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Droit Pénal des Affaires : Concepts Clés

Le droit pénal des affaires est une branche récente du droit pénal général, visant à réguler les infractions liées aux activités économiques et commerciales. Il se distingue par son champ d'application plus large, englobant des infractions spécifiques aux affaires, tout en étant influencé par le droit pénal classique. Ce domaine est crucial pour protéger l'ordre public économique et assurer la transparence et la loyauté dans les transactions commerciales.

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Droit Pénal des Affaires : Concepts Clés

Le droit pénal des affaires est une branche récente du droit pénal général, visant à réguler les infractions liées aux activités économiques et commerciales. Il se distingue par son champ d'application plus large, englobant des infractions spécifiques aux affaires, tout en étant influencé par le droit pénal classique. Ce domaine est crucial pour protéger l'ordre public économique et assurer la transparence et la loyauté dans les transactions commerciales.

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INTRODUCTION GENERALE

La notion de droit pénal des affaires est une notion relativement récente. Entre
les deux guerres mondiales on parlait principalement de droit pénal financier et
aux alentours de la seconde guerre mondiale de droit pénal commercial ou de
droit pénal économique. Le premier ouvrage qui a utilisé la notion de droit pénal
des affaires est celui de l’auteur Delmas Marty et depuis c’est cette
dénomination qui est utilisée par tous les auteurs car elle correspond à un champ
plus large de recherche.
Le droit pénal économique est, par définition, à la croisée de plusieurs branches
du droit : d’un côté, le droit applicable aux acteurs de la vie économique, dont
les sources sont aussi variées que le droit de la consommation, le droit financier,
le droit bancaire ou encore le droit des sociétés ; d’un autre côté, le droit pénal,
droit de l’infraction et de la répression qu’elle engendre.

1- La notion du droit pénal des affaires.


Le D.P.A. est une branche du droit pénal général dont l’apparition était liée à la
naissance de la notion d’affaire, une difficulté particulière se pose quant à la
définition de cette matière, mais son existence reste nécessitée par le besoin de
limiter les délinquances rattachées au monde des affaires.
L’expression « affaires » implique les activités économiques notamment dans
leurs conséquences commerciales et financières. On la retrouve dans de
nombreuses expressions populaires. Dumas disait : Les affaires c’est bien simple
c’est l’argent des autres. Parfois on dit que les affaires c’est un monde de
mensonge.
Le droit des affaires comprend un ensemble composite des règles. Il englobe
essentiellement l’ensemble du droit commercial mais on y trouve également des
dispositions de droit civil, de droit fiscal, de droit du travail, de droit de la

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consommation, de droit de la concurrence…. Et c’est le critère économique qui
constitue le lien entre ces différentes disciplines et permet l’appartenance à la
discipline du droit des affaires.
Le DPA se distingue du droit pénal commercial de par son domaine plus large et
du droit pénal économique.
La délinquance d’affaire est apparue sous une terminologie qui a fait fortune :
la criminalité en col blanc, en collet blanc (Québec) ou encore en gant blanc
(Italie).
La délinquance d’affaire matérialise en fait le rapport entre la criminalité et les
professions. Selon la conception de l’américain, Edwin Sutherland c’est l’acte
d’une personne respectée qui consiste à violer une règle professionnelle en
exploitant la confiance et la crédulité des autres d’une manière ingénieuse et
rusée. Il s’agit d’une criminalité occulte, cachée des classes aisées qu’il convient
de distinguer de certaines criminalités segmentaires.
L’auteur de cette délinquance est souvent un citoyen au-dessus de tout soupçon,
une personne consciente du caractère illégal ou illégitime de son acte, mais
qui ne s’estime pas délinquant : le rentable doit primer le caractère légal du
comportement, les moyens légaux ne sont pas suffisants, l’important est de
gagner, peu importe les règles du jeu.
Le D.P.A constitue de ce fait l’intersection entre le droit pénal et le droit des
affaires et se fonde juridiquement sur la notion de personnalité, la personne
physique de l’entrepreneur ou la personnalité morale de la société c'est-à-dire les
acteurs qui réalisent des affaires à travers la spéculation, et qui emploient dans
leur activité les capacités financières des autres. Ainsi, la naissance de droit
pénal des affaires provient surtout de la nécessité d’une intervention du droit
pénal pour assurer la protection des intéressées par les affaires.
Le développement d'un pays sous - développé dépend en fait de différents
facteurs dont le facteur économique parait le plus capital. Ce facteur constitue
pour l'Etat l'une des grandes sources des recettes ; les pouvoirs publics doivent

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s'y investir pour non seulement le réglementer mais aussi y exercer un contrôle
et une répression adéquate.
Bon nombre d'opérateurs économiques, considèrent la crise politique et
économique, comme étant une circonstance plus favorable à optimaliser leurs
bénéfices par des techniques illicites.
Selon Guy Hors mans « La crise augmente les faillites, les différends et les
conflits dans la mesure où chaque agent économique est tenté ou obligé
de rechercher par toutes les voies possibles y compris la voie contentieuse la
maximisation de ses droits et bénéfices et surtout la minimisation de ses charges
et pertes ».

Le secteur économique est un domaine sensible et glissant où la répression


devrait être de rigueur du fait que les infractions s’y commettent couramment au
détriment de l’ordre public économique, faisant quelque fois un manque à
gagner au trésor public.
L’ordre public économique et les impératifs de réglementation des marchés
imposent le respect d’un certain nombre de principes fondamentaux / la
transparence et la sincérité des informations et comptes, la défense de la libre
concurrence et de l’égalité d’accès aux marchés publics, la loyauté des
transactions commerciales, le respect de l’intégrité du patrimoine et des sociétés
commerciales….En effet, nombreuses sont les sociétés qui rencontrent des
problèmes liés au vol, à la corruption, aux faux monnayage et d’une manière
générale à une délinquance économique que le pouvoir public doit réglementer
« incrimination et répression ».
A titre de récapitulation, le droit pénal des affaires peut être définie comme :
« La branche du droit pénal qui sanctionne d’une part les atteintes à l’ordre
financier, économique ou social et d’autre part, les atteintes à la propriété,
confiance ; intégrité physique lorsque l’auteur agit dans le cadre d’une entreprise
c'est-à-dire en réalisant une affaire ».

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2- Les caractéristiques du droit pénal des affaires.
La relation entre le droit pénal et le monde des affaires est évidente, le droit
pénal des affaires est une branche de droit pénal général : une branche à la fois
spéciale et spécialisée.
Le DPA est un droit spécial :
Une branche de droit est dite spéciale lorsqu’elle déroge à un certain nombre de
règles de principe du droit commun.
Si le droit pénal général a pour objet de fixer les règles générales relatives à
l’infraction et à la sanction. Le droit pénal spécial règlemente les spécificités de
chaque infraction quant à ses éléments constitutifs et reflète les valeurs
protégées dans chaque société. Il est une matière vivante en ce qu’elle reflète
l’évolution des droits et des sociétés. Les valeurs protégées par la société ne sont
pas toujours les mêmes. Le droit pénal classique (spécial et général) est
principalement régi par le code pénal promulgué par le décret du 09-07-1913
JORT n°79 le 1-10-1913.
Le droit pénal classique constitue le tronc commun du droit pénal des affaires.
Les influences entre le DPA et le DP commun sont importantes. D’une part, les
incriminations traditionnelles / le vol, l’escroquerie ou l’abus de confiance
s’appliquent au droit des affaires. D’autre part, ces infractions traditionnelles
vont servir de modèle pour créer des infractions spécifiques. Il en est ainsi par
exemple de l’abus de confiance et l’abus de biens sociaux ; ou encore de
l’escroquerie à l’origine de la publicité mensongère.
Le DPA est un droit spécialisé :
Le DPA est un droit spécialisé du point de vu de l’auteur et du contexte de la
commission de l’infraction.
*Concernant l’auteur de l’infraction d’affaire, il convient d’avancer deux
remarques : la première consiste dans le fait que l’infraction d’affaire est
l’œuvre d’un professionnel d’un initié qui agit dans le cadre de son activité et la
seconde est relative au fait que le sujet peut être une personne physique ou

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morale « l’entreprise » définie comme « une unité de décision dans le domaine
économique ».
Juridiquement, l’entreprise est représentée par des personnes physiques,
l’entrepreneur lorsqu’il s’agit d’une entreprise individuelle ou les dirigeants
sociaux lorsque cette entreprise prend la forme d’une SNC (société au Nom
Collective). Certes, la répression touche assez souvent les personnes physiques.
Cependant, il faut relever deux constatations :
La reconnaissance de la responsabilité pénale des personnes morales permet la
condamnation (‫ )إدانة‬des sociétés pour certaines infractions sous forme
d’amendes.
Les infractions commises par les dirigeants sociaux ne sont pas toutes des
infractions d’affaires, il en est ainsi des infractions liées à la vie privée des
dirigeants qui restent dans le cadre du droit pénal général.
*Concernant le contexte de sa commission, l’infraction d’affaire peut être en
rapport nécessaire ou occasionnel avec l’entreprise.
3- Les sources du droit pénal des affaires.
On distingue à ce niveau entre les sources internes et les sources
internationales :
1- Les sources du droit interne
*Les dispositions du code pénal se trouvent au premier rang de ces sources. En
effet, certaines infractions prévues par ce code sont applicables en droit des
affaires en l’absence d’autres textes spéciaux. (Article 96 du CP).
De même, les principes généraux en matière pénale jouent le même rôle en droit
pénal des affaires (la légalité des peines, l’interprétation stricte des textes, la
territorialité, la présomption d’innocence…) Ce qui fait du droit pénal général
le droit commun et le DPA le droit spécial.
*Les dispositions pénales prévues par certains codes tels que le code des
sociétés commerciales, le code de commerce, le code de douane et procédures
fiscales, le code de change et de commerce extérieur.

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*Les dispositions pénales prévues par certaines lois spéciales /
-La loi du 14 novembre 1994 portant réorganisation du marché financier.
-La loi du 10 décembre 2003 / modifiée par la loi du 12 Aout 2009.
-Loi organique n° 2015-26 du 7 août 2015) relative au soutien des efforts
internationaux des luttes contre le terrorisme et à la répression du blanchiment
d’argent.

2- Les sources internationales


Les affaires ne connaissent pas de frontières et prennent souvent un caractère
international, cette réalité exige que le droit pénal d’affaires ait une portée plus
étendue qui permet la poursuite de ces crimes et délits.
En effet, le principe de la territoriale du droit pénal est la règle en matière
D.P.A, toutefois les dispositions de l’article 305 et suivant du C..P. P prévoient
des règles applicables aux délits et crimes commis à l’étranger.
L’aspect international des affaires est repris en droit pénal notamment par la
voie des conventions internationales, une fois ratifiée ces conventions
deviennent une source légale d’incrimination. Parfois même le législateur adopte
des textes qui reprennent le même dispositif prévu par ces conventions.
4-Le contenu du droit pénal des affaires
Le cours de droit pénal des affaires a pour objet d'exposer les infractions qui se
commettent dans la vie des affaires et les règles de répression générale et
spéciale qui leur sont applicables. Il impose l’étude des conditions d’attribution
de la responsabilité pénale en droit pénal des affaires et aux règles générales de
poursuite qui leur sont propres en premier lieu et les différentes infractions du
droit pénal des affaires en second lieu. Il s’agit des infractions dites de droit
commun dont le champ d'application n'est pas propre à la vie des affaires mais
qui sont souvent commises dans le cadre d'une activité d'affaires. Le cours
étudie ainsi des infractions générales contre les biens comme le vol (‫)السرقة‬,
l’escroquerie (‫)التحيل‬, l'abus de confiance (‫المؤتمن خيانة‬, (le recel et le

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blanchiment et des infractions relatives à l'administration publique comme la
corruption, le trafic d'influence, la prise illégale d’intérêts et le favoritisme. Les
infractions étudiées constituent des infractions propres à la vie des affaires au
sens où elles ne peuvent être commises que dans l'exercice d'une activité
d'affaires. Elles sont d'ailleurs définies par les Codes régissant ces activités
(Code de commerce, Code des sociétés commerciales) et non par le Code pénal.
Ces infractions sont celles relatives aux :
 Droit des sociétés : l'abus de biens sociaux, la présentation de faux
comptes annuels, la répartition de dividendes fictifs, majoration des
apports en nature ;
 Droit de la concurrence (entente, abus de position dominante… ;
 Droit de la consommation (pratiques commerciales illicites / publicité
trompeuse ou mensongère) ;
 Droit boursier (délit d'initié).

L'étude des éléments constitutifs de ces infractions s'accompagne de l'exposé des


règles de poursuite qui leur sont spécifiques.

Comme on l’a déjà avancé le droit pénal des affaires est une branche assez
récente du droit pénal général qui présente des particularismes marqués, mais
qui reste soumise aux principes fondamentaux du droit pénal. Il a pour objet de
lutter contre la délinquance économique et financière ou encore d’affaires. Les
infractions sont diverses et concernent autant les personnes physiques que
morales en tant qu’acteurs économiques, subissant beaucoup de pression
(concurrence, relations contractuelles, lourde fiscalité…...
On entend par l’objet de droit pénal des affaires les différentes infractions qui
font partie de cette matière. De manière générale, il est affirmé que le droit pénal
d’affaire concerne les infractions en matière économique et les infractions
financières.

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Le champ de droit pénal des affaires s’élargit avec l’évolution de la notion
d’affaire, mais par respect du principe de la légalité des peines aucun agissement
ne peut être réprimé que lorsqu’un texte explicite le sanctionne.
Ce phénomène se traduit sur le plan législatif par une inflation (‫ )تضخم‬des
textes qui ajoutent plusieurs règles spécifiques aux dispositions du code pénal.
Bien que la détermination de contenu du D.P.A. reste un choix (le droit pénal
des sociétés commerciales, le droit pénal financier, le droit des entreprises qui
passe par des difficultés économiques, la référence à la notion d’affaire donne à
la matière un champ et un contenu plus étendue.
Opter pour un choix ou un autre ne doit cependant pas négliger l’évidence qui
consiste dans le fait que certaines infractions réglementées dans le code pénal
représentent des constantes fondamentales du DPA et constituent le droit pénal
commun des affaires : les infractions communes du DPA (Titre 1 er) auxquelles
s’ajoutent les infractions spécifiques strictement liées aux affaires et
règlementées dans des textes spéciaux : les infractions spécifiques à la société
commerciale (Titre second).

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