, la
gouvernance fait référence à des éléments essentiels du vaste groupe d’institutions (cf. Acemoglu et al. 2008,
Fukuyama 2013).

3
4 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

responsable (cf. critères quantitatifs de réalisation versus repères structurels)5. C’est dans
ce contexte que le programme prévoit notamment la modernisation des administrations
fiscales et douanières, la réforme des entreprises publiques, et l’amélioration de
l’environnement des affaires pour attirer les investissements étrangers. Ces réformes
institutionnelles sont essentielles pour créer un cadre propice à une croissance économique
soutenue et à la diversification de l’économie congolaise, encore trop dépendante des
ressources minières.

Toutefois, comme nous le verrons plus loin dans le papier, la mise en œuvre de ce
programme s’est déroulée dans un contexte marqué par une série de scandales de
corruption, qui ont jeté une ombre sur les efforts des réformes envisagées. En effet, depuis
le début du programme, plusieurs affaires de corruption de grande envergure ont été
révélées, impliquant des hauts responsables politiques et administratifs. Ces scandales,
souvent liés à la gestion opaque des ressources publiques et à l’attribution des marchés
publics suivant une procédure de gré-à-gré, ont mis en relief les défis considérables
auxquels est confrontée l’économie de la RDC à l’effet d’instaurer une véritable culture de
la transparence et de la responsabilité.

La persistance de la corruption en RDC a entaché l’intégrité du processus des réformes


soutenues par le FMI durant la période 2019-2024 (cf. Figure 1 et voir plus loin Tableau
3). Elle a davantage érodé la confiance des citoyens dans les institutions et diminue
l’efficacité des politiques publiques, dans la mesure où les ressources destinées au
développement économique et social sont détournées à des fins personnelles ou partisanes,
exacerbant ainsi la volatilité macroéconomique et les inégalités sociales. De plus, ces
pratiques corruptives compromettent les efforts visant à améliorer le climat des affaires6, à
rationaliser les dépenses publiques et à attirer les investisseurs étrangers, conditions
essentielles pour diversifier l’économie et réduire la dépendance aux exportations de
minerais.

Pourtant, malgré des révélations flagrantes de malversations et de corruption, le FMI a


continué de soutenir la RDC, en contradiction avec sa tradition de rigueur et de stricte
conditionnalité. L’exemple présenté dans la Figure 2 est éloquent à cet effet. En outre, il
convient de rappeler qu’en décembre 2012, le FMI avait arrêté son programme de prêts à
la RDC en raison d’inquiétudes quant à la transparence dans le secteur minier de ce pays
(Balint-Kurti 2012; Kavanagh 2012; FMI 2013, p. 10)7. La raison immédiate invoquée par

5
Pour plus de détails, voir d’une part le Tableau (1) sur le critères quantitatifs de réalisation et objectifs
indicatifs pour la FEC (FMI 2021b, pp. 62-63; FMI 2022a, pp. 95-96; FMI 2022b, p. 77; FMI 2023a, p. 79;
FMI 2023b, p. 77; FMI 2024, p. 100) et d’autre part le Tableau (2) sur les repères structurels pour la FEC
(FMI 2021b, pp. 64-65; FMI 2022a, p. 97; FMI 2022b, pp. 78-79; FMI 2023a, pp. 80-83; FMI 2023b, pp.
78-81; FMI 2024, pp. 101-104).
6
À ce propos, Chama (2019) note par exemple, au chapitre 10 de son ouvrage, que la corruption est
profondément enracinée dans les institutions gouvernementales en dépit du fait que la RDC déclare à de
nombreuses reprises leur engagement à lutter contre la corruption. Pour plus de détails sur les pratiques de
corruption en RDC, voir Felices-Luna (2012).
7
Ce programme triennal, débuté en 2009, pour lequel trois revues avaient déjà été conclues, s’élevait à plus
de 500 millions de dollars, dont 300 millions avaient déjà été versés. L’expiration du programme était établie
au 10 décembre 2012.

4
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
5
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

le FMI pour l’arrêt de ses prêts a été que les autorités congolaises avaient omis de publier
un contrat minier conclu en juin 2011, où la Gécamines avait cédé 25% de la société
minière Comide à Straker International Corp, enregistrée aux Îles Vierges Britanniques8.

Figure 2: Exemple des deux programmes économiques, respectivement au Tchad et au Gabon,


suspendus par le FMI (offtrack) pour non-respect des conditionnalités

Source: Rapport du FMI no. 23/440 (février 2024), Communauté économique et monétaire de l’Afrique
centrale (CEMAC) - Politiques communes en appui aux programmes de réforme des pays membres -
Communiqué de presse, Rapport des services du FMI, Annexe d’information et déclaration de
l’administrateur, cf. page 7. Url: elibrary.imf.org/view/journals/002/2023/440/002.2023.issue-440-fr.xml

Dans le cadre du programme triennal exécuté durant la période 2019-2021, parmi les 17
critères quantitatifs et repères stratégiques qui n’ont pas été respectés (cf. Tableau 1), on
retrouve notamment la « non-publication de tous les nouveaux contrats miniers ». À cela
s’ajoutent les nombreux scandales de corruption. Cependant, contrairement à la rigueur
traditionnelle du FMI, l’institution a fait preuve d’une certaine flexibilité en maintenant
son soutien au programme malgré ces manquements. Cette attitude, qui diffère de
l’approche habituelle du FMI, a soulevé des questions quant à l’efficacité des mécanismes
de surveillance et à la crédibilité des engagements pris par les autorités locales. Certains
observateurs y voient une concession stratégique, tandis que d’autres y perçoivent un
affaiblissement des standards de gouvernance auxquels l’institution est habituellement
attachée, en vertu notamment de l’article XXIII de ses statuts (cf. FMI 1994, pp. 53-55).

En dépit des preuves accablantes, le FMI a persisté à débloquer des fonds et à maintenir
ses programmes en place, soulevant des questions sur la cohérence et l’efficacité de ses
interventions. Cette attitude contraste fortement avec les mesures drastiques qu’il a prises
dans d’autres contextes similaires, où il a suspendu son soutien en attendant que des
réformes profondes soient mises en œuvre. L’approche adoptée par le FMI en RDC semble
indiquer une flexibilité inhabituelle, qui pourrait être perçue comme un affaiblissement des
critères de gouvernance et de transparence habituellement exigés par l’institution.

8
Sur plus de 130 contrats publiés à ce jour, c’était le seul qui a fait l’objet de divergences d’interprétation
entre le gouvernement et les services du FMI.

5
6 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

Tableau 1: Critères quantitatifs de réalisation et repères structurels de la FEC non respectés

Critères de réalisation quantitatifs et objectifs indicatifs Revues cibles Statut

Planchers sur les dépenses sociales 1, 2, 3, 4, 5 et 6 Non respecté

Planchers sur les recettes de l’administration centrale (en milliards de 5 Non respecté
CDF)

Planchers sur le solde budgétaire intérieur (base caisse, en milliards de 5 et 6 Non respecté
CDF)

Plafonds sur la souscription ou la garantie de nouvelle dette extérieure 5 et 6


par le secteur public (valeur actuelle, en millions de USD)

Plafonds sur les dépenses publiques exécutées en procédures d’urgence 6 Non respecté
(en pourcentage de total des dépenses sur ressources propres).

Plafonds sur la masse salariale (en milliards de CDF) 6 Non respecté

Repères structurels Revues cibles Statut

Soumission au Parlement du projet de nouvelle loi sur les banques 1 Non respecté
commerciales intégrant les commentaires du FMI

Publication de tous les nouveaux contrats miniers 2 Non respecté

Adoption d’un plan de rationalisation des charges non fiscales 3 Non respecté

Mise en œuvre la première phase du STDA 3 Non respecté

Publication de tous les nouveaux contrats miniers de même que les 4 Non respecté
contrats renégociés selon les provisions du code minier et les
recommandations de l’ITIE

Signature de l’ensemble des décrets d’application de la loi sur les 5 Non respecté
partenariats public-privé

Mise à jour du manuel d’exécution du budget pour y inclure les 5 Non respecté
dispositions de la loi organique sur la gestion des finances publiques et
signer le décret sur la comptabilité publique clarifiant les critères
régissant le recours aux procédures d’urgence pour les dépenses

Signature d’un protocole d’accord sur l’implémentation de la 5 Non respecté


recapitalisation de la BCC

Adoption d’un manuel de procédures des investissements publics 6 Non respecté

Adoption des états financiers de l’exercice 2023 de la BCC produits 6 Non respecté
selon les normes IFRS

Source: les données sur les critères quantitatifs de réalisation et objectifs indicatifs pour la FEC proviennent
directement des rapports du FMI (cf. FMI 2021b, pp. 62-63; FMI 2022a, pp. 95-96; FMI 2022b, p. 77; FMI
2023a, p. 79; FMI 2023b, p. 77; FMI 2024, p. 100). Par ailleurs, les informations sur les repères structurels
pour la FEC (FMI 2021b, pp. 64-65; FMI 2022a, p. 97; FMI 2022b, pp. 78-79; FMI 2023a, pp. 80-83; FMI
2023b, pp. 78-81; FMI 2024, pp. 101-104). Note: Les planchers sur le solde budgétaire intérieur (base caisse),
ainsi que ceux sur la souscription ou la garantie de nouvelle dette extérieure par le secteur public ont été
respectés pour les revues 1, 2, 3 et 4.

6
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
7
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

Cette situation paradoxale pose une question fondamentale: le programme du FMI, à


travers la mise en œuvre de ses revues (2019-2024), a-t-il été productif? Le cas échéant,
comment peut-on améliorer la productivité et l’efficacité de ce programme, étant donné
son impact potentiel sur le niveau de vie de la population bénéficiaire?

Une analyse croisée et arithmétique des statistiques révèle clairement que le programme
du FMI sur la période 2019-2024 n’a pas été productif9. Cette période a été caractérisée
par une inefficience notable dans l’affectation des recettes publiques et par une absence
quasi-permanente de fermeté dans le traitement des nombreux détournements de fonds
publics10. En effet, malgré une croissance positive (soit une moyenne de 2,6% entre 2019
et 2023)11, la période sous-programme avec le FMI a été marquée par des détournements
présumés de fonds publics qui ont suivi un schéma semblable à une Ponzi-Game, avec plus
d’un milliard de dollars américains détournés (cf. Figure 1).

Parallèlement, les fondamentaux macroéconomiques sont restés extrêmement fragiles.


L’inflation a atteint en moyenne 26,7% en 2024 contre 23,3% en 2023, et le taux de change
a connu une forte volatilité, passant de 2 016,9 CDF pour 1 USD en 2022 à 2 669,0 CDF
en 2023, puis à 2 812,7 CDF en 2024. Le solde budgétaire en pourcentage du PIB est
devenu encore plus déficitaire, passant de -2,5% en 2022 à -3,5% en 2023, tandis que le
solde de la balance des paiements, bien que positif, a diminué de 2,5% à 1,4% du PIB.

La hausse de la dette publique intérieure s’est accélérée à un rythme alarmant, augmentant


plus de deux fois plus vite que la dette publique extérieure, ce qui renforce les soupçons de
collusion et de corruption systémique. Entre 2019 et 2023, le taux de croissance de la dette
publique intérieure a atteint 34,0% contre 14,3% pour la dette publique extérieure. Pendant
ce temps (i.e., entre 2019 et 2023), les dépenses d’investissement en capital ont représenté
27,4% du total des dépenses publiques. Toutefois, cette statistique doit être interprétée avec
prudence en raison du nombre élevé de projets non performants et de l’inadéquation entre
le taux d’exécution financière et le taux d’exécution physique des projets sur le terrain.

9
En réalité, ce constat n’est pas une évidence isolée. Par exemple, en examinant les 23 projets financés par
la Banque africaine du développement (BAD) à hauteur de 228 millions USD en RDC durant la période
2019-2024, seulement 8 projets ont été performants. Dans la littérature, plusieurs auteurs, incluent entre
autres Burnside et Dollar (2000) et Easterly (2003), notent que l’aide étrangère n’a un impact positif sur la
croissance économique dans les pays en développement que lorsque la gestion des finances publiques est
saine, et que lorsque les politiques monétaires et commerciales sont appropriées. Autrement dit, en présence
de politiques médiocres, les effets de l’aide étrangère peuvent s’avérer faiblement positifs, non significatifs
et même négatifs (cf. Mahembe et Odhiambo 2020).
10
Le Code pénal congolais (cf. Journal Officiel 2004) condamne le détournement des deniers publics à travers
son article 145 qui dispose ce qui suit: Tout fonctionnaire ou officier public, toute personne chargée d’un
service public ou parastatal, toute personne représentant les intérêts de l’État ou d’une société étatique au
sein d’une société privée, parastatale ou d’économie mixte en qualité d’administrateur, de gérant, de
commissaire aux comptes ou à tout autre titre, tout mandataire ou préposé des personnes énumérées ci-dessus,
qui aura détourné des deniers publics ou privés, des effets en tenant lieu, des pièces, titres, actes, effets
mobiliers qui étaient entre ses mains, soit en vertu, soit à raison de sa charge, sera puni de un à vingt ans de
travaux forcés.
11
Le séries chronologiques relatives aux statistiques utilisées dans le papier sont reprises en annexe.

7
8 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

En somme, bien que la RDC ait montré une certaine discipline dans la gestion des critères
quantitatifs du programme FEC, les résultats des revues 5 et 6 révèlent des faiblesses
croissantes, notamment en matière de gestion budgétaire, de contrôle de la dette, et de
respect des engagements sociaux (cf. Tableau 1). En effet, le non-respect systématique des
dépenses sociales est particulièrement préoccupant, car il montre que les priorités
budgétaires ne sont pas alignées sur les besoins de la population, compromettant ainsi les
objectifs de développement. De plus, les manquements dans la gestion de la masse salariale
et des procédures d’urgence reflètent des défis persistants dans la gestion des finances
publiques, qui soulignent la nécessité de réformes structurelles plus rigoureuses, d’une
meilleure planification budgétaire, et d’un engagement plus ferme envers les dépenses
sociales pour éviter une aggravation de la situation économique. L’incapacité du
gouvernement à respecter ces engagements souligne la nécessité d’une volonté politique
plus forte.

Ainsi, au cours de la mise en œuvre du programme du FMI en RDC, l’institution aurait


envisagé une suspension temporaire de son financement afin d’inciter le gouvernement à
adopter des mesures correctives concrètes12. Une telle approche, visant à reculer pour
mieux sauter (cf. Collier 1997; Khan et Sharma 2003; Bird 1995, 2007; Dreher 2009),
aurait été bénéfique à bien des égards: elle aurait préservé la crédibilité du FMI, limité le
gaspillage des financements disponibles et encouragé une gestion plus rigoureuse et
orthodoxe des ressources allouées. Malheureusement, cette suspension n’a pas été mise en
œuvre.

Plus important encore, durant la mise en œuvre du programme du FMI, le nombre de


Congolais vivant dans l’extrême pauvreté est passé de 81 millions à 86 millions entre 2021
et 2023, illustrant clairement l’incapacité de ce programme à améliorer les conditions de
vie de la population malgré les ressources financières considérables mobilisées13. Cette
aggravation de la pauvreté, dans un contexte où l’économie aurait dû se stabiliser et se
redresser, met en évidence non seulement l’échec des politiques économiques mises en
place, mais aussi l’insuffisance des réformes structurelles censées accompagner le
programme en cause.

En réalité, cette question relève de la sécurité nationale, car une population appauvrie et
désespérée constitue un terreau fertile pour l’instabilité sociale, les conflits et les tensions

12
Un argument pouvant justifier la décision du FMI de ne pas suspendre son programme en RDC entre 2021
et 2024 pourrait être les défis posés par les conflits armés en cours et l’organisation du processus électoral.
Toutefois, cette justification soulève des contradictions significatives, tant internes qu’externes, pour
l’institution. Sur le plan interne, une telle approche contredit les principes fondamentaux du FMI, qui reposent
sur la conditionnalité stricte et l’exigence de réformes structurelles. En négligeant les réformes essentielles
sous prétexte de l’instabilité politique ou de la dynamique électorale, le FMI exacerbe les problèmes
économiques à long terme, aggravant ainsi les tensions sociales et politiques au lieu de les atténuer. Sur le
plan externe, la souplesse dont a fait preuve le FMI entre 2021 et 2024 en RDC est perçue comme une forme
de complaisance, renforçant les critiques selon lesquelles l’institution applique des standards différents en
fonction des pays et des circonstances. Cette perception de double standard entache la légitimité de ses
interventions et, par ailleurs, sape la confiance dans sa capacité à promouvoir une gouvernance économique
cohérente au bénéfice de la population riveraine.
13
Une lecture du Tableau 1 montre que les planchers sur les dépenses sociales n’ont jamais été respecté
durant tout le programme.

8
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
9
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

ethniques. L’augmentation du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté


compromet non seulement le développement économique du pays, mais aussi sa cohésion
sociale et sa stabilité politique14. Face à cette situation critique, il est impératif de repenser
les stratégies de développement et de procéder à une évaluation comptable coûts-bénéfices
des interventions du FMI. Ce n’est qu’en abordant ces questions avec la gravité qu’elles
méritent que la RDC pourrait espérer un avenir plus prospère.

À l’effet de rendre le programme du FMI plus productif, il est indispensable de veiller aux
préalables suivants: renforcer la transparence et la responsabilité dans la gestion des
ressources publiques; implémenter des réformes institutionnelles conséquentes pour
garantir la stabilité du cadre macroéconomique; exiger des sanctions sévères contre la
corruption et le détournement des deniers publics; engager véritablement la société civile
dans le processus de lutte contre la corruption15.

En outre, il est impératif d’investir dans le leadership éthique des acteurs politiques. Cela
requiert non seulement des programmes de formation et de sensibilisation à l’éthique
professionnelle et à la bonne gouvernance, mais aussi la mise en place d’un mécanisme de
création d’une offre de leadership de qualité. Ce mécanisme nécessite de procéder
préalablement à un audit en leadership et à une évaluation métrique des composantes
atomiques du leadership au sein du gouvernement, mais aussi au sein de l’administration
publique tout entière16.

Dans ce papier, nous soutenons une idée simple, à noter: chaque fois qu’au moins un des
préalables ci-dessus énumérés ne seront pas pleinement respectés, comme c’est le cas
notamment pour la période 2019-2024, le FMI ne fera qu’alimenter la pauvreté et les
inégalités, en finançant et en accompagnant implicitement le pays cible dans le sous-
développement.

Cet article se propose d’explorer cette question en profondeur. La section 2 passe en revue
le lien entre corruption et prospérité économique. La section 3 présente le contexte
historique de la mise en œuvre des programmes économiques du FMI en RDC, en mettant
en lumière les défis spécifiques auxquels le pays a été confronté depuis son indépendance
en 1960. La section 4 examine en détail les principaux scandales de corruption survenus
entre 2019 et 2024 et discute des conséquences de cette situation pour la gouvernance, la
stabilité macroéconomique et la prospérité en RDC, ainsi que des implications pour les
politiques futures du FMI. Les sections 5, 6 et 7 procède à l’analyse comptable des
incohérences dans l’approche du FMI en considérant respectivement les critères

14
De nombreux articles et ouvrages dans la littérature économique examinent les facteurs qui alimentent les
conflits, la violence, et l’instabilité dans les pays en développement. À cet effet, voir notamment Acemoglu
et Robinson (2001, 2006, 2012), Stewart (2002), Collier et Hoeffler (2004), Collier (2007), Tadjoeddin et al.
(2009), Murshed (2010), parmi tant d’autres travaux.
15
En effet, Acemoglu et Robinson (2019) soutiennent que le rôle de la société civile est crucial pour maintenir
l’équilibre nécessaire à la liberté et au progrès. Les auteurs montrent que la liberté et le progrès émergent
lorsque l’État et la société civile développent leur pouvoir de manière équilibrée. Une société civile forte est
essentielle pour contrer la tendance de l’État à devenir despotique. Cet équilibre délicat, qu’ils appellent le
« corridor étroit », est le seul chemin viable vers un développement inclusif.
16
Pour une discussion détaillée sur l’approche atomique du leadership, voir Matata et Tsasa (2024, 2025).

9
10 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

quantitatifs de réalisation et des repères structurels du programme de FEC, la dynamique


macroéconomique durant la période cible et les financements des partenaires du
développement durant la mise en œuvre du programme sous-jacent. La section 8 conclut.

En abordant ces questions, cet article vise à fournir une compréhension holistique de la
mise en œuvre du programme du FMI en RDC, à l’effet notamment d’éclairer les enjeux
actuels, mais aussi de proposer des pistes de réflexion pour une meilleure adaptation des
politiques économiques futures aux dynamiques endogènes de la RDC.

2 Corruption et développement économique


Précisons d’emblée qu’en RDC, l’acte de détourner les fonds publics, c’est-à-dire de
changer leur destination à des fins personnelles ou à des fins autres que celles qui leur ont
été initialement attribuées, est considéré comme une forme de corruption17. En effet,
l’article 145 du Code pénal congolais définit le détournement de deniers publics comme
une infraction spécifique, pouvant être commise par des fonctionnaires, des officiers
publics, et toute personne chargée d’un service public ou représentant les intérêts de l’État
dans des entités privées ou parastatales.

La relation entre la corruption et le développement économique est un sujet de recherche


important en économie et en sciences politiques. De nombreuses études ont examiné
comment la corruption affecte divers aspects du développement économique, y compris la
croissance économique, l’investissement étranger, les inégalités, et la qualité des
institutions. Alors que la majorité des études soutiennent que la corruption exerce un effet
négatif sur la prospérité économique (e.g., Mauro 1995; Mo 2001; Méon et Sekkat 2005,
Acemoglu et Robinson 2012; Goh et al. 2019; FMI 2021a), quelques rares travaux trouvent
en revanche que la corruption exerce un effet plutôt positif ou ambigu (Leff 1964;
Huntington 1968; Salehi et Imeny 2020, Amoh et al. 2023).

Dans son article pionnier, Paolo Mauro (1995) examine l’impact de la corruption sur la
croissance économique en utilisant des données transversales couvrant un large échantillon
de pays, afin d’analyser comment la corruption influence divers indicateurs économiques.
Ses résultats révèlent que la corruption exerce un effet négatif significatif sur le taux
d’investissement, lequel constitue un moteur essentiel de la croissance économique. Plus
précisément, il montre que les pays avec des niveaux élevés de corruption tendent à avoir
des taux d’investissement plus bas. La corruption augmente les coûts des affaires, crée des
incertitudes et décourage les investisseurs, qu’ils soient nationaux ou étrangers. En
réduisant les niveaux d’investissement, la corruption ralentit ainsi la croissance
économique globale. En quantifiant cet effet, Paolo Mauro estime que si un pays pouvait
améliorer sa position sur l’indice de corruption (par exemple, en réduisant la corruption de
manière substantielle), cela pourrait entraîner une augmentation notable de ses taux
d’investissement et, par conséquent, une accélération de sa croissance économique. Les
résultats établis par Mauro (1995) ont des implications importantes du point de vue de la

17
Cf. Journal Officiel (2004); Majid et al. (2014); De Simone et al. (2017, 2019); Farazmand et al. (2022).

10
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
11
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

politique économique. Par exemple, ils suggèrent que la lutte contre la corruption doit être
une priorité pour les gouvernements cherchant à promouvoir le développement
économique. Les politiques susceptibles de réduire la corruption peuvent inclure: le
renforcement des institutions judiciaires et de l’application de la loi pour combattre la
corruption et punir les responsables; l’amélioration de la transparence et de la
responsabilité dans les processus gouvernementaux, notamment dans les marchés publics
et les dépenses publiques; la promotion de la liberté de la presse et du rôle des médias pour
exposer et dénoncer les pratiques corruptives; l’encouragement de la participation
citoyenne et des mécanismes de contrôle public pour surveiller et signaler la corruption.

Comme dans Mauro (1995), Treisman (2000) applique une analyse empirique transversale
pour identifier les déterminants de la corruption dans différents pays. L’auteur trouve que
la corruption est plus répandue dans les pays avec des institutions faibles et une faible
application de la loi. Treisman (2000) montre par ailleurs que les facteurs historiques et
culturels jouent un rôle significatif dans la prévalence de la corruption. D’après l’auteur,
les réformes institutionnelles et l’amélioration de l’application de la loi sont cruciales pour
réduire la corruption, mais que par ailleurs il est essentiel de veiller à ce que les politiques
de réformes tiennent compte des contextes historiques et culturels spécifiques.

Wei (2000) analyse l’effet de la corruption sur les flux d’investissement direct étranger
(IDE) en utilisant des données empiriques provenant de différents pays. L’auteur montre
que la corruption agit comme une taxe implicite sur les investissements, augmentant les
coûts et réduisant les rendements potentiels. Ainsi, des niveaux élevés de corruption sont
associés à une diminution significative des entrées de capitaux étrangers. En conséquence,
les gouvernements devraient adopter des mesures anti-corruption pour attirer davantage
d’IDE, telles que l’amélioration de la transparence, la simplification des règlements
administratifs, et le renforcement de l’état de droit.

Hung Mo (2001) développe un modèle théorique pour expliquer comment la corruption


peut affecter les principaux déterminants de la croissance économique, tels que
l’investissement, les coûts des affaires, et l’efficacité de la distribution des ressources.
L’auteur montre que la corruption a plusieurs effets négatifs sur la croissance économique,
notamment la diminution du niveau d’investissement, l’augmentation du coût de faire les
affaires et la réduction de l’efficacité de la distribution des ressources.

Gupta et al. (2002) analysent l’impact de la corruption sur les inégalités de revenu et la
pauvreté. Les auteurs établissent que la corruption augmente les inégalités de revenu en
favorisant les riches et les élites au détriment des pauvres. En sus, ils montrent également
que la corruption détourne les ressources publiques des services essentiels tels que
l’éducation et la santé, ce qui aggrave la pauvreté.

Habib et Zurawicki (2002) examine l’impact de la corruption sur les décisions


d’investissement des entreprises multinationales. Les auteurs montrent que la corruption
exerce un effet dissuasif significatif sur les IDE, dans la perspective où les entreprises
crédibles préfèrent investir dans des pays où les risques de corruption sont faibles.

11
12 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

Par ailler Méon et Sekkat (2005) explore l’hypothèse selon laquelle la corruption pourrait
soit faciliter (i.e., « graisser les rouages »), soit entraver (i.e., « sabler les rouages ») le
développement économique18. Leurs résultats montrent que la corruption nuit à la
croissance économique principalement en entravant la productivité totale des facteurs. Plus
précisément la corruption entraîne une baisse substantielle de l’efficacité des
investissements, une forte entrave à l’innovation et à l’entrepreneuriat et un impact négatif
sur les institutions: La corruption affaiblit les institutions économiques et politiques,
réduisant ainsi leur capacité à promouvoir un environnement propice à la croissance
économique. Des institutions corrompues sont moins capables de fournir les biens publics
essentiels, tels que l’éducation, la santé, et les infrastructures, qui sont cruciaux pour le
développement économique.

En s’appuyant sur des données transversales, You et Khagram (2005) apporte des preuves
empiriques qui suggèrent que la corruption exacerbe les inégalités de revenu en
enrichissant les élites aux dépens des populations défavorisées. En effet, en détournant les
ressources publiques et en réduisant les fonds disponibles pour les services essentiels, la
corruption perpétue un cycle de pauvreté et d’inégalités. Pour promouvoir une croissance
économique équitable et inclusive, il est crucial de mettre en œuvre des réformes visant à
réduire la corruption et à renforcer les institutions de gouvernance. En effet, les auteurs
trouvent qu’il existe une forte corrélation positive entre les niveaux de corruption et les
niveaux d’inégalités de revenu: plus un pays est corrompu, plus les écarts de revenus entre
les riches et les pauvres sont importants. Par ailleurs, You et Khagram (2005) montrent que
la corruption permet aux élites de s’enrichir de manière disproportionnée, en ce sens que
les élites politiques et économiques utilisent leur pouvoir pour détourner les ressources
publiques et priver les populations défavorisées des avantages de la croissance
économique. Les pots-de-vin, la fraude et les détournements de fonds publics sont des
moyens courants par lesquels les élites accumulent des richesses. En détournant les
ressources publiques, la corruption réduit les fonds disponibles pour les services sociaux
essentiels tels que l’éducation, la santé et les infrastructures. Cela nuit particulièrement aux
populations pauvres, qui dépendent davantage de ces services. Plus important encore, les
auteurs soutiennent que la corruption et les inégalités de revenu se renforcent mutuellement

18
Dans les années 1960, Leff (1964) avait analysé l’impact de la corruption sur le développement
économique en explorant comment elle peut, dans certaines situations, faciliter les transactions économiques.
L’auteur trouve que, dans des systèmes où les marchés sont inefficaces et les bureaucraties lourdes, la
corruption peut servir de mécanisme pour contourner les obstacles et accélérer les processus administratifs.
En permettant aux entrepreneurs de surmonter les barrières bureaucratiques, la corruption peut, dans certains
contextes, stimuler l’activité économique en rendant les transactions plus fluides. Toutefois, il sied de
souligner que bien que la corruption puisse avoir des effets compensatoires à court terme dans des
environnements bureaucratiques inefficaces, elle ne constitue pas une solution viable à long terme. Les
réformes visant, d’une part, à améliorer la transparence dans la gestion des ressources publiqes, l’efficacité
et l’accessibilité des institutions publiques et, d’autre part, à réduire la nécessité des pots-de-vin et les
détournements des deniers publics sont essentielles pour un développement économique durable. En
parallèle, Huntington (1968) analyse la dynamique de la corruption et son impact sur le développement
politique et économique. Il utilise une approche qualitative, en s’appuyant sur des exemples historiques et
contemporains de divers pays pour illustrer ses arguments. L’auteur montre que bien que la corruption puisse
parfois faciliter les transactions économiques, elle reste en contradiction avec les normes légales et éthiques.
Elle érode la confiance du public dans les institutions et peut engendrer une culture de l’impunité où les lois
sont systématiquement contournées. Cf. Méon et Sekkat (2005) pour plus de détails.

12
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
13
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

(effet multiplicateur). D’une part, des niveaux élevés de corruption augmentent les
inégalités de revenu, ce qui, à son tour, rend plus difficile la mise en œuvre de réformes
anti-corruption. D’autre part, les élites riches et puissantes, bénéficiant de la corruption,
ont peu d’incitations à soutenir des politiques de transparence et de bonne gouvernance. In
fine, la corruption renforce les inégalités de pouvoir et d’influence dans la société: les
groupes marginalisés ont moins de moyens pour influencer les décisions politiques et
économiques, tandis que les élites utilisent leur pouvoir pour maintenir et accroître leurs
privilèges. Cela crée un cercle vicieux où la corruption et les inégalités de pouvoir
s’entretiennent mutuellement.

Acemoglu et Robinson (2012) soutiennent l’idée selon laquelle les institutions extractives,
souvent caractérisées par une corruption endémique, entravent le développement
économique en concentrant le pouvoir et les ressources entre les mains de quelques-uns,
générant ainsi des effets négatifs durables sur le développement économique et la
prospérité. Pour favoriser le développement économique, il est essentiel de promouvoir des
institutions inclusives qui encouragent la participation large et équitable de la population à
l’économie et à la gouvernance.

Des études plus récentes suggèrent que la corruption a des effets négatifs significatifs sur
le développement économique, bien que les mécanismes et les impacts spécifiques puissent
varier selon les contextes nationaux.

En utilisant un modèle de panel multivarié pour analyser les relations à long terme entre la
corruption, l’efficacité gouvernementale, les investissements directs étrangers, et la
formation brute de capital fixe sur la croissance économique dans 48 pays à revenu
intermédiaire entre 1996 et 2019, Goh et al. (2019) trouvent que la corruption réduit
significativement la croissance économique en diminuant l’efficacité gouvernementale et
les IDE.

Une étude du FMI (2021) établit que la corruption entraîne une perte significative de
recettes fiscales et des distorsions dans les priorités de dépenses publiques. La corruption
réduit les investissements dans l’éducation, la santé et les infrastructures, entravant ainsi la
croissance économique et le développement.

Dabla-Norris et al. (2022) montrent que la corruption pousse les entreprises à opérer dans
le secteur informel pour éviter les coûts liés à la corruption, ce qui réduit la base fiscale et
nuit à la croissance économique. En parallèle, le secteur informel, bien que dynamique, est
souvent moins productif et moins régulé, ce qui entrave le développement économique à
long terme.

Dans ce papier, nous montrons que dans le contexte de la RDC la corruption constitue une
fuite importante des recettes qui pénalisent

13
14 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

3 Programmes économiques du FMI en RDC:


Contexte historique et mise en œuvre
Le FMI fut créé en juillet 1944, lors d’une conférence des Nations Unies à Bretton Woods
dans le New Hampshire (États-Unis)19, avec cinq objectifs spécifiques, à noter: (i)
promouvoir la coopération monétaire internationale; (ii) garantir la stabilité financière; (iii)
faciliter les échanges internationaux20; (iv) contribuer à un niveau élevé d’emploi et à la
stabilité économique; (v) faire reculer la pauvreté (Clift 2004, p. 1)21.

Au regard de ses objectifs, le FMI fournit une assistance technique ou financière à de


nombreux pays développés et en développement22, dont la RDC. Cette dernière a conclu
son premier programme avec le FMI en juin 1967 pour une période de trois ans (juin 1967-
juin 1970). Ce programme triennal consistait essentiellement à appuyer la réforme
monétaire consacrant la nouvelle monnaie nationale, le zaïre, à la parité de 1 zaïre contre
1000 francs congolais et 2 dollars américains23. Le résultat de ce premier programme reste
mitigé. Le taux de croissance du PIB par habitant et le taux d’inflation durant la période
1967-1970 se chiffrent à 0,16 et 33,34% respectivement contre une moyenne de 0,75 et
27,11% entre 1961 et 1966.

Par la suite, les chocs pétroliers et la baisse du cours du cuivre, durant la première moitié
des années 1970, ont davantage affaibli les performances économiques de la RDC24. Le
taux de croissance est passé d’une moyenne positive de 0,91% durant la période 1961-1969
à une moyenne plus faible et négative de -0,70% entre 1970 et 1975. À l’effet de faire face
à ces chocs, la RDC a pour une deuxième fois sollicité l’appui du FMI. Ainsi les deux
parties ont formellement conclu, en mars 1976, un programme de stabilisation d’un an,
appuyé par un accord de confirmation. Ce programme avait pour but d’aider le pays à

19
La RDC y est membre depuis septembre 1963, avec une quote-part de 0,22%. La quote-part du Rwanda et
celle des États-Unis sont de 0,03 et 17,46% respectivement. Pour plus de détails, voir FMI (2016c, 2016d,
2019b). L’annexe D explique brièvement comment fonctionne le FMI.
20
Le FMI et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont pour mission d’assurer la solidité du système
de commerce et de paiements internationaux. Cependant, le FMI s’intéresse au système monétaire et financier
international, alors que l’OMC se concentre sur le système mondial d’échanges commerciaux (cf. FMI
2016a).
21
En parallèle, dans un document publié par le Département de la communication du FMI en mars 2016, les
objectifs du FMI se résument comme suit: (i) promouvoir la coopération monétaire internationale; (ii)
faciliter l’expansion et la croissance équilibrées du commerce mondial; (iii) promouvoir la stabilité des
changes; (iv) aider à établir un système multilatéral de paiements; (v) mettre ses ressources, moyennant des
garanties adéquates, à la disposition des pays confrontés à des difficultés de balance des paiements (FMI
2016a, p. 3).
22
Notons d’ores et déjà que le FMI et la Banque mondiale, tous deux institutions du système des Nations
unies, poursuivent un même but: celui de relever le niveau de vie des populations des pays membres. Les
approches utilisées à cet égard sont complémentaires: Alors que l’action du FMI est principalement centrée
sur les questions macroéconomiques, la Banque mondiale se consacre au développement économique à long
terme et à la lutte contre la pauvreté (cf. FMI 2016f, 2016g; 2018b, c, d).
23
Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la RDC (2007, pp. 4-5).
24
La RDC est un pays riche en ressources naturelles. Plusieurs auteurs tendent à expliquer sa dynamique
économique par la cyclicité et la vigueur des prix des matières premières sur le marché mondial; voir par
exemple: MacGaffey (1991), Akitoby et Cinyabuguma (2005); Dömeland et al. (2012).

14
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
15
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

préserver les grands équilibres macroéconomiques. Malheureusement, il fut suspendu à


cause du non-respect des critères liés à la baisse des dépenses publiques et à l’obligation
de couvrir le service de la dette.

Figure 3: Programmes du FMI et performances économiques en RDC (1960-2024)


60 Programme Relais de 1600
Stabilisation: Nouvelle Programme de sortie rapide
Milliards

orientation de la politique de l'hyperinflation


monétaire et budgétaire
Programme Économique du
Gouvernement (PÉG-1):
PTAÉF-2: Relance de la Consolidation de la stabilité
croissance économique du cadre macroéconomique
45 1200
Programme Programme Relais Programme
d'Ajustement de Consolidation Triennal de
Structurel Facilité de
Crédit
Élargie
30 Programme de 800
référence: Facilité
de crédit rapide

Programme Triennal
d'Ajustement Économique
Programme de
et Financier (PTAÉF-1):
stabilisation
Réduction substantielle
15 (suspendu) 400
du risque des déficits
chroniques de la balance PÉG-2: Consolidation de
de paiement la stabilité du cadre
macroéconomique
Programme de Programme de Programme
stabilisation: Appui à la stabilisation: Relance de la Intérimaire Programme suivi par
réforme monétaire de 1963 croissance économique Renforcé (PIR) les Services du FMI
0 0
1960 1969 1978 1987 1996 2005 2014 2023
PIB ($ US constants de 2015, axe gauche) PIB par habitant ($ US constants de 2015, axe droit)

Note: Les données utilisées pour le PIB et le PIB par habitant proviennent de la base de données de
la Banque mondiale sur les indicateurs du développement dans le monde (Banque Mondiale, WDI
DataBank 2024). Le PIB et le PIB par habitant sont mesurés en dollar américain constant de 2015.
Les informations sur les différents programmes du FMI en RDC, entre 1960 et 2024, ont été
recueillies dans les documents ci-après élaborés en vertu de l’article IV des statuts du FMI:
Communiqué de presse; Rapport des services du FMI; Annexe d’informations des services du FMI;
Déclaration du Directeur exécutif pour la RDC; Note d’information au public (FMI 2019a).

Un troisième programme formel, relayant le deuxième, fut conclu en avril 1977 pour une
durée d’une année25. Également appuyé par un accord de confirmation, ce programme avait
pour objectifs de soutenir la relance économique, notamment en procédant au passage du
régime de change fixe vers un régime de change flexible et en proposant une nouvelle
orientation des politiques budgétaire et monétaire. Une fois de plus, les résultats de ce
programme, en termes de croissance économique et de stabilité du niveau général des prix
restent mitigés. En effet, entre 1977 et 1979, les moyennes du taux de croissance du PIB
par habitant et du taux d’inflation se chiffrent à -4,32 et 55,82% contre -7,72 et 57,40% en
1976.

En 1979, un quatrième programme de stabilisation (juillet 1979-décembre 1980) fut signé.


Ce programme avait pour but d’assainir la situation financière du pays afin de rétablir la

25
Cf. Banque mondiale (1979, p. 2).

15
16 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

solvabilité du pays et de promouvoir la reprise de la croissance économique26. Ce


programme fut également un échec apparent: le taux de croissance du PIB par habitant est
demeuré négatif (-1,95%) et le taux d’inflation excessivement élevé (supérieur à 75%,
hyperinflation).

En outre, comme nous pouvons le voir dans la Figure 2, avant la suspension de toute
coopération formelle entre la RDC et le FMI à la fin des années 1980, trois autres
programmes furent formellement conclus, respectivement en 1981, 1984 et 1987. En 1981,
un accord d’assistance technique et financière entre la RDC et le FMI avait été signé,
dénommé programme triennal d’ajustement économique et financier (PTAEF-1, 1981-
1983). L’objectif du PTAEF-1 était de relancer la croissance économique, de contenir la
pression inflationniste et de réduire substantiellement le risque des déficits chroniques de
la balance des paiements. Une fois de plus, l’application de ce programme n’a pas produit
les résultats escomptés.

À la suite du PTAEF-1, la RDC avait sollicité un autre programme d’ajustement


économique et financier, également d’une durée de trois ans (PTAEF-2, 1984-1986), afin,
d’une part, de résoudre le problème de déficit budgétaire et de la balance des paiements et,
d’autre part, de relancer la croissance économique et d’honorer le service de la dette.

En 1987, le PTAEF-2 fut relayé par le programme d’ajustement structurel dans le but de
réduire les déséquilibres budgétaires à court et à moyen termes et d’adapter la structure de
l’économie nationale aux exigences d’une croissance stable à long terme27. Il était prévu
que ce programme soit exécuté en deux séquences, entre 1987 et 1990 (séquence 1), puis
entre 1990 et 1992 (séquence 2).

Ce programme, partiellement exécuté, fut un échec. Cette fois-ci, le non-respect des


conditionnalités imposées par le FMI conduisit à l’interruption de toute coopération
formelle entre la RDC et le FMI durant la période 1991-2000.

Toutefois en 1995, un programme de sortie rapide de l’hyperinflation fut exécuté avec le


concours technique du FMI. Ce programme avait pour objectif de réduire substantiellement
le niveau du taux d’inflation, de contenir les dérapages des finances publiques et de renouer
avec une croissance positive28. Le programme de sortie rapide de l’hyperinflation ne fut
malheureusement pas relayé par une assistance subséquente du FMI à cause de nombreuses
contraintes institutionnelles causées par l’éclatement de la première guerre du Congo
(1996-1997).

26
Cf. Banque mondiale (1981, p. 27).
27
Notamment la discipline budgétaire, la privatisation des entreprises et établissements publics, la
libéralisation des prix et la réduction des barrières commerciales.
28
Beaugrand (1997, p. 23).

16
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
17
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

Tableau 2: Aperçu des différents programmes économiques formels entre le FMI et la RDC
(1960-2024)

Programme avec le FMI Début Fin Durée Croissance du


d’exécution PIB par hab.
(Nombre (%)
d’années)

1. Programme triennal d’assistance 1967 1970 3 0,16


financière et technique
2. Programme de stabilisation et 1976 1976 Suspendu. -7,72
Accord de confirmation Prévu pour
1 an
3. Programme de stabilisation et 1977 1977 Suspendu. -1,74
Accord de confirmation Prévu pour
1 an
4. Programme de stabilisation et 1979 1980 1 -1,95
Accord de Stand-by
5. Programme triennal d’ajustement 1981 1983 3 -1,64
économique et financier
6. Programme triennal d’ajustement 1984 1986 3 0,53
économique et financier
7. Programme triennal d’ajustement 1987 1989 3 -2,45
économique et financier
8. Programme triennal d’ajustement 1990 1992 Non exécuté. -11,38
économique et financier Suspendu
9. Programme de sortie rapide de 1995 1996 1 -3,16
l’hyperinflation
10. Programme intérimaire suivi par 2001 2002 1 -2,58
les services du FMI (programme
de référence)
11. Programme économique du 2002 2005 Suspendu en 2,21
gouvernement soutenu par la 2005
FRPC
12. Programme relais de 2006 2006 2/3 2,02
consolidation
13. Programme économique suivi par 2007 2008 1 2,89
les services du FMI
14. Programme économique du 2009 2012 Suspendu en 2,55
gouvernement fin 2012
15. Programme de référence 2019 2020 1/2 -0,19
(Facilité de crédit rapide, FCR)
16. Programme triennal de Facilité 2021 2024 3 4,48
élargi de crédite (FEC)

Note: Les données utilisées pour le PIB et le PIB par habitant proviennent de la base de données de la
Banque mondiale sur les indicateurs du développement dans le monde (Banque Mondiale, WDI
DataBank 2024).

17
18 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

Après avoir été suspendue pour une période de près de dix ans (1991-2000), la coopération
formelle entre la RDC et le FMI ne fut effectivement reprise qu’au début du second
trimestre de 2001, avec la mise en œuvre successive de: Programme intérimaire renforcé
(PIR) destiné à casser l’hyperinflation et à libéraliser l’économie (mai 2001-mars 2002);
Programme économique du gouvernement (PEG-1, avril 2002-juillet 2005) destiné à
consolider la stabilité du cadre macroéconomique, à promouvoir une croissance
économique soutenable et à soutenir les efforts de réduction de la pauvreté.

Le PEG-1 fut malheureusement arrêté sans avoir conclu les cinquième et sixième revues;
Programme relais de consolidation (PRC, avril-décembre 2006), appuyé par un programme
économique suivi par les services du FMI (PSSF) dont l’exécution s’est révélée peu
satisfaisante à cause essentiellement du contexte conduisant aux élections générales dans
le pays29; Programme économique suivi par les services du FMI (PSSF, 2007-2008);
Programme économique du gouvernement (PEG-2, 2009-2012)30.

Bien que tous les critères quantitatifs fussent satisfaits dans le cadre du PEG-231, la
coopération formelle et effective entre la RDC et le FMI fut à nouveau interrompue en
décembre 2012 à la suite, principalement, d’une divergence dans l’interprétation d’un
critère qualitatif se rapportant à la transparence dans la gestion des ressources naturelles32.
Par la suite, le gouvernement s’est résolu de ne pas être en programme avec le FMI et a
mis en œuvre son propre programme économique qui a bien fonctionné, entre 2012 et
septembre 2016, comme en témoignent notamment les statistiques sur la croissance, le taux
de change et le taux d’inflation.

Cette interruption durera près de sept ans, avant de reprendre en 2019. En effet, à l’issue
des élections du 30 décembre 2018, le souhait de reprendre la coopération avec le FMI
s’était davantage manifesté et, finalement, concrétisé à la suite d’une rencontre entre le
Président de la RDC Félix-Antoine Tshisekedi et la Directrice générale du FMI Christine
Lagarde, le 4 avril 2019, aux États-Unis. Après cette rencontre, madame Lagarde a déclaré:
« Je suis ravie qu’on ait pu renouer la relation et mettre en place ensemble ce partenariat
pour travailler à l’amélioration de la situation économique et celle de la population ». Le
26 août 2019, le Conseil d’administration du Fonds a conclu les consultations au titre de
l’article IV avec la RDC. À la suite de la transition politique pacifique qui a eu lieu en
début 2019, la reprise de la coopération entre la RDC et le FMI a été perçue, par plusieurs
observateurs et analystes33, comme une occasion de mettre en place des réformes propices

29
Cf. de Looringhe et Ruben (2012, p. 109).
30
Janvier-juin 2009: Programme économique suivi par les services du FMI (programme de référence). Pour
plus de détails, cf. Lettre d’intention du 30 novembre 2009 adressée par le premier ministre Muzito à
Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI.
31
Le PEG-2 avait expiré le 10 décembre 2012 (FMI 2014, p. 5). Voir FMI (2009a, pp. 26-34) pour un aperçu
des critères de réalisation quantitatifs tels que présentés dans le mémorandum technique d’exécution du
programme soumis par le gouvernement congolais au FMI, le 30 novembre 2009.
32
Approuvé par le Conseil d’administration du FMI le 11 décembre 2009, le programme économique du
Gouvernement (2009-2012) visait à aider le pays à surmonter les obstacles identifiés dans la Stratégie pour
la réduction de la pauvreté et pour la croissance (cf. FMI 2009a, p. 2; BAD 2010, p. 5). Se rapporter à FMI
(2009b) et Beith et Richardson (2015) pour plus de détails.
33
Voir, par exemple, Ames et al. (2019), Lagarde (2019), William (2019a, b).

18
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
19
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

à la création d’emplois, la promotion d’une croissance inclusive et la réduction de


l’incidence de la pauvreté.

Figure 4: Évolution du taux de croissance du PIB par habitant en RDC, en Moyenne annuelle
(Période: 2010-2024)
En programme avec le
6,0 FMI : Programme
triennal
Pas de programme
avec le FMI 4,5
Période de concertation, de
coalition politique et des
3,3 tensions électorales

3,0

1,3

0,0
-0,2

En programme avec le
FMI : Programme de
référence
-3,0
2012-2016 2017-2018 2019-2020 2021-2024
Source: Banque Mondiale (WDI, 2024). Le taux de croissance du PIB par habitant la variation en pourcentage
du PIB par habitant. Le PIB par habitant mesure le produit intérieur brut, en termes réels, divisé par la
population en milieu d’année. Les données sont en dollars américains constants de 2015.

De manière générale, l’incidence des programmes du FMI sur les performances


économiques semble remarquablement mitigée. Par exemple durant la première vague des
programmes avec le FMI (1967-1991), la moyenne du taux de croissance du PIB par
habitant est négative (-2,15%). Ce taux est positif durant la deuxième vague (2001-2012,
une moyenne de 1,82%), mais demeure largement inférieur à la moyenne du taux de
croissance durant la période 2012-2016 où toute coopération formelle entre la RDC et le
FMI était suspendue. En outre il convient également de noter que le fait d’être ou non en
programme avec le FMI ne suffit pas à expliquer de manière cohérente les performances
observées en RDC. Par exemple, entre 1991 et 2000, la RDC n’était pas en programme
avec le FMI. Le taux de croissance du PIB par habitant durant cette période, i.e. 1991-
2000, était de -8.30%, alors qu’entre 2012-2016, ce taux se chiffrait à 3,28%.

En outre, l’analyse historique du cas de la RDC ne fournit aucune preuve que le fait d’être
en programme avec le FMI libère le potentiel économique du pays bénéficiaire. Enfin, à

19
20 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

cause de la rigidité de règle34, il est quasiment impossible pour les pays en développement
de bénéficier de l’appui financier ou logistique conséquent de la part des autres partenaires
de développement, telles que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement,
la Commission européenne ou des donateurs bilatéraux, sans préalablement être en
programme avec le FMI. Toutefois, c’était exceptionnellement le cas de la RDC entre 2012
et 2016, au regard notamment des performances macroéconomiques réalisées par le pays
durant cette période35.

Le caractère controversé des programmes du FMI n’est pas le propre de la RDC (Doug et
Visquez 1994; Danaher 1995). Comme nous l’avons mentionné à l’introduction, ces
controverses ont également été documentées et largement débattues dans la littérature
économique. Par exemple, Przeworski et Vreeland (2000, p. 403) établissent que les pays
qui n’adhèrent pas aux programmes du FMI croissent plus vite que ceux qui y participent,
même lorsque les deux groupes sont confrontés à des conditions initiales similaires.
Vreeland (2003) trouve que la croissance économique est environ 1,5% plus lente lorsque
les pays bénéficient d’un programme du FMI36. D’où la question, pourquoi les
gouvernements et le FMI continuent-ils de conclure des programmes d’assistance d’autant
plus que le résultat est souvent décevant sur le plan économique. L’auteur estime que les
gouvernements, en concluant des accords avec le FMI, recherchent avant tout un soutien
politique afin de faire face notamment à l’opposition nationale37. Le même argument est
soutenu par Pastor (1987, 2019).

Quels que soient l’approche méthodologique considérée, la période d’intérêt ou


l’échantillon des pays, les résultats établis par Przeworski et Vreeland (2000) et la
littérature subséquente semblent robustes. En instrumentant les variables de prêt du FMI
avec les valeurs (i) de prêt prévu en fonction des quotas et des parts du personnel du FMI,
(ii) des fractions de votes des Nations Unies avec les États-Unis et les pays européens, et
(iii) de l’intensité des échanges avec les États-Unis et les pays européens, Barro et Lee
(2005) corroborent les conclusions de Przeworski et Vreeland (2000). En utilisant des
données de panel pour 98 pays sur la période 1970-2000, Dreher (2004, 2006) trouve des
preuves que la participation aux programmes du FMI réduit la croissance économique. En
outre, l’auteur établit que rien ne prouve que le respect de la conditionnalité atténuerait cet
effet négatif. Par ailleurs, Dreher et Gassebner (2012, p. 330) constatent que les
gouvernements sont confrontés à un risque croissant d’entrer en crise lorsqu’ils restent sous

34
Par rigidité de règle, nous faisons allusion au principe d’après lequel: Être en programme économique
formel avec le FMI constitue, pour les institutions financières internationales traditionnelles telles que la
Banque mondiale ou la Banque africaine de développement, une sorte de caution permettant d’accéder
facilement aux financements.
35
En effet, la règle d’or (rigidité de règle) implique qu’un pays ne peut être en programme avec les autres
institutions financières et partenaires techniques que s’il est en programme avec le FMI, considéré comme le
visa d’accès aux sources de financement. Pour les bailleurs et pourvoyeurs de fonds, la philosophie de ce
visa est de s’assurer d’une bonne gestion des projets de développement à financer. Toutefois, lorsque les
partenaires de développement remarquent que le pays gère rigoureusement son économie, ce qui fut
notamment le cas entre 2012 et 2016 en RDC, l’accès au financement peut donc être accordé.
36
Vreeland (2003), cité par Stiles (2004, p. 644).
37
Hülsmann (2003, p. 54) note par exemple: « on peut très bien se passer du FMI. Sa suppression immédiate
serait certes déplorable du point de vue des classes politiques, mais bénéficierait à la large majorité́ des
populations en Occident et en Afrique ».

20
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
21
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

le régime du FMI une fois que les performances économiques s’améliorent. Les auteurs
notent que ce constat peut s’expliquer par le fait que, d’une part, l’assistance technique ou
financière dénote le symptôme de l’incompétence du gouvernement et, d’autre part, les
gouvernements qui héritent des programmes du FMI pourraient être moins susceptibles de
mettre en œuvre les conditionnalités convenues par leurs prédécesseurs.

Sur base des statistiques informatives, Easterly (2005, p. 20) conclut que l’ajustement
structurel n’a pas réussi à ajuster la politique macroéconomique et à générer une croissance
économique stable dans les pays bénéficiaires. En utilisant les données de 104 accords du
FMI dans 74 pays en développement entre 1973 et 1991, Santaella (1996, p. 539) trouvent
que les pays qui sont en programme ou sur le point de suivre un programme avec le FMI
affichent une balance des paiements, une croissance économique, des conditions
extérieures plus fragiles que ceux qui ne sont pas en programme38. Feldstein (1998)
formule trois critiques à l’endroit des remèdes qu’a proposés le FMI à la crise asiatique,
lesquelles peuvent toutefois être généralisées dans le cas des pays en développement.
Premièrement, Feldstein note que le FMI prescrit généralement et parfois de manière
déguisée la même vieille recette d’austérité39, souvent de manière inappropriée aux pays
souffrant des maladies diverses et singulières. Deuxièmement, il soutient qu’en incluant
dans son programme un certain nombre d’éléments structurels, le FMI va généralement au-
delà de sa tâche essentielle, à noter celle de corriger la balance des paiements, en
s’immisçant dans les processus politiques des pays bénéficiaires de son assistance40.
Troisièmement, il évoque le problème de l’aléa moral qu’impliquent généralement les
programmes du FMI. Dans le même sens, Meltzer (1999) note que le FMI a connu plus de
succès dans les années 60, lorsqu’il a limité ses efforts à l’aide aux pays souffrant de
déficits courants. À mesure que la portée de ses interventions s’est élargie, son bilan est
devenu ambigu.

Pour vérifier la robustesse des inférences concernant l’efficacité des programmes


économiques du FMI, Eke et Kutan (2009) appliquent plusieurs méthodes d’évaluation41,
couramment utilisées dans la littérature, à un panel plus large des pays, incluant notamment

38
Ces résultats semblent intuitifs car les prêts du FMI sont accordés en réponse à une crise économique cf.
Abbotta et al. (2010, p. 19).
39
Alors qu’abordant dans le même sens que Feldstein (1998), Marysse (2010, p. 150) évoque l’effet Matthieu,
Bird et Rowlands (2017, p. 2192) réfutent, en revanche, l’affirmation selon laquelle les programmes
concessionnels du FMI dans les pays à faible revenu sont fondés sur l’austérité, même s’ils constatent une
différence importante entre les programmes concessionnels et non concessionnels.
40
En réponse à cette critique, Fischer (1998, p. 103) estime qu’éviter les aspects structurels et politiques dans
le programme du FMI serait synonyme d’un traitement superficiel du problème de fond caractérisant les
économies des pays qui sollicitent l’assistance du FMI et donc impliquerait vraisemblablement une
récurrence chronique des crises. Autrement dit, les critères quantitatifs ne suffisent pas de garantir l’atteinte
des objectifs assignés par le FMI aux pays bénéficiaires. Par ailleurs, à ce jour, certains pays émergents
identifient des mécanismes d’emprunt alternatifs qui ne dépendent pas des réformes politiques contraignantes
telles que recommandées par le FMI (Dreher et al. 2008, p. 167). Pour une revue des critiques
traditionnellement adressées aux différents programmes économiques exécutés par le FMI dans les pays en
développement, voir Helleiner (1983), Zaki (2001), Nooruddin et Simmons (2006), Conway (2007) et Pop-
Eleches (2009).
41
Dans leur papier, les auteurs utilisent respectivement: (i) les deux méthodes alternatives proposées par Bird
(2001), à noter Recidivism and Program Completion; (ii) l’analyse Before-and-After; (iii) la méthode
d’évaluation généralisée (cf. Eke et Kutan 2009, p. 10).

21
22 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

les pays de l’Europe de l’Est. Les auteurs trouvent que les programmes du FMI dans les
pays bénéficiaires sont inefficaces.

Tableau 3: Décaissements approuvés par le FMI pour la RDC (Période: 2019-2024)

Type de Sigle Revue Montant Date d’approbation Objectif


Fonds du Conseil

Facilité de FCR - 368,4 Décembre 2019 Permettre à la RDC de répondre à leurs


crédit rapide millions besoins urgents de balance des
USD paiements

Facilité de FCR - 363,27 Avril 2020 Aider la RDC à répondre aux besoins
crédit rapide millions urgents de balance des paiements
USD pendant la pandémie de COVID-19

Facilité FEC Demande des 216,9 Juillet 2021 Promouvoir une croissance économique
élargie de autorités de la millions durable en augmentant la mobilisation
crédit RDC pour un USD des revenus domestiques, en améliorant
programme la gouvernance et la politique monétaire.
FEC sur 3 ans

Facilité FEC 1ère revue 212,3 Décembre 2021 Idem: Promouvoir une croissance
élargie de millions économique durable en augmentant la
crédit USD mobilisation des revenus domestiques,
en améliorant la gouvernance et la
politique monétaire.

Facilité FEC 2ème revue 203 millions Juillet 2022 Idem: Promouvoir une croissance
élargie de USD économique durable en augmentant la
crédit mobilisation des revenus domestiques,
en améliorant la gouvernance et la
politique monétaire.

Facilité FEC 3ème revue 203 millions Décembre 2022 Idem: Promouvoir une croissance
élargie de USD économique durable en augmentant la
crédit mobilisation des revenus domestiques,
en améliorant la gouvernance et la
politique monétaire.

Facilité FEC 4ème revue 203 millions Juillet 2023 Idem: Promouvoir une croissance
élargie de USD économique durable en augmentant la
crédit mobilisation des revenus domestiques,
en améliorant la gouvernance et la
politique monétaire.

Facilité FEC 5ème revue 203 millions Décembre 2023 Idem: Promouvoir une croissance
élargie de USD économique durable en augmentant la
crédit mobilisation des revenus domestiques,
en améliorant la gouvernance et la
politique monétaire.

Facilité FEC 6ème revue 203 millions Pour Juillet 2024 si Idem: Promouvoir une croissance
élargie de USD approuvé économique durable en augmentant la
crédit mobilisation des revenus domestiques,
en améliorant la gouvernance et la
politique monétaire.

22
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
23
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

Cependant, précisent-ils, qu’il peut être simpliste de blâmer uniquement le FMI pour
l’échec de ces programmes car, en réalité, l’inefficacité de ces programmes peut être causée
par de nombreux facteurs, notamment la nature des programmes, l’engagement des
fonctionnaires ou du gouvernement du pays bénéficiaire, les changements des
fondamentaux politiques ou encore les chocs externes. En utilisant un ensemble de données
contenant des informations sur 94 programmes du FMI entre 1989 et 2002, Baqir et al.
(2005) constatent que les implications macroéconomiques des assistances techniques et
financières du FMI sont généralement inférieures aux attentes en matière de croissance et
d’inflation.

En générale, les preuves empiriques présentées dans la littérature ne sont pas favorables au
FMI42. En même temps, nous sommes d’accord notamment avec Dicks-Mireaux et al.
(2000) et Eke et Kutan (2009) que l’immense complexité qu’implique les différentes
approches méthodologiques et la nature des données statistiques utilisées dans la littérature,
à ce jour, ne permet pas aux économistes de fournir une base solide pour tirer des
conclusions sans ambiguïté quant aux implications macroéconomiques des programmes
d’assistance technique et financière du FMI.

Entre 2019 et 2024, le Fonds Monétaire International (FMI) a approuvé plusieurs


décaissements pour la RDC dans le cadre de diverses facilités de crédit, avec des objectifs
précis à chaque étape.

En décembre 2019, le FMI a approuvé un premier décaissement de 368,4 millions USD


sous la Facilité de Crédit Rapide (FCR), visant à permettre à la RDC de répondre à ses
besoins urgents de balance des paiements. Cette initiative a été suivie en avril 2020 par un
autre décaissement de 363,27 millions USD, également sous la FCR, pour aider la RDC à
faire face aux défis économiques imposés par la pandémie de COVID-19.

En juillet 2021, le FMI a approuvé un décaissement de 216,9 millions USD sous la Facilité
Élargie de Crédit (FEC), basé sur une demande des autorités congolaises pour un
programme triennal. Ce programme visait à promouvoir une croissance économique
durable en augmentant la mobilisation des revenus domestiques, en améliorant la
gouvernance et la politique monétaire.

Les revues subséquentes de la FEC ont conduit à plusieurs décaissements supplémentaires:

¾ En décembre 2021, un montant de 212,3 millions USD a été approuvé lors de la


première revue.
¾ En juillet 2022, la deuxième revue a approuvé un décaissement de 203 millions
USD.
¾ En décembre 2022, la troisième revue a encore validé un décaissement de 203
millions USD.

42
En utilisant un ensemble de données incluant 213 pays, pour la période 1971-2009, Fidrmuc et Kostagianni
(2015) trouvent que l’effet contemporain de la participation du FMI est non significatif tandis que l’effet
décalé est positif.

23
24 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

¾ En juillet 2023, lors de la quatrième revue, un nouveau montant de 203 millions


USD a été approuvé.
¾ En décembre 2023, la cinquième revue a également approuvé un décaissement de
203 millions USD.
¾ Enfin, pour juillet 2024, la sixième revue, si elle est approuvée, permettra un
nouveau décaissement de 203 millions USD.

Chaque décaissement dans le cadre de la FEC visait à soutenir la croissance économique


durable en se concentrant sur la mobilisation des revenus domestiques, l’amélioration de
la gouvernance, et le renforcement de la politique monétaire. Ces initiatives sont cruciales
pour stabiliser l’économie de la RDC et promouvoir un développement économique
inclusif.

4 Scandales de corruption et de détournements de


fonds publics
L’économie congolaise est régulièrement secouée par des scandales de corruption et de
détournements présumés de deniers publics. Cette section documente ces scandales pour
la période 2019-2024 ; voir le tableau 3 pour un aperçu43.

Scandale 1: Détournement des fonds publics destinés à la lutte contre la pandémie de


Covid-19. En effet, en pleine crise sanitaire mondiale, l’Inspection générale des finances
(IGF), l’organisme chargé de surveiller l’utilisation des fonds publics en RDC, a mené une
enquête sur les fonds alloués à la lutte contre la pandémie de Covid-19. Les conclusions de
cette enquête, publiées en 2021, ont révélé des irrégularités massives et des malversations
financières. Il ressort que plus de sept millions de dollars américains, initialement alloués
à la lutte contre la pandémie de Covid-19, ont été détournés par plusieurs hauts
fonctionnaires et responsables en charge de la gestion de ces fonds en RDC. Ce montant
considérable, destiné à l’achat de matériel médical, de fournitures sanitaires et au
financement de campagnes de sensibilisation, n’a pas été utilisé comme prévu. Ces
pratiques corruptives ont gravement compromis les efforts du pays pour gérer efficacement
la pandémie. Le manque de matériel médical et de fournitures sanitaires a
considérablement entravé la capacité du système de santé à répondre aux besoins urgents
des patients atteints de Covid-19. L’indignation publique a été grande, alimentée par les
révélations de médias tels que Jeune Afrique et Radio Okapi, qui ont largement couvert
l’affaire. Les organisations de la société civile ont appelé à des réformes profondes pour
améliorer la transparence et la responsabilité dans la gestion des fonds publics.
Politiquement, cette affaire a porté un coup sévère à la crédibilité du gouvernement
congolais, aussi bien au niveau national qu’international. Les partenaires internationaux et
les bailleurs de fonds ont exprimé leur inquiétude quant à la transparence et à l’efficacité
de la gestion des fonds publics en RDC.
43
Les montants fournis peuvent varier d’une source à une autre. Le papier privilégie systématiquement les
sources officielles telles que la Cour des comptes, l’IGF, le Parquet général près la Cour d’appel de
Kinshasa/Gombe, le Parquet général près la Cour de cassation.

24
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
25
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

Tableau 4: Comptabilité des actes de corruption et détournements présumés

Corruption et détournements présumés Année Montant Institution


cible (en millions USD) concernée

1 Lutte contre la pandémie de 2021 300 Ministère


Covid-19 de la santé

2 Procès 100 jours 2021 50 Présidence


de la
République

3 Programme de gratuité 2021 31 Ministère


de l’EPST

4 Détournement des fonds publics 2022 10 Présidence


alloués à la construction de de la
maisons préfabriquées pour les République
militaires et les policiers

5 Corruption et de trafic d’influence 2022 ... Présidence


par un conseiller spécial du de la
Président de la République République

6 Affaire RAM 2022 300 Ministère


des
PTNTIC

7 Championnat de football scolaire 2022 0,4 Ministère


d’Afrique de sport

8 Jeux de la Francophonie 2022 324 Comité


national

9 Écoles et dispensaires dans la 2022 ... Présidence


région du Kasaï de la
République

10 Tshilejelu 2023 138 OVD,


CREC-7

11 Affaire GÉCAMINES 2023 25 Gécamines

12 Affaire Forage 2024 300 Ministère


de Finances

13 Lampadaires 2024 13 Ministère


de Finances

14 Audit Cour des comptes 2024 8 Secteur de


la justice

25
26 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

En réponse, le gouvernement congolais a promis de prendre des mesures pour sanctionner


les responsables de ces détournements et pour mettre en place des mécanismes de
prévention plus rigoureux afin d’éviter de futurs scandales de ce type. Malheureusement,
ces promesses n’ont pas porté les résultats escomptés. Comme nous le verrons, plusieurs
autres scandales ont suivi, illustrant les défis persistants en matière de gouvernance et de
transparence RDC.

Par exemple, en décembre 2020, le coordonnateur de l’Agence de Prévention et de Lutte


contre la Corruption (APLC), a été accusé d’extorsion de fonds et d’abus de pouvoir. Le
scandale a pris de l’ampleur lorsque l’avocat d’Access Bank a dénoncé les méthodes de
l’APLC, qualifiées de « procédures cavalières », et a révélé que les 30 000 USD, perçus
par le coordonnateur de l’APLC, n’ont été consignés au Parquet général de
Kinshasa/Gombe que cinq jours plus tard.

Un autre scandale majeur impliquait le détournement de fonds destinés à la construction


d’infrastructures essentielles. En 2021, des enquêtes ont révélé que des millions de dollars
alloués pour la construction de routes et de ponts avaient été siphonnés par des responsables
corrompus, retardant ainsi des projets cruciaux pour le développement économique du
pays.

De plus, en 2022, un rapport de l’IGF a mis en lumière des malversations dans le secteur
de l’éducation. Des fonds destinés à la rénovation des écoles et à l’achat de matériel
pédagogique ont été détournés, laissant de nombreuses institutions éducatives dans un état
de délabrement avancé.

En 2023, le secteur de la santé a de nouveau été frappé par un scandale de détournement


de fonds. Des millions de dollars destinés à l’amélioration des hôpitaux et à l’achat de
médicaments ont été mal utilisés, compromettant les soins de santé dans de nombreuses
régions du pays. Ces scandales successifs montrent une tendance inquiétante de corruption
endémique qui continue de saper les efforts de développement en RDC.

Paradoxalement, ces scandales n’ont pas empêché le FMI de poursuivre son programme
en RDC, allant à l’encontre de nombreuses critiques et préoccupations quant à l’efficacité
et l’intégrité de l’utilisation des fonds. Malgré les révélations successives de détournements
de fonds et de pratiques corruptives au sein des institutions publiques congolaises, le FMI
a continué à débloquer des tranches de financement dans le cadre de son programme de
soutien économique.

L’une des raisons avancées pour cette persistance est l’argument selon lequel l’abandon du
programme risquerait de plonger davantage le pays dans la crise économique et d’aggraver
les conditions de vie de la population. En effet, les financements du FMI sont souvent
conditionnés à la mise en œuvre de réformes structurelles censées stabiliser l’économie et
créer un environnement propice à la croissance. Le FMI estime que, malgré les défis de
corruption, ces réformes restent essentielles pour le redressement économique à long terme
de la RDC.

26
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
27
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

Cependant, cette position est vivement critiquée par de nombreux observateurs et


organisations de la société civile qui soulignent que sans une réelle amélioration de la
gouvernance et de la transparence, les fonds du FMI risquent de continuer à être mal
utilisés. Ils plaident pour une conditionnalité plus stricte et une surveillance accrue des
fonds alloués pour garantir qu’ils soient effectivement utilisés à des fins de développement.

Les critiques vont plus loin en affirmant que la poursuite du programme du FMI sans
exigences rigoureuses en matière de lutte contre la corruption envoie un mauvais signal et
est perçue comme une tolérance implicite de la mauvaise gestion des fonds publics. Cela
encourage non seulement les pratiques corruptives, mais aussi érode la confiance des
citoyens congolais dans les institutions publiques et dans les initiatives internationales de
développement.

Scandale 2: Procès 100 jours. Le « programme des 100 jours », lancé par le Président de
la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a fait l’objet d’un scandale. Ce
programme ambitieux visait à revitaliser le pays en finançant divers projets
d’infrastructures et de développement. Cependant, les fonds publics alloués à ces travaux
ont été en grande partie détournés par des hauts responsables publics et autres personnes
impliqués dans la réalisation de ce projet. Le montant détourné s’élève à environ 50
millions de dollars américains.

Ce scandale illustre les défis persistants de la gouvernance en RDC et la nécessité de


mesures robustes pour combattre la corruption et assurer une gestion transparente et
responsable des ressources publiques.

Scandale 3: Détournement des ressources assignées au programme de la gratuité de


l’enseignement de base. Le programme de gratuité, initié par le Président de la République,
visait à rendre l’éducation accessible à tous les enfants du pays en supprimant les frais
scolaires. Cependant, des enquêtes menées par l’IGF ont révélé des malversations
importantes.

Le principal accusé dans ce scandale est le ministre de l’Enseignement Primaire,


Secondaire et Technique (EPST). Il a été arrêté à Brazzaville en avril 2021 alors qu’il
tentait de voyager vers l’Europe. Les enquêtes ont révélé que le ministre de l’EPST et
plusieurs autres hauts responsables avaient détourné des millions de dollars destinés à
l’achat de fournitures scolaires, à la construction de nouvelles écoles, et au paiement des
salaires des enseignants. Les fonds détournés se chiffraient à plus de 62 milliards de francs
congolais (environ 31 millions de dollars américains).

En mars 2021, le procès des principaux accusés, dont l’Inspecteur général de l’EPST et le
Directeur du Service de Contrôle de la Paie des Enseignants (SECOPE), s’est ouvert à la
Cour d’appel de Kinshasa/Gombe. Les accusations portées contre eux incluaient le
détournement de plus de 500 millions de francs congolais destinés à l’achat de fournitures
et biens de service, ainsi que des milliards supplémentaires alloués au fonctionnement des
écoles et au paiement des enseignants.
28 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

Scandale 4: Détournement des fonds publics alloués à la construction de maisons


préfabriquées pour les militaires et les policiers. En 2022, un scandale de détournement de
fonds a de nouveau secoué la RDC, cette fois impliquant les fonds destinés à la construction
de maisons préfabriquées pour les militaires et les policiers. Ce projet, lancé par le
gouvernement congolais, avait pour objectif de fournir des logements décents aux forces
de l’ordre en reconnaissance de leur service et pour améliorer leurs conditions de vie. Le
montant détourné s’élève à plusieurs millions de dollars, avec des estimations atteignant
près de 50 millions de dollars, qui devaient initialement être utilisés pour l’achat de
matériaux de construction et le paiement des ouvriers.

Une enquête menée par l’IGF a révélé que ces fonds ont été détournés par des
fonctionnaires et des entrepreneurs corrompus. Au lieu d’être investis dans le projet de
construction, ces fonds ont été transférés sur des comptes privés ou utilisés à des fins
personnelles. Le projet, lancé en 2021, a rapidement été entaché par des irrégularités
financières, et en 2022, l’IGF a découvert des falsifications de documents, des factures
gonflées et la création de fausses entreprises pour siphonner les fonds alloués.

Ce scandale souligne, encore une fois, les défis persistants de la gouvernance en RDC où
la corruption et la mauvaise gestion des fonds publics continuent de freiner le
développement et d’aggraver les conditions de vie de la population.

Scandale 5: Affaire COBAMIN, Corruption et de trafic d’influence par un conseiller


spécial du Président de la République. En 2022, un autre scandale de corruption et de trafic
d’influence a éclaté impliquant directement un conseiller spécial du Président de la
République. Ce dernier a été accusé d’avoir négocié une commission sur un contrat minier
avec de faux investisseurs. Les révélations ont émergé après la publication de vidéos
secrètement enregistrées, le montrant en train de promettre, à des personnes se faisant
passer pour des investisseurs basés à Hong Kong, de faciliter leurs investissements miniers
en échange d’un pourcentage des profits. En effet, ce conseiller a été vu dans une vidéo en
train de discuter de la manière dont il pouvait utiliser son influence politique pour garantir
des licences d’exploitation minière, en échange d’une part de 20% dans les affaires. Dans
ces enregistrements, il avait également mentionné sa relation proche avec le Président de
la République, affirmant qu’il avait financé la campagne présidentielle de ce dernier, ce
qui lui permettait d’obtenir des faveurs en retour. Les enregistrements ont été publiés par
le Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) et le journal suisse Le
Temps en septembre 2022. Ces révélations ont provoqué une onde de choc, mettant en
relief la profondeur de la corruption au sein des institutions politiques.

Scandale 6: Affaire RAM (Registre des Appareils Mobiles). La taxe RAM fut introduite
par le gouvernement pour lutter contre la contrefaçon des téléphones mobiles. Cette taxe
visait à collecter des fonds pour financer diverses initiatives technologiques et sécuritaires.
Cependant, il a été révélé que les fonds perçus, estimés à plus de 300 millions de dollars,
n’ont jamais été versés au Trésor public comme prévu. Ces fonds devaient initialement
servir à des projets tels que l’installation de hotspots Wi-Fi dans certaines universités et la
sécurisation des réseaux mobiles, mais les résultats escomptés n’ont pas été réalisés, et les

28
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
29
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

objectifs initiaux du RAM n’ont pas été pleinement atteints. Faisant suite à la pression
populaire, le gouvernement avait décidé de mettre fin à cette taxe, en date du 1er mars
2024. Cette mesure signifie l’arrêt des prélèvements effectués sur les unités des détenteurs
de téléphones mobiles au titre de la redevance pour le RAM.

Scandale 7: Le projet Tshilejelu. Le projet Tshilejelu initié par le Président de la


République, visait à moderniser et réhabiliter les infrastructures routières dans plusieurs
provinces du pays, notamment Kinshasa, le Kasaï Central, et le Kasaï Oriental. Le coût
total du projet était estimé à environ 138 millions de dollars. Les enquêtes menées par l’IGF
ont révélé que plusieurs millions de dollars destinés à ce projet ont été détournés. Les
principaux responsables identifiés incluent des cadres de l’Office des Voiries et Drainage
(OVD) et de l’entreprise chinoise CREC-7, chargée de l’exécution des travaux. Les
investigations ont mis en lumière de graves irrégularités, notamment des retards injustifiés,
des surcoûts, et une mauvaise exécution des travaux.

Scandale 8: Écoles et dispensaires dans la région du Kasaï. En janvier 2022, le conseiller


spécial du Présidence de la République chargé des questions économiques a été accusé de
détournement de fonds destinés à la construction d’écoles et de dispensaires dans la région
du Kasaï. Les enquêtes ont révélé que des millions de dollars alloués à ces projets cruciaux
pour le développement local ont été détournés, laissant les infrastructures prévues
inachevées.

Scandale 9: Championnat de football scolaire d’Afrique. En mars 2022, un scandale a


éclaté concernant la première édition du Championnat de football scolaire d’Afrique,
impliquant un détournement de près de 400 000 dollars par les membres du Cabinet du
ministre de l’EPST, un fonds destiné à couvrir les frais logistiques, d’hébergement et de
transport des participants. Les détournements ont entraîné des retards et des manquements
dans les services promis, compromettant ainsi l’organisation de l’événement.

Scandale 10: Jeux de la Francophonie. En janvier 2022, le coordinateur des IXème Jeux
de la Francophonie a été impliqué dans un détournement de 48 millions de dollars
américains. Ces fonds, destinés à financer les installations sportives, l’hébergement et la
logistique de l’événement, ont été détournés, compromettant la qualité et la tenue des jeux.
Les enquêtes ont révélé des manipulations de fonds et des contrats fictifs, entraînant des
pertes financières considérables pour le projet et ternissant la réputation de la RDC sur la
scène internationale. En parallèle, un audit des dépenses pour l’organisation des Jeux de la
Francophonie en 2023 a révélé que 324 millions de dollars n’étaient pas justifiés.

Scandale 11: Affaire GECAMINES. En date du 20 novembre 2023, la Cour des comptes
avait déposé auprès du Vice-ministre de la justice un rapport d’enquête indiquant un
détournement des fonds publics se chiffrant à plus de 25 millions de dollars américains aux
préjudices de la Générale des carrières et des mines (GECAMINES) et du Trésor public.

Scandale 12: Affaire Forage. En effet, au début du mois d’avril 2024, un scandale majeur
a concerné les projets de construction de 1 340 forages et stations de traitement d’eaux, où
71,82 millions de dollars ont été payés à titre d’acompte d’un coût global estimé à 398,98
30 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

millions USD44. Ces enquêtes ont révélé des surcoûts exorbitants, avec des forages facturés
à 297 748 dollars américains l’unité, c’est-à-dire un coût de production bien au-delà
(environ 30 fois plus cher) du coût réel estimé à environ 10 000.

Tableau 5: Invariants de la corruption et des détournements

Invariants Description

Reconnaissance officielle Faits reconnus par une administration ou service


public et matérialisés par des procédures légales ou
rapports.

Biais dans les appels d’offres Non-respect des procédures de passation des marchés
publics, favorisant certains soumissionnaires.

Collusion Ententes illicites entre fournisseurs et représentants de


l’État pour manipuler les marchés publics.

Modus operandi Paiements d’urgence utilisés pour contourner les


contrôles et faciliter la corruption.

Déséquilibre Exécution financière / Décaissements disproportionnés par rapport à


Exécution physique l’avancement réel des travaux.

Indice de surfacturation Gonflement artificiel des coûts, dépassant les


montants justifiables.

Manque de transparence Processus opaques, limitant la détection des


irrégularités financières.

Intimidation et répression Pressions sur ceux qui dénoncent les pratiques


corruptives, créant un climat de peur.

Absence de sanctions dissuasives Sanctions insuffisantes ou inexistantes, perpétuant


l’impunité.

Scandale 13: Affaire Lampadaire. Dans le cadre d’un projet visant à équiper Kinshasa de
nouveaux lampadaires, il a été relevé que des lampadaires ont été commandés au prix de 5
000 dollars américains la pièce, un prix largement gonflé par rapport à la valeur réelle. Les
enquêtes ont montré des manipulations de contrats et des paiements frauduleux, pour un

44
Cf. Communiqué de presse du cabinet du ministre des Finances du 11 avril 2024 numéro 009; Briefing de
presse, du mercredi 24 avril 2024, organisé par le ministère de la Communication et Médias. Voir aussi le
réquisitoire de Monsieur le Procureur général près la Cour de cassation aux fins d’obtenir l’autorisation
d’instruction numéro 1883 RMPV/0198/PGC CAS/2024/MVM/MUK.

30
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
31
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

total de 13,69 millions dollars américains45, mettant en évidence des pratiques de


corruption dans les marchés publics.

Scandale 14: Rapport d’audit de la Cour des comptes. En mai 2024, la Cour des comptes
avait présenté un rapport d’audit des recettes judiciaires pour les exercices 2021 et 202246.
L’échantillon des dossiers traités, dans ce rapport d’audit, dégage un manque à gagner de
plus de 8 millions USD; un montant jugé sans doute minimaliste mais illustrant les
nombreuses anomalies et irrégularités financières dans la gestion des fonds publics
notamment dans les Cours, tribunaux et parquets, Police et services d’assiette relevant du
ministère de la Justice.

En somme, les faits de corruption et des détournements présumés des deniers publics,
documentés dans ce papier, partagent au moins des invariants suivants:

¾ Reconnaissance officielle: Fait reconnu par une administration ou un service public


(tels que la Cour des comptes, l’IGF, le Parquet général près la Cour d’appel de
Kinshasa/Gombe, le Parquet général près la Cour de cassation) et constaté
matériellement soit par un début de procédure, soit par des arrestations des
personnes mises en cause, soit par la publication d’un rapport d’audit, soit par
l’initiation des auditions au parquet.

¾ Collusion: Collusion entre les fournisseurs et les représentants de l’État dans la


conclusion de certains marchés publics, menant à des ententes illicites qui faussent
la concurrence et permettent la manipulation des prix et des termes contractuels.

¾ Modus operandi: Paiement en mode d’urgence, souvent justifié par des situations
d’exception, mais utilisé de manière répétée pour contourner les contrôles normaux
et faciliter la corruption.

¾ Indice de surfacturation: Pratique de gonflement artificiel des coûts des biens ou


services fournis, où les montants facturés dépassent largement les coûts réels ou
justifiables, permettant ainsi un détournement de fonds publics sous couvert de
transactions légales.

¾ Biais dans les appels d’offres: Non-respect des procédures de passation des
marchés publics, avec des appels d’offres biaisés en faveur de certains
soumissionnaires, souvent au détriment de la transparence et de la compétitivité.

¾ Déséquilibre entre l’état d’avancement des travaux physiques sur le terrain et le


pourcentage de décaissement: Déséquilibre notable où les décaissements financiers
sont disproportionnés par rapport aux progrès réels des travaux, suggérant un
détournement des fonds ou une mauvaise gestion des ressources.

45
En effet, le coût de 13,69 millions de USD, en incluant 1,8 millions de USD pour la TVA, concerne
l’acquisition et l’implantation de 2 594 kits solaire dans la ville de Kinshasa.
46
Pour plus de détails, voir le Rapport définitif d’audit des recettes judiciaires exercices 2021 et 2022 de mai
2024 de la Cour des comptes.

31
32 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

¾ Manque de transparence: Absence de transparence dans la gestion des fonds


publics, avec des processus opaques et un accès limité à l’information pour les
autorités de surveillance, ce qui complique la détection des irrégularités.

¾ Intimidation et répression: Tentatives d’intimidation ou de répression à l’encontre


des lanceurs d’alerte, des journalistes, ou des fonctionnaires qui dénoncent les
pratiques corruptives, créant un climat de peur et de silence.

¾ Absence de sanctions dissuasives: Malgré la documentation des faits de corruption,


les sanctions sont souvent insuffisantes ou inexistantes, ce qui perpétue une culture
d’impunité et encourage la répétition des infractions.

5 Critères quantitatifs de réalisation et repères


structurels du programme du FMI entre 2021
et 2024: Comptabilité des incohérences et
perspectives

Procédons à présent à la comptabilité des incohérences dans la mise en œuvre du


programme du FMI en RDC. En effet, entre 2019 et 2024, la RDC a été impliquée dans un
programme ambitieux de stabilisation macroéconomique et de réformes soutenu par le FMI
(FCR entre 2019 et 2020, puis FEC entre 2021 et 2024). Nous nous focaliserons sur le
programme triennal (i.e., FEC) qui s’est déroulé entre 2021 et 2024. Ce programme avait
pour objectifs de stabiliser l’économie, de promouvoir une croissance inclusive et de
renforcer les institutions économiques du pays. Comme il ressort du Tableau 6, entre juillet
2021 et juillet 2024, la mise en œuvre de ce programme a été évaluée à travers plusieurs
revues, chacune accompagnée de conditionnalités spécifiques appelées « critères
quantitatifs de réalisation et objectifs indicatifs ».

¾ Demande initiale (juillet 2021): Lors de la demande initiale pour le programme


FEC, deux conditionnalités ont été établies. Toutes deux ont été réalisées à la date
prévue, ce qui a conduit à l’approbation du programme.

¾ Première revue (décembre 2021): Quatre conditionnalités ont été mises en place,
dont trois ont été réalisées à la date prévue. Une conditionnalité a été réalisée avec
retard, mais la revue a été approuvée.

¾ Deuxième revue (juillet 2022): Cinq conditionnalités ont été fixées. Quatre ont été
réalisées à temps, tandis qu’une a été réalisée en retard. Cette revue a également été
approuvée.

32
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
33
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

¾ Troisième revue (décembre 2022): Huit conditionnalités ont été établies. Six ont
été réalisées à la date prévue, et deux avec retard. La revue a été approuvée malgré
ces retards.

¾ Quatrième revue (juillet 2023): Quatre conditionnalités ont été définies. Trois ont
été réalisées à temps, et une avec retard. Cette revue a été approuvée.

¾ Cinquième revue (décembre 2023): Neuf conditionnalités ont été fixées. Six ont été
réalisées à la date prévue, et trois ont été réalisées avec retard. La revue a été
approuvée.

¾ Sixième revue (juillet 2024): Quatre conditionnalités ont été mises en place, dont
seulement deux ont été réalisées à la date prévue. La revue a été approuvée.

En dépit du fait que ces revues semblent montrer un engagement continu de la RDC à
réaliser les conditionnalités malgré certains retards47, le problème de fond et les défis
systémiques sont restés intacts: volatilité macroéconomique, corruption et détournement
de fonds publics. Ces performances métriques donnent ainsi l’impression que le FMI s’était
contenté de peindre un mur qui accuse des fissures, plutôt que de le réparer en profondeur.

Durant le programme, la volatilité macroéconomique a continué de perturber l’économie


congolaise, rendant difficile la mise en place de réformes durables. Par ailleurs, la
corruption endémique et les détournements de fonds publics ont gravement compromis les
efforts de développement, détournant des ressources initialement destinées à des projets
essentiels vers des allocations improductives.

Le FMI, tout en continuant de soutenir la RDC avec des décaissements substantiels, doit
impérativement renforcer les mécanismes de surveillance et de transparence. Il est crucial
d’implémenter des réformes institutionnelles et de sanctionner sévèrement les actes de
corruption pour garantir que les fonds atteignent leurs objectifs de développement. En
l’absence de telles mesures, les efforts du FMI risquent de rester superficiels, ne s’attaquant
pas aux racines profondes des problèmes économiques et de gouvernance de la RDC.

Le Tableau 6 révèle des tendances contrastées dans la gestion des critères quantitatifs et
des objectifs indicatifs pour le FEC entre 2021 et 2023. Globalement, la RDC a réussi à
respecter la plupart des critères quantitatifs tout au long des six revues, ce qui suggère une
certaine discipline dans la gestion monétaire et budgétaire, notamment en ce qui concerne
les réserves internationales nettes, le crédit net de la Banque centrale à l’État, les avoirs
intérieurs nets, et l’accumulation des arriérés de paiement extérieurs. Cependant, les revues
5 et 6 révèlent des défaillances notables dans le maintien du solde budgétaire intérieur et
dans la gestion de la dette extérieure par le secteur public, indiquant une détérioration des
finances publiques à un stade avancé du programme.

47
La régularité des approbations indique un certain niveau de conformité et d’efforts pour respecter les
engagements pris dans le cadre du programme FEC du FMI, contribuant ainsi à la stabilisation et à la
croissance économique du pays.

33
34 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

Tableau 6 Comptabilité nominale des critères quantitatifs de réalisation et objectifs indicatifs pour
la FEC non respectés

No. Panel 1: Critères de Réalisation Quantitatifs Statut cible pour les revues cibles

1 Planchers sur les variations des réserves internationales Satisfait pour les revues 1, 2, 3, 4, 5 et 6
nettes de la BCC (en millions de USD)
2 Plafonds sur les variations du crédit net de la BCC à Satisfait pour les revues 1, 2, 3, 4, 5 et 6
l’État (en milliards de CDF)
3 Plafonds sur les variations des avoirs intérieurs nets de la Satisfait pour les revues 1, 2, 3, 4, 5 et 6
BCC (en milliards de CDF)
4 Plafonds sur l’accumulation d’arriérés de paiement Satisfait pour les revues 1, 2, 3, 4, 5 et 6
extérieurs (en millions de USD)
5 Planchers sur le solde budgétaire intérieur (base caisse, Satisfait pour les revues 1, 2, 3 et 4. Non satisfait pour
en milliards de CDF) les revues 5 et 6
6 Plafonds sur la souscription ou la garantie de nouvelle Satisfait pour les revues 1, 2, 3 et 4. Non satisfait pour
dette extérieure par le secteur public (valeur actuelle, en les revues 5 et 6
millions de USD)

7 Plafonds sur les variations des avoirs en devises de la Satisfait pour les revues 5 et 6. Non applicable aux
BCC détenus auprès des correspondants domestiques (en revues 1, 2, 3 et 4
millions de USD)

No. Panel 2: Objectifs Indicatifs

1 Plafond sur les variations des dépôts de la BCC utilisés Satisfait pour les revues 1, 2, 5 et 6. Non satisfait pour
comme garantie/collatéral pour des emprunts de les revues 3 et 4
l’administration centrale (en millions de USD)

2 Planchers sur les recettes de l’administration centrale (en Satisfait pour les revues 1, 2, 3, 4 et 6. Non satisfait pour
milliards de CDF) la revue 5
3 Planchers sur les dépenses sociales (en milliards de Non satisfait pour les revues 1, 2, 3, 4, 5 et 6
CDF)
4 Plafonds sur l’accumulation des arriérés de salaires de Satisfait pour les revues 1, 2, 3, 4, 5 et 6
l’administration centrale (en millions de USD)
5 Plafonds sur la masse salariale (en milliards de CDF) Satisfait pour la revue 5. Non satisfait pour la revue 6.
Non applicable aux revues 1, 2, 3 et 4
6 Plafonds sur les dépenses publiques exécutées en Non satisfait pour la revue 6. Non applicable aux revues
procédures d’urgence (en pourcentage de total des 1, 2, 3, 4 et 5
depenses sur ressources propres).

Ces résultats soulèvent des préoccupations quant à la capacité du gouvernement à gérer de


manière efficace son budget et à limiter son endettement, des aspects cruciaux pour la
stabilité financière du pays. Par ailleurs, bien que la gestion des devises de la Banque
centrale ait montré des signes d’amélioration lors des dernières revues, ces avancées ne
suffisent pas à compenser les insuffisances observées dans d’autres domaines.

34
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
35
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

L’analyse des objectifs indicatifs montre une performance inégale, marquée par des
incohérences dans la mobilisation des recettes et la gestion des ressources de la Banque
centrale. L’échec systématique à respecter les engagements en matière de dépenses sociales
tout au long du programme est particulièrement préoccupant. Cela reflète une inadéquation
des priorités budgétaires avec les besoins essentiels de la population, compromettant ainsi
les efforts de développement humain.

Le recours accru aux procédures d’urgence lors de la revue 6 révèle une tendance
inquiétante à la gestion des dépenses publiques48, ce qui pourrait indiquer des failles dans
la planification budgétaire.

En réalité, les paiements effectués en procédure d’urgence constituent une


violation du processus établi de la chaîne de la dépense publique. Cette pratique
compromet les exigences fondamentales de transparence et de responsabilité
dans la gestion des fonds publics. Si l’utilisation de la procédure d’urgence peut
être tolérée à titre exceptionnel, notamment en cas de situations imprévues ou de
crises nécessitant une réponse rapide, elle ne doit en aucun cas devenir une
norme systématique.

Un exemple marquant de cette dérive est le paiement d’un montant de plus de


20 millions USD en procédure d’urgence au bénéfice d’un seul bénéficiaire,
effectué en plusieurs tranches programmées comme suit : 4,9 millions USD le
31 mars 2024, 4,4 millions USD le 15 avril 2024, 5,1 millions USD le 30 avril
2024, 4,9 millions USD le 15 mai 2024, et 3,2 millions USD le 31 mai 2024.
Toutes ces transactions, réalisées en mode urgent, ont eu lieu alors même que le
gouvernement était engagé dans un programme avec le FMI, lequel prône
généralement des principes stricts de gestion budgétaire et de transparence.

Cette situation soulève plusieurs préoccupations. D’une part, le recours répété à


des paiements d’urgence pour des montants aussi importants et dans un laps de
temps aussi court suggère une gestion financière chaotique et une absence de
planification rigoureuse. D’autre part, elle envoie un signal négatif à la
population qui considère la position du FMI comme étant complaisante et
tolérante envers des pratiques douteuses, ce qui contribue à éroder davantage la
confiance du public dans les institutions et dans les réformes économiques à
venir. En sus, cette perception renforce le sentiment que les intérêts des élites
politiques priment sur ceux du peuple, compromettant ainsi l’adhésion aux
mesures de rigueur budgétaire et sapant les efforts de transparence et de bonne
gouvernance (voir plus loin la Figure 11).

48
Le recours systématique à des paiements en procédure d’urgence, en dehors de circonstances
exceptionnelles, constitue une dérive dangereuse. Le FMI, historiquement reconnu pour son insistance sur la
transparence, la discipline budgétaire et la rigueur dans la gestion des finances publiques, semble ici fermer
les yeux sur des pratiques qui non seulement contredisent ses principes, mais qui sapent également la
crédibilité des réformes qu’il soutient (Pour plus de détails, voir à cet effet l’Article XXIII des statuts du
FMI; cf. FMI 1994, pp.53-55).

35
36 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

Par ailleurs, la banalisation de la procédure d’urgence mine la rigueur budgétaire


et ouvre la porte à des abus potentiels, tels que la corruption et le détournement
de fonds. De ce fait, pour préserver l’intégrité du processus budgétaire, il est
impératif de s’assurer que la procédure d’urgence reste une exception strictement
encadrée, utilisée uniquement lorsque toutes les autres options ont été épuisées.
La systématisation de ces paiements d’urgence pourrait également masquer des
inefficacités structurelles au sein de l’administration publique, qui devraient être
abordées par des réformes institutionnelles plutôt que par des dérogations
répétées aux règles établies.

De plus, le respect tardif des plafonds sur la masse salariale, suivi d’un échec à les maintenir
lors de la dernière revue, illustre les défis persistants dans la gestion des coûts de personnel,
suggérant une pression croissante sur le budget de l’État. En somme, bien que des progrès
aient été réalisés, les faiblesses croissantes observées au fil du temps, notamment en
matière de gestion budgétaire, de contrôle de la dette, et de respect des engagements
sociaux, soulignent la nécessité urgente de réformes structurelles plus rigoureuses, d’une
meilleure planification budgétaire, et d’un engagement plus ferme envers les dépenses
sociales pour éviter une aggravation de la situation économique.

En parallèle, l’analyse des repères structurels met en lumière plusieurs faiblesses dans la
mise en œuvre des réformes structurelles cruciales pour le développement économique du
pays. Dès la première revue, l’incapacité à soumettre au Parlement le projet de nouvelle loi
sur les banques commerciales soulève des inquiétudes quant à la volonté ou à la capacité
du gouvernement à renforcer la supervision bancaire.

Force est de noter que la situation ne s’améliore guère lors des revues suivantes. La non-
publication des nouveaux contrats miniers, ainsi que l’échec à mettre en œuvre les
recommandations de l’ITIE pour améliorer la transparence dans le secteur minier, révèlent
une persistance de l’opacité dans un secteur clé de l’économie congolaise. Cette opacité
entrave non seulement la mobilisation des ressources, mais aussi alimente les soupçons de
corruption.

Les revues 3 et 5 montrent une incapacité à adopter des réformes fiscales essentielles, telles
que la rationalisation des charges non fiscales et la mise à jour du manuel d’exécution du
budget. Ces échecs indiquent un manque de discipline fiscale et une gestion inefficace des
finances publiques. De plus, l’absence de mise en œuvre de la première phase du système
de traçabilité des droits d’accise (STDA) et le retard dans la signature des décrets
d’application de la loi sur les partenariats public-privé mettent en évidence des lacunes
dans la gestion des recettes publiques et des investissements, limitant ainsi l’efficacité des
politiques économiques.

En sus, le non-respect des engagements en matière de recapitalisation de la Banque centrale


et l’échec à adopter les états financiers de 2023 selon les normes IFRS soulignent les défis
persistants en matière de gouvernance.

36
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
37
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

De manière globale, l’analyse arithmétique des repères structurels non satisfaits durant le
programme FEC révèle une série de défaillances institutionnelles qui compromettent la
mise en œuvre des réformes nécessaires pour le développement économique de la RDC.

Tableau 7: Comptabilité nominale des repères structurels du programme FEC non satisfaits par
revue (Juillet 2021-Juillet 2024)

No. Revue cible Action Objectif

1 1 Soumission au Parlement du projet de nouvelle Améliorer la supervision


loi sur les banques commerciales intégrant les bancaire
commentaires du FMI

2 2 Publication de tous les nouveaux contrats Améliorer la


miniers transparence dans le
secteur minier

3 3 Adoption d’un plan de rationalisation des Rationaliser la fiscalité


charges non fiscales
4 3 Mise en œuvre la première phase du STDA Améliorer
l’administration des
droits d’accise

5 4 Publication de tous les nouveaux contrats Améliorer la


miniers de même que les contrats renégociés transparence dans le
selon les provisions du code minier et les secteur minier
recommandations de l’ITIE

6 5 Signature de l’ensemble des décrets Améliorer la gestion des


d’application de la loi sur les partenariats public- investissements publics
privé

7 5 Mise à jour du manuel d’exécution du budget Améliorer la gestion des


pour y inclure les dispositions de la loi organique finances publiques
sur la gestion des finances publiques et signer le
décret sur la comptabilité publique clarifiant les
critères régissant le recours aux procédures
d’urgence pour les dépenses
8 5 Signature d’un protocole d’accord sur Renforcer la solvabilité
l’implémentation de la recapitalisation de la de la BCC
BCC

9 6 Adoption d’un manuel de procédures des Améliorer la gestion des


investissements publics investissements publics
10 6 Adoption des états financiers de l’exercice 2023 Renforcer les
de la BCC produits selon les normes IFRS sauvegardes de la banque
centrale

37
38 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

Le fait que le FMI ait continué de conclure ses revues en RDC malgré les défaillances
importantes et nombreuses observées dans la mise en œuvre des réformes et le non-respect
des conditionnalités met en lumière une incohérence qui soulève des questions importantes
sur l’intégrité de la démarche de cette institution. Le FMI, dont les programmes reposent
sur le principe de conditionnalité, cherche à s’assurer que les fonds qu’il accorde sont
utilisés pour renforcer la stabilité macroéconomique et favoriser un développement
durable. Cependant, en poursuivant les décaissements malgré des manquements
significatifs, il semble trahir ce principe fondamental. Cette approche crée une
contradiction, où l’institution maintient une apparence de rigueur tout en tolérant des écarts
importants aux engagements pris par le gouvernement congolais.

Cette tolérance affaiblit la crédibilité de l’institution, surtout lorsque le gouvernement se


vante d’avoir réussi à toutes les revues du FMI faisant croire qu’il s’agit là d’un certificat
de bonne gouvernance reçu d’une institution internationale. En effet, en donnant
l’impression que les réformes peuvent être partiellement mises en œuvre sans
conséquences sérieuses, le FMI risque d’encourager une culture de complaisance, non
seulement en RDC, mais aussi dans d’autres pays bénéficiaires. À terme, cela pourrait
réduire l’efficacité de ses programmes à l’échelle régionale et même mondiale.

En effet :

Le FMI pourrait justifier cette incohérence par le souci de vouloir tenir compte
des défis structurels et des contraintes politiques spécifiques à la RDC, tels que
l’instabilité politique et les conflits armés qui compliquent la mise en œuvre des
réformes. Dans ce contexte, suspendre le programme pourrait aggraver la
situation économique et sociale du pays49.

De plus, le FMI pourrait considérer qu’en maintenant un dialogue avec le


gouvernement, il conserve une opportunité de pression continue pour la mise en
œuvre progressive des réformes.

Cependant, cette approche présente des limites, dans la mesure où elle affaiblit la pression
nécessaire pour des réformes significatives, diluant au passage l’effet incitatif des
conditionnalités50.

En approuvant implicitement ces défaillances, le FMI finance un cycle de sous-


performance économique. Les réformes non réalisées, telles que la transparence dans le
secteur minier, la rationalisation fiscale et la gestion efficace des finances publiques, sont
cruciales pour le développement durable d’un pays comme la RDC. Leur non-réalisation

49
Nonobstant, comme cela est souligné par Balint-Kurti (2012), en décembre 2012, le FMI avait arrêté son
programme de prêts à la RDC en raison d’inquiétudes quant à la transparence dans le secteur minier de ce
pays, quand bien même que le Congo avait désespérément besoin de financements (voir aussi Kavanagh
2012; FMI 2013, p. 10).
50
Dans la littérature, plusieurs travaux notamment sur la théorie de l’agence, la théorie des incitations ou le
principe de cohérence temporelle, soulignent la primauté et l’importance de promouvoir le respect des règles,
cf. Olson (1965); Jensen et Meckling (1976); Kydland et Prescott (1977); David (1985); Laffont et Martimort
(2002).

38
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
39
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

ne fait qu’aggraver les problèmes structurels du pays, comme la corruption, la mauvaise


gouvernance et l’inefficacité des dépenses publiques. Puisque ces enjeux sont au cœur des
défis de développement du pays, leur non-résolution compromet sérieusement les chances
de sortir la RDC de la pauvreté et de l’instabilité chronique.

6 Dynamique du cadre macroéconomique sous le


programme du FMI entre 2019 et 2024:
Comptabilité des incohérences et perspectives

En complément aux évidences fournies dans la section précédente, une analyse attentive
des statistiques de base, tels que l’inflation, le taux de change, la dette intérieure, le solde
budgétaire et le taux de pauvreté, révèle également de nombreuses incohérences dans la
manière dont le FMI a conclu ses revues dans le cadre du programme FEC mis en œuvre
en RDC entre 2021 et 2024.

En effet, entre 2012 et 2016, période sans programme du gouvernement, le taux d’inflation
était relativement bas, autour de 3,9%. Cependant, durant la période de 2017 à 2018,
marquée par des tensions électorales et une coalition politique entre le pouvoir et une partie
de l’opposition, l’inflation a grimpé de manière spectaculaire à 29,4%, révélant une
détérioration économique due à l’instabilité politique.

Lorsque le FMI a introduit son programme de référence (FCR) en 2019-2020, l’inflation a


été réduite à 9,25%, suggérant une stabilisation initiale. Toutefois, avec le passage à un
programme triennal de FEC entre 2021 et 2024, le taux d’inflation est remonté à 16,8%, ce
qui reflète une recrudescence des pressions inflationnistes. Cette situation illustre une
contradiction dans l’action du FMI. En dépit de l’apparente stabilisation initiale sous le
programme de référence, la reprise de l’inflation sous le programme triennal soulève des
questions sur l’efficacité des réformes mises en œuvre et le respect des conditionnalités.
Le fait que le FMI ait conclu ses revues et continué à soutenir financièrement la RDC,
malgré l’augmentation significative de l’inflation et d’autres indicateurs économiques
défaillants, semble indiquer une tolérance complaisante envers des résultats insuffisants.

Il convient de souligner que l’inflation persistante, même sous supervision du FMI, met en
lumière l’échec des réformes à adresser les problèmes économiques structurels de manière
durable. Plutôt que de créer un environnement économique stable, les programmes
soutenus par le FMI n’ont pas empêché la résurgence de l’instabilité économique. Cela
pourrait être dû à des faiblesses institutionnelles, une mauvaise gouvernance ou une
corruption persistante, qui auraient sapé les efforts à déployer pour stabiliser l’économie.

Ainsi, la décision du FMI de conclure ses revues, même lorsque les indicateurs
économiques clés comme l’inflation ne s’amélioraient pas, soulève des questions sur la
cohérence et la rigueur de son approche. Pour éviter que ses interventions ne deviennent
40 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

des des
soutiens financiers
soutiens sanssans
financiers réformes effectives,
réformes le FMI
effectives, doitdoit
le FMI reconsidérer la manière
reconsidérer dontdont
la manière
il évalue le succès de ses programmes et s’assurer que ses conditionnalités sont réellement
il évalue le succès de ses programmes et s’assurer que ses conditionnalités sont réellement
respectées et appliquées
respectées de manière
et appliquées à produire
de manière desdes
à produire résultats durables.
résultats durables.

Figure 5: Moyenne
Figure annuelle
5: Moyenne du taux
annuelle d’inflation
du taux en RDC
d’inflation (Période:
en RDC 2010-2024)
(Période: 2010-2024)
Période de concertation,
Période de de
de concertation,
33,033,0 coalition politique
coalition et des
politique et des
tensions électorales
tensions électorales
29,4
29,4 En programme avecavec
le le
– Inflation
– Inflation En programme
galopante (10 %(10
galopante - 30
% %)
- 30 %) FMI :FMI
Programme
: Programme
triennal
triennal

– Inflation
– Inflation
En programme avec avec
En programme le le élevée (> 10(>%)10 %)
élevée
22,022,0 FMI :FMI
Programme de de
: Programme
référence
référence

Pas de
Pasprogramme
de programme – Inflation
– Inflation 16,8
16,8
avec avec
le FMIle FMI modéré (< 10(<
modéré %)10 %)

– Inflation
– Inflation
modéré (< 10(<
modéré %)10 %)

11,011,0 9,25
9,25

3,9 3,9

0,0 0,0
2012-2016
2012-2016 2017-2018
2017-2018 2019-2020
2019-2020 2021-2024
2021-2024

Source:
Source: BanqueBanque centrale
centrale du Congo.
du Congo. En effet,
En effet, les données
les données pourpour les années
les années 2012-2016
2012-2016 proviennent
proviennent du Bulletin
du Bulletin
mensuel
mensuel d’informations
d’informations statistiques
statistiques de Mai de Mai
20202020 (BCC,
(BCC, cf. page
cf. page 1), publié
1), publié le 15leJuin
15 Juin
2020.2020.
Les Les données
données pourpour
les années
les années 2017-2018
2017-2018 proviennent
proviennent du Bulletin
du Bulletin mensuel
mensuel d’informations
d’informations statistiques
statistiques de Juin
de Juin 20222022
(BCC,(BCC,
cf. cf.
page 1), publié le 15 Juillet 2022. Les données pour les années 2019-2024 proviennent
page 1), publié le 15 Juillet 2022. Les données pour les années 2019-2024 proviennent du Bulletin mensuel du Bulletin mensuel
d’informations
d’informations statistiques
statistiques de Mai
de Mai 20242024(BCC,(BCC, cf. page
cf. page 1), publié
1), publié le 15leJuin
15 Juin
2024.2024.
Note:Note:
À ceÀjour,
ce jour, un consensus
un consensus relativement
relativement largelarge
a étéa atteint
été atteint
dansdans la littérature
la littérature économique
économique concernant
concernant
certains
certains aspects
aspects de l’interaction
de l’interaction entreentre la croissance
la croissance économique
économique et l’inflation.
et l’inflation. Il généralement
Il est est généralement admisadmis
qu’une
qu’une croissance
croissance élevée
élevée et soutenue,
et soutenue, accompagnée
accompagnée d’une d’une
faiblefaible inflation,
inflation, constitue
constitue l’objectif
l’objectif central
central de lade la
politique
politique macroéconomique
macroéconomique (cf. Fisher
(cf. Fisher 1983).
1983). De plus,
De plus, il estillargement
est largement reconnu
reconnu qu’ilqu’il existe
existe un effet
un effet de seuil
de seuil
dansdans la relation
la relation entreentre l’inflation
l’inflation et laetcroissance,
la croissance, c’est-à-dire
c’est-à-dire qu’au-delà
qu’au-delà d’und’un certain
certain niveau
niveau d’inflation,
d’inflation, celle-
celle-
ci ralentit significativement la croissance (cf. Fisher 1993; Sarel 1996; Bruno et Easterly
ci ralentit significativement la croissance (cf. Fisher 1993; Sarel 1996; Bruno et Easterly 1998; Christoffersen 1998; Christoffersen
et Doyle
et Doyle 1998;1998;
GhoshGhosh et Phillips
et Phillips 1998; 1998;
GhoshGhosh 2000).
2000). Ce seuil
Ce seuil critique
critique est estimé
est estimé à 1-3%
à 1-3% pourpour les pays
les pays
industrialisés
industrialisés et à et à 11-12%
11-12% pourpour les pays
les pays en développement
en développement (cf. (cf.
Khan Khan et Senhadji
et Senhadji 2001).
2001).

ToutTout comme
comme pourpour l’inflation,
l’inflation, plusieurs
plusieurs autres
autres indicateurs
indicateurs économiques
économiques et sociaux
et sociaux révèlent
révèlent
des des incohérences
incohérences marquantes
marquantes dansdans la façon
la façon dontdont le FMI
le FMI a conclu
a conclu ses ses revues
revues dans
dans le cadre
le cadre
de son
de son programme
programme de FEC
de FEC entre
entre 2021
2021 et 2024.
et 2024.

En En effet,
effet, lorsque
lorsque l’onl’on examine
examine la période
la période sanssans programme
programme avecavec le FMI
le FMI de 2012
de 2012 à 2016,
à 2016,
plusieurs
plusieurs indicateurs
indicateurs telstels
queque la volatilité
la volatilité du taux
du taux de change,
de change, la dette
la dette intérieure
intérieure et extérieure,
et extérieure,
le solde
le solde budgétaire,
budgétaire, ainsi
ainsi queque la part
la part depopulation
de la la population vivant
vivant en extrême
en extrême pauvreté,
pauvreté, étaient
étaient
relativement
relativement stables,
stables, voire
voire en légère
en légère amélioration.
amélioration. Le Le
tauxtaux de change
de change étaitétait modérément
modérément
volatile, la dette extérieure et intérieure étaient sous contrôle, le solde budgétaire
volatile, la dette extérieure et intérieure étaient sous contrôle, le solde budgétaire affichait affichait

40
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
41
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

un léger excédent, et bien que la pauvreté restait élevée, elle ne montrait pas de signe de
détérioration rapide.

Figure 6: Variation du taux de change nominal en RDC, en moyenne annuelle


(CDF/1 USD, Période: 2010-2024)

18,0 16,9 Période de concertation, de


coalition et des tensions
électorales
En programme avec le
FMI : Programme
triennal
En programme avec le
FMI : Programme de
référence
12,0
Pas de programme
avec le FMI 10,1 10,0

6,6
6,0

0,0
2012-2016 2017-2018 2019-2020 2021-2024

Source: Banque centrale du Congo. Note: Les données pour les années 2011-2019 proviennent du Bulletin
mensuel d’informations statistiques de Mai 2020 (BCC, cf. page 44), publié le 15 Juin 2020. Les données
pour les années 2020-2024 proviennent du Bulletin mensuel d’informations statistiques de Mai 2024 (BCC,
cf. page 32), publié le 15 Juin 2024. Note: Les données considérées dans ce graphique sont des taux change
moyen. Dans les annexes, nous présentons également la série du taux de change fin période.

Cependant, durant la période de concertation, de coalition politique et de tensions


électorales entre 2017 et 2018, la situation s’est dégradée de manière notable. La volatilité
du taux de change a triplé, la dette intérieure a explosé, et bien que la dette extérieure ait
légèrement diminué, le solde budgétaire est devenu négatif. La part de la population vivant
en extrême pauvreté a augmenté de manière significative.

Malgré cette détérioration, l’introduction des programmes du FMI, d’abord avec le


Programme de référence (FCR) de 2019 à 2020, puis avec le Programme triennal (FEC) de
2021 à 2024, n’a pas inversé ces tendances négatives. Au contraire, sous la supervision du
FMI, la volatilité du taux de change est restée élevée, la dette intérieure a continué
d’augmenter de manière alarmante, le déficit budgétaire s’est aggravé, et la part de la
population vivant en extrême pauvreté est restée inchangée à un niveau très élevé de 84,1%.
42 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

Figure 7: Évolution du solde budgétaire en pourcentage du PIB entre 2012 et 2024


1,0 Pas de programme
avec le FMI

0,2
0,0
-0,005

-1,0
Période de concertation, de
coalition politique et des
-1,0
tensions électorales

-2,0 En programme avec le


FMI : Programme de
référence
-2,2
En programme avec le
FMI : Programme
-3,0 triennal

2012-2016 2017-2018 2019-2020 2021-2024

Source : Comité Technique des réformes, ministère des Finances de la RDC.

Figure 8: Croissance de la dette extérieure et de la dette intérieure en RDC (en % 2012 - 2024)
En programme avec le
50,0 FMI : Programme
triennal

34,0
Période de concertation, de
coalition politique et des
tensions électorales
25,0
14,9
12,9 14,3
Pas de programme
avec le FMI
2,1
0,0
- 0,3 En programme avec le
- 0,5 FMI : Programme de
référence

- 16,2
- 25,0
2012-2016 2017-2018 2019-2020 2021-2024
Dette extérieure Dette intérieure
Source : Direction Générale de la Dette Publique.

42
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
43
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

Figure 9: Nombre de personne vivant dans l’extrême pauvreté (en millions, période: 2010-2024)
En programme avec
le FMI : Programme
90,0 triennal
En programme avec
le FMI : Programme
de référence 83,3
Période de concertation,
de coalition politique et
80,0 des tensions électorales
76,9

72,1
Pas de programme
70,0 avec le FMI

61,0
60,0

50,0
2012-2016 2017-2018 2019-2020 2021-2024
Note: Les données utilisées proviennent de la plateforme sur la pauvreté et les inégalités de la Banque
mondiale (PIP, Poverty and Inequality Platform). En effet, la PIP est un outil de calcul interactif qui
présente les estimations de la Banque mondiale sur la pauvreté, les inégalités et la prospérité partagée
pour plus de 160 économies à travers le monde.

Cette situation met en évidence une incohérence fondamentale dans l’approche du FMI.
En concluant ses revues et en poursuivant le soutien financier malgré des indicateurs
économiques et sociaux aussi alarmants, le FMI semble tolérer des échecs répétés dans la
mise en œuvre des réformes censées stabiliser l’économie et améliorer le bien-être de la
population. Comme cela a été souligné précédemment, une telle tolérance dénote un
affaiblissement de la pression incitative pour des réformes significatives.

L’incapacité à réduire la pauvreté, à stabiliser les finances publiques et à contrôler la


volatilité économique sous la supervision du FMI soulève des questions sur la pertinence
et l’efficacité des conditionnalités imposées. Si les programmes du FMI n’ont pas réussi à
améliorer les indicateurs fondamentaux du développement économique et social, cela
pourrait indiquer que les réformes soutenues n’étaient pas suffisamment adaptées aux
réalités structurelles du pays ou qu’elles ont été mal mises en œuvre.

43
44 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

7 Banque mondiale et la BAD: Comptabilité des


incohérences et perspectives

Hormis le programme du FMI, la RDC avait également bénéficié d’une assistance


financière substantielle de la BM et la BAD au cours de la période cible. Ces financements
visent notamment à soutenir les réformes économiques, à renforcer la gouvernance et à
promouvoir un développement inclusif.

Tableau 8: Décaissements approuvés par la Banque mondiale et la Banque africaine de


développement en faveur de la RDC (2019-2024)

Panel A: Financement de la Banque mondiale (BM)

Type de Fonds Sigle Montant (en Date Objectif


millions d’approbation
USD) du Conseil

Premier soutien DPO 250 Juin 2022 Soutenir le programme de


budgétaire réformes du gouvernement pour
relever les principaux défis de
gouvernance en matière de
finances publiques et
d’ouverture du marché afin
d’accélérer un développement
inclusif et résilient face au climat

Deuxième soutien DPO 500 Mars 2023 Soutenir le programme de


budgétaire réformes du gouvernement pour
relever les principaux défis de
gouvernance en matière de
finances publiques et
d’ouverture du marché afin
d’accélérer un développement
inclusif et résilient face au climat

Panel B: Financement de la Banque africaine de développement (BAD)

Type de Fonds Montant (en Échéance Nombre de projets actifs


millions cible
USD)

Portefeuille national et régional 228 2019-2024 23

D’une part, la Banque mondiale a approuvé plusieurs décaissements importants pour la


RDC dans le cadre de son programme de soutien budgétaire. En juin 2022, la Banque
Mondiale a approuvé un premier soutien budgétaire de 250 millions de dollars américains.

44
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
45
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

Ce financement a été conçu pour aider le gouvernement de la RDC à mettre en œuvre des
réformes essentielles visant à améliorer la gouvernance financière et à stimuler l’ouverture
du marché, avec pour objectif d’accélérer un développement économique inclusif et
résilient aux changements climatiques. En mars 2023, un deuxième soutien budgétaire de
500 millions de dollars américains a été approuvé. Ce second décaissement a renforcé les
efforts du gouvernement pour poursuivre les réformes entamées, ciblant spécifiquement
les mêmes domaines critiques de la gouvernance des finances publiques et de l’ouverture
du marché. L’objectif était d’assurer une continuité dans les initiatives visant à promouvoir
un développement durable, inclusif et capable de résister aux chocs climatiques.

Figure 10: Dynamique de la dette extérieure et de la dette intérieure en RDC entre 2019 et 2024
18
Sur les 23 projets financés
par la Banque africaine du
Développement (BAD) pour
le compte de la RDC, pour 15
un motant total de 228
millions USD, seulement 8
ont été performants.

12

0
Projets Projets
performants non performants

Note: Les projets non performants de la BAD incluent les projets potentiellement problématiques, les
projets problématiques, les projets à surveiller et les projets épinglés. Au moment de la clôture de ,a
sixième revue du FMI (i.e., en date du 30 juin 2024), les projets suivants ont été non performants: Projet
d’appui au développement de chaine de valeur agricole; Projet d’Urgence d’Appui à la Production
Agricole (Facilité africaine de production alimentaire d’urgence, AEFPF - RDC); Programme d’appui
au développement agro-industriel de Nganda; Projet entreprenariat jeunes dans l’agriculture et l’agro-
bus; Projet d’aménagement de la route RN2 Bukavu-Goma; Projet prioritaire de sécurité aérienne phase
2 (PPSA 2); Projet voie d’accès route-rail RDC; Projet de construction du corridor économique
transnational; Projet d’appui à la gouvernance et a l’amélioration du secteur de transport; Appui ADN,
Élaboration PDILB & Études faisabilité CAB-RDC; Projet d’appui au développement du secteur
financier; Projet voie d’accès route-rail RDC; Projet de construction du corridor économique
transnational; Ruzizi III - RDC.

D’autre part, le financement de la BAD, d’un montant total de 228 millions USD sur la
période 2019-2024, était réparti sur 23 projets nationaux et régionaux. Cependant, une
évaluation des performances de ces projets montre une situation préoccupante. À la clôture
de la sixième revue du FMI, un nombre important de ces projets étaient non performants

45
46 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

(soit un totale de 15 projets non performants sur les 23 mis en œuvre), incluant des
initiatives clés telles que le Projet d’appui au développement de la chaîne de valeur
agricole, le Projet d’urgence d’appui à la production agricole, et le Projet de construction
du corridor économique transnational, entre autres. Ces projets non performants signalent
une gestion inefficace des fonds alloués, un manque de supervision adéquate, et
possiblement des problèmes structurels de gouvernance.

La décision du FMI de conclure ses revues malgré ces échecs est incohérente avec les
objectifs mêmes de ses programmes, qui visent à assurer une utilisation efficace et
transparente des ressources pour promouvoir le développement économique. En continuant
à soutenir financièrement la RDC sans exiger des résultats tangibles et sans adresser les
faiblesses manifestes dans la mise en œuvre des projets financés, le FMI accompagne la
RDC dans le processus du sous-développement. Les fonds alloués par la Banque mondiale
et la BAD étaient destinés à des réformes critiques et à des projets de développement
essentiels pour améliorer la gouvernance, renforcer les infrastructures et stimuler
l’économie.

Le fait que de nombreux projets de la BAD soient non performants, et que le FMI ait tout
de même conclu ses revues, soulève des questions sur la capacité des institutions
internationales à coordonner efficacement leurs efforts et à garantir que les ressources
allouées aient un impact positif réel sur le terrain. Cela met également en lumière la
nécessité pour le FMI de revoir sa stratégie en RDC, en insistant sur une plus grande
responsabilisation et en conditionnant le soutien financier à des résultats concrets et
mesurables dans la mise en œuvre des réformes et des projets de développement.

Sans une telle approche, les ressources seront inévitablement dilapidées, les objectifs de
développement réduits à de simples illusions, et la population congolaise continuera de
payer le prix fort de cette inefficacité.

En théorie, on s’attend à ce que les injections massives de ressources financières financent


les efforts de stabilisation macroéconomique, les investissements en infrastructures et la
consolidation des institutions. Cependant en pratique, dans le contexte spécifique de la
RDC, les effets positifs potentiels de ces injections financières ont été largement neutralisés
par une série de dysfonctionnements structurels. La corruption généralisée et les
détournements massifs de fonds publics ont absorbé les ressources de développement
essentiels, limitant leur impact sur le bien-être de la population.

De plus, la volatilité macroéconomique, exacerbée par une mauvaise gestion des réformes,
a débouché à une inflation élevée et à une dépréciation de la monnaie, réduisant ainsi le
pouvoir d’achat des ménages et aggravant leur précarité. Le non-respect des critères
quantitatifs de réalisation et des objectifs indicatifs, qui devaient guider la mise en œuvre
des réformes, a en outre affaibli la crédibilité des politiques économiques du pays,
compromettant ainsi les progrès vers un développement durable.

La Figure 11 met en relief une contradiction dans l’approche du FMI en RDC. En effet,
bien que des ressources financières importantes soient mobilisées pour soutenir

46
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
47
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

l’économie, les faiblesses institutionnelles et la corruption endémique ont largement


détourné ces fonds de leur objectif initial. Au lieu de favoriser le développement et de
réduire la pauvreté, ces facteurs ont exacerbé les inégalités, affaibli les institutions, et
intensifié les tensions sociales. En sus, bien que les financements approuvés à titre de
décaissement soient essentiels pour soutenir les réformes économiques et de gouvernance,
leur efficacité a été compromise par des défis structurels et institutionnels profonds. En
effet, puisque les institutions congolaises manquent souvent des capacités techniques et
administratives pour gérer efficacement les fonds reçus, toute faiblesse dans les systèmes
de contrôle ou dans la gestion des finances publiques ne peut que conduire à une utilisation
inefficace des ressources. De ce fait, les projets ciblés peuvent être mal planifiés, mal
exécutés ou même abandonnés.

Figure 11: Comment le FMI a accompagné le sous-développement en RDC entre 2019 et 2024
Déconnexion entre vécu du
Mise en oeuvre du Injection massive des ressources Complaisance dans l'évaluation citoyen et conclusions
programme financières par le FMI des conditionnalités techniques des experts

1 2 3 4

Mise en oeuvre du Croissance économique


+ Inégalités : Croissance positive

programme Aggravation
positive (~PIB par habitant) mais non inclusive

PROCÉDURE générique :

– Demande d'assistance du pays cible


Corruption et détournements
présumés en masse – Dépenses publiques biaisées vers
les dépenses appauvrissantes 4 de la pauvreté
– Évaluation initiale par le FMI (mission

1
exploratoire d'une équipe du FMI; analyse de la
nature des problèmes économiques)
– Formulation du programme (négociations avec le
gouvernement; conception du programme; accord
Non-respect des critères
Taux d'inflation élevé et

de principe et conditionnalités du programme,
c'est-à-dire les critères quantitatifs de réalisation et quantitatifs de réalisation et
les repères structurels) objectifs indicatifs
volatilité de change nominal
– Mise en œuvre et suivi du programme (inclut les RDC - Nombre de personnes vivant dans l'extrême
évaluations périodiques basées sur les critères pauvreté (en millions) :

Validation des
quantitatifs et les repères structurels)
– Consultations continues au titre de l'Article IV – 2012-2016 : 61,0
CRITÈRES quantitatifs non respectés entre 2021 et 2024 :
– 2017-2018 : 72,1

Injection massive des 1. Planchers Dépenses sociales (Revues : 1, 2, 3, 4, 5 et 6)


2. Planchers Solde budgétaire intérieur (Revues : 5 et 6)
3. Plafonds Nouvelle dette publique extérieure (Revues : 5 et 6)
revues en dépit de – 2019-2020 : 76,9

– 2021-2024 : 83,3

ressources financières la succession des


4. Plafonds Dépenses publiques exécutées en procédures d’urgence
Statistiques et (Revue : 6) Source : Banque mondiale (2024), PIP, Poverty and
observations 5. Plafond Variations des dépôts BCC utilisés comme garantie pour les Inequality Platform.
croisées emprunts de l’administration centrale (Revues : 3 et 4)

scandales de
6. Planchers Recettes de l’administration centrale (Revue : 5)

par le FMI 7. Plafonds Masse salariale (Revue : 6)


REPÈRES structurels non respectés entre 2021 et 2024 :
EFFETS et ressentis potentiels :

– Frustration : Inadéquation entre le vécu

corruption et de la
quotidien du citoyen (la misère) et les
8. Soumission Projet de nouvelle loi sur les banques commerciales conclusions techniques des experts,
intégrant les commentaires du FMI (Revue : 1) imprégnées d'un optimisme détaché de la
9. Publication Tous les nouveaux contrats miniers (Revue : 2) réalité

volatilité du cadre
10. Adoption Plan de rationalisation des charges non fiscales – Annihilation des retombées de la croissance
(Revue : 3)

2 Évaluation et
à cause de la redistribution biaisée de la
11. Mise en œuvre complète Première phase du STDA (Revue : 3) richesse créée, en défaveur de la population
12. Publication Nouveaux contrats miniers (Revue : 4)

macroéconomique
pauvre
13. Signature Décrets d’application de la loi sur les partenariats – Persistance et enracinement des pratiques
public-privé (Revue : 5)

suivi technique
corruptives
14. Mise en place Dispositions de la loi organique sur la gestion des – Inefficacité des dépenses publiques
finances publiques et réglementation des procédures d’urgence pour – Gouvernance non transparente
les dépenses (Revue : 5) – Perte de confiance des investisseurs
15. Signature Protocole d’accord sur l’implémentation de la

du programme
– Inégalités croissantes et non-respect des
recapitalisation de la BCC (Revue : 5) réformes
16. Adoption Manuel de procédures des investissements publics RDC - Taux d'inflation RDC - Taux de change
– Affaiblissement des institutions
(Revue : 6) instable et galopante instable et volatil (CDF/
– Baisse du pouvoir d'achat des ménages
17. Adoption États financiers de l’exercice 2023 de la BCC produits (en %): 1USD) :
– Tensions sociales (mécontentement social dû

par le FMI
selon les normes IFRS (Revue : 1) à unegouvernance médiocre, distribution
– 2021 : 10,1 – 2021 : 1 999,9
inéquitable des bénéfices de la croissance,
– 2022 : 7,0 – 2022 : 2 016,9
frustrations sociales, conflits et instabilité
– 2023 : 23,3 – 2023 : 2 669,0
politique, émergence de mouvements
– 2024 : 26,7 – 2024 : 2 812,7
populistes)
– Hausse de l'endettement

3 Effondrement de la confiance de
la population vis-à-vis du FMI

Note : La figure illustre les défis économiques et sociaux rencontrés en RDC lors de la mise en œuvre du
programme du FMI entre 2021 et 2024. Malgré l’injection de ressources financières, la persistance de la
corruption, l’inefficacité des réformes, et la déconnexion entre les analyses techniques et la réalité ont conduit
à une aggravation des inégalités et une perte de confiance de la population, avec une augmentation
significative du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté, lequel est passé suivant les estimations
de la Banque mondiale de 75,6 millions à en 2019 à 86,0 millions de personnes en 2024.

Par ailleurs, la RDC est marquée par une instabilité politique et sécuritaire persistante,
particulièrement dans les régions de l’Est. Cette instabilité rend difficile la mise en œuvre
des projets de développement et détourne l’attention et les ressources nécessaires à la
stabilité économique.

47
48 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

Aussi, une grande partie de l’économie congolaise est informelle et dollarisée, ce qui
complique la collecte des recettes fiscales et la mobilisation des ressources internes.
L’incapacité à intégrer cette économie informelle et à la dédollariser, en dépit de
l’assistance technique et financier du FMI, limite naturellement l’efficacité des réformes à
implémenter.

In fine, les décaissements sont souvent conditionnés à des réformes structurelles.


Cependant, les réformes mises en place sont souvent superficielles et ne s’attaquent pas
aux causes profondes des problèmes économiques. Les changements nécessaires pour
améliorer la transparence, la responsabilité et l’efficacité des institutions sont souvent
retardés ou mis en œuvre de manière inadéquate.

Commettre les mêmes erreurs, en finançant l’économie de la RDC, sans


renforcer l’intégrité des fondamentaux, et ensuite espérer obtenir des résultats
différents ne serait-il pas dans le cas d’espèce une preuve de myopie
flagrante?

Ainsi, pour rendre le programme du FMI plus productif et pour améliorer l’efficacité des
décaissements de la Banque Mondiale, il s’avère indispensable de s’attaquer aux problèmes
fondamentaux de l’économie de la RDC et de renforcer l’intégrité des fondamentaux en
veillant aux préalables suivants:

¾ Renforcer la transparence et la responsabilité: Il est impératif de mettre en œuvre


des mécanismes robustes de suivi et de contrôle des fonds publics. Des audits
réguliers et indépendants doivent être institués pour garantir que les ressources sont
utilisées de manière appropriée.

¾ Renforcement des mécanismes de surveillance: Il est crucial de mettre en place des


mécanismes de surveillance robustes et indépendants pour garantir que les fonds
alloués sont utilisés conformément aux objectifs définis

¾ Implémenter des réformes institutionnelles conséquentes: Les institutions chargées


de la gestion des fonds publics doivent être réformées en profondeur pour réduire
les opportunités de corruption51. Cela inclut la digitalisation des processus
financiers pour améliorer la traçabilité et réduire les manipulations manuelles, mais
aussi les réformes de la justice et des systèmes économiques pour créer un
environnement plus favorable au développement durable.

¾ Gestion de l’économie informelle: Des stratégies doivent être élaborées pour


intégrer progressivement l’économie informelle dans l’économie officielle. Cela
pourrait inclure des incitations pour les petites entreprises à s’enregistrer
officiellement et des réformes fiscales adaptées, des mécanismes pour valoriser la
main-d’œuvre faiblement qualifiée.

51
Les réformes doivent aller au-delà des simples ajustements administratifs et s’attaquer aux racines des
problèmes économiques.

48
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
49
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

¾ Appliquer des sanctions sévères contre la corruption: Les responsables impliqués


dans des scandales de détournement de fonds doivent être poursuivis et sanctionnés
de manière exemplaire pour dissuader de futurs abus. Cela implique donc, a priori,
un justice indépendante et efficace.

¾ Engager véritablement la société civile et les partenaires internationaux: La


collaboration avec des ONG et des organisations internationales peut renforcer la
surveillance et la pression pour des réformes52. Le FMI et la Banque mondiale
doivent conditionner leur aide à des progrès concrets en matière de gouvernance.

¾ Investir dans le leadership éthique des acteurs politiques: Il est crucial de


promouvoir un leadership éthique parmi les acteurs politiques pour garantir une
gestion efficiente, honnête et transparente des ressources publiques53. Cela passe
non seulement par des programmes de formation et de sensibilisation à l’éthique
professionnelle et à la bonne gouvernance, mais aussi et avant tout, par la mise en
place du mécanisme de création d’une offre de leadership de qualité. Ce mécanisme
requiert de procéder préalablement à un audit en leadership et à une évaluation
métrique des composantes atomiques du leadership au sein du gouvernement, mais
aussi au sein de l’administration publique tout entière.

Chaque fois que les conditions ci-dessus énumérées ne seront pas pleinement remplies,
comme c’est le cas pour la période 2019-2024, le FMI ne fera qu’alimenter la pauvreté et
les inégalités, en finançant et en accompagnant le pays dans le sous-développement. Pour
éviter cela, le FMI doit non seulement fournir des ressources financières, mais aussi exiger
des garanties solides sur l’utilisation de ces fonds et s’assurer que les réformes promises
sont effectivement mises en œuvre. La pression doit être maintenue sur les gouvernements
pour qu’ils respectent leurs engagements et mettent en place des mesures de transparence
et de responsabilisation robustes. Seule une approche rigoureuse et intégrée permettra de
s’assurer que les fonds du FMI contribuent réellement au développement économique et
social de la RDC.

8 Conclusion
L’examen critique de la mise en œuvre du programme du FMI en RDC entre 2019 et 2024
révèle un tableau complexe marqué par des succès apparents mais aussi par des défis
persistants. Les décaissements substantiels approuvés par le FMI, la Banque mondiale et
la BAD montrent un engagement clair à soutenir la stabilité macroéconomique et les

52
Impliquer activement la société civile et les communautés locales dans la conception et la mise en œuvre
des projets de développement peut améliorer la transparence et la responsabilité. Les citoyens doivent être
en mesure de surveiller et d’évaluer l’utilisation des fonds publics.
53
Le FMI et les autres partenaires du développement doit investir dans le renforcement des capacités des
institutions congolaises. Cela inclut la formation du personnel, l’amélioration des systèmes de gestion
financière et l’augmentation de la transparence dans les processus administratifs. Il est également
envisageable d’aller plus loin en considérant les composantes atomiques du leadership (cf. Matata Poonyo et
Tsasa, 2025).

49
50 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

réformes de gouvernance en RDC. Cependant, ces efforts se sont vu être entravés par des
problèmes structurels profonds tels que la corruption endémique, la faiblesse des capacités
institutionnelles, l’instabilité politique, la crise sécuritaire permanente, ainsi que la
dollarisation et la prépondérance de l’économie informelle.

Les scandales de détournement de fonds et de corruption qui ont jalonné cette période
illustrent les difficultés à traduire les engagements financiers en progrès concrets sur le
terrain. Des fonds destinés à des initiatives cruciales de développement et de réforme ont
été siphonnés, compromettant ainsi l’efficacité des programmes soutenus par les
institutions financières internationales.

Pour que les interventions du FMI et des autres partenaires du développement soient
véritablement productives, il est impératif de renforcer les mécanismes de transparence et
de responsabilité. Les réformes institutionnelles doivent être approfondies pour réduire les
opportunités de corruption, des audits des fonds utilisés doivent être effectués pour établir
les responsabilités respectives, et des sanctions sévères doivent être appliquées pour
dissuader les abus futurs. De plus, l’engagement actif de la société civile est essentiel pour
surveiller l’utilisation des ressources mobilisées.

L’investissement dans un leadership éthique et dans la gestion efficace de l’économie


informelle est également crucial. Une approche atomique et holistique, combinée à des
réformes structurelles substantielles, peut transformer les efforts du FMI en progrès réels
et durables pour la RDC. Sans ces mesures, il est probable que les fonds continueront à
alimenter la pauvreté et les inégalités, plutôt que de promouvoir une croissance inclusive
et un développement durable. En sus, le fossé de méfiance entre le peuple congolais et les
institutions de Bretton Woods risque de se creuser davantage.

50
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
51
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

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64
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
65
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

ANNEXES
Annexe A. Données et informations complémentaires
Tableau A.1: Statistiques sur le taux de croissance, le taux d’inflation et le taux de change
nominal moyenne

Période PIB PIB par habitant Taux de croissance du Taux d’inflation Taux de change nominal
(USD constants de (USD) PIB par habitant (en %) (en %) (CDF pour 1 USD)
2015)

2012 29 863 789 011,2 420,6 3,6 9,3 915,2

2013 32 396 822 645,0 441,0 4,8 1,2 925,5

2014 35 464 895 084,5 466,4 5,8 1,2 924,5

2015 37 917 706 497,2 482,1 3,4 1,8 927,9

2016 38 827 503 534,1 476,8 -1,1 5,9 1 215,6

2017 40 274 584 268,0 477,8 0,2 35,7 1 592,2

2018 42 619 016 590,7 489,4 2,4 23,0 1 635,6

2019 44 487 659 679,0 494,8 1,1 4,5 1 673,0

2020 45 259 708 653,5 487,4 -1,5 14,0 1 971,8

2021 48 065 880 294,9 501,2 2,8 10,1 2 000,0

2022 52 355 494 607,6 528,8 5,5 7,0 2 016,9

2023 56 837 576 516,9 555,8 5,1 23,3 2 669,0

2024 26,7 2 812,7

Tableau A.2: Statistiques sur le PIB nominal, les dépenses publiques totales, les dépenses de
fonctionnement, les salaires et les dépenses publiques en capital

Période PIB nominal en Dépenses publique en Consommation- Salaires en % du Dépenses en capital en % du


milliards de CDF % du PIB Fonctionnement en % PIB PIB
du PIB

2012 26 954,6 12,4 1,9 4,7 2,0

2013 30 051,2 12,0 2,3 4,7 2,1

2014 33 224,0 17,1 2,5 4,7 4,3

2015 35 111,2 16,1 2,8 5,1 4,5

2016 37 517,4 13,4 2,6 5,2 3,4

2017 55 676,1 9,4 1,8 3,7 1,9

2018 77 180,5 10,5 2,1 3,5 1,8

2019 85 314,1 10,5 2,1 4,2 2,4

2020 90 181,0 10,8 1,8 5,3 2,5

2021 110 114,7 13,1 2,4 5,0 3,4

2022 132 063,7 20,2 3,4 5,0 6,5

2023 163 777,4 18,1 2,8 4,4 6,0

65
66 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

Tableau A.3: Statistiques sur le taux de change nominal fin période, le solde Budgétaire en
pourcentage du PIB, le solde Balance des paiements et les dépenses en capital

Période Taux de change fin Solde budgétaire en % Solde de la balance des Dette publique en Dépenses en capital en % du
période du PIB paiements en % du PIB % du PIB PIB (Rces propres)

2012 915,2 1,4 1,2 21,4 1,12

2013 919,4 -0,1 0,1 20,2 1,92

2014 925,6 2,0 -0,3 17,6 1,41

2015 926,8 -1,1 -0,9 16,3 1,32

2016 1 215,6 -1,0 -1,6 16,0 0,78

2017 1 592,2 0,2 -0,1 16,9 0,41

2018 1 635,6 -0,2 0,1 10,8 0,56

2019 1 673,0 -0,8 0,8 10,9 0,65

2020 1 971,8 -1,2 -0,6 12,7 0,28

2021 2 000,0 -0,5 5,0 13,3 1,03

2022 2 016,9 -2,5 2,5 14,4 2,35

2023 2 668,9 -3,5 1,4 15,0 1,40

2024 2 852,6 ... ... ... ...

Tableau A.4: Statistiques sur le taux de change nominal fin période, le solde Budgétaire en
pourcentage du PIB, le solde Balance des paiements et les dépenses en capital

Période Population, total Part de la population vivant Nombre des personnes vivant dans
dans l’extrême pauvreté l’extrême pauvreté

2012 70997870 77,2 5481035564

2013 73460021 77,2 5671113621

2014 76035588 77,2 5869947394

2015 78656904 84,1 6615045626

2016 81430977 84,1 6848345166

2017 84283273 84,1 7088223259

2018 87087355 84,1 7324046556

2019 89906890 84,1 7561169449

2020 92853164 84,1 7808951092

2021 95894118 84,1 8064695324

2022 99010212 84,1 8326758829

2023 102262808 84,1 8600302153

66
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
67
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

Tableau A.5: Dynamique des projets BAD entre 2019 et 2024

RDC - Portefeuille national au 30 juin 2024 Date Date Évaluation au 30 juin 2024
d’approbation finalisation

1 Projet d’appui au développement de chaine de valeur 2019-05-28 2024-12-31 Projet non performant
agricole
2 AEFPF - RDC 2022-07-15 2025-03-31 Projet non performant
AEFPF - RDC 2022-07-15 2025-03-31 Projet non performant
3 Aide d’urgence aux victimes des éboulements des terres et au 2023-06-16 2024-12-31 Projet performant
4 Programme d’appui au développement agro-industriel de 2021-11-19 2027-03-31 Projet non performant
Nganda
5 Projet entreprenariat jeunes dans l’agriculture et l’agro-bus 2016-12-09 2024-12-30 Projet non performant
6 Projet d’appui au développement intégré de l’économie 2019-11-21 2025-12-31 Projet performant
rurale
Projet d’appui au développement intégré de l’économie 2019-11-21 2025-12-31 Projet non performant
rurale
# Secteur agriculture
7 Projet d’aménagement de la route RN2 Bukavu-Goma 2021-11-26 2026-06-30 Projet performant /
Projet d’aménagement de la route RN2 Bukavu-Goma 2021-11-26 2026-06-30 Projet non performant
8 Projet prioritaire de sécurité aérienne phase 2 (PPSA 2) 2018-10-18 2024-12-31 Projet non performant
Projet prioritaire de sécurité aérienne phase 2 (PPSA 2) 2018-10-18 2024-12-31 Projet non performant
9 Réhabilitation de la RN1 - Kinshasa-Kikwit 2019-06-26 2025-12-31 Projet performant
10 Projet voie d’accès route-rail RDC 2019-12-16 2024-12-31 Projet non performant
11 Projet de construction du corridor économique transnational 2022-11-23 2027-12-31 Projet non performant
# Secteur transport
12 Projet de renforcement des infrastructures socioéconomiques 2021-12-14 2026-12-31 Projet performant
# Secteur eau & assainissement
13 Projet d’appui à la gouvernance et a l’amélioration du secteur 2016-12-07 2026-12-31 Projet non performant
de transport
Projet d’appui à la gouvernance 2016-12-07 2026-12-31
Projet d’appui à la gouvernance 2016-12-07 2026-12-31
# Secteur énergie
14 Appui ADN, Élaboration PDILB & Études faisabilité CAB- 2021-12-06 2024-12-31 Projet non performant
RDC
# Secteur TIC
15 Projet d’appui au développement du secteur financier 2022-12-01 2026-12-31 Projet non performant
16 Rawbank 2018-03-07 2022-09-30 Projet non performant
17 Access bank RDC garantie de transaction 2024-02-20 Projet performant
# Secteur financier
18 Projet d’appui au bien-être alternatif des enfants et jeunes 2019-04-17 2025-12-30 Projet performant
Projet d’appui au bien-être alternatif des enfants et jeunes 2019-04-17 2025-12-30
Projet d’appui au bien-être alternatif des enfants et jeunes 2019-04-17 2025-12-30
19 Projet d’appui a la gouvernance et au développement des 2024-02-14 2029-06-30 Projet performant
comp
Projet d’appui a la gouvernance et au développement des 2024-02-14 2029-06-30
comp
# Secteur social
20 Projet d’appui à la relance de l’économie congolaise 2021-12-17 2025-12-30 Projet performant
(PAREC)
Secteur gouvernance
# RDC - Portefeuille régional au 30 juin 2024
21 Projet voie d’accès route-rail RDC 2020-05-22 2024-12-31 Projet non performant
22 Projet de construction du corridor économique transnational 2022-11-23 2027-12-31 Projet non performant
Secteur Transport
23 Ruzizi III - RDC 2015-12-16 2024-12-30 Projet non performant

67
68 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

Annexe B. Conditionnalités de la FEC


Tableau B.1: Critères de réalisation quantitatifs et objectifs indicatifs pour l’accord triennal au
titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), entre 2021 et 2024

No. Panel 1: Critères de réalisation Première Deuxième Troisième Quatrième Cinquième Sixième
quantitatifs revue revue revue revue revue revue

1 Planchers sur les variations des réserves Satisfait Satisfait Satisfait Satisfait Satisfait Satisfait
internationales nettes de la BCC (en
millions de USD)
2 Plafonds sur les variations du crédit net Satisfait Satisfait Satisfait Satisfait Satisfait Satisfait
de la BCC à l’État (en milliards de
CDF)
3 Plafonds sur les variations des avoirs Satisfait Satisfait Satisfait Satisfait Satisfait Satisfait
intérieurs nets de la BCC (en milliards
de CDF)
4 Plafonds sur l’accumulation d’arriérés Satisfait Satisfait Satisfait Satisfait Satisfait Satisfait
de paiement extérieurs (en millions de
USD)
5 Planchers sur le solde budgétaire Satisfait Satisfait Satisfait Satisfait Non Non
intérieur (base caisse, en milliards de satisfait satisfait
CDF)
6 Plafonds sur la souscription ou la Satisfait Satisfait Satisfait Satisfait Satisfait Satisfait
garantie de nouvelle dette extérieure par
le secteur public (valeur actuelle, en
millions de USD)
7 Plafonds sur les variations des avoirs en ... ... ... ... Satisfait Satisfait
devises de la BCC détenus auprès des
correspondants domestiques (en
millions de USD)

No. Panel 2: Objectifs Indicatifs

1 Plafond sur les variations des dépôts de Satisfait Satisfait Non Non Satisfait Satisfait
la BCC utilisés comme satisfait satisfait
garantie/collatéral pour des emprunts de
l’administration centrale (en millions de
USD)
2 Planchers sur les recettes de Satisfait Satisfait Satisfait Satisfait Non Satisfait
l’administration centrale (en milliards satisfait
de CDF)
3 Planchers sur les dépenses sociales (en Non Non Non Non Non Non
milliards de CDF) satisfait satisfait satisfait satisfait satisfait satisfait
4 Plafonds sur l’accumulation des arriérés Satisfait Satisfait Satisfait Satisfait Satisfait Satisfait
de salaires de l’administration centrale
(en millions de USD)
5 Plafonds sur la masse salariale (en ... ... ... Satisfait Non
milliards de CDF) satisfait
6 Plafonds sur les dépenses publiques ... ... ... ... Non
exécutées en procédures d’urgence (en satisfait
pourcentage de total des depenses sur
ressources propres).
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
69
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

Tableau B.2: Repères structurels pour l’accord au titre de la FEC pour la première revue

Action Objectif Échéance Statut

Publication des états Améliorer la transparence Fin août 2021 Satisfait


financiers complets 2020 de la dans le secteur minier
Gécamines, y compris les
commentaires des auditeurs

Consolidation de tous les Rationaliser les recettes non fiscales Fin septembre 2021 Satisfait
documents juridiques sur les
recettes non fiscales dans un seul
document

Soumission au Parlement du Améliorer la supervision bancaire Fin novembre 2021 Non satisfait
projet de nouvelle loi sur les
banques commerciales intégrant
les commentaires du FMI

Publication de tous les nouveaux Améliorer la transparence dans le Continu Satisfait


contrats miniers secteur minier

Tableau B.3: Repères structurels pour l’accord au titre de la FEC pour la deuxième revue

Action Objectif Échéance Statut

Adoption du nouveau règlement Améliorer la stabilité du système Fin décembre 2021 Satisfait
sur les réserves obligatoires de la bancaire
BCC pour les nouveaux dépôts
en devises

Signature d’un protocole Renforcer le cadre de la politique Fin décembre 2021 Satisfait
d’accord entre la BCC et le monétaire
ministère des Finances pour
régulariser l’encours de crédit de
la BCC au gouvernement

Mise en œuvre intégrale de Améliorer l’administration des Fin décembre 2021 Satisfait
SYDONIA World pour le douanes
guichet unique électronique dans
10 bureaux supplémentaires de
douane

Recruter un cabinet pour Améliorer l’efficacité des Fin mars 2022 Satisfait
effectuer un audit externe de investissements publics
BCECO pour les années 2017-
2021

Publication de tous les nouveaux Améliorer la transparence dans le Continu Non satisfait
contrats miniers secteur minier

69
70 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

Tableau B.4: Repères structurels pour l’accord au titre de la FEC pour la troisième revue

Action Objectif Échéance Statut

Signer un arrêté révisé pour Améliorer l’administration de la Fin juin 2022 Satisfait
rendre la collecte de la TVA TVA
comptable conforme à la
législation existante et aux
meilleures pratiques
internationales, afin qu’elle
s’applique aux sociétés
minières, et non à des
produits spécifiques

Publier un plan Améliorer la transparence Fin juillet 2022 Satisfait


d’engagements budgétaires budgétaire
pour 2022 en ligne avec les
objectifs du programme FEC

Adopter un plan de Rationaliser la fiscalité Fin septembre 2022 Non satisfait


rationalisation des charges
non fiscales

Mettre pleinement en œuvre Améliorer l’administration des Fin septembre 2022 Non satisfait
la première phase du STDA droits d’accise

Signer un décret portant Améliorer la gestion des Fin octobre 2022 Satisfait
gouvernance budgétaire en finances publiques
ligne avec les
recommandations de
l’assistance technique

Valider l’analyse des besoins Renforcer la solvabilité de la Fin novembre 2022 Satisfait
de recapitalisation de la BCC BCC
par son Conseil

Publication de tous les Améliorer la transparence dans Continu Satisfait


nouveaux contrats miniers de le secteur minier
même que les contrats
renégociés selon les
provisions du code minier et
les recommandations de
l’ITIE

70
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
71
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

Tableau B.5: Repères structurels pour l’accord au titre de la FEC pour la quatrième revue

Action Objectif Échéance Statut

Compléter l’audit des Améliorer la gestion des Fin décembre 2022 Satisfait
arriérés intérieurs finances publiques

Signer un décret sur la Améliorer la gestion des Fin mai 2023 Satisfait
gestion des investissements investissements publics
publics couvrant toutes les
phases du cycle des projets,
en ligne avec les
recommandations du rapport
PIMA

Mettre en place un cadre Améliorer la gestion des Fin mai 2023 Satisfait
règlementaire délimitant le finances publiques
périmètre et la structure du
compte unique du Trésor

Publication de tous les Améliorer la transparence dans Continu Non satisfait


nouveaux contrats miniers de le secteur minier
même que les contrats
renégociés selon les
provisions du code minier et
les recommandations de
l’ITIE

71
72 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

Tableau B.6: Repères structurels pour l’accord au titre de la FEC pour la cinquième revue

Action Objectif Échéance Statut

Procéder à un inventaire des Rationaliser la fiscalité Fin juin 2023 Satisfait


charges parafiscales des comptes
spéciaux et des budgets annexes

Signer l’ensemble des décrets Améliorer la gestion des Fin juin 2023 Non Satisfait
d’application de la loi sur les investissements publics
partenariats public-privé

Mettre à jour le manuel Améliorer la gestion des finances Fin juillet 2023 Non satisfait
d’exécution du budget pour y publiques
inclure les dispositions de la loi
organique sur la gestion des
finances publiques et signer le
décret sur la comptabilité
publique clarifiant les critères
régissant le recours aux
procédures d’urgence pour les
dépenses

Signer un décret précisant que Améliorer la gestion des finances Fin juillet 2023 Satisfait
les augmentations de salaire publiques
doivent être décidées
conjointement par les ministres
du Budget, des Finances et de la
Fonction publique

Compléter la deuxième phase du Rationaliser les recettes non fiscales Fin septembre 2023 Satisfait
plan de rationalisation des
charges non fiscales en lien avec
les recommandations du FMI

Signer un protocole d’accord sur Renforcer la solvabilité de la BCC Fin septembre 2023 Non satisfait
l’implémentation de la
recapitalisation de la BCC

Adopter une instruction sur les Renforcer la régulation bancaire et Fin novembre 2023 Satisfait
parties liées en ligne avec le les normes prudentielles
vingtième Principe fondamental
de Bâle

Réviser et compléter les Renforcer la stabilité financière et la Fin novembre 2023 Satisfait
instructions de la BCC pour se supervision bancaire
conformer à la nouvelle loi
bancaire tel que décrit dans le
MPEF

Publication de tous les nouveaux Améliorer la transparence dans le Continu Satisfait


contrats miniers de même que les secteur minier
contrats renégociés selon les
provisions du code minier et les
recommandations de l’ITIE

72
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
73
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

Tableau B.7: Repères structurels pour l’accord au titre de la FEC pour la sixième revue

Action Objectif Échéance Statut

Adopter un manuel de Améliorer la gestion des gestion Fin décembre 2023 Non satisfait
procédures des des investissements publics
investissements publics

Mettre en place un cadre Renforcer le cadre LBC/FT Fin mai 2024 Satisfait
d’exécution des opérations
du Trésor et de la BCC,
conforme aux dispositions de
la loi LBC/FT

Adopter les états financiers Renforcer les sauvegardes de la Fin mai 2024 Non satisfait
de l’exercice 2023 de la BCC banque centrale
produits selon les normes
IFRS

Publication de tous les Améliorer la transparence dans Continu Satisfait


nouveaux contrats miniers de le secteur minier
même que les contrats
renégociés selon les
provisions du code minier et
les recommandations de
l’ITIE

73
74 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

Annexe C. Quelques informations supplémentaires


sur le FMI et ses mécanismes
d’intervention

C.1. Caractérisation et fonctionnement du FMI

Tableau C.1: Fiche technique sur le FMI

Variable Valeur cible

Date et circonstances de création du FMI : Juillet 1944, lors de la


(Statuts du Fonds monétaire international) conférence des Nations Unies à
Bretton Woods (Accords de
Bretton Woods)*.

Siège : Washington

Langue officielle : Anglais

Nombre de pays membres : 190

Nombre de de personnes qui y travaillent : 2 900

Montant estimé, à date, pour ses prêts : 1 000 milliards USD


(707 milliards DTS)

Les plus grands contributeurs du FMI : États-Unis; Japon;


France; Allemagne;
Italie; Royaume-Uni

Accords de la Jamaïque (8 janvier 1976) : Réforme du FMI pour s’adapter


au nouveau cadre de taux de
change

* La conférence de Bretton Woods, officiellement connue sous le nom de conférence monétaire et financière
des Nations-Unies, s’est tenue du 1er au 22 juillet 1944, hôtel Mount Washington. Pour plus de détails, cf.
FMI (1944, 2024).

74
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
75
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

Les Statuts du FMI ont été adoptés lors de la Conférence monétaire et financière des
Nations Unies (Bretton Woods, New Hampshire) le 22 juillet 1944. Ils ont été initialement
acceptés par 29 pays et ont depuis été signés et ratifiés par un total de 190 pays membres.

En tant que charte de l’organisation, les Statuts énoncent les objectifs du Fonds, qui
comprennent la promotion de « la coopération monétaire internationale par le biais d’une
institution permanente qui fournit les mécanismes de consultation et de collaboration sur
les problèmes monétaires internationaux ».

Les Statuts établissent également le mandat de l’Organisation et les droits et obligations de


ses membres, sa structure de gouvernance et les rôles de ses organes, et énoncent diverses
règles de fonctionnement, y compris celles liées à la conduite de ses opérations et
transactions concernant les droits de tirage spéciaux. Les principales fonctions du FMI sont
la surveillance du système monétaire international et le suivi des politiques économiques
et financières des pays membres, la fourniture de ressources du Fonds aux pays membres
qui en ont besoin et la fourniture d’une assistance technique et de services financiers.
Depuis leur adoption en 1944, les Statuts ont été modifiés sept fois, le dernier amendement
ayant été adopté le 15 décembre 2010 (entré en vigueur le 26 janvier 2016).

Les Statuts sont complétés par le Règlement intérieur du Fonds adopté par le Conseil des
gouverneurs, lui-même complété par le Règlement intérieur adopté par le Conseil
d’administration.

Ci-après, nous présentons un résumé des 31 articles qui constituent les fondements
juridiques du fonctionnement du FMI, établissant les règles et obligations régissant les
relations entre l’organisation et ses pays membres.

Article I : Objectifs
Établit les objectifs fondamentaux du FMI, tels que promouvoir la coopération monétaire
internationale, faciliter l’expansion équilibrée du commerce mondial, promouvoir la
stabilité des taux de change, assister les pays membres en difficulté de balance des
paiements, et réduire la durée et l’ampleur des déséquilibres dans les balances des
paiements.

Article II : Adhésion
Décrit les conditions et procédures d’adhésion des pays au FMI, ainsi que la manière dont
un pays peut se retirer ou être expulsé du FMI.

75
76 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

Article III : Quotas et souscriptions


Détaille la structure des quotas qui déterminent les contributions financières des pays
membres au FMI, ainsi que leurs droits de vote et leur accès aux ressources du Fonds.

Article IV : Obligations générales des pays membres


Exige que les pays membres évitent de manipuler les taux de change à des fins compétitives
et adoptent des politiques économiques qui favorisent la stabilité. Cet article encadre
également les consultations annuelles (consultations de l’Article IV) que le FMI mène avec
chaque pays membre.

Article V : Opérations et transactions


Réglemente les opérations financières du FMI, y compris l’octroi de prêts, l’utilisation des
ressources, et les conditions d’accès. Il précise également les droits des pays membres
concernant les tirages sur les ressources du FMI.

Article VI : Transferts de capital


Permet au FMI d’imposer des restrictions temporaires sur les transferts de capital pour
éviter les crises financières, tout en permettant aux pays membres de contrôler les
mouvements de capitaux en cas de crise.

Article VII : Ressources générales du FMI


Donne au FMI le pouvoir d’emprunter des fonds si ses propres ressources sont insuffisantes
pour répondre aux besoins des pays membres.

Article VIII : Obligations générales des membres


Établit des règles pour les transactions de change, l’élimination des restrictions sur les
paiements courants, et la non-discrimination dans les transactions internationales.

Article IX : Statut, immunités, et privilèges


Confère au FMI et à ses fonctionnaires des privilèges et immunités nécessaires pour
accomplir leurs fonctions sans ingérence, y compris des exemptions fiscales et une
protection contre les poursuites judiciaires.

Article X : Relations avec d’autres organisations internationales


Autorise le FMI à coopérer avec d’autres organisations internationales pour promouvoir
des objectifs communs.

76
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
77
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

Article XI : Relations avec les pays non-membres


Article XI : Relations avec les pays non-membres
Encadre les relations du FMI avec des pays non-membres, notamment en ce qui concerne
Encadre les relations du FMI avec des pays non-membres, notamment en ce qui concerne
les transactions économiques internationales et la participation à des discussions
les transactions économiques internationales et la participation à des discussions
multilatérales.
multilatérales.
Article XII : Organisation et gestion
Article XII : Organisation et gestion
Définit la structure de gouvernance du FMI, y compris les rôles et responsabilités du
Définit la structure de gouvernance du FMI, y compris les rôles et responsabilités du
Conseil des gouverneurs, du Conseil d’administration, et du Directeur général.
Conseil des gouverneurs, du Conseil d’administration, et du Directeur général.
Article XIII : Bureaux et comptes
Article XIII : Bureaux et comptes
Précise les modalités de fonctionnement des bureaux du FMI dans le monde et la gestion
de Précise les modalités
ses comptes financiers.de fonctionnement des bureaux du FMI dans le monde et la gestion
de ses comptes financiers.
Article XIV : Restrictions transitoires
Article
Permet auxXIV : Restrictions
pays transitoires
membres d’imposer temporairement des restrictions sur les paiements
Permet aux pays membres d’imposer temporairement
internationaux pour faire face aux déséquilibres desavec
économiques, restrictions
l’accordsur
du les
FMI.paiements
internationaux pour faire face aux déséquilibres économiques, avec l’accord du FMI.
Article XV : Droits de tirage spéciaux (DTS)
Article
Institue lesXV : Droits
Droits de tirage
de Tirage spéciaux
Spéciaux (DTS)
comme une réserve internationale complémentaire,
Institue les Droits de Tirage Spéciaux comme une réserve internationale complémentaire,
que les pays membres peuvent utiliser en cas de besoin.
que les pays membres peuvent utiliser en cas de besoin.
Article XVI : Régime général des DTS
Article
Établit les XVI
règles: Régime général des
pour l’allocation, DTS
la détention, l’utilisation, et l’annulation des DTS entre
les Établit les règles pour l’allocation, la détention, l’utilisation, et l’annulation des DTS entre
pays membres.
les pays membres.
Article XVII : Participation des membres au régime des DTS
Article
Décrit XVII : Participation
les obligations desdes
et les droits membres au régime
pays membres des DTSla participation au régime
concernant
desDécrit
DTS, les obligations
y compris et les droits
l’obligation des pays
d’honorer les membres
tirages enconcernant
DTS. la participation au régime
des DTS, y compris l’obligation d’honorer les tirages en DTS.
Article XVIII : Allocations et annulations de DTS
Article
Précise lesXVIII : Allocations
procédures et annulations
par lesquelles le FMI de DTS
peut allouer ou annuler des DTS aux pays
Précise sur
membres, les laprocédures par lesquelles
base des besoins globauxledeFMI peut allouer ou annuler des DTS aux pays
liquidités.
membres, sur la base des besoins globaux de liquidités.
Article XIX : Opérations des DTS
Article
Établit les XIX : Opérations
modalités des DTS
des opérations des DTS, y compris les échanges entre pays membres
Établit
et le les DTS
rôle des modalités destransactions
dans les opérations des DTS, y compris
financières les échanges entre pays membres
internationales.
et le rôle des DTS dans les transactions financières internationales.
Article XX : Comptes des DTS
Article
Définit XX : Comptes
la gestion des DTS
des comptes des DTS, en précisant les conditions de crédit et de débit,
Définit
ainsi que lesla obligations
gestion descomptables.
comptes des DTS, en précisant les conditions de crédit et de débit,
ainsi que les obligations comptables.

77
77
78 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

Article XXI : Intérêt et redevances


Précise les modalités de calcul et de paiement des intérêts et des redevances associés aux
transactions en DTS.

Article XXII : Administration des DTS


Décrit la manière dont le FMI administre le régime des DTS, y compris le rôle du Conseil
d’administration et les procédures de prise de décision.

Article XXIII : Régime général des transactions


Réglemente les opérations entre le FMI et ses membres, en précisant les conditions de
tirage sur les ressources du FMI et les obligations des pays membres.

Article XXIV : Compte spécial d’affectation


Institue un compte spécial destiné à des usages spécifiques, comme l’aide aux pays en
difficulté, en dehors des opérations régulières du FMI.

Article XXV : Liquidation


Établit les procédures pour la liquidation du FMI si l’organisation devait être dissoute, y
compris la distribution des actifs et la clôture des comptes.

Article XXVI : Suspension des droits de membre


Précise les conditions dans lesquelles un pays membre peut voir ses droits suspendus ou
être expulsé du FMI, notamment en cas de non-respect des obligations.

Article XXVII : Amendements


Définit les procédures pour amender les Articles d’Accord, y compris les conditions de
majorité requises pour l’approbation des modifications.

Article XXVIII : Interprétation


Précise que le Conseil d’administration est l’organe chargé d’interpréter les Articles
d’Accord en cas de litige ou de question de signification.

Article XXIX : Procédures de règlement des différends


Établit les procédures de règlement des différends entre les pays membres et le FMI, ou
entre les membres eux-mêmes concernant l’interprétation ou l’application des Articles
d’Accord.

78
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
79
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

Article XXX : Explication des termes


Donne des définitions des termes utilisés dans les Articles d’Accord, pour assurer une
compréhension claire et uniforme de ses dispositions.

Article XXXI : Signature, entrée en vigueur


Précise les modalités de signature et d’entrée en vigueur des Articles d’Accord, ainsi que
les conditions pour que les pays membres les ratifient et les mettent en œuvre.

C.2. Les instruments utilisés par le FMI


Le Fonds monétaire international (FMI) emploie fondamentalement deux types de mécanismes de
financement ou instruments des prêts, à noter: les instruments de prêt non concessionnel et les
instruments de prêt concessionnel (FMI 2015, p.2). Les instruments de prêt non concessionnel
comprennent principalement: (i) les accords de confirmation (FMI 2016j), pour surmonter des
difficultés temporaires de balance des paiements; (ii) la ligne de crédit modulable (LCM, FMI
2016k), pour les pays ayant des fondamentaux et des antécédents économiques solides; (iii) la ligne
de précaution et de liquidité (LPL, FMI 2016l), pour les besoins à moyen terme; (iv) le mécanisme
élargi de crédit (MEDC, FMI 2018e), pour remédier à des difficultés de moyen à long terme de
balance des paiements dues à de vastes distorsions qui nécessitent des réformes économiques
fondamentales; (v) l’instrument de financement rapide (IFR, FMI 2016m), pour l’aide d’urgence
des pays confrontés à un besoin urgent en matière de balance des paiements.

Tous les instruments de prêt non concessionnel sont assortis d’un taux d’intérêt qui tient compte
des fluctuations à court terme des taux d’intérêt sur les principaux marchés monétaires
internationaux. Le montant maximum qu’un pays peut emprunter au FMI varie en fonction de la
quote-part. Les prêts concessionnels ou facilités de financement concessionnel sont octroyés aux
pays à faible revenu, en vue de les aider à atteindre une position macroéconomique durable et
compatible avec une croissance et une réduction de la pauvreté vigoureuses. Les conditions de
financement offrent une plus grande concessionnalité, avec des taux d’intérêt nuls ou proches de
zéro.

Les instruments de prêt concessionnel comprennent principalement: (i) la facilité élargie de crédit
(FEC, FMI 2016n), pour les pays à faible revenu affrontant des problèmes prolongés de balance
des paiements; (ii) la facilité de crédit de confirmation (FCC, FMI 2016o), pour les pays à faible
revenu ayant des besoins de balance des paiements potentiels ou à court terme; (iii) la facilité de
crédit rapide (FCR, FMI 2016p), pour les pays à faible revenu qui font face à un besoin urgent de
balance des paiements; (iv) la composante à accès élevé de la facilité de protection contre les chocs
exogènes (FCE, FMI 2017c), destinés à soutenir les pays qui font face à des besoins de balance des
paiements causés par des chocs soudains et exogènes; (v) le fonds fiduciaire d’assistance et de
riposte aux catastrophes (ARC, FMI 2016ac), en vue d’accorder aux pays les plus pauvres et les
plus vulnérables frappés par une catastrophe naturelle ou de santé publique aux conséquences
désastreuses des dons leur permettant d’alléger leur dette.
80 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

C.3. Les droits de tirage spéciaux


Les droits de tirage spéciaux (DTS; en anglais: Special Drawing Rights, SDR) est un actif de
réserve international, créé en 1969 par le FMI, pour compléter les réserves officielles existantes des
pays membres. Les DTS peuvent être échangés contre des devises librement utilisables. À compter
du 1er octobre 2016, la valeur du DTS repose sur un panier de cinq grandes devises, à noter: le
dollar américain (USD), l’euro, le yuan ou renminbi chinois (RMB), le yen japonais et la livre
sterling. Pour plus de détails, voir FMI (2016ab, c).

C.4. Le programme de référence supervisé par le


personnel du FMI
Le programme de référence (en anglais: Staff-Monitored Program, SMP) est un accord informel
entre les autorités d’un pays et le personnel du FMI, par lequel ce dernier accepte de suivre la mise
en œuvre du programme économique des autorités, incluant notamment les réformes qui visent à
augmenter les recettes publiques, à lutter contre la corruption et à améliorer la gouvernance. Le
SMP n’entraîne ni assistance financière ni approbation par le Conseil d’administration du FMI.

Annexe D. Comment fonctionne le FMI54


Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, connus sous le nom d’institutions
de Bretton Woods, ont été créés en 1944. Le FMI a pour objectif de promouvoir la coopération
monétaire internationale, la stabilité des taux de change et l’expansion du commerce international
en agissant comme prêteur de dernier recours lorsqu’un pays membre fait face à une crise
économique sévère. En principe, le FMI a une structure semblable à une coopérative financière.
Les contributions d’un pays membre au FMI (quotas) sont basées sur son poids dans l’économie
mondiale. Ce poids détermine également son pouvoir de vote et sa capacité d’emprunt (tirages).
Les quotas équivalent à un échange d’actifs avec peu de coûts directs pour les contribuables. Les
cinq principaux contributeurs au FMI sont les États-Unis (16,75%), le Japon (6,23%), l’Allemagne
(5,81%), la France (4,29%) et le Royaume-Uni (4,29%)55.

En s’adressant au FMI, un pays membre confronté à une crise financière a accès aux ressources et
aux conseils du fonds. Au fur et à mesure que les tirages d’un pays s’élargissent par rapport à ses
quotas, il doit respecter des normes ou des conditionnalités plus strictes, ce qui signifie
généralement des changements importants dans les politiques économiques pour garantir que les
déficits intérieurs et extérieurs du pays soient considérablement réduits, voire éliminés. Le non-
respect de ces conditions entraîne la suspension, la renégociation, voire l’annulation du programme.
Bien que la taille totale des quotas du FMI soit passée d’environ 9 milliards de dollars lors de sa
création à près de 677 milliards de dollars américains en 2016. En septembre 2017, 181 des 189
membres avaient effectué leurs paiements de quotas, représentant plus de 99% de l’augmentation
totale des quotas, soit environ 675 milliards de dollars.

54
Texte adapté de De Vries (1987), James (1996), Fischer (1997), Camdessus (1998), Kapur (1998),
Mussa et Savastano (1999), Li et al. (2015), et FMI (2016k, 2020).
55
À noter, ces cinq grandes puissances économiques sont aussi des pays très endettés. Dette publique
sur PIB: Japon (234,7%); France (98,2%); Royaume-Uni (90,6%); États-Unis (73,6%); Allemagne
(71,7%).

80
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
81
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

In fine, pour aider à protéger les pays membres qui poursuivent des politiques saines contre les
chocs extérieurs et à rehausser la confiance des marchés en temps de risque élevé, le FMI a
récemment mis en place la Ligne de crédit modulable (LCM) et la Ligne de précaution et de
liquidité (LPL), qui ont essentiellement pour objet de prévenir les crises, mais peuvent également
être utilisées pour les résoudre. D’autres instruments nouveaux, comme l’Instrument de
financement rapide (IFR) et la Facilité de crédit rapide (FCR) ont également été créés dans le but
de fournir une assistance rapide aux pays éprouvant des besoins urgents en matière de balance des
paiements, notamment à la suite de chocs engendrés par les prix des produits de base, de
catastrophes naturelles et de facteurs de fragilité intérieurs.

81
82 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

Annexe E. Le FMI et la croissance économique dans


la littérature économique
La question de savoir si le FMI influe effectivement sur la croissance économique a fait l’objet
d’un grand nombre d’études56. De manière générale, trois méthodes d’évaluation ont été utilisées
dans la littérature.

Tableau E.1: Le FMI et la croissance économique

Papier/Méthodologie Période Nombre de programmes Nombre de pays Effet sur la croissance

BEFORE-AFTER (Avant/Après)
Reichman et Stillson (1978) 1963-72 79 ... Positif
Connors (1979) 1973-77 31 23 Aucun
Nsouli et Zulu (1985) 1980-81 35 22 Aucun
Killick (1986) 1974-79 38 24 Aucun
Pastor (1987) 1965-81 ... 18 Aucun
Killik, Malik et Manuel (1992) 1979-85 ... 16 Positif
Rozwadowski et al. (1993) 1983-93 55 19 Positif
Evrensel (2002) 1971-97 ... 109 Aucun
Hardoy (2003) 1970-90 460 69 Aucun

WITH-WITHOUT (Avec/Sans)
Donovan (1981) 1970-76 12 12 Positif
Donovan (1982) 1971-80 78 44 Négatif
Loxley (1984) 1971-82 38 38 Aucun
Gylfason (1987) 1977-79 32 14 Aucun
Faini et al. (1991) 1978-86 ... 93 Aucun
Hardoy (2003) 1970-90 460 69 Aucun
Hutchison (2004) 1975-97 455 25 Aucun
Atoyan et Conway (2006) 1993-2002 181 95 Aucun

RÉGRESSION
Goldstein et Montiel (1986) 1974-81 68 58 Aucun
Khan (1990) 1973-88 259 69 Négatif
Doroodian (1993) 1977-83 27 43 Aucun
Conway (1994) 1976-86 217 73 Positif
Bagci et Perraudin (1997) 1973-92 ... 68 Positif
Bordo et Schwarz (2000) 1973-98 ... 24 Négatif
Dicks-Mireaux et al. (2000) 1986-91 88 74 Positif
Przeworski et Vreeland (2000) 1970-90 465 135 Négatif
Hutchison (2003) 1975-97 461 67 Négatif
Hutchison et Noy (2003) 1975-97 764 67 Négatif
Nsouli et al. (2004) 1992-2000 124 92 Aucun
Butkiewicz et Yanikkaya (2005) 1970-99 407 ... Négatif
Barro et Lee (2005) 1975-99 725 81 Négatif
Easterly (2005) 1980-99 107 107 Aucun
Atoyan and Conway (2006) 1993-2002 181 95 Aucun

Source: Dreher (2004, p. 31), Dreher (2006, p. 773).

56
C’est à partir des années 1970, que le FMI a commencé à accorder une importance croissante à la
croissance économique comme objectif politique (cf. Hardoy 2003, Dreher 2006).
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
83
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

Premièrement, l’analyse before-after (avant/après) compare la croissance économique avant


l’approbation du programme du FMI avec sa valeur après la période de programmation. Des
différences sont ensuite attribuées au programme. Évidemment, cette méthode a ses inconvénients.
La participation aux programmes du FMI n’est pas exogène mais est généralement la conséquence
d’une crise. En attribuant tous les changements de croissance au cours de la période au programme
de FMI fait en sorte que ses effets négatifs sont surestimés. Une deuxième approche utilisée pour
évaluer l’impact du FMI sur la croissance a consisté à comparer les taux de croissance dans les
pays de programme avec le développement de la croissance dans un groupe témoin (with-without).
Les chocs exogènes frappant non seulement les pays qui sont programme mais aussi les pays du
groupe témoin ne fausseraient pas les résultats. Le problème, bien sûr, est de trouver un groupe
témoin adéquat. Idéalement, pour chaque pays qui sont en programme, il devrait y avoir un pays
de contrôle exactement dans la même position initiale. Les programmes ne sont cependant pas
distribués aléatoirement entre les pays membres, mais sont choisis dans des pays ayant des
caractéristiques spécifiques. Comme l’a montré Santaella (1996), la situation initiale des pays qui
sont en programme diffère considérablement des pays témoins. Même si le groupe témoin était
choisi en fonction d’indicateurs économiques, la différence la plus importante ne pouvait pas être
prise en compte, la décision de négocier un programme du FMI en premier lieu. La troisième
méthode est l’analyse de régression. Elle a été utilisée par les études les plus récentes. Lorsque
l’endogénéité des variables liées au FMI est soigneusement prise en compte, cette méthode semble
être la plus prometteuse. Plusieurs études récentes, incluant notamment Przeworski et Vreeland
(2000), Barro et Lee (2005) et Drehel (2006) parmi tant d’autres, tiennent compte de l’endogénéité.

Comme nous pouvons l’apercevoir dans le tableau E.257, près de 80% d’études existantes trouvent
que les effets des programmes du FMI sur la croissance économique sont soit négatifs, soit
statistiquement non significatifs58. En revanche, environ 20% des travaux empiriques trouvent une
incidence positive des effets des programmes du FMI sur la croissance économique. Ces éléments
contradictoires découlent en partie des différences dans la couverture des pays, les périodes
d’échantillonnage et la méthodologie employée.

Tableau E.2: Quels sont les effets des programmes du FMI sur le profil de croissance économique
des pays bénéficiaires? Que nous renseigne la littérature?

Effet positif Effet négatif ou statistiquement


Total
non significatif

Nombre de papier 7 25 32

En pourcentage (%) 21,9 78,1 100

In fine, comme nous le montrons dans le texte (cf. section 2), une mise à jour des statistiques
reprises dans le tableau E.2 préserve la même tendance, i.e. la plupart des études empiriques, même
les plus récentes, tendent à trouver que les implications macroéconomiques des programmes du
FMI sont généralement négatives ou statistiquement non significatives.

57
Tableau élaboré sur base d’informations contenues dans le tableau E.1.
58
Au regard de nouvelles évidences établies par Abadie (2020) et de la prépondérance des résultats non
significatifs statistiquement, une analyse plus attentive de ces derniers, sous forme notamment d’une
revue de littérature, est une avenue intéressante pour les recherches futures.

83
84 Revue Congo Challenge. Vol. 6, No. 1

Annexe F. Leadership et gouvernance de qualité


La gestion des organisations et entités publiques (mais aussi privées) subissent des pressions
constantes exercées par des lobbyistes internes et externes. Dans ce contexte, en vue de rationaliser
la mise en œuvre des réformes structurelles, d’améliorer l’efficacité, de favoriser l’innovation ou
d’atteindre des objectifs exigeants, la capacité des cadres supérieurs à (i) Exercer un leadership
efficace pendant les périodes de transformation et de changement et à (ii) comprendre les règles de
gestion, la culture (ou les us et coutumes) et la dynamique des organisations pourrait faire la
différence entre l’échec organisationnel et le succès. Ainsi parle-t-on du binôme leadership-
gouvernance.

Dans ce cas spécifique, comment définir les notions de leadership et de gouvernance?

La littérature sur le leadership, le management et la gouvernance propose un ensemble quasiment


innombrable, mais aussi complémentaire des définitions sur le leadership et la gouvernance. Celles
proposées dans Matata et Tsasa (2019) tiennent compte de la commodité analytique, au regard
notamment des théorèmes 1 et 2 énoncés dans ledit papier59. Au point (F.1), nous présentons
brièvement ces définitions. Au point (F.2), nous proposons une version explicite de ces définitions
dites « analytiquement commodes ». Finalement, au point (F.3), nous présentons la définition
classique du leadership et de la gouvernance.

F.1. Définitions analytiquement commodes


Leadership: volonté et capacité pour un décideur politique de résister ou de négocier
stratégiquement avec les groupes de pression avec comme objectif majeur: prioriser
l’atteinte des objectifs favorables au bien-être collectif.

Gouvernance: volonté et capacité pour un décideur politique de conduire avec succès des
réformes structurelles favorables au bien-être collectif.

Dans ce cas, lorsque la volonté et la capacité sont effectives, c’est-à-dire se traduisent par
des résultats concrets, alors on parle de leadership éclairé et de la gouvernance de qualité.

F.2. Définitions analytiquement explicites


Plus explicitement le leadership éclairé (ou efficace) peut être défini comme la capacité d’un
dirigeant politique (i) d’avoir une vision claire du progrès de son pays, partagée par l’ensemble ou
la majeure partie de la population, (ii) de définir des objectifs globaux et intermédiaires précis et
les mettre en œuvre, (iii) de résister aux pesanteurs de toute nature pouvant fragiliser ou anéantir la
démarche entreprise et (iv) de vaincre les obstacles érigés par les groupes de pression et autres
lobbyistes et rentiers qui cherchent à maintenir le pays dans une trappe compatible avec leurs

59
En effet, à l’aide d’un modèle d’interactions stratégiques inspiré des jeux bayésiens, il a été démontré
dans ce papier qu’une amélioration du binôme leadership-gouvernance peut aider à discipliner le
comportement des groupes d’intérêts (théorème 1) et à générer une amélioration de Pareto (théorème 2)
dans la gestion des ressources naturelles. Ce résultat peut, naturellement, être généralisé dans le cas de
la gestion macroéconomique.

84
Comment le FMI accompagne le sous-développement dans les pays africains:
85
le cas de la RDC entre 2019 et 2024

intérêts privés; alors que l’objectif ultime pour un leader éclairé est d’améliorer de manière durable
le bien-être collectif, i.e. de l’ensemble de la population.

En parallèle, une gouvernance de qualité (ou simplement la bonne gouvernance) peut être comprise
comme la capacité du gouvernement à gérer efficacement ses ressources, à mettre en œuvre des
politiques pertinentes et à promouvoir le respect des institutions par les citoyens et l’État, ainsi que
l’existence d’un contrôle démocratique sur ceux qui gouvernent.

F.3. Définitions classiques


De manière classique, le leadership suppose la prise des initiatives conformément à une vision,
celle du leader, mais aussi suppose la mobilisation d’un sous-ensemble d’agents œuvrant
harmonieusement en vue d’atteindre des objectifs spécifiques (cf. Zaleznik 1977, Maccoby 2000).

In fine, la gouvernance est généralement perçue comme la manière dont les sociétés, les
gouvernements et les organisations sont gérés et dirigés (cf. Edwards 2012) ou comme les traditions
et les institutions par lesquelles l’autorité d’un pays est exercée (cf. Kaufman et al. 1999). Du point
de vue de l’économie politique, la gouvernance fait référence à des éléments essentiels du vaste
groupe d’institutions (cf. Acemoglu et al. 2008, Fukuyama 2013).

Fin des annexes.

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